Par Rodrigue Ahégo,
La Voix des Sans Voix
C’est un véritable séisme qui secoue le football africain. En transformant une victoire acquise à la sueur du front sur le terrain en une défaite administrative sur tapis vert, la Commission d’Appel de la CAF vient de commettre un attentat contre l’éthique sportive.
Le football africain vit l’une de ses heures les plus sombres. Alors que le Sénégal n’a pas fini de célébrer son titre de champion d’Afrique acquis de haute lutte contre une forêt d’obstacles et d’irrégularités, la Commission d’Appel de la CAF décide, d’un trait de plume méprisant, d’inverser le cours de l’histoire en offrant le trophée au Maroc sur tapis vert. Inique. Arbitraire. Scandaleux.
Il s’agit tout simplement de l’assassinat de la souveraineté de l’arbitre.
Depuis quand une commission, calfeutrée dans des bureaux au Caire, peut-elle se substituer à l’homme en noir sur la pelouse ? La Loi 5 de l’IFAB est pourtant claire : «l’arbitre est le seul maître du terrain». S’il a décidé d’une suspension temporaire et non d’un arrêt définitif, si le match a repris, si le penalty a été tiré et si le coup de sifflet final a retenti, le résultat est sacré. En invoquant un « abandon » là où il n’y a eu qu’une interruption de jeu, la CAF piétine la fameuse Field of Play Doctrine chère au Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
Il s’agit tout simplement du viol de la sécurité juridique.
Comment peut-on homologuer un résultat, remettre un trophée devant les caméras du monde entier, puis décider, 48 heures plus tard, que tout cela n’était qu’une illusion ? L’usage abusif de l’article 84 du règlement de la CAF est une insulte à l’intelligence des sportifs. Un « abandon » implique une rupture définitive. Or, les Lions sont revenus, ils ont joué, ils ont gagné. Requalifier cet incident a posteriori n’est pas de la justice, c’est de la falsification de palmarès.
Il s’agit tout simplement d’une sanction disproportionnée et délirante.
Retirer un titre continental pour 15 minutes d’arrêt de jeu, alors que l’équité a été préservée par la reprise du match, est une décision ultra-vires. C’est utiliser un marteau-piqueur pour écraser une mouche. C’est surtout créer un précédent dangereux. Désormais, les matchs ne se gagneront plus dans les stades, mais dans les couloirs obscurs des commissions de recours.
« On ne gagne pas une Coupe d’Afrique avec des formulaires administratifs, on la gagne avec ses tripes sur le rectangle vert ».
Le Sénégal a raison de porter l’affaire devant le TAS. Il ne s’agit plus seulement de défendre un trophée, mais de sauver ce qui reste de crédibilité au football africain. Si cette décision n’est pas annulée, c’est l’idée même de « victoire sportive » qui sera enterrée.
Lions de la Teranga, gardez la tête haute. Le monde a vu qui était le champion sur le terrain. La CAF, elle, a choisi son camp et c’est malheureusement celui du chaos.
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À Lomé, l’Union Musulmane du Togo (UMT) a fixé la date officielle de l’Aïd el-Fitr, fête marquant la fin du Ramadan. Selon un communiqué publié le 17 mars 2026, la célébration aura lieu le vendredi 20 mars 2026 sur l’ensemble du territoire togolais.
Le président de l’UMT, El Hadj Inoussa Bouraïma, précise que les prières de l’Aïd se dérouleront dans les lieux de culte habituels à partir de 08h00.
À travers ce communiqué, le Bureau exécutif de l’Union Musulmane souhaite à l’ensemble de la population togolaise une bonne fête de fin de Ramadan, dans un esprit de paix et de partage.
L’Aïd el-Fitr est un moment de grande ferveur religieuse et de rassemblement pour les fidèles musulmans, marqué par la prière collective, les visites familiales et les actes de solidarité envers les plus démunis.
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La crise autour de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2026 prend une tournure judiciaire. Dans un communiqué officiel, la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a exprimé son rejet total de la décision de la Commission d’Appel de la Confédération Africaine de Football, qui a prononcé le forfait du Sénégal au profit du Maroc.
Dès l’entame de son message, l’instance sénégalaise dénonce une décision « infondée en droit, arbitraire et manifestement disproportionnée ». Pour la FSF, ce verdict constitue une remise en cause inacceptable du résultat acquis sur le terrain, après la reprise du match et son terme effectif.
Au cœur de son argumentaire, la fédération met en avant la souveraineté de l’arbitre, consacrée par les règles de l’International Football Association Board. Elle rappelle que l’officiel de la rencontre avait opté pour une suspension temporaire du jeu, et non pour un arrêt définitif. Le match ayant repris normalement, avec un penalty exécuté puis une issue déterminée après prolongations, la FSF estime qu’il est juridiquement infondé de parler d’« abandon ».
Dans cette logique, elle accuse la CAF d’avoir requalifié a posteriori un simple incident de jeu, en contradiction avec la jurisprudence du Tribunal Arbitral du Sport, notamment le principe de la « Field of Play Doctrine », qui protège les décisions arbitrales prises sur le terrain.
La FSF va plus loin en dénonçant une erreur manifeste dans l’application de l’article 84 du règlement de la CAF. Selon elle, la notion d’abandon implique une interruption définitive de la rencontre, ce qui n’a pas été le cas. Elle insiste également sur le fait que le match a été mené à son terme, validé, et que le trophée a été officiellement remis, ce qui rend ce revirement particulièrement problématique sur le plan de la sécurité juridique.
Autre point de crispation : la sévérité de la sanction. La fédération juge disproportionné le retrait d’un titre continental pour un arrêt de jeu d’une quinzaine de minutes, estimant que l’équité sportive a été respectée.
Face à cette situation, la FSF hausse le ton. Elle met en demeure la CAF de suspendre l’exécution de la décision et de geler toute procédure visant à attribuer le trophée au Maroc. Dans le même temps, elle annonce son intention de saisir le Tribunal Arbitral du Sport dans un délai de 48 heures afin d’obtenir l’annulation pure et simple de la décision.
Elle exige par ailleurs la transmission immédiate du rapport de l’arbitre et des officiels de match, des éléments jugés essentiels pour assurer sa défense.
En cas de silence ou de refus de la part de la CAF dans les prochaines 24 heures, la Fédération Sénégalaise de Football prévient qu’elle engagera une procédure d’urgence devant le TAS, avec demande de mesures conservatoires.
Ce bras de fer ouvre désormais la voie à une bataille juridique majeure, dont l’issue pourrait avoir des répercussions importantes sur la crédibilité des compétitions africaines.
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La Confédération Africaine de Football a tranché. Dans une décision rendue publique mardi 17 mars 2026, le Jury d’Appel de l’instance continentale a déclaré l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Conséquence directe : la victoire est attribuée au Maroc sur le score de 3-0.
Saisie par la Fédération Royale Marocaine de Football, la juridiction d’appel a jugé la requête recevable et fondée. Elle a ainsi annulé la décision initiale du Jury disciplinaire, estimant que le comportement de la sélection sénégalaise relevait des dispositions des articles 82 et 84 du règlement de la compétition.
Dans son analyse, la CAF considère que la Fédération Sénégalaise de Football, à travers son équipe, a enfreint les règles en vigueur, justifiant l’application du forfait. Le match est donc homologué en faveur du Maroc, qui hérite du titre dans des circonstances exceptionnelles.
Parallèlement, le Jury d’Appel s’est penché sur le cas du joueur marocain Ismaël Saibari. Reconnu coupable de comportement fautif, il voit toutefois sa sanction allégée. Il écope désormais d’une suspension de deux matchs, dont un avec sursis, tandis que l’amende de 100 000 dollars prononcée en première instance est annulée.
Plusieurs incidents survenus lors de la rencontre ont également été passés en revue. La responsabilité de la partie marocaine est notamment confirmée concernant le comportement des ramasseurs de balles, avec une amende revue à la baisse, fixée à 50 000 dollars.
En revanche, l’appel relatif aux interférences autour de la zone VAR est rejeté, maintenant une sanction de 100 000 dollars. L’incident impliquant l’usage de laser a, lui, conduit à une réduction de l’amende, désormais établie à 10 000 dollars.
Cette décision du Jury d’Appel de la CAF rebat totalement les cartes de cette finale de la CAN 2025. Au-delà de l’attribution du trophée, elle met en lumière la fermeté de l’instance face aux manquements disciplinaires.
Reste désormais à savoir si la Fédération Sénégalaise de Football décidera de porter l’affaire devant d’autres instances, notamment le Tribunal Arbitral du Sport, ou si elle se pliera à ce verdict qui consacre officiellement le Maroc.
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Dans une déclaration rendue publique, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), le LDP et le front « Touche Pas à Ma Constitution » accusent le pouvoir de préparer un stratagème politique inspiré de la crise de 2005 pour redonner une légitimité à Faure Gnassingbé. Les signataires appellent les Togolais à une mobilisation générale pour exiger la libération des détenus politiques, le retour des exilés et l’ouverture d’une transition politique.
2005 NE SE REPRODUIRA PLUS JAMAIS – LE PEUPLE TOGOLAIS NE SE LAISSERA PAS FAIRE
Le Contexte
Faure Gnassingbé est sous pression depuis que les Togolais se dressent vigoureusement contre le remplacement de la Constitution et contre la Vème République. Il avait fait adopter la nouvelle Constitution en avril 2024 par des députés maintenus en place, alors que leur mandat était échu. Une adoption faite sans consultation populaire. L’objectif de ce nouveau coup d’Etat était clair : supprimer l’élection présidentielle au suffrage universel direct, après avoir fait 4 mandats. Eviter ainsi le principe d’un 5e mandat, tout en restant au pouvoir à vie, sans se soumettre à une élection. Ce qui est à l’origine d’une crise institutionnelle et une forte pression politique.
Nous observons qu’à cette forte pression intérieure s’ajoute également une pression externe. Elle s’accompagne d’une certaine réticence des chefs d’Etat de la sous-région et de la communauté internationale à maintenir à Faure Gnassingbé la considération et le rang protocolaire dont il jouissait lorsqu’il était le président de la République et le chef de l’Etat « élu ».
Cette espèce de mise au ban par ses pairs est la conséquence directe de sa manipulation de la Constitution. Non seulement il n’est plus chef d’Etat, mais il n’a surtout plus aucune légitimité populaire aux yeux du monde, ce qui lui fait perdre à l’extérieur les considérations et les prestiges qui viennent avec ce statut.
Cet embarras à l’international est aussi le résultat du froid qui s’installe entre Faure Gnassingbé et ses pairs, particulièrement ceux de la sous-région. D’une manière générale, les chefs d’Etat n’ont pas apprécié au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) la livraison aux autorités burkinabè de l’ancien chef d’Etat du Burkina Faso, Paul Henri Dambia, dans des conditions très contestables. Le Togo avait pourtant délibérément accepté de l’accueillir dans sa fuite. Cet embarras est aussi la conséquence du positionnement ambigu du Togo entre, d’un côté, la CEDEAO, et de l’autre, l’Alliance des Etats du Sal (AES).
Faure Gnassingbé cherche donc une solution pour redorer son blason à l’international, afin de retrouver la bienveillance dont il bénéficiait. Pour sortir du désordre institutionnel dans lequel il patauge, Faure Gnassingbé envisage alors de répéter le vieux scénario de 2005.
De quoi s’agit-il ?
Après le décès de son père, Gnassingbé Eyadéma, lorsque Faure Gnassingbé a pris la succession par un coup d’Etat militaire, il a été confronté à une levée de bouclier des Togolais et à la pression de l’international. Il a alors mis en place un stratagème pour sortir de cette situation.
Faure Gnassingbé a commencé par quitter le pouvoir en mettant un homme de paille comme président intérimaire, en violation de la Constitution en vigueur. Ensuite, il a organisé une élection calamiteuse et s’est octroyé la victoire, afin de se donner une légitimité frauduleuse. Ce scénario a provoqué plus d’un
millier de morts dans la crise post-électorale. La CEDEAO et la communauté ont fermé les yeux sur cette entourloupe politique et ce massacre.
Aujourd’hui Faure Gnassingbé est aux abois et il pense que ce qui a fonctionné pour lui il y a plus de 20 ans, peut le sauver encore. Mais il se trompe lourdement.
Les informations qui nous parviennent avec insistance sont inquiétantes. Elles indiquent que le régime planifie de s’engager dans le stratagème suivant :
· lancer un dialogue avec des acteurs choisis dans l’opposition, afin d’entériner les décisions déjà prises dans le stratagème conçu par le pouvoir, au sein du Cadre Permanent de Concertation (CPC) ou dans un autre cadre ;
· annoncer que le dialogue a décidé d’une révision de la Constitution qui exigera que le président du conseil soit un député, une manière de faire croire que le pouvoir est à l’écoute de son opposition et a assoupli sa position ;
· faire adopter cette révision constitutionnelle par les députés ;
· dissoudre l’Assemblée nationale et organiser des élections législatives frauduleuses ;
· faire de Faure Gnassingbé un député, puis président du conseil des ministres ;
· il pourra alors se prévaloir à l’international d’une légitimité populaire frauduleuse ;
· le chef de l’Exécutif prendra le titre de président du conseil de la République.
Pour préparer la mise en œuvre de ce scénario machiavélique, une campagne est lancée. La diplomatie est déjà en œuvre et les universitaires sont en mission pour présenter la Constitution de leur Vème République comme une innovation renforçant la démocratie avec des « richesses insoupçonnées. »
Parallèlement, les discussions d’intérêts partisans sont en cours au CPC. Un organe mis en place en 2022, après la spoliation de la victoire d’Agbéyomé Kodjo à l’élection présidentielle de 2020, pour traiter les questions électorales. Les disputes portent essentiellement sur la répartition des places au sein de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). La belle affaire pour certains. Pourquoi mettre en place présentement une nouvelle CENI, alors qu’il n’y a pas d’élection avant 4 ans, en principe.
Aux partis présents au CPC, le pouvoir envisage d’ajouter d’autres acteurs de l’opposition et de la société civile pour renforcer l’assiette de ce dialogue de dupes, avec une illusion de large consensus.
Mais le régime oublie que les Togolais ont changé en deux décennies. La jeunesse actuelle n’est pas celle de 2005, et elle n’est pas prête à accepter que son avenir soit hypothéqué sous une dictature. Elle ne se laissera pas faire.
Appel patriotique
Nous lançons un appel patriotique à toutes les Togolaises et à tous les Togolais pour une mobilisation générale, afin d’exiger :
1. la libération de tous les détenus politiques. Les jeunes libérés récemment sont malades, traumatisés, sans emploi, chassés de leur domicile par les propriétaires. C’est inacceptable. Tous les détenus politiques ont droit à une réparation des préjudices subis ;
2. le retour de tous les exilés ;
1. la fin de la dictature ;
2. d’aboutir à une transition politique pour refonder la Nation ;
3. d’avoir une transition qui relance la dynamique de la cohésion nationale et du vivre-ensemble harmonieux ;
4. d’avoir une transition qui remette le Togo sur les rails des libertés et de la démocratie ;
5. d’avoir un Togo qui respecte et protège tous ses citoyens ;
6. d’avoir un Togo qui offre les mêmes opportunités à toutes ses filles et tous ses fils, sans exclusion ;
7. d’avoir un Togo bien intégré dans l’organisation communautaire pour défendre la CEDEAO des peuples ;
8. d’avoir un Togo qui respecte ses engagements internationaux.
Pour y arriver, il faut un sursaut citoyen
Nous devons organiser un mouvement d’ensemble pour terminer la lutte réactivée le 19 août 2017 par le PNP, portée par la C14 avec les grandes manifestations, après les mobilisations du CST en 2012.
En relançant ensemble la dynamique amorcée le 6 juin 2025 par le M66.
En faisant travailler ensemble, toutes les forces politiques et de la société civile sur le terrain et celles dans la diaspora.
C’est pourquoi nous, signataires de cette déclaration adressons cet appel solennel à toutes les Togolaises et à tous les Togolais de rester vigilants, et surtout de rester à l’écoute des mots d’ordre qui seront lancés dans très peu de temps pour des actions conjointes à nos organisations, et à toutes les forces restées loyales à la lutte, tant sur le terrain que dans la diaspora.
« Un peuple qui reste silencieux devant l’injustice est complice de sa propre servitude. Aujourd’hui, refusons d’être complices. »
Pour la DMK – ORIGINALE Dynamique Monseigneur Kpodzro
Thomas Kokou NSOUKPOE
Superviseur Général
Pour la DMP, Dynamique pour la Majorité du Peuple
Sambiri TARGONE
Coordonnateur
Pour le LDP, Lumière pour le Développement dans la Paix
Tchagnaou OURO-AKPO
Président
Pour le front « Touche Pas A Ma Constitution »
Nathaniel OLYMPIO
Premier Porte-Parole
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L’Assemblée nationale togolaise a adopté, mardi 10 mars 2026, une nouvelle loi destinée à encadrer et moderniser le secteur de la microfinance au Togo. Le texte, composé de 174 articles, vise à améliorer la gouvernance des institutions de microfinance, renforcer la protection des déposants et favoriser une meilleure inclusion financière.
Cette réforme intervient dans un contexte où les institutions de microfinance jouent un rôle croissant dans l’accès aux services financiers pour les populations, notamment les petits commerçants, artisans et acteurs du secteur informel.
La nouvelle loi introduit plusieurs dispositions visant à renforcer la crédibilité et la transparence du secteur. Elle impose notamment des exigences plus strictes en matière de gouvernance, de gestion et de supervision des institutions de microfinance.
Les structures opérant dans ce domaine devront désormais mettre en place des mécanismes de contrôle interne plus rigoureux, afin de garantir une gestion saine et de prévenir les dérives observées ces dernières années dans certaines institutions.
Le texte prévoit également un renforcement des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, une exigence devenue centrale dans la régulation des systèmes financiers à l’échelle internationale.
Parmi les innovations majeures de cette réforme figure l’introduction de dispositions permettant la pratique de la finance islamique dans le secteur de la microfinance. Cette option vise à diversifier les produits financiers disponibles et à élargir l’accès au financement pour certaines catégories d’acteurs économiques.
La loi adoptée par les députés togolais s’inscrit également dans une dynamique d’harmonisation régionale. Elle s’aligne sur la loi uniforme adoptée en 2023 par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui vise à moderniser le cadre juridique de la microfinance dans les pays membres.
Cette harmonisation a pour objectif de corriger les insuffisances constatées dans la gestion et le contrôle des institutions de microfinance, tout en renforçant la stabilité du secteur à l’échelle régionale.
Avec cette réforme, les autorités togolaises entendent ainsi assainir et professionnaliser davantage le secteur, afin de renforcer la confiance des usagers et de consolider le rôle de la microfinance dans le financement de l’économie locale.
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Les autorités sanitaires togolaises lancent une campagne nationale de vaccination contre la poliomyélite à la suite de la détection d’un cas confirmé le 20 février dernier à Djarkpanga, dans le district de Mô.
L’opération se déroulera en deux phases : du 12 au 14 mars 2026 pour le premier tour et du 16 au 18 avril 2026 pour le second, sur toute l’étendue du territoire national. Elle cible les enfants âgés de 0 à 59 mois qui ne sont pas vaccinés ou dont le schéma vaccinal est incomplet.
L’annonce a été faite le 9 mars à Tsévié, lors d’un briefing organisé à l’Hôtel Saint-Georges à l’intention des médias et des acteurs du système sanitaire. Des responsables de la santé du Grand-Lomé et de la région Maritime, ainsi que des inspecteurs de l’éducation, ont pris part à la rencontre afin de relayer l’information auprès des populations.
Selon les organisateurs, la campagne reposera sur une stratégie de proximité. Des équipes de vaccination effectueront des visites porte-à-porte dans les ménages, mais interviendront également dans les écoles, les marchés et d’autres lieux de rassemblement afin d’atteindre le maximum d’enfants.
Les autorités sanitaires ambitionnent de vacciner au moins 95 % des enfants ciblés. Parallèlement, les équipes mèneront une recherche active de cas de paralysie flasque aiguë (PFA) dans les communautés.
Les responsables de la santé rappellent que la poliomyélite est une maladie virale très contagieuse qui peut provoquer une paralysie irréversible, notamment chez les enfants de moins de cinq ans. En l’absence de traitement curatif, la vaccination reste le moyen le plus efficace de prévention. Ils appellent donc les parents à faire vacciner leurs enfants et à respecter les mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains.
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Le Togo est en deuil. Le Dr Pascal Edoh Agbové, figure engagée dans les domaines de la décentralisation, de l’entrepreneuriat et du développement local, est décédé ce mardi 10 mars 2026 à la suite d’un malaise. Il s’est éteint au CHU Sylvanus Olympio.
La triste nouvelle a été rendue publique sur la plateforme WhatsApp « L’Éclaireur », un espace d’échanges qu’il avait lui-même créé et administré. Dans un message publié par les membres de la plateforme, la communauté a exprimé sa profonde douleur face à cette disparition.
« C’est avec une grande tristesse que nous annonçons le décès du Docteur Pascal Edoh Agbové, Président de la FONGTO, Directeur exécutif de l’ONG IJD, Directeur du cabinet SIM-Afrique, expert en entrepreneuriat, en décentralisation et en développement local. Il nous a quittés ce 10 mars 2026 au CHU Sylvanus Olympio », indique le message.
Avec sa disparition, le pays perd une personnalité fortement engagée dans la promotion du développement à la base et de la gouvernance locale. Tout au long de son parcours, Pascal Edoh Agbové s’est distingué par son sens du devoir, son dévouement et sa volonté de contribuer activement à l’essor socio-économique du Togo.
Entrepreneur et expert reconnu, il occupait plusieurs responsabilités importantes. Il était notamment directeur exécutif de l’ONG IJD, directeur général de l’Institut de formation et d’appui aux initiatives des jeunes (IFAID), directeur général du cabinet SIM-Afrique et directeur pays du Global Entrepreneurship Network au Togo.
Très impliqué dans la promotion de la décentralisation et du développement économique local, il était également à l’origine d’initiatives majeures telles que la Nuit de la décentralisation et le Festival international du développement économique local (FIDEL).
Par son engagement constant et ses nombreuses initiatives, Pascal Edoh Agbové laisse l’image d’un homme profondément attaché au progrès et à la transformation de sa communauté. Sa disparition constitue une perte importante pour les acteurs du développement et pour le Togo tout entier.
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Fixer et respecter une heure de rendez-vous de travail, de réunion, de fête, d’obsèques ou autres, relève de la gageure dans nos sociétés modernes africaines. Je me suis souvent posé la question: pourquoi le retard systématique est-il devenu une norme ? Sommes-nous tarés ? Évidemment non.
Lorsqu’il est question d’intérêts personnels, les gens ne sont jamais en retard. Aux examens d’État, les candidats sont ponctuels sous peine d’interdiction de pénétrer dans la salle d’examens. Aux rendez-vous pour se faire offrir de l’argent, pas une seule minute de retard. C’est souvent une heure après l’heure fixée que se pointent la moitié des personnes concernées par un rendez-vous, une réunion. Certains je-m’en-foutistes n’arrivent que 15 minutes avant la fin de la réunion. C’est aussi le cas de certains journalistes qui ne débarquent qu’à la fin des conférences de presse des partis politiques et des ONG pour se gaver d’amuse-gueule et de boissons, et mendier 5 mille francs de transport.
Mon propos ne s’adresse pas au monde paysan auquel échappe encore la notion d’heure en tant que coupure artificielle d’une journée. Ne sont pris en compte que les grands moments de la journée: la matinée, le zénith, l’après-midi et la soirée. Je m’adresse aux citadins instruits à l’école occidentale.
De prime abord, en dehors de toutes autres considérations, il s’agit d’un manque total de respect vis-à-vis des autres protagonistes ou de la personne invitante. Apparemment, se montrer mal élevé et indiscipliné ne semble plus faire honte à personne.
Chez les universitaires, le refus de la ponctualité est une catastrophe. Il y a une dizaine d’années, lorsque l’Université de Kara envoyait des cars à Lomé, au Lycée de Tokoin, afin de transporter des enseignants de l’Université de Lomé pour des missions d’enseignement à Kara, face au désordre, l’heure du départ fixée à 7 heures, fut reportée à 7 heures 30. Peu après le départ, le chauffeur était assailli d’appels d’enseignants qui exigeaient de les attendre. Les moins indisciplinés arrêtaient le car au niveau de la Colombe de la Paix. Les autres dans la banlieue nord de la capitale où on devait les attendre. Ils prétendaient qu’ils rattraperaient le véhicule dans deux ou trois minutes. Au bout de cinq minutes, ils n’étaient pas là. J’exigeai alors le départ immédiat du car sinon je descendai et renonçai à ma mission en rendant le chauffeur responsable. Comme, souvent, les chauffeurs avaient peur du rapport que ces enseignants indisciplinés feraient contre eux à la hiérarchie, je leur enjoignai de dire que j’étais le responsable du refus de les attendre, au cas où ils auraient des plaintes à formuler. Une fois même, ce fut à Tsévié, à 30 km de Lomé qu’un appel d’un retardataire parvint au chauffeur ! Quand de tels cas d’indiscipline notoire survenaient, à mon grand étonnement, des enseignants présents se félicitaient de ma présence dans le car, parce qu’ils n’auraient pas osé, eux, protester. Hélas !
Deux anecdotes.
Premier anecdote. Invité par un ami mahométan à déjeuner à midi pour fêter la tabaski, un gourmand ne voulut rien manger par précaution avant de se rendre à 13 heures à l’invitation dans l’espoir de bien se remplir l’estomac. Il retourna à son domicile à 14 heures pour manger. Explication: c’est seulement à 14 heures que le mouton fut traîné sur pattes pour être abattu et dépecé ! Les invités, au mieux, ne mangeraient pas avant 16 heures !
Deuxième anecdote. Un jeune homme invita sa copine à un bar pour y prendre un pot. Une heure après l’heure du rancart, celle-ci se pointa et croyant que son amant était en retard, commanda plein de choses à boire et à manger. Après une heure de bombance, elle s’étonna du retard du mec et l’appela pour s’entendre dire qu’elle avait été attendue en vain et qu’il était rentré à la maison après une heure d’attente. Face au refus du mec de retourner au bar, elle exigea qu’il vînt pour payer l’addition et son transport de retour, car elle n’avait pas un sou en poche. Avait-elle fini son après-midi au commissariat de police ? Le mec n’en sut rien, car il avait rompu leur amourette sur-le-champ.
Au niveau des spectacles, c’est encore pire. Une représentation théâtrale programmée pour 19 heures peut facilement débuter à 20 heures 30. C’est à 19 heures que se fait la mise en place du décor et la dernière répétition ! Quant aux shows musicaux, il faut prendre son mal en patience. À l’heure dite, les appareils ne sont même pas encore branchés. Ensuite, la balance sonore et autres essais s’effectuent devant le public. C’est au minimum deux heures plus tard que les zozos daignent se présenter devant le public. Pauvre public ! La petite vedette, quand il y en a une, c’est avec quatre heures de retard qu’elle se présente, avec toute sa mauvaise éducation, devant le public !
Faut-il parler de certains ministres ? Souvent sollicités pour “ouvrir” ou “clôturer” des séminaires en tous genres, leurs retards bloquent le programme des activités et des journalistes qui doivent rendre compte de l’évènement. Quand ils sont polis, c’est une heure de retard. Ne savent-ils pas que la ponctualité est la politesse des grands, comme le dit l’adage ? Et les chefs de service de l’administration d’État qui ne respectent jamais les heures d’ouverture de leur administration ? Ils vont au boulot quand ils veulent et tant pis pour ceux qui ont besoin d’une signature ou d’un document urgent.
Que faut-il en conclure ?
Il appert que la notion de ponctualité qui ne fait pas l’objet d’une sanction, doit être intégrée dans l’éducation, car c’est un facteur important du vivre-ensemble. Quand aucune réunion ne peut débuter à l’heure, aucun rendez-vous respecter, il y a là un grave problème d’impolitesse, d’irrespect dont les fautifs ne sont même pas concients. La culture du retard est une calamité sociale comme on peut le constater auprès de nombre d’Africains de la diaspora. En effet, de retour au pays, le problème du retard semble s’être aggravé avec eux malgré leur long séjour en Occident où règne une culture plus respectueuse de la ponctualité et de la discipline. Toute une vie passée en Occident ne leur a rien appris sur la discipline et la ponctualité. Grave ! La situation est si inquiétante que la ponctualité tend même à devenir une tare dans nos pays. Une société qui aspire au développement doit comprendre que le développement est aussi une forme d’organisation et de discipline. Quand ses élites sont si indisciplinées, la fin du sous-développement n’est pas pour demain.
Ayayi Togoata APÉDO-AMA
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Honoré ADONTUI
Le Correcteur
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Ce mardi 3 mars 2026, la sénatrice de la préfecture d’Agoè-Nyivé, Vincenzia Meyer, a une fois de plus démontré son attachement profond aux populations qui lui ont accordé leur confiance. Dans un geste salué par l’ensemble des acteurs sanitaires présents, elle a procédé à la remise de kits médicaux complets à neuf Centres Médicaux et Sociaux (CMS) de sa circonscription. La cérémonie officielle s’est tenue au CMS de Cacavéli, en présence de responsables sanitaires et administratifs de la préfecture.
Femme de terrain reconnue pour son sens aigu des réalités du quotidien, Vincenzia Meyer a su, une fois encore, transformer l’engagement politique en actes concrets. Les lots distribués comprennent des médicaments essentiels — antibiotiques (amoxicilline, ceftriaxone, métronidazole), antalgiques (paracétamol), antiparasitaires (albendazole), anti-inflammatoires (diclofénac) et solutés de perfusion (sérum glucosé 5%, chlorure de sodium 0,9%) — ainsi que des consommables médicaux courants : gants d’examen, seringues, perfuseurs, microperfuseurs, fils de suture et sparadraps. La provenance de ces intrants est dûment attestée par un devis de la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels et Génériques du Togo (CAMEG), gage de sérieux et de transparence.
Le Dr Reine Adzodo, responsable du CMS d’Adétikopé et représentante de la Directrice préfectorale de la santé, n’a pas tari d’éloges à l’égard de la sénatrice. Elle a rappelé que les CMS de la préfecture peinent souvent à couvrir l’ensemble des besoins, en particulier pour les patients démunis, et a qualifié ce don de geste « hautement social », exprimant la gratitude sincère de tout le personnel soignant envers celle qui, encore une fois, a répondu présente.
Présidente nationale du Parti BATIR et promotrice du marché moderne de Cacavéli, Vincenzia Meyer s’impose de plus en plus comme une figure incontournable du développement local au Togo. Par des actions qui touchent directement à la vie des gens, elle incarne une vision de la politique au service du peuple — une politique du concret, de la solidarité et de la dignité humaine
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En marge de la 61ᵉ session du Conseil dedroits de l’homme à Genève, une délégation togolaise composée de l’activiste Fleur Lynn, du journaliste d’investigation en exil Ferdinand Ayité et d’Abdoul Aziz Goma a mené une série de rencontres avec des représentants d’instances internationales.
Selon les initiateurs, plusieurs dossiers portant sur la situation des droits humains au Togo ont été remis « de main à main » à des responsables et membres d’organisations internationales. La démarche est présentée comme structurée et inscrite dans une dynamique de plaidoyer international.
Lors de cette séquence onusienne, Abdoul Aziz Goma, récemment libéré après plusieurs années de détention, a livré un témoignage devant des interlocuteurs internationaux, notamment Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme.
À l’issue des échanges, Fleur Lynn a salué publiquement le courage de son compatriote, estimant que son intervention a permis de porter « la voix de tout un peuple » devant les mécanismes internationaux. Elle a insisté sur le caractère non symbolique du déplacement, évoquant une stratégie visant à internationaliser les préoccupations liées aux libertés et aux droits fondamentaux au Togo.
La délégation a également souligné la dimension collective de l’initiative. Outre les trois figures mises en avant, d’autres acteurs engagés dans le plaidoyer auraient contribué à la préparation des dossiers et à l’organisation des rencontres.
Les participants affirment avoir multiplié les échanges, parfois au-delà des rendez-vous initialement programmés, qualifiant la journée de « dense, productive et stratégique ». L’objectif affiché : transformer l’indignation en actions structurées auprès des mécanismes internationaux compétents.
Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par des débats persistants autour de la situation des défenseurs des droits humains au Togo. En portant leurs préoccupations à Genève, les membres de la délégation entendent inscrire leur action dans une perspective de mémoire, de vérité et de justice, tout en sollicitant une attention accrue des instances internationales sur la situation nationale.
Aucune réaction officielle des autorités togolaises n’avait encore été enregistrée au moment de la publication.
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Aucune région du Togo n’est épargnée par les problèmes d’accès à l’eau potable et d’insalubrité. Pourtant, les partenaires économiques européens avaient depuis 2021, à travers le Fonds Européen de Développement (FED), initié le Projet d’Eau et d’Assainissement du Togo (PEAT) visant à approvisionner les populations d’eau potable. Au total plus de 4 milliards de francs CFA ont été mobilisés pour le volet « eau » de ce projet. Un audit technique des ouvrages exécutés dans le cadre dudit projet montre que les milliards de francs CFA reçus de l’Union Européenne ont servi des intérêts autres que ceux des populations.
Le Projet d’Eau et d’Assainissement du Togo (PEAT) a certainement intégré la longue liste des projets financés par les partenaires économiques du Togo et engloutis par la corruption et l’incompétence des dirigeants du pays.
Le PEAT, à l’origine, est un projet initié pour pallier aux problèmes nés dans le secteur « Eau » et « Assainissement ». Au cours de l’année 2021, les zones prioritairement ciblées sont les Chefs-lieux des Régions des plateaux et des Savanes à savoir Atakpamé et Dapaong.
L’objectif général du PEAT est de mettre en œuvre la réalisation d’investissements couvrant des adductions d’eau potable, des infrastructures d’assainissement domestique et l’amélioration de la gestion des déchets solides.
La structuration du PEAT n’était pas complexe. Le financement provient de l’Union Européenne. L’exécution des ouvrages comme des structures d’adduction d’eau potable, des canaux d’évacuation d’eau de pluie (caniveaux), latrines publiques sont confiées à des entreprises privées de BTP et des bureaux d’études comme CENTRO SA, le groupement CETA/MRJF, PFEIFFER, DECO-IC, AGECET-BTP.
Dans ce schéma, une société d’Etat au capital de 10 milliards a joué un rôle fondamental en qualité maitre d’œuvre délégué : la Société de Patrimoine Eau et Assainissement en milieu Urbain et semi-urbain (SP-EAU).
Et s’agissant d’un projet à caractère social et public, le ministère de l’Eau et de l’Hydraulique Villageoise et le ministère de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires chapeautent les travaux.
Au sein d’un Etat bien gouverné avec des dirigeants sérieux, cette structuration aurait certainement abouti à des travaux exécutés avec diligence et efficacité. Et en cas de défaillance, les responsabilités des acteurs seraient évidemment engagées.
Malheureusement, la gouvernance de Faure Gnassingbé est un nid de corruption, de détournement de fonds publics et d’impunité.
La composante « eau » du PEAT a mobilisé un montant de 462 540 230 F CFA pour Dapaong et une somme de 4 077 395 133 F CFA pour Atakpamé.
Un audit technique des ouvrages réalisés révèle que malgré la disponibilité du financement et le recrutement de maitres d’ouvrages délégués, plusieurs manquements, inéligibilités et non conformités ont été décelés.
Même si l’audit technique n’énumère pas les causes de ces manquements, il ne faut pas être un génie pour se rendre compte que les fonds mis à disposition ont été détournés à d’autres fins.
En guise d’illustration, la mission d’audit note des « désordres observés » sur les travaux de réhabilitation du barrage de Dalwak et de construction d’ouvrages de franchissement à Dapaong :
* longueur de caniveau réduite : 105 m au lieu de 120 m payés dans les décomptes reçus
* absence de dallettes sur les caniveaux neufs alors que les clauses contractuelles prévoient des caniveaux 140 x 70 cm, épaisseur 15 cm avec des dallettes dont le coût est de 130 000 F CFA par mètre linéaire.
Cela montre clairement que les entreprises ont reçu des décomptes pour des travaux qu’elles ont mal exécutés. D’où des questions évidentes : où sont passés les milliards de francs CFA décaissés par l’Union Européenne pour la réalisation de ces ouvrages censés résoudre les problèmes d’accès à l’eau potable dans ces régions ?
C’est un secret de polichinelle que le secteur des Travaux publics au Togo est totalement gangréné par la corruption à tous les niveaux. Des personnes responsables des marchés publics jusqu’aux représentants du gouvernement censés viser les procès-verbaux de réception des ouvrages, la corruption et la collusion sont devenues les normes.
Au-delà des entreprises attributaires des marchés liés au PEAT, ne convient-il pas de questionner les ministres de tutelle de ce projet notamment le ministre de l’eau et de l’hydraulique villageoise et son collègue du ministère de l’Administration territoriale ? Quelle est la responsabilité de la SP-EAU, cette société d’Etat en charge du contrôle de la grande partie des travaux ?
Quand on observe les difficultés de populations togolaises à avoir accès à l’eau potable alors qu’un projet tel que le PEAT a été pensé, financé pour pallier à ce problème, il n’y a pas de doute que la gouvernance de Faure Gnassingbé est un échec total.
A travers deux articles qui seront publiés très prochainement, la rédaction de L’Alternative exposera explicitement les détails du projet PEAT Phase 1 à Dapaong, Chef-lieu de la Région des Savanes puis à Atakpamé, Chef-lieu de la Région des Plateaux.
Source: lalternative.info
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Ricardo Agouzou, responsable de l’OPS-Afrique
Le 19 février 2025 à Lomé, les acteurs politiques se sont réunis pour la 25ᵉ session du Cadre permanent de concertation (CPC). Parmi les points inscrits à l’ordre du jour figurait une question récurrente : le statut des candidats indépendants dans le nouveau régime parlementaire. Une commission a été instituée, au même titre que celles chargées d’examiner le fonctionnement du CPC et la nature de la CENI, avec pour échéance le 27 mars.
Le débat peut paraître technique, mais il est en réalité fondamental. L’argument avancé par certains acteurs est désormais clair : l’instauration d’un régime parlementaire impliquerait que seuls les partis politiques puissent présenter des candidats aux élections. Cette affirmation mérite une analyse rigoureuse au regard de la Constitution.
L’article 4 de la Ve République togolaise dispose : « la souveraineté nationale appartient au peuple, lequel l’exerce par ses représentants et par voie de référendum. Aucune section du peuple, aucun corps de l’État ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice ». Cette disposition est structurante. Elle signifie que la légitimité politique procède exclusivement du peuple. Les partis politiques sont des instruments d’organisation de la compétition électorale ; ils ne sont pas titulaires de la souveraineté. Leur rôle est fonctionnel, non exclusif.
La Constitution précise que les partis politiques « concourent à la formation et à l’expression du suffrage ». Le terme « concourent » doit être interprété selon son sens juridique exact : participer, contribuer, prendre part. Il ne signifie ni monopoliser ni exclure. Lorsqu’un texte constitutionnel entend instaurer une exclusivité, il le formule expressément. Le monopole ne se présume pas ; il résulte d’une disposition claire et explicite. Aucune disposition de la Constitution togolaise ne réserve la présentation des candidatures aux seuls partis politiques.
Cette rédaction n’est pas une innovation. La Constitution du 14 octobre 1992 employait déjà la même formule. Sous ce régime, les candidatures indépendantes ont existé, ont été encadrées par le Code électoral et n’ont jamais été déclarées inconstitutionnelles. En matière d’interprétation constitutionnelle, la continuité rédactionnelle emporte continuité de sens, sauf volonté contraire explicitement exprimée. Aucune rupture de cette nature n’a été introduite dans le nouveau texte.
La formule selon laquelle les partis « concourent » à l’expression du suffrage est un standard du constitutionnalisme contemporain. Elle figure notamment dans la Constitution française de 1958 sans qu’il en découle une interdiction des candidatures indépendantes. Dans les régimes parlementaires établis, la reconnaissance du rôle structurant des partis n’a jamais été assimilée à un monopole.
Au Royaume-Uni, des députés indépendants siègent à la Chambre des communes aux côtés des formations partisanes. En Irlande, des membres indépendants du Dáil Éireann participent régulièrement aux équilibres parlementaires et peuvent jouer un rôle déterminant dans la formation des majorités. En Australie, des élus indépendants ont contribué à la constitution de gouvernements minoritaires tout en respectant pleinement le principe de responsabilité politique devant le Parlement. Ces expériences démontrent qu’aucun principe inhérent au régime parlementaire n’impose l’exclusivité partisane.
Un régime parlementaire se définit par la responsabilité du gouvernement devant le Parlement et par la formation de majorités politiques. Il ne se définit pas par la restriction préalable de l’accès à la candidature. Les majorités se construisent au sein de l’Assemblée après le scrutin, non par l’élimination en amont de certaines catégories de candidats.
Restreindre l’éligibilité aux seuls candidats investis par des partis reviendrait à conditionner l’exercice d’un droit civique à l’appartenance à une structure partisane. Une telle évolution constituerait une limitation substantielle des droits politiques. Dans tout État de droit, la liberté demeure le principe et la restriction l’exception. Toute limitation doit reposer sur une base constitutionnelle explicite, ce qui n’est pas le cas en l’espèce.
Le Code électoral autorise les candidatures indépendantes. Le passage à un régime parlementaire ne rend pas cette faculté automatiquement incompatible avec la Constitution. Une contradiction ne peut être retenue qu’en présence d’une disposition claire réservant la candidature aux partis politiques, disposition qui n’existe pas.
Au-delà de l’argument juridique, l’enjeu est celui du pluralisme démocratique. La démocratie représentative repose sur la diversité des offres politiques et sur la liberté de choix des électeurs. Réduire cette diversité au seul canal partisan reviendrait à restreindre l’espace d’expression citoyenne et à affaiblir la confiance dans la maturité du corps électoral.
Le débat apparaît dès lors juridiquement inopportun. Il ne procède ni d’une exigence constitutionnelle ni d’une contrainte inhérente au parlementarisme. Il introduirait, en revanche, une restriction sans base textuelle claire et ouvrirait la voie à une réduction du pluralisme politique dans un contexte déjà marqué par une forte polarisation. La démocratie représentative ne se renforce pas par l’exclusion ; elle se consolide par l’ouverture, la concurrence des idées et la confiance dans la maturité du corps électoral.
La véritable question n’est peut-être pas celle de l’exclusion des candidatures indépendantes, mais celle du désaveu croissant dont souffrent les partis politiques eux-mêmes. Tant que les formations partisanes ne seront pas assainies et ouvertes à l’émergence des compétences, la tentation des candidatures indépendantes ne fera que s’amplifie.
Ricardo Agouzou, Président de TOGO-ESPOIR
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Les députés togolais ont ouvert, mardi 24 février 2026, la première session extraordinaire de l’année, convoquée conformément à l’article 12, alinéa 3 de la Constitution de la Ve République, à la demande du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé.
Cette session s’inscrit dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, des tensions économiques internationales et des impératifs environnementaux croissants, nécessitant une réponse législative rapide et structurée.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, en présence du ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, Gilbert Bawara.
Dans son allocution, le président de l’institution parlementaire a rappelé la responsabilité des élus face aux enjeux nationaux : « Lorsque les circonstances l’exigent et que l’intérêt supérieur de la Nation appelle à une action résolue, il incombe aux représentants du peuple de répondre présent, avec dignité et responsabilité. »
Il a souligné que cette convocation illustre la « vitalité institutionnelle » et la capacité d’adaptation de la démocratie parlementaire togolaise.
L’ordre du jour comporte sept projets de loi couvrant des domaines stratégiques : sécurité nationale, gouvernance économique, inclusion financière, souveraineté monétaire et protection de l’environnement.
Les députés examineront en priorité la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes. Le président de l’Assemblée a insisté sur la nécessité de concilier fermeté sécuritaire et respect de l’État de droit.
Autre texte majeur : le projet de loi relatif à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, visant à renforcer l’arsenal juridique national et à l’aligner sur les standards internationaux.
Plusieurs textes économiques figurent également à l’agenda :
La réforme du cadre réglementaire de la microfinance pour favoriser l’inclusion financière.
Le transfert des missions du Fonds d’Appui aux Initiatives Économiques des Jeunes vers l’Agence de Développement des Très Petites et Moyennes Entreprises, afin d’optimiser l’accompagnement des jeunes entrepreneurs.
La modification du régime juridique et fiscal du gazoduc ouest-africain, un dossier stratégique pour l’attractivité énergétique et les intérêts économiques du pays.
Les députés se pencheront également sur :
Un projet de loi relatif à la répression du faux-monnayage dans l’espace UEMOA, afin de préserver la stabilité monétaire régionale.
Une loi-cadre sur l’environnement destinée à adapter la législation nationale aux défis climatiques contemporains.
Selon Komi Selom Klassou, il s’agit d’« un engagement ferme en faveur de la préservation de notre patrimoine naturel et de la promotion d’un développement durable et inclusif ».
Les travaux en commissions ont démarré dès le mercredi suivant l’ouverture, avec pour objectif d’examiner les textes au fond avant leur adoption en plénière. L’ambition affichée est d’achever l’ensemble du processus législatif avant l’ouverture de la première session ordinaire de l’année, prévue pour le premier mardi du mois d’avril.
En déclarant la session ouverte, le président de l’Assemblée nationale a placé les travaux sous le signe de l’intérêt général et de la responsabilité collective, appelant les députés à faire preuve de « collaboration et de diligence ».
Cette première session extraordinaire de 2026 apparaît ainsi comme un moment clé de l’agenda parlementaire, traduisant la volonté des institutions de répondre, dans des délais resserrés, aux exigences sécuritaires, économiques et environnementales du pays.
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Un cas de poliomyélite a été confirmé le 20 février 2026 dans le district sanitaire de Mô, dans la région Centrale du Togo. L’information a été rendue publique le 25 février par le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique, de la Couverture Sanitaire Universelle et des Assurances. Des investigations sont actuellement en cours dans la communauté afin d’identifier d’éventuels autres cas et de circonscrire rapidement la situation.
Maladie virale particulièrement contagieuse, la poliomyélite touche principalement les enfants non ou insuffisamment vaccinés. Elle se transmet par voie oro-fécale, à travers l’eau ou les aliments contaminés, mais aussi par des mains souillées. Si certaines infections passent inaperçues, la maladie peut également se manifester par une paralysie d’un ou de plusieurs membres, parfois accompagnée de fièvre, de vomissements ou de douleurs musculaires. Dans les cas les plus graves, elle peut laisser des séquelles irréversibles.
Face à cette alerte, les autorités sanitaires ont immédiatement enclenché une riposte. Celle-ci repose sur le renforcement de la vaccination de routine, l’organisation de campagnes gratuites, l’intensification de la sensibilisation sur les mesures d’hygiène et la prise en charge du cas confirmé.
Le ministre en charge de la Santé appelle les populations à la vigilance et à la responsabilité collective. Il insiste sur la nécessité de faire vacciner tous les enfants contre la poliomyélite, de se laver régulièrement les mains à l’eau propre et au savon, notamment après les selles et avant les repas, de protéger les aliments contre les mouches et la poussière, de laver soigneusement fruits et légumes, de consommer exclusivement de l’eau potable et d’utiliser systématiquement les latrines.
Les équipes sanitaires sont mobilisées à tous les niveaux pour prévenir toute propagation. Les autorités rappellent enfin que la poliomyélite, bien que grave, peut être efficacement évitée grâce à la vaccination et au strict respect des règles d’hygiène.
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Analyse du cas togolais
Qui sème la tyrannie par le fer périra sous le glaive de l’histoire ; car, la démesure du pouvoir absolu contient en son sein les germes de sa propre déchéance. La question de la longévité des régimes autoritaires constitue l’un des paradoxes les plus saillants de la science politique contemporaine. Alors que la troisième vague de démocratisation, théorisée par Samuel Huntington, semblait augurer d’une inexorable marche vers la gouvernance démocratique, force est de constater la résilience remarquable de certains régimes dictatoriaux, particulièrement sur le continent africain. Cette pérennité ne saurait s’expliquer uniquement par la coercition ; elle procède d’un arsenal sophistiqué de mécanismes institutionnels, discursifs et stratégiques visant à neutraliser tant les oppositions internes que les pressions internationales.
Le Togo offre un cas d’étude paradigmatique de cette dynamique. Depuis l’accession à l’indépendance en 1960, le pays n’a connu que deux lignées familiales au pouvoir : Sylvanus Olympio jusqu’en 1963, puis la dynastie Gnassingbé, qui règne sans discontinuité depuis le coup d’État de 1967. Faure Gnassingbé, héritier de cette dynastie, perpétue depuis 2005 un régime qui conjugue autoritarisme et façade démocratique, incarnant ce que les politologues qualifient d’« autoritarisme compétitif » ou d’« autocratie électorale ». Cette contribution se propose d’analyser, dans une perspective pluridisciplinaire, les ressorts psychologiques, politiques et stratégiques qui sous-tendent la rétention du pouvoir par les dictateurs, avant d’examiner spécifiquement les techniques de manipulation déployées par le régime togolais.
L’exercice prolongé du pouvoir autoritaire génère ce que l’on pourrait qualifier de « piège sécuritaire existentiel ». Le dictateur, ayant accumulé au fil des années un passif considérable en termes de violations des droits humains, de répression politique et de captation des ressources nationales, se trouve confronté à une équation redoutable : toute perte de pouvoir constitue potentiellement une condamnation à mort, tant au sens littéral qu’au sens de l’héritage historique. Cette réalité n’est nullement fantasmagorique ; l’histoire récente regorge d’exemples de dirigeants déchus confrontés à des poursuites judiciaires, à l’exil forcé, voire à des exécutions sommaires.
Cette conscience du risque engendre une dynamique d’auto-renforcement : plus le régime perdure, plus le coût anticipé d’une alternance s’accroît, justifiant aux yeux du dirigeant un durcissement préventif. S’instaure ainsi un cercle vicieux où la répression alimente la menace, laquelle légitime à son tour une répression accrue. Les exemples de Mouammar Kadhafi en Libye ou de Moussa Dadis Camara en Guinée illustrent tragiquement les conséquences ultimes de cette logique : l’impossibilité de négocier une sortie honorable du pouvoir transforme le maintien autoritaire en lutte existentielle.
Au-delà des considérations sécuritaires personnelles, la perpétuation dictatoriale s’inscrit dans une logique de prédation systémique. Les régimes autoritaires africains, loin de constituer des anomalies dysfonctionnelles, opèrent selon une rationalité économique spécifique, théorisée par Jean-François Bayart sous l’appellation de « politique du ventre ». Le pouvoir n’y est pas simplement un instrument de gouvernance, mais une ressource économique fondamentale, permettant l’accès privilégié aux rentes extractives (minières, pétrolières, douanières) et la distribution clientéliste des prébendes.
Cette configuration engendre une dépendance mutuelle entre le dirigeant et son réseau de soutien. Les élites cooptées – militaires, administratives, économiques – bénéficient du système de patronage et craignent, elles aussi, les conséquences d’une alternance politique qui remettrait en cause leurs privilèges. Se constitue ainsi un « bloc de pouvoir kleptocratique », pour reprendre la terminologie de Patrick Chabal et Jean-Pascal Daloz, dont la cohésion repose non sur un projet idéologique, mais sur la mutualisation des intérêts matériels. L’abandon volontaire du pouvoir signifierait pour l’ensemble de ce réseau la perte d’accès aux ressources et, potentiellement, l’exposition à des poursuites pour corruption ou détournement de fonds publics.
Il convient également d’interroger la dimension psychologique individuelle, souvent négligée par les analyses structuralistes. Nombre de dirigeants autoritaires ont internalisé une conception messianique de leur rôle historique, se percevant comme les seuls garants de la stabilité nationale, voire de l’existence même de l’État. Cette autoreprésentation, constamment réaffirmée par la propagande d’État et l’absence de contestation publique légitime, finit par acquérir une force performative : le dictateur en vient sincèrement à croire à son indispensabilité.
Cette construction identitaire s’accompagne fréquemment d’une fusion entre l’homme et l’institution, entre le leader et la nation. Renoncer au pouvoir équivaudrait alors à une forme de mutilation ontologique, à l’abandon d’une mission transcendante. Les discours des autocrates africains regorgent de références à leur « responsabilité historique », à leur « devoir envers le peuple », rhétorique qui, au-delà de sa fonction de légitimation externe, structure également leur univers cognitif interne.
L’histoire politique togolaise depuis 1963 illustre de manière exemplaire les mécanismes de perpétuation autoritaire. Le coup d’État du 13 janvier 1967, qui porta Gnassingbé Eyadéma au pouvoir, inaugura une ère de monopolisation politique sans précédent. Durant trente-huit années, Eyadéma bâtit un système de domination totale, s’appuyant sur trois piliers : un parti unique (le Rassemblement du Peuple Togolais), une armée ethnicisée favorisant les Kabyè du Nord, et un appareil sécuritaire omniprésent.
Le décès d’Eyadéma en 2005 aurait pu constituer une opportunité de transition démocratique. Au contraire, il donna lieu à un coup d’État constitutionnel minutieusement orchestré. L’armée installa immédiatement Faure Gnassingbé, fils du défunt, violant ouvertement la Constitution qui prévoyait la dévolution temporaire du pouvoir au président de l’Assemblée nationale. Face à la pression internationale, particulièrement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le régime consentit à organiser une élection présidentielle anticipée en avril 2005. Toutefois, ce scrutin, entaché d’irrégularités massives et de violences post-électorales ayant fait plusieurs centaines de morts, consacra la victoire de Faure Gnassingbé et la transmission dynastique du pouvoir.
Le régime togolais a perfectionné un ensemble de techniques visant à désamorcer toute contestation crédible. La stratégie de cooptation sélective constitue l’un de ses instruments privilégiés. Le pouvoir identifie systématiquement les figures émergentes de l’opposition et leur propose des positions gouvernementales ou parlementaires, fragmentant ainsi la cohésion du front anti-régime. Cette tactique s’est révélée particulièrement efficace lors des recompositions politiques des années 2010, où plusieurs leaders historiques de l’opposition ont rejoint la majorité présidentielle.
Parallèlement, le régime instrumentalise l’appareil judiciaire pour criminaliser la dissidence politique. Les accusations de « trouble à l’ordre public », d’« atteinte à la sûreté de l’État » ou d’« incitation à la violence » sont systématiquement brandies contre les opposants les plus virulents, permettant leur incarcération préventive ou leur exil forcé. Les ONG de défense des droits humains documentent régulièrement ces pratiques répressives, soulignant l’absence d’indépendance du pouvoir judiciaire.
Le contrôle de l’espace médiatique représente une troisième dimension cruciale de cette stratégie de neutralisation. Si le Togo compte formellement une presse pluraliste, les médias indépendants sont soumis à une intimidation constante : suspensions administratives arbitraires, poursuites judiciaires contre les journalistes critiques, menaces physiques. Les médias publics, eux, fonctionnent comme des organes de propagande gouvernementale, assurant une visibilité quasi-exclusive au parti au pouvoir. Cette asymétrie informative favorise la construction d’une opinion publique favorable au régime, particulièrement dans les zones rurales où l’accès aux sources alternatives d’information demeure limité.
L’une des manifestations les plus emblématiques de la volonté de perpétuation du régime togolais réside dans sa capacité à remodeler le cadre constitutionnel en fonction de ses besoins politiques. En 2002, sous Gnassingbé Eyadéma, une réforme constitutionnelle supprima la limitation du nombre de mandats présidentiels, permettant au dirigeant vieillissant de briguer indéfiniment sa réélection. Cette modification, adoptée par un parlement aux ordres, illustre ce que Tom Ginsburg et Alberto Simpser qualifient d’« autoritarisme constitutionnel » : l’utilisation des procédures formellement démocratiques pour verrouiller le système politique.
Plus récemment, en mai 2024, le régime de Faure Gnassingbé entreprit une nouvelle réforme constitutionnelle visant à instaurer un système parlementaire. Cette modification, présentée comme une avancée démocratique, dissimulait en réalité un objectif de contournement de la limitation des mandats : en transformant le régime présidentiel en régime parlementaire, elle ouvrait la voie à une reconversion de Faure Gnassingbé en Premier ministre ou président du Conseil, lui permettant de conserver le pouvoir effectif au-delà de la limite formelle des mandats présidentiels. Face à la mobilisation populaire et aux pressions internationales, cette réforme fut temporairement suspendue, mais elle révèle la créativité institutionnelle du régime dans sa quête de pérennité.
A. Le « théâtre démocratique » : simulacre électoral et mise en scène de la pluralité
Le régime togolais a parfaitement assimilé les codes de la respectabilité démocratique internationale. Depuis la fin de la Guerre froide et l’émergence du paradigme de la « bonne gouvernance » comme conditionnalité de l’aide au développement, les régimes autoritaires africains ont dû adapter leurs stratégies de légitimation. L’organisation d’élections régulières, même truquées, est devenue un impératif de façade permettant de maintenir les flux d’aide internationale et d’éviter l’isolement diplomatique.
Le Togo organise ainsi, depuis 1993, des élections présidentielles et législatives pluralistes en apparence. Toutefois, ces scrutins sont systématiquement entachés d’irrégularités substantielles : révision électorale partiale favorisant le parti au pouvoir, opacité du processus de dépouillement, mobilisation de l’administration territoriale au service du candidat officiel, intimidation des électeurs dans les fiefs de l’opposition. Les missions d’observation électorale internationales, bien que relevant ces dysfonctionnements, tendent à adopter une posture diplomatique, évitant de récuser totalement la légitimité des scrutins pour ne pas déstabiliser le pays.
Cette complaisance relative s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, les bailleurs de fonds et les organisations régionales privilégient la stabilité politique à la rupture démocratique, craignant qu’une déstabilisation du Togo n’engendre un chaos régional. D’autre part, le régime togolais a su se positionner comme un partenaire sécuritaire fiable dans la lutte contre le djihadisme sahélien, dimension qui, dans le contexte géopolitique actuel, lui confère un capital de légitimité auprès des puissances occidentales, particulièrement la France et les États-Unis.
B. La diplomatie économique et l’instrumentalisation de la dépendance
Le régime togolais déploie également une stratégie sophistiquée d’insertion dans les réseaux économiques internationaux visant à créer des interdépendances qui découragent les sanctions. Le port autonome de Lomé constitue un hub logistique majeur pour les pays enclavés du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger), générant des revenus substantiels et conférant au Togo une importance stratégique régionale. Toute déstabilisation politique du pays aurait des répercussions économiques sur l’ensemble de la sous-région, argument régulièrement mobilisé pour dissuader les interventions extérieures.
Par ailleurs, le régime cultive une image de « bon élève » des institutions financières internationales, mettant en œuvre avec zèle les programmes d’ajustement structurel et les réformes néolibérales prescrites par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Cette docilité économique lui vaut les éloges des bailleurs de fonds, créant un contraste cognitif avec les critiques relatives à la gouvernance politique. Les organisations financières internationales, focalisées sur les indicateurs macroéconomiques et les réformes sectorielles, tendent à minimiser les défaillances démocratiques tant que la « discipline budgétaire » est respectée.
Face aux critiques internationales, le régime togolais mobilise habilement le registre de la souveraineté nationale et de la non-ingérence, principes fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (devenue Union Africaine). Toute pression extérieure en faveur de réformes démocratiques est dénoncée comme une forme de « néocolonialisme », une tentative de déstabilisation orchestrée par des puissances étrangères désireuses de maintenir l’Afrique dans un état de tutelle perpétuelle.
Cette rhétorique trouve un écho favorable au sein de certains segments de l’opinion publique africaine et internationale, encore marqués par l’héritage colonial et soucieux de préserver l’autodétermination des peuples africains. Le régime instrumentalise ainsi les sentiments panafricanistes et anti-impérialistes pour délégitimer ses critiques, présentant l’opposition interne comme des « agents de l’étranger » et les ONG de défense des droits humains comme des « relais de l’Occident ».
Simultanément, le pouvoir togolais cultive des relations privilégiées avec d’autres régimes autoritaires, participant activement aux instances régionales et continentales où prévaut une solidarité tacite entre dirigeants partageant des pratiques gouvernementales similaires. L’Union Africaine, malgré ses déclarations de principe en faveur de la démocratie et de la gouvernance, peine à sanctionner efficacement ses membres contrevenants, tant les régimes non-démocratiques y demeurent majoritaires et solidaires.
Notons
L’analyse de la perpétuation dictatoriale, illustrée par le cas togolais, révèle un phénomène multidimensionnel irréductible à une explication monocausale. Si les ressorts psychologiques individuels – la peur des représailles, l’hubris du pouvoir, la conviction messianique – jouent indéniablement un rôle, ils s’inscrivent dans des structures politico-économiques qui rendent l’abandon volontaire du pouvoir objectivement périlleux pour le dirigeant et son entourage. La logique prédatrice de l’État patrimonial africain engendre des réseaux de dépendance mutuelle où la chute du régime menacerait l’ensemble de l’édifice clientéliste.
Le cas togolais illustre avec une acuité particulière la sophistication des stratégies de maintien au pouvoir à l’ère de la « démocratie globale ». Loin de constituer une simple dictature archaïque reposant sur la seule violence, le régime Gnassingbé déploie un autoritarisme « modernisé », conjuguant répression sélective, manipulation institutionnelle, cooptation de l’opposition et mise en scène démocratique. Cette capacité d’adaptation aux exigences formelles de la communauté internationale, sans concession substantielle sur le monopole du pouvoir, caractérise ce que les analystes nomment « l’autoritarisme hybride » ou « l’autocratie électorale ».
La manipulation de la communauté internationale, quant à elle, révèle les limites du paradigme de la conditionnalité démocratique. Les régimes autoritaires ont appris à naviguer dans l’espace des contraintes internationales, maximisant les bénéfices de la respectabilité formelle (aide au développement, légitimité diplomatique) tout en minimisant les coûts de la démocratisation substantielle. Cette stratégie n’est possible que grâce à une certaine complaisance, voire complicité tacite, des acteurs internationaux, qui privilégient souvent la stabilité à court terme et les intérêts géostratégiques ou économiques aux principes démocratiques proclamés.
L’avenir du Togo, comme celui de nombreux régimes autoritaires africains, dépendra ultimement de la capacité des forces démocratiques internes à s’organiser, à résister à la cooptation et à la répression, et à mobiliser efficacement tant l’opinion publique nationale qu’internationale. L’histoire récente du continent, des « printemps arabes » aux transitions démocratiques en Tunisie ou au Bénin, démontre que le changement demeure possible, mais qu’il requiert une conjonction exceptionnelle de facteurs : unité de l’opposition, lassitude populaire, fragilisation du régime et pression internationale cohérente. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, les mécanismes de perpétuation autoritaire continueront de prévaloir, perpétuant un système où le pouvoir, loin d’être un mandat temporaire au service du bien commun, demeure une propriété dynastique âprement défendue. Le despote qui s’élève par la terreur ne connaît d’autre chute que celle qu’il a lui-même façonnée car tout tyran qui édifie son trône sur les ruines finit toujours enseveli sous celles-ci.
Par : Ben Djagba
Salt Lake City, Utah || 10 février, 2026
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Le Togo demeure englué dans la moitié inférieure du classement mondial de la corruption. Avec un score de 32 sur 100, le pays se classe 120ᵉ sur 182 États dans l’Indice de perception de la corruption (IPC 2025) publié le 10 février 2026 par Transparency International.
Ce positionnement confirme une tendance à la stagnation. Ni progression notable, ni recul spectaculaire : le Togo reste à un niveau considéré comme préoccupant par l’ONG, qui rappelle que l’Afrique subsaharienne demeure la région la moins bien notée au monde en matière de lutte contre la corruption.
Sur le papier, la stabilité du score pourrait donner l’impression d’un équilibre. En réalité, un indice de 32/100 traduit une perception persistante d’une corruption significative, notamment dans les secteurs publics et dans certaines sphères économiques.
L’IPC ne mesure pas des faits judiciaires établis, mais la perception d’experts et d’acteurs économiques sur le niveau d’intégrité du secteur public. À ce titre, le score du Togo reflète un déficit durable de confiance, tant au niveau national qu’international.
Transparence et gouvernance : des défis structurels
Derrière ce chiffre se dessinent des problématiques récurrentes :
faiblesse des mécanismes de contrôle et de redevabilité,
lenteur ou insuffisance des poursuites judiciaires en matière de corruption,
accès limité à l’information publique,
Malgré l’existence d’organes dédiés à la lutte contre la corruption et d’annonces régulières de réformes, les résultats concrets peinent à modifier la perception globale du pays.
La corruption n’est pas qu’un indicateur statistique. Elle a des conséquences directes sur l’attractivité économique, la qualité des services publics et la confiance des citoyens envers les institutions. Dans un contexte où le Togo ambitionne de renforcer son climat des affaires et d’attirer davantage d’investissements, ce classement constitue un signal d’alerte.
La stagnation dans la zone dite « à risque » souligne la nécessité d’actions plus structurelles : renforcement de l’indépendance des organes de contrôle, protection des lanceurs d’alerte, transparence budgétaire accrue et poursuites effectives en cas de malversations.
Un score de 32 peut sembler abstrait. Pourtant, il constitue un baromètre clair : la perception de la corruption au Togo reste élevée et la confiance institutionnelle demeure fragile.
À défaut d’une amélioration tangible dans les prochaines éditions, le pays risque de voir cette stagnation se transformer en véritable handicap politique et économique.
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La Police nationale informe l’opinion publique qu’une enquête ouverte par ses services a permis d’interpeller, le 09/02/2026 au quartier AVEPOZO TROPICANA aux environs de 14 heures, les nommés ATANGANA, de nationalité camerounaise, et A. Edmond, Togolais, pour faux et usage de fausses cartes nationales d’identité togolaise.
Cette opération fait suite à des informations faisant état de l’existence d’un réseau de malfaiteurs auteurs de faux documents d’identité à partir de supports authentiques. Le mode opératoire du réseau consiste à utiliser des logiciels de traitement d’images pour modifier la photo, changer les noms et prénoms afin de reproduire la carte dont le niveau de sophistication la rend difficilement détectable par une personne non formée à la fraude documentaire.
Pour éviter les soupçons et renforcer l’apparence d’une véritable carte nationale d’identité, ils attribuent systématiquement aux usagers des noms à consonance togolaise. Les nommés ATANGANA, surpris à son lieu d’attente de livraison du faux document, et A. Edmond, un membre clé du réseau, sont actuellement à la disposition des services d’enquête pour être présentés devant les juridictions compétentes. Les investigations se poursuivent en vue du démantèlement de l’ensemble du réseau.
La Police nationale invite la population à recourir aux services étatiques en vue de se faire établir les documents d’identité, à vérifier l’authenticité de tout document en cas de doute, et à signaler toute tentative de falsification ou de proposition de faux documents. Elle réaffirme sa détermination à lutter, sans relâche, contre toute forme d’atteinte à la sécurité et à l’intégrité des documents officiels de la République.
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La Police nationale a annoncé l’interpellation de deux individus soupçonnés de vol de moto et de groupement de malfaiteurs, dans la nuit du 6 au 7 février 2026, dans les quartiers Adamavo et Kagomé à Lomé.
Les mis en cause, identifiés sous les initiales A. Tétévi et D. Yempabe, sont suspectés d’avoir dérobé une moto immatriculée TG 4728 CT au domicile d’un particulier à Adamavo. Le vol avait été commis dans la nuit du 2 au 3 février 2026.
Selon les informations communiquées par la Police nationale lors d’un point de presse, les deux individus opéraient suivant un mode bien rodé : ils s’introduisaient par escalade dans les concessions ciblées avant d’ouvrir, de l’intérieur, les portes des garages pour emporter les engins. C’est grâce au bon fonctionnement des dispositifs de vidéosurveillance installés au domicile de la victime que les enquêteurs ont pu identifier les suspects et procéder à leur arrestation.
L’enquête a également permis d’établir que la moto volée avait été cédée à la somme de 70 000 francs CFA à un ressortissant d’un pays voisin. Ce dernier est actuellement en fuite mais activement recherché par les services de sécurité.
Les deux suspects interpellés seront présentés au parquet afin de répondre des faits qui leur sont reprochés.
La Police nationale a, par ailleurs, rassuré la population quant à sa détermination à assurer la protection des personnes et des biens. Elle appelle les citoyens à faire preuve de vigilance et à renforcer leur collaboration avec les forces de défense et de sécurité afin de démanteler les réseaux criminels qui troublent la quiétude des honnêtes citoyens.
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