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Défense - Diplomatie - Sécurité - Crises - Pouvoirs
Updated: 3 hours 34 min ago

Le Cirkin n’en était pas à son coup d’essai. Un navire français illuminé au radar

Wed, 17/06/2020 - 12:55

(B2) Le Cirkin, ce cargo turc accusé d’enfreindre l’embargo sur les armes vers la Libye, n’en est pas à son coup d’essai. Et les ‘heurts’ avec la marine turque ne datent pas du 10 juin. Les frégates françaises en ont été le témoin direct

La frégate Courbet devant suivie de l’ITS Carabiniere et de la frégate turque TCG Salihreis en mission Sea Guardian en Méditerranée début juin, avant l’incident du Courbet avec la marine turque (crédit : OTAN – Archives B2)

Un premier accrochage fin mai

C’est entre le 19 et le 24 mai que l’histoire commence selon le journal français Valeurs actuelles, qui révèle l’information (Un peu avant même selon nos informations, cf. encadré). Données bien valables et confirmées par B2 par une source militaire française. Battant pavillon tanzanien, le Cirkin, est alors en escale en Turquie à Haydarpasa selon son signal AIS (anti-collisions). Déclarant se rendre au port de Gabès en Tunisie, il appareille et coupe son AIS (n° 5IM389), seulement deux jours après son départ des eaux turques. Un signe suspect pour les spécialistes de la surveillance maritime. Des navires de la marine turque remontent de manière simultanée suivant la même trajectoire. Signe hautement suspect. Il est très rare qu’un navire marchand soit escorté à distance par des navires de guerre, surtout en Méditerranée, zone tranquille. Sauf pour des marchandises très sensibles….

Une demande de contrôle par le Forbin qui tourne court

La frégate française de défense aérienne, le Forbin (D-620), qui est de retour de mission dans le détroit d’Ormuz (EMASOH / Agenor — et non de Irini comme mentionné par notre confrère), et remonte vers Toulon, sa base, fait décoller son hélicoptère de bord ‘Panther’ pour vérifier l’identité du navire. Elle interroge par voie de radio le commandant du navire tanzanien, le 27 mai en fin de journée. Sans suite… Mais les marins français observent alors que « deux frégates de l’armée turque, qui se tenaient jusqu’alors à distance, se rapprochent à haute vitesse, et s’interposent entre le cargo et le Forbin » selon notre confrère Louis de Raguenel. C’est la marine turque qui répond aux Français : pas d’inspection possible.

Du matériel de fabrication US ultra-sensible

La frégate française est bien obligée de renoncer à l’inspection, sauf à entrer directement en conflit avec la frégate turque. Mais le cargo reste sous étroite surveillance. Le Cirkin a en effet changé sa destination, revenant à Gabès (Tunisie) le temps du survol par le Panther, puis reprenant sa destination initiale (Misrata-Tripoli), une fois celui-ci partie. De quoi aiguiser l’attention. Et en effet, un jour plus tard, le Cirkin arrive bien en Libye, à Misrata, port libyen, dépendant du gouvernement d’union nationale de Tripoli, le 28 mai au matin. Et sa cargaison est tout sauf innocente : « plusieurs véhicules semi-remorques transportant du matériel sous bâches, des véhicules blindés et des armements lourds. Du matériel ultra-sensible américain — selon notre confrère — : des chars M-60, des missiles Hawk anti aériens et…des mercenaires syriens appartenant notamment au groupe terroriste sultan Murad. » Le cargo est désormais marqué en lettres rouges sur tous les écrans.

Un navire suivi à la trace

Tous les moyens de reconnaissance, notamment satellitaires, selon nos informations, sont mobilisés pour suivre à la trace le cargo. De fait quand le Cirkin revient au port d’Haydarpasa (près d’Istanbul), le 2 juin, tout est noté. Les 5 et 6 juin, plusieurs camions porte-véhicules sont chargés à bord. Le dimanche 7 juin à 13h45 (locales), il lâche les amarres pour traverser la mer Egée. Destination officielle…Gabès, en Tunisie (comme en mai). Là encore, la marine turque se tient aux aguets, prête à assurer la protection du cargo.

… mais toujours escorté par la marine turque

Au mouillage à Marmaris (Turquie), la frégate turque Gökova (F-496) remonte la mer Egée pour escorter le cargo ». Puis une seconde frégate turque le TCG Oruçreis (F-245) le rejoint prenant le relais. Des avions de chasse se profilent au large de l’île grecque de Psara, dans l’espace aérien grec (une vieille habitude turque il est vrai). Une marque plutôt inhabituelle pour un ‘simple’ navire marchand. C’est à ce moment qu’intervient la frégate grecque, le Spetsai, sur ordre du commandement d’Irini, mercredi (10 juin). Sans succès. Comme le navire français en mai, elle reçoit la même réponse ‘protection de la marine turque et est bien obligé de le laisser filer (Lire : cargo sous escorte turque soupçonné de violer l’embargo sur les armes). Le Cirkin décharge le 11 juin à Misrata sa cargaison qui est loin d’être médicale uniquement — comme affirmé par les Turcs aux Euroépens (lire : Opération Irini : une possibilité d’inspection des navires très limitée) — mais comprenait des matériaux militaires, armes et munitions comprises.

Une illumination radar de la frégate française, fait rarissime

Le Courbet (F-712) qui est à la manœuvre, en Méditerranée dans le cadre de la mission Sea Guardian de l’Otan (ce concert avec un navire italien et un navire turc !), prend contact aussi avec le cargo et s’en approche pour l’arraisonner. Mal lui en prend. La frégate turque Gökova ‘allume’ aussitôt la frégate française. Plus exactement, elle procède à une « illumination radar ». Une manœuvre, qui dépasse le simple coup de semonce, selon nos informations. Elle est en effet destinée à faire un repérage ultime, avant un tir, afin de guider un éventuel missile. Une sorte de dernier appel, électronique, avant le feu réel. Un fait rarissime. Du moins entre alliés.

L’attaché de défense turc convoqué

Ce procédé, utilisé « assez régulièrement » par les Russes, qui jouent un jeu de ‘guerre froide’ avec les alliés de l’OTAN, est pour le moins totalement incongru de la part d’un allié.  « Totalement inhabituel » nous confirme un officier. « Je n’ai pas souvenir d’un tel incident », du moins volontaire. Inutile de dire que dans les couloirs officiels, l’attitude turque commence à irriter. L’Élysée se saisit de l’affaire, les ministres aussi. L’attaché de défense turc est convoqué à Balard, le siège du ministère français de la Défense, pour avoir une explication. Ce n’est pas la guerre… mais c’est (très) loin de l’entente cordiale.

A l’agenda de la réunion des ministres de la défense

Le téléphone chauffe. Le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias est à Paris pour voir son homologue Jean-Yves Le Drian, lundi (15 juin). Ce sujet est évoqué. Florence Parly s’entretient par téléphone avec le secrétaire général de l’OTAN mardi. Et, à coup sûr, cette affaire sera à l’agenda de la réunion des ministres de la Défense qui commence ce mercredi (17 juin) après-midi, par vidéoconférence. Que le secrétaire général, Jens Stoltenberg, le veuille ou non…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Le trafic vers la Libye sous surveillance

L’arrivée de navires contournant l’embargo venant de Turquie est un fait surveillé attentivement depuis plusieurs mois déjà. Bien avant mai. Ainsi lors trajet du porte-avions Charles de Gaulle, fin janvier, en mission Foch, vers la Méditerranée orientale (lire : Un groupe aéronaval autour du Charles-de-Gaulle se déploie, avec des Européens, épisodiques), des repérages aériens permettent d’identifier des débarquements de matériels suspects dans les ports libyens, notamment chargés de véhicules pas tout à fait civils, et des navires. L’histoire ne dit pas si le Cirkin était dans le lot. Mais ce qui est sûr, c’est que certains navires sont désormais dans la loupe du renseignement français, comme de la surveillance européenne.

  1. Situé à droite de l’échiquier de la presse d’opinion, cet hebdomadaire est connu pour être bien informé sur les questions de défense

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Opération Irini : une possibilité d’inspection des navires très limitée

Wed, 17/06/2020 - 11:36

(B2) Le Haut représentant de l’UE, Josep Borrell a donné quelques détails, mardi (16 juin) au sortir de la réunion des ministres de la Défense, interrogé par les journalistes sur le cas ‘Cirkin’, ce navire turc interpellé par les Européens mais qu’ils ont dû laissé passer

La possibilité d’arrêter et d’inspecter un navire reste très encadrée en effet tant par le droit de la mer que les règles d’engagement de l’opération.

Une possibilité d’inspecter les navires très limitée

« L’opération a des règles d’engagement et elle s’attache à obtenir des informations conformément à ces règles » a précisé Josep Borell. « Chaque fois qu’on voit un bateau suspect, on demande des renseignements. Si les informations s’avèrent satisfaisantes, on ne peut rien faire de plus. Ce n’est qu’en cas de non-réponse d’un navire que nous pouvons entreprendre un autre type d’activités. »

Une réponse satisfaisante dans le cas du Cirkin

Dans le cas du Cirkin, « le navire n’a pas répondu, mais les Turcs l’ont fait, répondant que le navire était affrété (chartered), sous la protection de la Turquie amenant des matériels médicaux en Libye. Nous n’avions dès lors pas de raison spécifique de faire davantage selon les règles du droit de la mer, autrement que de transmettre les informations. »

(NGV)

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Une opération Irini bien à la peine. Les États membres chiches en moyens

Tue, 16/06/2020 - 23:52

(B2) L’opération européenne de contrôle de l’embargo sur les armes au large de la Libye souffre d’une lacune chronique de moyens. Un abyme entre le dire et le faire plus que troublant

Tous d’accord pour faire quelque chose

Les États membres de l’UE sont d’accord (à peu près tous) : le désordre libyen est un des pires facteurs d’instabilité pour l’Europe ; il n’ y a pas de solution militaire au conflit, qu’une solution politique ; il faut renforcer le contrôle de l’embargo sur les armes en Libye, etc. Ils ont donc tous applaudi des deux mains quand l’Europe a repris l’initiative lors de la conférence de Berlin remettant sur les rails un processus de dialogue politique et militaire (lire : Les huit points-clés de la conférence de Berlin sur la Libye). Ce processus avait un bras armé : une opération de contrôle maritime de l’embargo sur les armes, dénommée EUNAVFOR Med Irini. Seulement voilà, les vieux démons européens sont revenus dès la mise à l’eau de cette opération, démarrée officiellement le 1er avril dernier.

Des conférences de génération de force poussives

Tout d’abord, les conférences de génération de force successives ont été douloureuses. Il n’y avait pas le minimum de moyens souhaité (lire : L’opération EUNAVFOR Med Irini sans navires, pour l’instant. La génération de forces se poursuit). Le président du comité militaire de l’UE (Lire : L’opération Irini doit disposer des moyens nécessaires pour réaliser son mandat (général Graziano)) comme le Haut représentant Josep Borrell (lire : Tous ceux qui veulent la paix en Libye doivent soutenir l’opération Irini (Josep Borrell) l’ont dit, sur tous les tons, notamment dans nos colonnes, à ce moment là. Cela a permis de mobiliser les États membres pour démarrer l’opération. Mais pas de façon suffisante.

Un manque de moyens patents

Durant les premières semaines de l’opération (jusqu’à aujourd’hui en fait), un seul navire était présent sur zone : tout d’abord la frégate française Jean Bart, puis la frégate grecque Spetsai. Le navire-amiral italien San Giorgio vient tout juste de rejoindre la zone d’opération. Soit deux navires et trois avions. « Ce n’est pas suffisant. Nous avons besoin de plus. J’ai lancé un appel aux États membres pour qu’ils fournisse tous les moyens nécessaires au renforcement de l’opération. J’espère que mon appel sera entendu » a indiqué le haut représentant Josep Borrell, ce mardi (16 juin), rappelant que l’opération Sophia disposait de cinq navires et autant d’avions. Autant dire un minimum selon lui.

Des guéguerres intestines

Sur ce sujet, plutôt récurrent des opérations militaire (de l’UE comme de l’OTAN (1), est venu se greffer une petite guéguerre intestine entre Athènes et Rome pour avoir la tête de l’opération ou de la force. Cela a entaché durant plusieurs semaines les réunions. Question réglée par un jugement de Salomon : partageant en deux périodes de six mois le commandement de la force (lire : Un commandant de force pour l’opération Irini. Enfin !). Une solution assez classique dans ce type de discussion. Mais cela a retardé d’autant la venue sur zone des navires grec et italien. A cela il faut ajouter la décision prise par Malte de prendre en otage l’opération pour obtenir un peu plus de solidarité de ses collègues face à l’arrivée de migrants sur ses côtes. L’ïle a menacé de bloquer l’opération, mais surtout retiré une des équipes d’arraisonnement promises (lire : Nuage noir sur l’opération Irini. Malte brandit la menace d’un veto).

Paris Berlin et Rome en service minimum

Le couple franco-allemand, pourtant moteur du processus de Berlin, fait pour l’instant le service minimum. L’Allemagne n’a promis un navire qu’au mois d’août. La marine allemande a bien mis à disposition un avion de surveillance. Mais celui-ci basé à près de 3000 km de la zone d’opération. Autant dire que cela limite le champ d’action (lire : L’avion de patrouille maritime allemand P3 Orion C entre dans la danse… loin de la zone d’opération). Quant à la France, une frégate (le Jean Bart) a tenu le cap un petit mois, ouvrant le bal, avant de rentrer au port. Rien depuis du moins au niveau de la mer. Paris fournit certes nombre de renseignements (via ses vols de reconnaissance effectués à titre national et autres systèmes d’information), mais pas de moyens d’arraisonnement direct, du moins officiellement au titre d’Irini. L’Italie a fourni un seul navire, le San Giorgio, qui n’était pas encore sur zone au moment de l’incident avec le navire turc, et est en train d’arriver. Alors que du temps de l’opération Sophia, elle fournissait souvent deux voire trois navires et un avion ou un drone.

Le reste des Européens aux abonnés absents ou presque

On pourrait bien sûr accabler ces trois pays. Mais les autres, du moins ceux qui disposent d’une force maritime, ne font pas mieux. L’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas, la Suède par exemple, ou le Portugal, sont restés bien silencieux. Il en est de même de la Roumanie ou la Bulgarie. Il est vrai que pour ces deux pays, on oublierait presque qu’ils sont dans l’Union européenne tant ils participent très peu aux missions et opérations de la PSDC. Et quasiment jamais aux opérations maritimes.

Un incident tout à fait prévisible

Ce qui devait arriver est donc arrivé. L’incident survenu la semaine dernière avec le contrôle avorté du Cirkin (lire : Un cargo sous escorte turque soupçonné de violer l’embargo sur les armes) était tout à fait prévisible. L’occasion était en effet trop belle pour les Turcs qui assurent un soutien militaire, assumé de manière ouverte, au gouvernement d’union nationale de Tripoli (reconnu par la communauté internationale et par l’Europe). Ankara a voulu infliger une petite leçon de stratégie aux Européens, en humiliant au passage son voisin et rival grec. Sans aucun risque, puisqu’il avait à la fois le droit international et la force pour lui.

Les Grecs seuls en ligne face aux Turcs : une erreur

En faisant accompagner ce cargo, soupçonné de transporter des armes vers Misrata, par ses navires militaires, Ankara lui a donné la protection nécessaire à la fois au plan juridique (l’immunité souveraine qui empêche l’inspection de tout navire assumant une mission de service public d’un État) et au niveau militaire. Laisser un seul navire contrôler le champ méditerranée était une grave erreur. Donner ce rôle à la Grèce l’était encore plus. Une erreur militaire et politique…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Près de 130 ‘hélages’

Pour le haut représentant, le résultat de l’opération Irini n’est pas à rejeter. L’opération a hélé (hail) des navires à plus de 130 reprises : plus d’une centaine étaient en relation avec l’embargo sur les armes, 29 en relation avec l’embargo sur le pétrole. Ces ‘hélages’ ont permis « de recueillir des informations impliquant des acteurs des deux côtés du conflit et ont donné des résultats ». Tout cela est documenté et « transmis aux Nations unies ».

  1. Avec une différence majeure entre l’Union européenne et l’OTAN. Les États-Unis jouent souvent le rôle du père fouettard rappelant les États à leur devoir.

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Le G5 Sahel a un nouveau poste de commandement

Mon, 15/06/2020 - 12:11

(B2) Le nouveau poste de commandement interarmées de théâtre (PCIAT) a été inauguré début juin à la base aérienne de Bamako-Sénou. La cérémonie officielle s’est déroulée le 3 juin en présence du ministre des Affaires étrangères malien, Tiébilé Dramé, et de son homologue de la Défense, Dahirou Dembélé, de l’ambassadeur de l’UE au Mali, Bart Ouvry, du représentant spécial des Nations Unies,  Mahamat Saleh Annadif, du commandant de la force conjointe du G5 Sahel, le général de brigade Oumarou Namata Gazama.

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Un sous marin d’attaque en feu dans la rade de Toulon

Fri, 12/06/2020 - 19:10

(B2) Fait peu commun, mais craint de tous les marins, un incendie s’est déclaré à bord ce jeudi matin (12 juin) à bord d’un sous marin nucléaire d’attaque français, le SNA Perle (S-606), en rade de Toulon

L’intervention en cours est faite sous la coordination du vice-amiral d’escadre Laurent Isnard, préfet maritime de la zone (crédit : préfecture maritime Méditerranée)

Un incendie en pleine martinée

Il était 10h35, selon la préfecture maritime de la zone Sud, quand « un incendie s’est déclaré en zone avant du sous-marin nucléaire d’attaque, au bassin en zone Missiessy. « Le sous-marin a été évacué. Il n’y a pas de blessés. » Un incendie majeur. Il était toujours en cours en fin d’après-midi. Les équipes spécialisées « continuent à lutter contre le sinistre afin de le circonscrire » indique un second communiqué de la préfecture parvenu à B2 à 17 heures.

Tous les moyens mobilisés

Tous les moyens disponibles ont été mobilisés. Les marins-pompiers de la base navale de Toulon ont déployé un bateau-pompe qui alimente toutes les manches à incendie. Les pompiers du SDIS 83 (service départemental d’incendie et de secours du Var) et le  bataillon de marins-pompiers (BMP) de Marseille ( une trentaine de pompiers et 11 véhicules spécialisés) ont été appelés en renfort. Tandis qu’une dizaine de marins de l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque (ESNA) apporte un soutien technique aux marins-pompiers intervenant à bord, notamment avec la mise en place « de moyens d’alimentation en eau et accompagnement dans le sous-marin des marins-pompiers intervenant à bord ». Quant aux équipages des autres sous-marins et de l’école de navigation sous-marine et des bâtiments à propulsion nucléaire (ENSM-BPN), ils assurent « les moyens de protection depuis le quai et constituent un réservoir de forces d’intervention ».

Pas de risque nucléaire

Précision importante venue de la préfecture maritime : « Il n’y a aucun combustible nucléaire à bord, celui-ci ayant été retiré dans le cadre de l’arrêt technique. Il n’y a pas d’armes (missile, torpille, munitions), ni de batteries à bord. » Les fumées qui s’échappent « ne sont pas radioactives ». Et de préciser que la France dispose « de balises, sur tout le territoire, capables de détecter toute anomalie de radioactivité ». Au cas où….

Doutes sur l’avenir du sous-marin

En revanche pour l’avenir du sous-marin, on peut avoir quelques doutes. L’ampleur et la durée de l’incendie laissent mal augurer pour un navire qui a déjà

NB : Le sous marin de la classe Rubis était en arrêt technique, depuis le 13 janvier dernier. Interruption prévue pour entretien et réparations (IPER dans le jargon marin).

(NGV)

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Un cargo sous escorte turque soupçonné de violer l’embargo sur les armes

Thu, 11/06/2020 - 16:20

(B2) Un cargo soupçonné de transporter des armes vers la Libye est surveillé de près par l’opération européenne EUNAVFOR Med Irini

Le Cirkin, un navire marchand turc battant pavillon tanzanien a été détecté mercredi (10 juin), au sud-ouest de la Crète, se dirigeant vers la Libye. De forts soupçons sont nés que le Cirkin n’effectue pas un transport tout à fait ordinaire mais qu’il pouvait transporter des armes illégales. Il n’est pas seul, accompagné par trois navires de la marine turque. Ce qui renforce le soupçon.

L’hélicoptère de la frégate grecque Spetsai (1) a alors reçu l’ordre du commandant de l’opération EUNAVFOR Med Irini de décoller pour aller contrôler le navire. Procédure normale en cas de soupçon sur un navire. Le capitaine et l’équipage du navire marchand n’ont pas répondu aux appels d’inspection de l’hélicoptère. Ce sont les Turcs qui ont répondu, indiquant que le navire était sous protection de la République turque, selon la télévision grecque AN1 Tv, qui commente l’information. L’hélicoptère est revenu alors à bord de la frégate. Le Spetsai a cependant reçu l’ordre de suivre les navires à distance.

Commentaire : un cas d’école prévu d’avance, véritable test pour l’Union européenne 

Les Turcs sont parfaitement dans leur droit, même s’ils agissent ainsi au vu et au su de tout le monde, avec une mauvaise foi patente. C’est la stricte application du droit de la mer. Tout navire opérant une mission de service public ne peut être inspecté par un navire de guerre.

Cet argument avait d’ailleurs déjà été utilisé en son temps par le gouvernement de Tripoli pour protéger ses navires d’une incursion trop précise des navires de l’opération Sophia (2). Cette hypothèse était très probable et envisagée dès le début de l’opération Irini. C’est un vrai test pour l’Union européenne de sa capacité à imposer les règles internationales d’embargo.

Selon nos informations, la question turque pourrait être évoquée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de lundi (15 juin) dans les points d’actualité. Au départ, c’était davantage lié à l’action du gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan dans les forages au large de l’île de Chypre. Cet épisode rajoute un dossier de plus dans des relations compliquées entre Bruxelles et Ankara.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Le Spetsai est pour l’instant le seul navire actif dans l’opération. Le San Giorgio, qui sera le navire amiral, devrait le rejoindre bientôt. Mais il était encore à quai hier.
  2. Lire : L’affaire du Lufy : un trafic d’armes intralibyen ? un problème européen ?

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La communication des armées françaises sur la sellette

Wed, 10/06/2020 - 09:43

(B2) Entre les armées françaises, dirigées par Florence Parly, et les journalistes, le fossé se creuse. La communication du ministère mise en cause

La communication lors de la pandémie de coronavirus a été souvent erratique, quand elle n’était pas incomplète et tardive – retour du groupe aérien embarqué du Charles de Gaulle (crédit : DICOD)

L’information du public dévoyée

L’association des journalistes de la Défense (AJD), (dont fait partie B2) a décidé de publier une lettre ouverte, la seconde en quelques semaines. Ce que demandent les journalistes au ministère est simple : donner de l’information au public, de façon claire, honnête et rapide.

Des dysfonctionnements révélateurs

Les dysfonctionnements sont nombreux : absence de réponse à temps, sélection arbitraire des journalistes, pression exercée quand l’article (ou la question) déplait, mensonges (délibérés) ou non des communicants…

Une volonté politique

Ce n’est pas un problème, ici, de savoir-faire. L’armée et le ministre en sont bien dotés. Et la plupart sont (très) compétents. Il s’agit ici bel et bien d’une volonté politique de tromper le public par l’intermédiaire des journalistes. Soyons clairs on est plus proches de la désinformation.  L’affaire de la contamination au Covid-19 du personnel du porte-avions Charles-de-Gaulle n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Et un manque de courage

Une réunion de ‘conciliation’ devait avoir lieu mardi (9 juin). Elle a échoué. Le conseiller communication de la ministre (Grégoire Devaux), a choisi de bouder la rencontre. Ce qui n’est pas pour nous étonner. Le communicant est plus prompt à donner des bons points et mauvais points et pratiquer la censure qu’à faire son travail. Courage fuyons…

L’Europe en bandoulière

Pour notre part, nous avons toujours été très étonnés du manque de disponibilité de la ministre française des Armées lors des réunions des ministres de la Défense, que ce soit au niveau de l’Union européenne ou de l’OTAN. La ministre est toujours ‘pressée’. Pourtant, l’Europe de la défense est une priorité officielle. Pour avoir une explication aux décisions prises ou aux rares communiqués de presse (vantant la politique ministérielle), il faut s’accrocher. Concrètement, il est plus facile aujourd’hui d’aborder un ministre de n’importe quel pays (USA y compris) qu’un ministre français inatteignable.

Un fait qui a son importance

Précisons que l’AJD n’a pour habitude de porter ce genre de débat sur la place publique. Ses membres sont plutôt ‘discrets’ et ‘disciplinés’, comme le veut le secteur qu’ils couvrent. Et s’il y a explication, elle se passe, en général, portes fermées. Cette prise à témoin publique — la première depuis la création de l’association de 1979 —, ne devrait donc pas être négligée, comme elle l’est actuellement. Elle doit être traitée avec sérieux, et au plus haut niveau, jusqu’au cabinet du Président de la République (Emmanuel Macron), puisque le cabinet de la ministre de la Défense (Florence Parly) semble considérer que c’est une peccadille.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Télécharger la première lettre du 7 mai et la seconde lettre du 9 juin

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Les ambulances privées d’EUMM Georgia sèment la confusion

Mon, 08/06/2020 - 11:00

(B2) La mission d’observation sur la ligne de contact entre l’Ossétie du Sud et d’Abkhazie (EUMM Georgia) a opposé un vigoureux démenti aux « fausses affirmations » circulant en Ossétie du Sud sur la présence de véhicules privés accompagnant ses observateurs.

Le véhicule de soutien médical privé (private.ge) qui accompagne les observateurs sur la ligne de démarcation ossète le 24 avril (crédit : Sputnik)

Une désinformation des médias ossètes

Tout est parti de médias russes (Sputnik Ossetia notamment) et ossètes (la chaine gouvernementale PEC) qui relaient une déclaration du comité de sécurité du gouvernement d’Ossétie du Sud, publiée mercredi (20 mai). « Il y a quelques jours [les 24 et 26 avril], sur une section de la frontière sud-géorgienne-géorgienne à proximité du village d’Uista (district de Znaursky en Ossétie du Sud) », les garde-frontières du KGB RSO ont « enregistré l’apparition non autorisée de la voiture de la clinique médicale géorgienne ‘Private’. Le véhicule était accompagné de deux voitures de patrouille de la mission de surveillance de l’UE en Géorgie (EUMM). Ce qui a permis aux médecins géorgiens de se déplacer secrètement vers la frontière de l’État ». Une manière « de collecter sur place des éléments biologiques, destinés à être utilisés dans le laboratoire de recherche de la santé ‘Richard Lugar’ » affirment les services secrets ossètes. NB : Un centre de recherche mis en place et financé par les États-Unis, au départ, mais qui dépend aujourd’hui de l’administration nationale géorgienne de contrôle des maladies et de santé publique (NCDC).

Des ambulances bien présentes

En fait, ce n’étaient pas les observateurs d’EUMM qui accompagnaient le véhicule médical, mais le contraire. Depuis (presque) le début de la mission, les observateurs européens sont accompagnés par un véhicule médicalisé. Service assuré par un opérateur privé géorgien. Un de ces ambulanciers est d’ailleurs décédé en 2009 lors d’une explosion (lire : Géorgie: une mine explose au passage d’un véhicule des observateurs de l’UE. Bilan: 1 mort).

Sans prélèvement d’échantillon

L’ambulance était « bien visible » et siglée, précise-t-on au QG de la mission à Tbilissi. Il n’y a « pas eu de mouvement secret. La patrouille s’est déroulée comme prévu. Il n’y a eu aucun contact avec des personnes. Il n’y a eu aucun prélèvement d’échantillons et il n’y a eu aucune intention de le faire ».

Un service assuré au vu et au su de tous

« Toutes les parties, notamment ceux d’Ossétie du Sud, sont bien au courant de ces faits, comme cela a été expliqué via la ligne téléphonique d’urgence (hotline) les 26 et 27 avril », précise-t-on au siège de la mission à Tbilissi. Et cela a été régulièrement le cas. « Depuis de nombreuses années déjà, par exemple lors des réunions du mécanisme de prévention et de réponse aux incidents (IPRM) dès 2014 », cette présence a été expliquée.

Un soutien médical nécessaire

Ce soutien médical permet « d’apporter rapidement l’aide nécessaire en cas de besoin, comme un accident de voiture. C’est particulièrement important dans les régions éloignées où il est difficile d’obtenir une aide médicale rapide ,» rappelle-t-on à EUMM Georgia. « EUMM est une mission d’observation, avec des patrouilles quotidiennes, y compris pendant la pandémie de de Covid-19. Notre approche est tout à fait impartiale. »

Commentaire : le recours au privé problématique en cas de crise

Faute de proposition d’un État membre, les responsables européens recourent à des services privés, dans les missions civiles (souvent), comme dans les opérations et missions militaires (parfois), pour assurer certaines fonctions essentielles opérationnelles (1). Pratique et souple, ce n’est pas sans susciter des difficultés cependant, en particulier en cas de crise.

L’affaire géorgienne le prouve : les adversaires de la mission ont trouvé là une brèche facile à exploiter. L’emploi d’un contractant géorgien qui a pu travaillé pour d’autres employeurs est source de confusion importante, surtout dans une mission aussi sensible que celle d’EUMM Georgia, sur une ligne de front figée au plan militaire, mais toujours active au plan politique.

Plus récemment, le contrat d’assistance signé pour certaines missions civiles en Afrique a posé question. La direction du service diplomatique européen (SEAE) s’est rendue compte que le service était inopérant. Avec l’interdiction de déplacement et les aéroports bloqués (sauf aux transports militaires), les ‘privés’ se révélaient incapables d’agir pour évacuer des patients atteints (2).

En 2009, lors de l’opération militaire au Tchad, les Irlandais avaient aussi testé la location d’hélicoptères privés. Un service qui s’est révélé très vite inopérant (3). Il s’en étaient mordus les doigts. « Heureusement que les Russes étaient là pour prendre le relais » confiait à l’époque un officier de l’opération.

Pour être juste, précisons que l’emploi de ‘privés’ dans l’opération est aussi parfois une réussite comme les pilotes et avions de surveillance affrétés par le Luxembourg tout d’abord pour l’opération de lutte anti-piraterie (EUNAVFOR Atalanta), ensuite pour l’opération maritime en Méditerranée (EUNAVFOR Med Sophia et Irini) (4).

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Je ne parle pas ici des fonctions logistiques arrières (nourriture, nettoyage…) assurée quasi systématiquement par des opérateurs privés
  2. Lire : Des missions civiles de la PSDC qui peinent à fonctionner
  3. Lire : Hélicoptères Irl. pas homologués, « défaut de contrôle » dit un rapport et Deux hélicoptères irlandais interdits de mission ?
  4. Lire : Les avions luxembourgeois aux Seychelles: des privés « bien utiles ! »

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Dernières nouvelles des missions et opérations de maintien de la paix de l’UE – PSDC (mai 2020)

Sun, 07/06/2020 - 09:30

(B2) Des réunions de planification, d’échanges d’informations, des rotations de force, des expertises. Les opérations et missions de la PSDC sont en mode ‘lent’, mais tentent de maintenir le contact

Djibouti. Passation de commandement sans cérémonie en Somalie

Le contre-amiral Ignacio Villanueva, a pris le commandement de la force militaire de lutte contre la piraterie dans l’Océan indien (EUNAVFOR Atalanta). Une rotation peu ordinaire. La « première effectuée avec succès pendant la pandémie Covid-19 », mais sans cérémonie, et pour laquelle il est devenu « sans le vouloir le premier commandant de force immunisé sur le théâtre ». Détails ici

(crédit : EUNAVFOR Somalia)

Pristina (Kosovo). Recherche des disparus, un travail de longue haleine

311 personnes disparues ont été identifiées depuis plus de dix ans qu’a commencé la mission ‘état de droit’ de l’UE au Kosovo (EULEX Kosovo). Un travail minutieux, lent mais nécessaire. Des centaines de personnes sont toujours portées disparues suite au conflit armé. C’est « un processus douloureux, compliqué et long », explique le chef d’EULEX, Lars-Gunnar Wigemark, dans une interview à l’agence Associated Press. Détails ici

(crédit : Eulex Kosovo)

Ramallah (Palestine). L’impact inespéré du coronavirus sur le système judiciaire palestinien

Actuellement, en Cisjordanie, il n’est pas possible de soumettre des documents ou de tenir des audiences en ligne. La crise du Covid-19 pourrait être l’opportunité d’accélérer ce processus de numérisation. C’est ce que défend l’avocat Andres Moreno. Il a coordonné un rapport remis aux institutions judiciaires palestiniennes sur les mesures prises par les systèmes judiciaires en Europe et en Amérique du Nord pour répondre à la crise ; un rapport réalisé avec de nombreux conseillers de la mission civile de conseil et d’assistance à la police palestinienne (EUPOL COPPS). Détails ici

(crédit : EUPOL Copps)

Bamako (Mali). Échange d’informations entre forces 

Comme toutes les quatre semaines, la réunion de coordination opérationnelle (RCO) s’est tenue, mi mai. Organisée par les membres de la représentation permanente de l’opération Barkhane au Mali, elle mêle les représentants des Forces armées maliennes (FAMa), de la mission européenne de formation des forces armées au Mali (EUTM Mali), de Barkhane et de la mission de l’ONU (MINUSMA). Le but : échanger les informations sur la situation sécuritaire, les opérations en cours menées par les différents acteurs, les actions de formation de EUTM Mali et d’autres sujets d’intérêt commun. Détails ici

(crédit : EUTM Mali)

Niamey (Niger). Distribution de codes aux futurs professionnels

Les futurs commissaires et officiers de police judiciaire formés par la mission civile d’assistance aux forces de sécurité intérieure (EUCAP Sahel Niger) ont reçu un code pénal, un code de procédure pénale, et un manuel explicatif du code pénal et du code de procédure Pénale. Détails ici

(crédit : EUCAP Sahel Niger)

Bosnie-Herzégovine. L’exercice Quick Response 20 avant l’automne

Malgré le covid-19, l’exercice exercice annuel Quick Response 20 aura bien lieu cette année. Il se déroulera entre la fin août et début septembre 2020, dans différents lieux de Bosnie-Herzégovine. Des officiers ont participé à la conférence de planification, vendredi 29 mai, par vidéoconférence, depuis Naples et Rome en Italie, Mons en Belgique, Londres au Royaume-Uni et la KFOR à Pristina au Kosovo. Détails ici

Un Antonov pour transporter les véhicules de la mission (crédit : EUFOR Atlhea)

(information recueillies par Emmanuelle Stroesser)

NB : Pour tout connaitre ou réviser, n’hésitez pas à vous procurer notre ouvrage sur la PSDC

Lire sur l’opération EUNAVFOR Med Irini :

Et sur B2 Pro :

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L’avion de patrouille maritime allemand P3 Orion C entre dans la danse… loin de la zone d’opération

Fri, 05/06/2020 - 09:10

(B2) L’avion de patrouille maritime P3 Orion C de la marine allemande a effectué son premier vol de reconnaissance jeudi (4 juin) pour le compte de l’opération aéronavale de l’UE chargée du contrôle de l’embargo sur les armes au large de la Libye, EUNAVFOR Med Irini

Le P3 Orion C sur la base de Nordholz (crédit : Marine allemande)

Un avion basé tout au Nord, près du Danemark

Fait original, l’avion n’est pas basé au plus près de la zone d’opération comme d’ordinaire (Sigonella, en Sicile, par exemple), mais en Allemagne, tout au Nord près du Danemark. Un éloignement qui ne favorise pas vraiment une grande réactivité. L’avion est en effet parti de la base aéronavale de Nordholz, située sur la mer du Nord près du Danemark, et a fait ensuite un ravitaillement tout au sud du pays, à Neuburg an der Donau, en Bavière. Une procédure ordinaire, selon notre collègue d’Augengeradeaus. L’avion restera ainsi stationné à Nordholz, d’où il décollera pour des vols de reconnaissance au-dessus de la Méditerranée, avec la même procédure de ravitaillement.

Une procédure spécifique

Cette procédure, mise au point en pleine période du Coronavirus, présente plusieurs avantages pour le ministère allemand de la Défense. Il permet d’économiser des moyens : les militaires restent basés en Allemagne et non pas à l’étranger ; pas besoin d’équipe de soutien ni d’équipes de mécanos détachés et la possibilité de double usage pour effectuer des missions de patrouille au niveau national, en mer du Nord, par exemple. Pour l’opération, c’est en revanche un peu plus compliqué, les délais de route empêchent un manque de réactivité. On se situe davantage dans une surveillance de la zone programmée d’avance.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi sur le même sujet : La frégate grecque sur zone, annonce l’opération EUNAVFOR Med Irini

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La frégate grecque sur zone annonce l’opération EUNAVFOR Med Irini

Thu, 04/06/2020 - 15:34

(B2) La frégate de la marine grecque, HS Spetsai a rejoint l’opération européenne de contrôle de l’embargo des armes au large de la Libye (EUNAVFOR MED Irini)

La frégate Spetsai lors de son passage au port de Augusta (Sicile), base logistique de l’opération (crédit : EUNAVFOR Med Irini)

Équipe d’arraisonnement et hélicoptère

Avec à son bord une équipe d’arraisonnement spécialement formée pour mener des opérations d’interdiction maritime, ainsi qu’un hélicoptère Sikorsky S-70B Aegean Hawk, le navire patrouille depuis aujourd’hui (jeudi 4) dans la zone d’opération désignée en Méditerranée centrale. Il sera épaulé en l’air par une équipe de trois avions, déployés par l’Allemagne, le Luxembourg et la Pologne, qui se relaieront pour surveiller la zone et guider le navire.

Une halte à Augusta

Le Spetsai était arrivé la veille (mercredi 3) dans le port d’Augusta (Sicile), base logistique pour les navires d’EUNAVFOR Med, pour les derniers préparatifs, notamment afin de recevoir les équipements sécurisés de communication avec le quartier général d’opération situé à Rome.

La frégate grecque vient relayer le Jean Bart, sans avoir pu physiquement passer le relais. La frégate française est en effet partie un peu précipitamment de la zone (lire : Le Jean Bart bloque un navire émirati faisant du trafic de pétrole. Et rentre à Toulon).

Des résultats

L’opération a déjà des résultats, selon son commandant. « Même si la mission a débuté récemment, elle a déjà produit des résultats en matière de collecte d’informations sur le trafic d’armes et en matière d’effet dissuasif sur la contrebande de pétrole également », indique le contre-amiral (italien) Fabio Agostini. Des résultats partagés avec le groupe d’experts des Nations unies chargés de collecter des informations sur l’application de l’embargo sur les armes et le pétrole imposé par une résolution des Nations unies.

(NGV)

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Le Jean Bart bloque un navire émirati faisant du trafic de pétrole

Mon, 01/06/2020 - 23:12

(B2) La frégate Jean Bart a bloqué vendredi dernier (22 mai) un pétrolier qui cherchait à violer un embargo sur les armes à destination de la Libye.

Le Jal Laxmi, un pétrolier des Émirats arabes unis, était en route vers le port de Tobrouk  contrôlé par les forces du général Khalifa Haftar. Ce dans le cadre d’une vente de produits raffinés, selon l’agence Bloomberg. La frégate française a bloqué le pétrolier durant plusieurs jours.

Retour à Toulon

Depuis la frégate anti aérienne a regagné Toulon. « Après un déploiement de plusieurs semaines en Méditerranée centrale dans le cadre de l’opération de l’Union européenne Irini,  la frégate a retrouvé sa base » a annoncé la marine nationale samedi (30 mai). Ce qui laisse actuellement l’opération Irini sans navires, à nouveau. Côté italien, le San Giorgio devrait rejoindre la zone.

(NGV)

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La frégate Hydra endommagée est remplacée par la frégate Spetsai

Thu, 28/05/2020 - 19:00

(B2) La frégate grecque Hydra qui devait rejoindre l’opération européenne de contrôle de l’embargo sur les armes au large de la Libye (EUNAVFOR Med Irini) fin mai* ne le fera pas. Elle a subi des dommages techniques selon les informations données à la presse grecque**

la frégate Spetsai F453 (crédit : marine grecque)

C’est la frégate Spetsai (F-453) qui remplacera Hydra. Un navire similaire, de la classe Meko 200, issu des chantiers navals allemands.

Le Spetsai a l’avantage de bien connaitre les équipages français pour avoir accompagné le porte-avions Charles-de-Gaulle lors de son passage en Méditerranée orientale fin janvier (lire : Un groupe aéronaval autour du Charles-de-Gaulle se déploie, avec des Européens, épisodiques). Mais son arrivée exacte dans l’opération n’est pas encore connue.

À ce jour, selon les informations puisées à bonne source par B2, l’opération européenne dispose d’un seul navire opérationnel, la frégate française Jean Bart, et de trois avions (un Luxembourgeois, un Polonais et un Allemand).

(NGV)

*Lire : La frégate grecque rejoindra l’opération Irini fin mai

**L’information donnée par certains journaux turcs qu’elle aurait été atteinte par des tirs du camp de Haftar est une fausse information, assez typique de ce conflit

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Des centaines de migrants retenus au large de Malte dans des prisons flottantes. L’affaire Captain Morgan devient européenne

Thu, 28/05/2020 - 16:38

(B2) Malte a trouvé la solution pour faire face à l’afflux de migrants, sans les faire débarquer à terre : les retenir à bord de navires de tourisme. Une idée qui a atteint ses limites

L’unité maritime des forces maltaises largement mobilisée pour secourir puis cantonner les migrants au large de Malte (crédit : AFM)

En pleine crise du coronavirus, l’évènement est passé inaperçu. Les Européens ayant d’autres chats à fouetter, ils se sont peu souciés de répondre à l’appel à la solidarité de la petite île méditerranéenne, la laissant seule se dépêtrer avec le problème

Un dilemme pour l’Europe

La présence de migrants retenus à bord de bateaux de tourisme au large de l’île de Malte empoisonne actuellement les relations européennes tout comme le déroulement de la nouvelle opération maritime de l’UE au large de la Libye (EUNAVFOR Med Irini). Elle constitue une épine dans le pied des Européens qui se trouvent pris au piège entre leurs principes (le respect des règles internationales) et la réalité (la crainte d’un nouvel afflux migratoire). Les informations sont données au compte-goutte par les autorités maltaises. C’est grâce au travail des ONG et de la presse que les informations arrivent.

Maintenir les migrants hors des eaux territoriales

Un premier groupe de migrants a d’abord été recueilli fin avril, à bord d’un navire ancré à Hurds Bank, à environ 13 miles nautiques des côtes à l’Est de La Valette. Soit à quelques mètres de la limite territoriale maritime (12 miles nautiques). 57 personnes ont ainsi été transférées le 30 avril, vers l’Europa II, un ferry touristique de la compagnie Captain Morgan. Ils avaient été secourus la veille par un bateau de pêche privé. Mais Malte, qui a fermé ses frontières (officiellement pour cause de coronavirus), refusait de les accueillir.

Des prisons flottantes qui font école

105 personnes ont ensuite été transférées sur le Bahari le 7 mai, puis une semaine plus tard sur l’Atlantis, un ferry d’une taille supérieure. Elles venaient d’être récupérées lors d’un sauvetage combiné entre les forces armées maltaises (AFM) un bateau de pêche. L’un récupérant 45 personnes, l’autre 78 personnes (1).

90 migrants sont récupérés dans la nuit de lundi (25 mai) par les forces armées maltaises et transférées mardi sur un bateau de la compagnie. 8 enfants et 18 femmes sont débarquées à terre, selon Malta Today.

Enfin, 75 autres migrants viennent d’être secourus par les forces armées maltaises mercredi (27 mai), au soir. Le gouvernement décide d’affréter un quatrième ferry pour les accueillir. Le Jade, appartenant à une autre compagnie (Supreme Cruises) et amarré à Sliema, est réquisitionné par les autorités, pour apporter du ravitaillement et accueillir des réfugiés. Plus grand, il peut accueillir jusqu’à 250 personnes, mais normalement pour une durée courte, selon le Times of Malta.

Un appel à l’aide insistant

Malte insiste sur un point qu’elle n’autorisera plus de migrants dans ses ports jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé avec l’Union européenne pour leur relocalisation dans d’autres États membres. Le gouvernement de La Valette a menacé à deux reprises de mettre son veto à l’opération Irini (lire : Nuage noir sur l’opération Irini. Malte brandit la menace d’un veto et Nouveau coup de semonce de Malte contre l’opération Irini). Ce qu’il n’a pas fait finalement. Mais il a retiré sa contribution (une équipe d’abordage VPD) promise lors de la génération de forces.

Des pays européens aux abonnés absents

À cet appel pressant de l’île, seule la France qui a promis de prendre 30 personnes en charge, suivie par le Portugal, promettant de prendre six personnes, assument leur part du fardeau. La question pourrait devenir bien plus problématique dans les jours à venir. L’arrivée de l’été en Méditerranée est synonyme d’une mise à la mer de davantage de bateaux chargés de migrants quittant la Libye à la recherche de l’eldorado européen.

Commentaire : une nouvelle crise à venir

Obsédés par la pandémie du coronavirus, les Européens risquent de ne pas voir et pas pouvoir se préparer à temps. Officiellement la question libyenne et maltaise ne devrait pas ainsi être abordée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères qui se réunissent par vidéoconférence ce vendredi (29 mai). Un leurre certain et une erreur probable, tant la nécessité d’apporter une réponse commune apparait nécessaire…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Soit 123 personnes au total récupérées. Sur ce nombre, 18 femmes et enfants ont été directement ramenés à terre.

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Nouveau coup de semonce de Malte contre l’opération Irini

Thu, 21/05/2020 - 15:31

(B2) Le gouvernement maltais lance un nouvel ultimatum à ses homologues européens

(crédit : Captain Morgan)

La nomination du commandement de force d’Irini menacée

Si d’ici vendredi, aucune solution n’est trouvée pour accueillir les migrants actuellement recueillis sur deux bateaux de la compagnie ‘captain Morgan‘, le représentant maltais au comité politique et de sécurité (COPS) opposera son veto à la nomination du nouveau commandant de la force maritime européenne en Méditerranée (EUNAVFOR Med Irini), indique le quotidien Malta Today, généralement bien informé sur ces questions (1).

Un manque de solidarité (sauf la France et le Portugal)

Pour Malte, trop peu d’États ont affirmé leur solidarité. Seuls la France et le Portugal, en fait, se sont engagés à accueillir 36 des quelque 162 migrants. La recherche d’une solution permanente pour les relocalisations est toujours bloquée. Et à chaque navire, le même ‘cirque’ recommence : les États de première ligne (Italie, Malte, Grèce…) sont obligés de quémander, voire de tempêter, pour obtenir l’attention et la prise en charge par leurs voisins européens. Une bonne douzaine de pays ayant décidé de ne pas participer à ce mécanisme volontaire de solidarité.

Une opération qui peine à prendre ses marques

L’opération Irini parait maudite. Elle a souffert tout d’abord d’un manque d’appétence de la plupart des pays européens qui peinent à lui fournir les moyens, en navires, pour exercer sa mission de contrôle de l’embargo sur les armes. L’Allemagne s’est un peu faite tirée par l’oreille pour participer. Plusieurs pays (comme la Suède, les Pays-Bas ou la Belgique, la Roumanie ou la Bulgarie…) sont absents de cette participation concrète.

L’opération a également été sévèrement critiquée par le gouvernement libyen de Tripoli, qui est le seul officiellement reconnu par la communauté internationale et par l’Union européenne. Critique gênante car l’Europe se targue de toujours intervenir avec l’accord, express ou implicite, des pays concernés.

Irini a, enfin, pâti d’une petite gué-guerre intestine entre Athènes et Rome qui revendiquaient chacun le commandement de la force. Le premier commandant sera d’ailleurs italien, le contre-amiral Ettore Socci. Celui-ci n’a pas bougé de poste en fait depuis l’opération Sophia (où il assumait le même rôle), avant de passer le relais à un Grec.

C’est la seconde fois que Malte brandit officiellement ce veto. Cette fois il ne s’agit plus seulement du financement en commun (lire : Nuage noir sur l’opération Irini. Malte brandit la menace d’un veto), mais plus concrètement du commandant de force qui n’est toujours pas officiellement nommé.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi : L’opération EUNAVFOR Med Irini en quelques mots

  1. Nous avons confirmation que ces informations sont puisées à très bonne source.

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La frégate Leopold Ier reprend (déjà!) la mer. Destination mer baltique pour un exercice

Wed, 20/05/2020 - 11:05

(B2) La frégate belge Léopold I a quitté sa base navale de Zeebruges ce lundi (18 mai) pour un exercice d’un mois en mer Baltique. Départ pas tout à fait anodin

Départ du Leopold Ier vers la Baltique (crédit : MOD Belgique)

Un exercice avec les Néerlandais

Cet exercice, dénommé Baltic Breeze 20, est organisé par une escadre de navires néerlandais. Il comprend deux navires de commandement et de débarquement, deux frégates, un patrouilleur ainsi qu’un sous-marin.

Trois objectifs sont annoncés : 1° développer l’interaction entre la frégate et l’hélicoptère NFH 90 (dans le cadre de la qualification d’un pilote) et de son équipe de soutien ; 2° réaliser des tirs de précision au moyen de son canon OTO Melara de 76mm ainsi que de son Goalkeeper ; 3° s’entraîner « de manière réaliste » à la chasse au sous-marin, ainsi que test de procédures de lancement d’une torpille d’exercice. Comme d’ordinaire, l’équipage va aussi s’entraîner à tous les exercices rituels (abandon du navire, homme à la mer, lutte contre les avaries et les incendies, …).

Confinement avant départ et test anti-Covid-19

Avant de pouvoir partir en exercice, l’équipage de la frégate a subi un programme de détection et de quarantaine, désormais quasi systématique pour les départs en mission ou opération. Premièrement, le personnel de la frégate a dû répondre à un questionnaire téléphonique 14 jours avant le début de la campagne. Dès ce moment, tout marin devait rester confiné à domicile en attendant son départ pour Zeebruges. Deuxièmement, cinq jours avant le départ, chacun a subi un test de dépistage au Covid-19, ainsi qu’une prise de sang. Troisièmement, le jour du départ, nouveau contrôle médical, cette fois à à l’infirmerie de la base navale par le personnel du 14 Bataillon Médical. Enfin, à bord du navire, les règles générales et mesures de distanciation sociale restent de rigueur : port du masque, entraînement par petits groupes, repas décalés, etc.

Commentaire : une tactique efficace ?

On se souvient que la frégate belge avait interrompu son escorte du porte-avions français Charles-de-Gaulle, car un cas de coronavirus avait été détecté à bord. La première réaction aurait pu être de ricaner à ce qui apparaissait comme une « défection ». Force est aujourd’hui de constater que la tactique belge, pour être modeste, a donc été la bonne, comme nous le pressentions (lire : Covid-19. La Belgique a-t-elle fait le bon choix en interrompant la mission Foch à temps).

En moins de deux mois, quasiment jour pour jour, la marine belge a récupéré sa pleine capacité opérationnelle. Ce n’est pas le cas des Français qui se sont obstinés, malgré tout, à rester en exercice avec le Charles de Gaulle (lire : Retour au port pour le porte-avions Charles-de-Gaulle, contaminé par la pandémie). Et ils semblent peu prêts de récupérer. Pas avant l’automne, nous dit-on.

De façon très étrange, le résumé de l’enquête de commandement rédigé par l’état-major des Armées — tel que publié par la communication officielle de la ministre des Armées (1) —, ne mentionne à aucun moment l’annonce par les Belges d’un cas de coronavirus. Bizarre. Très bizarre même. Serait-ce qu’elle mettrait en cause non pas le seul service médical ou le pacha du navire — dont l’enquête révèle des ‘dysfonctionnements’, mais l’échelon supérieur, plus politique ?

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Télécharger le résumé du rapport et l’enquête épidémiologique. Ce dernier rapport est beaucoup plus intéressant, tant sur le déroulement de l’épidémie qu’en général. Les infographies, la remise dans le contexte général notamment sont à regarder avec attention.

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A400M. Les parachutistes peuvent filer en douce via la porte latérale. Un atout en opération

Tue, 19/05/2020 - 11:30
(B2) Le ministère français des Armées n’est pas peu fier de l’annoncer. L’avion européen de transport A400M est désormais apte à larguer des parachutistes des trois armées par une porte latérale (crédit : DICOD / Armée de l’Air)

Un largage par la porte latérale

Dans ce type d’action, une sangle reliée à la soute de l’avion permet de déployer automatiquement le parachute sous l’effet de la gravité, une fois que le parachutiste a quitté l’avion. Tous les tests et exercices ont permis de valider cette nouvelle possibilité d’emploi. Le premier entrainement opérationnel de largage automatique de parachutistes a eu lieu mardi dernier (12 mai) à l’école des troupes aéroportées de Pau, avec un A400M de l’armée de l’Air et des parachutistes de l’armée de Terre.

La panoplie opérationnelle de l’A400M complétée

C’est « une étape importante » dans la montée en puissance des capacités tactiques de l’avion dénommé « Atlas » dans la terminologie française. Cela vient compléter la panoplie opérationnelle de l’A400M. L’appareil pouvait déjà larguer des parachutistes par la rampe arrière, comme du matériel. Une capacité validée en février. 25 tonnes, réparties sur 10 palettes, avaient alors quitté l’avion, pour rejoindre la terre. En un seul passage et sans atterrir !

Un atout en opération

Ce type de largage de personnel est « un véritable atout en opération », surtout en « zone hostile » ou sur un terrain complexe explique-t-on à l’armée de l’Air. C’est un gage de rapidité également, un « volet essentiel à la projection de puissance ». L’aérolargage permet en effet « de concentrer des forces et du matériel au plus près d’un objectif ».

Prochaines étapes

Cette capacité est limitée aujourd’hui à 30 parachutistes par une seule porte. Prochaines étapes : augmenter l’altitude de largage et le nombre de parachutistes. L’objectif est fixé : autoriser, dès l’année prochaine, le largage simultané par les deux portes latérales. Soit un peu plus tard que prévu par le constructeur Airbus (cf. encadré).

(NGV)

Des essais réussis pour 80 parachutistes

Le constructeur européen Airbus avait annoncé en octobre dernier avoir réalisé plusieurs essais en vol de certification. L’un pour le déploiement simultané par les deux portes latérales de 80 parachutistes (40+40) avec leur équipement complet, en un seul passage. L’autre pour le largage de 58 parachutistes par une seule porte latérale, soit la capacité maximale de l’A400M. Des essais menés en étroite coordination avec la direction générale (française) de l’armement (DGA) et les forces armées françaises et belges, sur la zone de saut de Ger (bois d’Azet), dans les Pyrénées. Un camp géré par le 1er régiment de hussards parachutistes (1er RHP). La fin de la phase d’essais de certification ouvrait la voie au déploiement simultané de 116 parachutistes et à la certification des opérations mixtes. La fin des activités de certification est prévue au premier semestre 2020, annonçait alors le constructeur. Le tout a pris un peu de retard aujourd’hui.

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La frégate grecque rejoindra l’opération Irini fin mai

Fri, 15/05/2020 - 09:05

(B2) La frégate grecque Hydra (F-452) a quitté la base navale de Salamis mardi (12 mai) pour rejoindre l’opération EUNAVFOR MED Irini de l’UE en mer Méditerranée, indique la marine grecque

La frégate Hydra F-452 (crédit : Marine grecque)

Mais elle ne sera concrètement opérationnelle que fin mai. Elle doit passer quelques jours sur la base navale de Crète, au centre d’entraînement (KENAP), notamment pour parfaire l’entraînement des équipes de marins à l’arraisonnement des navires.

À bord du Hydra, se trouvera une équipe d’abordage (type VPD), similaire à celle qu’aurait dû fournir Malte (lire : Nuage noir sur l’opération Irini. Malte brandit la menace d’un veto). Elle est destinée à aller contrôler les navires suspects de faire du trafic d’armes vers la Libye.

(NGV)

Lire aussi : L’opération EUNAVFOR Med Irini en quelques mots

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Premiers vols du pont humanitaire de l’UE. Destination Bangui

Tue, 12/05/2020 - 20:00

(B2) Ça y est, matériel et personnel humanitaire recommencent à arriver sur le terrain. Vendredi (8 mai), le premier avion du pont humanitaire de l’Union européenne s’est posé à Bangui, en Centrafrique. Deux autres vols sont prévus mardi 12 et mercredi 13 mai

Commissaire Janez Lenarcic à la Gestion des crises, à Lyon, avant le premier vol du pont humanitaire de l’UE vers Bangui, Centrafrique (crédit : Commission européenne)

Entre le trafic aérien international arrêté, et les frontières fermées, la pandémie a coupé les chaînes d’approvisionnement classiques utilisées par les ONG et les organisations internationales. Au détriment des populations déjà les plus vulnérables. Le pont aérien organisé et financé par l’Union européenne se veut la solution, pour fournir du matériel humanitaire là où il est nécessaire.

40 tonnes de frêt humanitaire

En tout, 40 tonnes de matériel humanitaire atteindront Bangui, la capitale de la République centrafricaine d’ici jeudi matin (14 mai). Parti de Lyon, en France, le premier vol avait à son bord 13 tonnes de matériel. Le reste sera partagé entre les deux prochains avions, mardi (12 mai) et mercredi (13 mai). 60 travailleurs humanitaires ont également pu atterrir en Centrafrique vendredi (8 mai).

Couplé à un effort de rapatriement

Dans un souci d’efficacité, l’Union européenne a profité du vol retour vendredi dernier pour rapatrier des Européens. 144 personnes sont ainsi revenues de Bangui.

Quarantaine pour le personnel et le matériel

Une fois arrivés à Bangui, les travailleurs humanitaires ont, eux, été mis en quarantaine. Le matériel est, lui, gardé dans un entrepôt réservé à cet effet. L’objectif : éviter les contaminations possibles au coronavirus au travers des livraisons.

Priorité à l’Afrique

Une trentaine de vols devraient avoir lieu au cours des six prochains mois, pour le monde entier. Ce chiffre est susceptible d’évoluer en fonction de l’évolution de la crise. La priorité sera « accordée aux pays africains dans lesquels la pandémie est susceptible d’aggraver les nombreuses crises humanitaires existantes », précise la Commission européenne.

(Aurélie Pugnet)

Télécharger le communiqué de presse

Lire aussi :

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Le demi-échec de la coopération structurée permanente se profile

Tue, 12/05/2020 - 10:33

(B2) Deux ans et demi après, la coopération structurée permanente (PESCO) peine à afficher des résultats. Et ceci n’est pas la faute de la crise du coronavirus

(crédit: DICOD / EMA)

Un rapport cinglant

Le rapport concocté au sein des services militaires de l’UE, qu’a pu lire et décortiquer B2, en amont de la réunion ministérielle de ce mardi (12 mai), est très technique et bourré de sigles et jargons divers. Ce bilan de mi-parcours n’en révèle pas moins un fait fondamental, parfois de façon cru. L’échec plane sur l’instrument de coopération le plus innovateur du Traité de Lisbonne déclenché, de façon cérémonieuse fin 2017.

Des engagements peu tenus, des projets qui peinent à avancer

D’une part, les États peinent à respecter les engagements qu’ils avaient pourtant pris solennellement. D’autre part, au niveau des 47 projets de la PESCO, c’est la débâcle : seul un tiers des projets de la PESCO pourrait aboutir. Les autres encore au stade biberon, voire morts-nés. Pour être plus poli, on parle d’« idéation » : la génération d’idée.

Prendre à bras les problèmes

Les ministres de la Défense des 27 devront prendre ces questions à bras le corps. Ils devront mettre de côté cette idée, très répandue, de n’opérer que quelques changements mineurs à un dispositif, si pénible à mettre au point. Le nombre de projets qui ne sont plus qu’au nombre de 46 (l’un d’entre eux a déjà déposé le bilan) devra être réduit de façon drastique. Une réelle volonté politique devra les impulser (cf. encadré). Pour permettre la tenue des engagements, il faudra établir des critères mesurables, réalistes, échelonnés dans le temps, et précis. Il sera nécessaire de prendre l’opinion et les parlements à témoin, en rendant les rapports de mise en œuvre publics, individualisé État par État. Comme en matière économique. C’est le seul moyen de vérifier que des progrès sont réalisés.

Le risque d’un endormissement de la Belle aux bois dormant

À défaut, le bel édifice risque de s’enterrer dans le cimetière des belles idées européennes jamais vraiment réalisées et qui lambinent d’une année sur l’autre, imprimant dans l’opinion publique une idée désastreuse : une grosse mécanique bureaucratique sans vraiment d’efficacité.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Un certain ménage s’impose

Les projets de la coopération structurée permanente ne sont peut-être pas l’aspect le plus important de ce processus, avant tout politique. Mais c’est la face immergée de l’iceberg. Ce qui est le plus concret aux yeux de tous (opinion publique, parlements, industriels et même institutions européennes). Or, on peut (on doit) vraiment se poser la question : est-ce que mener 47 projets PESCO (46 aujourd’hui) de front est réaliste, au gré des ambitions et des moyens européens ? Ne faut-il pas se concentrer sur une dizaine de projets ‘utiles’, ‘prioritaires’ et laisser tomber les autres, certainement très intéressants, mais qui peuvent très bien être menés en ‘bilatéral’ ou ‘multilatéral’ sans nécessairement recourir à l’échelon européen (1).

Pourquoi le commandement médical européen, le hub logistique (deux projets conduits par l’Allemagne), le dispositif militaire de développement en cas de catastrophe (projet conduit par l’Italie) ne sont-ils pas encore vraiment opérationnels ? De tels dispositifs auraient été extrêmement utiles durant la crise du coronavirus. De même que l’équipe de réaction cyber (projet lituanien).

Pourquoi y a-t-il deux ou trois projets similaires en matière de cyber ou de formation ? Est-ce que développer une école intercalée de renseignement (projet gréco-chypriote), de nouvelles frégates (projet italien), un appui-feu artillerie (projet slovaque) ou un nouveau véhicule blindé (projet italien) répondent vraiment à des lacunes européennes prioritaires et ne peuvent pas être menés sous d’autres cieux ?

  1. Le bonus de 10% promis au titre du fonds européen de défense pèse sûrement dans cet afflux de projets (peu utiles au plan européen) dans la coopération permanente structurelle.

Lire aussi notre dossier N°58. La lente mise en place de la Coopération structurée permanente (PESCO) (V3)

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