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Russie – Ukraine : une guerre sans fin ? Avec Arnaud Dubien

Wed, 04/11/2026 - 17:25

Alors que la guerre en Ukraine se poursuit depuis maintenant près de quatre ans, une nouvelle séquence diplomatique est sur le point de s’ouvrir. Des délégations russes, ukrainiennes et états-uniennes sont attendues le 10 et 11 novembre à Abu Dhabi.
Cette initiative évince de fait les Européens qui peinent une fois de plus à s’affirmer dans les discussions sur la fin du conflit. Alors qu’elle assume déjà un soutien budgétaire massif à l’Ukraine depuis le début de l’invasion, l’Union européenne risque de se voir contrainte d’assumer seule le fardeau logistique et financier de la reconstruction de l’Ukraine dans les années à venir. La ligne de front n’est en effet pas la seule zone à subir de plein fouet la guerre. Le conflit se joue en désormais parfois très loin de celle-ci, en raison de la multiplication des frappes de longues portées visant les infrastructures stratégiques, notamment liées à l’énergie, l’industrie et aux transports. Dans cette guerre d’attrition, qui teste les capacités de résiliences des deux belligérants, aucune issue claire ne semble encore se dégager.

L’Union européenne se trouve-t-elle dans une impasse ? Quels sont les objectifs de Vladimir Poutine ? Quelle est la stratégie de Volodymyr Zelensky ? La Russie s’est-elle affaiblie depuis 2022 ? Comment la Russie résiste-t-elle aux sanctions économiques ? Que pensent les Russes de la guerre ?

Autant d’enjeux abordés avec Arnaud Dubien, chercheur associé à l’IRIS et directeur de l’Observatoire franco-russe.

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Midterms : Trump empêtré

Wed, 04/11/2026 - 14:48

Le Parti démocrate a remporté une victoire écrasante à l’occasion des élections de mi-mandat (midterms) qui se sont tenues ce mardi 3 novembre aux États-Unis.

Ces élections sont particulièrement importantes, puisque les États-uniens renouvellent simultanément la Chambre des représentants (435 membres), une partie Sénat (100 membres au total), ainsi que les gouverneurs de leurs États (50 au total).

On parle d’une véritable « vague bleue » qui déferle sur les États-Unis, symbole du mécontentement d’une partie de la population vis-à-vis de la politique de l’administration Trump, et particulièrement les conséquences économiques la guerre en Iran.

La course électorale dans le Michigan a été particulièrement médiatisée. La victoire du candidat démocrate Abdul El-Sayed, premier sénateur musulman élu aux États-Unis, démontre que critiquer la politique d’Israël n’est plus un tabou. Plusieurs États historiquement républicains, comme le Texas ou le Kansas, ont également élu des sénateurs démocrates, pour la première fois depuis des décennies.

Au-delà du signal symbolique que représente ce rejet de la politique de Trump, l’enjeu est aussi institutionnel : le Congrès demeure un contre-pouvoir fondamental à l’exécutif états-unien. Mais peut-on s’attendre à ce que cette vague bleue impacte réellement la politique extérieure états-unienne ?

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Renseignement et cyberespace : la reconfiguration d’une fonction régalienne à l’épreuve de l’autonomie stratégique

Tue, 03/11/2026 - 18:07
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Dans quelle mesure le cyberespace reconfigure-t-il le renseignement en instrument de puissance, et que coûte cette transformation à l’autonomie stratégique française ? Deux dynamiques contraires se font face, le numérique accroissant la portée des services tout en
les enserrant dans un tissu de dépendances techniques, d’alliances dont ils ne fixent pas les termes et d’incertitudes qui fragilisent leurs conclusions. Le renseignement cyber ne devient un véritable attribut de souveraineté qu’adossé à des moyens propres, à un encadrement juridique qui le légitime et à une aptitude autonome à désigner l’adversaire, faute de quoi il demeure une puissance empruntée.

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Netanyahou : va-t-il rester au pouvoir ? | Les mardis de l’IRIS

Tue, 03/11/2026 - 12:30

Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Didier Billion, conseiller scientifique à l’IRIS et responsable du programme Moyen-Orient/Afrique du Nord, autour de l’avenir politique d’Israël. Alors qu’aucune majorité ne s’est dégagée à l’issue des élections législatives du 27 octobre, Benjamin Netanyahou appelle désormais à la formation d’une large coalition dirigée par le Likoud et incluant des partis d’opposition tout en excluant les partis arabes.

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La crise du multilatéralisme économique, avant et après Donald Trump

Tue, 03/11/2026 - 11:39
L’unilatéralisme prédateur

La coopération économique et financière mondiale repose sur des règles, des institutions et le dialogue multilatéral. Or, les règles(en particulier dans le domaine du commerce international) sont bafouées, la légitimité des institutions est contestée et nous vivons une crise inédite du multilatéralisme. La première présidence de Donald Trump avait déjà été marquée par une série de coups de boutoir contre le multilatéralisme, le plus emblématique ayant été le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat en 2017. Son second mandat illustre une approche prédatrice où le rapport de force et la logique « transactionnelle » se substituent à la discussion entre pairs et à l’arbitrage des institutions internationales. En témoignent notamment la fermeture brutale de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), le retrait d’instances onusiennes et une mise à distance à l’égard du G7 et du G20. Donald Trump n’a par ailleurs jamais caché son mépris à l’égard des institutions de Bretton Woods (IBW), qu’il a tenté d’instrumentaliser à plusieurs reprises (en appelant par exemple dès 2019 la Banque mondiale à ne plus prêter à la Chine ou en enjoignant le Fonds monétaire international (FMI) à ne plus se mêler de la transition climatique).  

Une crise perceptible dès les années 2000

La crise de la gouvernance économique multilatérale est toutefois bien antérieure à l’élection de Donald Trump et son départ ne suffira pas à la résoudre. Sa présidence a été le détonateur de l’éclatement d’un ordre mondial en équilibre précaire. Elle a révélé les fragilités d’un régime fondé sur des institutions héritées pour l’essentiel de l’immédiat après-guerre ou des « Trente Glorieuses », n’ayant pas intégré le basculement du centre de gravité de l’économie mondiale vers les pays du « Sud global ». La grande crise financière de 2008-2009, la prise de conscience de l’urgence climatique et la pandémie ont certes permis d’illustrer la capacité de la coopération économique multilatérale à contribuer à la gestion de crises et à promouvoir de nouvelles formes de biens publics mondiaux comme les Conférences des parties (COP). Des avancées toutefois trop limitées pour assurer sa résilience face aux tensions géopolitiques attisées par les guerres en Ukraine et en Iran, avec en toile de fond la rivalité hégémonique entre les États-Unis et la Chine.

Les IBW sur la sellette

Les grands pays émergents mettent en cause la représentativité et la gouvernance, donc la légitimité, de ces institutions créées à la réunion de Bretton Woods de 1944. La quote-part au FMI de la Chine, première ou deuxième économie mondiale (en dollars courants ou en parité de pouvoir d’achat(PPA)) se réduit ainsi à 6,4 %, soit environ un tiers de celle des États-Unis (17,4 %) et un quart de celle de l’Union européenne (23,1 %), le groupe élargi des BRICS+ (40 % du PIB mondial en PPA) n’en détenant que 18,5 %. Cette inertie de l’actionnariat des IBW, dont la structure est pratiquement gelée depuis 2010, ne peut naturellement que susciter la frustration des pays émergents et les incite à créer leurs propres institutions financières (comme la Banque asiatique d’investissement et d’infrastructure (AAIB) ou la Nouvelle Banque de Développement, dite « Banque des BRICS »). Or, la gouvernance économique mondiale est déjà critiquée pour sa complexité et son défaut de lisibilité, phénomène amplifié ces dernières décennies du fait de la prolifération et l’entrelacement de multiples instances et institutions, selon une logique de concurrence plus que de complémentarité, limitant leur capacité à dégager des objectifs consensuels et plus encore à les traduire en objectifs opérationnels. 

Quid des Forums internationaux ?

Le G7 représente aujourd’hui encore près de 44 % du PIB mondial (en dollars courants) mais moins de 10 % de la population du globe. Sa composition renvoie à la photo de famille du premier sommet de 1975 à Rambouillet, ce qui ne l’empêche pas de s’ériger, à l’occasion, en directoire du monde et de traiter de questions onusiennes, quitte à délaisser les sujets sur lesquels il dispose d’un avantage comparatif (il concentre plus de 50 % des flux internationaux de capitaux et 90 % des transactions sur le marché des changes). Le G7 ne discute pourtant plus ou très peu des sujets liés à coordination des politiques économiques et monétaires. Mais peut-il le faire dès lors le dirigeant de la première puissance économique mondiale se livre régulièrement à des déclarations hostiles contre ses partenaires ou les menaces de sanctions protectionnistes ?

La création du G20 au début des années 1990 visait à mieux associer les économies émergentes à la coopération économique internationale. Réuni depuis 2008 au niveau des chefs d’État et de gouvernement, il agrège près de 80 % du PIB mondial et 60 % de la population du globe, échappant à la critique de défaut de légitimité, même si l’Europe y est surreprésentée et l’Afrique sous-présentée.

Lors de la grande crise financière de 2007-2008, le G20 a joué un rôle moteur, prescrivant leurs feuilles de route aux IBW et aux instances réglementaires. Son ambition d’être le pivot de la coopération économique a ensuite très vite buté sur les blocages politiques dans un contexte de tensions géoéconomiques croissantes. S’il peut encore se prévaloir d’initiatives utiles, le G20 a perdu une large part de ses capacités d’impulsion initiales pour retomber dans la routine d’ordres du jour reflétant souvent les préoccupations de présidences tournantes souvent instrumentalisées à des fins de communication politique interne.

Le forum des BRICS : anti G7 et anti G20 ?

L’élargissement annoncé en août 2023 du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde Chine et Afrique du Sud) à plusieurs nouveaux membres du Moyen-Orient et d’Afrique a illustré une volonté de défier une gouvernance mondiale jugée verrouillée par les pays avancés. Il agrège près de 40 % du PIB mondial, 45 % de la population du globe et 25 % des exportations (plus de 50 % pour nombre de matériaux « critiques ») et a pu être présenté comme le pendant du G7 pour les grandes économies avancées (ou du « Sud global »). Certains observateurs ont aussi avancé qu’il affaiblissait un G20 déjà fragilisé par les fractures géoéconomiques et l’attitude non coopérative de ses principaux membres. Observons toutefois que les membres fondateurs des BRICS font aussi partie du G20, qu’ils prennent d’ailleurs soin de ménager, au point de valider son leadership en matière économique et financier, comme en atteste leur déclaration d’août 2023 : « […] We reaffirm the importance of the G20 to play the role of the premier multilateral forum in the field of economic and financial cooperation […] »[1]. En réalité, ce sont surtout les IBW qui sont dans le collimateur.

Le groupe des BRICS n’en reste pas moins, plus encore dans son format élargi, un ensemble économique et financier extrêmement hétérogène et politiquement hétéroclite, où se côtoient régimes autoritaires et démocraties et où les velléités hégémoniques de la Chine sont contestées. Sa capacité à peser sur la recomposition d’une gouvernance économique mondiale reste à ce stade incertain, mais son essor ne peut être ignoré par les puissances occidentales dans l’optique d’une gouvernance économique mondiale recomposée.     

La coopération monétaire internationale, angle mort du multilatéralisme ?

Depuis l’éclatement en 1970 du système de Bretton Woods marquant l’effacement du dollar comme monnaie pivot du système monétaire international (SMI), même s’il a conservé un rôle dominant sinon hégémonique dans les réserves et transactions financières mondiales, les grandes économies vivent dans un non-système de changes flottants. Les questions relatives au SMI, comme on l’a vu, ont pratiquement disparu des agendas du G7 et l’administration Trump se refuse désormais à assumer toute responsabilité dans la gestion de ce qui reste nolens volens un bien public mondial. Elle utilise le dollar comme un levier d’influence diplomatique et promeut l’essor de cryptoactifs (stablecoins) adossés à des actifs libellés en dollar pour faciliter le financement du double-déficit (public et extérieur) des États-Unis, au risque de menacer à terme la souveraineté monétaire de ses partenaires. Cette posture non coopérative incite la Chine et d’autres pays émergents à s’extraire de la domination du dollar et les Européens à adopter une attitude moins frileuse quant au rôle international de l’euro. On sait que les effets de réseau créent dans ce domaine une forte inertie, mais se pose d’ores et déjà la question du forum approprié de concertation dans la perspective d’un SMI multipolaire potentiellement instable et fragmenté. Ajoutons que l’administration Trump a aussi remis partiellement en cause des acquis post-crise financière (accords multilatéraux de Bâle III et Dodd-Frank Act  des États-Unis), avec le risque d’une dérive vers le « moins-disant » réglementaire dans d’autres juridictions. Une nouvelle brèche dans la coopération internationale, porteuse de risques d’instabilité en cas de crise systémique affectant des systèmes financiers étroitement connectés.

Quelles perspectives ?

Comment la gouvernance internationale pourrait-elle évoluer dans un contexte durable de tensions géopolitiques et de fragmentations économiques et financières ? Le retour à un régime de coopération multilatérale à vocation universelle parait aujourd’hui parfaitement illusoire. L’hypothèse a été évoquée d’un « polylatéralisme » impliquant les États et divers acteurs (firmes multinationales entreprises, ONG, société civile, etc.) dans le cadre d’une « coopération de volontaires » se fixant des objectifs crédibles et ciblés pour dépasser les antagonismes interétatiques. Les contours et les modalités d’un tel régime n’en demeurent pas moins très flous. Il reste indispensable d’engager sans délai une réforme approfondie des institutions existantes, notamment les IBW, en ajustant la représentation de ses membres en fonction de leur poids économique (et démographique), afin qu’elles retrouvent leur légitimité et l’influence qu’elles avaient encore au début des années 2000. Cela implique clairement un coût politique pour les pays fondateurs et en particulier un aggiornamento de la part des Européens. Mais l’option d’une « chaise européenne » (cohérente avec l’existence de son marché unique et de l’Union économique et monétaire (UEM)) fait partie de la solution globale et la voix européenne serait plus forte unie que divisée face aux grandes puissances. S’agissant enfin du rôle des Forums et de leurs interactions, sauf à imaginer l’ouverture improbable du G7 à la Chine et à quelques autres grands pays émergents, le G20 apparait aujourd’hui comme le groupe le plus pertinent et le mieux à même de faire le pont entre les différents pays, pour gérer, en concertation avec l’Organisation des Nations unies et les IBW réformées et au-delà des différents nationaux, les biens publics mondiaux et l’urgence climatique à laquelle est confrontée la planète.  

[1] « Nous réaffirmons l’importance pour le G20 de jouer le rôle de principal forum multilatéral dans le domaine de la coopération économique et financière. »

Cet article s’inscrit dans le cadre d’une session sur le thème de la « Gouvernance économique face à la crise du multilatéralisme » organisée pour les Journées de l’économie qui se dérouleront à Lyon du 3 au 5 novembre 2026, sur le thème général : « Tous apprentis face au chaos »

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Israël : des élections pour rien ?

Tue, 03/11/2026 - 09:58

Le mardi 27 octobre se sont tenues les élections législatives en Israël, sans qu’aucun bloc ne parvienne à obtenir la majorité absolue. Le camp de la droite et de l’extrême droite, mené par Benyamin Netanyahou, n’a remporté que 53 sièges, contre 48 pour l’opposition dirigée par l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot. Les partis arabes ont quant à eux remporté 19 sièges, un score historique.

Eisenkot, qui refuse de s’associer aux partis arabes, est dans une impasse, tandis que Netanyahou conserve plusieurs options pour tenter de former un gouvernement, notamment en tentant de débaucher certains des alliés les plus à droite de son adversaire. Malgré leur participation record, les partis arabes d’Israël, et donc les citoyens qu’ils représentent, apparaissent comme marginalisés au sein du champ politique.

Les partis arabes peuvent-ils malgré tout peser sur les tractations politiques en cours ? Comment Netanyahou pourrait-il tirer son épingle du jeu malgré sa défaite apparente ? Quelles sont les options privilégiées par Donald Trump ?

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Léon XIV en Amérique latine : héritages pontificaux, recompositions du catholicisme et enjeux géopolitiques

Mon, 02/11/2026 - 17:25
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Du 6 au 17 novembre 2026, le pape Léon XIV effectuera un voyage en Uruguay, en Argentine et au Pérou, premier grand déplacement latino-américain d’un pontife dont la trajectoire personnelle est profondément liée à cette région du monde, mais dont l’élection, en mai 2025, avait également constitué une nouveauté dans l’histoire de la papauté puisque, pour la première fois, un religieux né aux États-Unis et ayant longtemps exercé son ministère au Pérou accédait au siège de Pierre. Ce déplacement présente plusieurs caractéristiques qui dépassent son importance pastorale immédiate, tant il intervient à un moment de recomposition du paysage religieux latino-américain, de transformation des rapports entre les Églises et les États, mais également d’interrogations sur l’orientation d’un pontificat dont les premières interventions ont confirmé plusieurs héritages de François sans que soit encore complètement précisée la manière dont Léon XIV entend inscrire ces orientations dans le gouvernement de l’Église universelle.

L’analyse du voyage de Léon XIV suppose donc de le replacer dans cette histoire longue, en revenant sur les orientations successivement données à la présence pontificale par Jean-Paul II, Benoît XVI et François, avant d’examiner les enjeux propres à son déplacement et les contextes politiques et religieux des trois pays visités, dont les différences sont suffisamment importantes pour permettre d’observer plusieurs modalités contemporaines de relations entre catholicisme, démocratie et pouvoir politique.

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Les midterms, c’est quoi | Concepts

Mon, 02/11/2026 - 17:04

Tous les quatre ans, les Américains élisent leur président. Deux ans plus tard viennent les midterms, les élections de mi-mandat, essentielles à leur démocratie. Lors de ces élections de mi-mandat, les Américains ne votent pas pour leur président. Ils renouvellent l’ensemble de la Chambre des représentants, un tiers du Sénat, et désignent aussi des gouverneurs et des élus locaux. Les midterms peuvent alors bouleverser les rapports de force à Washington.

Romuald Sciora, chercheur associé à l’IRIS où il dirige l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis, revient sur son rôle.

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Israël : que révèle le résultat des élections législatives ?

Mon, 02/11/2026 - 12:04
Des résultats qui déjouent les pronostics

Premier constat, le taux de participation s’élève à près de 78 %, montrant que les citoyens israéliens ont considéré déterminant l’enjeu de cette consultation. Les Palestiniens d’Israël ont pour leur part voté à près de 80 %, exprimant un rejet total de la politique de Benyamin Netanyahou, Premier ministre sortant.

Le système électoral à la proportionnelle quasi intégrale montre une nouvelle fois la difficulté à parvenir à une claire majorité sans recourir à des coalitions où, traditionnellement, les négociations secrètes sont la règle, accompagnées de leurs lots de reniements, de trahisons et de renversements d’alliances.

Mais, au-delà des paramètres liés aux règles du système électoral à proprement parler, les résultats de ces élections sont avant tout l’expression des divisions qui taraudent la société israélienne sur les enjeux de politique intérieure. Les scénarios les plus divers sont donc envisageables dans les jours et les semaines à venir et il serait vain de faire des pronostics un tant soit peu tangibles dans le cadre de cet article.

Les résultats officiellement proclamés montrent que la coalition menée par Benyamin Netanyahou, composée de cinq partis, arrive en tête avec 53 sièges de députés élus, sur 120 que comporte la Knesset, le parlement israélien ; celle de l’opposition regroupée autour de Gadi Eisenkot, composée de quatre partis, gagne 48 sièges, et enfin les deux listes arabes, 19 sièges. La majorité absolue nécessitant 61 députés, c’est donc maintenant que commencent les tractations pour tenter de trouver la formule de la composition du futur gouvernement.

Plusieurs remarques peuvent à ce stade être formulées.

Bien que connaissant une sensible réduction du nombre de ses députés – la coalition majoritaire sortante en possédait 64 –, il n’en demeure pas moins que le bloc dirigé par Netanyahou ne s’écroule pas, en dépit des accusations de toutes sortes dont il a été la cible durant toute la campagne électorale : corruption, entorse aux principes démocratiques notamment incarnée par son projet de réforme judiciaire visant à mettre au pas la Cour Suprême et surtout sa responsabilité de n’avoir pas su prévenir le 7-Octobre, voire pire, avoir été mis au courant des préparatifs du Hamas et n’en avoir pas averti les services de sécurité concernés. Malgré ces accusations, une partie significative du corps électoral lui a donné quitus quant à la politique génocidaire mise en œuvre à Gaza et à l’épuration ethnique menée en Cisjordanie.

Pour autant, les 67 autres députés, représentant les oppositions, indiquent que la coalition menée par Netanyahou est rejetée par une majorité du corps électoral.

La coalition menée par Gadi Eisenkot, ancien chef de l’état-major, n’atteint pas quant à elle les objectifs qu’elle s’était fixée et n’est pas non plus en situation de former seule un gouvernement. On peut d’ailleurs constater que la plupart des sondages se sont une nouvelle fois trompés puisqu’ils plaçaient ladite coalition devant celle dirigée par Netanyahou. Au cours de la campagne, Gadi Eisenkot s’est distingué de son adversaire principal sur de nombreux sujets de politique intérieure. Ainsi, s’est-il prononcé pour la mise en place d’une commission d’enquête sur les failles sécuritaires ayant permis le 7-Octobre alors qu’elle est obstinément refusée par Netanyahou ; il s’est montré favorable à la conscription des religieux ultra-orthodoxes – les craignant-Dieu – qui y échappent depuis 1948 ; il a enfin souvent insisté sur le nécessaire respect du principe de la séparation des pouvoirs. Gadi Eisenkot, a aussi fréquemment affirmé que, s’il gagnait les élections, il n’aurait de cesse de revenir aux fondements de la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël défini selon lui comme « juif et démocratique ». On peut donc considérer qu’outre sa condamnation des dérives populistes et illibérales de Netanyahou il se démarque aussi, du moins vocalement, de la loi fondamentale portant sur « Israël, État-nation du peuple juif », adoptée en 2018, qui codifie l’existence de deux catégories de citoyens israéliens aux droits différents sur des critères ethniques : les juifs et ceux qui ne le sont pas. S’il parvient au pouvoir, les semaines qui viennent confirmeront, ou non, le respect de cette promesse sur un sujet d’une importance capitale.

Les Palestiniens d’Israël enfin constituent la véritable surprise de cette élection en raison de leur score élevé. Les partis arabes totalisent en effet 19 sièges, alors qu’ils n’en avaient que 10 dans la législature précédente. Ce résultat s’explique par leur très forte mobilisation, elle-même produite par la situation de plus en plus stigmatisante qui leur est réservée en Israël, particulièrement depuis le 7-Octobre. Selon la formule qui revient fréquemment ces derniers jours, ils sont de facto les « faiseurs de roi » de la future architecture gouvernementale. Benyamin Netanyahou ne s’y trompe pas et, lors de sa conférence de presse du 28 octobre, il a déclaré sans ambages que « les Arabes ont volé les élections ». Le sens de la déclaration est limpide et confirme que pour lui et sa coalition composée de partis racistes et suprémacistes, les Palestiniens d’Israël ne possèdent aucune légitimité.

À la lumière de ces résultats, une des questions déterminantes réside donc dans le fait de savoir si le bloc du changement de Gadi Eisenkot acceptera de faire alliance avec les élus arabes. La réponse est difficile à discerner tant les divisions sont fortes en son sein. L’une de ses composantes – le parti d’Avigdor Liberman, 7 sièges – a par exemple maintes fois exprimé son refus d’une telle perspective, alors que les Démocrates d’Yaïr Golan, 8 sièges, y seraient plutôt favorables. Une solution envisageable pourrait se concrétiser sous la forme d’un soutien sans participation des partis représentant les Palestiniens d’Israël, mais quels gages seraient alors susceptible de leur fournir Gadi Eisenkot ?

La question palestinienne, grande absente de la campagne

Si les divergences sont nombreuses sur les enjeux de politique intérieure entre les différentes coalitions électorales juives, elles sont clairement moins vives quant à la question palestinienne.

Les convictions de Benyamin Netanyahou sont connues depuis longtemps, et on doit lui reconnaitre une obsession sans faille sur le sujet. Depuis la signature des accords d’Oslo en 1993, il s’est en effet toujours prononcé contre toute forme de compromis avec les Palestiniens et contre la perspective d’un État souverain leur revenant. Il n’a jamais dévié de ces positions et les autres composantes de sa coalition les partagent pleinement. Les méthodes utilisées contre la bande de Gaza depuis le 7-Octobre et l’épuration ethnique en cours en Cisjordanie montrent jusqu’à quelles extrémités cette politique mène.

Gadi Eisenkot a aussi pour sa part clairement refusé la perspective d’un État palestinien, reflétant in fine la conviction de la majorité de l’opinion publique israélienne. La différence avec Benyamin Netanyahou réside dans le fait qu’il n’écarte pas a priori la possibilité de négociations, mais dont le but serait de déterminer le statut d’une hypothétique « autonomie » ou d’un « presque État », mais qui resterait sous le contrôle sécuritaire exclusif d’Israël. Il a certes condamné la politique de terreur organisée par le gouvernement sortant en Cisjordanie qui encourage les exactions quotidiennes de colons fanatisés contre la population civile palestinienne, pour autant il ne s’oppose pas au principe même de la colonisation. Pour lui, il s’agit en quelque sorte de coloniser proprement.

Il n’y a donc pas concordance sur les méthodes, mais le mépris partagé du droit international apparaît le même dans les deux coalitions rivales. En dépit des nuances, voire des divergences, le chef du gouvernement sortant et celui de l’opposition possèdent sur le fond la même position : pas d’État palestinien entre le Jourdain et la Méditerranée et mépris affiché pour le droit international. Il est d’ailleurs frappant de constater qu’aucun des responsables politiques israéliens, mis à part bien sûr ceux des Palestiniens d’Israël, ne prend la peine de formuler des propositions positives précises pour sortir de l’impasse et de la dégradation dans lesquelles se trouve aujourd’hui le dossier israélo-palestinien. Le traumatisme du 7-Octobre est tel au sein de la société israélienne qu’un consensus national existe entre les partis juifs du pays et empêche toute réflexion critique.

Les séquences à venir

Les résultats officiels ayant désormais été proclamés, le président israélien doit rencontrer les responsables politiques et désigner celui qu’il mandate pour former un gouvernement. Charge à ce dernier de trouver la voie permettant de regrouper les 61 députés nécessaires pour obtenir la majorité au sein de la Knesset. Les marchandages peuvent être longs et entrainer l’organisation de nouvelles élections législatives anticipées s’ils n’aboutissent pas. Le président Herzog a certes enjoint les responsables politiques à trouver une solution dans les meilleurs délais, mais rien n’est moins sûr et vaines sont les spéculations.

En attendant, c’est Benyamin Netanyahou, Premier ministre sortant, qui reste en poste. Il a prouvé au cours des dernières années qu’il était capable de prendre les pires décisions pour se maintenir au pouvoir et l’on ne peut exclure une énième tentation de fuite en avant. L’éventualité d’une nouvelle campagne de frappes sur l’Iran – après la tenue des midterms aux États-Unis – qui entrainerait sans nul doute une riposte de Téhéran et favoriserait la reconstitution d’une union nationale à Tel-Aviv ne peut malheureusement pas être exclue.

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Le Japon face au défi Trump. Avec Robert Dujarric

Wed, 28/10/2026 - 17:32

Le Japon opère aujourd’hui un tournant sécuritaire dans un contexte de préoccupations croissantes quant à la fiabilité des garanties de sécurité offertes par Washington. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le Japon avait renoncé à se doter de capacités offensives, au profit d’une doctrine de pacifisme, qui reposait en grande partie sur ces garanties états-uniennes.

Cette politique est peu à peu remise en cause face à ce que Tokyo perçoit comme une intensification des menaces dans sa sphère régionale. Le pays s’inquiète de la montée en puissance de la Chine et de ses velléités sur Taïwan. La guerre en Ukraine conduit également le Japon à considérer la Russie comme une menace potentielle, notamment en raison de son contrôle de plusieurs îles revendiquées par Tokyo. La Corée du Nord constitue par ailleurs toujours une menace latente. Face à ces enjeux et face à un allié états-unien peu fiable aux yeux de Tokyo, le Japon cherche donc à élargir ses partenariats et développer ses propres capacités militaires.

Comment le Japon s’adapte-t-il à l’imprévisibilité des États-Unis depuis le retour de Donald Trump ? Peut-il encore compter sur la protection militaire de Washington ? Comment Tokyo se positionne-t-il dans les tensions sino-taïwanaises ? Le débat sur l’acquisition de l’arme nucléaire est-il relancé ? L’Europe a-t-elle une visibilité auprès le Japon ? Vers quelles régions le Japon cherche-t-il à étendre son influence ?

Autant d’enjeux abordés avec Robert Dujarric, universitaire au Japon et co-directeur de l’Institute of Contemporary Asian Studies (ICAS) de Temple University à Tokyo.

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Turquie-Azerbaïdjan : crise diplomatique entre alliés

Wed, 28/10/2026 - 16:37
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Une nation, deux États : c’est ainsi que les dirigeants de la Turquie et de l’Azerbaïdjan définissent traditionnellement leur relation. Il faut dire que malgré la faible longueur de leur frontière commune – à peine quelques kilomètres – les deux pays affichent une amitié ouverte, aussi bien au niveau des gouvernements que des populations. Leurs langues sont très similaires, au point d’être mutuellement intelligibles, et l’islam (majoritairement chiite en Azerbaïdjan, sunnite en Turquie) est la religion principale au sein des deux pays. Pourtant, ces derniers jours, des tensions importantes semblent avoir perturbé l’idylle géopolitique qui unissait jusqu’alors le président turc Recep Tayyip Erdoğan et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Comment est-on arrivé à cette situation, et jusqu’où cette crise diplomatique peut-elle aller ?

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Guerre en Iran et tensions au Moyen-Orient : quels bouleversements pour les marchés pétroliers ?

Wed, 28/10/2026 - 14:48

Le prix du pétrole a atteint au mois de septembre son niveau le plus élevé depuis le mois d’avril. Comment expliquer une telle hausse de prix et quel bilan peut-on dresser de l’impact des conflits au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers ?

En septembre, le prix moyen du Brent de la mer du Nord était de 114 dollars (USD) par baril, soit un niveau très élevé. C’est le record en 2026 juste après avril (un peu plus de 117 dollars par baril). Et, sur janvier-septembre, la moyenne (un peu plus de 93 dollars par baril ) est la plus élevée depuis 2022 (100,80 dollars par baril sur 12 mois), année marquée par le début de la seconde guerre en Ukraine. Le 27 octobre, le Brent a clôturé à 114 dollars par baril  environ.

La flambée des prix du pétrole brut et des produits raffinés est la première conséquence de la guerre d’Iran et de la stratégie iranienne visant à bloquer le détroit d’Ormuz, l’un des détroits les plus stratégiques au monde par lequel passent normalement des navires (tankers) transportant de l’ordre de 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits raffinés. L’Iran a par ailleurs visé et frappé de nombreuses installations énergétiques dans les pays arabes du Golfe, notamment pétrolières et gazières. Outre la hausse des prix, la stratégie iranienne a généré une baisse de la production et des exportations pétrolières du Moyen-Orient, ce qui a réduit l’offre pétrolière mondiale. Cette baisse a été particulièrement forte pour les produits raffinés, notamment le gazole et les carburants avion, dont les prix ont d’ailleurs augmenté beaucoup plus fortement que les prix du brut. Le prix d’un baril de gazole est ainsi quasiment deux fois plus élevé que celui du pétrole… Elle a aussi provoqué une forte baisse des revenus pétroliers des pays arabes du Golfe, pour lesquels le pétrole est évidemment une ressource essentielle, et met gravement en danger leur modèle économique.

Face à cette chute de l’offre pétrolière mondiale, les pays importateurs de pétrole, en tout cas ceux qui ont les moyens de détenir des stocks stratégiques de brut et de produits raffinés, ont mis sur le marché une partie importante de ceux-ci pour limiter la flambée des prix et les risques de pénurie. Il s’agit en particulier des pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE, Paris), qui regroupe 32 États, et de la République populaire de Chine. Les compagnies pétrolières ont quant à elles puisé dans leurs stocks commerciaux. Selon l’AIE, les stocks pétroliers mondiaux auraient baissé de 509 millions de barils entre l’avant-guerre d’Iran et la fin septembre 2026 (1 baril = 159 litres). Le 11 mars dernier, l’AIE a décidé de mettre sur le marché 400 millions de barils extraits de ses stocks stratégiques, ce qui constitue un record historique pour cette agence créée en 1974.   

Un point positif cependant. Depuis plusieurs semaines, les volumes de brut exportés par les pays arabes du Golfe sont beaucoup plus importants qu’auparavant car de nombreux tankers arrivent à traverser Ormuz sous protection militaire américaine. Et il faut ajouter à cela le brut exporté grâce à trois oléoducs contournant Ormuz (Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Irak-Turquie). Pourtant, comme indiqué ci-dessus, les prix du pétrole restent très élevés car les incertitudes demeurent très grandes, les menaces de l’Iran ne sont pas à prendre à la légère et les rumeurs sur de prochaines frappes américaines et israéliennes contre l’Iran après les élections de mi-mandat aux États-Unis le 3 novembre contribuent à maintenir une forte pression haussière sur les cours de l’or noir.

Face à une reconfiguration des flux pétroliers, quels positionnements adoptent les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP+), les États-Unis et la Chine ?

L’OPEP+, qui regroupe 21 pays depuis le 1er mai 2026, a décidé d’augmenter son plafond de production à plusieurs reprises entre avril et septembre avant de le geler en octobre et en novembre. Ces hausses ont été plutôt théoriques compte tenu du blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran mais elles montrent la volonté de cette coalition de continuer à alimenter le marché mondial. Mais l’OPEP+ et l’OPEP (11 États membres actuellement) ont perdu le 1er mai un pays important, les Émirats arabes unis (EAU), un grand producteur et exportateur de pétrole. Ce départ, qui est pour partie lié à la guerre d’Iran et à des divergences avec d’autres pays arabes dont l’Arabie saoudite, s’explique aussi par le fait que les EAU étaient mécontents depuis quelque temps du quota de production que l’OPEP+ leur a attribué. Ce pays a investi des sommes considérables pour accroître sa capacité de production et se trouvait limité par un quota devenu trop bas. Les EAU sont aussi un État qui est très avancé sur la route de la diversification économique. Ce retrait de l’OPEP et de l’OPEP+ est également un moyen de se rapprocher encore davantage des États-Unis et de l’administration Trump, qui n’est pas un grand ami de l’OPEP et de l’OPEP+.

Sans surprise, les États-Unis jouent un rôle clé. Ils bloquent les ports iraniens depuis le 13 avril, à l’exception d’une période de trois semaines environ entre le 20 juin et le 10 juillet 2026, et escortent des convois de tankers depuis le mois d’août. Ces actions ont contribué à réduire très fortement les exportations pétrolières de l’Iran et à accroître de façon significative celle des pays arabes, ce qui a inversé le rapport de forces en matière de pétrole. Les États-Unis ont aussi continué à accroître leur production pétrolière nationale, qui devrait atteindre 14 millions de barils par jour à la fin de l’année et, ce, seulement pour le pétrole brut. Si l’on ajoute au brut d’autres liquides, souvent associés au gaz naturel, on arrive à un niveau stratosphérique de 22 millions de barils par jour environ. Ce pays est de loin le premier producteur mondial de pétrole, il exporte du pétrole (mais il en importe un peu plus qu’il n’en exporte) et il est un très gros exportateur net de produits raffinés, ce qui revêt une très grande importance dans le contexte actuel.

Deuxième consommateur mondial et premier importateur mondial de pétrole, la Chine est très préoccupée par la guerre d’Iran et par ses conséquences, notamment pétrolières. Le pays a réduit sa consommation pétrolière et a fortement diminué ses importations pétrolières, ce qui a largement contribué à atténuer l’impact de la crise de 2026 sur le marché pétrolier mondial. La Chine a puisé dans ses stocks, qui sont très abondants. Même si elle soutient l’Iran, elle ne souhaite pas du tout que ce pays bloque Ormuz et elle ne perd pas une occasion de souligner qu’il faut trouver une issue diplomatique à ce conflit. Elle n’a pas joué un rôle très actif, en tout cas publiquement, dans la recherche d’une solution à cette guerre mais elle soutient les efforts de médiation du Pakistan qui ont débouché notamment sur un cessez-le-feu en avril. Un cessez-le-feu très relatif mais qui a cependant permis de réduire fortement l’intensité militaire du conflit. Le 17 juin 2026, Washington et Téhéran ont signé un protocole d’accord (MoU – Memorandum of Understanding) mais celui-ci a rapidement volé en éclats.

Face aux pressions de Washington, les membres du G7, et notamment l’Union européenne (UE) et la France, ont annoncé de la libération de jusqu’à 100 millions de barils de pétrole et de diesel sur quatre mois. Que traduit cette annonce des marges de manœuvre de Bruxelles face aux États-Unis, désormais principal fournisseur de pétrole pour l’Union européenne avec la Norvège et le Kazakhstan ? Quels sont les leviers dont dispose l’UE et la France face à la crise énergétique actuelle ?

Annoncée le 2 octobre, cette décision du G7 a effectivement été adoptée sous forte pression américaine. Le président Trump avait évoqué un possible arrêt des exportations américaines de gazole, ce qui aurait encore aggravé une situation très tendue pour ce produit clé du fait de la situation au Moyen-Orient et de la guerre entre l’Ukraine et la Russie. L’une des contreparties de ces 100 millions de barils de brut et de gazole est que Washington s’est engagé à ne pas limiter ses exportations énergétiques vers les autres pays du G7. L’Union européenne (UE) a alors poussé un « ouf » de soulagement. Mais l’accord du 2 octobre prévoyait également que le G7 maintiendrait ses sanctions contre la Russie, ce qui n’a pas empêché Donald Trump de conclure sept jours plus tard un accord avec Vladimir Poutine pour que la Russie exporte du gazole sur le marché mondial et vers les États-Unis… Ce coup de poignard dans le dos de l’Ukraine et de l’UE prouve, s’il en était besoin, à quel point le président des États-Unis nous tient en haute estime.

Pour l’UE et ses États membres, il faut un mélange de solutions à court terme, à moyen terme et à long terme. Le récent voyage du président français au Moyen-Orient, à la recherche d’approvisionnements supplémentaires de gazole notamment, s’inscrit dans la première catégorie, de même que la mobilisation des stocks stratégiques au sein de l’AIE et l’assouplissement de certaines réglementations environnementales. L’UE semble par ailleurs redécouvrir le caractère stratégique de l’industrie du raffinage, ce qui confirme qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. À plus long terme, l’accélération de la transition énergétique a beaucoup de sens pour un ensemble de pays pauvres en énergies fossiles et subissant de plein fouet les perturbations du marché pétrolier mondial. 

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Qu’est-ce que la géopolitique ?

Tue, 27/10/2026 - 17:30

Qu’est-ce que la « géopolitique » ? Dans un contexte mondial où les enjeux internationaux occupent une place de plus en plus importante, l’usage du terme « géopolitique » s’est de plus en plus répandu dans le débat public au cours des dernières décennies.

Pour comprendre les contours de cette discipline et pourquoi elle a longtemps fait l’objet de débat, Victor Pelpel, directeur adjoint de l’IRIS, revient sur son histoire et son évolution.

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« Pour une nouvelle psychanalyse » – 3 questions à Gérard Haddad

Tue, 27/10/2026 - 16:32

Qu’est-ce qui vous a amené à vouloir écrire ce livre ?

C’est le résultat d’une vie de réflexion dont la psychanalyse fut le déclencheur après une longue analyse faite avec Jacques Lacan.

La psychanalyse est une vieille dame de près d’un siècle et demi qui appelait un rafraichissement de ses concepts. C’est ce que je tente dans ce livre.

La psychanalyse a un double aspect, celui de sa clinique, dans l’intimité d’un cabinet avec la visée d’alléger la souffrance psychique de ceux qui consultent. Son second aspect est celui d’apporter son éclairage sur le monde, sur ses tragédies, c’est-à-dire sur la politique. Lacan disait « L’inconscient c’est la politique » sans qu’on sache trop quoi faire de ce jugement. Cet aphorisme trouve tout son sens dans mon livre.

Sigmund Freud écrivit plusieurs textes en ce sens comme « Pourquoi la guerre ? » avec Albert Einstein ou « Malaise dans la civilisation ». Mais ces analyses datent. Il y a comme un arrêt dans la réflexion psychanalytique avec régression sur des institutions sectaires bureaucratiques.

Mon interprétation de cet arrêt est la suivante : Freud avait fait de son complexe d’Œdipe la pièce maîtresse de sa théorie. Généraliser ce concept sur le plan politique, comme il tenta de le faire, est une impasse. Quelle aide ce complexe nous fournit-il pour interpréter la guerre russo-ukrainienne ou le génocide de Gaza. Je pense que mon complexe de Caïn, lui, est sur ces questions plus efficace. Ce que je développe dans ces pages, établir un lien entre la théorie psychanalytique et la pensée politique, en particulier celle de Thomas Hobbes.

Vous militez dans des organisations comme l’Union juive française pour la paix (UJFP) et la coordination médicale pour la Palestine. Cette position est-elle en rapport avec vos recherches ?

Je crois que oui. Pour moi, c’est évident. Quand la tragédie de Gaza commença après le massacre du 7 octobre 2023, le génocide avec ses destructions inouïes, disproportionnées, inhumaines, j’en ai été bouleversé et quelque chose de radical dans ma vie a été changé à cause de l’effondrement des valeurs juives qui étaient mon idéal. J’ai rompu avec le sionisme. D’où mon adhésion à l’UJFP et ma participation à des organisations, en particulier médicales, cherchant à manifester leur solidarité avec le peuple palestinien.  À ma surprise, je me suis retrouvé très seul sur cette position. La très grande majorité des psychanalystes, quelle que soit leur orientation, étaient soit silencieux au nom de je ne sais quelle neutralité, soit surtout engagés aux côtés de la politique israélienne. Citons en particulier l’association Schibbolet qui se dit freudienne, franco-israélienne organisant des conférences avec participation de Michel Onfray, Bernard-Henri Lévy etc.  Ceux qui ne partagent pas cette position sont, comme d’habitude, traités d’antisémites ou on leur prête une haine de soi.

La question des raisons de ces positions se pose évidemment et elles sont sûrement multiples. Mais l’une d’entre elles, et non la moindre, est la position théorique sous-jacente. Celle de ces gens est conforme à la théorie classique avec Œdipe et parricide originaire, position patriarcale pourrait-on dire. Avec mon complexe de Caïn je me situe sur le plan fraternel.

 Le génie de Freud ne l’a pas empêché de commettre quelques erreurs, en particulier concernant l’islam. Dans L’homme Moïse et la religion monothéiste (1939), il affirme que la faiblesse de l’islam proviendrait de ce que les musulmans n’ont pas tué le fondateur, conformément à sa théorie développée dans « L’homme Moïse ». Or il semble pourtant que la fin de vie de Mahomet n’a pas été simple. A-t-il été empoisonné ? En tout cas son cadavre attendit, 7 jours durant, une sépulture dans la canicule arabique. Les fondateurs sont aussi les premiers califes, tous assassinés à l’exception du premier Aboubakar. Sans parler du chiisme dont le fondateur Hussein fut tué. Ces analystes prosionistes reprennent scolairement la thèse freudienne sur l’islam, thèse qui alimente leur islamophobie.

Cette analyse confirme que ma position politique et mes travaux théoriques sont en étroite cohérence comme cela devrait être le cas dans toute véritable recherche en ce domaine.

Quelle était, dans le passé, la position des psychanalystes à l’égard des régimes tyranniques ?

Cette une question importante et compliquée. Elle touche à quelques-unes des pages les plus noires de l’histoire de la psychanalyse. En principe, dans la tradition libérale qui est la sienne la discipline est incompatible avec les régimes tyranniques. Il en a été ainsi dans les pays communistes.

Mais tel n’a pas été le cas avec les pays fascistes. Déjà Freud envoya un exemplaire d’un de ses livres dédicacés à Benito Mussolini. Mais les pages de son histoire concernant son rapport au nazisme sont des plus sombres. Curieusement Hermann Göring aimait la psychanalyse et il y aurait eu recours. Aussi un accord fut-il signé avec le président de l’institut international de psychanalyse Ernest Jones pour que l’institut de Berlin fut maintenu en changeant de nom et en excluant tous les juifs qui eurent néanmoins la vie sauve. Freud, déjà très malade, protesta contre cet accord sans s’y opposer. Après la guerre, les « psychanalystes » de cet institut nazi se réfugièrent au Brésil en particulier un certain Werner Kemper qui en fut le président. Au cours des années suivantes où le Brésil connut une dictature militaire, de scabreuses histoires entre psychanalystes et tortionnaires se déroulèrent. Elles firent du bruit dans le milieu feutré de la psychanalyse mais eurent des répercussions en France où le président de l’Institut de psychanalyse, découvrant ces faits, démissionna après un violent affrontement avec son collègue Serge Lebovici. Une importante psychanalyste argentine, Liliane Besserman Vianna a publié un livre N’en parlez à personne  (L’Harmattan). Elle paya très cher pour avoir dévoilé ce scandale, elle fut chassée de l’institution psychanalytique, menacée de mort avant d’être réhabilitée. Épuisée elle mourut prématurément. Ce sont ces écuries d’Augias que mon livre, je l’espère, contribuera à nettoyer.

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Les Jeux mondiaux nomades 2026 au Kirghizstan : anatomie d’une compétition régionale à l’ambition mondiale

Tue, 27/10/2026 - 16:09
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Dans les gorges de Kyrchyn, les antennes téléphoniques se dressent au pied des montagnes. Plus loin, des yourtes. Plus loin encore, des constructions évoquant une forteresse ancienne mais un rapide coup d’oeil permet de comprendre que les bâtiments ont été construits récemment. Enfin, des installations sportives apparaissent. Ici, le moderne et le traditionnel cohabitent au service d’un but : composer le paysage des Jeux mondiaux nomades pour se montrer au monde entier. C’est peut-être la première fois que la 5G est aussi bonne dans la région. Et pour cause, du 31 août au 6 septembre 2026, le Kirghizstan accueille la sixième édition de ces Jeux, douze ans après leur création. L’ouverture à Bichkek, puis les compétitions et les manifestations culturelles autour du lac Issyk-Koul, ont pour but de révéler un pays désireux de raconter lui-même son histoire, nomade, soviétique, et capitaliste. Sur le papier, le bilan est positif. Plus de 3 000 sportifs venus de 109 pays ont participé à 42 disciplines. Une géographie qui déborde largement de l’Asie centrale. Si cela ne suffit pas à faire des Jeux un événement comparable aux méga-événements sportifs comme les Jeux olympiques et paralympiques (JOP), cela indique une ambition dont il faut comprendre la portée. Pour le Kirghizistan, l’objectif est de transformer un héritage régional en proposition universelle. En d’autres termes, se réapproprier son passé, reconstruire son roman national, et le diffuser. Le tout dans un contexte plus général de désoccidentalisation et de régionalisation du sport mondial, dont la portée tient autant à ce qu’elle invente qu’à ce qu’elle reproduit. Dès lors, de quoi les Jeux nomades 2026 sont-ils le nom ?

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Lula réélu : surprise politique, choc géopolitique | Les mardis de l’IRIS

Tue, 27/10/2026 - 12:30

Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’‪IRIS‬ pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, autour de la réélection du président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva à la tête du Brésil pour un quatrième mandat dans un contexte marqué par la progression des gouvernements d’extrême droite en Amérique du Sud.

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Ralentir l’IA ? Ce que le débat sur le moratoire dit du pari économique américain

Mon, 26/10/2026 - 17:35
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Le 12 septembre 2026, Dario Amodei, cofondateur et directeur général d’Anthropic, a appelé à ralentir le développement des modèles les plus avancés, après des incidents au cours desquels des essaims d’agents autonomes ont mené des cyberattaques contre des cibles étrangères à leur tâche. Sam Altman (OpenAI) et Elon Musk (xAI) ont aussitôt soutenu la démarche, OpenAI s’engageant à son tour à accueillir des évaluateurs indépendants. Réseaux sociaux et médias ont alors diffusé des scénarios dystopiques d’une IA échappant au contrôle humain et prenant, à brève échéance, le contrôle de la planète. Les incidents rapportés relèvent plus prosaïquement de la difficulté à évaluer et à superviser des agents capables d’agir de manière autonome dans des environnements numériques.

Reste à savoir de quoi cet appel est le nom. S’agit-il d’une mesure de précaution face aux risques des agents autonomes, d’un instrument de régulation pour reprendre la main sur une course devenue difficile à gouverner, ou d’une stratégie concurrentielle dans la conquête des marchés, des talents et des capacités de calcul ?

La controverse révèle un problème plus général de coordination dans le temps. Les partisans d’un ralentissement estiment que le développement technologique et l’investissement industriel vont désormais plus vite que les mécanismes d’évaluation, de contrôle et de régulation. Leurs opposants jugent qu’un ralentissement aurait un coût stratégique et compromettrait l’avance des États-Unis. Le débat porte donc autant sur le niveau de risque acceptable que sur le rythme auquel une société peut absorber une innovation dont les investissements, les usages, les effets économiques et l’encadrement réglementaire ne progressent pas au même pas. Dans quelle mesure la controverse sur le moratoire révèle-t-elle les fragilités du pari économique américain sur l’IA, et quels effets de concentration ce décalage, ou sa régulation, peut-il produire ?

Dans quelle mesure la controverse sur le moratoire révèle-t-elle les fragilités du pari économique américain sur l’IA, et quels effets de concentration ce décalage, ou sa régulation, peut-il produire ?

Cette note défend trois hypothèses :

  • La fragilité du système tient d’abord moins à l’inexactitude des anticipations qu’au décalage entre plusieurs temporalités économiques et institutionnelles.
  • Les montages financiers de l’écosystème de l’IA ne suppriment pas le risque : ils le déplacent entre acteurs, et une part croissante pourrait en être assumée, directement ou non, par la puissance publique.
  • Enfin, les économies d’échelle et la rivalité entre grandes puissances, que la guerre rend concrète, rendent le ralentissement rationnel collectivement mais coûteux pour chaque acteur, ce qui pousse à poursuivre l’accumulation de capacités malgré l’incertitude sur les débouchés.

L’objet n’est pas de trancher l’existence d’une bulle technologique. Quels que soient l’issue des controverses réglementaires et le rythme de diffusion de l’IA, les mécanismes à l’œuvre favorisent les acteurs les mieux dotés en ressources financières, énergétiques, réglementaires et infrastructurelles. La dynamique observée est, en ce sens, structurellement concentratrice, quel que soit le scénario retenu.

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USA-Canada : les enjeux de la guerre commerciale

Mon, 26/10/2026 - 16:56

Depuis son deuxième mandat, Donald Trump rêve de faire du Canada le 51e État des États-Unis. En qualifiant le Premier ministre canadien, Mark Carney, de simple « gouverneur », il fragilise profondément les relations Canado-États-Unien. Pour obtenir gain de cause, Trump a lancé une guerre commerciale agressive contre Ottawa. Cette offensive économique s’est particulièrement intensifiée depuis septembre, forçant les Canadiens à se chercher de nouveaux alliés et partenaires auprès de l’Union européenne. Cette nouvelle dynamique entre les États-Unis et le Canada, jusque-là alliés historiques de longue date, soulève de nouvelles interrogations.

Les États-Unis sont-ils devenus une « super puissance prédatrice » ? Quelles sont les réelles motivations de Donald Trump derrière cette guerre économique ? Quelles sont les marges de manœuvre de Mark Carney ? L’Union européenne est-elle une alternative viable ? 

Le point avec Frédérick Gagnon, directeur de la Chaire Raoul-Dandurand à l’Université du Québec à Montréal.

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Le sommet Corée du Nord–États-Unis de 2026 : que négocier et que préserver ?

Fri, 23/10/2026 - 18:00
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Le présent texte est une version partiellement révisée et complétée de l’article publié dans Sejong Focus le 4 septembre 2026.

L’un des principaux facteurs susceptibles de déterminer l’évolution de la péninsule coréenne au second semestre 2026 est la volonté de plus en plus ouvertement affichée par le président américain Donald Trump de renouer avec la diplomatie des sommets avec Kim Jong-un, président de la Commission des affaires d’État de la Corée du Nord. Le 16 août, en ordonnant une réduction substantielle des exercices militaires conjoints entre la Corée du Sud et les États-Unis, Donald Trump a directement évoqué sa « très bonne relation » avec Kim Jong-un ; trois jours plus tard, il a publiquement déclaré vouloir le rencontrer avant la fin de l’année. Ces déclarations dépassent le registre de la simple rhétorique : elles montrent que la Maison-Blanche a inscrit la possibilité d’un sommet à son agenda diplomatique concret.

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