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Diplomacy & Defense Think Tank News

Cyberkonflikte & globale Regeln im Cyberraum

SWP - Mon, 15/06/2026 - 10:17
In dieser Folge von Rheingehäckt sprechen wir mit Dr. Alexandra Paulus von der Stiftung Wissenschaft und Politik. Wir werfen einen Blick auf aktuelle Entwicklungen rund um Cyberoperationen im Kontext globaler Konflikte – von Russland bis zum Nahen Osten – und diskutieren, welche Bedrohungen konkret auf Deutschland zukommen könnten. Außerdem geht es um Schwachstellen in digitalen Lieferketten, die Rolle staatlicher Cyberfähigkeiten und die Frage, wie widerstandsfähig unsere Systeme – bis hin zur Bundeswehr – tatsächlich sind.

Sommet sino-nord-coréen : pourquoi la Chine cherche-t-elle à renforcer son partenariat avec la Corée du Nord ?

IRIS - Sat, 13/06/2026 - 15:57

Quel état des lieux peut-on dresser de la relation sino-nord-coréenne et quels étaient les principaux enjeux (politiques, économiques, diplomatiques et sécuritaires) de cette rencontre entre Xi Jinping et Kim Jong-un ?

Cette rencontre a eu lieu les 8 et 9 juin à Pyongyang. Elle a été préparée, côté chinois, par le département des Affaires du Parti, une branche particulière des Affaires étrangères, en grande partie gérée par les services de renseignement. C’est le premier déplacement du dirigeant chinois à l’étranger depuis le début de l’année. Xi Jinping et Kim Jong-un s’étaient déjà rencontrés en présence de Vladimir Poutine le 3 septembre dernier dans une démonstration de force déployée sur la place Tiananmen, officiellement pour commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale et la victoire contre le Japon, et pour rappeler que Pyongyang ne devait pas échapper au giron chinois, au seul profit de la Russie. Les déboires de Moscou sur le front ukrainien ont scellé un rapprochement inédit entre Pyongyang et la capitale russe et, au risque d’être marginalisé, Pékin a bien compris qu’il pouvait y avoir un risque pour la Chine de se voir écarté du grand jeu en Asie du Nord-Est tandis que ses relations avec le Japon se détériorent, chaque mois davantage. Quoi qu’il en soit, Pyongyang se retrouve au centre des attentions russes et chinoises. Ce triumvirat profite des difficultés des États-Unis au Moyen-Orient pour renforcer une coopération qui porte sur la livraison d’armes nord-coréennes à la Russie en échange, vraisemblablement, d’une aide russe dans la construction de sous-marins nucléaires. Pour ce qui concerne les relations sino-coréennes, ces dernières sont désormais plus transactionnelles que hiérarchiques. Xi Jinping cherche à rééquilibrer ces relations, alors que Kim Jong-un a gagné en autonomie diplomatique et en importance sur la scène internationale. Cette visite d’État est aussi l’occasion pour Pékin de promouvoir la Corée du Nord comme destination touristique, renforçant ainsi la dépendance économique de Pyongyang envers la Chine. En somme, ce voyage est à la fois une opération de séduction envers Kim Jong-un, une tentative de réaffirmer la prééminence chinoise face à la Russie, et un moyen pour Pékin de maintenir son influence dans une région en pleine recomposition géopolitique. Signes intéressants : Xi Jinping, alors accompagné de son épouse Peng Liyuan, tout ébaudis par les chorégraphies réaliste-socialistes qui étaient offertes en l’honneur du couple présidentiel chinois, s’est montré pour la première fois avec des cheveux grisonnants et devisait avec Kim Jong-un en arborant en public une paire de lunettes. Protocolairement parlant, il s’agissait sans doute de rappeler, sur un mode à la fois paternaliste et confucéen que le dirigeant chinois gardait un ascendant sur son jeune interlocuteur nord-coréen.

Dans un contexte de rapprochement entre Moscou et Pyongyang, quels sont les objectifs poursuivis par la Chine à travers le renforcement de sa relation avec la Corée du Nord ?

La Corée du Nord a réaffirmé à plusieurs reprises que son statut de puissance nucléaire était « irréversible ». Xi Jinping, tout en louant l’amitié « invincible » entre les deux pays, acquise durant la lutte opposant le Nord au Sud de la péninsule de 1950 à 1953, a insisté sur la nécessité de la stabilité régionale. La Chine, bien que soutenant traditionnellement la dénucléarisation, semble désormais accepter le fait accompli du programme nucléaire nord-coréen, tout en cherchant à éviter une escalade des tensions. Pour Pyongyang, la réunification avec le Sud n’est plus évoquée. C’est un signe inquiétant adressé à l’encontre de Séoul. Toute tentative de réconciliation avec le « frère ennemi » semble vouée désormais à l’échec. Les relations entre la Chine et la Corée du Nord sont par ailleurs liées à des enjeux économiques d’importance, avec l’intensification des échanges aériens commerciaux et le développement des zones portuaires frontalières, celle de Dandong-Sinŭiju en particulier. Il s’agit d’un hub logistique majeur pour la Corée du Nord, utilisé pour l’importation de pétrole (et d’autres marchandises). La raffinerie de pétrole de Ponghwa, située à Sinŭiju même, traite une partie du pétrole brut importé de Chine. Le développement des infrastructures touristiques de la ville de Samjiyon a certainement été abordé. Dans cette même optique, la station de ski du Mont Masik devrait accueillir à terme un flux important de touristes chinois. Ces projets s’inscrivent dans la doctrine économique du « Byungjin » (développement parallèle de l’économie et de l’arme nucléaire) de Kim Jong-un. Rappelons que les échanges avec la Chine représentent à ce jour une part très majoritaire du commerce total de la Corée du Nord avec l’étranger. À l’inverse, la Chine aura besoin de sécuriser à terme ses points de passage autour du littoral nord-coréen afin d’emprunter la voie du pôle des Nouvelles Routes de la Soie empruntant la voie de la Sibérie.

Dans quelle mesure un renforcement de l’alliance sino-nord-coréenne pourrait-il impacter les équilibres stratégiques sur le continent asiatique ?

Il s’agit bel et bien d’une alliance en vigueur depuis la signature en 1961 d’un Traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle. En cas d’agression, la Chine se doit d’apporter une assistance militaire à la Corée du Nord, et réciproquement. Xi Jinping s’est dit, auprès de son hôte prêt à « maintenir une communication stratégique étroite et continuer à guider les relations entre la Chine et la Corée du Nord vers de nouveaux sommets », a rapporté l’agence de presse officielle chinoise Chine nouvelle. Il a ajouté que « les deux parties devraient renforcer leurs échanges diplomatiques, policiers et militaires ». Cela signifie que Pékin prend du champ vis-à-vis de Washington dans le souhait américain d’opter pour une dénucléarisation de la péninsule. Cette position s’explique par la volonté de la Chine de maintenir un État-tampon stable face aux forces américaines en Corée du Sud, et de consolider son alliance avec Pyongyang. En somme, la Chine reconnaît implicitement la Corée du Nord comme puissance nucléaire, tout en cherchant à éviter tout conflit régional qui pourrait menacer ses intérêts. Et contrairement à 2019, où Kim Jong-un espérait encore négocier avec les États-Unis via la Chine, la situation a évolué : la Corée du Nord mise désormais sur le renforcement de son arsenal nucléaire et ne cherche plus à normaliser ses relations avec Washington. Cette posture réduit les marges de manœuvre diplomatiques pour les Américains, qui doivent composer avec un bloc sino-russe plus soudé. Le Japon craint que cette alliance renforcée entre la Chine et la Corée du Nord n’encourage Pyongyang à poursuivre ses essais de missiles (dont certains ont déjà survolé le territoire japonais) et à ignorer les sanctions internationales, avec le soutien tacite de la Chine. La reprise des liaisons ferroviaires et aériennes entre les deux pays en 2026 est aussi vue comme un contournement des pressions économiques exercées par l’ONU. Enfin, la visite de Xi Jinping s’inscrit dans une dynamique où Pékin, Moscou et Pyongyang cherchent à afficher un front commun face à l’Occident, ce qui isole davantage le Japon et la Corée du Sud dans leur politique de fermeté envers la Corée du Nord qui a rappelé, dans ce contexte, que son statut de puissance nucléaire était « absolument non-négociable ». En d’autres mots, à Tokyo, la rencontre de Pyongyang est perçue comme un signal alarmant de consolidation d’un bloc sino-nord-coréen (voire sino-russo-nord-coréen), qui déstabilise l’équilibre régional et menace directement la sécurité du Japon. La question nucléaire reste le point de crispation majeur, avec un sentiment d’impuissance face à l’inaction chinoise sur ce dossier.

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Deal: was braucht es für die Unterzeichnung?

SWP - Sat, 13/06/2026 - 08:13
Fragen an Guido Steinberg, SWP

Trieste, concentré d'histoires

Le Monde Diplomatique - Fri, 12/06/2026 - 18:04
James Joyce (1882-1941) l'Irlandais y a traîné ses souliers, le romancier Italo Svevo (1861-1928) et le poète Umberto Saba (1883-1957), deux figures majeures de la modernité italienne, y sont nés et y ont toujours vécu. Trieste est un mythe littéraire, cultivé par certains auteurs contemporains, (…) / , ,

China’s Emergence as a Volumetric State

SWP - Fri, 12/06/2026 - 14:47

The Chinese leadership has implemented various official directives, plans, and poli­cies that are, step-by-step, coalescing into a comprehensive architecture of volumetric statecraft. Volumetric power integrates spaces such as the atmosphere, the deep sea, the polar regions, the (geological) subsoil, or outer space into political governance. Volumetric states develop special economic and techn(olog)ical capacities to gain control of, and even govern, these spaces. Volumetric statecraft implies the Chinese state’s willingness and capacity to integrate various policy dimensions into a set of comprehensive ecosystems. China’s 15th Five-Year Plan specifically manifests the volumetric dimension in Chinese governance. This directly impacts the type of chal­lenge that China will pose to the European Union (EU) in the coming years, and it will force the EU to adapt a volumetric strategy of its own towards China.

Un G7 pour quoi faire ?

IRIS - Fri, 12/06/2026 - 12:32

Le G7 s’ouvre le 15 juin prochain à Evian. La France en assure la présidence dans un contexte marqué par les divisions et les incertitudes. Créé en 1975 à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing en réponse à la crise économique, ce groupe des sept pays les plus industrialisés était à l’origine conçu comme un espace de dialogue informel entre alliés. Aujourd’hui, il est souvent perçu comme un club occidental en perte d’influence, où les désaccords l’emportent sur les consensus.

Cette édition est largement dominée par une question : quel sera le comportement de Donald Trump ? Entre ses désaccords avec les Européens sur l’Ukraine, son hostilité envers les institutions internationales et ses divergences sur les questions climatiques, commerciales ou technologiques, sa présence pourrait une nouvelle fois transformer le sommet en exercice d’équilibriste diplomatique.

Les dirigeants des États membres du G7 devraient notamment évoquer la guerre en Ukraine, alors que les Européens souhaitent maintenir la pression sur la Russie et poursuivre leur soutien à Kiev. Mais les divergences apparaissent également sur l’intelligence artificielle, sujet de confrontation croissante entre une Europe attachée à la régulation et une administration américaine qui défend une approche libérale sous l’influence des géants du numérique.

Les conflits au Proche-Orient et la situation en Iran figurent également parmi les dossiers susceptibles d’être abordés. Pourtant, derrière ces discussions se pose une question : le G7 est-il encore capable d’influencer le cours des événements mondiaux ou n’est-il plus qu’un symbole d’un Occident dont le poids relatif ne cesse de diminuer ?

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Points de passage stratégique en mer : quels scénarios et quels risques pour 2026 ?

IRIS - Fri, 12/06/2026 - 12:32

La fermeture du détroit d’Ormuz a mis en lumière l’importance stratégique des points de passages maritimes et a montré que leur blocage peut avoir des répercussions sur les marchés mondiaux. Cependant, ce détroit n’est pas un cas isolé : d’autres détroits et canaux jouent également un rôle déterminant dans la fluidité des échanges internationaux. Toutefois, ces passages stratégiques sont exposés à divers risques, qu’ils soient géopolitiques, tels que des tensions, des conflits et des rivalités entre États, ou climatiques, susceptibles d’interrompre la circulation maritime.

Quelles sont les normes juridiques auxquelles sont soumis ces détroits et canaux ? En quoi leur fermeture peut-elle perturber les échanges mondiaux ? Quelles sont les vulnérabilités de ces points de passages stratégiques ? Au-delà du détroit d’Ormuz, quelles pourraient être les conséquences d’un blocage d’un autre point de passage sur l’économie mondiale ?

Julia Tasse, directrice de recherche à l’IRIS et responsable du programme Océan, décrypte ces enjeux dans cette nouvelle Chronique Océan.

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China als Zeremonienmeister der Weltpolitik

SWP - Fri, 12/06/2026 - 11:53

Innerhalb weniger Tage empfing der chinesische Staats- und Parteichef Xi Jinping im Mai 2026 zunächst Donald Trump und dann Wladimir Putin. Der Machthaber aus Moskau reiste bereits zum 25. Mal seit dem Jahr 2000 in die Volksrepublik, während mit Trump erstmals seit neun Jahren wieder ein US-Präsident zum Staatsbesuch nach Peking kam. Beide Gipfeltreffen waren akribisch choreographiert. Trump und Putin bekamen die für sie wichtigen Bilder geliefert, Xi indes präsentierte sich als Zeremonienmeister der Weltpolitik. Welche Bedeutung haben solche politisch ritualisierten Inszenierungen? Inwiefern ordnen sich auf visueller Ebene die Beziehungen zwischen China, Russland und den USA? Und welche Lehren sollten Deutschland und die EU in ihrem Umgang mit Peking daraus ziehen?

Iran/États-Unis : des négociations sont-elles vraiment possibles ?

IRIS - Fri, 12/06/2026 - 10:23

Après deux mois de négociations entre l’Iran et les États-Unis, marquées par de nombreux blocages, quel bilan d’étape peut-on tirer ? Au vu des pertes subies parmi les dirigeants iraniens et des remaniements erratiques au sein du département d’État depuis le retour de Donald Trump, pensez-vous qu’il y a suffisamment de compétences des deux côtés pour parvenir à un compromis efficient ? 

Le premier constat est qu’il n’y a malheureusement pas réellement de bilan d’étape, parce que la course n’a pas vraiment commencé. Les véritables négociations ne semblent pas encore engagées. Après deux mois, aucun progrès tangible n’est observable. Il y a eu des phases d’apaisement, des phases d’échanges plus positives, puis des phases de montée des tensions, comme actuellement, avec des échanges de tirs susceptibles de s’intensifier. Cette dynamique devrait toutefois se poursuivre sous la forme d’un conflit d’intensité moyenne : des moments d’apaisement devraient alterner avec des moments de tension, y compris avec des épisodes de frappes comme aujourd’hui. L’essentiel étant que des négociations s’ouvrent et se poursuivent. Or rien ne l’indique aujourd’hui.

Quant aux capacités des parties à négocier, tant du côté iranien qu’américain, il s’agit d’un des problèmes majeurs actuels. Si les deux parties ont intérêt à avancer vers une négociation et qu’aucune ne semble la rejeter totalement, aucun progrès n’est enregistré.

Côté iranien, les dirigeants ont été décimés. Plusieurs factions doivent se coordonner pour élaborer une position commune. Cela suppose des échanges internes et des négociations entre acteurs iraniens, ce qui paraît difficile sous la menace de frappes potentiellement mortelles menées par les États-Unis ou Israël. Les autorités iraniennes sont donc désorganisées et confrontées à leurs propres modes de fonctionnement institutionnels, qui rendent difficile l’adoption d’une position unifiée. Le Guide, les Gardiens de la révolution, le gouvernement et le Majlis n’ont pas nécessairement les mêmes approches.

Côté américain, il existe davantage d’unité de position, mais celle-ci est dictée par un président dont la capacité diplomatique de négociation semble limitée. Sa grammaire est celle qui a fonctionné dans la politique intérieure américaine : invectives, positions unilatérales pouvant aller jusqu’à l’injure, revirements ou affirmations éloignées de la réalité. Ces méthodes ne fonctionnent pas dans une négociation internationale. Par ailleurs, les outils de négociation mobilisés par Washington ne semblent pas suffisamment élaborés. Les interlocuteurs apparaissent surtout comme chargés de répéter rapidement les positions présidentielles. Rien ne laisse penser qu’une véritable équipe de négociation comparable à celle qui avait travaillé à l’obtention de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA) du 14 juillet 2015 soit aujourd’hui constituée.

Des deux côtés, les capacités de négociation apparaissent donc faibles. Cela explique l’absence de progrès, sur fond de conflit d’intensité moyenne alternant phases de tension et d’accalmie. La période actuelle correspond plutôt à une phase d’intensification.

L’imposition d’un cessez-le-feu au Liban comme condition à un accord par l’Iran et la pression, assez vaine à ce jour, mise par Donald Trump sur Netanyahou pour stopper l’escalade, ne révèlent-elles pas une perte de contrôle des États-Unis sur les négociations au profit de l’Iran et des orientations désormais différentes entre Washington et Tel Aviv. 

Les orientations de Washington et de Tel-Aviv semblent effectivement en train de diverger. Au moment de l’attaque de fin février, les États-Unis ont été convaincus par Israël qu’une frappe très forte visant à décapiter l’exécutif iranien conduirait à un succès rapide. Les résultats observés montrent que cela n’a pas produit les effets attendus. Depuis, les positions tendent à s’éloigner. Benyamin Netanyahou souhaite poursuivre le combat contre l’Iran et utilise pour cela la poursuite de l’affrontement avec le principal proxy iranien au Liban, le Hezbollah. Les frappes dans le sud du Liban se poursuivent donc. Les conséquences éventuelles sur les négociations ne semblent pas constituer une préoccupation majeure pour Israël, et il est même possible que le fait que cela ait un effet négatif sur les négociations lui convienne, puisqu’il continue de poursuivre l’idée d’éradiquer le pouvoir iranien et la capacité iranienne à combattre, ce qui ne paraît pas réaliste.

Pour autant, il ne semble pas que les États-Unis aient perdu le contrôle des négociations au profit de l’Iran. Les deux parties apparaissent surtout incapables de négocier efficacement. Aucune ne prend réellement l’avantage sur l’autre. Les deux auraient intérêt à parvenir à un accord, mais les exigences restent actuellement trop élevées de part et d’autre. Cette situation est classique au début d’un processus de négociation. Il faut ensuite commencer à construire des compromis, parfois sous forme chronologique : distinguer les problèmes selon leur degré d’urgence, traiter certains sujets immédiatement, d’autres à moyen terme et d’autres encore à plus long terme.

Dans ce conflit, la réouverture du détroit et la fin du blocus des ports iraniens constituent des intérêts communs. La question devient alors celle des contreparties possibles et, surtout, de l’ouverture immédiate de négociations crédibles sur le nucléaire. Aujourd’hui, les Iraniens ne semblent pas prêts à avancer sur ce sujet, mais une position affichée aujourd’hui peut évoluer demain. C’est précisément le principe d’une négociation : faire évoluer les lignes jusqu’à identifier une ouverture possible. Pour l’instant, cela ne semble pas se produire.

Face à ces négociations qui semblent s’enliser, comment la situation pourrait-elle se débloquer selon vous ? Compte tenu des capacités d’enrichissement acquises par l’Iran, un accord pourrait-il réellement empêcher ce pays d’avancer sur l’acquisition de l’arme nucléaire ?

Un déblocage relativement rapide pourrait intervenir si un compromis était trouvé sur un séquençage des problèmes.

Dans un premier temps, les sujets considérés comme urgents devraient être traités : pérennisation du cessez-le-feu, rétablissement de la circulation dans le détroit d’Ormuz, probablement en échange d’une levée partielle des sanctions ou d’un dégel des avoirs iraniens.

En parallèle, il faudrait engager immédiatement des négociations sur le sujet central : le nucléaire. Une solution sur ce dossier ne pourra pas être trouvée rapidement. Lors des précédentes négociations, cinq années avaient été nécessaires. Trouver un compromis sur le nucléaire est indispensable, mais cela demande du temps. Le sujet comprend plusieurs dimensions, notamment la vérification des engagements des différentes parties, en particulier ceux de l’Iran. Ces mécanismes sont extrêmement techniques et nécessitent de longs mois de travail. Il faudrait donc commencer immédiatement ce travail, avec un engagement des Iraniens à geler leurs activités. Rien ne garantit toutefois qu’un tel engagement puisse être obtenu.

L’ensemble se déroule dans un contexte marqué par une certaine irrationalité. Après l’opération américaine menée avec Israël en juin 2025, il avait été affirmé que l’ensemble du dispositif nucléaire iranien avait été « obliterated », c’est-à-dire totalement annihilé. Ce n’est manifestement pas le cas. Aujourd’hui, le résultat réel des frappes sur les capacités nucléaires iraniennes reste inconnu. Il n’est pas possible de savoir quelles installations dissimulées subsistent, ce qu’il est advenu du stock d’uranium enrichi — notamment les fameux quatre cents kilos — ni dans quelle mesure les capacités iraniennes de production et d’utilisation de centrifugeuses ont progressé. Pendant les années qui ont suivi le retrait américain de l’accord en 2018, les Iraniens n’étaient plus soumis aux obligations prévues par celui-ci et ont ainsi pu poursuivre leurs activités de recherche et de progression des capacités sans les mêmes contraintes.

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National policy coherence counts for reducing inequality in Global climate and development agendas

International institutions promote policy coherence as crucial to the effective and fair implementation of global sustainability agendas, though the evidence for its benefits is slim. We present here the first systematic cross-country dataset on the consequences of national government efforts to promote policy coherence for vulnerable groups in society. We confirm that coherence is perceived to be beneficial for most groups. However, we find vulnerable groups are largely perceived to bear the brunt of incoherence, while traditionally powerful groups benefit from it in some cases. Based on these findings, we argue that coherence can play an important role in reducing inequality and ensuring countries “Leave No One Behind” in implementing climate and development goals.

National policy coherence counts for reducing inequality in Global climate and development agendas

International institutions promote policy coherence as crucial to the effective and fair implementation of global sustainability agendas, though the evidence for its benefits is slim. We present here the first systematic cross-country dataset on the consequences of national government efforts to promote policy coherence for vulnerable groups in society. We confirm that coherence is perceived to be beneficial for most groups. However, we find vulnerable groups are largely perceived to bear the brunt of incoherence, while traditionally powerful groups benefit from it in some cases. Based on these findings, we argue that coherence can play an important role in reducing inequality and ensuring countries “Leave No One Behind” in implementing climate and development goals.

National policy coherence counts for reducing inequality in Global climate and development agendas

International institutions promote policy coherence as crucial to the effective and fair implementation of global sustainability agendas, though the evidence for its benefits is slim. We present here the first systematic cross-country dataset on the consequences of national government efforts to promote policy coherence for vulnerable groups in society. We confirm that coherence is perceived to be beneficial for most groups. However, we find vulnerable groups are largely perceived to bear the brunt of incoherence, while traditionally powerful groups benefit from it in some cases. Based on these findings, we argue that coherence can play an important role in reducing inequality and ensuring countries “Leave No One Behind” in implementing climate and development goals.

A 12-target global framework for measuring drought resilience: insights from a multi-country review

Droughts are slow-onset disasters with severe environmental, economic, and social consequences, disproportionately affecting regions with limited resources and institutional capacity, which is further exacerbated by climate change and land use change. Key challenges to effective drought resilience include socioeconomic disparities, fragmented policies, financial constraints, and governance weaknesses. To address these gaps, this study develops indicators for assessing drought preparedness and resilience across different economic contexts. A review of 16 national drought and water policies produced a framework comprising 12 global targets, 45 sub-targets, and 129 indicators aligned with existing international frameworks. Indicators are organized into four thematic focus areas: (i) Fundamental Needs & Agricultural Resilience, (ii) Proactive Monitoring & Crisis Response, (iii) Ecosystem & Resource Sustainability, and (iv) Institutional Strengthening & Financial Resilience. The framework is designed to standardize best practices, improve cooperation, and guide resilience-building across diverse contexts while distilling shared dimensions of preparedness and resilience. The analysis emphasizes the role of SMART (Specific, Measurable, Achievable, Relevant, and Time-bound) indicators in proactive drought management, where governance, leadership, and evidence-based policymaking are as critical as financial and technological resources. It recommends flexible measurement tools and institutionalized assessment mechanisms to track progress and refine strategies, enabling a shift from reactive crisis response to long-term resilience, strengthening accountability and enhancing global drought preparedness.

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Marcel Fratzscher: „Die Flexibilität der EZB ist jetzt entscheidend“

Der Rat der Europäischen Zentralbank (EZB) hat heute beschlossen, den Leitzins um 25 Basispunkte anzuheben. Dazu eine Einschätzung von Marcel Fratzscher, Präsident des Deutschen Instituts für Wirtschaftsforschung (DIW Berlin):

Die EZB handelt richtig, wenn sie die Zinsen erhöht. Der starke Anstieg der Inflation infolge des Iran-Kriegs und der höheren Energiepreise zwingt sie zum Handeln. Auch wenn die EZB die Ursache dieses Preisschubs nicht bekämpfen kann, muss sie verhindern, dass die Inflationserwartungen von Unternehmen, Gewerkschaften und Finanzmärkten steigen. Es geht um das höchste Gut der EZB: ihre Glaubwürdigkeit.

Gleichzeitig ist diese Entscheidung mit erheblichen Risiken verbunden. Die Wirtschaft im Euroraum ist schwach, die deutsche Wirtschaft besonders verwundbar. Höhere Zinsen können Investitionen bremsen, Unternehmen zusätzlich belasten und das Rezessionsrisiko erhöhen. Die EZB befindet sich damit in einem echten Dilemma: Ihr Mandat verlangt Preisstabilität, die Konjunktur würde aber eher Entlastung brauchen.

Deshalb sollte die EZB vorsichtig vorgehen, sich nicht auf einen Zinspfad festlegen und sich alle Optionen offenhalten. Niemand weiß, wie lange der Iran-Krieg andauert, wie stark Energiepreise und Lieferketten belastet werden und wie die US-Notenbank reagiert. Flexibilität ist jetzt entscheidend.


Victoire électorale des forces pro-occidentales en Arménie : et maintenant ?

IRIS - Thu, 11/06/2026 - 14:37

Quel est le contexte dans lequel se sont tenues les élections législatives en Arménie ?

L’Arménie sort de plusieurs années de fortes tensions qui ont traumatisé une grande partie de la population. Cela s’explique tout d’abord par la lourde défaite militaire face à l’Azerbaïdjan en 2020, puis la reprise du Haut-Karabagh par celui-ci en 2023 qui entraina le départ de 100 000 à 120 000 Karabakhiens dont une majorité se réfugie en Arménie.

 Plus récemment, la guerre israélo-étatsunienne contre l’Iran voisine aggrave les inquiétudes, même si l’Arménie n’a pas été touchée par les combats. Les relations économiques avec la République islamique ne sont certes pas significatives – moins de 4 % des échanges –, mais c’est en l’occurrence la frontière commune qui constitue une véritable ouverture et donc un enjeu stratégique vital pour un pays enclavé dont les frontières avec la Turquie et l’Azerbaïdjan sont fermées depuis de nombreuses années.

Enfin, si un texte traçant la perspective de la signature d’un accord de paix a été validé avec l’Azerbaïdjan en août 2025 à Washington sous l’égide de Donald Trump, il n’est pour l’instant pas ratifié par les parlements arménien et azerbaïdjanais.

Dans quelle mesure la réélection de Nikol Pachinian traduit-elle la volonté de la société arménienne de se détacher de l’influence russe ? Quelles pourraient être les conséquences sur les relations bilatérales entre Erevan et Moscou ? En quoi le résultat de ce scrutin pourrait-il renforcer les perspectives de rapprochement de l’Arménie avec l’Union européenne et les États-Unis ?

Le score obtenu par le Premier ministre sortant, Nikol Pachinian, affleurant les 50 % des suffrages exprimés, traduit un indéniable soutien à la politique qu’il mène, notamment au niveau régional. Une forte défiance à l’égard de la Russie est manifeste, notamment depuis les guerres de 2020 et 2023 au cours desquelles beaucoup d’Arméniens se sont sentis trahis en raison de la non-intervention de Moscou, en dépit du rôle de protecteur qu’il prétendait incarner depuis la proclamation de l’indépendance. Cette situation a abouti au gel de la participation de l’Arménie à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), organisation politico-militaire dominée par la Russie dont font partie plusieurs États anciennement membres de l’URSS. C’est aussi pourquoi Nikol Pachinian oriente avec précaution son pays vers les puissances occidentales.

Dans ce contexte Moscou n’a pas hésité pour sa part à proférer des menaces en termes assez peu voilés, au cours des dernières semaines. Vladimir Poutine a ainsi déclaré durant la campagne électorale en Arménie que les ventes de gaz à tarif préférentiel pourraient passer au prix européen, soit environ quatre fois plus cher, si le processus de rapprochement avec l’Union européenne (UE) se poursuivait, alors qu’une loi enclenchant la procédure d’adhésion à l’UE a été votée par le parlement arménien en mars 2025. Le tropisme pro-européen existe donc à Erevan, mais c’est aussi sa relation avec les États-Unis qui inquiète la Russie.

Les accords conclus avec l’Azerbaïdjan déjà évoqués sont en effet significatifs. Non seulement ils ont fait apparaître Donald Trump comme un faiseur de réconciliation entre deux peuples depuis longtemps en guerre, ce dont il s’est largement vanté, mais surtout il a considérablement fait avancer le projet, modestement intitulé « Route Trump pour la paix internationale et la prospérité ». Si cela se concrétise, ce corridor – comportant routes, voies ferroviaires, oléoducs et gazoducs – reliera l’Azerbaïdjan à son exclave le Nakhitchevan facilitant ainsi considérablement le transit entre l’Asie centrale et l’Europe, singulièrement la Turquie, tout en contournant la Russie et l’Iran. L’influence étatsunienne s’est encore renforcée à l’occasion de la visite du vice-président J. D. Vance – une première de ce niveau en Arménie – au mois de février 2026. Plusieurs contrats ont alors été signés portant notamment sur les drones, le nucléaire civil, les puces informatiques. Cette visite se poursuivit par une étape à Bakou au cours de laquelle a été signé un accord de coopération stratégique avec l’Azerbaïdjan.

On le comprend, Moscou a quelque raison de s’inquiéter en constatant sa perte d’importance graduelle. Le résultat des élections encourage clairement Nikol Pachinian à poursuivre dans la même voie et approfondir son rapprochement avec l’Union européenne d’une part et les États-Unis d’autre part.

Nikol Pachinian a déclaré vouloir « institutionnaliser un accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ». À l’issue de cette élection et en l’absence d’une majorité au Parlement pour adopter des amendements constitutionnels, quelles sont ses marges de manœuvre quant au dossier du conflit au Haut-Karabagh ?  Doit-on s’attendre à une stabilisation des tensions dans le Caucase ou au contraire à une intensification des rivalités régionales ?

La question qui se pose désormais ne concerne plus à proprement parlé le Haut-Karabagh, puisque la quasi-totalité de ses habitants a été obligée d’en fuir en 2023 et que le territoire a désormais rejoint l’Azerbaïdjan. Ce fait a été reconnu par Nikol Pachinian lui-même – ce qui lui vaut des accusations récurrentes de trahison – mais le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, en position de force, exige des amendements dans la constitution arménienne pour retirer toute référence au Haut-Karabakh.

En tout état de cause, c’est désormais la relation directe et la normalisation entre les deux États du Caucase du Sud qui est centrale. Les cicatrices ne sont pas refermées et les défis nombreux tant les trois décennies de conflit ont engendré des haines réciproques. L’Arménie accuse par exemple l’Azerbaïdjan d’occuper illégalement 200 km2 de son territoire et le processus de délimitation des frontières n’est pas terminé. Par sa politique atlantiste et de rapprochement avec l’Union européenne Nikol Pachinian cherche à renforcer ses soutiens et continuera dans cette voie confirmant la perte d’influence russe dans la région.

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