À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement célébrée le 5 juin 2026, Orange Burkina Faso a lancé la réalisation d'un jardin botanique au Musée national, à Ouagadougou. Aménagé sur une superficie de 1,7 hectare, cet espace accueillera près de mille plantes et un parcours sportif. Cette initiative, menée en partenariat avec le Musée national, traduit l'engagement de l'entreprise en faveur de la préservation de la biodiversité et de la sensibilisation environnementale.
À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, célébrée chaque année le 5 juin, Orange Burkina Faso, à travers sa plateforme Orange Engage for Change, a entamé la construction de ce jardin botanique au profit du musée national.
Les employés d'Orange Burkina Faso ont planté environ 1 000 plantes médicinales sur le site du futur jardin botanique.Prévu sur un espace aménagé de 1,7 hectare, le jardin accueillera près de mille plantes, comprenant des espèces médicinales, des plantes de savane ainsi que de nombreuses espèces végétales africaines. Un parcours sportif y sera également aménagé au bénéfice des visiteurs du musée.
La cérémonie de lancement a mobilisé des dizaines de collaborateurs et salariés de Orange Burkina Faso, qui ont procédé à la plantation des premiers arbres sur le site.
« Ce projet est bien plus qu'un simple espace vert. Il constitue un lieu de conservation, d'éducation et de sensibilisation. Il contribuera à la préservation de notre patrimoine végétal et de notre biodiversité, tout en offrant aux jeunes générations l'opportunité de mieux connaître les richesses naturelles de notre pays et de développer une conscience écologique indispensable pour relever les défis environnementaux de demain », a déclaré la directrice de la stratégie, de la transformation et de la responsabilité sociétale de Orange Burkina Faso, Alimata Touré.
La directrice de la stratégie, de la transformation et de la responsabilité sociétale d'Orange Burkina Faso, Alimata Touré, a indiqué que cette action contribuera à la préservation du patrimoine végétal.Elle a indiqué que cette initiative illustre la volonté de l'entreprise de télécommunications de renforcer son engagement et sa responsabilité en matière de protection de l'environnement.
« C'est un engagement de tous les ans que nous renouvelons aujourd'hui. Seulement, la particularité d'aujourd'hui, c'est que nous le faisons en partenariat avec le musée national que nous accompagnons avec notre fondation Orange, pour faire un certain nombre de réhabilitations dans le musée, dont la construction du jardin botanique », a-t-elle confié.
L'activité du 5 juin 2026 a enregistré la présence de nombreuses autorités coutumières, du directeur général du Musée national, Sabari Christian Dao, ainsi que du représentant du ministre de la communication, de la culture, des arts et du tourisme, Marcel Saba.
Marcel Saba, représentant du ministre chargé de la culture, a rappelé l'importance de la création du jardin botanique, qui renforcera davantage la vocation éducative et environnementale du musée national.Porteur du message du ministre, Marcel Saba, également chargé de mission au sein du département, a rappelé l'importance de ce jardin botanique, qui contribuera à renforcer la vocation éducative et environnementale du musée national tout en offrant un cadre propice à la découverte de la biodiversité locale, des espèces végétales patrimoniales et des savoirs traditionnels liés à leur utilisation.
« Je voudrais adresser mes sincères remerciements à Orange Burkina Faso pour cette initiative qui traduit de façon concrète sa responsabilité sociétale et son attachement aux valeurs du développement durable au Burkina Faso. Chers camarades, le musée national est un lieu de transmission des savoirs, d'éducation, de sensibilisation et de dialogue entre les générations », a-t-il souligné.
Pour sa part, le directeur général du Musée national du Burkina Faso, Sabari Christian Dao, s'est réjoui du lancement des travaux du jardin botanique et du parcours sportif qui seront réalisés dans le cadre du partenariat entre son institution et Orange Burkina Faso.
Le directeur général du Musée national du Burkina Faso, Sabari Christian Dao, s'est réjoui du lancement de la construction du jardin botanique.« La tenue de cette cérémonie en ce 5 juin, journée mondiale de l'environnement, confère à cette initiative une portée particulière. Elle nous rappelle que la préservation de notre environnement et la sauvegarde de notre patrimoine constituent des responsabilités partagées qui engagent notre génération envers celle de demain », a-t-il affirmé.
Pour rappel, depuis 2024, Orange Burkina Faso organise des activités d'impact à travers le concept « engage for change », avec pour objectif de contribuer à la réduction de l'empreinte carbone dans l'environnement. Cette initiative s'inscrit dans l'engagement environnemental du Groupe Orange, qui vise l'atteinte de la neutralité carbone à travers sa stratégie de réduction des émissions.
Jean Elysée Nikiéma (stagiaire)
Lefaso.net
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a accordé, le mardi 09 juin 2026, une audience à une délégation de la Fédération interafricaine des assureurs conseils (FIAC). Elle était conduite par son Président par intérim, Vakaramoko Samaké. La délégation est venue présenter au chef du gouvernement les enjeux de la 16e assemblée générale annuelle de la FIAC prévue du 10 au 13 juin 2026 à Ouagadougou.
Malaria Consortium est une organisation non gouvernementale à but non lucratif, intervenant dans la lutte contre le paludisme et d'autres maladies transmissibles auprès des populations vulnérables et défavorisées en Afrique et en Asie.
Sa mission est de sauver des vies et d'améliorer la santé, grâce à des programmes (fondés sur des preuves) qui combattent les maladies ciblées et favorisent la couverture sanitaire universelle.
Installé au Burkina Faso depuis 2014, Malaria Consortium apporte un appui au Secrétariat Permanent de lutte contre le Paludisme (SP/PALU) à travers le projet Chimio prévention du Paludisme Saisonnier (CPS) qui consiste à administrer des médicaments à but préventif aux enfants de moins de 5 ans pendant la saison de haute transmission (saison hivernale).
Afin d'assurer une meilleure coordination des activités du département Finance, il est lancé un appel à candidatures pour le recrutement d'un (01) Assistant Financier Permanent et de deux (02) Assistants Financiers Temporaires.
PROFIL SOUHAITÉ
• Être titulaire d'un diplôme BAC+2 minimum en finance, comptabilité, ou en économie et gestion ;
• Justifier d'au moins trois (03) années d'expérience dans un département financier, idéalement au sein d'une ONG ou d'un cabinet d'expertise comptable ;
• Disposer d'une expérience de travail ou de partenariat avec une institution étatique, notamment dans le cadre de projets de santé ou d'interventions en zones rurales ;
• Avoir une expérience dans la gestion des paiements mobiles de masse ;
• Posséder une bonne connaissance des bailleurs de fonds et de leurs exigences en matière d'information financière ;
• Avoir une connaissance de base de la fiscalité applicable aux ONG ainsi que du cadre de partenariat avec le gouvernement ;
• Avoir des notions de base en procédures de sélection des fournisseurs ;
• Avoir une bonne maîtrise du français (écrit et parlé) et de l'anglais (atout) ;
• Maîtriser les logiciels comptables ;
• Avoir une bonne compréhension des domaines d'intervention de Malaria Consortium ;
• Être engagé(e) envers la mission et les valeurs de Malaria Consortium.
Les candidats intéressés sont priés d'envoyer leurs dossiers via la plateforme du site web de Malaria Consortium :
Assistant Financier permanent 12 mois
Assistants Financiers temporaires 6 mois
Procédure de recrutement
• Présélection – Sélection - Test écrit
• Entretien oral
Date limite de dépôt des dossiers : 22 juin 2026 à 23 heures 59 minutes
NB : Les candidatures anticipées sont vivement encouragées. Seuls les candidats présélectionnés seront contactés pour la suite du processus de recrutement.
Le Directeur Pays de Malaria Consortium
Dans un communiqué en date du 9 juin 2026, la direction générale de la Société Nationale d'Électricité du Burkina (SONABEL) dénonce la circulation sur les réseaux sociaux d'un faux site internet de recrutement, qui utilise illégalement son identité visuelle et le modèle de sa plateforme officielle de recrutement. L'adresse de ce site frauduleux est sonabel-recr.netlify.app.
La SONABEL informe donc le public, et en particulier les candidats en quête d'emploi, qu'elle n'est en aucun cas associée à ce site internet frauduleux qui selon elle n'est rien d'autre qu'une tentative d'arnaque et de collecte illégale de données personnelles.
Elle rappelle que l'unique plateforme officielle et sécurisée pour les offres d'emploi et les dépôts de candidatures de la SONABEL est : https://recrutements.sonabel.bf.
" Méfiez-vous des intermédiaires : la SONABEL ne demande jamais de contrepartie financière, de frais de dossier ou de transferts d'argent (Orange Money, Moov Money, etc.) lors de son processus de recrutement ", préconise le communiqué.
Lefaso.net
– Sa Majesté Naaba Kiiba, Roi du Yatenga-– Les grandes familles de feu Rassam Naaba Lolga à Ouahigouya et Ouagadougou -– La famille de Feu Rassam Naaba Wobgo de Ouahigouya et Ouagadougou
– La famille de Feu Rassam Naaba Yemdé et famille à Ouagadougou et Ouahigouya -– La famille de Feu Ouedraogo Ouattinoma Amadé à Ouagadougou et Ouahigouya a-
– La famille de Feu Ouedraogo Rouniapingda Abdoulaye à Ouagadougou, Ouahigouya et à Bamako au Mali
– Ouédraogo François D'Assise, Ouédraogo Paul Rassam à Ouahigouya -– Adja Maiga Wendrata et famille à Ouahigouya
– OUEDRAOGO Emmanuel Wendso, El Hadj OUEDRAOGO Mahamadi, OUEDRAOGO BOUREIMA sergent à la retraite tous à Ouagadougou
– Docteur Ouedraogo Moussa, ses frères et sœurs à Ouagadougou, Ouahigouya et à Bamako au Mali
– Le Fadghuin Naaba de Tenkodogo,
– Les Grande Famille Ibriga et Balima à Ouagadougou, Tenkodogo, France et en Espagne
– Mme Ouédraogo née Ibriga Salamata , Ibriga Moussa, Ibriga Abdoulaye à Ouagadougou
– Les frères et Soeurs à Ouagadougou, Tenkodogo, Togo, France et Espagne-
– Son Epoux Dr Moussa Ouédraogo et enfants-
Ont la profonde douleur de vous annoncer le décès suite à une courte maladie le mardi 09 Juin 2026 à Ouagadougou de leur Epouse, mère, sœur, fille, cousine ; tante :
Mme OUEDRAOGO née BALIMA Assèta
La levée du corps est prévue le mercredi 10 Juin 2026 à 13h00 à la morgue de l'Hôpital Yalgado suivi du transfert au domicile Familiale.
L'enterrement est prévu à 14h00 au Cimetière de Toudoubweogo.
UNION DE PRIERES
Sa Majesté Fiimba, Chef de Canton de Pama
Les grandes familles SANGLI, THIOMBIANO, KOADIMA, KABORE, SISSAO, ZOUNGRANA, BOLY ;
Monsieur SANGLI Jean-Paul, ancien député à l'Assemblée Nationale,
Et Monsieur SANGLI Albert, entrepreneur ;
Les familles alliées et amies : BILA, TENKOUANO, KOULIDIATY, ZONGO, OUOBA, OUEDRAOGO, BONKOUNGOU, ZITKUM, SAWADOGO, KAMBIRE, GOMGNIMBOU, SANHOUIDI, LOMPO, ONADJA, NABA, TANKOANO, NATAMA, NASSOURI, TANDAMBA, LANKOANDE, OUALI ;
Les enfants, les cousins, les neveux, les petits-enfants et arrières petits-enfants ;
Vous réitèrent leurs remerciements et leur profonde gratitude pour les nombreuses marques de sympathie, de compassion, de soutien spirituel, moral, matériel et financier reçus lors du rappel à Dieu de leur très cher frère, père, époux, beau-fils, beau-père, grand-père, arrière-grand-père Monsieur Mardia Alain Bruno SANGLI, infirmier à la retraite rappelé à Dieu le 01 Juin 2026.
Union de prières !
Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a reçu en audience, ce mardi 9 juin 2026, une délégation de la Fédération interafricaine des assureurs conseils (FIAC) conduite par son président par intérim Vakaramoko Samaké, rapporte la direction de la communication de la Primature. Les échanges ont essentiellement porté sur les préparatifs de la 16e Assemblée générale annuelle de la Fédération, prévue du 10 au 13 juin 2026 dans la capitale burkinabè.
Placée sous le thème « Le rôle du courtage d'assurance dans l'élargissement de l'accès et l'amélioration du taux de pénétration », cette rencontre ambitionne de mettre en lumière la contribution du courtier d'assurance à l'inclusion financière et à une meilleure couverture des populations face aux risques. L'événement réunira près de 200 courtiers d'assurance issus des 14 pays membres de la conférence interafricaine des marchés d'assurance, ainsi que de la Guinée et du Ghana.
À l'issue de l'audience, Vakaramoko Samaké a salué l'engagement du Chef du Gouvernement, qui a accepté de patronner cette édition. Selon lui, les assureurs-conseils jouent un rôle croissant dans le développement économique des États africains, notamment à travers la création d'emplois et l'accompagnement des populations. « Cette assemblée générale marque le début d'un changement qualitatif que nous voulons impulser. Le thème retenu sur l'inclusion financière ouvre une nouvelle perspective pour renforcer l'accompagnement de nos populations », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le Premier ministre s'est réjoui du choix porté sur Ouagadougou pour accueillir cette rencontre régionale. Il a également insisté sur l'importance stratégique du secteur de l'assurance dans le contexte actuel, soulignant que la couverture des risques devient une nécessité dans plusieurs domaines, y compris en milieu rural où se développent désormais les assurances climatiques. « Aujourd'hui, l'assurance est essentielle dans tous les secteurs. Les risques évoluent et s'élargissent. Il est donc indispensable que nos populations disposent d'un minimum de couverture pour faire face aux aléas », a-t-il affirmé.
Tout en réaffirmant la disponibilité du Gouvernement à accompagner les acteurs du secteur, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a assuré que les recommandations issues des travaux de l'assemblée seront examinées avec attention.
Source : Direction de la communication de la Primature
Les activités de la 7e édition de la Semaine nationale des arts et de la culture des universités du Burkina Faso (SENAC-UB) ont été lancées, ce lundi 8 juin 2026, à Dédougou. Parti de la Place des Martyrs, un cross populaire suivi d'une séance d'aérobic, a introduit cette édition qui va se dérouler du 8 au 13 juin dans la « belle » cité de Bankuy au rythme d'une diversité d'activités culturelles, sportives, ludiques et de réflexion. Le gouverneur des régions de Bankui et du Sourou, Babo Pierre Bassinga, représentant le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, le Pr Adjima Thiombiano, a donné le coup d'envoi de la manifestation.
Depuis l'après-midi de ce lundi 8 juin 2026, Dédougou, la capitale de la région de Bankui vibre au rythme de la Semaine nationale des arts et de la culture des universités du Burkina Faso (SENAC-UB). Cette édition se tient du 8 au 13 juin 2026 sous le thème « Diversité culturelle et engagement patriotique : la jeunesse universitaire au service de la cohésion nationale ». Lancée à travers un cross populaire pour mettre en jambe les festivaliers avant d'entamer les activités proprement dites, la 7e édition se déroule sous le haut patronage du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Le cross populaire a été suivi d'une séance d'aérobic.Elle est placée sous la présidence du ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'Innovation, le Pr Adjima Thiombiano. Le ministre d'Etat, ministre de l'administration territoriale et de la mobilité, Emile Zerbo, celui en charge de la culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, et les ministres Annick Pickbougoum Zingué Ouattara, chargé des sports, Karamoko Jean Marie Traoré des affaires étrangères et Mikaïlou Sidibé du département de la construction de la patrie ont associé leurs images respectives à cet événement organisé en tandem par le ministère de l'Enseignement supérieur et le Centre national des œuvres universitaires (CENOU). Le directeur général du CENOU, le Pr Noël Thiombiano, a relevé que l'organisation de cette semaine culturelle dédiée au monde universitaire vise à promouvoir des valeurs de patriotisme, de citoyenneté et d'engagement de la jeunesse. Il a présenté la manifestation comme une vitrine de la richesse culturelle burkinabè et un cadre de formation, d'éducation et de brassage.
Le directeur général du CENOU, le Pr Noël Thiombiano, a indiqué que cette initiative fait la promotion des valeurs de patriotisme et d'engagement.Diverses activités à l'affiche de cette édition
La SENAC-UB 2026 se fixe pour objectif de dérouler des compétitions artistiques, en art du spectacle, en art de la scène et en art culinaire sans oublier des activités de culture générale, une « grande » conférence publique, des activités physiques, sportives, inclusives et ludiques comme les jeux de société, à en croire le directeur général. Des excursions touristiques sur des lieux et des sites de mémoire de la région sont également au programme pour permettre aux festivaliers, venus de presque toutes les universités du Burkina, de découvrir davantage les potentialités locales.
C'est le lieu pour l'étudiant au Centre universitaire de Ziniaré, Jonas Tiégnan, d'affirmer que cette initiative permet de célébrer la fraternité et d'offrir l'opportunité de valoriser la diversité culturelle burkinabè, de promouvoir le vivre ensemble et la cohésion sociale à travers les différentes activités qui sont menées dans ce cadre. Il a confié que la SENAC-UB sert de fenêtre d'ouverture pour les étudiants tout comme elle contribue au renforcement des liens entre étudiants de divers horizons.
L'étudiant Jonas Tiégnan parle de la célébration de la fraternité par le biais de cette semaine culturelleQuant au représentant du président de la présente édition, Babo Pierre Bassinga, il s'est réjoui de constater que la jeunesse estudiantine et l'ensemble de la communauté universitaire ont fait de la lutte pour la préservation des valeurs culturelles burkinabè, leur cheval de bataille. La culture étant pour lui « le socle de notre identité collective, le miroir de nos valeurs, le ciment de notre unité et le moteur de notre développement », a-t-il égrené. Loin d'être une faiblesse, le gouverneur des régions de Bankui et du Sourou croit dur comme fer que la diversité culturelle demeure la force qui rassemble et se doit d'être mise au service la cohésion nationale comme le stipule la thématique de cette édition.
Le gouverneur, Babo Pierre Bassinga, a salué la vision de cette manifestation culturelleAlphonse Dakuyo
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– Son Excellence Naaba Koanga, Chef du Canton de Sao, province du Kourwéogo ;
– Le Tingsoaba Saaga, Chef de terre de Kinana,
– Son Excellence Naaba Sigri de Saponé,
– Les grandes familles SAWADOGO, NABOLE, SINARE et TAONSA à Kinana, Koui Ouagadougou et France,
Les familles aillées :
– ILBOUDO et DOUAMBA à Saponé et à Ouagadougou,
– SAWADOGO à Goupana et Ouagadougou,
– NITIEMA à Bingo et Ouagadougou,
– SODRE à Bobo Dioulasso,
– SAWADOGO à Ouahigouya et Ouagadougou
– SOUGUE à Boromo, Ouagadougou et France.
– SAWADOGO Lankoudougou Alfred, Conseiller d'administration scolaire et universitaire à la retraite à Tampouy/Ouagadougou.
Les enfants : Francine Prudence, Nina Jacqueline, Natacha Ghislaine, Nérée Aubin et Marina Prisca ;
Les petits enfants :
Ont la profonde douleur de vous annoncer le décès de leur épouse, fille, sœur, tante, mère et grand-mère de Mme SAWADOGO/ILBOUDO Kouliga Madeleine le dimanche 7 juin 2026 à Ouagadougou dans sa 68ème année de suite de courte maladie.
Les familles vous informent que le programme des obsèques se déroulera comme suit :
*Mercredi 10 juin 2026 :
- 20h30 : Veillée de prières au domicile familial à Tampouy sis à côté des écoles primaires publiques Tampouy C et D.
*Jeudi 11 juin 2026 :
– 6h00 : Levée du corps à la morgue du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo suivie d'un bref passage au domicile familial à Tampouy sis à côté des écoles primaires publiques Tampouy C et D.
– 08h30 : Messe d'absoute à l'Église paroissiale Saint Jean-Marie Vianney de
Tampouy.
À l'issue de la célébration, départ du cortège funèbre pour l'inhumation au village de Kinana, situé au nord de Pabré sur l'axe Tema-Bokin, à environ 50 km de Ouagadougou.
« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s'il meurt ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » Jean 11, verset 25
Union de prières pour le repos de son Âme. Que le Seigneur l'accueille dans sa paix et sa lumière éternelle.
Contacts pour toute fin utile : 65 86 45 45 / 54 98 47 87 / 70 68 46 36
Sa Majesté le Naaba Kiiba, roi du Yatenga
La grande famille PANANDTIGRI/OUEDRAOGO
Les grandes familles YERBANGA, SIDIBE, TRAORÉ, NACANABO, KANAZOE, BOUDA, YE
Les familles alliées :
•NEBIE à Naponé
•OUEDRAOGO à Kalsaka
•OUEDRAOGO à Bilbalgho
•OUANDAOGO/TRAORE à Ouaga et Tenkodogo
•BARRY à Ouahigouya/Bema
•OUEDRAOGO à Zouma/Pabre
•DOH à Dohoun
•OUEDRAOGO à Ouahigouya
•TALL à Ouahigouya
•OUEREMI à Aorèma
•BREUNING en Allemagne
•PASCAL en Espagne
•ANDERSON aux États-Unis
•BANGBATINBO à Ouahigouya
Les épouses :
•Madame OUEDRAOGO née NEBIE Brigitte à Kamsonghin
•Madame OUEDRAOGO née OUEDRAOGO Tibo Fati à la Patte d'oie
Les enfants :
•OUEDRAOGO Adama Tréboul (Vieux)
•OUEDRAOGO Aminata Tréboul (Bibi)
•OUEDRAOGO Tréboul Harouna
•OUEDRAOGO Tréboul Hamidou (Doudou)
•OUEDRAOGO Tréboul Abdoulaye (Ben)
•OUEDRAOGO Tréboul Moussa - USA
•OUEDRAOGO Tréboul Boureima (Petit Papa)
•OUEDRAOGO Tréboul Mohamed - Allemagne
•OUEDRAOGO Tréboul Alidou - Allemagne
•OUEDRAOGO Tréboul Habibou (Dépo) - USA
Les petits fils et l'arrière petite fille
Ont la profonde douleur de vous annoncer le rappel à DIEU de leur frère, époux, père, beaux père, grand-père et arrière grand-père,
Monsieur OUEDRAOGO Tréboul Saïbou, commandeur de l'ordre national, opérateur économique, PDG des hôtels de l'Amitié de Ouahigouya et Gorom Gorom, hôtel Oasis de Dori et PDG de l'entreprise Castors de Ouahigouya ;
Décès survenu le Dimanche 07 juin 2026 à Ouagadougou à l'âge de 89 ans.
Programme des Obsèques
Jeudi 11 juin 2026
•06h : levée du corps à la morgue de la clinique EL FATEH SUKA et transfert à Ouahigouya
•14h : enterrement prévu à Lillgomde dans son village natal (Ouahigouya) suivi du doua.
Union de prière
Aslam aleykoum chers tous et toutes
Inna lillahi wa inna ilaihi raji'un."
Les grandes familles TAGO et GUIBLA à Pella, Ouarkoye, Bibiou, Pangogo, Bobo- Dioulasso, Dédougou, Ouagadougou (Burkina Faso), Angola, Maroc, USA, Mosambique, Corée, Belgique et Alliés,
les grandes familles, KOURAOGO, KOUMBEMA KIENTEGA, OUEDRAOGO, KOALGA
les familles alliées OUEDRAOGO, KOMBELEMSIGRI, COMPAORÉ, KINDA, KONÉ, ZONGO, ZOUNGRANA, SENTISSI, SORÉ, YELBI, YOUNGA. SANKARA, NAKOULMA, KABORÉ et TOUGMA,
La veuve TAGO née ZOUNGRANA Liliane Florence Djamila, et les enfants Asmaou Fabiola et Adama Kamel,
les frères, soeurs, cousins, cousines, neveux, nièces et les petits enfants,
Adressent leurs sincères remerciements à tous ceux et à toutes celles qui de près ou de loin leur ont témoigné de leur compassion, affection, solidarité et soutien multiforme lors du rappel à Dieu le 27 mai 2026 suivi des obsèques le 29 mai 2026 et du Doua le 4 juin 2026 de leur époux, père, fils, oncle, beau père, grand-père, Monsieur TAGO Mamadou* .
Elles s'excusent de ne pouvoir citer des noms de peur d'en oublier et surtout prient le Tout-Puissant d'accorder sa miséricorde au défunt et de l'accueillir dans son humble paradis. Qu'il veille sur chacun(e) de vous et sur vos familles respectives, et vous comble de ses bienfaits.
Enseignant de biologie et physiologie animales à l'université Joseph-Ki-Zerbo admis à la retraite, Pr Youssoufou Ouédraogo a un parcours académique et professionnel plein d'enseignements. Il est également auteur de plusieurs œuvres, dont le troisième essai politique paru en janvier 2023 sous le titre « La gauche nationale ». Vie académique et professionnelle, combat syndical, défense de mœurs publiques et de gouvernance, Pr Youssoufou Ouédraogo, connu pour sa rigueur dans la réflexion et la démarche, et pour qui d'anciens étudiants ne tarissent d'éloges, se présente également par les nombreuses tribunes qu'il a signées dans les médias burkinabè sur des questions d'actualité brûlante, de janvier 1999 à mai 2023, et du journal L'Indépendant à Lefaso.net en passant entre autres par l'Événement et Hakili (trimestriel du mouvement des intellectuels du Manifeste pour la liberté). Interview avec l'un des vétérans et avertis de la vie socio-politique burkinabè, Pr Youssoufou Ouédraogo !
Lefaso.net : Votre cursus scolaire et académique est celui d'un scientifique, mais votre vie active est, en revanche, celle d'un littéraire accompli, qui s'illustre par une production d'œuvres et surtout qui s'assume par des opinions et des prises de position sur des sujets éminemment politiques concernant la nation. Qu'est-ce qui fait cette trajectoire ?
Pr Youssoufou Ouédraogo : Rien de particulier ! C'est une trajectoire qui vous amène à vous ouvrir à des préoccupations d'intérêt public. Aussi, de par mon itinéraire, j'ai appris à observer et à analyser les situations ; on a eu une vie militante active quand on était sur le campus. À l'époque, il n'y avait pas beaucoup de journaux comme c'est le cas de nos jours. C'était donc des exercices d'analyse des différentes situations nationales et internationales, des situations de campus, etc. Côté écriture, ce sont des aptitudes qu'on peut avoir ; indépendamment de la formation qu'on appelle scientifique, chacun a ses petits talents par-ci, par-là, qu'il peut mettre au service de son engagement, de sa contribution à la vie publique, en l'occurrence, du débat public.
Vous évoquez implicitement la formation informelle, qui est propre à chacun. Et en la matière, on peut affirmer que les générations antérieures, auxquelles vous appartenez, s'en sont bien servies, surtout à travers les milieux universitaires, et cela se ressent dans les niveaux de culture dans le débat public. Qu'est-ce qui peut expliquer la rupture sur ce point entre ces générations et celles actuelles ?
Votre observation est juste. On ne peut plus trouver cette configuration du débat au niveau de la jeunesse, à cause de la scission de l'UGEV (Union générale des étudiants voltaïques) au cours des vacances 1979, qui a créé un précédent irréversible, et aussi des besoins de la démocratie. À notre époque, l'AEVO (Association des étudiants voltaïques de Ouagadougou) était la seule organisation et avait le monopole de la représentation des étudiants à l'université de Ouagadougou. Donc, on se ‘‘chamaille'', mais à l'intérieur d'un même cadre organique. Et il faut bien se mettre à la hauteur du débat. Celui qui vient pour contredire, il faut qu'il se mette à la hauteur, et celui qui doit apporter la réponse aussi doit en faire autant.
Depuis cette scission, quand on n'est pas content, on va créer son organisation, propre à soi, où on n'est pas dérangé par d'autres points de vue, où on ronronne sur ses propres idées, pratiquement sans contradictions majeures. Donc, pas d'effort d'amélioration de son discours, de son degré de culture, etc. Au niveau de la jeunesse, on ne peut plus retrouver le contexte d'antan que vous avez décrit ; c'était un contexte d'époque qui avait permis de se forger vraiment aux débats. L'esprit était que, quand quelque chose ne va pas, il faut en débattre.
On ne quitte pas le cadre, sauf si on en est exclu (ça peut arriver). Mais aujourd'hui, quand on n'est pas content ou pas d'accord, même de façon circonstancielle, on quitte. Sans vouloir faire de jugement de valeur globale, je pense que pour la fertilité du débat contradictoire entre jeunes, c'est une faiblesse. Car on ne peut plus émuler avec une obligation de moyens intellectuels, voire de résultats. On est très souvent dans une obligation de justificatifs qu'on sait toujours aussi valables les uns que les autres, mais qui ne donnent pas de clés d'amélioration d'une situation en instance.
C'est un contexte particulier de luttes au campus qui a coûté des plumes…, et vous avez fait partie de ces étudiants qui ont été suspendus, puis exclus. Que s'était-il passé à l'époque ?
Effectivement ! Mais il y en a eu pire ! Je pense au cas Dabo Boukary et à tous les autres qui ont été emprisonnés, torturés et encasernés au Conseil ou à Pô. Et si vous me permettez, je voudrais m'incliner devant un « inoubliable » de 1979, Michel Kaboré, président de l'AEVO à l'époque, et décédé le 10 mai dernier (l'interview a eu lieu le 21 mai 2026 : Ndlr).
Pour revenir à la question, à l'époque, au moins, la question de l'emploi n'était pas une préoccupation ; parce que dès que vous aviez le baccalauréat, vous étiez directement directeur d'école et il y avait aussi les concours directs (la douane, les impôts, etc.). Pour répondre directement à votre question, je dirai que ce sont des grèves qui nous ont conduits à cela.
En 1979, il y a eu la première grande grève au niveau des étudiants. Elle a eu une envergure nationale, parce que beaucoup de forces, surtout syndicales, se sont prononcées. La grève a engendré beaucoup de conséquences. À l'époque, on était autour de 1 000 étudiants sur le campus. Mais ceux qui ont été formellement sanctionnés, c'est-à-dire par un acte administratif, n'étaient pas loin de 120 étudiants, dont une cinquantaine d'exclus et de suspendus. À cela, il faut ajouter ceux qui ont été sanctionnés de façon indirecte, de différentes manières, comme l'impossibilité de redoubler.
Quel a été le sort de tous ceux-là qui ont écopé des sanctions ?
Les sanctionnés n'ont pas eu trop de difficultés à se recaser dans la fonction publique, directement ou par des concours, ou dans le privé. Ceux qui en avaient la possibilité se sont réinscrits dans d'autres universités, comme celles d'Abidjan ou de Dakar. Cela a fait que les conséquences ont été un peu atténuées. Mais mon exclusion est intervenue deux ans plus tard, en 1981, dans la même logique, c'est-à-dire pour une simple grève. Et là, il y a eu une liste de 200 étudiants (je crois) qui ont été formellement sanctionnés, dont plus de 20 par une exclusion. Les autres ont vu leurs bourses suspendues de deux à douze mois.
C'était quoi les motifs de la grève ?
En fait, ce sont deux grèves qui ont fait dérailler ma trajectoire : en 1979 et en 1981. En 1979 (boycott des examens), ce fut à cause du caractère sélectif des examens à l'université. Il faut dire que cette question ne date pas de maintenant, parce qu'à l'époque déjà, il avait été mis en place un système un peu compliqué d'examen à l'ESSEC (École supérieure des sciences économiques, actuelle UFR Sciences économiques et de gestion/Université Thomas-Sankara : Ndlr), avec des groupes, des sous-groupes, etc. Il fallait avoir telle moyenne dans tel groupe et telle autre dans tel sous-groupe, etc. C'était vraiment compliqué. La compréhension même des calculs de moyenne par les étudiants était problématique. Donc, les étudiants de l'ESSEC ont déclenché la « résistance ». À l'époque, c'était aussi des « partiels », deux à raison de 30% chacun, et un examen final qui comptait pour 40%.
Donc, ils ont boycotté avec succès les partiels du premier ou deuxième trimestre (je ne m'en souviens plus trop). Après, ils ont fait des émules, parce qu'au niveau de l'ISP (Institut supérieur polytechnique, actuel Institut de développement rural – IDR, délocalisé à l'université de Bobo-Dioulasso : Ndlr), il y avait également un souci où notre classe (j'étais délégué et membre du Conseil d'établissement) avait écopé de deux zéros collectifs : un premier que nous jugions « moralement » injuste, et un autre, illégal au regard des textes. Bref, on se plaignait un peu partout du caractère très sélectif des examens. Évidemment, on rapportait cela à l'impérialisme français qui ne voulait pas de cadres locaux. Il y avait donc toute cette ambiance-là.
De l'ESSEC d'où elle est partie, la grève a embrasé tout le campus sous la houlette de l'AEVO. En juin, le mouvement a bien marché. Mais en octobre, ce fut la débandade. Je pense qu'il y a des choses qu'on n'avait pas pu anticiper. Mais c'est après coup qu'on le voit, en son temps c'était difficile de les percevoir. En réalité, on n'avait pas compris qu'on ne pouvait pas tenir une grande mobilisation sur une longue durée. Donc, on se gargarisait de la bonne mobilisation en juin et on pensait que ça pouvait tenir jusqu'en octobre. Alors que progressivement, il s'était installé une démobilisation. Et contrairement à la mobilisation qui peut être bruyante et fière, une démobilisation est toujours silencieuse, car présumée honteuse. Quand les gens changent de position vis-à-vis d'une lutte, ils ne viennent pas tous le dire au siège de l'association.
Pour la grève de 1981, face au CMRPN (Comité militaire de redressement pour le progrès national), c'était suite aux arrestations de certains membres du comité exécutif de l'AEVO, comité qu'on avait d'ailleurs eu de la peine à mettre en place. Les autres membres avaient été contraints à la clandestinité, soit un renvoi de fait de l'université. C'était un mouvement de loyauté vis-à-vis des responsables que nous avions élus, dans un contexte de faible mobilisation et de peur.
On imagine que l'administration universitaire a fait un travail à ce niveau !
Ah oui, surtout en 1979 ! C'était de bonne guerre ! Et en la matière, l'administration ne manquait pas de ‘‘cerveaux''. Elle a trouvé une astuce, qui était d'instituer des inscriptions pour la session (d'octobre). Ce qui ne se faisait pas auparavant. Cette idée permettait en réalité de tester notre mobilisation. Ne se doutant de rien, on a lancé un mot d'ordre de boycott. Ce qu'on ignorait, c'est que des étudiants partaient discrètement s'inscrire. À un moment donné, il y a eu une fuite qui nous a alertés : une grande majorité d'étudiants, selon la fuite, était déjà inscrite pour la session.
Après coup, on peut penser que si on n'avait pas lancé un mot d'ordre de boycott des inscriptions, l'administration n'aurait pas eu d'indication sur notre état de mobilisation. Malheureusement, on n'avait pas vu tout cela venir. C'est dans ce contexte que le comité exécutif a fini par lever tous les mots d'ordre. Mais c'était trop tard. Et nous autres, quand on est partis pour s'inscrire, l'administration a dit qu'elle ne prenait plus de demande pour la session ; ceux qui ne sont pas venus à temps, c'était tant pis pour eux. L'administration avait repris le rapport de force, avait même confectionné sa liste d'étudiants pour les sanctions dites étagées.
Pour 1981, après l'échec de la grève, on s'était accroché à tout pour éviter de lourdes sanctions. L'AEVO se remettait péniblement de la saignée des sanctions de 1979. Certains administratifs avaient vraisemblablement profité pour régler des comptes personnels, surtout à l'ESSEC qui comptait un tiers des exclus (8 sur 22, si ma mémoire est bonne). Après quoi, on a même essayé de fermer le robinet du « boulot » à certains exclus par-ci et par-là : par exemple, nous, on était deux à avoir réussi à un concours pour aller faire des études en « Pêche et pisciculture » à Bouaké (Côte d'Ivoire).
On avait voulu négocier à l'époque pour qu'on ne diffuse pas les résultats à la radio, parce que les deux admis que nous étions étaient aussi les deux renvoyés de l'ISP. Mais c'était déjà vicié : celui qui gérait le concours était un de nos virulents adversaires de 1979. Il y a eu d'autres cas comme cela. Mais globalement, les gens s'en sont bien tirés, peut-être mieux que s'ils étaient restés à l'université de Ouagadougou. Comme on le dit, quand on vous ferme une porte, vous ouvrez ailleurs, et peut-être même que c'est en ce moment que vous découvrez en vous des talents dans des domaines que vous ignoriez. C'est une leçon de vie.
Cette période a-t-elle eu un impact sur l'avenir même de l'AEVO ?
Certainement ! D'abord, après les premières sanctions, pour mettre en place un nouveau comité exécutif, ce n'était pas facile. Les assemblées générales étaient squelettiques. Je me souviens qu'il a fallu deux assemblées générales pour finaliser la mise en place d'un comité exécutif ; puisqu'on avait renvoyé ou suspendu tous ceux qui étaient expérimentés.
Il fallait responsabiliser des étudiants de première année, au mieux, de deuxième année. Ils étaient bien engagés, mais leurs niveaux de connaissance de l'association, de culture organisationnelle et de conscience politique étaient encore faibles. Ça a été vraiment un moment difficile pour le mouvement. C'est aussi ainsi que dans les épreuves, une organisation mûrit. Quoi qu'on puisse en dire, ce n'est pas pour rien qu'elle est toujours là, sous une autre appellation, alors que plusieurs autres associations d'étudiants créées après elle ont disparu.
Cela a-t-il modifié votre itinéraire professionnel ?
Évidemment. Quand je m'orientais à l'ISP Ouaga, c'était pour devenir ingénieur agronome. Mais à Dakar, c'est une maîtrise ès sciences naturelles que j'ai faite. Dès lors, l'itinéraire professionnel devenait tout autre. Alors qu'à l'ISP, après avoir franchi « haut la main » la 1ʳᵉ année, réputée la plus sélective. Je me voyais déjà ingénieur, un titre dont je rêvais depuis le primaire.
Dans les détails, je dirai qu'après l'exclusion définitive en 1981, après avoir attendu en vain les formalités pour aller faire « Pêche et pisciculture » à Bouaké et d'autres tentatives infructueuses, j'ai décidé, sur initiative personnelle, d'aller à Dakar. C'était le 9 ou le 11 novembre 1981 (je ne m'en souviens plus clairement). J'avais des facilités pour le transport (possibilité de gratuité). En plus, les frais d'inscription étaient de l'ordre de 4 000 F CFA, contre 50 000 à Abidjan et 150 000 à Cotonou.
J'étais renvoyé étant en 2ᵉ année ; mais à Dakar, il me fallait reprendre la première année en 1981-1982, alors que mes promotionnaires de baccalauréat allaient en 5ᵉ année. Et ça, c'était ma faute, parce que je n'avais pas récupéré en son temps mon attestation de succès de 1re année à l'ISP. Il était devenu pratiquement impossible de l'avoir à temps pour « valorisation » à Dakar, surtout au regard du contexte : nos mauvaises relations avec l'administration. J'avais bien tenté par un proche ami, OSM (qui se reconnaîtra), mais ce ne fut qu'en mai 1982 que je reçus l'attestation à Dakar ; autant dire, inutile.
Voilà un peu d'où est partie ma trajectoire professionnelle : directeur d'école primaire pendant mon SNP, enseignement secondaire privé et public, puis études de 3ᵉ cycle, enseignement supérieur et recherche.
Mais toutes ces péripéties dues aux sanctions injustes nous ont forgés et on s'en est presque tous sortis, tant bien que mal. Je parle de « sanctions injustes », car elles ont été reconnues comme telles et annulées sous le CNR. J'ai même recouvré ma bourse en année de maîtrise après que j'ai fait une demande, sur insistance de OBM (qui se reconnaîtra) et d'un bon plaidoyer de la part des représentants de l'UGEV à la commission des bourses. Dans le même esprit, courant 1992 (je crois), j'ai bénéficié d'une « réhabilitation administrative » que certains avaient snobée avant d'en percevoir la valeur symbolique.
Quels étaient vos rapports avec les pouvoirs ?
On avait des rapports de lutte avec toutes les autres forces, du PAI (Parti africain de l'indépendance), du MLN (Mouvement de libération nationale), du RDA (Rassemblement démocratique africain) et leurs sympathisants en milieu syndical. Mais depuis que le PCRV (Parti communiste révolutionnaire voltaïque) a vu le jour, c'était ce parti qu'on soutenait, tout comme ses sympathisants en milieu syndical. On avait de bons rapports avec le (SYNTSHA : Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale), des sections, sous-sections de certains syndicats qui épousaient nos positions.
L'adversité contre « trop de monde » nous a un peu desservi en 1979. On s'était surtout aliéné des syndicats d'enseignants, notamment le SNEA-B (Syndicat national des enseignants africains du Burkina) dont on avait perdu le soutien, alors que jusque-là, on collaborait très bien. On était jeunes, on était dans l'euphorie, on dénonçait nom et prénoms… Cela ne nous a pas facilité la tâche.
On peut dire que vous avez été moulé également dans de grands combats idéologiques. Est-ce tout cela qui vous vaut ce dynamisme permanent dans le débat public ?
Certainement ; puisque c'est un engagement. Je suis resté militant du SYNTER (Syndicat national des travailleurs de l'éducation et de la recherche), pratiquement jusqu'en 1999, avant de quitter l'université pour aller dans un projet. Et jusqu'à aujourd'hui, ce sont des syndicats que je respecte ; les gens étaient de qualité et l'engagement sincère. Donc, on reste dans la dynamique, on suit l'actualité et on continue de débattre sur les sujets d'intérêt national.
Aussi, sur certaines thématiques, on a une sorte de devoir de restituer ce qu'on a fait, sans pour autant être complaisant avec le passé ni le fuir. Autant je n'hésite donc pas à en parler, autant je veux aussi mettre ce qu'on n'a pas su gérer en perspectives, pour éviter que les générations actuelles ne tombent dans les mêmes erreurs, même si les contextes ont substantiellement changé. Pour dire qu'il y a aussi cette envie de témoigner, d'expliquer pourquoi on devient ce qu'on est. Il y a également le fait que, lorsqu'on vous a connu sur une voie et que vous prenez du recul à un moment, ça se sent et les gens qui vous connaissent s'interrogent. De ce fait, il y a un devoir d'expliquer pourquoi à un moment donné, vous avez commencé à prendre vos distances, même si vous n'avez pas complètement rompu.
Doit-on comprendre que vous avez rompu avec le monde syndical ?
Je n'ai jamais rompu, moralement parlant, avec ces syndicats. Mais, à un moment donné, je suis devenu extrêmement critique. Je ne veux pas hurler avec les loups, mais pour moi, on avait inversé les priorités ; les priorités politiques avaient pris le pas sur celles corporatives. J'étais bien placé pour le savoir, parce que j'avais fait un doctorat de troisième cycle, qui limitait ma carrière à maître-assistant.
On ne pouvait pas aller au-delà. Donc, j'étais dans cette situation avec d'autres camarades, et notre préoccupation, c'était d'avoir des bourses ou des financements pour aller faire des doctorats d'État. Imaginez dans un même syndicat où nous autres voulions des bourses pour un doctorat d'État, il y avait aussi les gardiens, les jardiniers, etc. qui, eux, voulaient juste des gants et des bottes pour travailler !
Et toutes ces revendications dans une seule et même plateforme, ça ne peut pas marcher. Dans une telle situation, les revendications d'une certaine catégorie de militants ne seront jamais prioritaires au niveau du gouvernement, alors qu'elles sont légitimes. L'idée d'un syndicat séparé des enseignants du supérieur, qui allait se concrétiser plus tard avec la création du SYNADEC (Syndicat national autonome des enseignants-chercheurs), avait pris corps dans certains esprits, dont le mien.
De la sorte, si vous êtes entre enseignants-chercheurs dans votre syndicat, vos revendications sont examinées dans l'absolu et non de manière comparative à d'autres corps dans le syndicat. Au lieu de tels efforts, les camarades semblaient plutôt mettre l'accent sur l'engagement politique, en oubliant que ce sont d'abord les syndicats de corporation, qui peuvent s'occuper certes de questions politiques, mais prioritairement ce sont des questions corporatives. Si vous inversez en mettant les questions politiques au-dessus, vous serez politiquement forts, mais sans possibilité de mobilisation large au-delà du cercle politique dominant (les questions politiques sont clivantes).
Cette rigueur que vous vous êtes imposée, par la démarcation de la sphère politique, n'a-t-elle pas entamé votre carrière ?
C'est possible. Quand je rentrais de Dakar, la RDP (Révolution démocratique et populaire), avec laquelle je ne m'accordais pas très bien, était déjà en place. Dans les concours de la fonction publique, il y avait des épreuves d'idéologie, semble-t-il, pour écarter les adversaires de la RDP des emplois publics. Au départ, c'était de « vraies épreuves » de dissertation. Et sur ce terrain, nous autres, on était plutôt à l'aise. Les camarades qui ont eu affaire à ces épreuves les ont allègrement réussies. Ce qui était perçu comme « anormal », puisqu'on ne soutenait pas la RDP.
Donc, à un moment, les gens ont donc réimaginé des épreuves d'idéologie sous forme de petites questions très précises, propres à la RDP. Ce n'était plus de l'idéologie à proprement parler. Celui qui n'était pas impliqué dans ses activités des CDR ne pouvait plus s'en sortir. De plus, si vous avez étudié à l'étranger, c'était un handicap relatif : sur place à Ouaga, vous êtes baigné par les slogans de la RDP, vous êtes dans l'ambiance ; il y a des choses que vous entendez et vous lisez, alors que de l'étranger, ce n'est pas la même réalité. Il fallait donc être dans le bain CDR (Comité de défense de la révolution) pour s'en sortir.
Donc, après le SNP (Service national populaire), on a un peu « galéré ». J'avais obtenu quelques heures de vacation au lycée Newton (1986-1987) puis un poste permanent au lycée Montaigne (1987-1988), tous privés, mais administrés par des proviseurs affectés par l'État. Après le coup d'État de 87, il a été lancé un concours de recrutement de professeurs de sciences naturelles (Sciences de la vie et de la Terre, SVT, de nos jours), où il n'y avait plus d'épreuve d'idéologie. C'est à partir de là que j'ai obtenu mon emploi à la fonction publique. J'ai un peu hésité entre le privé (mieux payé, en ce qui me concernait) et le public avant de finalement opter pour le public.
Mais pourquoi aviez-vous, malgré cette réalité, préféré le public ?
Simplement parce que professeur dans le public, c'était plus valorisant, à mes yeux, que professeur dans le privé. En plus, dans le privé, il n'y avait pas de perspectives lisibles du genre plan de carrière. Dans le public, le salaire était faible, mais on a au moins une carrière stable, avec des perspectives d'évolution lisibles et fiables. Donc, je suis allé dans le public et mon premier poste, c'était dans un CEG (à Garango), alors que normalement, étant titulaire d'une maîtrise, je devrais être affecté dans un lycée. Il faut rappeler qu'à l'époque (de nos jours aussi), il manquait de professeurs pratiquement partout à l'intérieur du pays, surtout dans les disciplines dites « scientifiques ». Les populations s'étaient mobilisées et avaient construit des établissements secondaires ; il y avait donc une demande d'enseignants qu'il fallait combler.
Aviez-vous prévu le métier, tel que vous l'avez pratiqué ?
Pour le métier d'enseignant, je dirais oui ! Ayant raté l'ingéniorat et les autres opportunités, dans mon esprit, je voulais quand même obtenir une licence, diplôme-phare à l'époque (j'en avais à la fois les motivations et les capacités) avant de commencer à travailler quel que soit le métier. Mais le plus probable était désormais l'enseignement. Autrement, c'est plutôt rare de « perdre » quatre ans dans une université et d'accepter de reprendre la première année dans une autre, dans la foulée. Mais j'étais confiant.
Pour l'université, c'est en étant en poste à Garango que, informé par des promotionnaires de Dakar, j'ai postulé pour des études de troisième cycle à l'ISN-IDR (l'IDR étant l'ex-ISP). On avait trois choix, à l'époque. Côté études, j'étais du genre à m'en sortir « un peu partout ».
Mais là, j'avais des appréhensions en rapport avec les périodes « chaudes » de 1979 à 1981. Et finalement, j'ai déposé mon dossier là où je croyais ne connaître personne et inversement (si vous voyez ce que je veux dire), là où je n'avais pas d'appréhensions particulières : en physiologie animale. C'est une fois reparti à Garango, à mon poste, que j'ai été convoqué à Ouagadougou pour les entretiens en vue du recrutement pour le DEA.
C'est à l'entretien que j'ai su que c'était Oumarou Clément Ouédraogo (paix à son âme !) qui était le responsable de cette formation. Il nous avait tenus en travaux pratiques. Je le connaissais aussi par des copains et il avait la réputation d'être un ancien militant de l'UGEB (Union générale des étudiants burkinabè), même si je ne savais pas ce que cela valait. Il était ministre de l'enseignement supérieur et je ne sais pas s'il se souvenait de moi ou pas.
À la fin de l'entretien, il m'informa que j'étais retenu pour le DEA (Diplôme d'études approfondies) et me dit d'aller ramasser mes bagages et revenir sans délai à Ouaga, parce que les cours commenceraient incessamment. Je veux bien faire ma thèse, mais ça ne va pas être simple, administrativement parlant. Mais il était aussi mon ministre et réputé puissant à l'époque. C'est ainsi que j'ai fait le DEA, et entamé la thèse. Et en 1991, il est assassiné. Politiquement, je ne peux pas dire grand-chose sur lui, mais c'était un bon scientifique dans l'esprit et les ambitions de rayonnement international.
Le professeur Nacro avait, entre-temps, été nommé à sa place, et il se trouvait que j'étais l'un de ses meilleurs étudiants, en 2ᵉ année ISP. Il nous enseignait la chimie organique. À partir de 1991, il m'a fait affecter à l'université. J'ai pu soutenir mon doctorat de troisième cycle, mais difficilement, parce qu'il y avait toujours quelques obstacles « invisibles » sur mon chemin. Et même qu'après la soutenance, j'étais toujours menacé d'être renvoyé au secondaire. Plus platement, je dirais qu'il y a des gens qui ont des prérogatives qu'ils exploitent subtilement pour te « coincer ».
Tu sais que c'est injuste et subjectif, mais tu n'as pas de faits palpables, objectifs pour fonder une quelconque plainte. Tu rumines et « tu bois l'eau fraîche », comme dirait un collègue. J'ai ensuite été nommé assistant en janvier 1994, puis maître-assistant en juillet 1997. Mais tout cela est arrivé un peu tard, puisque j'ai eu ma maîtrise à 29 ans. À cela, il faut ajouter un an de SNP et un an dans le privé. J'ai donc commencé dans la fonction publique à 31 ans, soutenu un doctorat de troisième cycle à 36 ans, inscrit et nommé maître-assistant au-delà de la quarantaine. Aujourd'hui, à cet âge, certains sont déjà professeurs titulaires.
N'était-ce pas plutôt un exploit à l'actif de votre persévérance, quand on se réfère à ce que vous avez traversé !
C'est possible. En tout cas, ce n'était pas simple. À l'université, jusqu'à ma nomination comme maître-assistant, j'ai été maintenu en catégorie A2, conformément à la maîtrise, bien que recruté en Conseil des ministres sur la base du doctorat de 3ᵉ cycle. Statutairement, à la fonction publique de l'époque, avec un doctorat, on était classé en A1 plus une bonification d'échelons. Je n'ai pas pu obtenir de reclassement. Donc, je suis resté en A2 jusqu'à ma nomination comme maître-assistant.
Sur le plan financier, c'était difficile ; parce qu'à plus de 40 ans, on a la famille, des charges, des redevabilités vis-à-vis des frères et sœurs qui, dans mon cas, ont cotisé piécettes, ‘‘marbatigué'' (arachides grillées : Ndlr), grumeaux de ‘‘dèguè'', etc., pour me soutenir pendant mes périodes de galère. Et quand vous n'arrivez pas à incarner un tant soit peu l'image de ce qu'on appelle un prof d'université, ça vous touche ; parce que ce n'est pas gravé sur votre front que vous avez subi ceci ou cela de défavorable ou de favorable d'ailleurs. Je me suis dit à un moment donné, l'université c'est bien, mais il fallait que je cherche à me soulager financièrement quelque part.
C'est ainsi que je suis parti, sur test de niveau maîtrise, au programme de Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) comme naturaliste-environnementaliste. Après la GIRE, j'ai réintégré l'université en 2004. Je passe les péripéties où j'ai fait neuf mois avant d'être remandaté. Mais j'étais d'une grande sérénité et m'étais définitivement conditionné pour faire une carrière de maître-assistant. C'est alors qu'entre-temps, en 2009, il s'est ouvert une possibilité de débloquer ma carrière par ce qu'on appelle l'« Habilitation à diriger la recherche (HDR) ». Je l'ai soutenue en 2015, et, sur cette base, je suis passé maître de conférences en 2016, puis professeur titulaire en 2021, année de ma retraite.
Combien d'œuvres avez-vous, à ce jour, à votre actif et quelles sont les thématiques développées ?
J'ai cinq ouvrages comme auteur unique, et un autre (plutôt technique) comme co-auteur. Le 1ᵉʳ est paru en juillet 2018 et le dernier en mi-janvier 2026. Les thématiques sont en réalité des questions que je mâchais depuis longtemps : entre autres, sur le référencement humain de nos conduites, sur la citoyenneté que je considère toujours comme la première contrainte de nos pays, les grandes questions d'actualité du moment, etc. Mais étant enseignant subalterne (de rang B), j'attendais d'être au moins maître de conférences, enseignant « cadre » comme on dit (rang A), avant de m'engager dans un autre défi qu'est l'écriture de livres.
Une revue générale des nombreuses tribunes que vous avez signées dans les médias, surtout à des périodes cruciales pour le pays ou sur des questions qui fâchent, montre également que tout ce qui touche à la citoyenneté, au civisme, à l'intégrité… et aux principes de gouvernance vous est cher. Quel commentaire faites-vous de mon observation et que souhaiteriez-vous que ces nombreux jeunes que vous avez enseignés gardent comme valeurs ?
J'aime bien ces thèmes, car, comme j'aime à le dire, « nul n'est saint et nul n'est dupe ». C'est pour dire qu'on ne peut pas être fort partout. Chacun a un point fort sur lequel il peut s'appuyer, parce qu'il sait que dans ce domaine, il est compétent, il a des connaissances certaines, et surtout, il est conséquent, il est conforme ou peut se conformer à sa parole. C'est cela la société : un jeu de complémentarités, où chacun excelle sur ses points forts (là où d'autres « se cachent ») et se fait discret sur ses points faibles où d'autres excellent.
C'est en cela que la société toute entière peut exceller sur des points forts. Il y a des sujets que je n'aborde pas, si ce n'est à mon corps défendant, parce que je n'y suis pas fort. Donc, je n'y entre pas ; je ne vais pas y aller « brasser l'air » comme on le disait sur le campus. Dans la vie, j'estime donc qu'il ne faut pas être prétentieux ; il faut maximiser dans le domaine où l'on a des aptitudes avérées. Je l'ai expliqué dans un de mes livres : si vous êtes fort dans un domaine valorisé par la société, vous êtes valorisé par la société.
Mais attention ! Il ne faut pas partir de ce constat pour aller dans un domaine où vous êtes faible, parce qu'il est valorisé alors que celui où vous êtes fort n'est pas valorisé. Si vous êtes fort dans un domaine, même s'il ne semble pas valorisé, restez-y quand même et continuez à exceller ; peut-être qu'avec le temps, sous certaines circonstances ou opportunités, ça le sera un jour. Par exemple, avec le développement des IA, il y a une revalorisation relative des aptitudes non automatisables, pendant que les savoirs bruts et accumulables, les aptitudes automatisables seront de moins en moins sollicités à la faveur de cette IA.
Je reconnais que c'est plus facile à dire qu'à faire ; parce que derrière, il y a des conditions matérielles, de standing, de valorisation sociale et tout ce qui s'en suit. Cela pousse les gens à se casser les dents dans des domaines où ils n'ont pas de talents ou de compétences, plutôt que de miser et d'insister sur leurs meilleures potentialités. Bref, très souvent, on investit plus qu'il n'en faut dans des domaines où on n'a pas le talent, au détriment de là où on a du talent, tout simplement parce que ce n'est pas valorisé par la société actuellement. On oublie que ça peut changer avec le temps.
Alors qu'aujourd'hui, chacun demande à l'autre ce que lui-même n'est pas prêt de faire !
Effectivement, les gens ne s'incluent pas dans leurs pensées. C'est pour les autres. Alors que la meilleure force, je ne parle pas seulement de quantité, c'est celle qu'on exerce sur soi-même. Il faut ensuite avoir de la patience. C'est la chose la plus difficile aujourd'hui, puisque les choses vont très vite. Donc, pour être patient, il faut être extrêmement fort. Je dis aux gens : être fort, c'est être capable de s'arrêter à un feu à Ouagadougou, à minuit, alors que personne ne vous regarde. Vous vous arrêtez simplement parce que le feu est au rouge. C'est cela quelqu'un qui est fort, parce que c'est sur lui-même, d'abord, qu'il exerce sa force. J'ajoute à cela la confiance en soi. Cette confiance, on ne peut l'avoir qu'à condition d'identifier et de s'approprier fièrement son potentiel.
L'autre illusion que les gens se font également, c'est de croire que tout le monde peut être leader. Il y a des talents « naturels » qui vont avec le leadership. En revanche, je dis toujours aux jeunes de s'assumer : prendre ses responsabilités quand il le faut ; vous êtes, par exemple, dans un groupe où vous sentez que vous vous distinguez dans un domaine donné ; ne vous défilez pas si le groupe vous désigne comme son représentant dans ledit domaine, tant que c'est dans la loyauté.
À vous de clore l'interview, si vous tenez un message particulier !
C'est de vous (Lefaso.net) remercier, car c'est la première fois que j'accède à ce format d'interview. Je me sens honoré que sur les plus de 30 millions de Burkinabè, vous puissiez me donner cet espace pour le débat public. Je ne peux que vous encourager dans ce que vous faites. Il est vrai que tous les contextes sont difficiles pour votre métier, mais le nôtre actuel l'est certainement plus. Encore merci et courage ! Je reste à disposition au cas où vous souhaiteriez revenir en détail sur l'un ou l'autre de mes ouvrages.
Interview réalisée par
Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net
Dans cette tribune, l'écrivain, essayiste et éditeur Mamadou Bamba Tall soutient que le principal défi de l'Afrique n'est pas seulement économique ou politique : il est aussi intellectuel. Selon lui, le continent peine encore à produire et à valoriser son propre récit, prisonnier d'une dépendance qui le conduit souvent à chercher sa légitimité dans le regard extérieur. Il plaide ainsi pour une véritable souveraineté de la pensée comme condition d'une renaissance africaine durable.
Il existe une forme de dépendance dont on parle rarement parce qu'elle ne se voit pas. Elle ne figure dans aucun rapport économique. Elle n'apparaît dans aucune statistique de la pauvreté. Pourtant, elle freine silencieusement toute ambition de renaissance africaine : la dépendance intellectuelle.
Le mauvais diagnostic
Pendant longtemps, nous avons cru que le problème fondamental de l'Afrique était économique. D'autres ont pensé qu'il était politique. Certains ont désigné la colonisation, d'autres la corruption, la géographie ou les guerres. Toutes ces lectures contiennent une part de vérité. Aucune n'est fausse. Mais aucune n'est suffisante.
Quelque chose d'essentiel manque dans ces diagnostics. Quelque chose de plus ancien et de plus tenace que la dette extérieure ou l'instabilité politique.
À force d'observer l'Afrique et les Africains, d'écouter ses intellectuels et ses dirigeants, de lire ses écrivains et ses polémistes, j'en suis arrivé à une conviction simple :
Notre faiblesse la plus profonde est souvent intellectuelle.
Non pas que l'Afrique manque de penseurs. Elle en regorge. Non pas qu'elle manque de talent ou d'intelligence. L'histoire en témoigne.
Mais trop souvent, nous regardons le monde à travers les yeux des autres. Nous analysons nos réalités avec les concepts des autres. Nous attendons des autres qu'ils racontent notre histoire. Et parfois, et c'est là le plus troublant, nous attendons des autres qu'ils nous disent ce que nous devons penser de nous-mêmes.
Parler la langue de l'autre, c'est une chose. Lui emprunter la bouche en est une autre.
Dans mon Manifeste pour une Afrique qui pense et agit par elle-même, j'ai écrit une phrase qui résume à elle seule une partie du problème :
« L'Africain parle avec la langue de l'autre, mais il lui emprunte en plus la bouche pour parler. »
Cette distinction est fondamentale.
Parler la langue de l'autre n'est pas en soi une faiblesse. Les langues sont des outils. Elles voyagent. Elles se partagent. Le français, l'anglais ou le portugais sont devenus des véhicules de la pensée africaine, et rien n'interdit de les habiter pleinement, de les retourner ou de les enrichir.
Mais parler avec la bouche de l'autre est une tout autre affaire. C'est accepter que quelqu'un d'autre définisse nos priorités. C'est attendre que d'autres racontent nos réussites. C'est croire qu'une idée n'a de valeur que lorsqu'elle reçoit un tampon venu d'ailleurs.
Regardons ce qui se passe dans le domaine de l'édition : combien d'auteurs africains croient encore qu'ils n'existent réellement qu'après avoir été publiés à Paris ou à Londres ?
Regardons les médias : combien d'événements africains ne deviennent importants à nos propres yeux qu'après avoir été commentés à Washington ou à Bruxelles ?
Regardons la recherche : combien de travaux intellectuels produits sur le continent restent ignorés tant qu'ils ne sont pas validés par des institutions étrangères ?
Nous avons parfois développé ce réflexe dangereux : chercher notre propre reflet dans le regard des autres.
Ce que cela révèle de nous
Cette dépendance n'est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d'une longue histoire, coloniale puis postcoloniale, qui a méthodiquement dévalorisé les institutions africaines, les savoirs africains et les langues africaines.
On ne traverse pas plusieurs siècles d'effacement sans en porter les cicatrices. Mais le diagnostic honnête impose d'aller plus loin. Parce que la colonisation a pris fin. Parce que les générations qui l'ont subie directement ont passé le relais. Et parce qu'aujourd'hui, une part de cette dépendance est entretenue non plus par des puissances extérieures, mais par des élites africaines elles-mêmes, intellectuels, dirigeants, créateurs, qui ont parfois intériorisé le regard de l'autre au point de ne plus pouvoir s'en passer.
C'est cette réalité-là, inconfortable mais nécessaire, que j'ai voulu nommer.
Une civilisation commence à exister pleinement lorsqu'elle produit son propre récit
Il ne s'agit pas de fermeture. Il ne s'agit pas de repli identitaire ni de méfiance systématique à l'égard du monde extérieur.
L'Afrique a toujours dialogué avec le monde. Elle l'a nourri. Elle en a été nourrie. Ce dialogue est une richesse. Mais dialoguer ne signifie pas s'effacer. Coopérer ne signifie pas s'agenouiller. S'ouvrir ne signifie pas disparaître.
Une civilisation commence à exister pleinement lorsqu'elle produit son propre récit. Lorsqu'elle crée ses propres institutions. Lorsqu'elle valorise ses propres penseurs. Lorsqu'elle accepte de se regarder elle-même sans attendre une permission extérieure.
Ce n'est pas de l'arrogance. C'est de la maturité.
La vraie question
Peut-être que la question décisive pour l'Afrique du XXIe siècle n'est pas seulement de savoir comment produire davantage, exporter davantage ou croître davantage.
Peut-être est-elle plus fondamentale :
Sommes-nous prêts à penser davantage par nous-mêmes ?
Car aucun peuple ne peut durablement transformer son destin lorsqu'il continue de se regarder dans le miroir des autres.
C'est à cette question que j'ai consacré Manifeste pour une Afrique qui pense et agit par elle-même.
Le livre est disponible chez Les Éditions AFROQUÉBEC et sur Amazon. Il sera prochainement accessible gratuitement en téléchargement pour les lecteurs qui souhaitent poursuivre cette réflexion.
Mamadou Bamba Tall
Écrivain, essayiste et éditeur
Fondateur des Éditions AFROQUÉBEC
Du 8 au 12 juin 2026 à Ziniaré, des représentants des plateformes nationales du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA) prennent part à un atelier de formation sur l'approche CVCA. Cette approche porte sur l'analyse des vulnérabilités et des capacités d'adaptation aux changements climatiques. Venus du Bénin, du Togo, du Niger, de la Côte d'Ivoire, du Mali et du Burkina Faso, les participants vont se familiariser avec les outils de collecte et d'analyse des données climatiques.
Développée par l'ONG Care, l'approche CVCA (Climate Vulnerability and Capacity Analysis) vise à aider les communautés à mieux comprendre les risques climatiques auxquels elles sont confrontées et à renforcer leurs capacités d'adaptation face aux effets croissants du changement climatique. Elle est centrée sur la communauté et permet de combiner les connaissances scientifiques avec les savoirs endogènes des populations afin d'identifier ensemble les meilleures stratégies d'adaptation aux changements climatiques.
Au-delà de l'identification des risques, l'approche vise à favoriser des plans d'action communautaires élaborés de manière participative. Les populations concernées deviennent ainsi les principaux acteurs des solutions mises en œuvre sur leurs territoires.
Pendant donc les cinq jours d'atelier, les participants, qui sont des formateurs, vont se familiariser avec les outils de collecte, d'analyse et d'interprétation des données climatiques, ainsi qu'avec les mécanismes participatifs permettant d'identifier les vulnérabilités locales et de concevoir des réponses adaptées aux réalités des territoires.
Tasséré Nacanabo, consultant et facilitateur de la session, va aborder 9 modules avec les participantsTasséré Nacanabo, consultant spécialiste en environnement et changement climatique et facilitateur de la session, a indiqué qu'il va s'agir de préparer les participants à devenir eux-mêmes des relais au sein de leurs communautés. « Nous allons d'abord aborder les généralités sur le changement climatique afin d'assurer une mise à niveau des participants sur les concepts et terminologies les plus couramment utilisés dans ce domaine. Comme il s'agit d'une formation de formateurs, il est important qu'ils maîtrisent ces notions pour pouvoir les transmettre à leur tour », explique-t-il.
La formation s'articule autour des différents outils de l'approche CVCA avec neuf fiches méthodologiques qui partent de l'identification des risques climatiques jusqu'à l'élaboration des plans d'adaptation communautaire. « Chaque fiche représente un module spécifique. À travers ces différents outils, les participants apprendront à accompagner les communautés dans l'analyse de leurs vulnérabilités et dans la définition de solutions adaptées à leur contexte », précise le consultant.
René Soalla, vice-président de la Confédération paysanne du Faso, s'est réjoui de la tenue de la présente session de formationÀ l'issue de la formation, les représentants des organisations paysannes seront chargés de reproduire l'approche dans leurs pays respectifs afin d'accompagner les communautés rurales dans la co-construction de plans d'adaptation aux changements climatiques.
René Soalla, premier vice-président de la Confédération paysanne du Faso, qui a procédé à l'ouverture des travaux, s'est réjoui de l'organisation de cette session de formation, qui vient contribuer à construire des réponses durables face aux défis qui affectent les communautés.
« Notre région est aujourd'hui confrontée à des défis majeurs. Les effets des changements climatiques se manifestent de plus en plus par la variabilité des pluies, la dégradation des ressources naturelles et la fragilisation des moyens d'existence des populations. Ces phénomènes accentuent les vulnérabilités des producteurs agricoles, des éleveurs et des pasteurs, tout en aggravant les tensions autour de l'accès aux ressources naturelles. Face à cette réalité, il devient indispensable de renforcer les capacités des acteurs de terrain afin qu'ils puissent accompagner efficacement les communautés dans l'identification des risques climatiques, l'analyse de leurs vulnérabilités et la valorisation de leurs capacités d'adaptation », soutient-il.
Saïdou Hema, chargé de programme à Care Burkina FasoIl faut noter que cette initiative s'inscrit dans le cadre de la deuxième phase du programme Mobilité pastorale transfrontalière apaisée et stabilité sociale au Sahel (MOPSS-2). Pour Saïdou Hema, chargé de projet à CARE Burkina Faso, le programme vise à renforcer la coexistence pacifique entre les différents usagers des ressources naturelles dans les zones transfrontalières de plusieurs pays ouest-africains.
« Le programme MOPSS cherche à faciliter les interactions entre les éleveurs et les agriculteurs dans les espaces transfrontaliers du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Bénin, du Togo, du Ghana et de la Côte d'Ivoire. L'objectif est d'amener les différents acteurs à mieux gérer les ressources naturelles et à prévenir les conflits liés à leur utilisation », souligne-t-il.
Photo de familleLes interventions du programme portent notamment sur la gouvernance des ressources naturelles, la sécurisation foncière, la prise en compte des effets du changement climatique et la promotion de mécanismes favorisant une gestion concertée des espaces agro-sylvo-pastoraux.
Armelle Ouédraogo
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Selon l'Institut national de la statistique et de la Démographie (INSD), près de 21% des Burkinabè vivent dans une insécurité alimentaire, cite le ministre de la santé à l'occasion de la journée internationale de la sécurité des aliments, le 7 juin 2026. Les intoxications collectives, les infections dues à des germes pathogènes comme Salmonella ou Escherichia coli, ainsi que les contaminations chimiques, touchent particulièrement les groupes vulnérables que sont les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les personnes âgées et celles vivant avec des maladies chroniques.
« Nos aliments, source de vie, peuvent devenir des vecteurs de souffrance lorsqu'ils sont mal conservés, mal préparés ou contaminés. Dans un pays où les marchés informels, la vente d'aliments de rue et les pratiques culinaires traditionnelles occupent une place centrale, la vigilance doit être constante. Le fardeau est aussi économique : chaque cas de maladie alimentaire entraîne des dépenses de soins, une perte de productivité et fragilise les ménages », interpelle le ministre de la santé, Dr Robert Kargougou à travers son message diffusé le 7 juin 2026 à l'occasion de la commémoration de la Journée internationale de la sécurité des aliments.
« La sécurité alimentaire doit être un droit universel. Les populations rurales, les personnes déplacées internes et les familles vulnérables doivent bénéficier des mêmes garanties sanitaires que les autres. Le gouvernement veille ainsi à ce que l'aide alimentaire d'urgence, notamment dans les zones à défi sécuritaire, soit soumise à des contrôles rigoureux. J'appelle à l'engagement de tous les acteurs de la chaîne alimentaire, depuis les agriculteurs et les producteurs jusqu'aux consommateurs en passant par les transporteurs, les détaillants, les inspecteurs de la chaîne alimentaire et les cuisiniers, pour faire de la sécurité sanitaire des aliments une réalité quotidienne. Par des gestes simples, une volonté collective et des politiques publiques volontaristes, protégeons la santé de nos familles et renforçons la prospérité de notre pays », invite le ministre Kargougou, précisant donc que, la sécurité sanitaire des aliments ne se limite pas aux laboratoires ou aux services de contrôle.
L'autorité a également saisi l'occasion de la journée pour rappeler les grands axes d'actions en faveur de la sécurité des aliments au Burkina. Il s'agit du renforcement des contrôles et de la surveillance épidémiologique. « Un système national de surveillance des toxi-infections alimentaires collectives et de contrôle des résidus chimiques déployé et opérationnel, soutenu par un renforcement des capacités techniques et analytiques des laboratoires ainsi que des compétences des acteurs de santé », lit-on.
Ensuite, la formation et l'accompagnement des acteurs, à travers notamment un appui aux vendeuses de marchés et aux unités de transformation artisanale (formations sur l'hygiène, conservation et gestion des températures) et, enfin, la responsabilisation des consommateurs par des campagnes de sensibilisation sur les gestes simples qui sauvent (tels que le lavage des mains, la cuisson adéquate, la prévention de la contamination croisée, la conservation des aliments à bonne température et la consommation d'eau potable).
Placée sur le thème, « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs », la commémoration 2026 rappelle que la sécurité sanitaire des aliments demeure une priorité pour tous les États afin de garantir une alimentation plus sûre pour toutes et tous, justifie le ministre.
Citant l'Organisation mondiale de la santé, Dr Kargougou révèle qu'à l'échelle mondiale, 550 millions de personnes tombent malades chaque année à cause d'aliments contaminés, entraînant 230 000 décès. L'Afrique est, poursuit le ministre, la région la plus touchée, avec 91 millions de cas et 137 000 décès annuels. « Ces chiffres rappellent que derrière chaque statistique, il y a des vies, des familles et des communautés fragilisées », a-t-il dit avant d'indiquer qu'au Burkina Faso, les maladies d'origine alimentaire restent une préoccupation majeure de santé publique.
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Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme porte à la connaissance des promoteurs et organisateurs de concours de beauté, qu'un processus d'élaboration de nouveaux textes réglementaires est en cours pour encadrer l'organisation de ces événementiels. En attendant donc l'entrée en vigueur de cette réglementation, l'organisation de tout concours de beauté est suspendue sur l'ensemble du territoire national.
Cette mesure s'inscrit dans la dynamique actuelle de préservation, de promotion et de valorisation du patrimoine culturel national, conformément aux idéaux de la Révolution progressiste populaire (RPP),
Elle vise également à garantir le respect de l'identité culturelle burkinabè, des valeurs morales et sociales ainsi que des principes éthiques et de dignité humaine « qui fondent notre société ».
« Aucune autorisation y relative ne pourra être délivrée dans cette période transitoire », avise le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme dans une note signée du lundi 8 juin 2026
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Sur un rooftop (toit-terrasse aménagé en hauteur comme bar) du quartier Ouaga 2000, derrière ses platines et son ordinateur, Adji Kabré orchestre les mélodies avec agilité. Depuis 2022, la jeune fille s'est aventurée dans un univers où l'on s'attend le moins à voir une femme. Slameuse, diplômée en droit, titulaire d'un master en gestion des conflits et construction de la paix, elle a choisi de suivre la passion et d'y consacrer son énergie. Son parcours actuel déconstruit les stéréotypes de genre et du classisme.
Adji Kabré cumule plusieurs vies en une seule. Elle est étudiante en journée, puis disc-jockey très souvent les soirs. La jeune fille est diplômée en droit, titulaire d'un master en gestion des conflits et construction de la paix. D'ailleurs la soutenance de son master portait sur « Le rôle de l'art dans le processus de construction de la paix ». Cela pourrait résonner théorique dans l'esprit, mais chez elle, cela est très pratique dans la réalité. Pourtant, rien ne prédestinait véritablement cette jeune femme à devenir une DJ professionnelle et passionnée.
Elle a commencé par le slam au lycée, puis les premières scènes et compétitions en 2019. « En 2020, je me suis intéressée à l'animation par curiosité. Au départ, c'était davantage pour le beatmaking. Puis en 2022, j'ai acheté mon propre matériel, la sono, les appareils nécessaires pour m'entraîner. C'est à ce moment-là que j'ai découvert une deuxième passion pour la musique. Je ne me suis jamais demandé si c'était un métier d'homme ou un métier de femme. Je me suis simplement intéressée à ce métier parce que je l'aimais. C'est quelque chose qui me fait me sentir vivante », raconte-t-elle. Depuis deux ans, elle mixe régulièrement dans un grand bar-rooftop bien connu de Ouaga 2000 et se produit aussi sur des rendez-vous culturels.
Quand la nuit tombe, les lumières des néons dessinent un horizon scintillant, c'est alors qu'Adji Kabré, Dj Otemptic, installe et branche son matériel de travail. Quand on y met pied, c'est l'agencement des mélodies qui retient l'attention avant que l'on aperçoive une silhouette d'environ 1 m 65, casque sur les oreilles, regard concentré, qui fait glisser ses doigts sur les commandes des platines. À ses côtés, un ordinateur haut de gamme où défilent à l'écran les morceaux qu'elle enchaîne avec bon sens. Sans transition, les basses envahissent et font vibrer l'espace. De quoi faire affluer les amoureux de la musique. Lorsque DJ Otemptic mixe, elle est comme absente, perchée sur un nuage de musique, seuls son clavier et sa platine l'intéressent.
« Certains pensent que c'est un métier misérable. Que c'est un métier qui n'est pas sérieux malheureusement. Mais je pense que c'est lié à l'ignorance », déplore Adji KabréS'imposer dans un monde où l'on ne vous attend pas
Derrière cette assurance qu'elle dégage quand elle travaille se cache un chemin semé d'interrogations, de préjugés et de défis. Car être femme DJ au Burkina Faso reste encore aujourd'hui une singularité. Adji Kabré en a conscience. Dans l'imaginaire collectif, le DJ reste encore largement associé à un homme. Les nuits, les bars, les festivals et les grandes scènes sont des univers où les femmes occupent rarement le devant des platines. « Beaucoup pensent que l'animation consiste simplement à jouer de la musique. Pourtant, ce n'est pas du tout cela. Il y a un énorme travail de recherche. Il faut connaître les styles, comprendre le public, préparer ses sélections, passer des nuits à travailler. C'est un métier qui demande énormément de concentration. C'est un métier cérébral. Les gens ne voient souvent que le moment où vous êtes derrière les platines, mais ils ne voient pas tout ce qu'il y a avant. Ils ne voient pas les heures passées à apprendre, à écouter, à préparer », explique-t-elle.
Adji Kabré a rapidement compris qu'elle allait donc devoir convaincre autrement par sa technique, par sa culture musicale, par un double travail. « C'est vrai qu'il y a peu de femmes dans ce métier. Quand les gens voient une femme derrière une platine, ils sont souvent surpris. Mais moi, je suis venue pour travailler. Je suis venue parce que j'aime cela. Je me suis accrochée à des amis DJ qui étaient déjà dans le métier et j'ai appris auprès d'eux. Je me suis formée et aussi chaque fois que j'ai eu une opportunité, j'ai montré ce que je savais faire. »
Au Burkina Faso, il n'existe pas encore de véritable école spécialisée dans le DJing. Les apprentissages passent souvent par l'entraide, l'observation et l'expérience du terrain. Une réalité qui complique davantage l'entrée dans la profession. À cela s'ajoute la question financière car les équipements professionnels représentent des investissements considérables. « Une platine coûte cher. Un ordinateur coûte cher. Le casque coûte cher. Tout coûte cher. C'est même l'une des principales difficultés du métier. Pourtant, lorsque vous proposez un tarif pour une prestation, certaines personnes trouvent cela excessif parce qu'elles pensent que vous faites simplement passer des chansons. Elles ne réalisent pas tout ce qu'il y a derrière », indique DJ Otemptic.
Cette détermination a fini par porter ses fruits. Ses prestations sont aujourd'hui appréciées par la clientèle. Son responsable, Rachid Ouédraogo, plus connu sous le nom de “Papy” dans le milieu, décrit une collaboratrice sérieuse, professionnelle et respectueuse de ses engagements. Il souligne également les nombreux retours positifs des clients concernant ses performances.
Au regard des stéréotypes et des étiquettes, DJ Otemptic que les jeunes filles ne s'intéressent pas longtemps au métier. « Malheureusement, les jeunes filles qui viennent vers moi, c'est peut-être juste pour l'effet de mode ou juste pour qu'on les voie mixer et faire des photos. Mais elles ne sont pas passionnées et ne sont pas motivées. »Là où certains auraient pu penser qu'elle devait renoncer à sa féminité pour s'imposer, Adji Kabré affirme exactement le contraire. « Je pense sincèrement que je n'ai pas eu besoin de faire taire ma féminité pour être DJ. Au contraire, ce métier a davantage révélé mon côté féminin. Bien sûr, il y a parfois des situations compliquées, des formes de harcèlement ou des comportements déplacés. Mais cela existe malheureusement dans beaucoup de domaines. Il faut garder la tête sur les épaules, rester concentrée, savoir être ferme quand c'est nécessaire et souple quand il le faut », détaille-t-elle.
« J'aime les femmes qui font des choses différentes »
Au-delà de la musique, Adji Kabré voit désormais son parcours comme un signal envoyé à d'autres jeunes femmes. Car derrière chaque prestation se cache aussi une représentation, une preuve qu'une femme peut occuper cet espace, y réussir à condition de rester concentrée. « J'aime les femmes qui osent. J'aime les femmes qui font des choses différentes. J'aime voir des femmes s'engager dans des domaines que l'on considère souvent comme réservés aux hommes. J'encourage beaucoup de jeunes filles à venir apprendre. Certaines viennent par curiosité, d'autres simplement pour prendre des photos derrière une platine. Mais j'espère toujours rencontrer davantage de jeunes filles réellement passionnées, prêtes à travailler sérieusement. »
Pour Adji Kabré, le talent n'a pas de genre. « Je voudrais dire aux jeunes filles que la passion n'a pas de genre. Le talent n'est pas genré. Dire qu'un métier de nuit est un métier d'homme n'est pas juste. Ce qui compte, c'est la passion, le sérieux et les valeurs que l'on porte. Dans tous les domaines, il existe des étiquettes. Mais il faut rester concentrée sur ses objectifs », pense-t-elle.
Cette conviction trouve un écho particulier dans son parcours universitaire. Lorsqu'elle travaillait sur son mémoire consacré au rôle de l'art dans la construction de la paix, elle réfléchissait déjà à la manière dont la culture peut transformer les sociétés. Aujourd'hui, elle continue de croire en ce pouvoir. « Je me vois dans quelques années en train d'impacter d'autres jeunes filles. Je me vois collaborer avec davantage d'artistes. Je me vois voyager et faire voyager la culture burkinabè. Je pense que l'art peut créer des ponts entre les personnes. Il peut transmettre des messages. Il peut contribuer à construire quelque chose de positif », ajoute DJ Otemptic.
« Quand il s'agit d'étudier, j'étudie ! Quand il s'agit de mixer, je mixe ! Je m'organise, je ne mélange pas les choses »Cette vision s'exprime également dans son activité de slameuse. En 2024, elle a sorti “Acapella”, un album de huit titres consacrés notamment à la liberté, à l'émancipation des femmes, au patriotisme et au civisme. Des thèmes qui prolongent naturellement les valeurs qu'elle défend derrière les platines. Dans le cadre du DJing, elle a également accompagné des artistes sur scène, récemment au spectacle de l'humoriste Moussa Petit Sergent, et multiplié les prestations dans des festivals à travers le pays.
Dans une société où certaines professions restent encore fortement associées à un genre, elle incarne une génération qui refuse les frontières invisibles tout en conservant les valeurs du pays.
Farida Thiombiano
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Le Tour du Faso signe son retour dans le calendrier de l'Union cycliste internationale (UCI). La 37e édition de la compétition, prévue du 30 octobre au 8 novembre 2026, figure désormais dans le calendrier officiel de l'UCI, a annoncé le Tour du Faso sur sa page Facebook.
Le Tour du Faso fait ainsi son retour au sein du calendrier de l'Union cycliste internationale. Retirée en 2024 du calendrier de l'instance faîtière du cyclisme mondial, le cyclisme burkinabè retrouve sa place parmi les compétitions officiellement reconnues par l'UCI.
La 37e édition du Tour du Faso, programmée du 30 octobre au 8 novembre 2026, est désormais inscrite au calendrier des compétitions de l'UCI pour la saison 2026.
Le Tour du Faso avait été retiré du calendrier de l'Union cycliste internationale en raison de la participation de l'équipe russe du CSKA Moscou au Tour du Faso 2024.
En effet, les équipes sportives russes étaient sous le coup d'une sanction internationale interdisant ainsi la participation de leurs équipes sportives à plusieurs compétitions en raison de la guerre en Ukraine.
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