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Updated: 1 day 21 hours ago

Recrutement d'un consultant pour renforcer les capacités techniques de quinze (15) agents de l'ONEA

Tue, 29/09/2026 - 22:30

Recrutement d'un consultant pour renforcer les capacités techniques de quinze (15) agents de l'ONEA en exploitation et maintenance d'électrolyseurs afin d'améliorer la disponibilité, la fiabilité et les performances des équipements

La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), est une entreprise de coopération internationale pour le développement durable opérant sur tous les continents. Elle propose des solutions d'avenir pour le développement politique, économique, écologique et social dans un monde globalisé. Dans des conditions parfois difficiles, la GIZ soutient des processus complexes de changement et de réforme. Son objectif principal est d'améliorer durablement les conditions de vie des populations dans les pays d'intervention.

Le Programme Eau et Assainissement est un programme de Coopération Germano- Burkinabè mis en œuvre conjointement par la coopération technique (GIZ) et la coopération financière (KfW).

Dans ce cadre, la GIZ met en œuvre depuis 2022, avec un financement de l'Allemagne et un cofinancement de l'Union Européenne, le projet « Renforcement de l'efficacité des services d'eau potable et d'assainissement. La GIZ lance cet appel àproposition pour la sélection d'un consultant afin d'assurer la formation de 15 agents de l'ONEA en exploitation et maintenance des électrolyseurs.

La participation à la concurrence est ouverte à égalité de conditions à toutes les structures remplissant les conditions énumérées dans le Dossier d'Appel d'Offres et régulièrement installés au Burkina Faso.

Les prestataires intéressés peuvent obtenir le dossier d'Appel d'Offres en envoyant une demande à l'adresse BF_Inquiry@giz.de avec en objet « Dossier N°10049453_ RECRUTEMENT D'UN CONSULTANT POUR RENFORCER LES CAPACITES TECHNIQUES DE QUINZE (15) AGENTS DE L'ONEA EN EXPLOITATION ET MAINTENANCE D'ELECTROLYSEURS AFIN D'AMELIORER LA DISPONIBILITE, LA FIABILITE ET LES PERFORMANCES DES EQUIPEMENTS ».

Date limite de soumission le 12.10.2026 à 16h30.

Categories: Afrique

In memoria : Sedogo Emile

Tue, 29/09/2026 - 22:00
Categories: Afrique

Décès de SAWADOGO Marie Louise : Remerciements et faire part

Tue, 29/09/2026 - 22:00

La grande famille SAWADOGO à Kongoussi ;
Le Gouroun Naaba de Kongoussi ;
Le Bend Naaba de Bango ;
Le Tengsoaba de Bango ;
Le chef de Bam village ;
Le Rasm Naaba, le Koombi Naaba, le Raag Naaba de Kongoussi ;
La grande famille Gouroungo à Ouagadougou et Kongoussi ;
La grande famille Bendgo à Ouagadougou, Bango et Bam village
Les familles alliées

Les enfants Évariste, Christian Pamoussa, Alain, Alice, Edwige, Patrick et Albérique ;
Les neveux et nièces de la famille Gouroungo ;
Les petits enfants,

Profondément touchés par les nombreuses marques de compassion, de solidarité, de soutien et d'affection qui leur ont été témoignées lors du décès le 21 septembre 2026 à Ouagadougou suivi de l'inhumation le 24 septembre 2026 à Kongoussi de leur fille, épouse, mère et grande mère

SAWADOGO Marie Louise, née le 05 septembre 1951
Et décédée le 21 septembre 2026.

Ils expriment leur profonde et sincère reconnaissance au camarade Président Jean Baptiste OUEDRAOGO, à son épouse et à ses enfants, au personnel de la Polyclinique notre dame de la paix de Ouagadougou, au vieux Bargo et ses enfants, la veuve Louise et ses enfants, la veuve Monique et ses enfants, Claude et ses frères et sœurs, à toutes les personnes qui les ont accompagnés et soutenus durant cette douloureuse épreuve.

Ils adressent leurs remerciements les plus sincères aux autorités administratives, religieuses et coutumières, au directeur provincial de la Police Nationale du Bam et son personnel, au curé de la paroisse Sainte Thérèse de l'enfant Jésus de Kongoussi et son presbytérium, au curé de la paroisse Saint Guillaume de Tanghin et son presbytérium, à la Communauté Catholique Mère du Divin Amour Ouagadougou, aux parents, amis, voisins, aux jeunes des différents secteurs de Kongoussi, collègues et connaissances, ainsi qu' à toutes celles et à tous ceux qui, par leur prière, leur présence, leur soutien moral, financier, matériel et spirituel, leur ont apporté un réconfort très précieux.

La famille prie toutes les personnes dont les noms n'ont pu être cités individuellement de trouver ici, l'expression de sa profonde reconnaissance et de ses sincères remerciements.
Puisse Dieu le miséricordieux récompense chacune et chacun pour ses bienfaits et accorde à notre chère regrettée, miséricorde et repos eternel.

" Mon âme, retourne à ton repos, car l'Éternel t'a fait du bien".
(Psaume 116:7)

Categories: Afrique

Décès de ZONGO Moussa Marcel : Remerciements

Tue, 29/09/2026 - 21:30

Profondément touchés par les nombreuses marques de compassion, d'affection et de solidarité manifestées lors du rappel à Dieu de notre cher père, frère, grand-père et oncle,
Monsieur ZONGO Moussa Marcel
(Précédemment Infirmier Diplômé d'État à la retraite)

Le Naba Kiba, chef de canton de Bazoulé, le Naba Kaongo, chef de Ballolé,

La grande famille ZONGO, à Ballolé, Vipalogo, Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Gaoua, Côte d'Ivoire, Canada, Etats Unis, France et en Inde ;

Les familles alliées, ainsi que les enfants les petits enfants, les arrières petits-enfants,
Expriment leur infinie gratitude à toutes les autorités, aux parents, voisins, amis, collègues et connaissances qui, de près ou de loin, par leur présence, leurs prières, leurs messages de soutien, ou leurs contributions matérielles et financières, ont apporté un réconfort moral inestimable à la famille durant cette douloureuse épreuve.

Que Dieu dans Sa miséricorde rende à chacun au centuple de ses bienfaits et comble vos familles de Ses grâces.

Union de prières.

Categories: Afrique

Sanfo Cup Maracana 2026 : Alladess s'impose aux tirs au but et décroche le trophée

Tue, 29/09/2026 - 19:35

La 5ᵉ édition de la Sanfo Cup Maracana a livré son verdict, le samedi 26 septembre 2026, sur le terrain du bloc des écoles Diarradougou à Bobo-Dioulasso. Au terme d'une finale âprement disputée, l'équipe de Alladess s'est imposée face à Africa Keys à l'issue de la séance des tirs au but. Au-delà de la compétition sportive, cette édition a également été marquée par des actions de solidarité en faveur de personnes vulnérables.

Ils étaient 32 au départ. Ils ne sont finalement restés que deux pour l'ultime bataille. Alladess et Africa Keys se sont donné rendez-vous en finale de la 5ᵉ édition de la Sanfo Cup Maracana, dans une ambiance sportive et conviviale. Après deux périodes de 20 minutes, les deux formations n'ont pas réussi à se départager dans le temps réglementaire. Un but partout au terme du temps réglementaire. Il a donc fallu recourir à la fatidique séance des tirs au but pour désigner le vainqueur.

À cet exercice, Alladess s'est montrée plus adroite. Sur trois tentatives, l'équipe a réussi à inscrire deux buts, contre un seul pour Africa Keys. Une efficacité qui permet à Alladess, équipe du secteur 22, de s'adjuger le trophée de cette 5ᵉ édition. Le vainqueur repart avec une enveloppe de 600 000 francs CFA, des médailles et des kits. Africa Keys, finaliste malheureuse, reçoit pour sa part 250 000 francs CFA, des médailles ainsi que des kits.

« Un moment de partage et de communion »

Placée sous le patronage du gouverneur de la région du Guiriko, la finale a été présidée par son représentant, Ido Boubié, conseiller technique chargé des questions de jeunesse. Pour ce dernier, la compétition a offert bien plus qu'un spectacle sportif. « Nous constatons une très belle finale. C'est véritablement un moment de partage, de communion entre les jeunes de notre région et, au-delà du football, le beau football que nous avons vu », a-t-il relevé.

Une vue des officiels présents à cette finale

Ido Boubié a également salué les actions sociales initiées dans le cadre de la compétition. Selon lui, des écoliers ont notamment bénéficié d'un forage, tandis que des personnes malades ont reçu des produits médicaux. Il a ainsi encouragé d'autres acteurs à associer au sport des initiatives en faveur des personnes vulnérables.

De l'hommage entre camarades à une initiative à impact social

Pour le promoteur de la Sanfo Cup, Ibrahim Sanfo, cette compétition a progressivement changé de dimension depuis sa création en 2022. « Quand on commençait la première édition de Sanfo Cup, c'était juste une initiative des camarades du quartier pour m'honorer. Aujourd'hui, nous avons compris qu'avec ce sport, qui est un facteur de cohésion, nous pouvons mener aussi des actions solidaires, des actions communautaires », a-t-il expliqué.

Chaque édition est désormais l'occasion, selon lui, de mener une action répondant à un besoin spécifique. Pour cette 5ᵉ édition, un forage a notamment été offert à l'école Diarradougou, afin de contribuer aux besoins en eau de l'établissement et à la mise en œuvre d'initiatives liées à la verdure.

Le promoteur a également évoqué une action en faveur de malades pris en charge au CHU de Bobo-Dioulasso. Il a profité de l'occasion pour lancer un appel à la solidarité envers les personnes confrontées à la maladie et à une plus grande attention portée aux questions de santé.

La remise des prix au vainqueur de la finale

À la recherche des talents du maracana

Au-delà du trophée, Sanfo Cup entend également servir de cadre de détection et d'accompagnement des jeunes talents. Ibrahim Sanfo s'est réjoui du niveau technique affiché lors de la finale et souhaite désormais aller plus loin dans l'accompagnement des joueurs qui se distingueront au cours des prochaines éditions. « Notre souhait le plus ardent, c'est de voir ces joueurs monter dans les grands clubs », a-t-il indiqué, annonçant une stratégie avec le comité d'organisation et les partenaires pour identifier et soutenir les jeunes talents.

Pour lui, la réussite dans le football nécessite notamment « de la patience, de l'endurance et surtout de la formation ». Des ressources et un accompagnement qui pourraient permettre aux meilleurs joueurs de poursuivre leur progression et, à terme, de porter haut les couleurs du Burkina Faso. Du côté des champions, le capitaine d'Alladess, Baro Abdoul Karim, attribue le sacre à la solidarité et à la cohésion du groupe. « Le secret, c'est la solidarité, l'union, la fraternité entre les joueurs d'abord. L'esprit d'équipe et la cohésion », a-t-il confié après la rencontre.

Selon le capitaine, l'équipe a également pris le temps d'observer son adversaire avant de véritablement se projeter dans le match. Une stratégie qui, au terme d'une finale équilibrée, aura finalement permis à Alladess de tirer son épingle du jeu. Après plusieurs semaines de compétition et 32 équipes engagées au départ, la 5ᵉ édition de la Sanfo Cup Maracana s'achève ainsi sur le sacre d'Alladess. Une édition qui aura combiné compétition, détection de talents et solidarité communautaire.

Romuald Dofini
Lefaso.net

Categories: Afrique

Foncier et sécurité alimentaire : Le projet Land-At-Scale dresse le bilan de trois années d'action au Burkina

Tue, 29/09/2026 - 19:26

Le projet Land-At-Scale, dénommé « Projet de renforcement de la gouvernance foncière pour la sécurité alimentaire au Burkina Faso », a officiellement pris fin après trois années de mise en œuvre. La cérémonie nationale de clôture s'est tenue ce mardi 29 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, sous le thème « De la terre au droit, du droit à l'avenir ». Mis en œuvre par un consortium composé de Nitidæ, Oxfam et de l'Observatoire national du foncier au Burkina Faso (ONF-BF), avec le financement de la Netherlands Enterprise Agency, le projet a notamment œuvré à améliorer l'accès des femmes et des jeunes à la terre et à renforcer les mécanismes locaux de gouvernance foncière.

Dans un contexte où l'accès à la terre demeure un enjeu majeur pour la production agricole, la cohésion sociale et la sécurité alimentaire, le projet Land-At-Scale entendait contribuer à une meilleure gouvernance du foncier dans plusieurs localités du pays. Son objectif général était d'améliorer la sécurité alimentaire et la résilience des femmes et des jeunes en sécurisant leur accès à la terre et en renforçant les pratiques de gouvernance et de gestion foncière.

Une vue des participants à l'atelier de clôture du projet Land-At-Scale

Durant trois années, les interventions ont porté sur plusieurs volets, allant de la sensibilisation à la sécurisation foncière, en passant par le renforcement des capacités des acteurs locaux, la prévention des conflits et la valorisation économique des terres sécurisées. Au titre des principaux résultats, le projet a permis de produire 1 343 documents de sécurisation foncière, dont 686 attestations de possession foncière rurale (APFR) délivrées au profit des femmes et des jeunes, tandis que 439 autres étaient en cours de délivrance. Au total, environ 5 116 hommes, femmes et jeunes bénéficient aujourd'hui de documents fonciers.

L'outil MAST (Mobile Application to Secure Tenure), introduit et vulgarisé dans le cadre du projet, a également permis l'enregistrement de 4 232 hectares de terres dans les dix communes d'intervention. Pour les responsables du projet, l'enjeu n'était cependant pas seulement de produire des documents. Il s'agissait également de permettre aux acteurs locaux de maîtriser durablement les procédures de sécurisation foncière.

Issoufou Ganou, porte-parole du consortium et représentant de l'Observatoire national du foncier, se réjouit des acquis du projet

« Pour sécuriser, il faut d'abord avoir l'information », a souligné Issoufou Ganou, porte-parole du consortium et représentant de l'Observatoire national du foncier. Il a relevé que les services fonciers des communes accompagnées disposent désormais de compétences techniques et d'équipements leur permettant notamment d'effectuer les levées de terrain et de maîtriser le processus de délivrance des documents fonciers. Selon lui, plusieurs communes, notamment Satiri, Péni, Toussiana, Karangasso-Vigué, Karangasso-Sambla et Bama, ont enregistré des avancées dans la délivrance des attestations de possession foncière rurale.

La gouvernance locale renforcée

Le projet a également mis l'accent sur la gouvernance foncière locale et le suivi citoyen. Neuf mécanismes de suivi citoyen de la gouvernance foncière, à travers les Cellules d'interpellation citoyenne (CIC), ont été mis en place et rendus fonctionnels. Ces structures ont effectué 54 sorties de suivi et de collecte d'informations et organisé 25 tribunes d'interpellation des autorités communales. Par ailleurs, 186 Commissions foncières villageoises (CFV) et 186 Commissions de conciliation foncière villageoise (CCFV) ont été opérationnalisées. Ces dernières ont contribué au traitement de 305 conflits fonciers. Pour Emmanuel Ouédraogo, président de la délégation spéciale de la commune de Satiri, l'intervention du projet a contribué à apaiser les tensions liées au foncier dans sa commune.

Représentant le gouverneur de la région du Guiriko, le conseiller technique Souleymane Drabo a salué les résultats enregistrés au cours des trois années de mise en œuvre

« Pour résumer les acquis, nous pouvons dire de façon globale que grâce à l'intervention du projet dans nos communes, plusieurs cas de conflits ont été évités », a-t-il déclaré, saluant notamment le renforcement des services fonciers, l'accompagnement dans le traitement des demandes d'APFR et la mise en place des CFV et CCFV. Au-delà des mécanismes locaux, le projet a contribué à la mise en place d'un cadre de concertation entre les différents acteurs de la gouvernance foncière, dénommé Secrétariat de coordination sur le foncier (SECOR).

Femmes et jeunes au cœur des interventions

L'une des particularités du projet réside dans l'attention accordée aux femmes et aux jeunes, considérés comme des catégories particulièrement vulnérables en matière d'accès à la terre. Les actions de sensibilisation ont touché un large public. Trente-six campagnes radiophoniques, comprenant 23 émissions et 13 magazines, ont permis de toucher environ 360 000 personnes. Quarante-deux types de supports de communication ont également été produits. Neuf campagnes de plaidoyer en faveur de cessions sécurisées de terres aux femmes, aux jeunes et aux personnes déplacées internes ont, pour leur part, touché 942 personnes, dont des responsables coutumiers, des propriétaires terriens et des autorités communales.

Ilias Sawadogo, conseiller chargé des politiques de sécurité alimentaire à l'ambassade des Pays-Bas au Burkina Faso

La valorisation économique des terres sécurisées a constitué un autre volet important. Le projet a accompagné la formalisation de 30 sociétés coopératives aux normes de l'OHADA, au bénéfice de 1 354 personnes. Quinze coopératives maraîchères de femmes et de jeunes et six coopératives de grandes cultures ont été accompagnées dans l'exploitation de leurs terres. Selon les données présentées à la clôture, 850 petits producteurs agricoles ont vu leur productivité et leurs revenus augmenter grâce à la sécurisation foncière. Des intrants et du petit matériel de production ont également été mis à leur disposition.

« Le foncier est la base de l'autosuffisance alimentaire »

Représentant le gouverneur de la région du Guiriko à cette cérémonie, le conseiller technique Souleymane Drabo a salué les résultats enregistrés au cours des trois années de mise en œuvre. « Le foncier, c'est la base dans l'atteinte de l'autosuffisance alimentaire que notre pays recherche aujourd'hui », a-t-il souligné. Il a particulièrement insisté sur les actions en faveur des femmes et des jeunes, souvent confrontés à des difficultés d'accès à la ressource foncière.

Pour Emmanuel Ouédraogo, PDS de Satiri, l'intervention du projet a contribué à apaiser les tensions liées au foncier dans sa commune

Pour lui, la sécurisation des terres constitue également un outil de prévention et de règlement des conflits. « Ce manque de sécurisation foncière crée beaucoup de conflits fonciers. Et souvent, devant les tribunaux, c'est assez compliqué », a-t-il relevé, estimant que la documentation des terres peut faciliter le traitement des litiges et contribuer à consolider le vivre-ensemble.

Les Pays-Bas misent sur la pérennisation

Partenaire financier du projet, les Pays-Bas ont justifié leur engagement par le lien étroit entre gouvernance foncière, sécurité alimentaire et stabilité sociale. Ilias Sawadogo, conseiller chargé des politiques de sécurité alimentaire à l'ambassade des Pays-Bas au Burkina Faso, a indiqué que le pays souhaite accompagner les efforts en matière de stabilité et de sécurité, notamment à travers des initiatives qui contribuent à prévenir et gérer les tensions autour de la terre. Il a relevé parmi les acquis le renforcement des capacités des collectivités à délivrer des documents fonciers ainsi que l'amélioration de l'accès des femmes et des jeunes à la terre.

Pour le représentant néerlandais, l'enjeu est désormais de rendre les mécanismes mis en place autonomes et durables, afin que les populations puissent continuer à bénéficier des services fonciers au-delà de la fin du projet. Pour le consortium, la fin du financement du projet ne signifie donc pas la fin des actions engagées. Issoufou Ganou estime que la pérennisation repose notamment sur la capacité des services fonciers à poursuivre leurs missions avec les compétences et les équipements acquis.

La photo de famille

« Il ne faut pas tout voir sous forme de subvention. Il ne faut pas tout voir sous forme de projet. Mais si vous avez la technicité, vous avez l'équipement nécessaire, vous pouvez aller sur le terrain », a-t-il expliqué. Cette logique concerne également les terres déjà sécurisées et valorisées, notamment les sites maraîchers exploités par des femmes, des jeunes, des personnes déplacées internes et des sociétés coopératives.

En matière de gestion des connaissances, le projet a enfin permis la production de vingt notes de capitalisation portant notamment sur l'accès des femmes, des jeunes et des personnes déplacées internes aux terres sécurisées, les mécanismes de plaidoyer, les responsabilités des acteurs de la chaîne foncière, le lien entre sécurisation foncière et sécurité alimentaire, ainsi que la prévention et la gestion des conflits. Au terme de trois années d'intervention, les acteurs présents à Bobo-Dioulasso ont ainsi insisté sur un même impératif : « consolider les mécanismes locaux et poursuivre les efforts engagés afin que la sécurisation foncière contribue durablement à la production agricole, à la cohésion sociale et à la résilience des populations rurales ».

Romuald Dofini
Lefaso.net

Categories: Afrique

Pourquoi la gratuité des soins est-elle devenue une priorité en 2016 au Burkina Faso ?

Tue, 29/09/2026 - 18:20

Introduction

Pourquoi le Burkina Faso a-t-il attendu 2016 pour instaurer la gratuité des soins au profit des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans, alors que les difficultés financières d'accès aux soins étaient connues depuis plusieurs années ?
La question mérite d'être posée. Le 29 avril 2016, le gouvernement burkinabè a adopté le décret instituant la gratuité des soins pour ces deux catégories de population, avec une mise en œuvre généralisée à partir de juin de la même année. Le décret officiel confirme l'institution de cette gratuité sur l'ensemble du territoire national.

À première vue, l'explication paraît évidente : les femmes enceintes et les jeunes enfants rencontraient des difficultés d'accès aux soins et le gouvernement a décidé d'y répondre. Pourtant, cette explication est insuffisante. Les effets du paiement direct sur l'accès aux services de santé avaient été documentés bien avant 2016. Des dispositifs permettant de réduire ou de supprimer certains paiements avaient également déjà été expérimentés. Autrement dit, le problème existait et une solution était déjà disponible, mais la décision nationale n'était pas encore prise. C'est précisément ce décalage que cette étude cherche à expliquer. Dès lors, nous nous sommes posé la question suivante : pourquoi cette solution, déjà connue, est-elle devenue précisément à ce moment-là une priorité du gouvernement ?

Pour expliquer ce passage, il faut s'intéresser à ce que les chercheurs appellent la mise à l'agenda. En termes simples, il s'agit de comprendre comment, parmi les nombreux problèmes et solutions présents dans une société, certains finissent par retenir suffisamment l'attention des gouvernants pour devenir des priorités (Garraud,1990). En effet, les gouvernements sont confrontés à de nombreux problèmes, mais ils ne peuvent pas tous les traiter en même temps.

De plus, la gravité d'une situation ne suffit pas toujours à entraîner une décision. Une difficulté peut être connue pendant plusieurs années sans devenir une priorité politique. Les écrits du chercheur John Kingdon (1995) permettent d'aller plus loin. Il ajoute qu'une décision devient plus probable lorsque trois éléments finissent par se rencontrer : un problème reconnu comme important, une solution suffisamment prête pour être utilisée et un contexte politique favorable. Mais cette rencontre ne rend pas la décision automatique. Parmi toutes les demandes adressées au gouvernement, certaines sont retenues et d'autres non. Il existe donc encore un travail de choix et d'arbitrage politique. C'est précisément ce que montre le cas burkinabè.

L'étude a cherché ainsi à comprendre comment les difficultés financières d'accès aux soins ont progressivement été transformées en problème public, comment la gratuité est devenue une solution crédible et pourquoi la conjoncture politique de 2014-2016 a finalement permis sa sélection comme priorité gouvernementale. L'objectif n'était donc pas d'évaluer les effets de la gratuité après son adoption. Il s'agissait de revenir en amont de la décision pour comprendre la décision.

Ces résultats peuvent intéresser les décideurs publics, les professionnels de santé, les organisations de la société civile, les chercheurs, les étudiants et les citoyens désireux de comprendre pourquoi certaines questions parviennent à retenir l'attention des gouvernants alors que d'autres restent longtemps sans décision.

Méthodologie

Pour reconstituer le chemin ayant conduit à la décision de 2016, nous avons interrogé des personnes ayant participé au débat, au plaidoyer, à la préparation ou à la décision concernant la gratuité des soins. Elles provenaient notamment du ministère de la Santé, des organisations non gouvernementales, du monde de la recherche, des partenaires techniques et financiers, des syndicats, des organisations professionnelles, de la société civile, des médias et du champ politique.

Ces entretiens ont été complétés par l'examen de textes réglementaires, de documents de politique sanitaire, de rapports d'ONG, de publications scientifiques et d'archives de presse. Les différents témoignages ont ensuite été comparés entre eux et confrontés aux documents disponibles afin de faire ressortir les points de convergence, mais aussi les désaccords entre les acteurs.

Résultats
1. Les difficultés de paiement ne sont pas devenues un problème public toutes seules

Le premier résultat de l'étude peut paraître surprenant : l'existence d'une difficulté ne suffit pas à en faire automatiquement un problème pour le gouvernement. En effet, pendant plus de deux décennies, le paiement par les usagers faisait partie du fonctionnement ordinaire du système de santé burkinabè. À partir de 1992, avec la mise en œuvre de l'Initiative de Bamako, les patients ont été appelés à contribuer financièrement aux services de santé et aux médicaments. L'idée qui justifiait cette participation était notamment de fournir des ressources aux formations sanitaires et contribuer à leur fonctionnement.

Cependant, au fur et à mesure de son application une autre lecture de ce dispositif s'est développée. Les recherches, les expériences de terrain et les témoignages ont montré que demander aux usagers de payer au moment où ils avaient besoin de soins pouvait également empêcher les plus pauvres d'accéder aux services.
Le changement important se situe précisément ici. Ce qui était auparavant considéré comme une difficulté individuelle, ne pas avoir assez d'argent pour payer ses soins, a progressivement été présenté comme un problème lié à la politique de financement du système de santé.

Des ONG, des syndicats et des organisations de défense des droits ont joué un rôle important dans ce changement de regard. Ils ne se sont plus contentés de constater que certains ménages n'avaient pas les moyens de payer. Ils ont progressivement présenté cette exclusion comme une question de justice et comme une situation appelant une intervention de l'État.

Autrement dit, le problème a dû être construit et rendu visible (Hassenteufel, 2010). Les acteurs engagés en faveur de la gratuité ont produit des données, diffusé des témoignages et attiré l'attention sur les personnes qui renonçaient aux soins faute d'argent. Ils ont également utilisé les médias et organisé des actions destinées à sortir cette question des seuls milieux sanitaires pour la porter dans l'espace public.

Ce résultat rappelle une idée importante : les gouvernements ne répondent pas mécaniquement à toutes les difficultés présentes dans la société. Des acteurs, que les chercheurs appellent des « entrepreneurs de cause », s'emploient à rendre certaines situations visibles, à les présenter comme injustes ou préoccupantes et à convaincre qu'elles nécessitent une action publique.
Cependant, rendre un problème visible ne suffit toujours pas. Encore faut-il pouvoir proposer une réponse que les décideurs considèrent comme réalisable.

2. Avant 2016, la gratuité était déjà passée de l'idée à une solution jugée possible

Le deuxième résultat montre justement que la gratuité des soins n'a pas été inventée au moment de la décision gouvernementale.
Au Burkina Faso, plusieurs expériences avaient déjà permis de tester des mécanismes réduisant le paiement demandé aux patients. Des projets pilotes menés à partir de 2008 ont notamment produit des connaissances sur les effets des barrières financières et sur la possibilité de supprimer certains paiements (Olivier de sardan et Ridde, 2012). Selon l'un des acteurs interrogés, ces expérimentations, conduites jusqu'en 2013-2014, avaient donné lieu à de nombreux travaux scientifiques et contribué à montrer que la gratuité était réalisable.

En 2012, une étude de faisabilité à l'échelle nationale avait également été engagée et un document de stratégie concernant les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans avait été élaboré. Par ailleurs, le ministère de la Santé possédait déjà une expérience de subvention de certains soins obstétricaux. Ainsi, lorsque la gratuité est devenue une priorité politique, l'administration ne partait pas entièrement de zéro.
Cette étape est essentielle pour comprendre comment une politique arrive jusqu'au gouvernement. Il ne suffit pas de convaincre qu'un problème existe ; encore faut-il pouvoir répondre à la question : que peut-on faire concrètement ?

Les recherches et les expérimentations ont précisément joué ce rôle. Elles ont permis aux défenseurs de la gratuité de ne plus présenter celle-ci seulement comme une revendication souhaitable, mais comme une solution déjà testée et suffisamment crédible pour pouvoir être défendue auprès des responsables publics.
Avant 2014, deux éléments importants étaient donc déjà réunis : les barrières financières étaient de mieux en mieux reconnues comme un problème, et l'exemption du paiement pour certaines catégories de population apparaissait déjà comme une solution possible. Pourtant, la décision n'était toujours pas prise.
C'est ce constat qui constitue l'un des apports majeurs de l'étude : avoir un problème reconnu et disposer d'une solution crédible ne suffisent pas nécessairement à provoquer une décision gouvernementale. Il fallait encore que la question entre dans le jeu politique et qu'elle soit sélectionnée parmi les nombreuses priorités possibles.

3. De la revendication sociale à la priorité gouvernementale : le moment politique a compté

Le troisième résultat explique pourquoi la période 2014-2016 a constitué un tournant décisif.
Après l'insurrection des 30 et 31 octobre 2014, les entrepreneurs de cause de la gratuité ont modifié leur stratégie. Leur objectif n'était plus principalement de produire de nouvelles preuves : il s'agissait désormais d'obtenir un engagement des partis politiques en compétition pour le pouvoir. L'étude montre ainsi que la campagne « Ma voix, la santé des enfants », menée par ces entrepreneurs de cause, a ciblé plusieurs candidats à l'élection présidentielle de 2015. Des actions de plaidoyer ont été menées auprès de sept candidats afin qu'ils inscrivent la suppression du paiement des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans dans leurs programmes. Un mémorandum leur demandait également de prendre des engagements précis sur cette question.

La gratuité changeait alors de statut. D'une question portée essentiellement dans les milieux sanitaires, scientifiques et associatifs, elle devenait un enjeu de compétition politique. Cette évolution était aussi facilitée par une caractéristique de la mesure : ses effets pouvaient être facilement compris par les populations. Pour une famille, emmener un enfant dans une formation sanitaire sans avoir à payer constitue un changement directement perceptible. La gratuité disposait donc d'une visibilité que n'ont pas nécessairement toutes les réformes publiques.

Cette évolution ne signifie toutefois pas que les ONG auraient simplement imposé leur revendication aux responsables politiques. Les données recueillies auprès des personnes interrogées montrent au contraire que le plaidoyer a rencontré des orientations déjà présentes dans le programme du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Il s'est donc produit une convergence entre une cause construite depuis plusieurs années et une offre politique disposée à la reprendre. Ce type de période électorale peut justement modifier la place accordée à certaines questions et leur donner une importance nouvelle dans les priorités des responsables politiques (de Maillard, 2006).

La manière de présenter la gratuité évolue également. Aux arguments portant jusque-là principalement sur les barrières financières et la protection des populations vulnérables se sont ajoutées des références au développement du capital humain, au bien-être des populations et à la responsabilité sociale de l'État. La Déclaration de politique générale de février 2016, qui fait du développement du capital humain une priorité, montre ainsi que la gratuité pouvait désormais être rattachée à des orientations plus larges de l'action gouvernementale.

L'élection présidentielle de novembre 2015 ouvre ensuite une nouvelle séquence politique. Mais là encore, le résultat de l'étude invite à éviter une explication trop simple : l'élection n'a pas automatiquement produit la gratuité. Les entretiens montrent surtout qu'après 2014, les conditions de réception de cette mesure avaient changé. Des travaux scientifiques et des propositions qui avaient déjà été diffusés auparavant trouvaient désormais un environnement politique plus réceptif.

Ce n'était donc pas seulement le problème ou la solution qui changeaient ; c'était aussi le contexte dans lequel ils étaient discutés et susceptibles d'être retenus.
Un autre élément a compté dans ce passage vers la décision : l'État ne partait pas de zéro. Depuis 2006, la subvention des soins obstétricaux et néonataux d'urgence avait déjà familiarisé l'administration sanitaire avec le principe d'une prise en charge publique d'une partie des coûts liés à la grossesse et à l'accouchement. La gratuité représentait certes un changement d'échelle important, mais elle pouvait s'appuyer sur une expérience et des outils déjà connus. Cette continuité a facilité sa transformation en solution pouvant être envisagée à l'échelle nationale.

Le calendrier politique a également joué. Au début de l'année 2016, le nouveau pouvoir devait commencer à traduire certains de ses engagements en mesures concrètes, tandis que les élections municipales approchaient. Une mesure sociale immédiatement perceptible par les populations pouvait alors acquérir une importance particulière. Les travaux de de Maillard (2006) montrent précisément que les échéances politiques peuvent accélérer ou ralentir certaines décisions publiques. Cela ne signifie pas que la gratuité puisse être réduite à un calcul électoral : le problème avait été construit, la solution expérimentée et le plaidoyer engagé bien avant cette période.

Entre une promesse politique et une décision effectivement mise en œuvre, il restait cependant encore un choix à faire. L'étude montre qu'au sein même de l'administration sanitaire, certaines réserves persistaient concernant les conditions techniques de la réforme. Le temps de la décision politique et celui de la préparation administrative ne coïncidaient donc pas entièrement. Pourtant, l'arbitrage réalisé au sommet de l'exécutif a finalement transformé la gratuité en priorité gouvernementale.

C'est ici que le résultat de l'étude prend tout son sens. Un problème reconnu, une solution disponible et un contexte politique favorable peuvent créer les conditions d'une décision sans la rendre automatique (Kingdon, 1995). Parmi les nombreuses revendications et promesses présentes après l'insurrection et pendant la campagne électorale, toutes ne pouvaient devenir simultanément des priorités. Il fallait encore opérer un choix. La gratuité a finalement été retenue parmi ces différents engagements, illustrant ainsi le travail de sélection qui accompagne l'accès d'une question aux priorités gouvernementales (Garraud, 1990).

Conclusion

Cette étude montre que la gratuité des soins adoptée en 2016 ne résulte pas de la découverte soudaine d'un problème sanitaire. Les difficultés financières d'accès aux soins étaient anciennes et des solutions avaient déjà été expérimentées.

Ainsi, ce qui explique la décision de 2016 n'est ni la seule gravité des difficultés d'accès aux soins, ni les seules preuves scientifiques, ni la seule compétition électorale. C'est la succession de plusieurs transformations : une cause construite et rendue visible au fil des années, une solution déjà expérimentée, son entrée dans la compétition politique, sa rencontre avec des orientations favorables, l'existence d'expériences administratives antérieures et, enfin, un arbitrage qui la retient parmi plusieurs priorités possibles.

L'expérience burkinabè rappelle donc une leçon plus générale : un problème, même bien documenté, ne devient pas automatiquement une priorité gouvernementale. Entre la connaissance d'une difficulté et la décision d'agir se trouvent des acteurs, des stratégies, des occasions politiques et, finalement, un choix.

Cet article de vulgarisation est une synthèse de l'article original intitulé « Pourquoi la gratuité des soins en 2016 au Burkina Faso ? De la construction du problème à la sélection politique d'une solution », publié par Mohamadi ZEBA dans la Revue internationale de droit et science politique (R.I.D.S.P.), vol. 6, n° 8, août 2026.
ZEBA Mohamadi
Institut des Sciences des Sociétés (INSS/CNRST), Ouagadougou, Burkina Faso
zebafils@yahoo.fr

Références bibliographiques

HASSENTEUFEL PATRICK (2010), « Les processus de mise sur agenda : sélection et construction des problèmes publics », Informations sociales, n° 157, pp. 50-58.
KINGDON J. W. (1995), Agendas, Alternatives, and Public Policies, 2e éd., New York, Harper Collins College Publishers.
KÜBLER D. et DE MAILLARD J. (2009), Analyser les politiques publiques, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble.

OLIVIER DE SARDAN J.-P. et RIDDE V. (2012), « L'exemption de paiement des soins au Burkina Faso, Mali et Niger : les contradictions des politiques publiques », Afrique contemporaine, n° 243, pp. 11-32.
RIDDE V. et YAMÉOGO P. (2018), « How Burkina Faso used evidence in deciding to launch its policy of free healthcare for children under five and women in 2016 », Palgrave Communications, vol. 4, art. 119, pp. 1-9.
ZEBA Mohamadi (2026), « Pourquoi la gratuité des soins en 2016 au Burkina Faso ? De la construction du problème à la sélection politique d'une solution », Revue internationale de droit et science politique (R.I.D.S.P.), vol. 6, n° 8, août 2026, pp. 379-404. L'article apparaît dans la rubrique Science politique à partir de la page 379.

Ce document de vulgarisation est tiré de l'article scientifique :
ZEBA Mohamadi (2026), « Pourquoi la gratuité des soins en 2016 au Burkina Faso ? De la construction du problème à la sélection politique d'une solution », Revue internationale de droit et science politique (R.I.D.S.P.), vol. 6, n° 8, août 2026, pp. 379-404.

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Modernisation des services consulaires : Le Burkina Faso lance YORI ID aux États-Unis

Tue, 29/09/2026 - 18:02

L'Ambassade du Burkina Faso aux États-Unis d'Amérique a procédé au lancement officiel de YORI ID, une plateforme numérique destinée à moderniser les services consulaires, améliorer la gestion des ressortissants burkinabè et dématérialiser plusieurs démarches administratives. La cérémonie, tenue en ligne, a été présidée par le ministre des affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, en présence de l'ambassadeur du Burkina Faso aux États-Unis d'Amérique, Kassoum Coulibaly. La cérémonie a également vu la participation de la consule générale du Burkina Faso à Washington, DC, Estelle Pélagie Segda/Gango.

Faire de la distance géographique un obstacle moins contraignant dans la relation entre le citoyen burkinabè de l'extérieur et son administration. C'est l'une des ambitions affichées par YORI ID, la nouvelle plateforme numérique lancée officiellement par l'Ambassade du Burkina Faso aux États-Unis d'Amérique. Conçue comme un guichet unique consulaire digital, la solution entend apporter une réponse à plusieurs difficultés auxquelles sont confrontés les ressortissants à l'étranger. Procédures longues, déplacements physiques, absence de données centralisées et communication parfois difficile avec les représentations diplomatiques sont autant de réalités qui justifient la conception de cette solution.

La plateforme est née d'une initiative engagée dès 2019. À l'origine, explique son concepteur, Moussa Koné, il s'agissait de moderniser la délivrance des cartes consulaires. À cette époque, celles-ci étaient encore produites sur support cartonné. L'expérience a progressivement conduit à une réflexion plus large sur la digitalisation des services consulaires, jusqu'à l'aboutissement de YORI ID.

Un espace numérique pour les ressortissants

YORI ID offre un espace accessible au public (front office), permettant aux ressortissants de s'adresser à distance à l'administration consulaire. L'usager renseigne ses informations et transmet les pièces nécessaires à son identification. Son inscription n'est toutefois effective qu'après validation par les agents consulaires, chargés de vérifier les documents fournis et notamment la preuve de la nationalité burkinabè.

« YORI ID va bientôt, moderniser également le Consulat honoraire du Burkina Faso New Jersey et à Houston », Estelle Pélagie Segda/Gango, consule générale du Burkina Faso à Washington, DC

Une fois enregistré, le ressortissant peut accéder à différents services. Il peut notamment demander ou renouveler sa carte consulaire, effectuer une déclaration en cas de perte, solliciter des actes administratifs et suivre l'évolution de ses démarches. La plateforme intègre également la possibilité de demander un passeport, y compris pour les enfants.

L'objectif est ainsi de limiter les déplacements aux situations qui les rendent réellement nécessaires. Pour les ressortissants vivant loin des représentations diplomatiques, la plateforme constitue un point d'accès numérique aux services consulaires.

Des démarches progressivement dématérialisées

L'une des particularités de YORI ID réside dans sa capacité à intégrer différents types de documents et de procédures. Les services consulaires peuvent créer leurs propres modèles de documents, définir les modalités de délivrance et préciser si les prestations sont payantes ou gratuites avant leur mise en ligne. La plateforme distingue, à cet effet, les documents pouvant être délivrés automatiquement après paiement des frais requis et ceux qui nécessitent un délai de traitement en fonction de leur nature et du processus administratif.

La dématérialisation concerne également les paiements. L'usager peut régler certaines prestations par carte bancaire ou de débit, recevoir un lien de paiement sur son téléphone ou effectuer le paiement sur place à l'aide d'un terminal. Le système permet également de prendre en compte les paiements par money order. Sur le plan comptable, les différentes opérations liées aux actes payants sont centralisées afin de permettre leur suivi par les agents compétents.

« Lorsqu'un acte est délivré gratuitement, l'agent peut également renseigner le motif justifiant cette exonération », Moussa Koné, concepteur de YORI ID

Un canal direct avec la diaspora

Au-delà des démarches administratives, YORI ID entend renforcer la communication entre les représentations diplomatiques et leurs ressortissants. Les agents disposent d'outils leur permettant d'échanger directement avec les usagers, notamment lorsqu'un dossier nécessite une information ou une pièce complémentaire.
La plateforme permet également à l'ambassade de diffuser des informations à destination de la diaspora. Actualités, annonces, liens vers différents services ou opportunités peuvent ainsi être publiés sur le portail. Des fonctionnalités supplémentaires peuvent être ajoutées en fonction des besoins des représentations diplomatiques.

La solution prévoit aussi la possibilité d'accorder certains niveaux d'accès à des acteurs de la diaspora, notamment aux délégués des Hauts conseils des burkinabè de l'extérieur, afin qu'ils puissent accomplir des tâches déterminées en fonction de leurs responsabilités

Plus de 10 000 ressortissants déjà enregistrés

YORI ID ne part pas d'une base vierge. Selon son concepteur, les données de l'ancien système ont été transférées, avec plus de 8 000 personnes déjà intégrées. À ce jour, la plateforme compte environ 10 000 personnes enregistrées. Cette base constitue également un outil potentiel d'aide à la connaissance de la diaspora. À terme, le ministère des Affaires étrangères pourra disposer d'une visibilité sur les ressortissants enregistrés au niveau des différentes représentations, notamment pour répondre à des besoins statistiques.
La sécurité des données figure parmi les principes annoncés par les concepteurs. Les informations enregistrées sont présentées comme sécurisées et demeurent la propriété de l'État du Burkina Faso. Le système prévoit par ailleurs une application téléchargeable sur App Store et Play Store, permettant de vérifier l'authenticité des documents délivrés à travers YORI ID.

(De gauche à droite), la consule générale du Burkina Faso à Washington, DC, Estelle Pélagie Segda/Gango ; l'ambassadeur du Burkina Faso aux États-Unis d'Amérique, Kassoum Coulibaly ; et le ministre des affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré

Une phase pilote avant un déploiement plus large

Le lancement aux États-Unis constitue une phase pilote d'une durée d'un an. Cette période doit permettre aux responsables de l'ambassade et du consulat général de tester le dispositif, d'identifier les éventuelles difficultés et de contribuer à son amélioration. L'ambition affichée dépasse toutefois le seul cadre de la représentation burkinabè aux États-Unis. Le projet vise à terme, une couverture de l'ensemble du territoire américain, soit les 50 États, le District de Columbia et les cinq territoires des États-Unis d'Amérique.
Le dispositif est également conçu pour pouvoir être déployé dans d'autres représentations diplomatiques. Selon Moussa Koné, la solution pourrait être installée dans n'importe quelle ambassade ou consulat, ouvrant ainsi la voie à une extension progressive de l'outil.

Le Burkinabè Marcus Kaboré venu de la Caroline du Sud pour l'occasion a offert un chèque de 5 000 dollars, soit 2 890 450 francs CFA au profit de Faso Mêbo

À travers YORI ID, l'enjeu est donc plus large qu'une simple mise en ligne de formulaires. Il s'agit de repenser la relation entre l'administration consulaire et les Burkinabè établis à l'étranger, en rapprochant les services de l'usager, en réduisant certaines contraintes liées à la distance et en dotant les représentations d'outils pour mieux connaître, accompagner et communiquer avec leur diaspora.

Le lancement de cette plateforme aux États-Unis marque ainsi une nouvelle étape dans la digitalisation des services consulaires burkinabè, avec une expérimentation appelée à fournir les enseignements nécessaires à son évolution et à son éventuel déploiement à plus grande échelle.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

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« Nuit de la Révolution » : Le président de la Délégation spéciale de la commune de Ouagadougou invite les populations à participer massivement

Tue, 29/09/2026 - 17:39

Dans un communiqué publié ce lundi 28 septembre 2026 sur sa page Facebook, la mairie de Ouagadougou annonce l'organisation de la « Nuit de la Révolution », prévue pour le mercredi 30 septembre 2026 à partir de 18 heures à la Place de la Nation.

Selon le communiqué, cette activité s'inscrit dans le cadre du quatrième anniversaire de l'accession au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso et Chef de l'État.

La cérémonie sera ainsi consacrée à la présentation des principaux acquis et réalisations de la « Révolution progressiste populaire (RPP) », précise la mairie.

Le président de la Délégation spéciale de la commune de Ouagadougou, Maurice Konaté, invite par ailleurs les populations de la capitale à participer massivement à cette activité pour l'atteinte des objectifs de la Révolution progressiste populaire.

Lefaso.net

Source : Page Facebook de la mairie de Ouagadougou

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Décès de NAMOANO W. Justin Evariste : Faire part

Tue, 29/09/2026 - 16:16

La grande famille NAMOANO à Tiongo, Ouagadougou, Fada, Dapaon, et les USA, les grandes Familles YONI, YOUGBARÉ, SOUBEIGA, YONLI, YONABA, à Diabo et à Fada,

les familles aliées, KAFANDO, KABORE, KIEMA, NABALUM, TANKOANO, BOUDA, LAMBONI, LINGANI
la veuve NAMOANO/ KAFANDO Reine,
les enfants CAMILLE, ARSÈNE, BIENVENUE, DAVY, et les petits enfants, ont la profonde douleur de vous annoncer le décès de leur époux, père, grand-père, frère, oncle,

NAMOANO W. Justin Evariste survenu le
Dimanche 27 Septembre 2026 à OUAGADOUGOU.

PROGRAMME DES OBSÈQUES

Mercredi 30 Septembre 2026 à 20h
Veillée de prière au domicile à Kamboinsin
Jeudi 1er Octobre 2026 :
– Levée du corps à la morgue de l'hôpital BOGODOGO à 7h30
– Messe d'absoute à la paroisse NOTRE DAME DE TOUTES GRÂCES de Kamboinsin à 10h suivi de l'inhumation au cimetière de Kamboinsin

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Trafic de stupéfiants : Près de 86 kg de cannabis saisis à Ouagadougou

Tue, 29/09/2026 - 13:39

La Police nationale a annoncé, ce mardi 29 septembre 2026, le démantèlement d'un réseau présumé impliqué dans le trafic et la vente de stupéfiants à Ouagadougou. L'information a été publiée sur la page Facebook officielle de l'institution.

L'opération a été menée par l'Unité anti-drogue de la Direction de la police judiciaire (DPJ), dans le cadre des actions engagées contre le trafic et la consommation de drogues dans la capitale.

Selon la Police nationale, le réseau démantelé était également impliqué dans la vente et la consommation de boissons frelatées, de cigarettes de contrebande et de produits psychotropes.

D'après les éléments communiqués par la Police, les membres du réseau s'approvisionnaient en marchandises depuis un pays voisin. Les produits étaient ensuite acheminés vers Ouagadougou à bord de véhicules de transport en commun ou de véhicules personnels. Une fois dans la capitale, les marchandises étaient stockées avant d'être vendues ou redistribuées. Une partie du cannabis était notamment destinée à des revendeurs et grossistes opérant sur plusieurs sites d'orpaillage à travers le pays, notamment Boromo et Poura dans la province des Balé, Zanténé dans la province du Sanguié, Sabcé dans la province du Bam, et Mogré et Bittou dans la province du Boulgou.

Au cours de l'interpellation des membres du réseau, les enquêteurs ont saisi, selon la Police nationale, près de 86 kilogrammes de cannabis. Des motos, des boissons alcoolisées frelatées, des paquets de cigarettes de contrebande, des plaquettes de produits psychotropes ainsi que du numéraire ont également été saisis.
La Police nationale souligne que cette opération a notamment été rendue possible grâce à la collaboration des populations. Elle remercie les citoyens ayant contribué à l'aboutissement de l'enquête.

L'institution appelle par ailleurs la population à davantage de vigilance et invite particulièrement les parents d'élèves et les responsables d'établissements scolaires à signaler tout comportement ou fait suspect susceptible de contribuer à la circulation des stupéfiants.
Elle rappelle que les numéros verts 17, 16 et 1010 restent disponibles pour permettre aux citoyens de signaler les situations nécessitant l'intervention des services compétents.

Lefaso.net

Source : Page Facebook de la Police nationale

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Kourweogo : Un crocodile capturé après l'agression d'un mineur

Tue, 29/09/2026 - 13:20

Un crocodile a été capturé dans le département de Toéghin, dans la province du Kourweogo, après avoir agressé un mineur dans une mare.

L'information a été publiée sur la page Facebook de la direction régionale des eaux et forêts du plateau Central le lundi 28 septembre 2026.

Selon la Direction régionale des eaux et forêts du Plateau-Central, les faits se sont produits le samedi 26 septembre 2026. Alertés de la présence de l'animal et de l'agression d'un mineur, des agents de la Direction provinciale des Eaux et Forêts du Kourweogo et du service départemental de Toéghin se sont rendus sur les lieux le dimanche 27 septembre.

L'intervention était conduite par le directeur provincial des Eaux et Forêts du Kourweogo, le commandant Tasséré Ouédraogo. L'équipe a également bénéficié de l'appui des agents de la Brigade régionale des Eaux et Forêts d'Oubri, dirigée par le lieutenant Lucien Guindiga, ainsi que de l'accompagnement des riverains.

Après plusieurs heures d'opérations, notamment consacrées à l'évacuation d'une partie de la mare et à des recherches, les équipes sont parvenues à capturer le crocodile. L'animal a ensuite été acheminé à Boussé, où il devait faire l'objet d'un éventuel transfert vers un biotope plus adapté, afin de réduire les risques pour les populations riveraines.

Face à cet incident, les services des Eaux et Forêts appellent les populations à davantage de vigilance. Ils recommandent notamment d'éviter de s'approcher des mares et autres points d'eau susceptibles d'abriter des animaux dangereux.

Lefaso.net

Source : Page Facebook de la direction régionale des eaux et forêts du plateau Central

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SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE : ‎Le Président du Faso inaugure la première raffinerie d'or du Burkina

Tue, 29/09/2026 - 12:27

Le Président du Faso, Chef de l'État, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a inauguré ce lundi, la Raffinerie nationale d'Or du Burkina Faso (RAFFINOR-BF). Cette raffinerie représente un investissement global de plus de 11 milliards FCFA mobilisés par l'État burkinabè, notamment via la Société nationale des substances précieuses (SONASP), en partenariat avec le secteur privé national.

‎Dotée de technologies automatisées de pointe, l'infrastructure a été conçue pour répondre aux normes industrielles les plus exigeantes. Dans sa première phase de fonctionnement, l'usine affichera une capacité d'affinage de 164 tonnes d'or par an, avec une projection à terme pouvant atteindre 515 tonnes

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Nuit de la RPP : Faso Lagam Taaba Zaka appelle à une mobilisation forte pour célébrer les quatre ans de la Révolution

Mon, 28/09/2026 - 23:28

À l'approche du quatrième anniversaire de l'arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré, la coalition Faso Lagam taba zaka appelle les Burkinabè à une mobilisation populaire à Ouagadougou et dans les régions. Cet appel a eu lieu au cours d'une conférence de presse tenue ce lundi 28 septembre 2026, au Centre de presse Norbert Zongo de Ouagadougou.

L'organisation entend célébrer la première édition de la Nuit de la Révolution progressiste et populaire sous le signe du patriotisme, de la vigilance et de la cohésion nationale. Dans une déclaration lue par son secrétaire général adjoint, Ismaël Nana, Faso Lagam taba zaka a d'abord rendu hommage aux personnes tombées au nom de la patrie dans l'accomplissement de leur devoir.

La coalition a exprimé sa compassion envers les familles endeuillées et sa reconnaissance à l'égard des forces engagées pour la défense du pays, dans un contexte sécuritaire qui demeure marqué par de lourds sacrifices humains. L'organisation a également félicité le chef de l'État et son gouvernement pour les actions engagées depuis l'avènement du capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir.

Selon Ismaël Nana, ces efforts se manifestent à travers les nombreux chantiers en cours, dans les domaines de la défense, de l'entrepreneuriat, de l'autosuffisance alimentaire, de l'industrialisation, des infrastructures et du développement socio-économique et politique. Faso Lagam taba zaka encourage ainsi les autorités à poursuivre les initiatives lancées au bénéfice des populations.

La coalition annonce, dans cette dynamique, la tenue d'une activité de mobilisation à l'occasion de la commémoration prévue le 30 septembre 2026 à partir de 18 heures. Elle appelle « le peuple burkinabè de tous bords, ainsi que ses militants et sympathisants, à se retrouver massivement à la place de la Révolution et dans les chefs-lieux des régions » pour participer à la première Nuit de la Révolution progressiste et populaire.

D'après Ismaël Nana, cette rencontre ne se veut pas uniquement festive. Elle doit servir de cadre de reconnaissance envers les acteurs de la lutte patriotique, de présentation des réalisations et d'échanges sur les défis du pays. « Cette nuit sera un moment de rassemblement, de reconnaissance envers les forces combattantes, de présentation des réalisations ainsi que de partage autour des enjeux de notre nation », a-t-il soutenu.

Enfin, la coalition invite les participants à faire preuve de discipline et de responsabilité pendant la commémoration. Elle insiste sur le respect des consignes de sécurité, l'écoute des forces de défense et de sécurité, ainsi que la lutte contre les rumeurs. « Faisons de cette commémoration un moment de paix, d'unité, de fraternité et de cohésion nationale », a conclu Ismaël Nana.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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Les 100 Visages du Burkina Digital : Ali Drissa Badiel, des premiers nœuds de FasoNet aux réseaux numériques de l'Afrique

Mon, 28/09/2026 - 23:27

À 19 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur Ali Drissa Badiel, ingénieur réseaux et télécommunications, expert en cybersécurité et représentant de l'Union internationale des télécommunications (UIT) pour l'Afrique de l'Ouest, dont le parcours traverse trois décennies de transformation numérique, depuis la construction des premières infrastructures Internet du Burkina Faso jusqu'aux grands enjeux de connectivité, de cybersécurité et de gouvernance numérique à l'échelle africaine.

Il fut un temps où se connecter à Internet au Burkina Faso n'était pas un geste ordinaire. Pas de fibre jusqu'à la maison. Pas de 4G dans la poche. Pas de vidéo en streaming. Pas de réseaux sociaux. Et encore moins de smartphone permettant de consulter en quelques secondes un serveur situé à l'autre bout du monde. Il fallait d'abord construire la porte d'entrée.

En 1996, un jeune ingénieur réseaux et télécommunications rejoint l'ONATEL et participe à la réalisation du Nœud national d'accès à Internet FasoNet. Son nom : Ali Drissa Badiel. Trois décennies plus tard, le même ingénieur travaille à une tout autre échelle : quinze pays de la CEDEAO, quarante-quatre pays d'Afrique subsaharienne pour certains dossiers techniques, des gouvernements, des régulateurs, des opérateurs et des organisations régionales. Entre ces deux époques se dessine une partie de l'histoire du numérique africain.

Avant Internet, les mathématiques et la physique

Le numérique n'est pourtant pas le point de départ. Ce sont d'abord les sciences fondamentales. Après ses études secondaires scientifiques à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, Ali Drissa Badiel poursuit son cursus à l'Université de Ouagadougou. Mathématiques. Physique. Il obtient un DEUG, puis une licence et une maîtrise de physique pure. En 1990, il décroche également le troisième prix aux Olympiades de mathématiques de l'Université de Ouagadougou. Puis viennent les télécommunications.

Après une première année d'ingénierie à l'École nationale supérieure des télécommunications de Bretagne, il poursuit sa formation à l'Institut national des télécommunications d'Évry, aujourd'hui Télécom SudParis. En 1996, il en sort ingénieur des télécommunications, option réseaux informatiques. Cette année-là correspond aussi au début d'une aventure qui dépasse largement sa trajectoire personnelle.

1996 : construire la porte d'entrée du Burkina sur Internet

De novembre 1996 à octobre 1999, Ali Drissa Badiel travaille comme ingénieur réseaux et télécommunications au département des services informatiques de l'ONATEL. Son CV mentionne explicitement sa participation à la réalisation du Nœud national d'accès à Internet FasoNet. Il en assure ensuite l'administration et la maintenance : routeurs, serveurs d'accès, Web, courrier électronique, DNS, authentification et support aux utilisateurs.

Pour comprendre l'importance de cette période, il faut oublier quelques instants l'Internet d'aujourd'hui. Un pays qui entre dans l'ère Internet doit disposer d'infrastructures capables de connecter ses utilisateurs aux réseaux mondiaux. Il faut des équipements. Des serveurs. Des routeurs. Des liaisons internationales. Des compétences pour administrer le tout. Et des ingénieurs capables d'intervenir lorsque quelque chose ne fonctionne plus. Ali Drissa Badiel fait partie de ceux qui travaillent alors dans ces coulisses techniques. Le Burkina commence à se connecter.

Après Ouagadougou, Bobo-Dioulasso

Mais une porte nationale ne suffit pas. Encore faut-il étendre progressivement l'accès. Dans le cadre de l'Initiative Internet pour l'Afrique, cofinancée par le PNUD et le Burkina Faso, Ali Drissa Badiel représente l'ONATEL comme chef de projet. Il participe à la rédaction du cahier des charges puis supervise et contribue à la réalisation du nœud FasoNet de Bobo-Dioulasso, ainsi que du Centre d'étude et de formation aux technologies de l'information (CEFTI) à l'École nationale des télécommunications.

La logique est déjà celle qui accompagnera toute l'histoire de la connectivité nationale : ne pas concentrer Internet dans un seul point. Le faire circuler. Le rapprocher progressivement des territoires.

Koudougou, Ouahigouya, Fada, Kaya…

Au début des années 2000, Ali Drissa Badiel prend davantage de responsabilités à l'ONATEL. D'abord chef du département des Services informatiques, puis chef du département Maintenance et Développement informatique, il pilote des projets IP et réseaux et participe à l'administration du backbone Internet FasoNet.

Un backbone est littéralement une colonne vertébrale. Dans un réseau informatique, c'est l'infrastructure principale sur laquelle viennent se connecter d'autres réseaux. Faire grandir Internet au Burkina suppose donc de renforcer cette colonne vertébrale. Son CV mentionne la conception et la réalisation de nœuds Internet régionaux à Koudougou, Ouahigouya, Fada N'Gourma et Kaya. Il participe également à la mise en place de connectivités Internet par satellite VSAT à Bobo-Dioulasso, Kaya, Ouaga-ZAD, Koupèla, Banfora et Dédougou. Derrière cette liste de villes se dessine une carte. Celle d'un Internet qui commence progressivement à sortir de son point d'entrée initial.

Préparer la génération suivante des réseaux

À mesure que les usages augmentent, les réseaux doivent évoluer. Entre 2005 et 2007, Ali Drissa Badiel devient chef de projet du backbone IP/MPLS de l'ONATEL. Il réalise l'étude de faisabilité, participe à la rédaction du cahier des charges avec SOFRECOM et au processus de sélection du fournisseur. Le réseau envisagé doit permettre de proposer de nouveaux services : réseaux privés virtuels, télévision sur IP, vidéo à la demande, voix sur IP.

Il doit surtout devenir le cœur de réseau des futures infrastructures IP de nouvelle génération de l'ONATEL (NGN IP). Nous sommes au milieu des années 2000. La transformation est déjà en cours. Internet n'est plus seulement un service supplémentaire des télécommunications. Le protocole IP est en train de devenir le langage autour duquel convergent progressivement de nombreux services.

Construire les réseaux, mais aussi ceux qui les feront vivre

Une autre dimension traverse ces années : l'enseignement. Ali Drissa Badiel ne conserve pas son expertise uniquement dans les salles techniques de l'ONATEL. De 1997 à 2007, il enseigne la téléinformatique — Internet et réseaux informatiques — à l'École nationale des télécommunications (ENT). Il intervient également comme enseignant vacataire à l'ISIG (actuelle Université Aube Nouvelle), à l'Institut supérieur de génie électrique (ISGE) et à l'Institut supérieur de technologies (IST) de Ouagadougou.

Le geste est important. Une infrastructure numérique ne repose jamais uniquement sur des câbles et des équipements. Elle repose sur des femmes et des hommes capables de les comprendre, de les administrer, de les réparer et de les faire évoluer. Construire l'Internet, c'est donc aussi former ceux qui construiront la suite.

Très tôt, la question dépasse les frontières du Burkina

À mesure que son expertise se développe, Ali Drissa Badiel entre également dans les espaces où se discutent les règles et l'architecture de l'Internet mondial. Dès 2000, il participe à des rencontres de l'ICANN, l'organisation qui joue notamment un rôle central dans la coordination mondiale des noms de domaine et des adresses Internet. Les rencontres se succèdent : Le Caire, Cape Town, Yokohama, Marina del Rey, Melbourne, Stockholm, Shanghai, Montréal, Carthage, Kuala Lumpur…

Il participe également aux travaux d'AfriNIC, le registre régional chargé des ressources Internet pour l'Afrique. En 2005, il est élu chargé de liaison de l'AfTLD auprès du ccNSO de l'ICANN. En janvier 2007, il est élu représentant d'AfriNIC au sein de la Number Resource Organization (NRO). Le changement d'échelle est considérable. Quelques années auparavant, il travaillait sur le nœud national FasoNet. Le voilà désormais dans les espaces où se discutent les ressources qui permettent à Internet lui-même de fonctionner à l'échelle mondiale.

Quand l'ingénieur burkinabè travaille sur l'e-gouvernance africaine

Son expertise est également sollicitée sur des projets continentaux. En 2004, l'Union internationale des télécommunications l'engage comme consultant et expert pour une étude de faisabilité portant sur un réseau satellitaire d'e-gouvernance basé sur IP. L'objectif : étudier l'interconnexion de l'Union africaine, à Addis-Abeba, avec 26 de ses démembrements en Afrique, en Europe et aux États-Unis. Il effectue dans ce cadre des missions auprès de l'Union africaine et rencontre aux États-Unis des opérateurs de télécommunications satellitaires.

En 2006, l'Union africaine l'engage également pour étudier le volet IP d'un projet d'espace unifié de numérotation en Afrique. L'ingénieur FasoNet est devenu expert des réseaux africains.

2007 : une nouvelle étape avec l'UIT

En 2007, Ali Drissa Badiel rejoint une autre dimension de sa carrière. Il devient Conseiller principal auprès du Directeur régional de l'Union internationale des télécommunications (UIT) pour l'Afrique subsaharienne. Son champ d'intervention couvre alors quarante-quatre pays et porte notamment sur les réseaux large bande, les réseaux IP, les applications TIC et la cybersécurité. Lire la suite

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Crash Air Algérie au Mali : Swiftair écope d'une amende de 225 000 euros, l'AFAVIC salue le verdict

Mon, 28/09/2026 - 23:26

Le procès sur le crash dans la nuit du 24 juillet 2014 de l'avion d'Air Algérie, avec à son bord 116 personnes, a rendu son verdict ce lundi 28 septembre 2026 devant le Tribunal correctionnel de Paris. La compagnie Swiftair, propriétaire du MD-83, a été condamnée à la peine maximale de 225 000 euros d'amende par le Tribunal correctionnel pour homicides involontaires. Joint au telephone par notre media, Me Halidou Ouédraogo, président de l'Association des familles des victimes (AFAVIC) se dit satisfait du verdict.

Le Tribunal correctionnel de Paris a condamné Swiftair à 225 000 euros d'amende, soit la peine encourue, pour homicides involontaires, relaient plusieurs médias internationaux. Joint au téléphone, Me Halidou Ouédraogo, président de l'Association des familles des victimes (AFAVIC) note une satisfaction du verdict. "L'AFAVIC est en tout cas satisfaite de ce jugement parce qu'il a repris dans la grosse, tous les arguments que nous avions avancés : la négligence des appreteurs de l'avion Air Algérie, la responsabilité totale de Swiftair... C'est ce qui a été donné par l'association AH 5017 Agir ensemble en France. Au niveau de l'AFAVIC nous sommes vraiment satisfaits. On va prendre attache avec Agir ensemble pour voir la suite de cette affaire" a-t-il indiqué.

Pour rappel, « en pleine nuit, l'avion traversait une zone orageuse. Le système d'antigivrage n'ayant pas été activé, des cristaux de glace se sont formés dans des capteurs de pression, provoquant la décélération automatique des moteurs. L'équipage n'a pas réagi de manière appropriée, ce qui a conduit au décrochage fatal. La boîte noire n'a pas pu être exploitée. Appuyée sur des expertises, l'accusation a souligné que le commandant de bord avait manqué une séance obligatoire de remise à niveau consacrée précisément à l'antigivrage. Lui et sa copilote étaient des pilotes ‘'saisonniers'', sortant de plusieurs mois d'inactivité. La défense de Swiftair avait contesté la solidité du dossier constitué par les enquêteurs français. Ces derniers ont pourtant mis en évidence des manquements de la compagnie comme cause directe de l'accident, à rebours de la justice espagnole, qui a rendu un non-lieu », fait savoir H24 info, rappelant que le vol AH5017, qui reliait Ouagadougou à Alger, transportait plusieurs nationalités, dont 54 Français et 23 Burkinabè, ainsi que des Libanais et des Algériens. Le crash n'a laissé aucun survivant.

Les juges ont, selon le média, estimé que des négligences dans la formation et l'entraînement de l'équipage avaient contribué de façon certaine au terrible accident. En mars, à l'issue de trois semaines de débats, le Parquet avait déjà réclamé la peine maximale contre la société espagnole, qui avait loué l'appareil et son équipage à Air Algérie.

Lefaso.net.

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RAFFINOR-BF : 11 milliards FCFA pour transformer l'or au Burkina Faso

Mon, 28/09/2026 - 23:25

Le Burkina Faso a inauguré, lundi 28 septembre 2026 à Ouagadougou, sa première raffinerie d'or, dénommée RAFFINOR-BF. Présidée par le chef de l'État, le capitaine Ibrahim Traoré, cette cérémonie marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de souveraineté minière et de transformation locale des ressources.

Implantée dans l'arrondissement 12 de la capitale sur un site de cinq hectares, l'unité comprend notamment une fonderie, un laboratoire d'analyses, des espaces de stockage, une bijouterie et des bureaux administratifs. Dotée d'installations automatisées et fermées, elle doit produire de l'or fin titré à 99,9%.

La première phase prévoit une capacité théorique de raffinage de 164 tonnes par an. Une extension ultérieure pourrait porter cette capacité à 515 tonnes annuelles. Le projet, financé à hauteur de 11 milliards FCFA, a été soutenu principalement par l'État burkinabè via la SONASP, avec l'appui de partenaires privés.

Les autorités entendent faire du secteur minier un levier d'industrialisation, d'emplois et de développement local. Après l'inauguration, le président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré et les autorités présentes ont assisté au raffinage des premiers lingots.

Lefaso.net
Source : Page Facebook du ministère de l'énergie

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81e AG de l'ONU : "Nous ne demandons à personne la permission d'exister" Karamoko Jean Marie Traoré

Mon, 28/09/2026 - 23:24

Devant la 81ᵉ Assemblée générale de l'ONU, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a pris la parole le 28 septembre 2026 au nom de la Confédération des États du Sahel (AES), qui réunit le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Saluant la mémoire des victimes du terrorisme, il a dénoncé des soutiens étatiques aux groupes armés et appelé la communauté internationale à enquêter et à condamner ceux qui les financent. Reprenant le thème de la session sur la confiance, il a fustigé les « doubles standards » de l'Organisation et justifié le retrait des trois pays de la Cour pénale internationale. Il a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité et de l'architecture financière mondiale, ainsi que pour la levée des sanctions unilatérales. À titre national, il a vanté les progrès économiques et sécuritaires du Burkina Faso, affirmant que plus de 74 % du territoire est sous contrôle. L'intégralité de son discours ci-après

Monsieur le Président,.Excellences, Mesdames et Messieurs,

J'ai l'insigne honneur de porter, depuis cette tribune, la voix de Leurs Excellences Le camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l'État et Président de la Confédération des États du Sahel (AES) ; Le Général d'Armée Assimi GOITA Président de la Transition, Chef de l'Etat de la République du Mali et Le Général d'Armée Abdourahamane TIANI, Président de la République du Niger, Chef de l'Etat.

En leurs noms, la Confédération des États du Sahel vous adresse, Monsieur le Président, ses chaleureuses félicitations pour votre élection à la présidence de la 81ᵉ session. Elle vous formule ses vœux de succès dans l'accomplissement de votre mandat et s'associe à la fierté du peuple ami de Bangladesh. À Son Excellence Madame Annalena BAERBOCK, nous réitérons notre positive appréciation pour la conduite avec dextérité, des travaux de la 80ᵉ session.

Monsieur le Président,
C'est avec le cœur habité par la mémoire de milliers d'enfants, de femmes et d'hommes du Burkina Faso, du Mali et du Niger, innocentes victimes du terrorisme, que je prends la parole. Mais c'est aussi avec la fierté tirée de la résilience des populations du Sahel, et de l'espoir porté par la bravoure des forces de défense et de sécurité de la Confédération, ainsi que du rôle crucial joué par les Volontaires pour la défense de la patrie que je suis commis à la mission noble de porter cette déclaration.

Aussi, voudrais-je avoir une pensée pieuse aux familles endeuillées, aux communautés meurtries et à toutes celles et tous ceux dont la vie a été affectée par la barbarie terroriste.

Depuis plus d'une décennie, cette violence aveugle est entretenue, armée, financée et instrumentalisée par des réseaux criminels et leurs soutiens, déterminés à soumettre le Sahel par la peur. Mais qu'ils l'entendent ici : ils n'y parviendront pas.

Je m'incline avec un profond respect devant la mémoire des forces de défense et de sécurité de la Confédération des Etats du Sahel, nos volontaires pour la défense de la patrie et toutes nos forces patriotiques tombés sur le champ d'honneur.

En évoquant leur mémoire, j'ai une pensée pieuse pour le Général d'Armée Sadio CAMARA lâchement assassiné le 25 avril 2026 pour son engagement pour la paix au Mali et au Sahel.

Le sacrifice suprême que nos héros ont consenti est la semence de liberté, de justice et de souveraineté auxquelles aspirent nos peuples opprimés. Il est la source nourricière quotidienne de notre détermination collective à reconquérir l'intégrité de nos territoires, à défendre notre dignité et à garantir notre droit sacré de vivre libres, en paix et en sécurité.

Au peuple de la Confédération des Etats du Sahel, y compris sa diaspora, je rends un hommage appuyé et leur renouvelle ma fierté. Le courage, la résilience, l'engagement et la mobilisation dont ils font preuve chaque jour, en soutien aux efforts des Chefs d'État de la
Confédération AES, demeurent le centre de gravité de notre marche vers la souveraineté, la stabilité et le développement.

À tous les peuples d'Afrique et du monde qui partagent notre lutte et qui se reconnaissent dans l'idéal de paix, de dignité et de liberté, porté par la Confédération AES, je réitère ma gratitude.

Monsieur le Président,
La dynamique confédérale engagée et assumée par nos États, loin d'être un isolement, est la traduction du refus de la fatalité et de la tutelle chronique ainsi que du rejet de l'indignation sélective devant le drame humain. Elle est le signe de la volonté partagée de nos États, de sortir du cercle vicieux de la domination structurelle et de l'exploitation profondément enracinées dans les relents colonialistes et néocolonialistes. Elle porte en elle l'espérance de la renaissance du Sahel central, longtemps étiqueté sous tous les qualificatifs dévaluants.

La nouvelle marche engagée depuis le 16 septembre 2023 par l'adoption de la Charte du Liptako-Gourma, consolidée par la création de la Confédération des États du Sahel le 06 juillet 2024, a dévoilé un nouvel horizon pour les peuples de l'AES.

Chaque pan de territoire reconquis, chaque base terroriste détruite, chaque combat gagné sur les forces du mal, chaque école réouverte, chaque village réinstallé, chaque réforme initiée, nous rapproche de ce nouvel horizon défendu avec détermination par le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE, Le Général d'Armée Assimi GOITA et le Général d'Armée Abdourahamane TIANI.

Sous leur leadership éclairé, contre vents et marrées, l'Alliance des États du Sahel s'affirme chaque jour en prenant en main et en assumant son destin. Un destin de dignité, de prospérité, de liberté et de justice.

Elle s'affirme grâce à la mobilisation d'un peuple sur un espace commun pour un destin partagé : « Un peuple, un espace, un destin » : cette devise guide chacune de nos actions et s'incarne dans l'opérationnalisation de la Force unifiée de la Confédération, tout comme elle s'incarne dans la création de la Banque Confédérale pour l'Investissement et le Développement. Elle s'incarne dans la consolidation des relations entre l'ensemble des institutions des pays de l'AES, tout comme elle s'incarne dans le renforcement des liens historiques séculaires entre les communautés et les forces vives de notre espace. Enfin, cette devise vit dans la cohésion diplomatique des trois Etats, illustrée, de la plus belle des manières, par le présent discours prononcé au nom des Etats de la Confédération AES, au nom des Peuples de la Confédération AES et au nom de la Diaspora de la Confédération AES.

Monsieur le Président,
L'AES salue le choix du thème de la présente session : « Reconstruire la confiance, gérer la transformation : une Organisation pour tous ».

En lui tout seul, ce thème est un aveu indéniable : l'aveu d'une confiance érodée entre les membres du fait des doubles standards, des positions partiales, de l'injustice institutionnalisée, de l'instrumentalisation des institutions et des procédures ; l'aveu que notre Organisation peine à s'adapter aux changements pourtant flagrants, d'un monde en constante évolution ; et l'aveu de reconnaissance que notre organisation, hélas, n'est plus pour tous, mais appartient davantage à des acteurs choisis selon leur puissance et leurs intérêts.

Les couplets d'espoir déclinés dans la Charte des Nations Unies et faisant l'éloge de la paix, sont méprisés, le droit international martyrisé et torturé par des membres dont la propension à la domination, au néocolonialisme et à l'hégémonie est sans appel.

Oui il faut reconstruire la confiance ; c'est une ambition que nous partageons. Mais cela suggère que notre Organisation cesse d'être le porte-voix ou le faire-valoir de quelques puissances pour devenir la maison commune des peuples, égaux en dignité, égaux en droits et égaux en souveraineté. C'est à la lumière de cette exigence, et de ce qui se joue au Sahel, que nous prenons part à ces délibérations.

Pour la Confédération des États du Sahel, reconstruire la confiance rime impérativement avec l'arrêt immédiat des soutiens étatiques aux terroristes, car le terrorisme ne saurait continuer à être un instrument de la politique étrangère de certaines puissances.

La Confédération des États du Sahel n'est pas confrontée à une simple addition de groupes terroristes isolés. Nous faisons face à une entreprise persistante de déstabilisation, soutenue par des moyens considérables et orientée contre le droit de nos peuples à vivre en paix, à choisir leurs dirigeants, à disposer de leurs ressources et à exercer pleinement leur souveraineté.

Les attaques terroristes, notamment celles perpétrées les 25 avril et 04 juillet 2026 en République du Mali ; le 18 juin et les 29 et 30 août 2026 en République du Niger, illustrent parfaitement ce constat.

Disons-le sans détour : les chaînes d'approvisionnement, les capacités techniques et l'emploi coordonné de tels moyens conventionnels ne naissent pas du néant. Derrière le bras meurtrier du terroriste se dessinent des soutiens structurés, y compris étatiques, mus par la volonté de reconquérir des avantages et des privilèges perdus. Nous demandons à la communauté internationale de regarder les faits en face, d'enquêter avec sérieux et de condamner, sans calcul géopolitique, tous ceux qui financent, arment, renseignent ou protègent les terroristes. Le silence, face à de tels agissements, n'est plus de la prudence, mais une complicité.

Monsieur le Président,
Reconstruire la confiance rime également avec le respect strict de la souveraineté des États ; il rime avec le développement du partenariat et non de l'asservissement ; il rime avec une justice affranchie des velléités néocolonialistes. Toute chose contraire à l'instrumentalisation de certains mécanismes internationaux de défense des droits humains à des fins de pression politique contre nos pays, tel le rôle mal choisi par le Parlement européen pour justifier une éventuelle offensive néocoloniale à travers ses résolutions mal fondées contre le Sahel.

Monsieur le Président
La confiance ne peut renaître dans une Organisation qui invoque le droit pour les uns et tolère l'arbitraire pour les autres, qui exige des faibles ce qu'elle n'ose pas demander aux puissants.

La promotion et la protection des droits fondamentaux constituent, pour nos États, une responsabilité pleinement assumée. Nous l'exerçons dans un contexte de violence extrême imposée à nos populations par des terroristes. Lorsque nos États adoptent des mesures
exceptionnelles, strictement encadrées par leurs législations nationales et leurs obligations internationales, ils agissent pour protéger les populations, préserver l'ordre public et garantir la sécurité nationale. Car le premier droit humain est le droit à la vie ; la première liberté d'un peuple est de ne pas vivre sous la terreur.

Nous constatons que ces mesures font trop souvent l'objet de lectures partielles et sélectives, sans considération suffisante pour les réalités du terrain. La Confédération réaffirme son attachement à un traitement impartial, objectif et non sélectif des droits humains. Elle appelle à un dialogue fondé sur le respect mutuel, la bonne foi et la rigueur des faits. Nous acceptons l'examen impartial et objectif ; en revanche nous rejetons le procès politique. Oui pour le respect du droit ; mais nous refusons son instrumentalisation.

C'est précisément en raison de manquements graves, d'une sélectivité persistante et d'une politisation devenue manifeste que nos États ont souverainement décidé de se
retirer de la Cour pénale internationale et ont formellement notifié leur retrait du Statut de Rome.

Justice internationale, oui ; justice à géométrie variable, non. La Confédération demeure attachée à des institutions multilatérales indépendantes, impartiales et crédibles.

Monsieur le Président,
La Confédération des États du Sahel s'érige contre la domination, l'exploitation et le mépris.
Elle adhère à la vision d'une Afrique réhabilitée dans sa dignité, qui choisit sa propre voie, qui s'assume, qui s'émancipe des contraintes et des pesanteurs d'autrefois, pour être maitresse de son destin.

À cet égard, la Confédération des États du Sahel salue l'adoption, le 25 mars 2026, par l'Assemblée générale des Nations Unies, de la résolution reconnaissant la traite
transatlantique des Africains réduits en esclavage et le système d'asservissement racial comme le crime le plus grave contre l'humanité. C'est le lieu de réitérer nos vives
félicitations aux plus Hautes autorités de la République du Ghana et à l'ensemble des communautés afrodescendantes qui ont porté ce dossier avec le soutien de tous, pour franchir ce pas décisif vers la justice.

Cette reconnaissance historique, inscrite dans une marche noble, doit ouvrir la voie à la vérité, à la mémoire, aux réparations et à une transformation réelle des rapports internationaux hérités de l'esclavage et de la colonisation.

C'est également le lieu de saluer la récente adoption, il y a à peine trois semaines, le 04 septembre dernier, de la résolution A/80/L.104, visant à redonner sa grandeur naturelle à l'Afrique après plusieurs siècles de sous- estimation et de minimisation de la taille de notre cher continent. Nous félicitions les plus Hautes Autorités de la République togolaise pour avoir porté, avec dextérité, la mission qui lui a été confiée dans le cadre du plaidoyer ayant permis cette victoire légitime.

Monsieur le Président,
Sur le chapitre de la paix et de la sécurité internationale, notre monde reste confronté à la multiplication des conflits armés, à l'émergence de nouvelles crises et au retour de la loi du plus fort. Les approches unilatérales, les sanctions hors du droit, les interventions sélectives et les doubles standards fragilisent l'ordre international et mettent à rude épreuve le système multilatéral.

La Confédération AES appelle à la cessation immédiate des violences contre les populations civiles, à un accès humanitaire sans entrave et à une solution politique juste et durable. L'incapacité du Conseil de sécurité à prévenir ou à résoudre durablement ces crises révèle les limites d'un système qui protège trop souvent les intérêts de puissances au détriment de la vie humaine.

Sur le chapitre du développement, la Confédération demeure préoccupée par l'aggravation des vulnérabilités climatiques, la multiplication des crises humanitaires, et l'utilisation malveillante des technologies de l'information et de l'intelligence artificielle à des fins de manipulation et de déstabilisation. Les conclusions du Forum politique de haut niveau de juillet 2026 confirment que la communauté internationale demeure éloignée des Objectifs de développement durable. À quatre années de l'échéance de 2030, le temps n'est plus aux déclarations rituelles : il est à l'action, au financement équitable et à la justice économique.

Face à ces défis, des réponses collectives, ambitieuses et solidaires s'imposent. Le Pacte pour l'avenir, le Compromis de Seville, le Programme d'action de Doha, l'initiative UN80 et le Programme d'action d'Awaza pour les Pays en développement sans littoral peuvent contribuer à rendre le système multilatéral plus efficace, plus inclusif et davantage orienté vers les résultats, à condition qu'ils ne restent pas des promesses. Nos priorités doivent être clairement définies : réduire la fracture numérique, renforcer la résilience climatique, investir dans le capital humain, consolider les systèmes de santé et d'éducation, soutenir l'industrialisation, assurer la participation effective des jeunes et des femmes aux décisions. La solidarité internationale est nécessaire ; mais l'expérience de l'AES démontre aussi que la mobilisation des ressources internes, appuyée sur la confiance, la solidarité nationale et la participation citoyenne, est le premier levier de la libération économique.

Monsieur le Président,
La Confédération des États du Sahel soutient les efforts engagés dans le cadre de l'Initiative UN80, convaincue que notre Organisation doit connaître une profonde mue pour répondre aux défis contemporains. Mais la réforme ne saurait être un prétexte pour réduire davantage la présence des Nations Unies dans les pays. Elle doit être politique, démocratique et courageuse dans les redistributions des voix, des responsabilités et des pouvoirs.

La réforme du Conseil de sécurité ne peut plus attendre. Elle doit renforcer la transparence et la redevabilité, mettre fin aux doubles standards, adapter l'Organe à la réalité géopolitique. La Confédération AES réaffirme réitère son soutien au Consensus d'Ezulwini et à la Déclaration de Syrte.

La crédibilité de l'Organisation des Nations Unies dépendra de sa capacité à faire respecter, avec la même rigueur et sans distinction, la Charte, le droit international et l'égalité souveraine des États. Dans cet esprit, la Confédération AES réitère son appel à la levée de toutes les mesures coercitives unilatérales contraires au droit international, y compris l'embargo imposé à la République de Cuba. La réforme de la gouvernance mondiale doit également transformer l'architecture financière internationale : représentation plus équitable des pays en développement dans les institutions financières internationales, traitement juste de la dette, accès réel aux financements du développement, commerce international plus équitable et respect des priorités nationales.

Monsieur le Président,
La Confédération AES demeure résolument engagée à œuvrer, aux côtés de tous les États membres des Nations Unies, à l'avènement d'un ordre international plus juste, plus équitable et plus solidaire, fondé sur la dignité des peuples, l'égalité souveraine des États, la justice internationale et le règlement pacifique des différends. Mais notre coopération ne sera jamais synonyme de soumission, et notre ouverture ne signifiera jamais l'abandon de nos intérêts vitaux.

C'est à cette condition seulement que nous pourrons restaurer la confiance entre les Nations, rendre sa crédibilité à notre Organisation et offrir aux générations présentes et futures un monde plus sûr, plus prospère et plus respectueux des aspirations de tous les peuples.

Nous ne demandons à personne la permission d'exister. Nous ne sollicitons de personne un certificat de souveraineté. Nous avançons, unis et debout, parce que notre cause est juste et parce que notre avenir nous appartient.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation, Mesdames et Messieurs,
A titre national, je voudrais maintenant porter à l'attention de notre auguste Assemblée quelques considérations sur la situation de mon pays.

Le Burkina Faso s'est engagé dans une dynamique de transformation profonde, portée par la Révolution progressiste populaire. À l'heure où nous nous apprêtons à en commémorer le quatrième anniversaire, nous pouvons, avec responsabilité et lucidité, relever les avancées enregistrées dans plusieurs domaines de la vie nationale.

Sur le plan économique, le Burkina Faso poursuit résolument ses efforts en faveur d'une transformation structurelle de son économie et d'un développement davantage fondé sur ses propres potentialités. En synergie avec les autres États membres de la Confédération des États du Sahel, notre pays œuvre à renforcer ses capacités productives, à valoriser ses ressources nationales et à promouvoir davantage la transformation locale de nos matières premières.

Dans les secteurs de l'agriculture et de l'industrie notamment, des initiatives présidentielles importantes sont mises en œuvre afin de stimuler la production nationale, de créer des emplois et de renforcer la participation de nos populations à l'activité économique.

Sous le leadership du Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, le Burkina Faso a fait le choix de placer le peuple au cœur de toute dynamique, en encourageant la création de nouvelles unités de production et de transformation et en favorisant une meilleure valorisation de nos ressources. À travers des initiatives porteuses d'espoir, notamment les six grandes initiatives présidentielles, notre économie se dynamise et se consolide progressivement.

Notre ambition est de fortifier les bases d'un développement endogène, durable et inclusif, tout en poursuivant la refondation profonde de notre société et le renforcement de notre souveraineté économique.

Cette transformation concerne également les infrastructures, dont le développement accompagne progressivement la dynamique de modernisation et de transformation structurelle de notre économie.

Le Plan RELANCE 2026-2030 constitue, à cet égard, un cadre majeur pour consolider cette orientation et accompagner les mutations engagées dans notre pays.

En comptant d'abord sur nos propres forces, en faisant le choix d'exploiter et de transformer localement nos ressources, nous entendons créer davantage de valeur au sein de notre économie et faire en sorte que les richesses de notre pays bénéficient prioritairement à nos populations.

Sur le plan sécuritaire, le Burkina Faso, en coordination avec les pays de notre confédération, poursuit ses efforts en vue de restaurer durablement la paix, la sécurité et la cohésion sociale sur l'ensemble de son territoire.

Plus de 74 %du territoire national sont désormais sous son contrôle. Nos Forces de défense et de sécurité, ainsi que nos Volontaires pour la défense de la Patrie, poursuivent leurs opérations contre les groupes terroristes et les bandes criminelles.

Ces évolutions se traduisent notamment par la reconquête de plusieurs villages et localités, le retour progressif de milliers de personnes dans leurs lieux de résidence, la réouverture de dizaines d'établissements scolaires, ainsi que la reprise des activités dans plusieurs centres de santé et la réinstallation progressive de l'administration.

Ces avancées qui ne cessent de se consolider, sont le fruit des efforts et des sacrifices consentis par notre peuple, ainsi que de l'engagement de l'ensemble des acteurs mobilisés pour le rétablissement de la paix et de la sécurité.

Monsieur le Président,
Au Moyen-Orient, nous demeurons particulièrement préoccupés par la situation du peuple palestinien et les souffrances endurées par les populations civiles de Gaza. Face à cette tragédie, le Burkina Faso réaffirme son attachement à une solution politique durable fondée sur la coexistence de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte -à -côte dans la paix et la sécurité, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations Unies.

Sur un autre registre, le Burkina Faso demeure préoccupé par les conséquences des mesures coercitives unilatérales imposées à certains États, notamment à Cuba et au Nicaragua, dont les répercussions affectent durement les populations. Nous appelons, à cet égard, à privilégier le dialogue, la coopération et le respect mutuel entre les États.

S'agissant de la question du Sahara occidental, le Burkina Faso, fidèle aux principes consacrés par la Charte des Nations Unies, réaffirme son attachement au processus politique conduit sous les auspices du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies.

Nous encourageons la poursuite des efforts visant à parvenir à une solution politique négociée entre parties, conformément aux résolutions pertinentes Conseil de sécurité.

Tout autant nous réaffirmons notre attachement principe d'une seule Chine.

Monsieur le Président,
À travers ces différentes considérations, le Burkina Faso voudrait réaffirmer une conviction essentielle : notre Organisation ne pourra répondre pleinement aux défis de notre temps que si elle demeure fidèle aux principes qui ont présidé à sa création.

Nous demeurons convaincus que, par le dialogue, la solidarité et la détermination, les Nations Unies ensemble avec nos peuples peuvent surmonter les épreuves auxquelles ils sont confrontés et construire les fondements d'un avenir de paix, de dignité et de prospérité partagée.

Un peuple - Un espace - Un destin.
Vive la Confédération des Etats du Sahel debout
Vive le Sahel debout.
Vive L'Afrique unie.
La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons !

Je vous remercie.

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