Lancée en 2015 pour « casser » le modèle économique des passeurs de migrants opérant en particulier depuis la Libye, l’opération européenne EUNAVFOR Sophia, commandée par un amiral italien, n’a pas eu l’effet escompté. Et cela pour une raison simple : elle n’a pas obtenu l’aval de Tripoli pour intervenir au plus près du littoral libyen. En […]
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Visiblement, pour Pékin, la question est sensible. Quelle est-elle? En novembre 2016, il fut rapporté que des véhicules militaires chinois, dont des Dongfeng EQ 2020 (ou Mengshi) et blindé de type MRAP (Mine Resistant Ambush Protected) Norinco VP11, avaient été repérés dans la région de Pamir Khord [ou Petit Pamir], dans l’extrême-nord de l’Afghanistan. Ce […]
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Ces derniers jours, il a été fait état d’une forte présence de la marine russe au large de la Syrie, avec, d’après des informations publiées par la presse, 10 navires de surface et 2 sous-marins de la classe « Kilo ». La raison de ce déploiement important en Méditerranée orientale serait liée au lancement imminent d’une offensive […]
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C'est une remarquable exposition qu'a organisé le Musée Guimet et qu'il faut se dépêcher d'aller voir, puisqu'elle se termine le 10 septembre...
Le monde vu d'Asie traite donc de la question des représentations du monde. Le terme "Asie" reprend la façon dont nous nous représentons, nous Européens, l'Asie, c'est-à-dire en omettant allègrement l'Asie Occidentale. Cela commence donc en Afghanistan, avec peut-être quelques allusions à la cartographie arabo-musulmane, mais guère plus. L'essentiel se concentre en Chine (et Taïwan), Japon, Corée, un peu la péninsule indochinoise ou l'Inde, accessoirement l'Asie centrale.
Mais nous n'allons pas mettre en miroir nos "représentations réciproques" : cela permet toutefois de montrer que la notion de "représentations" ne se réduit pas à l'appareil cartographique, même si évidemment, là est l'essentiel. D'ailleurs, le sous-titre de l'exposition (du moins du catalogue) se dénomme : "une histoire cartographique".
Car à l'origine, le "monde" en Asie s'articule, comme dans toute pensée traditionnelle, entre la terre et le ciel, entre le microcosme et le macrocosme, dans l'interaction entre le pays des hommes et le pays des cieux. La "géographie" est donc religieuse et sacrée, elle est d'abord empreinte de symboles. Il ne s'agit donc pas de dresser des territoires, mais des indications spirituelles où des éléments physiques (tel mont, tel rivage, tel fleuve) reçoivent des significations religieuses.
Viennent ensuite des représentations graphiques des paysages : une première façon de décrire la géographie et la morphologie. Viennent ensuite des plans de villes et de place-fortes.
Mais au fond, je n'ai pas perçu réellement de cartographie, au sens où nous l'entendons, d'origine purement asiatique. Dresser l'état des lieux du monde importe peu : seul comptent les territoires du souverain, ici empereur chinois en visite de ses possessions, là de tel roi ou prince... Le "reste du monde" (cette incroyable invention américaine qui reproduit, finalement, le splendide isolement des empereurs chinois, méprisant tout ce qui n'est pas eux comme étant des barbares), n'existe pas : pourquoi le cartographier ?
Tout change, apparemment, avec l'arrivée des jésuites et de Matteo Ricci : de cette rencontrent naissent deux choses : la perception du monde, mais aussi le recentrage du monde. Ainsi, la remarquable carte sino-centrée datant du XVII° siècle en est-elle emblématique : la Chine demeure "au milieu du monde" (c'est comme cela qu'elle se pense, empire "du milieu") et en même temps, elle reconnait qu'elle n'est qu'une partie du monde.
La question des proportions est ici passionnantes : dans les premières cartes d'origine asiatique, datant de plusieurs cercles auparavant la venue de Matteo RIci, la représentation de la Chine est assez fidèle à la réalité (au moins autant fidèle que nos cartes similaires de l'époque représentant l'Europe), mais les contours (Inde, Russie, îles du Pacifique, Afrique, Europe) sont écrasés à la portion congrue, aplatis, comme les cartes anamorphiques qui sont aujourd’hui courantes.
Le choc du monde entraîne de nouvelles représentations cartographiques, de nouvelles influences, mais aussi un regard sur le monde avec les décalages entre la façon dont les Asiatiques s'imaginent Paris, Londres ou New-York et la réalité que nous connaissons bien mieux, évidemment : à cet égard, les dernières salles sont assez jubilatoires car nous comprenons que nos représentations de l'Asie doivent être aussi décalées que celles qu'ils avaient de nous.
Pour le reste, cette plongée dans un univers culturel asiatique est absolument passionnante, avec une grande richesse de formes et de références qui sont un bonheur pour les yeux.
Le visiteur achètera le catalogue, indispensable pour tout amateur de cartes, rédigé par Pierre Singaravélou et Fabrice Argounès, auteur d'une "Théorie de la puissance" dont j'ai rendu compte sur La Vigie (ici).
A voir, donc, très vite.
Le monde vu d'Asie, musée Guimet, informations
O. Kempf
Je participerai au prochain forum économique de Kryniça, en Pologne, du 4 au 6 septembre prochain. Cet événement qui devient le Munich de l'Europe de l'est prend chaque année plus d’ampleur (3000 participants en 2016).
J'interviendrai à la table ronde : Federalisation of Europe - Is It Possible?
Présidée par Slawomir Debski, Director, Polish Institute of International Affairs, Poland, elle réunira :
Aler en Europe de l'est, rencontrer à la fois la défiance envers la Russie (que j'avais beaucoup ressentie il y a trois ans, lors de ma première venue) et peut-être la défiance envers l'UE, voilà qui va être intéressant.
O. Kempf
Voici un billet que j'avais écrit en février 2016 et jamais publié. Il est intéressant parfois de relire ses textes publiés autrefois, mais ce n'est pas mal non plus de publier des textes écrits autrefois. Source
Régulièrement, les stratégistes débattent de concepts qui marquent le moment. Il y a ainsi des centres d’intérêt qui se succèdent. On pourrait y voir une mode mais il s’agit plutôt de thèmes structurant la discussion, toujours relié, d’une façon ou d’une autre, à l’actualité. Ce lien entre recherche théorique et réalités du terrain n’est pas critiquable pour une science humaine qui ne peut s’adonner à l’expérimentation empirique.
Théoriser le réel est logiquement le quotidien de telles spéculations, cherchant à comprendre les nouvelles façons de faire la guerre (or, celle-ci ne disparaissant pas, elle ne cesse de muter et d’appeler de nouvelles interprétations, sans même parler des évolutions technologiques) mais aussi à proposer de nouvelles pistes pour obtenir l’avantage.
Nous eûmes ainsi la révolution dans les affaires militaires puis la contre-insurrection. Ces temps-ci, on débat plutôt de guerre hybride ou d’A2/AD (anti access/area denial) pour décrire qui les actions russes en Ukraine, qui les poussées chinoises en mer de Chine (et désormais, les avancées maritimes russes en Baltique, mer Noire voire méditerranée orientale). Par ailleurs, chacun note une « fatigue expéditionnaire » notant que l’Irak, l’Afghanistan ou même la Libye n’ont pas donné satisfaction aux Occidentaux. Chacun de ces trois exemples pourrait bien sûr être nuancé mais force est de constater la conséquence politique de ces expériences : le moindre engagement opérationnel à l’extérieur, hormis quelques interventions aériennes ou maritimes, comme celles menées par la coalition contre l’EI en Irak et Syrie ou l’opération maritime anti-piraterie au large de la Somalie.
D’une certaine façon, cela constitue le trait dominant de la posture stratégique de Barack Obama, dont j’ai proposé une interprétation dans un article sur « l’indirection de la guerre ». Tout se passe au fond comme si le président américain avait conclu à l’inefficacité de l’outil militaire, hormis quelques frappes indirectes. Car l’expédition s’entend, dans l’esprit commun, comme l’envoi de troupes au sol afin de contrôler un territoire (et donc de favoriser un effet politique). C’est d’ailleurs cet axiome qui préside à l’approche américaine en Syrie à l’automne 2015. Devant l’arrivée de troupes russes à Lattaquié puis le développement d’un soutien appuyé aux forces syriennes, le gouvernement américain a probablement parié sur l’enlisement russe dans la zone, un nouvel Afghanistan qui avait laissé des souvenirs douloureux tant aux Américains qu’aux Russes. Autrement dit, pour Washington, cet engagement russe en Syrie était une bonne nouvelle puisqu’il allait engluer l’armée russe dans un bourbier sans fin.
Hors, ce n’est pas ce qui s’est passé, bien au contraire. L’armée russe a apporté bien sûr quelques moyens lourds, et notamment une suprématie aérienne massive, précise et destructrice. Elle a aussi donné quelques moyens terrestres (canons mais aussi chars). Elle a surtout apporté une capacité de C2, c’est-à-dire de planifier et d’exécuter des opérations combinées, dans la durée, donnant donc une tonalité systématique à une guerre qui était, de part et d’autres, brouillonne et insurrectionnelle, fondée sur des milices s’affrontant ici et là sans réel plan d’ensemble.
Au résultat, l’engagement russe compterait 5000 hommes et ne coûterait pas si cher, pas assez en tout cas pour saigner des finances russes par ailleurs contraintes. Autrement dit, à moindre coût, l’expédition russe peut tenir. Elle peut surtout gagner. Après une première phase de la campagne qui a été stabilisante, puis quelques grignotages ici et là, de plus en plus conséquents (voir la reprise des confins de la province de Lattaquié), elle a opéré une percée décisive au nord d’Alep qui constitue probablement le tournant stratégique de la guerre. Désormais, les forces syriennes semblent en mesure de l’emporter, réduisant d’abord l’opposition modérée (Alpe, Deraa), puis réduisant les islamistes autour d’Idlib avant enfin de se tourner contre l’EI.
Bien d’autres facteurs expliquent ce succès et nous y reviendrons quelque jour. Il reste que la supposition de Barrack Obama s’avère erronée : le modèle expéditionnaire en tant que tel n’est pas condamné, l’outil militaire réussit encore à produire des effets politiques. Il y faut certes des conditions et une volonté, mais démonstration est faite que l’emploi de la force armée n’est pas, n’en déplaise aux sceptiques, condamné à l’échec. En revanche, cela invalide certainement un certain modèle de guerre expéditionnaire. Constatons que si les Américains échouent, les Russes (ou les Français au Mali) réussissent quant à eux à y trouver des succès.
O. Kempf
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