Le Sénat américain a voté vendredi 7 août 2026 en faveur d'une prolongation de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu'en décembre 2028. Adopté par 90 voix contre 6, le texte doit encore être examiné par la Chambre des représentants avant une éventuelle promulgation. S'il aboutit, les pays africains bénéficiaires conserveront pendant deux années supplémentaires un accès préférentiel au marché américain.
A quelques mois de l'expiration de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA), fixée au 31 décembre 2026, le dispositif a été reconduit par le Sénat américain le 7 août dernier.
L'AGOA permet aux pays africain qui remplissent les conditions américaines d'exporter sans droits de douane plus de 1.800 produits vers les Etats-Unis, en plus de plus de 5.000 produits couverts par le régime américain de préférences généralisées.
32 pays africains concernés
Le mécanisme ne s'applique pas indistinctement à tout le continent. En 2026, 32 pays subsahariens sont éligibles aux avantages de l'AGOA. Leur maintien dans le dispositif dépend notamment de critères liés à l'économie de marché, à l'Etat de droit, aux droits humains, à la lutte contre la corruption et à la suppression des obstacles au commerce et aux investissements américains.
Les secteurs concernés diffèrent d'un pays à l'autre. L'habillement et le textile occupent une place importante, notamment au Kenya et au Lesotho.
L'Afrique du Sud utilise le dispositif pour son industrie automobile.
Madagascar peut en tirer parti pour certaines exportations agricoles, dont la vanille.
L'avantage recherché est double. Pour les entreprises, l'absence de droits de douane sur les produits éligibles peut améliorer la compétitivité à l'entrée du marché américain. Pour les Etats, l'objectif est de stimuler les exportations, attirer des investissements et favoriser la création d'activités et d'emplois.
Le Bénin, un intérêt particulier dans le textile
Le Bénin figure parmi les pays qui conservent leur éligibilité à l'AGOA en 2026. Il bénéficie en outre des dispositions spécifiques concernant le textile et l'habillement. L'accès préférentiel au marché américain offre un débouché supplémentaire à des produits textiles fabriqués au Bénin, notamment au sein de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Les perspectives concernent aussi les produits agricoles et agroalimentaires.
Le principe de l'AGOA permet à des entreprises africaines de chercher des débouchés américains pour des produits transformés, à condition qu'ils répondent aux règles d'éligibilité et aux exigences du marché américain.
Mais l'existence de l'AGOA ne garantit pas à elle seule une hausse des ventes. Les préférences tarifaires ne remplacent ni la compétitivité, ni la capacité industrielle, ni le respect des normes sanitaires et commerciales américaines.
Le vote du 7 août dernier constitue avant tout un signal de continuité. Il réduit l'incertitude qui pesait sur les entreprises alors que l'AGOA devait expirer à la fin de cette année. Le véritable enjeu des deux prochaines années sera de savoir si les pays bénéficiaires parviendront à exploiter cette fenêtre pour vendre davantage de produits transformés aux Etats-Unis.
M. M.
La prison n’est pas une fin de parcours de vie. Mais au regard des conditions exécrables de détention en Afrique en général et au Togo en particulier, les prisons sont devenues des enfers du fait de la surpopulation carcérale suffocante. La situation à la prison civile de Lomé est la plus dramatique.
A la date du 1er mars 2025, ce centre pénitentiaire comptait 2 448 détenus, soit une surpopulation de 368 %, selon le Collectif des Associations de lutte contre l’Impunité au Togo (CACIT). Une prison qui a une capacité d’accueil de 600 pensionnaires, en héberge jusqu’à plus de 2.000. Le bâtiment des femmes est moins surpeuplé, avec un peu plus de 100 personnes pour 80 places d’après les données de mars 2025.
Une cellule d’environ 6 mètres sur 4,5 mètres loge jusqu’à 70 détenus. Pendant la période de « nuit », qui débute à 17 heures et se termine à 6 heures, les prisonniers se relaient pour dormir : certains allongés, d’autres debout.
A vrai dire, ce n’est pas un lieu correctionnel mais un vrai mouroir
Le taux moyen de surpopulation dans les prisons togolaises est de 222 % selon le (CACIT). Inconcevable à ce 21ème siècle avancé. La principale raison de cette situation demeure la détention préventive excessive avec pour corolaire perte d’emploi, éclatement familial, traumatismes psychologiques et ce, pour une personne qui sera parfois acquittée à la fin de la procédure. On enregistre souvent des décès évitables. Jusque-là, il n’existe aucun mécanisme concret pour faire face efficacement à ce drame qui n’a fait que trop de victimes.
Et si le Togo s’inspirait de l’approche sénégalaise ?
A travers une circulaire du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, adressée le 10 juillet 2026 aux procureurs généraux, procureurs de la République et délégués du procureur intitulée « Rationalisation du recours aux mandats de dépôt et traitement pénal des affaires à caractère civil ou commercial », cette circulaire rappelle les orientations déjà fixées par plusieurs textes antérieurs, notamment ceux relatifs à la réduction des mandats de dépôt, à la lutte contre le surpeuplement carcéral, à la limitation des longues détentions provisoires, au traitement des affaires à caractère civil ou commercial ainsi qu’au suivi des dossiers en cours d’instruction. Elle s’inscrit également dans le prolongement de la circulaire de politique pénale générale n°00246 MJ/DACG/MN du 14 janvier 2019.
Dans ce document, le ministre réaffirme « l’exigence pour les procureurs de rationaliser le recours systématique aux mandats de dépôt afin d’éviter les cas de détention non nécessaire ».
Selon Me Moussa Sarr, l’analyse des statistiques disponibles montre que peu de parquets appliquent effectivement les orientations déjà données, tandis que les établissements pénitentiaires demeurent confrontés à une surpopulation persistante.
« Cette situation influe négativement sur la gestion des détenus, l’environnement carcéral ainsi que sur l’utilisation des crédits de fonctionnement des prisons, tout en compromettant le respect par l’État du Sénégal de ses engagements internationaux et des standards relatifs aux bonnes conditions de détention », souligne le garde des Sceaux.
Le ministre indique également avoir constaté que certaines procédures relatives à des créances ou à des dettes continuent d’être traitées par les services d’enquête, avec des mesures de contrainte qui ne laissent parfois aux personnes mises en cause d’autre choix que de s’acquitter du paiement réclamé.
Six principales orientations
Face à cette situation, il demande aux procureurs d’adopter une politique pénale davantage conforme aux principes rappelés dans les précédentes circulaires et de mettre en œuvre, sans délai, plusieurs mesures destinées à améliorer la gestion de la population carcérale.
La circulaire énumère ainsi six principales orientations : à privilégier les modes alternatifs de règlement des différends, dans les affaires à connotation financière (escroquerie, abus de confiance), lorsque la personne poursuivie prend notamment des engagements réalistes acceptés par la victime ;
-favoriser, au stade des poursuites, le recours à la mise en liberté, surtout lorsque la personne poursuivie offre des garanties suffisantes de représentation et que la procédure concerne des infractions ne causant pas un trouble considérable à l’ordre public ;
-veiller à la tenue régulière des réunions des Commissions pénitentiaires consultatives de l’aménagement des peines, des Comités de l’aménagement des peines et promouvoir la mise en œuvre effective des modes d’aménagement des peines, en particulier le placement sous surveillance électronique qui offre, dans une certaine mesure, les mêmes avantages que la détention ;
-assurer le suivi diligent des dossiers pendants dans les cabinets d’instruction et procéder à l’enrôlement rapide des affaires renvoyées devant les juridictions de jugement ;
-veiller à ce que les plaintes portant sur des faits de nature civile ou commerciale soient classées, requérir le refus d’informer pour les plaintes avec constitution de partie civile portant sur de tels faits et veiller à ce que les services d’enquête ne connaissent pas de ce type de plaintes ni ne prennent des mesures de contrainte (garde à vue) sur cette base ;
-procéder à des visites régulières des services d’enquête et des établissements pénitentiaires de vos ressorts respectifs.
« Je reste attentif à l’exécution diligente de la présente circulaire que vous classerez au registre ad hoc de vos parquets et dont vous me rendrez compte de toute difficulté dans sa mise en œuvre », a conclu le ministre de la Justice.
Même si cette circulaire suscite des interrogations chez certains justiciables et établissements bancaires, qui se demandent comment recouvrer des créances ou régler des litiges commerciaux sans mesures de contrainte, elle est bien accueillie par l’Observateur National des Lieux de Privation de Liberté(ONLPL).
Il apparait que la circulaire est une approche palliative aux abus de tous ordres dans le monde judiciaire sénégalais.
Au regard de la situation dramatique togolaise, il y a nécessité de s’inspirer du Sénégal tout en évitant d’allonger la liste des prisonniers d’opinion. La déshumanisation de la prison au Togo a assez fait de victimes.
Kokou AGBEMEBIO
Source : Lecorrecteur.tg
The post Surpopulation carcérale et déshumanisation des prisons : Et si le Togo s’inspirait de l’approche sénégalaise ? appeared first on Togo Actualite - Premier site d'information du Togo.
La Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains a été célébrée le 30 juillet dernier. La situation reste alarmante au Togo. Selon le Rapport 2024 du Département d’État américain, le Togo reste classé « Tier 2 », c’est-à-dire un pays où le phénomène augmente.
Pays d’origine, de transit et de destination des victimes, il incarne les fragilités d’une société où la pauvreté et le manque d’opportunités ouvrent la porte à toutes les formes d’exploitation.
Si les autorités déploient des efforts, les normes minimales pour éradiquer ce fléau ne sont pas encore atteintes. Le Togo est devenu un désert d’infrastructures et d’opportunités qui puissent retenir ses filles et ses fils. En 2023, 183 victimes ont été identifiées, 46 procédures judiciaires engagées et 18 condamnations prononcées.
La Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains a été célébrée le 30 juillet dernier. La situation reste alarmante au Togo. Selon le Rapport 2024 du Département d’État américain, le Togo reste classé « Tier 2 », c’est-à-dire un pays où le phénomène augmente. Pays d’origine, de transit et de destination des victimes, il incarne les fragilités d’une société où la pauvreté et le manque d’opportunités ouvrent la porte à toutes les formes d’exploitation.
Si les autorités déploient des efforts, les normes minimales pour éradiquer ce fléau ne sont pas encore atteintes. Le Togo est devenu un désert d’infrastructures et d’opportunités qui puissent retenir ses filles et ses fils. En 2023, 183 victimes ont été identifiées, 46 procédures judiciaires engagées et 18 condamnations prononcées.
Derrière ces chiffres, des vies brisées : enfants privés d’enfance, femmes exploitées, jeunes réduits au travail forcé, à la mendicité ou à des activités dangereuses. Domestiques, agriculteurs, commerçants ambulants ou victimes d’exploitation sexuelle, ils sont nombreux à subir cette violence silencieuse.
Mais au-delà des statistiques, une question émerge : la précarité généralisée ne favorise-t-elle pas l’exploitation humaine ? Chômage, pauvreté, accès limité aux services essentiels… Des milliers de familles luttent au quotidien.
Dans ce contexte, les promesses mensongères des réseaux criminels trouvent un écho favorable auprès de leurs victimes. Des parents désespérés confient leurs enfants à des inconnus, croyant leur offrir un avenir meilleur. Des jeunes, assoiffés de perspectives, tombent dans les pièges de l’esclavage moderne.
Les médias togolais rapportent régulièrement les difficultés économiques, la détresse des jeunes, les tensions sociales et les débats sur les libertés publiques. Si la traite des êtres humains ne se confond pas avec toutes les formes de précarité, la vulnérabilité sociale crée un terreau fertile pour les abus. Une société où l’avenir semble bouché est une société où les exploiteurs prospèrent.
La lutte contre la traite ne peut se limiter à la répression des trafiquants. Elle doit s’attaquer aux racines du mal : réduire la pauvreté, garantir l’accès à l’éducation, créer des opportunités économiques et restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. Protéger les victimes identifiées est essentiel, mais agir sur les causes profondes l’est tout autant.
En cette Journée mondiale, rappelons-le : derrière chaque chiffre, il y a un visage, une histoire, une dignité bafouée. Et une urgence collective : ne plus laisser la précarité dicter le destin des plus fragiles.
Source : lalternative.info
The post Togo : La faim, le chômage, la précarité, terreaux fertiles à la traite des êtres humains appeared first on Togo Actualite - Premier site d'information du Togo.
L’Algérie s’apprête à vivre, ce mercredi 12 août 2026, un événement astronomique particulièrement rare. Une éclipse solaire partielle sera visible ce soir dans la quasi-totalité […]
L’article Éclipse solaire du 12 août : comment l’observer en toute sécurité ce soir ? Voici ce qu’il faut savoir est apparu en premier sur .
Au total, 1 309 personnes déplacées, retournées et vulnérables ont bénéficié d'une assistance financière directe dans le territoire de Punia (Maniema), évaluée à 160 dollars américains par ménage.
Le tribunal de Boufarik a prononcé, ce mercredi soir, une peine de deux ans de prison, dont un an avec sursis et un an de […]
L’article Propos obscènes ciblant une fille de 8 ans : Le verdict tombe pour l’auteur de la vidéo est apparu en premier sur .
L’aéroport international d’Alger confirme sa montée en puissance à l’échelle continentale. Grâce à la stratégie d’expansion agressive de la compagnie nationale Air Algérie, la plateforme […]
L’article Nombre de passagers : l’aéroport d’Alger s’impose dans le Top 5 des plus grands hubs aériens d’Afrique est apparu en premier sur .
Des affrontements armés ont éclaté mardi 11 aout 2026 dans le groupement de Gina, situé à une quarantaine de kilomètres au nord de Bunia, opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux miliciens de la Convention pour la révolution populaire (CRP).
Ces violences interviennent alors que le groupe armé avait pourtant décrété un cessez-le-feu unilatéral en mai dernier pour soutenir le processus de paix.
Contre-offensive et incertitude sur le bilan
L'Union Progressiste le Renouveau (UP-R) engage la sélection de ses futurs chefs de village et de quartier de ville. Une directive signée le 10 août 2026 par Joseph Djogbénou, le président du parti précise les conditions à remplir et le calendrier retenu.
Le processus de désignation des futurs chefs de village ou quartier de ville membres du du parti Union Progressiste le Renouveau (UP-R) démarre le 15 août 2026 avec la réception des candidatures.
Les propositions devront être transmises au plus tard le 15 septembre, avant leur examen par les structures dirigeantes du parti.
Pour être retenu, le candidat doit répondre à cinq exigences : être membre de la cellule UP-R de sa localité et y avoir une implication effective, présenter une bonne moralité, résider dans le village ou le quartier concerné, disposer de ses droits civils et civiques et être à jour de ses cotisations au parti.
L'UP-R prévoit toutefois une disposition particulière pour les chefs actuellement en fonction. Lorsqu'un responsable sortant est jugé satisfaisant et ne présente aucun problème vis-à-vis du parti, sa reconduction peut être privilégiée. Ceux qui ont rejoint l'UP-R avant l'ouverture du processus peuvent également être reconduits sur décision du président du parti.
Une sélection en deux niveaux
Les candidatures seront d'abord recueillies par les bureaux de sous-section, puis transmises aux bureaux de section. Ces derniers devront contrôler les dossiers et établir une synthèse des candidatures répondant aux critères.
La liste issue de cette première sélection sera ensuite soumise à la Direction du parti. La validation finale reviendra à la Direction exécutive nationale, élargie aux coordinateurs des circonscriptions électorales.
M. M.
Conformément aux directives du Président de la République relatives aux préparatifs de la prochaine rentrée sociale, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé ce mercredi […]
L’article Rentrée 2026-2027 : voici les principales mesures annoncées par le gouvernement est apparu en premier sur .
La riposte contre Ebola reste confrontée à une forte résistance communautaire à Butembo. Alors que la ville est devenue l’épicentre de l’épidémie dans la province du Nord-Kivu, des structures sanitaires sont incendiées et des agents de santé pris pour cible par jeunes et personnes inconnues. L’ONG locale REDHO, le Réseau pour les droits de l’homme, demande l’ouverture d’enquêtes judiciaires.