La Cour de justice de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) organise, du 20 au 23 octobre 2026, à Ouagadougou, un séminaire national de sensibilisation au droit communautaire. La cérémonie d'ouverture s'est tenue ce mardi 20 octobre 2026. Cette rencontre de quatre jours vise à renforcer les connaissances des professionnels de la justice sur les textes communautaires et leur application devant les juridictions compétentes.
Les communications portent notamment sur le rôle et les missions de la Cour de justice de l'UEMOA, la libre circulation des personnes et des biens dans l'espace communautaire, ainsi que le droit de la concurrence. Ces deux dernières thématiques occupent une place de plus en plus importante dans les contentieux soumis à la juridiction communautaire.
Selon le président de la Cour de justice de l'UEMOA, le magistrat Kuami Gaméli Lodonou, cette initiative répond à la nécessité de mieux faire connaître les textes communautaires aux professionnels chargés de leur application. Il a rappelé que le droit communautaire fait partie intégrante du droit burkinabè et que les juridictions nationales doivent en assurer le respect.
Le séminaire a réuni 50 participants, dont des avocats et des magistrats« Il existe un principe selon lequel nul n'est censé ignorer la loi. Pourtant, nous savons que même les professionnels du droit ne maîtrisent pas toujours l'ensemble des textes juridiques. Si les professionnels chargés de son application ne le connaissent pas suffisamment, il serait difficile d'exiger des populations qu'elles en aient une parfaite connaissance », a-t-il expliqué. Dans cette dynamique, la Cour de justice organise chaque année des séminaires nationaux dans un ou deux États membres. Pour cette édition à Ouagadougou, le choix a porté sur les avocats et les magistrats, dont les responsabilités sont essentielles dans la défense des justiciables et le règlement des litiges.
Kuami Gaméli Lodonou a également attiré l'attention sur les conséquences de la méconnaissance des textes juridiques pour les citoyens. « Un citoyen qui ignore ses droits ne peut ni en jouir pleinement ni en réclamer le respect lorsqu'ils sont bafoués. Les avocats jouent donc un rôle fondamental dans ce processus. Lorsqu'un citoyen sollicite leur assistance, il leur appartient d'identifier les dispositions juridiques appropriées pour défendre ses intérêts », a-t-il souligné.
Les participants ont eu l'occasion de découvrir ou de redécouvrir le site web de la Cour de justice de l'UEMOALe président de la Cour de justice de l'UEMOA a par ailleurs exprimé le souhait de voir les administrations publiques mieux respecter les obligations découlant des normes communautaires. Il attend également des magistrats une interprétation appropriée de ces textes lors du règlement des litiges, afin de garantir leur application effective.
Présent à ce séminaire de formation , Maître Jacques Soré, membre du Conseil de l'Ordre des avocats, a salué l'initiative. Selon lui, cette formation permet aux avocats d'approfondir leurs connaissances des règles de fond et de forme du droit communautaire. Ces règles s'appliquent aux procédures engagées devant les juridictions nationales et la Cour de justice de l'UEMOA. « Nous souhaitons que les différentes questions relatives au droit communautaire soient examinées de manière approfondie, afin de permettre aux avocats de mieux maîtriser les procédures applicables et d'intervenir efficacement chaque fois que ce droit est en jeu », a-t-il indiqué.
Le président de la Cour de justice de l'UEMOA, le magistrat togolais Kuami Gaméli Lodonou (à droite), a souligné l'importance de cette formation pour une meilleure protection des droits des populations de l'espace communautaireMaître Jacques Soré a rappelé que la formation initiale et continue constitue une priorité pour l'Ordre des avocats du Burkina Faso. Le droit communautaire figure déjà dans ses programmes de renforcement des capacités. Il estime que ce séminaire vient compléter les efforts engagés pour améliorer les compétences des avocats.
Au-delà du renforcement des capacités des professionnels de la justice, Kuami Gaméli Lodonou considère le droit comme un levier essentiel de l'intégration sous-régionale. « L'intégration ne se fera pas par les seuls chefs d'État. Elle ne se fera pas non plus par la seule UEMOA. Elle se fera certainement par le droit dans nos prétoires, audience après audience », a-t-il déclaré.
Maître Jacques Soré, membre du Conseil de l'Ordre des avocats, chargé de la communication, de l'information et de la publicité fonctionnelleEn rappel, l'UEMOA regroupe huit États membres, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Cet espace communautaire compte plus de 140 millions d'habitants.
Samirah Bationo
Lefaso.net
Le ministère chargé de la famille, en collaboration avec le Centre italien d'aide à l'enfance (CIAI), a procédé au lancement officiel du projet « Renforcer le système de protection des enfants » (RESYPE), le mardi 20 octobre 2026, à Ouagadougou. Prévue sur 18 mois, cette initiative entend améliorer la prise en charge des enfants vulnérables, prévenir l'abandon des enfants et promouvoir leur droit à grandir dans un environnement familial protecteur.
Le renforcement du système de protection de l'enfance au Burkina Faso passe notamment par une meilleure prévention des ruptures familiales et une prise en charge adaptée des enfants vulnérables. C'est dans cette perspective que le projet « Renforcer le système de protection des enfants » (RESYPE) a été officiellement lancé dans la matinée du mardi 20 octobre 2026, à Ouagadougou, à l'occasion d'un atelier organisé par le ministère chargé de la famille, en collaboration avec le Centre italien d'aide à l'enfance (CIAI).
Mis en œuvre en partenariat avec plusieurs organisations, le projet entend agir sur plusieurs leviers, notamment la lutte contre le phénomène de l'abandon des enfants, l'accès à l'identité légale, la santé sexuelle et reproductive, ainsi que la formation et l'autonomisation des jeunes filles vulnérables.
Pour atteindre ces objectifs, les partenaires prévoient des interventions ciblées, avec une attention particulière accordée aux enfants en situation de handicap. Madomba Sanou, représentante pays du CIAI au Burkina Faso, a précisé que l'action de son organisation portera essentiellement sur le renforcement des capacités des acteurs intervenant dans le domaine de la protection de l'enfance. « Nous sommes plutôt dans le renforcement des capacités des acteurs. Mais cette année, nous prenons vraiment en compte le handicap », s'est-elle exprimée.
Au-delà du lancement officiel, l'atelier constitue un cadre de concertation entre les différentes organisations engagées dans la mise en œuvre du projet. Il doit permettre de présenter les résultats attendus par chaque partenaire et d'échanger sur les mécanismes de protection et de prise en charge des enfants vulnérables.
Madomba Sanou a souligné l'importance d'une action concertée pour garantir l'atteinte des objectifs fixés. « L'atelier de ce matin nous permettra d'abord de présenter les résultats attendus du projet par chaque partenaire et aussi d'échanger sur le mécanisme de protection et de prise en charge des enfants vulnérables. Je suis convaincue que c'est à travers une synergie d'action que nous allons atteindre les résultats escomptés et contribuer surtout à apporter un lendemain meilleur pour nos tout-petits », a-t-elle poursuivi.
« Le projet RESYPE bénéficie du financement du département de politique de la famille qui relève du gouvernement italien », confie Madomba Sanou, représentante pays du CIAI au Burkina FasoPlus de 8 000 bénéficiaires directs attendus
D'une durée de 18 mois, le projet RESYPE ambitionne de toucher plus de 8 000 bénéficiaires directs et plus de 12 000 bénéficiaires au total, selon les estimations présentées. Les activités seront principalement déployées dans les provinces du Kadiogo et du Boulkiemdé.
Certaines interventions auront toutefois une portée nationale. C'est notamment le cas des actions relatives à l'adoption et au renforcement des capacités des responsables des structures concernées, qui s'étendront à l'ensemble du territoire burkinabè.
Pour le ministère chargé de la famille et de la solidarité, cette initiative s'inscrit dans la continuité des efforts déjà engagés en faveur des enfants privés de milieu familial. Elle vise notamment à prévenir les ruptures familiales, à promouvoir le placement familial et l'adoption nationale, à favoriser l'inclusion des enfants en situation de handicap et à faciliter l'accès à l'identité légale.
Représentant le secrétaire général du ministre chargé de la famille, Wendpouiré Benjamin Ouédraogo, directeur de la famille et de l'enfant, a rappelé le principe qui doit guider les actions en faveur des plus jeunes. « Notre conviction est claire. Chaque enfant a le droit de grandir dans un environnement familial sûr et protecteur », martèle-t-il.
Wendpouiré Benjamin Ouédraogo invite l'ensemble des acteurs à participer activement à cet atelier afin que les recommandations permettent de mieux articuler les activités du projet avec les priorités nationales et les dispositifs existants.Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les services sociaux, la justice, la santé, l'éducation, les structures d'accueil et les organisations partenaires. Pour lui, l'articulation des interventions entre ces différents acteurs constitue un enjeu important pour améliorer la protection et la prise en charge des enfants vulnérables.
À l'issue de l'atelier, les participants sont ainsi invités à formuler des recommandations concrètes afin de mieux articuler les activités du projet RESYPE avec les priorités nationales en matière de protection de l'enfance.
Muriel Dominique Ouédraogo
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La deuxième session du Comité des régulateurs nationaux du numérique (CRNN) des États membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s'est ouverte ce mardi 20 octobre 2026 à Ouagadougou. Les travaux, prévus jusqu'au 22 octobre, portent notamment sur la régulation des services financiers numériques, la mutualisation des infrastructures de télécommunications et la mise en œuvre de l'itinérance communautaire (roaming).
Les régulateurs nationaux du numérique des États membres de l'UEMOA sont réunis pour examiner les défis liés à l'évolution des usages numériques et renforcer la coopération entre leurs institutions. Cette deuxième session du Comité des régulateurs nationaux du numérique (CRNN) s'inscrit dans la continuité des échanges engagés à Cotonou, au Bénin, du 28 au 31 octobre 2025.
À l'ouverture des travaux, le secrétaire exécutif de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) du Burkina Faso, Wendlassida Patrice Compaoré, a souligné l'importance de cette rencontre pour consolider les synergies entre les autorités de régulation. Le Burkina Faso, qui assure la présidence en exercice du CRNN, entend contribuer à une régulation efficace, inclusive et adaptée aux transformations du secteur numérique.
Selon lui, les sujets inscrits à l'ordre du jour touchent directement les populations et le développement des économies de l'Union. Il a notamment insisté sur la nécessité d'une concertation entre les institutions compétentes en matière de services financiers numériques, afin de mieux articuler leurs interventions tout en garantissant la protection des usagers.
La mutualisation des infrastructures de télécommunications figure également parmi les principaux points examinés. Le partage d'expériences entre les États membres devrait permettre d'identifier des pratiques susceptibles de faciliter le déploiement des réseaux, d'améliorer la couverture des territoires et de renforcer la qualité des services offerts aux utilisateurs.
Autre enjeu majeur de cette session, la mise en œuvre du roaming dans l'espace communautaire. Les participants devront faire le point sur les travaux préparatoires aux accords bilatéraux dont la signature est prévue le 23 octobre 2026 à Ouagadougou. Ces accords visent à faciliter les communications électroniques transfrontalières au bénéfice des voyageurs, des familles et des acteurs économiques.
Wendlassida Patrice Compaoré, secrétaire exécutif de l'ARCEP du Burkina Faso, a souligné l'importance de la coopération entre les régulateurs nationaux pour relever les défis du numérique dans l'espace UEMOA.Le commissaire chargé du département du développement de l'entreprise, des mines, de l'énergie et de l'économie numérique à la Commission de l'UEMOA, Paul Koffi Koffi, a rappelé que la création du CRNN, par la décision nᵒ 10/2023/CM/UEMOA du 22 septembre 2023, marque une évolution dans la coopération entre les organismes nationaux chargés de la régulation et de la surveillance du numérique.
En succédant au Comité des régulateurs nationaux de télécommunications (CRTEL), le CRNN a élargi le champ de la concertation communautaire pour tenir compte de la diversification des acteurs, des services et des enjeux du numérique. Ceux-ci concernent désormais, au-delà des télécommunications traditionnelles, les services financiers numériques, la protection des données à caractère personnel, les services de confiance, l'accès à l'information publique et la sécurité numérique.
Pour Paul Koffi Koffi, la coordination entre les autorités nationales est indispensable pour assurer la cohérence des interventions publiques, protéger les utilisateurs et favoriser le développement harmonieux du marché numérique communautaire. Il a ainsi invité les participants à faire de cette session un cadre de propositions concrètes et mesurables.
Paul Koffi Koffi, commissaire à la Commission de l'UEMOA, a mis en avant la nécessité d'une régulation harmonisée pour favoriser l'intégration numérique régionale.La croissance des usages numériques appelle une régulation adaptée
Pour illustrer l'importance des enjeux abordés, le représentant de la Commission de l'UEMOA a évoqué la progression des services financiers numériques dans l'Union. Selon le rapport annuel de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) consacré à l'année 2024, le nombre de comptes de monnaie électronique ouverts dans l'espace communautaire a atteint environ 248 millions, contre 209 millions en 2023, soit une progression de près de 19 %.
Le nombre de comptes actifs s'est établi à environ 77 millions, tandis que les points d'acceptation marchande ont dépassé 3,7 millions. Ces chiffres traduisent l'ampleur prise par les usages numériques dans les activités financières des populations et des entreprises.
Toutefois, cette évolution s'accompagne de défis liés notamment à l'accessibilité des services, à la qualité des réseaux, à la sécurité des transactions, à la protection des données et à l'interopérabilité des solutions. Face à ces enjeux, le commissaire a plaidé pour une coopération renforcée entre les régulateurs des communications électroniques, les autorités de supervision financière et les organismes chargés de la protection des données.
Les responsables des institutions de régulation et les représentants des États membres de l'UEMOA réunis autour des enjeux de la régulation du numérique dans l'espace communautaire.Concernant la mutualisation des infrastructures, il a relevé que le partage des équipements, lorsqu'il est techniquement et économiquement pertinent, peut contribuer à réduire les coûts de déploiement des réseaux et à accélérer la couverture des zones insuffisamment desservies. Il a toutefois souligné que cette démarche doit respecter les exigences de concurrence, de sécurité des réseaux et de qualité de service.
Le roaming au cœur de l'intégration numérique
La question de l'itinérance communautaire occupe une place particulière dans les travaux. Pour la Commission de l'UEMOA, la facilitation des communications électroniques au-delà des frontières constitue une exigence pour un espace engagé dans un processus d'intégration économique et monétaire.
La signature des accords bilatéraux de roaming, prévue le 23 octobre 2026 à Ouagadougou, représente ainsi une étape importante dans cette dynamique. L'objectif est de permettre aux citoyens en déplacement, aux commerçants, aux transporteurs et aux autres acteurs économiques de communiquer dans des conditions tarifaires raisonnables et transparentes.
Paul Koffi Koffi a cependant précisé que la signature de ces accords ne constituera que le début d'un processus. Leur réussite dépendra notamment du suivi des engagements, de l'information des consommateurs, de la transparence des tarifs et de l'évaluation régulière des résultats obtenus.
Au-delà de ces trois principaux axes, les participants examineront le plan d'actions 2026-2027 du CRNN afin d'évaluer les engagements pris et de définir les suites à leur donner.
À travers cette deuxième session, la Commission de l'UEMOA et les autorités nationales de régulation entendent consolider la convergence réglementaire, renforcer la coopération technique et approfondir l'intégration numérique régionale. Les conclusions des travaux sont attendues sous forme de recommandations opérationnelles destinées à accompagner le développement d'un marché numérique communautaire intégré, inclusif et sécurisé.
Anita Mireille Zongo
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Du 20 au 24 octobre 2026, le Club des délégués des étudiants des établissements supérieurs du Burkina Faso (CDEES-BF) organise la Semaine de l'étudiant autour de la coopération sino-burkinabè, de la sécurité estudiantine et des échanges culturels et humains. À travers des conférences, un don de sang et des activités citoyennes, l'organisation entend promouvoir une jeunesse universitaire responsable, patriote et engagée dans le développement national.
C'est à l'École burkinabè des affaires, à Ouagadougou, que s'est tenue la conférence, marquant le début des activités de la semaine de l'étudiant. Plusieurs étudiants venus des différentes universités et instituts d'enseignement ont participé à la conférence.
Le thème de cette édition « Coopération sino-burkinabè, sécurité des étudiants et échanges culturels et humains : bâtir une jeunesse universitaire responsable, ouverte et engagée pour un avenir commun », traduit une volonté de faire de l'étudiant un acteur majeur des transformations de notre société, selon le président du CDEES-BF, Idrissa Ramdé.
D'après lui, la coopération sino-burkinabè représente une véritable opportunité en matière de formation, d'innovation et d'ouverture internationale. Toutefois, note-t-il, « notre conviction est claire : c'est d'avoir une jeunesse ouverte sur le monde, capable de tirer profit des expériences et des savoirs venus d'ailleurs, sans jamais renoncer à ses racines, à ses valeurs ni à son identité ».
Le président national du CDEES-BF, Idrissa Ramdé, a salué la mobilisation des étudiants« Nous ne devons pas être une génération de diplômés sans compétences ! Nous ne devons pas être une génération de revendications sans propositions ! Nous ne devons pas être une génération d'ambitions sans discipline ! Nous devons être une génération de savoir, de courage, de responsabilité et d'action ! Car la véritable valeur d'un étudiant ne réside pas uniquement dans son diplôme, mais dans sa capacité à être utile à sa société », a lancé le président du CDEES-BF.
Li Qi a représenté l'ambassadeur de ChineL'activité est placée sous le parrainage de la République populaire de Chine. La ministre conseillère de l'ambassade, Li Qi, a représenté l'ambassadeur. Elle a invité les jeunes Burkinabè à nourrir de grandes ambitions, à étudier avec assiduité, à s'ancrer dans les réalités de leur pays tout en gardant une ouverture sur le monde et à mettre l'énergie et le dynamisme de leur jeunesse au service du développement continu, de l'amitié et de la coopération entre la Chine et le Burkina Faso et plus largement entre la Chine et l'Afrique.
Elodie, attaché à l'ambassade de chine, a présenté une communication sur les études universitaires dans son paysElle a également affirmé que la Chine continuera à promouvoir la coopération éducative et les échanges humains et culturels entre les deux pays afin d'offrir aux jeunes burkinabè davantage de possibilités de bourses d'études, de formation en Chine et de programmes d'échanges.
Cette activité est marquée par plusieurs communications données par des Burkinabè et des Chinois.
Serge Ika Ki
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21 Octobre 2004 – 21 Octobre 2026
Il ya 22 années de cela, que tu t'es endormie dans le Seigneur, ton Dieu, et en ce jour du 21 Octobre 2026, nous voulons
Papa, Ella, Fifi, Nanan, et Nael, demander à toutes celles, et a tous ceux qui t'ont connue, d'avoir pour toi.
Maitre KALE DIARRA/ Quaye
Ex Notaire à Ouagadougou
Une pieuse pensée !!
La grande famille Mossé, Ky et alliés vous remercient sincèrement du fond du cœur pour vos marques de compassion, votre présence et vos soutiens multiformes lors du rappel à Dieu de leur maman, qui, leur était si chère le 14 Octobre dernier.
Que Dieu tout puissant vous comble de sa grâce.
Merci
La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), à travers sa direction régionale de Fada N'Gourma, a organisé, le mardi 20 octobre 2026 à Tenkodogo, une séance de sensibilisation au profit des acteurs du monde socioprofessionnel. Cette rencontre vise à renforcer les connaissances des employeurs et des travailleurs sur leurs droits et obligations en matière de sécurité sociale, ainsi qu'à améliorer le recouvrement des cotisations sociales.
À travers cette sensibilisation, la CNSS veut renforcer la compréhension des textes régissant la sécurité sociale et améliorer la collaboration avec ses partenaires. La rencontre avec les employeurs et travailleurs du Nakambé a aussi pour objectif d'informer les travailleurs sur leurs droits et les démarches à entreprendre en matière de sécurité sociale, de promouvoir le paiement régulier des cotisations sociales, de prévenir les situations d'arriérés et d'encourager la déclaration exhaustive des travailleurs et des rémunérations.
« Nous ne pouvons pas atteindre nos objectifs si nos partenaires avec lesquels nous travaillons ne sont pas bien outillés en matière de sécurité sociale », a expliqué le directeur régional de la CNSS Fada N'Gourma, Salifou Lougué, soulignant l'importance de ces initiatives pour améliorer continuellement les prestations de l'institution et favoriser l'application des textes en vigueur.
Au cours des échanges, les participants ont pu soulever leurs préoccupations concernant leurs relations avec la CNSS, notamment les droits des travailleurs et les obligations des employeurs. Pour le directeur de la CNSS Fada N'Gourma, la mobilisation et les questions posées témoignent de l'intérêt des acteurs pour les thématiques abordées.
Quelques employeurs et travailleurs du Nakambé venus assister à la sensibilisation.« Il est bien vrai que cette rencontre est un cadre d'échange ponctuel, mais lance un appel à toute la population de Tenkodogo et de la région du Nakambé, pour dire que la CNSS est ouverte. Il y a la direction régionale de la CNSS de Fada N'Gourma, il y a l'agence, il y a les bureaux qui sont là qui vont continuer toujours la sensibilisation. Je peux dire que nous sommes là pour cette catégorie de population et que la CNSS va mettre tout en œuvre pour que tous ces acteurs soient sensibilisés et outillés sur leurs droits et obligations vis-à-vis de la CNSS », a indiqué Salifou Lougué.
Les échanges de ce mardi 20 octobre 2026 ont également permis de mettre l'accent sur l'assurance volontaire, un dispositif proposé par la CNSS aux travailleurs indépendants afin de leur permettre de bénéficier d'une couverture sociale.
Le directeur régional de la CNSS Fada N'Gourma a relevé que le taux de couverture des travailleurs de cette catégorie demeure faible, malgré les efforts de sensibilisation déjà entrepris. Il a ainsi invité les travailleurs indépendants non encore affiliés à se rapprocher des agences et des bureaux de la CNSS pour souscrire à cette assurance.
Salifou Lougué, directeur régional de la CNSS Fada N'Gourma.Selon lui, ce mécanisme leur permet, sous réserve de remplir les conditions requises, de prétendre à une pension après 15 années de cotisation. Il contribue également à mieux faire face aux risques sociaux et à protéger les familles.
Au-delà de cette rencontre de sensibilisation tenue à Tenkodogo, la direction régionale de la CNSS Fada N'Gourma entend poursuivre les actions de sensibilisation auprès des entreprises et des autres acteurs de la région du Nakambé. Un séminaire régional, plus large, est également envisagé afin de toucher davantage de partenaires sociaux.
Aimé Lompo, participant à la sensibilisation, a salué l'initiative de la CNSS.Aimé Lompo, participant à la sensibilisation, a salué l'initiative de la CNSS. Pour lui, ces rencontres permettent aux personnes déjà affiliées de mieux comprendre les services auxquels elles ont droit. « Nous sommes affiliés à la CNSS, mais venir auprès de nous pour nous apprendre encore les services, c'est vraiment très important », a-t-il déclaré, qualifiant l'initiative de louable.
Jean Élysée Nikiéma
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Les acteurs institutionnels et les représentants des communautés africaines vivant au Burkina Faso sont mobilisés du 19 au 22 octobre 2026 à Gaoua, chef-lieu de la région du Djôrô, pour réfléchir sur les moyens d'une intégration continentale fondée sur la souveraineté, la solidarité et les aspirations des peuples. Cette rencontre, IXè édition du Forum national de l'Intégration, se tient sous le thème :« L'intégration africaine à l'ère de la Révolution progressiste Populaire ».
Pour le gouvernement burkinabè, représenté par le ministre délégué auprès du ministère des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré, qui a présidé l'ouverture du forum, il y a nécessité de transformer les liens historiques et culturels entre les pays africains, en réponses concrètes aux besoins des populations : faciliter les échanges, rapprocher les administrations, encourager la mobilité des jeunes et des travailleurs et soutenir les initiatives communautaires.
Et le choix de la ville de Gaoua pour accueillir ce forum n'est pas fortuit ; elle est présentée comme un lieu de mémoire, là où le président Thomas Sankara, leader de la RDP (Révolution démocratique et populaire) et défenseur des idéaux de souveraineté, de justice sociale et d'émancipation africaine, a, entre autres liens, fait ses études primaires.
C'est pourquoi, Mme la ministre déléguée auprès du ministère des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré, a, s'inspirant de l'héritage du capitaine Thomas Sankara, rappelé que le Burkina Faso est une terre d'hospitalité et de fraternité, qui œuvre pour la souveraineté économique, la valorisation des capacités endogènes et la solidarité entre les peuples africains.
« Faisant un lien entre la Révolution démocratique et populaire (RDP) et la Révolution progressiste populaire (RPP), prônée par le camarade président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, elle a insisté sur la nécessité de bâtir une intégration africaine fondée sur la souveraineté des peuples, la défense de leur dignité et leur pleine participation au développement du continent », a relevé Mme la ministre déléguée, Stella Eldine Kabré, réaffirmant l'engagement du Burkina Faso et de la Confédération AES pour une intégration africaine souveraine, basée sur la sécurité collective, la solidarité économique et culturelle.
Mme la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré.Selon l'autorité, cette vision implique une rupture avec les modèles d'intégration qui s'éloignent des préoccupations des citoyens ; l'intégration ne peut prospérer contre les peuples, elle doit se construire avec eux et pour eux. De ce fait, estime-t-elle, les mécanismes institutionnels ne devraient jamais devenir une source de souffrance pour les peuples qu'ils sont censés protéger.
Le porte-parole de la coordination des communautés africaines vivant au Burkina Faso, A. Saliou Dokpema a salué les avancées enregistrées en matière de circulation des ressortissants africains, notamment la gratuité des visas pour les citoyens des pays africains. Il note également que les conditions de déplacement vers le Burkina Faso sont aujourd'hui plus favorables qu'auparavant, permettant aux ressortissants africains de circuler avec un sentiment accru de proximité.
Pour lui, les Africains vivant au Burkina Faso se doivent donc de contribuer au développement du pays, respecter ses lois et participer à la dynamique nationale dans un esprit de solidarité. M. Dokpema apprécie en outre les bonnes relations entre les communautés étrangères et les populations burkinabè ; relations qu'il décrit comme celles familiales, marquées par une co-habitation et un vivre-ensemble, exemplaires.
Le IXè Forum national de l'intégration comporte donc plusieurs activités, visant à raffermir les liens entre les communautés et à favoriser une connaissance des différentes cultures africaines. Ainsi, panels, dialogues thématiques, échanges directs avec les représentants des communautés vivant au Burkina Faso, exposition de stands culturels et culinaires, sport et jeux de société (tirs à l'arc, aérobic…), activités de promotion de la santé (dont des dépistages des cancers du sein et du col de l'utérus), visite touristique sur le site historique de Loropéni (patrimoine mondial de l'UNESCO) … sont au programme du Forum national de l'Intégration 2026, qui enregistre la présence également du président de la Commission nationale de l'Alliance des États du Sahel, Bassolma Bazié.
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Sources : Bafujiinfos et DCRP Ministère des Affaires étrangères
En conformité avec l'esprit de la Révolution progressiste populaire (RPP) qui prône l'exemplarité des agents publics par le respect des règles et la qualité du service rendu aux citoyens, le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques (MTDPCE) initie, du 19 au 23 octobre 2026, des séances de sensibilisation au code d'éthique et de déontologie. L'initiative, conduite par l'Inspection technique des services (ITS), concerne des structures du ministère.
Mise en œuvre sur instructions de Mme la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata Zerbo, cette démarche s'inscrit dans le prolongement des orientations du chef de l'État, capitaine Ibrahim Traoré, qui appelle à une administration disciplinée, intègre et engagée au service du peuple, situe la Direction de la Communication et des Relations Presse dudit ministère (DCRP/ MTDPCE).
Adopté le 31 août 2023, le code d'éthique et de déontologie définit les principes qui doivent guider les agents publics dans l'exercice de leurs fonctions, poursuit la publication, estimant que son appropriation contribue donc à améliorer les pratiques professionnelles, les relations avec les usagers et la gouvernance administrative.
« Cet atelier rentre en droite ligne de la sensibilisation et l'appropriation par le personnel de ce document stratégique, essentiel pour améliorer la gouvernance, nos comportements et nos attitudes envers les usagers, les clients et nos collègues », rapporte-t-elle des propos de l'inspecteur général des services, Ousséni Kaboré, président du comité d'éthique et de déontologie.
Le mardi 20 octobre 2026, ce sont les agents de la Direction générale de la transformation digitale (DGTD) qui ont pris part à l'initiative, lit-on. Pour le directeur de la cybersécurité à la DGTD, Wilfrid Batako, cette séance constitue un rappel utile des bonnes pratiques professionnelles. C'est pourquoi souhaite-t-il que de telles initiatives soient régulièrement renouvelées.
« Après sept structures concernées par cette première phase, la sensibilisation doit s'étendre aux autres entités du ministère à partir de 2027 », informe la DCRP/ MTDPCE.
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Réunis en séance plénière ce lundi 19 octobre 2026, les députés de l'Assemblée législative du peuple (ALP) ont adopté le projet de loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique. Ce texte interdit la privatisation totale ou partielle des entreprises stratégiques appartenant à l'État et renforce les prérogatives de ce dernier en matière de contrôle et de participation au capital des entités jugées stratégiques.
Les dispositions de cette loi interdisent toute privatisation, totale ou partielle, d'une entreprise ou d'une structure à caractère stratégique appartenant à l'État.
Selon le ministre en charge de l'industrie, Serge Poda, qui a défendu le projet de loi devant la représentation nationale, le texte définit plusieurs critères permettant de déterminer si une société, une entité ou un secteur présente un caractère stratégique. Il s'agit notamment de critères liés à la souveraineté nationale et à la sûreté de l'État face aux menaces intérieures comme extérieures. Le ministre a également évoqué l'importance de l'impact de ces entités sur les équilibres sociaux et économiques du pays.
« À travers cette loi, l'État a désormais toutes les prérogatives pour encadrer, contrôler et suivre les entités publiques à caractère stratégique. Il a également la possibilité de prendre des parts ou de renforcer ses participations dans des entités privées qui seront jugées stratégiques dans notre pays », a expliqué le ministre en charge de l'industrie.
Serge Poda a par ailleurs rappelé que cette loi constitue un instrument législatif et juridique renouvelé. Une précédente loi, adoptée en 1993, confie-t-il, définissait et recensait les entreprises économiques et commerciales considérées comme stratégiques afin de les protéger de la vague de privatisations qu'avait connue le pays au cours des années 1990.
« Au fil du temps, cette loi a révélé un certain nombre d'insuffisances. Le contexte économique et politique, ainsi que la vision et la dynamique actuelles orientées vers la souveraineté économique et industrielle de notre pays, rendaient plus que nécessaire sa relecture et l'adoption d'une nouvelle loi », a-t-il laissé entendre.
Pour le ministre, il s'agit d'un texte qui va sonner le renouveau de la création et de la protection d'outils d'importance stratégique de transformation, de production commerciale, industrielle, économique, en visant la souveraineté de notre pays.
D'autres innovations
En plus de l'interdiction des privatisations des entreprises à caractère stratégique, cette loi contient plusieurs autres innovations. Ce sont, notamment, l'encadrement du pouvoir de décision des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique publiques ou à participation publique majoritaire à travers l'interdiction de certaines opérations sans autorisation préalable du conseil des ministres ; l'affirmation claire de la possibilité pour l'État de réserver l'exercice de certaines activités économiques stratégiques définies par voie réglementaire à des nationaux ; la prise en compte d'une clause d'insaisissabilité des biens et des comptes des entités économiques, commerciales ou industrielles publiques ou à participation publique majoritaire à caractère stratégique.
Cette loi a été adoptée par 70 voix pour et une abstention.
Serge Ika Ki
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Nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur Kisito Traoré, ingénieur de conception en informatique et acteur de longue date de la modernisation de l'administration publique, dont le parcours retrace plus de trois décennies d'efforts pour informatiser les finances publiques, connecter les institutions et inscrire le numérique au cœur des politiques nationales.
Aujourd'hui, lorsqu'un agent de l'État consulte une application de gestion budgétaire, lorsqu'un service administratif transmet des informations à un autre ou lorsqu'un ministère utilise un réseau informatique partagé, ces gestes paraissent presque ordinaires. Mais il fut un temps où tout cela restait à construire. Les ordinateurs étaient peu nombreux. Les réseaux administratifs se limitaient à quelques bâtiments. Les logiciels de gestion devaient être imaginés, développés, installés et expliqués à des utilisateurs qui découvraient parfois l'informatique. C'est dans ce Burkina Faso-là que Kisito Traoré commence sa carrière, en 1992.
Il fait partie de ces professionnels qui ont connu l'administration avant sa transformation numérique et qui ont participé, étape après étape, à la construction de ses premiers systèmes informatiques. Son parcours raconte une évolution remarquable : du programmeur qui conçoit des solutions à l'ingénieur qui dirige des équipes, puis au responsable qui coordonne des stratégies nationales. Il est de la trempe des hommes qui ont imprimé leur nom partout où ils sont passés.
De Bomborokuy aux mathématiques, le goût des problèmes à résoudre
L'itinéraire de Kisito Traoré commence dans le système éducatif burkinabè. Après l'école primaire de Bomborokuy, il poursuit ses études au Collège Charles Lwanga de Nouna, au lycée provincial de Dédougou, puis au lycée Ouezzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso, où il obtient son baccalauréat série C en 1987. Il rejoint ensuite l'Université de Ouagadougou pour étudier les mathématiques. Il obtient une licence en 1990, puis une maîtrise en 1991. Il ressort d'ailleurs que les programmes informatiques écrits par Kisito Traoré lors des travaux pratiques d'analyse numérique en année de maîtrise ont été conservés et réutilisés au fil des ans par le professeur comme modèles pour les promotions successives d'étudiants que ce dernier a enseignées jusqu'à son départ en retraite en 2020.
Les mathématiques lui apportent une méthode : analyser un problème, comprendre ses contraintes et construire une solution logique. Cette rigueur constituera le socle de son parcours informatique. En 1992, il obtient un diplôme d'études supérieures spécialisées en informatique double compétence à l'Université de Nancy I, en France. Sa spécialisation porte sur les outils informatiques appliqués à la résolution des problèmes mathématiques.
1992 : un logiciel industriel comme première démonstration
Pour son projet de fin d'études, Kisito Traoré rejoint le département recherche et développement d'une usine sidérurgique à Fos-sur-Mer, en France. Sa mission consiste à concevoir un logiciel capable d'analyser des courbes d'intensité électrique liées au défournement du coke. L'objectif est d'aider à interpréter les données et à orienter les décisions concernant la cuisson ou la maintenance des équipements. Le projet obtient la meilleure note de sa promotion et l'entreprise finalise ensuite le logiciel pour une utilisation industrielle.
Cette expérience est révélatrice de sa manière d'aborder l'informatique. Un programme n'est pas seulement une suite d'instructions. C'est un outil destiné à résoudre un problème concret. Cette philosophie le suivra lorsqu'il quittera l'industrie pour rejoindre l'administration burkinabè.
1992 : entrée dans les coulisses des finances publiques
En décembre 1992, Kisito Traoré commence sa carrière au ministère de l'Économie et des Finances. Il y travaille comme ingénieur de développement et administrateur réseau. À cette époque, l'informatisation des finances publiques représente un chantier majeur. Il faut développer des applications pour gérer les dépenses, suivre les recettes, identifier les contribuables et organiser les informations administratives.
Kisito Traoré participe notamment à la conception de la première version informatisée de l'Identifiant financier unique (IFU) des contribuables, avec un travail de rapprochement des bases de données des Douanes et des Impôts. Il intervient également sur le Circuit informatisé de la dépense (CID), outil de gestion budgétaire de l'État.
Ces réalisations répondent à des besoins essentiels. Une administration financière doit savoir quelles ressources elle mobilise, quelles dépenses elle engage et comment les opérations sont exécutées. L'informatique permet progressivement de structurer ces informations, de faciliter leur traitement et de renforcer les possibilités de suivi. Kisito Traoré participe ainsi à l'un des premiers grands chantiers de modernisation numérique de l'État.
RESINA : relier les administrations entre elles
Dès 1993, Kisito Traoré figure parmi les promoteurs du Réseau informatique national de l'administration publique, le RESINA. L'ambition est simple à formuler, mais complexe à réaliser : permettre aux structures de l'État de communiquer à travers un réseau informatique commun. A Ouagadougou, le réseau métropolitain passe de trois bâtiments reliés par fibre optique en 1995 à une trentaine en 2000.
Derrière ces chiffres se cache un changement profond. Les services administratifs ne sont plus nécessairement condamnés à travailler sur des systèmes isolés. Ils peuvent progressivement accéder à des applications et partager des ressources informatiques.
Plus tard, sous sa responsabilité à la direction informatique du ministère, le réseau s'étend davantage. Plus de 200 sites répartis dans plus de 70 localités, ainsi que 14 missions diplomatiques et consulaires reliées pour des services de téléphonie optimisée. Le RESINA devient ainsi l'un des fils conducteurs de sa carrière : un projet auquel il contribue dès ses débuts et qu'il accompagne ensuite à des niveaux de responsabilité plus élevés.
De l'ingénieur au directeur : quinze années pour structurer l'informatique des finances
Après avoir dirigé le service des études et applications entre 1998 et 2002, Kisito Traoré devient directeur des services informatiques du ministère de l'Économie et des Finances en octobre 2002. En mai 2010, il accède à la fonction de directeur général des services informatiques, qu'il exerce jusqu'en avril 2017. Pendant cette période, ses responsabilités dépassent largement le développement de logiciels. Il doit organiser les équipes, définir des priorités, renforcer les infrastructures et accompagner les réformes administratives.
Sous sa coordination, plusieurs systèmes d'information sont développés ou adaptés. Ils concernent notamment les recettes publiques, les financements extérieurs, les marchés publics, la comptabilité des matières et la gestion des dépenses de l'État. Parmi eux figurent le Circuit intégré de la recette (CIR), le Circuit intégré des financements extérieurs (CIFE) et le Système d'information intégré des marchés publics (SIMP). Ces noms peuvent sembler techniques. Ils désignent pourtant des fonctions très concrètes de l'administration : percevoir des ressources, suivre des financements, passer des marchés et exécuter un budget. L'informatisation de ces processus contribue à rendre leur gestion plus structurée.
Accompagner les grandes réformes budgétaires
Un logiciel administratif ne peut pas rester figé lorsque les règles changent. Or, au cours de ces années, le Burkina Faso engage plusieurs réformes de la gestion des finances publiques. Kisito Traoré participe notamment à l'adaptation des systèmes informatiques au cadre harmonisé de l'UEMOA et à la réforme du budget-programme, entrée en vigueur au Burkina Faso le 1er janvier 2017. Son travail porte sur l'analyse des conséquences informatiques, la définition des besoins, la préparation des adaptations et l'organisation de leur mise en œuvre.
Cette expérience montre une autre dimension de son métier. L'informatisation ne consiste pas simplement à reproduire sur ordinateur des procédures existantes. Elle doit accompagner les changements de l'administration. Lorsque les règles budgétaires évoluent, les systèmes d'information doivent évoluer avec elles. L'ingénieur devient alors un acteur de la réforme institutionnelle.
Former les utilisateurs, développer les équipes
Kisito Traoré accorde également une place importante à la formation. Dans les premières années de sa carrière, il participe à l'initiation de plus de 500 utilisateurs aux outils bureautiques. Plus tard, à la tête des services informatiques du ministère, il supervise des programmes de formation destinés aux agents et aux utilisateurs des applications financières. Le document mentionne notamment la formation de plus de 1 000 utilisateurs à la micro-informatique et le passage de 4 000 à plus de 10 000 utilisateurs des logiciels métiers des finances publiques, avec formation des nouveaux utilisateurs et recyclage des anciens.
Il investit aussi dans le développement des compétences de ses équipes. Des agents sont formés ou certifiés dans des domaines comme la gestion de projets, la gouvernance informatique, la qualité et la gestion des services numériques. Entre 2002 et 2017, les effectifs de la direction informatique passent de 12 à 73 personnes. Ce travail rappelle une évidence : une administration ne devient pas numérique parce qu'elle achète des ordinateurs. Elle le devient lorsque ses agents savent utiliser les outils, lorsque les équipes techniques peuvent les maintenir et lorsque l'organisation apprend à évoluer.
2017 : passer des finances publiques à la stratégie numérique nationale
En mai 2017, Kisito Traoré franchit une nouvelle étape. Il devient secrétaire général du ministère chargé des télécommunications, des technologies de l'information et de la communication et des postes. Il occupe cette fonction jusqu'en avril 2025.
Après vingt-cinq années consacrées principalement à l'informatisation des finances publiques, son champ d'action s'élargit à l'ensemble du secteur numérique. Il ne s'agit plus seulement de moderniser les systèmes d'un ministère. Il faut contribuer à organiser les politiques, les programmes et les réformes qui concernent le développement numérique national. Ses responsabilités couvrent la coordination administrative, la planification stratégique et le suivi des grands chantiers du département. Ce passage marque une évolution majeure de son parcours : de l'informatique comme outil de gestion à la transformation numérique comme politique publique.
Donner une direction au numérique burkinabè
Entre 2017 et 2025, Kisito Traoré coordonne ou pilote l'élaboration de plusieurs stratégies et plans nationaux. Notamment la Stratégie nationale de développement de l'économie numérique 2018-2027, le Schéma directeur d'aménagement numérique 2019-2028, la stratégie de promotion des logiciels libres 2021-2025 et celle consacrée au développement de l'expertise nationale.
Ces documents répondent à des questions de fond. Comment développer les infrastructures numériques ? Comment améliorer l'accès aux services ? Comment renforcer les compétences nationales ? Quelle place donner aux logiciels libres ? Comment organiser les investissements et les priorités ? Le rôle d'un secrétaire général n'est pas de réaliser personnellement chacun de ces projets. Il consiste notamment à coordonner les équipes, les structures et les processus nécessaires à leur élaboration et à leur suivi. C'est cette responsabilité de pilotage que met en évidence son CV.
Construire les règles communes de l'administration numérique
La transformation digitale suppose également que les systèmes informatiques puissent fonctionner ensemble. Un ministère peut disposer d'une application performante sans parvenir à échanger facilement des informations avec une autre administration. Les systèmes peuvent être conçus selon des normes différentes. Les exigences de sécurité peuvent varier. Les méthodes de gestion de la qualité peuvent manquer d'harmonisation. Sous la coordination de Kisito Traoré, le ministère travaille à plusieurs référentiels techniques, notamment le Référentiel général d'interopérabilité, le Référentiel général de sécurité et le référentiel d'urbanisation des systèmes d'information.
Son CV mentionne également des travaux sur des avant-projets de loi relatifs à la protection des systèmes d'information, à l'identification électronique et à la promotion des startups. Il convient de distinguer ces travaux préparatoires de l'adoption effective de textes ou de leur application. Mais ils illustrent une préoccupation essentielle : donner à la transformation numérique un cadre institutionnel et juridique cohérent et approprié, au-delà de la multiplication des applications.
Des infrastructures aux services publics numériques
Pendant ses années au secrétariat général, Kisito Traoré préside les comités de pilotage de plusieurs projets majeurs. Parmi eux figurent E-Burkina, le G-Cloud, le projet de backbone national des télécommunications, le renforcement du RESINA, l'initiative Burkina Open Data et le programme WURI consacré à l'identification unique pour l'intégration régionale et l'inclusion en Afrique de l'Ouest.
Ces initiatives répondent à des besoins différents, mais complémentaires. Le backbone national concerne les grandes infrastructures de connectivité. Le RESINA relie les administrations. Le G-Cloud vise la mutualisation de capacités d'hébergement et de stockage. L'Open Data concerne l'accès et la réutilisation des données. L'identification unique touche à la possibilité de mieux identifier les personnes dans le cadre des services concernés. Ensemble, ces chantiers montrent la diversité des dimensions nécessaires à la construction d'un État numérique.
La cybersécurité et la gouvernance des institutions
Le parcours de Kisito Traoré comprend également d'importantes responsabilités dans la gouvernance des organismes publics du secteur. Il préside le conseil d'administration de l'Agence nationale de promotion des technologies de l'information et de la communication (ANPTIC) de décembre 2017 à décembre 2023. De mars 2024 à mai 2025, il préside celui de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Il préside aussi, d'avril 2024 à avril 2025, le comité de pilotage relatif à la mise en œuvre de la convention relative à la délégation de service public pour l'exploitation des infrastructures publiques de télécommunications par fibre optique (le backbone national).
Il a également été membre des conseils d'administration de l'Institut diplomatique et des relations internationales de 2004 à 2007 et de l'Institut des hautes études internationales de 2009 à 2017. Cette longue proximité avec le monde diplomatique a dû forger en lui certaines aptitudes fort utiles dans son parcours.
Ces responsabilités témoignent de l'élargissement progressif de son expertise. Car à mesure que l'administration se numérise, la question de la sécurité devient centrale. Les systèmes doivent être disponibles. Les données doivent être protégées. Les infrastructures doivent être gouvernées avec rigueur. La transformation numérique ne peut être durable sans confiance dans les outils qui la rendent possible.
La Semaine du numérique, un rendez-vous à faire grandir
Kisito Traoré a également joué un rôle majeur dans l'organisation de la Semaine du numérique, l'un des grands rendez-vous nationaux annuels du secteur, dont la première édition remonte à 2005. Il préside son comité national d'organisation de 2017 à 2024. Auparavant, il a été membre du jury officiel en 2010 et 2015, puis président du jury officiel de la vingtième édition en 2025.
Ces responsabilités complètent son travail institutionnel. Un événement consacré au numérique permet de rendre visibles des innovations, de favoriser les échanges et de rapprocher les professionnels, les administrations, les entreprises et les citoyens. L'organisation de telles rencontres participe à la construction d'un écosystème. Elle donne aussi une place aux talents qui cherchent à faire connaître leurs réalisations.
Transmettre aux jeunes, ne pas oublier ses racines
Bien avant ses responsabilités nationales, Kisito Traoré s'engage dans l'enseignement. Au cours des années universitaires 1992-1993 à 2001-2002, il intervient comme enseignant vacataire à l'École supérieure d'informatique de Bobo-Dioulasso dès la toute première promotion d'étudiants bien avant le transfert de cette école de l'Université de Ouaga à Bobo. Il y intervient essentiellement dans l'encadrement des projets de fin de cycle d'étudiants sur la conception de logiciels, les réseaux et les systèmes d'information. Il enseigne également à l'Institut supérieur d'informatique et de gestion de Ouagadougou de 1996 à 2000, notamment les bases de données, la programmation et la conduite de projets informatiques.
Son engagement dépasse les salles de cours. Au Collège Charles Lwanga de Nouna, où il a étudié, il contribue à mobiliser des appuis pour renforcer les équipements informatiques. En 2005, il initie la réalisation d'un réseau local destiné à relier les bureaux administratifs et les salles informatiques. En 2012, il contribue à un don de 25 ordinateurs. En 2022, il facilite un nouvel appui comprenant 14 ordinateurs de bureau, cinq ordinateurs portables et un vidéoprojecteur. Ces gestes donnent une dimension humaine à son parcours. Après avoir travaillé à connecter les institutions de l'État, il continue à soutenir l'accès aux outils informatiques dans un établissement scolaire qui a marqué sa jeunesse.
Une carrière construite dans la durée
De 1992 à 2025, Kisito Traoré a traversé plusieurs grandes étapes de l'histoire numérique du Burkina Faso. Il a connu les premiers réseaux administratifs. Il a participé à la conception de logiciels de gestion dans l'administration publique. Il a dirigé des équipes chargées de maintenir et de faire évoluer ces systèmes. Il a accompagné des réformes budgétaires. Puis il a contribué au pilotage des stratégies et des projets nationaux de transformation digitale. Son parcours se distingue par cette continuité. Il n'a pas seulement observé le développement de l'informatique publique. Il y a participé à différents niveaux : technique, organisationnel, institutionnel et stratégique.
Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?
Parce que Kisito Traoré fait partie des professionnels qui ont contribué à poser les fondations de l'informatique administrative burkinabè dès le début des années 1990.
Parce qu'il a participé à la conception et à l'évolution de systèmes essentiels à la gestion des finances publiques, notamment le Circuit informatisé de la dépense et l'Identifiant financier unique.
Parce qu'il figure parmi les pionniers du RESINA, réseau qui a progressivement permis de connecter des structures administratives sur l'ensemble du territoire national.
Parce qu'il a dirigé pendant près de quinze ans les services informatiques d'un ministère aussi stratégique et transversal que celui de l'Économie et des Finances, en développant les systèmes, les infrastructures et les compétences humaines.
Parce qu'en qualité de secrétaire général du ministère chargé du numérique, de 2017 à 2025, il a contribué à la coordination de stratégies nationales, de référentiels techniques et de grands projets de transformation digitale.
Parce qu'il a également consacré une partie de son parcours à la formation et au soutien à l'équipement informatique des établissements scolaires.
Et parce que son histoire rappelle que la transformation numérique d'un État est une œuvre de longue haleine, qui demande des compétences techniques, une vision institutionnelle, de la méthode et la capacité de transmettre.
Avec Kisito Traoré, le Burkina numérique raconte l'histoire de ses fondations : celles des premiers logiciels, des premiers réseaux administratifs et des professionnels qui ont patiemment contribué à faire de l'informatique un instrument de modernisation de l'État.
18 octobre 1896-18 octobre 2026 ; cela fait 130 ans qu'a eu lieu, sur le site de Kiidiga, un violent affrontement entre les vaillants combattants du Dima de Boussouma et les envahisseurs français. Sur ce site historique, sis précisément sur les emprises du fleuve Nakambé, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Kaya (chef-lieu de la région des Koulsé), trône désormais une plaque commémorative, porteuse d'un message à l'endroit de l'ensemble du peuple burkinabè : « Nos grands-parents n'ont jamais été vaincus hier. Nous ne serons pas vaincus aujourd'hui. »
Cette cérémonie officielle a, ce dimanche 18 octobre 2026, sur le site de Kiidiga, réuni de nombreuses populations venues de la localité et d'autres contrées, dont plusieurs leaders traditionnels et coutumiers. Le gouvernement était, lui, représenté par le ministre de la communication, de la culture, des arts et du tourisme, porte-parole du gouvernement, Gilbert Ouédraogo, et le ministre de l'enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique, Pr Moumouni Zoungrana, avec à leurs côtés de nombreux collaborateurs et autorités locales.
De droite vers la gauche : Mme la gouverneure de la région des Koulsé, Bernadette Sérémé ; le ministre en charge de la culture, Gilbert Ouédraogo, et le ministre en charge de l'enseignement secondaire, Pr Moumouni Zoungrana.Outre les différentes interventions des personnes-ressources, des témoignages et la conférence sur le sujet, la journée commémorative a été marquée également par le message du gouvernement, livré par son porte-parole, Gilbert Ouédraogo, ministre en charge de la culture. « Pour comprendre la portée de notre rassemblement de ce jour, il nous faut remonter le fil du temps et rouvrir sans complexe le livre de notre histoire nationale : non pas telle qu'elle fut écrite par les plumes biaisées et mensongères de l'oppresseur et envahisseur français, mais telle qu'elle a été vécue, éprouvée et transmise par la mémoire vive de notre peuple. Cette vérité historique, confirmée par nos chercheurs. En octobre 1896, l'impérialisme occidental, imbu de sa prétendue puissance technologique et guidé par la voracité prédatrice du Congrès de Berlin, déferlait sur la boucle du Niger. La conquête coloniale française s'avançait vers le Moogho à travers une brutalité inouïe. Sous la conduite de la tristement célèbre colonne militaire française dirigée par les lieutenants Paul Voulet et Julien Chanoine, une horde d'invasion lourdement armée de fusils à répétition et de canons s'efforçait de plier les royaumes africains, de détrôner nos souverains et d'imposer des traités d'asservissement et de protectorat », a d'abord situé le ministre Gilbert Ouédraogo, déroulant son discours au nom du Premier ministre.
Face à cette lancée d'accaparement des ressources, poursuit ensuite le ministre, le Riungu de Boussouma (cet État guerrier et souverain, fondé vers 1530 par Naaba Nabigswendé et rendu pleinement autonome par la vision politique de Naaba Ligdi) va opposer un refus catégorique et intransigeant. Sous l'autorité morale et politique du Dîma Naaba Koom (1890-1908), en alliance fraternelle avec le Mogho Naaba Wōbga de Ouagadougou, la résolution fut prise : « Plutôt la mort que la servitude ! », retrace le ministre de la culture.
Selon la reconstitution des faits, c'est sur ce site de Kiidiga, sur les emprises du fleuve Nakambé, que le premier choc « d'une violence inouïe » a eu lieu le 18 octobre 1896. « Le nom même de ce site, ‘'Kiidiga'', porte dans sa 130ᵉ chair le souvenir de cet affrontement titanesque : en langue nationale mooré, Kiidiga désigne le lieu ‘'où il y a eu trop de morts''. Face à la colonne Voulet-Chanoine composée de cinquante mercenaires aguerris et suréquipés, les guerriers du Kombéré de Mané, sous la conduite éclairée de notables intègres et du Kombéré Naaba Seebdo, ne reculèrent pas d'un pouce. Armés seulement de leurs sagaies, de leurs arcs, de leurs flèches empoisonnées, de leurs sabres et d'un courage surhumain, les combattants de Mané ont affronté la mitraille. Ils sont tombés par dizaines dans les eaux du Nakambé. Le même jour, au front de Zabr-Kuka, à un kilomètre à l'ouest, les combats se sont poursuivis avec une férocité inouïe, où les impacts de flèches sur les arbres témoins sont encore gravés dans la mémoire collective. Kiidiga ne fut pas une défaite ; ce fut le baptême de feu d'un peuple qui refusait la fatalité de la domination ! », enseigne le premier responsable en charge de la culture.
« Nos grands-parents n'ont jamais été vaincus hier. Nous ne serons pas vaincus aujourd'hui »
Selon Gilbert Ouédraogo, une mission d'inventaire scientifique et patrimonial menée sur le terrain en juillet-août 2026 par les équipes techniques du ministère en charge de la culture, en collaboration avec l'association Académie Royale Kéoogo de Boussouma, la chefferie coutumière et les enseignants-chercheurs de l'université, a permis d'établir une vérité historique majeure : la résistance de Boussouma n'était pas un fait isolé, mais un réseau structuré, un paysage mémoriel cohérent s'étendant sur quinze sites majeurs répartis dans neuf localités.
« Kiidiga n'est que la première étincelle d'un brasier de résistance patriotique qui s'est propagé étape par étape », relève le ministre, citant au passage le champ de bataille de Baad-noogo et la grotte de Silmidougou, les figures immortelles de Gnoudou, Rassablaga et du Héros de Birigui, le martyre de l'héroïne anonyme de Birigui, la dimension spirituelle de Pousmiougou à Louda et enfin, l'incendie du Palais de Wayugya et la résilience du Dîma Naaba Koom.
« Pendant des décennies, l'idéologie coloniale et néocoloniale a tenté de nous amputer la mémoire. Elle a voulu nous faire croire que notre histoire avait commencé avec l'arrivée de l'envahisseur. Cette idéologie coloniale a expressément laissé dans l'oubli et l'abandon les hauts lieux de nos luttes anticoloniales pour étouffer en nous la fierté nationale et l'esprit de résistance. Cette époque d'amnésie organisée est définitivement révolue ! Sous l'impulsion éclairée du camarade président, le capitaine Ibrahim Traoré, nous avons entrepris, avec l'ensemble des Burkinabè, une entreprise salutaire de décolonisation des esprits et de réappropriation de notre patrimoine mémoriel », a déclaré le ministre porte-parole du gouvernement, Gilbert Ouédraogo, avant de lancer un appel patriotique à la jeunesse de Mané, du Sanbontenga et du Burkina Faso tout entier : « Regardez le site de Kiidiga ! Ne laissez personne vous dire que vous êtes un peuple résigné. Vos ancêtres ont défié les plus grandes puissances coloniales de leur époque avec des flèches et une foi inébranlable. Soyez dignes de ce sang qui coule en chacun de vous ! Soyez des remparts sans faille pour la patrie ! Refusez la division, la manipulation et la lâche désertion ».
Selon des intervenants, la bataille de Kiidiga revêt donc plusieurs leçons pour les générations actuelles, dont le sens de l'honneur et de l'intérêt général, la loyauté, le patriotisme. « Nos grands-parents n'ont jamais été vaincus hier. Nous ne serons pas vaincus aujourd'hui », peut-on noter de ce devoir de mémoire.
Zoenabo Sana conclut un témoignage avec la devise : "La patrie ou la mort, nous vaincrons !"Selon le ministre de l'enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique, Pr Moumouni Zoungrana, par cette commémoration, il ne s'agit pas de remuer le couteau dans la plaie (la bataille ayant coûté la vie à 70 vaillants combattants du Dima de Boussouma), mais plutôt de célébrer la bravoure, le sens de l'honneur, de la dignité et de l'intégrité des grands-parents. Le ministre Zoungrana marque un arrêt, pour louer donc le courage du président Ibrahim Traoré, qui a accepté de commémorer cette date. « Les faits que nous commémorons ne datent pas d'hier, c'est depuis plusieurs décennies. Mais, jusque-là, aucun chef d'État n'en a parlé. Seul le président Ibrahim Traoré a osé le faire pour célébrer le mérite de nos grands-parents », a-t-il exprimé dans son adresse en langue nationale et sous de fortes ovations des populations.
La communication sur le sujet a été livrée par l'historien Harouna Sawadogo, présentant ici des armes de combat de la résistance de Boussouma.La journée a été matérialisée par le dévoilement, « au nom de l'État burkinabè et au regard des directives du Premier ministre », de la plaque commémorative sur ce site de Kiidiga. Le ministre Gilbert Ouédraogo a précisé que le site sera également inscrit, ainsi que les autres sites qui lui sont associés, dans l'inventaire national du patrimoine culturel.
Selon le conférencier, le travail sur le site a commencé en 2011.Plus tard dans la soirée, sous la présidence du Premier ministre, a été projeté à Ouagadougou et en avant-première un film dédié à ce pan d'histoire intitulé « Kiidiga, le cri des 333 collines ». Selon le porte-parole du gouvernement, le film sera ensuite projeté à Mané sur le site de Kiidiga et dans bien d'autres localités.
O.L
Lefaso.net
Selon une information publiée par Financial Afrik, Moumounou Gnankambary a été nommé directeur général de Vista Bank Burkina Faso à l'issue d'un conseil d'administration extraordinaire tenu le vendredi 16 octobre 2026 à Bangkok, en Thaïlande. Il succède à Mohamed Ba et aura notamment la responsabilité de conduire le processus de fusion avec Société Générale Burkina Faso.
Ancien directeur général du Trésor et de la comptabilité publique, ce haut cadre burkinabè possède une longue expérience de la gestion des finances publiques, de la gouvernance bancaire et des institutions financières régionales et internationales.
La nomination de Moumounou Gnankambary à la tête de Vista Bank Burkina Faso intervient à un moment important de l'évolution de cet établissement bancaire. Selon Financial Afrik, la décision a été validée le 16 octobre 2026, lors d'une réunion extraordinaire du conseil d'administration organisée à Bangkok.
Le nouveau directeur général prend ainsi les commandes de la banque avec, parmi ses principales missions annoncées, le pilotage du rapprochement avec Société Générale Burkina Faso. Au-delà de ce chantier, sa nomination marque l'arrivée à la direction exécutive de Vista Bank Burkina d'un profil particulièrement expérimenté dans les finances publiques et la gouvernance des institutions financières.
Un parcours construit au sommet de l'administration financière burkinabè
Né le 28 décembre 1966 à Ouagadougou, Moumounou Gnankambary est titulaire d'une maîtrise en droit public obtenue en 1991 à l'Université de Ouagadougou. Il a ensuite poursuivi sa formation à l'École nationale des régies financières (ENAREF), où il a obtenu, en 1994, un diplôme d'administrateur des services financiers et un diplôme d'études supérieures spécialisées en finances publiques. En 1996, il complète son parcours académique par une spécialisation en élaboration et exécution du budget de l'État à l'Institut international d'administration publique de Paris.
Sa carrière professionnelle débute en septembre 1994 à la Direction générale du budget du ministère chargé des Finances, où il exerce comme chargé d'études jusqu'en janvier 2000. Il rejoint ensuite la Présidence du Faso en qualité de directeur des affaires administratives et financières, poste qu'il occupe de janvier 2000 à janvier 2005.
En janvier 2005, il est nommé directeur général du budget. Il exercera cette fonction jusqu'en juillet 2007, avant d'accéder, en août de la même année, au poste de directeur général du Trésor et de la comptabilité publique. Pendant près de huit ans, jusqu'en janvier 2015, Moumounou Gnankambary dirige cette administration stratégique, chargée notamment de la gestion de la trésorerie publique et de la comptabilité de l'État.
De 2015 à 2021, il poursuit son parcours comme conseiller technique du ministre de l'Économie, des Finances et du Développement.
Une expertise sollicitée à l'international
Son expérience dépasse les frontières du Burkina Faso. Entre mai 2021 et avril 2022, il intervient en République démocratique du Congo comme expert technique international en gouvernance financière, déployé par Expertise France auprès du gouvernement congolais.
Il revient ensuite au Burkina Faso où il occupe, du 31 août au 30 décembre 2022, les fonctions de directeur exécutif du Bureau national des grands projets du Burkina, à la Présidence du Faso. Depuis avril 2024, il était en position de disponibilité et exerçait comme consultant et associé du cabinet G&T Partners.
Ces différentes responsabilités lui ont permis de développer une expertise à la fois administrative, budgétaire et institutionnelle, dans des environnements nationaux et internationaux.
Une connaissance approfondie des institutions bancaires et monétaires
Le parcours de Moumounou Gnankambary ne se limite pas à la haute administration financière. Il est également marqué par une participation à la gouvernance de plusieurs institutions bancaires, financières et économiques. De 2007 à 2015, parallèlement à ses fonctions de directeur général du Trésor et de la comptabilité publique, il a notamment représenté le Burkina Faso au conseil d'administration de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).
Durant cette même période, il a siégé à la Commission bancaire de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA), en qualité de représentant de l'État burkinabè. Il a également exercé des fonctions de gouverneur suppléant du Burkina Faso auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC).
Il a, par ailleurs, présidé le conseil de gestion du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES). Avant cela, il avait déjà siégé au conseil d'administration de la Banque internationale du Burkina (BIB), entre 2005 et 2007, ainsi qu'à celui de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Ces différentes responsabilités lui ont permis de se familiariser avec les enjeux de réglementation bancaire, de supervision financière, de financement du développement et de gouvernance institutionnelle.
Une expérience déjà acquise au sein du groupe Vista
L'arrivée de Moumounou Gnankambary à la direction générale de Vista Bank Burkina ne constitue pas son premier contact avec le groupe bancaire. En effet, il siège depuis décembre 2016 au conseil d'administration de Vista Bank Guinée en qualité d'administrateur indépendant. Plus récemment, en juin 2026, il a intégré le conseil d'administration de Vista Assurances Niger, avant de rejoindre, en août 2026, celui de Vista Bank Tchad, également comme administrateur indépendant. Cette expérience lui confère une connaissance préalable de la gouvernance de plusieurs entités du groupe Vista, un atout potentiel pour ses nouvelles responsabilités opérationnelles au Burkina Faso.
Le nouveau directeur général a également exercé des responsabilités dans d'autres secteurs économiques. Il a notamment présidé le conseil d'administration de la Loterie nationale burkinabè (LONAB) de janvier 2020 à avril 2021, puis celui de la société minière SEMAFO Boungou SA d'août 2023 à juillet 2025. Il a aussi représenté le Burkina Faso au sein de plusieurs autres structures, dont African Risk Capacity (ARC), United Bank for Africa (UBA) Burkina et la Société burkinabè de fibres textiles (SOFITEX).
Le défi du rapprochement avec Société Générale Burkina Faso
La principale mission annoncée du nouveau directeur général concerne le processus de fusion entre Vista Bank Burkina et Société Générale Burkina Faso. Ce chantier représente un enjeu important pour l'évolution de la présence du groupe Vista sur le marché bancaire burkinabè. Dans un secteur soumis aux exigences de la réglementation bancaire régionale, une telle opération implique notamment des questions de gouvernance, d'organisation, de gestion des risques, de ressources humaines et d'intégration des systèmes d'information. Elle pose également des enjeux de continuité et de qualité des services pour les clients des établissements concernés.
À fin décembre 2024, la BCEAO recensait 16 banques et quatre établissements financiers à caractère bancaire au Burkina Faso. Vista Bank Burkina et Société Générale Burkina Faso figuraient toutes deux parmi les établissements bancaires répertoriés. Pour Moumounou Gnankambary, le défi sera donc de mobiliser son expérience de gestionnaire public, ses connaissances des institutions financières et sa familiarité avec le groupe Vista afin d'accompagner cette transformation. Les modalités précises et le calendrier du processus de fusion restent toutefois à préciser.
Un profil à la croisée des finances publiques et de la banque
Le nouveau directeur général de Vista Bank Burkina présente ainsi un profil particulier : celui d'un haut fonctionnaire des finances publiques ayant progressivement élargi son expérience à la gouvernance des banques et des entreprises. Son parcours, qui s'étend sur plus de trois décennies, l'a conduit de la Direction générale du budget aux plus hautes responsabilités du Trésor public, avant des missions de conseil et de représentation au sein d'institutions financières nationales et internationales.
Il est également titulaire de plusieurs distinctions honorifiques, dont celles de chevalier de l'Ordre national en 2009 et d'officier de l'Ordre national en 2017. Avec sa nomination à Vista Bank Burkina, Moumounou Gnankambary ouvre une nouvelle étape de sa carrière, cette fois à la tête d'un établissement bancaire. Sa capacité à conduire le rapprochement annoncé avec Société Générale Burkina Faso constituera l'un des principaux enjeux de son mandat.
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La rentrée des classes s'est effectuée ce mois d'octobre au Burkina Faso. Les élèves du primaire, les lycéens et les étudiants ont repris les cours avec la fin du chevauchement des promotions à l'université. Les parents d'élèves sont heureux que leurs enfants aillent à l'école. Mais certains discours hostiles à l'école font croire à son inutilité ou à son incapacité à promouvoir l'épanouissement de la jeunesse. Le temps n'est-il pas venu de faire le point sur l'école, ses objectifs et ses valeurs ? L'école est-elle le lieu où l'on apprend à devenir riche ? Qu'est-ce que la société burkinabè cherche à transmettre, à enseigner à sa jeunesse pour l'armer à vivre dans le monde actuel et à prendre la succession des aînés ? Voulons-nous d'une école qui fasse de nos enfants de meilleures personnes, des adultes responsables qui savent prendre en charge leur vie et la société ?
Toute société a des modalités de transmission du savoir et des compétences. Dans les sociétés à tradition orale, ce sont le plus souvent les initiations des jeunes qui les préparent à la vie adulte, à la connaissance de la flore et de la faune, aux règles de la société traditionnelle comme l'intégrité. L'invention de l'écriture a entraîné la création de centres pour transmettre l'écriture et la lecture ainsi que le calcul. Les premières structures d'enseignement de l'écriture et de la lecture en Europe ont été les monastères et ensuite les écoles. Ce fut un pas de géant pour l'humanité entière.
Que de petits potaches désirant faire l'école buissonnière disent que l'école ne sert à rien est compréhensible. Que les mêmes professent que de grandes “réussites” dans le monde des affaires se sont faites sans que ces hommes achèvent leur cursus scolaire, OK. Ce n'est pas faux, et les exemples sont nombreux d'hommes d'affaires comme Bill Gates qui a quitté l'université Harvard pour lancer un business devenu une multinationale. Ce que les success stories ne disent pas, c'est qu'il n'a jamais cessé d'apprendre, de s'instruire. Mais dire à nos enfants que l'école rend bête et est inutile est l'une des plus grandes ignominies de notre temps que les réseaux sociaux permettent de propager. Quelle est la portée de tels propos ? N'est-ce pas une façon de nier le droit à l'éducation, de refuser l'école aux enfants, que seuls des fous furieux comme les terroristes font en les fermant et en tuant les enseignants ? Peut-on refuser de voir le lien entre l'absence d'instruction et la pauvreté et celle-ci avec l'insécurité ?
Plaidoyer pour l'école
Le bon sens est ce qui manque le plus aux auteurs des propos hostiles à l'école. Quand sous le président Thomas Sankara, il a été demandé aux communautés de construire des écoles et que l'État enverrait les enseignants, dans les villages sans école, l'engouement a été fort. Les populations ont construit les écoles parfois en paillotes et c'est l'État qui avait du mal à exercer sa part du contrat, si bien que les appelés du Service national populaire consacraient leur période de travail dédiée au peuple à enseigner. C'est la preuve que la plupart des paysans de notre pays qui ne savent pas lire et écrire considèrent que leurs enfants doivent accéder à la lumière du savoir et échapper à leur triste sort, de vivre dans l'obscurantisme. Louer l'école, l'éducation et les enseignants est essentiel et doit être inlassable.
C'est l'investissement le plus important pour un pays, pour des parents et pour soi-même. Un pays où la population ne cesse d'être curieuse, d'apprendre et de partager ses connaissances ne peut qu'avancer chaque jour. Avec l'école, le pays gagne en retour une amélioration de la santé, des moyens de subsistance et, à l'échelle individuelle, en faisant les bons choix de formation, on améliore ses revenus par un meilleur salaire. C'est pourquoi l'éducation fait partie des objectifs de développement durable. Nous devons soutenir l'éducation de nos enfants car ils sont l'avenir du pays et leur succès sont les fruits de notre labeur et de nos sacrifices. L'école est un outil nécessaire à leur épanouissement. Et c'est dommage que dans le monde il y ait encore 273 millions d'enfants et de jeunes non scolarisés, privés de connaissances et de compétences pour réussir dans la vie.
Le contexte international actuel fait que les États ne soutiennent plus ceux qui sont en difficulté. « Pour l'UNESCO, l'aide internationale à l'éducation va baisser de 25 % entre 2023 et 2027. Et très peu de pays accordent 4 à 6 % de leur PIB aux dépenses d'éducation. » Le Burkina Faso est dans la fourchette, mais son passif est lourd et la crise sécuritaire a annihilé certains efforts. L'Unesco préconise aussi en outre « de consacrer au moins 15 à 20 % des dépenses publiques à l'éducation pour obtenir une éducation de qualité », qui n'est pas possible sans enseignants de qualité dont la formation et la rémunération coûtent cher. Les États qui font le plus de dépenses en éducation sont parmi ceux qui ont le meilleur classement dans l'indice de développement durable. Par contre l'absence d'éducation et un mauvais système éducatif avec des abandons scolaires ont un coût économique très élevé.
L'école est un accélérateur de développement
Parce qu'on y apprend à penser. Notre monde est tel que les pays qui ont une faible surface d'esprits développés ont du mal à réussir. Ne pas avoir des enfants à l'école, c'est se priver de la contribution de certains cerveaux à son développement. Les bases de l'éducation sont l'apprentissage et la maîtrise de la lecture, de l'écriture, du calcul, de l'expression orale et écrite. Ces savoirs sont les fondamentaux qui permettent le développement du goût d'apprendre et la croissance de l'esprit critique qui individualise et autonomise les jeunes par leur capacité à penser par eux-mêmes, à argumenter et à analyser le monde. L'esprit critique est une compétence essentielle dans la résolution des problèmes.
C'est l'école qui forme les ingénieurs qui sont ceux qui résolvent les problèmes. Résoudre un problème, chercher à valider une information, est une compétence pour se rapprocher de la vérité, par la pensée logique, la capacité d'analyse. Tout cela pour mieux comprendre le monde. Qui peut nier que les conditions où l'enfant apprend à s'isoler et à réfléchir, à s'exercer ne sont pas le pli qu'il prend dans la vie face aux problèmes ? De plus l'école socialise, apprend le vivre-ensemble : avec les enfants de sa classe, les enseignants, les élèves plus âgés, il apprend à vivre dans le monde, à créer des liens, à se faire des amis, à être solidaire, à partager son goûter, etc. L'école enseigne des valeurs comme le respect, fondamental dans la vie. En apprenant à respecter les enseignants, les personnes âgées, ses camarades, les règles de vie collective, etc., c'est le citoyen qu'on forme. Une règle que l'école enseigne et qui est intuitive et/ou acquise déjà en famille est la collaboration par les exercices en groupe, les ateliers de travail où se partagent les idées et les compétences.
Dommage que l'esprit de compétition malmène parfois cette valeur. Deux valeurs que les enseignants doivent avoir sont la bienveillance et l'équité. Si l'enfant a le sentiment de l'injustice et de l'antipathie de la part de l'enseignant, il va éprouver des difficultés à se concentrer sur l'enseignement. Du côté de l'enseigné, il doit développer la valeur de l'engagement pour que l'école réussisse sa mission. L'élève doit participer à l'enseignement par ses questions, en faisant ses exercices. C'est une valeur qui est nécessaire dans le monde du travail également. L'école apprend à vivre, non pas comme une hyène qui mange des carcasses abandonnées par les lions, mais en travaillant et en vivant des fruits de celui-ci, de ses mérites. L'école est un chemin de paix et de bonheur.
Sana Guy
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Le numérique burkinabè entend davantage se mettre au service du monde entrepreneurial. C'est dans cette dynamique que s'est tenue, ce lundi 19 octobre 2026, une session spéciale consacrée aux solutions numériques et aux innovations susceptibles de renforcer la compétitivité des entreprises. Organisée par Le Faso Digital en collaboration avec la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), cette rencontre virtuelle a réuni des professionnels du secteur, des développeurs, des porteurs de projets et des participants intéressés par les opportunités qu'offre la transformation numérique. L'initiative s'inscrit dans le cadre de la deuxième édition de Le Faso Digital, dont l'objectif est de présenter une sélection de solutions concrètes susceptibles de répondre aux besoins des entreprises, tout en favorisant les échanges entre les concepteurs d'outils numériques et leurs utilisateurs potentiels.
D'entrée de jeu, le facilitateur de cette session, par ailleurs le président du jury, Roland Tougma, a précisé que plus de 208 projets ont été enregistrés pour cette deuxième édition de cette foire virtuelle. Il a également expliqué que les applications retenues ont été choisies pour leur capacité à faciliter la gestion et à renforcer la compétitivité des acteurs économiques, sans nécessairement tenir compte du classement des projets au concours. La sélection présentée au cours de cette session répondait toutefois à l'objectif qui est de mettre en avant les solutions susceptibles d'améliorer l'efficacité des entreprises.
« Pour cette deuxième édition, nous avons enregistré plus de 208 projets très intéressants et porteurs. Mais ce matin, nous nous intéressons particulièrement aux applications et aux projets qui facilitent la gestion et permettent d'améliorer la compétitivité des entreprises. Il s'agit donc d'une sélection orientée vers la productivité. Ce n'est pas un classement des solutions selon les résultats du concours, ni une manière de dire qu'un projet est meilleur qu'un autre. Nous avons simplement retenu des applications qui peuvent apporter une valeur ajoutée aux entreprises, en fonction de la thématique de cette rencontre », a-t-il précisé.
Des solutions numériques adaptées aux besoins des entreprises
Les solutions présentées couvrent plusieurs secteurs d'activité. Parmi elles, figure "SolarPro Manager", portée par DTS Consulting, qui vise à digitaliser les activités des installateurs solaires africains. La plateforme propose notamment des outils de dimensionnement, de facturation, de paiement, de gestion des stocks et de suivi de la production. Selon le présentateur, elle entend contribuer à la formalisation des Petites et moyennes entreprises (PME), tout en facilitant leur accès au financement.
Dans le domaine du transport urbain, l'application "SOTRACO digital" a été présentée comme une solution de digitalisation de l'abonnement au transport. L'outil vise à simplifier les inscriptions, à faciliter le contrôle sur le terrain et à limiter les risques de fraude. La dématérialisation doit notamment permettre de réduire les files d'attente, les manipulations d'espèces et la falsification des cartes papier, tout en favorisant un accès plus inclusif aux services.
La question de l'efficacité énergétique a également été abordée à travers "WATTIA", présentée comme une plateforme burkinabè consacrée à l'efficacité énergétique et à l'écoconstruction. L'application permet notamment d'analyser la consommation énergétique et d'orienter les choix d'équipements et de conception de bâtiments vers des solutions plus économes.
La gestion immobilière n'est pas en reste, plusieurs outils ont été mis en avant. « Je mérite ma maison » ambitionne de faciliter la mise en relation entre propriétaires et locataires sans commission, en numérisant une partie des activités traditionnellement assurées par les démarcheurs. "Zakafy", pour sa part, centralise la recherche, la publication d'annonces et la mise en contact autour de biens immobiliers à vendre ou à louer.
Une autre solution, "Napp IA Faso", se distingue par sa capacité annoncée à prévoir l'évolution des nappes phréatiques jusqu'à douze mois à l'avance, à partir de données satellitaires. Un outil qui pourrait notamment intéresser les acteurs du forage et de la gestion des ressources en eau.
Le secteur agricole n'a pas été oublié. La solution "Agripredict 5" propose des prévisions de rendement et de revenus agricoles, ainsi que des alertes climatiques destinées aux producteurs et aux institutions concernées. D'après les informations communiquées pendant la session, la plateforme s'appuie sur des modèles d'apprentissage automatique et des données couvrant plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.
La session a aussi permis de découvrir des solutions dédiées à la comptabilité, à la communication numérique, à la livraison, à la culture et au transport de voyageurs. Certaines utilisent l'intelligence artificielle pour automatiser le traitement des factures et des documents comptables, tandis que d'autres proposent des services de veille médiatique, de géolocalisation des artisans ou de valorisation du patrimoine culturel.
« La compétitivité, c'est d'abord du temps… »
Au-delà de la présentation des applications, les échanges ont permis d'aborder les conditions nécessaires pour que les entreprises tirent réellement profit de ces innovations. Dr Boukary Ouédraogo, intervenant au cours de la session, a insisté sur le fait que l'acquisition d'un outil numérique ne suffit pas, à elle seule, à rendre une entreprise plus compétitive.
« Une entreprise ne devient pas compétitive simplement parce qu'elle a acheté un outil ou parce qu'elle a fait confiance à une solution qui semble être la meilleure. Elle devient compétitive lorsqu'elle arrive à résoudre ses problèmes plus rapidement et à moindre coût que ses concurrents. Pour moi, la compétitivité, c'est d'abord une question de temps. Dans beaucoup d'entreprises, y compris au Burkina Faso, une partie importante des ressources est encore absorbée par des tâches répétitives, qu'il s'agisse de recopier des informations, de refaire des factures, d'additionner des ventes ou de rechercher des données en fin de campagne. Ces opérations prennent du temps et peuvent finir par fragiliser la confiance entre l'entreprise et ses clients, notamment lorsque les informations ou les paiements ne sont pas disponibles au bon moment », a-t-il expliqué.
Pour lui, l'intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de productivité, notamment dans la rédaction de devis, la préparation de factures, la réponse aux clients et l'élaboration d'offres commerciales. Mais son utilisation efficace suppose de réunir plusieurs conditions.
« Le premier investissement d'une entreprise ne doit pas nécessairement être le matériel, mais la formation. L'outil peut être disponible, mais si les personnes ne savent pas l'utiliser correctement, les résultats ne seront pas au rendez-vous. Il faut également adopter la bonne démarche : beaucoup commencent par chercher une solution avant même d'avoir clairement défini le problème qu'ils veulent résoudre. Or, c'est le problème qui doit nous conduire à choisir la solution adaptée. Il faut enfin tenir compte de la connectivité, du coût et surtout de la qualité des données, car aucune application ne peut donner de bons résultats si les données dont elle a besoin sont absentes ou insuffisantes », a-t-il souligné.
Pour Dr Ouédraogo, l'intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de productivité, mais son utilisation efficace suppose de réunir plusieurs conditionsLa souveraineté numérique, un enjeu majeur pour les entreprises
Si l'intelligence artificielle constitue un levier de productivité, son utilisation soulève également des préoccupations relatives à la confidentialité des données et à la protection des innovations. C'est l'un des principaux messages développés par Mahamadi Rouamba, intervenant au nom de Ticanalyse, un bureau de conseil et d'ingénierie numérique spécialisé notamment dans la gouvernance et la sécurisation des usages de l'intelligence artificielle.
Selon lui, les entreprises doivent veiller à ne pas compromettre leurs informations stratégiques en utilisant des outils dont elles ne maîtrisent pas suffisamment le fonctionnement et la gestion des données.
« La plupart des solutions d'intelligence artificielle que nous utilisons aujourd'hui ne sont ni créées par les structures qui les utilisent ni, bien souvent, par des entreprises nationales. Lorsque vous prenez ChatGPT, Claude, Gemini ou Copilot, ce sont des solutions qui relèvent d'autres juridictions. Certes, elles permettent aux entreprises burkinabè de gagner en productivité, de traiter certains dossiers et d'automatiser rapidement des processus. Mais, dans le même temps, nous risquons de perdre notre patrimoine informationnel. Dans les banques, les assurances, les structures de santé et les grandes industries, des collaborateurs utilisent quotidiennement ces outils et peuvent y transférer des données qui relèvent du secret professionnel, de la propriété intellectuelle ou des mécanismes internes de production. Sans toujours en mesurer les conséquences, les entreprises peuvent ainsi exposer des informations qui constituent pourtant une source de valeur et un avantage concurrentiel », a-t-il averti.
Pour le spécialiste, la question ne concerne pas uniquement les grandes entreprises. Les PME, les administrations et les institutions doivent également se doter de mécanismes permettant d'encadrer les usages de l'intelligence artificielle.
« Nous devons aller vers un usage responsable, un usage gouverné de l'intelligence artificielle, avec des outils qui nous permettent de contrôler son fonctionnement. La productivité que nous pensons gagner grâce à ces technologies, nous pouvons finalement la perdre si nous ne protégeons pas notre patrimoine informationnel. Une entreprise peut consacrer du temps et des ressources à concevoir une solution, à élaborer une stratégie commerciale ou à développer un produit, mais si elle transmet toutes ces informations à un fournisseur extérieur sans précaution, elle risque de fragiliser sa propre compétitivité. Il y va de la capacité de nos entreprises et de notre pays à créer de la valeur sur le long terme », a-t-il déclaré.
En réponse à une question sur les moyens de concilier l'utilisation de l'intelligence artificielle et la protection des informations stratégiques, Mahamadi Rouamba a expliqué que la formation des utilisateurs, bien qu'indispensable, ne suffisait pas.
« Il est bien de former les utilisateurs et de leur donner une charte de bonne utilisation, mais il faut comprendre que l'intelligence artificielle elle-même doit être gouvernée. Vous pouvez former vos collaborateurs et leur demander de ne pas transférer des documents confidentiels. Cependant, lorsqu'un agent reçoit un rapport urgent à produire pour le lendemain matin, il peut être tenté de déposer directement un fichier dans un outil d'intelligence artificielle, sans prendre le temps d'en retirer les informations sensibles. C'est pourquoi il faut un dispositif qui permette non seulement de sensibiliser les utilisateurs, mais aussi de contrôler les outils eux-mêmes, de définir ce qu'ils peuvent faire et de veiller au respect des règles internes de l'organisation », a-t-il expliqué.
À cet effet, il a présenté "Panguin AI", une plateforme destinée à être déployée au sein des organisations pour centraliser et encadrer l'utilisation de différents outils d'intelligence artificielle. Selon lui, cette solution doit permettre aux responsables informatiques et aux équipes chargées de la sécurité de définir des règles d'utilisation, de suivre les interactions et de conserver une traçabilité des opérations.
Protéger les innovations contre les copies…
La protection du patrimoine numérique ne se limite pas aux données. Elle concerne également les noms commerciaux, les marques, les idées développées et les éléments techniques des applications. Cette problématique a été soulevée par Dr Boureima Kouanda, développeur et consultant, qui a présenté l'application "Faso Tougma", une plateforme destinée à mettre en relation les utilisateurs avec des prestataires de services. Disponible sur Play Store et Google Play, selon son promoteur, l'application permet de rechercher des artisans et des professionnels dans plusieurs domaines, notamment la plomberie, l'électricité, la vidange, les bureaux d'études, le commerce et certains services spécialisés.
Mais son intervention a surtout porté sur un témoignage des difficultés rencontrées par son équipe après la découverte d'une application portant un nom identique et présentant des similitudes importantes avec sa propre solution.
« Nous avons développé Faso Tougma après de nombreux tests et nous avons commencé à le rendre accessible au public. Mais nous avons ensuite découvert qu'une autre équipe avait présenté, dans le cadre d'un concours, une application portant exactement le même nom et reprenant, selon nos constatations, une grande partie du contenu et de la présentation de notre produit. Nous avons été surpris de constater que deux applications pouvaient être présentées pratiquement de la même manière, avec un nom identique dans sa forme et dans son écriture. Nous avons pris contact avec les personnes concernées, mais, face à la situation, nous avons finalement décidé de saisir les autorités compétentes afin que cette affaire soit examinée », a-t-il raconté.
Pour le développeur, cette expérience montre les risques auxquels les innovateurs sont exposés, particulièrement dans un contexte où les outils numériques et l'intelligence artificielle facilitent le développement rapide d'applications.
« Avant d'adopter officiellement un nom pour un produit, il est important de vérifier qu'il n'a pas déjà été protégé par un tiers dans le même domaine d'activités. Le nom constitue souvent le premier actif d'une entreprise, parce que c'est par lui que les utilisateurs reconnaissent le produit, le recherchent et en parlent. Si vous ne le protégez pas, vous risquez de vous retrouver dans des discussions difficiles pour déterminer qui est réellement propriétaire de la marque. Il faut donc prendre les dispositions nécessaires en amont, car la protection des actifs est essentielle aussi bien pour l'entreprise que pour ses consommateurs », lui a conseillé Mahamadi Rouamba.
Il a également indiqué que la protection pouvait concerner d'autres éléments, notamment le contenu, le code source et les composantes techniques d'une solution. Une vigilance particulière doit, selon lui, être accordée aux conditions de collaboration au sein des équipes de développement.
Des solutions locales pour réduire la dépendance aux logiciels importés
La session a également donné la parole à Ounteni Ouoba, ingénieur de conception en informatique et spécialiste de la digitalisation des processus métier. Il a présenté un ensemble de plateformes développées pour répondre aux besoins des entreprises, des établissements d'enseignement et des structures de santé.
Revenant sur l'origine de cette démarche, il a expliqué que son cabinet s'était engagé depuis plusieurs années dans la conception de logiciels adaptés au contexte burkinabè, avec l'ambition de limiter la dépendance aux solutions importées, parfois coûteuses et difficiles à adapter aux réalités locales.
« Depuis 2005, nous avions une idée très claire que nous ne devions plus être uniquement des importateurs de logiciels de gestion d'entreprise. Nous constations qu'il existait beaucoup de solutions, dont certaines étaient très coûteuses, et nous avons décidé de produire des logiciels conçus au Burkina Faso. Nous n'avons pas attendu qu'il y ait des marchés pour commencer à travailler. Nous avons identifié plusieurs domaines, notamment la finance, l'éducation, la santé et le commerce, dans lesquels nous pouvions développer des outils capables d'aider les entreprises et les organisations à bénéficier des avantages du numérique. Au fil des années, ces logiciels ont évolué vers des plateformes accessibles en ligne, avec l'objectif de faciliter leur utilisation, leur maintenance et leur amélioration continue », a-t-il indiqué.
Mahamadi Rouamba a présenté "Pangain AI" une plateforme destinée à être déployée au sein des organisations pour centraliser et encadrer l'utilisation de différents outils d'intelligence artificielleParmi les outils présentés figure "Warikobiz", une plateforme de gestion commerciale qui intègre notamment la facturation, la gestion des stocks, le suivi des clients, les ressources humaines, la paie et la comptabilité. Selon son promoteur, l'outil est conçu de manière modulaire, afin que chaque entreprise puisse sélectionner les fonctionnalités correspondant à ses besoins.
« Warikobiz permet de suivre les opérations commerciales, depuis la gestion des clients jusqu'à la facturation et aux stocks. La plateforme intègre également la gestion des ressources humaines et de la paie, en tenant compte des particularités du calcul des salaires au Burkina Faso. Pour la comptabilité, nous avons travaillé sur un modèle adapté au système comptable applicable dans l'espace OHADA, afin que les opérations effectuées dans les différents modules puissent alimenter automatiquement les écritures comptables. L'objectif est de faciliter le travail des entreprises, de réduire les tâches répétitives et de permettre aux professionnels de disposer plus rapidement des informations dont ils ont besoin », a expliqué Ounteni Ouoba.
L'intervenant a toutefois précisé que la génération des états fiscaux ne dispensait pas d'une vérification par un expert-comptable. Il a également indiqué que l'habilitation de la Direction générale des impôts pour la facturation électronique était encore en cours de demande.
La deuxième solution présentée, "Faso SMS", est une plateforme d'envoi de messages en masse destinée notamment à la communication des entreprises. Elle permet aux organisations de diffuser des informations à leurs clients et usagers, y compris dans des contextes où l'accès à internet n'est pas garanti.
« Nous avons conçu Faso SMS pour que les entreprises puissent communiquer facilement avec leurs clients, notamment à travers des messages d'information et d'alerte. Le numérique ne doit exclure personne. Même lorsqu'un utilisateur n'a pas accès à internet, il doit pouvoir recevoir une information importante sur son téléphone. Notre plateforme permet également à d'autres applications d'intégrer ce service grâce à une interface de programmation, afin que les entreprises puissent automatiser leurs communications », a-t-il détaillé.
Dans le secteur de l'éducation, "Kalan" propose une solution de gestion des établissements couvrant notamment les inscriptions, les paiements, les bulletins de notes, la discipline et les emplois du temps. L'outil permet aussi d'automatiser certaines communications avec les parents, notamment les rappels de paiement des frais de scolarité et les notifications d'absence des élèves.
Le cabinet a également présenté "Tocsaa", une plateforme d'évaluation à 360 degrés. Elle permet à une personne, à une entreprise ou à une organisation de recueillir des appréciations anonymes sur ses pratiques, ses produits ou ses services. Les résultats sont ensuite analysés par une intelligence artificielle configurée pour proposer des pistes d'amélioration.
« Avec Tocsaa, une entreprise peut demander à ses clients d'évaluer un produit, sa qualité, son rapport qualité-prix, son emballage ou encore les conditions de livraison. Au lieu de mobiliser des équipes sur le terrain pour recueillir toutes ces informations, elle peut diffuser un lien et recueillir les appréciations des utilisateurs. Les résultats sont ensuite analysés afin de dégager les points forts et les aspects à améliorer. C'est également un outil qui peut accompagner les ressources humaines et permettre une évaluation plus large des collaborateurs », a défendu le promoteur.
L'écosystème présenté comprend également "Digitoun", consacré notamment à l'apprentissage des langues nationales, au e-learning et à la bibliothèque numérique, ainsi qu'une plateforme de télémédecine destinée à faciliter la prise de rendez-vous et les téléconsultations.
En clôturant la session, le président du comité d'organisation, Dr Cyriaque Paré, a rappelé que cette initiative qu'est le Faso Digital s'inscrivait dans le cadre de la célébration de l'anniversaire de Lefaso.net, qui célèbre ce 19 octobre 2026 son 23ᵉ anniversaire, et qu'elle visait à mettre en lumière les innovations développées par les Burkinabè.
Il a invité les participants à consulter la plateforme Le Faso Digital pour découvrir les différentes solutions présentées et entrer directement en contact avec leurs promoteurs.
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
Au Burkina Faso, près de 30 millions d'abonnements mobiles sont enregistrés, mais quelque 3 514 localités restent encore privées de couverture réseau, selon les données présentées par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Entre progression de la connectivité, qualité des services, coût des communications et protection des consommateurs, le chemin vers une véritable inclusion numérique reste jalonné de défis. Ce lundi 19 octobre 2026, à l'occasion de la deuxième édition de Le Faso Digital, trois responsables de l'ARCEP ont apporté des éclairages sur ces enjeux, au cours d'une conférence consacrée au thème « Réguler pour inclure et innover dans un Burkina digital : enjeux et défis ».
Disposer d'un téléphone portable ne signifie pas nécessairement être connecté. Et avoir accès à internet ne garantit pas toujours de pouvoir en profiter dans de bonnes conditions. Entre les localités où aucun réseau n'est disponible, les difficultés de connexion, le coût des services et la maîtrise des outils numériques, les réalités vécues par les consommateurs burkinabè rappellent que l'inclusion numérique va bien au-delà du simple déploiement des infrastructures. C'est précisément cette problématique qui a nourri les échanges de la conférence animée par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), ce 19 octobre 2026, dans le cadre de la deuxième édition de la foire virtuelle Le Faso Digital. Trois intervenants ont partagé leurs analyses : Dr Serge Roland Sanou, conseiller technique du secrétaire exécutif de l'ARCEP, Serge Théophile Ouédraogo et Youssouf Maïga, tous deux de l'institution. La rencontre était modérée par le communicateur Yacouba Koussoubé.
Près de 30 millions d'abonnements mobiles, mais l'inclusion reste un défi
Pour introduire les échanges, Dr Serge Roland Sanou a choisi de dresser un état des lieux du secteur à partir des statistiques de l'Observatoire des marchés de l'ARCEP, arrêtées au deuxième trimestre 2026. Au 30 juin, le Burkina Faso enregistrait environ 30 millions d'abonnements mobiles actifs, près de 20 millions d'abonnements à l'internet mobile et quelque 14,2 millions d'abonnements à la 4G. Les abonnements à l'internet fixe s'établissaient, quant à eux, à 328 764. Ces chiffres témoignent d'une progression de la connectivité, même si le nombre d'abonnements ne correspond pas nécessairement au nombre de personnes effectivement connectées, un utilisateur pouvant disposer de plusieurs cartes SIM. Mais pour l'ARCEP, la multiplication des abonnements ne constitue pas une finalité en soi. « L'objectif que l'ARCEP recherche, ce n'est pas seulement de connecter, mais comme la thématique le dit, il s'agit également d'inclure et d'innover », a expliqué Dr Serge Roland Sanou. Le conférencier a décliné cette ambition autour de trois dimensions complémentaires. Connecter signifie étendre les réseaux haut débit à l'ensemble du territoire, notamment dans les zones blanches. Inclure suppose de rendre les services accessibles, abordables, fiables et sûrs pour chaque citoyen. Innover revient notamment à préparer l'arrivée de nouvelles technologies, dont la 5G, tout en renforçant la confiance des utilisateurs. Cette orientation s'inscrit dans le plan stratégique 2024-2028 de l'ARCEP, structuré autour de cinq axes portant notamment sur la gouvernance, la croissance des communications électroniques et des postes, la protection des consommateurs, l'innovation et la communication.
Toutefois, plusieurs contraintes continuent de peser sur le développement du secteur.
Le Burkina Faso, pays enclavé, fait notamment face à des difficultés d'accès aux infrastructures internationales de connectivité. À cela s'ajoutent les oppositions à l'implantation de certains pylônes, les inquiétudes des populations concernant les rayonnements, les actes de vandalisme et les dommages occasionnés aux installations lors des travaux de voirie. La situation sécuritaire constitue également un obstacle important au déploiement et à la maintenance des réseaux dans certaines localités. Pour Dr Sanou, ces contraintes doivent être prises en compte dans les politiques de régulation, au même titre que les évolutions technologiques liées à l'intelligence artificielle, à l'internet des objets ou encore aux connexions satellitaires.
Prix des communications : ce que l'ARCEP peut réellement imposer aux opérateurs
L'une des préoccupations majeures des consommateurs reste le coût des communications électroniques. Sur cette question, Serge Théophile Ouédraogo a tenu à clarifier le périmètre d'intervention de l'autorité de régulation. Dans sa présentation consacrée au cadre juridique et institutionnel du secteur, il a d'abord rappelé que les télécommunications constituent un marché particulier, dont le fonctionnement doit être encadré afin de garantir une concurrence saine et de préserver les intérêts des usagers. « Ce n'est pas un marché ordinaire, parce qu'il est organisé autour d'un certain nombre de règles et de principes pour éviter notamment que les plus puissants piétinent les plus faibles », a-t-il expliqué. Le dispositif juridique burkinabè repose sur plusieurs textes nationaux, mais également sur des instruments internationaux et communautaires qui ont contribué à structurer la réglementation du secteur. Ce cadre définit notamment les conditions d'accès au marché, les obligations des opérateurs, les règles d'interconnexion, la gestion des fréquences, l'identification des abonnés et les mécanismes de protection des consommateurs. Mais contrairement à une perception répandue, l'ARCEP ne dispose pas d'un pouvoir illimité sur la fixation des tarifs appliqués au grand public. « Il n'y a pas, en tout cas actuellement, une disposition qui permet à l'autorité de régulation d'agir de façon directe sur le coût », a précisé Serge Théophile Ouédraogo, en faisant référence aux services de détail.
Concrètement, l'institution ne peut pas imposer arbitrairement à un opérateur de fixer le prix d'une communication à 120 ou 125 francs CFA. En revanche, elle dispose de prérogatives lui permettant d'encadrer certains tarifs de gros pratiqués entre opérateurs, notamment pour prévenir les déséquilibres concurrentiels. Cette limitation réglementaire ne signifie cependant pas que l'ARCEP demeure inactive face aux préoccupations des consommateurs. Le conférencier a notamment rappelé une décision prise en 2023 concernant les offres permanentes et promotionnelles. Celle-ci impose aux opérateurs de débiter prioritairement les bonus accordés aux abonnés avant de toucher à leur crédit principal. Une mesure destinée à éviter que les consommateurs perdent leurs avantages promotionnels alors que leur crédit acheté a déjà été consommé. Autre avancée évoquée est l'encadrement des services à valeur ajoutée et des messages publicitaires, à travers une décision prise en 2024. Désormais, un opérateur ne peut pas abonner un client à un service à valeur ajoutée sans avoir préalablement recueilli son consentement. « L'opérateur n'a pas le droit de souscrire un client à un service à valeur ajoutée sans son consentement », a insisté Serge Théophile Ouédraogo. Le consommateur doit également disposer d'un mécanisme lui permettant de se désabonner lorsqu'il ne souhaite plus bénéficier du service concerné.
Le taux de couverture en 4G du territoire est de 52,5 % et celui de la population 67,9 %Ces dispositions illustrent le rôle de l'autorité de régulation dans la protection des droits des utilisateurs, même lorsque ses possibilités d'intervention directe sur les tarifs restent limitées par les textes en vigueur.
Plus de 3 500 zones blanches : connecter les territoires sans oublier la qualité des services
Si les chiffres globaux des abonnements traduisent une progression du secteur, ils masquent encore de fortes disparités territoriales. C'est ce qu'a mis en évidence Youssouf Maïga dans sa communication consacrée à la couverture et à la qualité des réseaux de communications électroniques. Selon les estimations présentées, la couverture du territoire national par les réseaux 2G atteint environ 64 %, contre 77 % pour la couverture de la population. Pour la 3G, ces proportions s'établissent respectivement à 60 % et 74 %.
Quant à la 4G, elle couvre environ 63 % du territoire et 68 % de la population. Ces écarts montrent que les réseaux sont davantage déployés dans les zones à forte concentration humaine, tandis que certaines localités rurales demeurent moins bien desservies. L'ampleur du défi apparaît plus clairement à travers les données relatives aux zones blanches, ces localités où aucun opérateur de télécommunications n'est présent. D'après les travaux d'identification présentés par l'ARCEP, le Burkina Faso compte environ 3 514 zones blanches, représentant près de 40 % des localités du pays et concernant approximativement 4,7 millions d'habitants. Près de la moitié de ces zones se concentrent dans cinq régions, notamment le Kulsé, le Yaadga, le Liptako et le Djôrô.
La connectivité fixe présente également des disparités. Selon Youssouf Maïga, les réseaux concernés sont déployés dans environ 35 localités, dont 26 urbaines et neuf rurales. Mais l'accès au réseau ne suffit pas à garantir l'inclusion numérique. « Il faut que le réseau soit disponible à tout point du territoire », a rappelé le conférencier, avant d'insister sur la nécessité d'assurer des services fiables, à des prix accessibles et à travers des équipements adaptés aux besoins des utilisateurs. La question des compétences numériques constitue également un facteur déterminant. Une personne peut disposer d'un smartphone et d'une connexion internet sans nécessairement posséder les connaissances requises pour accéder efficacement aux services administratifs ou aux ressources disponibles en ligne.
Youssouf Maïga a par ailleurs expliqué les différentes approches utilisées pour évaluer la qualité des communications électroniques. Il a distingué la performance du réseau, mesurée à partir des données techniques des opérateurs, la qualité de service, appréciée notamment à travers les appels, les débits de téléchargement ou les délais de transmission, et la qualité d'expérience, qui renvoie à la perception réelle des utilisateurs. Pour apprécier ces performances, l'ARCEP mène régulièrement des campagnes de contrôle sur les réseaux des opérateurs. Les données présentées au cours de la conférence font notamment état de quatre campagnes de mesure ayant concerné 91 zones, parmi lesquelles 33 localités urbaines et 42 localités rurales. Plus de 111 000 tests d'appels vocaux ont été réalisés sur les trois réseaux.
Au terme des trois communications, il ressort essentiellement que la transformation numérique du Burkina Faso ne peut être appréciée uniquement à travers le nombre de cartes SIM en circulation ou la progression des abonnements internet. Elle doit également se traduire par une réduction des disparités entre les territoires, une meilleure protection des consommateurs, une qualité de service satisfaisante et des conditions d'accès qui permettent au plus grand nombre de profiter des possibilités offertes par les technologies numériques.
Farida Thiombiano
Lefaso.net