Le ministre en charge de l'énergie, Yacouba Gouba, et le directeur général de la Société nationale d'électricité du Burkina (SONABEL), Souleymane Ouédraogo, ont poursuivi leur visite terrain avec le même objectif : anticiper la forte demande d'électricité pendant la période chaude qui s'annonce. Plusieurs sites ont été visités au cours de cette journée du mercredi 4 février 2026 : les centrales thermiques de Ouaga 2, de Kossodo 1 et 2, et la centrale photovoltaïque de Gonsin, située à la sortie nord-ouest de Ouagadougou.
Ce mercredi 3 février 2026, très tôt, le cap a été mis sur la centrale thermique Ouaga 2 de la SONABEL, située au quartier Gounghin, dans la capitale burkinabè. L'objectif de cette visite était de voir le niveau d'avancement des travaux de maintenance engagés pour renforcer la performance des groupes et appareils de cette centrale. Selon les explications du chef de service production thermique Ouaga ouest/Centrale Ouaga 2, Aboubakar Bancé, ce sont des travaux de dépannage et de maintenance qui doivent être effectués sur cette centrale. « Mais ce qui rend le travail difficile, ce sont les difficultés d'acquisition des pièces de rechange parce qu'elles datent de 1974. Et au niveau des groupes, le plus ancien est de 1978. Et comme je l'ai dit, nous faisons de notre mieux, le personnel se donne à 100 %, 24 heures sur 24, pour pouvoir rendre la centrale disponible le plus tôt possible », a-t-il rassuré.
Visite de la centrale Ouaga 2 de la SonabelAprès des échanges à bâtons rompus avec les techniciens et responsables de cette centrale thermique, l'autorité les a encouragés pour le travail qu'ils font pour renforcer la performance de ces groupes électrogènes pour les rendre stables et efficaces.
Le chef de service production thermique Ouaga ouest/Centrale Ouaga 2, Aboubakar Bancé, sur la centrale de GounghinÀ la suite de cette première étape, le ministre Gouba et son équipe ont fait un tour à la centrale photovoltaïque de Gonsin, située à la sortie nord-ouest de Ouagadougou. Avec une capacité de 42 mégawatts et munie d'un dispositif de stockage, c'est la plus grande. Cette visite inopinée effectuée par le ministre et son équipe a eu lieu pour s'assurer que les orientations données, notamment l'entretien des différents panneaux, ont été mises en œuvre. « Nous avons constaté que les panneaux sont régulièrement entretenus, mais nous les avons exhortés à poursuivre dans cet élan afin d'accroitre leurs capacités de production », dit-il.
Vue partielle des plaques de la centrale photovoltaïque de Gonsin lors de la visite inopinéeMais avant de prendre congé d'eux, Yacouba Gouba les a exhortés en ces termes : « Nous souhaitons que vous gardiez toujours le cap et nous reviendrons régulièrement pour voir si le travail continue d'être fait comme il se doit. »
Visite commentée de la centrale de Kossodo 1 avec le ministre Yacouba GoubaLire aussi : Burkina/Extension des centrales photovoltaïque de Zagtouli et thermique de Komsilga : « Dans trois semaines, nous allons revenir… Trois semaines », a insisté le ministre en charge de l'énergie
Après Gounghin et Gonsin, Yacouba Gouba et son équipe ont fait un arrêt au niveau de la nouvelle centrale thermique de 50 MW en construction dans la commune de Pabré. Il a félicité l'équipe sur place pour le niveau d'avancement du chantier qui n'est qu'à seulement un mois de son lancement. Cette visite terrain de ces deux journées s'est bouclée dans la zone industrielle de Kossodo au niveau des centrales thermiques de Kossodo 1 et 2.
Accueilli sur place avec son équipe et à la suite d'une brève présentation de ce qui a été déjà exécuté dans les orientations données, M. Gouba a félicité l'ensemble des agents, tout en les invitant à redoubler d'efforts et surtout à passer en mode H24, 7/7 pour que les travaux de maintenance puissent s'achever avant la date butoir prévue.
En réponse à la demande du ministre, les agents à travers leur responsable, Aristide Ouédraogo, le directeur du pôle production transport et mouvements d'énergie de la Sonabel, ont promis et se sont engagés à travailler plus pour que les mégawatts qui sont attendus puissent être disponibilisés à temps afin de minimiser les coupures pendant la période chaude qui s'annonce.
Aristide Ouédraogo, le directeur du pôle production transport et mouvements d'énergie de la Sonabel, sur les mégawatts attendus« Avec le personnel, nous nous sommes engagés pour que le travail soit effectué H24, 7/7 afin de raccourcir la durée des travaux sur l'ensemble des centrales. Donc, le pari est lancé, les engagements ont été pris de part et d'autre. Ce qui est à saluer, parce que les performances que nous avons enregistrées en 2025 devront se poursuivre en 2026 afin d'assurer une électricité stable à l'ensemble de la population, mais aussi à l'ensemble des entreprises au niveau du Burkina », a conclu le ministre. Rendez-vous est donc pris pour d'autres visites inopinées, a promis le premier responsable du département en charge de l'énergie.
Yvette Zongo
Lefaso.net
Étudiant en troisième année de marketing et gestion commerciale, Mohamed Pardevan pratique également la boxe. Il fait partie des jeunes valeurs montantes du sport de combat au Burkina Faso. Malgré une carrière encore jeune, il compte déjà à son actif des performances sportives notables qui le positionnent comme l'une des révélations de sa catégorie ces dernières années. Portrait d'un sportif déterminé à s'imposer dans les grandes compétitions.
C'est en 2016 que Mohamed Pardevan découvre sa passion pour la boxe professionnelle, en suivant les Jeux olympiques à la télévision. Alors qu'il n'était encore qu'adolescent, cette découverte, presque fortuite, va profondément marquer son parcours. Fasciné par ce qu'il voyait à l'écran, il développe rapidement un amour pour ce sport et décide de se lancer dans cette aventure exigeante. Conscient de l'importance d'un bon encadrement, il cherche très tôt à s'informer et à trouver les moyens d'être mieux accompagné. C'est ainsi qu'il sera, dans un premier temps, coaché par un voisin de quartier.
Les débuts effectifs de Mohamed Pardevan sur le ring remontent à 2019. Cette année-là, il dispute son premier combat, qu'il remporte. À cette époque, il est encadré par un coach de son quartier. Déterminé à progresser, Mohamed poursuit ses entraînements et multiplie les participations aux compétitions de sa catégorie. Par la suite, Mohamed Pardevan découvre Renaissance Club de Boxe de Ouagadougou (RCBO), une structure dans laquelle il poursuit sa formation et s'entraîne de manière plus régulière, avec pour objectif de participer aux compétitions de boxe de sa catégorie. Animé par une passion nourrie par une bravoure inébranlable et un engagement sans faille, il réalise en 2021 une performance remarquable en terminant deuxième du championnat novice de boxe organisé à Koudougou.
Pardevan Mohamed s'est imposé au championnat national de boxe anglaise en 2025L'année 2025 marque un tournant majeur dans la jeune carrière de Mohamed Pardevan. Il participe alors aux combats les plus importants de son parcours sportif. Cette même année, il remporte le championnat national de boxe dans la catégorie des 75 kg. Toujours en 2025, il devient vice-champion national de boxe dans la catégorie des 80 kg. « Je me souviendrai de ce combat, car c'est un combat au cours duquel j'ai battu le champion d'une catégorie au-dessus de la mienne », se souvient le champion, revenant sur cette performance marquante.
Parmi les exploits les plus significatifs de ce boxeur amateur de 23 ans figure sa participation au gala international AES Russie, organisé à Niamey en mai 2025 et réunissant des combattants du Burkina Faso, du Niger, du Mali et de la Russie. Un tournoi gala qui s'inscrit désormais dans son palmarès. Opposé au Malien Fousseiny Traoré, Mohamed Pardevan s'impose à l'issue d'un combat entièrement maîtrisé. « On partait avec un handicap, vu qu'on a été prévenus seulement une semaine avant le combat. Arrivés sur place, nous avions en face un adversaire qui avait fait sa préparation en France. Je remercie Dieu et mes ancêtres, car j'ai remporté le combat par 5 à 0 », a confié le jeune boxeur.
Malgré ses belles performances sportives, Mohamed Pardevan n'a jamais perdu de vue l'importance des études. Après l'obtention de son baccalauréat série D en 2023, il poursuit aujourd'hui son parcours universitaire et est actuellement en troisième année de marketing et gestion commerciale dans une université de la place. Selon lui, même si la boxe demeure sa véritable passion, il est essentiel pour lui d'aller au bout de sa formation académique. « Ce n'est pas toujours facile de pouvoir gérer à la fois les études et les entraînements pour participer aux compétitions. Je me débrouille et je fais la part des choses », a-t-il expliqué.
Pour sa première sortie à l'international, le jeune boxeur a brillé lors du gala international de boxe AES-Russie, tenu à NiameyIl nourrit également le désir de mettre à profit ses études universitaires dans la gestion de sa carrière sportive. Mohamed Pardevan se définit ainsi comme un boxeur résilient. Malgré les obstacles rencontrés au cours de sa jeune carrière, il continue de se battre pour inscrire son nom parmi les meilleurs de sa discipline. « Les difficultés réelles sont le manque de matériel de boxe pour les entraînements et la rareté des opportunités pour exprimer mon talent », a-t-il confié.
En dépit de ces contraintes, qui ne facilitent pas toujours la pratique de la boxe au Burkina Faso, il parvient néanmoins à s'organiser afin de s'entraîner régulièrement et de préparer les différentes compétitions auxquelles il est invité à prendre part. « Pour mes compétitions, je peux dire que je m'organise de manière assez rigoureuse, parce qu'avec les cours, j'arrive à m'entraîner entre trois et quatre fois par semaine. J'essaie en tout cas de m'entraîner le maximum possible », a-t-il ajouté.
Dans un contexte où la pratique de la boxe exige à la fois rigueur et accompagnement, Mohamed Pardevan entend s'inspirer des meilleurs boxeurs. Il représente sans doute l'une des valeurs sûres de ce sport au Burkina Faso et compte poursuivre son travail avec détermination, dans l'espoir de participer un jour aux championnats du monde de boxe et d'inscrire durablement son nom parmi les plus grands de cette discipline.
Jean Elysée Nikiéma (stagiaire)
Lefaso.net
Dans l'archidiocèse de Ouagadougou, la vie consacrée demeure un pilier discret, mais essentiel de la mission de l'Église. À l'occasion de la 30e journée mondiale de la vie consacrée célébrée le 2 février 2026, Lefaso.net a tendu son micro à la sœur Pascaline Kanna, religieuse responsable régionale de la congrégation des Sœurs de l'immaculée conception en abrégé SIC. A travers cette interview, elle définit la vie consacrée, les défis et l'engagement quotidien des personnes consacrées au service de Dieu et de leurs communautés locales. Lisez plutôt !
Lefaso.net : En termes plus simples, qu'est-ce que la vie consacrée ?
Sr Pascaline Kanna : La vie consacrée désigne toute personne ou tout groupe de personnes qui s'engagent au célibat à cause du Christ et de l'Evangile par les vœux de chasteté, pauvreté et obéissance.
Qui cela concerne-t-il au sein de l'Eglise ?
Quand on parle de vie consacrée, on parle de religieuses, religieux, les moines, les vierges consacrées et les pères.
Au niveau de l'archidiocèse de Ouagadougou, on dénombre combien de personnes consacrées ?
Parler du nombre de personnes consacrées dans l'archidiocèse, je ne saurai le dire, mais concernant ma congrégation, nous sommes 475 sœurs religieuses aujourd'hui.
Peut-on parler d'une hausse ou d'une baisse des personnes consacrées au niveau de l'archidiocèse ?
Nous rendons grâce à Dieu comme je l'ai dit, les chiffres sont en hausse dans la mesure où le monde évolue dans un sens dans lequel, les réseaux sociaux influencent beaucoup les gens et que la jeunesse n'est plus autant concentrée comme auparavant. Il y en a beaucoup qui s'engagent encore et nous ne pouvons que rendre grâce à Dieu. Parce que, chaque année, il y a une augmentation du nombre de vocations dans notre famille religieuse et dans l'Eglise famille de Dieu.
Vous parlez de l'influence des réseaux sociaux. Quels sont les défis actuels qui peuvent freiner les vocations dans le cas du Burkina ?
La difficulté, c'est que l'éducation est devenue plus compliquée aujourd'hui avec les réseaux sociaux qui influencent beaucoup les personnes qui se consacrent ou celles qui veulent se consacrer. Parce qu'il y a beaucoup de choses qui prennent le temps, notamment les technologies de l'information et de la communication, les téléphones et autres. Bien que ce soient des outils de travail, ils sont en défaveur de la mission.
Interview réalisée par Yvette Zongo
Lefaso.net
Le président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré, a, dans la matinée de ce mercredi 4 février 2026, accordé une audience à une délégation du Fonds monétaire international (FMI), conduite par son directeur général adjoint, Kenji Okamura. Au menu de la rencontre : l'économie nationale et les perspectives de coopération.
Le représentant du Fonds monétaire international (FMI), Kenji Okamura, s'est réjoui d'avoir échangé avec le président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré, qui a partagé avec lui, une vision claire des politiques économiques actuelles.
L'hôte a salué les progrès fulgurants enregistrés par le Burkina Faso. « Les finances publiques se stabilisent, les réformes clés sont en cours, et le cadre macro-économique se consolide », a félicité le directeur général adjoint, Kenji Okamura, mettant en relief les avancées dans le programme soutenu par le FMI.
Cette rencontre augure des perspectives de coopération élargies qui pourraient propulser le Burkina Faso vers une stabilité accrue. « Le partenariat entre le Burkina Faso et le FMI est fort et plus solide que jamais », a-t-il déclaré.
M. Okamura a rappelé la volonté ferme du FMI de renforcer le partenariat pour accompagner davantage les efforts du Burkina Faso, notamment dans l'administration et dans les réformes structurelles. Le chef de délégation retient que ces échanges instructifs avec le président du Faso confirment la trajectoire positive du Burkina Faso et ouvrent des horizons prometteurs.
Lire aussi : Burkina/Économie : La Banque mondiale salue la vision du Capitaine Ibrahim Traoré
Lefaso.net
Source : Présidence du Faso
Le Mouvement patriotique pour le développement (MPD) organise, les 7 et 8 février 2026 à Tougan, un panel régional dénommé « Sourou Wellé-Kan ». Cette rencontre vise à identifier les potentialités de développement de la région du Sourou, à analyser les défis liés à l'insécurité ainsi qu'aux questions de gouvernance locale. À travers cette initiative, le MPD entend susciter une réflexion inclusive et participative autour des enjeux majeurs du développement régional. Dans cette interview, le coordonnateur national du MPD, Mathieu Boro, revient sur les objectifs, les attentes et les perspectives de ce panel régional.
Lefaso.net : Que peut-on savoir du MPD ?
Mathieu Boro : Le Mouvement patriotique pour le développement (MPD) est une organisation de la société civile qui a officiellement lancé ses activités le 28 octobre 2023 à Toma, dans la province du Nayala.
Il œuvre pour le progrès et le développement local, ainsi que pour la veille citoyenne. Le MPD met un accent particulier sur le dialogue, la mobilisation des compétences locales, la promotion de la paix et l'implication des citoyens dans les questions qui concernent directement leur avenir. Il se veut inclusif, apolitique dans son action communautaire, et résolument tourné vers des solutions concrètes.
Pouvez-vous nous parler de l'organisation du panel qui aura lieu les 7 et 8 février prochains ?
Le panel des 7 et 8 février est conçu comme un cadre d'échanges et de réflexion autour des enjeux majeurs pour l'avenir de la région du Sourou. Il réunira des personnes ressources, des leaders communautaires, des jeunes, des femmes ainsi que des fils et filles des provinces du Kossin, du Nayala et de la région du Sourou de manière globale.
Les échanges seront structurés autour de plusieurs thématiques clés, notamment, la nouvelle régionalisation et ses implications ; la cohésion sociale, le vivre-ensemble et l'engagement communautaire ; la valorisation des atouts naturels de la région pour un développement durable et inclusif ; la sécurité et la résilience communautaire.
En prélude au panel, des activités citoyennes et culturelles sont prévues, telles qu'un cross populaire, une rue marchande et des animations culturelles, afin de renforcer la mobilisation sociale et la cohésion communautaire.
À travers cette initiative, le MPD entend également exprimer la solidarité des populations du Sourou à l'endroit des Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que des Personnes déplacées internes (PDI), à travers une collecte de ressources. Le panel sera ponctué de communications, de débats ouverts et se conclura par des recommandations finales.
Le coordonnateur national du MPD, Mathieu Boro dit compter sur la mobilisation des fils et filles de la régionQu'est-ce qui a motivé la tenue de ce panel ?
Ce panel est né du constat que notre province fait face à de nombreux défis, tout en disposant d'énormes potentialités. Il était donc nécessaire de créer un espace de dialogue afin de réfléchir ensemble, partager les idées et proposer des pistes de solutions adaptées à nos réalités locales.
Quel est l'objectif de cette initiative ?
L'objectif principal est de favoriser une réflexion collective sur le développement du Sourou, de renforcer la cohésion entre les fils et filles de la province et de dégager des recommandations concrètes pouvant servir de base à des actions futures.
Qu'attendez-vous des fils et filles du Sourou dans le cadre de cette activité ?
Nous attendons leur participation active, leur engagement et leurs contributions constructives. Le développement du Sourou est une responsabilité collective, et chaque fils et fille de la province a un rôle à jouer, que ce soit à travers des idées, des initiatives ou un accompagnement durable.
Quel message avez-vous pour la population ?
Nous invitons l'ensemble de la population à se mobiliser et à s'approprier cette initiative. Le développement commence par l'unité, le dialogue et l'engagement citoyen. Ensemble, dans la paix et la solidarité, nous pouvons bâtir un Sourou plus fort et plus prospère.
Interview réalisée par Serge Ika Ki
Lefaso.net
Après la mort tragique de l'élève Oumou Koulsoum, percutée sur la RN4 à hauteur du Haut-Commissariat du Ganzourgou, son professeur d'Histoire-Geographie, Augustin Zoungrana, brise le silence. À travers ce témoignage bouleversant, parvenu à notre rédaction, ce mercredi 4 février 2026, il appelle les autorités à agir sans délai en installant un feu tricolore et en aménageant le goudron vers le stade de Zorgho, afin de sauver la vie des élèves.
Tragédie d'une étoile !
Ouédraogo Oumou Koulsoum, élève en classe de 4ème 3 au lycée municipal Naba Koulga de Zorgho, nourrissait l'espoir d'embrasser le métier de médecin afin de servir la nation au bonheur des Burkinabè, mais la grande faucheuse en a décidé autrement.
Élève disciplinée, studieuse et très joviale, Oumou a toujours été première de sa classe avec des moyennes souvent supérieures à 18,50/20.
Ce lundi 02 février 2026, comme à l'accoutumée, la petite Oumou, sur sa bicyclette, s'était rendue au lycée pour ses cours du jour.
De retour des cours après 17 h, juste au niveau de la route RN4, face au service du Haut-Commissariat de la province du Ganzourgou, les VADS donnent l'autorisation aux élèves de traverser ladite route en prenant le soin de soulever les panneaux pour marquer l'arrêt sur la route nationale 4. Malheureusement, un mini-bus communément appelé « Dina », chargé de marchandises diverses, fonce malgré l'arrêt indiqué par les agents VADS et percute la jeune fille Oumou, qui se retrouve sous les roues dudit véhicule.
Les premières personnes présentes constatent l'horreur et cherchent des pagnes pour couvrir les blessures béantes de la victime du jour. Le chauffard, qui avait pris la poudre d'escampette, est très vite rattrapé par des jeunes qui prennent le soin de le confier à la police ainsi que son véhicule.
De passage à l'endroit de l'accident, je vois un attroupement de personnes. Je freine et, à peine descendu de la moto, je vois la jeune Oumou lucide, incapable de faire le moindre geste. Je me mets à genoux pour voir si elle peut parler. Oumou saisit ma main et me demande : « Monsieur, est-ce que je vais vivre ? »
De manière inconsciente, je réponds par l'affirmative et je tente de la maintenir éveillée en lui demandant sans cesse de ne pas fermer les yeux. Du même coup, chacun tente de joindre l'ambulancier afin de transporter l'infortunée vers le CMA. Je sors mon téléphone avec l'autre main et je contacte mon censeur, en la personne de monsieur Compaoré, qui vient immédiatement sur le lieu de l'accident, suivi par le proviseur et des collègues.
Une fois l'ambulance présente, la jeune Oumou, qui ne lâche pas ma main, me demande de la sauver. Je suis intrigué, mais je monte dans l'ambulance avec son frère Adama et j'essaie de la rassurer qu'elle va s'en sortir, tout en la suppliant de ne pas fermer les yeux.
Nous arrivons aux urgences du CMA de Zorgho et là, nous sommes reçus par l'infirmier du jour, monsieur Sawadogo, et quelques minutes après par le Dr Sankara, le docteur Balima, l'infirmier Nougtara et le chirurgien Ollé.
L'équipe ainsi constituée, place aux ordonnances et aux soins à la victime. Je fus stupéfait de voir une équipe médicale très enthousiaste, très professionnelle, qui ne cherche qu'à sauver la victime du jour. J'ai vu des médecins très engagés, très volontaires, courir pour chercher des gants, des compresses. J'ai vu des infirmiers courir pour récupérer des examens, des poches de sang.
J'ai vu une équipe résiliente travailler en toute symbiose pour le bien de l'infortunée.
L'équipe médicale tente par tous les moyens de contenir l'hémorragie afin d'effectuer un éventuel transfert vers le CHU Yalgado Ouédraogo à Ouagadougou, à 110 km de Zorgho, pour une meilleure prise en charge.
Oumou, toujours éveillée, s'exprime pour la dernière fois : « Je veux travailler plus à l'école pour réussir et aider la mère. »
Juste après ces propos, la situation devient complexe. Oumou convulse mais lutte pour survivre. L'équipe médicale me demande de sortir, son pronostic vital serait donc engagé. Le docteur Sankara accourt vers la bouteille à gaz installée dans l'ambulance pour certainement la réanimation.
Je reste hors de la salle, à côté de la porte, tout en demandant au bon Dieu d'agir, de faire un miracle. Quelques minutes plus tard, le docteur Sankara ouvre la porte et me fait appel. Je rentre dans la salle, j'ai le corps glacé. L'équipe médicale est dévastée et je constate que Oumou, mon élève, l'étoile du lycée, vient de nous quitter pour l'au-delà.
Au dehors, nous avions plus d'une trentaine de personnes. Les visages sont rivés sur ma personne. Je vais vers une personne plus âgée et sage, en la personne de monsieur Kaboré Jacques, ancien maire de la commune de Zorgho, à qui je donne l'information. Ce grand monsieur trouve alors la formule idéale pour informer le monde face aux services d'urgence du CMA. La mère de la victime et sa tante sont totalement inconsolables. Les autorités administratives (directeur provincial, le proviseur, le censeur, le conseiller principal d'éducation) sont dévastées.
Sortis de la salle, des collègues et moi nous rendons à la morgue pour prendre le brancard afin de transporter la dépouille.
La petite Oumou, l'étoile du lycée, nous a quittés à jamais. Elle est inhumée ce 03 février 2026 dans son village natal de Tingsobdogo à Zorgho.
Au revoir Oumou, au revoir l'étoile. Que la terre libre du Burkina te soit légère, que Dieu réconforte ta famille et tes amis.
Tu as lutté sans verser une goutte de larme. Tu es mon héroïne.
Repose en paix.
Ton professeur d'histoire-géographie
Monsieur Zoungrana Augustin
Dans le paysage exigeant de la sécurité nationale, certains parcours forcent le respect par leur constance, leur cohérence et leur profondeur. Celui du commissaire principal de police Wendlanam Moïse Kaboré, nouveau commandant de la Brigade anti-criminalité de Ouagadougou (BAC-Ouaga), s'inscrit sans conteste dans cette catégorie. Figure emblématique de l'institution policière, il incarne une génération de cadres pour qui le sens de l'État, la discipline et l'excellence du service public ne sont pas de simples mots, mais une ligne de conduite.
Gratifié d'une volonté précoce de réussir et d'apprendre, Wendlanam Moïse Kaboré suit un parcours scolaire exemplaire. Après des études primaires et secondaires menées avec sérieux, il obtient en 2007 le Baccalauréat série D au lycée privé Parents d'élèves de Pissy à Ouagadougou. Refusant de s'arrêter à cette première étape, il poursuit sa formation universitaire à l'université Norbert Zongo de Koudougou, où il décroche en 2011 une maîtrise en économie et sciences de gestion.
Ce passage par l'université affine chez lui l'analyse, la méthode et la compréhension des mécanismes de gestion. Des atouts qui marqueront durablement son style de commandement.
De la vocation à l'engagement, le choix de la carrière policière
Animé par une vocation profonde pour la carrière des armes et le service de la nation, il réussit en 2013 le concours direct des élèves commissaires de police. Admis à l'École nationale de police, il y suit deux années de formation rigoureuse, au terme desquelles il sort diplômé commissaire de police en 2015.
Dès lors, sa trajectoire s'inscrit dans une montée progressive en responsabilités, toujours guidée par la recherche de l'efficacité et le respect scrupuleux de l'éthique professionnelle.
Une expertise renforcée par des formations de haut niveau
Conscient que les défis sécuritaires évoluent sans cesse, le commissaire principal Kaboré n'a jamais cessé de renforcer ses compétences. Son parcours est jalonné de formations stratégiques et opérationnelles de haut niveau, aussi bien au plan national qu'international.
De la gestion des armes et munitions à la lutte antiterroriste, en passant par la gestion du stress en situation de crise, il se perfectionne continuellement. Ses stages à l'Académie de police du Caire et à l'Institut de formation des forces spéciales en Égypte, puis en République populaire de Chine, témoignent d'une ouverture internationale et d'une maîtrise des enjeux contemporains liés au terrorisme et au grand banditisme.
Un cadre concepteur, un homme de terrain
Au-delà des diplômes et des certificats, Wendlanam Moïse Kaboré est reconnu comme un cadre concepteur en sécurité, doté d'une capacité éprouvée d'identification, d'analyse et de traitement des risques. Il possède également une solide expertise dans l'élaboration et la mise en œuvre de plans de sécurisation, tout en excellant dans la gestion et la direction du capital humain.
Cette double compétence stratégique et opérationnelle fait de lui un officier capable de penser l'action tout en la conduisant sur le terrain.
Un parcours de commandement riche et cohérent
Avant d'accéder au commandement de la BAC-Ouaga, il a occupé plusieurs postes clés : commissaire central adjoint puis commissaire central de police à Nouna, directeur provincial de la Police nationale de la Kossi, et enfin commandant du 11ᵉ groupement des Unités mobiles d'intervention, avec de nombreux déploiements sur le théâtre des opérations dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et de la reconquête du territoire national.
À chaque étape, il a su concilier autorité, proximité avec les hommes et efficacité opérationnelle, laissant l'image d'un chef respecté et écouté.
Une reconnaissance méritée de l'institution et des populations
La rigueur et les résultats obtenus sur le terrain n'ont pas échappé à l'institution policière ni aux plus hautes autorités. Nominé meilleur policier de l'année 2024, récipiendaire de plusieurs lettres de félicitations et de reconnaissance y compris de communautés locales et d'autorités judiciaires, le commissaire principal Kaboré incarne une autorité qui rassure autant qu'elle inspire.
Un commandant à la hauteur des enjeux de Ouagadougou
Investi de ses nouvelles fonctions dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible, le nouveau commandant de la BAC-Ouaga aborde sa mission avec une détermination sans faille. Fort d'une expérience riche, d'une vision stratégique affirmée et d'une autorité naturelle, il entend apporter des réponses durables et efficaces aux défis de la criminalité urbaine.
À la tête de cette unité d'élite, Wendlanam Moïse Kaboré apparaît comme un homme de continuité et de renouveau, prêt à inscrire la BAC-Ouaga dans une dynamique toujours plus performante, au service de la sécurité des populations et de l'honneur de la Police nationale du Burkina Faso.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
La CAN Maroc 2025 a refermé avec fracas ses portes le 18 janvier dernier. L'heure est maintenant aux enseignements. En amont de la CAN, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a fait plusieurs annonces. Parmi lesquelles, la suppression du CHAN, la création d'une nouvelle compétition appelée Ligue des nations, puis le changement de la périodicité de la CAN, qui, à partir de 2028, passera de deux à quatre ans. Le changement de la périodicité de la CAN, balancé en guise de ballon d'essai par le président de la CAF, n'a pas été bien accueilli dans les milieux footballistiques africains. L'habitude est une seconde nature, dit-on, puisque ça fait 69 ans que la CAN se joue tous les deux ans, vouloir la repousser à quatre ans, ça ne passe pas. Nous avons réalisé une interview express auprès de journalistes sportifs, d'entraîneurs, de supporters, le rejet de changer la CAN de deux à quatre ans est total.
Idrissa Congo : « Cette mesure est pour servir le football européen, et ça il faut avoir le courage de le dire, et c'est regrettable. »
« La décision du patron du football africain de changer la CAN de deux à quatre ans est plus que décevante pour nous les sportifs. Au-delà de l'aspect sportif, il faut dire que la CAN est un événement culturel et surtout économique qui permettait de financer le football africain, et je me demande comment la CAF compte dorénavant financer le football africain. Nous ne voudrions pas être sous la perfusion de la FIFA et c'est là toute notre crainte. Nous savons que cette décision de la CAF a été influencée par la pression du patron du football mondial, la FIFA, via les clubs européens. Les clubs européens contraints de laisser les Africains venir jouer la CAN, ça perturbe leur calendrier et leur économie. Alors que la CAN tous les deux ans avait plusieurs avantages. Ça permet à un jeune joueur de se faire voir et de monnayer son talent sur le plan mondial pendant deux ou trois CAN.
La CAN tous les quatre ans, il sera quasiment impossible pour un joueur de le faire, et c'est dommage pour la carrière individuelle du joueur. Et que dire de l'aspect culturel qui permettait aux Africains de se retrouver tous les deux ans pour communier, partager, faire des échanges économiques ? Et s'il faut attendre quatre ans pour vivre les mêmes événements, ce serait dommage. Pour me résumer, cette mesure est pour servir le football européen, et ça il faut avoir le courage de le dire, et c'est regrettable. Est-ce que l'on pourra utiliser ce changement au profit de notre football ? C'est là que moi je vois le seul avantage, si les autorités du football qui déboursaient tous les deux ans des milliards pour la CAN, si on pouvait réorienter cette somme pour financer la formation du football à la base, faire des infrastructures de qualité à travers l'argent qui sera économisé entre deux CAN ».
Idrissa CongoIbrahim Konaté : « Les 54 présidents de fédérations nationales doivent faire bloc pour contrecarrer la mesure »
« La CAN, de deux à quatre ans, moi personnellement je dirai que c'est une mauvaise décision. Donner quatre ans pour que les joueurs africains et l'Afrique tout entière se retrouvent, ce serait tuer le football africain, c'est du gâchis, c'est l'Africain même qui tue l'Afrique. C'est mieux de continuer avec la formule dans laquelle nous sommes, tous les deux ans on se retrouve dans un pays pour vivre la plus belle fête sportive africaine. Quelles sont les vraies motivations du président de la CAF à la prise d'une telle décision ?
Moi, je pense qu'une telle mesure devait être discutée en AG avec tous les présidents de fédérations des 54 pays africains, et s'il y a un accord, on l'adopte et on donne des explications aux acteurs. Imaginer un joueur de 28 ans qui doit attendre tous les quatre ans pour disputer une phase finale de CAN : avec cette mesure, tout au plus, il pourra jouer que deux éditions, alors qu'avec l'ancienne formule, il peut jouer plus de quatre CAN. Et quand on sait que la carrière du joueur africain tient à peine sur une quinzaine d'années maximum pour ceux-là qui ont intégré très tôt le haut niveau, sinon c'est moins que ça. Mais comme rien n'est encore adopté, je pense que tous les présidents de fédérations africaines de football doivent faire bloc pour contrecarrer le projet, sinon, si d'aventure il venait à être entériné, je me demande si la CAN a encore sa raison d'être ».
Ibrahim KonatéHaté Nanéma : « La CAF est sous injonctions de la FIFA et de l'UEFA »
« Comme c'est une instance dirigeante de la CAF, en l'occurrence le comité exécutif, il est le représentant du football africain, qui a décidé, il décide pour le football africain. Maintenant, si ces représentants-là sont des « esclaves de salon », comme notre camarade président Ibrahim Traoré aime à le dire, c'est dommage qu'au 21ᵉ siècle, les Africains n'arrivent pas à se libérer du joug de la colonisation, nous sommes toujours néo-colonisés, et moi vraiment ça me fait mal au cœur. Mais si les dirigeants de nos différents pays ne sont pas indépendants, moi je ne suis pas étonné que la CAF non plus ne soit pas indépendante. C'est mon point de vue. Si la CAF est sous injonction de la FIFA et de l'UEFA, mais qu'est-ce que vous voulez ? Ce sont des esclaves de salon, mais j'espère qu'un jour nous allons nous affranchir de la domination occidentale, et ne pas laisser que les intérêts des Occidentaux dominent sur nous, car nous aussi nous avons nos intérêts que nous devons défendre, nous ne pouvons pas continuer à être des marionnettes qu'on tire, je ne suis pas content de cela ».
Haté NanémaJudicaël Nabolé : « Si nous continuons chaque fois à céder aux pressions, un beau jour, on nous dira qu'il n'y a même plus de CAN »
De prime abord, je dirai que la CAN perd son identité : depuis belle lurette, elle se joue tous les deux ans. Nous sommes habitués. Et quand tu es fan du football africain et du football en général, tu t'attends à une CAN tous les deux ans. Même les joueurs, ils jouent dans l'espoir de jouer la CAN. Maintenant si on décide de l'amener à quatre ans, moi je pense que c'est l'Afrique qui perd de son identité.
Moi personnellement je ne pense pas que ce soit profitable au football africain, c'est plutôt une mesure pour plaire au calendrier européen. Et à cette allure-là, ne soyons pas étonnés que la CAN disparaisse un jour. J'en veux pour preuve qu'à l'approche de la CAN, on ne fait que la reporter. La CAN Maroc 2025 qui vient de se terminer, vous êtes témoin, normalement elle aurait dû être jouée en juin, mais à cause de la Coupe du monde FIFA des clubs, elle a été repoussée à décembre 2025 début janvier 2026. J'ai même peur que la CAN ne disparaisse un jour.
C'est bien vrai qu'on nous a dit qu'il y aura une nouvelle compétition appelée Ligue des nations. C'est une compétition de seconde zone. Même en Europe, elle n'est pas prise au sérieux comme l'Euro. Pour certains pays, c'est juste bon pour faire des matchs amicaux. Et on dit que la Ligue des nations africaines se jouera par zones. Si on prend la zone Afrique de l'Ouest ça va, il y a de bonnes équipes, mais les autres zones, il n'y a pratiquement pas grand-chose, c'est deux ou trois pays, exemple l'Afrique centrale, australe, de l'Est.
La CAN, c'est une autre dimension, quand tu es footballeur, ton rêve c'est de jouer la CAN. De nos jours dans les grands clubs du monde, les gens privilégient les joueurs internationaux, et la CAN est la meilleure vitrine pour détecter les talents. Avec la CAN tous les deux ans, un joueur peut jouer plus de deux CAN, et si je ne m'abuse, je pense que c'est le Camerounais Rigobert Song qui détient le record avec huit CAN disputées. Si la CAN passe à quatre ans, pour jouer deux CAN, il faut être très costaud. C'est une grosse perte en termes de visibilité des joueurs.
Je ne sais pas pourquoi une telle décision, moi je pense objectivement que c'est pour satisfaire le football européen. C'est une pression des Européens depuis de nombreuses années sur la CAF pour espacer les CAN de quatre ans. La Copa América, qui se jouait tous les quatre ans, a été ramenée à deux, mais pourquoi ces confédérations ne subissent-elles pas de pression ? Chaque fois c'est l'Afrique. Les clubs européens se plaignent comme quoi la CAN se joue en hiver, ils sont obligés de libérer les joueurs, et comme ce sont des puissants clubs, la FIFA a tendance à s'aligner derrière eux ».
Judicaël NaboléJonas Apollinaire Kaboré : « Une CAN tous les quatre ans, ça va porter préjudice à l'unité africaine »
« La CAN est l'une des activités les plus grandioses de notre continent, sinon la plus grande fête sportive ; elle draine du monde venu de partout. Après les éliminatoires, c'est 24 pays qui se rencontrent sur un même site, pour communier, un puissant vecteur d'unité entre Africains. Et ramener la CAN, cette occasion de retrouvailles, à quatre ans, ce serait dommage. La plupart de nos équipes nationales sont constituées de joueurs qui évoluent en Europe, et ces joueurs ont envie de revenir à la base, revivre dans leur milieu naturel, revoir des gens qu'ils ont connus depuis des années.
Une CAN tous les quatre ans, ça va porter préjudice à l'unité africaine tant recherchée. Au Maroc tout récemment, quand j'ai vu des Marocains porter des tenues d'autres pays, c'est l'unité, c'est de ça qu'il s'agit. C'est parce que l'on ne peut pas faire la CAN chaque année, mais deux ans c'était la bonne formule, mais ramener cela à chaque quatre ans, ce serait du tort fait à notre continent. Les puissants d'Europe ont toujours fait tout au gré de leurs humeurs et c'est l'Afrique qui ne fait que subir, et c'est vraiment dommage ».
JAKPropos recueillis par
Barthélemy Kaboré
(Collaborateur)
LeFaso.net
Dans l'affaire de la collision mortelle sur l'axe Zorgho-Ouagadougou, le ministère public a estimé que le prévenu aurait pu éviter l'accident par davantage de maîtrise et de vigilance. Malgré des réquisitions d'amendes et de peine avec sursis, le Tribunal correctionnel a finalement renvoyé le prévenu des fins de la poursuite, tout en l'appelant à plus de prudence en circulation.
"Un accident est un évènement souvent imprévisible. Cela peut arriver à tout le monde", a fait observer le ministère public dès le début de ses réquisitions. Toutefois, souligne-t-il : "il faut tout faire pour que cela n'arrive pas ; il faut faire preuve de maîtrise. On peut éviter certaines situations quand on roule à une vitesse très raisonnable."
Selon ses dires, Moctar aurait pu redoubler de vigilance et rouler à une vitesse "très faible", surtout que le soleil s'apprêtait à se coucher et qu'il pénétrait une zone très empruntée. Par la suite, le parquet s'attèlera à démontrer que les faits pour lesquels est poursuivi le prévenu, sont caractérisés en leurs éléments matériel, legal et moral.
Précisant par ailleurs que ce dernier est un délinquant primaire, le procureur a requis d'abord pour le défaut de maîtrise, une amende de 25 000 francs CFA ; pour la dégradation involontaire de bien ensuite, une amende de 25 000 francs CFA ; pour l'homicide involontaire, enfin, il a requis 3 mois assortis de sursis, ainsi qu'une amende ferme de 250 000 francs CFA.
Rappelons que le parent du defunt n'a rien réclamé si le prévenu venait à être reconnu coupable des infractions pour lesquels il est poursuivi. Ce dernier lui, a, dans ses derniers mots, souligné être de tout coeur avec la famille du defunt. "Je lui présente mes sincères condoléances. On ne le souhaitait vraiment pas" a-t-il compati.
Après quelques minutes d'échange, le tribunal correctionnel a vidé sa saisine, renvoyant le prévenu des fins de la poursuite, pour infractions non constituées. Toutefois, rappellera-t-il au prévenu : "Soyez davantage prudent. Cette fois ci vous avez échappé. Quand vous conduisez correctement, la loi vous protège. Soyez davantage vigilent quand vous conduisez."
Erwan Compaoré
Lefaso.net
À croire que certains vendeurs de motos au Burkina ont développé une allergie chronique aux conseils, et une mémoire sélective face à la sanction. Après chaque descente musclée de l'État, les prix semblent rentrer dans les rangs le temps d'un sourire éclair, avant de repartir à l'assaut des poches déjà éprouvées des consommateurs. Comme l'enfant que ni la chicote, ni les sages n'ont su corriger, le marché de la moto ne semble comprendre qu'un seul langage : celui des conséquences.
C'est l'histoire d'un enfant qui a décidé de s'éduquer tout seul. Lorsque le soleil fait son apparition chaque matin, la lueur d'espoir qu'il emporte avec lui à travers ses rayons, se transforme en jour sombre pour ses parents. Si la bouteille de gaz de la maison n'a pas eu la chance d'être vendue, ce sont les serrures devant servir à empêcher les voleurs de faire irruption dans la baraque, qui en paieront le prix fort.
Des chaussures de ses frères en passant par les bijoux de sa mère, rien ne semble résister à l'opiniâtre filouterie de ce gamin, qui a décidé de pourrir la vie à tout le monde. Même le chat du voisin n'a pas été épargné. Le père, connu pour sa rigueur des plus inflexibles, semble impuissant face à la témérité de son rejeton. Jamais aucun de ses fils ne s'était montré autant acariâtre et rebelle !
Un citoyen visiblement excédé par le prix des motosLes voisins ont parlé. Les vieillards ont conseillé. Même les tantes reconnues pour être les plus méchantes de la famille ont été mises à contribution. Au début, tout semble rentrer dans l'ordre. Il y a un moment d'accalmie. On souffle, rigole un peu, pensant avoir retrouvé notre enfant de chœur qui a sûrement reçu sa dose de délivrance du père spirituel de la famille. Mais il ne faut pas plus de trois jours pour que Django ressuscite ses vieux démons, et décide à nouveau de faire vivre à son prochain un enfer.
Finalement convaincu comme le dit l'adage, que « l'enfant que l'on corrige simplement par le bâton n'apprend pas à réfléchir », on décide de l'abandonner à son propre sort. Nos voisins d'à côté le disent si bien : « Conseil, conseille pas, c'est conséquence qui conseille. » Mais le hic dans tout cela, c'est qu'il vit sous le même toit que tout le monde. Il ne fait rien, n'apporte rien, mais se porte toujours volontaire, quand il s'agit de donner des migraines à la fratrie ; et comme on ne peut pas le chasser de la famille, il est là, et on est là.
Quatre images, quatre dates, quatre prix différents sur presque tous les articles en moins de quatre moisLe portrait de ce jeune garçon n'est pas très loin des caprices que nous font essuyer les vendeurs de motos. Avec eux, il faut être au taquet. Si vous avez un peu d'argent et que l'Etat a frappé fort pour que les prix soient réduits, vous avez intérêt à courir vite vous procurer un engin. Si vous pensez pouvoir jouer au lièvre avec eux, en attendant que le temps se vide de sa substance pour que les prix baissent encore, ils auront le plaisir de vous montrer que si l'hyène n'a jamais appris de ses erreurs, c'est son problème.
Pas plus tard qu'il y a quatre mois, la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), redonnait le sourire au peuple burkinabè, après une descente musclée dans les magasins de vente de motos. Tout le monde a crié victoire comme le douzième homme à ces dernières minutes de match de CAN, ignorant que la gloire dans les échéances à venir ne sera que de courte durée. Sincèrement, on ne sait plus à quel saint se vouer.
Deux prix différents du même article en l'espace d'une semaineFinalement, faut-il se résigner comme un agneau qui tend délibérément la gorge face à la soif impitoyable de la lame de son bourreau ? Ou devons-nous continuer de crier à l'insatisfaction, face à cette injustice qui nous laisse un goût de désolation au regard de la situation économique des populations. Une chose est sûre : de notre côté, nous continuerons de faire notre part, en portant la voix de ceux qui s'affaissent dans les cachots du désespoir.
Aux vendeurs de motos au Burkina, notre message est le suivant : si on vous a fait quelque chose, il faut dire on va demander pardon. Sinon en vrai, y en a marre de cette politique du ligid zamana qui ne tient pas compte des réalités du pays ! Y en a marre de vos pleurs lorsque l'on vous prend la main dans le sac, alors que vous semblez mépriser les larmes des autres qui font pourtant de vous de gros "P.D.ZÉ" ! Y en a marre de ces prix qui gonflent et se dégonflent comme le dolo mal fermenté d'un Samo de Tougan ! On est fatigué ! Il faut vous revoir !
Erwan Compaoré
Lefaso.net