Le barrage de Niangdo et ses infrastructures connexes, situés dans la commune de Poa, ont été officiellement réceptionné par le gouvernement burkinabè ce mardi 27 octobre 2026. D'un coût de plus de 1,6 milliard de FCFA, l'infrastructure a été réalisée grâce à un partenariat entre le Burkina Faso, l'Inde et le Programme des nations unies pour le développement (PNUD). Elle devrait contribuer à améliorer l'accès à l'eau et à renforcer la production agricole.
Après près de 40 ans d'attente, les populations de Niangdo disposent désormais d'un barrage destiné à soutenir leurs activités agricoles et à améliorer leurs conditions de vie. La cérémonie officielle de réception a été présidée par le ministre d'État, ministre de l'agriculture, de l'eau, des ressources animales et halieutiques, représenté à l'occasion par le ministre délégué chargé des ressources animales, Amadou Dicko. La ministre déléguée chargée de la coopération, Stella Kabré/Kaboré, a également pris part à l'événement.
D'une capacité de stockage d'environ 580 000 m³ d'eau, l'ouvrage et ses infrastructures connexes ont nécessité un investissement de plus de 1,6 milliard de FCFA, financé par le gouvernement du Burkina Faso (14,2%), l'Inde (37,5%) ainsi que le PNUD et ses initiatives Nature Pledge/Funding Windows (50,3%).
Le représentant du ministre de l'agriculture a officiellement réceptionné le barrage de NiangdoParmi les infrastructures connexes, l'on peut citer un périmètre irrigué d'environ six hectares aménagé et exploité depuis déjà deux années. Le périmètre est doté de 12 puits maraîchers avec systèmes d'exhaure solaire, et de 24 bornes d'arrosage, en appui à la production en saison sèche. Des travaux d'aménagement de six hectares supplémentaires sont également en cours sur la rive gauche du barrage, à l'initiative du ministère en charge de l'agriculture et de l'eau. Le site présente par ailleurs un potentiel d'aménagement total de plus de 30 hectares.
L'infrastructure bénéficie à plus de 50 000 personnes réparties dans dix villages de la commune de Poa. En facilitant l'accès à l'eau, elle devrait également contribuer à diversifier les cultures et à accroître les revenus des producteurs, en particulier ceux des femmes et des jeunes.
Les premiers résultats de l'exploitation du périmètre irrigué témoignent déjà de ce potentiel. Au cours de la campagne agricole 2025-2026, les bénéficiaires ont en effet produit environ 11 tonnes de riz et 50 tonnes d'oignons, en plus d'autres cultures maraîchères.
En plus des aménagements hydroagricoles, une école primaire située à proximité du barrage a bénéficié de plusieurs infrastructures, notamment un système d'adduction d'eau potable, un dispositif d'éclairage solaire, des bassins piscicoles, une cuisine scolaire équipée et des blocs de latrines.
Pour le représentant résident du PNUD au Burkina Faso, Snehal Vasantlal Soneji, la réalisation du barrage concrétise un partenariat dynamique entre les différentes parties prenantes. « À Niangdo, la coopération Sud-Sud se traduit aujourd'hui par un investissement tangible au bénéfice des populations », a-t-il affirmé.
Il a également insisté sur l'importance de la maîtrise de l'eau face aux effets des changements climatiques. Selon lui, investir dans la maîtrise de l'eau, c'est investir dans la résilience, la sécurité alimentaire et l'avenir des territoires.
Snehal Vasantlal Soneji a indiqué que le PNUD entend poursuivre son accompagnement afin de faire du barrage un pôle intégré de développement local, associant agriculture irriguée, création d'opportunités économiques, autonomisation des femmes et des jeunes, ainsi que restauration des écosystèmes.
L'ambassadeur de l'Inde au Burkina Faso, Om Prakash Meena, s'est réjoui de l'aboutissement des travaux et a exprimé l'espoir que le barrage contribue à améliorer considérablement les conditions de vie des populations bénéficiaires. Pour lui, la concrétisation de ce projet constitue un exemple fort de coopération et démontre qu'un partenariat fondé sur le respect mutuel, la cocréation nationale et la responsabilité partagée peut produire des résultats concrets en matière de développement.
L'ambassadeur de l'Inde au Burkina Faso, Om Prakash Meena, a insisté sur la nécessité de préserver l'ouvrageL'ambassadeur a particulièrement insisté sur la nécessité d'assurer l'entretien de l'ouvrage pour garantir sa durabilité. « La pérennité du barrage dépendra de son entretien régulier, d'une gestion responsable de l'eau, de la protection de l'environnement et d'une forte appropriation par la communauté locale. J'encourage toutes les parties prenantes à unir leurs forces afin de préserver cet ouvrage et de garantir que ses bénéfices profitent aussi bien aux générations présentes qu'aux générations futures », a-t-il exhorté.
Six hectares ont été aménagés et exploités au cours de la saison 2025-2026Abondant dans le même sens, le représentant du ministre de l'agriculture a invité les populations bénéficiaires à veiller particulièrement à l'entretien du barrage afin de prévenir son ensablement. Amadou Dicko a également rappelé les efforts consentis par le gouvernement pour faciliter l'accès à l'eau des populations. Il a notamment évoqué l'opération de forages à prix subventionné, dont devraient bénéficier 950 personnes. Il a par ailleurs fait savoir que, dans le cadre de l'offensive agropastorale, le gouvernement s'est fixé pour objectif d'aménager 50 000 hectares de terres d'ici à octobre 2027.
Le ministre Amadou Dicko a invité les bénéficiaires à travailler pour éviter l'ensablement du barrageArmelle Ouédraogo
Lefaso.net