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Diplomacy & Defense Think Tank News

RDC : la riposte Ebola face à l’instabilité politique et sécuritaire

IRIS - Mon, 08/06/2026 - 11:01

Dans un contexte marqué par les conflits armés, l’instabilité politique ainsi qu’une forte fragilité économique et sociale, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo, comment l’épidémie d’Ebola affecte-t-elle la stabilité interne des zones touchées et complique-t-elle la mise en place de dispositifs sanitaires garantissant l’accès des populations aux soins ?

Cette nouvelle vague d’Ebola arrive dans une zone de crise multiple et structurelle. Touchant principalement la République démocratique du Congo, il s’agit de la 17ᵉ épidémie depuis 1976 (première identification du virus, à Yambuku), et cette fois de la souche Ebola Bundibugyo. À l’heure actuelle, même si des traitements font l’objet de tests, il n’existe ni vaccin ni traitement homologué contre cette souche, qui peut tuer une personne sur deux infectées. Les régions de l’est de la RDC, le Nord et le Sud-Kivu ainsi que l’Ituri, sont particulièrement vulnérables à la propagation des épidémies. L’année dernière, l’ONU a signalé l’une des plus graves épidémies de choléra depuis 25 ans. Par ailleurs, depuis 2020, la propagation du Mpox y est particulièrement massive depuis septembre 2023. L’Ituri, épicentre de l’épidémie, est l’une des provinces les plus troublées de la RDC, mal desservie par les routes, en proie aux violences de groupes armés, et où près d’un million de déplacés s’entassent dans des camps. La crise sanitaire se superpose donc à une crise humanitaire et sécuritaire préexistante. Cela s’explique par un contexte d’instabilité et de conflit endémique, particulièrement intense depuis l’offensive du M23 en 2023. Les populations locales sont plongées dans un climat d’instabilité au quotidien, marqué par des déplacements internes réguliers et des conditions de promiscuité dans des camps totalement surpeuplés. Réunies, ces conditions favorisent la résurgence d’agents pathogènes et leur propagation rapide. Par ailleurs, la situation de crise complexe que traverse l’est de la RDC, avec quelques rares périodes d’accalmie, a fortement fragilisé le tissu social et les services de santé, qui ne peuvent à l’heure actuelle répondre aux besoins vitaux des populations locales, ce qui induit une logique de dépendance structurelle à l’aide étrangère occidentale. À noter que la violence systémique impulsée par les vagues de conflits qu’a connues la zone Est de la RDC a participé à déprioriser la santé et à systématiser la violence, particulièrement envers les femmes et les enfants. Un contexte précaire dans lequel une épidémie de grande envergure vient se superposer et aggraver la crise, dans un climat d’effondrement sécuritaire.

Le ministre de la Santé congolais, Samuel-Roger Kamba Mulamba, a déclaré qu’« Ebola était une urgence absolue ». Selon les données nationales, au 31 mai 2026, on dénombrait 282 cas confirmés dont 42 décès, après l’enregistrement de 19 nouveaux tests positifs. De son côté, l’OMS indiquait au 1ᵉʳ juin que 349 cas suspects étaient sous surveillance, en attente de résultats, principalement dans la province de l’Ituri, et plus précisément dans les zones sanitaires de Bunia, Rwampara et Mongbwalu. L’hôpital de Bunia s’est rapidement trouvé en situation de débordement, contraignant à monter des centres d’accueil en périphérie et en zone rurale. Néanmoins, le rétablissement de quatre soignants infectés offre une lueur d’espoir. Au 5 juin 2026, la pression sur le système de soins s’est encore accentuée, selon certaines sources locales, environ six centres de santé de Bunia ont été temporairement fermés pour désinfection. Une mesure qui réduit d’autant la capacité d’accueil de la ville et inquiète notamment les femmes enceintes venues consulter, certains malades souffrant d’autres pathologies n’ayant reçu que des soins minimaux avant d’être réorientés ou renvoyés chez eux. De surcroît, face à la propagation d’Ebola, les services de santé, devant s’adapter rapidement, se voit désorganisé et restreignant aussi l’accès aux soins courants.

Ce qui pose véritablement problème, c’est le manque de riposte coordonnée de la part de Kinshasa, dans une zone partiellement occupée par le proxy rwandais qu’est le M23 et où de nombreux groupes armés prolifèrent pour des raisons extractives. On retrouve ici un même problème récurrent, celui du contrôle de l’unité nationale dans un pays de près de 100 millions d’habitants et de l’efficacité des services sociaux et sanitaires de base. Dans les zones contrôlées par le M23, plusieurs cas ont également été décomptés. Dans la mesure où le gouvernement congolais n’a pas coordonné la riposte sanitaire avec les groupes armés occupant illégalement le territoire, le risque de propagation épidémique reste entier. Si des négociations sont possiblement en cours selon certaines informations, elles n’ont pas encore permis d’instaurer le cadre de coordination sanitaire nécessaire à une riposte efficace sur la zone. La fragmentation territoriale à l’Est empêche une réponse unifiée. Deux centres de traitement Ebola seraient en cours d’installation à Goma, chef-lieu tenu par le M23/AFC, avec des capacités d’accueil limitées, et le groupe armé affirme avoir pris la mesure de la situation et mis en place des plans de contingence sanitaire. L’épidémie progresse donc aussi dans des zones tenues par la rébellion. Alorsqui pilote la santé publique quand l’État n’a plus le monopole territorial ?

À cela s’ajoutent les résistances communautaires, comme lors des épisodes de 2018-2020, l’acceptation de la riposte est loin d’être acquise. Une manifestation anti-riposte à Rwampara a dégénéré jusqu’à l’incinération du corps d’un cas suspect. Méfiance et hostilité envers les équipes médicales sont des variables de stabilité à part entière. Les résistances communautaires s’inscrivent dans une logique culturelle. Le refus des autorités sanitaires de restituer les corps des personnes décédées d’Ebola à leurs familles est vécu comme une violence symbolique insupportable. Dans les sociétés de l’est de la RDC, les rituels funéraires, notamment la toilette mortuaire et le contact physique avec le défunt, constituent un impératif spirituel. Or ce sont précisément ces pratiques qui représentent l’un des principaux vecteurs de transmission du virus Ebola.

Le ressentiment des populations de l’Ituri et du Kivu s’enracine dans une suspicion structurelle, héritée de décennies de violence, d’abandon étatique et d’interventions extérieures perçues comme prédatrices. Ainsi, la riposte sanitaire est facilement assimilée à une nouvelle forme de contrôle imposé, alimentant rumeurs et conspirationnisme.

L’épidémie d’Ebola peut-elle avoir des conséquences durables sur les relations entre la RDC et ses pays voisins ? Dans quelle mesure cette crise risque-t-elle de fragiliser la stabilité régionale en Afrique centrale ?

D’emblée, on se situe dans une situation de forte tension et de concurrence extractiviste entre la RDC et ses pays limitrophes à l’est, notamment le Rwanda, mais pas uniquement, avec des relations parfois en dents de scie avec l’Ouganda. Aussi, lorsqu’une épidémie de ce type se propage dans un État dont une partie du territoire échappe au contrôle central, rendant difficile une riposte coordonnée à l’échelle nationale, la réponse doit être transrégionale, voire continentale. À l’heure actuelle, l’Africa CDC (Center for Disease Control and Prevention), bras opérationnel sanitaire de l’UA en matière d’identification des foyers épidémiologiques, a indiqué qu’une dizaine de pays vulnérables pourraient être touchés par l’épidémie, à savoir le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Congo-Brazzaville, le Burundi, l’Angola, la Centrafrique et la Zambie, en plus de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda, déjà touchés avec sept cas. Il faut toutefois noter que la capacité de riposte est très hétérogène d’un pays à l’autre. Le Kenya et l’Éthiopie disposent de systèmes de santé et de surveillance relativement plus solides, le Kenya ayant d’ailleurs commencé à installer des structures de quarantaine dédiées, tandis que la Centrafrique reste l’un des États les plus fragiles du continent et largement dépendante de l’aide extérieure. Quant au Soudan du Sud, il cumule une grave crise interne et les répercussions de la guerre au Soudan voisin.

Par définition, une épidémie ne connaît pas les frontières artificielles, elle touche les êtres vivants, quel que soit leur statut. Certains sont plus vulnérables que d’autres, notamment les plus pauvres, et tout particulièrement dans des conditions où les frontières sont extrêmement poreuses. Selon l’OMS, des cas importés de l’Ituri ont gagné le Nord-Kivu ainsi que Kampala, en Ouganda, où deux voyageurs revenant de RDC ont été confirmés positifs, dont l’un est décédé. Un cas a par ailleurs été signalé au Sud-Kivu, d’après le porte-parole du M23, le malade venait de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Cette dynamique s’accompagne de fermetures de frontières et de tensions diplomatiques, sans parler des conséquences économiques qui risquent d’être majeures. Face au risque, l’Ouganda a suspendu les vols et le transport de passagers avec la RDC le 21 mai 2026. Le Rwanda a fermé sa frontière avec Goma. Ces mesures, prises unilatéralement, viennent percuter des relations bilatérales avec la RDC déjà extrêmement tendues.

S’y ajoute l’enchevêtrement avec le conflit à l’Est, qui participe directement à la diffusion de l’épidémie. Celle-ci progresse dans des zones comme Goma, prise fin janvier 2025, et Bukavu, tombée en février 2025, fait redouter un embrasement régional. La santé devient ainsi un terrain supplémentaire de la rivalité Kinshasa-Kigali, le M23 s’imposant comme acteur de santé publique de facto dans les territoires qu’il contrôle. Face à ce risque transfrontalier, la Communauté d’Afrique de l’Est a appelé ses États membres à activer leurs réseaux de laboratoires et à renforcer la surveillance aux frontières, et a tenu une réunion ministérielle extraordinaire de ses ministres de la Santé les 1er et 2 juin 2026. Selon les sources officielles, à l’issue de cette réunion, les ministres se sont engagés à harmoniser les contrôles sanitaires aux points d’entrée, sans fermer les frontières, de créer un groupe de travail technique régional pour coordonner la surveillance, et de renforcer les capacités de diagnostic et la protection des soignants.

Les crises sanitaires comme Ebola révèlent-elles les limites actuelles du système international d’aide humanitaire, notamment à la suite de la suppression des financements de l’USAID ? Quel rôle jouent aujourd’hui les organisations internationales, comme l’OMS et les ONG, dans la gestion de cette crise ?

Ajouté à un contexte d’instabilité régionale, il s’agit d’une épidémie qui intervient dans un contexte où la riposte risque d’être affaiblie en amont par la recomposition de l’architecture de l’aide étatsunienne. Les coupes spécifiquement sur l’aide sanitaire, ont été « quadripartites » à partir de janvier 2025 : retrait de l’OMS, dissolution de l’USAID, réductions au CDC, et baisse de l’aide sanitaire à la RDC et à l’Ouganda, affaiblissant les systèmes vitaux pour répondre à de telles flambées épidémiques. Des experts estiment même que ces coupes ont pu retarder la détection de l’épidémie.

Aujourd’hui, la RDC a conclu un accord bilatéral avec les États-Unis (tout comme le Rwanda et l’Ouganda), dans une logique « America First » assumée. Une partie des financements santé a été transférée au Département d’État via ce nouvel accord, qui promet 900 millions de dollars sur cinq ans, dans une dynamique de conditionnalité extractive et une bascule du multilatéralisme vers le bilatéralisme transactionnel entre les États-Unis et la RDC. Plus précisément, cette recomposition, portée par le nouveau positionnement américain, n’est pas pleinement maîtrisée, puisque face à cette résurgence d’Ebola, la réponse américaine s’avère tardive et hors cadre onusien. Par ailleurs, on observe une dépriorisation des principes humanistes et solidaires dans la manière d’appréhender la riposte à cette épidémie. L’objectif est d’abord de protéger les Américains. Le Département d’État a mobilisé 23 millions de dollars d’urgence et annoncé le financement de jusqu’à 50 cliniques, mais, du fait du retrait de l’OMS, il n’a pas indiqué vouloir soutenir une riposte pilotée par l’OMS, en rupture avec les pratiques passées. Les États-Unis s’étant retirés de l’OMS, le fonds d’urgence de l’Organisation (CFE) est donc fragile opérationnellement, les autres donateurs ne parvenant pas à combler le vide laissé par le retrait américain.

Dans ce contexte, la riposte doit être activée par les institutions nationales des pays les plus touchés, avec un appui de l’OMS et des organisations non gouvernementales, vu le niveau de propagation du virus, alors même que leurs moyens ont été réduits par le retrait américain et qu’elles opèrent dans un environnement sécuritaire hostile. L’OMS, dont c’est le mandat, a déclaré l’épidémie urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) et coordonne la réponse ; le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), l’agence sanitaire de l’Union européenne, a publié une évaluation des risques, pour appuyer la coordination de la riposte, notamment auprès de l’Africa CDC. Sur le terrain, les ONG médicales telles que Médecins sans frontières ou encore ALIMA (The Alliance for International Medical Action) ont déployé des équipes de soins. Enfin, la Croix-Rouge de la RDC mobilise ses volontaires pour les enterrements dignes et sécurisés, la communication sur les risques et l’engagement communautaire. Néanmoins, la réponse humanitaire demeure bien trop limitée pour endiguer l’épidémie.

Du côté de la réponse continentale, l’Africa CDC et l’OMS ont annoncé le 5 juin 2026 un plan conjoint de riposte de six mois, couvrant la période de juin à novembre 2026, et lancé un appel à mobiliser 518 millions de dollars pour soutenir les pays africains dans la détection précoce, la prévention et la lutte contre la maladie. Articulé autour du principe opérationnel « un plan, un budget, une équipe » défendu par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ce plan se veut une réponse coordonnée, placée sous la direction des pays touchés. Il s’agit d’un appel de fonds reposant sur l’OMS, l’Africa CDC et leurs partenaires (UNICEF, HCR, PAM, IFRC, FIND), les agences onusiennes, les gouvernements africains et les bailleurs internationaux. Pour l’instant, seuls 315,8 millions ont été promis, en deçà même de l’objectif de mettre un seul plan coordonné.

De plus, si ce plan co-coordonné montre que des premiers éléments de réponse semblent pilotés à l’échelle continentale, elle met aussi structurellement en évidence une stratégie hybride de plusieurs États africains. D’un côté, les pays signent des accords bilatéraux, notamment avec les États-Unis, sous forme d’aide conditionnée par les bailleurs, pour soutenir leurs systèmes de santé et lutter contre les maladies infectieuses ; de l’autre, ils démontrent leur capacité à se coordonner face à une crise majeure à travers des mécanismes multilatéraux. L’avenir dira si cette articulation portera ses fruits sur la durée.

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Wer hat einen Platz am Tisch? Bonner Klimaverhandlungen und das Visumproblem

Bonn, 08. Juni 2026. Jahr für Jahr finden die Bonner Klimaverhandlungen statt. Jahr für Jahr werden Delegierte aus dem Globalen Süden durch Visahürden ausgebremst — und untergraben damit Deutschlands Anspruch auf inklusiven Multilateralismus.

Die 64. Sitzung der UNFCCC-Nebenorgane (SB64) beginnt heute im Bonner World Conference Center. Über 5.000 Delegierte von Regierungen sowie Zivilgesellschaft kommen zusammen, um die COP31 vorzubereiten, die in diesem Jahr in der Türkei stattfindet. Die Nebenorgane sind fundamentaler Bestandteil der globalen Klimadiplomatie: Hier wird die technische Grundlage gelegt, werden Positionen verhandelt und Koalitionen gebildet. Parteidelegierte wie Nicht-Partei-Akteure sind formell gleichberechtigt willkommen — doch Teilnehmende aus dem Globalen Süden sehen sich einer Reihe von Hindernissen gegenüber: Akkreditierung, Reisekosten, Unterkunft und Visa. Die Visa-Barriere ist hier besonders, weil es in der Verantwortung Deutschlands, als Host des UNFCCC-Sekretariats, liegt, diese zu adressieren.

Visahürden für die Beteiligung des Globalen Südens an Klimaverhandlungen sind weder neu noch ein ausschließlich deutsches Problem. Bereits 2008 kritisierte das IIED den Ausschluss von Delegierten aus den vulnerabelsten Ländern von UN-Klimaverhandlungen in Europa aufgrund von Visumverzögerungen. Bei den Bonner Sitzungen SB60 im Jahr 2024 wurden 223 Fälle von Delegierten aus Afrika und Asien dokumentiert, die Schwierigkeiten hatten, rechtzeitig oder überhaupt ein Visum zu erhalten: 25 wurden direkt abgelehnt, 167 Anträge blieben unbearbeitet, und 37 erhielten ihr Visum mit erheblicher Verzögerung — Länder wie Burundi, Kamerun, Ägypten, Marokko und Ruanda waren in den ersten Verhandlungstagen ohne Repräsentanz. Im Jahr 2025 stieg die Zahl der dokumentierten Fälle auf 298. Zu den wiederkehrenden Ursachen zählen verweigerte Terminvergaben, die Pflicht zur Antragstellung in weit entfernten Drittländern sowie Ablehnungen mit dem Verweis auf angebliche Zweifel an der Rückkehrabsicht. Der Unmut darüber wird regelmäßig in den Abschlusserklärungen der Bonner Sitzungen laut — oder, in weniger diplomatischer Form, vom zivilgesellschaftlichen Netzwerk CAN, das Deutschland auffordert, seinen „Visumkrieg gegen afrikanische Delegierte" zu beenden.

Hinter den oben genannten Zahlen stehen Menschen, meist mit formeller Akkreditierung, konkretem Arbeitsplan und oft vollständiger Finanzierung, die dennoch nicht teilnehmen können. Eine junge Delegierte aus Asien beschreibt es so: „Visumprobleme sind eines der größten Hindernisse für mich. Aus dem Globalen Süden kommend, verbringen wir zwei bis drei Monate damit, immer wieder zur Botschaft zu laufen, Anträge zu stellen, Widerspruch einzulegen. Viele meiner Kolleg*innen haben kein Visum bekommen — obwohl sie vollständig finanziert waren und einen konkreten Plan hatten, wie wir zusammenarbeiten wollten. Sie konnten einfach nicht kommen." Dies ist kein Einzelfall. Es ist eine strukturelle Hürde, die genau jene Stimmen ausschließt — Verhandler*innen aus den vulnerabelsten Ländern, junge Aktivist*innen, Vertreter*innen besonders betroffener Gemeinschaften —, deren Präsenz entscheidend für die Legitimität des multilateralen Klimaprozesses ist.

Das Argument, Visumhürden seien administrativ unvermeidbar, hält einer Überprüfung nicht stand. Die Gastgeberländer der jüngsten COPs in den Vereinigten Arabischen Emiraten, Aserbaidschan und Brasilien haben allesamt eigene beschleunigte Visumverfahren für akkreditierte UNFCCC-Teilnehmende eingeführt. Entscheidend ist: Auch Schengen-Mitgliedstaaten haben dies getan. Artikel 25 Absatz 1 des Schengener Visakodex erlaubt es Mitgliedstaaten ausdrücklich, Visa auszustellen, wenn „internationale Verpflichtungen" dies erfordern. Für die COP21 in Paris nutzte Frankreich diese Bestimmung, um akkreditierten Teilnehmenden allein auf Grundlage ihres Akkreditierungsschreibens ein Kurzaufenthaltsvisum zu erteilen, ohne die üblichen Begleitdokumente. Für die COP25, die mit kaum vier Wochen Vorlauf von Santiago nach Madrid verlegt wurde, erließ Spanien zentrale Anweisungen an alle 182 seiner Konsulate weltweit, um ein zügiges Visumverfahren zu gewährleisten, und schloss Vereinbarungen mit anderen Schengen-Staaten für Länder ohne spanische Vertretung.

Im Vorfeld der Verhandlungen dieses Jahr erinnern über 80 unterzeichnende Organisationen — von Amnesty International bis zur Zimbabwe People's Land Rights Movement — Deutschland als Gastgeber der Bonner Sitzungen in einem offenen Brief daran, dass die Glaubwürdigkeit multilateraler Prozesse davon abhängt, wer im Raum sitzt. Inklusiver Multilateralismus ist nicht nur eine Frage dessen, was verhandelt wird — sondern auch, wer verhandelt. Deutschland trägt als Gastgeber verschiedener UN Organisationen, vom UNFCCC-Sekretariats über UNDP und UN Women eine besondere Verantwortung dafür, dass seine Konsulate nicht zur ersten Hürde für legitimes globales Regieren werden — und für das Vertrauen der Partner, auf die es angewiesen ist. Die Lösungen existieren. Die Präzedenzfälle existieren. Was noch zu fehlen scheint, ist der politische Wille zu handeln.

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Hinter den oben genannten Zahlen stehen Menschen, meist mit formeller Akkreditierung, konkretem Arbeitsplan und oft vollständiger Finanzierung, die dennoch nicht teilnehmen können. Eine junge Delegierte aus Asien beschreibt es so: „Visumprobleme sind eines der größten Hindernisse für mich. Aus dem Globalen Süden kommend, verbringen wir zwei bis drei Monate damit, immer wieder zur Botschaft zu laufen, Anträge zu stellen, Widerspruch einzulegen. Viele meiner Kolleg*innen haben kein Visum bekommen — obwohl sie vollständig finanziert waren und einen konkreten Plan hatten, wie wir zusammenarbeiten wollten. Sie konnten einfach nicht kommen." Dies ist kein Einzelfall. Es ist eine strukturelle Hürde, die genau jene Stimmen ausschließt — Verhandler*innen aus den vulnerabelsten Ländern, junge Aktivist*innen, Vertreter*innen besonders betroffener Gemeinschaften —, deren Präsenz entscheidend für die Legitimität des multilateralen Klimaprozesses ist.

Das Argument, Visumhürden seien administrativ unvermeidbar, hält einer Überprüfung nicht stand. Die Gastgeberländer der jüngsten COPs in den Vereinigten Arabischen Emiraten, Aserbaidschan und Brasilien haben allesamt eigene beschleunigte Visumverfahren für akkreditierte UNFCCC-Teilnehmende eingeführt. Entscheidend ist: Auch Schengen-Mitgliedstaaten haben dies getan. Artikel 25 Absatz 1 des Schengener Visakodex erlaubt es Mitgliedstaaten ausdrücklich, Visa auszustellen, wenn „internationale Verpflichtungen" dies erfordern. Für die COP21 in Paris nutzte Frankreich diese Bestimmung, um akkreditierten Teilnehmenden allein auf Grundlage ihres Akkreditierungsschreibens ein Kurzaufenthaltsvisum zu erteilen, ohne die üblichen Begleitdokumente. Für die COP25, die mit kaum vier Wochen Vorlauf von Santiago nach Madrid verlegt wurde, erließ Spanien zentrale Anweisungen an alle 182 seiner Konsulate weltweit, um ein zügiges Visumverfahren zu gewährleisten, und schloss Vereinbarungen mit anderen Schengen-Staaten für Länder ohne spanische Vertretung.

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Mehrdeutigkeit in der Meerespolitik

SWP - Mon, 08/06/2026 - 09:44

Im Januar 2027 steht die ersten Vertragsstaatenkonferenz des neuen Hochseeschutzabkommens der Vereinten Nationen an. Auf der Tagung dürften zentrale Konflikte zwischen Meeresschutz und Meeresnutzung im Kontext des Klimawandels verhandelt werden. Erneut in den Fokus rückt damit auch die 2024 ergangene Stellungnahme des Internationalen Seegerichtshofs zum Klimaschutz. Viele hatten erwartet, mit dem Gutachten würde das klimapolitische Verhältnis zwischen Schutz und Nutzung der Ozeane eindeutiger definiert. Besonders wichtig ist diese Klärung mit Blick auf neue marine CO2-Entnahmetechnologien (mCDR). Sie sollen eine höhere Aufnahme von Kohlenstoff durch das Meer ermöglichen, um den Klimawandel abzuschwächen. Der Seegerichtshof stellte klar, dass Staaten die Ozeane vor Verschmutzung durch atmo­sphärisches CO2 schützen müssen. Interpretationsspielraum blieb jedoch in der Frage, ob mCDR als Meeresverschmutzung oder als Beitrag zum Meeresschutz gilt. Diese Mehrdeutigkeit lässt sich politisch nutzen, um marine CO2-Entnahme entweder zu fördern oder einzuschränken. Internationale Organisationen, EU-Institutionen und nationale Behörden sollten darauf vorbereitet sein, dass unterschiedliche Auslegungen des Gerichtsentscheids die zukünftige Klima- und Meerespolitik beeinflussen werden.

„Die wichtigste Lehre besteht darin, die Welt so wahrzunehmen, wie sie tatsächlich ist“

SWP - Sun, 07/06/2026 - 13:49
Deutschland ist mit seiner Bewerbung um einen Sitz im UN-Sicherheitsrat gescheitert. Im Interview spricht der Politikwissenschaftler Volker Perthes über die Gründe – und was daraus folgen muss. Wie groß ist der Reputationsschaden für die Bundesrepublik wirklich?

Le pavillon de chasse de Karađorđevo où la Yougoslavie a écrit son histoire

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Aménagé dans les années 1950 par le maréchal Tito, le pavillon de chasse de Karađorđevo, en Voïvodine, a longtemps été le théâtre de rencontres internationales.

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Kosovo : troisièmes législatives en un an, faible participation et contre-performance d'Albin Kurti

Courrier des Balkans / Kosovo - Sat, 06/06/2026 - 08:37

C'étaient les troisièmes législatives en 18 mois, et rien ne garantit qu'elles permettent de sortir de la crise. Le mouvement Vetëvendosje du Premier ministre sortant Albin Kurti perd sa majorité absolue. La participation est en chute libre.

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Monténégro : un film pro-ćaci remet en cause vingt ans d'indépendance

Courrier des Balkans / Serbie - Sat, 06/06/2026 - 08:34

« Référendum – l'histoire d'une liberté fictive » : produit par une organisation proche du pouvoir serbe, ce film présente les Monténégrins comme une nation « artificielle » et remet en cause la souveraineté du pays. Podgorica dénonce un contenu haineux et une tentative de déstabilisation politique.

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Monténégro : un film pro-ćaci remet en cause vingt ans d'indépendance

Courrier des Balkans / Monténégro - Sat, 06/06/2026 - 08:34

« Référendum – l'histoire d'une liberté fictive » : produit par une organisation proche du pouvoir serbe, ce film présente les Monténégrins comme une nation « artificielle » et remet en cause la souveraineté du pays. Podgorica dénonce un contenu haineux et une tentative de déstabilisation politique.

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Ein Vorschlag für einen Grand Bargain in der Finanzpolitik

Der Gastbeitrag von Stefan Bach und Marcel Fratzscher erschien am 5. Juni 2026 im SPIEGEL., Die derzeit wichtigste Frage für die Zukunft Deutschlands – und auch für das Überleben der Bundesregierung – lautet: Findet die Koalition Mut und Kraft, den Menschen in unserem Land moderate Einbußen ihres Wohlstands zuzumuten, um das Land zu reformieren? Es geht um das schnöde Geld: Wird die ...

Turkish Foreign Policy and the Iran War: Adapting to a New Regional Environment

ELIAMEP - Thu, 04/06/2026 - 17:44

This edited volume is the outcome of a scholarly initiative examining the impact of recent geopolitical transformations on the evolution of Turkish foreign policy. At a time when the liberal international order is increasingly contested, great-power rivalry is intensifying, and regional conflicts are reshaping global politics, Turkey has emerged as one of the consequential middle powers in its neighbourhood. The contributions brought together in this collection explore both the regional and sectoral dimensions of Turkish foreign policy, offering a multifaceted assessment of the challenges and opportunities confronting Ankara as it seeks to navigate an increasingly fragmented and uncertain international environment. The essays included in this volume were first presented and discussed in two roundtables organized by Turkey’s International Relations Council (Uluslararası İlişkiler Konseyi – UİK) and convened by Prof. Sinem Akgül Açıkmeşe at the 67th Annual Convention of the International Studies Association (ISA), held in Columbus, Ohio, from 22 to 25 March 2026.

The contemporary transformation of the international system, marked by the erosion of the liberal international order, the relative decline of U.S. hegemony, and the proliferation of regional conflicts, has elevated the strategic importance of middle powers. Turkey, situated at the intersection of Europe, the Middle East, and Eurasia, has been particularly affected by the wars in Ukraine, Gaza, and Iran, all of which pose significant challenges to its security, economic, and diplomatic interests. Bringing together contributions from leading scholars of Turkish foreign policy, the collection explores both the regional and sectoral dimensions of Turkey’s evolving international role to an increasingly fragmented and multipolar international environment. Several chapters focus on the regional aspects of Turkish foreign policy, analyzing Turkey’s relations with Iran, Russia, the Gulf states, the broader Middle East and North Africa (MENA) region, and the Eastern Mediterranean. Other contributions examine key sectoral issues, including the implications of the Iran war for Turkey’s energy policy, defence industry, strategic posture, and mediation capabilities. Taken together, the chapters highlight the opportunities and constraints facing Turkey as it seeks to navigate an increasingly unstable regional and international landscape. The volume argues that Turkey’s future influence will depend on its ability to balance intensifying great-power competition with efforts to promote regional stability, diplomacy, and institutional cooperation. In doing so, it offers broader insights into the evolving role of middle powers in a rapidly changing global order.

Read here the Working paper.

India’s Space Policy

SWP - Thu, 04/06/2026 - 15:22

The Indian government is seeking to expand the country’s space programme in order to strengthen national security, promote economic growth and bolster India’s global standing. Its aim is to achieve strategic autonomy in the field of civilian space activities and technological sovereignty in the military sphere. In the area of security policy, India’s quest for sovereign capabilities is a race against time owing to its rivalry with China. But despite improved investment and regulatory conditions, there has not yet been any significant progress towards the development of a robust and competitive space economy. India’s most important strategic partner in the space sector is the US, with which it closely cooperates on trade, security and intelligence matters. In the field of civilian space activities, however, there is a growing interest in cooperation with European actors. India wants to attract more investment into the country, close technology gaps and diversify its partner­ships.

Why must enlargement be treated as a strategic investment? – ELIAMEP experts’ views

ELIAMEP - Thu, 04/06/2026 - 13:27

As European Council President Antonio Costa reiterated during his visit to Sarajevo, enlargement is no longer simply an institutional process. It is a geostrategic investment in Europe’s peace, stability and security. Today’s EU–Western Balkans Summit in Tivat, Montenegro, offers an opportunity to move beyond a narrative that focuses exclusively on what the region must do for the European Union and instead recognise what the Western Balkans already contribute to Europe’s future.

The debate on enlargement is often framed around reforms, conditionality and accession benchmarks. These remain important as enlargement is a process governed by rules including democracy, rule of law, human rights and freedom of press and media among others. Yet the changing geopolitical environment requires a broader perspective. The Western Balkans should increasingly be understood not as passive recipients of European support, but as active contributors to European security, defence readiness, economic resilience and strategic autonomy.

ELIAMEP‘s recent work through the think nea – New Narratives of EU Integration initiative demonstrates that the case for enlargement is no longer solely political. It is also strategic, economic and security-driven.

The Western Balkans Are Already Contributing to Europe’s Security

Europe’s debate on enlargement has remained largely disconnected from its debate on defence. Yet the two can no longer be treated separately. The Western Balkans are increasingly evolving from security consumers into security contributors.

Key trends include:

  • Defence spending across the region is rising, with most countries meeting or exceeding NATO benchmarks.
  • Western Balkan states are modernising their armed forces and increasing interoperability with European and NATO partners.
  • The region has provided meaningful support to Ukraine, including military equipment, ammunition and other forms of assistance.
  • Western Balkan personnel continue to contribute to EU, NATO and UN missions through specialised units, trainers, medical teams and peacekeepers.

At a time when Europe faces unprecedented security challenges, these contributions demonstrate political commitment, operational reliability and strategic alignment.

Europe’s Defence Readiness Requires the Western Balkans

The war in Ukraine exposed Europe’s shortages in ammunition production, defence-industrial capacity and supply-chain resilience. The Western Balkans offer concrete solutions.

The region hosts approximately 200 defence-related companies and retains significant industrial capacities inherited from the former Yugoslav defence-industrial complex. Bosnia and Herzegovina and Serbia remain major producers of ammunition and military equipment, while Albania, North Macedonia and others are rebuilding defence-industrial capabilities.

Several strategic advantages stand out:

  • Bosnia and Herzegovina possesses substantial artillery shell production capacity with potential for further expansion.
  • Regional industries can produce both NATO and Soviet-standard ammunition.
  • Production costs are often lower than within the EU.
  • Existing facilities can contribute to addressing Europe’s urgent defence-production gaps.

At the same time, non-EU actors are increasingly investing in these sectors. Without stronger European engagement, the EU risks missing an opportunity to integrate the region into its emerging defence ecosystem.

Geography Matters

The Western Balkans are not located on the margins of Europe. They sit at the centre of several critical European transport and security corridors.

The region functions as:

  • A land bridge connecting Central Europe, the Eastern flank, Ukraine and the Eastern Mediterranean.
  • A key route for military mobility and logistics.
  • An important contributor to supply-chain resilience.

In an era where infrastructure, connectivity and mobility have become security issues, the strategic relevance of the Western Balkans has increased significantly.

The Western Balkans Can Strengthen Europe’s Economic Security

The strategic importance of the region extends beyond defence. The Western Balkans possess substantial reserves of critical and strategic raw materials, including copper, aluminium, nickel, antimony, lithium, magnesium, cobalt and rare earth elements. These resources are increasingly important for Europe’s green transition, industrial competitiveness, defence production and economic security.

Yet the current situation reveals a strategic imbalance:

  • Raw materials are often exported to China for processing.
  • Higher-value products subsequently enter European markets.
  • Local value creation remains limited.
  • European strategic autonomy remains vulnerable to external dependencies.

A more integrated approach would allow Europe to strengthen supply-chain resilience while supporting economic convergence and industrial development in the region.

Enlargement and Strategic Integration Must Advance Together

The central conclusion emerging from ELIAMEP’s work is straightforward: Europe’s enlargement agenda and Europe’s strategic priorities increasingly overlap.

Whether the issue is defence readiness, military mobility, industrial resilience, critical raw materials, support to Ukraine or supply-chain security, the Western Balkans are already part of the solution. The challenge for the European Union is therefore not whether the region matters strategically, but how quickly existing policies can reflect this reality.

Today’s EU–Western Balkans Summit should reinforce a simple message: enlargement is not only about preparing the Western Balkans for the European Union. It is also about preparing the European Union for the geopolitical realities it faces.

The Western Balkans are not Europe’s periphery. They are an increasingly important part of Europe’s security, resilience and future prosperity. Recognising this reality is essential if enlargement is to fulfil its strategic purpose.

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