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Updated: 1 month 2 weeks ago

Offensive piscicole : Miser sur les femmes pour relever le double défi de la souveraineté alimentaire et de la dépendance aux importations

Tue, 30/12/2025 - 12:39

Entre bacs, bassins hors-sol, et cases flottantes, les femmes burkinabè cassent les codes. Avec l'accompagnement de l'État, dans le cadre de l'offensive piscicole, elles veulent s'imposer et avoir leur part du marché dans les 100 000 tonnes de poissons fixées par an. Immersion dans une révolution où la pisciculture également devient un outil d'émancipation et d'autonomisation financière. À Bama, Samendeni et Léguéma, dans le Guiriko, en passant par Touzaguè, dans le Yaadga, les pionnières tiennent la canne dans la pisciculture !

Dimanche 23 novembre 2025. 4h30 du matin. L'un des derniers cars Ouaga-Bobo, d'une des compagnies de transport, marque son arrêt à la gare routière de la ville, au quartier Tounouma, sur le boulevard de la Révolution. L'écran géant installé dans le hall d'attente affiche une température de 28°C dehors.
L'harmattan bat déjà son plein dans cette région où les températures moyennes varient généralement entre 15°C et 39°C en novembre, et 9°C et 37°C en décembre. Les passagers habillés en conséquence se faufilent, certains pour rejoindre leurs domiciles, d'autres préfèrent attendre le lever du jour sous le hall.

Comme d'autres passagers, nous sautons dans le premier taxi, direction la gare centrale de bus (place Tiéfo Amoro), destination Bama. 5h20. Les bus se positionnent pour les premiers départs, à 6 h 00. Nous prenons place juste derrière le conducteur.

L'appel de Bintou Drabo/Zerbo, l'une des piscicultrices, avec qui nous avons rendez-vous à Bama, s'affiche. « Je suis déjà en route pour Bama », nous informe-t-elle, d'un ton enthousiaste et jovial matinal, enchaînant spontanément : « Je peux vous emmener, si vous le voulez bien. » Une proposition sur laquelle nous sautons, quand bien même nous avions déjà pris le ticket de bus. Le temps de lui passer la géolocalisation, son véhicule s'immobilise côté chauffeur. Visiblement, elle n'était pas très éloignée de là.

D'un signe de la main, elle nous invite à prendre place à ses côtés. Le premier contact physique s'établit, naturellement. Aussitôt, le véhicule s'engage, direction nord-est de Bobo-Dioulasso. « Votre ceinture [de sécurité] », chuchota-t-elle, engageant en même temps la causette : « ce n'est pas loin d'ici, c'est à peu près 25 kilomètres seulement ».

Dans cette ambiance maternelle et bon enfant, comme entre une mère et sa fille, le véhicule disparaît dans la douceur de l'ombre de l'aube, pendant que la ville de Sya semble toujours endormie.
Encerclée de gauche à droite de vastes plaines irriguées de la vallée de Kou, dans lesquelles jonchent encore les dernières récoltes de riz en cette fin de saison pluviale, Bama reflète réellement cette image de “pôle rizicole”, ou le "grenier à riz étuvé", qu'on lui colle.

Les premiers “lève-tôt”, déjà sur pied, vaquent à leurs occupations, pendant que notre véhicule traverse le centre vers ses périphéries. Environ trois kilomètres de bitume de la RN9, des bassins hors-sol en forme rectangulaire, montés en béton, avec des robinets, sur un site désertique à perte de vue. Reliés par des tuyaux, ils sont alimentés par un forage à grand diamètre, installé tout juste à côté. Très pratique pour le besoin en eau de la ferme.

La ferme d'alevinage à ciel ouvert de Mme Drabo à Bama

Il est 6h 45 min. Nous sommes à destination. « C'est ici », dit-elle, les yeux scintillants, nous souhaitant la bienvenue dans sa ferme. « Nous produisons ici des alevins de tilapia, et ça fait deux, voire trois années déjà. C'est la parcelle de mon mari. Il pratique du maraîchage et moi, je fais la pisciculture », a-t-elle poursuivi, sans perdre de temps.

« Au départ, je voulais me lancer dans la restauration, mais à la dernière minute, mon mari m'a conseillé la pisciculture, notamment l'élevage des alevins. Vu que de plus en plus, les gens se lancent dans la pisciculture, et surtout que l'élevage des alevins est moins exigeant et moins coûteux que le grossissement (la phase de croissance finale) », conte-t-elle au fur et à mesure de notre visite guidée.

Un choix économiquement stratégique, vu la croissance de l'activité piscicole dans les différentes localités du pays. Selon les dernières données statistiques de 2025, la demande en alevins explose sur le marché. À titre d'exemple, au niveau du barrage de Samendeni, la demande est passée à près de trois millions d'alevins (2 880 000), et à plus de quatre millions cinq cent (4 578 700) à Bagrépôle en 2025.

Sur sa ferme à ciel ouvert, une dizaine de bassins hors-sol, alignés sur le long de la parcelle. Les plus grands abritent les géniteurs, et les autres, les plus petits, contiennent les alevins, âgés d'une semaine à deux mois. Dans cette petite ‘'maternité'' aquacole, sortent déjà des milliers d'alevins qui pourvoient le marché, notamment l'empoissonnement des cages flottantes, et d'autres types d'infrastructures piscicoles de la région du Guiriko, ex-région des Hauts-Bassins.

En attendant le réveil des employés, une famille de personnes déplacées internes (PDI) que le couple a accueillie sur le site et qui est en même temps à la charge de la ferme, Bintou Drabo anticipe le programme du jour. Saisissant le sac à moitié plein de granulés d'aliments dans le magasin de stockage, et d'une baule, elle engage le jet de granulés dans l'eau trouble des bassins, mais aucun spectacle habituel de poissons. Marquant une pause et observant les reflets des tremblements de l'eau, son diagnostic est fait. « Ils ont froid », lâche-t-elle avec un sourire. Selon la piscicultrice, les poissons ne sortent pas de leur cachette quand il fait frais, il faut forcément attendre le lever du soleil pour les nourrir.

Vue des cages flottantes pendant les unes des autres sur le barrage de Samendeni

À une vingtaine de kilomètres de sa ferme, au sud de Bama, sur le barrage de Samendéni, le 3e plus grand barrage du Burkina, une autre piscicultrice développe elle aussi son activité piscicole. Ici, il s'agit du grossissement en cages flottantes. Aminata Koné/Diallo est l'une des quatre femmes parmi les 160 personnes engagées sur le barrage pratiquant de la pisciculture en cages flottantes, s'inscrivant dans le cadre de la promotion de ladite technologie, a souligné le chef de service de la pisciculture du Guiriko, Wendpouire Wangrawa, expliquant que les femmes ont bénéficié de cages flottantes, des alevins et d'aliments pour améliorer leur productivité. C'est ce qui crée d'ailleurs une certaine mobilisation des femmes autour de la pisciculture en cages flottantes comme également dans les bacs et bassins de la région. De façon générale, selon M. Wangrawa, le Guiriko enregistre au total 67 pisciculteurs et 10 piscicultrices dans les fermes, ainsi que 160 hommes et quatre femmes en ce qui concerne les cages flottantes.

…”sérieux, vigueur et stabilité”

Ce lundi 24 novembre 2025, Mme Koné nous embarque avec ses deux techniciens pour une visite guidée de ses cages flottantes installées sur Samendéni. Sur place, deux autres, spécialisés dans l'alimentation des poissons et la manœuvre de la pirogue et résidents de la localité, attendent déjà au bord, avec des gilets de sauvetage. Quelques minutes pour enfiler et ajuster nos gilets, et nous embarquons à cinq. L'engin disparaît au rythme des vagues de l'étendue d'eau, dont les limites sont impossibles à discerner.

L'un des agents des cages flottantes de Mme Koné donnant à manger aux poissons sur le barrage de Samendeni

Au milieu de l'eau, à une vingtaine de kilomètres des berges, la pirogue se faufile entre plusieurs cages, avant de tanguer devant une de la liste. Les deux capitaines attachent rapidement les cordages, passent à l'action et ‘'bon appétit'' aux poissons, pendant que la propriétaire, arrêtée tout juste à côté, veille au grain. Rien ne lui échappe. Elle papote de temps à autre, mais reste très attentive, le regard fixé sur le spectacle des poissons, révélant sa maîtrise de son travail, et une sorte de connexion avec ces êtres aquatiques.

Une attitude recommandée, selon le directeur général de la Direction générale des ressources halieutiques, Adam Ouédraogo, lors d'une interview accordée à cet effet. Il s'agit des traits de caractères qu'il faut pour réussir en pisciculture, qu'il résume en ces termes : « Les femmes sont méticuleuses et quand elles abordent un projet, elles l'abordent avec sérieux, vigueur et aussi elles sont stables, elles ne bougent pas beaucoup. » Une analyse appuyée par les deux techniciens d'Aminata Diallo qui sont également des pisciculteurs. Selon Joël Zougmoré, le plus jeune de l'équipe, la pisciculture est vraiment faite pour les femmes, parce que c'est un secteur qui a besoin de quelqu'un de permanent sur place. « Et ce sont les femmes qui sont sur place, donc moi je dirai même que c'est fait pour elles. Parce qu'elles sont à la maison et que leurs esprits ne divaguent pas comme pour les hommes », a-t-il commenté lors de la visite guidée sur le barrage.

« On peut déjà les faire sortir, mais on est en train de voir, on va attendre un peu », nous confie -t-elle. La “business woman” est très stratégique et prévoit plutôt de faire sa récolte pour coïncider avec les fêtes de fin d'année. Pour ces deux cages comptant des centaines de poissons, c'est de l'argent liquide en poche.
Son histoire avec les poissons ne commence pas à Samendéni. Elle pratique déjà, il faut le souligner, la pisciculture en bacs et bassins hors-sol, dans la petite commune de Léguéma. Cette commune de quelques milliers d'âmes, située à une quinzaine de km de Bobo-Dioulasso et qui accueille l'ambitieux projet du nouveau stade de 15 000 places, dont les travaux sont en cours. Aminata Koné est aussi avicultrice et il y a près de trois années qu'elle a été également ‘'mordue'' par le business de la pisciculture intensive. Tout débute avec quelques bassins hors-sol, avant de se déporter à Samendeni, avec les cages flottantes grâce à l'opportunité offerte par l'État dans les deux cas.

Pour cette sociologue de formation, qui a déjà le sens des affaires, la pisciculture offre une multitude de possibilités aux femmes sur toute la chaîne de valeur et elle l'a compris dès le départ. Aujourd'hui, son entreprise tourne à plein régime avec beaucoup de travaux en cours, une écloserie, d'autres bacs et bassins hors-sol en construction…

“Les battantes de Bama”

À côté de ces grandes piscicultrices, l'offensive piscicole permet aussi à des femmes en très grande précarité de regagner leur dignité dans le monde rural où les moyens de production sont concentrés entre les mains des hommes.

Mariam Konaté, la septuagénaire présidente de l'association Mousso Djigui de Bama arrêtée à côté de l'un de leurs bacs hors-sol

Enturbannée d'un foulard coloré, les mains et le visage décharnés par le poids de l'âge, la voix tremblotante, Mariam Konaté, 71 ans, ne peut pas cacher sa joie. Présidente de l'association “Mousso Djigui'”, signifiant en langue locale bambana “Femmes d'espoir”, créée en 2024, elle témoigne : « Si ce n'est pas avec les gens qui sont venus nous aider, on n'aurait jamais entendu parler d'élevage de poisson depuis que nous sommes petites. On savait que les poissons viennent des fleuves, lacs, bas-fonds, rivières, mais élever à l'air libre comme ça, dans un enclos construit, pas encore », souffle-t-elle, fixant les bacs circulaires en tôle installés dans le jardin commun, avec étonnement. Les autres, scotchées autour, se contentent de remuer la tête. « Mais c'est une bonne chose ma fille, sinon nous autres que pouvions-nous encore faire dans la vie ? », questionne-t-elle, ajoutant qu'elles sont presque toutes « des veuves et des vieilles » (elles ont entre 60 et 80 ans).

Mais grâce à cette activité piscicole, ces seniors ont repris leur vie en main, sont à nouveau sur pied, et travaillent à temps plein. Se réjouissant de ce qu'elles découvrent, elles en témoignent presque les larmes aux yeux : « Avant, on était toujours à la maison, soit on garde les petits enfants, soit on est assis et on regarde les gens aller et revenir, mais aujourd'hui, nous aussi, nous pouvons sortir et revenir. » Comme “Mousso Djigui”, d'autres associations féminines de Bama ont également été accompagnées dans la pisciculture hors-sol, à l'image de “Beenafa Kassia” et de “Sabari Kadi”. Ces deux groupements féminins, situés à un jet de pierre de la ferme des séniors, combinent harmonieusement pisciculture et maraîchage. Une forme d'aquaponie (élevage de poissons, et maraîchage grâce à l'eau enrichie en nutriments des poissons) faite à la main et de façon archaïque.

Les femmes du groupement Sabari Kadi scotchées autour du bac regardant avec stupéfaction le spectacle des poissons se nourrissant

Sur leurs différents sites, également en bacs circulaires hors-sol à tôles, l'effet de surprise est d'autant plus frappant. « Avant, nous ne savions pas qu'un poisson s'élevait comme un poulet. Mais grâce à l'accompagnement que nous avons eu, on a testé et ça marche. On a déjà vendu la première récolte, et c'est son argent que nous avons pris pour acheter des alevins pour rempoissonner nos bacs, et c'est ça que vous voyez dedans », décrit la présidente de Beenafa Kassia, Bintou Traoré, révélant que l'activité ne les empêche surtout pas de continuer leur travail de maraîchage. « On utilise plutôt l'eau de poissons pour arroser nos légumes et on n'a plus besoin d'engrais », justifie-t-elle.

La porte-parole du groupement “Sabari Kadi”, Oumou Sawadogo, elle se satisfait de cette nouvelle activité dans laquelle son groupe est engagé, et voit déjà grand. Son souhait, c'est que d'ici à cinq ans, toutes les femmes de Sabari Kadi puissent s'épanouir davantage. Mieux, que ce soient elles qui comblent la demande de la région en poissons-silures et d'autres espèces, prie-t-elle avec un large sourire aux lèvres, expliquant que c'est bien d'être une femme piscicultrice. « D'abord, parce que, pendant les récoltes, en plus de la vente, nous pouvons enlever aussi pour notre alimentation au lieu d'aller acheter. Lorsqu'on vend aussi, les bénéfices qu'on se partage, on peut les utiliser pour aider nos maris dans les charges de la famille », a-t-elle témoigné.

“... et sa résilience…”

Autre terre, même réalité. À près de 600 kilomètres des femmes de Bama et de Samendéni, cette fois dans le Yaadga, ex-région du Nord, où nous étions plus tôt, des femmes portent les mêmes rêves. Dans cette partie du pays où la question d'eau reste un défi majeur, moins de 1 000 mètres cubes par an, l'activité piscicole intéresse également les femmes.

À Tougzagué, dans l'un des quartiers périphériques de Ouahigouya (chef-lieu de ladite région), une image inhabituelle attire le regard des passants pressés de rejoindre leurs champs en ce début de la saison des récoltes.

Jeanne Compaoré, la présidente de la coopérative Teele Taaba de Ouahigouya nourrissant passionnément ses poissons

Une quinquagénaire, Jeanne Compaoré, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, assure ce 27 octobre, très tôt, son “Zeeré” (travail matinal des femmes au pays moaga), dans sa ferme piscicole. Penchée seule sur l'un des bassins, les pieds nus dans la boue, et le visage rempli de sueur, elle le vide de son eau puante, pendant que certaines passantes solidaires, lui donne un coup de main.

Se relayant tour à tour, elles nettoient en même temps l'intérieur des deux bassins, avant de les remplir à nouveau. Après plus d'une heure de solidarité, faite d'ambiance, de papotage, les tâches sont accomplies avec succès, nécessitant une petite pause bien méritée, dans les éclats de rire, avant la séparation. Pendant que les autres femmes se retirent, la “matrone” enchaîne avec l'alimentation des poissons se débattant dans la nouvelle eau à la recherche de la moindre nourriture.
De ses yeux sombres marqués par le soleil brûlant de ce 27 matin se cache un combat, le refus d'abandonner l'activité, malgré les échecs répétés.

Il y a moins d'une semaine, elle a perdu près d'une moitié de ses poissons due à une mortalité, dont elle ignore la cause. C'est justement pour ces genres de déconvenues que beaucoup de membres ont abandonné l'activité entre ses mains. Pour la petite histoire, Jeanne Compaoré est la représentante de la coopérative “Teelé Taaba”, en langue mooré “Soutenons-nous”, dont les membres s'étaient au départ engagés solidairement pour l'activité piscicole grâce au soutien de l'un des partenaires locaux de l'État, l'Association formation développement ruralité (AFDR). Malheureusement, les mauvaises surprises ont fait que la plupart ont abandonné, la laissant presque seule à poursuivre l'aventure, a-t-elle laissé entendre, dans une voix teintée de tristesse.

Mais elle y tient mordicus. Malgré la mortalité des poissons, la rudesse du travail et son exigence, dame Compaoré refuse de jeter l'éponge comme les autres, parce qu'elle y a mis tout son cœur. « On peut avoir beaucoup de difficultés dans une activité, mais quand on a le cœur pour le faire, on continue jusqu'à ce que ça marche », lance-t-elle, toujours déterminée. Jeanne Compaoré veut être comptée parmi les pionnières (150 au plan national) qui ont tracé le chemin aux autres dans la pisciculture qui est loin d'être le terrain habituel de la gent féminine. En la matière, la FAO indique d'ailleurs dans l'un de ses articles publiés en 2022 que le secteur a été considéré à tort comme un monde d'hommes pendant des décennies. Alors que les femmes y ont toujours été présentes et connaissent aujourd'hui une forte augmentation en lançant leur propre entreprise dans tous les domaines du secteur. Tout en précisant qu'à travers le monde, plus de 50 millions de femmes prennent part à la pêche et à l'aquaculture et leurs contributions aux revenus des ménages et aux communautés ne peuvent pas être ignorées.

Dans la pratique, de nombreuses difficultés démotivent les unes, poussent d'autres à abandonner, mais les plus coriaces y tiennent, s'y accrochent et certaines finissent par s'y installer confortablement. Le souci majeur qu'elles rencontrent est lié au manque de techniciens qualifiés et disponibles lorsqu'elles sont dans le besoin d'une assistance. « Parce qu'on veut, quand on a un problème, qu'on sache à qui s'adresser, sinon ça ne sert pas d'investir dans une chose où on ne fait qu'enregistrer perte sur perte. On s'est retrouvées avec les gens qui n'ont pas l'expérience du terrain. Nous étions comme des “cobayes” pour eux et cela nous a causé beaucoup de pertes », déplore Mme Koné.

Une autre difficulté également relevée est relative à la mauvaise qualité des alevins proposés sur le marché et à la non-prise en compte des alevineurs dans la liste des accompagnements. Concernant ce dernier point, Bintou Ouédraogo, qui est alevineuse, déplore le manque d'accompagnement à leur égard, alors que tout part de là. « Si on a des alevins de bonne qualité dès le départ, on aura aussi de bons poissons comme produit fini et on évitera les grandes mortalités dans les fermes », professe-t-elle.

Moustapha Alassane Tassembedo, le directeur général des ressources halieutiques parlant de l'enjeu de l'implication des femmes pour atteindre les objectifs des 100. 000 tonnes de poissons

Aux dires du directeur général, les questions d'insuffisances en capital humain sont déjà connues de son service, mais il y a un travail qui est en train d'être fait sur le terrain pour leur permettre de mener à bien leurs activités, mais aussi les autres acteurs du secteur, rappelant que l'activité est à ses débuts et c'est avec l'expérience que les problèmes se résoudront au fur et à mesure. En termes de solutions en cours, Adam Ouédraogo a fait cas de la création des fermes d'alevinage pour produire des alevins de qualité à mettre à la disposition des pisciculteurs et piscicultrices.

Pour la question de la main-d'œuvre qualifiée et de qualité, Moustapha Alassane Tassembedo parle d'une collaboration avec le monde de la recherche et également de la formation des “ouvriers à la carte” à l'ENESA (École nationale de l'élevage et de la santé animale) pour accompagner les pisciculteurs et piscicultrices sur le terrain. L'objectif visé, selon lui, c'est d'avoir plus de femmes dans le domaine, et qu'elles arrivent à produire même la moitié des 100 000 tonnes fixées par an. C'est-à-dire, les 50 000, parce qu'avec les résultats qu'on a déjà, elles sont leaders, notamment dans les cages flottantes et sur les bons spectaculaires des 17 000 tonnes produites, elles représentent les 10 % de cette production.

C'est pour dire qu'elles ont un potentiel qu'il faut valoriser, et elles sont surtout une valeur sûre qui nous permettra d'atteindre les objectifs fixés, mais aussi le fait de les intégrer obéit à la politique de l'équité pour avoir une pisciculture inclusive et participative. C'est pour cela que nous les « capacitons » en connaissances à travers les formations et facilitons la mobilisation des fonds. Et elles ont eu les plus gros montants, et concernant les remboursements, on leur facilite le payement », a expliqué le premier responsable de la direction générale des ressources halieutiques.

Yvette Zongo
Lefaso.net

Categories: Afrique, European Union

Burkina : Les entreprises avec un chiffre d'affaires d'au moins 5 milliards de francs CFA annuels désormais tenues d'avoir un siège sur le territoire national

Tue, 30/12/2025 - 12:39

L'Assemblée législative de transition a adopté ce lundi 29 décembre 2025 le projet de loi portant obligation pour les grandes entreprises de construire un siège au Burkina Faso. Les 68 députés votants ont, à l'unanimité, voté ce projet composé de six chapitres répartis en quatorze articles.

Le gouvernement était représenté à cette séance par la ministre déléguée chargée du budget, Fatoumata Bako. La session, elle, était présidée par le 4ᵉ vice-président de l'Assemblée législative de transition, Daouda Diallo.

Le contexte sécuritaire que connaît le Burkina Faso peut faire croire à un désintérêt des investisseurs pour le pays. Pourtant, il n'en est rien. « Le Burkina Faso connait une attractivité croissante auprès des investisseurs nationaux et internationaux, avec une implantation significative de grandes entreprises dans les secteurs miniers, des télécommunications, des services financiers, de l'agro-industrie et des infrastructures », lit-on comme réponse du ministre secrétaire général du gouvernement, Ousmane Ouattara, lors des travaux avec la Commission des finances et du budget.

Toutefois, cette dynamique d'investissement ne s'accompagne pas systématiquement d'un ancrage territorial durable. Tout en bénéficiant du marché burkinabè, de nombreuses grandes entreprises maintiennent leurs sièges sociaux à I'étranger ou opèrent sans infrastructures permanentes significatives sur le territoire national. « Cette situation génère des déséquilibres économiques structurels : Défis fiscaux : I'absence de siège physique complique l'établissement de la résidence fiscale, favorisant l'érosion de la base d'imposition et le transfert des bénéfices », a-t-il indiqué.

La séance plénière a été présidée par Daouda Diallo

Par ailleurs, cela engendre un faible effet d'entraînement. « Le potentiel de création d'emplois qualifiés et de développement de l'immobilier d'affaires n'est pas pleinement exploité ; le contrôle est limité car les autorités administratives rencontrent des difficultés dans le suivi et le contrôle des activités économiques des entreprises sans implantation physique permanente ; la souveraineté économique se voit réduite, au regard de la faible matérialisation de la présence des grands investisseurs, ce qui limite leur contribution au développement économique local et national », a-t-il ajouté.

« Siège de l'entreprise », au sens de ce projet de loi, désigne l'immeuble principal installé au Burkina Faso, abritant les organes de direction et les services centraux, et constituant le lieu de résidence fiscale. « Il ne s'agit pas nécessairement du siège social (mondial) de l'entreprise, mais d'un siège opérationnel et fiscal significatif sur le territoire national », a clarifié le ministre secrétaire général, Ousmane Ouattara.

Une fois cette loi entrée en vigueur, les grandes entreprises, nationales comme internationales, qui réalisent un chiffre d'affaires annuel hors taxe d'au moins 5 milliards de francs CFA sur les trois dernières années auront six mois pour proposer un projet immobilier aux services compétents. « Ce délai est jugé raisonnable pour permettre aux entreprises de préparer un dossier complet (plans, budget, calendrier) », a-t-il précisé. Une fois le projet immobilier adopté, l'entreprise a 36 mois, à compter de la date d'adoption, pour la construction, lit-on à l'article 5 de la loi.

Le présent projet de loi soumis à l'Assemblée législative de transition (ALT) ce lundi 29 décembre 2025 s'inscrit, dit-il, en droite ligne des orientations stratégiques du gouvernement. Il vise à renforcer la souveraineté économique nationale ; améliorer la mobilisation des ressources fiscales internes ; promouvoir un développement économique inclusif et durable ; créer des pôles d'excellence et d'emplois qualifiés dans les centres urbains.

« Par ailleurs, ce projet prévoit un régime incitatif équilibré, accordant des avantages fiscaux et douaniers temporaires pour accompagner les entreprises dans cette transition, tout en garantissant le respect des standards de qualité architecturale et de durabilité environnementale… Cette initiative rejoint les meilleures pratiques observées dans plusieurs pays émergents qui ont instauré des obligations similaires, avec des résultats positifs en termes d'investissements immobiliers, de création d'emplois et de renforcement des recettes fiscales », lit-on du rapport issu des travaux de la Commission des finances et du budget (COMFIB).

On a, en guise d'exemple, l'Angola, le Ghana, l'Indonésie, la Malaisie. « Ce projet de loi constitue une mesure légitime de politique économique visant à ancrer les investissements et à favoriser le développement local, sans introduire de restrictions aux échanges ou aux investissements contraires aux accords internationaux. Par ailleurs, les avantages fiscaux conditionnels prévus sont conformes aux cadres internationaux. Ils sont ciblés, non cumulables et ne créent pas de distorsion de concurrence. Le Burkina Faso réaffirme ainsi son respect de ses obligations internationales tout en exerçant son droit souverain à adopter des mesures pour structurer son économie », précise le ministre secrétaire général.

À la question de savoir si cette loi ne sera pas son propre bourreau, la ministre en charge du budget, Fatoumata Bako, répond : « Beaucoup d'entreprises disposent de terrains dans ce sens-là… Beaucoup ont commencé à mettre en valeur leurs terrains… et je dirai que c'est peut-être le Burkina qui est un peu en retard dans ce domaine. Ça ne viendra pas comme quelque chose de nouveau pour les grandes entreprises car elles sont bien au courant de ce genre de dispositions (…) Il est vrai que cela peut constituer un risque, mais nous avons bon espoir que les grandes entreprises n'en feront pas une difficulté majeure, d'autant plus qu'il y a des conditions pour les accompagner. »

La ministre Fatoumata Bako était la représentante du gouvernement ce 29 décembre

Erwan Compaoré
Lefaso.net

Categories: Afrique, European Union

Burkina/Reconversion professionnelle : L'entrepreneuriat, le second souffle de nombreux retraités

Tue, 30/12/2025 - 12:39

Ils sont nombreux les travailleurs qui, après des dizaines d'années de bons et loyaux services, refusent de vraiment "se reposer". Fuyant l'oisiveté, ils décident de mener des activités socio-économiques, chacun dans le domaine qui le passionne. Une reconversion dont l'objectif est également de continuer à contribuer au développement socio-économique du Burkina Faso. Nous avons pu rencontrer deux d'entre eux qui, autour d'une conversation, se confient à cœur ouvert sur cette reconversion vers l'entrepreneuriat. Si Natandia Mamoudou Onadja s'illustre dans l'élevage, surtout la production laitière, Fatoumata Thiombiano/Sanou excelle dans le social et la transformation locale.

C'est d'abord Natandia Mamoudou Onadja qui accepte notre demande d'entretien. Le self-made-man, comme il se qualifie lui-même, l'homme qui s'est fait tout seul, avec ses moyens de bord, nous reçoit chaleureusement chez lui, après plusieurs jours d'échanges en ligne. Après l'eau de bienvenue, nous débutons notre entretien. Agent des douanes à la retraite, il a passé une trentaine d'années à servir l'administration douanière et l'État burkinabè. Il dit garder de très bons souvenirs, arguant avoir également contribué au développement du pays avec l'aide de ses différents collègues.

Natandia Mamoudou Onadja dans sa ferme

Un rêve d'enfant qui se réalise

Admis à la retraite en 2016, il décide de poursuivre un rêve d'enfance, une passion mise en sourdine. Il s'agit de l'agriculture et surtout de l'élevage. L'opérationnalisation d'une passion d'enfance au crépuscule de sa carrière professionnelle. Avec ses propres fonds, il crée ainsi sa ferme dans le village de Bana, situé dans la province du Houet, région du Guiriko, à 15 km du chef-lieu, Bobo-Dioulasso. Sur place, il y fait l'élevage de bovins, notamment des vaches laitières de la race montbéliarde et holstein, et aussi l'élevage porcin.

« C'est une passion de ma tendre jeunesse, parce que j'ai trouvé un papa dans le commerce et dans l'élevage, surtout des animaux. On faisait le commerce du bétail. D'ici, on exportait en Côte d'Ivoire. Je suis né au milieu des animaux, des ruminants, des bœufs, des chevaux, de tout. Depuis ma tendre enfance, c'est cette passion dont j'ai hérité de mon papa qui m'a emmené vers les animaux et qui s'est, au fil du temps, transformée en business. C'est-à-dire qu'au fil du temps, quand j'ai commencé à travailler, je n'ai jamais arrêté d'avoir des animaux où que ce soit. Quel que soit l'environnement, là où je suis, il y a tout le temps des animaux avec moi. Donc, c'est cette fibre, c'est cette passion qui s'est muée en business. On ne peut pas dissocier l'élevage de l'agriculture ; ce sont les choses qui vont de pair », retrace Natandia Mamoudou Onadja.

Les vaches laitières de Natandia Mamoudou Onadja

Sa reconversion en businessman ne s'est pas faite du jour au lendemain. C'est le résultat d'un processus bien planifié. « Je suis un self-made-man, comme les gens le disent. Je n'ai pas attendu la retraite pour débuter. Moi, j'ai commencé ces investissements depuis 2002. J'ai commencé à chercher les terrains, à prendre les premiers animaux, à les garder petit à petit, jusqu'à les transférer sur le site. Ensuite, j'ai commencé à croiser, à payer des taureaux pour croiser et à passer par l'insémination, et ainsi de suite », a-t-il précisé.

Après une période glorieuse de production et de commercialisation, les activités de Monsieur Onadja tournent actuellement au ralenti, dû notamment à une histoire douloureuse. La perte de son épouse en 2022. Une épreuve déchirante qu'il a tout de même tenu à nous raconter. Elle était, selon ses propres mots, un pion essentiel dans ses activités. C'est de son vivant que l'entreprise a connu son pic de développement.
De 70 têtes de vaches laitières montbéliardes et holstein à une vingtaine aujourd'hui, Monsieur Onadja continue de mener sa barque et refuse d'abandonner, malgré les difficultés et la perte de sa moitié, bénéficiant du soutien de sa famille, notamment de ses enfants. Une manière pour lui de se libérer et de se maintenir. Natandia Mamoudou Onadja milite même pour que l'un de ses fils prenne la relève.

« Le top que la ferme a connu jusqu'en 2022 n'est plus le même. Mais la ferme est là, elle existe. Je tire toujours mon épingle du jeu, j'arrive à m'en sortir, les bêtes sont là. J'avais atteint un niveau de production, mais la disparition de madame et le fait que je me suis déporté en 2022 ont fait que la ferme a connu de petits soucis. Nonobstant cela, je me suis ressaisi. J'ai repris la chose en main. C'est une situation qui m'avait un peu éloigné de Bobo. Avec le temps, je me suis fait une raison d'y retourner et de reprendre les choses en main. Et la mayonnaise a commencé à reprendre, tant bien que mal », se remémore-t-il amèrement.
La principale activité de Monsieur Onadja, c'est la production du lait. À l'apogée de sa production dans les années 2020, selon ses confidences, son entreprise produisait au moins 100 litres de lait par jour avec en moyenne 17 litres par vache laitière en une seule traite.

Natandia Mamoudou Onadja excelle également dans l'élevage porcin

Hormis les difficultés internes, la crise sécuritaire a eu un impact sur ses activités. Aussi, durant sa période de deuil, le manque de concentration de certains employés a joué sur la santé et l'alimentation des animaux, selon Natandia Mamoudou Onadja. Le problème actuel, c'est l'alimentation, en raison des coûts élevés des aliments et du manque d'implication du personnel. Pour nourrir ses animaux, Monsieur Onadja pratique l'ensilage. « Les coûts sont énormes. Quand vous partez pour prendre un sac de son, aujourd'hui, ça coûte très cher », assure-t-il.

Dans sa ferme, l'agent des douanes à la retraite n'est pas un patron comme les autres. Il n'hésite pas à mettre la main à la pâte afin de donner l'exemple. « J'ai toujours voulu donner l'exemple. Je ne suis pas du genre, arrivé sur mon site, je m'assois, je bois un thé, je bois un petit vin et je regarde mes employés. Non, je mets la main à la pâte pour que l'employé sache que même s'il n'est pas là à temps plein, je suis capable de faire ce qu'il fait. Donc je suis toujours au four et au moulin. Souvent, je dors à la ferme », confie-t-il.

Le social, le sacerdoce de Fatoumata Thiombiano/Sanou

À la suite de Natandia Mamoudou Onadja, nous avons été reçus par Madame Fatoumata Thiombiano/Sanou, éducatrice sociale à la retraite. Elle nous accueille chez elle au quartier Tanghin de Ouagadougou. D'un air gentil, elle nous installe. Après l'eau de bienvenue, les salutations et présentations d'usage, le décor est planté pour une belle causerie d'une vingtaine de minutes.

Après 36 années de service dans l'éducation sociale, Dame Thiombiano n'a jamais quitté le social. Un sacerdoce qu'elle continue d'honorer pour le bonheur de nombreux enfants. Désormais à la retraite et marquée par la souffrance des enfants souvent abandonnés ou maltraités durant sa carrière, elle continue de donner un coup de main aux services sociaux en hébergeant, chez elle, des enfants recueillis par l'action sociale, le temps qu'une solution définitive soit trouvée. « Quand je suis partie à la retraite, j'ai décidé de faire du bénévolat au niveau du social aussi. Comme je l'ai dit tantôt, j'ai été frappée par la souffrance de certains enfants. Donc, je me suis dit : « Pourquoi tu pars à la retraite et tu ne peux pas aider d'autres enfants ? C'est un cadre de vie en attendant qu'ils trouvent des solutions adaptées à leur problème », justifie-t-elle.

C'est ainsi qu'elle a continué à aider volontairement l'action sociale. Sur place, elle nous montre une jeune fille d'environ dix ans, en train de s'amuser avec ses autres petits-enfants. Cette dernière, sans nouvelles de ses parents, a été recueillie par l'action sociale puis hébergée et scolarisée chez elle. Toute souriante et parlant désormais le français, elle s'amuse avec les enfants de son âge, sous le regard rempli de fierté de "Yaaba" (grand-mère en langue nationale mooré), sa "sauveuse et protectrice".

Fatoumata Thiombiano/Sanou, admise à la retraite, continue de respirer que par le social, la protection des enfants

En plus de ses activités de bénévolat pour prendre en charge les enfants abandonnés, Fatoumata Thiombiano/Sanou mène des activités commerciales. Elle excelle dans la transformation du maïs en couscous. Mais dame Thiombiano n'a pas une entreprise formalisée ; elle produit uniquement sur commande, selon ses explications. Des activités qu'elle mène grâce à ses propres fonds.

À l'en croire, les problèmes rencontrés dans ses activités commerciales sont surtout d'ordre financier, même si elle évoque également le problème de stockage du maïs. La fluctuation du prix du maïs est souvent problématique pour dame Thiombiano. Et dans ces deux activités, Fatoumata Thiombiano/Sanou a le soutien de sa famille qui, confie-t-elle, consomme la farine transformée et a grandi dans le social qui demeure sa « véritable raison d'être. »

Aux travailleurs qui souhaitent entreprendre, il faut s'y prendre tôt…

À l'endroit des travailleurs qui souhaitent entreprendre au moment de la retraite, Natandia Mamoudou Onadja leur conseille de s'y prendre tôt. À l'entendre, même à cinq ans de la retraite, c'est très risqué, sauf si la personne a économisé assez de ressources financières pour cela. Pour finir, le fermier de Bana conseille fortement de ne pas avoir peur de s'engager dans l'agriculture et l'élevage. Pour lui, ce sont deux activités qui vont de pair. « La terre ne ment pas, insiste-t-il. Il peut y avoir des difficultés comme dans toute activité, mais cela peut vous amener aussi au sommet. »

Tout comme Natandia Mamoudou Onadja, Fatoumata Thiombiano/Sanou conseille aux travailleurs de ne pas attendre la retraite pour débuter. « S'ils peuvent déjà entreprendre des activités, c'est bien, parce qu'une activité commerciale, ça ne donne pas tout de suite. Les premières années, le temps de se faire connaître, de se lancer, et puis vraiment pouvoir même s'installer, c'est tout un problème. Donc, il faut que les gens commencent tôt. Le premier jour même du travail, on peut commencer à préparer l'après-travail, afin de pouvoir aller à la retraite et pouvoir bénéficier des fruits de son travail », conseille-t-elle.

Pour elle, avoir une activité après la retraite permet également d'être physiquement au top et d'éviter certaines maladies comme l'hypertension artérielle. « Après la retraite, se retirer et rester dans les maisons enfermées, il y a d'autres problèmes de santé qui viennent. Voilà, aujourd'hui, on est hypertendu et on vous demande de marcher. Tu n'as pas d'activité, tu te lèves, tu marches dans le quartier. Alors que s'il y a une activité, ça te permet de bouger et de ne pas rester sur place. Il faut le faire modérément aussi, par rapport à son âge, pour ne pas tomber aussi dans l'excès de fatigue », a-t-elle ajouté.
Fatoumata Thiombiano/Sanou a enfin encouragé la jeunesse d'aujourd'hui à se mettre au travail, à se départir de la course au gain facile afin de contribuer à construire un Burkina Faso émergent et de paix.

« Il y a des financements pour les projets porteurs »

Dans cette reconversion professionnelle des retraités, le véritable problème, ce sont les ressources financières. Pour certains d'entre eux, la retraite n'offre pas une vraie garantie pour obtenir de l'accompagnement des établissements financiers.
Mais à en croire Dr Amadou Nébila Yaro, directeur général du Cabinet d'études et de recherches en entreprises (CERE) et ancien ministre de l'Économie numérique, il y a au Burkina Faso des financements qui ne demandent que des projets porteurs. Pour lui, la reconversion professionnelle des retraités favorise le transfert de leurs expériences et de leurs compétences vers les générations plus jeunes. Cela contribue à une meilleure transmission des connaissances intergénérationnelles et au développement de la société dans son ensemble.

Alors que de nombreux retraités burkinabè donnent un second souffle à leur vie professionnelle à travers l'entrepreneuriat, la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) s'active également pour accompagner cette transition. Elle a déjà organisé des rencontres dédiées à la préparation à la retraite, afin de sensibiliser les agents publics proches de cette étape clé de leur existence.
Au cours de ces échanges, la CARFO a encouragé une préparation anticipée de la retraite, non seulement sur le plan administratif et financier, mais aussi sur celui du projet de vie post-carrière, incluant l'entrepreneuriat et d'autres activités économiques.

Hyacinthe Tamalgo, directeur général de la CARFO ( photo prise lors de la première édition de la conférence publique sur la préparation de la retraite)

À travers ce type d'initiatives, la CARFO entend non seulement faciliter l'accès aux prestations et aux droits des futurs retraités, mais aussi les aider à repenser leur vie après le service actif, loin de l'image stéréotypée de la « chaise longue ».

Lors de la première édition de la conférence publique sur la préparation à la retraite,tenue les 14 et 15 juillet 2025, Hyacinthe Tamalgo, directeur général de la CARFO, avait déclaré : « Nous voulons également profiter de cette occasion pour leur apprendre comment préparer des projets personnels, parce qu'à la retraite, il est préférable de ne pas rester inactif, mais plutôt de pouvoir porter des projets bénéfiques pour la famille. Nous voulons aussi leur présenter les différentes sources de financement de leurs projets. Il y a notamment le Fonds national d'appui aux travailleurs déflatés et retraités (FONA-DR), la Maison de l'entreprise et bien d'autres structures qui disposent de mécanismes de financement pouvant leur être utiles dans la réalisation de leurs initiatives. ».

Plus de 300 participants ont pris part à la première édition de la conférence publique de la CARFO sur la préparation à la retraite

L'État du Burkina Faso mène des actions pour accompagner les retraités vers une autonomie financière durable. À cet effet, le Fonds national d'appui aux travailleurs déflatés et retraités (FONA-DR) a été créé par le décret nᵒ 2008-048/PRES/PM/MEF/MTSS du 9 février 2008 afin de prendre en charge les groupes vulnérables du monde du travail, notamment les travailleurs déflatés et les retraités.
Le FONA-DR a pour mission de les accompagner dans l'entame d'une seconde carrière à travers la formation, l'octroi direct ou indirect de prêts, ainsi que la valorisation de leur expertise et de leur expérience, en vue de contribuer à la réduction du chômage et de la pauvreté au Burkina Faso.

Mamadou Zongo
Lefaso.net

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Les Coûts Cachés de la Non-Prévention : Quand négliger les risques professionnels coûte cher aux entreprises africaines

Tue, 30/12/2025 - 12:38

En Afrique, où l'économie connaît une croissance dynamique, un défi majeur mine silencieusement la productivité et la rentabilité des entreprises : la négligence des risques professionnels. Derrière chaque accident du travail, chaque maladie professionnelle non prévenue, se cache un iceberg de coûts qui impacte durablement la compétitivité des organisations.

L'ampleur du problème en chiffres
• Données alarmantes du continent africain
Selon l'Organisation Internationale du Travail (OIT), l'Afrique subsaharienne enregistre l'un des taux d'accidents du travail les plus élevés au monde.
 + 54 000 décès annuels liés au travail en Afrique
 4-6% du PIB perdu à cause des accidents et maladies professionnels
 16,7% de taux d'accidents mortels (le plus élevé mondialement)
 2,1 millions d'accidents du travail recensés chaque année

Les coûts cachés : L'iceberg financier
Contrairement aux idées reçues, les coûts directs (soins médicaux, indemnisations) ne représentent que la partie visible de l'iceberg. Les coûts cachés, souvent négligés dans les bilans, sont 4 à 10 fois supérieurs aux coûts directs.
• Les coûts directs (20-30% du total)

 Frais médicaux : Hospitalisations, traitements, rééducation
 Indemnisations : Compensations légales versées aux victimes
 Primes d'assurance : Augmentation après sinistralité élevée

• Les coûts indirects (70-80% du total)

 Perte de productivité : Arrêts de travail, remplacement temporaire, formation des remplaçants
 Perturbation de la production : Ralentissements, retards de livraison, pénalités contractuelles
 Détérioration du climat social : Démotivation, stress collectif, turnover accru
 Atteinte à l'image : Réputation ternie, difficulté à recruter, perte de marchés
 Coûts administratifs : Enquêtes, procédures judiciaires, audits de conformité
 Investissements correctifs d'urgence : Modifications tardives et plus coûteuses des installations

Impact par secteur : Des réalités contrastées

• Secteur minier
Dans les pays comme la République Démocratique du Congo, la Zambie ou le Ghana, l'exploitation minière artisanale et industrielle génère des coûts d'accidents estimés entre 2 et 3% du chiffre d'affaires annuel des entreprises. Un accident mortel peut coûter entre 500 000 et 2 millions de dollars à une entreprise minière moyenne.

• Construction et BTP
Avec l'urbanisation galopante, le secteur de la construction connaît une croissance explosive. Au Nigeria, Kenya et Éthiopie, les accidents de chantier représentent jusqu'à 40% de tous les accidents du travail. Le coût moyen d'un accident grave est estimé à 15 000 à 50 000 dollars par incident.

• Agriculture
Employant plus de 60% de la population active africaine, l'agriculture cumule exposition aux pesticides, accidents avec machines agricoles et maladies liées au travail sous climat difficile. Les pertes économiques sont difficiles à quantifier mais affectent directement la sécurité alimentaire.

• Industrie manufacturière
Dans des pays comme l'Afrique du Sud, le Maroc ou l'Égypte, les accidents dans les usines textiles, alimentaires et chimiques coûtent en moyenne 1,5 à 2% du chiffre d'affaires annuel.

Exemples concrets : Quand la négligence coûte cher

 Cas 1 - Ghana, 2019 : L'effondrement d'un bâtiment en construction à Accra a causé 7 morts et 13 blessés. Au-delà du drame humain, l'entreprise a subi : 1,2 million de dollars d'indemnisations, retrait de sa licence pendant 2 ans, perte de contrats valant 15 millions de dollars, et dégradation irrémédiable de sa réputation.

 Cas 2 - Afrique du Sud, 2021 : Une usine textile de Durban a négligé la formation incendie et la maintenance des extincteurs. Un incendie a détruit 40% des installations. Coût total : 8 millions de dollars (dommages + perte d'exploitation + licenciements).

 Cas 3 - Côte d'Ivoire, 2020 : Une plantation de cacao a connu une intoxication collective de 45 travailleurs par des pesticides mal stockés. Résultat : 200 000 dollars de soins, 3 mois d'arrêt de production, perte de certification internationale entraînant une baisse de 30% des commandes.

Les bénéfices de la prévention : Un investissement rentable
Les bénéfices mesurables
Réduction de 20 à 40% des accidents après 2 ans de programme de prévention
Diminution de 15 à 25% du taux d'absentéisme
Amélioration de 10 à 30% de la productivité
Baisse de 20 à 35% des coûts d'assurance
Attractivité renforcée auprès des talents et investisseurs

Recommandations pratiques pour les entreprises africaines
Mesures prioritaires à coût réduit
Évaluation des risques : Identifier les dangers spécifiques à chaque poste
Formation continue : Former tous les employés aux gestes de sécurité de base
Équipements de protection : Investir dans casques, gants, chaussures de sécurité
Culture de sécurité : Impliquer les travailleurs dans l'identification des risques
Maintenance préventive : Entretenir régulièrement les équipements

Rôle des gouvernements
Renforcer les inspections du travail (actuellement insuffisantes dans 90% des pays africains)
Développer des systèmes d'assurance obligatoire adaptés au contexte local
Créer des incitations fiscales pour les entreprises investissant dans la prévention
Harmoniser les réglementations au niveau régional

Conclusion
La non-prise en compte des risques professionnels n'est pas seulement une question d'éthique ou de conformité légale : c'est un enjeu économique majeur qui freine la compétitivité des entreprises africaines sur le marché mondial. Dans un contexte de croissance démographique et d'industrialisation accélérée, investir dans la prévention n'est plus une option mais une nécessité stratégique.

Les entreprises qui font le choix de la sécurité aujourd'hui construisent leur résilience et leur prospérité de demain. Il est temps que l'Afrique transforme ce défi en opportunité, pour des lieux de travail plus sûrs, des travailleurs en meilleure santé, et une économie plus forte.

Employeurs, travailleurs, décideurs politiques : la sécurité au travail nous concerne tous. Chaque mesure compte, chaque vie compte. Agissons maintenant pour une Afrique du travail digne et prospère.
#CoûtsCachésNonPréventionAfrique ; #CNPSCI ; #CNSSBF ; #CNSSBENIN

Dr Sounkalo DJIBO
Ergonome Industriel
Enseignant DES Médecine du Travail, UCAD Dakar, Sénégal
Enseignant DES Médecine du Travail, URESTE Cotonou, Bénin
Promoteur Sahelors Consulting (www.sahelors.com )

Categories: Afrique, European Union

Burkina Faso : Le ministère en charge de l'Administration territoriale honore ses agents et partenaires

Tue, 30/12/2025 - 12:38

Dans le cadre de la commémoration du 65ᵉ anniversaire de l'accession du Burkina Faso à l'indépendance, le Ministère de l'Administration territoriale et de la Mobilité (MATM) a organisé, ce lundi 29 décembre 2025, une cérémonie de décoration de son personnel et de ses partenaires, suivie de la remise d'attestations aux agents admis à la retraite. L'événement s'est tenu dans l'enceinte de l'Institut supérieur d'études et de protection civile (ISEPC), en présence des ministres en charge de l'administration territoriale, de l'environnement et de la fonction publique ainsi que de certaines autorités administratives.

Au total, 190 personnes ont été distinguées à cette occasion, dont 16 décorées au sein de leurs structures respectives. Pour ce qui concerne le ministère de l'Administration territoriale et de la Mobilité, 174 récipiendaires ont reçu des distinctions honorifiques réparties entre plusieurs ordres et médailles. Il s'agit de 27 décorations dans l'ordre de l'Étalon, 36 dans l'ordre du Mérite burkinabè, 31 dans l'ordre du Mérite de l'Administration et du Travail, 24 dans l'ordre du Mérite des Transports, des Infrastructures, de l'Urbanisme et de l'Habitat, ainsi que 56 médailles d'honneur des collectivités locales.

À travers ces distinctions, l'État burkinabè entend saluer l'engagement, la loyauté et le professionnalisme des agents qui, au quotidien, œuvrent au bon fonctionnement de l'administration publique et au service des populations.

Les récipiendaires, quant à eux, n'ont pas manqué d'exprimer leur reconnaissance.
Le commissaire principal de police Félix Nabaloum a confié ressentir un sentiment de joie et de gratitude envers le président du Faso et les autorités ministérielles pour la reconnaissance de ses mérites. Il a dédié sa distinction à sa famille et à ses collaborateurs, soulignant que cette décoration constitue une invite à mieux faire et à redoubler d'efforts pour mériter davantage de reconnaissance à l'avenir.

« Je ressens un sentiment de joie et de reconnaissance envers le président du Faso, le ministre d'Etat, ministre de l'administration, de la mobilité et celui de la sécurité, pour avoir reconnu mes mérites. Je dédie cette décoration à toute ma famille et à mes collaborateurs, ceux qui m'ont aidé et qui ont travaillé pour que mes efforts soient couronnés ce soir. Cette médaille est une invitation à mieux faire. Il est vrai que ce sont des efforts reconnus, mais je dois encore redoubler d'ardeur pour mériter encore plus de reconnaissance », a-t-il déclaré. Il a reçu une médaille de l'ordre de l'Étalon.
Pour sa part, Larba Kébré, décoré de la médaille d'honneur des collectivités locales, a indiqué que cette distinction est à la fois une reconnaissance et une responsabilité.

« C'est une reconnaissance mais aussi une responsabilité. Reconnaissance parce qu'elle traduit la joie d'avoir servi l'État jusque-là avec loyauté, honnêteté et esprit de sacrifice. C'est également une reconnaissance parce qu'en même temps, cela signifie que l'État suit tout en même temps qu'il encourage et récompense. Mais c'est une responsabilité parce que cela m'oblige à redoubler d'efforts au travail et également à m'inscrire en droite ligne des principes et valeurs de la discipline, de l'éthique, d'intégrité. Je veux remercier les plus hautes autorités de mon pays ainsi que ma hiérarchie. Je veux aussi remercier mes collègues, mes amis et tous mes proches auprès de qui je trouve toujours mon engagement. Je dédie symboliquement cette médaille à ma mère, qui est ma première source d'engagement », a-t-il dit.

Même sentiment chez Sylvie Segda/Touré, également récipiendaire de la médaille d'honneur des collectivités locales. Selon elle, cette distinction récompense le travail abattu et l'encourage à poursuivre ses efforts pour relever les défis urbains majeurs. Elle a dédié sa médaille à l'ensemble du personnel de son service ainsi qu'aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) tombés sur le champ d'honneur et grâce auxquels cette cérémonie de reconnaissance est possible.

La cérémonie a également été marquée par un moment d'hommage aux agents admis à la retraite. Au nombre de 52, ces derniers ont reçu des attestations de reconnaissance pour les services rendus à l'administration tout au long de leur carrière. Les attestations ont été remises par le ministre d'État, ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo.

Hanifa Koussoubé
Clémentine Kouama (stagiaire)
Lefaso.net

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Littérature/Pouvoir, identités et chefferies : Adama Tamboura plonge dans l'histoire du Soum avec sa première œuvre

Tue, 30/12/2025 - 12:37

Adama Tamboura a procédé à la dédicace de sa première œuvre littéraire intitulée : « Fulbé et groupes de peuples noirs dans le Soum au Burkina Faso : Sociétés, enjeux du pouvoir et construction de chefferies du début du XIVᵉ siècle à nos jours ». C'était le lundi 29 décembre 2025, à Ouagadougou.

« La création d'alliances marquera à jamais l'histoire d'un village : celui de Djibo. Ce village est un carrefour entre les positions des belligérants. À l'ouest, il y a les Bingaabé, qui avaient leur position à Pahoundé et Ména, villages relais de Mamma. Tout près de Mamma, il y a Som, la tanière de la mort, première capitale du Péla Yo. Au nord, il y a Banh Kani et So, le siège du pouvoir des Taan Maali, qui ont relayé les Kélikoye ayant fondu dans la courtisanerie. Au sud, il y a le village de Saba, premier centre d'émergence des pouvoirs fulbé grâce aux Sabaabé. Djibo était donc un point stratégique pour les deux camps. Le village se divisa en deux blocs antagonistes : le bloc sud et le bloc nord. Le bloc sud était habité par les courtisans de l'Alliance Djelgoodji ».
Il s'agit là d'un extrait de l'œuvre, plus précisément à la page 96. À travers cet ouvrage, Adama Tamboura plonge le lecteur dans les relations sociopolitiques qui ont existé entre différents groupes depuis le XIVᵉ siècle jusqu'à nos jours dans la région du Soum, au Burkina Faso.

L'ouvrage est paru aux Éditions Mercury

Dans une approche historique et anthropologique, l'auteur retrace les mécanismes de construction identitaire ainsi que les rapports de contrôle du pouvoir et de domination politique qui ont conduit à la formation de chefferies comme le Loroum, le Péla et le Kéli par les groupes noirs.
Au cœur de cette étude se trouvent également les chefferies fulbé de Djibo, de Baraboulé et de Tongomay, dont le livre interroge la genèse, l'évolution et la légitimation du pouvoir politique dans un contexte de changements constants, notamment sous l'influence de la colonisation française, de l'islamisation, de l'État moderne, mais aussi des crises sociopolitiques récentes.

Selon Adama Tamboura, la littérature doit contribuer à la paix

Adama Tamboura met en exergue les enjeux de pouvoir entre les groupes sociaux et montre comment les traditions et les institutions locales ont été réinterprétées pour répondre aux défis contemporains, offrant ainsi une lecture fine des dynamiques de pouvoir et des tensions identitaires dans une région marquée par la pluralité culturelle et les recompositions historiques.

« Je suis un natif de Djibo ; cette œuvre est donc un devoir de redevabilité pour moi. J'ai nourri la réflexion depuis 2011. J'ai commencé à faire des recherches sur l'histoire du Soum et de son peuple. J'ai grandi avec l'œuvre. En 2025, j'ai constaté que j'avais atteint une forme de saturation. Mon objectif est que l'on comprenne davantage leur histoire, leur façon de penser, les différentes interactions entre les groupes du Soum. C'est ce devoir de redevabilité qui nous a conduits à publier cette œuvre afin que chacun, là où il se trouve, puisse se réapproprier sa propre histoire. Connaître son histoire permet d'amorcer un développement et un retour de la paix dans cette région et au Burkina Faso en général », a expliqué Adama Tamboura.
Le chemin a été parsemé d'embûches dans cette quête.

Ce livre de 200 pages coûte 10 000 FCFA

« J'ai rencontré des difficultés dans l'accès à l'information. Souvent, les sources veulent donner l'information, mais elles ont peur. Ces dernières années, avec la crise, on a constaté que les populations ont envie de s'exprimer et de montrer leur place dans la société. Heureusement, certaines sources ont fini par s'ouvrir à moi. Nous avons pu disposer d'informations intéressantes et faire des analyses. À travers cette œuvre, je souhaite promouvoir la cohésion sociale. Lorsqu'on se comprend et qu'on connaît l'histoire de l'autre, on devient plus tolérant », a-t-il confié.

À gauche, Thierry Millogo a qualifié l'œuvre de belle facture

Biographie de l'auteur

Thierry Millogo, directeur général des Éditions et de la librairie Mercury, a félicité l'auteur pour avoir abordé une telle thématique. Il a espéré que les autorités liront « Fulbé et groupes de peuples noirs dans le Soum au Burkina Faso : Sociétés, enjeux du pouvoir et construction de chefferies du début du XIVᵉ siècle à nos jours », car selon lui, il s'agit de la mémoire d'un peuple. L'ouvrage peut ainsi donner des pistes de solutions pour un retour à la paix dans cette zone du pays.

Né le 31 décembre 1987 à Djibo, Adama Tamboura effectue l'ensemble de son parcours scolaire dans sa ville natale. Il y obtient successivement le Certificat d'études primaires (CEP) à l'école primaire C de Djibo, le Brevet d'études du premier cycle (BEPC) au collège privé Dubai/Burkina, puis le baccalauréat série A en 2007 au lycée provincial de Djibo.

Les proches de l'auteur sont venus le soutenir lors de cette dédicace

Passionné par les sciences sociales, il poursuit ses études supérieures à l'université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, où il obtient une licence en histoire politique et sociale, suivie d'un master en Développement et éducation des adultes (DEDA), option Pédagogie du changement social et développement (PCSD). Adama Tamboura exerce aujourd'hui comme professeur certifié d'histoire-géographie à Ouagadougou.
Pour vous procurer le livre, contactez : +226 56 60 27 73 / 73 68 77 59

Samirah Bationo
Lefaso.net

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Sport : Zan Alfred Bady présente ses médailles de champion du monde de powerlifting à NEEMBA Burkina

Tue, 30/12/2025 - 12:37

Lors des 9ᵉˢ championnats du monde de powerlifting, sport de force qui consiste à soulever des charges lourdes en trois mouvements, tenus le 5 décembre 2025 à Moscou, en Russie, Zan Alfred Bady, surnommé « Caterpillar », s'est démarqué en remportant trois médailles d'or dans les disciplines telles que le développé-couché avec une barre de 240 kg, ainsi qu'en curl biceps.

Ambassadeur du groupe NEEMBA, le triple champion du monde a présenté officiellement ses distinctions au directeur pays de NEEMBA Burkina et à l'ensemble du personnel, le mardi 23 décembre 2025, dans ses locaux situés. à Ouagadougou.

L'athlète a exprimé sa reconnaissance pour l'honneur qui lui est fait, tout en saluant l'engagement et la fidélité du groupe NEEMBA, qui a cru en son potentiel. Selon Zan Alfred Bady, son surnom « Caterpillar » représente la force, la puissance et l'endurance, des valeurs qu'il juge en parfaite harmonie avec l'image des machines et du groupe.

Les responsables de NEEMBA ont réaffirmé leur volonté de renforcer l'accompagnement du champion

« Le 5 décembre dernier, à Moscou, lors des Championnats du monde de powerlifting, j'ai remporté trois médailles d'or et établi un record du monde. J'ai participé à cette compétition avec le soutien de NEEMBA, et il était important pour moi d'être ici, au sein de l'entreprise qui m'accompagne, pour présenter ces médailles. Derrière ces résultats, il y a des années de travail, de sacrifices et de discipline. Le sport de haut niveau m'a appris que la performance ne s'improvise pas. Elle se construit dans la durée, avec rigueur, constance et humilité. Mon surnom, « Le Caterpillar », reflète bien cette philosophie : une force solide, maîtrisée, qui avance pas à pas, même dans les conditions les plus exigeantes. C'est une vision de la performance que je partage avec NEEMBA : avancer avec méthode, fiabilité et exigence, sans chercher de raccourcis », a indiqué le triple champion.

Selon Zan Alfred Bady, son surnom « Caterpillar » représente la force, la puissance et l'endurance, des valeurs qu'il juge en parfaite harmonie avec l'image des machines et du groupe

De leur côté, les responsables de NEEMBA ont réaffirmé leur volonté de renforcer l'accompagnement du champion, avec l'ambition de conquérir davantage de médailles lors des prochaines compétitions et, à terme, de soutenir l'organisation d'un championnat international de powerlifting au Burkina Faso.

« Chez NEEMBA Group, nous croyons profondément que la performance, qu'elle soit sportive ou industrielle, repose sur les mêmes fondamentaux : la vision, l'exigence, la constance et la maîtrise. C'est précisément pour cette raison que NEEMBA Group a choisi d'accompagner Zan Alfred Bady, depuis plusieurs années, dans son parcours. Son surnom, « Le Caterpillar », fait naturellement écho à notre univers. Comme nos machines Caterpillar, qui sont conçues pour affronter les environnements les plus éprouvants, Zan Alfred Bady incarne une puissance maîtrisée, fiable, construite pour durer. Chez NEEMBA Group, nous savons que la vraie force n'est jamais brute : elle est pensée, préparée et entretenue dans le temps. En soutenant notre champion sur la durée, NEEMBA Group affirme un engagement qui dépasse l'industrie. Nous choisissons d'accompagner des trajectoires qui inspirent, qui élèvent les standards et qui donnent confiance à toute une génération », a déclaré le directeur pays de NEEMBA Burkina, Éric Jean Noël Zouré.

Ambassadeur du groupe NEEMBA, le triple champion du monde a présenté officiellement ses distinctions au directeur pays de NEEMBA Burkina

À titre de rappel, NEEMBA Burkina est la filiale burkinabè du Groupe Neemba, un acteur panafricain majeur et concessionnaire officiel de la marque Caterpillar en Afrique de l'Ouest depuis plus de 90 ans.

Solidement implantée au Burkina Faso, l'entreprise s'appuie au quotidien sur l'expertise et l'engagement de plus de 500 collaborateurs au service de sa clientèle. Disposant de 9 hectares d'infrastructures modernes, comprenant notamment 4 100 m² d'ateliers techniques ainsi qu'un Centre de reconditionnement de composants (CRC) de dernière génération, NEEMBA Burkina offre une gamme complète de solutions. Celles-ci couvrent les matériels de construction et d'infrastructures, les équipements dédiés à l'exploitation minière, les groupes électrogènes et solutions énergétiques, ainsi que des équipements industriels adaptés aux besoins du marché local.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

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UEMOA : Des décisions majeures pour renforcer la stabilité économique et financière de l'Union

Tue, 30/12/2025 - 11:40

Réunis à Cotonou le 30 décembre 2025, les ministres de l'Économie et des Finances de l'Union économique et monétaire ouest-africain (UEMOA) ont arrêté d'importantes décisions visant à consolider la stabilité macroéconomique de l'Union, renforcer l'inclusion financière et assurer une gouvernance rigoureuse des institutions communautaires.

Les travaux du Conseil s'inscrivent dans un contexte économique globalement favorable pour l'Union. Selon les données arrêtées au troisième trimestre 2025, la croissance économique de l'UEMOA demeure robuste, avec une progression du PIB réel de 6,6 %, contre 6,5 % le trimestre précédent.

La 4ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l'UEMOA, présidée par le ministre burkinabè de l'Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, le lundi 29 décembre 2025, a débouché sur plusieurs conclusions structurantes pour l'avenir économique et financier de l'Union.

Les ministres ont d'abord adopté le rapport sur la situation économique et monétaire au 30 septembre 2025 ainsi que le cadrage macroéconomique 2025-2030, offrant une analyse approfondie des performances des États membres et servant de socle à l'élaboration de politiques économiques cohérentes et prospectives.

Parmi les décisions majeures figure la révision du taux de l'usure dans l'UMOA, abaissé de 15 à 14 % pour les banques, tout en étant maintenu à 24 % pour les institutions de microfinance et autres acteurs. Cette mesure vise à renforcer l'inclusion financière et la protection des consommateurs.
Le Conseil a également approuvé les perspectives financières actualisées 2026-2030 de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), destinées à soutenir efficacement le financement du développement tout en préservant les équilibres financiers de l'institution.

En outre, les ministres ont adopté le rapport d'exécution de la surveillance multilatérale pour le second semestre 2025, le collectif budgétaire 2025 et le budget des organes pour 2026. Enfin, l'approbation du rapport 2024 de la Cour des comptes de l'Union confirme l'engagement en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance financière.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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25 millions d'Etalons, une même fierté.

Tue, 30/12/2025 - 11:38

Orange Burkina vous adresse ses meilleurs vœux pour l'année 2026. Que la paix, le succès et le bonheur habitent notre patrie, le Burkina Faso.

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Programme des obsèques de GUIGUI PASCAL

Tue, 30/12/2025 - 10:00

Les grandes familles Songondjé à Tiébelé ( Tangassougou)

Les familles wêpia, Alira et Guigui à Tangassougou, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou, Ghana, Sénégal et États-Unis

Les familles alliées et amies

La famille de feu Major Guigui Rohiri Georges à Bobo-dsso

Les oncles et les tantes du défunt

Les frères, sœurs, cousins, cousines, nièces et neveux du défunt

Les enfants du défunt :
Fabrice Arnaud, Cynthia, Gavine, Sidney et leur mère

Vous informent que les obsèques de GUIGUI PASCAL précédemment Inspecteur des Impots à la DRH-DGI se dérouleront selon le programme suivant :

Vendredi 02 janvier

1h10 am : Arrivée du corps à l'Aéroport International de Ouaga suivi de son transfèrement à la morgue du CHU de Bogodogo

9h levée du corps au CHU de Bogodogo et départ du cortège pour Bobo-dsso

19h30 Veillée de prières au domicile de feu Major Guigui Rohiri Georges sis à Accart-ville secteur n°9

Samedi 03 janvier

14h messe d'absoute à la Cathédrale Notre Dame de Lourdes suivie de l'inhumation au cimetière municipal route de Bama à droite.

Que par la miséricorde du Seigneur l'âme de PASCAL repose en paix.

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Décès de EL HADJ KOAMA ABDOULAYE : Remerciements

Tue, 30/12/2025 - 09:30

LE TENGSOBA DE LAO
LES GRANDES FAMILLES KOAMA À DAPOYA, PAZANI, SOURGBILA, NIGER, GHANA, USA, FRANCE, ITALIE , CANADA , ESPAGNE
LES FAMILLES ALLIÉES (YUGO, NANA, SORÉ, OUEDRAOGO, NASSA, KARAGA, NACOULMA, KONFÉ, TAPSOBA, COMPAORE, BALMA, GNIMI, ZOUGRANA, BOCOUM, CISSÉ, TRAORÉ, KABORÉ, DABO, BARRO, SAWADOGO, KAMBIRÉ, NARÉ, TIEMTORÉ,
BOLY, OUATTARA, KAFANDO , ZABSONRE , DERMÉ , KOUANDA)
FEU KOAMA OUMAROU
FEU KOAMA BOUKARY
FEU KOAMA ABDOU
HADJA AWA ARZOUMA OUEDRAOGO NÉE KOAMA À BILBAOGO
LES ÉPOUSES, ENFANTS ET PETITS ENFANTS

Expriment leur profonde gratitude et leurs remerciements les plus sincères, aux parents, amis, connaissances et voisins, pour toutes les marques de sympathie, de compassion et de solidarité que vous leur avez témoignées lors du rappel à Dieu, le Lundi 15 DECEMBRE 2025 à Ouagadougou et de l'inhumation le Mardi 16 DECEMBRE 2025 au cimetière municipal de GOUGHIN, de leur GRAND PÈRE, PÈRE, EPOUX, FRÈRE, AMI : EL HADJ KOAMA ABDOULAYE précédemment opérateur économique.
Elles s'excusent de ne pouvoir citer de noms de peur d'en oublier par conséquent remercient et prient les personnalités ci-dessous de bien vouloir transmettre les remerciements de la famille à leurs délégations respectives.
Sa majesté le Moogho Naaba Baongo et l'ensemble de sa délégation

CHEICK MAHAMOUD BANDé à tous les CHEICKS et IMAMS
El HADJ MOUSSA KOUANDA, président de la communauté musulmane à toute la communauté musulmane.
PDG El HADJ NANA BOUREIMA & PDG NASSA IDRISSA à l'ensemble des opérateurs économiques ,
CHEICK BOUBACAR YUGO, Président de la FAIB, à la communauté musulmane du Burkina FASO

Imam ABDALLAH OUEDRAOGO, à la communauté musulmane de la zone C OUAGA 2000
Dr Moumouni OUEDRAOGO, Président de ARC- OUAGA 2000, aux voisins et résidents de la zone C OUAGA 2000.

إِنَّا لِلَّٰهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعُونَ
lillahi wa inna ilayhi raji'un
En vérité, nous appartenons à Allah, et en vérité, c'est à Lui que nous retournerons ». (Sourate Al-Baqara, verset 156)

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Décès de BELEMSAGA Terebsana dit François : Remerciements et faire part

Tue, 30/12/2025 - 09:00

La grande famille BELEMSAGA, à Bougoumtenga secteur 3 de Tenkodogo
Les familles alliées SORGHO, SIONNE, OUANGRE, OUANGRAOUA, BRUEMMER, MINOUNGOU, SALOUKA, OUBDA, WINIGA, KOASSA, SANLEMKOROGO, à Tenkodogo, Ouagadougou, Cote d'Ivoire, Italie, Espagne, Etats-Unis,
La veuve SORGHO Kumbo Justine à Tenkodogo,
Les enfants Tiga Hermann, Tibila Jean Chrysostome, Blandine et Clément à Ouagadougou et aux Etats-Unis

Les frères et sœurs Honorine, Paul, Siméon, Martine et Alexis à Dialgaye, Tenkodogo, et aux Etats-Unis
Les petits-enfants Loïc, Gloria, Clara, Lorenza, Junior, Ethan, Nathan, Noah, Mirielle, Danielle, Benjamin et Naomie.

Très touchés par les nombreuses marques de sympathie et de compassion, expriment leur profonde gratitude à tous ceux qui de près ou de loin leur ont apporté soutien moral, matériel, spirituel et financier, lors du rappel à Dieu, le vendredi 19 décembre 2025 à Tenkodogo et de l'inhumation, le lundi 22 décembre 2025 à Tenkodogo, de leur fils, frères, cousins, père, grand-père, beau-père, oncle, neveu, BELEMSAGA Terebsana dit François, entrepreneur à la retraite dans sa 75ème année.

Les remerciements vont :
A Monsieur le curé de la Paroisse Cathédrale de Tenkodogo et à toute son équipe,
A la Communauté Chrétienne de Base du secteur 6 de Tenkodogo (CCB Sacré Cœur de Jésus),

A la chorale de l'église catholique de Tenkodogo,
Aux amis et collègues du Pasteur Hermann,
Aux amis du défunt à Koupéla et Tenkodogo
Aux jeunes et à toute la population des secteurs 3 et 6 de Tenkodogo et de Gourougou,

A tout le personnel de la Banque Agricole du Burkina Faso (BADF),
Aux ressortissants burkinabè à Colombus/Etats-Unis,
Au Directeur Général du CHR de Tenkodogo et tout son personnel,
Aux anciens élèves de l'école de la cité du 4 août de Tenkodogo,
A la promotion 2019-2021 de l'IRA de l'Est,
Aux voisins, amis, collègues et connaissances et tous ceux qui leur ont apporté secours et assistance dans cette douloureuse épreuve.

Elles s'excusent auprès de tous ceux dont les noms n'ont pas pu être cités.
Que le Dieu tout puissant vous retourne en grâces tous vos bienfaits !
Que par la miséricorde de Dieu, les âmes de nos fidèles défunts reposent en paix !
Union de Prière
« J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la Foi »,Timothée 4, 7.

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Décès de COMPAORE Waoguebzaga Etienne : Remerciements et faire part

Tue, 30/12/2025 - 09:00

Les grandes familles : COMPAORE, TAPSOBA, TIENDREBEOGO, OUEDRAOGO, KAFANDO, ZANGRE, ILBOUDO, a Sincéné, Ipélcé, Ouagadougou ;
Les familles : CONVOLBO, CONGO, NANA, NACOULMA, a Kiendpalogo, Nabélé, Ouagadougou ;

La veuve, ses enfants, et petits enfants à Ouagadougou
Les familles alliées : TONDE, ZONGO, YERBANGA, BOUDA, TIENDREBEOGO, BELEM, SANKARA, SIMPORE, KONATE, YAGUIBOU, NAPON a Ouagadougou, Manga, Ipélcé, Doulougou, Bobo-Dioulasso, Pô et Léo ;

Très touche par les nombreuses marques de sympathie et de compassion, expriment leur profonde gratitude à tous ceux qui leur ont apporté soutien moral, matériel, spirituel et financier, lors du rappel à Dieu le 12 juillet 2025 à Ouagadougou et de l'inhumation le 14 juillet 2025 à Ipélcé, suivi des funérailles chrétiennes les 18 et 19 juillet 2025 à Ipélcé, de leur fils, frère, père, beau-père, grand père, oncle, cousin, neveu ; COMPAORE Waoguebzaga Etienne, agent UBA à la retraite.

Les remerciements vont :
A monsieur l'abbé Brice NANA,
Aux catéchistes de la CCB saint Antoine de padoue, de la CCB saint …de Ipélcé et leurs délégations ;

Aux personnes venues des différentes localités du Burkina ;
A la chorale de l'église catholique de Ipélcé, aux jeunes et à toutes les populations de Ipélcé et villages environnants ;

Aux voisins, amis, connaissant et a tous ceux qui leur ont assistes dans ces moments difficiles.
Elles s'excusent auprès de tous ceux dont leurs noms n'ont pu être citer.
Que dieu le tout puissant, vous rend au centuple tous vos bienfaits.
Union de prière

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Décès de MAÏGA Boureima : Remerciements

Tue, 30/12/2025 - 08:00

La grande famille MAÏGA à Youba, Ouahigouya, Ouagadougou et Abidjan.

Les familles alliées KOANDA, SORE, KABORE, ZONGO, GUIRO, NACANABO, SOALA, OUEDRAOGO à Ouahigouya, Ouagadougou.

La veuve Maïmounata et les enfants Malika, Bachira, Rayan remercient tous ceux qui de loin ou de près les ont soutenu lors du rappel à Dieu le Lundi 08 Décembre 2025 et de l'inhumation le Mardi 09 Décembre 2025 de leur fils, mari, oncle, père MAÏGA Boureima précédemment professeur de français au Lycée Songtaaba de Ouagadougou.

Les remerciements vont à l'endroit du Proviseur du Lycée Songtaaba et à l'ensemble de son personnel, aux élèves et anciens élèves du Lycée Songtaaba, à l'ensemble des résidents de la sité PNBF Zékounga, à Monsieur le CCEB de la CEB de Sigle ainsi qu'à l'ensemble de son personnel, aux parents, amis, voisins et connaissances. Elle se garde de citer des noms de peur d'en oublier.

Que Dieu tout puissant rende à chacun le centuple de ses bienfaits.

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Décès de Mme KABORE/ BELEM Narelwendé Marie Thérèse : Remerciements et faire-part

Tue, 30/12/2025 - 06:00

« Je suis la résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi-même s'il meurt Vivra » Jn 11 : 25
Sa Majesté, le Naaba Sanem de Zorgho ;
Les grandes familles KABORE, OUEDRAOGO, ZOUNGRANA, TOUGMA à Zorgho, Boumtenga, Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso et Koupela Goughin ;

Les familles BELEM, DAHOUROU, CONGO, KAGAMBEGA, YAGO, DIENDERE, KOALGA, KONKOBO, BAFIOGO, BAZONGO et ZONGO à Ouagadougou, Gourou, Canada Etats-Unis et Afrique du Sud ;
Les enfants Sidonie, Philomène, Zéphirin, Sophie, Irène, Cyrille et Jeanine ;
Les familles alliées KIMA, KONATE, KIENTEGA, BAMBARA, SORGHO, OUATTARA, KAMBOULE, MINOUNGOU, DEME et ILBOUDO ;
Les petits enfants et les arrières petits-enfants ;

Vous traduisent leurs sincères remerciements et leur profonde gratitude pour les nombreuses marques d'amitié, de compassion et les soutiens multiformes (spirituel, moral, matériel et financier) manifestés lors du rappel à Dieu le 21 Novembre et de l'inhumation le 24 novembre 2025 de leur belle fille, fille, épouse, sœur, mère, grand-mère et arrière-grand-mère Mme KABORE/ BELEM Narelwendé Marie Thérèse.

Votre présence bienveillante à leurs côtés lors de cette douloureuse épreuve leur a apportée force, consolation et réconfort.
Nos remerciements et notre infinie reconnaissance vont à l'endroit :
Des parents, amis et connaissances venues de divers horizons.

La famille BELEM
Les voisins
Les délégations
Que Dieu le tout puissant vous le rende au centuple.
Union de prière !!!
Ils vous informent de la célébration des messes selon le calendrier suivant pour le repos de l'âme de Mme KABORE/ BELEM Narelwendé Marie Thérèse :

Messes à la Paroisse Saint Pierre de Gounghin :
Vendredi le 12 décembre 2025 à 05h45 ;
Dimanche le 14 décembre 2025 à 07h00.

Messes à la Paroisse Saint Camille
Dimanche le 14 décembre 2025 à 9h00
Dimanche 14 décembre à 9h00.

Messe à la Paroisse Saint François d'Assise de Karpala
Dimanche 14 décembre à 7h00

Messes à la Paroisse Christ Roi de l'Univers
Dimanche 14 décembre 2025 à 09h ;
Dimanche 21 décembre 2025 à 07h00.

Belcé de Tenkodogo
13 décembre 2025 à 18h30

Messes à la Paroisse Saint Augustin de Bissiguin
Vendredi 19 décembre 2025 à 05h 45 ;
Dimanche 21 décembre 2025 à 9h00.

Messes à la Paroisse Sainte Monique de Sondogo
Vendredi 19 décembre 2025 à 05h45 ;
Dimanche 21 décembre 2025 à 09h00.

Messes à la Paroisse Notre Dame de la Paix de Koubri
Dimanche 14 décembre 2025 à 9h00 ;
Dimanche 21 décembre 2025 à 9h00 ;
Dimanche 28 décembre 2025 à 9h00 ;
Dimanche 04 janvier 2026 à 9h00.

Messes à la Paroisse Cathédrale Saint François Xavier de Tenkodogo
Lundi 1er décembre 2025 0 à 05h30
Vendredi 6 décembre 2025 à 05h30
Vendredi 11 décembre 2025 à 18h30 à 05h30
Vendredi 20 décembre 2025 à 05h30

Messes à la Paroisse Sacré-Cœur de Dapoya
Dimanche 11 janvier 2026 à 07h ;
Dimanche 18 janvier 2026 à 07h.

Messes à la Paroisse universitaire saint Albert le Grand de la Rotonde
Vendredi 23 janvier à 18heures 30 ;
Vendredi 30 janvier à 18 heures 30.

« Que par la miséricorde de Dieu l'âme de Mme KABORE/ BELEM Narelwendé Marie Thérèse » repose en Paix

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Distinctions honorifiques : Dr Cyriaque Paré, fondateur de Lefaso.net, décoré pour services rendus à la diplomatie burkinabè

Mon, 29/12/2025 - 23:50

Le ministère des Affaires étrangères, de la coopération régionale et des Burkinabè de l'extérieur (MAECR-BE) a distingué, le lundi 29 décembre 2025 à Ouagadougou, 52 récipiendaires sur les 87 promus cette année, en reconnaissance de leur professionnalisme et de leur contribution au rayonnement de la diplomatie burkinabè.

Parmi les personnalités distinguées, figure le Dr Cyriaque Paré, fondateur de Lefaso.net. Ancien fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, avec plusieurs années de service à l'ambassade du Burkina Faso à Paris, il s'est illustré par sa contribution notable à la visibilité du Burkina Faso et à la promotion d'une information professionnelle, crédible et responsable au service de l'image du pays.

En 2025, Dr Cyriaque Paré affiche 34 ans au service de l'administration publique burkinabè, dont sept années au ministère des Affaires étrangères et six en mission à l'étranger. Ce long parcours lui a permis de comprendre l'importance de la communication et des outils numériques dans le rayonnement international du pays. « J'ai passé sept des 34 ans de ma vie de fonctionnaire au sein de ce ministère, dont six en ambassade. Cela m'a encore plus sensibilisé à la nécessité de mettre les outils des technologies de l'information et de la communication au service du rayonnement du pays », confie-t-il.

Fort de cette expérience, il a fondé Lefaso.net dans un bureau de l'ambassade du Burkina Faso à Paris, sur le boulevard Haussmann, avec pour objectif de créer une plateforme d'information crédible et professionnelle sur le Burkina Faso. « Lefaso.net a été créé pour contribuer à la visibilité des informations sur le Burkina Faso, des informations régulièrement actualisées et traitée de manière professionnelle. Depuis sa création, nous travaillons à mettre en lumière les activités des représentations diplomatiques du Burkina Faso à l'étranger et des pays amis chez nous. Nous pensons que Lefaso.net est devenu un outil précieux pour la diaspora, les partenaires, les observateurs et les médias », explique-t-il.

Une reconnaissance méritée

Promu chevalier de l'ordre du Mérite de l'administration et du travail, avec agrafe « Amitié et Coopération », le Dr Cyriaque Paré considère cette distinction comme un hommage non seulement à son engagement, mais également à toute l'équipe de Lefaso.net. « Cette distinction représente pour moi un grand honneur et une profonde satisfaction. Elle salue notre contribution au rayonnement de la diplomatie burkinabè et reconnaît notre engagement en faveur d'une information crédible sur le Burkina Faso. Je la dédie aux équipes de Lefaso.net, anciennes comme actuelles », souligne-t-il.

Cette décoration s'ajoute à une série de distinctions qui jalonnent sa carrière : chevalier de l'Ordre du Mérite des Arts, des Lettres et de la Communication, chevalier de l'Ordre national, chevalier de l'Ordre des Palmes académiques et officier de l'Ordre de l'Étalon. Avec cette cinquième décoration, le Dr Cyriaque Paré incarne un engagement constant au service de l'État et de la promotion de l'image du Burkina Faso.

Au-delà de son rôle médiatique, Dr Cyriaque Paré s'engage également dans la formation et la transmission du savoir, à travers l'Institut supérieur de la communication et du multimédia (ISCOM), qu'il a fondé afin de préparer la nouvelle génération de professionnels des médias et de la communication.

En ce sens, cette distinction honorifique est perçue comme un encouragement à poursuivre ses efforts pour renforcer la visibilité du pays sur la scène internationale. Elle témoigne également de la reconnaissance de la nation burkinabè pour son engagement exceptionnel, son professionnalisme et son sens aigu du service public.

Crédit photo : Bonaventure Paré
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

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Mamadou Karambiri : Un souverainisme missionnaire africain

Mon, 29/12/2025 - 23:45

Au Burkina Faso, le pasteur Mamadou Karambiri incarne depuis une quarantaine d'années une forme singulière de souverainisme missionnaire chrétien fondé sur l'autonomie africaine. En promouvant une mission chrétienne conçue, portée et déployée par des Africains, le fondateur du Centre international d'évangélisation / Mission intérieure africaine (CIE/MIA) défend une vision autonome, structurée et résolument tournée vers la transformation spirituelle et sociale du continent, selon cet article que lui consacre le site regardsprotestants.com et que nous reprenons en intégralité.

Au Burkina Faso, le souverainisme ne se limite pas à la politique. Depuis les années 1980, le pasteur Mamadou Karambiri porte un souverainisme missionnaire chrétien fondé sur l'autonomie africaine, aujourd'hui au cœur d'une dynamique religieuse en forte expansion.
Le souverainisme est à la mode, notamment au Burkina Faso, « pays des hommes intègres ». Dans le domaine politique, il se traduit, en 2025, par les priorités politiques définies par le chef de l'État, le très populaire Ibrahim Traoré.

On entend par « souverainisme » une volonté de reprendre le contrôle sur ses ressources, de réduire les dépendances et les vulnérabilités à l'égard de l'extérieur. Il s'agit, dans ce but, de responsabiliser et d'autonomiser la population, actrice de sa prospérité. Ce souverainisme existe aussi dans le domaine religieux.
A Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, le grand représentant du souverainisme missionnaire, en terrain chrétien, n'est autre que le pasteur pentecôtiste le plus renommé du pays, dénommé Mamadou Karambiri (né en 1947), qui a aussi le titre d'apôtre (1). Bien avant que ce soit la mode, il a développé, à partir de 1987, une « Mission Intérieure Africaine » faite par, et pour les Africaines et les Africains.

Ce souverainisme missionnaire, dans les années 1980, était assez rare. Les missions venues d'Europe ou des Etats-Unis se targuaient encore souvent, à l'époque, de porter le fardeau missionnaire pour l'Afrique. Mamadou Karambiri, économiste et ancien directeur général de la plus grande entreprise publique du Faso (à l'ère de Thomas Sankara) a défendu, dès l'origine de son appel, un souverainisme missionnaire qui s'est avéré visionnaire. On peut le définir comme une affirmation d'un apostolat chrétien porté depuis l'intérieur des sociétés africaines, qui vise non seulement l'expansion spirituelle mais aussi une transformation sociale autonome, sans dépendre à l'excès des modèles occidentaux.

La démarche est exempte de xénophobie : grand voyageur, habitué des réseaux francophones, et au-delà, Mamadou Karambiri aime aussi accueillir. Il le fait très bien, avec générosité, humour et disponibilité. Le patriarche pentecôtiste du Faso et de l'Afrique francophone accueille aussi volontiers les partenariats, dès lors qu'ils ne cachent pas d'instrumentalisation ou de paternalisme néocolonial. L'accent ne porte pas sur le rejet de l'autre, mais au contraire sur les conditions d'une rencontre authentique, à partir d'une autonomisation des moyens qui permet de remplacer la relation inégalitaire par un partage d'égal à égal.

Pour y parvenir, la ressource puise dans les immenses forces vives d'une jeunesse africaine douée, motivée, décomplexée, et largement socialisée dans les Églises. Prête à partir en mission, dans toute l'Afrique, et au-delà.
Sur les dix dernières années, cet axe souverainiste, nourri à partir d'une robuste argumentation biblique, est visible à travers plusieurs dimensions de l'action de Mamadou Karambiri, de son épouse la très talentueuse pasteure Hortense Karambiri, et du CIE/MIA (3). Dix ans après une première rencontre sur place, en 2015, le fondateur de cette œuvre a partagé, lors d'une nouvelle rencontre, début décembre 2025, quelques éléments de son bilan décennal.

Année des « conquérants moissonneurs » (2025)

En matière d'implantations, l'œuvre missionnaire qu'il a initiée depuis Ouagadougou compte désormais plus de 1400 Églises locales, dont 400 au Burkina Faso et 100 dans la seule capitale du Faso. Déclarée l'année des « conquérants moissonneurs », l'année 2025 a accueilli, à dater de début décembre 2025, 26 nouvelles Églises locales rattachées au CIE/MIA, ce qui revient à une implantation réussie tous les 14 jours. Cette stratégie prosélyte d'ouverture d'Eglises locales s'inscrit dans une dynamique de longue durée axée sur la mission. Au cours de la dernière décennie, malgré les graves turbulences qu'a connu le pays, le CIE/MIA a consolidé et étendu son réseau d'églises locales et de missions au-delà du Burkina Faso, en Afrique (Niger, Bénin, Côte d'Ivoire, Guinée, Ghana, RDC, etc.), jusqu'en Afrique anglophone -comme en Tanzanie et au Kenya- et en Europe et Amérique du Nord.

Ce déploiement n'est pas subordonné à des structures missionnaires étrangères. il s'opère avec ses propres cadres et pasteurs locaux, sur la base d'un principe ainsi rappelé par l'apôtre Karambiri : HSO, pour « Humilité, Sainteté, Obéissance ». Le bling-bling ? Non merci. Les disciples formés à l'école de « Papa Karambiri » préfèrent la discipline à la brillantine. « Ici, il n'y a pas de star », rappelle le fondateur. Sage avertissement, face à la mode des prophètes auto-proclamés, adeptes du « marketing de soi ».

Le CIE/MIA a par ailleurs continué à structurer des départements spécialisés (évangélisation individuelle, prisons, hôpitaux, jeunes, etc.), et a développé des programmes de formation biblique et ministérielle, en misant de plus en plus sur les réseaux sociaux et les médias numériques, désormais incontournables. Dans un contexte international et sahélien tendu, ces initiatives visent plus que jamais à former des leaders locaux autonomes, capables de continuer l'œuvre missionnaire sans dépendre de facilitation extérieure. Au-delà de la prédication, l'œuvre du CIE/MIA a renforcé, ces dernières années, ce que d'aucuns qualifient de mission holistique : l'aide sociale est pleinement intégrée à la dynamique missionnaire. Le soutien aux personnes vulnérables, et la solidarité concrète aux populations, est un volet majeur de l'œuvre.

Par exemple, le CIE/MIA a mis en place des campagnes de solidarité touchant des milliers de personnes déplacées internes, veuves et orphelins, notamment lors de fêtes comme Noël en 2024, où plus de 5 000 bénéficiaires ont reçu des aides matérielles et alimentaires. La pasteure principale, Hortense Karambiri, coordonne, trois jours par semaine, la distribution de milliers de repas aux prisonniers. Mesure-t-on bien, en Europe, l'ampleur immense d'un tel engagement hebdomadaire au service des réprouvés ? En cette année 2025, le mouvement CIE/MIA a également coordonné une vaste opération de visites et dons dans plus de 50 hôpitaux à travers le Burkina Faso, alliant soutien spirituel et assistance matérielle aux malades et au personnel de santé. De quoi faire taire baisser d'un ton les critiques, y compris dans la sphère évangélique, « milieu compétitif » non dénué de concurrence et de jalousies de toutes sortes (4).

Le torrent d'Ézéchiel

Avec une telle logique d'impact, il n'est pas étonnant, de constater, de visu, une affluence très considérable au culte dominical du siège à Dassasgho (Ouagadougou). Le tabernacle Béthel Israël a rassemblé au moins 8000 à 10.000 fidèles les dimanches 1er et 7 décembre 2025. Sans compter les dizaines de milliers de connections. Enfin, un élément important de la décennie 2015-2025 a été la préparation de la relève, avec la transmission progressive de charges à une nouvelle génération de responsables, à commencer par Dr. Hortense Karambiri, pasteure principale du Tabernacle Béthel-Israël (megachurch principale) cheffe de file de la relève missionnaire du CIE et autrice de nombreux ouvrages.

Après avoir guéri en 2020, avec son épouse, de la Covid-19, Mamadou Karambiri n'exclut rien. Pourquoi ne pas vivre jusqu'à 120 ans, âge limite selon Genèse 6 3 (Bible) ? Les sceptiques fronceront les sourcils. Il reste qu'à 78 ans, « Papa Karambiri » affiche une indéniable vitalité et une énergie communicative. Ses propos, largement tournés vers l'avenir, ne respirent pas la nostalgie, mais l'espoir. Nul doute que les fidèles du CIE/MIA, rencontrés en ces mois de novembre et décembre 2025, plébiscitent ce scénario des 120 ans, tant la figure du fondateur fait l'unanimité. Mais l'apôtre de la mission africaine, désireux de « décoloniser la théologie », n'en prépare pas moins la relève, souhaitant pérenniser la mission au-delà de la première génération, dans une logique de souveraineté interne au mouvement.

Le discours de Mamadou Karambiri est toujours écouté, depuis près d'un demi-siècle, jusqu'au plus haut sommet de l'État burkinabè, et au-delà, par bien des chefs de l'État en Afrique. Il continue à souligner l'importance d'une identité chrétienne normée et structurante, capable de répondre aux défis spirituels, économiques et sociaux contemporains sans renier les valeurs locales. Lors de la Journée internationale d'évangélisation et de mission du 7 mars 2025, il souligne ainsi la nécessité de former des disciples et d'impulser une mission qui engage les chrétiens dans leur propre milieu. Afin, dit-il, d'irriguer comme le torrent d'Ézéchiel (cf. Ézéchiel 47) : le filet d'eau, dans la prophétie biblique, devient un immense torrent qui arrose de nombreux arbres fruitiers.

Il finit par raviver la mer morte, faisant abonder la vie. Une vision inscrite dans la perspective plus large du « Royaume » qu'aurait prêché un certain…. Jésus de Nazareth. Féru de pédagogie et de slogans mobilisateurs, le fondateur du CIE/MIA définit chaque décennie par une formule. La séquence actuelle est ainsi décrite comme la « décennie de l'expansion gracieuse » (2020-2030). Une expansion qu'il ne restreint pas à l'oeuvre missionnaire elle-même, mais qu'il applique aussi aux sociétés, aux Etats, et aux économies africaines. Dans les travées du Tabernacle Béthel Israël de Ouagadougou, cette rhétorique performative fait vibrer toutes les générations, au service d'une Afrique postcoloniale qui croit, aujourd'hui, que « son temps est venu ». Plus que jamais, à suivre !

regardsprotestants.com

(1) Lire « Mamadou Karambiri, ex-musulman devenu « apôtre » au Burkina Faso », Fil-info Francophonie, Regardsprotestants, 7 novembre 2014, et « Changer de religion ? Entre islam et christianisme au Burkina Faso », Fil-info Francophonie, Regardsprotestants, 4 mars 2016

(2) Centre International d'Évangélisation / Mission Intérieure Africaine, fondé en 1987 par Mamadou Karambiri (Burkina Faso)

(3) Hortense Karambiri, l'expertise et la foi », Fil-info Francophonie, Regardsprotestants, 29 juillet 2918

(4) Jörg Stolz et alii, Le phénomène évangélique, analyses d'un milieu compétitif, Genève, Labor et Fides, 2013

Categories: Afrique, European Union

Ratification des accords de financement par ordonnances : Le gouvernement obtient le feu vert de l'ALT

Mon, 29/12/2025 - 23:30

Du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre 2026, le gouvernement burkinabè est autorisé à ratifier, par voie d'ordonnances, les accords et conventions de financement conclus avec les Partenaires techniques et financiers (PTF). Cette habilitation a été accordée par l'Assemblée législative de transition (ALT), lors de sa séance plénière du 29 décembre 2025 à l'hémicycle, à Ouagadougou.

À l'issue des débats, le projet de loi a été adopté par 66 députés, tandis que deux se sont abstenus sur les 68 votants du jour.
Selon le gouvernement, le recours à cette loi d'habilitation vise d'une part à réduire les longs délais d'obtention des documents juridiques indispensables à l'entrée en vigueur des accords et au démarrage effectif des projets et programmes de développement, et d'autre part à mobiliser, à bonne date, les ressources nécessaires à la couverture des besoins de financement du budget de l'État, notamment pour les investissements publics.

Pour la ministre déléguée chargée du budget, Fatoumata Bako, cette loi permettra au gouvernement de lever plus rapidement des ressources sur le marché international. « Nous signons des accords de prêt avec les partenaires techniques et financiers. Pour l'entrée en vigueur de ces accords, il existe tout un processus à suivre. Il est ressorti que ce processus peut prendre entre six et treize mois, ce qui retarde considérablement la date de mise en œuvre effective des projets », a-t-elle expliqué.

Selon la ministre, la loi d'habilitation contribuera à raccourcir ces délais, à accélérer l'exécution des projets de développement et à mobiliser plus efficacement les ressources nécessaires pour faire face aux déficits budgétaires.

La ministre chargée du budget, Fatoumata Bako, a salué cet accompagnement du gouvernement

À entendre le gouvernement, cette loi de finance entre dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de développement. À cet effet, explique-t-elle, le gouvernement a recours à plusieurs sources de financement dont les principales sont entre autres : les ressources propres du budget de l'Etat ; les aides de projets financées sur ressources extérieures des partenaires au développement du Burkina Faso ; les appuis programmes ou appuis budgétaires financés également par les Partenaires techniques et financiers (PTF).
Pour rappel, le gouvernement a adopté ce projet de loi d'habilitation lui permettant de ratifier, par voie d'ordonnances, les accords et conventions de financement conclus avec les partenaires techniques et financiers lors du conseil des ministres du 9 octobre 2025.

Encore faut-il le rappeler, ce type d'ordonnance n'est pas le premier du genre. En 2022, l'Assemblée nationale avait adopté aussi la loi portant habilitation du gouvernement à prendre des mesures dans le cadre des sujétions liées aux nécessités de la défense nationale pour lutter contre le terrorisme.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

Categories: Afrique, European Union

Frappe américaine au Nigeria : Sécurité, religion et stratégie

Mon, 29/12/2025 - 23:15

Les frappes américaines au Nigeria le jour de Noël relancent le débat sur la stratégie de Washington en Afrique de l'Ouest. Entre « protection des populations chrétiennes », selon les arguments brandis par le président américain, enjeux électoraux et diplomatie transactionnelle, Donald Trump organise un retour offensif des États-Unis dans le Sahel. Décryptage avec Oumar Zombré, Journaliste, écrivain, consultant en relations internationales et spécialiste en communication.

Le jeudi 25 décembre, les habitants de l'État de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria, où sévit depuis quelque temps le groupe terroriste Lakurawa, transfuge de l'État Islamique, ont été réveillés par le fracas assourdissant de bombardements américains. Ces frappes qui visaient des positions de ce groupe armé auraient fait plusieurs morts parmi des chefs terroristes ciblés.

S'exprimant auprès du média Politico, Donald Trump a affirmé que « tous les camps » djihadistes visés par l'armée américaine au Nigeria avaient été « décimés ».
Ces frappes constituent la concrétisation d'une menace formulée publiquement à l'encontre des groupes terroristes sévissant au Nigeria. Dans un message récent sur les réseaux sociaux, Donald Trump avait averti que des frappes seraient menées si « les exactions contre les populations chrétiennes » se poursuivaient. Il y promettait une attaque « rapide, brutale et efficace », rapporte The New York Times. Donald Trump l'avait annoncé, il l'a fait.

Frappes coordonnées ou menées à l'insu de l'État nigérian ?

La question de la coordination avec les autorités nigérianes a rapidement émergé. Abuja affirme avoir été associée à ces frappes de bout en bout. Selon les autorités, les coordonnées des cibles ont été obtenues grâce à la coopération militaire entre les États-Unis et le Nigeria.
Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a indiqué avoir échangé à deux reprises avec le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, avant le lancement de l'opération.

« Au total, 16 munitions de précision guidées par GPS ont été déployées à l'aide de plateformes aériennes sans pilote MQ-9 Reaper, neutralisant avec succès des éléments de l'EI (État islamique) qui tentaient de pénétrer au Nigeria depuis le corridor sahélien », a indiqué le ministre nigérian de l'Information, Mohammed Idris dans un communiqué.
L'opinion publique nigériane est quant à elle divisée sur la portée d'une telle action offensive. Si d'autres applaudissent, certains quant à eux évoquent des questions de souveraineté du pays.

Trump, défenseur des chrétiens du Nigeria ?

Le fait que ces frappes soient intervenues un 25 décembre, jour de Noël, perçu par Donald Trump comme un « cadeau » offert aux chrétiens de Sokoto, suscite de nombreuses interrogations. Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas plus tôt, alors que la menace terroriste est ancienne ?
Le timing de cette action militaire interpelle. Pour beaucoup d'observateurs, Donald Trump n'a fait que mettre ses menaces à exécution, offrant un répit, certes temporaire, à une communauté chrétienne régulièrement prise pour cible par des groupes armés au Nigeria. À travers cette action, Donald Trump cherche aussi à s'ériger en défenseur de la foi chrétienne.

Il envoie ainsi un signal fort au monde, mais surtout à son électorat aux États-Unis. Selon l'Arizona Christian University, en 2024, les chrétiens ont constitué le pilier central de la victoire électorale de Donald Trump, représentant 78 % de ses électeurs. Bien qu'ils composent environ 72 % de l'électorat national, leur poids est encore plus marqué dans l'électorat trumpiste, où ils représentent plus de trois voix sur quatre.

En frappant au Nigeria pour « sauver les chrétiens », l'enjeu est surtout électoral : consolider sa base en vue des élections de mi-mandat prévues en 2026. Les Américains voteront dans quelques mois pour le renouvellement des deux chambres du Congrès, un scrutin déterminant pour le parti au pouvoir. L'enjeu dépasse donc largement la seule lutte contre le terrorisme qui endeuille le Nigeria depuis plus de vingt ans. Cette action vise donc à repositionner Donald Trump auprès de son électorat chrétien.

Donald Trump annonce le retour militaire américain en Afrique de l'Ouest

La politique militaire de l'US AFRICOM sous Donald Trump entend aussi marquer la présence américaine dans un espace devenu hautement concurrentiel, où s'affrontent des puissances mondiales telles que la Chine, la France, la Russie et les États-Unis.

Ces frappes constituent l'un des rares cas documentés de bombardements américains contre des groupes terroristes sur le sol nigérian. Ce changement de paradigme s'explique sans doute par l'évolution rapide des alliances dans la sous-région.
Les États-Unis entendent montrer qu'ils restent un acteur présent et un allié fiable pour le Nigeria. Pour l'homme d'affaires devenu président, les relations internationales ne relèvent plus de l'idéalisme diplomatique : place à la diplomatie transactionnelle.

Le média Arabnews rapporte que, début juillet, Rudolph Atallah, conseiller de Donald Trump en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme, s'est rendu au Mali pour proposer la « solution américaine » face à l'insécurité. Cette offre inclurait le renseignement et l'élimination des principaux chefs terroristes en échange d'un accès privilégié aux ressources naturelles.
Selon Ulf Laessing, directeur du programme Sahel à la Fondation Konrad Adenauer, cité par le même média, « Washington a proposé d'éliminer les chefs des groupes armés en échange d'un accès au lithium et à l'or pour les entreprises américaines ».

Donald Trump repositionne ainsi l'Amérique auprès des pays du Sahel et, plus largement, sur l'échiquier africain. Il cherche à ouvrir la voie aux entreprises américaines, considérant que les relations internationales doivent désormais être lues sous un prisme économique. « Le commerce, pas l'aide ». L'outil militaire devient alors un levier visible pour préparer le terrain aux industries américaines, notamment dans les secteurs de la défense et de l'extraction minière.

Bombardement au Nigeria : une démonstration de force

Au-delà de ces lectures, ces frappes peuvent aussi être interprétées comme une simple démonstration de force dans une région qui n'avait jusque-là jamais été ciblée par des missiles américains contre des positions terroristes.

Avant ces frappes, la France avait mené des opérations similaires au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Avec le départ des forces françaises et le rapprochement des pays du Sahel avec la Russie, l'intervention américaine, alliée militaire mais concurrente économique de Paris, rebats les cartes.
Donald Trump cherche à afficher la puissance américaine et à ouvrir un nouveau théâtre d'opérations pour l'US AFRICOM, en complément de la Corne de l'Afrique, déjà instable depuis plusieurs décennies.

Categories: Afrique, European Union

CASEM du ministère de la Transition digitale : 78 % d'exécution du plan annuel, La Poste Burkina en bonne progression mondiale

Mon, 29/12/2025 - 23:10

La deuxième session ordinaire 2025 du Conseil d'administration du secteur ministériel (CASEM) du ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques s'est tenue ce 29 décembre 2025 à Ouagadougou dans un contexte marqué par de multiples défis. À la date du 30 novembre 2025, le département enregistre un taux d'exécution physique global de 78,05 %, tandis que La Poste Burkina Faso améliore significativement ses performances et son positionnement international.

Le ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques a tenu la deuxième session ordinaire de son Conseil d'administration du secteur ministériel (CASEM). Cette rencontre stratégique, placée sous le thème « Modernisation des réseaux postaux, inclusion financière et numérique : construire la Poste de demain au service du citoyen », a servi de cadre pour évaluer les interventions menées au cours de l'année 2025 et examiner les perspectives pour 2026.

Dans son discours d'ouverture, la ministre en charge du département, Dr Aminata Zerbo Sabané, a rappelé que le CASEM constitue un espace privilégié de concertation, de redevabilité et d'orientation stratégique. Il permet non seulement d'évaluer les engagements pris, mais aussi d'identifier avec lucidité les insuffisances et les difficultés rencontrées dans l'exécution des activités, afin d'y apporter les ajustements nécessaires.

« C'est par la force de l'unité et la constance dans l'action que nous saurons transformer nos ambitions en réalités tangibles », a indiqué la ministre Aminata Zerbo Sabané

Un contexte difficile, mais des résultats encourageants

L'année 2025 a été marquée par la persistance des crises sécuritaire et humanitaire, ainsi que par le renchérissement du coût des technologies à l'échelle mondiale. Malgré ce contexte contraignant, le ministère a poursuivi avec détermination la mise en œuvre de ses actions prioritaires, portées par une amélioration progressive de la situation sur le terrain, rendue possible grâce à l'engagement des forces de défense et de sécurité. Pour structurer son action, le département a identifié douze chantiers stratégiques constituant la feuille de route de la transformation digitale du Burkina Faso à l'horizon 2030. Parmi ces priorités figure le chantier « zéro zone blanche », pilier de l'inclusion numérique. À ce titre, les réseaux mobiles haut débit 3G et 4G ont été déployés dans 126 localités, tandis que les travaux ont été lancés dans 750 autres localités identifiées comme zones blanches. Cette dynamique vise à réduire la fracture numérique et à améliorer l'accès des populations aux services essentiels.

Toujours dans la logique de l'inclusion, le ministère a engagé la mise en œuvre des Zama tchey, ou Maisons du citoyen. Deux infrastructures sont en cours de construction à Ouagadougou et à Kaya, grâce à la contractualisation déjà effective. Par ailleurs, l'adoption du contrat-plan État. La Poste Burkina Faso permettra, dès 2026, la construction de nouvelles Maisons du citoyen dans quatre chefs-lieux de région et vingt communes rurales.

Sur le plan de l'e-gouvernance, des avancées notables ont été enregistrées avec l'interconnexion de 88 nouveaux bâtiments publics au réseau RESINA, la dématérialisation de plus de 60 procédures administratives, dont 36 déjà opérationnelles, ainsi que la généralisation de plateformes de gestion financière dans respectivement 197 et 146 structures publiques. Ces actions visent à renforcer la transparence, l'efficacité administrative et la gestion rationnelle des ressources publiques.

Des progrès significatifs ont également été réalisés en matière de souveraineté numérique. Le ministère a finalisé la construction d'un mini data center, tandis que celle d'un second est à un stade très avancé. Ces infrastructures traduisent la volonté de l'État d'héberger et de sécuriser ses données au niveau national. Dans le même élan, la sécurisation du cyberespace national a été renforcée à travers l'adoption de trois décrets d'application de la loi sur la sécurité des systèmes d'information et la délivrance de 338 agréments techniques, contribuant ainsi à instaurer la confiance dans l'écosystème numérique.

Les travaux du CASEM vont concerner essentiellement l'examen et l'adoption du Plan de travail annuel 2026

Une Poste burkinabè en pleine mutation

Le CASEM a également permis de faire le point sur les performances de la Poste Burkina Faso. Malgré une baisse du volume du courrier traditionnel, le chiffre d'affaires est en progression continue depuis 2020, avec un bond significatif en 2024, selon le directeur général, Ibrahim Saba. « Entre 2020 et 2025, le nombre d'agences postales est passé de 116 à 130, portant la couverture postale à 37 %. Sur le plan international, la Poste Burkina Faso enregistre une progression remarquable. Elle est classée 86ᵉ sur 180 pays avec un score de 52,6 sur 100 et un niveau 6 de maturité des activités. En 2024, elle occupait la 104ᵉ place mondiale, soit un gain de 45 places entre 2023 et 2025. À l'échelle africaine, elle se positionne désormais au 10ᵉ rang. Cette performance, marquée par un bond de 20,8 points par rapport à 2024, est portée par les innovations numériques et le développement de services postaux électroniques », a-t-il fait à travers une présentation.
Au terme de l'exercice, l'ensemble des actions mises en œuvre a permis d'atteindre, au 30 novembre 2025, un taux d'exécution physique global de 78,05 %.

Ces résultats sont le fruit de l'engagement collectif des acteurs du secteur, de la synergie entre services centraux, structures rattachées, projets et programmes, ainsi que de l'appui des partenaires techniques et financiers. Toutefois, la ministre a souligné que ces acquis, aussi appréciables soient-ils, invitent à redoubler d'efforts face aux défis persistants. Il s'agit notamment du renforcement de la souveraineté de l'État à travers la transition digitale, de l'amélioration de la gouvernance sectorielle, du développement de l'administration électronique, de l'accès équitable aux services de communications électroniques, de la modernisation du secteur postal et de la sécurisation durable du cyberespace national.

Les travaux du CASEM se sont poursuivis avec l'examen et l'adoption du Plan de travail annuel 2026, appelé à consolider les acquis, corriger les insuffisances et accélérer la transformation numérique du Burkina Faso au service du bien-être des populations.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

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