LES RÉSULTATS DOUBLE CHANCE
LOTO FORTUNE Tirage N°131
Lundi 17 Août 2026 (14H)
– Zone A (5 premiers numéros) :
13 • 58 • 34 • 24 • 70
– Zone B (5 derniers numéros) :
16 • 74 • 20 • 46 • 69
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La journaliste écrivaine béninoise, Carmen Fifamè Toudonou, s'impose davantage sur la scène littéraire africaine et internationale avec deux distinctions obtenues pour son roman Paria. L'ouvrage a reçu la mention « Shéhérazade » du Grand Prix Lire + Afrique 2025 ainsi que le Prix du roman africain 2026 du FILIGA.
Publié en 2025 par My African Clichés et Vénus d'Ébène, le roman compte 396 pages. Dans un entretien accordé à Chrys Amegan pour Fémicriture, l'auteure béninoise revient sur les choix narratifs et historiques qui ont guidé l'écriture de cette œuvre, notamment le choix de faire de Menet, un eunuque, le narrateur principal.
Donner une voix à ceux qui en ont été privés
Le choix d'une femme pour raconter l'histoire d'un homme privé de virilité peut soulever la question de l'appropriation d'une expérience qui n'est pas la sienne. Carmen Toudonou assume pleinement cette démarche, qu'elle considère comme relevant de la liberté de création de l'écrivain. Selon elle, l'auteur peut être amené à prendre la parole au nom de personnes qui ne l'ont pas, ne l'ont plus ou n'ont jamais eu la possibilité de la faire entendre.
Pour construire le personnage de Menet, l'écrivaine a entrepris d'importantes recherches documentaires. Elle espérait notamment trouver des traces écrites laissées par un eunuque africain déporté en Orient. Ses recherches n'ont toutefois livré que peu de résultats : un document fragmentaire et quelques phrases attribuées à un homme présenté comme le « dernier eunuque de l'Empire ottoman », recueillies par un journaliste de l'époque.
Cette absence de témoignages a contribué à orienter le projet littéraire de Paria. Carmen Toudonou a choisi de redonner symboliquement une voix à ces hommes, mais aussi aux femmes dont l'humanité a été profondément niée par les systèmes de domination et d'asservissement.
Puisque ces personnages historiques ne peuvent plus témoigner directement, l'auteure a choisi de les faire raconter eux-mêmes leur histoire à travers la fiction. Menet devient ainsi le porte-parole d'une mémoire largement absente des sources disponibles.
Menet, figure de la survie
Dans Paria, Menet ne se présente pas comme un personnage constamment animé par la volonté de se révolter. Il s'adapte à sa condition, sert ceux qui le dominent et peut même éprouver de l'attachement pour certaines personnes impliquées dans son destin. À l'inverse, Djalil représente la révolte armée, à travers une figure de soulèvement située mille ans plus tôt.
Cette opposition entre survie et rébellion constitue l'un des enjeux du roman. Elle pourrait donner l'impression d'une forme de résignation face à la servitude. Carmen Toudonou défend cependant une approche plus nuancée.
Ses recherches dans les sources arabes de l'époque l'ont notamment confrontée à des représentations ouvertement racistes des Noirs, présentés comme un peuple naturellement disposé à accepter l'esclavage. En approfondissant ses recherches, elle a découvert que les esclaves noirs du monde oriental, comme ceux réduits en esclavage dans d'autres régions, s'étaient régulièrement soulevés contre leur condition.
L'auteure a donc voulu éviter une représentation uniforme de l'esclavage. Certains esclaves ont pu se soumettre pour survivre, tandis que d'autres ont choisi la révolte. Deux importants soulèvements d'esclaves noirs dans le monde oriental occupent ainsi une place dans sa réflexion et dans le roman.
La plume comme forme de révolte
Le personnage de Menet n'est d'ailleurs pas totalement étranger à l'idée de rébellion. Son admiration pour Djalil s'accompagne d'un profond regret de ne pas avoir lui-même pu se soulever. À travers le récit qu'il construit, il transforme finalement l'écriture en moyen de résistance.
Cette dimension donne au roman une portée symbolique particulière. Là où Djalil choisit les armes pour contester l'ordre qui lui est imposé, Menet choisit la parole et l'écriture. Son récit devient ainsi une autre forme de refus de la condition qui lui a été assignée.
Avec Paria, Carmen Fifamè Toudonou explore donc la mémoire de l'esclavage, la privation de parole et les différentes formes de résistance face à la domination. Les distinctions obtenues par le roman viennent consacrer une œuvre qui entend restituer une voix à des figures longtemps marginalisées par l'histoire.
F. A. A.
LES RÉSULTATS LOTO FORTUNE
TIRAGE N°131/26
Lundi 17 août 2026 (11H)
76 • 51 • 60 • 50 • 47
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Lundi 17 août 2026
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RÉSULTAT : 68 • 43 • 12 • 39 • 52
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