Ce 14 février, la Chine a déclaré qu’à partir du 1er mai 2026, elle supprimera les droits de douane sur les importations en provenance de 53 pays africains, soit l’ensemble de ses partenaires diplomatiques sur le continent, à l’exception de l’Eswatini. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de Pékin visant à consolider sa position de premier partenaire économique de l’Afrique, dans un contexte de rivalité accrue avec les États-Unis et de concurrence croissante pour l’accès aux marchés et aux ressources du continent. Quels sont les intérêts économiques poursuivis par Pékin et Washington en Afrique ? Quel positionnement peut adopter l’Europe face à la rivalité sino-américaine sur le continent ? Le point avec Émilie Laffiteau, chercheuse associée à l’IRIS.
Quelles pourraient être les conséquences de cette suppression des droits de douane sur les économies et les politiques commerciales des pays du continent ?
Cette annonce intervient alors que les échanges sino-africains n’ont cessé de croître au cours des dernières années : en 2025, le commerce bilatéral a atteint environ 348 milliards de dollars. Cette progression reste toutefois marquée par un déséquilibre structurel et croissant en faveur de la Chine, les exportations chinoises vers l’Afrique dépassant largement les ventes africaines vers la Chine, ce qui s’est traduit par un déficit d’environ 102 milliards de dollars pour le continent. Pékin demeure ainsi le premier partenaire commercial de l’Afrique, représentant près d’un cinquième de ses échanges, alors que le continent ne pèse encore qu’environ 4 % du commerce extérieur chinois.
L’objectif affiché de cette mesure est d’augmenter les exportations africaines et de renforcer les liens économiques avec le continent. Elle pourrait en effet offrir une opportunité à certains pays d’accroître leurs ventes vers le marché chinois grâce aux gains de compétitivité liés à la suppression des droits de douane. Les pays disposant déjà d’une base industrielle ou agro-exportatrice — comme l’Afrique du Sud, le Maroc, le Kenya ou encore l’Éthiopie et la Tunisie — pourraient ainsi bénéficier davantage de cet accès préférentiel, ce qui contribuerait à réduire, au moins partiellement, leurs déficits commerciaux vis-à-vis de la Chine. En revanche, pour les pays dont les exportations restent dominées par des matières premières brutes, des hydrocarbures ou des produits agricoles non transformés, les effets risquent de rester limités, la demande pour ces produits étant moins sensible aux variations tarifaires (les produits extractifs sont par exemple peu taxés et leur demande dépend surtout des cours mondiaux, moins des tarifs).
Sans diversification industrielle, la suppression des droits de douane risque donc de faire perdurer un modèle d’échanges asymétrique : les exportations africaines augmenteraient en volume, mais sans transformation structurelle, tandis que les importations chinoises continueraient de croître rapidement. À moyen terme, seuls les pays capables de transformer localement leurs ressources ou de développer des secteurs industriels pourraient améliorer leur balance commerciale — des gains qui dépendront toutefois de leur capacité à répondre aux normes, à produire à grande échelle et à s’insérer dans les chaînes logistiques vers la Chine — tandis que les économies plus dépendantes des matières premières pourraient voir leurs déséquilibres persister, voire s’accentuer.
Alors que Donald Trump a imposé des droits de douane supplémentaires, variant de 10 % à 30 % selon les pays, à la quasi-totalité du continent, l’Afrique risque de se retrouver au cœur de la guerre commerciale que se livrent Washington et Pékin. Quels sont leurs intérêts économiques et stratégiques dans la région ?
La hausse des droits de douane décidée par l’administration états-unienne — avec des taux compris entre environ 10 % et 30 % pour plusieurs pays africains, notamment l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya ou encore l’Égypte selon les catégories de produits — s’inscrit dans la stratégie protectionniste globale de l’« America First », visant à réduire le déficit commercial et à relocaliser la production industrielle. Dans le même temps, les États-Unis cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en minerais stratégiques, tels que le cobalt, le cuivre ou le lithium, indispensables aux technologies vertes et aux semi-conducteurs. Cette orientation se concrétise notamment par le soutien à des projets d’infrastructures comme le corridor ferroviaire de Lobito, destiné à relier la « ceinture de cuivre » de la République démocratique du Congo et de la Zambie au port angolais de Lobito afin de faciliter l’exportation de minerais vers les chaînes de valeur occidentales.
De son côté, la Chine poursuit une stratégie double : sécuriser l’accès aux matières premières essentielles à son industrie et élargir ses débouchés commerciaux dans un marché en forte croissance de plus de 1,3 milliard d’habitants. En supprimant les droits de douane sur la quasi-totalité des importations africaines, Pékin cherche à consolider son statut de premier partenaire économique du continent tout en renforçant son influence au sein du « Sud global ». Cette politique s’inscrit dans une présence plus large, fondée sur le financement d’infrastructures, le développement de zones industrielles et des projets ferroviaires ou portuaires, souvent liés aux Nouvelles routes de la soie, à l’image de la ligne ferroviaire Addis-Abeba–Djibouti ou du port de Doraleh à Djibouti.
Longtemps marquée par des logiques d’extraction et de dépendance, l’Afrique apparaît aujourd’hui comme un théâtre de compétition géoéconomique entre Washington et Pékin. Les États-Unis privilégient la sécurisation des ressources critiques et l’endiguement de l’influence chinoise, tandis que la Chine mise sur l’intégration commerciale, les investissements et l’accès aux matières premières. Cette rivalité pourrait offrir aux pays africains une marge de manœuvre accrue pour négocier investissements, infrastructures et accès aux marchés, mais elle comporte aussi le risque de nouvelles dépendances ou de pressions politiques contradictoires, dans un contexte où les enjeux commerciaux, énergétiques et stratégiques sont étroitement imbriqués, avec parfois des logiques divergentes.
Face à cette rivalité sino-américaine, quelle place occupe l’Union européenne en matière d’échanges commerciaux avec le continent africain ? Quelles perspectives économiques pourraient se dessiner entre les deux continents face à ces deux puissances susmentionnées ?
L’Union européenne occupe une place centrale dans les échanges commerciaux africains, malgré la montée en puissance de la Chine et la pression commerciale américaine. En 2024, les échanges de biens entre l’UE et l’Afrique ont atteint environ 355 milliards d’euros, avec près de 189 milliards d’importations européennes et 165 milliards d’exportations vers le continent, soit un solde globalement excédentaire pour l’Afrique. L’UE reste ainsi un partenaire commercial stratégique, représentant environ un tiers du commerce extérieur africain. En outre, plus de 90 % des exportations africaines entrent sur le marché européen sans droits de douane grâce à plusieurs régimes préférentiels, à l’instar des accords de partenariat économique (APE) conclus avec différentes régions africaines, ce qui offre un accès commercial relativement favorable par rapport à d’autres grandes puissances.
Les échanges restent cependant structurés par un schéma qui évolue difficilement : l’Afrique exporte majoritairement des matières premières, des hydrocarbures et des produits agricoles, tandis que l’Europe exporte surtout des machines, des produits chimiques et des biens manufacturés. Ce modèle, qui présente des similitudes avec les relations commerciales du continent avec la Chine ou les États-Unis, engendre des interdépendances marquées : l’UE dépend des ressources africaines, notamment énergétiques et minières, tandis que de nombreux pays africains restent dépendants des importations industrielles européennes. En parallèle, l’Europe demeure le premier investisseur sur le continent, avec environ 239 milliards d’euros de stocks d’investissements directs étrangers (IDE) en 2023, ce qui lui confère un poids économique durable.
Face à la rivalité sino-américaine, l’Union européenne cherche à se positionner comme un partenaire intermédiaire et stabilisateur, misant sur des accords commerciaux, des investissements et des projets de transition énergétique, notamment via l’initiative Global Gateway. Lancée en 2021, elle vise à mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros d’ici 2027 pour financer des infrastructures durables, notamment en Afrique, afin de proposer une alternative aux financements chinois fondée sur des standards environnementaux et sociaux plus élevés et des partenariats avec le secteur privé. Cette stratégie pourrait offrir aux pays africains une alternative : plutôt qu’un alignement exclusif sur la Chine ou les États-Unis, ils pourraient diversifier leurs partenaires et tirer parti de la concurrence entre les grandes puissances pour obtenir de meilleurs accès aux marchés, financements et transferts technologiques. À moyen terme, les perspectives les plus favorables concernent surtout les pays capables d’intégrer les chaînes de valeur euro-africaines (énergies renouvelables, transformation agricole, minerais critiques), ce qui pourrait contribuer à rééquilibrer leurs balances commerciales et à réduire leur dépendance aux exportations de matières premières.
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Alors que l’UE s’apprête à discuter avec Washington d’un élargissement de l’accès aux données afin de préserver le régime d’exemption de visa, une élue du groupe Renew fait part de ses préoccupations. Ces négociations interviennent dans un climat de relations transatlantiques plus tendues.
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Prominent South Azerbaijani dissident journalist Ahmad Obali discussed the pivotal importance of International Mother Language Day for the South Azerbaijani people.
International Mother Language Day, observed annually on February 21, promotes linguistic and cultural diversity, as well as multilingualism, to foster inclusive societies and preserve endangered languages. Initiated by Bangladesh and proclaimed by UNESCO in November 1999, the day emphasizes the importance of mother tongue preservation and education. Every nation and ethnic group that is suppressed culturally wants to celebrate International Mother Language Day on February 21st. For South Azerbaijanis and other repressed ethnic groups in Iran, International Mother Language Day has great meaning and significance.
South Azerbaijani dissident journalist Ahmad Obali proclaimed, “Each ethnic group in Iran has their own language: Baloch, Turkmen, South Azerbaijanis, Ahwazi Arabs and Kurds. The fact that these languages are banned in schools and official communications in Iran, and none of these ethnic groups can even have a private school funded by themselves that teaches their language is a travesty. We celebrate Mother Language Day every year in South Azerbaijan, asking for the right to study in our mother tongue as it is written in Article 15 of the Iranian Constitution.”
However, Obali noted that it is a crime in Iran to demand to have the right to study and work in one’s mother tongue: “Iran is also the only known nation in the world that if people ask for the implementation of the constitution in regards to language, people can be arrested, tortured and jailed. I do not know of any other country where you can get arrested, tortured and given a long-prison sentence because one asked for the implementation of the country’s constitution. Although South Azerbaijanis make up one third of the population in Iran, there have been numerous protests asking for the implementation of the 15th article of the constitution. Most of the leaders have been arrested, such as Abbas Lesani, and been given years of jail time. Dr. Ali Reza Farshi, which is currently serving a long-term prison sentence in the South Azerbaijani city of Marand in the Islamic Republic of Iran, was arrested only for distributing children’s books in the Azerbaijani language.”
“Iran considers the right for non-Persians to learn their language in school as a national security threat and they claimed that the oppression of the non-Persian ethnic cultural rights is a service to national unity,” Obali noted, stressing that the oppression of ethnic languages has a long history in Iran. “When the old Reza Pahlavi was brought to power in 1925 due to British intervention, he declared Iran as a one-nation, one language and banned all non-Persian languages in official communications, schools, newspapers and so forth. When he was overthrown due to his sympathy for Hitler during World War II, his son Muhammed Reza Pahalivi was brought to power a little after and he continued the same oppressive policy until 1979. When he was deposed by Ayatollah Khomeini, there was a nation-wide belief that since Khomeini’s regime is Islamist, they would not be repressive on cultural and ethnic issues, but interestingly enough, not only did the Islamic Republic of Iran continue the same policy, but they have enforced it harder than Pahlavi.”
“Just a couple of years ago, the Iranian government passed a law that stated that the kindergarteners in non-Persian areas must pass a Farsi language exam before they start in any school,” Obali noted. “If they fail the exam, they would be sent to a special school that is set up for children with mental issues. This forced families in South Azerbaijan and other parts of the country to teach their children Farsi before they could learn their own mother tongue.”
Linguistic oppression also affects South Azerbaijanis in their dealings with the Iranian judiciary. According to Iran Human Rights, “Ethnic regions such as South Azerbaijan are overrepresented in the women’s death penalty cases.” Human Rights Watch also reported that ethnic minorities are disproportionately targeted for the death penalty in Iran, generally speaking.
The case of Sakineh Mohammadi Ashtaini is a case in point. Because of her lack of understanding of Farsi, she was sentenced to death for something that would not even be punishable in any court of law in any democratic society. If there was not an international uproar, she could have been executed. As Obali noted, “She could not understand the language of the court in Tabriz, which is 100 percent Azerbaijani populated city. She was charged with adultery, but she did not commit any crime. She just signed a paper not knowing that she was signing off on her own death sentence.”
According to Obali, “Most South Azerbaijanis today because of Iranian policy do not know how to write in their own language or officially communicate. When I was going to school before the 1979 Islamic takeover, I was beaten by the teacher and fined monetarily because I spoke with my classmates in my own language in the class. I was literally punished in a humiliating manner in front of the whole class, just for speaking in my mother tongue. They were forcing us not to speak our mother tongue in class, even though all of the students and the teacher himself were South Azerbaijani. This was an official government made to all of the schools in Iran. Additionally, official instructions were given to mix Persian words with Azerbaijani language as much as possible, so even if it is spoken, it is almost like a different language for it is mixed so much.”
“100 years of essentially cultural suppression, persecution and oppression of the Azerbaijani language in Iran has resulted in many South Azerbaijanis to be assimilated into Persian culture and language,” Obali emphasized. “In other words, there is a cultural genocide going on against non-Persians in Iran, otherwise known as linguicide. This crime against humanity is overlooked, unfortunately, by most democratic nations in the West,” even though minority rights is highly respected in these countries domestically.
Obali noted that while the mullahs in Iran refer to Israel as the “little Satan” and have been calling for the destruction of Israel for 47 years, “Arabs in Israel can study in their own language and work in their own mother tongue. Arabic is one of the official languages of the State of Israel. All children in Israel, including Jewish children, study Arabic in school, as it is mandatory for all Israelis to have a basic understanding of such a significant minority language. On the Israeli trains and buses, signs are written in Hebrew, Arabic and English. The same for street signs.” Obali noted that South Azerbaijanis can only dream of their language getting the same respect from the Iranian authorities that Arabic receives in the State of Israel.
As a South Azerbaijani immigrant to the United States, Obali stated that he found American society to be more accepting of the Azerbaijani language than Iranian society: “Immigrants from South Azerbaijan to the United States can set up a special school to teach Azerbaijani language to their children. There are Azerbaijani language courses in many colleges in America. We can set up radio, television and newspapers in Azerbaijani language as well, while all of this is forbidden in Iran. The only radio and television station in Azerbaijani language in Iran must use 60 percent non-Azerbaijani words, known among South Azerbaijanis as Farzari. We ask the free nations of the world to help ethnic minorities to save their mother language and culture.”
Le gouvernement français entend rassembler des travaux scientifiques sur les effets de l’intelligence artificielle chez les mineurs. L’annonce a été faite mercredi 18 février par la ministre du Numérique, Anne Le Hénanff, en marge d’un sommet mondial consacré à l’IA à New Delhi, en Inde.
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L’Algérie a enregistré en février 2026 l’un des prix essence Algérie les plus bas en Afrique et dans le monde. Selon des données récentes, le […]
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The exchange will centre on the Council of Europe Commissioner for Human Rights' report 'Externalised asylum and migration policies and human rights law', as Commissioner Michael O'Flaherty will outline the human rights implications of externalised asylum and return arrangements, including risks to core safeguards, accountability gaps and compliance with non-refoulement.
Against the background of intensifying cooperation with third countries, Jonas Grimheden, Frontex Fundamental Rights Officer, will address how fundamental rights compliance is monitored in Frontex operations and partnerships, while Samira Bouslama, Senior Human Rights Officer at the United Nations Support Mission in Libya, will present findings on the human rights consequences of interceptions and returns to Libya.
Au moins 12 cas de choléra et 14 cas de Mpox ont été signalés ces derniers jours dans le village de Bolila, situé dans le territoire de Basoko, à 285 km de Kisangani, en aval du fleuve Congo.
Selon des sources locales, qui tirent la sonnette d’alarme, la situation constitue une « urgence sanitaire préoccupante ».
Le tribunal criminel de première instance de Dar El-Beïda a prononcé une peine de 20 ans de prison ferme à l’encontre de l’accusé détenu « […]
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Des pays européens tels que l'Allemagne commencent à se tourner vers d'autres pays que les États-Unis pour leur protection nucléaire.
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