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Togo : L’ANC condamne la livraison de Dambia aux autorités burkinabè

Togo Actualités - mer, 04/02/2026 - 11:28

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) dénonce avec vigueur la remise par les autorités togolaises de l’ancien président burkinabè Henri Sandaogo Damiba à la junte militaire au pouvoir à Ouagadougou. Dans une déclaration au ton grave, le parti d’opposition fustige une violation flagrante du droit d’asile et du principe de non-refoulement, y voyant un acte de soumission diplomatique et un dangereux précédent qui, selon lui, met désormais en péril la sécurité de tous les réfugiés politiques accueillis au Togo.

DECLARATION

L’ANC condamne la livraison de M. Henri Sandaogo Dambia aux autorités burkinabè

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) exprime sa consternation et sa réprobation face à la remise par les autorités togolaises de M. Henri Sandaogo Dambia, ancien Président du Burkina Faso, aux autorités burkinabè issues du coup d’État militaire qui l’a renversé.

Par cet acte, le régime togolais pose un précédent gravissime, qui marque une rupture brutale avec les principes fondamentaux du droit d’asile, du droit international et des valeurs humanistes dont le Togo se réclamait jusqu’ici.

C’est un acte de refoulement politique déguisé, une trahison manifeste des obligations internationales du Togo, un acte de soumission diplomatique indigne, exécuté au mépris de la vie, de la sécurité et des droits fondamentaux d’un réfugié politique placé sous la protection de l’État togolais depuis plus de trois ans.

Le principe de non-refoulement, pilier du droit international qui interdit aux Etats de renvoyer des réfugiés vers un pays où leur vie ou leur liberté est menacée, a été cyniquement violé. Aucun État responsable ne peut livrer un réfugié aux autorités mêmes dont il a fui le pouvoir, surtout lorsqu’il s’agit d’un régime militaire issu d’un coup d’État. Même si le Togo fonde sa décision d’extradition de Paul Henri Sandaogo Dambia sur des « garantis » du respect de son intégrité physique et de sa dignité, de ses droits lui épargnant la peine de mort.

Les accusations de détournement criminel de deniers publics, d’enrichissement criminel, de corruption, d’incitation à la commission de délits et crimes, de recel aggravé et blanchiment de capitaux, avancées par les autorités du Burkina Faso et retenues par le gouvernement togolais, apparaissent comme un prétexte politique commode cousu de fil blanc, non étayé par la moindre décision judiciaire indépendante, ni par la production de preuves vérifiables. L’ANC dénonce un procès expéditif, une décision arbitraire, opaque et unilatérale, prise en dehors de toute procédure contradictoire et en violation flagrante des principes de l’État de droit.

Même dans l’hypothèse — non démontrée — où de tels soupçons existeraient, le Togo disposait de solutions légales et responsables, notamment l’expulsion de M. Dambia vers un pays tiers sûr.

Le choix délibéré de livrer M. Damiba à ses adversaires politiques révèle une volonté assumée de complaire à des régimes militaires, au détriment des principes juridiques et moraux les plus élémentaires.

L’ANC estime que cet acte s’inscrit dans une stratégie hasardeuse et dangereuse de rapprochement avec l’Alliance des États du Sahel (AES), dans une logique de marchandage diplomatique, alors même que le Togo demeure membre de la CEDEAO et ne fait pas partie de l’espace sahélin.

Voilà comment, poussé par un opportunisme géopolitique sans vision ni boussole éthique, le régime togolais sacrifié sur l’autel sur l’autel de la duplicité, la souveraineté juridique du pays, son honneur international et sa dignité ainsi que la sécurité des personnes qu’il accueille.

En posant cet acte, les autorités togolaises envoient un message glaçant : plus aucun réfugié politique n’est en sécurité au Togo.

L’Alliance Nationale pour le Changement :

· condamne avec la plus extrême fermeté la remise de M. Henri Sandaogo Damiba aux autorités burkinabè ;

· tient personnellement responsables les plus hautes autorités de l’État togolais des conséquences humaines, politiques et juridiques de cet acte ;

· appelle les juridictions et mécanismes internationaux compétents, ainsi que les organisations de défense des droits humains, à se saisir sans délai de ce dossier ;

· alerte l’opinion nationale et internationale sur les dérives intentionnellement opportunistes du régime togolais dont la duplicité et le double langage mettent en danger la stabilité régionale.

L’ANC réaffirme que la stabilité régionale ne se construit ni par la peur, ni par la trahison des réfugiés, ni par l’alignement complaisant et opportuniste sur des juntes militaires, mais par le respect du droit, des libertés et de la dignité humaine.

Le Togo mérite mieux que cette diplomatie de renoncement et de compromission.

Fait à Lomé, le 02 février 2026

Pour le Bureau National

Le Président

Togoactualité

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Catégories: Afrique, Union européenne

Balendra Shah: Frontrunner for PM’s Post in Nepal’s Election

TheDiplomat - mer, 04/02/2026 - 11:28
The former rapper campaigns in silence. For now, he is winning without speaking. But Nepali elections have a way of demanding answers.

Did Prime Minister Modi Dodge Responsibility During a Crucial Clash With China?

TheDiplomat - mer, 04/02/2026 - 10:30
In his unpublished memoir, then-Indian Army Chief Gen. Naravane claims that a key decision on whether or not to fire upon advancing Chinese tanks and troops was left to him to make.

Antoine Vermorel-Marques (LR) : "La droite doit être beaucoup plus claire face au RN"

France24 / France - mer, 04/02/2026 - 09:14
Le parquet requiert cinq ans d’inéligibilité sans exécution provisoire au procès en appel de Marine Le Pen. Pour Antoine Vermorel-Marques, vice-président des Républicains, "Marine Le Pen n’est pas au-dessus des lois". Sur une éventuelle union des droites pour les prochaines élections, il estime que "ceux qui pensent que le RN n’est pas un opposant n’ont rien à faire chez LR" et que sa famille politique "doit être beaucoup plus claire face au RN".
Catégories: Balkans Occidentaux, France

Médecine : les universités bulgares aussi attirent les étudiants étrangers

Courrier des Balkans - mer, 04/02/2026 - 09:04

Dans l'ombre de la Roumanie voisine, beaucoup d'étudiants étrangers viennent faire médecine en Bulgarie, pour trouver des formations de qualité à des coûts très compétitifs. Reportage à Pleven, où ces étudiants étrangers ont sauvé la faculté de la banqueroute et redynamisé le centre-ville.

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Appel d'offre national pour la réalisation de forages équipés de pompes solaires, de clôtures grillagées, de bassins de stockage d'eau pour l'irrigation, de latrines, de maisonnettes, d'éclairage et de hangars dans les arrondissements 10 et 11 de la...

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 04/02/2026 - 09:00

Ouagadougou, le 04 février 2026

N/Réf : 01/2026/MT/LAGRO/F41D24000140008

0) Information générale : MANI TESE est une ONG italienne fondée en 1964 qui opère au Burkina Faso depuis les années 1980 dans les régions du Centre, du Plateau Central, du Centre-Est, du Centre-Ouest, Centre-sud, du Nord, des Cascades. Les principaux domaines d'intervention sont les suivants :
• Sécurité alimentaire
• Agroécologie
• Promotion du leadership des femmes dans la société et dans le secteur rural
• La microfinance, accompagnement à la professionnalisation et la formalisation des micro-entreprises et des coopératives

Les thèmes qui ont toujours caractérisé nos interventions sont la promotion de l'agroécologie tant au niveau de la production que de la transformation, la sensibilisation à une alimentation saine avec des produits issus d'une filière courte et locale, la création d'emplois dignes et durables notamment pour les jeunes et les femmes, et la protection des groupes les plus vulnérables en promouvant une culture de paix, de solidarité et de non-discrimination
1) Objet : Appel d'offre national pour la réalisation de forages équipés de pompes solaires, de clôtures grillagées, de bassins de stockage d'eau pour l'irrigation, de latrines, de maisonnettes, d'éclairage et de hangars dans les arrondissements 10 et 11 de la commune de Ouagadougou

2) Financement : Ministère de l'Intérieure d'Italie
3) Eligibilité : L'objet de cette invitation à soumissionner est de solliciter des propositions compétitives pour la signature d'un contrat ponctuelle pour la réalisation des travaux mentionnés
L'appel d'offres s'adresse à toute entreprise régulièrement installée, disposant de l'expérience et des capacités requises et qui ne se trouve dans aucune situation d'interdiction de soumissionner (faillite, liquidation, sanctions, etc.)
4) Acquisition du DAO : Le Dossier d'Appel d'Offres peut être consulté gratuitement et retiré aux conditions suivantes :

Frais d'acquisition
Non applicable

Date, jour et heures

Tous les jours ouvrables, dès le 04 février 2026, de 9h00 heures à 13 heures 00. Se munir d'une adresse électronique(active) pour le retrait des dossiers d'appels d'offre.

Adresse(s) de retrait :
Le dossier d'appel d'offres (DAO) peut être retiré à l'adresse suivante : Bureau de Mani Tese. sis au quartier Wayalghin/Ouagadougou pas loin de SONACOF.geoloc :12.291485.-484786, Tel 56 50 53 76. Pour des informations complémentaires veuillez écrire à l'adresse mail christsebego@gmail.com et en copie burkinafaso@manitese.it en utilisant l'objet :
« LAGRO – questions DAO 01/2026/MT/LAGRO/F41D24000140008 »
5) Dépôt des offres : Dossiers concernés

REALISATION DE FORAGES EQUIPES DE POMPES SOLAIRES, DE CLOTURES GRILLAGEES, DE BASSINS DE STOCKAGE D'EAU POUR L'IRRIGATION, DE LATRINES, DE MAISONNETTES, D'ECLAIRAGE ET DE HANGARS DANS LES ARRONDISSEMNTS 10 ET 11 DE LA COMMUNE DE OUAGADOUGOU

Date limite 20 mars 2026

Heure 16 heures 00

Lieu de dépôt Bureau de Mani tese sis à Wayalghin

6) Validité des offres : Les offres seront valables pendant une période de quatre-vingt-dix (90) jours à compter de la date d'ouverture des plis.

AVIS IMPORTANT

NB : TOUTES LES OFFRES ARRIVÉES APRÈS L'HEURE LIMITE DE DEPOT NE SERONT PAS RECEPTIONNÉES

Catégories: Afrique, European Union

MAGYAROK A BOEING 747-ESEN, 2. RÉSZ

Air Base Blog - mer, 04/02/2026 - 08:58

A magyar Boeing 747-es pilóták egyik kapcsolódási pontja Tajvan - néhányan közülük hosszabb-rövidebb ideig a szigetországban éltek és onnan repültek szerte a nagyvilágba. Egyikük Kormos István, aki nagygépes karrierje során repülte a BAe 146-ost, a Boeing 737-est, a 747-est és a 787-est. Jelenleg B 737-es kapitányként dolgozik. István rendelkezésemre bocsátotta leendő könyvének eddig elkészült kéziratát, amelynek egyik fejezete a Boeing 747-esen első tisztként eltöltött másfél év egy-egy mozzanatát idézi fel.

A könnyed stílusban megírt memoár-részletből ízelítőt kapunk egy embert próbáló életformáról - megtudhatjuk, hogy került bő húsz évvel ezelőtt egy fiatal magyar pilóta egy ázsiai óriáscég alkalmazásába, milyen próbatétel az emberi szervezet számára az időzónák és kontinensek közötti rendszeres repülés, hogyan lehet egy randevúról a fél világot megkerülve időben beérni a munkahelyre és milyen az, amikor egy járat teljesítése közben nincs B terv.

[...] Bővebben!


Bosnie-Herzégovine : rien n'affecte la vieille tradition d'amitié avec l'Iran

Courrier des Balkans - mer, 04/02/2026 - 07:48

L'Iran a beaucoup soutenu la Bosnie-Herzégovine durant la guerre, et Sarajevo est toujours jumelée avec Téhéran. Pas une voix officielle ni dans la société civile ne s'élève pour dénoncer la répression. Une école salue même toujours la mémoire du général Qassem Soleimani, l'ancien chef de la force d'élite du Corps des gardiens de la révolution islamique.

- Le fil de l'Info / , ,

Did Trump Jump the Gun With the US-India Trade Deal Announcement?

TheDiplomat - mer, 04/02/2026 - 05:33
India and the U.S. seem to have agreed only on a framework to address the reciprocal tariff agreement. More work lies ahead for a full trade agreement.

INTERVIEW - «Der Polizist wird zum Eventmanager» – «Uniformierte werden schnell entmenschlicht»

NZZ.ch - mer, 04/02/2026 - 05:30
Zuletzt gab es Kritik an der Polizeiarbeit. Nadine Vögeli präsidiert den Polizei-Personalverband, Thomas Zuber ist Kommandant der Kantonspolizei Solothurn. Sie sagen, Polizisten würden unter Rassismusverdacht gestellt und respektlos behandelt. Das Hauptproblem liege aber anderswo.
Catégories: Pályázatok, Swiss News

Informatik-Ärger bei der Auszahlung von Arbeitslosengeldern: Bis in zwei Wochen soll der Rückstand weitgehend aufgeholt sein

NZZ.ch - mer, 04/02/2026 - 05:30
Wegen technischer Pannen wurden im Januar laut Bundesangaben nur knapp 85 Prozent der erwarteten Arbeitslosengelder ausbezahlt. Der Rest soll bald folgen. Doch bei den Neuanmeldungen gibt es noch einen bedeutenden Rückstau.
Catégories: Pályázatok, Swiss News

KI-Therapeut für Depressive: Warum Krankenkassen jetzt zahlen – und Fachleute trotzdem Grenzen sehen

NZZ.ch - mer, 04/02/2026 - 05:30
Bald müssen alle Krankenkassen ein Onlineprogramm für psychisch kranke Menschen bezahlen. Das soll erst der Anfang sein – denn digitale Therapien sind laut wissenschaftlichen Erkenntnissen vielversprechend.
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Nur ein kleiner Teil der Schäden der Tragödie von Crans-Montana ist versichert. Erst langsam zeigt sich, wer dafür aufkommen muss

NZZ.ch - mer, 04/02/2026 - 05:30
Die Brandkatastrophe dürfte einen Schaden in dreistelliger Millionenhöhe verursacht haben. Offene Fragen gibt es derzeit rund um die Haftung.
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Sovereign Wealth Funds and Foreign Policy

SWP - mer, 04/02/2026 - 01:00

Five of the world’s most active and largest sovereign wealth funds are to be found in the Gulf Region: the Saudi Public Investment Fund (PIF), the Qatar Investment Authority (QIA) and the United Arab Emirates’ Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), Mubadala and ADQ. These funds not only serve to convert oil revenues into investment capital, thereby enabling the transition from rent-based to more diversified economies; they also contribute to expanding the foreign policy capabilities of the countries in which they are based. Institutional and personnel linkages enable the Saudi, Qatari and UAE governments to deploy their funds strategically, which, in turn, allows them to significantly expand their hard, soft, and sharp power – for exam­ple, through domestic and foreign investments in sectors such as armaments, media, sports and new technologies as well as through co­operation with politically influential actors. At the same time, the Gulf monarchies seek to portray their sovereign wealth funds as apolitical and purely profit-oriented – a narrative that is facilitated by the establish­ment of subsidiaries or cooperation with private equity firms. Understandably, Germany and its European partners have an interest in attracting sovereign wealth funds as investors, but they must not overlook the risks involved. These include third parties gaining access to critical infra­structure, sensitive military and security technology being leaked and the Gulf monarchies exercising political influence. Further, Germany and the EU must take a more fundamental look at how the three Gulf monarchies have increased their foreign policy options through the sovereign wealth funds. This is important as the actions of Saudi Arabia, the UAE and Qatar – at both the regional and international level – are at times contrary to German and European interests.

Pheu Thai is Banking on Corruption to Remedy Thailand’s Informal Economy

TheDiplomat - mer, 04/02/2026 - 00:14
After the collapse of the party's "digital wallet" stimulus plan, voters should not be fooled by its recently announced 1 million-baht election sweepstakes.

Factures d'eau impayées : La brigade Laabal accorde une semaine aux débiteurs pour se mettre à jour à compter de ce 3 février 2026

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 03/02/2026 - 23:59

L'Office national de l'eau et de l'assainissement (ONEA) a tenu une conférence de presse ce mardi 3 février 2026, dans les locaux de l'institution, sis à Ouagadougou.

Cette conférence avait pour but d'alerter sur la situation préoccupante des impayés de factures d'eau et d'assainissement et d'annoncer les mesures prises pour y remédier.

Selon le directeur général de l'ONEA, Idrissa Sourabié, la santé financière de l'office est sérieusement affectée par l'accumulation des arriérés, estimés à près de 35 milliards de francs CFA au 31 janvier 2026. Un niveau jugé critique, qui fragilise la trésorerie, ralentit les investissements et menace, à terme, la continuité ainsi que la qualité du service public d'approvisionnement en eau potable.

« Pour accomplir sa mission de service public, pour rendre l'eau disponible chaque jour, pour réaliser des infrastructures structurantes, pour étendre les réseaux et sécuriser durablement l'approvisionnement en eau potable, I'ONEA a besoin de ressources financières. La mobilisation de ces ressources financières passe d'abord par le recouvrement des factures d'eau et de travaux. Au 31 janvier 2026, les impayés des factures d'eau, d'assainissement et des travaux réalisés par l'ONEA sont estimés à près de 35 milliards de FCFA. Ce niveau d'arriérés est critique au regard des besoins du secteur car il fragilise la trésorerie de l'office, ralentit les investissements et menace, à terme, la continuité et la qualité du service public. Aujourd'hui, nous lançons un appel aux clients et à toutes les structures qui enregistrent des impayés dans leurs portefeuilles. Payer sa facture d'eau est un acte de solidarité, un geste de responsabilité. Il est donc essentiel que chacun assume pleinement ses responsabilités », a expliqué le directeur général de l'ONEA, Idrissa Sourabié.

« Au 31 janvier 2026, les impayés des factures d'eau, d'assainissement et des travaux réalisés sont estimés à près de 35 milliards de FCFA », a déclaré le directeur général de l'ONEA, Idrissa Sourabié

Tout en rappelant avoir toujours privilégié le dialogue et la flexibilité dans le recouvrement des créances, l'ONEA a annoncé un changement de posture en raison de l'ampleur des impayés.

Le directeur général a annoncé l'officialisation du partenariat entre l'ONEA et la Brigade Laabal, appelée à appuyer les actions de recouvrement. La brigade interviendra notamment dans la sensibilisation des citoyens, la lutte contre l'incivisme lié au non-paiement des factures et l'accompagnement des actions de terrain pour le bien-être collectif.

« Au regard de son caractère social, l'ONEA a toujours privilégié le dialogue et la flexibilité. Mais cette approche ne peut justifier l'accumulation d'arriérés aussi importants, c'est pourquoi, avec les orientations des structures de tutelle, l'ONEA opte désormais pour un changement de posture. Nous nous engageons désormais dans une dynamique claire de renforcement du recouvrement, fondée sur un suivi rigoureux des créances ; la responsabilisation de chaque consommateur ; la mise à contribution de la brigade Laabal. Payer sa facture d'eau est un devoir citoyen, un acte patriotique, un devoir collectif, et une condition indispensable pour garantir l'accès à l'eau potable pour tous ; financer les infrastructures d'aujourd'hui et de demain et renforcer la souveraineté de notre pays dans le secteur vital de l'eau. Nous scellons officiellement le partenariat entre l'ONEA et la brigade Laabal. La brigade Laabal intervient donc en appui à l'ONEA dans la sensibilisation des citoyens, la lutte contre l'incivisme en matière de paiement de factures, la lutte contre la fraude et l'accompagnement dans la facilitation des actions menées pour le bien-être collectif, conformément à la vision de refondation nationale », a-t-il précisé.

L'ONEA et la Brigade Laabal donnent 7 jours aux débiteurs pour régulariser les factures d'eau impayées

Prenant la parole, le commandant de la brigade Laabal, le lieutenant Franck Octave Kabré, a invité l'ensemble des débiteurs, particuliers comme entreprises, à régulariser leur situation dans un délai d'une semaine. Passé ce délai, des mesures de réquisition pourraient être engagées.

« L'État burkinabè a mis toutes les dispositions nécessaires pour que la population se sente bien, mais malheureusement certains actes inciviques de certaines personnes qui rament à contre-courant ne cessent de mettre les bâtons dans les roues chaque jour. C'est dans ce sens que nous sommes ici pour dire qu'on ne peut pas se construire dans l'opposition aux règles ou lois qui sont établies. Payer sa facture d'eau est un acte civique et en même temps un devoir. Donc refuser de payer sa facture d'eau est un acte incivique et un manquement à son devoir. Et c'est là qu'intervient donc la brigade Laabal, qui est une brigade civique pour l'ordre et la discipline. Le mot d'ordre a été lancé et le message est clair et reste le même. Nous appelons les particuliers, les différentes entreprises à se mettre à jour en payant leurs factures et cela dans un délai d'une semaine. Passé ce délai, ils seront naturellement réquisitionnés. Ils vont contribuer d'une autre manière à construire le pays et ils vont payer leurs factures. Nous appelons la population au sens de la responsabilité et nous espérons que ce message, lorsqu'ils l'auront entendu, ils vont se mettre à s'exécuter en payant leur facture », a souligné le commandant de la brigade Laabal.

En rappel, l'Office national de l'eau et de l'assainissement (ONEA) a pour missions d'assurer l'approvisionnement en eau potable des populations et la fourniture de services d'assainissement adéquats.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

Catégories: Afrique, European Union

L'histoire des Roms dans les Balkans, du Moyen-Âge à la Première Guerre mondiale

Courrier des Balkans - mar, 03/02/2026 - 23:59

Dans le cadre de notre cycle de discussions sur l'histoire des Balkans, l'Institut français de Serbie a l'honneur d'accueillir l'historien Bernard Lory, grand spécialiste de l'histoire des Roms dans les Balkans, qui participera à des discussions à Belgrade (le mardi 3 février) et à Niš (le mercredi 4 février). Il se rendra ensuite, le 5 février, en Macédoine du Nord, à Skopje.
Bernard Lory est un historien français reconnu, professeur émérite de l'INALCO (Institut national des langues et (…)

- Agenda /

Burkina/Production du piment : « L'or rouge peut générer jusqu'à 10 millions de francs CFA à l'hectare si les bonnes pratiques agricoles sont appliquées », foi de Dr Lucienne Kima/Waongo

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 03/02/2026 - 23:55

Face aux défis climatiques et à la recherche de meilleures performances agricoles, le piment se révèle être une culture à fort potentiel au Burkina Faso. Dr Lucienne Kima/Waongo, qui a travaillé sur la culture de ce produit pour son doctorat, analyse, à travers cette interview, la rentabilité de la filière, le rôle des semences de variétés améliorées et sa contribution à l'économie locale. Lisez-plutôt !

Lefaso.net : Présentez-vous à nos lecteurs ?

Dr Lucienne Kima/Waongo : Je suis docteur en génétique et amélioration des plantes de l'université Joseph Ki-Zerbo, et titulaire d'un master en Sélection et valorisation des ressources phytogénétiques (SVRPG). Je suis également ingénieur en agriculture de formation professionnelle et assermentée pour le contrôle qualité dans la certification des semences végétales. Par ailleurs, je suis actuellement la directrice provinciale de l'agriculture, des ressources animales et halieutiques de Bassitenga.

Mes travaux de recherches ont porté sur le piment (Capsicum spp.), une culture très importante pour l'économie locale et la sécurité alimentaire, dont l'objectif était de connaître la gestion paysanne (savoirs-faire locaux) et recenser la diversité génétique existante du piment cultivé au Burkina Faso puis caractériser cette collection sur le plan agro-morphologique et moléculaire. En tant qu'agronome, j'ai également travaillé sur la chaîne de valeurs du piment dans ses différents maillons et la façon dont elle peut améliorer les revenus des acteurs et renforcer la sécurité alimentaire au Burkina Faso. Les travaux ont été conduits sous la responsabilité du Pr Bationo/Kando Pauline, notre directrice de thèse.

Quelles sont les principales zones de production du piment au Burkina Faso ?

Le piment est cultivé dans toutes les provinces du pays car il s'adapte à une large gamme de sols. Les données de 2018 du ministère en charge de l'agriculture montrent les régions de Tannounyan, de Nazinon, de Oubri, du Yaadga, des Kuilsé, de Kadiogo et de Nando sont des principales zones de production. Mais des tendances plus récentes n'occultent pas les régions de Djôrô, de Guiriko et de Bankui.

Quel rôle joue le piment dans l'économie des ménages agricoles ?

Le piment qualifié de « l'or rouge » traduit toute son importance économique. Il joue un rôle économique très stratégique dans les ménages agricoles puisqu'il se présente comme une première source de revenues monétaires qui est rapidement utilisé pour les dépenses courantes, les soins de santé et la scolarisation des enfants. Parmi plus de 18 cultures maraîchères pratiquées par les ménages agricoles selon le RGPH de 2019, le piment vient en 7e position. Nos études ont montré qu'il n'y a ni âge, ni sexe dans la production du piment, il est cultivé sur des superficies de 100 m2 à 2 hectares, toute l'année dans les jardins ou en plein champ, en monoculture ou en culture associée.

Les revenus nets générés sont de 100 000 à 2 000 000 de FCFA pour des petits producteurs. Pour les professionnels qui planifient bien leur production et appliquent les bonnes pratiques agricoles, les bénéfices partent très loin au-delà des 2 millions de francs à l'hectare (plus de 10 millions), car le kilogramme se vend entre 1 000 à 2 500 FCFA pendant les périodes de pénurie. Des pratiques artisanales de transformation, des petites unités de transformations connaissent le jour actuellement.

Le piment burkinabè a-t-il une importance particulière sur les marchés locaux ou à l'exportation ?

Le piment est l'une des épices les plus consommées et présent dans la majorité des plats nationaux et très demandé sur les marchés urbains et ruraux, dans les supermarchés et boutiques dans toute l'année sur toutes ses formes vendues (frais, séché, en poudre ou en pâte). Il est bien exporté vers les pays côtiers et même au-delà des pays africains qui apprécient sa saveur brûlante. Lors de nos enquêtes il a été montré qu'il est exporté vers la Côte d'Ivoire, le Mali, le Ghana et le Niger. Selon les données du 5e RGPH analysées par INSD en 2023 le taux de commercialisation du piment produit est de 78,1%. Il faut noter aussi que la vente locale dépasse la part exportée. Cela montre que le marché du piment au Burkina Faso est une opportunité à saisir et constitue une réelle offre d'emploi pour les femmes et les jeunes.

Qu'entend-on exactement par « semences de variétés améliorées » de piment ?

On entend par semences de variétés améliorées de piment des variétés dont au moins une ou plusieurs caractéristiques présentent des performances supérieures à celles des variétés dont elles sont issues. Elles sont sélectionnées suivant la démarche scientifique et rigoureuse pour aboutir aux variétés ayant des caractéristiques supérieures aux variétés locales.

Quelles variétés améliorées de piment existent actuellement au Burkina Faso ?

Il existe une multitude de variétés de piments de couleur, formes et tailles très variées ayant des goûts piquant à très piquants (la teneur en capsaïcine, molécule responsable de ce goût), ou aromatisées (ex la variété Big Sun surnommée “sent bon à cause de son arôme). La variété population dénommée « jaune de Farako-Bâ » très piquante connu sous le nom de Jaune du Burkina et deux autres variétés de saveur douce dénommées Papri King et Papri Queen, inscrites dans le catalogue national des semences en 2014, sont des variétés issues des travaux de Dr SANOU Jacob, sélectionneur renommé du Burkina Faso. Deux autres variétés viennent d'être inscrites en 2025 par l'INERA. Les variétés des firmes semencières inondent le marché et les plus fréquemment rencontrées chez les producteurs sont le “Jaune du Burkina”, le Sent bon ou Big Sun, Strella… Dans le groupe des petits piments, on dénombre aussi le “piment de Cayenne”, le paprika, piment bec d'oiseau ou le piment oiseau.

Quels sont les principaux avantages de ces variétés par rapport aux variétés locales ?

En général l'avantage des semences de variétés améliorées réside dans le fait qu'elles ont des bonnes performances agronomiques (rendement plus élevé, cycle plus court, meilleure tolérance aux maladies, meilleure résistance à la chaleur, fruits plus homogènes et adaptés au marché, meilleure efficience de l'eau). Pour cela, elles ont des impacts socio-économiques positifs, notamment en termes d'augmentation des revenus, de réduction des risques et de renforcement de la résilience des ménages agricoles.

Comment se fait le processus de sélection et d'amélioration des variétés de piment ?

La sélection et l'amélioration des variétés du piment suivent un processus itératif combinant l'exploitation de la diversité génétique, des croisements contrôlés et des évaluations agronomiques et socio-économiques en station et en milieu paysan. Plusieurs méthodes de sélection sont utilisées mais le schéma classique intègre les étapes suivantes, notamment la prospection collecte du matériel génétique existant afin de disposer d'une large diversité génétique du piment. La deuxième étape consiste à caractériser le matériel végétal collecté afin d'identifier les génotypes intéressants.

Ensuite vient la sélection des plants géniteurs ayant des caractères d'intérêt recherchés dans le matériel végétal caractérisé et les croisements contrôlés de ces géniteurs (contrôle ou orientation de la pollinisation) afin de combiner les caractères souhaités. Après plusieurs autofécondations pour fixer les caractères génétiques, on passe à l'évaluation en station expérimentale et en milieu paysan puis à l'homologation et l'inscription pour une reconnaissance officielle dans le catalogue national.

Combien de temps faut-il en moyenne pour développer une nouvelle variété de piment ?

Selon le schéma classique de création variétale, il faut en moyenne 7 à 10 ans (selon la complexité des caractères recherchés pour la nouvelle variété). La biotechnologie peut être utilisée pour raccourcir le temps, mais nécessite aussi les moyens et équipements conséquents de laboratoire.

Les variétés améliorées sont-elles adaptées aux conditions climatiques actuelles du Burkina Faso ?

En général, le piment s'adapte bien au climat chaud et ensoleillé donc à notre climat. Néanmoins une thèse est en cours, conduite par Mahamadi Belem pour étudier le comportement des variétés collectées soumises aux différentes saisons de culture.

Comment la recherche prend-elle en compte la sécheresse et les fortes chaleurs ?

Dans le processus de sélection et amélioration variétale les paramètres pédoclimatiques sont pris en compte. Généralement les variétés locales sont sources de résistance à certaines pathologies et aux conditions pédoclimatiques, dont la recherche utilise ces gènes de résistance comme gène d'intérêt à intégrer dans le génome d'une autre variété ayant des rendements élevés mais sensibles à ces contraintes. Ensuite on fait des criblages pour maintenir les génotypes qui s'adaptent.

Peut-on dire que ces variétés contribuent à la résilience des producteurs au Burkina ?

Les variétés améliorées présentent de meilleures performances agronomiques et une plus grande stabilité des rendements, ce qui contribue à l'amélioration des revenus et à la résilience des ménages agricoles. Seulement il faut signaler des variétés hybrides nécessitent un renouvellement constant, chose que les producteurs trouvent difficile au regard des coûts élevés des semences.

Les producteurs adoptent-ils facilement les variétés améliorées de piment ?

L'adoption d'une variété par les producteurs est conditionnée d'abord et à majeure partie par le bon rendement et la demande sur le marché. Lorsque ces conditions sont remplies, l'adoption est facile. Mais de fois, ils manquent d'information sur les variétés et ils sont limités parfois par le coût élevé des semences. Ce qu'on a constaté, beaucoup de producteurs adoptent les nouvelles variétés (le gros piment surtout pour la facilité de récolte par rapport au petit ou la récolte nécessite énormément de main d'œuvre), mais ils conservent tout de même leurs semences locales (par exemple ils disent que le petit piment est utilisé dans les médicaments traditionnels), ce qui est intéressant pour les sélectionneurs car ils conservent la diversité génétique car sans la diversité, il n'y a pas de sélection.

Interview réalisée par Yvette Zongo
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Burkina/Extension des centrales photovoltaïque de Zagtouli et thermique de Komsilga : « Dans trois semaines, nous allons revenir… Trois semaines », a insisté le ministre en charge de l'énergie

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 03/02/2026 - 23:50

Afin d'anticiper sur la forte demande d'électricité pendant la période chaude, période par excellence des "délestages", le ministre en charge de l'énergie, Yacouba Gouba, a effectué une visite des chantiers en cours, dans l'après-midi de ce mardi 3 février 2026. Il voulait voir de ses propres yeux l'état d'avancement des différents chantiers enclenchés et s'assurer que tout se passe dans les meilleurs des cas, s'est-il justifié.

Il s'est agi notamment des centrales solaires photovoltaïque de Zagtouli et thermique de Komsilga dans le cadre de leur extension. En visitant ces deux projets d'extensions des dites centrales, le ministre a rappelé qu'ils ont été initiés pour augmenter notre capacité de production, mais également pour renforcer le dispositif de façon générale.

Une séance de présentation de l'état d'avancement du chantier du projet d'extension de la centrale solaire photovoltaïque de Zagtouli

Au niveau de Zagtouli, il s'agit d'une capacité additionnelle de 17 MW, qui doit renforcer cette centrale et la porter à une capacité de 50 MW. Parce que, dit le ministre, elle est destinée à être la première, alors qu'elle occupe actuellement la troisième place après Gonsin et Kodeni. Une fois les travaux achevés, cette centrale devrait aider à faire face à la forte chaleur qui s'annonce. En effet, cette infrastructure d'extension, selon la cheffe de projet Rosette Dombwa/Kienou, est installée sur un site de 26 hectares et abrite un total de 28 485 panneaux, et chaque panneau fait 620 watts.

Le ministre en charge de l'énergie, Yacouba Gouba (à droite en tenue bleu marine), écoutant les explications du chef de projet

En termes d'avancement physique, on note autour de 80%, ce qui est en phase avec le délai contractuel restant trois mois (30 avril 2026). Mais M. Gouba a jugé cela insuffisant, et c'est pourquoi il a interpellé l'entreprise, l'enjoignant de mettre les bouchées doubles afin de livrer l'infrastructure avant la date contractuelle prévue.

Rosette Dombwa/Kienou, chef de projet d'extension de la centrale solaire de Zagtouli

Ce, en travaillant 24/24, 7 jours sur 7 pour qu'ils puissent injecter ces 17 MW dans le réseau au plus tard dans trois semaines, a-t-il dit à l'entreprise en charge du chantier. « Dans trois semaines, nous allons revenir. Trois semaines. Pour nous rassurer que les travaux sont finis », a-t-il insisté auprès de l'entreprise.

Vue partielle du chantier du projet d'extension de la centrale thermique de Komsilga

Même interpellation au niveau de la centrale thermique de Komsilga où 50 MW sont attendus de l'extension. « Sur place, nous avons trouvé beaucoup d'infrastructures qui sont à l'arrêt. C'est pourquoi nous avons également interpellé l'entreprise, quand bien même nous sommes autour de 70 %, avec un délai contractuel restant de trois mois », a instruit le ministre.

Le ministre répondant aux questions des journalistes

Sur ces interpellations, le directeur commercial et marketing de l'entreprise Tecmon Energy, assurant les deux projets d'extension des deux centrales, F. Désiré Zoubga, a rassuré qu'ils mettraient les bouchées doubles afin de fournir les centrales dans les meilleurs délais. Tout en assurant au ministre que les équipes sont déjà renforcées et les sites sont éclairés pour que les travaux de nuit commencent incessamment afin de pouvoir doubler la capacité de travail sur le terrain. En plus de cela, il a souligné que les matériaux qui servent aux travaux, à savoir les moteurs, deux sur trois sont déjà disponibles, et ils ont une capacité de production de 54 MW. Donc quatre MW de plus qui serviront au renforcement du dispositif.

Photo de famille entre le ministre, l'équipe de la Sonabel et de l'entreprise Tecmon Energy

Ces projets ont été lancés pour 24 mois et ils étaient attendus au 30 avril 2026. L'autorité demande que les travaux soient accélérés pour faire face aux coupures d'électricité pendant la période chaude de l'année.

F. Désiré Zoubga, directeur commercial et marketing de l'entreprise Tecmon Energy rassure de pouvoir respecter les nouveaux délais proposés par le ministre

Yacouba Gouba a effectué la visite de ces deux chantiers, en compagnie du directeur général de la Sonabel, Souleymane Ouédraogo, et de son équipe, et elle se poursuivra le mercredi 4 février sur les sites de Kossodo et de Pabré.

Yvette Zongo
Lefaso.net

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Dr Bertrand Meda : « Aider un patient ne doit jamais mettre un médecin en danger »

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 03/02/2026 - 23:45

Cette tribune du Dr Bertrand Meda publiée sur sa page Facebook ce 3 février 2026 intervient dans un contexte marqué par la diffusion récente, sur la télévision nationale, de vidéos montrant des agents publics présentés comme étant en situation de corruption. On les voit en effet recevoir de l'argent d'usagers. Parmi les incriminés, un médecin. À la lumière de cette actualité, l'auteur livre une réflexion personnelle et argumentée sur les dérives possibles de certaines pratiques médicales pourtant dictées par l'humanité, et rappelle, à travers le Code de déontologie, les lignes rouges à ne jamais franchir afin de protéger l'exercice médical et ceux qui l'assument.

À la faveur de l'actualité brûlante, j'aimerais partager cette réflexion avec mes confrères. Certains se demanderont alors pourquoi je la publie sur Facebook avec un accès à tous au lieu de le faire dans un cercle restreint de médecins ? C'est parce que les changements qui s'imposent aux médecins et à tous les agents de santé auront des répercussions sur les usagers des services de santé, habitués à certaines pratiques qu'ils avaient fini par croire normales. Il faudrait donc que le respect des règles par les uns ne soient pas mal interprétés par les autres.

Je ne suis pas un habitué du code pénal donc j'appuierai ma réflexion exclusivement sur le code de déontologie des médecins du Burkina Faso (Décret n•2014-048/PRES/PM/MS du 7 février 2014). Cette réflexion est strictement personnelle.

L'actualité récente a mis en lumière une situation que beaucoup de médecins burkinabè connaissent trop bien : un patient gravement malade, un plateau technique insuffisant, une référence difficile voire impossible, et un médecin placé devant un dilemme humain.

Dans notre contexte, il est fréquent que le médecin soit celui qui :
indique où réaliser un examen indisponible dans sa formation sanitaire,
oriente vers un fournisseur fiable de médicaments ou de consommables,
aide un patient démuni à comprendre un circuit de soins complexe.

Ces pratiques sont socialement compréhensibles. Elles sont parfois cliniquement salvatrices. Mais il faut le dire clairement : elles sont juridiquement et déontologiquement extrêmement risquées pour le médecin.

La ligne rouge déontologique est clairement tracée. Notre code de déontologie est explicite. Il rappelle que la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce, et qu'il est strictement interdit au médecin de tirer un avantage direct ou indirect de ses prescriptions (article 25). Toute commission, tout transit d'argent, toute intermédiation financière entre le patient et un fournisseur est prohibée, quelle que soit l'intention (article 29).
Il faut le rappeler avec force : le droit ne juge pas l'intention, il juge les actes.

Dès que l'argent entre dans la relation médecin-patient, même pour « aider », même sans enrichissement personnel, le médecin sort de la zone de protection déontologique.

À partir de cet instant, il devient vulnérable : aux accusations, aux interprétations malveillantes, aux procédures disciplinaires, voire pénales.

Le médecin n'a pas à se substituer au système de santé. Le Code rappelle également que le médecin ne doit pas entreprendre ou poursuivre des soins qui dépassent ses connaissances, son expérience ou les moyens techniques dont il dispose (article 43).

Référer un patient pour insuffisance de plateau technique est une bonne pratique, pas une faute.
Le médecin n'a aucune obligation de “se surpasser” matériellement pour pallier les défaillances structurelles du système.

Aussi la responsabilité médicale reste personnelle. Même dans un système défaillant, l'exercice de la médecine demeure personnel, et chaque médecin reste responsable de ses décisions et de ses actes (article 37). Ni la pression sociale, ni l'insistance du patient, ni la pénurie de moyens ne transfèrent cette responsabilité ailleurs et le système ne viendra pas répondre à la place du médecin en cas d'accusations.

Il y a donc une ligne rouge absolue à ne jamais franchir :
ne jamais recevoir ou faire transiter de l'argent pour un patient ;
ne jamais commander du matériel en son nom ;
ne jamais servir d'intermédiaire actif entre patient et fournisseur ;
ne jamais gérer financièrement ce qui relève des soins prescrits.

Ce sont parfois des gestes dictés par l'humanité. Mais ce sont aussi des pièges juridiques majeurs.

La bonne conduite, même dans un système défaillant, reste claire (articles 115 et 116) :
informer loyalement le patient des limites du plateau technique ;
proposer une référence appropriée ;
prescrire de manière claire et traçable ;
respecter le refus éventuel du patient, tout en le documentant dans le dossier médical.

La traçabilité protège.
La distance financière protège.
La confusion des rôles, elle, détruit.
Cette réflexion ne vise pas à nier la souffrance des patients. Elle vise à protéger les médecins contre des pratiques qui peuvent ruiner une carrière, une réputation et une vie, parfois en quelques minutes sur les réseaux sociaux.

Aider un patient est un devoir moral.
Mais se protéger est une obligation professionnelle.
La compassion ne protège pas devant le droit.
La rigueur déontologique, si.

Dr Bertrand Meda

Catégories: Afrique, European Union

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