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L'oeil francophone sur l’Europe politique
Updated: 9 hours 30 min ago

Le café de Vienne meilleur pour l’esprit diplomatique ?

Fri, 30/10/2015 - 07:55

Vienne et son Hotel Imperial, célèbre aussi pour son café

(B2) Après Genève, qui avait abrité deux réunions sur la Syrie, pour tenter de trouver une solution au conflit syrien, c’est désormais la capitale autrichienne qui a les faveurs des diplomates pour abriter un nouveau round de négociation.

Le charme du café viennois

Le café viennois, son petit chocolat et le verre d’eau, placés délicatement, les serveurs inégalables auront-ils plus de charme que l’onctuosité helvétique ? Ou est-ce le petit parfum de guerre froide qui a entouré longtemps la capitale autrichienne qui excite les diplomates en chef. A moins que ne soit la célèbre Sacher Torte — inventée pour les besoins des hôtes du chancelier Metternich — qui fond sous la langue. On ne sait… Mais ce round parait au moins un peu plus réaliste, de par l’implication de quasiment tous les acteurs et protagonistes du conflit (1). Ce qui n’était pas le cas précédemment.

Quand le militaire favorise le politique ?

Paradoxalement, c’est l’engagement militaire extériorisé, visible, de la plupart des participants présents qui rend aujourd’hui une négociation plus crédible. Les frappes aériennes en Syrie menées par les Américains – qui a entraîné dans son sillage les Français et les Britanniques — ont marqué un tournant. Mais c’est surtout l’engagement russe, au final, qui a débloqué une situation crispée. Même les acteurs régionaux, souvent discrets sur leurs engagements (Iran, Arabie Saoudite, Turquie…), ne se cachent plus aujourd’hui derrière des circonvolutions dialectiques. Pour la première fois, depuis le début du conflit, on prend ainsi la mesure de la dimension régionale, voire internationale de ce conflit.

S’inscrire dans la foulée de la réconciliation monde-Iran

L’accord conclu sur le nucléaire iranien a aussi ouvert la voie vers la réintégration de l’Iran sur la scène mondiale. L’invitation à Vienne est ainsi la première conséquence concrète, au plan diplomatique, de cet accord. L’esprit de Vienne qui avait présidé, durant plusieurs mois laborieux, à un dénouement positif de ces discussions saura-t-il régner sur ces premiers effleurements diplomatiques entamés sur la Syrie. On l’espère…

Pourquoi Vienne ?

J’ai posé la question à plusieurs diplomates. Trouver une ville de négociation est déjà tout un art qui repose sur des notions très subtiles.

Une ville des Nations-Unies

« On choisit en général une ville où existe une représentation de l’ONU » explique l’un d’eux. Vienne a ainsi souvent été choisi « comme lieu de négociations internationales difficiles dans le passé » complète un autre. L’ONU se trouvant dans la capitale autrichienne, on y trouve donc « un réseau très dense de représentations diplomatiques. L’infrastructure pour les négociations internationales est absolument là. »

… habituée de la guerre froide

A cela on peut ajouter la présence de l’OSCE, « l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe » survivante des discussions de la guerre froide. Vienne est aussi une des villes qui a pratiqué l’art des négociations difficiles entre les deux blocs. Elle a accueilli en 1973 la négociation sur la réduction des forces – Mutual and Balance Force Reduction, entre les grandes puissances de l’époque, les représentants du Pacte de Varsovie et ceux de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). En 2006-2007, elle accueille les négociations sur le statut final du Kosovo, entre Belgrade et Pristina, sous l’égide du médiateur de l’ONU Martti Ahtisaari.

… des négociations difficiles

L’autre condition pour l’organisation d’une telle conférence est l’engagement de l’Etat d’accueil. Une telle conférence internationale nécessite une mobilisation importante, tant en matière de sécurité, que d’un corps diplomatique capable d’organiser le ballet des délégations pour qu’elles ne se croisent pas ou, au contraire, se rencontrent discrètement ou par hasard. Le cadre impérial de l’ancienne capitale des Habsbourg qui a abrité une des premières conférences de l’ère moderne, le Congrès de Vienne en 1814-1815 n’est pas étranger aussi au charme de la ville qui a grandi à l’ombre du Danube.

L’esprit de Vienne

Cette histoire est soigneusement entretenue et perpétuée par la diplomatie rouge et blanche. On peut même parler d’une politique volontariste. Le côté « dynamique et actif du ministre autrichien des Affaires étrangères (Sebastian Kurz) a sans doute été aussi un facteur important dans l’augmentation récente du nombre de discussions internationales à Vienne » remarque un diplomate du cru. Lors des négociations de l’Iran, alors que les négociateurs n’étaient pas d’accord sur un lieu de négociations, lorsque Sebastian Kurz a « proposé d’accueillir les pourparlers à Vienne, cette offre a été acceptée par les parties à la négociation » raconte un habitué des couloirs diplomatiques. Au final, après de longues journées, de longues semaines de négociation, Vienne a laissé « une très bonne impression sur les négociateurs ». Au point qu’ils ont peut-être eu envie de revenir…

L’Imperial Torte !

Seule différence. Ce ne sont plus les murs de l’hôtel du palais Cobourg qui abriteront le coeur des négociations mais ceux de l’hôtel Imperial. Un hôtel que connaissent certains des protagonistes, puisque lors des négociations avec l’Iran, y résidait le secrétaire d’Etat US, John Kerry.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Sont présents normalement outre les Etats-Unis et Russie, les alliés du régime de Damas (Irak, Iran, Liban) et ses adversaires (Arabie saoudite, Egypte, Qatar, Turquie) et 5 Européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie + Union européenne)

La célèbre « Imperial Torte » de l’hotel Imperial saura-t-elle adoucir les moeurs des belligérants

Pollution des moteurs diesel : un problème et pas que chez Volkswagen. L’alerte avait été donnée

Thu, 29/10/2015 - 07:10

(B2) Les services de la Commission européenne étaient avertis d’un net problème qui se posait dans la mesure de la pollution des moteurs diesel de Volkswagen mais pas seulement. Ce qui laisse à supposer que la fraude soit plus étendue qu’annoncé. C’est ce que révèle une note publiée le 22 octobre par le syndicat U4U (Union pour Unité) de la fonction publique européenne.

Un écart entre laboratoire et route détecté dès 2011 !

Le centre de recherches de la Commission (JRC) avait déjà dénoncé l’inefficacité des mesures de pollution des véhicules. Dans un article de 2011, des fonctionnaires européens, scientifiques du JRC l’avaient déjà noté : « Les émissions de dioxyde de carbone sur route dépassent de 21 +/- 9% les niveaux d’émission de laboratoire. Ce qui suggère que les tests d’émissions de laboratoire actuelle ne parviennent pas à saisir avec précision les émissions des véhicules routiers de véhicules légers. » Ces résultats fournissent « une base empirique pour la Commission européenne d’établir une procédure de test d’émissions complémentaire » préconisaient les chercheurs du JRC (1).

Un écart énorme dénonce le commissaire à l’Environnement

La Direction générale (DG) Environnement de la Commission a également sonné l’alerte. Et le Commissaire de l’époque, le Slovène, Janez Potočnik, l’a dit, dès mars 2011, de façon plutôt intelligible. « Un problème qu’il faut mentionner est certainement aussi l’écart entre ce que nous appelons « les émissions de monde réel» et les émissions dans le cadre des normes. Au cours des dernières années, il y a des preuves croissantes que les voitures, camionnettes, autobus et camions fonctionnant au diesel ont des émissions plus élevées dans des conditions réelles de conduite que celles prescrites par la loi. Ceci est valable pour les nouveaux véhicules aux normes EUROV / 5 que ceux fonctionnant selon les (anciennes) normes l’EURO III et IV. »

Le gain d’une nouvelle norme totalement effacé

Ces différences peuvent être « énormes » alertait le commissaire. « Dans certains cas jusqu’à 500% de la valeur limite. (Et) nous prévoyons que la même chose se reproduira pour la norme EUROVI / 6 (…) au point qu’une grande partie des améliorations de la qualité de l’air prévues par l’introduction (de cette nouvelle norme) serait tout simplement effacée. »

Des propositions de réforme bloquées

La Commission avait conscience de ces problèmes et proposé mesures. Dans la communication sur les voitures propres et économes en énergie, d’avril 2010, le commissaire chargé de l’Industrie et des Entreprises Antonio Tajani avait proposé le développement d’un nouveau, et plus réaliste, cycle d’essais, avec l’introduction de tests supplémentaires et de dispositions anti-falsification. Pour les véhicules lourds, ces tests complémentaires ont été introduits dans la législation EUROVI. Pour les voitures, c’était beaucoup plus tangeant. « Je travaille en étroite collaboration avec le vice-président Tajani à veiller à ce que les développements techniques nécessaires sont achevés en 2013 » disait Potočnik. De fait, fin 2013, le Commissaire et son collègue de la Santé, Tonio Borg, avaient bien proposé un train de mesures pour améliorer la qualité de l’air. Mais le dossier fut « bloqué par le Secrétariat général (de la Commission), le Collège sous la présidence Barroso et le Conseil » précise le syndicat européen qui entend bien dénoncer le silence convenu qui a entouré cette décision.

… pour protéger l’industrie automobile

« Les dirigeants européens, en négligeant d’agir à partir de ce rapport, ont participé à la tromperie du public, qui pouvait se sentir protégé par des normes et des indicateurs environnementaux. Le mythe du « diesel propre » est né de ces indicateurs fallacieux. Sans doute, le désir de « protéger » l’industrie automobile européenne a-t-il joué, mais en définitive, les dégâts médiatiques conduiront sans doute à une perte de confiance du public dans la politique européenne pour une planète propre. Une occasion a aussi été perdue pour valoriser la fonction publique européenne » explique U4U. Et de conclure. L’affaire Volkswagen « doit nous inciter à conduire une réflexion plus large sur le fonctionnement des institutions européennes et des mécanismes de contrôle démocratique, pour les rendre plus efficaces et pour asseoir la crédibilité des institutions européennes sur une base solide » écrivent non sans raison les syndicalistes européens.

(NGV)

(1) “On-road carbon dioxide emissions surpass laboratory emission levels by 21 ± 9%, suggesting that the current laboratory emissions testing fails to accurately capture the on-road emissions of light-duty vehicles. Our findings provide the empirical foundation for the European Commission to establish a complementary emissions test procedure for light-duty vehicles.”

(2) I said I also wanted to talk about urban air quality. The reasons for poor air quality in our cities are well known. There are more of them, than I could cover in one speech. The short version is that the main culprits are industry, transport, energy production, agriculture and households. Particulate Matter, Nitrogen dioxide and ozone are the main causes of concern with regard to health. (…) One problem worth mentioning is certainly also the discrepancy between what we call « real world emissions » and the emissions under the standards. In recent years, there is increasing evidence that diesel cars, vans, buses and lorries have higher emissions under real driving conditions than those prescribed by legislation. This applies to newer EUROV/5 vehicles as well as to EURO III and IV. These differences can be enormous – in some cases up to 500% of the limit value in the type approval. We anticipate that the same will be the case for EUROVI/6 should we not be able to resolve this gap between the objective in the legislation and the amount emitted in reality. The result would be that a big part of the predicted air quality improvements expected through its introduction would be simply wiped out. (…) The Commission has recognised these problems and has already taken some action. In the Communication on Clean and Energy Efficient Cars, from April 2010, my colleague Antonio Tajani proposed how we could rectify this situation. This included the development of a new, global, and more realistic test cycle, the introduction of additional off-cycle tests, so-called portable emission measurement systems, and the introduction of anti-tampering provisions. For heavy-duty vehicles, these are now part of the type-approval legislation for EUROVI. For cars, I am working closely with Vice-President Tajani to ensure that the necessary technical developments are completed by 2013

Le HMS Richmond en Méditerranée avec de nouveaux pouvoirs juridiques. La force européenne au complet

Wed, 28/10/2015 - 12:36

Commandant du HMS Richmond au salut sur le Cavour, le navire amiral (italien) servant de QG flottant à l’opération EUNAVFOR Med / Sophia

(B2) le navire britannique HMS Richmond (F-239) vient de rejoindre l’opération européenne en Méditerranée (EUNAVFOR Med / Sophia pour lutter contre les trafiquants de migrants. Cette frégate de type 23 de 133 mètres de long, et avec un équipage de 181 personnes a été intégrée vendredi dernier (23 octobre). Elle rejoint le navire hydrographique HMS Enterprise « qui continue son activité » précise l’état-major britannique.

Un agent de Frontex à bord

Un officier de liaison FRONTEX sera d’ailleurs à bord du HMS Richmond pour « conseiller l’équipage sur les questions juridiques, y compris l’identification, la collecte et la préservation des éléments de preuve qui pourraient être utilisés dans les procédures pénales » italiennes, ajoute le communiqué de l’état-major britannique. Une présence qui n’est pas tout à faire anodine puisque le Royaume-Uni ne participe pas à l’activité de l’agence Frontex (1).

Un nouveau contexte juridique

Pour le Royaume-Uni, cette arrivée survient dans un nouveau contexte juridique. L’adoption de la Résolution du Conseil de sécurité des Nations-unies « donne au commandant (du HMS Richmond) le pouvoir d’effectuer des mesures d’exécution en haute mer, y compris l’arraisonnement et la saisie des bateaux soupçonnés d’être impliqués dans le trafic de migrants ». Une « étape importante » pour le ministre de la Défense, Michael Fallon. « Nous allons maintenant être en mesure de monter à bord des bateaux et d’arrêter les trafiquants. Nous allons frapper les trafiquants dur. »

Arrivée de la frégate Slovène

Le patrouilleur slovène le SNS Triglav 11 a aussi intégré, le même jour, l’opération. On est ici dans un autre gabarit. Le navire slovène est long de 49,5 mètres avec un équipage de 28 personnes et est utilisé essentiellement pour la surveillance des ports et des côtes nationales. Avec l’arrivée du navire belge, Leopold Ier, de la frégate française Courbet, et la relève entamée par les Allemands (Lire : Le Berlin à nouveau en Méditerranée), la force européenne en Méditerranée est désormais au complet (lire : Quels sont les moyens de l’opération Sophia (EUNAVFOR Med) dans sa phase 2 ?) au moins durant les prochains jours, avant que la météo ne se durcisse. Et, naturellement, réduise au minimum le nombre de passages quotidiens.

(NGV)

(1) Le Royaume-Uni bénéficie d’une dérogation (opt-out) à la politique d’asile et de migrations. Et, dans le cadre de la campagne référendaire sur le maintien dans l’Union européenne, le gouvernement britannique milite plutôt pour une limitation des pouvoirs de l’UE en matière de libre circulation des personnes comme de politique commune de migrations. Une preuve du pragmatisme britannique…

Lire aussi:

Réfugiés, Russie, Bachar ? L’Europe va, vraiment, devoir choisir !

Wed, 28/10/2015 - 08:50

Arrivée de réfugiés en Slovénie (crédit : MOD Slovène)

(B2) Le conflit en Syrie continue. Et les Européens semblent impuissants. Ils n’ont, il est vrai, abordé la crise que de façon… périphérique et se sont enfermés dans une série de « lignes rouges » contradictoires. Incapables d’amorcer une politique européenne réaliste, en phase avec le terrain et leurs capacités, les Européens sont aujourd’hui placés au pied du mur, face à un choix crucial, difficile, cruel mais nécessaire. Veulent-ils promouvoir une solution, pragmatique, au conflit ou cherchent-ils à afficher, par-dessus tout, leurs contradictions ?

Une absence française mais aussi européenne

Ce qui se passe en ce moment à Vienne devrait sonner comme un coup de gong. Une première réunion s’est tenue sans un pouce d’Européens, avec l’exclusion non seulement des Français (un revers sévère pour la politique de « Fabius » remarqué par quelques confrères) mais aussi sans un ongle britannique, allemand ou autre. En soi, c’est l’Europe tout court qui s’est exclue, même à titre d’observateur. Entre Moscou et Washington, les discussions continuent. Et la réunion prochaine — avec un nouvel invité… l’Iran — devrait sonner comme un nouveau coup de gong. (maj) L’Union européenne a, finalement, été invitée à cette réunion – vient de confirmer le porte-parole de la Haute représentante. Réunion qui se transforme en un forum plus important de négociation :  la France et le Royaume-Uni, ainsi que l’Irak et l’Egypte, seraient également conviés aux discussions.

Une illusion de politique

Tenter de venir à bout de la crise des réfugiés, faire l’aide humanitaire, assurer un soutien répété à l’envoyé spécial de l’ONU ne suffisent pas à faire une politique de résolution de crises. C’est un pis aller. Il ne faut pas se bercer d’illusions… Le conflit syrien se poursuit. Bachar au bout de 4 ans est toujours en place. Il est incapable de l’emporter totalement mais reste là, soutenu par plusieurs Etats (Iran, Liban et aujourd’hui Russie) déterminés à lui apporter son aide. L’opposition syrienne est incapable de former un contre-gouvernement, alliant action politique, militaire, sociale et économique. Les mouvements terroristes tiennent fermement le terrain. Personne ne semble vraiment en capacité de l’emporter sur le terrain.

Une situation critique

Cette situation syrienne est critique pour les populations locales mais tout autant pour l’Europe. Elle présente des risques importants, directs et indirects, pour la stabilité et la sécurité européenne. Premièrement la crise des réfugiés et des migrants va s’accentuer, deuxièmement, l’usine à terroristes va continuer à fonctionner, entraînant Européens et d’autres nationalités de pays proches.

La crise des réfugiés va continuer

Cela paraît inéluctable, quoi qu’en disent les responsables européens. Plus de 4 millions d’habitants — Syriens mais aussi Palestiniens qui avaient trouvé refuge en Syrie — ont déjà fui la Syrie. Et ce mouvement n’est pas prêt de s’arrêter. Il y a aujourd’hui environ 8 millions de déplacés à l’intérieur du pays. Ces déplacés, si les combats continuent, vont eux aussi prendre petit à petit le chemin de l’exil. Le docteur Zaidoun al-Zoabi, directeur de l’Union des organisations de secours médicales syriennes (UOSSM) le raconte à Delphine Minoui la correspondante du Soir et du Figaro à Istanbul : « La situation est terrible, tellement terrible… Car cette fois-ci, le conflit a atteint des proportions démesurées. Il n’y a plus aucun espoir »

La politique européenne de containment condamnée

La politique européenne de « containment » des réfugiés dans les pays de la région a aujourd’hui atteint ses limites. Le Liban et la Jordanie sont en limite maximale. Et si la Turquie n’a pas encore atteint sa limite, la charge qui pèse sur elle (2 millions de réfugiés à elle seule) est déjà notable. Elle peut encore accueillir des réfugiés et migrants et surtout retenir ceux qui sont elles. Mais cet effort supplémentaire de Istanbul ne sera pas sans conséquence pour les Européens. Il pourrait être cher.

Une usine à terroristes

La Syrie continue d’attirer des citoyens européens et des pays arabes qui viennent combattre et se former. Un danger potentiel à court comme à long terme. Ces « combattants » peuvent constituer une nouvelle vague de terroristes au sein des sociétés européennes, irriguant pour plusieurs années, voire dizaines d’années, les sociétés nationales de façon sans doute plus déstabilisante au final que le terrorisme type années 70 ou années 80. Car elle joue davantage sur les peurs intérieures à chaque société, attise les animosités contre « l’autre », et pourrait générer à terme un contre-terrorisme (dans le type de ce qui a été vécu en France au cours de la guerre d’Algérie FLN vs OAS).

Un foyer d’exportation de la déstabilisation

Ces « combattants » sont encore plus dangereux pour les pays voisins de l’Europe. Le nombre de combattants venus de Tunisie, de Jordanie est plus important que le nombre d’Européens. Leur retour dans ces pays serait à coup sûr un défi particulièrement difficile à combattre. Idem pour les pays des Balkans, même si le nombre de combattants venus du Kosovo ou de Bosnie-Herzégovine, est en nombre plus limité, il constitue un autre foyer possible de tension, dans un délai qui peut être au-delà du court terme mais dans les dix années à venir. Ce danger ne doit pas être minoré. Car la lutte contre le terrorisme amène un durcissement des sociétés, des atteintes (acceptées ou non).

Revoir les dogmes « syriens »

Plusieurs dogmes fondent aujourd’hui la position européenne sur la Syrie. On pourrait d’ailleurs parler d’une « non position ».

Non à Bachar ! Position essentiellement portée par la France pour des raisons énigmatiques, qui tiennent plus d’une volonté messianique (changer le pouvoir en Syrie), plus proche finalement de la position Bush-Blair en Irak en 2003 et de la position Sarkozy-Cameron en Libye en 2011 que de la ligne traditionnelle française De Gaulle-Mitterand-Chirac. Position incarnée notamment par Laurent Fabius et nuancée, très récemment par François Hollande (lire sur B2 Pro : Une position européenne sur la Syrie définie à 28).

Non à la Russie ! Position essentiellement portée par certains pays de l’Est (et non pas tous) : pays baltes, Pologne (encore plus si le PiS, Droit et Justice, l’emporte aujourd’hui aux élections) et Roumanie, liée à la crainte (justifiée) par le durcissement en Ukraine.

Daech est l’ennemi numéro 1 ! Position portée par les pays les plus engagés. Au passage, on absoudrait presque aujourd’hui Al Nosra, branche d’Al Qaida, pourtant considérée il y a quelques mois encore comme comme l’ennemi numéro 1 suprême, et d’autres mouvements terroristes plus discrets qui figurent pourtant sur la liste de l’ONU.

Non à une solution militaire, Oui à une solution politique. Une position évidente, généreuse, qui se heurte cependant à une contradiction immédiate : plusieurs pays européens sont aujourd’hui engagés dans une série de frappes non seulement en Irak mais aussi en Syrie. Jusqu’à nouvel ordre, une frappe militaire, répétée à plusieurs reprises, n’est pas vraiment une solution politique

Cette addition de lignes rouges de « Non », qu’ont certains pays européens mais qui ne sont pas partagées par tous, bloque toute avancée. Lutter en même temps contre Bachar, contre Daech, contre la Russie et promouvoir une solution politique est plutôt contradictoire et explique aussi l’échec. D’où une certaine ambiguïté de la position de la Haute représentante de l’UE, obligée, de par sa fonction, de refléter ce (mauvais) compromis entre Européens mais tentée également de faire prévaloir une certaine voix de raison, de faire évoluer les positions. L’entretien qu’a donné Federica Mogherini à B2 est à ce sujet éclairant (lire : L’Europe est prête à jouer un rôle en Syrie (Fed. Mogherini)). Car, entre les lignes, elle amorce ce que pourrait être une nouvelle position européenne plus réaliste vis-à-vis de la Russie comme de la future Syrie.

Un nécessaire choix

Les Européens doivent aujourd’hui faire de la politique tout simplement. C’est-à-dire choisir. Dans ce domaine, il n’y a pas de bons ou mauvais choix, une balance entre valeurs et intérêts. C’est un choix entre certains intérêts, certaines valeurs, certaines positions, certaines évolutions, entre le court terme et le long terme.

Cherchent-ils à résorber le plus vite possible le conflit syrien ? Ce qui suppose d’arriver assez vite à un cessez-le-feu général, à un armistice — c’est-à-dire une « mauvaise paix » » — en Syrie.

Ou cherchent-ils à trouver une solution par la force ? Ce qui, sauf surprise de taille, suppose la prolongation du conflit. En sachant très bien que l’Europe n’a pas vraiment les moyens de tenir un conflit de haute intensité toute seule sans un net et puissant appui américain (ce n’est pas assuré aujourd’hui).

Choisit-on l’hostilité à la Russie ? En sachant très bien que Moscou a désormais plusieurs cartes en main et que l’entente avec Washington est une de celles-là.

Persiste-t-on à faire de l’expulsion de Bachar une condition ? Ce qui est louable au plan moral mais est irréaliste. Ce n’est pas la première fois qu’on pactisera avec le diable pour ramener la stabilité sur une zone de crise en misant sur une transition à terme.

Il faut choisir… Les Européens doivent le faire vite. Car la tentation pourrait être grande que Washington et Moscou s’entendent au moins techniquement mais officiellement ils ne seront pas d’accord sur tous les éléments de la solution mais d’accord pour en chercher ensemble une (comme au bon vieux temps de la guerre froide). Les Européens ont été déjà exclus des réunions de Vienne la semaine dernière. Ce qui, en soi, est une première. Cette exclusion devrait sonner comme un sérieux avertissement à leurs oreilles. Sinon ils ne seront conviés à la table des prochaines négociations que pour attester l’accord intervenu entre Américano-Russes et passer à la caisse pour rédiger un gros chèque à la reconstruction syrienne… menée sous l’égide de Bachar. Ce qui serait un comble !

(Nicolas Gros-Verheyde)

L’inconnue britannique

Tue, 27/10/2015 - 20:30

(crédit : Mod Uk – archives B2 lors de l’exercice Spearhead Force)

(B2) Aux Ateliers de la Citadelle à Lille (auquel B2 participait), début octobre, Nick Witney, ancien directeur (britannique) de l’Agence européenne de défense, et aujourd’hui chercheur à l’ECFR, a eu une analyse intéressante sur l’« inconnue britannique » : le référendum sur le maintien dans l’Union européenne. « Nous sommes dans une très dangereuse position » insiste-t-il. « C’est en quelque sorte une forme de suicide national. Si nous quittons l’Europe, l’Ecosse va nous quitter. Et ce sera une incitation à tous les nationalismes. » Pour lui c’était « une obsession de longue date de la droite qui avait plutôt le soutien de Westminster, (…) qui a rencontré aujourd’hui un certain soutien populaire, autour de la question de la migration. »

Pour cet Européen convaincu les explications sont au plus profond de la société  : « On a un courant xénophobe, des personnes qui ont souffert de la crise économique, qui ont des difficultés à s’adapter à la nouvelle donne économique. Ce ressentiment s’est focalisé sur la libre circulation, avec la crainte d’avoir des hordes d’ukrainiens, de polonais qui arriveraient. » C’est loin d’être la réalité. Mais ce mécanisme fonctionne. « C’est un sentiment particulier à Londres et dans le sud du pays, qu’il y a trop de gens dans le Royaume, ce qui a des conséquences en matière de logement, de transports qui souffrent d’un étranglement. »

Pourtant le Royaume-Uni est « dans une situation privilégiée : nous ne sommes pas partie à Schengen, le Royaume-Uni n’est pas membre de l’Euro. Mais nous ne sommes pas dans un débat rationnel. Le sentiment qui prédomine est « larguons les amarres ». Quant aux résultats de la négociation, « Que veut Cameron ? » il se montre donc dubitatif. « Je ne vois pas vraiment ce qu’il peut obtenir.  Il veut développer un grand marché européen. Il veut la protection européenne. La seule chose qu’il peut obtenir avec un résultat rapide est que le Royaume-Uni devienne une place attractive. »

(NGV)

Attaque d’une caserne à Flawinne. Pas un acte terroriste dit le procureur

Mon, 26/10/2015 - 16:00

(B2) Une voiture a cherché à « forcer le passage » de l’entrée de la caserne de Flawinne. Un suspect a été arrêté. Mais selon la défense belge il ne s’agit pas d’un acte terroriste.

Passage en force du corps de garde

Cela s’est passé « vers 9 h 30, ce matin » raconte le ministre de la Défense, Steven Vandeput. Il avait le visage à moitié couvert. « Un véhicule a forcé le passage au corps de garde de la Caserne de Flawinne. La garde militaire a réagi de manière vigilante et a forcé le véhicule à s’arrêter dans le quartier. La garde militaire a tiré une dizaine de coups de semonce. Personne n’a été blessé lors de l’incident. En prenant la fuite hors de la caserne, l’intrus a, ensuite abandonné sa voiture et a continué à pied. »

Un suspect a été arrêté

La police a entamé « une poursuite de l’intrus. Un périmètre de sécurité a été immédiatement établi autour du véhicule, et dans les 20 minutes le SEDEE (Service d’enlèvement et de destruction d’engins explosifs) était sur place pour s’occuper de l’incident. » Car on soupçonnait que la voiture pouvait être piégée. Au bout de trois heures de recherches, la personne a été arrêtée et identifiée peu après. Mais précise le ministre. « Selon les dernières informations en notre possession, (…) il ne s’agirait pas d’un attentat terroriste. » Selon les informations données par le procureur, il ne figurait pas « sur les listes de personnes sous surveillance particulière ». Et parmi les raisons évoquées, on évoque « un acte isolé voire celui d’un déséquilibré ». L’homme a d’ailleurs utilisé son véhicule personnel.

Quartiers militaires en alerte

Depuis « l’attentat de Verviers », tous les quartiers militaires sont sur un niveau d’alarme 2. « Cela signifie que nous prévoyons une vigilance accrue dans tous les quartiers » ajoute-t-il.

(NGV)

(1) Cette caserne, située près de Namur, en région wallonne, abrite notamment le 2e Bataillon de Commandos qui est composé de 650 militaires (les fameux « paracommandos »). Cette unité d’infanterie légère est régulièrement engagée dans des forces multinationales. Elle constitue actuellement l’ossature du battlegroup belge pour la NRF 2016 (NATO Response Force) et vient d’ailleurs de terminer un exercice d’entraînement Active Trip.

Militaires et policiers tchèques en renfort à la frontière hongroise face à la Serbie

Sun, 25/10/2015 - 17:58

(B2) Cinquante policiers tchèques partent en renfort, cette semaine, en Hongrie, pour aider à surveiller la frontière « Schengen » avec la Serbie, annonce Radio Prague. La semaine dernière, une vingtaine de militaires tchèques sont déjà partis en Hongrie pour épauler l’armée hongroise.

Coup de filet au large de la Libye. 14 contrebandiers inculpés

Sun, 25/10/2015 - 13:11

Débarquement de suspects à Augusta par la garde côtière italienne (archives WebMarte)

(B2) 17 personnes ont été arrêtées, dans la nuit du 22 octobre, lors d’une opération menée par la marine italienne dans les eaux internationales au nord de la Libye. Ils venaient d’Egypte. Une arrestation saluée par le pouvoir politique. La ministre de la défense, Roberta Pinotti, s’est déplacée pour féliciter les militaires italiens pour cette prise menée dans le cadre de l’opération nationale Mare Sicuro et coordonnée avec la justice italienne.

Un navire suspect sans pavillon repéré

L’opération coordonnée par le procureur à Syracuse, avait commencé durant la nuit. Le navire suspect, qui n’arborait pas de pavillon, a été identifié par le navire Durand De La Penne (D-560), à environ 90 miles nautiques au nord-ouest de la ville libyenne de Derna. Des équipes de fusiliers marins de la Brigade San Marco et un commando d’arraisonnement des navires De La Penne et Virginio Fasan, sont alors montés à bord du bateau suspect. Celui-ci, un « bateau de pêche, remorquait un deuxième bateau qui avait été utilisé dans les affaires de traite des êtres humains » signale l’état-major de la marine italienne.

17 arrestations

Après inspection, dix-sept personnes ont été arrêtées et conduites sur le Virginio Fasan (F-591), une des frégates FREMM de la marine italienne, puis débarquées dans le port de Augusta et mises à la disposition des autorités judiciaires. Là ils ont été « débriefiés » par les enquêteurs du GICIC (Gruppo interforze di contrasto all’immigrazione clandestina), coordonné par le procureur Antonio Nicastro.

14 inculpés

Parmi les 17 suspects arrêtés, 3 ont été relâchés. Ils étaient mineurs. Et ils ont été considérés comme au service du personnel sans être impliqués dans l’organisation criminelle. Les 14 autres ont été inculpées d’aide à l’immigration illégale voire d’association de malfaiteurs, a annoncé lors d’une conférence de presse, le procureur en chef anti-mafia de Catane, Francesco Paolo Giordano.

Des récidivistes

Parmi eux, 4 sont des récidivistes. Certains des contrebandiers ont été « arrêtés antérieurement en Italie pour la même infraction », précise le procureur selon Il Fatto Quotidiano qui donne quelques détails supplémentaires. « L’un d’entre eux, en particulier, avait été impliqué en 2011, dans une opération qui avait conduit à la libération d’un groupe de 22 jeunes Égyptiens retenus captif par les trafiquants dans un thonier abandonné sur la côte de Santa Panagia, près de Syracuse ». Leurs peines avaient été réduites dans le passé pour la même infraction. Et ils avaient été libérés. Certains ont même salué les hommes du GICIC qui les ont interrogés sur le Fasan, raconte notre confrère italien.

Sous surveillance

Cette arrestation ne doit rien au hasard. Les trafiquants étaient, en fait, sous surveillance (2). Partis de la côte égyptienne d’Alexandrie, ils ont d’abord transféré leur « cargaison » — 478 migrants Irakiens, Syriens et Africains de diverses nationalités — à partir d’un bateau de plus petit tonnage, à environ 200 milles nautiques de la côte sud de Sicile. Lorsqu’ils ont regagné le bateau-mère, un navire de pêche, plus important, les commandos marine ont décidé d’intervenir. Les 478 migrants ont été secourus et débarqués dans le port d’Augusta entre le 19 et 20 octobre.

Un manque de navires

Selon les enquêteurs du Gicic, coordonnés par le commissaire adjoint Carlo Parini. Chacun des passagers aurait payé 2000 $ chacun pour le passage. Mais l’essentiel est ailleurs. La tentative des trafiquants de récupérer le navire ayant servi à transporter les migrants « est un signe que, après une saison estivale qui a enregistré des débarquements records principalement en raison de la crise moyen-orient, il est de plus en plus difficile pour les organisations criminelles de trouver en Egypte des barges destinées à perdre, coulées ou laissées dans les mains des autorités une fois le voyage terminé » indique le vice-procureur Nicastro, coordinateur du GICIC.

(NGV)

(1) L’opération Mare Securo a pour objectif d’assurer la présence, la surveillance et la sécurité maritime dans la Méditerranée centrale. Lancée le 12 mars, elle a ainsi précédé le lancement de l’opération européenne EUNAVFOR Med (alias Sophia)  Le dispositif déployé en Méditerranée centrale, « sur une zone d’environ 160.000 kilomètres carrés, se compose de 5 navires et environ 1.000 soldats en permanence », selon la marine italienne.

(2) D’où l’importance des croisements d’information entre les différentes forces en présence, des recueils de preuves et entretiens débriefings avec les migrants. Lire aussi : Recueil de preuves en Méditerranée

Irak 2003 : le mea culpa de Tony Blair

Sun, 25/10/2015 - 08:15

(B2) La guerre en Irak en 2003 n’était pas vraiment fondée sur de bons renseignements et n’a pas amené le changement de régime espéré. Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique (travailliste) l’a reconnu dans une interview sur CNN diffusé dimanche (25 octobre).

Des faux renseignements

« Je présente mes excuses pour le fait que les renseignements que nous avons reçus étaient faux parce que, même s’il (Saddam) a largement utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, contre les autres, le programme (des armes de destruction massive) n’existait pas dans la manière que nous avons pensé ». NB : Une évidence tout de même près de 12 ans après le déclenchement de l’offensive americano-britannique.

Une planification erronée

Tony Blair présente également des excuses — ce qui est plus nouveau — pour « les erreurs dans la planification et, certainement, notre erreur dans notre compréhension de ce qui se passerait une fois que vous avez supprimé le régime ». NB : Un aveu qui fait référence à la préparation intensive de cette offensive, menée depuis le début 2002, et confirmée officiellement par le mémo de Colin Powell et ne survient pas tout à fait par hasard puisqu’une enquête est toujours en cours sur les responsabilités dans le déclenchement de cette guerre. La « commission Chilcot » mise en place en 2009 n’a toujours pas rendu son rapport (1).

La guerre de 2003 une des causes de la naissance de ISIS / Daech

L’ancien Premier ministre britannique reconnait également du bout des lèvres que cette intervention en guerre en Irak a joué dans la montée de l’organisation de l’Etat islamique (Daech). « Je pense qu’il y a des éléments de vérité dans cela » répondant à la question du journaliste, ajoutant cependant pour se dédouaner. « Bien sûr, vous ne pouvez pas dire que ceux d’entre nous qui ont éliminé Saddam en 2003 portent une responsabilité pour la situation en 2015. (…) Mais il est important aussi de réaliser, premièrement, que le printemps arabe qui a commencé en 2011 pourrait aussi avoir eu un impact sur l’Irak d’aujourd’hui, et deuxièmement, qu’ISIS a acquis son importance à partir d’une base en Syrie et non en Irak ».

Irak 2003, Libye 2011, Syrie 2012, trois politiques, trois échecs ?

Tony Blair avoue aussi que les techniques d’intervention occidentale au Moyen-Orient et en Afrique du nord se heurtent toutes à un échec. « Nous avons essayé l’intervention avec des troupes à terre en Irak. Nous avons essayé intervention sans mettre de troupes à terre en Libye. Et nous avons essayé de ne pas du tout intervenir mais en exigeant un changement de régime en Syrie. Ce n’est pas clair pour moi que, même si notre politique n’a pas fonctionné (en Irak en 2003), les politiques suivantes ont mieux fonctionné ».

(NGV)

(1) Dirigé par Sir John Chilcot, cette commission (Iraq Enquiry) aurait dû publier son rapport normalement en 2010 ou 2011… Mais pour différentes raisons, il a été reporté à plusieurs reprises, un « scandale national » n’hésite-t-on pas à dire outre-manche (lire l’attorney Morris dans le Mirror en 2014)

Déploiement de l’état-major franco-italien au Liban

Sat, 24/10/2015 - 23:56

Passation de commandement le 14 octobre (crédit : Etat-Major italien)

(B2) L’état-major non-permanent de la brigade alpine franco-italienne (EMNPBAFI) est, pour la première fois, déployé en opération, au Liban. Composé de 70 militaires, dont une majorité d’Italiens et une vingtaine de soldats français, cet état major est intégré dans l’état-major italien du secteur ouest de la FINUL, la force des Nations-Unies au Liban, depuis le 14 octobre dernier. Pendant six mois, ils y opèreront sous le commandement du général italien Franco Federici, chef de la brigade alpine « Taurinense ». Le secteur ouest de la FINUL est composé de 3000 casques bleus venant de 13 pays.

Un projet franco-italien

La création de ce commandement de brigade binational non permanent (Non Standing Bi-National Brigade Command – NSBNB-C) s’appuie sur un accord bilatéral entre la France et l’Italie signé en septembre 2013 qui vise à renforcer la coopération entre les deux pays (Lire : Une brigade commune de montagne franco-italienne pour 2015). Deux brigades ont été désignées de chaque côté des Alpes : la 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM) côté français, et la « brigata alpina Taurinense », côté italien. Ce commandement ad hoc peut être mis à disposition d’une opération multinationale de type ONU, UE ou OTAN.

(NGV)

Crash d’un hélicoptère espagnol au large des Canaries

Sat, 24/10/2015 - 14:01

(crédit : armée espagnole)

(B2) Un hélicoptère AS332 Super Puma de l’armée de l’air espagnole avec 3 militaires s’est abîmé en mer, jeudi (22 octobre), dans l’après-midi (14h Zoulou, 16h locales), entre le continent africain et les îles Canaries. Il avait décollé de la base de Nouadhibou en Mauritanie vers 13h13 (heure zoulou) après avoir participé à une mission de formation et de sauvetage à Dakar avec les Forces armées du Sénégal durant deux semaines (lire : Le BPC Mistral en patrouille avec le Centinela dans le Golfe de Guinée). Et il devait arriver à Gando 16h45. Il aurait été victime victime d’une avarie à environ 280 milles nautiques de Gando et 40 miles nautiques au sud-ouest de Dakhla (au Sahara occidental. Trois militaires étaient à bord : « un capitaine, un lieutenant et un sergent de l’Armée de l’Air » indique le ministère espagnol de la Défense. L’hélicoptère appartient au 802e escadron de l’armée de l’air et était dédié au sauvetage et secours en mer.

Confusion sur le sort des trois hommes

Ces dernières heures, la confusion était grande. Assez vite, un hélicoptère des forces marocaines dépêché sur place a annoncé avoir repéré l’hélicoptère naufragé, à la surface de l’eau. La défense espagnole indiquait alors «  qu’un radeau était visible (à proximité de l’hélicoptère) avec des fusées allumées à proximité » mais sans pouvoir « confirmer la présence des trois soldats à bord du radeau » (lire ici). Un peu plus tard, la défense espagnole annonçait même que les trois hommes avaient été récupérés par un bateau de pêche. L’information s’est révélée fausse, au moins non vérifiée. Finalement le ministre de la Défense Pedro Morenés a dû admettre, vendredi soir, que les 3 militaires à bord de l’hélicoptère étaient « toujours portés disparus ».

Moyens importants de recherche

Les recherches stoppées jeudi soir ont repris. Plusieurs bateaux et aéronefs espagnols et marocain participent aux recherches. L’Espagne a déployé deux hélicoptères Super Puma, un avion de surveillance maritime CN235 et des F-18 pour continuer la recherche et deux navires, le Camino Español et le Olimpic Zeus, un navire hydrologique qui dispose de moyens technologiques de repérage des fond marins. Deux équipes de plongeurs spécialisés du commandement naval des Canaries, l’un de Dakhla et l’autre à bord du navire de la marine espagnole El Camino, ont été dépêchées sur place. Le ministère espagnol de la Défense, Pedro Morenés, est arrivé sur place, samedi, aux Canaries pour coordonner le dispositif.

Le ministère de la Défense P. Morenes avec les officiers aux Canaries (crédit: MOD Espagne

(NGV)

Recueil de preuves en Méditerranée

Sat, 24/10/2015 - 09:06

(crédit : Marine Espagnole)

(B2) La frégate « Canarias », déployée en Méditerranée dans le cadre de l’opération européenne EUNAVFOR Med Sophia, a participé au sauvetage de plus de 100 immigrants dans un canot pneumatique.  C’est au cours d’une mission de reconnaissance, mardi (20 octobre), que l’hélicoptère de bord Sea Hawk a repéré un bateau gonflable à la dérive avec plus de 100 personnes à bord. La frégate puis le commandement de l’opération EUNAVFOR Med Sophia ont été alertées et l’opération de sauvetage lancée. L’hélicoptère de bord du Canarias a guidé le navire de MSF à l’endroit exact du bateau de migrants.

Recherche de preuves

Pendant ce temps, l’avion de la force aérienne a survolé la zone pour localiser des navires suspects de trafiquants. Les enquêteurs des «Canaries» sont allés à bord du navire avec lequel les immigrés avaient voyagé pour recueillir des preuves et ainsi connaître avec plus de précision la façon dont opèrent les gangs.

Selon le bilan de la marine espagnole, 1.020 personnes ont déjà été secourues dans les différentes actions où est intervenue la frégate Canarias depuis son arrivée dans l’opération européenne, le 5 octobre dernier.

Le Berlin à nouveau en Méditerranée

Fri, 23/10/2015 - 13:49

(B2) Le navire de soutien allemand Berlin (A-1411) a pris le relais du Werra dans le cadre de l’opération européenne anti-trafiquants en Méditerranée (EUNAVFOR Med / Sophia). A son arrivée dans le port de Augusta (Sicile) à la mi-octobre, plusieurs briefings ont été organisés et du matériel transféré sur le navire pour permettre la bonne coordination avec les autres navires de l’opération. Pour la majorité des 160 membres d’équipage, la zone n’est pas une découverte. Le navire de support de combat avait, en effet, été détourné en urgence, fin avril 2015, avec la frégate « Hessen », de leur chemin de retour de l’opération Atalanta dans la Corne de l’Afrique vers les opérations de secours en mer Méditerranée. Entre le 8 mai et le 8 juin, l’équipage avait ainsi participé à sauver 991 personnes de détresse dans trois opérations différentes. Juste avant le lancement officielle de l’opération EUNAVFOR Med.

Le BPC mistral en patrouille anti-piraterie avec le Centinela dans le Golfe de Guinée

Thu, 22/10/2015 - 22:28

Patrouilleur espagnol Centinela devant Dakar et le BPC Mistral à l’arrière plan (crédit : DICOD/Marine nationale)

(B2) Le navire français BPC Mistral et le patrouilleur espagnol Centinela sont en mission commune de surveillance maritime anti-piraterie dans le Golfe de Guinée. Le bâtiment de projection et de commandement (BPC) frnaçais a appareillé de Toulon le 7 octobre pour ce qui est appelé, côté français, l’opération Corymbe (*). Il y a rejoint le Centinela qui était dans la région, ayant quitté sa base de Ferrol le 19 septembre dernier. Une action menée dans le cadre de la collaboration maritime quadripartite renforcée signée entre quatre pays européens (le Portugal, l’Espagne, le Danemark et la France).

Sénégal, Ghana, Cap-Vert, Mauritanie

L’opération est divisé en trois phases, précise la marine espagnole. La première phase, jusqu’à la mi-octobre, comprenait la surveillance du transit dans le golfe de Guinée et la collaboration sur la sécurité au Sénégal. Lors de la seconde phase (actuelle), le Centinela va être dans le Golfe de Guinée en mode soutien du secteur maritime au Ghana, avec un objectif principal : « l’identification des risques maritimes dans la région, comme le terrorisme, le trafic illicite, l’immigration illégale et la piraterie ». Dans la dernière phase, le Centinela va collaborer avec les autorités du Cap-Vert pour la « surveillance conjointe des zones maritimes relevant de la souveraineté et la juridiction de ce pays ». Il travaillera également avec la marine mauritanienne sur la surveillance des pêches, le sauvetage des personnes, la lutte contre les activités illégales et l’immigration clandestine.

Exercice avec les marines des pays de la région

Fin octobre, un exercice à plus grande échelle est organisée avec les marines des pays riverains, le BPC Mistral, le Centinela et un navire de la Royal Navy.

(NGV)

(*) L’opération Corymbe est une opération quasi-permanente des forces armées françaises dans le golfe de Guinée mis en place depuis 1990. Elle vise deux objectifs majeurs : 1°) participer à la protection des intérêts français dans la zone ; 2°) participer à la diminution de l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée et notamment en aidant au renforcement des capacités des marines riveraines du golfe dans le domaine de la sécurité maritime.

Des Syriens cherchent refuge sur une base britannique de la RAF. Chypre passe en première ligne

Wed, 21/10/2015 - 15:45

(crédit : MOD UK)

(B2) Plusieurs bateaux de migrants sont arrivés sur la base de la Royal Air Force d’Akrotiri à Chypre (près de Limassol) a confirmé le ministère britannique de la Défense. Deux bateaux au moins (quatre selon certains informations) transportant une centaine de migrants ont ainsi débarqué sur le rivage d’une des deux enclaves de « souveraineté britannique » à Chypre.

L’asile à Chypre mais pas au Royaume-Uni ?

Mais pas question d’accorder l’asile aux ressortissants sur le territoire britannique « Nous avons un accord en place avec la République de Chypre depuis 2003 pour veiller à ce que les autorités chypriotes prennent des responsabilités dans de telles circonstances » a précisé un porte-parole du ministère de la Défense, ajoutant. « Notre priorité est (ailleurs) de s’assurer que tout le monde à bord va bien ».

Un statut pas si évident

Pourtant selon la presse britannique, la solution est loin d’être évidente. Le quotidien The Guardian raconte ainsi comment plusieurs dizaines réfugiés vivent aujourd’hui dans un espèce de no mans land, sans vraiment de statut. 21 réfugiés arrivés auparavant, ont été logés à Dhekelia (la seconde base britannique de l’ile, près de la « buffer zone » avec Chypre Nord), dans un endroit appelé Village Richmond, dans les anciens quartiers réservés pour les familles de militaires britanniques qui devaient être démolies. Un coin « broussailleux et isolé ». Ce groupe forme aujourd’hui un groupe de 67 personnes « avec les enfants qui y sont nés et les membres de la famille qui les ont rejoints plus tard ».

Chypre en première ligne ?

L’ile de Chypre a été plutôt épargnée jusqu’ici par les vagues de réfugiés venant de Syrie. Selon le HCR, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, plus de 2.000 Syriens sont arrivés depuis 2011. Seuls quelques uns ont reçu un statut de réfugié. Les autres n’ont qu’un statut de protection temporaire ou sont en attente de décisions sur leur statut.

L’île de Chypre est cependant le plus proche des territoires européens de la Syrie. Le nord de l’île (sous occupation turque) est très proche de la côte syrienne (de Lattaquié notamment) : à 60 milles nautiques environ. Tandis que les bases de souveraineté britannique – placées au sud de l’île – se trouvent un peu plus loin : Akrotiri est à 150 milles nautiques du port de Tartous en Syrie.  Après l’Italie, la Grèce, la Bulgarie, l’ile chypriote pourrait bientôt devenir le lieu de débarquement de milliers de réfugiés.

(NGV)

Nécessité d’une approche intégrée

« Des événements comme celui-ci soulignent pourquoi il est important pour nous de développer une approche globale à la crise de la migration et de travailler avec nos partenaires internationaux pour fournir une aide humanitaire en Syrie et dans les pays voisins, de perturber les bandes de trafiquants et de traiter les causes profondes de l’instabilité qui amènent les gens à chercher une nouvelle vie ailleurs » souligne aussi le porte-parole du ministère britannique de la Défense.

Une zone sûre en Syrie… pas très réalisable dit Fed. Mogherini

Tue, 20/10/2015 - 11:44

Au dernier conseil des Affaires étrangères –

(B2) La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, a bien voulu répondre aux questions de B2, qui portaient évidemment, essentiellement sur la crise des réfugiés, la Syrie, le rôle de l’Europe, de l’Iran, de la Russie, de Bachar el Assad dans la transition. Elle juge également la création de zones sûres dans le nord de la Syrie difficilement réalisable. Extraits…

Avoir une zone sûre en Syrie, une Safe Zone comme le promeuvent les Turcs, est-ce réalisable ?

On en a parlé avec nos partenaires dans la région, les Américains, les Turcs. Et mon impression personnelle, est que les développements récents de ces dernières semaines, plus particulièrement l’augmentation des activités militaires dans la partie nord de la Syrie, ont changé la donne. Imaginer qu’on puisse arriver à créer des zones humanitaires, indemnes de tout risque, libérées de toute présence de Daech et d’autres groupes terroristes, aujourd’hui au moment où les activités terroristes redoublent, est une gageure. Il faut donc être très prudent. Nous, Européens, avons eu dans les Balkans des expérience de triste mémoire qu’on ne voudrait pas répéter.

Que peut-on faire alors ?

Une autre chose est de réfléchir à la façon de garantir un accès humanitaire dans la partie nord de la Syrie. C’est quelque chose sur lequel nous nous sommes engagés. Je ne parle pas d’action militaire. L’Union européenne n’est pas engagée en tant que telle de façon militaire en Syrie et n’a pas de rôle militaire. Mais nous avons un bureau à Gaziantep, à la frontière, qui permettrait peut-être l’acheminement de l’aide humanitaire. Nous sommes toujours prêts à augmenter l’aide humanitaire et d’acheminer cette aide au cœur même du territoire syrien. (…) Mais, au final, la seule façon de permettre aux Syriens de revenir en toute sécurité dans leur pays serait de mettre un terme à la guerre, et de mettre un terme à la présence de Daech en Syrie. C’est la seule sécurité que nous pourrons apporter à la Syrie…

(NGV)

Lire sur B2 Pro l’interview de Fed. Mogherini : L’Europe est prête à jouer un rôle en Syrie (Fed. Mogherini)

ainsi qu’une analyse des différentes interviews donnée par la Haute représentante de l’UE : La politique extérieure de l’UE, la crise des réfugiés, la lutte contre le terrorisme, la Syrie, paroles de Federica Mogherini

Un F18 suisse frôle le président de la Douma. Quiproquo diplomatique

Tue, 20/10/2015 - 00:13

Un F18 Suisse au décollage lors de l’exercice Tiger Meet 2009 (crédit : DICOD/EMA – archives B2)

(B2) Les Russes avaient d’abord incriminé un avion français qui avait eu le tort de « frôler » d’un peu trop près l’avion officiel transportant le président de la Douma, Sergueï Narychkine, vers Genève. L’ambassadeur de France à Moscou, Jean-Maurice Ripert, est aussitôt convoqué pour une explication. Moscou voit-il là une occasion unique de pouvoir jouer la victime.

Las… Un démenti cinglant arrive rapidement du Quai d’Orsay « Aucun avion de l’armée de l’air française n’a été impliqué dans l’incident concernant un avion officiel russe dont fait état le ministère russe des affaires étrangères. Nous déplorons donc que l’ambassadeur de France à Moscou ait été convoqué toutes affaires cessantes. » De fait, ce n’était pas un Mirage 2000 ou d’un Rafale tricolores mais un F/18 Suisse, qui est intervenu au contact de l’avion russe.

L’explication est venue de Berne. Les Russes n’ont sans doute pas bien vu la croix blanche pourtant caractéristique de l’aviation suisse et le double empennage, reconnaissable des F/A-18, ou ont fait semblant de ne pas la voir dans cette zone où la frontière est tenue. Les avions suisses ayant la possibilité de survoler des zones françaises. La défense suisse estime qu’il n’y a rien d’anormal. « C’était un contrôle proche, on fait un contact visuel avec le pilote, on note l’immatriculation. On a noté, tout était en ordre. C’est une vérification, un contrôle de routine » a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère de la défense suisse, Peter Minder.

Combien de marins sont encore otages des pirates somaliens ?

Mon, 19/10/2015 - 20:09

Le FV Siraj et le FV Jaber au mouillage au large de la Somalie, vu par un avion d’EUNAVFOR / Crédit : EUNAVFOR Atalanta

(BRUXELLES2) C’est un drame silencieux. Et personne ne soucie vraiment de leur sort.

Le bilan officiel…

Officiellement il reste toujours 26 marins otages des pirates somaliens. Ceux du FV Naham 3 depuis presque 4 ans (3 ans et plus de 200 jours) retenus contre leur gré quelque part en Somalie. Ce bateau de pêche sous pavillon omanais avait été capturé le 26 mars 2012 à environ 65 milles nautiques au sud des Seychelles. 3 marins sont morts : un lors de l’attaque, 2 durant leur captivité. Lire notamment : Le FV Naham 3, repéré sans otages

… et le bilan officieux

A ce bilan officiel il faut ajouter les 19 marins du bateau de pêche iranien FV Siraj capturé le 26 mars 2015 au large des côtes d’Hobyo en compagnie du FV Jaber (1) et qui seraient détenus en mer, près du village de Ceel Huur dans la région du Galmudug.

Heureusement le Jaber et son équipage (de 17 personnes selon l’agence iranienne d’informations) ont réussi à s’échapper, le 27 août dernier selon l’ONG Ocean Behond Piracy. « Ils ont profité d’un moment d’inattention de leurs gardiens, survolés par un hélicoptère ou autre chose, pour couper les amarres et remettre le moteur » raconte John Steed de l’OBP à Reuters. En remontant, par leurs propres moyens, vers le nord-est, en direction de l’Iran, selon nos informations, ils ont ensuite « rencontré », un navire espagnol de la force EUNAVFOR, le ESPS Galicia, qui leur a alors remis des vivres et de l’eau, permettant de recompléter leur ravitaillement.

45 marins otages

De fait, il reste donc 45 marins aux mains des pirates somaliens, auxquels on peut ajouter 2 Kenyans capturés à terre et détenus par un des groupes pirates selon OBP.

(NGV)

(1) Une capture non recensée par les forces internationales dans le Golfe. Les Somaliens arguent qu’ils pêchaient illégalement dans leurs eaux (un motif souvent invoqué par les pirates pour donner une couleur « non criminelle » à leurs agissements. L’Iran est le principal pays qui n’est pas associé directement au processus de coordination et de déconfliction SHADE qui réunit tous les 3 mois normalement à Bahrein.

Tusk, un matamore politique ?

Mon, 19/10/2015 - 09:30

(crédit : Conseil de l’UE)

(B2) On le prédisait ‘fin politique’, ‘habile manoeuvrier’, capable de dynamiser la politique européenne, le Polonais Donald Tusk, qui préside actuellement aux destinées du Conseil européen, semble accumuler les déceptions. On peut se demander s’il n’est pas plutôt un éléphant dans un magasin de porcelaines. Avec une rançon : ce qu’on lui demande, c’est de ne (plus) bouger. Et quand il bouge, cela fait des dégâts.

Ceux qui mettent des barrières et ceux qui sauvent …

Dernière casse en date, Donald Tusk met dans un même sac les Italiens, les Grecs, les Hongrois et les Slovaques. « Tout le monde doit avoir une responsabilité partagée » dans la défense des frontières extérieures. Une assimilation qui a le don d’hérisser Rome. « Ne confondez pas la responsabilité de ces pays qui ont travaillé contre et ceux qui ont porté seuls sur leurs épaules la charge de la réception » s’exclame Gianni Pittella, le président du groupe Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement. La colère italienne ne semblait pas éteinte rapidement.

Matteo Renzi monte au front

Lors du dernier Conseil européen, jeudi (15 octobre), à Bruxelles, le Premier ministre italien, Matteo Renzi, est monté au créneau. Lors de la réunion, selon les sources italiennes, il lâche : « On ne peut pas assimiler ceux qui construisent les murs et ceux qui sauvent des vies en mer ». Et face à la presse, il est encore plus dur. « Les phrases que Donald Tusk a utilisées ne sont pas les plus appropriées, non pas tant pour le gouvernement que pour le peuple italien qui, ces derniers mois, a fait un travail extraordinaire pour sauver des dizaines de milliers de personnes. Ces mots ne sont pas respectueux de ses efforts. » C’est relativement rare que le président du Conseil européen soit critiqué, de façon aussi verte. Même Sarkozy, dont on savait la dent plutôt dure, était plus respectueux du travail mené par le prédécesseur de D. Tusk, le Belge Herman Van Rompuy.

Un risque de découplage du Conseil européen

Un diplomate, très bon connaisseur du jeu européen, interrogé il y a peu sur le personnage « Donald Tusk », avait habilement esquivé la question, préférant parler en termes généraux de la novation du président du Conseil européen. Une manière habile de ne pas critiquer directement l’homme qui habite ce Conseil. « Avec le Traité de Lisbonne, il y a un risque permanent que le Conseil européen soit un peu hors sol, découplé du système de décision. Il est à la fois attendu et vit sa vie. » avait-il énoncé. L’organisation d’un sommet le 23 septembre, le lendemain même de la réunion des ministres de l’Intérieur, avait été jugée un peu inconséquente. Ce « n’est pas idéal. On serait dans une présidence tournante, on aurait organisé les choses différemment. »

Un président hors sol ?

De fait, c’est bien le problème de Donald Tusk qui semble un peu « hors sol ». D’où sa tentation permanente à vouloir rattraper le train, à prendre des positions péremptoires qui lui attirent ensuite les foudres des capitales. Ce que gardait bien de faire son prédécesseur. Il semble avoir toujours un retard sur l’actualité politique. Au départ, totalement obsédé par la Russie et l’Ukraine, il a tenté d’imposer la présence de Porochenko à tous les conseils. Ce qui a fini par énerver plusieurs des capitales, notamment à Paris et Berlin, qui lui ont fait assez rapidement savoir que l’Ukrainien n’était pas membre du Conseil européen. Dans cette obsession de l’Est, il en a oublié la crise qui montait de façon magistrale au sud. Les questions de la Syrie, de la Libye, du Moyen-Orient de l’Afrique plus généralement, n’ont quasiment pas été mises à l’ordre du jour du Conseil européen. Or, selon le traité de Lisbonne, c’est dans cette instance que doivent se décider les grandes orientations de la politique extérieure .

… le Conseil européen identifie les intérêts et objectifs stratégiques de l’Union. Les décisions du Conseil européen sur les intérêts et objectifs stratégiques de l’Union portent sur la politique étrangère et de sécurité commune ainsi que sur d’autres domaines relevant de l’action extérieure de l’Union. (article 22 du Traité sur l’Union européenne)

Dernier exemple en date. Alors que la crise des migrants et réfugiés explose, Donald Tusk tarde à convoquer un Conseil européen… Raison officielle invoquée : le risque de division des Etats membres. Un risque qui éclate dans l’opinion publique. Les capitales se rejetant, par la voie des médias, la faute de la crise. Finalement il se décide in extremis à la fin septembre. Il faudra attendre la mi-octobre pour qu’on aborde la question de la solidarité avec les pays les plus proches des foyers de crise. Mais, on n’a toujours pas abordé vraiment les questions centrales, l’action sur les principaux foyers de crise (Syrie, Yemen, Libye…). Un retard magistral.

Une double tenaille politique

A ce rythme-là, son mandat qui est de deux ans et demi risque bien de ne pas être renouvelé. Ce d’autant qu’il va se heurter à un double obstacle politique. Si l’opposition du PiS (Droit et justice) l’emporte en Pologne, fin octobre, ce sera une défaite personnelle pour Donald Tusk qui va être fragilisé au plan national comme européen. Les prochains Conseils européens avec un partisan de Kaczyński victorieux risquent d’être un vrai calvaire pour Tusk… mais aussi d’une certaine façon une difficulté pour les autres Européens. Au plan institutionnel, le changement de président du Parlement européen, à mi-mandat, entre les Socialistes-Démocrates (S&D) et les Chrétiens-démocrates (une rotation prévue dès l’origine des élections) amènerait mécaniquement 3 PPE à la tête des trois principales institutions communautaires (Commission européenne, Parlement européen, Conseil européen), ce qui est difficilement justifiable, notamment pour les Socialistes & Démocrates qui revendiquent désormais une certaine parité. Sauf un départ anticipé de Jean-Claude Juncker de la Commission, que personne ne souhaite, il faudrait donc un des leurs installés au Conseil européen, argumentent nombre de leaders S&D. Non sans arguments. Donald Tusk est donc pris dans cette double tenaille politique, nationale et européenne, dont il aura bien du mal à se dépêtrer, surtout s’il se fâche avec quelques Etats membres…

(Nicolas Gros-Verheyde)

La mission EUTM Somalia équipée en satellites par l’agence européenne de défense

Fri, 16/10/2015 - 12:23

(B2) Les communications par satellite (SatCom) de la mission de formation de l’UE en Somalie sont, depuis début octobre assurées par l’Agence européenne de défense (EDA), vient d’annoncer celle-ci. EUTM Somalia est ainsi la première mission militaire de la PSDC à prendre l’option de l’Agence pour couvrir ses besoins satellitaires. La communication satellite étant aujourd’hui une nécessité primaire dans une mission ou opération multinationale.

Les services comprennent la location, la livraison et l’installation d’un terminal à distance en bande C à l’aéroport international de Mogadiscio ainsi que des liaisons satellites de haut débit non classifiées en Europe. Les services incluent également un support technique 24/7 et sur le site-intervention si nécessaire.

Dans les prochains mois, l’Agence prendra également en charge la fourniture de services mobiles par satellite pour les opérations opération EUNAVFOR Atalanta, EUTM Mali et EUTM Somalia ainsi que le central de ATHENA. Le mécanisme Athena, mis en place pour financer les opérations militaires de la PSDC, a, en effet, rejoint cette année le marché SatCom UE de l’Agence, pour améliorer le processus de passation des marchés dans les opérations.

(NGV)

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