Une simple formalité pour Sébastien Lecornu, avant de grandes complications ? Le Premier ministre a poursuivi ce lundi ses consultations après l’échec de la commission mixte paritaire sur le budget 2026. Ce conclave de députés et sénateurs a échoué à se mettre d’accord sur un texte commun, poussant le gouvernement à présenter une loi spéciale. Mais qu’est-ce que ce texte ? Le Parisien fait le point.
Un « outil pratique » qui « ne remplace pas le budget »La loi spéciale permet d’éviter à l’exécutif la catastrophe d’un « shutdown » à l’américaine. Aux États-Unis, lorsque le budget n’est pas voté, les agences fédérales s’arrêtent et les fonctionnaires ne sont pas payés. En France, le gouvernement peut assurer la continuité de l’État par le vote d’un texte assez court, composé de trois articles.
Le premier autorise à l’État de percevoir les impôts existants et ressources publiques nécessaires au financement des dépenses publiques essentielles. Le second lui permet de flécher des recettes vers les collectivités territoriales et le troisième l’autorise à emprunter sur les marchés… Le temps de l’adoption d’un nouveau projet de loi de finances.
Si elle permet d’éviter le chaos, la loi spéciale va coûter cher. Début 2025, le coût des six semaines passées sous ce régime avait été estimé à 12 milliards d’euros.
« Cette loi ne remplace pas le budget », assure le gouvernement. « C’est le service minimum », résumait ce week-end sur BFMTV la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.
« La loi spéciale, ce n’est pas le psychodrame », expliquait de son côté le rapporteur général du budget, le député LR Philippe Juvin, au Parisien dimanche. « C’est un outil pratique (…) Il faut l’utiliser pour ce qu’elle est : un raccord entre le 31 décembre et le moment où l’on aura un budget », plaidait-il.
Une adoption dès ce mardi…En décembre 2024, la loi spéciale présentée après la motion de censure responsable de la chute de Michel Barnier avait obtenu l’unanimité des voix à l’Assemblée nationale et au Sénat. Un scénario identique se dessine pour cette semaine. Même si, une nouvelle fois, les insoumis s’abstiendront, a fait savoir le président LFI de la commission des finances Éric Coquerel.
À l’inverse du gouvernement, le député de Seine-Saint-Denis estime que ce texte « est un budget » et n’est donc pas neutre politiquement. « Vous reproduisez les recettes de l’année précédente. Et les décrets décident des dépenses. Et le texte dit que ce sont les dépenses indispensables » qui sont autorisées, « mais c’est très subjectif. Ça peut avoir une définition très large », note le député sur RTL. En 2024, souligne-t-il, l’exécutif avait opté pour « des dépenses les plus limitées possibles ».
La présentation de la loi spéciale en Conseil des ministres aura lieu ce lundi à 19h30, après le retour d’Emmanuel Macron d’Abou Dhabi. Le ministre de l’Économie Roland Lescure et Amélie de Montchalin seront auditionnés dans la foulée à l’Assemblée nationale, avant de répondre aux questions des sénateurs le lendemain.
Auprès du Parisien, une source gouvernementale confirme que l’adoption du texte est attendue dans la journée du mardi 23 décembre. L’Assemblée nationale devrait d’abord voter dans l’après-midi, avant le Sénat en fin de journée. L’examen express du texte pourrait donc durer, montre en main, moins de 24 heures.
Avant un 49.3 en janvier ?Une fois la loi spéciale adoptée, les parlementaires pourront partir en vacances avant leur rentrée, prévue le lundi 5 janvier. Et d’ici le 31 décembre, Emmanuel Macron promulguera le texte. Mais en coulisses, entre Noël et la Saint-Sylvestre, les négociations pour tenter de trouver un « compromis » entre les différentes forces politiques devraient se poursuivre.
Le gouvernement veut en effet que la France se dote d’un budget d’ici « la fin » du mois de janvier. Un nouveau projet de loi de finances sera donc présenté par le Parlement dans les prochains jours. Selon Amélie de Montchalin, le texte contiendra « quelques hausses d’impôts ».
Pourra-t-il être voté, après l’échec du premier budget Lecornu ? Pour s’assurer de son adoption, Philippe Juvin a demandé ce lundi au Premier ministre « d’activer » le 49.3. Sans cette arme constitutionnelle, selon lui, le Parlement repartira pour des semaines de débats, sans être sûr de trouver une majorité.
« Mon souhait c’est qu’on prenne le texte du Sénat, nous l’amendons de manière collective (…). Le Premier ministre en fait sa copie et il pourrait dire à l’Assemblée : sur cette base je fais un 49.3 et j’engage la responsabilité de mon gouvernement », a plaidé le député LR.
Pas certain que Sébastien Lecornu accepte. En plus de revenir sur sa promesse faite devant les parlementaires lors de son discours de politique générale, il pourrait potentiellement perdre les voix du PS à gauche.
« Le débat va reprendre dès la rentrée », a fait savoir à la presse Olivier Faure à la sortie de Matignon ce lundi. « Nous avons eu l’assurance qu’il se poursuivrait dans des conditions normales », a-t-il dit, expliquant que le 49.3 « n’a pas été évoqué du tout ». Comme en octobre, sa formation se retrouvera une nouvelle fois avec la vie du gouvernement entre les mains.
Nicolas Sarkozy effectue actuellement un séjour en Guadeloupe à l’occasion des fêtes de fin d’année. Il est accompagné de son épouse, Carla Bruni, de leur fille Giulia, mais aussi de son agent de sécurité. Ils sont arrivés sur le territoire ultramarin vendredi.
Dès samedi, l’ancien président de la République a été aperçu par de nombreux résidents de l’île, notamment lors de son footing matinal sur la plage du Bourg de Sainte-Anne, où certains ont même pris des photos de celui qui il y a peu séjournait encore à la prison de la Santé.
La chance d'être en Guadeloupe !#Sarkozy pic.twitter.com/vbk9abJhL7
— Welldone (@giggle4you) December 20, 2025Ce déplacement, qui revêt un caractère strictement privé, n’implique donc aucun engagement officiel. Cependant, des élus locaux ont exprimé leur intention de le rencontrer de manière informelle au cours des prochains jours rapporte la Première, la chaîne de télévision locale.
Au regard de sa récente remise en liberté conditionnelle, ce voyage hors de France métropolitaine n’a pas obligatoirement nécessité une autorisation exceptionnelle. Selon RTL, l’ex-président de la République n’aurait pas eu à formuler de requête ou à recevoir d’autorisation des magistrats de la cour d’appel pour voyager jusqu’en Guadeloupe. Nicolas Sarkozy respecte en effet son contrôle judiciaire, puisque celui-ci lui « interdit de quitter le territoire national » mais pas la métropole.
Cependant, l’article 138 du code de procédure pénale indique, au sujet des contrôles judiciaires, qu’il n’est autorisé de « s’absenter de son domicile ou de la résidence fixée par le juge d’instruction ou le juge des libertés et de la détention qu’aux conditions et pour les motifs déterminés par ce magistrat ». Le juge des libertés et de la détention peut accorder une dispense à cette obligation de manière occasionnelle ou temporaire. Nicolas Sarkozy s’est déjà rendu dans plusieurs villes de l’Hexagone pour faire la promotion de son livre « Le journal d’un prisonnier ».
Pas venu sur l’île depuis 2009Une des conditions de sa libération est l’interdiction de tout contact avec le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Sa détention faisait suite à une condamnation à cinq ans de prison ferme, avec mandat de dépôt et exécution provisoire, pour « association de malfaiteurs » dans le dossier lié au financement libyen de sa campagne présidentielle.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a vu son pourvoi en cassation dans l’affaire Bygmalion rejeté, fin novembre. Cette décision a rendu définitive sa condamnation à un an d’emprisonnement pour des irrégularités constatées dans les comptes de sa campagne électorale de 2012.
Ce séjour en Guadeloupe marque un retour pour Nicolas Sarkozy, qui n’avait pas visité l’île depuis sa dernière visite officielle en 2009.
Dans cette petite ville de 12 000 habitants, la cantine, les fournitures scolaires ou encore les transports en commun, pourraient bientôt devenir gratuites. C’est en tout cas l’ambition du candidat investi par La France Insoumise (LFI), Clément Trichon, en lice pour les élections municipales 2026 à la mairie d’Aubenas (Ardèche).
À 32 ans, cet employé de bureau dans une société de la tech souhaite rendre la cantine « 100 % gratuite » locale et bio « pour garantir l’égalité des chances à la table de l’école ».
Autre mesures phares : la gratuité des transports en commun ainsi qu’une partie de la consommation d’eau des habitants. « Gratuité des premiers mètres cubes d’eau pour assurer l’accès à ce bien commun essentiel », énonce-t-il sur son compte Instagram.
« Des mesures radicales »Dans cette ville dirigée par la droite depuis plusieurs années, le candidat LFI veut croire à un basculement, alors que Jean-Luc Mélenchon était arrivé en tête des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle de 2022 (26 %). « Ce n’est pas parce que depuis 40 ans, il y a la droite au pouvoir que ça va rester ainsi éternellement. Il y a ce désir dans le pays de passer par des mesures radicales » commente Clément Trichon auprès du média Ici.
À Annecy, le candidat LFI aux élections municipales 2025, Vincent Drême, plaide lui-aussi pour la gratuité des transports en commun et de la cantine scolaire. « Il s’agit de services publics qui devraient être accessibles à tous, sans réserve », défend-il dans le Dauphiné Libéré. « Le coût de la vie est déjà assez élevé comme ça, nous devons soulager le portefeuille des gens », le candidat âgé de 29 ans.
Et les candidats LFI ne sont pas les seuls à mettre cette mesure sur la table. À Nice, une liste d’union constituée autour de l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, qui comprend des socialistes et des communistes, prône également la gratuité progressive mais totale des transports « pour tous les habitants de la métropole de Nice ». À Paris, c’est le candidat David Belliard (Les Écologistes), adjoint aux mobilités d’Anne Hidalgo, qui propose de rendre les déplacements en bus gratuit pour les habitants de la capitale.
« La France est trop youpine pour boycotter ! ». Bernard Bazinet, maire d’Augignac en Dordogne, a tenu ses propos polémiques le 4 décembre, sous une publication Facebook du journal Libération consacrée à la participation d’Israël à l’Eurovision, dont l’édition 2026 est menacée de boycott par plusieurs pays.
Suite à cette publication, Bernard Bazinet a été exclu du Parti socialiste, dont il était membre. L’affaire de propos à caractère antisémite aurait pu s’arrêter là mais le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est intervenu ce week-end sur le sujet, rapporte Libération.
Il « condamne fermement les propos tenus par le maire d’Augignac », a fait savoir Beauvau au quotidien. Selon l’ancien préfet de police de Paris, Bernard Bazinet « ne possède plus l’autorité morale nécessaire à l’exercice de ses fonctions ». Le ministre « a donc demandé à la préfète de la Dordogne d’entendre le maire pour lui faire part de la gravité de ses propos, incompatibles avec sa qualité de maire », annonce le ministère. En outre, le ministre envisage « de prendre des sanctions qui peuvent aller de la suspension à la révocation ».
Sanctions raresCes mesures de suspension ou de révocation sont extrêmement rares en France. Elles sont encadrées par le Code général des collectivités territoriales. L’article L2122-16 stipule que le maire et ses adjoints peuvent être suspendus par arrêté ministériel motivé pour une durée maximale d’un mois, après avoir été entendus ou invités à fournir des explications écrites sur les faits reprochés. La sanction la plus sévère, la révocation, peut être prononcée par un « décret motivé » pris en Conseil des ministres.
L’histoire politique récente montre la rareté de telles sanctions : depuis le début de la Ve République, seulement six maires ont été révoqués. En attendant de savoir si le nom de Bernard Bazinet s’ajoutera à cette liste, le maire est convoqué en janvier 2026 devant le délégué du procureur de Périgueux pour « injure publique raciale », selon Ici Périgord.
Cette décision a été jugée insuffisante par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui, dans un communiqué, a exprimé son « étonnement et regret » face au choix du procureur de la République de Périgueux de recourir à une mesure alternative aux poursuites judiciaires.
Bernard Bazinet, maire d’Augignac depuis 2020, a expliqué que c’était « une erreur », qu’il « regrette ». « Je ne suis pas antisémite (…) Je n’ai pas mesuré la signification du terme que j’ai employé », a-t-il expliqué à la presse locale. Le terme « youpin » est une injure raciste, utilisée lors de l’affaire Dreyfus ou encore dans les années 1930, pour désigner les personnes de confession juive.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu poursuit lundi ses consultations des formations politiques, avant un Conseil des ministres en fin de journée pour présenter en urgence une loi spéciale destinée à sortir de l’impasse budgétaire, après l’échec de l’examen parlementaire du budget de l’État.
Dernier recours pour permettre de financer temporairement l’État et les administrations, un vote devrait intervenir d’ici mardi, à l’Assemblée et au Sénat, pour entériner cette loi spéciale qui vise à reconduire provisoirement le budget 2025, avant la reprise de nouvelles discussions budgétaires en janvier.
Objectif annoncé par la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin : qu’une véritable loi de finance 2026 soit adoptée avant « la fin janvier ». « Les quinze premiers jours de janvier », a même renchéri lundi le rapporteur du budget à l’Assemblée Philippe Juvin (LR) sur BFMTV/RMC.
« Trouver les conditions d’une solution »Après l’échec vendredi d’une commission de sénateurs et députés à trouver un accord, le Premier ministre était à la tâche dès dimanche, entamant une nouvelle série de consultations des partis politiques « pour trouver les conditions d’une solution ». Il a notamment discuté avec les chefs des groupes parlementaires Renaissance et Horizons et les présidents des groupes MoDem et Liot.
Les responsables du Parti socialiste, partenaires privilégiés de Sébastien Lecornu lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale, et à qui il a concédé notamment la suspension de la réforme des retraites, seront reçus lundi à partir de 10h30. Le Premier ministre doit aussi s’entretenir avec le Parti communiste (15 heures), les Écologistes (16 heures) et Les Républicains (17h30).
« Nous leur disons deux choses simples. Est-ce qu’on est bien d’accord que notre objectif collectif, c’est qu’entre maintenant et fin janvier, il y ait un budget pour la France, un vrai budget, pas un budget service minimum », a détaillé Amélie de Montchalin dimanche soir.
« Et la deuxième chose qu’on dit, c’est que pour qu’il y ait un budget, il faut qu’il y ait un compromis », a-t-elle ajouté.
Recours au 49.3À l’issue de ces discussions, un Conseil des ministres destiné à présenter le projet de loi spéciale est prévu en fin de journée, au retour d’Emmanuel Macron d’Abou Dhabi.
Dans la foulée, les commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat auditionneront lundi soir et mardi le ministre de l’Économie Roland Lescure et Amélie de Montchalin. L’objectif est que ce texte puisse être voté mardi par les deux chambres.
Comme l’année dernière, il ne devrait y avoir « aucune voix contre », a pronostiqué sur RTL le président insoumis de la commission des Finances Éric Coquerel. Mais il faudra dès la rentrée reprendre les discussions pour tenter de trouver un budget 2026.
Reste qu’après deux mois de discussions qui n’ont pas permis d’aboutir, le doute subsiste sur la capacité du Premier ministre à obtenir ce compromis, entre une droite sénatoriale attachée aux économies et aux baisses d’impôts et une Assemblée où la gauche réclame plus de recettes et moins de coupes budgétaires.
Des voix s’élèvent de plus en plus fort pour réclamer que le Premier ministre ne prolonge pas la navette parlementaire indéfiniment et utilise l’article 49.3 de la Constitution, alors que Sébastien Lecornu s’est engagé à ne pas y recourir, à la demande du Parti socialiste.
« Je pense que le Parti socialiste sera d’accord pour un 49.3. Ce sont des gens responsables, il faut simplement les traiter », a estimé lundi le rapporteur Philippe Juvin. Selon lui, le texte soumis au 49.3 devrait « partir de celui voté au Sénat » en y ajoutant des amendements « sur lesquels on se met rapidement d’accord ».
Dans ce cas, le 49.3 ne serait « pas un passage en force » mais « un aveu d’échec du parlementarisme », a estimé sur TF1 le chef des députés MoDem Marc Fesneau. Samedi, le patron de LR Bruno Retailleau a aussi enjoint au Premier ministre de dégainer cette arme constitutionnelle pour octroyer un budget « responsable au pays », avec « moins d’impôt et de dépenses ».
Mais pour Amélie de Montchalin, il y aura dans le budget « des hausses d’impôts qu’il faudra cibler, choisir, décider ensemble. Et puis il y aura des économies qu’il faudra cibler, choisir et décider ensemble ».
Alors que le Parlement se prépare à une adoption en début de semaine d’une « loi spéciale », Philippe Juvin demande ce lundi à Sébastien Lecornu « d’activer le 49.3 ».
« Mon souhait c’est qu’on prenne le texte du Sénat, nous l’amendons de manière collective (…) Le Premier ministre en fait sa copie et il pourrait dire à l’Assemblée sur cette base je fais un 49.3 et j’engage la responsabilité de mon gouvernement », détaille le rapporteur LR du budget à l’Assemblée nationale, sur BFMTV.
Sans 49.3, il estime qu’« on est repartis pour un débat qui va durer quelques semaines ».
« Il nous a manqué du temps »Sur la loi spéciale - qui doit être « votée dans les 15 (premiers) jours de janvier » -, Philippe Juvin dit que « ce n’est pas grave, c’est ce qui s’était passé l’année dernière ». « Comme il n’y a pas de budget voté, on va voter une loi spéciale (…) On en aura forcément un (budget), parce qu’on ne peut pas rester un an sous l’empire d’une loi spéciale, qui est une loi minimale qui ne permet pas de faire des investissements », ajoute-t-il.
Le rapporteur LR du budget à l’Assemblée nationale explique qu’en 14 ans, la commission mixte paritaire (CMP) n’a été conclusive que deux fois. « Ce qu’on vit aujourd’hui, c’est la règle. Sauf que d’habitude, l’année dernière exceptée, on a devant nous un peu plus de temps pour reprendre le texte avant la date fatidique du 31 décembre », poursuit-il.
« Il nous a manqué du temps », admet-il, indiquant qu’ils ont reçu ce budget deux semaines en retard. « C’est pour ça qu’on n’y est pas arrivés, vous m’auriez donné cinq, six jours de plus, on bouclait l’affaire, j’avais un quasi-accord chez les députés, y compris en embarquant les socialistes », assure-t-il. Il explique que les socialistes sont d’accord « en privé » avec l’utilisation du 49.3 : « Ils souhaitent la stabilité, ce sont des gens responsables ».
Philippe Juvin souhaite aussi réduire le déficit sous 5 % : « Il faut que nous trouvions a minima 9 milliards, plus sur les dépenses que sur les recettes ».
On s’en indignera car il est insupportable de voir de telles violences à l’occasion d’une campagne municipale, mais est-ce bien surprenant ? Regardons, par exemple, le spectacle donné au Parlement. Certes, l’Assemblée a toujours connu des débats enflammés, on y a souvent apprécié les joutes verbales en ce qu’elles avaient d’érudition, saluant au passage la qualité oratoire et les discours de certains élus. Il y avait des lettres et de la culture.
Aujourd’hui, il n’en reste plus grand-chose, il n’y a plus la connaissance ni les mots, et quand on n’a plus le vocabulaire, l’insulte et la menace ne sont jamais loin. La scène politique est devenue un ring sur lequel on grimpe pour se battre sans tenue, on vocifère et on s’indigne outrageusement.
Le bâtiment de l’hôtel de ville a revêtu ses plus beaux atours, mais l’ambiance n’est pas particulièrement à la fête dans la course à la mairie d’Ermont. Le contexte de la campagne des municipales dans cette commune du Val-d’Oise est même particulièrement maussade, à l’image de la météo de ce premier dimanche des vacances de Noël.
Même si des enquêtes sont en cours — et il faudra en attendre les résultats pour avoir une idée précise —, plusieurs événements habituellement rangés dans la rubrique des faits divers ont émaillé la vie politique locale ces derniers mois.
Sa mise en retrait en début d’année pour « raisons de santé » avait constitué pour Aude Lagarde (UDI) un premier « déchirement », comme elle l’avait écrit dans une lettre à la population. L’annonce, en exclusivité au Parisien, de sa décision de ne pas briguer un nouveau mandat de maire de Drancy en mars en est un autre : « Est-ce que je peux garantir aux habitants que je pourrai assurer mes fonctions pendant six ans ? La réponse est non. Je me dois d’être raisonnable. »
Première magistrate de cette ville de 70 000 habitants depuis 2017, succédant à son époux Jean-Christophe Lagarde (UDI) en raison de l’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats, Aude Lagarde, 49 ans, évoque un choix « personnel et collectif ». « Je ne veux pas mentir aux Drancéens, explique-t-elle, visiblement émue. J’ai été transparente et sincère quand je me suis arrêtée (entre janvier et mars), je n’ai pas voulu me cacher. »
Ils ont été des amis de trente ans. Ils ne le sont plus. Et leur rivalité ne fait pas vraiment dans la douceur d’une mer bleu azur. La bataille des municipales à Nice, dans les Alpes-Maritimes, entre les deux poids lourds de la vie politique locale (et nationale), le maire sortant Christian Estrosi (Horizons) et le député Éric Ciotti (UDR), s’annonçait, sur le papier, musclée. Elle ne déjoue pas, à cette heure, ce pronostic.
En attendant les programmes complets qui seront dévoilés en début d’année 2026, piques et polémiques distillées plus moins directement, ou par les entourages, sont de sortie depuis quelques semaines.
Dimanche 7 décembre, vers 11 heures, sur le marché de Noël à Isle (Haute-Vienne). Escorté de son équipe de campagne, Vincent Rey se promène entre les chalets en bois quand, soudain, un individu fond sur lui, sort une lame de dix centimètres et la pointe sous sa cravate. « Je ne vous aime pas », lui lance-t-il, visiblement agité. Sidéré, le candidat, qui défie le maire sortant Gilles Bégout, lors des municipales des 15 et 22 mars 2026, reste coi. « Posez votre couteau, il va y avoir un incident », réplique-t-il. Apostrophé par une passante, l’homme se ravise avant d’être interpellé, un peu plus tard, par la police.
Vincent Rey, qui a déposé plainte le lendemain, l’avait déjà croisé, une semaine plus tôt, sans y prêter grande attention. « Il m’avait reproché de travailler dans un lycée privé, mais ça en était resté là », se souvient-il. L’homme, qui a plaidé « l’humour » pour son geste, figurerait sur les tracts de campagne de Gilles Bégout.
Certains l’appellent la forteresse. D’autres, la citadelle ou la pieuvre. Mais le ministère de l’Économie ressemble aujourd’hui à un labyrinthe politique. Arrivé au 139, rue de Bercy, dans le XIIe arrondissement de Paris, prenez le long chemin de gravillons afin d’atteindre l’hôtel des ministres. Sur votre gauche, utilisez l’un des ascenseurs, sans vous tromper de bouton. Au troisième étage, vous trouverez Sébastien Martin (Industrie) et ses équipes, Serge Papin (Commerce) et David Amiel (Fonction publique) travaillent au quatrième, Amélie de Montchalin (Comptes publics), un étage plus haut, enfin, au sommet, vous pourrez croiser Anne Le Hénanff (Numérique) et le patron Roland Lescure (Économie et Finances).
Sous la plupart des précédents gouvernements, Bercy fonctionnait de manière verticale : un chef au sixième étage et des ministres délégués sous sa tutelle. En composant son gouvernement cet automne, Sébastien Lecornu tenait à rééquilibrer les jeux de pouvoir et d’influence. Ainsi, Amélie de Montchalin a pris son autonomie sur le budget, tout comme Serge Papin sur les entreprises et le commerce.
Tout s’est joué sous le sol de Paris. Difficile de savoir quand la tentative de vol a eu lieu, mais les enquêteurs l’estiment entre le 19 et 23 décembre derniers. Pendant ce laps de temps, plusieurs individus ont tenté de dérober des bijoux à l’intérieur d’une bijouterie du passage Choiseul, dans le IIe arrondissement de la capitale.
Pour ce faire, les braqueurs ont choisi d’entrer non pas par la porte de la bijouterie, mais par une autre adresse, rue Saint-Augustin, à l’entrée nord du passage Choiseul, nous indique une source policière. Toujours selon cette source, ils ont accédé à la cave de l’immeuble, avant de fracturer la serrure d’une cave voisine à celle de la bijouterie.
Impossible d’ouvrir le coffreUne fois dans le rez-de-chaussée de leur cible, ils ont pu monter au premier étage, là où se trouve un coffre-fort. Contacté, le parquet de Paris indique que les malfaiteurs ont déconnecté le système d’alarme avant de percer à trois reprises le fameux coffre-fort… en vain.
Selon notre source policière, « les caméras de vidéo surveillance avaient été neutralisées par les cambrioleurs » et un tournevis aurait été retrouvé. Un maigre indice qui servira tout de même aux enquêteurs du premier district de police judiciaire de Paris, à qui le parquet a confié l’enquête.
En octobre dernier, un braquage raté d’une bijouterie avait déjà eu lieu à Paris. Rue Réaumur, deux hommes armés d’un fusil sont restés bloqués à l’extérieur de la boutique. Vêtus d’habits de chantier, ils avaient prétexté venir pour des travaux dans la bijouterie. Sauf que personne ne leur avait ouvert la porte. Les deux individus avaient alors pris la fuite.
Après avoir poussé la lourde porte d’entrée de cette résidence cossue, située dans le XVIe arrondissement de Paris, le visiteur perçoit quelques notes de piano, qui résonnent timidement dans le hall de l’immeuble. Casquette, boucle d’oreille et large sourire, le musicien vient nous chercher, quelques instants plus tard. Lui, c’est Audric de Oliveira. Il est pianiste et, en même temps, gardien d’immeuble depuis deux ans déjà.
Dans sa petite loge au rez-de-chaussée, quelques photos aux murs, des vinyles et des biographies de compositeurs soigneusement rangés dans une bibliothèque… « J’ai essayé de créer mon petit cocon ici, je m’y sens bien », confie-t-il devant une tasse de café.
Nouveau rebondissement dans le dossier de la pollution de l’air dans le métro parisien. Alors qu’une expertise commandée par le CSE des conducteurs devait débuter en janvier pour étudier de plus près les particules fines inhalées par les cheminots, la direction de la RATP a décidé de contester ladite enquête en saisissant le tribunal judiciaire. L’entreprise vient de l’annoncer dans un courrier adressé à l’expert mandaté pour réaliser l’étude.
Dans cette missive de trois pages que Le Parisien a pu consulter, la direction demande plusieurs précisions sur le déroulé même de l’expertise : le protocole pour effectuer les prélèvements, la méthodologie arrêtée pour sélectionner les 5 lignes de métro qui doivent être passées au crible, le contenu du questionnaire de santé qui sera adressé aux salariés mais aussi le nombre de conducteurs concernés par les mesures qui seront faites en cabines.
Bruno Ecuele Manga avait 18 ans lorsqu’il a été appelé pour la première fois en sélection du Gabon le 8 octobre 2006. Presque vingt ans plus tard, le défenseur central, âgé aujourd’hui de 37 ans, est toujours là. C’est même avec le brassard des Panthères qu’il va disputer la 6e CAN de sa carrière. « Je ne suis pas quelqu’un qui est dans les chiffres, avance-t-il. Je trace mon bout de chemin. Être disponible pour la Nation, la sélection, les coéquipiers, c’est toujours un honneur et un plaisir. »
Si les autres leaders de la sélection comme Aubameyang (OM) ou Lemina (Galatasaray) disputent des Coupes d’Europe, lui bataille chaque vendredi soir pour le maintien en National (3e Division française) avec le modeste Paris 13 Atletico. Après une carrière bien remplie en Ligue 1 (Lorient, Dijon), Ligue 2 (Angers) et marquée par six saisons au Royaume-Uni à Cardiff, où il a connu la Premier League, Ecuele Manga a changé de standing en signant en janvier 2025 pour le club parisien, lui qui restait sur six mois de chômage.
La veille de Noël s’annonce compliquée pour les usagers de la ligne 5. Ce mercredi matin, le trafic est très perturbé entre les stations Jaurès et République en raison d’une panne de signalisation survenue à Gare du Nord. L’annonce a été faite par la RATP dès 7h20 ce matin.
Une interruption totale du trafic est même intervenue l’espace de 20 minutes avec une reprise estimée à 12h30. La circulation a finalement repris plus tôt que prévu mais toujours avec des ralentissements. Une perturbation d’autant plus problématique qu’elle survient en pleine veille de Noël, alors que des milliers de voyageurs s’apprêtent à rejoindre leurs proches en province.
Gare de l’Est et Gare du Nord impactésLe timing ne pouvait pas être plus mal choisi. La section concernée dessert en effet deux gares parisiennes majeures : la gare du Nord et la gare de l’Est. L’interruption et ralentissements de la ligne 5 complique ainsi considérablement l’accès à ces points névralgiques du réseau ferré national.
En attendant que le trafic soit fluide, les voyageurs peuvent emprunter des itinéraires alternatifs. Les lignes 2, 4 et 7 permettent également de rejoindre les grandes gares parisiennes.
Devant le tribunal administratif de Paris, ils sont une petite trentaine à avoir bravé le froid, ce matin du mardi 23 décembre. Certains tiennent des drapeaux aux couleurs de leur syndicat. D’autres ont revêtu leur blouse blanche. Une pancarte de soutien à Majdouline est brandie. C’est pour cette infirmière, écharpe autour du cou et calot orné de motifs fantaisie vissé sur la tête, que le rassemblement est organisé.
La jeune femme de 32 ans, qui travaillait depuis 2018 à la Pitié-Salpêtrière (XIIIe), a été renvoyée en novembre, après onze mois de litige avec sa direction. Alors que, pendant des années, l’équipement en tissu - habituellement porté au bloc opératoire ou en réanimation - n’avait jamais posé de problème, en décembre 2024, on lui a demandé de l’ôter. Ce qu’elle a toujours refusé de faire, malgré la pression et les convocations répétées.