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Updated: 3 weeks 1 day ago

Sport : Le président du Faso félicite les Étalons U20 pour leur Victoire au Tournoi UFOA-B et promet une nouvelle dynamique

Tue, 18/08/2026 - 00:22

Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a reçu en audience ce lundi 17 août 2026 à Ouagadougou les Étalons U20, sacrés champions du tournoi UFOA-B le 9 août dernier à Yamoussoukro. Il a félicité les jeunes joueurs pour leur performance et annoncé une nouvelle approche dans l'accompagnement des sélections nationales, en vue notamment de la CAN U20 2027 au Ghana.

Le chef de l'État a salué la brillante prestation des jeunes joueurs ainsi que le travail remarquable du staff technique, soulignant que cette victoire fait la fierté de toute la Nation.

« Soyez salués, soyez félicités pour le travail qui a été abattu, vous, les joueurs sur le terrain, l'encadrement technique et tous les soutiens. Le peuple est fier de vous. Quand les étalons jouent, c'est la patrie ; tout le monde suit et attend des résultats », a déclaré le président du Faso.


‎Tout en les exhortant à maintenir la discipline et à « rester concentrés » pour les échéances futures, le capitaine Ibrahim Traoré s'est montré attentif aux conditions de travail de l'équipe en les rassurant d'y apporter les améliorations adéquates.

‎‎Bien décidé à soutenir cette cuvée prometteuse, le président du Faso a annoncé une réorganisation dans le suivi des sélections nationales : « Je peux vous assurer qu'à partir de maintenant, nous allons tout faire pour changer la méthode afin de mieux accompagner cette nouvelle génération ».


‎Pour la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l'Emploi, la camarade Annick Pikbougoum/Zingue Ouattara, les jeunes Étalons ont fait une participation honorable à cette compétition à Yamoussoukro.

Quatre victoires, un match nul, quatre fois le titre d'homme de match, la palme du meilleur gardien de la compétition et une qualification à la prochaine CAN de leur catégorie en 2027 sont, entre autres, les résultats engrangés par les étalons U20 à ce Tournoi UFOA-B.


‎Au nom du groupe, le capitaine des étalons U20, Chérif Badra Ali Barro, a exprimé sa profonde gratitude au Chef de l'État pour son soutien constant et réaffirmé l'engagement de l'équipe à se battre au Ghana pour porter haut les couleurs du Burkina Faso.

Lefaso.net
Sourc : ‎DCRP Présidence du Faso

Categories: Afrique

Burkina/Cybersécurité : Une nouvelle certification pour Younoussa Sanfo et son centre HorusLabs

Tue, 18/08/2026 - 00:20

Après plusieurs années d'engagement dans la promotion des compétences numériques, l'expert en cybersécurité et en investigation numérique Younoussa Sanfo franchit une nouvelle étape. Désormais instructeur certifié EC-Council, il voit également son centre HorusLabs intégrer le réseau des centres de formation agréés de l'organisation. Une consécration qui témoigne d'un parcours marqué par la rigueur et la volonté de renforcer l'expertise en cybersécurité au Burkina Faso. Dans cet entretien accordé à notre rédaction ce lundi 17 août 2026 à Ouagadougou, il revient sur cette distinction et ses implications pour l'écosystème numérique burkinabè.

Lefaso.net : Cela fait un moment que nous n'avons pas eu de vos nouvelles. Que devient M. Younoussa Sanfo ?

Y.S. : Je suis là, bien là ! C'est vrai que depuis environ un an, j'ai disparu de l'espace public. Et pour une bonne raison : j'ai décidé de repasser tous mes examens et toutes mes certifications, dont certaines datent de plus de 25 ans.

Pourquoi me suis-je imposé cela ? Parce que dans notre métier, la cybersécurité et les investigations numériques, une certification vit rarement plus de trois à cinq ans. Au-delà, certaines entreprises ne la considèrent même plus comme valable : on vous demandera une certification plus récente.

Et la raison est simple : en cybersécurité, tout évolue à une vitesse grand V. Il y a vingt ans, quand j'évaluais la sécurité d'une entreprise, personne ne me demandait ce qu'elle avait prévu face aux inondations, aux vents violents ou aux autres phénomènes climatiques. Aujourd'hui, le changement climatique est devenu un domaine à part entière des certifications en cybersécurité. Et il faut y ajouter l'intelligence artificielle, devenue le cinquième grand domaine de la discipline : les hackers l'utilisent pour attaquer les entreprises et les individus, et les spécialistes l'utilisent pour mieux les protéger.

J'ai donc tout repassé. Et à l'issue de ce marathon, je peux le dire sereinement : je suis à la page, prêt à servir les entreprises et les administrations qui en auront besoin.

Vous venez d'obtenir la certification d'instructeur EC-Council, tandis que HorusLabs a été reconnu comme centre de formation agréé par cette organisation internationale de référence en cybersécurité et en investigation numérique. Que représente cette double distinction pour vous et pour le Burkina Faso ?

Pour nous, c'est une étape majeure. HorusLabs veut désormais mettre son expérience et ses compétences au service de la formation des jeunes et des spécialistes, en cybersécurité, en investigation numérique et en intelligence artificielle.

Être un centre agréé nous autorise à dispenser des formations reconnues par EC-Council, donc reconnues à l'international. EC-Council est l'un des leaders mondiaux de la formation en cybersécurité : l'armée américaine, Boeing et de très grandes structures utilisent ses programmes pour former leurs experts.

Cette reconnaissance s'inscrit dans la droite ligne de ce que nous avons toujours défendu : former les compétences locales ici même, au Burkina Faso. Avant, pour suivre ce type de formations et décrocher ces certifications, il fallait prendre l'avion. Aujourd'hui, tout cela s'obtient ici, au même prix qu'ailleurs, sans le billet d'avion ni les frais de séjour.

Et voici ce que je voudrais que chacun retienne : désormais, au Burkina Faso, tout le monde peut se former à la cybersécurité, à l'intelligence artificielle et aux investigations numériques, quel que soit son niveau, dès la classe de 3ᵉ, et obtenir des connaissances et un certificat reconnus dans le monde entier.

Nous comptons d'ailleurs collaborer avec les autorités. Le ministère en charge de la Jeunesse, par exemple, pourrait s'appuyer sur notre expertise pour former des jeunes. La cybersécurité comporte plusieurs niveaux de compétences, et le premier est accessible dès le BEPC. Ces jeunes formés aux compétences de base pourront accompagner les entreprises, notamment à travers des actions de sensibilisation. Ensuite viennent tous les autres niveaux, en cybersécurité comme en investigation numérique et en intelligence artificielle.

Sur l'IA, notre approche est particulière. Il ne s'agit pas d'apprendre à utiliser l'intelligence artificielle : il s'agit de comprendre comment elle fonctionne, comment l'intégrer dans une entreprise, et d'acquérir les connaissances nécessaires pour participer à une équipe qui conçoit une intelligence artificielle. Voilà le type de formations que nous allons proposer.

Le centre est prêt. Nous pourrions commencer demain si nous avions des inscriptions ! Mais nous avons choisi de lancer officiellement les activités le 14 septembre, pour finaliser tranquillement notre préparation. Deux formations ouvriront ce jour-là : la première est ouverte à tout public ; la seconde s'adresse aux spécialistes, aux informaticiens et à ceux qui sont déjà engagés dans la cybersécurité. Elle porte sur le CEH (Certified Ethical Hacker), la certification qui donne les compétences d'un hacker éthique, cette personne capable d'identifier les vulnérabilités d'un système pour prévenir les failles de sécurité.

La certification ouvre de nouveaux horizons à l'Académie HorusLabs

Pour ma part, les deux distinctions sont arrivées en même temps. J'ai été nommé EC-Council Certified Instructor : je suis donc autorisé à former et à faire passer des certifications à des ingénieurs comme à des jeunes, dans n'importe quel centre EC-Council du monde. Mais je commencerai, naturellement, par notre centre au Burkina Faso. Et ce n'est pas tout. EcCouncil nous a incités à passer le test pour avoir les compétences qui allient Sécurité Offensive et intelligence artificielle. Le combo parfait pour faire face aux récentes attaques qui secouent le monde.

Et la grande nouvelle en plus, c'est que je ne suis pas seulement instructeur certifié : je suis également EC-Council Senior Instructor. Cela signifie que je peux former des personnes qui deviendront à leur tour instructeurs certifiés EC-Council. Nous en sommes particulièrement honorés : dans tout l'espace francophone africain, nous sommes les premiers à atteindre ce niveau. Des centres comparables existent au Kenya ou au Nigeria, mais aucun centre francophone africain n'avait encore obtenu ce niveau de reconnaissance. Oui, nous en sommes fiers.

Comment s'est déroulé votre parcours jusqu'à cette distinction internationale ? Était-ce difficile ?

Oui, très difficile. Et je vais vous faire une confidence : j'ai échoué à l'un des examens, et j'ai dû le reprendre. La cause ? Justement ce volet sur le changement climatique, que je n'avais pas suffisamment travaillé. J'y ai perdu des points, et j'ai repassé l'examen pour décrocher la certification.

En pleine série de certifications, EC-Council m'a contacté. Ils voulaient comprendre comment j'avais pu obtenir sept certifications en seulement huit mois ! Je leur ai expliqué que je les possédais déjà et que je les repassais simplement pour me prouver que j'étais toujours d'actualité. J'ai d'ailleurs mesuré, à cette occasion, l'ampleur des évolutions depuis mes dernières certifications.

Au fil des échanges, ils m'ont suggéré de devenir instructeur. J'étais intéressé, mais il n'existait pas de centre au Burkina Faso. Ils m'ont encouragé à déposer un dossier, et nous remplissions les critères. Il fallait notamment des sponsors : des institutions reconnues, capables d'attester de votre expertise en cybersécurité et de votre expérience de formateur.

Cela fait sept ans que j'enseigne à l'Université Thomas Sankara, dans deux masters : Droit pénal et sciences criminelles, et Sciences politiques et juridiques. L'université a accepté de me sponsoriser et a signé le jour même. Les Nations unies m'ont également soutenu : elles me recrutent régulièrement pour former des unités de police dans plusieurs pays d'Afrique francophone, et elles ont validé mes compétences ainsi que mon expertise en matière d'enquêtes sur la fraude et les biens mal acquis. Tout cela a accéléré le traitement de mon dossier.

Restait l'épreuve finale : un examen de seize heures, réparties sur deux jours, entièrement en anglais. Trois jours plus tard, je reçois un courriel d'une seule phrase : « Congratulations ». J'ai compris immédiatement. Ce simple mot valait toutes les nuits de travail.

Il n'a donc pas été facile de concilier cette préparation avec vos activités professionnelles ?

Ah oui, absolument. J'enchaînais des journées de quatorze à quinze heures de travail. Je commençais souvent à 6 heures du matin, et il m'arrivait d'être encore dans mon bureau à 1 heure. J'ai passé de nombreuses nuits blanches. Mais quand on sait pourquoi on le fait, on tient.

Peut-on dire que ces certifications vous font entrer dans une nouvelle dimension ?

Oui. Aujourd'hui, nous pouvons rivaliser avec des sociétés occidentales dans le domaine de la cybersécurité. Il y a les certifications que j'ai obtenues, mais aussi celles de plusieurs membres de mon équipe. En les additionnant, nous atteignons le niveau des grandes sociétés spécialisées.

Quel regard portez-vous sur le niveau actuel de préparation des entreprises et des administrations face aux cybermenaces ?

Peut mieux faire. Très clairement, nous pouvons faire mieux, dans les entreprises privées comme dans les administrations publiques.

Younoussa Sanfo espère former au moins 5000 personnes en cybersécurité d'ici dix ans

Quels sont aujourd'hui les profils les plus recherchés dans les métiers de la cybersécurité en Afrique ?

Tous secteurs confondus, la cybersécurité figure parmi les cinq métiers les plus en vue et les plus prometteurs. Viennent ensuite les spécialistes de l'intelligence artificielle, de l'analyse prédictive et de plusieurs métiers liés à la gestion et à l'exploitation des données. Aujourd'hui, les pays sont évalués en fonction du nombre de spécialistes en cybersécurité qu'ils possèdent, et de leurs capacités à contenir les cybermenaces. Nous pouvons contribuer à réduire notre déficit dans ce domaine et à en être les leaders en Afrique de l'Ouest.

Car le monde entier manque de spécialistes, et le Burkina Faso accuse lui aussi un déficit important de compétences réelles. On voit beaucoup de CV affichant le titre d'expert en cybersécurité, mais c'est souvent très trompeur. Notre objectif est de former de véritables compétences. Et nous invitons ceux qui se présentent déjà comme experts à venir obtenir des certifications reconnues, qui confirmeront officiellement leur niveau.

Est-ce que vous avez l'impression que les jeunes Burkinabè s'intéressent de plus en plus à la cybersécurité ?

Oui, de plus en plus. Le principal blocage aujourd'hui, c'est l'accès aux certifications de pointe. C'est précisément pour cela que nous nous sommes battus : pour les rendre disponibles au Burkina Faso. Je pense que le lancement de nos formations va susciter beaucoup d'intérêt chez les jeunes, surtout que le gouvernement indique clairement son intention de booster le secteur des technologies émergentes. Cela passe par la formation de vraies compétences.

L'autre obstacle pourrait être le coût. Alors nous avons décidé de faire un effort considérable : le tout premier niveau, qui coûte normalement autour de 600 000 F CFA, nous le proposons à 125 000 F CFA, formation et certification comprises. C'est imbattable. La même formation en France, c'est environ 1 000 euros, soit près de 650 000 F CFA, sans compter le voyage.

Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui souhaiterait se lancer dans la cybersécurité ou l'investigation numérique ?

Venez ! Nous avons mis en place tout un parcours de progression. Une personne qui suit nos formations pendant une année complète peut atteindre un très bon niveau en cybersécurité, surtout si elle possède déjà deux années de formation en informatique. Quelqu'un qui a étudié le développement informatique, ou les réseaux, ou les bases de données devrait absolument ajouter la brique cybersécurité à son profil. C'est un appel que je lance à tous les informaticiens.

Mais il n'y a pas que les informaticiens ! Tous les travailleurs, tous ceux qui utilisent un téléphone ou des outils numériques, devraient suivre le premier niveau, le CSCU (Certified Secure Computer User). La formation dure 20 heures ; à l'issue, vous passez un examen et obtenez un certificat reconnu dans le monde entier. Pour 125 000 F CFA, formation et certification comprises.

Nous ouvrons également cette certification aux adolescents à partir de 14 ans, c'est-à-dire dès la classe de 3ᵉ. Que vous soyez élève, secrétaire, comptable, enseignant, mécanicien, gendarme, policier, militaire ou de tout autre métier, vous pouvez passer le CSCU. Vous y apprenez à protéger votre téléphone, à gérer votre présence sur les réseaux sociaux et tout votre environnement numérique. Vous comprendrez le contenu de toutes nos sensibilisations habituelles, mais avec une validation officielle qui atteste que vous maîtrisez ces notions.

Et croyez-moi : quand un candidat ajoute une certification CSCU à son dossier d'embauche, le regard des recruteurs change immédiatement. Les entreprises apprécient les personnes déjà sensibilisées aux enjeux de cybersécurité.

La certification de HorusLabs désormais Centre de formation agréé EC-Council

Où voyez-vous HorusLabs dans dix ans ?

Dans dix ans, nous aimerions avoir formé au moins 5 000 jeunes en cybersécurité, et avoir formé des instructeurs un peu partout dans le pays : il faudrait qu'au moins chaque ville du Burkina Faso dispose d'un instructeur qualifié. Notre ambition, c'est aussi que chaque entreprise burkinabè, sans exception, même celle qui n'emploie que cinq personnes, dispose d'un spécialiste ou d'un ingénieur en cybersécurité.

Peut-on envisager à terme que le Burkina Faso devienne un pôle régional de formation en cybersécurité ?

Le Burkina Faso peut devenir un leader de la formation en cybersécurité. Il suffit que nous obtenions l'approbation et l'accompagnement des autorités. Nous pouvons commencer dès le 14 septembre et, grâce aux formations en ligne, le nombre de participants n'est pas un problème : mille personnes peuvent suivre simultanément une même formation et passer la même certification.

Nous pouvons organiser des sessions de 200, 300 personnes ou davantage. Certains examens comportent une partie pratique, pour laquelle les participants viennent dans notre laboratoire installer et configurer un serveur ou réaliser d'autres manipulations techniques. Mais cela ne concerne qu'une partie des certifications : la majorité des formations et des examens peuvent être suivis à distance.

Vous faites partie de ceux qui croient au potentiel de la jeunesse. Depuis le mois de juin, vous avez entamé une série de formations à l'endroit des enfants dans le domaine de la robotique et du codage, de l'intelligence artificielle et du pilotage de drone. Comment cela se passe-t-il sur le terrain ?

En réalité, cela fait déjà douze ans que nous formons non seulement des jeunes, mais aussi des enfants, dès l'âge de sept ans.

Actuellement, à l'Institut supérieur de Technologies (IST), nous proposons aux enfants une formation à l'intelligence artificielle. Nous leur apprenons à utiliser l'IA pour réviser leurs leçons, comprendre les notions mal assimilées en classe et approfondir leurs connaissances. Et nous insistons énormément sur l'utilisation responsable : pas de copier-coller, pas de triche aux examens et aux évaluations.

Cette approche, nous y croyons profondément, et les résultats parlent. Les enfants qui avaient dix ans il y a douze ans en ont aujourd'hui vingt-deux. Ils sont à l'université, et nous continuons à les suivre. Ils sont nombreux. La plupart poursuivent leurs études en Chine, au Japon, au Canada ou aux États-Unis, dans des spécialités comme la robotique ou la cybersécurité, des disciplines encore trop peu développées chez nous.

Certains reviennent même effectuer leurs stages chez nous. En ce moment, j'ai quatre stagiaires, dont deux ont suivi nos formations lorsqu'ils étaient enfants : l'un avait huit ans, l'autre onze ans quand ils ont commencé. Aujourd'hui, ils sont de retour, en stage dans notre laboratoire. Les formateurs sont pour la plupart des anciens pensionnaires de l'académie de création et d'éveil scientifique (ACES). C'est l'une de mes plus grandes fiertés.

La certification de l'expert Younoussa Sanfo qui fait de lui un instructeur sénior certifié EC-Council

Pour la session 2026, constatez-vous un engouement particulier ?

Oui, un véritable engouement, alors même que nous n'avons pas beaucoup communiqué. Et cela dépasse l'IST. Le lycée Martin Luther King de Ziniaré, l'une des meilleures écoles du Burkina Faso, qui affiche chaque année 100 % de réussite au BEPC et au baccalauréat depuis sa création, souhaite désormais intégrer nos formations dans son programme.

Notre équipe y dispense actuellement des formations pendant les vacances, et les salles sont pleines : une trentaine d'enfants suivent les cours de robotique actuellement à Ziniaré. Les enseignants que nous avons envoyés sur place sont pris en charge par l'établissement et y résident pendant toute la durée de la formation.

Quel type d'accompagnement attendez-vous de l'État ?

Honnêtement, la plus grande aide que nous pourrions recevoir viendrait de l'État. Nous souhaiterions que les autorités nous orientent davantage de jeunes à former, et que les entreprises nous envoient leurs informaticiens. L'avantage, c'est que toutes ces formations se suivent ici, au Burkina Faso : ceux qui manquent de temps peuvent suivre les cours en ligne et venir au laboratoire pour les travaux pratiques.

Je rêve de voir émerger des équipes spécialisées dans toutes les administrations stratégiques du pays. Mon rêve, c'est de créer une Red-Team au sein de la police, une autre dans l'armée, dans les douanes, dans les universités et dans les entreprises sensibles comme la SONABHY, la SONABEL ou la SOFITEX. Ces Red-Teams auraient pour mission de rechercher et d'exploiter les failles afin d'identifier les vulnérabilités des systèmes. Et à leurs côtés, il faudrait des Blue-Teams, chargées de corriger les failles détectées et de renforcer les dispositifs de protection. J'ai déjà fait ce type de formation d'unités spécialisées déjà dans plusieurs pays africains et au Burkina Faso, ça a donné une équipe très efficace qui s'appelle la BCLCC.

Un message de fin à l'endroit des jeunes qui sont fascinés par la technologie, les drones, l'intelligence artificielle ou la cybersécurité ?

Désormais, il existe un centre de formation au Burkina Faso. Nos portes sont ouvertes, venez nous voir. Ceux qui ne sont disponibles que les week-ends trouveront des sessions adaptées ; nous organiserons aussi des formations en soirée, à partir de 18 heures, pour les travailleurs.

Une personne en reconversion professionnelle peut acquérir des compétences en cybersécurité ou en investigation numérique. Un journaliste peut se former à l'investigation numérique. Un comptable aussi. Et sur l'intelligence artificielle, je ne parle pas de la simple utilisation quotidienne, mais d'une compréhension approfondie de son fonctionnement et de la capacité à influencer efficacement le comportement d'une IA.

Ce que je veux que vos lecteurs retiennent, c'est ceci : désormais, au Burkina Faso, tout le monde peut se faire former en cybersécurité, en intelligence artificielle et en investigations numériques, quel que soit son niveau, à partir de la classe de 3ᵉ, et obtenir des connaissances et un certificat reconnus dans le monde entier. Il n'y a plus de barrière. La porte est ouverte : il ne reste qu'à la franchir.

Entretien réalisé par Fredo Bassolé
Lefaso.net

Contacts utiles : Téléphones : 07 00 07 00 et 03 13 13 13
https://horuslabs.tech/inscriptions

Categories: Afrique

Burkina : Le ministère de la Transition digitale réfléchit à sa contribution pour la mise en œuvre du plan RELANCE 2026-2030

Tue, 18/08/2026 - 00:18

Le ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques tient ce lundi 17 août 2026 une session extraordinaire de son Conseil d'administration du secteur ministériel (CASEM). La rencontre réunit autour du ministre Aminata Zerbo/Sabané, présidente du CASEM, les premiers responsables des structures centrales et rattachées du ministère. Elle va constituer un cadre de réflexion sur la contribution du département ministériel à la mise en œuvre du plan RELANCE adopté en janvier 2026.

Le CASEM extraordinaire du ministère de la Transition digitale qui se tient ce jour va permettre d'examiner le rapport d'exécution des activités du plan de travail annuel au 30 juin 2026 ; d'examiner et d'adopter la version révisée du plan de travail annuel 2026 et aussi de débattre de diverses problématiques stratégiques pour le secteur du numérique. La mise en œuvre du plan de travail annuel permet d'enregistrer plusieurs acquis au 30 juin 2026. En ce qui concerne le développement d'infrastructures de communications électroniques, on note à ce niveau l'inauguration des deux datacenters modulaires et la préparation du processus de migration des données et plateformes hébergées à l'extérieur ou dans des datacenters privés, la poursuite des travaux pour la couverture des 750 localités, la finalisation de l'architecture du nouveau réseau national souverain de l'administration.

Pour ce qui est de la transformation numérique, les acquis portent essentiellement sur la refonte totale du Système intégré de gestion des courriers et documents (SIGED) ; le lancement de plusieurs plateformes dont Burkina en marche, eDimaakia, eServices publics, ePetition citoyenne et le portail des régions ; la poursuite du déploiement des plateformes transversales de l'administration CIM et CIMEXT dans 32 structures publiques ainsi que la validation de la feuille de route de l'intelligence artificielle.

Pour la ministre Aminata Zerbo/Sabané, les résultats enregistrés sont le fruit d'un engagement collectif et d'une action menée en synergie.

Au titre de l'extension et de la modernisation du réseau postal, les gros œuvres des deux "Zama Tchè" pilotes (maisons du citoyen) qui seront construits à Ouaga et à Kaya ont été lancés. Les études architecturales témoins des autres Zama Tchè à construire dans les zones rurales et urbaines ont aussi été menées. Un atelier a également été organisé sur la diffusion de la norme d'adressage postal.

Tout en félicitant ses collaborateurs pour les différents résultats enregistrés, Aminata Zerbo/Sabané a souligné qu'ils sont la résultante d'une synergie d'action. « Ces résultats dont nous pouvons légitimement être fiers sont avant tout le fruit de notre engagement, de notre persévérance et de notre capacité à agir collectivement. Ils témoignent de ce que nous sommes capables d'accomplir lorsque nous avançons unis autour d'une même ambition », a-t-elle laissé entendre.

Elle a invité les acteurs de l'écosystème du numérique à redoubler d'efforts dans le but de consolider les acquis tout en apportant des solutions novatrices face aux attentes grandissantes des populations et des acteurs économiques.

La contribution au Plan RELANCE au cœur des réflexions

Le thème retenu pour cette session extraordinaire du CASEM est « Contribution du secteur du numérique et des postes au plan RELANCE ». Il s'agit de mener la réflexion pour une contribution remarquable du secteur du numérique au Plan RELANCE sur la période 2026-2030. Moussa Badiel, directeur général des études et des statistiques sectorielles, qui a livré une communication sur la thématique, a laissé entendre que le secteur du numérique et des postes contribue à la mise en œuvre de trois piliers stratégiques du Plan RELANCE à travers trois programmes, cinq effets attendus, quinze indicateurs d'effets et 22 extrants.

Moussa Badiel, directeur général des études et des statistiques sectorielles, a présenté la contribution du secteur du numérique aux trois piliers stratégiques du plan RELANCE.

Les trois programmes portent sur le renforcement de l'accès aux infrastructures numériques, l'amélioration de la qualité des services numériques et la modernisation des services postaux. En ce qui concerne le renforcement des infrastructures numériques, l'objectif est d'améliorer la couverture numérique du territoire à travers l'augmentation du taux de pénétration de l'internet à 94 % d'ici 2030 ; l'extension du réseau de fibre optique ; l'interconnexion des administrations publiques ; le renforcement des capacités nationales de stockage et de traitement des données.

Pour ce qui est du développement des services numériques sécurisés et de qualité, l'ambition affichée est de moderniser l'administration et les services publics. Cela par la dématérialisation des procédures administratives ; la généralisation de l'identifiant unique électronique ; l'amélioration de la satisfaction des usagers.

Photo de famille des participants à la session extraordinaire du CASEM du ministère de la Transition digitale, des postes et des télécommunications

Pour l'année 2026, les principales actions prévues sont la mise en place du système d'interopérabilité des bases de données ; l'enrôlement de plus de 7,4 millions de personnes dans le système d'identification unique ; la dématérialisation de 100 procédures administratives et le déploiement d'infrastructures numériques mutualisées.

Pour ce qui est de la modernisation des services postaux, il s'agit de les rendre plus accessibles et plus performants sur l'ensemble du territoire. Les objectifs à l'horizon 2030 comprennent un taux de couverture géographique des agences postales de 42,7 % ; 295 points de contact postaux fonctionnels et une croissance annuelle minimale de 6 % des comptes financiers postaux.

Armelle Ouédraogo
Dalilha Ky (stagiaire)
Lefaso.net

Categories: Afrique

Route dégradée à Saaba : Les populations passent à l'action tout en sollicitant l'aide des autorités

Tue, 18/08/2026 - 00:11

À Saaba, dans la région du Kadiogo, les populations ont décidé de ne plus attendre face à la dégradation avancée de la voie reliant le marché principal au rond-point en direction de la zone 1, appelée communément Guinkouma. La Fédération des associations des cités Saaba 2, Saaba 3 et Dakouré a lancé, le dimanche 16 août 2026, une opération de réhabilitation communautaire. L'opération est dénommée « Ramener le bus SOTRACO à la mairie de Saaba ». Cette action répond à l'appel du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui est que les populations se mobilisent pour la construction du Burkina Faso.

Pioches, pelles, brouettes et sacs de latérite en main, enfants, jeunes, adultes et personnes âgées ont pris part aux travaux. L'objectif affiché est clair : améliorer rapidement l'état de la voie afin de permettre notamment le retour du bus de la Société de transport en commun (SOTRACO) jusqu'à la mairie de Saaba. Depuis plusieurs années, l'état de cette route constitue une difficulté pour les habitants. Les nombreux nids-de-poule, les zones fortement dégradées et les bourbiers rendent les déplacements particulièrement pénibles, surtout pendant la saison des pluies.

Une partie de la route en question

Face à cette situation, le bus SOTRACO avait dû déplacer son terminus de plus de deux kilomètres. Ce qui contraint les usagers à parcourir une distance supplémentaire pour rejoindre leurs destinations. « Actuellement, c'est comme si la commune de Saaba n'avait qu'un seul arrêt de bus. Parce que l'arrêt qui se trouve là où il y a la majorité de la population n'est plus accessible à cause de l'état de la voie. Le bus n'arrive plus à la mairie de Saaba. Les populations sont obligées de parcourir environ 2,5 km pour avoir un arrêt de bus. De nombreuses personnes ne peuvent plus se rendre facilement à la mairie et au tout premier CSPS de la commune pour les actes administratifs et les soins de santé. Cette situation est très pénible pour les riverains », a expliqué le porte-parole de la fédération, Mady Sawadogo.

Le porte-parole de la fédération, Mady Sawadogo

Pour réhabiliter les parties les plus endommagées, les populations ont recours à la technique japonaise Do-Nou. Cette méthode consiste à remplir des sacs avec de la terre ou de la latérite, à les compacter puis à les disposer dans les zones dégradées afin de stabiliser la chaussée.

Des riverains en train de mettre des cailloux et de terre dans les nids de poules

Cette solution, peu coûteuse et réalisable avec des moyens locaux, permet aux habitants de traiter rapidement les points les plus difficiles de la voie. Elle ne constitue toutefois qu'une réponse d'urgence, en attendant une réhabilitation plus durable de l'axe. Sur le terrain, la mobilisation est importante. Les habitants travaillent côte à côte pour combler les trous et améliorer les passages les plus difficiles.

Une autre partie de la route

En octobre, c'est la rentrée scolaire au Burkina Faso, le secrétaire général craint que cette situation n'affecte le processus scolaire normal des élèves. « Bientôt ça sera la rentrée. Si rien n'est fait, les élèves iront en retard à l'école à cause du non-accès au bus. Imaginez-vous si les élèves doivent parcourir environ 2,5 km pour accéder à un arrêt de bus. Ça sera difficile pour eux. Nous sollicitons l'aide de nos autorités compétentes pour la réhabilitation de cette route. Notre action ne pourra pas résoudre définitivement le problème. C'est juste une solution temporaire », a souligné M. Sawadogo.

À travers cette action, la fédération apporte sa contribution au développement local pour le bien-être des populations. L'association des résidents de la cité Saaba 2 avait mobilisé la somme de 10 millions de francs pour le reprofilage d'environ 10 km des voies de la cité. Elle mène régulièrement des activités de développement communautaire. Grâce à ses actions, l'initiative présidentielle lui a apporté son soutien en envoyant une équipe pour effectuer des travaux durant deux semaines.

Le porte-parole Mady Sawadogo en chemise bleu et des résidents des cités

Rama Diallo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Tchad : Désormais dans une liberté au goût d'inachevé, l'opposant Succès Masra aménage sa résilience politique

Tue, 18/08/2026 - 00:07

Après une année de prison, alors qu'il avait écopé d'une peine de 20 ans ferme, l'opposant tchadien, Succès Masra, a recouvré la liberté et retrouvé les siens dans la nuit de vendredi à samedi 15 août 2026. C'est la résultante d'une grâce présidentielle accordée par le président de la République Mahamat Idriss Déby Itno, dont il avait également été, pour quelques mois, le Premier ministre. Si le leader de l'opposition politique au Tchad n'est pas le seul à bénéficier de cette largesse, il attire cependant les projecteurs, et à juste titre.

Trivialement, on dira que la trajectoire n'a pas été ‘'trahie'' par le leader de l'opposition politique tchadienne, Succès Masra, tant en Afrique, opposition rime avec percussions et séjour en prison. Signalons au passage qu'il a également connu l'exil en octobre 2022, suite à une manifestation qui a fait plusieurs. Le cas Masra est d'autant plus édifiant que, quelques mois seulement avant son déboire, il était le chef du gouvernement, Premier ministre du même président de la République, de janvier à mai 2024.

À cette brève transition qui a été assortie de l'élection présidentielle, Succès Masra s'est présenté candidat contre son président sortant, Mahamat Idriss Déby Itno, candidat à sa propre succession. Ce dernier est élu par 61 % des suffrages contre 18,54 % pour Succès Masra, remplacé quelques jours après à la Primature.

Les semaines qui vont suivre ramènent à la surface un audio de 2023, dit « affaire Mandakao », un village, théâtre, en début mai 2025, d'affrontements inter-communautaires sanglants, qui ont causé la mort d'au moins 40 personnes. Succès Masra est poursuivi pour incitation à la violence, sur la base de ce message vocal émis en 2023. L'ancien allié est, au bout d'un procès, condamné le 9 août 2025 à 20 ans de prison pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et « complicité de meurtre ». Ses partisans dénoncent des pratiques politiques ‘'malsaines'' de la part du pouvoir.

Une année après le verdict, l'opposant bénéficie (avec huit autres du même bord politique, la plateforme d'opposition Groupe de concertation des acteurs politiques, GCAP) d'une grâce présidentielle du Maréchal du Tchad Mahamat Idriss Déby Itno. L'acte, signé le 14 août, intervient quatre jours après l'annonce à la nation par le chef de l'État de gracier des Tchadiens condamnés. Le décret gracie donc des responsables politiques « en porte-à-faux avec la justice », dont Succès Masra, leader de l'opposition. « Ils sont pardonnés par le chef de l'État. Mais la grâce ne supprime pas les peines civiles qui restent poursuivables », précise la présidence de la République.

Si l'opposant recouvre donc la liberté, sa carrière politique reste subordonnée à la suite, en ce sens que la grâce présidentielle « met seulement fin à l'exécution de la peine, mais n'efface pas la condamnation, l'amende, les conséquences juridiques ». C'est dire qu'à ce stade, le jeune leader politique de l'opposition reste inéligible. Pour espérer briguer la magistrature suprême, il faut que suive une amnistie qui, elle, aura pour conséquence d'effacer la condamnation, l'amende, les conséquences juridiques. Cela est une autre paire de manches à intégrer désormais dans la donne. Et l'homme semble avoir aussitôt pris la mesure de cet enjeu. En effet, quelques heures seulement après sa sortie de cellule, Succès Masra s'est d'abord montré reconnaissant à celui que nombreux de ses partisans considèrent comme un « bourreau » avant de prendre les devants en avançant ses pions. « Je retrouve la liberté, plein d'espérance et tourné vers l'avenir. C'est dans cet esprit que je suis avec vous. C'est un jour de grâce et j'espère que ça va être transformé en des décennies de grâce pour le peuple tchadien. (…). Le président Mahamat sait que ma place n'était pas en prison, mais il aurait pu m'y laisser. Il a choisi de me libérer. Il sait que je serai très utile à ce pays en dehors de là où on m'a envoyé, et donc ma préoccupation, c'est l'avenir », a déclaré Succès Masra.

L'ancien Premier ministre envisage l'avenir sous plusieurs angles. De ce fait, il ne crache pas sur une co-gestion du pouvoir, notamment par le biais d'un gouvernement d'union. « Le président m'a répondu qu'il a accepté, lui-même, l'idée d'une commission paritaire pour le dialogue, mais il faut aller plus loin. Nous sommes un pays de régime présidentiel, donc le véritable pouvoir est au niveau de l'exécutif. En tant que chef de l'État, il peut décider de mettre en place un gouvernement d'union et de changement dans lequel l'ensemble des Tchadiens pourront se retrouver », avance l'opposant.

Il s'érige en rassembleur, plaidant la cause de tous les Tchadiens. « Devant nous, il y a cinq ans où nous pouvons avoir une sorte de trêve politique et nous pouvons, en cinq ans, avec tous les Tchadiens, pas le président de la République, lui seul, et moi, mais avec tous les autres, ceux qui viennent de sortir de prison, ceux qui sont à la diaspora et les autres, nous pouvons bâtir quelque chose de solide, en hommes d'État capables d'apporter des solutions pour l'avenir. » Il faut faire en sorte que nous puissions aller vers ce chemin-là. Vous voyez la joie que les Tchadiens ressentent, rien que de ces libérations ! Imaginez que nous allions un peu plus loin… Je suis un homme d'espérance. Je pousse les portes pour faire en sorte que les incompréhensions cessent et que, finalement, nous ouvrions les portes et que nous libérions les énergies du Tchad », a-t-il soutenu.

Cette ‘'offre'' sortie de l'opposant a obligé le pouvoir à communiquer. Alors, dès le 16 août, le président de la République Mahamat Idriss Déby Itno déclare, sur Facebook, « renouveler sa confiance au Premier ministre, ainsi qu'à l'ensemble de son équipe ». Puis, la réaction du parti présidentiel, le Mouvement patriotique du Salut (MPS), à travers son porte-parole, Abdel Nasser Garboa, qui exclut l'hypothèse de la formation d'un gouvernement d'union nationale, tout en laissant cependant ouverte la porte de son intégration au gouvernement. « Au niveau du MPS, nous ne voyons pas l'utilité d'un gouvernement d'union nationale. Nous ne sommes pas actuellement dans une situation de transition. Il y a un chef d'État qui a été élu sur la base d'un programme politique, et le programme politique est en exécution. Nous sommes pratiquement à mi-mandat, donc nous préparons les prochaines échéances électorales. Et donc, je ne vois ni l'opportunité ni l'intérêt d'un gouvernement d'union nationale en ce moment. Mais le chef de l'État est souverain, il a des pouvoirs discrétionnaires. Il peut faire appel à tout Tchadien pour l'accompagner dans la mise en œuvre de son programme politique. Dans ce cas, d'autres Tchadiens de son choix peuvent venir rejoindre le gouvernement. D'ailleurs, actuellement, au sein du gouvernement, une dizaine de partis politiques sont représentés. En plus de cela, les ex-politico-militaires sont représentés dans ce gouvernement. Donc, je ne vois pas pourquoi il faudrait ouvrir pour tel ou tel ou fermer pour tel ou tel. Tous les Tchadiens se valent », s'est étalé le porte-parole du parti au pouvoir, dont les propos ont été relayés par les médias internationaux.

Le parti au pouvoir trouve, en outre, en l'opposant, un « personnage bipolaire », avec d'une part, des propos élogieux envers le président de la République « pour revenir dans le gouvernement » et d'autre part, « un langage assez belliqueux et destiné à ses militants les plus radicaux ». Ce qui rendrait Succès Masra « un peu infréquentable », selon le porte-parole du MPS.

À 42 ans, Succès Masra, celui-là même qui a quitté en 2018 le poste d'économiste en chef à la Banque africaine de développement (BAD) pour entrer dans son pays, réorganise donc, au sortir de cette épreuve de prison, sa résilience politique. Il faut donc attendre de voir et le juger à l'acte, car, comme lui-même l'a confié dans une interview accordée à Lefaso.net lors de son passage à Ouagadougou en mai 2022 : « Plus jamais, les impossibilités ne feront partie de notre vocabulaire ».

O.L.
Lefaso.net

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Burkina/Santé : L'UNFPA et le Canada renforcent les équipements des structures sanitaires

Tue, 18/08/2026 - 00:07

Le Fonds des nations unies pour la population (UNFPA), avec l'appui financier du gouvernement du Canada, a remis, ce lundi 17 août 2026 à Ouagadougou, du matériel roulant, médico-technique et du mobilier de bureau au ministère de la Santé. Ce don vise à renforcer les capacités des structures sanitaires, à faciliter les évacuations sanitaires et à améliorer l'accès des populations aux soins.

Le don est composé de trois ambulances, de 200 lits d'hôpital, de 115 tables d'accouchement, d'autres équipements médico-techniques, de mobilier de bureau et de médicaments. Cette donation contribuera, selon les donateurs, à renforcer la résilience des structures sanitaires dans l'accomplissement de leur mission en faveur de la santé et de la protection des femmes et des filles.

Selon Yves Sassenrath, représentant résident de l'UNFPA au Burkina Faso, cet appui vise notamment à contribuer à la réouverture et au fonctionnement de formations sanitaires, ainsi qu'à faciliter les évacuations sanitaires au profit des populations.

Yves Sassenrath, représentant résident de l'UNFPA au Burkina Faso

Cette remise s'inscrit, ajoute-t-il, dans le cadre de la mise en œuvre du projet financé par le Canada, dénommé « Renforcement de l'accès aux services de santé reproductive, de l'état civil et de la cohésion sociale au Burkina Faso ». Ce projet est mis en œuvre au Burkina Faso sur une période de cinq ans, de 2024 à 2028.

Yves Sassenrath a également indiqué qu'au titre de l'année 2026, la contribution annuelle de l'UNFPA aux activités de santé, hors ces acquisitions, est estimée à 2,481 milliards de francs CFA, soit 4,4 millions de dollars américains. Des perspectives de mobilisation de ressources sont également en cours.

Selon les donateurs, le plein du carburant a été fait pour chaque ambulance afin de faciliter leur mise en circulation

L'ambassadrice du Canada au Burkina Faso, Tina Guthrie, a rappelé que ce don est le fruit de la bonne collaboration entre le Burkina Faso et le Canada.

Le ministre de la santé, Lucien Kargougou, a, pour sa part, salué ce geste d'accompagnement des partenaires du Burkina Faso. Selon lui, cette contribution témoigne d'une coopération « fructueuse et efficace », axée sur les besoins du pays.

Il a par ailleurs invité les autres partenaires du Burkina Faso à s'inspirer de cet exemple, tout en inscrivant leurs actions dans les priorités et la vision des autorités burkinabè.

L'ambassadrice du Canada au Burkina Faso, Tina Guthrie, au volant d'une des nouvelles ambulances

Le ministre a également saisi cette occasion pour lancer un appel aux partenaires et féliciter l'UNFPA pour son appui constant. « Il faut que nous ne franchissions pas. On doit aller au-delà de l'alignement théorique pour aller vers un alignement qui est beaucoup plus pratique, pragmatique et concret. Parce que le plus souvent, on parle d'alignement et, quand vient le moment de se mettre autour de la table pour que chaque partenaire technique et financier mette ce qu'il a comme argent dans le panier commun, en l'occurrence au Burkina, on ne voit presque aucun partenaire », a-t-il laissé entendre.

Le ministre de la santé, Lucien Jean Claude Kargougou, a félicité l'UNFPA et le Canada pour leur soutien aux initiatives du développement du Burkina Faso

Il a toutefois salué la contribution de l'UNFPA, qui, selon lui, « fait la différence » en continuant à injecter des ressources directement dans le Programme d'appui au développement sanitaire (PADS). « Elle fait la différence et continue de mettre de l'argent directement au Programme d'appui au développement sanitaire (PADS), notamment environ 1 milliard sur l'année 2026. Et ce financement passe par le panier commun du PADS et contribue à financer directement les plans d'action des districts et des directions régionales de la santé », a-t-il confié.

L'UNFPA, un acteur majeur de la santé sexuelle et reproductive

Pour rappel, l'UNFPA est l'agence des nations unies chargée des questions de population et de santé sexuelle et reproductive. Sa mission est de contribuer à créer un monde dans lequel chaque jeune fille et chaque garçon peut réaliser pleinement son potentiel.

Le ministre de la santé reçoit les clés des nouvelles ambulances des mains de l'ambassadrice du Canada et du représentant résident de l'UNFPA

De 2026 à 2029, son action s'articule autour de quatre résultats interdépendants : accélérer les progrès pour répondre aux besoins non satisfaits en matière de planification familiale ; accélérer les progrès pour mettre fin aux décès maternels évitables ; accélérer les progrès pour mettre fin aux violences basées sur le genre et aux pratiques néfastes ; et s'adapter aux changements démographiques au moyen de politiques fondées sur les droits et étayées par des données probantes.

Présent au Burkina Faso depuis 1973, l'UNFPA y maintient une forte présence aux niveaux central et opérationnel, aussi bien dans le domaine du développement que dans celui de l'aide humanitaire. Il œuvre notamment à garantir l'accès universel à la santé sexuelle et reproductive, à faire respecter les droits reproductifs de tous et à accélérer la mise en œuvre de son programme au Burkina Faso.

Serge Ika Ki
Ismaël Ouédraogo (stagiaire)
Lefaso.net

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S. Moussa Sigué : Du Ouahigouya natal aux USA, l'ancien infirmier militaire capitalise à travers sa société spécialisée, Faucon Pèlerin Security

Tue, 18/08/2026 - 00:06

En dépit de la distance, de nombreux Burkinabè de la diaspora ne tarissent pas d'initiatives concrètes pour renforcer leur attachement continu à la mère-patrie, contribuant également aux dynamiques nationales. De ceux-là, S. Moussa Sigué, Burkinabè résidant aux USA. De son Ouahigouya natal, il a servi pendant plusieurs années en qualité d'infirmier militaire, carrière au cours de laquelle il a participé à plusieurs missions, aussi bien sur le territoire national qu'à l'international. Perfectionniste animé d'esprit de rigueur, comme aiment à le présenter amis et connaissances, M. Moussa Sigué a, dans cette quête constante d'excellence, poursuivi ses études au pays de l'Oncle Sam, où il évolue dans le domaine médical. L'attachement de M. Sigué à son pays, le Burkina Faso, se traduit par plusieurs approches. C'est dans cet esprit qu'il a bien voulu, à travers cette interview réalisée en ligne, présenter « Faucon Pèlerin Security », une société spécialisée de sécurité, avec plusieurs axes d'intervention. Au-delà du national, « Faucon Pèlerin Security » œuvre à se positionner comme une référence dans l'espace de l'Alliance des États du Sahel (AES). Interview !

Lefaso.net : Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre entreprise spécialisée, Faucon Pèlerin Security ?

S. Moussa Sigué : Faucon Pèlerin Security est une société burkinabè de sécurité privée, créée le 4 août 2025. Elle a pour mission d'assurer la protection des personnes et de leurs biens, en proposant des prestations de sécurité fiables, professionnelles et adaptées aux besoins de chaque client.

D'où tenez-vous la motivation de création d'une entreprise dans ce domaine, très exigeant ?

La création de Faucon Pèlerin Security est née de ma passion de longue date pour les métiers de la sécurité. Face aux défis sécuritaires auxquels notre sous-région est confrontée, j'ai estimé qu'il était temps de concrétiser ce rêve et d'apporter, à mon humble niveau, une contribution à la construction et à la sécurisation de notre chère patrie, le Burkina Faso.

Quelles sont les principales prestations qu'offre la société et la zone d'intervention (représentativité territoriale) ?

Faucon Pèlerin Security intervient sur l'ensemble du territoire national. Elle propose notamment le gardiennage et la surveillance ; la sécurité rapprochée ; la sécurité événementielle ; la formation des agents de sécurité ; les enquêtes privées (détective privé) ; le transfert de fonds ; les services de maître-chien ; l'installation et la maintenance de systèmes de vidéosurveillance.

À quelles entités s'adressent (ou prioritairement) vos prestations ?

Comme on peut le constater, au regard des axes d'intervention, les prestations de Faucon Pèlerin Security s'adressent à tout le monde, à toutes les entités. Tout est fait de sorte à pouvoir prendre en compte les besoins spécifiques du client ; qu'il soit individuel ou collectif, personne physique ou morale (entreprises, institutions, organisations, etc.).

Notre priorité absolue, c'est la satisfaction de nos clients. De ce fait, nous nous engageons à répondre efficacement à leurs besoins, tout en leur offrant des prestations de qualité, fondées sur le professionnalisme, la réactivité et la confiance.

On constate que le secteur est en plein essor, qu'est-ce qui fait la particularité de votre société ?

Notre différence repose sur trois piliers essentiels :
une grande rigueur opérationnelle ;
la formation continue de nos agents ;
un système de suivi qualité impliquant directement nos clients.

À cet effet, chaque client dispose d'une fiche d'évaluation hebdomadaire des agents affectés à son site, ainsi que d'une boîte à suggestions. Ces outils nous permettent de recueillir leurs observations et d'améliorer continuellement la qualité de nos prestations.

Quel est le processus de recrutement de vos hommes/agents et les exigences générales à même de vous permettre d'atteindre l'efficacité et la notoriété que vous recherchez ?

Nous recrutons des personnes de bonne moralité, ayant idéalement des connaissances dans le domaine de la sécurité. Après leur recrutement, elles suivent un programme de formation continue, afin de maintenir un niveau élevé de compétence et de professionnalisme.

Quels sont les mécanismes mis en place pour parvenir à la performance et garder le cap dans ce secteur qui connaît la concurrence et de nombreux autres défis ?

Nous investissons constamment dans le renforcement des capacités de nos agents à travers des formations portant notamment sur :
le secourisme ;
la self-défense ;
la prévention des risques ;
la gestion de crise ;
l'utilisation des nouveaux équipements de sécurité.

Cette démarche nous permet d'assurer des prestations conformes aux standards professionnels.

À tort ou à raison, le secteur est assimilé à la précarité de ses agents sur le terrain. Quel va être votre positionnement par rapport à cette perception, quand on sait que les conditions ont un lien avec la qualité du travail ?

Notre vision est claire : nous misons avant tout sur la formation et la professionnalisation de nos propres agents, afin qu'ils répondent pleinement aux exigences de notre entreprise ainsi qu'aux attentes de nos clients. La vision de Faucon Pèlerin Security prend donc en compte tous ces aspects, car c'est tout cela qui fait la professionnalisation.

De l'extérieur, comment rassureriez-vous que tout fonctionne bien et efficacement comme vous le souhaitez ?

Même en étant à l'extérieur du pays, j'ai constitué une équipe dirigeante expérimentée, compétente et partageant la même vision que moi. Grâce à cette organisation, Faucon Pèlerin Security connaît une évolution constante et intervient déjà, en moins d'une année d'existence, aussi bien auprès de clients privés que d'institutions publiques.

Quelles sont vos perspectives pour les prochaines années ?

Notre ambition est de devenir une référence de la sécurité privée au Burkina Faso, en étendant progressivement notre présence sur l'ensemble du territoire national. Nous envisageons également de nous développer dans les pays membres de l'Alliance des États du Sahel (AES).

Quel message vous reste-t-il pour clore ?

Le message que je souhaite adresser est avant tout un message de paix. Je formule le vœu que notre sous-région retrouve durablement la paix, et le plus rapidement possible. C'est sur elle que repose tout développement. Sans paix, il est impossible de bâtir un avenir solide, de concrétiser nos projets ou d'atteindre nos ambitions. Ensemble, œuvrons, chacun à son niveau, pour la paix, gage de stabilité, de progrès et de prospérité pour tous.

Adresse : Ouagadougou, Marcoussis, Secteur 37

Téléphones :
+226 76 20 12 67
+226 70 70 98 91
E-mail :
fauconpelerin25@gmail.com

Réseaux sociaux :
Facebook – TikTok – Instagram : Faucon Pèlerin Security

Interview réalisée en ligne par O. L.
Lefaso.net

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Recrutement à l'ONEA : L'institution met en garde contre les arnaques

Tue, 18/08/2026 - 00:05

L'Office national de l'eau et de l'assainissement (ONEA) appelle les candidats à la vigilance face aux tentatives d'arnaque liées au processus de recrutement actuellement en cours. L'Office rappelle notamment qu'aucun paiement n'est exigé pour participer à ses tests de recrutement.

Dans un communiqué, l'ONEA invite les candidats à faire preuve de prudence, particulièrement lors de la transmission de leurs informations personnelles. L'Office insiste sur le fait qu'aucun paiement n'est requis pour postuler ou participer à ses tests de recrutement.

L'ONEA précise que le recrutement exceptionnel actuellement en cours est conduit exclusivement par le cabinet PERCEPTIS, à travers la plateforme officielle de l'Office : recrutement.onea.bf. Les résultats du processus seront également communiqués par les canaux officiels de l'ONEA.

De ce fait, l'institution met en garde les candidats contre toute autre adresse électronique ou tout autre site internet qui prétendrait être lié au recrutement. Ces plateformes ne proviennent pas de l'ONEA et ne doivent en aucun cas être utilisées pour déposer une candidature ou transmettre des informations personnelles.

L'ONEA recommande ainsi aux candidats de vérifier systématiquement l'authenticité des informations relatives au recrutement avant toute démarche. Cette vigilance doit notamment permettre d'éviter de tomber dans le piège de personnes mal intentionnées qui pourraient profiter de la recherche d'emploi pour soutirer de l'argent ou des données personnelles aux candidats.

Pour toute information complémentaire, les candidats peuvent contacter la Direction des Ressources humaines de l'ONEA aux numéros 25 42 19 00 à 08, ou le cabinet PERCEPTIS à l'adresse contact@perceptis.net

Lefaso.net
Source : ONEA

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Commune de Siglé : « La redevabilité n'est pas un simple exercice administratif ; c'est un devoir moral, essentiel à une gouvernance locale transparente » (PDS, Ismaël Kaboré)

Tue, 18/08/2026 - 00:05

La Délégation spéciale de Siglé, commune rurale située dans la province du Boulkiemdé (région du Nando) était face à ses administrés, le jeudi 13 août 2026, dans le chef-lieu de ladite collectivité, pour rendre compte de sa gestion 2022-2025, recueillir les appréciations et dégager les perspectives. Cette journée, qui a mobilisé des participants résidants et des ressortissants venus d'autres contrées, a été placée sur le thème : « Transparence et dialogue citoyen : bilan des actions et perspectives pour le développement de la commune de Siglé ».

La journée de redevabilité trouve son fondement dans la loi portant Code général des collectivités territoriales, a d'abord situé, dans son discours d'ouverture, le Président de la délégation spéciale (PDS) de Siglé, Ismaël Kaboré. Il a ensuite félicité la mobilisation, à cet effet, des franges sociales de la population, de responsables et représentants de services déconcentrés de l'Etat, de leaders d'organisations de la société civile, des autorités coutumières et religieuses ainsi que des filles et fils de la localité résidant hors de la commune.

C'est devant cette assistance diversifiée que, le premier responsable de l'exécutif communal, président de la délégation spéciale, Ismaël Kaboré, avec son équipe, a déroulé les activités et actions menées de 2022 à 2025.

Ainsi, tous les secteurs de la vie de la commune ont été, un à un, passés au peigne fin ; de l'administration au quotidien de la commune aux réalisations dans les domaines sociaux de base (santé, éducation, desserte en eau, assainissement, renforcement de capacités matérielles de service de sécurité, etc.) aux infrastructures économiques (construction de marchés, boutiques, accompagnements à des initiatives de production…), en passant par la formation du capital humain (actions de sensibilisation, renforcement de capacités en matières entrepreneuriales, etc.).

Le PDS, Ismaël Kaboré (au milieu), avec à sa droite, le vice-président de la délégation spéciale, T. Gaston Kaboré, et à sa gauche, le secrétaire général de la mairie, Issa Zéba.

Du chapelet de réalisations et actions, on peut retenir, dans le domaine de l'administration et connexes, la construction de murs de la mairie et de la Maison des jeunes, l'acquisition de fournitures, matériel informatique et de bureau, installation de système d'éclairage solaire, suivi et contrôle de travaux, étude de faisabilité pour la réalisation de la gare routière.

Sur l'axe dédié à l'eau et à l'assainissement, la Délégation spéciale a à son actif, de 2022 à 2025, et entre autres, la réalisation de plusieurs forages positifs ; le suivi-contrôle des travaux de réalisation des forages (la commune abritant également des personnes déplacées internes) ; la construction de latrines à la Maison des jeunes et à la CEEP ; le suivi-contrôle des travaux de construction des latrines.

Dans le volet lié aux infrastructures marchandes ou commerciales, on loge dans la période concernée, la construction et le suivi-contrôle des travaux de plusieurs dizaines de boutiques de rue et de deux abris compteurs au marché, l'érection et le suivi-contrôle des travaux du mur de clôture de la gare routière, la construction d'un hall central à la gare routière.

Pendant des heures, les participants ont parcouru le bilan, volet par volet.

Dans le domaine de l'éducation, les actions sont également importantes. On peut retenir des acquisitions de tables-bancs, de fournitures scolaires, de vivres (pour la cantine scolaire) pour des établissements de la commune ; la construction et la réfection de salles de classe ; des appuis divers pour l'organisation d'activités scolaires.

En ce qui concerne le secteur de la santé, en plus de la réfection du dispensaire de Kouria, de l'acquisition de produits pharmaceutiques, de petits matériels médico-techniques et de protection, les actions ont porté sur diverses dotations indispensables au fonctionnement, tels que le carburant, le gaz, des fournitures de bureau, des sources d'énergies, etc.

On retient également qu'au titre de l'intervention des projets et programmes, la commune a bénéficié de la construction de bâtiment au profit du service foncier rural et d'infrastructures économiques.

Selon des participants, la journée de redevabilité est aussi un moment de pédagogie et de consolidation des liens sociaux.

Diverses autres actions ont porté sur l'agriculture, des formations et sensibilisations, des soutiens aux forces de défense et de sécurité ainsi que des volontaires pour la défense de la patrie dans la lutte contre l'insécurité.

Dans la dynamique imprimée par la RPP

Pour 2026, la Délégation spéciale entend renforcer les actions, notamment dans les secteurs sociaux de base (éducation, santé, eau et assainissement, cohésion sociale…).

« A l'image des braves populations qui n'ont pas baissé les bras, nonobstant la crise et ses conséquences, la délégation spéciale est, elle aussi, restée résiliente et combative. Elle a donc pu poser des actions. Ces actions ont été rendues possibles grâce à l'appui de l'Etat et des partenaires techniques et financiers constamment engagés à nos côtés dans ces moments de rareté des ressources et dont nous saluons l'apport inestimable au profit de nos communautés. (…). La redevabilité n'est pas un simple exercice administratif ; c'est un devoir moral, une exigence démocratique et la pierre angulaire d'une gouvernance locale transparente », a commenté le président de la délégation spéciale, Ismaël Kaboré, rappelant ici les idéaux et la vision de la Révolution progressiste populaire (RPP) en matière de dynamique de développement.

Pasteur Philippe Sawadogo

La présentation du bilan a été suivie d'échanges directs avec les participants. Cette phase a enregistré de nombreuses réactions dans cette salle de l'hôtel de ville où s'est tenue la rencontre. Ces prises de parole ont consisté essentiellement en des expressions de félicitations, pour les résultats obtenus dans ce contexte d'énormes défis et d'encouragements à maintenir le cap.

Aussi, des administrés ont souhaité davantage de désenclavement de la commune, le renforcement de certaines actions dans les domaines de l'éducation et de la santé. On note également qu'à cette journée, des participants ont pris l'engagement de contribuer à la sensibilisation des populations de la commune au civisme fiscal.

Au sortir de la séance, Carlos Kaboré, ressortissant de la commune, félicite l'autorité pour ce qui est fait comme réalisations. « C'est vrai que pour nous, ressortissants vivant hors de la commune, on voit les réalisations physiques, mais il y a des acquis qui ne sont pas physiques, que le bilan permet de comprendre. Donc, cette journée de redevabilité est très bien pour nous populations, je félicite vraiment la délégation spéciale pour l'avoir également organisée », a-t-il commenté.

Carlos Kaboré

Le pasteur Philippe Sawadogo, membre de la Délégation spéciale, salue, lui également, les résultats engrangés et exhorte l'équipe à poursuivre dans cette dynamique pour le bonheur des populations.

Même satisfaction pour la responsable de la coordination communale des femmes de Siglé, Bernadette Zongo, qui s'est attardée sur les actions en matière de santé, éducation et d'eau. Pour elle, les femmes sont les premières bénéficiaires directes et indirectes des services sociaux de base. Elle a, en outre, plaidé pour l'extension du périmètre maraîcher, car, souligne-t-elle, il profite énormément aux femmes en période de saison sèche. « Grâce au périmètre aménagé, les femmes cultivent, utilisent une partie pour leur propre consommation et vendent l'autre partie ; ce qui est bien non seulement pour leurs familles, mais également pour l'économie locale. Avec ce que nous avons appris au cours de cette journée de redevabilité, nous allons, de retour, sensibiliser également les femmes à s'acquitter des taxes ; ce type de cadres permet aux gens de comprendre où vont les taxes qu'on récolte auprès d'eux », a exprimé Mme Zongo.

Bernadette Zongo

Cette tribune a, par ailleurs, permis à la délégation spéciale et à l'ensemble des participants à cette journée de redevabilité, de féliciter et encourager les plus hautes autorités pour la direction et l'élan qu'elles ont imprimés à la gestion du pays pour le bien-être des populations et du peuple burkinabè. C'est d'ailleurs dans cet esprit qu'ils ont relevé et salué le fait qu'une partie non-négligeable des réalisations a été faite sur ressources propres. Occasion donc pour exhorter les habitants de la commune au civisme fiscal et à l'esprit d'initiatives, aux fins d'atteindre, dans les années à venir, une souveraineté en matière de mobilisation de ressources et d'investissements, telle qu'encouragée par la RPP.

Située au nord-ouest de la capitale, à une cinquantaine de kilomètres, la commune de Siglé compte un peu plus de 45 mille âmes, reparties essentiellement entre 18 villages.

O.L
Lefaso.net

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In memoria : GNAMITÉ LUC ISAAC BICABA

Mon, 17/08/2026 - 22:30

1er anniversaire du rappel à Dieu

18 août 2025 – 18 août 2026

« Ceux que nous avons aimés ne nous quittent jamais vraiment. Ils vivent à jamais dans nos cœurs, dans nos souvenirs et dans l'héritage de leur amour. »

Il y a un an, le 18 août 2025, le Seigneur rappelait à Lui notre très cher et regretté
GNAMITÉ LUC ISAAC BICABA
Précédemment Secrétaire Général de Coris Bank International Guinée

Son départ a laissé un immense vide dans le cœur de sa famille, de ses proches, de ses amis, de ses collègues et de tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître.

En ce premier anniversaire de son rappel à Dieu, son souvenir demeure vivant. Son intégrité, sa générosité, son professionnalisme, sa foi et son sens élevé du devoir continuent d'inspirer tous ceux qui ont croisé son chemin.

La famille remercie une fois de plus toutes les personnes qui les ont soutenus par leurs prières, leurs visites, leurs messages et leurs nombreuses marques de compassion durant cette douloureuse épreuve.

À l'occasion de cette date anniversaire, ils vous invitent à avoir une pensée pieuse pour le repos de son âme et à vous unir à eux dans la prière afin que le Seigneur, dans son infinie miséricorde, lui accorde le repos éternel et la lumière sans fin.

« Seigneur, je ne te demande pas pourquoi tu nous l'as enlevé ; je te remercie de nous l'avoir donné. » — Saint Augustin

Que son âme repose en paix.

Union de prières.

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Décès de TINDANO Kili Jerôme : Remerciements

Mon, 17/08/2026 - 21:30

Décès de TINDANO Kili Jerôme : Remerciements

« Absent de notre vue, tu resteras à jamais dans nos cœurs PAPA »

Les grandes familles : TINDANO, YARGA, BOURGOU, DAMBINA ;

Les familles alliées : DABOURGOU, MILA, NADINGA, SAVADOGO, YE, et SOME ;
Son épouse : Madame TINDANO Lébébila Martine ;

Ses enfants : Ida, Gaétan, Alida, Olivier.

Vous renouvellent leurs sincères remerciements, pour les innombrables témoignages de compassion, de sympathie et de soutiens multiformes à leur égard, lors du rappel à Dieu le 01 août 2026 de leur frère, fils, oncle, époux, père, grand-père : TINDANO Kili Jerôme, Inspecteur d'Histoire Géographie à la retraite.

Puisse Dieu vous le rendre au centuple de vos bienfaits.

(1 Thessaloniciens 5/8 « Mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, ayant revêtu la cuirasse de la foi et de la charité et ayant pour casque l'espérance du salut. »)

DEMANDE DE MESSES POUR LE REPOS DE L'AME DE TINDANO K. JEROME

Categories: Afrique

Décès de KAFANDO/TONTOROGOBO Mariam Cécile : Faire part

Mon, 17/08/2026 - 15:23

« Je ne meurs pas, j'entre dans la vie »
Sainte Thérèse de Lisieux

Sa Majesté le Naba Saaga de Zitenga dans la province du Bassitenga ;
Sa Majesté le Naba Ligdi de Wemtenga à Ouagadougou ;
Les grandes familles : KAFANDO, COMPAORE, OUEDRAOGO, à Zitenga, Kombissiri, Ouagadougou ;
Les familles alliées : TONTOROGOBO, OUEDRAOGO, SAWADOGO, DA, SAVADOGO, ZARE, SANGARE, ADDO, TROIVAUX, SIMPORE, NANA, KABORE et YAMEOGO à Kaya, Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, États Unis, France

ont le regret de vous annoncer le rappel à Dieu de leur épouse, sœur, belle-sœur, mère, grand-mère KAFANDO/TONTOROGOBO Mariam Cécile, survenu le samedi 15 août 2026 à Ouagadougou.
Les obsèques se dérouleront selon le programme suivant :

Jeudi 20 août 2026
16H00 : Levée du corps à la morgue du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bogodogo
20H00 : Veillée de prières au domicile familial sis au quartier Wemtenga dans l'arrondissement n°5 de Ouagadougou
Vendredi 21 août 2026
08H00 : Levée du corps au domicile familial à Wemtenga
09H00 : Messe d'absoute tenant lieu de funérailles chrétiennes à la Paroisse Saint Camille suivie de l'enterrement au cimetière municipal de Gounghin.

Que Dieu dans sa divine miséricorde accorde le repos éternel à notre très chère regrettée KAFANDO/TONTOROGOBO Mariam Cécile

Categories: Afrique

Coopération numérique : Le Burkina Faso et le Nigéria mènent la réflexion pour concrétiser des projets structurants

Thu, 13/08/2026 - 01:47

La coopération numérique entre le Burkina Faso et le Nigéria entre dans une phase plus concrète. En visite officielle à Ouagadougou, le ministre nigérian des communications, de l'innovation et de l'économie numérique, Dr Bosun Tijani, a pris part à une séance de travail avec son homologue burkinabè. À l'ouverture des travaux, la ministre de la transition digitale, des postes et des communications électroniques, Dr Aminata Zerbo/Sabané, a plaidé pour une collaboration renforcée entre les deux pays, fondée sur des projets structurants capables d'accélérer la transformation digitale et de produire rapidement des résultats visibles. L'évènement s'est tenu ce mercredi 12 août 2026.

Une poignée de main, des retrouvailles entre deux délégations et, surtout, la volonté affichée de donner une traduction concrète à des engagements déjà pris. À Ouagadougou, la visite officielle du ministre nigérian des communications, de l'innovation et de l'économie numérique, Dr Bosun Tijani, ouvre une nouvelle séquence dans les relations de coopération entre le Burkina Faso et le Nigéria dans le domaine du numérique.

En souhaitant la bienvenue à son hôte, Dr Aminata Zerbo/Sabané a d'abord tenu à saluer une visite qu'elle considère comme un prolongement naturel des échanges engagés quelques semaines plus tôt à Abuja. La ministre burkinabè est en effet revenue sur la septième session des plénipotentiaires de l'Union africaine des télécommunications (UAT), organisée dans la capitale nigériane. Une rencontre au cours de laquelle les deux responsables avaient eu un entretien bilatéral et posé les bases d'un rapprochement plus soutenu entre leurs pays.

« Nous nous sommes engagés à renforcer notre collaboration, à rapprocher les deux pays dans le domaine du numérique en allant ensemble sur des projets concrets », a rappelé Dr Aminata Zerbo/Sabané

Le ministre nigérian des communications, de l'innovation et de l'économie numérique, Dr Bosun Tijani, a souligné que la visite de la délégation de son pays au Burkina Faso s'inscrit dans une volonté de donner une nouvelle dimension à la coopération numérique entre les deux États. Elle est inspirée, selon lui, par la récente visite de la ministre burkinabè Dr Aminata Zerbo/Sabané à Abuja, à l'occasion de la conférence des plénipotentiaires de l'Union africaine des télécommunications. Cette démarche, dit-il, vise surtout à identifier des opportunités concrètes de collaboration.

Dr Bosun Tijani affirme avoir été marqué par la vision portée par son homologue burkinabè, une vision qu'il estime susceptible de bénéficier non seulement au Burkina Faso, mais également à l'ensemble de la sous-région ouest-africaine et au continent. Dans un contexte où l'Afrique, continent le plus jeune au monde, s'apprête à fournir une part croissante de la future main-d'œuvre mondiale, il invite les dirigeants africains à mieux préparer cette jeunesse aux opportunités à venir. Fort de ses nombreuses ressources humaines, naturelles, culturelles et entrepreneuriales, le continent doit, selon lui, s'appuyer davantage sur les technologies, notamment le numérique, pour valoriser ses atouts et accélérer son développement.

Selon le ministre nigérian des communications, de l'innovation et de l'économie numérique, Dr Bosun Tijani, l'heure est désormais à des partenariats pragmatiques et à des initiatives capables de produire des résultats concrets

Le numérique, une opportunité à saisir

La ministre burkinabè estime que le potentiel du numérique, et plus particulièrement celui de l'intelligence artificielle, ne fait plus débat. Les technologies numériques représentent, selon elle, une opportunité majeure pour les pays africains d'accélérer leur développement socio-économique, d'améliorer les conditions de vie des populations et d'ouvrir de nouvelles perspectives à une jeunesse de plus en plus connectée et créative.

Mais encore faut-il créer les conditions nécessaires pour transformer cette promesse en réalité. Afin de réussir la transformation digitale, Dr Aminata Zerbo/Sabané juge que les infrastructures, la connectivité, les capacités d'hébergement, la formation et le développement des compétences locales, sont indispensables. Sans oublier la cybersécurité, la dématérialisation des services publics, la structuration et la valorisation des données.

Le défi est immense. Et à ses yeux, il serait difficile pour chaque pays de le relever seul. « Les défis qui sont les nôtres pour faire de la transformation digitale une réalité dans nos pays peuvent être difficilement relevés par chaque pays isolément », a-t-elle insisté. C'est donc autour d'une conviction commune que le Burkina Faso et le Nigéria entendent bâtir leur partenariat : mutualiser les efforts, les ressources et les intelligences afin de faire du numérique un véritable levier de développement dans l'ensemble des secteurs de l'économie et de la société.

La coordinatrice du projet Project Bridge, Jumoke Akande a présenté les expériences du Nigéria en matière de connectivité, d'intelligence artificielle et de transformation digitale

De la volonté politique aux réalisations concrètes

Au-delà des déclarations d'intention, la visite du ministre nigérian à Ouagadougou se veut une étape vers l'action. Pour Dr Aminata Zerbo/Sabané, le temps est venu de transformer les échanges entre responsables en une feuille de route commune, assortie de projets capables de produire des résultats tangibles. « Je suis donc ravie qu'au-delà des discours, nous prenions des actions », a-t-elle souligné.

La séance de travail doit ainsi permettre aux deux parties d'examiner plusieurs initiatives jugées structurantes et à fort impact. Parmi elles figurent les douze chantiers majeurs engagés par le Burkina Faso dans le cadre de sa transformation digitale, mais également le vaste projet de connectivité envisagé par le Nigéria, avec l'ambition de renforcer l'interconnexion avec les pays voisins.

Autre sujet appelé à occuper une place importante dans les discussions : l'intelligence artificielle et les langues africaines. Un enjeu stratégique dans un continent où l'essentiel des innovations technologiques demeure encore largement conçu dans des langues et selon des réalités parfois éloignées des contextes locaux.

Les avancées de la digitalisation au Nigéria ont été également partagées par le Dr Olubunmi Ajala, directeur national du Centre national pour l'intelligence artificielle et la robotique

Pour la ministre burkinabè, ces différents projets peuvent constituer des tremplins pour bâtir une coopération plus structurée entre Ouagadougou et Abuja. L'objectif est clair : définir des actions communes et faire en sorte que les retombées du rapprochement entre les deux pays soient perceptibles dans les meilleurs délais.

Une coopération appelée à dépasser les frontières des deux pays

Mais l'ambition ne s'arrête pas à une relation bilatérale. Dr Aminata Zerbo/Sabané souhaite que l'initiative engagée entre le Burkina Faso et le Nigéria puisse, à terme, inspirer et entraîner d'autres pays de la sous-région. Dans un environnement où les défis technologiques ignorent les frontières nationales, la construction d'infrastructures communes, le partage des compétences et la mise en réseau des écosystèmes numériques apparaissent comme des pistes susceptibles de renforcer la souveraineté technologique du continent.

Le ministère a présenté à travers Dr Tégawendé François d'Assise Bissyandé, les 12 chantiers majeurs de la transformation digitale à l'horizon 2030 et des principales priorités du Burkina Faso

La visite officielle de Dr Bosun Tijani prend ainsi une dimension qui dépasse la seule coopération entre deux administrations. Elle porte l'idée d'une Afrique qui cherche à mieux coordonner ses initiatives, à éviter la dispersion des efforts et à faire émerger des projets capables de répondre aux réalités propres au continent.

Créer l'environnement pour libérer le talent des jeunes

Au cœur de cette ambition, il y a aussi la jeunesse. Dr Aminata Zerbo/Sabané a rappelé que les deux pays disposent de jeunes talents dont le potentiel ne demande qu'à s'exprimer. Le rôle des pouvoirs publics et des acteurs du numérique, estime-t-elle, consiste désormais à mettre en place l'environnement favorable à l'émergence de ces champions.

Des jeunes capables de concevoir des produits compétitifs, de s'imposer au-delà des frontières de la sous-région, mais surtout de développer des solutions adaptées aux problèmes concrets des populations. « Nous avons des jeunes qui sont pétris de talent et qui attendent que nous puissions mettre en place l'environnement qu'il faut pour exprimer ce talent », a affirmé la ministre.

La Feuille de route nationale de l'intelligence artificielle et de ses principaux axes a été présentée par le Dr Rodrigue Kafando, expert en IA du Secrétariat permanent de l'innovation et de la veille sur les technologies émergentes du numérique (SPIVTEN)

L'enjeu, selon elle, est de permettre à cette créativité de donner naissance à des innovations dont les Africains pourront être fiers, tout en apportant des réponses aux défis réels auxquels leurs pays sont confrontés. La séance de travail qui s'ouvre à Ouagadougou est donc attendue comme un moment de convergence entre visions politiques, ambitions technologiques et projets opérationnels. À travers cette visite officielle, le Burkina Faso et le Nigéria affichent leur volonté de faire de la coopération un accélérateur de leur transformation digitale.

Reste désormais à traduire cette volonté en projets, en investissements, en infrastructures et en solutions concrètes. C'est à cette condition que le rapprochement voulu entre les deux pays pourra rapidement produire les résultats espérés et, peut-être, tracer la voie d'une coopération numérique sous-régionale plus intégrée.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Categories: Afrique

Les 100 Visages du Burkina Digital : Maxence Zoundi, du Canada au Burkina, le numérique comme passerelle

Thu, 13/08/2026 - 01:45

À 65 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui façonnent le Burkina numérique. Aujourd'hui, arrêt sur Maxence Zoundi, expert en transformation numérique, directeur de projets stratégiques et entrepreneur, dont le parcours international témoigne de la place croissante des compétences burkinabè dans la conduite des grandes transformations technologiques à l'échelle mondiale.

La transformation numérique des organisations ne se résume plus à l'installation d'un logiciel ou à l'informatisation d'un processus. Elle implique de repenser les modèles d'affaires, d'intégrer des systèmes complexes, d'accompagner les changements organisationnels et, désormais, de tirer parti des nouvelles possibilités offertes par l'intelligence artificielle.

Depuis près de vingt ans, Maxence Zoundi accompagne ces mutations au sein de grandes entreprises nord-américaines avant de mettre cette expertise au service des entreprises africaines. Son parcours illustre l'émergence d'une nouvelle génération de professionnels capables de faire le lien entre les standards internationaux de la transformation numérique et les réalités économiques du continent.

Une expertise construite au cœur des grandes transformations

Titulaire d'un MBA en fabrication et logistique de l'Université Laval, après un baccalauréat en gestion des opérations à l'Université de Moncton, Maxence Zoundi se spécialise très tôt dans la gestion des projets technologiques complexes.

Au fil des années, il développe une solide expertise dans les systèmes ERP, les chaînes d'approvisionnement, la gouvernance des projets, les architectures d'intégration et les migrations de systèmes d'information à grande échelle. Cette expertise est renforcée par plusieurs certifications internationales, notamment PMP, SAP Activate, Google AI Professional et Odoo ERP.

Piloter les projets les plus critiques

La carrière de Maxence Zoundi s'est construite au sein de quelques-unes des plus importantes organisations nord-américaines. Hydro-Québec, Desjardins, Domtar, BRP, Cascades, Barrette Outdoor Living, Banque Nationale, L'Oréal ou encore Produits forestiers Résolu figurent parmi les entreprises qui lui ont confié la direction ou la coordination de projets stratégiques de modernisation de leurs systèmes d'information.

Qu'il s'agisse de migrations vers SAP S/4HANA, de fusion de systèmes après des acquisitions, d'intégration de plateformes Cloud ou de modernisation de chaînes logistiques, il intervient sur des projets mobilisant des équipes multidisciplinaires, des intégrateurs internationaux et des budgets pouvant atteindre plusieurs centaines de millions de dollars.

Cette expérience lui permet de maîtriser l'ensemble du cycle de vie des grands programmes de transformation numérique : gouvernance, planification, gestion des risques, conduite du changement, qualité, tests, déploiement et accompagnement des utilisateurs.

Ramener l'expertise internationale vers le Burkina Faso

En 2022, Maxence Zoundi fonde ZEDM Solutions, un cabinet de conseil spécialisé dans la transformation numérique des organisations. À travers cette entreprise, qui ouvre une filiale au Burkina Faso en 2025, il construit un véritable pont technologique entre l'Amérique du Nord et l'Afrique. Son ambition est d'offrir aux entreprises africaines des solutions jusque-là réservées aux grandes organisations internationales, tout en les adaptant aux réalités locales.

Partenaire officiel d'Odoo au Burkina Faso, ZEDM Solutions accompagne les PME dans la mise en œuvre de solutions ERP couvrant la gestion commerciale, la production, les ressources humaines, la comptabilité ou encore le commerce électronique.

Quand l'intelligence artificielle devient un levier de performance

Très tôt, Maxence Zoundi intègre les nouveaux outils d'intelligence artificielle dans son approche de la transformation numérique. Il développe des architectures fondées sur les modèles de langage, les agents intelligents, l'automatisation des processus et les plateformes de nouvelle génération afin d'améliorer la performance des organisations tout en réduisant leur dette technique.

Cette approche ne consiste pas à remplacer les systèmes existants, mais à les rendre plus intelligents, plus interconnectés et plus performants grâce aux possibilités offertes par l'intelligence artificielle générative et les technologies d'automatisation.

L'entrepreneuriat comme moteur d'innovation

Au-delà du conseil, Maxence Zoundi développe également plusieurs initiatives entrepreneuriales. En 2026, il lance YugYug, une plateforme numérique inspirée du concept burkinabè du « yougou-yougou », qui transpose dans l'univers digital les principes d'échange et de réutilisation des biens. Cette initiative illustre sa volonté de créer des solutions technologiques qui s'inspirent des pratiques locales tout en répondant aux nouveaux usages numériques.

Son parcours témoigne ainsi d'une conviction forte : l'innovation ne consiste pas uniquement à importer des technologies, mais aussi à les adapter aux contextes économiques et culturels dans lesquels elles seront utilisées.

Une vision internationale au service de la transformation des entreprises

Pour Maxence Zoundi, la réussite d'une transformation numérique repose sur l'alignement entre les objectifs stratégiques de l'organisation, les technologies déployées et les compétences des équipes.

Cette vision, forgée au contact de grands programmes internationaux, nourrit aujourd'hui son engagement auprès des entreprises burkinabè et africaines qui souhaitent accélérer leur digitalisation tout en maîtrisant leurs investissements technologiques.

Elle rejoint pleinement les ambitions de Le Faso Digital 2026, qui promeut un numérique créateur de valeur, d'innovation et de compétitivité pour les entreprises.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce qu'il fait partie des experts burkinabè qui pilotent les transformations numériques les plus complexes dans de grandes organisations internationales.

Parce qu'il met aujourd'hui cette expertise au service des entreprises africaines à travers ZEDM Solutions et le développement de solutions ERP adaptées au contexte local.

Parce qu'il contribue à démocratiser l'utilisation de l'intelligence artificielle, de l'automatisation et des plateformes de gestion intégrée auprès des entreprises.

Parce qu'il incarne une génération de professionnels capables de faire dialoguer les meilleures pratiques mondiales avec les besoins du tissu économique burkinabè.
Et parce que son parcours rappelle que la transformation numérique des entreprises est avant tout une affaire de vision, de méthode et de capacité à conduire durablement le changement, bien au-delà des seules technologies.

www.lefasodigital.net

Categories: Afrique

Entrepreneuriat : Hamed Zamtako, l'informaticien devenu éleveur de cailles

Thu, 13/08/2026 - 01:42

Ingénieur en informatique de formation, Hamed Zamtako aurait pu poursuivre une carrière loin des poulaillers et des cages d'élevage. Il a pourtant choisi, depuis 2016, de se consacrer à un volatile encore peu connu au Burkina Faso : la caille. Une reconversion qui n'a pas été sans difficultés, entre manque de financement, problèmes d'alimentation et débouchés incertains. Mais au fil des années, l'ancien informaticien a surtout transformé son expérience en un espace de transmission pratique.

Dans l'univers de Hamed Zamtako, les écrans et les lignes de code ont laissé place aux cages, aux œufs, aux cailleteaux et au bruit en continu. Pourtant, l'actuel éleveur revendique encore l'héritage de sa formation initiale. La rigueur, l'analyse, la gestion des processus et la capacité à chercher l'information, selon lui, sont utiles dans l'élevage de cailles. « Ma formation académique m'a permis de pouvoir dompter ce mode d'élevage », convainc-t-il.

Chez lui, la reconversion n'est donc pas vécue comme une rupture brutale mais comme un déplacement de compétences. Ce qu'il avait appris devant un ordinateur, il l'a progressivement appliqué dans un élevage. Et d'ailleurs, pour apprendre ce nouveau métier, il s'est principalement tourné vers internet, qu'il maîtrisait déjà. Cette capacité à chercher, comparer, comprendre et expérimenter lui permet de faire ses premiers pas dans un secteur dont il ne connaissait rien au départ.

Une envie de ne pas faire comme tout le monde

Au Burkina Faso, lorsqu'on évoque l'élevage avicole, le poulet vient rapidement à l'esprit. La caille, elle, reste loin derrière. C'est justement ce qui attire Hamed Zamtako. Au fil de ses recherches, il découvre les possibilités offertes par cet oiseau négligé et commence à envisager une autre voie. « Pourquoi ne pas diversifier un peu la vie agricole au Burkina ? Au lieu de faire comme les autres, essayons d'initier et de développer un peu un autre canal pour diversifier un peu le domaine », se questionne-t-il. Ce choix est aussi lié à une passion qui naît progressivement au contact de l'oiseau. Plus il se documente, plus il se convainc que la caille peut trouver sa place dans le paysage agricole burkinabè.

Hamed Zamtako déplore que les institutions financières trouvent que l'élevage de cailles est une filière à risque

En 2016, il commence véritablement à développer son activité. Mais entre l'idée et la réalité, le chemin est loin d'être simple. Comme beaucoup de jeunes entrepreneurs, Hamed Zamtako se retrouve rapidement confronté à la question du financement. Le problème n'est pas seulement de trouver de l'argent pour commencer. Il faut aussi trouver des mécanismes de financement adaptés à une activité agricole dont les résultats ne peuvent pas toujours être immédiats. Selon lui, les conditions proposées par certaines institutions financières ne permettent pas toujours aux jeunes promoteurs de se lancer sereinement. Le coût du crédit et les délais de remboursement peuvent devenir des obstacles supplémentaires. À cela s'ajoute la perception du risque. « À tout moment, on nous a signalé que c'est un projet à risque. Il fallait compter sur soi-même et se priver vraiment de beaucoup de choses pour économiser et réinjecter », se souvient-il. Dans ces conditions, il indique que même l'entourage peut hésiter à soutenir un tel projet. Derrière l'image de l'entrepreneur qui semble aujourd'hui avoir trouvé son équilibre, il y a eu des sacrifices, des renoncements et des périodes où il fallait simplement tenir sans rien. Pourtant, la difficulté financière n'a pas été la seule !

Nourrir les cailles, l'autre combat

Au début de son aventure, Hamed Zamtako se heurte également au problème de l'alimentation. Quand l'élevage commence à prendre son essor, il constate que les aliments disponibles ne sont pas toujours adaptés aux besoins spécifiques des cailles. Les formulations sont encore insuffisamment adaptées. Or, dans un élevage, l'alimentation est loin d'être un détail. Elle conditionne la croissance, la reproduction et, plus largement, la viabilité de l'activité. Il lui a donc fallu composer avec cette réalité pour rechercher des solutions et continuer à expérimenter. À cela s'ajoute celle de l'écoulement, car produire une caille est une chose, convaincre les consommateurs de l'acheter et de la consommer en est une autre. La caille demeure un produit relativement jeune dans les habitudes alimentaires de nombreux Burkinabè. Hamed Zamtako comprend assez tôt qu'il ne suffit pas de produire, mais qu'il faut aussi communiquer. En 2020, il organise une première initiative de promotion autour de la caille. Il ouvre son espace aux visiteurs et leur permet de découvrir l'élevage, mais aussi de déguster les produits. En 2021, il renouvelle l'expérience sur ses propres fonds. Ces initiatives contribuent progressivement à donner de la visibilité à la filière. Son objectif, souligne-t-il, n'est donc pas uniquement de réussir son propre projet. Il veut voir la filière grandir.

« Nous avons décidé de mener une étude pour trouver un aliment spécifique pour les cailles, vu que la filière est prometteuse », explique Wendlasida Simporé, élève ingénieur de conception de l'université Daniel Ouezzin Coulibaly.

« Je ne vois pas ceux que j'accompagne comme des concurrents »

Lorsqu'on lui demande de parler de ses moments de fierté, Hamed Zamtako ne commence pas par les chiffres de production. Il parle des jeunes et des femmes qu'il a accompagnés à se lancer. Des personnes qui, après avoir appris auprès de lui, sont reparties installer leur propre activité. « Quand tu accompagnes des jeunes et des femmes qui vont aller s'installer dans leur propre activité, c'est satisfaisant, surtout pour le domaine de l'élevage », explique-t-il. Ce qui le touche surtout, ce sont les retours de ceux qu'il a accompagnés. « Ils reviennent tout le temps avec des bénédictions et des remerciements. C'est déjà une fierté de contribuer quand même à l'évolution de la vie de quelqu'un », confie-t-il. Pour lui, la réussite ne se résume plus à ce qui sort de son élevage, mais elle se mesure aussi à ce que d'autres parviennent à construire après leur passage auprès de lui. Depuis plusieurs années, sa cailleterie est un lieu d'apprentissage pour des étudiants qui font des recherches. Il raconte avoir accueilli des stagiaires pendant plusieurs mois.

Wendlasida Simporé est l'un d'eux. Élève ingénieur de conception à l'université Daniel Ouezzin Coulibaly de Dédougou, il effectue auprès de lui un stage consacré à l'étude de deux types d'aliments et de leurs effets sur la croissance et les performances des cailles japonaises. L'objectif est de contribuer à la réflexion sur la mise au point d'un aliment davantage adapté à ces oiseaux. Pour le stagiaire, le choix de cette exploitation tient à son expérience dans la production de cailles. Mais au-delà de l'aspect technique, il retient surtout la disponibilité de Hamed Zamtako. Il le décrit comme « un homme ouvert » et lui adresse des encouragements pour continuer à accueillir des étudiants.

Razack Zoelégré, technicien de la ferme, travaille avec Hamed Zamtako depuis plus de 3 mois

C'est aussi ce que pense Razack Zoelégré, technicien et chef d'équipe de la cailleterie. Pour lui qui côtoie Hamed Zamtako au quotidien, il trouve que c'est un homme visionnaire. « Hamed Zamtako, il faut dire que c'est un monsieur qui est très ouvert et qui est accessible », témoigne-t-il. En cas de problème, les équipes peuvent s'asseoir avec lui pour chercher une solution. Ces témoignages présentent un homme qui, derrière le statut de promoteur, reste présent dans le quotidien de ceux qui travaillent autour de lui.

Dans certains secteurs, transmettre son savoir peut être perçu comme une manière de fabriquer ses propres concurrents, mais Hamed Zamtako défend exactement l'idée inverse. « Je ne vois pas ceux que j'accompagne comme des concurrents », affirme-t-il. Pour lui, les personnes qu'il accompagne sont des partenaires potentiels et surtout des acteurs supplémentaires capables de faire grandir la filière. Il considère que le développement de la caille au Burkina Faso ne peut pas reposer sur quelques producteurs isolés. Si la filière doit véritablement prendre de l'ampleur, il faudra davantage d'acteurs, davantage de compétences et surtout une meilleure organisation.

Un secteur qui cherche encore sa place…

Aujourd'hui, Hamed Zamtako estime que la demande existe mais la filière reste confrontée à des problèmes de structuration. Les producteurs sont encore dispersés, les prix ne sont pas toujours harmonisés et les débouchés ne sont pas suffisamment organisés. Pour lui, il est nécessaire que les acteurs se regroupent en association, en coopérative ou sous une autre forme pour défendre collectivement leurs intérêts. Il appelle également à davantage de communication autour de la filière et à une implication plus forte des pouvoirs publics. « Si davantage de personnes doivent se lancer, elles ont besoin de trouver un secteur déjà organisé, avec des repères, des débouchés et des interlocuteurs », pense-t-il.

La viande de caille est une volaille fine et peu calorique qui offre une excellente source de protéines de haute qualité, de fer, de vitamines du groupe B et de minéraux essentiels comme le zinc et le phosphore, tout en restant très pauvre en graisses

Également, la question de la transformation préoccupe Hamed Zamtako. La commercialisation de la chair fraîche constitue encore une part importante de l'activité. Mais, selon lui, le développement de véritables produits transformés permettrait d'aller plus loin. Il imagine ainsi un secteur où des transformateurs pourraient travailler directement avec les producteurs, sécuriser leurs approvisionnements et développer des produits destinés à différents types de consommateurs. « Si notre ministère de tutelle fait la promotion de la caille, cela va aussi susciter plus d'intérêts chez les producteurs et les consommateurs. »

Hamed Zamtako souhaite davantage de recherche, notamment sur la génétique, l'alimentation et l'amélioration des performances. Il évoque également des collaborations possibles avec des chercheurs et des partenaires intéressés par le développement de la caille. Mais son ambition principale est de voir naître une véritable organisation professionnelle. Pour lui, la structuration permettrait de résoudre une partie des problèmes actuels et surtout de donner de la visibilité à ceux qui souhaitent se lancer. Lorsqu'il s'adresse aux jeunes qui souhaitent entreprendre dans l'élevage, Hamed Zamtako ne leur promet pas une réussite facile. Il leur demande plutôt de commencer. « Il faut une décision au départ », insiste-t-il.

Selon lui, il n'est pas nécessaire de disposer immédiatement de moyens importants. Il faut commencer avec ce que l'on possède, tout en recherchant un accompagnement technique sérieux. Il estime également que la formation est essentielle. Dans l'élevage de cailles, explique-t-il, les bases techniques peuvent être maîtrisées rapidement lorsqu'on bénéficie d'un bon encadrement. Mais il faut ensuite savoir vendre, trouver des débouchés et construire sa clientèle.

Il serait réducteur de résumer Hamed Zamtako à un informaticien devenu éleveur de cailles. Son parcours est surtout celui d'un homme qui a choisi une voie différente par instinct et qui a persévéré malgré les difficultés. Aujourd'hui, son engagement permet de développer peu à peu une réponse concrète aux défis de la sécurité alimentaire.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Pauses-café dans l'administration publique : Quand le buffet des ateliers devient la « cantine » des non-invités

Thu, 13/08/2026 - 01:40

Dans certains services de l'administration publique burkinabè, les pauses-café et déjeuners servis lors des ateliers attirent parfois des agents et visiteurs qui ne figurent pas parmi les participants. Dénonçant une pratique devenue, selon elle, trop courante, l'auteure de cette tribune y voit à la fois un gaspillage de ressources publiques et le symptôme d'un recul des valeurs de retenue, d'intégrité et de respect des règles. Elle appelle à une prise de conscience collective pour restaurer la dignité et l'exemplarité au sein de l'administration.

Sous le couvert de la camaraderie ou de la simple opportunité, une pratique insidieuse s'est installée dans certains de nos départements ministériels et structures publiques : la ruée vers les pauses-café et déjeuners par des personnes non participantes aux ateliers.

Décryptage d'une dérive comportementale qui interroge nos valeurs et la rationalisation des ressources de l'État.

De nos jours, il est devenu banal d'assister à un spectacle pour le moins troublant lors des séminaires, ateliers ou rencontres de travail au sein de notre administration publique. Qu'il s'agisse de la pause-café du matin ou du déjeuner, l'on voit s'allonger dans les rangs des visages totalement étrangers aux travaux : cadres, agents d'autres services, stagiaires, vigiles et sympathisants de passage. Sans être enregistrés sur la liste des participants, certains se servent copieusement, comme s'il s'agissait d'un droit acquis.

Typologie d'un « parasitage » assumé

En observant de près cette faune d'opportunistes d'un genre nouveau, on distingue principalement trois figures :

• Le « pistonné » par la camaraderie : Invité par un collègue qui prend part aux travaux. Ce dernier, incapable de céder sa propre ration, n'hésite pas à sacrifier la part d'un autre participant au profit de son ami.

• Le « squatter » d'opportunité : Constatant de loin la tenue d'un atelier, il s'infiltre en rang serré, se sert généreusement (faisant souvent du rab) et s'éclipse sans un mot, le torse bombé, avec la démarche de celui qui a réussi un "coup".

• Le « gastronome » averti : Il s'informe à l'avance du menu du jour auprès des traiteurs ou des organisateurs et ne se présente qu'à l'heure exacte du dressage de la table pour se mettre à l'aise.

Baisse des revenus ou démission morale ?

Face à de tels comportements, une question fondamentale se pose : qu'est-ce qui explique ou justifie cette quête d'un repas gratuit ? Est-ce la faiblesse des revenus ou plutôt l'affaissement de nos valeurs morales et éducatives ?

Disons-le sans détour : c'est avant tout une crise de nos valeurs.

L'éducation traditionnelle que nous avons reçue nous enseignait l'abstention stricte face à toute boisson ou nourriture qui ne nous était pas destinée. Devant un repas, la retenue et la patience étaient de rigueur. On nous apprenait même que, parfois, savoir refuser poliment une invitation à manger était une marque d'élévation d'esprit et de maîtrise de soi, indispensable pour forger une personnalité digne et respectée.

Des conséquences budgétaires et relationnelles

Cette pratique informelle n'est pas sans conséquences :
1. Sur les deniers publics : Anticipant ces présences intempestives pour éviter les pénuries, les organisateurs se voient contraints de commander plus de plats que le nombre réel de participants inscrits. Une dérive financière inacceptable alors même que le contexte national exige une rationalisation rigoureuse des ressources de l'État.

2. Sur le respect et le climat de travail : S'inviter à une table où l'on n'est pas convié expose à un manque de respect latent. Mais dans notre contexte social, comment faire remarquer à un collègue qu'il n'a pas sa place au buffet sans paraître discourtois ? Pire encore, ceux qui osent émettre des critiques légitimes face à ce manquement se voient souvent répondre par des boutades ou de la raillerie.

Retrouver la dignité de l'Homme intègre

À qui la faute et comment y remédier ?
À l'heure où la Révolution progressiste et populaire nous rappelle quotidiennement notre devoir d'intégrité, d'exemplarité et de respect des lois et des coutumes, cette question ne doit plus être occultée.

Il est temps que l'autorité administrative s'en saisisse. Les responsables de structures, de concert avec les partenaires sociaux et les syndicats, doivent sensibiliser les travailleurs au respect des règles élémentaires de bienséance. Renoncer à ces petites facilités comportementales, c'est rehausser l'image de marque de l'agent public et honorer la dignité du Burkinabè.

Le Burkinabè d'antan était celui-là même qui était capable de priver sa propre famille pour offrir son unique plat à l'étranger de passage. Ne substituons pas cette noble hospitalité par un opportunisme mesquin.

Pour la dignité de notre administration et le respect de nos valeurs : Chacun à sa place, chaque chose en son temps !

Vive le Burkina intègre !

Par une citoyenne préoccupée !

Categories: Afrique

Relais-cité de Komsilga : Les travaux de bitumage et d'assainissement pluvial officiellement lancés

Thu, 13/08/2026 - 01:37

Le 11 avril 2025, le ministre de la construction de la patrie procédait au lancement officiel de l'« Opération relais-cité » de Komsilga de 3 000 parcelles viabilisées. Cette initiative, qui s'est déroulée sous le sceau de la transparence et de l'égalité, a intéressé de nombreux citoyens. Passée cette étape des souscriptions, place aux travaux de bitumage et d'assainissement pluvial du site, dont le lancement officiel est intervenu sur le site (sis au sud de la capitale), ce mercredi 12 août 2026, sous la présidence du ministre de la construction de la patrie, représenté par son chargé de mission, l'ingénieur en génie civil, Hamadé Bagaya.

Les travaux consistent en la réalisation de 5,5 kilomètres de voirie bitumée, aménagée en 2×2 voies avec un terre-plein central ; 13,5 kilomètres de caniveaux pour un drainage efficace ; un bassin de rétention pour renforcer la résilience face aux aléas climatiques.

Les notabilités coutumières de Komsilga ont salué cette noble vision du gouvernement qui s'incarne dans la commune.

« Ce chantier n'est pas un simple alignement de voies et de caniveaux ; il est le symbole d'une ambition nationale : transformer durablement nos villes, améliorer substantiellement les conditions de vie de nos populations et inscrire chaque réalisation dans la marche irréversible vers un Burkina Faso souverain et prospère. Sous le leadership éclairé du camarade président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, notre nation s'est engagée dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire. Cette révolution place au cœur de l'action publique la souveraineté nationale, l'intérêt supérieur du peuple burkinabè et la responsabilité collective. Elle nous rappelle que le développement ne se décrète pas : il se planifie, il se construit, il se vit au quotidien à travers ses infrastructures utiles, durables et porteuses de progrès. (…). Cette première phase prioritaire constitue une étape déterminante dans la mise en œuvre progressive du projet global qui prévoit à terme 10,4 kilomètres de voiries modernes et 33,8 kilomètres d'ouvrages d'assainissement pluvial. (…). Le chantier que nous ouvrons aujourd'hui est le symbole d'un Burkina Faso qui avance, malgré les défis, d'un État qui planifie et agit, d'un peuple qui croit en ses propres forces et refuse la résignation », a déclaré le ministre de la construction de la patrie, à travers son message livré par son chargé de mission, Hamadé Bagaya.

Le représentant du ministre, Hamadé Bagaya, a traduit la détermination du gouvernement à offrir un cadre de vie propice aux populations.

Les travaux, prévus pour tenir dans une échéance de dix mois, s'élèvent à 6,1 milliards de FCFA.

À terme, le relais-cité de Komsilga comprendra, entre autres commodités, un centre commercial et hôtelier, un marché moderne, une gare routière, un espace culturel.

Ici, de gauche vers la droite : le représentant du ministre, le président de la délégation spéciale de Komsilga et le directeur général de l'Urbanisme, de la viabilisation et de la topographie, S. Hamed Ouattara.

Selon le ministre, par ce chantier, il ne s'agit pas de poser seulement du bitume et du béton ; c'est aussi créer les conditions d'un développement urbain mieux maîtrisé. « Nous améliorons la mobilité, renforçons la sécurité, soutenons l'économie locale et préparons l'avenir. Car aménager une ville, c'est engager la responsabilité de plusieurs générations. La Révolution progressiste populaire nous commande de rompre avec les improvisations et les ouvrages éphémères. Elle nous impose le devoir de résultat et la redevabilité envers le peuple. C'est dans cet esprit que le ministère de la Construction de la patrie conduit ses missions : bâtir des villes planifiées, inclusives et résilientes, où l'urbanisation devient un levier de développement et non une source de vulnérabilité », présente le ministre, invitant les entreprises et les acteurs chargés de l'exécution des travaux au respect de ce qui est attendu par le gouvernement, notamment la rigueur, le professionnalisme et le patriotisme. « Chaque franc investi est une ressource de la nation et doit produire des ouvrages conformes aux normes de qualité, capables de servir durablement les populations », a-t-il insisté avant d'encourager les populations bénéficiaires à faire de ces infrastructures leur patrimoine collectif.

Les explications du projet avec Toudo Emmanuel Toni, ingénieur de conception en génie civil/ministère de la Construction de la Patrie.

Le président de la Délégation spéciale de Komsilga, Antarest Batiana, estime que ce lancement « traduit l'attention particulière que le gouvernement accorde au développement harmonieux du territoire et à la modernisation durable du cadre de vie des populations ».

Il a saisi l'instant pour témoigner de la reconnaissance de la commune au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, dont la vision de développement, relève-t-il, continue de se traduire par des réalisations concrètes au profit des populations. M. Batiana a également salué le leadership, l'engagement et la détermination du ministre de la construction de la patrie à impulser une nouvelle dynamique à la politique nationale de l'habitat, de l'urbanisme et de la construction.

Le représentant du ministre, Hamadé Bagaya, a traduit la détermination du gouvernement à offrir un cadre de vie propice aux populations.

Pour le président de la Délégation spéciale, ce site va changer le visage de la commune et contribuer à faire de Komsilga une ville moderne, mieux structurée et impliquée dans la dynamique de développement du grand Ouaga. « La Délégation spéciale prendra toutes les dispositions relevant de sa compétence pour faciliter la conduite des opérations et favoriser un climat de dialogue en faveur du projet », a exprimé Antarest Batiana, exhortant l'ensemble des franges sociales de Komsilga à accompagner la mise en œuvre.

O.L. et Dominique Ouédraogo
Lefaso.net

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‎Inculturation liturgique en Afrique : Les liturgistes plaident pour l'ouverture d'un institut continental de liturgie

Thu, 13/08/2026 - 01:30

‎Réunis à Dar es-Salaam en Tanzanie du 3 au 8 août 2026, lors du deuxième Congrès des liturgistes africains, 120 experts venus de 11 pays ont réfléchi sur le thème « inculturation liturgique en Afrique : pratique et perspectives ». À l'issue des travaux, ils ont souligné que l'inculturation demeure un défi majeur pour l'Église en Afrique, rapporte Vatican News.

Les participants ont défini l'inculturation liturgique comme l'intégration harmonieuse des expressions culturelles africaines dans la célébration des mystères chrétiens, dans le respect de l'Évangile et des normes de l'Église. Ils ont particulièrement insisté sur trois domaines : le chant, la danse et l'architecture. Concernant la musique liturgique, les congressistes ont appelé à recentrer les compositions sur le message évangélique tout en valorisant les instruments traditionnels africains. Ils estiment que la danse, expression culturelle indissociable du chant en Afrique, peut trouver sa place dans la liturgie à condition de préserver le caractère sacré des célébrations.

‎Pour garantir la qualité de ces pratiques, ils recommandent une formation doctrinale, liturgique, technique et musicale des acteurs pastoraux, ainsi que la redynamisation des centres de musique sacrée. Sur le plan architectural, les liturgistes souhaitent que les églises reflètent davantage la rencontre entre foi chrétienne et cultures africaines. Ils plaident pour le développement de la recherche en architecture liturgique et en art sacré.

‎L'une des principales recommandations du congrès est la création d'un institut africain de liturgie, sous l'impulsion du Symposium des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar. Cet institut servirait de centre de recherche et de formation pour approfondir la liturgie catholique à partir des richesses culturelles du continent.

‎Pour les participants, notamment Mgr Henri Chiza et le père Alain Pierre Yao, l'Afrique doit davantage contribuer à la réflexion théologique et liturgique de l'Église universelle. Si des avancées ont été réalisées, ils estiment que beaucoup reste à faire pour permettre aux fidèles africains de vivre pleinement leur foi à travers leurs cultures.

‎Lefaso.net

‎Source : Vatican News

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