Revue de presse du mercredi 19 novembre 2025
Les médias congolais rendent compte ce mercredi de la présentation de la loi des Finances 2026 par la Première ministre à l’Assemblée nationale et du message du leader de Lamuka, Martin Fayulu, à la nation congolaise.
La 20ᵉ édition de la Semaine du Numérique a été officiellement lancée ce mardi 18 novembre 2025 à Ouagadougou, sous le thème « L'IA au cœur de la transformation digitale ». Placée sous le très haut patronage du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, cette édition accueille le Ghana comme pays invité d'honneur, tandis que le Mali et le Niger sont les invités spéciaux. Cette célébration marque deux décennies d'efforts et d'engagement du Burkina Faso pour faire du numérique un levier majeur de développement.
Pilotée par le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques (MTDPCE), la Semaine du Numérique 2025 ambitionne de fédérer acteurs publics, privés, académiques et citoyens autour de l'IA comme moteur d'une transformation digitale durable.
Dans son allocution d'ouverture, le capitaine Ibrahim Traoré a souligné l'importance stratégique de cette 20ᵉ édition, symbole d'un long chemin parcouru mais aussi d'un vaste chantier encore à poursuivre. Pour lui, le Burkina Faso doit accélérer sa transformation digitale pour « faire un bond technologique » significatif d'ici 2030, grâce aux douze chantiers prioritaires lancés par le gouvernement.
Insistant sur le caractère transversal du numérique, il a rappelé que santé, éducation, sécurité, défense et économie ne sauraient évoluer sans technologies digitales. Le numérique, a-t-il dit, permet de réaliser d'importantes économies d'échelle et constitue un outil indispensable pour moderniser l'administration.
Le chef de l'État a également mis l'accent sur la lutte contre la corruption, qui repose désormais sur la digitalisation des procédures administratives, gage de transparence. En matière de sécurité, il a évoqué l'importance de l'analyse rapide des données grâce à l'intelligence artificielle, notamment pour permettre des interventions en temps réel sur le terrain.
Vers une véritable souveraineté numérique
Le président a dénoncé la dépendance du Burkina Faso aux hébergements de données à l'étranger, incompatible selon lui avec les ambitions nationales de souveraineté. « Le pays est en train d'acquérir ses propres data centers et développe des solutions internes », a-t-il laissé entendre.
Dans cette dynamique, il dit avoir instruit le ministère de la Transition digitale de créer des « Maisons du citoyen » dans toutes les provinces, puis dans les départements, pour garantir l'accès universel aux services numériques.
Le capitaine Traoré a aussi annoncé un vaste programme de recrutement d'ingénieurs afin de combler le retard technologique et de prouver que « les jeunes Africains ont les capacités d'innover et de concevoir » pour le développement du pays. Il a confirmé le lancement prochain d'une académie polytechnique.
Enfin, il a appelé à une sensibilisation accrue sur les dérives de l'IA, notamment la désinformation et les escroqueries, exhortant les jeunes à en faire un usage responsable.
Une IA qui « nous ressemble »
Prenant la parole à son tour, la ministre de la Transition digitale, Dr Aminata Zerbo/Sabané, a réaffirmé la volonté du Burkina de développer « une IA qui nous ressemble », conçue localement, conforme aux priorités nationales et adaptée aux réalités du pays.
Pour elle, le thème de l'édition ne constitue pas un simple slogan, mais témoigne de l'engagement du Burkina à tirer pleinement profit du numérique et de l'intelligence artificielle pour son développement socio-économique et pour le bien-être des populations.
L'IA, a-t-elle expliqué, représente une opportunité inestimable pour une administration plus efficiente, une lutte efficace contre la désinformation, une gestion optimisée des ressources, une agriculture résiliente, un système de santé performant, une éducation audacieuse, une finance inclusive et une sécurité renforcée.
Les échanges et conférences de cette édition sont organisés autour de quatre axes majeurs, dont « Gouvernance, talents et marché pour une IA inclusive », « Infrastructures et données pour une IA souveraine », « Sécurité, éthique et respect des droits humains », « Recherche & développement pour une IA endogène ».
Lefaso.net
C'est le 3 novembre 2025 qu'a débuté le procès devant les conseillers de la Cour d'appel de Ouagadougou. Les parties ont toutes fait appel dans le cadre de cette affaire. Le parquet, tout comme l'Agent judiciaire de l'État (AJE), souhaitaient que soient, entre autres, revues les peines de ceux qui ont été condamnés en première instance et les frais exposés et non compris dans les dépens. Les défendeurs de leur côté ont plaidé pour une réduction de leurs peines.
Ce mardi 18 novembre 2025, la Cour a rendu son arrêt dans l'affaire Amidou Tiegnan et trois autres. On retient grosso modo que la Cour a jugé recevables tous les appels, puis confirmé le jugement sur les exceptions d'incompétence, de nullité et de prescription. Il a par ailleurs renvoyé les condamnés des fins de la poursuite des faits d'enrichissement illicite pour infraction non constituée.
Amidou Tiegnan, prévenu principal dans le cadre de cette affaire, a été reconnu coupable des faits d'usage de faux en écriture publique, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux. Il écope d'une peine d'emprisonnement de onze ans (quinze ans en première instance), et d'une amende de 5 640 000 000 francs CFA, le tout ferme. Il est par ailleurs condamné à verser à l'État un montant de 1 880 000 000 francs CFA, au titre du préjudice financier subi par ce dernier.
Pétronille Tarpaga, elle, a été reconnue coupable des faits d'usage de faux en écriture publique, de détournement de deniers publics et de complicité de détournement de deniers publics. Elle écope d'une peine de huit ans (onze ans en première instance) et d'une amende de 104 025 000 de francs CFA. Elle doit verser à l'État 34 675 000 de francs CFA, au titre du préjudice financier qu'il a subi.
Quant à Philippe Bayoulou, le juge l'a reconnu coupable des faits d'usage de faux en écriture publique, de complicité de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux. Lui, est condamné à une peine d'emprisonnement de six ans (six ans en première instance) et à une amende de 245 478 000 francs CFA. Il devra par ailleurs verser à l'État la somme de 81 826 000 francs CFA au titre du préjudice financier subi par ce dernier.
Salifou Ouédraogo enfin, écope d'une peine d'emprisonnement de onze ans (huit ans en première instance) et d'une amende de 345 millions de francs CFA, sans compter le montant à verser à l'État au regard du préjudice financier qu'il a subi. Ce montant s'élève à 115 millions de francs CFA. Rappelons qu'il est reconnu coupable des faits d'usage de faux en écriture publique, de complicité de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux.
Outre cela, le juge a condamné les prévenus à payer à l'État burkinabè la somme de un franc symbolique au titre du préjudice moral ; dit n'y avoir lieu à condamnation aux frais exposés non compris dans les dépens ; débouté l'État burkinabé du surplus de ses prétentions ; ordonné la confiscation des biens meubles et immeubles de tous les condamnés, à concurrence des montants des amendes et des condamnations pécuniaires ; dit n'y avoir lieu à solidarité ; confirmé les autres dispositions du jugement attaqué ; condamné les prévenus aux dépens.
Au sortir de l'audience, Me Marie Ouédraogo, conseil de Salifou Ouédraogo, dit être mitigée quant au verdict, en tout cas pour ce qui est de son client. En première instance, le prévenu avait écopé d'une peine d'emprisonnement de huit ans et de plus de cinq milliards de francs CFA comme responsabilité civile. Cette fois-ci, il s'en sort avec une peine d'emprisonnement de onze ans, et devra verser, au titre du préjudice financier subi par l'État, la somme de 115 millions de francs CFA. « Je prendrai le temps de discuter avec mon client avant d'apprécier », a-t-elle souligné.
Du côté de l'Agent judiciaire de l'État, le juge n'a pas retenu la solidarité de la condamnation pécuniaire. « Mais il a retenu que les biens immobiliers et mobiliers saisis, y compris ceux d'origine licite, sont confisqués pour venir en exécution de la décision intervenue », se satisfait tout de même Karfa Gnanou, AJE. « Si au premier degré, c'était pour venir en exécution des amendes, à la suite de notre appel, les autres condamnations pécuniaires, à savoir les dommages et intérêts alloués à l'État, sont concernés par cette garantie d'exécution », a-t-il indiqué.
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Le ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation (MESRI) a tenu, ce mardi 18 novembre 2025, une conférence de presse dans ses locaux. Il a apporté des éclaircissements sur certains points du nouveau Cahier des charges (CDC) des Institutions privées d'enseignement supérieur (IPES) adopté par l'arrêté nᵒ 2025-363/MESRI/SG/DGESup du 13 novembre 2025.
Le jeudi 13 novembre 2025, le MESRI a présenté aux promoteurs des IPES le nouveau CDC. Le point de presse de ce 18 novembre 2025 a été l'occasion de revenir sur les principales innovations du nouveau dispositif réglementaire qui encadre désormais la création, l'ouverture, le fonctionnement, l'évaluation et la fermeture des IPES. Certaines mesures de la réglementation ont été l'objet de vives discussions sur les réseaux sociaux. Le MESRI a donc apporté des éclaircissements sur certaines incompréhensions survenues après la présentation du CDC aux promoteurs des IPES.
Le ministère est revenu en long et en large sur quatre innovations majeures, à savoir l'organisation des examens nationaux ; les exigences en matière de recrutement des enseignants permanents ; la création obligatoire d'une personne morale et l'obligation des premiers responsables de résider au Burkina Faso ; la question particulière des formations de licence et de master en sciences infirmières et obstétricales (LSIO et MSIO).
Face aux polémiques suscitées par la mesure concernant les examens nationaux, le MESRI a précisé qu'elle s'applique aussi bien aux établissements d'enseignement privés qu'aux établissements publics. La première communication ciblait uniquement les IPES, d'où la perception que la mesure ne s'appliquait qu'à elles.
Le ministère a expliqué que le gouvernement souhaite réformer le système éducatif aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public afin de permettre aux étudiants du Burkina Faso d'atteindre un excellent niveau et d'être plus compétitifs. Il faut noter que, dans le principe, les diplômes délivrés par les IESR (des Institutions d'enseignement supérieur et de recherche) publiques sont d'office reconnus par l'État et sont, dans certains cas, des diplômes d'État (art. 28 du décret 2018-1271 du 31 décembre 2018 portant organisation de l'enseignement supérieur). Ce qui n'est pas le cas des diplômes délivrés par les IPES qui doivent encore faire l'objet de reconnaissance par l'État. Il faut mentionner que cette mesure permet aux IPES de préparer leurs étudiants à passer des diplômes délivrés par l'État (art. 46 du décret 2018-1271). Ces diplômes n'auront ensuite plus besoin d'être reconnus par celui-ci.
Pour toutes les IPES ne formant pas en sciences de la santé, l'obtention des diplômes de licence (3ᵉ année), de master (5ᵉ année) et de doctorat (8ᵉ année) se passera à travers des évaluations nationales, organisées par les IESR publiques pour l'ensemble des étudiants de ce domaine.
Pour les IPES formant spécifiquement en sciences de la santé, tous les passages en classe supérieure (de la première année de licence à la dernière année de doctorat) feront l'objet d'évaluations nationales organisées par les IESR publiques.
Selon le ministère, ce dispositif vise à harmoniser les standards de formation mais aussi à dispenser les titulaires des diplômes d'IPES de procédures quelquefois longues imposées avant toute reconnaissance de ces diplômes par l'État.
Une fois ces nouvelles mesures mises en œuvre, les étudiants qui n'auront pas encore soutenu leur licence, leur master ou leur doctorat devront également participer aux examens nationauxLa question des enseignants à la retraite
Conformément à l'article 16 du nouveau Cahier des charges, toute IPES doit, au moment de son ouverture effective, disposer pour chaque offre de formation d'un minimum de trois enseignants permanents, titulaires d'un doctorat unique, d'un PhD (Philosophiæ doctor) ou équivalent, pour un institut supérieur ou une grande école ; de cinq enseignants permanents, titulaires d'un doctorat unique, PhD ou équivalent, s'il s'agit d'une université.
Pour l'ensemble du personnel enseignant n'ayant pas le statut d'enseignant-chercheur, d'enseignant hospitalo-universitaire ou de chercheur, il faut une autorisation d'enseigner, délivrée par le ministère en charge de l'enseignement supérieur. La délivrance de cette autorisation est désormais subordonnée à une formation préalable justifiée par la présentation d'un certificat de pédagogie universitaire délivré par une IESR. En outre, toute IPES doit compter dans l'effectif total de ses enseignants au moins 20 % d'enseignants permanents après 10 années académiques de fonctionnement ; au moins 50 % d'enseignants permanents après 25 années académiques.
Toujours dans la même dynamique, l'extension de l'IPES à une nouvelle offre de formation (ou filière) impose le recrutement d'au moins un enseignant permanent supplémentaire dans le domaine de l'offre de formation à ouvrir.
Pour ce qui est du cas spécifique des IPES formant en sciences de la santé, des exigences particulières sont prévues sur la question des ressources humaines. Il est important de comprendre l'exigence de personnels enseignants et encadrants hautement qualifiés au regard de la sensibilité des questions liées à la santé des citoyens et des populations, justifie le ministère.
C'est pour cette raison que toute IPES qui sollicite la délivrance d'une autorisation d'ouverture d'une offre de formation en médecine, pharmacie ou chirurgie dentaire ou encore en sciences et médecine vétérinaires, doit préalablement disposer d'au moins 60 % d'enseignants hospitalo-universitaires permanents dans certaines spécialités médicales précisées dans le cahier des charges.
Pr Samuel Paré a expliqué que ces réformes ont été mûries depuis 2023 et que les IPES ont été impliquéesCes enseignants hospitalo-universitaires enseignants permanents doivent avoir 50 ans ou moins pour au moins 50 % des effectifs totaux ; avoir entre 51 et 65 ans pour au plus 30 % des effectifs ; plus de 65 ans pour au plus 20 % des effectifs totaux.
Pour le cas spécifique de la santé, tout en n'excluant pas du tout le recrutement des enseignants permanents de l'institution ayant un âge supérieur à 65 ans (donc admis à la retraite), il est clairement fixé un quota qui ne saurait excéder 20 % du personnel enseignant permanent.
Abordant la question du quota imposé pour les enseignants retraités, le MESRI a expliqué qu'il s'agit d'une mesure visant à offrir davantage d'opportunités aux jeunes compétences. Le ministère insiste sur le fait qu'il ne s'agit nullement d'une « chasse aux sorcières » contre les retraités, mais plutôt d'un rééquilibrage permettant de valoriser la relève. Le MESRI affirme ne plus souhaiter que certains établissements privés privilégient quasi exclusivement des enseignants retraités, au détriment de jeunes professionnels.
« Les réformes engagées par le gouvernement traduisent une volonté ferme d'améliorer durablement la qualité de l'enseignement supérieur privé, de sécuriser les parcours académiques des étudiants, et de consolider la valeur et la compétitivité des diplômes délivrés aux plans national et international. Le ministère reste entièrement disponible pour accompagner l'ensemble des acteurs (actionnaires, sociétaires, promoteurs, IPES, étudiants) parents d'apprenants ainsi que le public burkinabè dans la bonne compréhension et dans la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions », a déclaré le secrétaire général du MESRI, Pr Samuel Paré.
D'autres innovations
Conformément aux dispositions de l'article 5 de l'arrêté portant cahier des charges des IPES, toute IPES doit désormais être une personne morale de droit burkinabè, constituée en association ou en société, avec un contrôle effectif exercé par des Burkinabè.
Le siège social doit donc nécessairement être établi au Burkina Faso, et le premier responsable (le directeur général, le recteur ou le président) est astreint à l'obligation de résider sur le territoire national, conformément à l'article 57. Ces innovations n'enlèvent en rien à l'État du Burkina Faso le droit d'initier ou de participer directement ou indirectement à la création d'IPES dans le cadre des accords et traités internationaux que le Burkina Faso a conclus, souligne le ministère.
Les formations de licence et de master Sciences infirmières et obstétricales (SIO) font également partie des innovations du cahier des charges. Au sujet des offres de formation en SIO, elles ne relèvent plus du cahier des charges des IPES. Pour les formations ante-bac (de niveau BEPC ou diplômes inférieurs), elles relèveront désormais d'agréments délivrés par le ministère de la Santé. En revanche, pour les formations post-bac (formations universitaires), elles sont réservées aux Institutions d'enseignement supérieur et de recherche (IESR) publiques. Elles devraient être créées à terme dans les universités publiques ou en affiliation avec elles pour conduire éventuellement jusqu'au doctorat.
Le MESRI compte organiser une autre rencontre avec la presse pour expliquer le déroulement des examens nationaux. À noter que la mesure entrera en vigueur au cours de l'année académique 2026-2027.
Samirah Bationo
Crédit photo : Bonaventure Paré
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