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Updated: 1 week 22 hours ago

Décès de OUEDRAOGO Pascal dit Docteur Ballon : Programme des obsèques

Tue, 27/10/2026 - 21:00

Sa magesté le Naba Kiba Roi du yatenga Le rassam Naba de Ouahigouya

Le Naba Sigri de ségué Mossi

Les grandes familles OUEDRAOGO, AMENA à Ségué mossi, Béoumi Mouni,
Aourema, Titao, Tenkodogo, Banh, Ouagadougou, Banfora, Mogtédo ,Bobo Dioulasso, Etats Unis , Singapour, France et côte d'ivoire

Ses Enfants : LYDIA, ISMAEL, EMMANUEL, LEA, MICHEL, SANDRA

Les familles alliées : BALIMA ,IBRIGA ,SAWADOGO , BEUGRE,DIALLO , SIGUE ,MARTIN, TOGUYENI, KABORE ,OUATTARA-OUINTINI, HOLGUIN, GUE, BIRBA, HARO, KOUDOUGOU, ZANGREANOGO, SABA ,BROU , BAYAN, N'GUESSAN, ZOROME , BAGNAN, KOMI, BENAO, ROUAMBA, SANOU, YAPO ,ADJIBAI, GABA , OUONSIE, KOFFI

Les Petits-Enfants, Arrières Petits-Enfants, Neveux, Nièces, Cousins, Cousines leurs Epoux et Epouses Ont la profonde douleur de vous annoncer le rappel à Dieu de leur fils, époux, frère, père ,Beau-père,
Beau-frère ,grand père, arrière-grand-père et Oncle MONSIEUR OUEDRAOGO Pascal dit Docteur Ballon ,technicien superieur à la retraite, ancien sociétaire de l'EFO,ancien joueur international de football ; décès survenu le mercredi 21 octobre 2026 à Ouagadougou

Par ailleurs elles vous informent que le programme des obsèques se déroulera comme suit :

mercredi 28 octobre2026 :
– 16 heures levée du corps à la morgue du Centre médical source de vie suivi du transfert au domicile familiale sis a Gounghin secteur 7.
– 18 heures cérémonie d'hommage
– 20 heures veillée de prière

Jeudi 29 octobre 2026 :
– 09 heures messe d'absoute à la paroisse Saint Pierre de gounghin suivi de l'inhumation au domicile familiale .

Union de prières

Categories: Afrique

Décès de Pascal Ouédraogo : Faire-part

Tue, 27/10/2026 - 21:00
Categories: Afrique

Burkina/Numérique : La 2e édition de l'EDTECH FASO FORUM prévue les 12 et 13 novembre 2026

Tue, 27/10/2026 - 15:54

La deuxième édition de l'EDTECH FASO FORUM, consacrée aux innovations numériques dans le domaine de l'éducation, se tiendra les 12 et 13 novembre 2026 au Salon international de l'artisanat de Ouagadougou (SIAO). L'annonce a été faite ce mardi 27 octobre 2026, lors d'une conférence de presse.

Placée sous le thème « Digitalisation de l'éducation : de l'innovation à la concrétisation, bâtir des solutions durables pour une croissance inclusive », cette rencontre ambitionne de promouvoir des solutions numériques adaptées aux réalités du système éducatif burkinabè, de valoriser les innovations locales et de favoriser leur mise en œuvre au service d'une éducation plus accessible et inclusive.

Pour Ollé Patrice Kam, coordonnateur national du Forum, les technologies éducatives, communément appelées EdTech, représentent un levier stratégique pour améliorer l'accès à l'éducation, la qualité des apprentissages et la gouvernance du système éducatif. Malgré l'existence d'innovateurs et d'initiatives prometteuses au Burkina Faso, les espaces permettant de valoriser ces solutions, de les structurer et de les adapter aux besoins réels des établissements demeurent insuffisants.

C'est pour répondre à cette préoccupation que le consortium de partenaires a organisé, en juin 2023 à Ouagadougou, la première édition du Forum de l'innovation digitale pour l'éducation. Celle-ci avait réuni plusieurs centaines de participants issus de structures publiques et privées, ainsi que des innovateurs et des responsables du secteur éducatif.

Pour Ollé Patrice KAM, l'EDTECH FASO FORUM ambitionne de faire passer les innovations numériques dans l'éducation de l'idée à des solutions concrètes et durables.

Cette deuxième édition entend franchir une nouvelle étape en accordant une place plus importante à la dimension entrepreneuriale des innovations. « Nous voulons faire de l'innovation numérique une contribution concrète à cette révolution de l'éducation, et non un simple effet de mode », a expliqué Ollé Patrice Kam.

L'initiative s'inscrit dans le contexte des réformes engagées dans le système éducatif burkinabè, notamment l'intégration des technologies de l'information et de la communication en éducation (TICE) dès le préscolaire et le primaire. Pour les organisateurs, les outils numériques conçus et développés localement peuvent contribuer à améliorer les apprentissages et à favoriser la continuité pédagogique, notamment lorsque certaines circonstances empêchent les élèves de fréquenter normalement les établissements scolaires.

Le Forum est placé sous la présidence de Jacques Sosthène Dingara, ministre de l'enseignement de base, de l'alphabétisation et de la promotion des langues nationales, et la coprésidence de Dr Aminata Zerbo/Sabane, ministre de la transition digitale, des postes et des communications électroniques.

Des panels, des expositions et des formations au programme

Durant les deux journées, les participants pourront prendre part à des panels, visiter des stands d'exposition, assister à des démonstrations et participer à des rencontres entre professionnels. Plus de 20 innovations EdTech sont attendues. Les échanges réuniront des décideurs publics, des innovateurs, des entreprises privées et des partenaires techniques et financiers.

Le jeudi 12 novembre, après la cérémonie officielle d'ouverture et la visite des stands, un premier panel sera consacré aux politiques publiques et à l'innovation EdTech, avec la participation annoncée de panélistes du Burkina Faso, du Ghana, du Mali et du Niger. L'après-midi sera consacré au financement des solutions numériques éducatives, aux modèles économiques et aux expériences institutionnelles.

Le vendredi 13 novembre, les discussions porteront notamment sur l'innovation numérique, l'inclusion et le passage à l'échelle. Des rencontres B2B et des démonstrations permettront aux porteurs de solutions de présenter leurs réalisations et d'échanger avec de potentiels partenaires.

Le Concours national EdTech entend mettre en lumière les innovations numériques susceptibles de contribuer à l'amélioration de l'éducation au Burkina Faso.

Trois formations sont également prévues autour de la mobilisation des ressources et de la gestion des partenariats, du montage d'un modèle économique durable ainsi que des techniques de négociation et de présentation de projets, ou pitch. Certaines séances se dérouleront en ligne afin de permettre aux participants de les suivre à distance.

Autre temps fort de cette édition, le Concours national EdTech vise à distinguer les innovations susceptibles de répondre à des besoins réels du système éducatif. L'appel à candidatures est ouvert depuis le 24 octobre et concerne les personnes physiques, les équipes, les startups, les entreprises, les associations et les autres organisations, quel que soit le stade de développement de leur solution.

Les projets peuvent notamment porter sur les plateformes d'apprentissage, les ressources pédagogiques numériques, les outils destinés aux enseignants, l'évaluation, la gestion des établissements ou encore l'accès aux contenus éducatifs.

Les candidatures sont recevables jusqu'au 1er novembre 2026 à 23 h 59, sur le site officiel www.edtechfasoforum.com. Les frais de participation au concours sont fixés à 25 000 FCFA. Les cinq finalistes seront annoncés le 4 novembre et présenteront leur innovation lors de la Nuit des lauréats, le 13 novembre. Chacun disposera de cinq minutes pour défendre sa solution devant le public et le jury. Le vote du public comptera pour 20 % de la note finale.

À l'issue de cette finale, trois lauréats seront distingués et sept prix spéciaux seront attribués grâce aux sponsors. Les critères d'évaluation porteront notamment sur la pertinence de la solution au regard des besoins éducatifs, sa maturité en vue d'une phase pilote, sa viabilité économique et sa contribution à une croissance inclusive.

Pour Ragnimwendé Eldaa Koama, consultante, ce concours doit notamment encourager les jeunes innovateurs à faire connaître leurs réalisations. Elle invite les porteurs de projets à saisir cette occasion, y compris ceux dont les solutions sont encore en développement, dès lors qu'ils disposent d'une innovation suffisamment avancée pour être présentée.

Ragnimwendé Eldaa KOAMA a présenté les possibilités offertes aux innovateurs pour exposer leurs solutions et nouer des partenariats.

Des stands accessibles et des possibilités d'accompagnement

Les organisateurs souhaitent également faire de l'espace d'exposition un lieu de rencontre entre les concepteurs et les utilisateurs potentiels. Les stands proposés vont de 3 à 18 mètres carrés, avec des tarifs annoncés entre 50 000 et 200 000 FCFA, selon la superficie et les possibilités offertes aux exposants.

Pour Ragnimwendé Eldaa Koama, l'intérêt de ces expositions ne se limite pas à la visibilité. Elles doivent permettre aux concepteurs de recueillir les avis des utilisateurs, d'identifier des pistes d'amélioration et de nouer des relations susceptibles de favoriser l'adoption de leurs solutions.

Au-delà des récompenses du concours, le consortium envisage plusieurs formes d'accompagnement des innovateurs, en fonction des possibilités de ses partenaires. Il s'agit notamment de faciliter l'accès à des espaces de travail, à la connexion internet, à des formations, à des outils numériques et à une visibilité médiatique. Ces appuis pourraient contribuer à réduire certaines charges récurrentes des jeunes entreprises et à leur permettre de se consacrer davantage au développement de leurs solutions.

Les organisateurs précisent toutefois que le Forum constitue avant tout un cadre de rencontres et de mise en relation. Les possibilités de financement, de partenariat ou de déploiement devront faire l'objet d'accords avec les structures concernées.

Un Forum accessible depuis les régions

Afin d'élargir la participation au-delà de Ouagadougou, des sites de rassemblement régionaux sont envisagés avec l'appui des organisations membres du consortium. Les participants pourront y suivre les travaux retransmis en direct, poser des questions et partager leurs expériences, sans nécessairement effectuer le déplacement vers la capitale.

Un village éducatif en ligne est également prévu du 12 novembre à 0 h 01 au 13 novembre à 23 h 59. Il réunira des plateformes de formation partenaires accessibles depuis la page officielle du Forum, selon des modalités tarifaires forfaitaires définies avec chaque plateforme.

Pour les organisateurs, ce dispositif doit contribuer à rapprocher les ressources éducatives des apprenants, y compris dans les zones où l'accès aux infrastructures et aux outils numériques reste un défi. Les questions liées à la connectivité, à l'électricité et aux conditions d'utilisation des solutions en milieu rural devraient également alimenter les échanges autour de l'inclusion et du passage à l'échelle.

L'accès au Forum est fixé à 500 FCFA pour les élèves et les enfants, 1 000 FCFA pour les étudiants et 2 000 FCFA pour les professionnels. Un ticket VIP donnant accès au village éducatif, aux formations et au gala est annoncé.

La deuxième édition de l'EDTECH FASO FORUM est portée par un consortium de neuf organisations : l'International Network for Christian Education Burkina Faso (INCE-BF), Woord en Daad, l'Association évangélique d'appui au développement (AEAD), l'AESEB Burkina Faso, l'ONG CREDO, Edify Burkina Faso, le Secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (SPONG), la Coalition nationale pour l'éducation pour tous au Burkina Faso (CN-EPT/BF) et Children Believe.

Les organisateurs présentent ce rendez-vous comme complémentaire à la Semaine du numérique, avec une orientation exclusivement consacrée aux technologies au service de l'éducation.

Pour plus d'informations, le public peut consulter le site officiel du forum à l'adresse www.edtechfasoforum.com. Les candidatures au Concours national EdTech se font en ligne sur www.edtechfasoforum.com/candidature.html, moyennant des frais de participation de 25 000 FCFA. Pour tout renseignement ou pour les modalités de participation, les intéressés peuvent contacter les organisateurs aux numéros suivants : +226 70 23 01 39, 60 68 68 16 ou 07 52 38 38. Pour les questions relatives à la presse, Mathieu Kaboré, chargé de la coordination de la communication, est joignable au +226 72 67 01 73 (WhatsApp) ou par courriel à leaderkaboremathieu@gmail.com.

Crédit photo : Bonaventure Paré

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Sécurité aérienne : L'UEMOA prépare ses États membres aux nouvelles normes de gestion des obstacles autour des aéroports

Tue, 27/10/2026 - 14:18

La présence de bâtiments, de pylônes ou d'autres installations à proximité des aéroports peut constituer un risque pour la sécurité des aéronefs, particulièrement lors des phases de décollage et d'atterrissage. Pour mieux prévenir ces dangers, la Commission de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) organise, du 26 au 30 octobre 2026 à Ouagadougou, un atelier régional de formation consacré aux nouvelles normes internationales relatives aux surfaces de limitation d'obstacles. Cette rencontre vise à préparer les États membres de l'union et la Mauritanie à l'application de ces exigences, prévue pour le 21 novembre 2030.

Dans le domaine de l'aviation civile, la sécurité des passagers ne dépend pas uniquement de l'état des avions, des pistes ou des équipements de navigation. Elle repose également sur la maîtrise de l'environnement des aérodromes. Une construction trop élevée, un pylône ou toute autre installation située dans une zone sensible peut représenter un danger pour les aéronefs, notamment lorsqu'ils décollent ou s'apprêtent à atterrir.

C'est pour renforcer la prévention de ces risques que des inspecteurs et des personnels techniques des administrations de l'aviation civile et des exploitants d'aérodromes des États membres de l'UEMOA et de la Mauritanie sont réunis à Ouagadougou. Pendant cinq jours, ils seront outillés sur les nouvelles normes et pratiques recommandées de l'Annexe 14 de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), relatives aux surfaces de limitation d'obstacles.

La cérémonie d'ouverture, tenue ce lundi 26 octobre 2026, a été marquée par les interventions du directeur général de l'Agence nationale de l'aviation civile (ANAC) du Burkina Faso, Abdoul Aziz Amoussa, et du commissaire de l'UEMOA, Jonas Gbian. Pour le directeur général de l'ANAC, l'accueil de cette rencontre témoigne de l'engagement des pays de la sous-région à conjuguer leurs efforts pour améliorer la sécurité du transport aérien. « Le Burkina Faso se réjouit d'accueillir cette rencontre régionale qui traduit, une fois de plus, la volonté des États membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de renforcer leur coopération et de mutualiser leurs efforts en faveur d'une aviation civile toujours plus sûre, plus performante et conforme aux exigences internationales », a-t-il déclaré.

« La Commission de l'UEMOA entend s'appuyer sur les expertises disponibles dans la sous-région pour la tenue des formations dans le cadre de la mise en place progressive d'un réseau de formateurs des États membres », le commissaire de l'UEMOA Jonas Gbian.

Anticiper les risques liés aux constructions autour des aérodromes

Dans son intervention, Abdoul Aziz Amoussa a insisté sur l'importance du transport aérien dans le désenclavement des territoires, l'intégration régionale et le développement économique. Il a toutefois rappelé que ces avantages ne peuvent être pleinement exploités sans une attention permanente portée à la sécurité des opérations aériennes.

Selon lui, la maîtrise des obstacles aux abords des aérodromes constitue un enjeu majeur, en raison des conséquences que peuvent avoir certaines constructions ou installations sur les trajectoires des appareils. « La présence ou l'apparition de constructions, d'installations ou d'autres obstacles susceptibles de compromettre les trajectoires des aéronefs peut affecter directement la sécurité des phases critiques du vol, notamment au décollage et à l'atterrissage », a-t-il expliqué.

Les surfaces de limitation d'obstacles désignent des espaces définis autour des aérodromes, à l'intérieur desquels la hauteur des constructions et autres obstacles fait l'objet de restrictions destinées à préserver la sécurité des opérations aériennes. Ces dispositions permettent notamment d'encadrer l'implantation d'infrastructures susceptibles de présenter un danger pour la circulation aérienne. Leur application nécessite une coordination entre les autorités de l'aviation civile, les exploitants d'aérodromes et les acteurs intervenant dans l'aménagement du territoire.

Le DG de l'ANAC, Abdoul Aziz Amoussa, a insisté sur l'importance du transport aérien dans le désenclavement des territoires, l'intégration régionale et le développement économique

Pour Abdoul Aziz Amoussa, cette responsabilité doit dépasser les seules limites physiques des aéroports. « En effet, la sécurité aérienne ne saurait se limiter aux seules infrastructures aéroportuaires, elle exige également une maîtrise rigoureuse de leur environnement immédiat », a-t-il souligné. Le directeur général a, par ailleurs, réaffirmé l'engagement du Burkina Faso à renforcer sa conformité réglementaire et ses mécanismes de prévention des risques aéronautiques. Il a souhaité que les échanges permettent aux participants de mieux comprendre les nouvelles exigences internationales et de partager leurs expériences afin de favoriser leur application harmonisée dans les différents pays.

Une échéance fixée au 21 novembre 2030

Au-delà du renforcement immédiat des compétences, l'atelier de Ouagadougou s'inscrit dans une démarche d'anticipation. En effet, l'amendement 18 de l'annexe 14, volume 1, à la convention de Chicago relative à l'aviation civile internationale introduit de nouvelles exigences concernant les surfaces de limitation d'obstacles aux aérodromes et dans leur voisinage. Ces dispositions entreront en application le 21 novembre 2030. Une échéance qui impose aux États concernés d'engager suffisamment tôt les préparatifs techniques et réglementaires nécessaires.

Le commissaire de l'UEMOA, Jonas Gbian, a particulièrement insisté sur cette nécessité. « Dans cette perspective, il convient de s'y prendre tôt afin de disposer de la règlementation et des documents techniques d'orientation, de personnel technique formé ainsi que de données de levés topographiques pour l'établissement des nouvelles surfaces de limitation d'obstacles avant la date butoir », a-t-il indiqué. Concrètement, les participants devront se familiariser avec les principes d'établissement et de surveillance de ces surfaces, mais également avec les méthodes d'évaluation des risques lorsqu'un obstacle dépasse les limites autorisées.

Cette évaluation pourra notamment s'appuyer sur des études aéronautiques permettant d'apprécier les conséquences d'un obstacle sur la sécurité des opérations. Pour Jonas Gbian, le développement des ressources humaines représente un pilier essentiel de l'amélioration de la sécurité aérienne dans l'espace communautaire. Il constitue d'ailleurs l'un des axes prioritaires du Programme de renforcement du transport aérien (PRTA) de l'UEMOA, fondé notamment sur l'harmonisation des réglementations et le renforcement des capacités nationales.

La rencontre se tient pendant 5 jours

Dans cette dynamique, l'Unité régionale de supervision de la sécurité et de la sûreté de l'aviation civile (URSAC) accompagne depuis plusieurs années les États membres dans la formation de leurs inspecteurs et l'amélioration de leurs capacités de supervision. La Commission de l'UEMOA entend également aller plus loin en développant une expertise régionale capable d'assurer progressivement la formation des personnels techniques. « La Commission de l'UEMOA entend s'appuyer sur les expertises disponibles dans la sous-région pour la tenue des formations dans le cadre de la mise en place progressive d'un réseau de formateurs des États membres », a expliqué Jonas Gbian.

Cette orientation devrait permettre, à terme, de renforcer l'autonomie des États en matière de formation spécialisée et de réduire les dépenses liées au recours à des expertises extérieures.
Le commissaire a enfin salué la collaboration entre la Commission de l'UEMOA, l'URSAC et les autorités nationales de l'aviation civile, tout en invitant les participants à faire preuve d'assiduité et à mettre les connaissances acquises au service de leurs administrations respectives.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Burkina/Télécommunications : Orange lance Méga Zen pour aider les abonnés à mieux gérer leur budget Internet

Tue, 27/10/2026 - 13:53

Orange Burkina Faso a présenté, le jeudi 22 octobre 2026 à Ouagadougou, Méga Zen, une nouvelle offre Internet mobile accessible exclusivement via la nouvelle version de l'application Max it 2.0. Cette offre permet aux abonnés de disposer d'un volume de données quotidien pendant trois, sept ou 30 jours, avec des formules adaptées à différents budgets.

Comment profiter d'Internet pendant plusieurs jours sans devoir acheter un nouveau forfait chaque matin ? C'est l'une des préoccupations auxquelles Orange Burkina Faso entend répondre avec le lancement de Méga Zen. Présentée au cours d'une conférence de presse, cette nouvelle offre permet aux abonnés de choisir un volume de données quotidien en fonction de leur budget et de leurs besoins.

Pour Aïssata Barro, responsable brand, cette innovation s'inscrit dans la volonté de l'entreprise de proposer des services qui simplifient le quotidien des consommateurs. « Chez Orange Burkina Faso, nous sommes convaincus que l'innovation consiste à ne pas simplement proposer de nouveaux services. Elle consiste avant tout à imaginer des solutions qui simplifient le quotidien de nos clients », a-t-elle expliqué.

Aïssata Barro, responsable brand, a souligné l'engagement de l'opérateur à proposer des solutions digitales innovantes, accessibles et adaptées aux besoins des consommateurs.

Un seul paiement pour plusieurs jours de connexion

Méga Zen repose sur un principe facile à comprendre : l'abonné paie une seule fois et reçoit chaque jour le volume Internet prévu par sa formule, pendant toute la durée choisie.
Concrètement, un client qui souscrit à la formule de trois jours à 500 FCFA reçoit 200 Mo le premier jour, 200 Mo le deuxième jour et 200 Mo le troisième jour. Il paie donc 500 FCFA pour bénéficier de ces trois dépôts quotidiens, soit un total de 600 Mo distribués sur la période, à condition que le forfait arrive à son terme normalement.

Pour une validité de trois jours, deux autres possibilités sont proposées : 500 Mo par jour à 1 025 FCFA, soit 1 500 Mo sur trois jours, ou 1 000 Mo par jour à 1 750 FCFA, soit 3 000 Mo sur la période.
Les abonnés qui souhaitent disposer d'Internet pendant une semaine peuvent également choisir entre trois formules : 200 Mo par jour à 1 000 FCFA, 500 Mo par jour à 2 000 FCFA ou 1 000 Mo par jour à 3 600 FCFA. Ainsi, avec la formule à 1 000 FCFA, le client reçoit 200 Mo chaque jour pendant sept jours, soit 1 400 Mo au total.

Méga Zen est accessible exclusivement via Max it 2.0. Il propose sept formules permettant aux abonnés de choisir leur budget, leur volume quotidien de données et la durée de validité souhaitée.

Pour ceux qui préfèrent une formule mensuelle, Orange propose un forfait de 30 jours à 15 000 FCFA. Elle comprend, selon les explications du responsable Internet mobile Ousmane Djim, un volume quotidien de 1 500 Mo, dont 1 000 Mo utilisables sur Internet et 500 Mo réservés à Facebook et TikTok. Cette répartition tient compte des habitudes numériques des consommateurs, ces deux plateformes figurant parmi les applications les plus utilisées, selon le responsable.

Scannez le code QR pour télécharger la nouvelle application Max it 2.0 et profitez des nouvelles offres Internet d'Orange Burkina Faso avec Méga Zen.

Les données non consommées peuvent être récupérées

L'autre particularité de l'offre Méga Zen concerne les données qui n'ont pas été utilisées au cours d'une journée. Contrairement à un fonctionnement où le reliquat serait simplement perdu à minuit, les explications données lors de la conférence de presse indiquent que le volume restant s'ajoute à celui du lendemain.
Par exemple, un abonné qui reçoit 1 000 Mo le premier jour et n'en utilise que 800 dispose encore de 200 Mo.

Le lendemain, il reçoit ses nouveaux 1 000 Mo. Son volume disponible passe alors à 1 200 Mo.
À la fin de la durée de validité, une période de gel de dix jours est prévue pour permettre au client de récupérer le volume accumulé et non consommé. Cette possibilité lui offre une marge supplémentaire lorsque sa consommation varie d'un jour à l'autre.

Pour Ousmane Djim, l'objectif est de donner aux consommateurs davantage de maîtrise sur leurs dépenses. « La particularité de Méga Zen ici, c'est de permettre aux clients de gérer leur budget », a-t-il indiqué.
Le responsable Internet mobile a également souligné que l'offre vise à rendre Internet plus accessible et plus flexible, dans un contexte où les usages numériques occupent une place croissante dans les activités quotidiennes.

Ousmane Djim, responsable Internet mobile chez Orange Burkina Faso, a présenté les avantages de l'offre Méga Zen, une offre conçue pour permettre aux utilisateurs de mieux gérer leur budget Internet.

Une offre accessible via Max it 2.0

Le Méga Zen est disponible exclusivement sur la nouvelle version de l'application Max it. Pour y souscrire, l'abonné doit ouvrir l'application, accéder à la rubrique d'achat des pass Internet, puis sélectionner l'onglet « Pass Mega Zen ». Il pourra ensuite consulter les formules proposées, les tarifs, les volumes quotidiens et les durées de validité.

Les utilisateurs qui disposent encore de l'ancienne version de Max it doivent télécharger la version 2.0 pour accéder à cette nouvelle offre.
Avec l'offre Méga Zen, Orange Burkina Faso entend ainsi permettre aux consommateurs de planifier leurs dépenses Internet à l'avance, tout en bénéficiant d'un volume de données renouvelé chaque jour pendant la durée choisie.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

Categories: Afrique

En mémoire de feue Madame KEITA ARAMATA SALIMATA Née BOURA Rappelée à Dieu le 18 octobre 2026

Tue, 27/10/2026 - 13:17

En ces moments de grande douleur, les grandes familles Keita, Kousse, Boro, Zon et alliés remercient infiniment toutes les personnes qui, de près ou de de loin, ont apporté leur soutien, leur présence, leurs prières et leurs encouragements lors du décès de leur très chère.
Que Dieu vous bénisse et vous le rende au centuple.
« Je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort. »
Jean 11:25

Categories: Afrique

Décès de OUEDRAOGO née KABORE Mouniratou Mélia Amanda : Remerciements

Tue, 27/10/2026 - 11:55

« Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris. Que le nom du Seigneur soit béni ! » (Job1,21)

Les familles OUEDRAOGO et KABORE à Komestenga et Zorgho,
Monsieur R. Jean Paul OUEDRAOGO, ancien Maire de Mané et son épouse Mme OUEDRAOGO née SAWADOGOS. Irèneà Ouagadougou,

Remercient
Tous ceux qui les ont soutenus moralement, matériellement et financièrement lors du rappel à Dieu de leur belle-fille, fille, épouse et mère, OUEDRAOGO née KABORE Mouniratou Mélia Amanda, survenu le 27 septembre 2026, à Ouagadougou.

Que le Seigneur vous récompense tous et chacun pour vos bien faits et qu'il vous bénisse en abondance ! La famille se garde deciter des noms de peur d'enoublier.

Que par la miséricorde de Dieu l'âme de Mouniratou Mélia Amanda répose en paîx.

Categories: Afrique

Décès de Joseph Zangreyanogho : Remerciements

Tue, 27/10/2026 - 10:34
Categories: Afrique

Burkina : La 2ᵉ Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité se penche sur les menaces numériques émergentes

Mon, 26/10/2026 - 23:23

La deuxième édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité se tient du 26 au 30 octobre 2026 à Ouagadougou. Lancée officiellement ce lundi 26 octobre, elle vise à sensibiliser les populations aux risques liés à l'utilisation des plateformes numériques. Au programme des journées portes ouvertes, une caravane de sensibilisation, des panels thématiques et un hackathon destiné aux jeunes.

Placée sous le thème « Cybercriminalité et menaces numériques émergentes : du clic au crime », la semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité est une initiative qui vise à renforcer la prévention des infractions liées à l'utilisation des services numériques.

Le lancement officiel des activités est intervenu ce lundi 26 octobre, sous la présidence du secrétaire général du ministère de la Sécurité et président du comité d'organisation, le commandant Ahmed Ouédraogo. À cette occasion, il a procédé à l'ouverture des journées portes ouvertes des institutions et organisations intervenant dans le domaine de la cybersécurité, dans les locaux de la BCLCC sis au quartier Koulouba.

Le commandant Ahmed Ouédraogo a officiellement lancé la 2ᵉ édition de la Semaine de lutte contre la cybercriminalité

Les institutions présentes aux JPO sont la Direction générale des transmissions et de l'informatique, la Brigade Laabal, l'Autorité de régulation de la communication et de la protection des données à caractère personnel et l'Office national d'identification qui va permettre à ceux qui le veulent de disposer des cartes biométriques de l'AES en 48 heures.

Ces journées offrent aux populations l'occasion de se rapprocher des structures spécialisées afin de mieux comprendre les risques liés au numérique et d'adopter des comportements responsables sur les réseaux sociaux. Pour le commandant Ahmed Ouédraogo, cette deuxième édition constitue une occasion de sensibiliser les citoyens aux comportements susceptibles de les exposer à des infractions en ligne.

À la suite du lancement, les officiels ont fait le tour des stands d'exposition

« De plus en plus, de nos jours, nous avons non seulement des piratages d'identité, mais aussi beaucoup d'escroqueries en ligne. Personne n'est à l'abri », a-t-il souligné. Il invite donc les populations à se rapprocher des acteurs de la cybersécurité pour obtenir des informations fiables.

Il a également rappelé que la sécurisation du cyberespace ne relève pas uniquement des services spécialisés. Elle dépend aussi des comportements individuels et de la responsabilité de chaque utilisateur des outils numériques. La semaine se veut ainsi un cadre d'échanges et d'information pour permettre aux citoyens de mieux connaître les risques, de prévenir les infractions et de contribuer à un usage plus sûr des réseaux sociaux.

Plusieurs activités sont prévues au cours de cette semaine. Une caravane de sensibilisation sillonnera notamment la ville de Ouagadougou afin de toucher un large public. Des panels consacrés aux menaces numériques émergentes et des rencontres sportives de maracaña figurent également au programme.

Selon le commandant de la BCLCC, le commissaire principal Bayi Akim Nignan, l'innovation majeure de cette édition est l'organisation du hackathon

L'innovation majeure de cette édition est l'organisation d'un hackathon destiné aux jeunes. Selon le commandant de la BCLCC, le commissaire principal Bayi Akim Nignan, cette initiative vise à leur permettre de mettre leurs compétences au service de la recherche de solutions numériques pouvant être utilisées dans la vie courante. Au-delà de la sensibilisation, les organisateurs entendent renforcer la collaboration entre les institutions et les organisations engagées dans la lutte contre la cybercriminalité.

Photo de famille

La participation de plusieurs structures publiques et partenaires traduit cette volonté de mutualiser les efforts pour prévenir les infractions et mieux protéger les utilisateurs. Les populations sont invitées à faire preuve de vigilance dans leurs usages numériques. L'objectif est de rappeler qu'un simple clic, lorsqu'il s'accompagne d'un comportement imprudent ou malveillant, peut exposer son auteur ou sa victime à des conséquences importantes.

Armelle Ouédraogo
Crédit photo : Bonaventure Paré
Lefaso.net

Categories: Afrique

Les 100 Visages du Burkina Digital : Dr Rodrique Kafando, former au Burkina ceux qui construiront l'IA africaine

Mon, 26/10/2026 - 23:21

Deux jours après la clôture de la phase officielle de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Aujourd'hui : le Dr Rodrique Kafando, enseignant-chercheur en intelligence artificielle à l'Université Virtuelle du Burkina Faso et chargé de recherche au centre d'excellence en IA CITADEL.

Soumettez à une intelligence artificielle conçue ailleurs un échange de piques entre un Mossi et un Samo, et demandez-lui d'en qualifier le contenu. Elle risque fort d'y voir des propos injurieux, voire haineux. Ce qu'elle ignore : il s'agit de parenté à plaisanterie, une pratique qui, au Burkina Faso, désamorce les tensions et renforce la cohésion sociale. Une IA pensée ici saurait nuancer son analyse, car une IA ne comprend que ce qu'on lui a appris. Pour l'Afrique, une question domine donc : qui construira les systèmes que nous utiliserons demain ? Rodrique Kafando a fait de cette question le fil conducteur de son travail.

Des réseaux télécoms à l'analyse de données

Ingénieur en télécommunications de formation, il s'oriente vers les systèmes intelligents à l'Institut francophone international, au Vietnam, puis en France. Il obtient un master en 2018, puis un doctorat en informatique (Data Science et intelligence artificielle) à l'Université de Montpellier en 2021. Ses publications portent sur les villes intelligentes, les mégadonnées, la pollution liée au trafic urbain et les données biomédicales. Une même logique les relie : transformer les données en connaissances exploitables.

Le choix du retour

Après plusieurs années de formation et de recherche à l'étranger, il fait le choix de rentrer au Burkina Faso. Un choix mûri, que la vision du centre CITADEL est venue renforcer : développer au Burkina des solutions d'IA qui partent des réalités locales et former sur place les talents capables de les porter. Depuis 2022, il y est chargé de recherche et participe, avec l'équipe du centre, à la formation et à l'encadrement de spécialistes en IA. Plus de 70 ingénieurs y ont été formés. À l'Université Virtuelle du Burkina Faso, il enseigne l'apprentissage automatique, l'apprentissage profond et le traitement automatique du langage. Il y coordonne le master Data Mining et Intelligence Artificielle et dirige, depuis juin 2026, le département informatique. Une conviction guide ce retour, partagée par ses collègues : sans compétences formées sur place, pas d'autonomie technologique.

Des problèmes réels aux solutions locales

Au centre CITADEL, l'équipe suit une méthode constante. Elle identifie avec les acteurs sectoriels des problèmes réels, en fait des sujets de recherche, puis aboutit à des preuves de concept (POC) utilisées par des partenaires locaux. À ce jour, plus de quinze solutions d'IA ont ainsi été développées et ont donné lieu à plus d'une vingtaine de publications scientifiques. Le constat de départ est simple : une IA conçue ailleurs, avec d'autres langues et d'autres données, ne répond pas d'elle-même aux besoins africains. Elle doit être développée ou adaptée à partir de nos réalités.

De la recherche à la décision

Depuis avril 2025, il est expert au SP-IVTEN, rattaché au ministère chargé de la Transition digitale, et contribue à l'élaboration de la Feuille de route nationale d'intelligence artificielle 2026-2030. Il a également pris part à l'élaboration des Lignes directrices pour une intelligence artificielle éthique, inclusive et responsable en Afrique francophone.

Une souveraineté à notre portée

Au-delà de la technique, Rodrique Kafando défend une IA responsable et souveraine. Pour lui, la souveraineté numérique n'a rien d'une utopie, à condition de bien la comprendre. Il ne s'agit pas de rivaliser avec les géants du secteur, mais de s'appuyer sur les modèles d'IA open source pour en faire un véritable levier de développement local. Le Burkina Faso et les pays de la région ont les moyens de déployer ces modèles au service de leurs besoins essentiels.

Encore faut-il utiliser ces technologies en gardant la maîtrise des données des citoyens comme de celles des institutions. D'où l'importance de former des talents locaux, pour passer du statut de simples intégrateurs de solutions venues d'ailleurs à celui de véritables concepteurs. Formé en 2025 à l'IA et aux droits humains à l'Université de Pretoria, il rappelle aussi qu'une IA ne se juge pas à sa seule performance. Ses biais, sa transparence et ses effets sur les populations comptent tout autant.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce que son parcours relie trois mondes qui se parlent encore trop peu : la recherche, la formation et la décision publique. Parce qu'il prend part, avec d'autres chercheurs, enseignants et institutions, à un effort collectif pour que le Burkina ne reste pas un simple consommateur d'intelligence artificielle. Et parce que cet engagement rappelle une évidence : l'Afrique ne tirera pleinement parti de l'IA que si elle forme elle-même celles et ceux qui la construisent.

www.lefasodigital.net

Categories: Afrique

Santé au travail : Dofinihanou « Inessa » Coulibaly, médecin des travailleurs et sentinelle de leur santé

Mon, 26/10/2026 - 23:18

Dans les entreprises, les administrations, les ateliers ou sur les chantiers, des milliers de Burkinabè travaillent quotidiennement, parfois au détriment de leur santé. Si certains risques professionnels sont visibles, d'autres se manifestent silencieusement, à travers le stress, l'épuisement ou des douleurs qui s'installent avec le temps. Depuis plus d'une décennie, le Dr Dofinihanou Coulibaly, dite Inessa, a choisi de consacrer sa carrière à la prévention de ces souffrances. Médecin du travail à l'Office de santé des travailleurs (OST) de Ouagadougou, elle défend que le travail doit permettre à l'homme de vivre, et non compromettre sa santé. Rencontre avec une praticienne pour qui la médecine ne se limite pas à soigner, mais consiste aussi à empêcher que le mal ne survienne.

« Je préfère empêcher le drame plutôt que le constater. » Cette phrase résume à elle seule la philosophie professionnelle du Dr Dofinihanou Coulibaly. Derrière sa blouse blanche, il y a une femme convaincue que la santé d'un travailleur ne devrait jamais être sacrifiée sur l'autel de la productivité ou de la nécessité économique. Médecin-chef de la zone de santé au travail de Gounghin, à Ouagadougou, elle veille sur la santé de travailleurs issus de secteurs aussi divers que les hydrocarbures, les bâtiments et travaux publics, l'agro-industrie, les institutions financières et les services administratifs. Des univers professionnels différents, mais où les risques pour la santé sont parfois aussi importants qu'insoupçonnés.

Son histoire avec la médecine du travail commence en 2014, lorsqu'elle intègre l'Office de santé des travailleurs en qualité de médecin généraliste. À cette époque, elle découvre progressivement une réalité qui va orienter la suite de sa carrière. Car le travail, censé garantir la subsistance et l'épanouissement de l'être humain, peut aussi devenir une source de souffrance.

« La santé et le bien-être physique, mental et émotionnel ont toujours guidé mes choix de vie de façon générale. Lorsque je suis arrivée à l'OST en 2014 en tant que médecin généraliste, j'ai constaté que l'une des raisons pouvant affecter ce bien-être est souvent liée au travail. L'amour de la prévention et de la promotion de la santé de façon générale et en milieu de travail en particulier a guidé mon choix vers cette spécialité noble », explique-t-elle.

« Aucune journée ne se ressemble. Mais toutes ont le même but : que chaque travailleur rentre chez lui en bonne santé après la journée de travail », confie le Dr Inessa

Elle décide alors d'approfondir ses connaissances dans cette discipline. De 2016 à 2021, elle suit une formation spécialisée en médecine du travail à l'université d'Abomey-Calavi, au Bénin. Un parcours marqué notamment par l'inspiration et le mentorat du professeur Sandrine Sanon/Lompo, présidente actuelle de Société burkinabè de médecine du travail (SOBUMET), dont elle souligne l'influence dans son orientation professionnelle.

Mais au-delà des enseignements universitaires, c'est surtout la confrontation aux réalités humaines qui façonne sa manière d'exercer. « La jeune médecin était pleine de certitudes et de rêves. Le terrain a bousculé les premières, mais sans anéantir les seconds. L'amphithéâtre m'a appris les maladies. Le terrain m'a appris les gens. On ne soigne pas une maladie, on soigne les gens. On y découvre que la maladie a souvent un nom, mais que la cause est souvent un poste de travail, des mauvaises conditions de travail, un supérieur hiérarchique, une peur, un horaire de travail… Les travailleurs ne disent pas toujours "j'ai mal". Il faut apprendre à les entendre. »

Cette leçon, elle la garde au cœur de sa pratique. Car derrière une douleur persistante, une fatigue inexpliquée ou un état de stress, il peut se cacher une organisation professionnelle défaillante, une exposition prolongée à un danger ou une souffrance que le travailleur n'ose pas exprimer.

Prévenir la maladie avant qu'elle ne s'installe

Pour le Dr Coulibaly, la médecine du travail reste encore trop souvent réduite, dans l'imaginaire collectif, aux visites médicales d'embauche et à la délivrance de certificats d'aptitude. Une perception qui occulte l'essentiel de cette spécialité. « Quand on parle de médecine du travail, tout le monde voit visites médicales et certificats d'aptitude. Ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Derrière, il y a la visite des lieux de travail pendant laquelle on identifie les différents dangers auxquels les travailleurs sont exposés et où on formule des recommandations pour améliorer les conditions de travail. Il y a aussi l'information, la formation et l'éducation des travailleurs et des employeurs en matière de prévention. Le médecin du travail n'est pas là juste pour mettre un cachet sur un certificat d'aptitude. Il est là pour que le travail ne rende personne malade. »

Dans sa zone de compétence, ses journées sont rythmées par les visites d'entreprises, les consultations, les formations, l'analyse de dossiers médicaux, les rencontres avec les employeurs et, parfois, les situations d'urgence. En sa qualité de médecin-chef, elle assure également la planification, la coordination et la supervision des activités de santé au travail. « Aucune journée ne se ressemble. Mais toutes ont le même but : que chaque travailleur rentre chez lui en bonne santé après la journée de travail », résume-t-elle. Au fil de ses consultations, certains problèmes reviennent régulièrement. Les troubles musculosquelettiques occupent une place importante. Douleurs lombaires, dorsalgies, inconfort lié à la station assise prolongée ou au port de charges lourdes sont autant de manifestations d'une exposition quotidienne à des contraintes physiques.

À ces problèmes s'ajoutent les troubles visuels liés à l'utilisation prolongée des écrans, mais aussi des affections telles que l'hypertension artérielle, le diabète, le surpoids et l'obésité, rencontrées lors des consultations de routine. Toutefois, une autre catégorie de risques retient particulièrement son attention : ceux qui affectent la santé psychologique des travailleurs. Le stress chronique, les conflits professionnels, l'épuisement et les violences en milieu de travail constituent, selon elle, des préoccupations qui méritent une meilleure prise en compte. « On constate beaucoup d'efforts dans la gestion des dangers ou risques mesurables tels que le bruit, l'éclairage, l'exposition aux produits chimiques, etc. Cependant, les risques psychosociaux nécessitent une attention particulière de la part des employeurs, des travailleurs eux-mêmes, mais aussi des professionnels de santé au travail. Le stress au travail, l'épuisement professionnel ou burnout, les violences en milieu de travail sont encore des sujets tabous dans notre contexte socioprofessionnel. »

Cette préoccupation ne relève pas uniquement d'une réflexion théorique. Elle s'est construite au contact de situations concrètes qui l'ont profondément interpellée. Elle se souvient notamment d'une travailleuse confrontée à un stress important en raison d'un conflit avec son employeur. Une situation difficile à résoudre. Elle évoque également le cas d'une personne souffrant de dépression, pour laquelle un changement d'environnement professionnel était nécessaire.

Dr Coulibaly est la responsable chargée de l'organisation et de l'information au sein de la Société burkinabè de médecine du travail (SoBuMeT)

« Il m'a été difficile de faire comprendre à l'employeur que l'environnement de travail aggravait la santé mentale du travailleur. Ce sont des exemples parmi tant d'autres. Les risques psychosociaux sont des risques émergents en milieu de travail. Le stress, l'épuisement professionnel ou burnout, la dépression sont encore perçus comme des sujets tabous dans notre société, le plus souvent considérés comme des maladies des faibles. J'ai vu des travailleurs aller très mal en silence derrière un sourire professionnel. »

Ces expériences l'ont convaincue de renforcer ses compétences. En juillet 2026, elle obtient une certification en audit et conseil en risques psychosociaux, afin de mieux accompagner les organisations dans l'identification et la prévention de ces situations.
Pour elle, une prise en charge efficace ne peut ignorer l'environnement professionnel dans lequel évolue le patient. « Soigner le corps sans regarder l'organisation du travail, c'est panser une plaie qu'on continue de rouvrir chaque matin », insiste-t-elle. Elle établit ainsi une distinction entre la fatigue ponctuelle, qui peut disparaître avec le repos, et l'épuisement professionnel, qui s'installe progressivement lorsque les facteurs de stress persistent. Dans ce dernier cas, les congés ou le repos hebdomadaire peuvent ne plus suffire. Une prise en charge pluridisciplinaire, associant notamment le médecin du travail et des professionnels de la santé mentale, devient alors nécessaire.

Mais au-delà des risques physiques et psychologiques, une autre réalité préoccupe la praticienne : la vulnérabilité économique de nombreux travailleurs. Dans un contexte où conserver son emploi représente parfois une question de survie familiale, certains acceptent des conditions susceptibles de compromettre leur santé. « Quand faut-il choisir entre sa santé, le repas et la scolarité des enfants ? La santé perd presque toujours. Le travailleur ne prend pas un risque par insouciance, mais par nécessité. C'est pourquoi la prévention doit être une exigence de l'employeur et de l'État, pas un courage demandé à celui qui a le moins de choix », déplore-t-elle.

Des vies bouleversées aux combats pour une meilleure protection des travailleurs
Si le Dr Coulibaly a fait de la prévention sa priorité, elle sait aussi que tous les accidents ne peuvent être évités. Et lorsque le drame survient, les conséquences dépassent souvent les blessures visibles. Une rencontre, survenue alors qu'elle venait d'achever sa spécialisation, a particulièrement marqué son parcours. Il s'agissait d'un chauffeur victime d'un accident du travail dont l'état de santé avait nécessité une amputation. Au-delà de l'évaluation médicale de son incapacité, une interrogation s'imposait à la jeune spécialiste : « Comment réparer les conséquences d'un accident qui prive une personne de la possibilité d'exercer son métier ? »

« Il fallait évaluer le dommage corporel par le calcul du taux d'incapacité permanente partielle en vue de l'indemnisation par la CNSS. On évalue le dommage corporel, oui, mais qu'en est-il du préjudice subi ? Il ne peut plus conduire, comment répare-t-on ça ? » s'est-elle interrogée.

« Je dirai à ce héros et à cette héroïne du quotidien : ta famille n'a pas seulement besoin de ton salaire. Elle a besoin de toi, vivant et debout. Ton corps n'est pas un outil jetable. Protège-toi, signale les dangers, consulte tôt. Ce n'est pas de l'égoïsme ni de la paresse, c'est une forme profonde d'amour pour les tiens », insiste la médecin du travail

Cette expérience contribue à orienter son intérêt vers la réparation juridique du dommage corporel, domaine dans lequel elle obtient une certification en décembre 2022 à l'université d'Abomey-Calavi. Elle apprend à distinguer le dommage, qui correspond à l'atteinte physique ou psychique, du préjudice, qui renvoie aux conséquences de cette atteinte sur la vie de la victime. « On ne mesure pas seulement une blessure, on mesure une vie qui change. On examine les séquelles physiques et psychologiques, le quantum doloris, c'est-à-dire la douleur, le préjudice esthétique, la capacité à reprendre le travail, les répercussions sur la vie quotidienne, familiale et sociale. Cela se fait à travers le calcul des taux d'incapacité en utilisant des barèmes. Une cicatrice se voit. Un préjudice, il faut savoir le démontrer. »

Cette dimension médico-légale donne une autre portée à son engagement. Il ne s'agit plus seulement de prévenir les accidents, mais aussi de contribuer à une évaluation juste des conséquences lorsqu'ils surviennent. Cependant, la reconnaissance des droits des victimes demeure un défi au Burkina Faso. Selon la praticienne, de nombreux travailleurs ignorent encore les mécanismes de déclaration et d'indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles. Elle attire particulièrement l'attention sur les accidents de trajet, dont la reconnaissance reste insuffisamment connue. « Les juristes disent que nul n'est censé ignorer la loi. Cependant, force est de reconnaître que les travailleurs ne connaissent pas suffisamment leurs droits. Pourtant, un droit que l'on ne connaît pas est un droit que l'on perd. Des victimes ignorent qu'une maladie professionnelle ou un accident du travail ouvre des droits à la réparation. » À cette méconnaissance s'ajoutent les difficultés administratives, la peur des représailles et les obstacles liés à l'établissement du lien entre une maladie et l'activité professionnelle. « Beaucoup abandonnent, non parce qu'ils n'ont pas de droit, mais parce qu'ils n'ont souvent personne pour les guider. C'est là que l'indépendance et la déontologie du médecin du travail sont des alliés précieux », souligne-t-elle.

Son engagement dépasse également les consultations médicales. Responsable chargée de l'organisation et de l'information au sein de la Société burkinabè de médecine du travail (SoBuMeT), elle participe aux actions de sensibilisation, de formation et de promotion de la santé au travail. Elle contribue aussi à la recherche scientifique en qualité de coauteure d'articles scientifiques. Dans une démarche de perfectionnement continu, elle a renforcé en avril 2026 ses compétences en évaluation des risques professionnels et en élaboration de documents uniques d'évaluation des risques. En octobre de la même année, elle a également suivi une formation en gouvernance de la sécurité et santé au travail en Afrique. Ces qualifications traduisent sa volonté d'agir non seulement auprès des travailleurs, mais également sur les politiques et les pratiques organisationnelles qui déterminent leur sécurité.

« Le médecin du travail n'est pas là juste pour mettre un cachet sur un certificat d'aptitude. Il est là pour que le travail ne rende personne malade », explique le Dr Inessa Coulibaly

Elle reconnaît néanmoins que le chemin reste long. L'insuffisance de médecins spécialisés, les ressources limitées et la faible accessibilité des dispositifs de prévention dans certaines structures constituent autant d'obstacles. La formation de spécialistes au Burkina Faso représente toutefois une avancée encourageante à ses yeux.

« Sous le leadership du professeur Sandrine Sanon/Lompo, la formation des médecins du travail est désormais possible dans notre pays. Bientôt la sortie de la première promotion des médecins du travail entièrement formés au Burkina Faso », se réjouit-elle. La protection des travailleurs du secteur informel lui tient aussi à cœur. Dans les marchés, les ateliers, les petites unités de production ou les exploitations agricoles, de nombreuses personnes exercent leurs activités sans bénéficier du même accompagnement préventif que les salariés des entreprises structurées. Pour la médecin, leur situation ne devrait pas les exclure des dispositifs de santé au travail. « Le travailleur informel a les mêmes droits à la santé au travail. Il faut donc aller vers lui sans attendre qu'il vienne : sensibilisation de proximité sur les marchés et dans les ateliers, messages en langues locales, relais associatifs, mutualisation des services, couverture progressive. C'est ce que fait l'OST non seulement dans le secteur informel, mais également dans le secteur agro-sylvo-pastoral. La santé au travail ne doit pas s'arrêter à la porte des grandes entreprises. »

Après plus d'une décennie passée au contact des réalités professionnelles, le Dr Coulibaly reste attachée à ce qui a motivé son choix initial : préserver l'être humain avant que sa santé ne se dégrade. À ses yeux, un travailleur ne se résume ni à son rendement, ni à son poste, ni au salaire qu'il rapporte à sa famille. Il est avant tout une personne dont la santé conditionne également l'équilibre de ses proches. C'est pourquoi, lorsqu'on lui demande quel message elle adresserait à ceux qui mettent quotidiennement leur santé en danger pour conserver leur emploi ou subvenir aux besoins de leur famille, sa réponse prend une dimension particulièrement humaine. « Je dirai à ce héros et à cette héroïne du quotidien : ta famille n'a pas seulement besoin de ton salaire. Elle a besoin de toi, vivant et debout. Ton corps n'est pas un outil jetable. Protège-toi, signale les dangers, consulte tôt. Ce n'est pas de l'égoïsme ni de la paresse, c'est une forme profonde d'amour pour les tiens », insiste-t-elle pour conclure.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

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Sommet Russie-Afrique : Le Premier ministre burkinabè à Moscou pour renforcer la coopération bilatérale

Mon, 26/10/2026 - 23:15

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a quitté Ouagadougou ce lundi 26 octobre 2026 pour Moscou, où il prendra part, les 28 et 29 octobre, au 3ᵉ Sommet Russie-Afrique et au Forum économique et humanitaire. Cette participation vise à consolider le partenariat entre le Burkina Faso et la Russie, notamment dans les domaines de la sécurité, des investissements, de la transformation locale des ressources et du transfert de technologies, dans une dynamique de renforcement de la souveraineté nationale.

‎Après les éditions de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023, cette rencontre réunira les dirigeants africains autour du Président russe Vladimir Poutine pour donner une nouvelle impulsion au partenariat russo-africain. Elle permettra de dresser le bilan du plan d'action 2023-2026 et de définir les prochaines orientations de la coopération. L'adoption d'une déclaration et d'un nouveau plan d'action pour la période 2027-2029 est prévue à l'issue des travaux.

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‎Les échanges porteront notamment sur le commerce, les investissements, la sécurité alimentaire et énergétique, ainsi que sur la souveraineté des États. Le Forum économique et humanitaire abordera également le développement industriel, les transferts de technologies, la transformation numérique, l'intelligence artificielle et les usages pacifiques de l'énergie nucléaire, ainsi que la santé, l'éducation et la formation.
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‎À la tête de la délégation burkinabè, le chef du gouvernement portera, au nom du président du Faso, les priorités nationales, avec pour objectif de promouvoir des projets concrets en matière de transformation locale des ressources, de maîtrise des technologies et de formation de la jeunesse. Ces perspectives de coopération visent à renforcer les capacités productives du pays et à consolider sa souveraineté économique.
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‎En marge des travaux, le premier ministre aura des entretiens bilatéraux et accordera des audiences pour approfondir les partenariats au service de la sécurité et du développement du Burkina Faso.

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‎Cette participation s'inscrit dans la dynamique de renforcement des relations entre Ouagadougou et Moscou, confortée par la signature, le 12 février 2026, de l'Accord sur les fondements des relations entre les deux pays. Elle traduit la volonté du président du Faso de diversifier les partenariats, dans le respect de la souveraineté nationale, de l'égalité et des intérêts réciproques, afin d'apporter des réponses concrètes aux défis sécuritaires, humanitaires et de développement du Burkina Faso.

Lefaso.net
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‎DCRP/Primature

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Sécurité routière : Le geste de l'agent prime sur le feu tricolore

Mon, 26/10/2026 - 23:12

Dans la circulation routière, les panneaux, les feux tricolores et les marquages au sol jouent un rôle essentiel dans l'organisation des déplacements. Mais lorsqu'un agent habilité à réguler la circulation intervient, ses instructions peuvent prévaloir sur les indications des dispositifs automatiques. Une règle parfois méconnue de certains usagers, comme l'illustre une scène observée à Ouagadougou, non loin du palais du Larlé Naaba.

Le feu était vert, ce lundi 26 octobre aux environs de 7h50, sur l'avenue Yatenga, près du palais du Larlé Naaba. Pourtant, un volontaire adjoint de sécurité avait tendu le bras pour demander aux usagers de s'arrêter, afin que ceux qui étaient en face puissent passer. Une situation qui aurait dû suffire à faire comprendre aux conducteurs que le passage était momentanément interdit.

Mais tous n'ont pas obtempéré. Certains usagers ont continué leur chemin, malgré le geste de l'agent. D'autres, déjà arrêtés, ont été interpellés par des motocyclistes qui leur lançaient que le feu était vert, comme pour leur signifier qu'ils pouvaient avancer. C'est dommage mais pour certains conducteurs, la couleur du feu semble avoir plus d'autorité que les instructions d'un agent chargé de réguler le trafic.

Le feu vert ne signifie pas passage libre

Dans l'esprit de nombreux usagers, le feu vert est synonyme d'autorisation de circuler. Cette interprétation est compréhensible, mais la circulation routière ne se déroule pas toujours dans des conditions normales. Un accident ou un embouteillage peut nécessiter une intervention directe d'un agent pour éviter une situation dangereuse.

C'est précisément dans ces circonstances que la signalisation humaine prend toute son importance. En tendant le bras pour demander aux usagers de s'arrêter, le VADS cherchait à réguler les mouvements et à assurer la sécurité de la circulation. Le feu vert ne constituait donc pas une invitation à poursuivre leur route sans tenir compte de ses instructions.

La signalisation humaine, une priorité de sécurité

La signalisation routière repose sur plusieurs dispositifs complémentaires, selon Rasmané Élie Ouédraogo, moniteur à Alliance auto-école. « Les panneaux indiquent les obligations, les interdictions et les dangers. Les feux tricolores organisent les mouvements des motos, des véhicules et des piétons. Les marquages au sol précisent les voies de circulation et les espaces réservés ».

Selon le moniteur, lorsqu'un agent habilité intervient pour réguler la circulation, ses instructions doivent être respectées, même lorsqu'elles contredisent les indications habituelles des feux ou des panneaux. Cette primauté, à l'en croire, répond à la nécessité de permettre une adaptation immédiate de la circulation aux circonstances.

« Un feu vert ne signifie pas nécessairement qu'un véhicule peut avancer sans précaution. L'agent peut avoir constaté un danger, une congestion ou un mouvement de circulation nécessitant une interruption temporaire. À l'inverse, il peut autoriser le passage lorsque les circonstances le permettent, malgré un feu rouge, dans le cadre de ses pouvoirs. La signalisation humaine ne remplace donc pas les autres dispositifs. Elle permet de les compléter et de les adapter aux réalités du terrain », indique le moniteur.

Lorsque certains conducteurs poursuivent leur route malgré le geste du volontaire adjoint de sécurité, ils peuvent perturber la circulation et mettre en difficulté les autres usagers.

Plus préoccupant encore, les conducteurs qui interpellent ceux qui sont arrêtés en leur rappelant que le feu est vert contribuent à créer une confusion. Ils ne peuvent pas se substituer à l'agent pour décider si la circulation doit être interrompue ou autorisée.

Des gestes qui doivent être compris par tous

La signalisation humaine repose essentiellement sur des gestes conventionnels. L'agent peut utiliser ses bras, ses mains, un sifflet ou d'autres moyens pour transmettre ses instructions.

Mais encore faut-il que les conducteurs sachent interpréter ces indications. Un geste mal compris peut provoquer une hésitation, un freinage brusque ou une collision. Ce qu'il s'est passé sur l'avenue Yatenga montre que la connaissance des gestes de circulation ne suffit pas toujours. Encore faut-il accepter de leur accorder la priorité lorsqu'ils sont donnés par un agent habilité.

Une responsabilité partagée

La sécurité routière ne repose pas uniquement sur les équipements techniques. Elle dépend aussi de la capacité des usagers à comprendre les règles, à respecter les instructions et à adapter leur comportement aux circonstances.

Les automobilistes doivent notamment éviter de considérer le feu vert comme une autorisation absolue de passage.

Les motocyclistes, particulièrement nombreux, sont également concernés. Leur mobilité ne les dispense pas de respecter les indications des agents, même lorsqu'ils pensent pouvoir se faufiler entre les véhicules.

Les piétons, de leur côté, doivent tenir compte des instructions qui leur sont adressées et éviter de traverser lorsque la circulation n'est pas suffisamment sécurisée. Dans tous les cas, la prudence reste indispensable. Sur la route, la priorité reste la sécurité des personnes. Et lorsqu'un policier demande de s'arrêter, même si le feu est vert, le bon réflexe consiste à respecter son instruction plutôt qu'à chercher à imposer sa propre interprétation. Car aucun gain de temps ne vaut une vie humaine.

HFB
Lefaso.net

NB : Image de UNE générée par l'IA

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Burkina/Sécurité routière : « Votre premier diplôme, c'est de rentrer bien portant à la maison », lance Maïmouna Karama aux étudiants

Mon, 26/10/2026 - 23:11

À l'occasion de la Semaine de l'étudiant organisée par le Club des délégués des étudiants des établissements supérieurs du Burkina Faso (CDEES-BF) du 20 au 24 octobre 2026, Maïmouna Karama, chargée de mission du ministre de la Sécurité, a sensibilisé les étudiants sur les enjeux de la sécurité dans les espaces universitaires et sur les routes. Elle les a notamment invités à signaler les comportements suspects et à adopter des pratiques responsables pour préserver leur vie et celle des autres usagers.

La sécurité des étudiants ne se limite pas aux enceintes universitaires. Elle concerne également leurs déplacements quotidiens et les comportements qu'ils adoptent sur la route. C'est le message porté par Maïmouna Karama, chargée de mission du ministre de la Sécurité, lors d'une communication organisée à l'occasion de la semaine de l'étudiant, à l'école des affaires.

Son intervention a porté sur deux aspects essentiels : la sécurité dans les espaces d'études et la prévention des accidents de la circulation. L'objectif était de rappeler aux étudiants leur rôle dans la préservation d'un environnement propice aux études et dans la réduction des risques routiers.

Sécurité sur les campus

Sur le volet de la sécurité en milieu universitaire, elle a évoqué les efforts engagés par l'État pour améliorer les conditions d'apprentissage, notamment à travers la réalisation d'infrastructures universitaires adaptées.

Au-delà des infrastructures, le ministère de la Sécurité développe des dispositifs destinés à renforcer la protection des populations, y compris celle des étudiants. Parmi eux figure une disponibilité permanente des services de secours.

La responsable a également évoqué le déploiement d'unités de police secours aux abords de certains échangeurs, des zones où des agressions avaient été signalées. Ces mesures, a-t-elle expliqué, s'inscrivent dans une dynamique de renforcement de la présence sécuritaire et de prévention des actes criminels.

Toutefois, nuance-t-elle, la sécurité ne saurait reposer uniquement sur l'action des forces de défense et de sécurité. Maïmouna Karama a ainsi invité les étudiants à faire preuve de vigilance dans leurs lieux d'études et de résidence, en signalant aux services compétents tout comportement suspect.

Elle les a également encouragés à sensibiliser leurs camarades à la nécessité d'une coproduction de la sécurité, qui suppose une collaboration entre les autorités et les citoyens. Selon elle, l'engagement des étudiants constitue un maillon important du dispositif de prévention.

Les étudiants ont massivement participé à la communication

Sécurité routière : prévenir les comportements à risque

Le second volet de la communication a été consacré à la sécurité routière. Maïmouna Karama a rappelé que les accidents de la circulation représentent une menace importante pour les jeunes, au Burkina Faso comme dans le reste du monde.

Au cours de son intervention, elle a attiré l'attention des étudiants sur plusieurs comportements susceptibles de provoquer des accidents ou d'en aggraver les conséquences. Il s'agit notamment du non-respect de la signalisation routière, des excès de vitesse, du non-port du casque pour les motocyclistes et du non-port de la ceinture de sécurité pour les automobilistes.

La conduite en état d'ébriété ou sous l'emprise de substances altérant les capacités de conduite a également été abordée. Ces comportements, a-t-elle souligné, mettent en danger non seulement leurs auteurs, mais aussi les autres usagers de la route. « Votre premier diplôme, c'est de rentrer bien portant à la maison », a-t-elle laissé entendre.

L'enjeu de cette sensibilisation était donc de permettre aux étudiants de mieux mesurer les conséquences de gestes parfois banalisés. En rappelant les risques liés à ces pratiques, la communicatrice les a exhortés à respecter le code de la route et à adopter des comportements responsables lors de leurs déplacements.

Préserver la vie pour achever ses études

À travers cette double sensibilisation, le ministère de la Sécurité entend rappeler que la protection des étudiants nécessite à la fois des dispositifs institutionnels adaptés et une implication individuelle. La vigilance face aux situations suspectes, l'alerte des services compétents et le respect des règles de circulation sont autant de gestes qui peuvent contribuer à réduire les risques auxquels les jeunes sont exposés.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

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Football féminin au Burkina : Tribunes clairsemées, faible médiatisation… des passionnés pointent des obstacles à l'engouement du public

Mon, 26/10/2026 - 23:09

Faible médiatisation, manque de moyens, préjugés socioculturels et difficultés de formation, le football féminin burkinabè fait face à plusieurs obstacles qui limitent son attractivité auprès du public. Alors que les tribunes restent souvent peu garnies lors des rencontres du championnat national, des journalistes sportifs et des passionnées de football appellent à une meilleure promotion de la discipline et à un investissement accru pour lui permettre de gagner en visibilité.

Les stades burkinabè sont loin de faire le plein lors des rencontres de football féminin. Contrairement aux matchs des Étalons masculins, qui suscitent régulièrement un engouement populaire, les compétitions féminines peinent à mobiliser les supporters. Ce faible intérêt soulève des interrogations sur la place accordée à cette discipline dans le paysage sportif national, mais aussi sur les efforts nécessaires pour la rendre plus attractive.

Pour Ismaël Ganamé, journaliste sportif, cette situation s'explique d'abord par des raisons historiques et culturelles. Le football masculin, pratiqué depuis plus longtemps et profondément ancré dans les habitudes du public, bénéficie d'une avance considérable sur son homologue féminin. « Dans l'imaginaire collectif des gens, les gens aiment beaucoup plus le football masculin que le football féminin », observe-t-il.

Ismaël Ganamé, journaliste sportif, estime que le faible engouement autour du football féminin s'explique notamment par des facteurs historiques, culturels et organisationnels.

Selon lui, ce phénomène ne concerne pas uniquement le Burkina Faso. Toutefois, au niveau national, il relève que l'affluence reste limitée même pour les championnats masculins. L'engouement se manifeste davantage lors des rencontres des Étalons que pendant les matchs des clubs. Le football féminin doit donc composer avec une difficulté supplémentaire : attirer un public qui ne fréquente déjà pas régulièrement les stades pour les compétitions locales.

La faible médiatisation constitue l'un des principaux facteurs avancés par les personnes interrogées. Alors que le football masculin bénéficie d'une couverture relativement importante, les compétitions féminines restent peu présentes dans les médias et sur les plateformes numériques.
Pour Ismaël Ganamé, les difficultés de diffusion du championnat national masculin illustrent les obstacles auxquels se heurte le football féminin. Cette faible exposition réduit les possibilités de faire connaître les équipes, les joueuses et leurs performances au grand public.

Franck Aristide Gefa, journaliste à Ouaga FM, partage ce constat. Il estime que le manque de communication autour des compétitions, conjugué au niveau du championnat, contribue au désintérêt des supporters. Il plaide pour une meilleure promotion des championnats de première et de deuxième divisions, ainsi que de la Coupe du Faso féminine.

Franck Aristide Gefa, journaliste à Ouaga FM, appelle à renforcer la promotion auprès du public des compétitions féminines.

Parfait Traoré, journaliste sportif, relève également un déficit de valorisation du football féminin. Selon lui, l'équipe nationale masculine bénéficie davantage de sponsors, de publicités et d'une exposition médiatique qui contribuent à entretenir l'intérêt des supporters. Le football féminin, en revanche, reste méconnu d'une partie du public, qui ne mesure pas toujours les capacités des joueuses ni la qualité du spectacle qu'elles peuvent offrir.

Cette faible visibilité se ressent également dans l'expérience des passionnées. Amiratou Sidgomdé Latifa Kaboré explique avoir découvert certaines joueuses lors de la dernière CAN féminine, notamment grâce aux publications sur les réseaux sociaux. Pour elle, cette situation témoigne du manque de promotion dont souffrent les footballeuses burkinabè en dehors des grandes compétitions.

Au-delà de la médiatisation, les représentations socioculturelles continuent de constituer un frein. Pour certains, le football demeure un sport essentiellement masculin, une perception qui limite l'intérêt porté aux compétitions féminines et peut décourager les filles qui souhaitent pratiquer cette discipline.

Parfait Traoré, journaliste sportif, plaide pour une meilleure médiatisation du football féminin et une mobilisation accrue des partenaires et des sponsors.

Nathalie Nikiéma, fan de football, estime que les habitudes acquises dès l'enfance jouent également un rôle important. De nombreuses personnes grandissent en suivant le football masculin, apprennent à connaître ses joueurs et ses clubs, puis développent naturellement des habitudes de consommation autour de cette discipline. Le football féminin, moins présent dans leur environnement médiatique, peine alors à bénéficier du même attachement.

Amiratou Sidgomdé Latifa Kaboré souligne, pour sa part, que les femmes passionnées de football peuvent encore susciter de l'étonnement dans leur entourage. Cette réaction révèle, selon elle, la persistance de stéréotypes associant le football aux hommes, aussi bien dans la pratique que dans le suivi des compétitions.
À ces obstacles s'ajoutent des difficultés organisationnelles. Les matchs du championnat féminin sont souvent programmés le samedi ou le dimanche matin. Ces horaires peuvent limiter la présence des supporters, selon les journalistes interrogés. Une programmation mieux adaptée aux habitudes du public pourrait contribuer à améliorer la fréquentation des stades.

Pour les intervenants, le développement du football féminin passe aussi par une amélioration des conditions de formation et de pratique. Ismaël Ganamé insiste sur la nécessité de créer davantage de centres de formation destinés aux filles, à l'image de ceux qui existent pour les garçons. Il estime qu'un meilleur encadrement technique permettrait aux joueuses de progresser, d'élever le niveau du championnat et d'obtenir de meilleurs résultats.

Le journaliste souligne également l'importance de rapprocher davantage le football féminin des clubs historiques du pays. Selon lui, le développement de sections féminines au sein de formations disposant déjà d'une base de supporters pourrait favoriser l'intérêt du public pour les équipes féminines.

Franck Aristide Gefa appelle, de son côté, à une augmentation des subventions accordées au championnat national féminin. Il préconise également la création de centres de formation pour filles ou mixtes, ainsi que le développement d'initiatives marketing pour inciter les supporters à se déplacer dans les stades.
Pour Parfait Traoré, l'amélioration des infrastructures, des équipements et des moyens consacrés aux joueuses est tout aussi essentielle. De meilleures conditions de préparation et de compétition pourraient contribuer à renforcer le niveau de jeu et à rendre les rencontres plus attractives.

Les performances de l'équipe nationale peuvent également jouer un rôle dans cette dynamique. Les résultats obtenus par les Étalons dames lors des compétitions internationales peuvent contribuer à accroître leur notoriété et à susciter la curiosité du public. Toutefois, ces performances dépendent elles-mêmes d'un travail durable sur la formation, l'encadrement et les moyens accordés aux joueuses.

Les médias et les sponsors appelés à jouer leur rôle

Pour inverser la tendance, les journalistes sportifs et les passionnées de football appellent à une mobilisation plus importante des médias et des acteurs du football.
Ismaël Ganamé préconise une couverture plus régulière du championnat féminin, à travers des articles, des reportages et des émissions consacrées à la discipline. Il estime que les médias doivent accorder davantage de place aux compétitions locales afin de familiariser le public avec les équipes et les joueuses.

Cette présence médiatique pourrait également être renforcée sur les réseaux sociaux, notamment à travers des portraits, des interviews, des résumés de matchs et des contenus mettant en avant les performances individuelles et collectives. L'objectif est de permettre aux supporters de mieux connaître les actrices du football féminin et de suivre leur évolution au fil de la saison.

Amiratou Sidgomdé Latifa Kaboré appelle aussi les clubs disposant de sections féminines à mieux valoriser leurs équipes. Selon elle, une communication plus dynamique permettrait de mettre en lumière le potentiel des joueuses et de susciter progressivement l'intérêt des partenaires privés.
Nathalie Nikiéma invite, pour sa part, les médias à diffuser davantage de rencontres féminines et à encourager le public à se rendre dans les stades, comme il le fait pour les matchs masculins.

Amiratou Sidgomdé Latifa Kaboré, passionnée de football, appelle à une meilleure valorisation des joueuses et à une promotion plus active des équipes féminines sur les réseaux sociaux.

La mobilisation des sponsors apparaît également comme un enjeu important. Une meilleure visibilité pourrait attirer des partenaires, tandis que leur soutien contribuerait à financer la formation, les équipements, la communication et l'organisation des compétitions. Pour les intervenants, ces différents leviers doivent fonctionner ensemble afin de créer un cercle favorable au développement de la discipline.

Le faible engouement autour du football féminin au Burkina Faso ne relève donc pas d'une seule cause. Il résulte d'un ensemble de facteurs historiques, culturels, médiatiques, sportifs et économiques. Pour attirer davantage de supporters, la discipline doit gagner en visibilité, bénéficier de moyens adaptés et offrir aux joueuses des conditions propices à leur progression. Au-delà des résultats sportifs, c'est aussi un changement de regard et un travail de promotion dans la durée qui permettront au football féminin de trouver une place plus importante dans les habitudes du public burkinabè.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Région du Goulmou/Fada N'Gourma : Le Partenariat pour la résilience au Sahel (SRP) sort des populations de pauvreté, renforce le capital humain, la résilience et la cohésion sociale

Mon, 26/10/2026 - 23:08

Le Partenariat pour la résilience au Sahel (SRP), initiative mise en œuvre sous le leadership du gouvernement burkinabè à travers ses services déconcentrés, le PAM, la GIZ et l'UNICEF, avec l'appui financier du gouvernement allemand, vise à renforcer la résilience, en agissant en synergie avec plusieurs acteurs, dont les communautés bénéficiaires elles-mêmes. Le programme intervient dans plusieurs régions, dont le Goulmou, précisément à Fada N'Gourma, le chef-lieu. Le vendredi 2 octobre 2026, une équipe constituée des trois agences a effectué une visite sur le terrain, pour constater l'impact des actions auprès des communautés bénéficiaires et échanger avec les autorités locales autour du programme.

Une cartographie globale fait ressortir que le Partenariat pour la résilience au Sahel (SRP) soutient les efforts du gouvernement du Burkina Faso, qui reposent sur l'amélioration durable du bien-être des populations. Par son appui financier, le gouvernement allemand contribue au programme afin de renforcer durablement la résilience des communautés dans les zones d'intervention. Le SRP s'inscrit dans l'approche du nexus humanitaire-développement-paix (HDP) et répond de manière intégrée aux défis liés à l'insécurité alimentaire, aux changements climatiques, à l'accès aux services sociaux de base et à la cohésion sociale. Le programme intervient dans cinq régions, à savoir le Yaadga, les Koulsé, l'Oubri, le Goulmou et le Nakambé, précisément travers 62 sites de résilience réparties dans 28 communes.

La démarche de mise en œuvre est axée sur la complémentarité entre les interventions du PAM, de l'UNICEF et de la GIZ. Ces interventions s'articulent autour de quatre piliers complémentaires. Il s'agit des services sociaux résilients, volet mis en œuvre par l'UNICEF (santé, nutrition, eau-hygiène-assainissement, éducation, protection de l'enfant et protection sociale) ; de la sécurité alimentaire et nutritionnelle avec le PAM (production agricole durable, nutrition communautaire, cantines scolaires et renforcement des moyens d'existence) ; des écosystèmes résilients au climat, également avec le PAM (restauration des terres dégradées, gestion durable de l'eau et agriculture intelligente face au climat) ; de la cohésion sociale avec la GIZ (prévention et résolution des conflits, gouvernance des ressources naturelles, dialogue communautaire et engagement des jeunes et des femmes).

Le SRP cible en priorité les personnes, les ménages et les communautés vulnérables, notamment les femmes, enfants, jeunes, les petits producteurs, les populations déplacées et les communautés-hôtes. Il accompagne également les structures nationales, locales et communautaires pour le renforcement de leurs capacités à anticiper les crises et à y faire face. Par son approche intégrée, le programme agit sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, les écosystèmes résilients au changement climatique, l'accès aux services sociaux et la cohésion sociale. La vision de l'initiative n'est pas d'arriver avec des solutions toutes faites, mais de développer les approches en échange étroit avec les partenaires burkinabè et de les adapter au contexte et aux besoins identifiés.

De façon désagrégée, le SRP, ce sont plus de 1,1 million de personnes qui ont vu leur résilience renforcée. En effet, dans le volet lié à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et selon les responsables, ce sont 5 900 producteurs agricoles qui ont été appuyés, 360 000 personnes sorties de la malnutrition, 18 000 enfants bénéficiaires des cantines scolaires et plus de 240 000 personnes atteintes par les interventions nutritionnelles.

Dans le volet relatif aux écosystèmes résilients au climat, on note que ce sont 6 400 hectares de terres qui ont été restaurés, 62 000 m3 de compost et bio-intrants produits, 11 000 tonnes de semences distribuées, 10 000 foyers améliorés diffusés et plus de 520 infrastructures résilientes réalisées.

Sur le plan des services sociaux résilients, le SRP, ce sont à ce jour 550 000 personnes atteintes ; 150 000 femmes bénéficiaires d'un meilleur accès aux services de santé et de nutrition ; 10 000 enfants et familles bénéficiaires de services de protection et d'appui psychosocial ; 500 écoles transformées en EQAmEs sûres ; les formations professionnelles de 1 500 adolescents et l'appui à l'insertion de 400 d'entre eux ; 27 écoles primaires (dont 18 en cours de réalisation) ; 110 000 élèves bénéficiaires des cantines scolaires et un AEP multi-villages.

Le porte-parole des bénéficiaires du périmètre maraîcher, Lamourdja Thiombiano.

Quant au volet cohésion sociale, les chiffres font état de 6 000 personnes engagées dans des initiatives de paix ; 3 000 jeunes mobilisés pour la cohésion sociale ; 73 mécanismes de dialogue et de redevabilité soutenus ; cinq plans de contingence multi-risques élaborés et 349 AVEC mises en place pour renforcer l'autonomisation économique des femmes vulnérables.

Au-delà de la réponse aux besoins immédiats, le SRP accompagne les communautés vers une résilience durable, en renforçant leur capacité à anticiper, absorber et surmonter les chocs climatiques, sécuritaires et socio-économiques.

Projecteurs sur les réalisations à Fada N'Gourma

A Fada N'Gourma, chef-lieu de la région du Goulmou, l'équipe conjointe de la GIZ, du PAM et de l'UNICEF a pu constater les investissements et actions à travers principalement trois sites : le bas-fond, demi-lunes, périmètre maraîcher sis secteur N°11 ; le Centre d'éducation de base non formelle (CEBNF) ; l'Institut régional d'administration (IRA) et l'école primaire publique du secteur N°6 nord.

Le bas-fond, demi-lunes, périmètre maraîcher sis secteur N°11 de la ville comprend un périmètre maraîcher de deux hectares et un bas-fond rizicole de cinq hectares, exploités par des ménages accompagnés dans le développement de leurs capacités productives. L'initiative s'est élargie à la restauration des terres, à l'accès à l'eau, l'assainissement, la formation, la fourniture d'intrants et d'équipements agricoles, à l'élevage et aux infrastructures communautaires, afin de diversifier les productions et sources de revenus. La complémentarité dans les actions du Programme alimentaire mondial (PAM) du Fonds international des nations-unies pour l'enfance (UNICEF) et de la Coopération allemande (GIZ) fait donc de ce site, un cadre intégré où les interventions convergent pour renforcer durablement les systèmes de production, la sécurité alimentaire et la résilience des communautés.

Le site compte 120 bénéficiaires, dont 80 personnes hôtes et 40 déplacées (56 femmes et 64 hommes). Il comprend également 40 hectares de terres aménagées (dont 20 ha de demi-lunes + 20 ha de cordons pierreux), quatre forages solaires, huit bassins de stockage d'eau et 22 panneaux solaires ainsi que 120 bénéficiaires formés au compostage et aux biofertilisants.

Ici, la satisfaction se traduit bien à travers le slogan des bénéficiaires eux-mêmes : « produire, manger, donner et vendre ». Selon la présentation faite par les concernés, grâce aux activités générées par le site, les conditions de vie se sont considérablement améliorées, notamment par l'alimentation domestique, la scolarisation des enfants, la génération de revenus grâce à la vente sur la production, etc. A en croire des témoignages, le SRP a également permis de réduire les tensions et disputes dans les foyers, voire de bonifier la bonne ambiance dans les familles bénéficiaires.

Le président des producteurs, Lamourdja Thiombiano, montre plusieurs spéculations produites sur le site. « On a commencé à produire ici le 1er février 2024. (…). On a beaucoup de spéculations ici, tels que le chou, le gombo, la tomate, l'aubergine, la patate, le concombre, l'amante, la salade. On a aussi reçu beaucoup de formations qui nous aident énormément sur plusieurs plans, dont la production du compost. Grâce à cet accompagnement, nos conditions de vie ont beaucoup changé, positivement ; parce qu'on produit, on consomme, on vend et on donne aussi. Présentement, avec les formations et l'accompagnement en élevage de volaille et en petits ruminants, c'est un plus et ça nous avantage beaucoup. Nous rendons grâce à Dieu, car on arrive à scolariser nos enfants, à prendre en charge nos familles sur le plan de la santé, etc. Et puis, comme on consomme ce qu'on produit, on mange sain et cela est beaucoup avantageux pour notre santé ; je ne dis pas qu'on ne tombe pas malade, mais c'est vraiment rare par rapport à avant », se réjouit le porte-parole des bénéficiaires.

Jean Kako Mapouala du GIZ (au micro), avec à sa droite, la directrice du CEBNF, Louise Thombiano.

Comme pour partager l'impact du SRP, Lamourdja Thiombiano et ses camarades disent plaider désormais pour que l'initiative bénéficie aux populations de l'ensemble des localités du Burkina et à d'autres contrées à travers le monde. « Ce que le PAM, l'UNICEF et la GIZ ont fait pour nous ici, je souhaite que ça s'étende dans tout le monde entier. Surtout les latrines ECOSAN ; elles nous ont beaucoup ouvert les yeux, parce qu'on ne savait pas que ce qu'on est en train d'enlever dans notre corps pour aller jeter (les excrétas humains : Ndlr) pouvait nous donner de l'engrais qu'on peut utiliser dans nos plantes », confie le porte-parole.

Le directeur régional de l'agriculture du Goulmou, Bassirou Mandé, rappelle que le SRP est un programme intégré, qui vient en appui au programme gouvernemental, notamment accompagner l'offensive agro-sylvo-pastorale. « Ce programme a appuyé l'aménagement de sites et jardins qui font partie d'un ensemble de formations professionnelles, l'approvisionnement en eau potable et la sécurité alimentaire. Le jardin vient par exemple accompagner l'existant et approvisionner les apprenants en légumes pour la consommation, mais également pour la vente ; ce qui contribue à la sécurité alimentaire », accueille-t-il, précisant que la direction régionale a été impliquée depuis le début du processus, permettant ainsi au programme de prendre en compte les besoins réels des communautés, tel que prôné par le gouvernement burkinabè.

M. Mandé loue également la pertinence du SRP par la prise en compte des personnes déplacées internes, en plus des communautés-hôtes, ainsi que la complémentarité des interventions entre les trois agences qui permet ainsi d'avoir des résultats holistiques. « Ce qui est vraiment un appui important pour l'ensemble de la population. Par exemple, au niveau du Centre d'éducation de base non formelle, il y a des gens qui viennent apprendre, et en apprenant les métiers techniques, ils expérimentent aussi l'agriculture. C'est un plus et c'est l'orientation de ce programme qui est vraiment intégré », apprécie le directeur régional de l'agriculture du Goulmou, Bassirou Mandé.

Le deuxième site de visite est le Centre d'éducation de base non formelle (CEBNF), situé au secteur N°8 de Fada. Le CEBNF se veut une continuité éducative et de préparation à l'insertion socio-économique, notamment pour les jeunes hors du système scolaire et les enfants déplacés. Ici, l'approche intègre éducation, formation professionnelle, numérique, alimentation scolaire et développement de compétences, afin de renforcer l'autonomie et la résilience des jeunes.

Selon la directrice du CEBNF, Louise Thombiano, les partenaires ont beaucoup investi, contribuant ainsi à donner vie au centre. « Rien que la clôture du centre sécurise tout le monde, les apprenants et l'ensemble du personnel. Avant, le centre était à l'air libre, les gens traversaient et il y avait trop d'accidents des apprenants. La clôture nous a donc mis en sécurité. Aussi, grâce aux investissements faits par les partenaires, le centre a pu même accueillir d'autres déplacés internes. On a également pu faire un champ (jardin) scolaire grâce au PAM. Le jardin va nous aider non seulement à améliorer l'alimentation des apprenants au niveau de la cantine, mais également à initier les pensionnaires à l'agriculture. En plus, les boutiques qui ont été construites vont nous permettre d'exposer les produits issus du centre, de les vendre et les ressources financières engrangées vont nous aider à payer de la matière première », remercie la directrice du CEBNF, pour qui, c'est l'ensemble de la population qui gagne à travers les possibilités qu'offre désormais ce centre.

Avec ses cinq filières, à savoir la menuiserie-mécanique, la mécanique deux roues, le tissage, la coiffure et coupe-couture, le CEBNF offre deux types de formation : la formation de courte durée (des enfants de 12 à 35 ans) et la formation de longue durée (pour les enfants de 12 à 18 ans).

Benjamin Silvasima, responsable des politiques sociales de l'UNICEF.

Pour le chef du projet de la GIZ pour le programme SRP, renforcement de la résilience sociale pour le Burkina Faso, Jean Kako Mapouala, c'est la satisfaction, au regard de ce qui a été réalisé et de l'impact positif sur les conditions de vie des communautés bénéficiaires. « Nous sommes très satisfaits à l'issue de la visite-guidée, et au regard de ce qu'on a vu. Toutes les activités et réalisations sont complémentaires, la GIZ a renforcé les capacités de ce centre à travers les boutiques que nous avons pu construire, les ateliers de couture, de tissage, de soudure, la salle informatique, etc. Nous sommes dans une dynamique d'activités de complémentarité, parce que nous sommes dans un programme de résilience financé par le gouvernement allemand à travers le ministère de la Coopération économique et du développement. Nous avons pu améliorer les conditions d'apprentissage des enfants, filles et garçons, de ce centre. Ils étaient, avant, dans une situation de précarité, mais à travers l'appui des trois partenaires, nous avons amélioré les conditions et nous sommes heureux donc de le savoir. Comme l'a dit la directrice, nous avons espoir que ces enfants-là, tous ces apprenants, vont travailler désormais dans de très bonnes conditions pour avoir de bons résultats et pour leur insertion socio-professionnelle ; parce que c'est un centre d'éducation de base non-formelle. Donc c'est un appui, on forme ces gens dans des métiers manuels, afin qu'ils puissent s'insérer économiquement et socialement dans la vie active. Donc, nous allons accompagner ce processus à travers non les équipements des ateliers, mais aussi dans l'insertion professionnelle. Nous allons donner un coup de pouce, pour que ces jeunes-là puissent se prendre en charge à l'issue de leur formation », explique M. Mapouala.

Il lance donc un appel à ce que tout le monde puisse s'engager à travers le comité de gestion, pour un bon usage du centre. Du reste, indique-t-il, un mécanisme est mis en place pour que le centre puisse générer des revenus, afin de pouvoir, à terme, être autonome.

« Un paquet technique complet qui permet à la population de sortir de la pauvreté… »

Mayama Thombiano, cheffe de bureau terrain du PAM à Fada, soutient que la réalisation du jardin au sein du CEBNF répond toujours à la dynamique d'alignement à la politique nationale, qui est de construire la résilience des populations face aux chocs actuellement vécus dans le Goulmou, et le Burkina Faso de façon générale. « Ce qui a été fait ici, c'est donc un paquet technique complet qui permet vraiment à la population de sortir de la pauvreté, d'être résiliente et d'avoir de la cohésion dans ce qu'elle fait. En aménagement le périmètre maraîcher, le PAM satisfait à deux vocations : pédagogique, en permettant aux pensionnaires du centre de tissage d'apprendre des plantes qui sont là (utilité, qualités nutritives…) et alimentaire, parce que les produits peuvent servir à nourrir la cantine. On a aussi initié l'apprentissage au numérique, donc UNICEF est venue avec un centre informatique qui sera bientôt équipé pour permettre à ces pensionnaires d'apprendre des outils du numérique. La GIZ également a renforcé le centre de tissage et mis en place des boutiques pour la commercialisation des produits du centre. Donc, vous verrez qu'on est parti de l'éducation non formelle à la formation pédagogique en passant par la cantine scolaire pour arriver vers l'accès au marché. C'est donc un paquet complet qui a été bien pensé, bien agencé par les trois structures (PAM, UNICEF, GIZ) pour vraiment construire la résilience des apprenants ici et par-delà, les ménages auxquels ils appartiennent », a relaté Mme la cheffe de bureau terrain du PAM à Fada, Mayama Thombiano.

Elle exhorte les bénéficiaires « à réellement s'approprier » tout ce qu'ils ont appris en termes d'outils, de méthodologie de travail et à pérenniser tous les acquis, afin qu'ils puissent leur profiter et servir aux générations futures.

Mme la cheffe de bureau terrain du PAM à Fada, Mayama Thombiano (au micro), invite les bénéficiaires à préserver les acquis.

Avant de mettre le cap sur le site de l'école primaire publique du secteur 6 nord, l'équipe conjointe s'est rendue à l'Institut régional d'administration (IRA) du Goulmou, où elle a également eu droit à une visite guidée des locaux et services (services administratifs et pédagogiques, salles de classe, bibliothèque, salle informatique, amphithéâtre, service de santé, échanges avec les apprenants…) de cette structure déconcentrée de l'École nationale d'administration et de magistrature (ENAM).

Selon le premier responsable régional, B. Rodrigue Sawadogo, qui était accompagné de proches collaborateurs, l'IRA répond aux besoins de formation professionnelle des agents de l'État, des collectivités territoriales ainsi que des établissements publics et parapublics. Lors de sa création, l'institut ne disposait ni de locaux ni des équipements nécessaires à son bon fonctionnement. Les interventions complémentaires de la KfW et de la GIZ ont permis de le doter d'un site adapté, d'infrastructures pédagogiques et d'équipements nécessaires à ses missions de formation. Ce qui lui permet ainsi d'assurer les formations initiales et l'encadrement pédagogique, en réponse aux besoins des administrations locales. De façon concrète, le projet a donc consisté en aménagement du site et la construction de bâtiments administratifs et pédagogiques (bureaux, salles des professeurs, dix salles de classe, une bibliothèque, une salle informatique et un amphithéâtre). Il se traduit également par la mise à disposition d'équipements pédagogiques (valises pédagogiques, vidéos-projecteurs, appareils de reprographie, équipements audiovisuels et 540 ouvrages didactiques) ; le développement de plus de quarante modules et outils de formation adaptés aux différentes filières ; l'octroi de bourses à plus de 400 stagiaires ; le renforcement des capacités des enseignants et des formateurs, notamment au moyen de voyages d'études.

L'Allemagne a également contribué à, et entre autres, mettre à la disposition, des conseillers et assistants techniques au sein de l'ENAM et de l'IRA du Goulmou, afin de fournir un appui-conseil.

L'équipe primaire publique du secteur 6 nord a été le point de chute de l'équipe. Cette école a été, selon ses responsables, créée en 2021 pour répondre à l'afflux d'enfants déplacés internes. Selon le directeur régional de l'éducation pré-scolaire, primaire et non-formelle du Goulmou, la Sirba et de la Tapoa, Yacouba Thiombiano, voir cette école érigée dans ce design moderne est donc un réel motif de joie. L'intervention des partenaires vient, dit-il, renforcer les capacités d'accueil des enfants et participer à la résilience du secteur éducatif dans un contexte marqué par de nombreux défis. « Nous sommes très heureux de voir ces infrastructures, qui améliorent également les conditions d'apprentissage des enfants et de travail des enseignants et personnel. Le PAM nous accompagne déjà avec la cantine, il y a également la GIZ avec la réalisation des infrastructures sur certains sites et l'UNICEF qui soutient avec l'acquisition d'équipements et kits scolaires », accueille M. Thiombiano.

Déroulant la présentation, le directeur, Nabagali Théophile Couldiaty, fait savoir que l'école du secteur 6 nord compte, à la date du 2 octobre, 847 élèves (dont 700 déplacés internes), avec une projection, en cette année scolaire, de plus de 1 000 enfants. L'école, qui enregistre à ce jour 24 enseignants, a démarré avec 94 élèves, tous déplacés internes. « On a commencé sous les arbres, ensuite les hangars, les EPA, le matériau semi-fini et aujourd'hui, les enfants sont dans de bonnes conditions. Des enfants qui ont commencé sous des arbres, et qui se retrouvent aujourd'hui dans des classes finies, ils sont très contents », revisite-t-il avant d'affirmer que le soutien multiforme a produit un impact positif et contribué à l'amélioration des résultats.

« Par exemple, pour l'année scolaire 2025-2026, l'école enregistre un taux de promotion général de 92, 31%. C'est un motif de satisfaction pour nous, parce que les résultats sont dus au soutien multiforme », illustre le directeur de l'école, Nabagali Théophile Couldiaty.

Egrenant les réalisations, M. Couldiaty rappelle qu'UNICEF a réalisé deux blocs de latrines, séparées en garçons et filles, chaque bloc étant également annexé à une cabine. A cela s'ajoutent la réalisation des APEA semi-finies et un bâtiment à trois classes avec bureaux et magasin, bien équipés. L'école a aussi bénéficié, toujours grâce à UNICEF, d'un forage de 18 m3 (transformé en PEA) pour le ravitaillement des enfants et des communautés en eau potable (cette eau sert également pour les travaux de jardinage et à alimenter un CSPS situé dans les encablures).

« Avec la GIZ, nous avons eu la réalisation de deux réfectoires de 300 places annexés à une cuisine, pour améliorer les conditions de préparation et d'hygiène de repas de nos enfants. De par le passé, les cantinières préparaient à l'air libre, sous les arbres, avec tous les risques de santé que cela comporte. Il y a aussi une centrale voltaïque composée de 24 plaques solaires, avec une puissance de 450 Watts par plaque, pour alimenter les différents ouvrages et éclairer l'école », indique le directeur de l'école.

Une configuration qui ne laisse pas indifférent les élèves. Ils ont tenu, à travers leur porte-parole, à exprimer leur sentiment à la délégation : « Soyez les bienvenus à l'école du secteur 6 nord. Nous sommes très contents de vous recevoir dans notre école. Notre école a commencé sa première année sous des arbres, avec des conditions très difficiles de travail. Après avons bénéficié d'hangars, aujourd'hui, nous sommes dans un joli bâtiment. Durant ces années passées, nous avons eu plusieurs accompagnements de l'UNICEF, nous souhaitons que ces accompagnements puissent toucher les autres camarades de la commune de Fada qui prennent des cours sous des arbres et sous des hangars. Nous nous engageons à faire un taux de 100% au CEP et à l'entrée en 6e ».

Pour le responsable des politiques sociales de l'UNICEF, responsable SRP, Benjamin Silvasima, ce site représente un échantillon de sites appuyés par le SRP. « Il faut dire que la réponse apportée par les trois agences est plus élevée que la somme des interventions individuelles de chaque partenaire. C'est un modèle d'intervention où la complémentarité entre les trois agences permet d'atteindre les objectifs », appuie-t-il avant de confier qu'au regard de la réaction des autorités locales et des communautés bénéficiaires elles-mêmes, l'UNICEF tire satisfaction de ce qui a été fait et des résultats atteints.

Benjamin Silvasima réitère les gratitudes aux autorités, car, rappelle-t-il, le programme s'insère dans une dynamique nationale. « Le gouvernement a défini une stratégie nationale, le Plan RELANCE, dans laquelle la résilience des communautés est une priorité. Le SRP vient contribuer à cette dynamique nationale, et cela est très intéressant de savoir que nous sommes en train de contribuer à cet élan national de renforcer la résilience et d'appuyer le retour des populations dans leur localité. Nous demandons aux bénéficiaires de continuer à renforcer leur autonomie, protéger les infrastructures et les acquis ; parce qu'on apporte un peu, mais c'est vraiment à eux d'utiliser ce qu'on leur apporte pour se prendre en charge, car c'est cela le message des autorités nationales », apprécie Benjamin Silvasima.

O.L
Lefaso.net

Categories: Afrique

Burkina : Consommation des substances psychoactives par les jeunes, ACONTA suscite une dynamique collective et invite à redoubler de vigilance

Mon, 26/10/2026 - 23:05

La consommation des substances psychoactives par les jeunes, favorisée surtout par l'envahissement des milieux de vie par de nouveaux et nombreux produits avec des designs attrayants, est une situation qui inquiète plus d'un dans la société. Cela est d'autant plus légitime que le rôle des parents (premiers responsables de la protection des enfants) dans la prévention de la consommation de ces substances dangereuses (produits tabagiques, drogues et bien d'autres stupéfiants) est de plus en plus entamé par des contraintes socioprofessionnelles qui leur prennent le temps qu'ils auraient pu consacrer aux enfants. Pourtant, il faut bien veiller à cela, si l'on veut des familles épanouies, une jeunesse saine et, partant, un capital humain à même d'assurer un avenir promoteur au pays. C'est conscient de cet enjeu que l'association Afrique contre le tabac (ACONTA) a, à travers le Projet de renforcement des capacités institutionnelles de ACONTA (PRECI-ACONTA), initié un atelier de sensibilisation et d'échanges réunissant des parties prenantes (structures publiques et privées) de lutte contre le tabac et la drogue au Burkina Faso. L'objectif de ce cadre de réflexion, tenu le 9 octobre 2026 à Ouagadougou, est de sensibiliser et de mobiliser les principaux acteurs autour de stratégies concertées et efficaces, pour contrer la recrudescence de la consommation du tabac, de la drogue et autres stupéfiants au sein de la population, en particulier chez les jeunes.

Cette activité de concertation a d'abord permis de dresser un état des lieux par les communications faites par des spécialistes et structures-ressources. Elle a ensuite permis de dégager des perspectives de lutte, notamment une feuille de route opérationnelle.

En effet, et selon le coordonnateur du Programme national de lutte contre le tabac et les autres addictions (PNLTA), O. Éric Doyé, le tabagisme constitue un véritable problème de santé publique dans le monde. Au Burkina, la prévalence tabagique chez les personnes de 18 à 69 ans est de 13,6%, tandis que l'exposition passive à la fumée du tabac à domicile et au lieu de travail est respectivement de 28,3% et 28,6% chez les 18 à 69 ans. Les sujets jeunes de 30 à 44 ans de sexe masculin sont les plus touchés avec une prévalence de 24,3% et les décès imputables au tabac sont estimés à 4 800 par an, dont 1 300 sont des non-fumeurs. Il révèle également que 18% des jeunes consomment un produit électronique contenant de la nicotine et 21,9% se servent de produits de tabac chauffés.

Des éléments qui viennent, d'une manière ou d'une autre, corroborer cette enquête menée en septembre 2016 par ACONTA, en collaboration avec l'Alliance pour le contrôle du tabac en Afrique (ACTA), intitulée : « Grands cigarettiers, petites cibles : l'industrie du tabac cible les écoles au Burkina Faso ». Cette étude a révélé que dans la stratégie marketing mise en place par les cigarettiers, les points de vente mobile constituent le mode le plus répandu, avec un total de 86 points de vente recensés autour des seize écoles enquêtées, soit une moyenne d'environ cinq par école. 41 kiosques vendaient des produits du tabac autour de quinze des seize écoles enquêtées. L'étude a, par ailleurs, révélé qu'il y avait 148 points de vente des produits du tabac dans un rayon de 100 mètres autour des seize écoles enquêtées et 81% des écoles ont des points de vente très proches et visibles à partir de leur portail, tandis que 88% des écoles ont dans leurs environs des épiceries vendant des cigarettes dans des paquets de moins de 20 (vente en détail).

Une délégation de ACONTA aux côtés de l'Association des étudiants en médecine du Burkina Faso, section USTA, pour une conférence publique sur le phénomène tabagique, le 17 octobre 2026.

« Toutes les drogues présentent des risques potentiels pour les jeunes »

C'est d'ailleurs sur le phénomène de la drogue que le commissaire principal de police, chef de département de la prévention et du suivi de la législation du Secrétariat permanent du Comité national de lutte contre la drogue (SP-CNLD), N. Lévy Yoda, s'est attardé, en partageant l'expérience de sa structure, dont une des stratégies de prévention est d'impliquer davantage les jeunes, et surtout les parents, dans la lutte contre la consommation de drogues. Pour le spécialiste de la prévention de l'abus des drogues chez les jeunes, les parents sont d'abord les mieux placés dans la prévention, viennent ensuite l'État à travers l'école, les services de santé, l'action sociale, les organisations de la société civile à travers les confessions religieuses, les organisations non gouvernementales, la presse, etc.

Au Burkina, fait-il ressortir, le taux de prévalence de la consommation des substances psychoactives est d'environ 6% en milieu scolaire à Ouagadougou. Aussi, suivant qu'elles sont tolérées ou non par les sociétés humaines, les drogues peuvent être classées en deux grands types, renseigne M. Yoda.
Ainsi, les « drogues licites » sont celles dont la vente et la consommation ne sont pas interdites par la loi d'un pays, mais réglementées (l'alcool, le tabac, le thé, le cola, etc.) et les « drogues illicites » qui sont celles dont la culture, le trafic, la vente et la consommation sont interdites par la loi d'un pays (cannabis, cocaïne, etc.). « Aucune drogue, quelle qu'elle soit, n'est moins dangereuse qu'une autre pour les adolescents. Toutes les drogues présentent des risques potentiels pour les jeunes », souligne cependant le spécialiste.

La prévention de la consommation de drogues, comme le tabac, le cannabis… chez les jeunes passe par le renforcement des connaissances de tous sur les dangers liés à la consommation, la maîtrise des facteurs de risques, des facteurs de protection, mais aussi la connaissance des signes d'alerte pour augmenter la prise en charge.

Pour cela, le commissaire principal de police, N. Lévy Yoda, a présenté les causes ou facteurs de risques. Il s'agit, et outre l'ignorance, la curiosité et l'imitation (des parents, des stars ou des pairs), de l'absence ou de la non-disponibilité des parents, de la négligence parentale, de l'absence de communication entre parents et enfants (père et fils). Aussi, les violences domestiques dont sont victimes ou témoins les enfants, les attitudes ou propos dévalorisants à leur endroit (l'intolérance des parents envers les enfants (insuffisance au niveau du résultat scolaire, incompréhensions au moment de la puberté, etc.), l'absence de contrôle des fréquentations de l'enfant).

L'organisation a entamé une campagne d'apposition d'affiches dans les lieux publics à Ouagadougou.

L'expert de la prévention de l'abus des drogues chez les jeunes indique également que l'excès de pression sur les enfants pour des résultats scolaires, le sentiment de ne pas être aimé ou d'être moins aimé par les parents, la séparation des parents, l'absence ou l'insuffisance d'attachement parents-enfant, l'indifférence éducative et l'emprise éducative ainsi que certains troubles mentaux sont des éléments favorisant le basculement.

C'est pourquoi, comme facteurs de protection, commissaire Yoda préconise aux parents de mettre en place des mécanismes. Il s'agit d'établir une connexion avec l'enfant (cela va faciliter plus tard la transmission des valeurs sociales) ; lui faire avoir confiance en soi et pouvoir à ses besoins fondamentaux. Le fait de montrer les limites, de savoir les respecter et de les faire respecter est aussi un rôle dévolu aux parents. Il préconise également d'éviter de banaliser les comportements inappropriés devant les enfants (fumer, se saouler,…) et d'établir une bonne communication entre parents, entre parents et enfants, et de ne pas les mettre sous pression tout le temps et de les assurer de son affection et de sa bienveillance (être à l'écoute des enfants), etc.

Comme signes d'alerte, on retient que la consommation de drogues entraîne chez les jeunes un changement de comportement qui peut se traduire par l'agressivité soudaine envers les membres de la famille, l'isolement, le manque d'intérêt pour les activités ou distractions habituelles, la disparition d'objets de valeur personnels ou des parents, les absences répétées et non justifiées pour un enfant qui était toujours présent, l'utilisation inhabituelle de parfum ou de déodorant pour dissimuler les odeurs, le changement de comportements (isolement, violence, irritation, passage de la timidité à un courage exceptionnel), la demande incessante d'argent, la baisse de rendement (peut être aussi due au harcèlement, donc nécessite d'aider l'enfant), le changement dans le regard, etc.

Tous ces signes doivent interpeller en tant que parent, tuteur, car annonçant très souvent un dysfonctionnement chez l'enfant, qu'il faut identifier et corriger à temps. En cas de problème (découverte d'indices de consommation de drogues), l'expert N. Lévy Yoda recommande de ne pas s'accuser entre parents. « Ne pas se culpabiliser, garder son calme, contacter les services de prise en charge spécialisée », a-t-il orienté avant de conclure par un appel à méditer sur cette pensée d'un homme de Dieu : « De 0 à 7 ans, amuse-toi avec ton enfant. De 7 à 14, enseigne-le. De 14 à 21 ans, devient son ami. À 21 ans, donne-lui sa liberté. »

Préserver l'individu, la famille… et le pays !

Selon le médecin-colonel Yiompouén Aimé Somé, cardiologue, la fumée de cigarette comporte plus de 7 000 substances toxiques et plus de 50 substances cancérigènes. Les conséquences sanitaires du tabagisme sont, entre autres, pulmonaires (alvéole chargée du goudron de la fumée du tabac, poumons cancéreux), cardiovasculaires (infarctus du myocarde : arrêt cardiaque), ORL (cancer de la trachée), bucco-dentaires (mauvaise hygiène bucco-dentaire, periodontal, lèvre, langue, cancer de la bouche…), digestives (gastro-duodénaux, brûlures d'estomac, ulcères, cancers), gynéco-obstétricales (impuissance sexuelle, développement fœtal retardé).

Outre le poids des décès, le tabac coûte 57 milliards de francs CFA par an à l'économie du Burkina Faso (ce qui équivaut à 0,5 % du PIB en 2020) et les projections situent à 618 milliards de FCFA de perte pour l'économie du Burkina Faso d'ici à 2037.

Face aux menaces, l'État burkinabè a adopté de nombreux textes, mis en place des structures de contrôle et renforcé les dispositifs de répression. Ainsi peut-on noter qu'après la ratification de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), entrée en vigueur le 29 octobre 2006, et les directives d'application de l'article 8 de la CCLAT (protection contre la fumée de tabac) en 2008, le Burkina a adopté la loi nᵒ 040-2010/AN du 25 novembre 2010 portant lutte contre le tabac au Burkina Faso, suivie du premier décret d'application nᵒ 2011-1052/PRES/PM/MS/MEF abrogé et renforcé par le décret nᵒ 2025-0455 du 16 avril 2025. On peut y ajouter l'arrêté Nᵒ 2021-085 CO/M/DAJC portant interdiction de la consommation de la chicha dans la commune de Ouagadougou.

Le pays dispose également, depuis février 2017, d'une unité de sevrage tabagique et, depuis 2025, d'un Programme national de lutte contre le tabac et les autres addictions. Parmi les actions menées dans le cadre de la lutte, on peut retenir les messages sanitaires graphiques (adoption des avertissements sanitaires graphiques depuis 2011, le conditionnement neutre qui est en cours d'implémentation pour renforcer le conditionnement existant, la validation des échantillons des paquets de cigarette avant leur mise sur le marché…).

Selon les textes en vigueur, au Burkina Faso, il est interdit de fumer dans les lieux publics (qu'ils soient clos ou ouverts) et les transports en commun. Un « lieu public clos » est tout lieu accessible au public couvert par un toit ou entouré par un ou plusieurs murs, quel que soit le type de matériaux utilisés pour le toit, le mûr, qu'il s'agisse d'une structure permanente ou temporaire. Un « lieu public ouvert » est tout lieu non couvert et non entouré accessible au public.

Fumer est donc, strictement, interdit dans tous les lieux fermés et couverts affectés à un usage collectif (entreprises, administrations, transports en commun, restaurants, cafés, bars). La loi oblige, de ce fait, les responsables des lieux publics et des transports en commun à afficher de façon apparente l'interdiction de fumer ; à veiller à ce qu'il n'y ait pas de cendriers et d'objets similaires servant de réceptacles des cendres des produits du tabac ; à faire en sorte qu'il n'y ait pas d'objet servant à consommer les tabacs et produits du tabac.

La loi fait également obligation à tout responsable de veiller à ce que personne ne fume dans l'établissement, l'entreprise ou le moyen de transport dont il a la charge et de sensibiliser son personnel sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics et transports en commun ainsi que de rappeler à l'ordre toute personne fumant dans le lieu ou le transport en commun sous sa responsabilité. Dénoncer, le cas échéant, toute personne refusant de se soumettre à l'interdiction de fumer dans les transports en commun au poste police ou de gendarmerie le plus proche.

En cas de violation, le fumeur s'expose à une amende de 15 000 FCFA tandis que les gestionnaires d'établissement (propriétaires des lieux) sont punissables de 50 000 FCFA à 200 000 FCFA.
C'est au regard de tout cet enjeu pour les jeunes, les familles, la société et pour le pays que ACONTA a initié, le vendredi 9 octobre 2026 à Ouagadougou, l'atelier de sensibilisation des parties prenantes sur les stratégies de lutte contre la recrudescence de la consommation du tabac et de la drogue, en particulier chez les jeunes.

Il a regroupé des représentants des institutions publiques et des acteurs privés de lutte (programme national de lutte contre le tabac, police municipale, monde éducatif et sanitaire, médias, organisations de la société civile, des partenaires…). Cette journée s'est voulue un espace de dialogue franc et de propositions concrètes, notamment par le partage d'expériences, l'identification des actions prioritaires et la perspective d'une feuille de route consensuelle assortie d'un mécanisme de suivi.

Le Coordonnateur de ACONTA, Adama Zango, livrant son discours d'ouverture de l'atelier.

Par cet atelier, ACONTA a aussi réitéré son plaidoyer pour l'adoption de la loi révisée de lutte contre le tabac, conforme à la Convention-cadre de l'OMS et intégrant les produits nouveaux et émergents ; l'adoption du décret visant à prévenir l'ingérence de l'industrie du tabac dans les politiques de santé publique, et la finalisation de la mise en œuvre du conditionnement neutre des produits du tabac. « Nous saluons les actions de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et du ministère de la Santé, ainsi que les engagements exprimés par les parlementaires lors de la rencontre de plaidoyer du 22 avril 2026. Nous les remercions pour leur contribution à la protection de la santé publique. La consommation de drogues, comme celle du tabac, appelle une réponse concertée, adaptée aux réalités des jeunes et fondée sur la prévention, l'information, la prise en charge, l'application des textes et l'écoute de leurs préoccupations. Aucun acteur ne peut, à lui seul, relever ce défi. Nos institutions, les familles, les écoles, les médias, les professionnels de santé, les forces de sécurité et la société civile doivent agir en complémentarité », a déclaré le coordonnateur de ACONTA, Adama Zango.

À l'issue de l'atelier, et en attendant la mise en œuvre des actions collectives projetées, ACONTA continue de dérouler ses actions de sensibilisation et de veille. C'est dans cette lancée qu'elle a, avec l'accord de la délégation spéciale de Ouagadougou, entamé le samedi 24 octobre 2026, une campagne d'apposition des affiches sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics et les transports en commun.

O.L.
Lefaso.net

Categories: Afrique

Yaadga : Les filles et fils de la région mobilisés pour relever les défis du développement

Mon, 26/10/2026 - 23:03

Réunis le samedi 24 octobre 2026 à Ouahigouya, à l'occasion de la Journée des cadres et compétences de la région de Yaadga, les filles et fils de la région ont exprimé leur volonté de conjuguer leurs compétences et leurs ressources pour relever les défis du développement local. Organisée par l'Association pour le développement économique et social de la région du Nord (ADES-Nord), cette rencontre se veut un cadre de concertation et de propositions concrètes au service de la région.

Placée sous le thème « Co-construire une dynamique de développement territorial durable et inclusif : quelle contribution des cadres et compétences, filles et fils de la région de Yaadga ? », la Journée des cadres et compétences de Yaadga entend fédérer les énergies et mobiliser les ressources humaines locales autour des priorités de développement de la région.

Pour les participants, cette initiative constitue une occasion de retrouvailles, de partage d'expériences et de réflexion collective sur les actions à entreprendre pour impulser une nouvelle dynamique de développement. Au-delà de son objectif de mobilisation des compétences, la rencontre présente également des retombées économiques pour la ville de Ouahigouya. C'est l'un des aspects soulignés par Binta Sawadogo, opératrice économique. Selon elle, cet événement permet non seulement aux ressortissants de se retrouver, mais aussi de soutenir les activités économiques locales. « Ceux qui sont là aujourd'hui, la plupart ont dormi ici dans des hôtels, ils ont mangé dans des restaurants et acheté d'autres choses. Cela permet aux commerçants de faire de bons chiffres d'affaires. L'argent reste dans la région », explique-t-elle. Elle se réjouit également de ces retrouvailles qui permettent à des personnes de renouer des liens après plusieurs années de séparation.

Si cette journée est porteuse d'espoir, elle intervient dans un contexte marqué par plusieurs défis structurels et sécuritaires. Binta Sawadogo cite notamment les besoins en infrastructures scolaires, sanitaires, culturelles et routières, sans oublier la question cruciale de l'accès à l'eau. Ces préoccupations appellent, selon les participants, une mobilisation collective et une meilleure synergie entre les filles et fils de la région afin d'identifier des solutions adaptées aux réalités locales.

Pour Gilbert Noël Ouédraogo, avocat, le développement de Yaadga doit reposer sur la participation de tous, mais aussi sur la valorisation des compétences disponibles. Il estime que la diversité des profils et des expériences constitue un atout important pour la région, à condition que ces ressources soient mises en commun. « Notre région regorge de beaucoup de compétences et de cadres. Mis ensemble, cela peut être un levier et un vivier pour le développement de notre région », affirme-t-il. L'avocat insiste également sur la nécessité d'accompagner les jeunes générations. À ses yeux, le partage d'expériences, la transmission des connaissances et la mise à disposition de réseaux professionnels peuvent contribuer à renforcer les capacités des jeunes et à mieux préparer leur avenir. Il invite ainsi les cadres à jouer pleinement leur rôle d'encadrement et de mentorat, afin de faire de la jeunesse un acteur central du développement territorial.

Me Gilbert Noël Ouédraogo, avocat

Abdoul Sawadogo, opérateur économique, souhaite ainsi que les échanges débouchent sur des propositions pertinentes et réalisables. « Nous attendons qu'il y ait de bonnes propositions, pertinentes, qui vont contribuer au développement. Au regard de la situation sécuritaire, notre région connaît des difficultés. Donc, il faut que les filles et les fils se donnent la main pour que notre région puisse amorcer son développement », souligne-t-il.

Abdoul Sawadogo, opérateur économique

La volonté de parvenir à des engagements collectifs est également portée par Issouf Porgo, vice-président de l'ADES-Nord pour la province du Loroum. Il voit dans cette rencontre un cadre de réflexion collégiale devant permettre aux participants de définir des pistes d'action communes. « Cette rencontre va nous permettre de voir de façon collégiale comment contribuer au développement de la région. Elle va nous permettre de sortir avec des propositions fortes, concrètes, qui nous rassemblent et pour lesquelles chacun est prêt à s'investir pour leur réussite », indique-t-il.

Issouf Porgo vice-président de L'ADES-Nord, province du Lorum

À travers cette journée, l'enjeu est donc de transformer les compétences, les expériences et les bonnes volontés en leviers d'action au profit des populations de Yaadga. La réussite de cette initiative dépendra notamment de la capacité des participants à faire émerger des propositions réalistes, à définir des priorités et à traduire leur engagement en actions concrètes. Pour les filles et fils de la région, l'heure est à la solidarité, à la concertation et à la mise en commun des ressources humaines pour bâtir un développement territorial durable et inclusif.

Rama Diallo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Burkina/Religion : Mgr Prosper Kontiébo ouvre officiellement la paroisse Saint Jean Paul II de Nonghin

Mon, 26/10/2026 - 23:02

Créée le 25 juin 2026 par décret de l'archevêque métropolitain de Ouagadougou, Monseigneur Prosper Kontiébo, la paroisse Saint Jean Paul II de Nonghin a ouvert officiellement ses portes le dimanche 25 octobre 2026. À cette occasion, le nouveau curé de cette communauté chrétienne, située dans l'arrondissement nᵒ 9 de Ouagadougou, l'abbé Fidèle Oualbéogo, a été installé au cours d'une célébration eucharistique.

En attendant l'érection d'une église pour les paroissiens de Nonghin, ils peuvent continuer à se réunir dans leur domaine pour vivre leur dévotion. Avant que le nouveau curé, l'abbé Fidèle Oualbéogo, ne prononce son serment d'installation, Mgr lui a remis la bible et les clés du domaine.

La paroisse est placée sous le patronage de saint Jean Paul II. Selon Mgr Prosper Kontiébo, ce choix rappelle les deux visites du souverain pontife au Burkina Faso, en 1980 et en 1990. Il s'explique également, ajoute-t-il, par le témoignage remarquable de foi, de courage et de persévérance laissé par le défunt pape à toute l'Église. Le choix de ce saint patron n'est donc pas anodin, a souligné l'archevêque métropolitain de Ouagadougou.

Mgr Prosper Kontiébo appelle les fidèles de Nonghin à faire de leur paroisse un lieu d'amour et de solidarité

Dans son homélie, Mgr Prosper Kontiébo a invité les fidèles à placer l'amour de Dieu et du prochain au cœur de la mission de leur nouvelle paroisse. S'appuyant sur les textes liturgiques du jour, il a rappelé que ces deux commandements constituent le fondement de toute vie chrétienne et, par conséquent, de toute communauté paroissiale.

Pour l'archevêque, une paroisse ne saurait se limiter aux célébrations liturgiques et aux pratiques religieuses. Elle doit être un lieu de rencontre avec Dieu, de fraternité, d'accueil et de respect mutuel, où la charité témoigne concrètement de la présence du Christ.

Mgr Prosper Kontiébo a demandé aux paroissiens d'accompagner le nouveau curé dans son ministère

Mgr Prosper Kontiébo a particulièrement insisté sur la nécessité de traduire l'amour de Dieu en actes concrets. Selon lui, la foi chrétienne doit se manifester dans les relations quotidiennes, notamment à travers l'attention accordée aux personnes les plus fragiles et aux familles en difficulté.

Évoquant les enseignements de la première lecture, il a rappelé l'importance de protéger les personnes vulnérables contre les abus et l'exploitation. Il a ainsi appelé les fidèles à faire de la dignité humaine, de la justice, de la solidarité et de la compassion des exigences essentielles de leur engagement chrétien. L'archevêque a également attiré l'attention sur les réalités sociales du quartier de Nonghin, où les conditions de vie restent difficiles pour de nombreuses familles, notamment en raison des difficultés d'accès et des diverses épreuves auxquelles elles sont confrontées.

Pour lui, ces réalités doivent constituer un appel à l'engagement plutôt qu'un motif de découragement. La nouvelle paroisse est ainsi invitée à témoigner de l'Évangile de l'amour, de la proximité et de la solidarité au cœur même de son environnement.
Il a souligné qu'une communauté chrétienne devient véritablement vivante lorsque les valeurs célébrées à l'église se prolongent dans les familles, les rues et les relations de tous les jours.

S'appuyant sur l'exemple de la communauté chrétienne de Thessalonique évoquée dans la deuxième lecture, Mgr Prosper Kontiébo a encouragé les fidèles de Nonghin à faire de leur paroisse un modèle de foi vivante et un signe d'espérance pour les habitants du quartier.

Le nouveau curé de Nonghin, l'abbé Fidèle Oualbéogo, a traduit sa reconnaissance aux autorités religieuses pour sa nomination

Il a notamment souligné que le nom de Nonghin, qu'il a associé à l'idée d'un lieu où il fait bon vivre, constitue une invitation à bâtir une communauté dans laquelle chacun se sent accueilli, respecté et aimé.

L'ouverture officielle de la paroisse a également été marquée par l'installation de son nouveau curé, auquel Mgr Prosper Kontiébo a confié une mission de conduite spirituelle et d'accompagnement pastoral. S'adressant au prêtre, l'archevêque l'a invité à exercer son ministère à l'image du Christ, le Bon Pasteur, en conduisant les fidèles à la rencontre du Seigneur, en les nourrissant de la Parole de Dieu et des sacrements, et en les accompagnant avec patience et bienveillance.

Il l'a également exhorté à travailler dans un esprit de communion et de collaboration avec l'équipe presbytérale, les responsables pastoraux et les fidèles laïcs, afin de poser les fondements d'une communauté unie et résolument missionnaire.

Aux paroissiens, Mgr Prosper Kontiébo a rappelé que leur adhésion à la nomination du curé constitue un engagement à prendre activement part à la vie de la paroisse. Il les a ainsi invités à s'investir dans les différents services, groupes, mouvements et associations, afin de contribuer à la construction et à l'animation de leur communauté.

Le nouveau curé s'engage à respecter son serment

Le nouveau curé, l'abbé Fidèle Oualbéogo, a traduit sa reconnaissance à l'archevêque pour le choix porté sur lui. Dans son serment lu devant les religieux et les paroissiens, il s'est engagé à administrer dûment avec une préoccupation pastorale les biens ecclésiastiques de la paroisse Saint Jean Paul II de Nonghin, conformément aux droits canoniques, aux normes particulières et aux coutumes légitimes du diocèse.

Il a pris aussi l'engagement de respecter une complète et stricte confidentialité en ce qui concerne les délibérations et les décisions du Conseil pour les affaires économiques. « Je m'engage aussi à respecter les obligations que ma fonction de curé m'impose, conformément aux prescriptions d'un canon du Livre Saint du Corps de droits canoniques, et d'agir uniquement dans les limites des pouvoirs qui me sont spécifiquement confiés par le droit », a-t-il laissé entendre.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

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