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Diplomacy & Crisis News

Of Privacy and Power: The Transatlantic Struggle over Freedom and Security

Politique étrangère (IFRI) - Thu, 19/09/2019 - 12:21

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne de Politique étrangère
(n° 3/2019)
. Julien Nocetti, spécialiste des questions numériques à l’Ifri, propose une analyse croisée des ouvrages de Henry Farrell et Abraham Newman, Of Privacy and Power: The Transatlantic Struggle over Freedom and Security (Princeton University Press, 2098), Shoshanna Zuboff, The Age of Surveillance Capitalism. The Fight for a Human Future at the New Frontier of Power (PublicAffairs, 2019) et Amaël Cattaruzza, Géopolitique des données numériques. Pouvoir et conflits à l’heure du Big Data (Le Cavalier Bleu, 2019).

Pour l’expertise en relations internationales, le sujet des données est particulièrement malléable et stimulant. Les données numériques représentent tout à la fois un enjeu de sécurité et de souveraineté pour les États, un enjeu démocratique pour les populations (à travers la question des données personnelles) et un enjeu fondamental de création de valeur pour les entreprises. Début 2018, l’affaire Cambridge Analytica s’était précisément située au croisement de ces différents enjeux, venant rappeler, d’une part, les capacités de riposte des États dans la sphère numérique et, d’autre part, que la vie privée de millions d’individus pèse peu face aux stratégies commerciales des grands acteurs de l’économie numérique. Les trois ouvrages présentés ici abordent, chacun à leur manière, les défis que fait peser l’exploitation toujours plus exponentielle des données en politique internationale, pour la relation transatlantique, et pour l’avenir du capitalisme.

Concis, l’opus du géographe Amaël Cattaruzza est celui qui présente de manière la plus claire et précise l’entremêlement de la problématique des données et de logiques géopolitiques toujours plus complexes. Longtemps, les données – et plus précisément leur circulation, leur stockage, leur traitement, par des acteurs privés et par des États – ont été une composante négligée des Internet studies et de la gouvernance mondiale du numérique. Or, elles s’imposent aujourd’hui comme un enjeu fondamental en matière de gouvernance ; sur ce plan, les enjeux de la gouvernance mondiale de l’Internet, par exemple, ont trop souvent été réduits à la question de la maîtrise du « cœur » de l’Internet, à savoir les ressources critiques et le système de nommage et d’adressage. Un point fort de l’ouvrage est de se distancier d’une stricte lecture de la donnée comme contenu, pour analyser la matérialité de ces données, leur caractère physique présentant un caractère éminemment stratégique à l’heure où les États entendent concevoir des politiques numériques souveraines.

Ainsi les données sont des composantes à part entière d’une souveraineté numérique âprement débattue, en Occident comme ailleurs. La question de la maîtrise des données est devenue la condition sine qua non de l’autonomie stratégique – tant sur le plan économique et industriel que géopolitique, affirme l’auteur. L’émergence d’un discours sur la souveraineté numérique entre dans ce cadre : maintenir les données sur le territoire national, via une politique de localisation, a structuré une véritable géopolitique des centres d’hébergement de données (data centers). La question de la territorialisation des données fait l’objet d’une deuxième partie très instructive. Cette territorialisation révèle des stratégies nationales de la donnée prenant des formes différentes et nuançant partiellement le consensus issu de la mondialisation. Les États-Unis ont fait du contrôle des données l’axe prioritaire tant du redéveloppement économique structuré autour de leurs géants technologiques que de leur stratégie de sécurité. Ces deux éléments se conjuguent dans une longue tradition d’open door policy visant à l’ouverture de marchés et au maintien de la prééminence américaine. La Chine, rappelle l’auteur, se situe dans une démarche décomplexée de puissance nationale, via un effort au long cours de rattrapage technologique et une volonté de briser le monopole numérique occidental. Dans cette optique, les données doivent permettre d’affirmer la vision chinoise du cyberespace autant que servir d’« instrument géopolitique » du projet des Routes de la soie. L’Europe, elle, pâtit d’un double effet ciseau : l’hégémonie américaine et l’affirmation chinoise affaiblissent le continent qui peine à se positionner en puissance industrielle de premier plan, adoptant en conséquence une posture pour l’essentiel défensive qu’est venu illustrer l’adoption du Règlement général sur la protection des données (RGPD), voté en mai 2018.

L’ouvrage des politistes Henry Farrell et Abraham Newman ne traite pas directement des données ; plutôt, il envisage ce sujet au prisme de l’évolution de la relation transatlantique et de la notion de privacy (respect de la vie privée). Les auteurs relèvent l’évolution inexorable des notions (et des tensions autour) de privacy et du secret. Ainsi le rôle traditionnellement prêté aux États en la matière – opacité des processus de décision, collecte d’informations sur les citoyens – a-t-il vécu ou, du moins, est très insuffisant pour appréhender la complexité des mutations en cours. Plutôt qu’un Big Brother centralisé, les auteurs soulignent la menace posée par une architecture de systèmes décentralisés, certains privés, d’autres publics, certains internes, d’autres internationaux, collectant tous des milliards de données sur les individus. L’État n’est ni absent ni obsolète : il recourt aux données pour rationaliser ses services, viser des opposants politiques ou poursuivre des criminels.

L’environnement autour des États a été radicalement altéré par la surveillance décentralisée des navigateurs Internet, l’ubiquité des téléphones mobiles avec des capteurs et réseaux satellitaires qui communiquent instantanément l’information aux maisons-mères, de vastes banques de données commercialisables, et de processus d’apprentissage autonome (machine learning) qui permettent de catégoriser des données et de prédire les comportements. Puisque les États de part et d’autre de l’Atlantique cherchent à globaliser les problématiques de sécurité intérieure, ceux-ci ne recréent pas les vieilles peurs mais les transforment. Ils louent – ou subtilisent – des données commerciales, les combinant avec les leurs, et mettent en place d’énormes bases de données destinées à des acteurs privés comme Palantir qui les exploitent à des fins lucratives. La ligne de démarcation public-privé vole en éclat, et les États ne peuvent que constater qu’ils dépendent d’initiatives privées pour la collecte de données. Aux États-Unis, les campagnes électorales de Barack Obama et de Donald Trump ont recouru à des techniques de micro-ciblage fondées sur la fusion d’informations commerciales sur les comportements des consommateurs et de tendances de vote politique. Les conditions de la privacy évoluent de la gestion de bases de données publiques vers la gestion d’un accès des États à des bases de données privées. Pour les démocraties, il s’agit d’une tendance de fond particulièrement inquiétante, ce que ne manque pas de nous rappeler le propos final de l’ouvrage.

L’universitaire américaine Shoshanna Zuboff prolonge de manière plus large les réflexions décrites ci-haut : selon elle, les violations toujours plus massives de la privacy ne sont ni fortuites ni facultatives ; elles représentent une source primordiale de profit pour les entreprises les plus riches de la planète. Ces acteurs privés ont un rôle financier direct dans le renforcement et le perfectionnement de la surveillance généralisée dont ils bénéficient – ainsi que dans le maintien de la légalité de cet appareil de surveillance. La thèse centrale de l’ouvrage est la suivante : si le capitalisme du XXe siècle reposait sur la production de masse et l’amélioration des revenus de la classe moyenne, le capitalisme du XXIe siècle repose sur la surveillance, soit l’extraction de données personnelles à l’insu des usagers qui en sont à l’origine.

En se concentrant sur les cas de Google et de Facebook, Zuboff démontre que la valeur créée par les grandes plateformes numériques découle de l’exploitation de données comportementales « cachées », comme les cookies (des fragments de code contenant des informations sur l’internaute, laissés sur son navigateur via les sites qu’il fréquente). Ce sont ces cookies qui assurent un profilage fin des internautes à leur insu. Ainsi, l’exploitation des données extraites à partir des comportements passés des individus (en ligne, mais également et de manière croissante dans le monde physique) permet des prédictions de plus en plus précises de leurs comportements futurs. Dès lors, selon l’auteur, le risque pour nos sociétés est qu’il devient possible d’inciter des individus à agir d’une certaine manière, à leur insu, et donc de les façonner.

L’argumentaire de Zuboff n’échappe pas toutefois à une certaine grandiloquence, au point même que certains techno-critiques pourtant acerbes comme Evgueny Morozov considèrent l’analyse de l’auteure trop alarmiste et pessimiste. Le portrait qui est dressé de la Silicon Valley est uniformément noir, ce qui grève la portée politique de son analyse. Selon Zuboff, la Silicon Valley est sous la coupe d’une idéologie instrumentaire radicale (un chapitre est consacré à instrumentarian power) dont l’objectif est de supplanter l’individualisme libéral par une ingénierie sociale à grande échelle. Elle affirme que Google et Facebook sont devenus le « contraire de la démocratie » – la formule est presque devenue mainstream dans la classe politique américaine depuis le scandale Cambridge Analytica et les fuites de données massives et successives qui concernent Facebook. Au final, le lecteur regrettera le manque de profondeur derrière la notion de « capitalisme de surveillance », laquelle aurait sans doute mérité une analyse davantage « micro » et politique. Il n’en reste pas moins que l’ouvrage donne du grain à moudre aux nécessaires et complexes formes de régulation à inventer pour encadrer l’action débridée des géants du numérique.

Julien Nocetti,
chercheur à l’Ifri

 

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Sahel : soubassements d’un désastre

Politique étrangère (IFRI) - Tue, 17/09/2019 - 10:14

La rédaction a le plaisir de vous offrir à lire ce second article, « Sahel : soubassements d’un désastre », écrit par Alain Antil, directeur du Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri. Il vient de paraître dans notre nouveau numéro de Politique étrangère (n° 3/2019), « Indo-Pacifique : un concept flottant ? ».

Au premier semestre 2019, l’exécutif français demandait au Quai d’Orsay, au ministère des Armées et à l’Agence française de développement (AFD) de travailler sur des scénarios d’évolution de la bande sahélo-saharienne (BSS), et d’envisager de nouvelles approches, tant la dégradation de la situation y semblait rapide. Un regard sur la cartographie dynamique des actes violents suffit en effet à se convaincre d’une aggravation des problèmes.

En premier lieu, les zones touchées par les violences sont en nette extension, et le nombre d’attaques et de victimes s’est accru fortement en 2018, avec un premier semestre 2019 qui prolonge ces tendances. La palette des violences s’est aussi enrichie : actes terroristes certes, mais également conflits entre groupes armés, entre milices d’autodéfense, violences de certaines forces de sécurité (FDS) contre des populations civiles…

Au premier trimestre 2019, des massacres de villages ont par ailleurs commencé à rythmer le centre du Mali et le nord du Burkina Faso. Début janvier, au nord du Burkina, suite à une attaque d’éleveurs peulh sur la localité de Yirgou qui avait occasionné plusieurs morts dont celle du chef de village, des expéditions punitives menées par des populations mossi auraient fait près d’une cinquantaine de morts selon le bilan officiel. En mars 2019, dans le village d’Ogossagou, au centre du Mali, plus de 160 victimes civiles étaient tuées lors d’une attaque d’hommes à motos, présumés liés au groupe d’auto-défense dogon Dan Nan Ambassagou. Ces derniers accusaient les communautés peulh de la zone, dont celle du village d’Ogossagou, d’attaquer des villages dogon, appuyées par les « terroristes » de la Katiba Macina. Conséquence de ces événements : le nombre de déplacés internes et de réfugiés continue de progresser rapidement.

Certes, les marges de progression des armées nationales, en particulier malienne et burkinabè, sont importantes, et, mieux équipées et aguerries, elles pourront sans doute à l’avenir mieux répondre aux défis sécuritaires. D’ailleurs, le Tchad et la Mauritanie, avec des moyens équivalents, pré-sentent de meilleurs résultats quant à la protection de leur territoire. Mais aujourd’hui, force est de constater les grandes difficultés des appareils sécuritaires.

De plus, l’horizon reste globalement sombre, tant les tendances fondamentales de la zone demeurent préoccupantes. L’explosion démographique n’est pas un problème dans l’absolu mais de facto elle accentue tous les problèmes, à commencer par les besoins de services de base des populations, déjà difficilement couverts. Les économies nationales sont des économies de rentes, caractérisées par une importante prédation des élites. Un nombre restreint de produits sont exportés ; d’où l’exposition de chaque économie nationale, de chaque budget, aux évolutions aléatoires des cours mondiaux des dits produits. La baisse du cours du pétrole brut depuis 2014 a ainsi cruellement impacté le Tchad.

Cette complexion économique produit des marchés de l’emploi particulièrement atones, dont les capacités à créer de bons emplois ne couvrent pas 10 % des entrants annuels. Dans des pays où l’âge médian de la population est particulièrement bas (entre 15 et 17 ans selon les pays du G5 Sahel), les économies ne pourront pas profiter du dividende démographique, et l’état des marchés de l’emploi est une mécanique infernale et menaçante de frustration pour la jeunesse.

Les États s’appuient sur des bases fiscales étroites, et dépendent structurellement de l’aide extérieure pour mettre en place leurs politiques, voire simplement pour le traitement de leurs fonctionnaires. Lorsque le boom minier ou pétrolier leur permet temporairement d’échapper à cette réalité, les largesses budgétaires ne sont pas forcément utilisées pour mettre les pays sur les rails du développement ou de la diversification économique. Pour la Mauritanie, Moussa Fall, président du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), pointe, dans un document non publié intitulé 2008-2018. Une décennie perdue, le mésusage des ressources issues du boom minier, notamment au profit d’infrastructures de prestige, ou de la très discutable priorisation des investissements.

Les élites, ou tout du moins une partie d’entre elles, considèrent l’aide comme une rente et, plutôt que de d’ordonnancer les aides et les coopérations de développement en accord avec les plans de développement nationaux, préfèrent les recevoir de manière désordonnée, sans cohérence avec les politiques sectorielles nationales, afin qu’un maximum de flux de financements puissent être captés. Ainsi – on y reviendra –, c’est la présence même de l’État qui se détricote.

Enfin, l’absence de sursaut de ces élites est peut-être l’élément le plus inquiétant. On aurait pu espérer qu’au Mali par exemple, après la défaite de l’armée en 2012 et la rapide dégradation de la situation au Centre, s’instaure une autre gouvernance ; que des lignes rouges s’imposent contre les pratiques de corruption, de népotisme et de clientélisme qui avaient mené à la catastrophe. Or, le cours politique semble s’écouler paisiblement à Bamako, sans changement majeur, alors que plus de la moitié du territoire national est aujourd’hui contrôlée par d’autres acteurs que l’État. Cette incapacité à intégrer les leçons d’une triste décennie constitue sans doute la plus grande faute de ces élites contre le devenir national. […]

Lisez l’article dans son intégralité ici.

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PE 3/2019 en librairie !

Politique étrangère (IFRI) - Thu, 12/09/2019 - 17:14

Le nouveau numéro de Politique étrangère (n° 3/2019) vient de paraître ! Il consacre un dossier complet à l’Indo-Pacifique et un Contrechamps à la stabilisation du Sahel. Comme à chaque nouveau numéro, de nombreux autres articles viennent éclairer l’actualité : l’Union européenne et les défis migratoires, la contestation de la mondialisation, le financement de la prolifération des armes de destruction massive

Indo-Pacifique : le concept, qui n’a que quelques années, veut exprimer une nouvelle structure de la mondialisation de la planète. En termes d’échanges économiques, et de distribution de puissance, c’est bien une zone unitaire qui se dessine du golfe Arabo-Persique au Pacifique, où se croisent, se mesurent, s’affrontent toutes les grandes puissances. Il faut penser cette aire nouvelle, et les moyens d’y agir : dispositifs politiques, économiques et militaires.

Mais ce concept d’Indo-Pacifique est aussi une tentative d’encadrer la montée en puissance chinoise, de la brider dans un entrelacs de puissances limitant son poids. L’acceptera-t-elle ? Et pourra-t-on organiser la coexistence d’intérêts si divers, dans une zone si vaste, en tenant compte des spécificités régionales et locales ?

Le dossier de Politique étrangère pèse la pertinence d’un concept qui tente de penser une zone stratégique-pivot.

Autre espace d’importance, particulièrement pour les Européens : le Sahel – qui fait l’objet de la rubrique Contrechamps de ce numéro. Ce Sahel si proche de nous est-il condamné à la misère et à la violence ? Les États de la région parviendront-ils à rétablir leur autorité sur leur propre espace ? Les forces de sécurité à protéger les populations, et non à les insécuriser ? Et l’aide internationale a-t-elle vraiment pris la mesure des causes multiples de l’instabilité de la région, qui dépassent de beaucoup ce que nous résumons au terme de terrorisme ?

* * *

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Après le 11 Septembre : les États-Unis et le Grand Moyen-Orient

Politique étrangère (IFRI) - Wed, 11/09/2019 - 10:06

Le 11 Septembre 2001 le terrorisme frappait l’Amérique.

Redécouvrez le dossier publié par Politique étrangère (n° 3/2011), « Après le 11 Septembre : les États-Unis et le Grand Moyen-Orient », 10 ans après cet attentat terroriste à l’ampleur inédite.

« Dix ans après, pourquoi revenir sur un 11 septembre qui n’a cessé de faire parler ? Parce que, volens nolens, la date représente bien un seuil. Un seuil dans la découverte d’un monde nouveau né de l’après-guerre froide, mais demeuré, dans la dernière décennie du XXe siècle, une sorte de brouillon quelque peu mystérieux. Un seuil dans l’utilisation symbolique de la violence contre la puissance – le « génie » terroriste est là : non dans la frappe elle-même, somme toute assez élémentaire quant à sa manœuvre, mais dans le choix de la cible : les Twin Towers, image de la modernité, de la richesse et de l’arrogance du fort. Un seuil aussi dans l’évolution de la société internationale : la violente mise en cause de la force américaine s’est accompagnée ces dix dernières années de l’affirmation progressive de pays qui seront demain les puissances « émergées », lesquelles, au sens le plus précis de l’expression, bouleverseront l’ordre du monde.

La frappe traumatisante du 11 septembre a eu des effets directs sur les rapports de force dans le monde. Un instant tétanisée, la puissance dominante de la planète, fugitivement rêvée en « gendarme du monde » dans les années 1990, a violemment réagi, en développant une irrépressible force de transformation. Transformation des visions classiques de la sécurité – la « guerre contre la terreur » a d’abord été une lutte contre les terroristes, renforcée dans toutes les sociétés concernées et en définitive relativement victorieuse. Les victoires ne peuvent être ici que relatives, mais se prouvent par l’absence ou la limitation des faits : le monde n’a pas connu, ces dernières années, les dévastations qui semblaient promises par le coup inaugural du 11 septembre. Transformation de certains rapports internationaux au nom de cette lutte globale contre la terreur : rapports d’alliances redéfinis, coopérations entre services de police ou de renseignement, etc. Transformation, enfin, dans un espace cardinal supposé être à l’origine de nombre de maux « terroristes » : le monde musulman, plus ou moins assimilé, dans une certaine pensée américaine, au « Grand Moyen-Orient » des discours bushiens.

Cette puissance transformatrice, les États-Unis l’ont maniée sans complexe, appuyés sur leurs deux cartes maîtresses : la puissance économique et la puissance militaire. Avec des résultats complexes à analyser. L’efficacité a été moins globale que prévu : l’emblème est ici le destin pour le moins incertain de la zone AfPak. Et, paradoxe, là où elle fut incontestable, la transformation s’est révélée au final plus perturbatrice qu’organisatrice : voir l’exemple irakien et plus largement la région moyen-orientale au sens traditionnel de ce terme.

***

C’est donc à travers le prisme du Moyen-Orient – de stricte ou de large définition – que ce numéro de Politique étrangère a choisi d’analyser, dix ans plus tard, les conséquences du 11 septembre. Un Moyen-Orient décisif – politiquement, économiquement, moralement même – pour des Occidentaux qui donnent encore pour un temps le la des débats politiques de la planète ; mais décisif aussi, par exemple en termes énergétiques, pour la puissance chinoise. Un espace où se joue, depuis les révolutions arabes du printemps 2011, une grande part du débat sur la démocratisation des sociétés politiques, débat largement hérité de la fin de la guerre froide mais qui avait peu progressé après les premiers enthousiasmes des années 1990. Une aire où se joue une bonne part de l’assise diplomatique et militaire de la (toujours) première puissance de la planète.

Que représentent aujourd’hui les États-Unis dans le Grand Moyen-Orient qu’ils essayèrent de définir, de redéfinir sous les deux mandats de George W. Bush ? Une force économique et militaire considérable ? Une référence : positive, négative, ou mêlée ? Une force en voie de marginalisation, ou en plein retour à partir d’autres règles ? Le positionnement de Washington face au printemps arabe a été à la fois hésitant et subtil, et tels Européens qui annoncèrent voici plusieurs mois l’extinction de l’influence américaine dans la région paraissent aujourd’hui bien pressés.

Washington devrait continuer de jouer dans la région trois cartes majeures : sa puissance économique et militaire (même si cette dernière montre ses limites, chacun sait qu’elle reste décisive, comparée à celle des autres) ; son image, contradictoire et mixte dans la plupart des opinions publiques de la zone, sauf sans doute à l’est où elle est plus largement rejetée, en Afghanistan ou au Pakistan ; et l’absence des autres. Chacun souhaite que l’affaire libyenne se termine positivement, au premier chef pour le peuple libyen, puis pour nos armées qui y sont engagées. Mais on ne peut guère prétendre que les derniers mois ont mis en scène des acteurs internationaux susceptibles de remplacer les États-Unis face aux traumatismes régionaux qui s’annoncent.

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Au-delà, se pencher sur le Moyen-Orient dix ans après le 11 septembre dans ses rapports avec l’Amérique, c’est aussi parler de l’ailleurs, du monde qui va, hors des obsessions de la « guerre contre la terreur ». L’équilibre des puissances change, même si le résultat futur du changement n’est pas connu, et le Moyen-Orient est aussi le champ d’exercice de ces nouveaux rapports de force : avec des puissances désormais de premier rang comme la Chine, ou d’autres comme l’Iran ou la Turquie. Ce nouveau damier de la puissance n’a pas trouvé les formes de cogouvernement qui lui correspondent : la nouvelle gouvernance mondiale hésite et balbutie, et cela se traduit d’abord dans cette région. Enfin, l’ouverture économique et technologique des sociétés modèle de nouvelles formes de vie sociale et politique, sans doute déterminantes pour les systèmes de gouvernement et les gouvernances futures : et cela est aussi à l’œuvre dans l’aire arabe et moyen-orientale.

Le dossier exceptionnel que propose ce numéro de Politique étrangère dépasse donc de beaucoup sa thématique : les rapports entre les États-Unis et le Grand Moyen-Orient dans le sillage du 11 septembre. À travers le devenir d’une région qui reste décisive et celui d’une puissance qui demeure, au-delà de ses traumatismes et de ses erreurs, la « puissance référente », c’est l’avenir des équilibres internationaux qui s’y joue dans ses multiples dimensions : énergétique, démographique, militaire et tout simplement démocratique. »

Retrouvez en libre accès tous les anciens numéros de Politique étrangère, de 1936 à 2005 sur Persée, puis à partir de 2005 en barrière mobile de 3 ans sur Cairn.

Quand la gomme arabique fait tanguer l'Amérique

Le Monde Diplomatique - Tue, 10/09/2019 - 19:05
Pendant que le Sud-Soudan prépare son indépendance et le délicat partage des ressources pétrolières, un commerce moins exposé prospère dans la région : celui de la gomme arabique, une substance qui entre dans la composition de nombreux produits, dont le Coca-Cola… / États-Unis (affaires extérieures), (...) / , , , , , , , , , , , - 2011/04

Au Kosovo, la «<small class="fine"> </small>sale guerre<small class="fine"> </small>» de l'UCK

Le Monde Diplomatique - Tue, 10/09/2019 - 17:29
Douze ans après le conflit qui devait conduire la province serbe à majorité albanaise sur la voie de l'indépendance, enquêtes et témoignages révèlent l'ampleur des exactions commises par des membres de l'Armée de libération du Kosovo (UCK). Les victimes se comptent aussi bien parmi les civils serbes que (...) / , , , , , , , , , - 2011/03

L'école publique à l'encan

Le Monde Diplomatique - Tue, 10/09/2019 - 15:29
« Placer l'élève au centre du système éducatif », « respecter son rythme propre », « ouvrir l'école sur l'extérieur », le tout sur fond de « projets » et autres « partenariats »... Telle est la nouvelle idéologie qui occupe le devant de la scène scolaire française. Introduite par la loi d'orientation de 1989, (...) / , , - 1998/11

Le régime de Khartoum bousculé par la sécession du Sud

Le Monde Diplomatique - Mon, 09/09/2019 - 19:23
Inédite en Afrique, cette partition « à l'amiable » au Soudan vise à mettre un terme à des décennies de conflits. Mais elle laisse en suspens des éléments clés de la stabilité régionale : le partage de la rente pétrolière et la délimitation des frontières. / Afrique, Soudan, Christianisme, Islam, (...) / , , , , , , - 2011/02

Les apprentis sorciers de la retraite à points

Le Monde Diplomatique - Mon, 09/09/2019 - 17:22
Dans le récent débat sur la réforme des retraites, un thème a progressivement fait consensus : il faut une grande réforme systémique, celle du système par points. C'est ce que préparent le Parti socialiste et la CFDT, au risque d'accentuer les inégalités. / France, Entreprise, Parti politique, (...) / , , , , , - 2010/12

Foreign Affairs Quiz

Foreign Policy Blogs - Mon, 09/09/2019 - 16:43

 

http://www.quiz-maker.com/QTEEGR0

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Hongkong dans l'étau chinois

Le Monde Diplomatique - Mon, 09/09/2019 - 15:22
L'effondrement boursier et les faillites en cascade qui ont frappé la plupart des pays asiatiques n'ont pas épargné Hongkong, rentré dans le giron de la Chine en 1997. De plus, longtemps considéré comme la porte d'entrée du marché chinois, l'ancien « dragon » a vu son rôle se restreindre au fur et à (...) / , , - 2003/06 Contestations

Oublier les «<small class="fine"> </small>Nobel<small class="fine"> </small>» et... vaincre le chômage

Le Monde Diplomatique - Sun, 08/09/2019 - 19:19
La Banque de Suède a remis, le 11 octobre, son prix en mémoire d'Alfred Nobel. Les lauréats ont déployé toute la sophistication théorique de la science économique pour démontrer… qu'il n'est pas si facile de trouver un emploi. / Capitalisme, Économie, Finance, Idées, Idéologie, Inégalités, Science, (...) / , , , , , , , , , , , - 2010/11

Comment la Chine a gagné la bataille des métaux stratégiques

Le Monde Diplomatique - Sat, 07/09/2019 - 19:17
Pour asseoir son contrôle sur « terres rares » – des métaux indispensables à la fabrication des appareils de haute technologie –, la Chine a mis en œuvre ce que le capitalisme occidental rejette : une politique industrielle de long terme. / Chine, Géopolitique, Industrie, Politique, Matières premières - (...) / , , , , - 2010/11

Hongkong vers un modèle singapourien<small class="fine"> </small>?

Le Monde Diplomatique - Sat, 07/09/2019 - 17:17
Vue de Pékin, la rétrocession de Hongkong à la Chine apparaît comme un événement hautement symbolique. Elle marque la fin de la période coloniale occidentale sur le territoire et le début d'une ère de complète parité avec les grands pays industriels. Le rendez-vous du 1er juillet 1997 mobilise la (...) / , - 1997/05

Insecurity in Somalia: Is Mogadishu’s ‘Green Zone’ Part of the Problem?

Foreign Policy Blogs - Fri, 06/09/2019 - 20:35

Naturally broken nations like Somalia that require intervention from the international community require a safe area where diplomats and other officials representing key governments and organizations could be hosted. Hence Somalia’s heavily guarded “Green Zone”, or Halane as it is commonly known.

As a compound dominated by African Union Mission in Somalia (AMISOM) soldiers, mostly from Uganda, and a network of guerilla diplomats who respect no diplomatic boundaries and which is infested with “economic hitmen”, foreign intelligence, counter-intelligence, counter-insurgency and counter-stability (mercenaries) agents, Halane became a mega bazaar for political exploitation and zero-sum trade.

Twelve years after becoming the artificial nerve center of Somali politics, it became clear that Halane needs to undergo a detoxification process in order to serve its original objective: to help Somalia re-emerge as a nation-state capable of protecting itself and running its own affairs.

The Halane I knew

To contrast the past with the present, allow me to take you on a personal tour. In 1979, immediately after graduating from high school, I had to report to Halane – an old Italian colonial relic turned to a military training camp – for 6 months mandatory boot camp before starting one year of a mandatory “national service” program.

I remember those long march drill sessions under the scorching Mogadishu sun. I remember that pitch-black night when I was placed on guard duty in the area where the airport’s only runway kissed the Indian Ocean. In those days, no flights landed after sunset. And legend had it that that area was the playground of some hoof-legged, man-donkey soldiers. Throughout the night, my senses remained on hyper-alert. Even the gentle wind of the night stirred the spookiest waves of emotions in the heart.

I also remember the day when a few of us were lined up for singing loud. One by one we were taken out of the room to be handed our punishments. When it was my turn, a guard led me to another room with a door wide open where I was surprised by another soldier hiding behind the door with a cable piggin’ string. The rest was a brief painful episode of kicks, curses and screams.

But, despite all that seemingly traumatic experience, I left Halane a better man and a better citizen.

Today’s underground Halane

Today that Halane compound has expanded immensely. Though there are some good things, such as training sessions that take place inside the compound, unfortunately, it has become a place where Somalia’s top leaders are subjected to various levels of humiliation and psychological subjugation. It’s where the carrots are dangled to coopt Somali officials and where sticks are wagged so that the self-confident among them are psychologically broken down until they accept behaving like guests in their own country. It is where the elite with political ambitions are required to go to get their blessings and a few power-projecting pictures for social media. It is where resolutions that undermine Somalia’s central government authority and legitimacy are concocted despite the fact that Somalia’s transition period ended in 2012.

Resolution 2472, adopted by the Security Council on 31 May 2019, is peppered with language that affirms, as I have been arguing for a while, that Somalia is in a stealth trusteeship. Despite the opening diplomatic pacifier of “reaffirming its respect for the sovereignty, territorial integrity, political independence, and unity of Somalia” the Resolution commands the Federal Government of Somalia to expedite its settlement with federal states on “resource and power-sharing to be enshrined in the revision of the Provisional Federal Constitution” and “generation of affordable Somali forces.”

In other words, 3,000 independently commanded troops per federal state as spelled in the so-called National Security Architecture. Enough to protect a number of questionably acquired foreign projects while keeping Somalia in state of perpetual security dependence. The federal state of Galmudug became the first to offer its contingent or the Ahlu Sunna Wa Jama (ASWJ) militia. Though this is set to intensify intra-clan sensitivity, IGAD wasted no time in praising the effort.

Shifting current paradigm

While certain elements within the international community use counter-terrorism to justify having AMISOM troops in Somalia or bankrolling covert mercenary operations, these foreign forces are neither aligned with the Federal Government of Somalia and AMISOM’s strategy to fight Al Shabaab nor are they part of the command structure that is accountable to either one. Because, as I argued in Straight Talk on Somalia Insecurity, Al Shabaab’s deadly escapades provide priceless cover, if not legitimacy, to their presence.

Benevolent predators who are quick to offer one mini unsustainable project or another to improve perception are plenty. Funding is often delivered through various international NGOs that charge hefty overheads and subcontract local ones that become the funders’ indigenous detractor. Though the funding comes with strings attached, seldom is it used to pressure the government to meet its obligations, such as completing the constitution and getting it ratified, establishing a constitutional court, and refraining from consolidation of power by the executive branch that made the parliament irrelevant.

The more UN officials and AMISOM continue to hide behind heavily fortified bunkers at the airport area – the de facto extension of Halane – the more there will be militarization of Mogadishu and the more the old routine of holding international conferences at Mogadishu’s international airport or in Nairobi will continue to be justified.

Is Mogadishu safe enough for the United Nations Assistance Mission in Somalia (UNSOM) and AMISOM to be decommissioned? The one thing that we know is that as long as both are there Somalia will remain in a state of perpetual dependency, insecurity, and fragmentation. As I wrote in a number of my previous articles, AMISOM contributed a lot to Somalia in the earlier months and years. But everything changed when armies from the frontline states of Ethiopia and Kenya were allowed to join AMISOM. That is when the original peacekeeping objective became blurred.

Flushing all questionable elements out of Halane is impossible if UNSOM remains the de facto institution under which Somalia’s government is governed. And there is no end to UNSOM if the UK remains the “pen holder” that spearheads all Somalia-related issues at the United Nations. The Federal Government of Somalia must take an unequivocal stance on UNSOM. The Security Council cannot legitimately impose its will on a state that is neither oppressing its citizens nor is hostile toward its neighbors. UNSOM is there because the Somali government imprudently endorses its mandate.

Could a change in UNSOM’s status expedite the departure of AMISOM? Sure.

Despite the narrative of the security void that might be created, AMISOM, along with the various mercenary companies roaming around Somalia, have been the main causes of the hemorrhaging of security-related funding for more than a decade. That is the reason why Somalia does not have a unified, robust, highly trained and well-equipped army.

Ending AMISOM would end their widely covered corruption, rape, and extrajudicial killings. Not to mention the conflict of interest generated by the presence of Kenyan and Ethiopian troops who are in the thick of Somalia’s internal politics. Perhaps stopping reliance on AMISOM could motivate the Somali government and the various armed militias around the country to take security more seriously and to unite against their common enemy – Al Shabaab – for their own survival. Without AMISOM escorts, it may also compel the government to reduce the weekly travels to foreign destinations for one powwow or another and spend the saved funds on various basic public services, which are sorely lacking.

The warning signs

Good politics is the willingness to engage in transparent, benevolent, and ethical negotiations with others to find a middle ground on issues of mutual interest. It is to enter from the front door in good faith while respecting each other’s spaces and rights.

There is absolutely nothing wrong with doing business or creating partnerships with foreign nations so long as those relationships are mutually in the best interest of all sides. Those seeking genuine economic or strategic partnerships must be willing to refrain from making matters worse, and be willing to give the government the critical space it needs to make peace with the peripheral authorities, and establish total control of Somalia’s territories.

Unfortunately, at this frail stage, before a genuine Somali-owned reconciliation, corrupt Somali leaders at all levels and their partners in Halane continue signing duplicitous land, oil and maritime deals in ways that outrage common sense before decency and integrity. With the current high tension and growing volatility within various federal states resulting from territorial disputes and other contentious issues, these corrupt deals are only going to lead to perpetual clan-based wars.

Somalia cannot afford to sleepwalk into the growing volatility of the region, the political and economic pitfalls of a rapidly changing world, and the systematically shifting world order. Somalia’s survival depends on being a step ahead of those who wish her ill or who are bent on ruthlessly exploiting its dysfunctional political condition for their zero-sum ends.

Halane is where the instruments of political compulsion are currently concentrated. Somali leaders must radically change their ways and govern in ways that protect Somalia’s national interest and resources.

Those who are positioning themselves to replace the current government in 2021 must not ignore the groundswell of public discontent regarding Halane politics. They must forge a viable strategy to advance the will of the people.

 

 

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Malcolm X, inépuisable mythe en temps d'extrême adversité

Le Monde Diplomatique - Fri, 06/09/2019 - 19:15
Quand, le 21 février 1965, Malcolm X tombe sous les balles, nombreux sont ceux qui pensent qu'il ne représentera plus aucun danger. Aujourd'hui, l'Amérique est loin de cette tranquillité. Malcolm X s'est remis à hanter le présent et à parler. / États-Unis (affaires intérieures), Identité culturelle, (...) / , , - 1993/02

De mauvaises fées sur le berceau de l'Europe de la défense

Le Monde Diplomatique - Fri, 06/09/2019 - 17:14
Loin d'être un accident, ce que l'on a appelé, en France, l'« affaire Clearstream-EADS » révèle l'évolution du marché de l'armement sur le Vieux Continent. Depuis vingt ans, sous l'égide de l'Union européenne, la dérégulation et l'appât du gain ont modelé le paysage industriel. La « guerre au terrorisme » (...) / , , , , , , - 2006/10 L'ère des paradoxes

En Ardèche, les résidences secondaires ont remplacé les lopins de terre

Le Monde Diplomatique - Fri, 06/09/2019 - 15:14
« Ils quittent un à un le pays pour s'en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nés », chantait Jean Ferrat, Ardéchois d'adoption mort en mars dernier. Mais certains restent, coûte que coûte. / Agriculture, Économie, Entreprise, Industrie, Politique, Tourisme, Travail - (...) / , , , , , , - 2010/10

Sheikh Mirza: “Yezidi girl murdered inside UN camp”

Foreign Policy Blogs - Thu, 05/09/2019 - 21:34

Yazidi refugee women hold a banner as they wait for the arrival of United Nations High Commissioner for Refugees Special Envoy Angelina Jolie at a Syrian and Iraqi refugee camp in the southern Turkish town of Midyat in Mardin province, Turkey, on June 20, 2015. Photo courtesy of REUTERS/Umit Bektas

Yezidi leader Sheikh Mirza, who heads the Yezidi International Human Rights Organization, reported that a Yezidi girl was recently murdered by ISIS in the Hol camp in Syria: “A young Yezidi girl tried to escape from the UN refugee camp in Hol, Syria, where reportedly 73-80,000 are among over 30,000 Iraqis, the majority of whom are ISIS members and their families, who are being given refuge and protection – the same as their victims!  These ISIS members are enslaving Yezidis inside the camp.  Some Yezidis have managed to escape but this girl was caught.  The Moslem ISIS women inside the camp learned of her plan and then they beat her to death, so she was murdered.”

“Why is the UN giving cover and help to ISIS women,” Sheikh Mirza pondered.   “The ISIS women are reportedly just as brutal as their men.  The Yezidi’s still don’t know where the young woman’s body has been taken to.  The camp authorities?  Or someone else, like ISIS supporters?  We don’t yet know the name of the young woman who was murdered or other details.  We don’t know if her family is alive or if they were murdered or enslaved.  ISIS changes the names of their slaves to Muslim names.”

Sheikh Mirza chastised international media outlets for ignoring this important story: “This information about the young Yezidi girl who was murdered by ISIS was not reported in mainstream media outlets.  It is only on Yezidi social media websites and on Samaria news.”  However, Israel Hayom did conduct an interview with Sheikh Mirza, where he proclaimed: “According to our information, there are hundreds of Yazidi slaves being held by their ISIS captors who are now being cared for in camps run by the UN and local governments.” He says that he went to the UN and pleaded for their help but so far, no help has arrived: “All Muslim groups have been helped but not the non-Muslim ones, who are the greatest victims and are suffering from genocide.”

Ismail emphasizes that ISIS is still being welcomed in Turkey and other Muslim communities: “We know of at least two refugee camps which welcomed and are supporting ISIS families. One is built to accommodate about 20,000 refugees and since March, the population has swelled to about 80,000 people. The population is mainly consisting of ISIS families. We know of another UN refugee camp in Syria. It used to have a population mainly of Yazidis.” But now, ISIS has been welcomed into the camp and the Yazidis are trying to flee. They are being abused by local Muslims. This camp is now populated mainly by ISIS families and the few Yazidis who are remaining.

“Several weeks ago, a group of Yezidis pleaded to go into the al-Hol camp to try to connect with the other Yezidi slaves, who we know are there in order to try to free them,” Sheikh Mirza noted.  “These Yezidi pleading to enter know that they also may be killed or kidnapped by the ISIS members, who fill the camp!  But they are willing to do this and risk their lives.”  They believed that the greater good of trying to save lives outweighed any potential risks that they might personally face.  However, the camp authorities refused their request to enter.  Same goes for the Central Government and the UN.  

According to Sheikh Mirza, sometime ago, another Yezidi girl who was able to escape from the same camp (Hol refugee camp) said that she was very lucky she made it on time; and said if she had not been able to, she was on the list to be transferred to Idlib, Syria and then to Turkey in order to suffer organ harvesting: “According to many of the escaped Yezidi women and girls, 600 – 700 young Yezidi boys and girls have been transferred to Turkey.  The international community is totally silent on the issues of the Yezidi slaves in the Al Hol camp; we are hoping that this is not an international plan to keep the silence until the Hol camp is emptied from the Yezidi slaves!”  

 

 

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Etats-Unis, république des avocats

Le Monde Diplomatique - Thu, 05/09/2019 - 17:07
Aux Etats-Unis, poste avancé de la judiciarisation de la vie publique, les avocats forment une classe à part. Souvent démocrates, ils comptent au nombre des rares privilégiés que les républicains n'hésitent pas à fustiger. / États-Unis (affaires intérieures), Élections, Justice, Parti politique, (...) / , , , , , - 2010/09

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