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Une taupe russe au cabinet Le Drian ? Pas si vite...

Blog Secret Défense - Mon, 18/10/2021 - 11:33

La réaction de Bernard Bajolet, ancien DGSE. Il dément avoir fait remonter « un cas individuel ».

Allemagne : vers « des règles plus contraignantes » pour les ventes d’armes

Blog Secret Défense - Mon, 18/10/2021 - 10:29

Les trois partis de la prochaine coalition viennent de publier leurs premières orientations. Voici la partie consacrée à la défense.

SCAF : Nouveau retard d’un an pour le premier vol

Blog Secret Défense - Wed, 13/10/2021 - 14:02

Le premier vol du démonstrateur du successeur du Rafale n’aura pas lieu avant 2027, au mieux...

Compagnons de la Libération : Hubert Germain, la mort du Der du Der

Blog Secret Défense - Tue, 12/10/2021 - 17:59

Avec la disparition, à 101 ans, de ce vétéran des combats de la Seconde Guerre mondiale, c’est le dernier des 1038 Compagnons qui s’éteint. Mais l’Ordre de la Libération continuera à entretenir leur mémoire.

Les Hongrois arrivent dans Takuba

Bruxelles2 Blog - Sat, 02/10/2021 - 14:55

(B2) Ça y est. C’est décidé. Budapest a formellement soumis à son parlement cette semaine une proposition afin d’enclencher sa participation à la task force européenne engagée au Sahel

Forces spéciales en entrainement (Photo : Kormany HU / Archives B2)

Task-force initiée par la France, mais qui va être commandée par un Suédois prochainement.

80 hommes au maximum

La participation hongroise ne sera pas que symbolique. La Hongrie compte engager jusqu’à 80 militaires (plafond maximum). En réalité un peu moins sans doute. Mais ils seront « au front ». Les forces d’opération spéciales hongroises assureront les « tâches de conseil, de soutien et de mentorat des forces maliennes au combat » est-il précisé dans la résolution.

Engagement sur deux ans

Le premier contingent hongrois devrait être déployé au premier trimestre 2022. Mais un premier déploiement préparatoire d’une vingtaine de soldats devrait avoir lieu d’ici fin 2021. Il y aura ensuite une rotation de quatre mois « en s’adaptant aux tâches opérationnelles de TAKUBA et à la mise en œuvre de la stratégie ». La durée de l’engagement — du moins de la déclaration faite aux Parlement national — est de deux ans, jusqu’à décembre 2023.

Geste de solidarité et objectif politique

Pour Budapest, cet engagement est justifié par « la volonté d’être un contributeur actif et crédible à la sécurité euro-atlantique ». Mais aussi par une raison qui résonne particulièrement dans la campagne hongroise : la pression migratoire. « L’une des causes de la pression du sud est la menace terroriste dans la région subsaharienne » explique Szilárd Németh, le secrétaire d’État parlementaire à la Défense. La Hongrie « est donc prête à accroître sa contribution à la sécurité dans la région. Il est donc dans notre intérêt national d’y jouer un rôle » ajoute-t-il.

NB : cet engagement de la Hongrie avait été scellé lors d’un entretien entre le président français Emmanuel Macron et son alter ego hongrois Viktor Orban, il y a quelques mois déjà. Entretien qui avait aussi une valeur très politique d’armistice dans les escarmouches entre les deux leaders. On peut gager que la tenue de l’engagement par Budapest devrait être gagé sur une réciprocité de Paris sur d’autres dossiers.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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La Grèce prend le commandement sur zone de l’opération Irini en Méditerranée

Bruxelles2 Blog - Wed, 29/09/2021 - 18:22

(B2) Deux changements à attendre du côté de l’opération de l’UE de contrôle de l’embargo sur les armes imposé à la Libye

Michail Magkos (crédit : EUNAVFOR Med Irini)

La force aéronavale de l’UE déployée au large de la Libye va passer sous commandement grec dans quelques jours. Le commodore grec Michail Magkos doit succéder au contre-amiral Stefano Frumento (en poste depuis le 31 mars), comme commandant de la force en Méditerranée centrale, à compter du 1er octobre. Magkos connaît bien l’opération pour avoir été depuis le 31 mars l’adjoint du commandant d’opération (chef d’état-major). Sa bio.

Le commandement stratégique de l’opération EUNAVFOR Med Irini reste assuré par un Italien, depuis le quartier général de Rome. Mais lui aussi vient de changer : le vice-amiral Stefano Turchetto doit succéder le 1er octobre également à son compatriote, le contre-amiral Fabio Agostini qui a tenu les rênes de l’opération, depuis sa création, au printemps 2020. Son portrait ici.

Un nouveau commandant pour l’opération Irini en Méditerranée

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Tensions dans le Nord du Kosovo. EULEX se déploie. La KFOR patrouille

Bruxelles2 Blog - Tue, 28/09/2021 - 11:47

(B2) Depuis quelques jours, chacun veut montrer ses muscles près de la frontière entre Serbie et Kosovo. Les policiers et militaires européens et de l’OTAN s’interposent

Les plaques serbes ne sont plus acceptées au Kosovo. Ici, en février dernier, à Mitrovica (Nord du Kosovo) (B2/AP)

La tension monte sur le terrain

Police, blindés et même avions

Du côté kosovar, des véhicules blindés de la police spéciale kosovare ont été déployés dès le lundi 20 septembre, du côté kosovar vers les points frontières de Jarinje et Brnjak. Du coté serbe, des véhicules blindés, aussi ont été acheminés non loin de la « ligne administrative » ou frontière. Des tanks T-72s modernisés avec une nouvelle optique, comme le rapporte B92 (média serbe) samedi 25 septembre. Des Mig 21 de l’armée de l’air ont même survolé à plusieurs reprises la frontière ce week-end.

Belgrade soutenu par Moscou

Le ministre serbe de la Défense Nebojsa Stefanovic et son chef d’état-major ont rendu visite aux unités stationnées à la frontière administrative. Le tout en compagnie de l’ambassadeur de Russie, Alexander Botsan-Kharchenko, comme le rapporte un journaliste. Histoire de bien montrer que si le Kosovo est soutenu par l’OTAN, la Serbie n’est pas isolée et peut compter sur le soutien d’au moins un membre du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce mardi 28 septembre, N. Stefanovic en rajoute une couche : « l’armée a relevé son niveau de préparation au combat sur ordre du président serbe Aleksandar Vucic », selon B92.

En cause, un banal conflit de plaques d’immatriculation

La cause de cette montée d’adrénaline : une question banale en apparence. Quelles plaques d’immatriculation doivent porter les voitures au Kosovo ? Une plaque kosovare, jure Pristina, l’État du Kosovo étant indépendant depuis 2008. Une plaque serbe, réagit Belgrade qui n’a jamais reconnu complètement l’indépendance de cette ancienne province autonome yougoslave. Et considère toujours les habitants du Kosovo (au moins les Serbes) comme ses administrés. On le comprend bien, derrière ce problème de vie quotidienne, se cache une vraie question géopolitique : reconnaitre ou pas le Kosovo (1).

L’accord intérimaire qui a pris fin

La reconnaissance des plaques était un point important du Brussels Agreement, dans le cadre du Dialogue Belgrade-Pristina (2). Un accord était intervenu, entré en vigueur en 2016, mais uniquement à titre intérimaire, pour une période de cinq ans. Cet accord a pris fin. Et le Kosovo a décidé tout bonnement il y a deux semaines d’interdire la circulation des véhicules kosovars avec une plaque serbe sur son territoire. Autre raison avancée : le premier ministre kosovar parle de « réciprocité de mesures », rapportent des médias, car la Serbie interdisait avant cela les plaques kosovares sur son territoire.

Présence européenne et euro-atlantique renforcée

Conformément aux plans de sécurité, les Européens d’EULEX Kosovo et les Otaniens de la KFOR ont commencé à se renforcer sur place — au Nord Kosovo uniquement.

La police de EULEX déployée depuis une semaine

Des équipes de l’Unité de police constituée (FPU) d’EULEX (la mission de l’Union européenne pour l’État de droit au Kosovo) sont déjà « déployées depuis le 20 septembre » aux points de passage communs (CCP) de Bërnjak/Tabalije et de Rudnica/Jainjë, actuellement bloqués, explique Ioanna Lachana, porte-parole de la mission. Leur rôle est « la reconnaissance afin de surveiller la situation sécuritaire sur le terrain ».

Gardiens de la sécurité du Kosovo

L’unité de police d’EULEX a ainsi répondu à la demande officielle de la Police du Kosovo. Elle intervient dans son rôle de deuxième intervenant en matière de sécurité au Kosovo (second security responder). C’est-à-dire pour soutenir la Police du Kosovo en cas de besoin. Elle est en passe d’être soutenue par la troisième ligne de renfort (third security responder), les forces de l’OTAN.

Le nombre de patrouilles de la KFOR augmentée

La KFOR a ainsi été déployée depuis lundi (27 septembre) dans le Nord Kosovo. Des soldats américains, canadiens et polonais précise Kosovo Online. Les forces de l’OTAN « ont augmenté les patrouilles le long des principaux axes de circulation affectés par les barrages routiers » et « [déployé leurs] unités aux points de passage frontaliers de Jarinje et Brnjak », où se massent également manifestants et barricades, nous confirme le commandant de la KFOR, le général (italien) Franco Federici (3). 

Objectif : faire baisser la pression

Ces mesures adoptées par l’OTAN ont trois objectifs, détaille notre interlocuteur : « favoriser une désescalade rapide des tensions et restaurer un environnement sûr et sécurisé, ainsi que la liberté de mouvement pour toutes les communautés du Kosovo ». Le tout a été « préalablement discuté par le commandant de la KFOR avec toutes les institutions du Kosovo et avec les maires des municipalités du Nord », nous précise le commandant de la force.

A noter que les attachés de défense américain et canadien ont également fait le déplacement visitant les deux points frontières de Jarinje et Brnjacka « pour mieux comprendre la situation ». « Heureux de constater que la KFOR est sur place en tant que facteur de stabilisation » indiquent-ils dans un tweet. Attachés de défense américains et canadiens (Crédit : Ambassade US à Belgrade)

Une présence exceptionnelle

Ce n’est pas dans les habitudes de la Police du Kosovo de demander des renforts internationaux. La dernière fois que les Kosovars ont demandé à EULEX d’intervenir remonte au 28 mai 2019. C’était aussi dans le nord du Kosovo. EULEX avait alors « augmenté la fréquence des patrouilles des unités de police constituées pendant plus d’une semaine, à la suite de l’opération anti-contrebande menée par la police du Kosovo le même jour », rappelle à B2 Ioanna Lachana.

(Aurélie Pugnet)

  1. La Serbie reconnait de facto l’indépendance, mais pas de jure.
  2. Des négociations entamées depuis plusieurs années entre Serbie et Kosovo sous l’égide de l’Union européenne, avec l’objectif de « normaliser » leurs relations.
  3. La KFOR agit « conformément à son mandat, qui découle de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies de 1999 » nous rappelle le général.

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Maxime Blasco

Bruxelles2 Blog - Mon, 27/09/2021 - 19:15

(B2) Le caporal-chef Maxime Blasco, du 7e bataillon de chasseurs alpins (BCA), est tombé au Mali vendredi (24 septembre).

Il participait avec son commando, à « une opération de reconnaissance et de harcèlement », conduite par la Force Barkhane dans le Gourma malien, dans la région de Gossi, à proximité de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, précise l’état major des Armées.

Plus tôt dans la journée, « des éléments d’un groupe armé terroriste [avaient] été détectés par un drone Reaper dans la forêt de N’Daki ». Une patrouille de deux hélicoptères d’attaque avait été engagée « pour les neutraliser ».

(AF)

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Un commando montagne tué au Mali

Blog Secret Défense - Sun, 26/09/2021 - 16:34

Le caporal-chef Blasco, du 7eBCA, était un combattant très expérimenté.

Relève française au commandement de l’ACT à Norfolk

Bruxelles2 Blog - Fri, 24/09/2021 - 20:55

(B2 à Norfolk, Virginia) La relève est assurée au commandement ‘Transformation’ de l’OTAN (ACT), l’un des principaux commandements militaires de l’Alliance

La cérémonie de remise du commandement commence (© NGV / B2)

Le général (français) Philippe Lavigne a pris le relais de son compatriote le général André Lanata, à la tête de ce qui est un des principaux commandements de l’Alliance atlantique. L’ACT est chargé de la Transformation de l’Alliance, c’est-à-dire de veiller au grain sur les évolutions futures et de préparer l’OTAN aux conflits et crises de demain… ou d’après-demain.

Les représentants militaires tous là, ou presque, à la cérémonie de passation du commandement. (© NGV / B2)

Dans la grande salle du musée naval de la ville est rassemblé tout l’aréopage de l’OTAN, la plupart des représentants militaires au sein de l’Alliance ont fait le déplacement aux USA pour assister à la cérémonie. Mais une bonne cérémonie militaire ne se conçoit pas sans un orchestre…

Une petite formation cuivre fait résonner tour à tour les hymnes de l’OTAN, de la France et des USA (© NGV / B2)

À ceux qui pourraient douter de la présence de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, il n’y a ici aucun doute. « La France est un allié de l’OTAN fort et très apprécié, avec des capacités de pointe et des forces hautement professionnelles », lance d’ailleurs le secrétaire général dans son discours.

Drapeaux français et américain côte à côte lors de la cérémonie (© NGV / B2)

« Depuis plus d’une décennie, la France a nommé ses meilleurs officiers pour prendre ce commandement », poursuit Jens Stoltenberg. Un compliment assez naturel dans ce type de cérémonie, mais qui prend un relief particulier en pleine retombée de l’affaire Aukus.

Le secrétaire général Jens Stoltenberg monte sur la tribune pour assurer la passation des drapeaux. (Crédit photo : OTAN)

(Nicolas Gros-Verheyde)

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L’accord sur les sous-marins entre Australie et USA provoque les Européens

Bruxelles2 Blog - Tue, 21/09/2021 - 14:30

(B2) Au-delà de la colère légitime française, cet accord a une certaine résonance pour les Européens. La relation avec Washington, Londres et Canberra pourrait pâlir. Mais réagir ne sera pas simple. Sauf à faire un saut politique notable

Un acte plutôt inédit

Un cas d’école

Contrairement à ce que déclarent certains commentateurs, la décision australienne n’est pas juste un cas de plus de la compétition qui règne sur les marchés de défense. Un secteur où la concurrence est féroce, y compris entre alliés. La victoire américaine des F-35 en Suisse (ou en Belgique auparavant) ou celle du Rafale français en Croatie en témoignent. Où tous les coups sont permis normalement. Mais, ici, on est dans un vrai cas d’école : un contrat signé, dans le cadre d’un partenariat stratégique, rompu sans aucun préalable, de façon au minimum non élégante. NB : un montant de 900 millions d’euros a déjà été engagé par les Australiens avec Naval Group dans des études préliminaires.

Une certaine duplicité australienne

Le mot de « trahison » posé par les Français n’est pas juste un coup de colère. Le jour même de l’annonce de l’accord avec les Américains et Britanniques, « les Australiens ont ainsi notifié à Paris la ‘system functionnal review’ (revue fonctionnelle du programme) » souligne ainsi un responsable du ministère des Armées à quelques journalistes dont B2. Une note importante. Elle atteste que les préliminaires techniques ont été franchis et qu’on peut « passer aux étapes suivantes». Ce n’est que « quelques heures avant l’annonce de l’accord AUKUS », que le ministre australien de la défense Peter Dutton prend son téléphone pour appeler son homologue française Florence Parly et lui annoncer la nouvelle.

La trahison des Alliés

Cette trahison n’est pas juste australienne. Elle s’applique également aux Américains et Britanniques. Des Alliés très proches qui se concertent, quotidiennement, au sein de l’OTAN pour faire face aux menaces, diverses, et définir notamment une politique vis-à-vis de la Chine. La pilule passe difficilement à Paris Et cela pourrait laisser des traces.

Quelques leçons sur l’accord australien

Le bloc des Fives Eyes est solide

Cet accord a certes une certaine logique. L’Australie s’arrime clairement au monde anglo-saxon, américain et britannique, notamment par les accords de renseignements. L’accord avec la France constituait en quelque sorte une incartade face à cet axe géopolitique aux racines historiques. On assiste ainsi au renforcement du bloc des Cinq (USA, Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) auquel devra réagir l’Europe si elle entend exister réellement.

Un projet pilote d’une alliance plus importante ?

Cela ira-t-il plus loin que les sous-marins ? Sans doute. D’ores-et-déjà, d’autres pistes sont déjà évoquées par les participants, notamment en matière de recherche ou d’intelligence artificielle. Faut-il y voir la préfiguration d’une sorte Alliance militaire du Pacifique, pendant de l’OTAN pour la zone euro-atlantique. On peut le penser… Surtout si les Alliés de l’OTAN restent réticents à s’engager les yeux fermés derrière le drapeau américain dans son ‘combat’ politique, économique et stratégique contre la Chine.

De America First à America Back une constante

La politique de l’administration Biden ne diffère pas sensiblement de celle menée par l’administration Trump. Cela n’étonnera nullement les plus avertis (notamment ceux de B2, lire : America is back, dit l’administration Biden. Quelle politique avec l’Europe ?). Les imprécations en moins, l’efficacité en plus ! L’Amérique entend rester leader dans le monde, et les Alliés suivent. La mise en place du retrait d’Afghanistan l’avait montré, le partenariat AUKUS le confirme. NB : Même quand Donald Trump a rompu l’accord signé par tous avec l’Iran, cette procédure n’est allée à son terme qu’au bout de longs mois. Et non sans avertissement.

L’attitude non amicale britannique

La volonté du Royaume-Uni de tisser un réseau d’alliances se révèle ne pas être un simple slogan de campagne du Brexit. Avec cet accord AUKUS, Boris Johnson signe un de ses premiers succès. Et ce ne pourrait pas être le seul. Londres entend bien pallier à sa sortie de l’Union européenne, en renforçant ses liens avec ses alliés traditionnels, nord-américain comme du Commonwealth.

La France en solo

Dans cette affaire, la France est apparue tout d’abord un peu seule. C’est logique. Le contrat signé par Paris avec Canberra n’est pas un acte européen ni même n’a été concerté au niveau européen. C’est la France, seule, qui a négocié un accord avec les Australiens. En se gardant bien d’y associer les autres Européens. La compétition était même de règle avant la signature de ce contrat — voire même après — avec les Allemands en particulier de TKMS. NB : un point que l’Hotel de Brienne (siège des armées françaises) préfère passer sous silence.

Quelle réaction pour les Européens ?

Un point d’interrogation sur les relations avec l’Australie

Au-delà d’un possible ralentissement des négociations engagés par les Européens avec Canberra sur un accord de libre échange (lire : L’affaire AUKUS prend une tournure européenne. Toutes les options sont sur la table), on peut se demander si certains projets UE-USA ne vont pas subir, eux aussi, un certain ralentissement.

La relations transatlantique : un peu compliquée

Les demandes américaines de s’impliquer davantage dans les outils européens de défense — comme la coopération structurée permanente et le fonds européen de défense — pourraient être examinées… très, très lentement. La demande de signer un arrangement administratif avec l’agence européenne de défense (EDA) pourrait ainsi se heurter à un ‘Non’ de la France (déjà réticente à un tel accord). La négociation de l’arrangement administratif sur l’association américaine au projet PESCO de la mobilité militaire pourrait lui aussi connaitre quelques retards. Idem pour l’arrangement sur l’accès américain au signal sécurisé public (PRS) de Galileo.

La préférence européenne : à développer

Le modèle de développement des armements en se reposant sur les exportations trouve là une limite. Si les Européens veulent conserver une industrie de la défense européenne dynamique, ils devront d’abord acheter les armements produits sur le continent. La préférence européenne doit être aussi forte et présente que la préférence américaine. La seule exonération de la TVA proposée par Ursula von der Leyen dans son discours sur l’État de l’Union ne suffira pas. (Lire : Défense. L’Europe doit pouvoir agir seule ! Les six propositions (audacieuses) de von der Leyen).

Des négociations groupées : à envisager

L’Europe pourrait aussi penser à faire davantage bloc dans la négociation des contrats extérieurs. Si le contrat australien avait associé des Allemands, la réaction Outre-Rhin serait un peu plus ‘dynamique’. C’est très compliqué. Il ne faut pas se le cacher. Mais tant que les Européens ne feront pas bloc pour faire des offres communes à certains pays, ils seront exposés à ces revers de bâtons, de la part de concurrents… ou d’alliés.

L’attitude vis-à-vis de la Chine : à définir

La discussion entre alliés sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la Chine — menée essentiellement au sein de l’Alliance atlantique, pour la définition d’un futur concept stratégique — pourrait être impactée. Soit les Alliés se rangent au désir des Américains (ce qui est en soi le message politique de cet accord). Soit ils maintiennent une voie semi-autonome, comme définie jusqu’ici.

La défense européenne

L’idée de développer l’Europe de la défense sort renforcée, exprime-t-on. Mais saura-t-elle convaincre au-delà de ceux déjà intiment convaincus ? Sortira-t-on du « Nous voulons » pour passer à « Nous faisons » ? Le défi est réel. Et le saut géopolitique important. Il faudra plus qu’un évènement de ce type pour franchir le gué.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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La Suède va prendre le commandement de la task-force Takuba

Bruxelles2 Blog - Fri, 17/09/2021 - 18:34

(B2) À partir de novembre 2021, c’est la Suède qui va assurer le commandement de l’opération des unités spéciales mises en place au Mali à l’initiative de la France et avec les Européens.

(MOD France / EMA)

« Nous pouvons confirmer que nous avons accepté de fournir le poste de direction de la Force opérationnelle Takuba au Mali » indique un communiqué de la défense suédoise.

C’est « un exemple clair de la bonne coopération franco-suédoise dans l’opération en cours et de la confiance que notre personnel a bâtie pendant le temps que nous avons travaillé ensemble au Mali », souligne le général de brigade Anders Löfberg, chef du commandement des forces spéciales.

NB : les Suédois sont arrivés dans la task-force depuis février 2021 avec l’apport (précieux) d’une force d’intervention rapide et d’hélicoptères. Avec cette prise de fonction, les Français parachèvent ce qu’ils avaient commencé en européanisant Takuba.

(NGV – AF st.)

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Le chef d’EIGS tué par les forces françaises

Bruxelles2 Blog - Thu, 16/09/2021 - 08:22

(B2) Adnan Abou Walid al Sahraoui, chef du groupe terroriste État islamique au Grand Sahara [EIGS] a été neutralisé par les forces françaises, a annoncé le président français Emmanuel Macron, jeudi (16 septembre). « Il s’agit d’un nouveau succès majeur dans le combat que nous menons contre les groupes terroristes au Sahel » a-t-il ajouté.

Adnan Abou Walid al Sahraoui, chef du groupe terroriste État islamique au Grand Sahara a été neutralisé par les forces françaises. Il s’agit d’un nouveau succès majeur dans le combat que nous menons contre les groupes terroristes au Sahel.

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 15, 2021

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Sous-marins : le contrat du siècle avec l’Australie va être annulé

Blog Secret Défense - Wed, 15/09/2021 - 19:29

Annonce imminente. Américains et Britanniques fourniront sans doute des sous-marins nucléaires. Coup très dur, industriel et diplomatique, pour la France.

Évacuation de Kaboul. Premier bilan de Apagan. Un exercice de haute voltige

Bruxelles2 Blog - Wed, 15/09/2021 - 15:51

(B2) Le couple A400M-A330, la base militaire aux Émirats, la coopération avec les alliés ont été des éléments-clés dans l’évacuation de Kaboul. Un peu précipitée, faute de prévisions…

Un avion A330 évacué vers Paris les évacués de Kaboul (Crédit : DICOD / EMA)

La ministre des Armées est venue devant la commission défense de l’Assemblée nationale mardi (14 septembre) tirer le bilan d’Apagan.

Trois éléments clés de la réussite de l’opération d’évacuation

Le couple A400M – A330MRTT à la manœuvre

« Réalisée dans des conditions complexes, cette opération est une réussite », s’exclame tout de suite la ministre des Armées, Florence Parly, commentant l’opération d’évacuation de Kaboul. Un succès qui repose « sur les performances du couple A400M – A330MRTT et de leurs équipements ». Ces deux avions ont permis « d’agir plus vite et plus loin, avec des capacités de navigation et de transport permettant de tenir leur place dans un contexte sécuritaire dégradé et des conditions de vols difficile ».

La base 104 : un point d’appui essentiel

Autre condition de cette réussite : « le point d’appui aux Émirats arabes unis » qui a « confirmé toute sa pertinence ». Ce « positionnement stratégique » constitue « un gage de notre crédibilité opérationnelle ». La base aérienne 104 d’Al Dhafra (aux Émirats arabes unis) a permis d’établir un double pont aérien : « Le premier entre Kaboul et Abu Dhabi grâce aux A400M et C130 qui ont fait 26 ponts tactiques, le deuxième entre Abu Dhabi et Paris grâce à 16 vols stratégiques de A330MRTT ». (Lire : Première opération d’évacuation d’envergure pour les A400M de toutes nationalités)

Le choix de la boucle sécuritaire américaine

« La coordination aérienne et la coopération avec les US ont permis de mener à bien l’évacuation », souligne la ministre. L’accès à l’aéroport a été assuré grâce au soutien « crucial » des « alliés » britanniques, chargés « de la sécurisation de l’un des accès ». Dès les premiers jours, le choix a été fait de se placer dans la « boucle sécuritaire » des États-Unis, encore présents. La « solidarité européenne » a joué, permettant l’exfiltration des membres de la délégation de l’UE ainsi que l’évacuation de citoyens européens.

Un manque de prévision patent, entre Alliés

La vitesse de la conquête de Kaboul mal anticipée !

Quant à pouvoir prévoir la chute de Kaboul, la ministre le reconnait, humblement : « On ne peut pas dire qu’on savait ce qui allait se passer. » Ce qui était connu, « ce sont les échéances fixées par la négociation qui avait eu lieu entre les US et les Taliban à Doha. Nous connaissions cette date du 31 août comme la date du désengagement US. » La chose « que personne n’avait anticipée, c’est la vitesse avec laquelle les Taliban allaient reprendre le contrôle de la totalité du pays ». Au contraire !

Le temps a manqué aux Alliés

« Lorsque les Américains et tous ceux qui étaient présents en Afghanistan ont pris connaissance de ce calendrier, ils ont imaginé qu’il y aurait du temps pour conduire ces opérations d’évacuation. »

(Agnès Faure, st.)

Un exercice de haute voltige : le Retex des armées sur Apagnan 1. Les Raid Air Evac ont été « des exercices de haute voltige » mais le défi « a été bien relevé » souligne le colonel Pascal Ianni, le porte-parole d'état-major des armées. La vitesse de mise en place et de coordination a été « un élément clé ». 2. « La réactivité des armées ». « On s'est rendu compte que notre dispositif d'alerte fonctionne ». 3. L'opération a permis de tester la « robustesse des capacités notamment des A400M et C130 », de vérifier qu'il existe une « allonge suffisante pour chercher du monde ». 4. L'interopérabilité avec les Alliés. « On s'entraîne avec eux, on est déployés avec eux. Toute cette interopérabilité qu’on a créé et nourri au cours des années a montré toute sa pertinence dans les situations d'urgence ». 5. La « plus value opérationnelle du dispositif de forces prépositionnés » (les FFEAU) donne « un avantage en cas d'imprévu et d'urgence ». Éprouvé à de nombreuses reprises en Afrique, il est un élément « très particulier et significatif pour la France par rapport autres pays européens ». 6. « La connaissance intime de la région des FFEAU a permis que cette manœuvre complexe et inédite se fasse dans les meilleures conditions possibles ». NB : le porte-parole des armées s'exprimait lors d'un point de presse le 31 août auquel a participé B2.

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Défense. L’Europe a des capacités. Encore faut-il vouloir et être capable de les utiliser

Bruxelles2 Blog - Wed, 15/09/2021 - 15:15

(B2) Le sempiternel débat sur la défense européenne est à nouveau relancé. Mais il faut se poser les bonnes questions… et les résoudre

Pour intervenir efficacement, encore faut-il le savoir, le vouloir, et le décider (MOD Ukraine)

L’Europe a des capacités, mais ne les utilise pas

Aujourd’hui, l’Europe ne manque pas de capacités au niveau militaire. Elle en regorge, même. Sur le papier, les 27 États membres alignent pas moins de 1,4 million de soldats, disposent de centaines d’avions de chasse et de navires, de milliers de chars et véhicules blindés, et ont des bases prépositionnées ou un équivalent dans plusieurs points du monde (Asie, Pacifique, Moyen-Orient, Amérique latine). Pourtant l’Europe n’arrive que péniblement à réagir aux crises, à aligner quelques milliers d’hommes pour aller assurer la sécurité dans son voisinage, ou tout simplement venir en aide à des citoyens européens en danger.

Tirer les leçons du terrain

L’exemple de l’Afghanistan est patent. Malgré une présence aérienne en nombre et l’envoi de forces spéciales, les Européens ont été incapables de se coordonner et planifier un déploiement commun. C’est l’impulsion américaine qui a été décisive, pas l’européenne (lire : Premières leçons de la ‘crise de Kaboul’). L’impression finale était celle d’un joyeux bazar, qui a été au final un succès… mais aurait pu virer au désastre.

Ne pas s’enferrer dans une voie condamnée

L’échec des battlegroups — cette force de réaction rapide européenne — est patent. On n’est pas sur un problème conjoncturel, mais bien structurel. Ce dispositif où quelques pays sont ‘de garde’, pour intervenir dans le monde entier, sur toute sorte de crise, ne peut pas fonctionner. On a tenté à plusieurs reprises de les faire partir. À chaque fois, la réponse a été ‘Non’.

Des dispositifs science fiction

La raison est structurelle : Ce sont les 27 qui décident, à l’unanimité de l’engagement. Mais seuls quelques pays, ceux d’astreinte, supportent tout le coût humain, politique et financier de l’engagement. Il faut un formidable alignement des planètes pour avoir à la fois une volonté politique commune d’agir, dans un délai d’action rapide, sur un terrain où les pays d’astreinte sont prêts et formés à intervenir, et sans aucun obstacle (politique, financier ou technique) qui vienne s’interposer (lire : Revoir le concept des battlegroups : une nécessité).

Trois outils à mettre en place pour réagir

Trois éléments font aujourd’hui défaut à l’Europe de la défense :

1. une capacité d’anticipation, donc un partage du renseignement, efficace, qui parte du terrain et remonte au niveau politique, avec une analyse commune, permanente, qui provoque une décision politique. Cela suppose une révolution des mécanismes et des esprits.

2. une capacité de commandement politico-stratégique. Elle suppose non pas une révolution, mais une utilisation intelligente des dispositifs existants. Ce n’est pas vraiment un grand quartier général militaire qui manque à l’Europe, c’est un dispositif politique de décision dans l’urgence. Le dispositif européen est aujourd’hui conçu sur une mécanique de consensus politique, d’engagement financier et d’actions, qui se décompte en quelques semaines ou quelques mois (voire années). Trop long, là où il faut réagir en 24 ou 48 heures.

3. une capacité d’intervention, taillée sur mesure, à la hauteur des objectifs que peuvent atteindre les Européens. Inutile de prévoir une force d’entrée en premier, de 5000 hommes, si l’on n’est pas capable de réagir rapidement dans un théâtre extérieur et dangereux (où des vies seront sans doute perdues). Autant prévoir une capacité réaliste, modulaire, capable d’intervenir.

  • Par exemple pour aller à la rescousse de milliers d’Européens coincés dans le monde du fait d’une crise sanitaire, naturelle, technologique ou d’un conflit. C’est tout à fait possible : 200 à 500 forces spéciales, quelques dizaines d’avions, un centre de coordination aérien… Tout cela existe. Il suffit de les mettre ensemble dans un dispositif.
  • Idem pour les terrains d’intervention : un groupe ‘désert’, un groupe ‘urbain’, un groupe ‘hiver’, un groupe ‘médical’ peuvent être constitués assez facilement et seraient davantage déployables qu’un groupe multirisques.
  • Et il y a des conflits, où les Européens ne pourront pas / ne voudront pas intervenir (type Syrie 2011, Ukraine 2014…). Il vaut mieux le prévoir d’emblée.

Une opportunité politique

L’Europe de la défense a aujourd’hui une porte ouverte formidable. L’Alliance atlantique terrassée par la défaite de l’Afghanistan va devoir remettre en question sa doctrine expéditionnaire de stabilisation. Il y a fort à parier qu’elle se recentrera, au moins dans l’immédiat, sur sa vocation première : la défense du territoire européen face aux menaces venues de l’Est (Russie mais aussi Chine), tant traditionnelles que d’un genre nouveau (cyber, etc.). Les USA de Joe Biden mettent en vigueur un tournant déjà amorcé par Obama et Trump : en finir avec les interventions militaires extérieures non justifiées par la stricte sécurité nationale, et faire face à la compétition politique, militaire et économique venue d’Asie (Chine et autres).

Les Européens voudront-ils la saisir ?

Dans son voisinage proche, et même légèrement au-delà, l’Europe est donc seule à bord et maîtresse de son destin. Voudra-t-elle assumer cette charge, et comment ? C’est tout l’enjeu de la réflexion entamée aujourd’hui par la présidente de la Commission européenne dans son discours sur l’Etat de l’union (lire : Défense. L’Europe doit pouvoir agir seule ! Les six propositions (audacieuses) de von der Leyen, et par les États membres dans la ‘boussole stratégique’ (sorte de futur livre blanc sur la défense européenne). Travail qui pourrait déboucher (si tout va bien) sous présidence française dans un sommet spécial Défense, à Toulouse. Pour réussir cet exercice devra cependant en terminer avec le bla-bla, les bonnes intentions sans lendemain, les outils mort-nés, regarder la réalité en face et se retrousser les manches.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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L’armée slovène passe à l’électrique pour entraîner ses pilotes

Bruxelles2 Blog - Wed, 15/09/2021 - 10:01

(B2) Septembre sonne l’heure de la rentrée. À l’école des aviateurs de l’armée slovène, les élèves ne sont pas les seuls à être attendus avec impatience… quelques nouveaux équipements un peu particulier sont également sur le chemin

Un Virus 121SW prend son envol (Forces armées slovène)

Nous sommes reçus par des aviateurs. Habillés de combinaisons vert kaki, la ressemblance avec des acteurs de Top Gun est frappante. Ce n’est pas sans raison : nous sommes à la 15th Wing — base de l’aviation militaire slovène et son école — basée à Cerklje ob Krki, à quelques kilomètres à peine de la frontière avec la Croatie. 

La base aérienne militaire slovène

C’est ici que sont formés des pilotes, depuis les années 1990. Mais depuis le 1er septembre, de nouveaux arrivants ont fait leur apparition dans la 15th Wing. Et ils sont particulièrement surprenants. Il y aura des avions électriques — ils seront testés avant d’être inclus dans les formations — et un simulateur de vol — utilisé pour les formations des cadets. L’excitation des formateurs, comme des élèves est particulièrement palpable. L’accord signé avec l’entreprise slovène Pipistrel il y a plusieurs mois est entré en vigueur juste à temps pour la rentrée des classes.

L’avion électrique

La star du show, c’est Velis Electro, un avion qui fonctionne uniquement à l’électrique. Il est proche du « zéro émission » et est peu bruyant, se félicitent les Slovènes. Une aubaine, alors que l’école d’aviation se situe tout près d’un village. Surtout, il est « certifié » par l’Agence de la sécurité aérienne de l’Union européenne — c’est-à-dire autorisé à voler : une première.

Velis Electro arrivera le 22 septembre prochain sur le terrain de Cerklje ob Krki. Dès ce moment là, dans toutes les formations, Velis Electro jouera un rôle modeste mais significatif, notamment pour montrer le niveau de technologie et le respect de l’environnement. Il sera utilisé dans différentes étapes de la formation des pilotes. Pas fait pour faire de la voltige, il servira plutôt pour les courts trajets dans les airs et apprendre à décoller/atterrir.

Rechargement express

En effet, le souci de l’avion électrique, c’est bien son autonomie. Elle n’est pas aussi longue qu’un avion ordinaire. Les Velis Electro (à l’électrique), disposent d’à peine une heure. Pour comparaison, les Virus 121SW (au carburant) de Pipistrel ont une autonomie de vol de 5 heures 30. La recharge des Velis Electro peut aller « vite » — deux à trois heures grâce à des chargeurs spéciaux — ou moins vite — toute une nuit lorsque l’appareil est rechargé sur une prise de courant classique. Il faut donc un minimum d’organisation, et disposer de plusieurs batteries rechargées en stock.

Impressions positives

Les différents utilisateurs rencontrés par B2 ont fait état de leur impression très positive. Pour un pilote expérimenté, piloter un avion électrique est d’ailleurs plus aisé qu’un avion à propulsion classique, car il est notamment plus facile de contrôler sa puissance. Seul soucis qu’il partage avec nous : la petite réserve d’énergie présente dans un avion électrique, et sa moindre puissance comparée à un avion à carburant.

Autres petits nouveaux

Une semaine avant l’arrivée d’un Velis Electro, c’est un Virus 121SW qui prendra ses aises dans les quartiers de la 15th Wing, dès mercredi 15 septembre pour la période de test. Lui fonctionne au carburant. Son empreinte carbone est basse et son ratio performance/coûts semble avoir déjà gagné le cœur de ses clients. 

Deux pilotes ont commencé leur formation sur le type Virus 121 et sont désormais certifiés. L’un est instructeur pour la formation d’instructeurs et l’autre est candidat pour devenir instructeur. La formation a eu lieu à la mi-août avec un Virus 121 présent pour l’occasion.

Ensuite, il sera temps de tester la version UAV (drone) du Virus 121 avec des équipements de surveillance. Puis, arrivera le Panthera hybride à l’empreinte carbonne basse, destiné lui aux formations avancées (advanced trainer). Il s’agit d’une mise à niveau logique, après les Virus. Cela devrait être possible au milieu de l’année prochaine.

Un élève s’exerce sur le simulateur de vol (AP/B2)

L’électrique aussi dans le simulateur de vol

Les avions ne sont pas la seule innovation à faire leur apparition dans l’école. Dans une petite salle à l’air de rien, trône la nouveauté : une boîte, à l’apparence d’un cockpit d’avion. A côté, un écran, sur lequel on voit l’avion décoller, faire un looping, se balader, et atterrir. Le tout, du point de vue du pilote.

Comme dans un jeu

En fait, l’image à l’écran est la même que celle que le pilote voit dans son casque de réalité virtuelle (VR). C’est comme dans un jeu : l’élève s’installe dans le faux-vrai cockpit, met le casque sur les yeux… et sans quitter la terre ferme, apprend à maîtriser un avion. B2 a essayé pour vous… le résultat et les sensations sont plus que réels, au point d’oublier que l’on est bien sur la terre ferme. Le simulateur de vol est en appui des avions : il permet de tester avant de se lancer dans les airs.

L’outil simulateur enthousiasme

L’école a utilisé pour la première fois ce simulateur dans son processus de sélection des élèves, après la théorie et avant la phase de vol. Et le résultat est sans appel : « la phase de vol a débuté à un niveau visiblement plus élevé qu’avant l’utilisation du simulateur — le simulateur est donc très utile. Nous allons tester très soigneusement dans quelles phases nous pourrions inclure le simulateur dans la formation au vol. Nous prévoyons de commencer toute la formation au vol avec la phase du simulateur à l’avenir et nous espérons que les premiers candidats commenceront avant la fin de cette année », se félicite le lieutenant-colonel Tomaž Oblak, officier supérieur d’état-major.

Pendant que B2 s’exerce sur le simulateur, les aviateurs expérimentés nous guident : les images du casque de virtualité virtuelle sont retransmises sur une télé.

Un effet verdissement 

Pour la défense slovène, l’achat de ces technologies a une raison en particulier : le « vert ». Utiliser des batteries électriques plutôt que du pétrole, ou s’entraîner dans des simulateurs plutôt que d’utiliser des avions, est ce qui leur permet, selon eux, de réduire leur empreinte carbone et contribuer à la défense de l’environnement. C’est une des priorités du ministère de la Défense, notamment dans le cadre de la présidence slovène de l’Union européenne (lire : Notre interview avec Matej Tonin, ministre slovène de la Défense).

(Aurélie Pugnet)

La Slovénie arrive la première sur l'électrique. Avec l'arrivée des avions dès la semaine prochaine, la Slovénie « a bien l'ambition d'être la première armée de l'air à effectuer une partie de la formation au vol avec un groupe motopropulseur entièrement électrique », se réjoui le lieutenant-colonel Tomaž Oblak, officier supérieur d'état-major. Le Danemark s'est aussi équipé auprès de Pipistrel, et les appareils « doivent arriver à l'automne 2021 », « pour un test de concept, qui aidera à déterminer si la technologie peut être utilisée de manière opérationnelle dans l'armée de l'air », annonçait le ministère de la Défense danois en juin dernier. Côté français, le général Philippe Lavigne, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace en mai 2021, a volé à bord d’un avion biplace à moteur électrique, l’Alpha Electro.

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Accident de la route au Mali. Trois soldats espagnols d’EUTM blessés

Bruxelles2 Blog - Tue, 14/09/2021 - 19:35

(B2) Ce mardi (14 septembre), au matin, à 08:45, un véhicule de la mission de l’UE (EUTM Mali), a eu un accident de la circulation. Il est entré en collision avec un camion de 10 tonnes dans le cercle de Kati. Trois soldats espagnols ont été blessés.

« Tous les soldats blessés ont été transférés, par hélicoptère au Role 2 [l’hôpital de campagne] à Koulikoro », le centre de formation des Maliens et de l’UE. Ils sont actuellement « sous traitement » indique-t-on à la mission européenne.

EUTM Mali est la mission militaire de formation et de conseil auprès des FAMA, les forces armées maliennes.

(NGV)

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Dans l’antre de la Red Team avec François Schuiten, dessinateur

Bruxelles2 Blog - Tue, 14/09/2021 - 08:05

(B2 – exclusif) Quelles seront les menaces du futur, à l’horizon 2060 ? C’est la feuille de route donnée par l’armée française à une dizaine d’artistes. La Red Team. De la science fiction à l’état pur, avec un objectif très réaliste. Le dessinateur belge François Schuiten raconte

Le dessinateur François Schuiten dans son atelier à Bruxelles (crédit : AF/B2)
  • Mise en place à l’initiative d’Emmanuel Chiva, directeur de l’agence de l’innovation de défense (AID), la Red Team réunit une dizaine d’auteurs, scénaristes et dessinateurs de science-fiction.
  • Deux équipes s’affrontent : la Red Team simule une force ennemie et évalue ainsi les capacités défensives de l’équipe testée, la Blue Team.
  • Après une saison test, la Red Team a dévoilé en juillet 2021 deux de ses scénarios qui clôturent sa saison 1. Au total, quatre saisons sont prévues.

Participer au projet : une ambition intellectuelle

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le projet ?

— C’est le défi intellectuel, d’interroger ce que sera le monde de demain, avec lucidité. Parce que nous avons eu accès à beaucoup d’informations, nous avons ainsi pu comprendre des sujets qui étaient jusque-là pour nous assez opaques. C’était donc une formidable chance. Je n’ai jamais été très intéressé par tout ce qui concerne la guerre et les armes. Mais je trouvais étonnant que l’armée ouvre ses portes et dialogue avec des auteurs de science-fiction, je n’avais pas envie de dire non à une proposition aussi audacieuse.

Certains membres de la Red Team ont préféré rester anonymes, par peur de représailles. Pourquoi pas vous ?

— J’assume pleinement mon choix. Je suis un pacifiste, mais le rôle que nous avons dans ce projet n’est pas en contradiction avec mes convictions. Notre mission n’est pas d’imaginer comment faire la guerre. Elle est d’imaginer comment se prémunir des dangers du futur, c’est tout à fait différent. Ce qui m’a intéressé, c’est que nous devons imaginer des mondes et des situations difficiles pour un pays comme la France. Nous sommes dans une hypothèse de réaction à une agression, à une situation difficile, pas en train d’imaginer des hypothèses offensives.

La mission de la Red Team

Anticiper les menaces du futur, l’armée n’est-elle pas capable de le faire elle-même ?

— Traditionnellement, l’armée est un peu en retard d’une guerre. Elle a des stratèges certes, mais nous sommes là pour amener autre chose, hors de la réalité. Nous restons en rapport avec le réel mais travaillons sur des hypothèses beaucoup plus futuristes. Donc, nous ne sommes pas en concurrence avec eux. La ministre des Armées nous avait dit ‘Faites-nous peur’… c’est pas mal comme suggestion, non ?

Comment l’armée vous a-t-elle accueilli ?

— Nous avons été très bien accueillis. Il a fallu faire un peu nos preuves, bien sûr. Il y a certainement eu des résistances au sein de l’armée, parce que ce n’était pas dans leur nature d’ouvrir un espace de réflexion comme celui-là. Au départ, il y avait honnêtement un petit peu de scepticisme, sur l’utilité de la démarche. Je crois que ce genre de critique est en train de disparaître, les militaires découvrent au fur et à mesure que cette réflexion peut être très stimulante, pour eux comme pour nous.

La fabrication d’un scénario

Comment le travail se passe-t-il au jour le jour ?

— Nous avons des réunions à des rythmes qui permettent de construire le scénario, sans planning fixe.

Et vous travaillez aussi sur le terrain ?

— Oui, les militaires nous emmènent aussi là où ils s’entraînent. Il nous est arrivé de nous retrouver à quatre heures du matin, dans la nuit, enfoncés dans la boue avec des chars qui passent à côté… C’est comme cela que nous réalisons les difficultés et les problématiques actuelles. Ils nous ont aussi emmené sur un terrain d’aviation où décollent les Rafale, pour voir comment ils réfléchissent et toutes les nouvelles technologies qu’ils développent (NB : sortie organisée en février 2021). Nous irons bientôt dans un sous-marin et sur un porte-avion. Ces expériences nous permettent de développer des scénarios nourris par l’expérience du terrain. Quand vous voyez des chars en pleine nuit avec des tirs, vous êtes enfoncés dans la terre avec des bouchons dans les oreilles tellement il y a du bruit, cela vous fait quelque chose ! La façon dont vous le retranscrivez sur le papier est très différente. Moi, je suis un dessinateur en chambre. Si je ne me confronte pas au réel, le dessin ne le reflète pas.

Après cela, comment élaborez-vous un scénario ?

— Nous rencontrons d’abord la Purple Team (les experts de la société civile). Nous avons des rendez-vous virtuels sur des ordinateurs sécurisés et écoutons des experts et leurs analyses, c’est passionnant ! Ils sont issus soit de l’armée, soit de Paris Sciences Lettres. Nous voyons très vite si nos hypothèses fonctionnent ou pas. Nous avons besoin d’être critiqués par des experts, avant de nous confronter à la Blue Team (l’armée). Ensuite, nous soumettons différents projets de scénarios et l’armée nous dit lesquels les intéressent le plus. Les militaires peuvent nous demander de développer un aspect particulier dans chacun des scénarios. En fait, ils jouent le rôle de la Blue Team qui a pour vocation de nous corriger, de nous dire si ça ne marchera jamais, ou si ce n’est pas pour eux une hypothèse solide…

Où allez-vous chercher l’inspiration ? D’événements réels ?

— Il y a une inspiration du réel, d’un réel qui s’affole. J’ai souvent le sentiment que le réel dépasse la fiction. La pandémie par certains côtés nous montre bien ça. Nous avons déjà connu des épidémies… mais que cela déstabilise le monde entier à ce point, personne n’y aurait cru. La réalité dépasse toujours la fiction, donc il faut déjà être suffisamment solide pour arriver à surprendre le réel. Nous devons aussi être — et c’est ça qui m’intéresse beaucoup — très utopistes pour faire un autre monde. Pour imaginer 2040 ou 2060, il faut être solidement armé pour avoir une hypothèse qui tient la route. Mais nous sommes là pour développer des scénarios qui interrogent et qui surtout déstabilisent l’armée. Quand ils nous disent ‘ah ça on n’y avait pas vraiment pensé’, alors là nous sommes vraiment ravis.

Sur combien de scénarios travaillez-vous en même temps ?

— Il y a deux gros scénarios par an qui sont rendus publics (cf encadré), mais le nombre évolue. Nous aimerions aller un peu plus loin, plus dans le détail dans le rendu et dans la restitution des scénarios pour être plus surprenants.

Et après…

Qu’advient-il des scénarios une fois livrés à l’armée ?

— Ils ont plus ou moins sous-entendu que certaines de nos hypothèses vont leur permettre de développer un certain type de champs d’investigation. (NB : invité sur France Culture en juillet 2021, le directeur du projet Emmanuel Chiva a expliqué que le projet Myriade 22 « est un premier résultat concret » de cette collaboration.)

Vos scénarios vous inspirent t-ils dans vos autres travaux ?

— Je crois, ils nourrissent ma réflexion. Parfois même cela m’effraie ! J’espère qu’ils ne se réaliseront pas, mais il y aura certainement des aspects qui deviendront réels.

Que retenez-vous de cette expérience ?

— L’expérience que j’en tire c’est un enrichissement personnel. Beaucoup de sujets sont extrêmement compliqués à mettre en images. Par exemple la façon de dessiner des bulles virtuelles (NB : référence à l’un des deux scénarios dévoilés en juillet 2021), ou ce qui protégerait un porte-avion et qui serait brusquement brisé ? (NB : référence au deuxième scénario). Nous savons que ces porte-avions sont extrêmement fragiles donc ils ont besoin d’avoir tout un système extrêmement sophistiqué de protection. Comment donner une forme graphique à ça ? J’adore ce challenge de donner une image à ce qui n’en a pas.

(Propos recueillis par Agnès Faure, st.)

Les scénarios sont rendus sous la forme d'un livre avec une série de recommandations, de descriptions des armes du futur notamment. Il ne s'agit pas de scénarios de films au sens traditionnel. « L'intérêt est de creuser visuellement, narrativement, toutes les conséquences de ce monde virtuel. Pour nous, il s'agit de montrer un certain nombre d'éléments qui nous permettent de construire ce que peut être une situation extrêmement difficile et qui intéresse l'armée française ». Les vidéos mises en ligne sont « des fragments » destinés au grand public « qui permettent d'appréhender les climats ». Voir notamment les scénarios rendus publics à l'occasion de la saison 0 sur le site de la Red Team.

Entretien réalisé en face-à-face, à Bruxelles, le 1er septembre.

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