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Défense - Diplomatie - Sécurité - Crises - Pouvoirs
Updated: 5 hours 54 min ago

La frégate Leopold Ier reprend (déjà!) la mer. Destination mer baltique pour un exercice

Wed, 20/05/2020 - 11:05

(B2) La frégate belge Léopold I a quitté sa base navale de Zeebruges ce lundi (18 mai) pour un exercice d’un mois en mer Baltique. Départ pas tout à fait anodin

Départ du Leopold Ier vers la Baltique (crédit : MOD Belgique)

Un exercice avec les Néerlandais

Cet exercice, dénommé Baltic Breeze 20, est organisé par une escadre de navires néerlandais. Il comprend deux navires de commandement et de débarquement, deux frégates, un patrouilleur ainsi qu’un sous-marin.

Trois objectifs sont annoncés : 1° développer l’interaction entre la frégate et l’hélicoptère NFH 90 (dans le cadre de la qualification d’un pilote) et de son équipe de soutien ; 2° réaliser des tirs de précision au moyen de son canon OTO Melara de 76mm ainsi que de son Goalkeeper ; 3° s’entraîner « de manière réaliste » à la chasse au sous-marin, ainsi que test de procédures de lancement d’une torpille d’exercice. Comme d’ordinaire, l’équipage va aussi s’entraîner à tous les exercices rituels (abandon du navire, homme à la mer, lutte contre les avaries et les incendies, …).

Confinement avant départ et test anti-Covid-19

Avant de pouvoir partir en exercice, l’équipage de la frégate a subi un programme de détection et de quarantaine, désormais quasi systématique pour les départs en mission ou opération. Premièrement, le personnel de la frégate a dû répondre à un questionnaire téléphonique 14 jours avant le début de la campagne. Dès ce moment, tout marin devait rester confiné à domicile en attendant son départ pour Zeebruges. Deuxièmement, cinq jours avant le départ, chacun a subi un test de dépistage au Covid-19, ainsi qu’une prise de sang. Troisièmement, le jour du départ, nouveau contrôle médical, cette fois à à l’infirmerie de la base navale par le personnel du 14 Bataillon Médical. Enfin, à bord du navire, les règles générales et mesures de distanciation sociale restent de rigueur : port du masque, entraînement par petits groupes, repas décalés, etc.

Commentaire : une tactique efficace ?

On se souvient que la frégate belge avait interrompu son escorte du porte-avions français Charles-de-Gaulle, car un cas de coronavirus avait été détecté à bord. La première réaction aurait pu être de ricaner à ce qui apparaissait comme une « défection ». Force est aujourd’hui de constater que la tactique belge, pour être modeste, a donc été la bonne, comme nous le pressentions (lire : Covid-19. La Belgique a-t-elle fait le bon choix en interrompant la mission Foch à temps).

En moins de deux mois, quasiment jour pour jour, la marine belge a récupéré sa pleine capacité opérationnelle. Ce n’est pas le cas des Français qui se sont obstinés, malgré tout, à rester en exercice avec le Charles de Gaulle (lire : Retour au port pour le porte-avions Charles-de-Gaulle, contaminé par la pandémie). Et ils semblent peu prêts de récupérer. Pas avant l’automne, nous dit-on.

De façon très étrange, le résumé de l’enquête de commandement rédigé par l’état-major des Armées — tel que publié par la communication officielle de la ministre des Armées (1) —, ne mentionne à aucun moment l’annonce par les Belges d’un cas de coronavirus. Bizarre. Très bizarre même. Serait-ce qu’elle mettrait en cause non pas le seul service médical ou le pacha du navire — dont l’enquête révèle des ‘dysfonctionnements’, mais l’échelon supérieur, plus politique ?

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Télécharger le résumé du rapport et l’enquête épidémiologique. Ce dernier rapport est beaucoup plus intéressant, tant sur le déroulement de l’épidémie qu’en général. Les infographies, la remise dans le contexte général notamment sont à regarder avec attention.

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A400M. Les parachutistes peuvent filer en douce via la porte latérale. Un atout en opération

Tue, 19/05/2020 - 11:30
(B2) Le ministère français des Armées n’est pas peu fier de l’annoncer. L’avion européen de transport A400M est désormais apte à larguer des parachutistes des trois armées par une porte latérale (crédit : DICOD / Armée de l’Air)

Un largage par la porte latérale

Dans ce type d’action, une sangle reliée à la soute de l’avion permet de déployer automatiquement le parachute sous l’effet de la gravité, une fois que le parachutiste a quitté l’avion. Tous les tests et exercices ont permis de valider cette nouvelle possibilité d’emploi. Le premier entrainement opérationnel de largage automatique de parachutistes a eu lieu mardi dernier (12 mai) à l’école des troupes aéroportées de Pau, avec un A400M de l’armée de l’Air et des parachutistes de l’armée de Terre.

La panoplie opérationnelle de l’A400M complétée

C’est « une étape importante » dans la montée en puissance des capacités tactiques de l’avion dénommé « Atlas » dans la terminologie française. Cela vient compléter la panoplie opérationnelle de l’A400M. L’appareil pouvait déjà larguer des parachutistes par la rampe arrière, comme du matériel. Une capacité validée en février. 25 tonnes, réparties sur 10 palettes, avaient alors quitté l’avion, pour rejoindre la terre. En un seul passage et sans atterrir !

Un atout en opération

Ce type de largage de personnel est « un véritable atout en opération », surtout en « zone hostile » ou sur un terrain complexe explique-t-on à l’armée de l’Air. C’est un gage de rapidité également, un « volet essentiel à la projection de puissance ». L’aérolargage permet en effet « de concentrer des forces et du matériel au plus près d’un objectif ».

Prochaines étapes

Cette capacité est limitée aujourd’hui à 30 parachutistes par une seule porte. Prochaines étapes : augmenter l’altitude de largage et le nombre de parachutistes. L’objectif est fixé : autoriser, dès l’année prochaine, le largage simultané par les deux portes latérales. Soit un peu plus tard que prévu par le constructeur Airbus (cf. encadré).

(NGV)

Des essais réussis pour 80 parachutistes

Le constructeur européen Airbus avait annoncé en octobre dernier avoir réalisé plusieurs essais en vol de certification. L’un pour le déploiement simultané par les deux portes latérales de 80 parachutistes (40+40) avec leur équipement complet, en un seul passage. L’autre pour le largage de 58 parachutistes par une seule porte latérale, soit la capacité maximale de l’A400M. Des essais menés en étroite coordination avec la direction générale (française) de l’armement (DGA) et les forces armées françaises et belges, sur la zone de saut de Ger (bois d’Azet), dans les Pyrénées. Un camp géré par le 1er régiment de hussards parachutistes (1er RHP). La fin de la phase d’essais de certification ouvrait la voie au déploiement simultané de 116 parachutistes et à la certification des opérations mixtes. La fin des activités de certification est prévue au premier semestre 2020, annonçait alors le constructeur. Le tout a pris un peu de retard aujourd’hui.

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La frégate grecque rejoindra l’opération Irini fin mai

Fri, 15/05/2020 - 09:05

(B2) La frégate grecque Hydra (F-452) a quitté la base navale de Salamis mardi (12 mai) pour rejoindre l’opération EUNAVFOR MED Irini de l’UE en mer Méditerranée, indique la marine grecque

La frégate Hydra F-452 (crédit : Marine grecque)

Mais elle ne sera concrètement opérationnelle que fin mai. Elle doit passer quelques jours sur la base navale de Crète, au centre d’entraînement (KENAP), notamment pour parfaire l’entraînement des équipes de marins à l’arraisonnement des navires.

À bord du Hydra, se trouvera une équipe d’abordage (type VPD), similaire à celle qu’aurait dû fournir Malte (lire : Nuage noir sur l’opération Irini. Malte brandit la menace d’un veto). Elle est destinée à aller contrôler les navires suspects de faire du trafic d’armes vers la Libye.

(NGV)

Lire aussi : L’opération EUNAVFOR Med Irini en quelques mots

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Premiers vols du pont humanitaire de l’UE. Destination Bangui

Tue, 12/05/2020 - 20:00

(B2) Ça y est, matériel et personnel humanitaire recommencent à arriver sur le terrain. Vendredi (8 mai), le premier avion du pont humanitaire de l’Union européenne s’est posé à Bangui, en Centrafrique. Deux autres vols sont prévus mardi 12 et mercredi 13 mai

Commissaire Janez Lenarcic à la Gestion des crises, à Lyon, avant le premier vol du pont humanitaire de l’UE vers Bangui, Centrafrique (crédit : Commission européenne)

Entre le trafic aérien international arrêté, et les frontières fermées, la pandémie a coupé les chaînes d’approvisionnement classiques utilisées par les ONG et les organisations internationales. Au détriment des populations déjà les plus vulnérables. Le pont aérien organisé et financé par l’Union européenne se veut la solution, pour fournir du matériel humanitaire là où il est nécessaire.

40 tonnes de frêt humanitaire

En tout, 40 tonnes de matériel humanitaire atteindront Bangui, la capitale de la République centrafricaine d’ici jeudi matin (14 mai). Parti de Lyon, en France, le premier vol avait à son bord 13 tonnes de matériel. Le reste sera partagé entre les deux prochains avions, mardi (12 mai) et mercredi (13 mai). 60 travailleurs humanitaires ont également pu atterrir en Centrafrique vendredi (8 mai).

Couplé à un effort de rapatriement

Dans un souci d’efficacité, l’Union européenne a profité du vol retour vendredi dernier pour rapatrier des Européens. 144 personnes sont ainsi revenues de Bangui.

Quarantaine pour le personnel et le matériel

Une fois arrivés à Bangui, les travailleurs humanitaires ont, eux, été mis en quarantaine. Le matériel est, lui, gardé dans un entrepôt réservé à cet effet. L’objectif : éviter les contaminations possibles au coronavirus au travers des livraisons.

Priorité à l’Afrique

Une trentaine de vols devraient avoir lieu au cours des six prochains mois, pour le monde entier. Ce chiffre est susceptible d’évoluer en fonction de l’évolution de la crise. La priorité sera « accordée aux pays africains dans lesquels la pandémie est susceptible d’aggraver les nombreuses crises humanitaires existantes », précise la Commission européenne.

(Aurélie Pugnet)

Télécharger le communiqué de presse

Lire aussi :

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Le demi-échec de la coopération structurée permanente se profile

Tue, 12/05/2020 - 10:33

(B2) Deux ans et demi après, la coopération structurée permanente (PESCO) peine à afficher des résultats. Et ceci n’est pas la faute de la crise du coronavirus

(crédit: DICOD / EMA)

Un rapport cinglant

Le rapport concocté au sein des services militaires de l’UE, qu’a pu lire et décortiquer B2, en amont de la réunion ministérielle de ce mardi (12 mai), est très technique et bourré de sigles et jargons divers. Ce bilan de mi-parcours n’en révèle pas moins un fait fondamental, parfois de façon cru. L’échec plane sur l’instrument de coopération le plus innovateur du Traité de Lisbonne déclenché, de façon cérémonieuse fin 2017.

Des engagements peu tenus, des projets qui peinent à avancer

D’une part, les États peinent à respecter les engagements qu’ils avaient pourtant pris solennellement. D’autre part, au niveau des 47 projets de la PESCO, c’est la débâcle : seul un tiers des projets de la PESCO pourrait aboutir. Les autres encore au stade biberon, voire morts-nés. Pour être plus poli, on parle d’« idéation » : la génération d’idée.

Prendre à bras les problèmes

Les ministres de la Défense des 27 devront prendre ces questions à bras le corps. Ils devront mettre de côté cette idée, très répandue, de n’opérer que quelques changements mineurs à un dispositif, si pénible à mettre au point. Le nombre de projets qui ne sont plus qu’au nombre de 46 (l’un d’entre eux a déjà déposé le bilan) devra être réduit de façon drastique. Une réelle volonté politique devra les impulser (cf. encadré). Pour permettre la tenue des engagements, il faudra établir des critères mesurables, réalistes, échelonnés dans le temps, et précis. Il sera nécessaire de prendre l’opinion et les parlements à témoin, en rendant les rapports de mise en œuvre publics, individualisé État par État. Comme en matière économique. C’est le seul moyen de vérifier que des progrès sont réalisés.

Le risque d’un endormissement de la Belle aux bois dormant

À défaut, le bel édifice risque de s’enterrer dans le cimetière des belles idées européennes jamais vraiment réalisées et qui lambinent d’une année sur l’autre, imprimant dans l’opinion publique une idée désastreuse : une grosse mécanique bureaucratique sans vraiment d’efficacité.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Un certain ménage s’impose

Les projets de la coopération structurée permanente ne sont peut-être pas l’aspect le plus important de ce processus, avant tout politique. Mais c’est la face immergée de l’iceberg. Ce qui est le plus concret aux yeux de tous (opinion publique, parlements, industriels et même institutions européennes). Or, on peut (on doit) vraiment se poser la question : est-ce que mener 47 projets PESCO (46 aujourd’hui) de front est réaliste, au gré des ambitions et des moyens européens ? Ne faut-il pas se concentrer sur une dizaine de projets ‘utiles’, ‘prioritaires’ et laisser tomber les autres, certainement très intéressants, mais qui peuvent très bien être menés en ‘bilatéral’ ou ‘multilatéral’ sans nécessairement recourir à l’échelon européen (1).

Pourquoi le commandement médical européen, le hub logistique (deux projets conduits par l’Allemagne), le dispositif militaire de développement en cas de catastrophe (projet conduit par l’Italie) ne sont-ils pas encore vraiment opérationnels ? De tels dispositifs auraient été extrêmement utiles durant la crise du coronavirus. De même que l’équipe de réaction cyber (projet lituanien).

Pourquoi y a-t-il deux ou trois projets similaires en matière de cyber ou de formation ? Est-ce que développer une école intercalée de renseignement (projet gréco-chypriote), de nouvelles frégates (projet italien), un appui-feu artillerie (projet slovaque) ou un nouveau véhicule blindé (projet italien) répondent vraiment à des lacunes européennes prioritaires et ne peuvent pas être menés sous d’autres cieux ?

  1. Le bonus de 10% promis au titre du fonds européen de défense pèse sûrement dans cet afflux de projets (peu utiles au plan européen) dans la coopération permanente structurelle.

Lire aussi notre dossier N°58. La lente mise en place de la Coopération structurée permanente (PESCO) (V3)

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Le cap des 150.000 morts dus au Covid-19 franchi en Europe

Mon, 11/05/2020 - 10:05

(B2) Le nombre de morts dus à l’épidémie de coronavirus ou Covid-19 depuis le début de la crise est proche de la barre des 150.000 (146.700) selon la dernière livraison de statistiques de l’agence européenne de surveillance des maladies de Stockholm (ECDC)

Rue Neuve, Bruxelles, le 11 mai à la réouverture des magasins (crédit : Commission européenne)

Surmortalité plus forte en Belgique

Dans le haut du tableau, la Belgique reste le pays où le taux de mortalité est le plus important 75,1 pour 100.000 habitants (rouge sombre dans notre tableau). NB : Les explications données pour justifier cette position (meilleures statistiques, zone urbanisée, nombreux échanges internationaux…) semblent sujettes à caution (pour être gentil…).

Quatre pays sont très touchés également : l’Espagne (56,7), l’Italie (50,3) et le Royaume-Uni (47,5) suivent, avec la France un peu plus loin (39,3). Ces quatre pays, tous très peuplés, fournissent plus des trois-quarts du total de décès.

Les Pays-Bas, des résultats contrastés

Des pays réputés plus libéraux dans leur politique de confinement (Suède, Pays-Bas et Irlande) affichent un taux de mortalité soutenu. Mais le ratio est divisé par deux par rapport aux pays du haut du tableau : autour de 30 pour 100.000 habitants. Le cas des Pays-Bas est intéressant : La Haye affiche un taux de mortalité divisé par deux, par rapport à son voisin belge, mais supérieur de trois à quatre fois par rapport à ses deux autres voisins immédiats (Allemagne et Danemark).

La Suède, un mauvais élève

Le cas de la Suède, souvent cité en exemple pour avoir bien géré l’épidémie, est en fait beaucoup plus problématique qu’il n’y parait. Ce pays est en fait plutôt un très mauvais élève, affichant un taux de mortalité de trois à sept fois supérieur à ses voisins immédiats (Norvège, Finlande, Danemark), qui sont placés dans une situation semblable de densité de population et d’exposition géographique.

Quatre pays en exception

Point intéressant : Des pays très proches de l’axe rouge de l’épidémie (Luxembourg, Portugal, Danemark, Allemagne) n’affichent pourtant qu’un taux aux alentours de 10%. Cette différence mériterait, à elle seule, une investigation plus importante que celle qui n’a été faite jusqu’ici.

La politique de test systématique en Allemagne, et de prise en charge anticipée semble être une des explications les plus plausibles. Le cas luxembourgeois est aussi très particulier. Avec des frontières très ouvertes, en particulier sur la zone Nord-Est de la France, qui a été un épicentre de la crise, il apparait largement moins impacté.

L’Est de l’Europe la moins touchée

Les pays situés les plus à l’Est de l’Europe, du nord au sud, de la Finlande à la Grèce, en passant par la Tchéquie ou la Roumanie, restent peu touchés par l’épidémie avec un taux de mortalité entre 1 et 5 pour 100.000. Soit un taux plus ou moins similaire à celui d’une grosse grippe saisonnière.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Télécharger les statistiques de l’ECDC et notre tableau des pays triés dans l’ordre du plus au moins important des décès

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L’opération EUNAVFOR Med Irini en quelques mots

Mon, 11/05/2020 - 08:29

(B2) Avec l’arrivée du Jean Bart, l’opération de l’Union européenne EUNAVFOR Med de contrôle des armes au large de la Libye — « Irini » de son petit nom — démarre réellement

Qui est présent en mer ?

Dans un premier temps, l’opération disposera de trois navires — fournis par la France (lire : La frégate anti-aérienne Jean Bart déployée dans l’opération Irini), la Grèce et l’Italie —, d’une équipe d’arraisonnement (VPD) — fourni par Malte (1) — et de trois avions de patrouille — fournis par l’Allemagne, le Luxembourg et la Pologne. Sept pays membres contribuent de manière concrète à l’opération.

Combien de pays sont présents à l’état-major ?

Outre ceux-là, plus d’une quinzaine d’autres (Autriche, Bulgarie, Chypre, Croatie, Estonie, Finlande, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovénie et Suède) fournissent des moyens à l’état-major d’opération (à terre) ou de force (en mer). Cela fait donc au total 23 États membres sur 26 (2) qui participent de près ou de loin à l’opération. Ce n’est pas négligeable et c’est même la marque d’un intérêt notable des pays membres de l’Union européenne. NB. On remarque un grand absent : l’Espagne.

Comment est assuré le commandement ?

La rotation du commandant de la force (sur mer) aura lieu tous les six mois, entre Grecs et Italiens, en même temps que la rotation du navire amiral. Une manière (intelligente) de résoudre le conflit entre Rome et Athènes sur le commandement de l’opération. Celle-ci restera dirigée par un Italien avec un adjoint français.

Comment assurer une surveillance plus générale ?

Afin de ne pas surveiller qu’une zone maritime étroite, celle des eaux internationales (au-delà des 12 miles marins des eaux territoriales libyennes ou égyptiennes), plusieurs moyens ont été réquisitionnés. Le Centre européen de satellites (SatCen) fournira ainsi un soutien en matière d’imagerie satellitaire. D’autres moyens « spéciaux, nécessaires à l’exécution des tâches de l’opération », c’est-à-dire sous-marins, drones aériens, avions de chasse… seront mis à disposition par les États membres de manière occasionnelle.

D’autres moyens viendront-ils ?

Oui. « D’autres moyens offerts par les États membres se joindront à l’opération dans les semaines et les mois à venir », indique l’amiral Fabio Agostini, qui commande l’opération de l’UE depuis le QG de Rome – Centocelle.

Que se passe-t-il avec l’épidémie de coronavirus ?

Une « attention particulière » a été apportée aux contre-mesures Covid-19, précise-t-on côté européen. Le commandant de l’opération a ainsi publié des ‘directives’ à l’intention des pays participants afin de réduire le risque de contagion au sein de l’état-major et à bord des navires et des avions. Un navire ou avion doit être déclaré ‘exempts de Covid-19’ par l’État du pavillon « avant de pouvoir être inclu dans l’opération ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Avec une réserve sérieuse mise par Malte à cette participation. Lire : Nuage noir sur l’opération Irini. Malte brandit la menace d’un veto
  2. Le Royaume-Uni (pour cause de Brexit) et le Danemark pour (opt-out constitutionnel) ne participent pas à l’opération.

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Un officier belge dans l’opération française Résilience

Sun, 10/05/2020 - 06:44

(B2) Le gouvernement belge a approuvé samedi (9 mai), à titre rétroactif, la participation à l’opération française ‘Résilience’, de lutte contre le Covid-19, du 25 mars au 31 juillet 2020. Une participation modeste : un officier belge est présent à bord du navire français porte-hélicoptères Mistral (L-9013) et, de ce fait, participe à l’assistance logistique et médicale dans l’Océan indien (ïle de La Réunion et Mayotte).

(NGV)

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La frégate anti-aérienne Jean Bart déployée dans l’opération Irini, au large de la Libye (v2)

Thu, 07/05/2020 - 11:10

(B2) Le navire français Jean Bart (D-615) a rejoint, selon nos informations, depuis lundi (4 mai) EUNAVFOR MED Irini, l’opération européenne chargée du contrôle de l’embargo sur les armes au large de la Libye. Ce qui marque le démarrage officiel de l’aspect naval de l’opération

Frégate Jean Bart © Marine nationale – Archives B2

Cette frégate anti-aérienne (de la classe Cassard) va ainsi patrouiller en « Méditerranée centrale ». Elle doit contribuer, « grâce à ses capacités de reconnaissance et de détection à prévenir les risques d’instabilité dans la région, en coopération avec les autres moyens engagés par les partenaires européens » précise-t-on à l’état-major des armées. Elle vient relayer la frégate légère furtive Aconit (F-713), de classe La Fayette, qui a prêté concours à l’opération européenne, temporairement, durant sa route en mer Méditerranée.

Par cette contribution, la France permet ainsi le démarrage concret de l’opération européenne, qui peinait depuis plus d’un mois à obtenir des moyens navals des États membres (Lire aussi sur toutes les participations d’États membres, notre article mis à jour : L’opération Irini bientôt opérationnelle (v4).

Des moyens bien utiles

L’état-major français des armées puis l’Union européenne ont confirmé peu après la mise à disposition de ces moyens. Les moyens tels que le navire français Jean Bart sont particulièrement précieux pour l’opération. Car « ils ont le potentiel de surveiller à la fois les lignes de communication maritimes et le flux du trafic aérien » explique au QG de l’opération Irini. « Ce double effort est essentiel pour la mise en œuvre du mandat de l’opération en pleine conformité avec la conférence de Berlin, en garantissant l’impartialité et la sensibilité aux conflits ».

Commentaire :  de la suite dans les idées

Sur ce plan là, Paris manifeste une suite des idées à la réalité plus sérieuse que ne l’ont fait les Allemands. Après avoir hébergé et parrainé un nouveau processus destiné à trouver une solution politique face à la Libye, dont l’opération Irini constitue un élément important, Berlin n’a pas encore trouvé le moyen de fournir un navire le prévoyant uniquement pour l’horizon de l’été (mois d’août). Et le reste du processus de ‘Berlin’ semble s’être décousu aussi vite que les tentatives précédentes menées dans les dernières années, que ce soit par l’Italie, la France ou les Européens. Sur la Libye, les Européens semblent manquer de réalisme, et n’arrivent pas à trouver les bons moyens, de pression et d’action, pour stabiliser et pacifier ce pays, pourtant si proche.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Un habitué des zones sensibles

Le Jean Bart avait été engagé entre juillet et novembre 2019 dans l’Océan indien, sous le contrôle d’Alindien, l’amiral commandant la flotte française. À son actif alors des patrouilles pour des saisies de drogues, des missions de présence et de patrouille dans une zone allant du Golfe arabo-persique jusqu’au nord de la mer d’Arabie et, surtout, la surveillance de l’activité maritime dans le très sensible détroit d’Ormuz, couloir vital pour l’acheminement du pétrole produit dans les pays arabes, objet de tensions accrues alors entre Iraniens et pays euro-atlantiques (USA, Royaume-Uni…). Au passage, il s’était entraîné avec plusieurs marines de la région (Qatar, Oman et Émirats Arabes Unis).

Mis à jour à 17h, avec un commentaire (plus politique) + le commentaire de l’opération EUNAVFOR Med.

Lire aussi (pour l’ensemble des moyens engagés) : L’opération EUNAVFOR Med Irini en quelques mots

 

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Le nucléaire non merci. Le débat sur l’arme nucléaire ressurgit en Allemagne

Tue, 05/05/2020 - 12:30

(B2) Deux poids lourds du parti social-démocrate (SPD) viennent, coup sur coup de se déclarer contre la présence d’armes nucléaires en Allemagne et leur emport par des avions allemands

La décision du gouvernemental fédéral d’opter pour le Boeing F-18 pour une raison principale, l’emport possible par des avions allemands de la bombe nucléaire américaine (lire : Eurofighter nouvelle génération et F-18 pour remplacer les Tornados allemands. Une nécessité nucléaire), a mis le feu aux poudres.

 

Pas de sécurité avec le nucléaire, au contraire

« Il est temps que l’Allemagne exclut la possibilité qu’ils [les armes nucléaires américaines] soient stationnés ici à l’avenir » a déclaré Rolf Mützenich dans la quotidien Tagesspiegel. « Les armes nucléaires sur le sol allemand ne renforcent pas notre sécurité, bien au contraire ».

Pas d’achat d’appareils prêts à emporter la bombe

Le coprésident du parti social-démocrate Norbert Walter-Borjans a enfoncé le clou dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, se disant contre « l’achat de chasseurs de remplacement pour transporter des bombes nucléaires. Ma position est claire : ils ne doivent pas être stationnés [en Allemagne], être mis à disposition et, bien sûr, utiliser des armes nucléaires. »

Effet Donald Trump

Pour les socio-démocrates, la présence de Donald Trump à la Maison blanche et la miniaturisation des bombes nucléaires font qu’il n’est plus exclu que ces armes puissent servir dans le futur de façon tactique.

Commentaire : effet électoral ou un sentiment plus profond ?

L’effet campagne…

On peut voir dans ces deux annonces simultanées, l’effet de la campagne électorale pour les élections de 2021. La présence des Verts devant le SPD, ou à égalité selon les sondages, soumet le vieux parti allemand à rude épreuve. S’il veut garder ses chances de faire partie d’un gouvernement de coalition après 2021, il doit durcir son discours. Mais il ne faut pas s’y tromper.

… ne doit pas faire oublier un sentiment profond

Il y a, encore plus que jamais, en Allemagne un sentiment pacifique aigü. Une bonne partie des sociaux-démocrates allemands sont depuis plusieurs années sur cette ligne, en adéquation avec ce qu’ils ressentent de leur électorat.

Pour ceux (comme B2) qui avaient suivi attentivement les débats sur le fonds européen de défense (1) au Parlement européen, en 2018 et 2019, ce sentiment est bien réel. Les plus farouches opposants à ce fonds, utilisant toutes sortes d’arguments — de l’argument d’efficacité économique à celui de l’éthique — venaient des bancs des socio-démocrates allemands (2).

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Et son prédécesseur, le programme de développement industriel de la défense (EDIDP ou PEDID).
  2. Et plus généralement germaniques et nordiques.

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Mort d’un militaire ukrainien de la Légion étrangère engagé en Mali

Sun, 03/05/2020 - 09:48

(B2) Le brigadier Dmytro Martynyouk, du 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC), est « décédé le 1er mai des suites de ses blessures » a annoncé l’état-major des armées samedi (2 mai).

Il avait été blessé grièvement le 23 avril, en fin d’après-midi, alors qu’il était engagé dans une opération « contre des groupes armés terroristes » dans le Liptako malien de l’opération Barkhane. Son camion-citerne militaire a été atteint par un engin explosif improvisé (IED), faisant deux blessés. Soignés par l’équipe médicale déployée sur place, les deux blessés sont évacués par un hélicoptère Caïman, escorté d’un hélicoptère Tigre, vers l’antenne chirurgicale de la base de Gao, puis rapatriés en métropole et pris en charge à l’hôpital militaire Percy de Clamart le 24 avril. L’état de son camarade est « stable, et son pronostic vital n’est pas engagé ».

Né en Ukraine

Né le 28 août 1991 à Volotchysk (ville de l’ouest de Ukraine), Dmytro Martynyouk s’était engagé le 17 septembre 2015, à l’âge de 24 ans, au sein de la Légion étrangère (1). Après sa formation initiale au 4e régiment étranger (4e RE), il est affecté au 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC) de Carpiagne (à Marseille) en mars 2016, où il fait carrière. Il occupe successivement les fonctions de pilote puis chargeur, sur véhicule blindé au 2e escadron. Il participe durant l’année 2016 aux missions de surveillance du territoire après les attentats terroristes, est élevé à la distinction de 1ère classe et reçoit l’agrafe Sentinelle.

Opérations extérieures à Djibouti et Mali

En 2017, il participe à sa première mission de courte durée à Djibouti en tant que chargeur sur véhicule AMX 10RC. Tireur blindé depuis 2019, il est déployé en tant que chef de bord de véhicule blindé léger (VBL) au Mali, dans le cadre de l’opération Barkhane.

C’est le 42e militaire de l’armée française à perdre la vie au Sahel depuis 2013.

(NGV)

Lire aussi : Combien de morts par IED au Mali ces dernières années

  1. Soit près d’un an après le début de la ‘guerre’ dans l’Est de l’Ukraine.

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Crash d’un hélicoptère canadien lors d’une manœuvre de l’OTAN avec 6 militaires à bord

Thu, 30/04/2020 - 20:13

(B2) Un hélicoptère militaire canadien s’est abîmé en mer Méditerranée entre l’Italie et la Grèce, au large de l’île grecque de Kefalonia, dans la nuit de mercredi à jeudi (30 avril).

Cet hélicoptère de type CH-148 Cyclone embarqué à bord du NCSM Fredericton participait à des manœuvres de l’OTAN dans le cadre de l’opération ‘réassurance’ commandée depuis le QG de Naples.

Six militaires se trouvaient à bord : quatre de l’armée de l’air canadienne et deux de la Navy a indiqué le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan confirmant le décès confirmé pour l’un d’eux et cinq disparus.

Plusieurs moyens italien, grec, turc et américain ont été engagés pour les recherches, indique le commandement maritime de l’OTAN (Marcom).

(NGV)

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L’opération Irini bientôt opérationnelle

Wed, 29/04/2020 - 14:49

(B2) L’opération Irini va enfin pouvoir démarrer ses activités

La dernière conférence de génération de forces de la nouvelle opération de l’UE en Méditerranée (EUNAVFOR Irini) qui s’est tenue hier (28 avril), aura été plus fructueuse que la première (1). « Malgré le contexte actuel difficile », la « grande majorité des États membres ont pu s’engager pour fournir des moyens personnels et matériels », a précisé le porte-parole du SEAE, Peter Stano.

Trois navires et trois moyens aériens pour commencer

L’opération démarrera ainsi avec trois navires et trois moyens aériens (avions et hélicoptères). Il sera complété ultérieurement par trois autres navires et trois autres avions/moyens aériens, qui viendront pour une durée plus temporaire.

Selon nos informations, la Grèce et l’Italie, côté maritime ; la Pologne, l’Allemagne et le Luxembourg côté aérien, devraient fournir les moyens nécessaires.

L’Allemagne a finalement promis non seulement un avion P3 Orion et son équipage, pour la phase initiale, mais aussi un navire qui arrivera seulement à partir du mois d’août. La France devrait fournir des moyens aériens et une frégate FREMM en alerte, qui renforcera l’opération de façon occasionnelle.

Plusieurs autres pays (Estonie, Hongrie, Lettonie, etc.) participeront à l’opération, mais uniquement avec du personnel déployé à l’état-major d’opération situé à Rome.

Des premiers survols de la zone ont eu lieu depuis dimanche (26 avril) selon le site italmilradar repérant un avion de type Fairchild Merlin IVC basé à Sigonella. Celui-ci  appartient (selon nos informations) à la compagnie luxembourgeoise CAE Aviation et avaient déjà été contractés par le gouvernement luxembourgeois pour le compte de l’opération EUNAVFOR Med (Sophia).

D’autres informations suivront

(NGV)

  1. Lire : L’opération EUNAVFOR Med Irini sans navires, pour l’instant. La génération de forces se poursuit

Lire notre dossier N°81. L’opération de contrôle d’embargo sur les armes au large de la Libye EUNAVFOR Med IRINI

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L’ironie de la bataille contre la désinformation

Wed, 29/04/2020 - 06:45

(B2) Depuis une semaine, le service diplomatique européen fait face à des critiques particulièrement intenses sur son dernier rapport, publié vendredi (24 avril) autour de la désinformation liée au Covid-19

(© NGV / B2)

Sous pression chinoise, Bruxelles aurait revu à la baisse sa dénonciation des activités chinoises, en adoucissant les termes utilisés. Le service diplomatique européen (SEAE), lui, défend l’indépendance et la qualité du travail de son service de lutte contre la désinformation

La Chine fait de la désinformation

Le rapport, rédigé par la division ‘communication stratégique’ service diplomatique européen, met bien en cause la Chine, parmi d’autres États (Syrie, Iran, Russie…) qu’il accuse de participer à la désinformation sur le Covid-19. Ceux qui suivent le sujet habituellement savent qu’il n’y a rien de nouveau ici. Le rapport, par exemple, pointe que la Chine « tente de diminuer les mentions de Wuhan comme origine du Covid-19, avec des restrictions nationales sur la publication des recherches qui y sont liées ». Il signale que des « réseaux contrôlés par l’État diffusent la théorie selon laquelle l’épidémie est liée à des représentants militaires américains ». L’existence « de preuves significatives d’opérations chinoises secrètes » sur les réseaux sociaux est mise en avant par le rapport, qui mentionne contournement de règles de publicité, campagnes d’influences, achat de publicités « vantant la gestion par la Chine de la crise », un partage massif de messages de l’ambassade de Chine en Italie, ou encore des attaques contre l’Union européenne. Le tout dirigé par le gouvernement chinois, ou ses supporters.

… et fait pression sur les institutions bruxelloises ?

Le scandale arrive d’abord de Politico, puis du New York Times, et du Financial Times. Ces médias affirment avoir eu accès à une version différente du document, dans laquelle le langage était beaucoup plus critique à l’égard de la Chine. Citant des sources internes, ils expliquent que les changements, ainsi que la publication du rapport, trois jours plus tard que prévu, s’expliquent par une pression chinoise.

Le démenti du service diplomatique

Une version activement démentie par Peter Stano, porte-parole du SEAE. D’abord, par une série de tweets, puis par un long exposé en salle de presse, et finalement dans une lettre envoyée à la rédaction en chef du New York Times, publiée sur le site du SEAE, lundi (27 avril) dans la soirée. « Permettez-moi d’être clair : l’Union européenne n’a pas cédé à de prétendues pressions politiques extérieures. Les allégations non fondées sont basées sur des fuites d’échanges internes, visant à tirer une conclusion qui est factuellement incorrecte. Cela fait le jeu de ceux qui cherchent à saper notre travail. »

Deux études, deux langages

Ce qu’il faut noter, c’est qu’il existe en fait deux rapports, insiste Peter Stano. Le premier, interne, est préparé avec l’IntCen (le centre d’analyse du renseignement de l’Union européenne), et n’a pas vocation a être rendu public. Ce n’est donc pas un « draft ». « L’Union européenne collecte, analyse et expose la désinformation sur le coronavirus. Dans notre travail, des éléments restent à usage interne, car nous sommes un service diplomatique », a rappelé Peter Stano dans sa lettre. Le second est rédigé pour être publié et diffusé au grand public.

Confusion ou désinformation

Comme le pointe un habitué des cercles bruxellois, cela faisait longtemps que Politico n’avait pas eu accès à des documents internes de la Commission européenne. Et il s’agirait par cette affaire de faire monter la pression. Il ne faut pas oublier non plus que les États-Unis ont choisi depuis plusieurs mois de mettre en accusation la Chine au travers de différentes instances, que ce soit à l’OMS ou à l’OTAN, faisant jouer de tous les ressorts pour tenter de contrer ce qui apparait comme son ‘vrai’ rival stratégique (et non plus tellement la Russie, son adversaire traditionnel). Alors, confusion ou désinformation ?

(Aurélie Pugnet, avec NGV)

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Lire aussi :

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Une centaine de femmes sans-abris hébergée dans un bâtiment européen à Bruxelles

Sun, 26/04/2020 - 12:12

(B2) Un centre temporaire de 100 lits pour permettre l’hébergement de femmes sans abri va ouvrir cette semaine dans un des bâtiments du Parlement européen à Bruxelles, indique le Samu social de la capitale belge. Le bâtiment Helmut Kohl, situé 8 square de Meeûs, va permettre d’offrir un accueil résidentiel – ouvert 24h/24 – à des femmes qui bénéficieront d’un encadrement médico-psycho-social. Cette action est la troisième du genre après l’accueil dans les bâtiments à Strasbourg et la fourniture de repas par les cantines du Parlement. Une décision qui remonte début avril.

Lire : Accueil des sans-abris, centre de triage Covid-19 : le Parlement européen prête ses moyens

Voir la video

 

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Les guerres de l’ombre de la DGSI, par Alex Jordanov

Sat, 25/04/2020 - 20:12

(B2) Merah, Bataclan, hyper casher, Charlie Hebdo, bonbonnes de gaz à Notre-Dame… Des noms qui ont la même connotation pour beaucoup désormais : terrorisme. Pour le combattre, en France, c’est la direction générale de la sécurité intérieure et sa section anti-terroriste qui sont à l’oeuvre, jour et nuit, pour déjouer les plans des extrémistes islamistes

Un roman policier 

Loin d’être une spécialiste de la DGSI et des services secrets, c’est plongée au coeur d’histoires surréalistes et comme sorties d’un film américain que je me suis retrouvée en lisant Les guerres de l’ombre de la DGSI. 300 pages, lues en une après-midi. Un livre écrit comme un roman policier, truffé d’espions, de secrets et des grands noms des attaques terroristes des dernières années en France.

Alex Jordanov interview des agents des services de la DGSI. Ils font partie de la section anti-terroriste. Tour à tour, ils racontent leurs histoires, répondent aux questions et explique leur travail. Le tout, très détaillé, et écrit à perdre haleine, on s’y verrait presque. On les imagine, ces hommes et femmes s’infiltrer dans les quartiers et les mosquées, cachés dans les buissons à prendre des photos des entrainements « sportifs » des terroristes, depuis leurs maisons en Corse, en filature sur l’autoroute, à planter des micros dans les lampes et sous les jantes de voitures. De Toulouse, à Trappes, en passant par Paris, Bruxelles, Nice, la Corse, à la frontière turco-syrienne et jusqu’au Pakistan.

… à prendre comme tel

Au travers les témoignages, on découvre un aperçu du fonctionnement de la DGSI, vue par les agents du terrain. On y lit notamment nombre de critiques sur le fonctionnement en silos de l’organisation, la compétition, de ordres de la hiérarchie incompris… Dans une grande partie du récit résonne la frustration des agents, qui racontent que telle personne, « on l’avait presque, elle était tout prêt mais on a pas eu le droit de faire l’arrestation pour telle ou telle raison de la hiérarchie ».

Malheureusement, seul leur point de vue est donné. Des témoignages à prendre donc avec le recul nécessaire et qui laisse des questions en suspens : Est-ce que les attentats du 13 novembre auraient pu être évités ? Est-ce là une représentation suffisamment complète de la DGSI ? Qui décide des arrestations ? Qui sont vraiment ces agents secrets ? À quel point la Direction est-elle « politisée » ?

Une leçon à retenir

La leçon du livre, comme le confies ces agents secrets, de ce qu’ils appellent le « French B.I. » est celle ci : « Tous sont d’accord sur une chose. La France, comme d’autres pays européens, est au bord de l’affrontement communautaire, en état de siège permanent. Le « but tant souhaité » par les islamistes », écrit Alex Jordanov. Heureusement, ils sont plusieurs centaines, en France, à tout faire pour les stopper.

En somme, un bon livre de confinement pour se changer les idées. À éviter pour les stressés des attaques terroristes.

(Aurélie Pugnet)

  • Nouveau Monde Éditions, 2019, Paris, 296 pages, 19,90 euros

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France, Pays-Bas et Royaume-Uni se coordonnent dans les Caraîbes

Thu, 23/04/2020 - 17:40

(B2) La France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont (enfin) décidé « d’unir leurs efforts » dans les Caraïbes face au coronavirus et aux ouragans à venir

Le Karel Doorman à son départ du port de Den Helder vers Saint Martin le 9 avril (crédit : Marine néerlandaise)

La nouvelle a été annoncée aujourd’hui par le ministère français des Armées. Les Néerlandais l’avaient déjà fait il y a deux bonnes semaines (le 9 avril)…

Une réponse militaire coordonnée

Pour les trois pays, il s’agit d’apporter une « réponse militaire coordonnée » en appui aux civils dans la gestion de l’épidémie du coronavirus qui touche aussi les territoires d’outre-mer, mais aussi de contribuer à assurer le maintien de l’ordre (une préoccupation surtout côté néerlandais) et se préparer à la saison des ouragans qui commence dans six semaines (préoccupation britannique).

Une demi-douzaine de navires sur place

Les trois pays ont, en effet, plusieurs moyens sur place : le porte-hélicoptères (ou BPC) Dixmude, côté français ; le navire porte-hélicoptères RFA Argus et le HMS Medway, côté britannique ; le HNLMS Karel Doorman et le HNLMS Zeeland (basé à Curacao), côté néerlandais. L’objectif est d’« optimiser les contributions militaires nationales » et « apporter plus d’agilité et de flexibilité dans la réponse à la propagation du virus à travers les Caraïbes ».

Une coordination établie à Fort de France

Une cellule régionale de coordination militaire conjointe, a été établie à Fort de France, en Martinique. Elle est directement inspirée des « leçons tirées » de la coordination des interventions lors de l’ouragan Irma en 2017, qui avait mis quelque temps à accoucher (lire : Caraïbes. Français, Néerlandais et Britanniques unissent leurs forces. Enfin !). Elle prend appui également sur les discussions menées au sein de l’initiative européenne d’intervention (EI2).

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Tous ceux qui veulent la paix en Libye doivent soutenir l’opération Irini (Josep Borrell)

Wed, 22/04/2020 - 07:45

(B2) Alors que le processus de Berlin est en danger d’enlisement dans les sables, le haut représentant de l’UE, Josep Borrell, lance un appel pour mettre en place un cessez-le-feu sur le terrain, engager des discussions politiques, et surtout convaincre de la nécessité de soutenir et mettre en place l’opération Irini qui n’a toujours pas les moyens nécessaires pour commencer ses opérations maritimes de contrôle de l’embargo sur les armes

Le Haut représentant de l’Union européenne, Josep Borrell (crédit : Conseil de l’UE)

Les combats se poursuivent en violation des engagements internationaux

Une guerre d’usure en cours

Le conflit en Libye, aux portes de l’Europe, se poursuit depuis des années, et affecte directement les intérêts de l’Union européenne. […] Aujourd’hui, la situation actuelle a changé. L’armée nationale libyenne (ANL), sous le commandement du général Haftar, s’est déplacée vers Tripoli pour tenter de prendre le contrôle de la capitale libyenne. Les forces du gouvernement d’accord national (GNA) reconnu par les Nations unies se battent et c’est une guerre d’usure qui est en cours.

Les engagements de Berlin violés

Les combats se poursuivent sans relâche. Ce, malgré les efforts intenses des Nations unies, et malgré l’engagement clair de travailler vers un cessez-le-feu, pris par toutes les factions libyennes et tous les grands acteurs internationaux, dont l’Union européenne, lors de la conférence de Berlin en janvier, et approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Un afflux d’armes et de militaires en violation de l’embargo

Les combats en Libye sont alimentés par des armes et d’autres renforts militaires provenant de l’étranger, en violation directe de l’embargo imposé par les Nations unies. Face à cette situation, l’Union européenne a compris qu’elle devait assumer une plus grande responsabilité dans la résolution de la crise libyenne. Outre les souffrances qu’elle inflige à sa propre population, l’instabilité en Libye affecte également la sécurité de ses voisins du Maghreb et du Sahel, et menace donc les intérêts européens, au sens large.

Un cessez-le-feu nécessaire

Il est clair aujourd’hui qu’un cessez-le-feu effectif est nécessaire pour débuter des pourparlers politiques et le lancement d’un processus de réconciliation nationale entre les groupes rivaux libyens. L’arrêt des flux d’armes et de l’assistance militaire vers la Libye devrait modifier le calcul stratégique des parties et diminuer la viabilité de toute « solution militaire ». Cela devrait ensuite constituer un encouragement fort à accepter et à respecter un cessez-le-feu. En résumé : nous devons mettre un terme à l’afflux d’armes et créer un espace de travail pour la diplomatie. C’est le principal objectif de l’opération Irini

Le principal objectif d’Irini

Le contrôle de l’embargo sur les armes

Pour contribuer de manière significative à endiguer le flux d’armes, et ainsi créer un espace pour que la diplomatie réussisse, l’Union européenne a lancé une nouvelle opération navale en Méditerranée centrale, appelée Irini, comme la déesse grecque de la paix. [Cette] opération Irini, qui a remplacé l’opération Sophia, a été lancée dans des circonstances très différentes. L’opération Sophia a été lancée en 2015, au plus fort de la crise dite migratoire. Son objectif premier était la lutte contre la criminalité organisée responsable du trafic de migrants et de la traite des êtres humains. D’autres tâches ont ensuite été ajoutées à son mandat, notamment la mise en œuvre de l’embargo sur les armes imposé à la Libye par le Conseil de sécurité des Nations unies en 2016.

Seule l’Union européenne a agi en mer sur le contrôle de l’embargo

L’expérience de l’opération Sophia a montré que même si tous les membres des Nations unies et les organisations régionales concernées sont invités à soutenir l’application de l’embargo sur les armes, notamment par l’inspection des navires en haute mer et la saisie des cargaisons illicites, seule l’Union européenne a contribué activement à ces efforts. Elle a également montré que la présence de moyens navals est cruciale, pour des raisons de crédibilité et d’efficacité.

La présence de moyens navals obligatoire

L’opération Irini ramène les moyens navals de l’UE en Méditerranée centrale, d’où ils étaient absents depuis près d’un an, ce qui coïncide à peu près avec le début de l’offensive du général Haftar sur Tripoli. Elle est clairement axée sur la mise en œuvre de l’embargo sur les armes. La résolution 2292 du Conseil de sécurité des Nations unies n’autorise que des mesures coercitives en haute mer. L’opération Irini sera bien équipée pour cela, et sa simple présence devrait avoir un effet dissuasif puissant sur les trafiquants en mer.

Surveiller la terre et l’air également

En même temps, il est clair que divers acteurs utilisent les routes aériennes et les frontières terrestres pour apporter des armes et un soutien militaire en Libye. Bien que cela soit également interdit par le Conseil de sécurité des Nations unies, il n’existe actuellement aucune autorisation internationale pour mettre fin à ces activités. Pour faire face à cette situation, l’opération Irini sera dotée de moyens technologiques, notamment satellitaires et aériens, au-delà de ce qui peut être détecté par les moyens navals, qui lui permettront, dans le plein respect du droit international, de rendre compte aux organes compétents du Conseil de sécurité des Nations unies, de manière aussi complète que possible, de toute autre violation potentielle de l’embargo sur les armes, par voie aérienne ou terrestre.

Un appel à tous pour soutenir Irini

L’Union européenne s’attend à ce que cette combinaison de contrôle maritime et de surveillance active d’autres routes aura un effet dissuasif fort sur tous ceux qui continuent à soutenir le conflit en Libye, malgré l’interdiction internationale claire, et malgré les souffrances que leurs actions causent. Nous leur demandons de se joindre à nous et de déployer leur énergie et leur influence pour promouvoir une solution politique, en toute bonne foi.

Rendre plus difficile toute ingérence étrangère

Nous savons que l’opération Irini n’est pas une solution miracle. À elle seule, elle n’apportera pas la paix et la stabilité en Libye. Mais elle peut contribuer à rendre plus difficile toute ingérence militaire extérieure, en exposant les responsables. Et si l’ingérence militaire extérieure est réduite, les chances d’un cessez-le-feu durable augmenteront, et avec cela les perspectives d’un véritable processus politique.

C’est pourquoi tous ceux qui veulent mettre fin à la guerre en Libye devraient soutenir l’opération Irini sans hésitation.

(Josep Borrell, Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité)

Chapô, titre et intertitres sont de la rédaction

Lire notre dossier N°81. L’opération de contrôle d’embargo sur les armes au large de la Libye EUNAVFOR Med IRINI

Lire aussi :

Cet article Tous ceux qui veulent la paix en Libye doivent soutenir l’opération Irini (Josep Borrell) est apparu en premier sur B2 Le blog de l'Europe politique.

Une opération en Méditerranée a justifié le maintien de la mission Foch

Tue, 21/04/2020 - 11:20

(B2) Le chef d’état-major des Armées français, François Lecointre, a donné, dimanche (19 avril), sur France-Inter, des explications très intéressantes sur l’épidémie du coronavirus qui a atteint les marins du Charles-de-Gaulle. Avec une révélation : le groupe aéronaval devait être engagé en opération en Méditerranée

Les Rafale devaient partie en opération en Méditerranée. Opération interrompue pour cause d’épidémie (crédit : DICOD / EMA)

Une épidémie qui a débordé du cadre prévisivbile

La cause ‘possible’ : l’escale de Brest

Tout d’abord le général met fin à un suspense : « On pense que cette contamination s’est produite à l’escale de Brest » reconnaît le chef d’état-major des Armées (CEMA), François Lecointre. Mais il faut rester prudent, a indiqué un officier marinier à B2. Il faut attendre les résultats des différentes enquêtes épidémiologiques pour être fixé. Hors des escales, il y a beaucoup de mouvements avec le porte-avions. Et il peut y avoir plusieurs foyers de contamination.

La question de l’escale posée

Courageusement, le CEMA endosse toutes les décisions, assumant toute l’ampleur de la décision (déchargeant ainsi le niveau politique d’une quelconque responsabilité). « On s’est posé la question à partir de début mars si on allait maintenir [la mission Foch]. La décision prise par le commandement — de la marine et moi-même — a été de la maintenir. Car elle correspond à une nécessité logistique d’un porte-avions en mission depuis deux mois. Et il fallait recompléter un certain nombre d’éléments dans le porte-avions pour qu’il poursuive cette mission. » L’escale a été maintenue avec des conditions de restriction : suppression des échanges internationaux, échanges limités avec les familles.

Des mesures de précaution pas suffisantes ?

Il y avait bien des cas à bord du Charles-de-Gaulle. Mais des cas jugés bénins apparemment. Et les mesures de précaution ont été levées. Trop tôt apparemment. « Après le 30 mars, à la fin de la quatorzaine, en l’état des connaissances à ce moment-là, a été décidée la levée de ces mesures barrières et des mesures contraignantes. Nous étions globalement à une dizaine de cas ORL, qui sont le stock constant qu’observaient les médecins sur ce type de bâtiment. C’est seulement à partir du 5 avril qu’ont été identifiés par le service médical de bord une dix-huitaine de cas symptomatiques. » (1)

Une opération en Méditerranée

Le porte-avions a appareillé après l’escale de Brest le 16 mars « en direction de la Méditerranée », indique le général François Lecointre (2). Pour lui, il fallait à tout prix que le porte-avions poursuive sa mission, pour deux raisons. L’une est connue : « Nous avions des exercices de qualification d’équipage en particulier des pilotes ». L’autre l’est moins : « nous avions des opérations à conduire en Méditerranée avant l’arrivée à Toulon ».

… non prévue au programme d’origine

Même si ce n’est « pas un secret défense », le général ne veut pas en dire plus. Il n’a pas non plus été interrogé sur ce point par nos confrères. Cette opération n’était cependant pas prévue, du moins dans le programme (public) établi au départ du groupe aéronaval. Celui-ci devait, une fois les deux exercices en mer du Nord (au large de l’Écosse et au large Pays-Bas-Danemark), avec une dernière séance de qualification au large du Portugal, rentrer à son port d’attache : Toulon. Ceci nous a bien été confirmé par un officier marine.

… en Méditerranée

Autre point : il ne s’agit pas d’un exercice, ou d’une démonstration d’amitié (type Passex), mais bel et bien d’une « opération ». Le mot employé (à deux reprises) par le CEMA qui est très précis dans l’emploi de ses mots, ne laisse aucun doute. Tout comme la zone géographique, précisément nommée : « Méditerranée ».

… au large de la Libye ?

À priori, il ne s’agit pas d’une opération au large de la Syrie, le délai de route n’était pas suffisant. Et le retour dans l’opération Chammal n’était pas prévu, selon nos sources. De fait, il pourrait fort bien prêter concours à la nouvelle opération de l’Union européenne (EUNAVFOR Irini), chargée du contrôle de l’embargo sur les armes vers la Libye, qui souffre aujourd’hui de ne pas démarrer, faute de moyens, dont des navires. Début avril, au moment de la génération de forces, on nous avait annoncé une « participation notable » de la France (Lire : L’opération EUNAVFOR Med Irini sans navires, pour l’instant. La génération de forces se poursuit). Participation qui s’est réduite, selon la réponse de l’état-major français à B2 (le 9.4) à « une frégate multi-missions en alerte ». On sait également que la France est très engagée dans cette zone libyenne, visant notamment à limiter l’emprise turque, comme russe, dans le pays.

Une connaissance de la zone

Pour le groupe aéronaval, cette présence au large de la Libye n’est pas une totale nouveauté. Au printemps 2011, en pleine intervention, le groupe aéronaval était parti pour assister les opérations de frappes aériennes (lire : Les moyens de l’opération « Civilian protection » en Libye en place). Début 2016, le Charles-de-Gaulle et son escorte avaient fait un passage au large, pour recueillir du renseignement.

Commentaire : un très discret démenti à la version officielle

On comprend donc que, au vu d’une opération, la continuité de la mission était nécessaire. Ce faisant le CEMA opère un double démenti, très discret, à la version officielle ministérielle. Le coronavirus a bien impacté les opérations. D’une part, la nécessité de maintenir la mission Foch était bien justifiée au regard de cette opération. D’autre part, l’interruption de la mission Foch et le retour anticipé du groupe aéronaval l’ont privé de cette « opération » en Méditerranée. Et la France est privée de porte-avions au moins jusqu’à fin juin. Le coronavirus — ou plutôt la non prise en compte rapide de l’épidémie (3) – a donc des conséquences très concrètes, opérationnelles sur la force française. Enfin, rappelons qu’en matière d’opération, ce n’est pas simplement un pacha de navire ou un commandant de task force 473 et même un CEMA qui prend la décision. Cette décision est politique.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire nos dossiers :

Le bilan de l’épidémie du coronavirus à bord du groupe aéronaval

Voici le dernier bilan recueilli directement par B2 de source officielle (au 20.4)

Trois cinquièmes des marins du porte-avions contaminés

2010 tests ont été effectués sur 2390 marins en tout du groupe d’action navale. 1080 tests sont positifs, en grande partie sur le porte-avions :

  • 1046 marins ont été détectés positifs au Covid-19 sur 1798 marins du Charles de Gaulle (R-91), soit près de 60% de l’équipage (58,2%) ;
  • 19 marins positifs sur les 222 marins de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul (D-621), basée à Toulon ;
  • 0 marin positif sur les 168 marins du BCR Somme (A-631), basé à Brest. 106 ont été libérés et rendus à leurs familles. 62 restent en quarantaine car ils sont passés par des locaux ou ont fréquenté des ‘positifs’ ;
  • 0 marin positif sur les 219 marins de la frégate anti-sous-marine La Motte Piquet (D-645), basée à Brest ;
  • 8 positifs sur la flottille 11F de Landivisiau dotée de Rafale Marine ;
  • 7 positifs sur la flottille 4F de Lann Bihoué dotée d’avions d’observations E2-C Hawkeye.

Deux marins en réanimation

24 marins sont hospitalisés (un est entré et l’autre est sorti lundi 20 avril). 9 sont sous oxygène et 2 sont en réanimation : un major et un maitre principal, tous les deux plutôt âgés, du moins dans la zone d’âge considérée comme critique pour le coronavirus (50+). Ils sont en état « stationnaire » comme disent les médecins. C’est ce qui inquiète particulièrement les autorités.

Côté étranger

  • 1 testé positif sur la frégate belge Léopold Ier
  • 0 testé positif sur la frégate allemande Lübeck
  • nous attendons les résultats côté portugais et espagnol

(bilan établi au 8.4)

  1. Au 30 mars, cela fait une semaine qu’un cas de Covid-19 est confirmé sur la frégate belge.
  2. Point qui n’est pas tout à fait exact, puisque le navire repart en direction de la mer du Nord où il restera durant une bonne quinzaine de jours. C’est durant cette quinzaine de jours que tout se joue, même si selon le CEMA, l’équipage applique un plan d’action rigoureux, assez sévère, avec des gestes barrières.
  3. Le retour des militaires ayant rapatrié des Français de Chine (de Wuhan) pose aussi question. La base militaire de Creil ayant sans doute été un des premiers lieux et foyers de contamination du coronavirus (avec le point clé de Mulhouse).

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Au 14 rue de l’Est

Sun, 19/04/2020 - 16:30

(B2) Dans ce garage situé en sous-sol à Boulogne Billancourt, rue de l’Est, au numéro 14, nous en avons eu des illuminations, des projets, des actions. Dans ce siège de la Croix-rouge départementale des Hauts-de-Seine, nous nous retrouvions souvent pour travailler mais aussi, phosphorer, cogiter sur ce qu’on pourrait faire pour améliorer la gestion d’urgence, et agir.

Entre l’idée et la réalisation, il n’y avait pas souvent beaucoup de semaines qui s’écoulaient. Le temps de rassembler les volontaires, les moyens, on ne réfléchissait pas trop, on fonçait. C’est dans ces entrailles, entre l’huile des moteurs, la photocopieuse, et les bureaux situés aux étages, voire au point zéro de la Porte St Cloud, que sont nées l’informatique appliquées aux urgences, un des premiers serveurs d’information d’ONG (sur minitel à l’époque – internet n’existait pas), des rencontres européennes avec des jeunes venus de tous pays (y compris de l’autre côté de ce qui était à l’époque ‘le Mur’), et surtout une nouvelle doctrine de secours d’urgence et de secours de catastrophes.

Entre fonceurs et organisateurs Antoine avait choisi son camp, faire les deux : il encadrait ceux un peu trop enthousiastes, savait trouver le bon curseur pour organiser l’action, et organisait. Si la doctrine du secours de catastrophe dans les organisations de volontaires (notamment à la Croix-Rouge) a évolué, voire s’est mise en plac, c’est en partie grâce à lui. Dans la discrétion et dans l’efficacité, s’est monté ce qu’on dénommait ORISC, l’organe de recherche et d’intervention de la Croix-rouge française, une unité composée de volontaires dédiée à la recherche et sauvetage. Un premier ouvrage sur le secours de catastrophes s’est mis en place, préfacé par Haroun Tazieff. Sous la  forme d’un numéro spécial de notre feuille de chou (Message), pour éviter de susciter les foudres du national, et avec la bénédiction tacite des instances internationales (CICR et FICROSS). Avec lui, nous avions aussi accueilli Bernard Kouchner tout juste promu secrétaire d’État à l’action humanitaire, pour notre seconde rencontre européenne de jeunes (Europa Meeting). Un moment émouvant. C’était un peu le relais entre les ‘anciens’ french docteurs et les nouveaux. Le courant passait car nous avions la même fibre, celle d’agir, et le désir de remuer une vieille dame, un peu trop sage à notre goût et engoncée dans son confort. Inutile de vous dire que recevoir celui qui avait dénoncé l’inaction de la Croix-rouge dans les années 1970 nous avait valu une algarade salée du National. Peu importe, on continuait. Et on se retrouvait alors à Paris ou en Savoie (du côté du centre de formation de Modane) pour refaire le monde et engager une autre action… ORISC a été ensuite reconnu et est parti sur plusieurs théâtres d’opération. C’est une autre histoire.

Antoine n’est plus, décédé d’une trop longue maladie vendredi. Adieu Antoine

 

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