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Discrète dans ses apparitions médiatiques, la chanteuse Nabalüm a créé l'événement en animant une conférence de presse le vendredi 29 mai 2026 à Ouagadougou. Face aux professionnels des médias, l'artiste, qui accorde rarement des entretiens, a annoncé sa volonté de renforcer ses relations avec la presse. Une occasion que Lefaso.net n'a pas manqué de saisir pour recueillir ses confidences sur ses dix années de carrière, les défis qu'elle a relevés, ses projets, …
Lefaso.net : Qu'est-ce qui vous a amené à choisir la musique comme carrière il y a dix ans ?
Nabalüm : Au départ, tout s'est fait avec patience. Je pense que le chant est ce que je fais le mieux. Je ne peux pas passer une journée sans chanter. La musique fait partie de moi ; c'est une passion avec laquelle je suis née. Pouvoir l'exercer de manière professionnelle était un rêve que je nourrissais depuis 2016. Dix ans plus tard, je suis toujours présente sur la scène musicale burkinabè. Au fil de mon parcours, j'ai compris que ce métier n'était pas aussi facile que je l'imaginais à mes débuts. Aujourd'hui, grâce à Dieu, je poursuis mon chemin avec détermination. Je crois avoir acquis une place dans le paysage musical burkinabè, une place qui mérite d'être davantage reconnue et valorisée.
Lorsque vous faites le bilan de ces dix années de carrière, quels moments de bonheur retenez-vous particulièrement et quels épisodes plus douloureux ont marqué votre parcours ?
Parmi mes plus beaux souvenirs de ces dix années de carrière, il y a d'abord ma première grande scène à Paris. Ensuite, lorsque je suis arrivée au Burkina Faso en juin 2016, deux mois après la sortie de la chanson “M'yamê”, j'ai découvert avec émotion à quel point le public l'avait adoptée. Le titre était diffusé partout : à la radio, à la télévision et dans les différents espaces publics. Cet engouement m'a profondément touchée.
Je garde également de merveilleux souvenirs des nombreuses scènes que j'ai eu l'occasion de partager, au Burkina Faso comme à l'étranger. Celle qui m'a le plus marquée reste sans doute mon concert au Soudan. Plus d'un millier de personnes étaient présentes et un écran avait même été installé à l'extérieur afin que ceux qui ne pouvaient pas accéder à la salle puissent suivre le spectacle. C'était un moment exceptionnel, d'autant plus qu'il s'agit d'un pays où les populations ont rarement l'occasion d'assister à des spectacles en raison de la crise sécuritaire et humanitaire.
Ce qui m'a particulièrement marquée ce jour-là, c'est la connexion qui s'est créée entre le public et moi. Pourtant, je chantais majoritairement en mooré et la plupart des spectateurs ne comprenaient pas la langue. Malgré cela, ils étaient pleinement réceptifs à la musique et à l'émotion que je transmettais. Ce sont des instants comme celui-là qui marquent un artiste à vie.
J'ai eu la chance de vivre des expériences similaires au Burkina Faso, à Abidjan, notamment lors du Marché des arts du spectacle africain (MASA), à Djibouti et dans plusieurs autres pays. Ce sont ces moments de partage avec le public qui nous donnent la force de continuer malgré les difficultés.
Concernant les souvenirs plus difficiles, je dirais qu'ils sont liés à la perte de certaines illusions. Au début, on imagine souvent que tout sera simple et harmonieux. Avec le temps, on découvre que le milieu artistique n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Comme dans beaucoup d'autres domaines, il est marqué par des coups bas et parfois par la méchanceté.
Toutefois, je préfère ne pas concentrer mon énergie sur ces aspects. Je choisis plutôt de me focaliser sur ce qui me permet d'avancer, de résister et de poursuivre mon chemin. La plus grande épreuve a sans doute été cette désillusion : le moment où l'on doit abandonner une part de sa naïveté, ouvrir les yeux sur les réalités du métier et trouver en soi le courage nécessaire pour continuer à progresser.
L'artiste a débuté sa carrière en 2016Après avoir collaboré avec deux maisons de production, La Cour du Naaba et Destiny Prod, vous avez choisi, en 2026, de créer votre propre structure, Karism Prod. Quelles sont les raisons qui ont motivé cette décision ?
J'ai créé ma propre structure de production parce que j'avais envie de m'exprimer pleinement et de porter ma vision artistique en toute liberté. Mes expériences au sein des deux maisons de production par lesquelles je suis passée m'ont énormément appris.
Je tiens d'ailleurs à leur exprimer ma reconnaissance, car certaines choses ne s'achètent pas avec de l'argent. Elles ont investi de l'énergie, du temps et des moyens pour accompagner nos projets, et cela mérite d'être salué.
Aujourd'hui, j'ai voulu créer Karism Prod afin de pouvoir être entièrement moi-même dans ma démarche artistique. Lorsqu'on évolue sous une maison de production, il peut naturellement exister des visions ou des orientations qui ne s'alignent pas toujours, puisque chaque personne a sa manière de voir les choses, son calendrier et ses priorités.
Avec Karism Prod, c'est véritablement l'univers de Nabalüm qui pourra s'exprimer de la manière la plus authentique possible. J'espère naturellement que cette vision trouvera un écho favorable auprès du public.
Nous continuerons également à apprendre de nos erreurs et des expériences qui fonctionneront moins bien, car l'apprentissage est permanent. Dans ce milieu, personne ne détient à lui seul le secret de la réussite. Chacun avance étape par étape, avec le désir de progresser et l'espoir que les choses évoluent positivement.
En choisissant l'auto-production, vous assumez désormais seule les risques et les coûts liés à votre carrière artistique. Cette nouvelle responsabilité ne vous inquiète-t-elle pas ?
Au départ, il y a naturellement une part d'appréhension. Mais avec le temps, on finit par se convaincre que lorsqu'on a choisi de se lancer, il faut aller jusqu'au bout. Comme on le dit souvent, lorsqu'on saute à l'eau, il faut apprendre à nager. Aujourd'hui, je poursuis ce chemin avec détermination, en gardant à l'esprit l'objectif d'atteindre l'autre rive.
Votre univers musical est parfois perçu comme élitiste et davantage destiné à un public plus âgé. Comment accueillez-vous ces critiques et quel regard portez-vous sur cette perception ?
Je pense que cette perception est aussi liée à ma personnalité. Je suis quelqu'un de posé et de réfléchi. Avant d'entreprendre quelque chose, je m'assure d'être capable de l'assumer pleinement.
Lorsque j'ai choisi de faire de la musique, je me suis fixé une ligne de conduite. J'aimerais qu'un jour mes enfants puissent faire écouter mes chansons à d'autres personnes avec fierté. C'est pourquoi j'évite la vulgarité et les messages susceptibles d'égarer, par conviction et par principe.
Je suis consciente que tout le monde ne se reconnaît pas forcément dans mon univers artistique. Certains apprécient ce que je fais, d'autres moins. Mais jusqu'à présent, j'ai réussi à toucher et à satisfaire une grande partie de mon public, et cela me convient.
J'espère qu'avec le temps, d'autres personnes rejoindront cette grande famille. Quant à ceux qui qualifient ma musique d'élitiste, je dirais que mes choix artistiques sont assumés. Un jour, nous vieillirons tous, et j'aimerais pouvoir regarder mes clips et réécouter mes chansons sans aucun malaise, avec la même fierté qu'aujourd'hui.
Les journalistes présents à la conférence de presse de NabalümDe nombreux acteurs du show-business estiment qu'au regard de votre talent, de la qualité de vos prestations scéniques et de votre maîtrise du live, la reconnaissance dont vous bénéficiez aujourd'hui n'est pas encore à la hauteur de votre mérite. Que vous inspirent ces appréciations qui reviennent régulièrement ?
C'est une remarque qui me revient effectivement très souvent. Mais comme le dit l'adage : « Nul n'est prophète en son pays ». Malheureusement, c'est un constat que l'on peut faire dans notre pays : de nombreux artistes talentueux, qui ont beaucoup à apporter, ne bénéficient pas toujours de la reconnaissance qu'ils méritent. Cette situation ne date pas d'aujourd'hui et ne me concerne pas uniquement. Avant moi, plusieurs artistes de grande valeur ont connu la même réalité. Je pense notamment à Bil Aka Kora et à bien d'autres qui ont énormément contribué au développement de la musique burkinabè et qui ont encore beaucoup à offrir. Je suis convaincue que les véritables talents ne sont pas suffisamment valorisés au Burkina Faso. J'espère que les choses évolueront avec le temps. En attendant, nous continuons notre parcours avec détermination, en donnant le meilleur de nous-mêmes et en partageant ce que nous avons à offrir. Par ailleurs, nous constatons souvent que notre travail est davantage reconnu à l'extérieur du pays que chez nous. C'est une réalité avec laquelle nous composons, tout en gardant l'espoir qu'un changement de regard et de mentalité s'opérera progressivement.
Dans un milieu où la visibilité et l'exposition médiatique occupent une place importante, votre tempérament plutôt introverti représente-t-il un défi pour votre carrière ?
En vérité, la plupart des artistes que vous voyez sont introvertis. Un artiste est quelqu'un qui joue un rôle lorsqu'il est sur scène, mais sa personnalité est souvent tout autre dans la vie de tous les jours.
J'ai rencontré des artistes qui paraissaient très extravertis, voire un peu excentriques sur scène, mais qui, dans la réalité, étaient extrêmement timides. Certains ont même du mal à regarder leurs interlocuteurs dans les yeux. Je ne pense donc pas que l'introversion soit un frein à une carrière artistique.
Cela dit, il est vrai que notre métier exige une certaine interaction avec le public et les médias, puisque nous sommes des personnalités publiques. J'ai beaucoup travaillé sur cet aspect au fil des années. Si aujourd'hui je peux décider d'organiser une conférence de presse et de rencontrer des journalistes, c'est parce que j'ai fourni de gros efforts pour sortir de ma zone de confort.
À terme, Nabalüm ambitionne de produire et d'accompagner de jeunes talentsMalgré tout, je fonctionne beaucoup au ressenti. Je ne me sens obligée de rien. Je fais les choses lorsque je me sens prête, afin de pouvoir les assumer pleinement par la suite.
Au-delà de votre musique, de nombreux hommes disent être séduits par votre personnalité et votre physique. Comment vivez-vous cette attention particulière ? Avez-vous parfois été confrontée à des comportements envahissants ou déplacés ?
Tant que cela se fait dans le respect, je ne vois aucun problème. On ne peut pas empêcher les gens de nous admirer. Au contraire, j'en suis reconnaissante. Je sais que je ne suis pas la plus belle femme du Burkina Faso, donc le fait que certaines personnes apprécient ma personnalité, mon image ou ce que je dégage ne me semble pas négatif en soi.
Lorsqu'une personne me dit avec respect qu'elle m'apprécie, qu'elle me trouve belle ou qu'elle aime mon travail, cela me fait sourire. Je me dis que si je peux susciter un sentiment positif chez quelqu'un, c'est plutôt une bonne chose. En revanche, lorsque cette admiration prend une tournure déplacée ou perverse, cela devient dérangeant. J'essaie pourtant, à travers mon image et mon comportement, de ne laisser croire à personne qu'il existe des possibilités au-delà de ce que je suis prête à offrir. Mais chacun est libre de ses pensées et de ses interprétations.
Il arrive effectivement que certaines situations soient désagréables. On croise parfois des personnes très directes, voire vulgaires dans leur manière de s'exprimer. Heureusement, elles restent minoritaires. Je remercie tous ceux qui me témoignent leur affection, que ce soit à travers des messages privés, des courriels ou des commentaires. Que Dieu les bénisse et j'espère que leurs compagnes seront heureuses à leurs côtés. Mais je ne peux pas être la femme de tout le monde (rires).
Dix ans de carrière, quel programme avez-vous concocté pour cet anniversaire ?
Au programme de cette célébration, il y a d'abord un nouvel album sur lequel nous travaillons actuellement et que nous espérons sortir cette année. Nous prévoyons également un grand concert afin de communier avec toutes les personnes qui accompagnent Nabalüm depuis 2016 jusqu'à aujourd'hui.
Des prestations sont aussi prévues à l'extérieur du pays. Pour le reste, les détails seront dévoilés au moment opportun. Nous réservons encore quelques surprises au public.
Nabalüm exprime sa gratitude à ses fans pour leur soutien constantQuels conseils donneriez-vous à une jeune fille ou à une femme qui aspire à faire carrière dans la musique ?
Je leur conseille de garder la tête sur les épaules, peu importe le succès qui viendra. Quand on est une femme, on est un trésor, une fleur. Il ne faut donc pas être prête à tout pour réussir.
Il y aura certainement beaucoup de propositions qui promettront une réussite rapide, mais il est important de connaître ses valeurs et de les préserver. Il faut se fixer des limites et faire du travail sa principale arme.
Je suis convaincue que celui qui travaille n'échoue jamais. Peu importe le temps que cela prend pour accomplir de grandes choses, chaque effort finit toujours par être récompensé. Il faut donc bien réfléchir avant de se lancer.
Il ne faut pas arriver dans ce milieu avec naïveté en pensant que tout est rose. Il y a beaucoup de difficultés, mais rien n'est impossible. Si les hommes peuvent le faire, nous aussi, nous pouvons y arriver.
Quel est votre mot de la fin ?
Notre dernier mot est un souhait de paix pour notre pays, le Burkina Faso, que nous aimons profondément. À travers nos chansons et les actions que nous menons, nous essayons, à notre manière, de contribuer à cet idéal.
Nous prions pour notre pays et espérons qu'un jour, les artistes pourront à nouveau parcourir toutes les régions du Burkina Faso, y donner des concerts et aller à la rencontre de leurs fans.
Mon plus grand souhait est également de voir la musique burkinabè s'exporter davantage et rayonner à l'international, à l'image de ce que réussissent aujourd'hui de nombreux autres pays.
Interview réalisée par Samirah Bationo
Lefaso.net
« Nous avions raison… 14 ans trop tôt ». À travers cette lettre ouverte à la nation burkinabè, le Dr Dibi Millogo, premier directeur général de l'Agence de l'eau du Nakanbé, livre le récit d'un combat mené dès 2012 pour sauver les barrages de Ouagadougou de l'ensablement, des occupations anarchiques et de la dégradation environnementale. À l'heure où l'État engage des mesures fortes pour restaurer ces espaces, il revient sur les alertes longtemps ignorées et invite le Burkina Faso à faire de cette expérience une leçon durable de gouvernance, d'anticipation et de protection des biens communs.
PROLOGUE — LE MESSAGE QUI A RÉVEILLÉ QUATORZE ANNÉES DE MÉMOIRE
Le 8 mai 2026, très tôt le matin, alors que les images des opérations de déguerpissement des barrages de Ouagadougou circulaient déjà dans tout le pays, je reçus un message WhatsApp d'un ancien compagnon de combat.
Un homme avec qui nous avions partagé, il y a plus de quatorze ans, les diagnostics, les inquiétudes, les réunions, les alertes, les espoirs et parfois les découragements.
Il m'écrivit simplement :
« Bonjour DG. J'espère que tout va bien. Chez moi RAS.
L'aboutissement d'un de vos combats. Là où une dizaine d'ateliers ont hésité, un seul communiqué a tranché !
Démocratie et développement en Afrique ?!?!? Hum.
Excellente journée »
Ce message venait de Ghislain, ancien Directeur de l'Eau et de l'Environnement à l'époque où j'étais Directeur Général de l'Agence de l'Eau du Nakanbé.
En lisant ses mots, quatorze années de mémoire me sont revenues d'un seul coup.
Alors je lui répondis immédiatement :
« Je suis vraiment très heureux Ghislain. Franchement !
J'ai passé aux Barrages ce matin avec mon petit frère et je lui expliquais tous mes déboires après l'atelier pour trouver un signataire du Communiqué pour le déguerpissement.
Maintenant c'est fait et ma joie est grande.
Cela prouve que nous n'étions pas si utopiques que cela.
Merci Ghislain, c'était notre (avec toi et d'autres) combat et nous allons gagner encore.
Oui.
Nous avions raison.
Mais nous avions raison… quatorze ans trop tôt.
I — LES BARRAGES ÉTAIENT EN TRAIN DE MOURIR… ET PEU DE GENS LE VOYAIENT
Pendant que la ville grandissait…
pendant que les occupations anarchiques avançaient…
pendant que chacun cherchait sa survie immédiate…
les barrages de Ouagadougou agonissaient et mouraient-même, lentement. Silencieusement.
Ils mouraient :
• sous le poids de l'ensablement ;
• sous le poids des déchets, détritus urbains ;
• sous le poids des eaux usées ;
• sous le poids des pesticides ;
• sous le poids des occupations illégales ;
• sous le poids de notre incapacité collective à dire “STOP”.
Et pourtant, les signaux étaient déjà alarmants :
• dégradation inquiétante de la qualité de l'eau ;
• Prolifération de toute sorte de nuisibles de puces, tiques, moustiques
• réduction de la capacité de stockage ;
• prolifération de la jacinthe d'eau ;
• aggravation des risques d'inondation ;
• pression humaine incontrôlée sur les berges et les cuvettes.
Mais comme souvent dans l'histoire des peuples… les catastrophes sont visibles très tard.
Alors que les alertes, elles, commencent toujours beaucoup plus tôt.
II — NOUS AVIONS CHOISI D'ALERTER… AU LIEU DE NOUS TAIRE
Face à cette situation, nous avions refusé le silence.
À travers l'Agence de l'Eau du Nakanbé, nous avions engagé des diagnostics, des missions de terrain, des visites techniques, des concertations, des études, des analyses, et finalement un grand atelier national historique sur la gestion durable des barrages n°1, 2 et 3 de Ouagadougou.
Plus de 200 acteurs avaient répondu présents.
Et surtout…nous avions conduit les autorités elles-mêmes sur le terrain.
Elles ont vu la détresse des barrages et des riverains :
• les garages installés dans les emprises ;
• les habitations dans les zones inondables ;
• les activités maraîchères dans les cuvettes ;
• les déchets déversés dans les barrages ;
• les abattages clandestins d'animaux douteux ;
• les occupations anarchiques ;
• la jacinthe d'eau étouffer progressivement les plans d'eau.
Ce jour-là… tout le monde savait.
Ce jour, une union sacrée était faite autour de la question.
Ce jour-là naissait un plan d'action pour la gestion durable des barrages 1, 2 ,3 de Ouagadougou.
C'était en 2012. Il y a déjà 14 ans, débutait ainsi le combat pour la survie des barrages.
III — NOUS N'ÉTIONS PAS SEULS
Aujourd'hui le combat a abouti.
La victoire est là : elle est le résultat d'un long processus auquel, beaucoup, parfois anonymes ont contribué. Il ne faudrait pas l'oublier l'histoire, il ne faudrait pas oublier ces hommes et femmes qui avaient compris, bien avant beaucoup d'autres, que les barrages de Ouagadougou étaient en danger.
Je veux aujourd'hui leur rendre hommage avec émotion et reconnaissance.
Je pense :
• à Ghislain Kaboré, Fatimata Sawadogo, Adama Ilboudo, Boukary Sawadogo, Adolphe Kafando, Donatien Idani, Hortense Yaméogo, Séraphin Zongo, Patrice Compaoré, Arsène Compaoré, Armelle Ouattara…. compagnons de conviction et de combat dont les analyses et le travail de terrain avaient largement contribué à objectiver les menaces pesant sur les barrages ;
• à Lassina Sanou de l'ONEA, qui avait alerté sur les risques croissants pour l'approvisionnement en eau potable de Ouagadougou ;
• A la mairie de Ouaga, Cissé Mahamoudou
• aux cadres des services de l'eau, de l'environnement, de l'agriculture et des collectivités ;
• aux chercheurs Dr Louis Ouedraogo, Pr Zongo Fréderic, etc. experts et agents de terrain ;
• ainsi qu'à tous ceux, et Dieu sait combien, ils sont nombreux, qui ont eu le courage de regarder la réalité en face.
Nous étions peut-être en avance sur notre époque.
Mais nous étions sincèrement préoccupés par l'avenir du Burkina Faso.
Et aujourd'hui, je veux leur dire :
l'histoire n'oubliera pas que vous aviez vu juste avant beaucoup d'autres.
IV — LE JOUR OÙ LA POLITIQUE A EU PEUR DU COURAGE
Et pourtant… malgré les diagnostics… malgré les preuves… malgré les alertes…
malgré les recommandations consensuelles… les décisions fortes n'ont pas été prises.
Pourquoi ?
Parce qu'il fallait déguerpir.
Parce qu'il fallait toucher à des intérêts installés.
Parce qu'il fallait prendre des décisions impopulaires.
Parce que les élections approchaient.
Alors le courage fut repoussé.
Et pendant quatorze longues années, les barrages ont continué à s'envaser, les occupations ont progressé, les risques ont augmenté, les coûts futurs ont explosé.
La vérité est simple :
chaque année de retard dans une décision courageuse finit toujours par coûter plus cher à la Nation.
V — AUJOURD'HUI, L'ÉTAT AGIT ENFIN
Et cela mérite d'être salué avec grandeur.
Car ce qui se passe aujourd'hui n'est pas un simple déguerpissement.
C'est :
• une reprise en main de l'intérêt collectif ;
• une restauration de l'autorité publique ;
• une reconquête environnementale ;
• une victoire de la vision sur l'immobilisme.
Oui… c'est la mort du statuquo, cet agent destructeur du progrès, mais si confortable pour les intérêts de certains.
Il faut du courage pour faire aujourd'hui ce qui aurait dû être fait hier.
Et ce courage doit être encouragé.
Parce qu'une Nation forte n'est pas celle qui évite les décisions difficiles.
Une Nation forte est celle qui ose protéger son avenir, malgré les intérêts sectoriels, avant qu'il ne soit trop tard.
VI — LES GRANDES LEÇONS POUR LE BURKINA FASO
Cette histoire doit devenir une immense leçon nationale.
Une leçon de gouvernance.
Une leçon de responsabilité.
Une leçon de patriotisme.
Car les Nations ne meurent pas toujours par manque d'intelligence.
Très souvent… elles souffrent simplement parce qu'elles écoutent trop tard ceux qui avaient déjà compris.
Le Burkina Faso doit désormais devenir un pays :
• qui anticipe ;
• qui protège ses biens communs par rapport aux intérêts partisans ;
• qui écoute ses techniciens plutôt que les courtisans ;
• qui respecte la planification prospective en lieu et place de la restructuration corrective ;
• qui agit avant les catastrophes, au lieu de compatir à la douleur des victimes .
Et cette dynamique doit s'étendre à tout le pays, aux barrages, aux forêts, aux zones inondables, aux espaces publics, aux terres stratégiques, aux infrastructures vitales, à la protection environnementale, à l'urbanisation anarchique, mais aussi et surtout à la gouvernance elle-même.
Car le véritable déguerpissement que l'Afrique doit réussir est aussi moral, institutionnel et mental.
Nous devons déguerpir :
• l'improvisation ;
• le laisser-faire ;
• le court-termisme ;
• la peur des décisions courageuses ;
• la culture des intérêts particuliers au détriment du bien commun.
VII — À LA JEUNESSE AFRICAINE : N'AYEZ PAS PEUR D'AVOIR RAISON TROP TÔT
Chers jeunes,
retenez ceci toute votre vie :
Les visionnaires souffrent souvent d'une solitude particulière.
La solitude d'avoir compris avant les autres.
Vous serez parfois incompris.
Parfois découragés.
Parfois traités d'utopistes.
Parfois combattus simplement parce que vous voyez plus loin.
Mais ne renoncez jamais à défendre ce qui est juste pour votre peuple.
Car les grandes transformations commencent toujours par des femmes et des hommes capables de voir plus loin que le présent immédiat.
Oui…
avoir raison trop tôt est parfois douloureux.
Mais l'histoire finit presque toujours par rendre son verdict.
Et lorsqu'elle le rend… elle distingue toujours ceux qui protégeaient leurs intérêts de ceux qui protégeaient l'avenir de leur Nation.
ÉPILOGUE — QUAND LES BARRAGES PARLENT ENFIN
Aujourd'hui, les barrages de Ouagadougou parlent enfin.
Ils parlent :
• dans le bruit des machines ;
• dans la poussière des déguerpissements ;
• dans les terres qu'on libère ;
• dans les eaux qu'on tente de sauver ;
• dans ce réveil tardif mais nécessaire de l'autorité publique.
Et leur message au Burkina Faso est immense :
Une Nation devient grande lorsque l'intérêt général devient enfin plus fort que les intérêts particuliers.
Peut-être alors… que dans plusieurs décennies… les générations futures regarderont cette période comme le moment où le Burkina Faso a commencé à reconstruire une nouvelle culture nationale :
• une culture du courage ;
• une culture de l'anticipation ;
• une culture de la responsabilité ;
• une culture de la protection des biens communs.
Et ce jour-là… notre combat n'aura pas seulement contribué à sauver des barrages.
Il aura contribué à sauver une certaine idée du Burkina Faso.
NOUS AVIONS RAISON… 14 ANS TROP TÔT.
Dr Dibi MILLOGO,
1er Directeur Général de l'Agence de l'Eau du Nakanbé
Avec mes remerciements à Mme Sawadogo Fatimata et Monsieur Kaboré Ghislain pour leurs contributions
La directrice de l'Institut des sciences des sociétés (INSS), Dr Aoua Carole Congo, a procédé à la dédicace de son nouvel ouvrage intitulé “Quand la parole guérit : une approche psycholinguistique des crises”, le mardi 2 juin 2026 à Ouagadougou. À travers ce livre de 333 pages, l'auteure met en lumière le rôle essentiel de la parole dans les processus de guérison, de médiation et de réconciliation, dans un contexte marqué par la crise sécuritaire et humanitaire que traverse le Burkina Faso.
Composé de 333 pages réparties en huit chapitres, l'ouvrage met en lumière la place de la parole comme levier essentiel dans la résolution de la crise humanitaire et sécuritaire que traverse le Burkina Faso.
À travers des récits de médiation, de dialogue et de réconciliation, l'auteure démontre comment la parole peut contribuer à apaiser les cœurs meurtris, à restaurer les liens sociaux et à favoriser le vivre-ensemble entre des communautés affectées par les conflits.
Par cette contribution intellectuelle, la chercheure montre qu'au-delà des infrastructures matérielles à rebâtir, des économies à relancer et des institutions à stabiliser dans un contexte de conflit, une dimension fondamentale demeure souvent invisible : celle de la reconstruction symbolique et psychique des individus et des communautés. C'est pourquoi, à travers cette parution, l'auteure explique comment la parole agit comme un puissant mécanisme de régulation émotionnelle et cognitive face aux traumatismes individuels et collectifs.
La rédaction de l'ouvrage a valu six ans de travail de recherche selon l'auteur, Dr Aoua Carole CongoSelon l'auteure, ce livre analyse en profondeur le rôle du langage et de la narration dans les processus de résilience, en mettant en lumière les manières dont les individus et les communautés mobilisent la parole pour donner un sens à la souffrance, reconstruire l'estime de soi et restaurer les liens sociaux. « Dans cette perspective, le livre éclaire également les fonctions éducatives, thérapeutiques et sociales de la parole en contexte africain, tout en proposant des outils à la fois théoriques et pratiques destinés à l'éducation, à la médiation sociale et à la prise en charge psycholinguistique des personnes affectées par les crises », a-t-elle expliqué.
Ce livre, a déclaré la directrice de l'INSS, est la somme de ses expériences personnelles, parfois douloureuses, parfois heureuses, mais également le fruit des réflexions d'autres auteurs sur la crise sécuritaire, laquelle engendre de profondes blessures morales et psychologiques.
Pour elle, le « commencement étant le Verbe », comme le disent les Livres saints, la parole demeure un puissant outil pour apaiser les tensions. Car, selon elle, lorsque l'esprit de vengeance s'installe, il devient difficile de pardonner. C'est en parlant que l'on parvient à se comprendre et à se réconcilier.
Le préfacier de l'ouvrage, Mamadou Lamine Sanogo, a invité les populations à s'approprier le livreLe préfacier salue la clarté de l'œuvre
Mamadou Lamine Sanogo, préfacier de l'ouvrage, a salué la rigueur scientifique de l'auteure. Il a rappelé que sa collègue chercheure ne s'est pas contentée d'appliquer des théories universelles. « Elle les confronte à la réalité du Sahel, aux déplacements de populations, à la douleur des mères et au silence des enfants déscolarisés. Elle nous montre comment les technologies culturelles de résilience, le conte, le proverbe, l'alliance à plaisanterie, la parenté à plaisanterie ou encore la palabre constituent de véritables dispositifs cliniques endogènes. Ces formes langagières traditionnelles ne sont pas des vestiges du passé, mais des outils d'une modernité absolue pour recoudre le tissu social déchiré », a-t-il indiqué.
Cette cérémonie de dédicace a connu la participation de nombreux chercheurs et enseignants-chercheursL'ouvrage, a-t-il ajouté, s'adresse aux chercheurs, aux praticiens, aux acteurs humanitaires et aux décideurs politiques. « Il nous avertit que la reconstruction des infrastructures physiques ne sera d'aucune utilité si nous ne construisons pas, en parallèle, les “infrastructures langagières” de nos sociétés. Je salue la rigueur, la clarté et la profonde humanité de cette œuvre », a-t-il conclu.
Édité par la Librairie Mercury, "Quand la parole guérit" se présente ainsi comme une réponse complémentaire aux défis de cohésion sociale et de réconciliation auxquels le Burkina Faso est confronté.
Serge Ika Ki
Lefaso.net
À l'occasion du lancement officiel de la plateforme digitale Deme Sira le mardi 2 juin 2026 à Ouagadougou, la ministre en charge de la solidarité, le lieutenant-colonel Pélagie Kaboré, s'est prêtée à une séance de questions-réponses avec les journalistes. Au cours de cet échange, elle est revenue sur les objectifs de la plateforme, ses innovations, son fonctionnement ainsi que les défis liés à son appropriation par les populations. Lefaso.net a recueilli ses propos et vous propose l'intégralité de l'entretien.
Pourquoi la plateforme Deme Sira ? Qu'est-ce qu'elle pourrait apporter comme plus-value dans l'accompagnement des personnes vulnérables ?
Le lieutenant-colonel Pélagie Kaboré : Il faut dire que cette plateforme répond vraiment à un réel besoin de notre société, qui est de permettre au ministère de mettre en œuvre la politique de protection sociale et d'action sociale du gouvernement de façon efficace. Pour être efficaces, nous nous trouvons confrontés à plusieurs défis. Nous avons pensé cette plateforme pour nous permettre de relever ces défis parce que l'environnement sociopolitique et les différentes crises que nous traversons ont créé de nouvelles formes de vulnérabilité.
La prise en charge de ces vulnérabilités nécessite une certaine rapidité sur le terrain. Cette plateforme va nous permettre d'être plus proche des populations. Partout au Burkina Faso, il suffit d'avoir un téléphone pour accéder à la plateforme. On peut lancer une demande pour soi-même ou pour quelqu'un d'autre. Si on est devant un cas social et qu'on n'a pas un service social à côté, on peut documenter le cas sur Deme Sira et faire une demande. Elle va aussi augmenter le niveau d'accès à nos services, permettre de collecter les ressources de façon transparente et structurée, garantir leur traçabilité, coordonner les actions des différents acteurs du social et rendre compte de l'utilisation des ressources collectées.
Quelle sera la différence entre cette plateforme et les autres plateformes déjà existantes ?
Déjà au ministère, nous n'avions pas de plateforme intégrée. C'est la première plateforme développée au sein du ministère pour permettre la prise en charge de ces cas. Les principales innovations sont la traçabilité, la transparence et la sécurité ; savoir que lorsque l'on dépose de l'argent, il va effectivement servir à aider une personne. C'est aussi la possibilité offerte à toute la communauté qui agit dans le social de mettre les forces ensemble pour soulager les souffrances des populations. Notre ambition est que chaque citoyen puisse savoir que sa contribution a réellement participé à soulager quelqu'un quelque part.
Depuis plusieurs années, des personnes lancent des appels à l'aide sur les réseaux sociaux au profit de personnes vulnérables. Quelle appréciation faites-vous de cette pratique ? La création de Deme Sira viendra-t-elle occuper cette place ou apporter une solution complémentaire ?
Cette plateforme ne va pas remplacer les appels individuels à la solidarité et elle ne vient pas supprimer ce qui existe déjà. Ces personnes font un travail colossal et nous les saluons avec beaucoup de respect. Maintenant, cette plateforme va compléter leurs actions, les coordonner et permettre davantage de transparence et de rigueur. Elle va venir aider ceux qui sont sur le terrain à mieux participer à la protection sociale.
La plateforme intègre-t-elle tous les autres mécanismes de soutien et d'assistance du ministère en charge de l'action sociale ?
Bien sûr ! Lorsque quelqu'un lance une demande, le modérateur regarde quelle structure est habilitée à traiter le dossier. Toutes les structures du ministère qui interviennent dans la protection sociale non contributive sont intégrées à la plateforme et pourront recevoir les dossiers selon leur domaine de compétence. Tout le monde est sur la plateforme afin que nous puissions gérer efficacement les cas.
Nous avons constaté qu'il est possible de soutenir un cas spécifique sur la plateforme. Comment les contributeurs pourront-ils vérifier que les fonds versés sont effectivement utilisés pour le cas choisi ?
Lorsqu'il y a une intervention spécifique, une cagnotte est ouverte pour le cas concerné. Lorsque vous contribuez, vous participez à cette cagnotte et vous pouvez suivre son évolution. Quand la cagnotte est complète, elle est fermée et les ressources sont utilisées pour régler le cas. Ensuite, nous rendons compte de la prise en charge et la personne concernée peut témoigner. C'est ainsi que vous saurez que les ressources engagées ont bien été utilisées pour le cas concerné.
Dans le cas d'une urgence sociale, le ministère peut-il utiliser d'autres ressources disponibles avant que la cagnotte dédiée ne soit totalement mobilisée ?
Si les enquêtes montrent qu'il s'agit d'un cas urgent, nous allons prioritairement demander au fonds d'assistance sociale et de solidarité nationale de prendre en charge la situation. Même si des ressources ont déjà été collectées pour ce cas, si celui-ci est réglé grâce à une autre intervention, les fonds pourront être reversés dans la cagnotte commune. Nous prioriserons les interventions en fonction de l'urgence et de la sensibilité des situations.
Nous sommes dans un pays où une grande partie de la population est analphabète, alors que Deme Sira est une plateforme numérique. Que sera-t-il fait pour permettre à ces populations de s'approprier l'outil ?
Le problème a été posé aux techniciens et nous sommes en train de chercher des solutions pour une plus grande accessibilité de la plateforme. Pour le moment, quelqu'un d'instruit peut lancer un appel au profit d'une personne qui ne l'est pas. Dans nos familles, il y a toujours quelqu'un qui peut manipuler l'outil et enregistrer un appel à l'aide. Dans le futur, nous ambitionnons d'intégrer les voix et l'intelligence artificielle. Lorsque vous arriverez sur la plateforme, elle pourra vous guider dans différentes langues nationales. Pour commencer, nous pensons au mooré, au dioula et au fulfuldé. C'est pris en compte et nous allons travailler à ce qu'à terme, cette plateforme soit celle de tous les Burkinabè.
Comment les personnes qui ne disposent pas de téléphone ou qui vivent dans des zones éloignées pourront-elles bénéficier des services de la plateforme Deme Sira ?
Quand on parle de la plateforme, il faut aussi compter sur les influenceurs, les relais communautaires et les personnes qui peuvent accompagner ceux qui n'ont pas accès directement aux outils numériques. Nous réfléchissons à plusieurs solutions afin que personne ne soit laissée de côté. Je voudrais que dans le Burkina que nous sommes en train de construire, tous les Burkinabè sachent qu'ils comptent et que nous sommes là les uns pour les autres.
Après le lancement de Deme Sira, quel appel lancez-vous aux Burkinabè ? Comment peuvent-ils concrètement contribuer au succès de cette initiative ?
Nous invitons tous les citoyens, les associations et les influenceurs du digital à s'approprier la plateforme Deme Sira. Nous demandons aux populations de pouvoir s'approprier cette plateforme pour qu'ensemble nous puissions soulager les souffrances des populations. Au terme de cet entretien, je voudrais inviter l'ensemble des Burkinabè, que tu sois homme, femme, jeune ou vieux, que tu sois à l'intérieur ou à l'extérieur du pays, cet outil est ton outil.
Je voudrais que tout le monde puisse s'approprier la plateforme Deme Sira et que nous puissions ensemble investir dans notre cohésion sociale à travers la solidarité.
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
L'Agence nationale de promotion de la finance inclusive (ANPFI) franchit une nouvelle étape dans sa politique de proximité avec les populations. Dans le cadre de son processus de décentralisation, l'institution a officiellement installé, dans l'après-midi du mardi 2 juin 2026 à Bobo-Dioulasso, le premier directeur régional de son histoire. La cérémonie d'installation a été présidée par le secrétaire général de la région du Guiriko, Souleymane Nacanabo. Elle a connu la présence des autorités administratives, des partenaires du secteur financier et des acteurs du développement local.
Nommé à ce poste par arrêté ministériel en date du 31 mars 2026, Ilassa Ouédraogo prend les rênes de la toute nouvelle direction régionale de l'Agence nationale de promotion de la finance inclusive de Bobo-Dioulasso. Son ressort territorial couvre plusieurs régions stratégiques du pays, notamment le Guiriko, les Tannounyan, le Djôrô, le Bankui et le Sourou. Cette installation marque ainsi la concrétisation d'une réforme majeure engagée par l'ANPFI afin de rapprocher davantage ses services des populations et de renforcer son action en faveur de l'inclusion financière.
Le présidium lors de la cérémonie d'installation du nouveau directeur régional de l'ANPFIDans son allocution, le directeur général de l'ANPFI, Wango Fidèle Yaméogo, a rappelé que la création des directions régionales répond à une nécessité, celle de renforcer la présence de l'institution sur le terrain afin d'améliorer l'accès des populations aux services financiers. Selon lui, l'ANPFI constitue un instrument stratégique de l'État pour faciliter l'accès des couches vulnérables aux services financiers adaptés. Femmes, jeunes, producteurs ruraux et très petites entreprises figurent parmi les principales cibles des interventions de l'agence.
Le directeur général de l'ANPFI, Wango Fidèle Yaméogo, rappelant l'importance de la création des directions régionales de l'ANPFI« Les ambitions de l'ANPFI et l'étendue de son champ d'intervention imposaient une présence plus forte sur le terrain », a-t-il expliqué. C'est ainsi que quatre directions régionales ont été créées à Bobo-Dioulasso, Koudougou, Kaya et Tenkodogo, celle de Bobo-Dioulasso étant la première à être effectivement opérationnelle. Le directeur général a également insisté sur les responsabilités qui incombent désormais au nouveau directeur régional. Il devra assurer le suivi des conventions avec les prestataires de services financiers, accompagner les structures partenaires, contribuer à l'éducation financière des populations et veiller à la bonne mise en œuvre des politiques de financement de l'agence.
Faire de l'inclusion financière un levier de développement
Après sa prise de fonction officielle en tant que directeur régional, Ilassa Ouédraogo a exprimé sa gratitude aux autorités nationales et à la direction générale de l'ANPFI pour la confiance placée en lui. Conscient de l'importance de sa mission, il a pris l'engagement de faire de cette direction régionale une administration de proximité, attentive aux préoccupations des populations. Le nouveau directeur régional a défini plusieurs priorités pour son mandat. Il s'agira notamment de renforcer l'accès des populations aux services financiers inclusifs, de promouvoir l'éducation financière et de développer des partenariats solides avec les collectivités territoriales, les institutions financières et les organisations communautaires.
Les participants à la cérémonie d'installation du nouveau directeur régional de l'ANPFISur les défis qui l'attendent, Ilassa Ouédraogo met l'accent sur la nécessité de promouvoir l'accès aux services financiers et de développer l'éducation financière des populations. Selon lui, de nombreuses personnes ignorent encore les opportunités existantes ou les mécanismes mis en place par l'État pour accompagner les activités génératrices de revenus. « Nous devons enseigner aux populations les capacités financières qu'elles ont, les opportunités qui leur sont offertes et les instruments que l'État met à leur disposition », a-t-il indiqué.
Le directeur régional, Ilassa Ouédraogo, a exprimé sa gratitude aux autorités nationales et à la direction générale de l'ANPFIIl entend également travailler avec les institutions de microfinance partenaires afin de faciliter l'accès aux financements pour les couches les plus vulnérables. « Il s'agira de mettre des ressources à leur disposition afin qu'elles puissent mener des activités leur permettant de subvenir à leurs besoins », a-t-il ajouté. Tout en reconnaissant l'ampleur de la tâche, il s'est dit convaincu que les défis pourront être relevés grâce à l'accompagnement des autorités régionales et à la collaboration des différents acteurs du secteur.
Le secrétaire général de la région du Guiriko, Souleymane Nacanabo, a salué la création de cette direction régionale dans le GuirikoUne direction régionale attendue dans un bassin économique majeur
Procédant à l'installation officielle du nouveau directeur régional, le secrétaire général de la région du Guiriko, Souleymane Nacanabo, a salué une initiative qui répond aux besoins d'un territoire reconnu pour son dynamisme économique. Selon lui, la création de cette direction régionale permettra d'offrir un service de proximité mieux adapté aux attentes des populations. « L'importance de cette nouvelle direction n'est plus à démontrer. Au regard de la qualité de la région, qui constitue un véritable bassin économique, il fallait installer un service qui se rapproche davantage des populations afin de mieux les servir », a-t-il affirmé.
Le secrétaire général a souligné que la région du Guiriko est la première à bénéficier de cette réforme de déconcentration des services de l'ANPFI. Il a assuré le nouveau directeur régional du soutien des autorités administratives et des différents services techniques pour la réussite de sa mission.
La photo de famille à l'issue de la cérémonie d'installationÀ travers cette installation, l'ANPFI affiche clairement sa volonté de renforcer son ancrage territorial et de faire de la finance inclusive un outil de transformation économique et sociale. Pour les populations des régions couvertes par la nouvelle direction, cette présence de proximité pourrait contribuer à faciliter davantage l'accès aux financements et à favoriser l'émergence d'activités créatrices de revenus, particulièrement au profit des couches les plus vulnérables.
Romuald Dofini
Lefaso.net
La police nationale du Burkina Faso tient du 3 au 5 juin 2026, ses 72 heures de santé préventive à Ouagadougou au siège du camp CRS sis à Wayalghin. Cette 3ᵉ édition est placée sous le thème « Gestion et prévention des risques professionnels chez les policiers dans un contexte de défis sécuritaires : Défis et stratégie d'adaptation ». La cérémonie d'ouverture était sous le patronage du ministre de la sécurité Mahamadou Sana et sous le parrainage du directeur général de la CARFO, Hyacinthe Tamalgo. Elle a été présidée par la conseillère technique du ministère de la Sécurité, Fatoumata Yatassaye Benon/Nana, représentante du ministre Mahamadou Sana.
Plusieurs activités sont prévues pour cette édition. Il s'agit de consultations, de séances de dépistage, de dons de sang, de conférences, de panels, de stands d'exposition, de cross suivi de séances d'aérobic.
La conférence inaugurale a été assurée par le Pr Marthe Sandrine Lompo, présidente de la société de la médecine du travail et conseillère spéciale du Premier ministre.
Cette initiative de la police nationale vise à promouvoir le bien-être physique et mental des forces de sécurité confrontées à des défis professionnels croissants. Dans son intervention, la représentante du ministre a salué la tenue de cette activité qui traduit la volonté des autorités de faire de la santé des policiers une priorité. Elle a souligné que les missions de sécurisation exposent quotidiennement les agents à de multiples risques physiques, psychologiques et environnementaux nécessitant des mécanismes adaptés de prévention et de prise en charge.
Une vue des participants à la cérémonie d'ouverture« Le thème nous rappelle que la mission de sécurité, déjà exigeante, expose nos forces à des risques multiples. Ces risques sont physiques, psychologiques et parfois sociaux. Face à ces réalités, il est indispensable de développer des stratégies d'adaptation qui allient prévention, accompagnement et innovation. La santé préventive est un pilier de la résilience de nos forces. Un policier en bonne santé est un policier plus efficace, plus disponible et plus apte à répondre aux défis sécuritaires auxquels notre pays est confronté. Vous savez que le capital humain est la première richesse d'un pays. Et ce capital humain doit être en bonne santé. Comment demander à quelqu'un qui exerce un métier de policier, donc de sécurisation, de sécuriser un pays s'il n'est pas en bonne santé ? Les 72 heures constituent une réponse stratégique et institutionnelle pour permettre une prise en charge à la fois physique et psychologique de ces acteurs pour leur permettre d'avoir une haute disponibilité pour la sécurisation du pays. Le ministère de la Sécurité reste engagé dans cette dynamique et accompagne fortement la police nationale », a indiqué la conseillère technique du ministre de la sécurité.
La conseillère technique du ministère de la Sécurité, Fatoumata Yatassaye Benon/ Nana, par ailleurs représentante de son ministreLe directeur général de la police Thierry Dofizouho Tuina a rappelé qu'un policier doit être en bonne santé pour pouvoir agir sur le terrain contre la criminalité. « Pour être efficace sur le terrain, il faut que le policier soit en très bonne santé. Nous savons que notre pays traverse une crise sécuritaire qui génère un certain nombre de risques professionnels en plus des risques classiques que nous avons. En matière de santé publique, la prévention est meilleure que le traitement. Donc, si nous axons nos actions sur la prévention, cela permettra d'éviter certaines maladies », a souligné le directeur général de la police nationale.
Le directeur général de la police nationale Thierry TuinaIl a précisé que cette initiative est non seulement pour les policiers mais aussi pour les populations. M. Tuina a terminé en invitant tous les policiers et les populations à se rendre au camp CRS pour participer aux 72 heures mais aussi pour profiter des séances de consultations.
Le directeur général de la CARFO, Hyacinthe TamalgoPour le parrain de la cérémonie, le directeur général de la CARFO, Hyacinthe Tamalgo, la prévention demeure l'un des investissements les plus rentables pour toute organisation. « Prévenir un risque professionnel coûte toujours moins cher que de le réparer. Préserver la santé d'un agent, c'est préserver ses compétences, son efficacité et sa capacité à servir durablement la nation. Notre mission est de protéger et d'accompagner les agents publics dans leur parcours professionnel. C'est pourquoi nous nous engageons à soutenir toutes les initiatives qui visent à renforcer la prévention, la sensibilisation et la prise en charge des risques liés aux métiers exigeants comme celui du policier. Notre institution est engagée dans une dynamique permanente de prévention des risques professionnels à travers la mise en œuvre de programmes annuels de visites et de contrôles des lieux de travail dans les administrations publiques », a notifié le directeur général de la CARFO. Il a rassuré les policiers qu'ils peuvent s'approcher de la CARFO pour la prévention des risques professionnels mais aussi pour les réparations en cas d'accidents de travail.
Rama Diallo
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Les Forces Armées Nationales ont rendu un ultime hommage au Général de Division Honoré Nabéré Traoré décédé le 25 mai 2026. Dans un post publié sur sa page Facebook, l'État major général des armées (EMGA) salue la mémoire d'un officier qui a entièrement consacré sa vie au service de la Nation.
"Ancien Chef d'État-Major Général des Armées d'avril 2011 à septembre 2014, il a marqué de son empreinte l'histoire des Forces Armées Nationales par son sens élevé du devoir, sa rigueur, son professionnalisme et son attachement indéfectible à la patrie. Son leadership et sa vision ont marqué son temps de commandement", peut-on lire sur le post.
Le Général de Division Honoré Nabéré Traoré y est également décrit non seulement comme un homme attaché aux valeurs cardinales de l'institution militaire et toujours soucieux du bien-être de ses subordonnés, mais aussi un homme d'honneur pendant les périodes décisives de l'histoire du Burkina Faso qui s'affirmait avec courage et sens de la responsabilité.
Son parcours demeurera selon l'EMGA, une source d'inspiration pour les générations présentes et futures, particulièrement les officiers de la 18e promotion de l'Académie Militaire Georges Namoano.
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Source : État major général des armées