Cet article est extrait de l’ouvrage Le Déméter 2026 – Appétits stratégiques et pivots agricoles (IRIS Éditions, 2026), sous la direction de Sébastien Abis.
Dans un monde déséquilibré et inconstant, où tout semble virevolter et s’accélérer jusqu’à la nervosité, tracer des lignes d’horizon devient un exercice délicat. Prendre de la distance et trouver de la hauteur se révèlent d’autant plus malaisé que l’indétermination progresse de concert avec l’incertitude. Le présentisme domine les réflexions, le brouillard s’épaissit dans les champs de vision. L’urgence et l’impatience s’imposent, souvent attisées par le flot continu d’émotions passagères. Une tendance qui ne cesse de s’amplifier ces dernières années[1], alors qu’une pandémie en 2020 devait soi-disant nous amener à penser au « monde d’après ». Or l’immédiateté et l’individualisme forment le couple en vogue, montant par populisme. Se projeter vers l’avenir avec d’autres s’affiche au contraire comme une démarche vaine, voire « àquoiboniste ». Résistons à cette tentation et persistons dans une démarche qui consiste à s’ouvrir pour penser, penser pour agir et agir pour progresser.
L’agriculture, cette immortelleÀ travers les analyses proposées dans cet ouvrage prospectif et collectif, nous nous efforçons de lutter contre l’instantanéité et l’enfermement. Résolument exploratoire de futurs possibles et contradictoires, cette livraison annuelle peut paraître, sinon contracyclique, du moins décalée par rapport à d’autres lectures[2]. N’est-ce pas, au fond, une singularité que de publier depuis plus de trente ans un ouvrage consacré à l’agriculture ? Sans jamais nier les transformations du monde ni la complexité de ces changements, n’avons-nous pas persisté à porter un message aussi simple que trop souvent sous-estimé : les questions agricoles et alimentaires constituent des invariants des affaires humaines, des piliers du développement et des éléments incontournables de la géopolitique. Il ne s’agit pas ici de nous autotresser des lauriers. Juste le souhait de poser calmement un constat sur ce qui distingue la conviction de la communication. Tout en précisant que la conviction, par essence, refuse les certitudes figées. Elle interroge au contraire une idée ou un sujet, en permanence et en conscience, c’est-à-dire avec attachement et clairvoyance. Elle évolue sans rompre à la racine, sous peine de perdre son fil essentiel et de se déplacer au gré des vents dominants.
Entendons-nous bien : si l’agriculture s’enracine dans l’histoire, elle se tourne inévitablement aussi vers l’avenir. Elle éclaire, structure et projette le temps, d’où cette idée de colonne vertébrale inamovible. Cela ne veut pas pour autant dire rigidité et immobilisme. Bien au contraire, l’agriculture est une somme de changements et d’adaptations permanentes, progressives, raisonnées et parfois audacieuses. D’ailleurs, sans cela, elle ne saurait être immortelle, surtout dans ce siècle des vertiges.
Au-delà de l’importance atemporelle et universelle de l’agriculture comme secteur stratégique, trois convictions irriguent ces pages, année après année : voir long, voir loin, voir large. Autrement dit, raisonner dans le moyen et le long termes pour identifier les enjeux structurels, sans négliger les signaux faibles ; chercher la bonne altitude telle une montgolfière pour observer les dynamiques qui s’exercent sur le planisphère ; enfin, croiser les approches afin de favoriser des pensées circulaires, réalistes, intuitives et parfois disruptives. Dans cette perspective mêlant lucidité et enthousiasme, rigueur et vagabondage, les tonalités et les alertes de cet éditorial ont évolué progressivement[3] :
Dans le prolongement de ces éditoriaux, une problématique émerge avec acuité et que nous pourrions résumer ainsi : comment tenir dans la durée, tenir le choc et tenir ensemble ? Car il ne s’agit plus seulement de comprendre les déséquilibres à l’œuvre ni même de les anticiper, mais de traverser une époque où les tensions se sont pleinement installées et où les arbitrages sont devenus permanents. Dans ce contexte agité, où l’encombrement de la pensée s’intensifie au détriment de la clairvoyance, où la raison et la science sont alors aussi souvent malmenées, il convient donc de s’interroger sur ce qui tient vraiment quand tout tangue autour de soi et sur ce qui nous relie réellement lorsque trop de mouvements concourent à opposer. Dans ce maelstrom qui en aspire beaucoup, où se situent les repères qui résistent aux tourbillons et nous invitent à la concentration stratégique ?
Si tenir est le refus de la sidération, la capacité à faire des choix et la possibilité de garder son cap, alors l’agriculture s’affiche comme un puissant révélateur du monde. Elle traverse les saisons et les époques : une très vieille activité toujours portée par le futur. Certes, elle est un secteur économique aux compétences techniques et le miroir grossissant des vulnérabilités climatiques. Mais en pointant le curseur sur l’agricole, nous dévoilons des jeux de puissance et des aveux d’impuissances, nous découvrons des fractures sociales et des cassures territoriales et comprenons mieux les stratégies d’investissement opérées par les acteurs publics ou privés. Nous nous situons aussi au cœur de cette géopolitique où le nationalisme a pris, hélas, les commandes sur le patriotisme. Allons plus loin à propos de cette nouvelle donne qui se propage : souverainisme, transactionnalisme, brutalisme, impérialisme, etc., autant de termes envahissant les narratifs pour tenter de décrire la marche actuelle du monde. Ne les contestons pas, posons-nous la question de leur conséquence dans cette sphère agricole et alimentaire qui résiste au temps et fait appel à l’intelligence des interdépendances pour aller de l’avant. Tenir, ce n’est pas uniquement produire. C’est savoir durer. Tenir, ce n’est pas simplement préserver. C’est continuer d’innover. Tenir, ce n’est pas seulement résister. C’est gagner en robustesse. Tenir, ce n’est pas un acte éphémère ou isolé, mais bien un effort continu et collectif. C’est avoir une colonne vertébrale qui conserve dans un monde en fusion. Dit autrement, l’agriculture nous propose une épreuve de vérité, et particulièrement à nous, Européens.
Les carrefours de l’Union européenneAprès moult hésitations à la maintenir sur la ligne d’horizons, nous nous trouvons désormais sur une ligne de crête particulièrement périlleuse au sein de l’Union européenne (UE). Nous sommes entrés dans ce millénaire la fleur sans le fusil, cherchant à moraliser les relations internationales avec une arrogance anachronique et décrétant la fin d’une ère productive sans nous donner les moyens véritables d’une écologie de progrès, si ce n’est par le truchement de la délocalisation ou de la décroissance programmatique des niveaux de vie. Là où la Chine s’est lancée dans une industrialisation de la décarbonation[4], nous avons diminué nos émissions de dioxyde de carbone (CO2) en désindustrialisant. Là où l’Histoire nous enseigne qu’il n’existe aucune démocratie solide sans économie, nous avons plombé la durabilité par des mesures dissuasives et mélangé le vert avec des couleurs trop radicales. Là où il aurait été possible de capitaliser sur l’élargissement à de nouveaux États membres en matière de pouvoirs et d’influences, l’UE s’est égarée sur le chemin à même d’exprimer sa puissance et sa différence. Résultat, après un quart de siècle traversé, l’Europe doit se remettre à travailler, financer sa propre sécurité et éviter d’être marginalisée, ou pire, demain vassalisée. Sauf à vouloir avancer à reculons comme une écrevisse, comme le redoutait déjà un célèbre philosophe italien il y a vingt ans[5], ou à accepter par fatalisme d’être assise en haut d’un toboggan, l’UE aborde un virage géopolitique assurément escarpé.
Pendant ce laps de temps, qui s’étire de la chute du mur de Berlin en 1989 à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, l’agriculture n’a pas disparu du continent européen. Mais elle s’est décentrée du regard prospectif et a été déclassée dans l’ordre des priorités, comme si l’Europe, pour se moderniser, devait se délester de ses habits traditionnels et embrasser le XXIe siècle dans une parure productive immatérielle. Et pourtant, malgré ces mutations, nous avons eu un budget européen encore principalement dédié à ce secteur agricole, sans pour autant expliciter de manière intelligible au citoyen-consommateur qu’il en était le premier bénéficiaire. Erreur cruciale, qu’il est difficile de corriger, sauf à imaginer qu’il n’y ait plus de soutiens publics demain pour l’agriculture, soit dans un scénario d’une Europe désunie et déconstruite, soit dans celui d’une Europe désargentée ou contrainte de placer ses dépenses sur le terrain militaire face aux menaces qui prolifèrent. Il sautera alors aux yeux des Européens combien fut précieuse et peu coûteuse cette politique agricole commune (PAC) développée depuis des décennies[6]. Autre erreur européenne vis-à-vis de son agriculture : avoir sous-estimé les effets du changement climatique sous ses propres latitudes, tout comme l’accroissement de certains risques. En somme, pas d’urgence et pas d’inquiétude, ici tout ira mieux qu’ailleurs et pour toujours. Or, d’ores et déjà, aucune filière n’est à l’abri d’une mauvaise année de récoltes, les maladies animales ou végétales s’amplifient et des retards s’accumulent sur la préparation de systèmes agricoles aux nouvelles conditions géographiques dans l’espace européen. Nous avons beaucoup misé sur l’atténuation, très peu sur l’adaptation. Et nous avons même eu l’outrecuidance d’expliquer à certains pays dans le monde comment produire sous formes agroécologiques, alors que ce sont eux qui expérimentent depuis plus longtemps la rareté des ressources et la variabilité climatique, sans même parler d’autres instabilités sociopolitiques nuisibles au développement agricole.
Ajoutons à cela une crise de compétitivité européenne compte tenu d’un paysage agricole et agroalimentaire mondial profondément recomposé, et nous obtenons un choc de méfiance grandissant envers l’avenir de la part d’un secteur qui pourtant aura été le moteur principal de la construction européenne et qui peut se targuer d’être a priori immortel, comparativement à bon nombre de domaines d’activités condamnés à disparaître. Précisons bien ici notre propos : le monde ne peut pas se passer d’agricultures, eu égard aux nécessités alimentaires ou encore énergétiques via la biomasse mobilisée pour réduire la dépendance aux hydrocarbures ; l’Europe peut ne plus avoir d’agricultures à domicile mais toujours faudra-t-il qu’elle dispose de solutions pour s’approvisionner auprès des autres continents. Et en parlant de solutions, à l’ère de nouvelles fragmentations géographiques[7], nous pensons bien entendu à des moyens économiques, logistiques et diplomatiques appropriés. Or nous savons qu’ils ne sont pas illimités au niveau européen, pour ne pas dire qu’ils sont bien minces à l’échelle de chaque État membre. S’associer les uns aux autres ou disparaître lentement et chacun séparément : Europe, tel est ton destin[8] ?
En forçant de telles hypothèses, nous souhaitons nourrir notre propos sur cette impérieuse nécessité de tenir. Tenir l’unité entre Européens et entre les générations[9]. Tenir les valeurs qui fondent l’UE et doivent encore l’animer envers et contre tout. Tenir compte aussi des intérêts européens cependant, pour ne pas la voir dévorer par des puissances carnivores ou au menu d’appétits particuliers. Et donc pour toutes ces raisons, tenir encore et encore l’agriculture au centre du projet européen. Tenir ce secteur en considération, pour ne pas s’étonner de le voir érupter à la moindre occasion d’une réforme réglementaire, d’un accord commercial ou d’une décision environnementale. Tenir l’agriculture et ses infrastructures, physiques, immatérielles et humaines, dans toutes leurs diversités de fonction et d’expression, non pour préparer une future exposition à propos du passé de l’Europe, mais bien pour construire l’avenir, avec une ambition et un cap correspondant aux enjeux de notre époque. La rentabilité économique d’une exploitation ou d’une entreprise n’est pas un objectif incompatible avec la soutenabilité sociale et écologique. Que voulons-nous garder, renforcer, transmettre et défendre en Europe ? Tenir suppose de préserver des lignes d’horizon, à atteindre et à conquérir, entre convictions et visions, pour permettre à des sociétés de rester debout sans se durcir, d’encaisser sans se fragmenter, d’avancer sans se renier. C’est à cette condition que l’agriculture pourra continuer d’éclairer le futur de l’UE : non comme une variable d’ajustement, mais comme une colonne vertébrale des mondes à venir, pour elle comme pour d’autres. D’ailleurs, la guerre en Ukraine n’oubliera pas de nous le rappeler[10]. Quand l’agriculture va mal, ce n’est jamais un problème agricole esseulé.
CUBITA : le choix de six États pivotsReprenons le large et délaissons notre presqu’île européenne, qui n’a nullement le monopole des moments pivotaux, bien d’autres régions du monde soient exposées à des bascules potentielles[11] – géopolitiques, économiques et/ou climatiques – susceptibles de fragiliser leurs agricultures et de générer de nouvelles insécurités, alimentaires ou autres. Un tel diagnostic pourrait être posé partout, même si l’intensité et la portée des enjeux ne sont ni homogènes ni comparables[12]. Nous avons néanmoins choisi d’opérer un arrêt sur présages prospectifs à partir de six pays, aux caractéristiques distinctes, dont la trajectoire à venir n’est pas nécessairement celle que l’on perçoit aujourd’hui. Par leur taille territoriale et démographique, par l’abondance de leurs ressources naturelles, mais aussi par leur sismicité potentielle, ces États sont appelés à jouer un rôle pivotal – pour le meilleur comme pour le pire – à l’horizon 2050. De leurs déterminations, de leurs orientations et de leurs actions dépendront des équilibres agricoles, alimentaires et environnementaux qui excèdent largement le cadre de leurs seules frontières. C’est ce qui justifie leur inscription dans un registre restreint d’États pivots, notre hexagone agrostratégique, composé comme suit : République démocratique du Congo, Ukraine, Brésil, Indonésie, Turquie et Australie (CUBITA), un acronyme à dessein géométrique, assumant l’idée de volume et de structure.
Les CUBITA sont ces États qui donneront du corps aux trouées ou aux percées agricoles et alimentaires de demain. Non par exclusivité, mais parce qu’ils constituent, à nos yeux, une masse critique dont les évolutions méritent une vigilance soutenue. Ce qui relie la République démocratique du Congo, l’Ukraine, le Brésil, l’Indonésie, la Turquie et l’Australie n’est pas un indicateur unique, mais la combinaison de plusieurs masses stratégiques : foncière et écologique, démographique et culturelle, productive et exportatrice, carrefour logistique et conflictuel, vulnérabilités climatiques et politiques. Pris séparément, ces facteurs existent ailleurs. Combinés aux enjeux agricoles et alimentaires, ils produisent de potentielles instabilités aux effets de bascule globaux. Les CUBITA regroupent 15 % des terres émergées du globe, 10 % de la population et 30 % des exportations agricoles mondiales. S’ils dérapent, ils seront des multiplicateurs de risques ou d’instabilités. S’ils tiennent, politiquement et climatiquement, ils deviennent des amortisseurs planétaires.
D’autres pays auraient pu intégrer de telles grilles de lecture, en raison de leurs poids géoéconomiques sur l’échiquier agricole et alimentaire du monde. Pensons au Mexique, au Viêtnam, à la Russie, au Maroc, au Nigeria, au Canada et, bien entendu, à l’Inde. Comment ne pas considérer par ailleurs l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Kazakhstan ou le Japon comme candidats de poids à notre géométrie du futur ? Et s’il fallait le répéter, l’UE en est bien, elle aussi, partie prenante, comme nous l’avons explicité préalablement. Mais assumons l’acronyme CUBITA, qui n’est pas un club de pays performants ni une photographie statique du monde actuel. C’est une hypothèse selon laquelle ces États, par leurs volumes, leurs positions et leurs instabilités potentielles, pèseront disproportionnellement sur les équilibres agricoles et alimentaires mondiaux. Autrement dit, ils sont moins des pays leaders que des pays déterminants. CUBITA n’est pas une prophétie mais un poste d’observations, une vigie pour discerner les tremblements éventuels d’une planète qui tiendra moins bien sans eux et sans leurs agricultures.
Par ailleurs, la rivalité sino-états-unienne comporte des dimensions agricoles qu’il ne faudrait surtout pas mésestimer. Mais pour mieux les entrevoir, force est d’admettre qu’il convient d’abord et avant tout de bien mesurer la confrontation graduelle et globale dans laquelle Pékin et Washington sont entrés. Les institutions multilatérales sont à la peine alors que l’Organisation des Nations unies (ONU) vient de célébrer en catimini son 80e anniversaire. Et force est d’admettre que le commerce international, tout comme l’Agenda mondial du développement, patine devant de telles paralysies internationales. On n’avance plus, on gère les différends ; on progresse peu, on sauve ce que l’on peut. En parallèle, de nouvelles enceintes, comme les BRICS ou l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), faisant dialoguer des pays qui ne sont d’accord sur rien, sauf sur précipiter la fin d’une hégémonie états-unienne ou l’inutilité d’une escale à faire sur le sol européen. Et simultanément, des appétits sans cesse plus affirmés pour les affaires agricoles et alimentaires, de la part de mastodontes financiers méconnus du grand public ou des professionnels du secteur, des matières premières au pouvoir désormais considérable, des espaces ouvertement convoités pour leurs ressources comme dans le Grand Nord, ou encore ce narcobusiness dont nous ne saurions taire l’origine agricole.
Il y a toujours une part de géopolitique dans chaque histoire agricole : n’ignorons plus cette évidence. Alors, ayons l’audace d’une provocation prospective, sur laquelle nous devrions nous pencher sérieusement : y aura-t-il encore, demain, une part d’agricole dans chaque histoire alimentaire ? Avec la révolution des GLP-1, la poussée des coupe-faims nous plonge dans un univers inconnu. Tenir nos ceintures, certes. Mais surtout tenir nos agricultures, dès lors que l’alimentation pourrait, pour la première fois, se détacher partiellement ou progressivement de son lien à la terre et à la mer. Une rupture médicale encore silencieuse, qui déplacerait à la fois les frontières nutritionnelles de nos métabolismes et les fondations anciennes de nos sociologies.
[1] Voir François Hartog, Chronos. L’Occident aux prises avec le Temps (Paris : Gallimard, coll. « Folio histoire », 2024 [2020]) ; et Clément Tonon, Gouverner l’avenir. Retrouver le sens du temps long en politique (Paris : Tallandier, 2025).
[2] Invitons aussi les lecteurs et lectrices à consulter ou à découvrir la revue française Futuribles, pionnière en Europe en matière de prospective et référence internationale depuis sa création il y a un demi-siècle.
[3] Cet éditorial prospectif, du directeur de la publication, a été initié en 2019 lors de la mise en place d’une nouvelle maquette, fruit d’un partenariat entre le Club DEMETER et l’IRIS, coéditeurs chaque année du Déméter.
[4] Dan Wang, Breakneck: China’s Quest to Engineer the Future (Londres : Allen Lane, 2025).
[5] Umberto Eco, À reculons comme une écrevisse (Paris : Grasset, 2006).
[6] Prenons le cas de la France. Pour la période 2022-2027, le pays perçoit 65 milliards d’euros de l’UE au titre de la PAC. Si l’on convertit ce montant en coût par habitant et par jour, que ce soit dans sa composante alimentaire et non alimentaire, mais aussi de contribution au développement rural, à la gestion des ressources naturelles et à l’entretien des paysages, nous sommes à 13 euros par mois par Français ou 43 centimes par jour.
[7] Edward Fishman, Chokepoints: How the Global Economy Became a Weapon of War (Londres : Elliott & Thompson Limited, 2025).
[8] David Marsh, Can Europe Survive? The Story of a Continent in a Fractured World (New Haven : Yale University Press, 2025).
[9] Tim Ingold, Le passé à venir. Repenser l’idée de génération (Paris : Seuil, 2025).
[10] Voir Sébastien Abis, Arthur Portier et Thierry Pouch, Russie-Ukraine : la guerre hybride. Aux racines agricoles d’un bouleversement Mondial (Malakoff : Armand Colin, 2026).
[11] Neil Shearing, The Fractured Age: How the Return of Geopolitics Will Splinter the Global Economy (Londres : John Murray Business, 2025).
[12] Peter Frankopan, The Earth Transformed: An Untold History (Londres : Bloomsbury,2023).
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Après l'audition du prévenu, le Tribunal a entendu à la barre l'oncle paternel du défunt, venu relater les circonstances du drame et la réaction de la famille. Le témoin a également rappelé que le défunt, âgé de 32 ans, laisse une épouse et deux enfants, dont la prise en charge a retenu l'attention du parquet. Si la famille affirme s'en remettre à Dieu et ne pas avoir initialement envisagé une action en justice, le ministère public a recommandé de prendre attache avec l'assureur du prévenu afin de soutenir l'avenir des enfants.
Après le prévenu, c'est un parent du defunt qui a été invité à la barre par le Tribunal. Il explique être l'oncle de la victime, soit le petit frère de son père. "C'est mon grand frère qui a été appelé en premier. Lui à son tour, m'a fait signe. Je suis allé voir ce qu'il en est. Une fois sur place, on a trouvé les forces de l'ordre et le prévenu. Notre fils était déjà décédé et son engin, dégradé. Ce n'est que plus tard qu'on nous a autorisé à prendre son corps pour l'enterrement" a-t-il relaté.
Le défunt, pour rappel, avait 32 ans. Il laisse derrière lui, une femme et deux enfants. A la question du procureur de savoir qui s'occupera de ces derniers, le parent indiquera le nom de son grand frère. "Votre grand frère a combien de femmes et d'enfants ?" a poursuivi le procureur. " Il a trois femmes. Pour ce qui est du nombre de ses enfants, je n'ai pas exactement le chiffre en tête, mais je pense à une dizaine environ" a répondu l'oncle du défunt.
Selon ses dires, la vie est un don de Dieu. Et une fois le drame survenu, la famille a décidé de ne pas en faire un plat. "A la base, nous ne pensions pas à aller en justice. C'est au commissariat qu'on nous a fait comprendre que l'affaire arriverait jusque-là. Nous avons décidé de tout laisser entre les mains de Dieu", a-t-il laissé entendre. Le parquet, dans ses observations, soulignera le fait que la prise en charge des enfants dans ce cas de figure, n'est pas toujours évidente.
"Nous sommes tous croyants. Mais il faut reconnaître que ce n'est pas toujours facile. Je ne connais pas la situation financière de celui chez qui ils devront vivre. Mais si lui a déjà trois femmes et dix enfants, le ministère public s'inquiète de l'avenir de ceux du défunt. Nous vous recommandons donc de prendre attache avec l'assureur du prévenu, car cela pourra beaucoup aider la mère des enfants à s'occuper d'eux" a conseillé le parquet, soulignant que beaucoup de personnes laissent passer cette opportunité qui, pourtant, leur revient de droit.
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Erwan Compaoré
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Le Commissariat de Police de l'arrondissement N°09 de la ville de Ouagadougou, a démantelé deux réseaux de malfrats spécialisés, l'un dans les faits de multiples vols et recels d'engins à deux roues et d'autre, dans les faits de vols, recels et abattage clandestin d'animaux.
Les membres du premier groupe sillonnaient nuitamment les quartiers de la ville de Ouagadougou, tels que Yagma, Marcoussis et se déportaient parfois dans la ville de Kongoussi (à une centaine de kilomètres au nord de Ouagadougou). « Dès qu'ils repèrent des engins garés dans une concession, ils y accédaient par escalade, faisaient sortir en toute discrétion lesdits engins et prenaient immédiatement la fuite. Les engins étaient ensuite dissimulés au domicile d'un des leurs, puis convoyés vers un autre quartier pour y être vendus. Le butin obtenu était partagé entre eux et l'argent utilisé pour fructifier leurs activités », décrit la Police nationale à travers une publication sur son site, ce mercredi 4 février 2026.
Le second groupe, lui, sévissait dans les quartiers Toudoubwéogo, Yagma, Marcoussis et Kamboinsin. « Ses membres volaient les animaux qui étaient directement livrés de nuit dans le domicile d'un des leurs. Par la suite, ces animaux y étaient dépouillés de leurs peaux et viscères, sans le moindre respect des mesures d'hygiène et la viande obtenue dans ces conditions d'insalubrité déconcertante était, enfin, vendue à des bouchers et aux populations », explique la police, félicitant la collaboration des populations qui a permis de saisir des motos, des ruminants et des carcasses d'animaux.
La Police nationale a saisi l'occasion pour saluer la franche collaboration des populations qui œuvrent inlassablement aux cotés des services de sécurité pour combattre l'insécurité sous toutes ses formes. Elle les exhorte à plus de vigilance et à toujours dénoncer tous les cas suspects aux numéros verts que sont les 17, 16 et 1010.
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Source : Page Facebook Police nationale du Burkina Faso
Dans la dynamique de renforcement des capacités opérationnelles et du maillage sécuritaire du territoire national, le 22è Régiment d'infanterie commando de Gaoua (chef-lieu de la région du Djôrô) a, ce mercredi 4 février 2026, présenté au drapeau, 1 029 nouveaux soldats de 2e classe.
L'occasion a fait l'objet d'une cérémonie dédiée, « riche en couleurs et en émotions ». Elle s'est traduite par la présentation de ces nouvelles recrues au drapeau pour la première fois, par la hiérarchie militaire de la 2e région militaire, avec à sa tête, le Lieutenant-colonel Lassané Porgo, commandant de ladite entité. « Ce contingent exceptionnel est issu du rang des VDP (Volontaires pour la défense de la patrie). Pendant trois mois, les jeunes soldats se sont familiarisés avec les instruments militaires et leurs principes », rapporte le service de la communication du gouvernorat de la région du Djôrô.
Selon le chef de corps du 22e RIC, le chef de Bataillon Farabé Gaston Kiénou, ces hommes sont aptes à être déployés sur le théâtre des opérations, poursuit la publication, d'où il ressort également que le gouverneur de la région, Siaka Barro, a exprimé sa confiance quant à l'opérationnalité de ces nouvelles recrues, au regard de la qualité de la formation dont elles ont bénéficié.
Le gouverneur Siaka Barro (à gauche) et le Lieutenant-colonel Porgo pendant la revue de troupe.Ce renforcement du capital humain intervient à un moment où le premier responsable du département de tutelle, le ministre d'État, ministre de la guerre et de la Défense patriotique, le général de division, Célestin Simporé, a, à l'occasion de l'évaluation de son contrat d'objectifs 2025, salué les avancées en matières sécuritaire et de la reconquête du territoire enregistrées par les forces engagées dans la lutte contre le terrorisme.
En fin décembre 2025, le ministre Simporé a, à la faveur de la 2e session ordinaire du Conseil d'administration du secteur ministériel (CASEM) de l'année 2025, confié que 2026 sera « une année décisive pour la reconquête territoriale », à travers une intensification de la dynamique de reconquête du territoire national par une densification accrue du dispositif de défense.
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Communiqué de Presse Conjoint du 29 Janvier 2026
Réseau de la Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et
Collectif pour la Vérité des Urnes – TOGO – DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA)
Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra.
Introduction: Le Togo, Vers la Fin du Mercenariat de la Médiation?
Le Togo, assujetti à la gouvernance d’une famille et de son système, le « système Gnassingbé », fonctionne comme un « petit » État qui a réussi au cours du temps long (six décennies) à jouer sur les contradictions et ambiguïtés nationales, régionales, continentales et internationales pour mieux assurer la sécurité, la survie du régime tout en s’appropriant unilatéralement et exclusivement les ressources du pays afin de s’adapter à tous repositionnements géopolitiques internes et externes. Le Togo avance-t-il inexorablement vers la fin du mercenariat du double standard, et donc du mercenariat de la médiation ?
1. Togo: Le Pays du « Double Standard » de la Survie Politique
Le Togo des Gnassingbé, pays à capacité d’influence et nuisance faible, ne peut pas imposer sa position à l’extérieur, et éprouve les pires difficultés à l’imposer en interne, à tel point que depuis l’immense insurrection populaire de 2017 qui a sérieusement fait vaciller le pouvoir, il s’est vu contraint pour continuer à gouverner d’imposer la peur. Il s’est ainsi spécialisé dans l’instauration de lois liberticides pour imposer au Peuple togolais une démocrature qui criminalise toutes oppositions sérieuses et pacifiques de diverses natures : politique, économique, sociale et citoyenne. Aussi, le système Gnassingbé n’a que deux grands axes optionnels :
– soit composer avec une pratique diplomatique fondée sur le double standard, car embourbé dans le refus systématique de présenter au Peuple le bilan de ses actions passées et la neutralisation de la Constitution de 1992, privant tous citoyens togolais de l’élection au suffrage universel d’un Président légitime ;
– soit institutionnaliser et promulguer l’achat des consciences et la délation rémunérée au rang d’un système de gouvernance dans lequel la corruption, le système juridique et les renseignements servent les dessins d’un système de stabilisation de l’oligarchie et du « système Gnassingbé » au pouvoir.
Autrement dit, Faure Gnassingbé refuse, depuis plusieurs années, de clarifier sa position de Président, légitime ou pas, du Togo devant la Cour de Justice de la CEDEAO dans le cadre d’un procès engagé par l’Association « Collectif pour la Vérité des Urnes et consorts ».
Pourtant les manifestations du double standard du système Gnassingbé sont légion. Un rappel succinct permet d’en établir la véracité.
Le discours officiel du système Gnassingbé est le soutien sans équivoque à une CEDEAO qui s’est alignée sur l’OTAN, et s’appuie sur les forces du Nigéria travaillant avec les forces américaines « Africom » opérant en Afrique pour défendre les intérêts des Etats-Unis. De ce fait, la CEDEAO a remplacé le principe de la stabilité régionale par une tentative non-dissimulée de déstabilisation des régimes qui ne font pas allégeance à ce qui reste d’une CEDEAO. Celle-ci fonctionne encore plus comme un syndicat de chefs d’Etat, depuis le départ des trois pays de l’Alliance des Etats du Sahel, à savoir le Burkina-Faso, le Mali et le Niger. Or, c’est le même Togo qui sous forme de duplicité, a réussi à défendre ses propres intérêts en faisant transiter par le Togo, les marchandises, soit en provenance soit à destination de l’hinterland des pays enclavés du Sahel, tout en faisant lui-même son auto-promotion d’ouverture à des options qui fragilisent cet échafaudage approximatif qui consistent à esquisser un rapprochement avec l’Alliance des États du Sahel. Mais les dirigeants de ces Etats de l’AES ont vite compris la duplicité et n’étant pas dupes des visées réelles du pouvoir de Lomé ont refusé de répondre positivement à la demande d’adhésion du Togo à l’AES.
En effet, l’affichage pro-occidental du Togo, le très haut niveau de corruption et les multiples exercices militaires et autres canaux de renseignements maintenus avec la France et plus largement avec les pays de l’OTAN y compris les Etats-Unis, entretiennent un doute permanent sur le véritable rôle d’un Togo qui pourrait servir d’agent infiltré dans les « fausses relations » avec les pays de l’AES. Alors bien sûr, le Togo se défend en invoquant son refus de se laisser « enfermer » dans un camp ou dans un autre.
Mais la duplicité et le double standard refont surface dès qu’un observateur averti analyse les « bonnes pratiques » du réformateur Faure Gnassingbé qui « brille » par des « pratiques internes » marquées par la personnalisation du pouvoir, la continuité dynastique, une gestion sécuritaire qui empêche systématiquement l’action des oppositions et surtout le refus de libérer tous les prisonniers politiques et d’assurer la prise en charge des frais sanitaires et des indemnisations suite à des kidnappings et embastillements arbitraires et sans jugements équitables.
Ce double standard n’est pas accidentel : c’est la méthode de survie du régime adossée à la montée en gamme des actes liberticides, dans le cadre d’un environnement mondial instable, au sein duquel les puissances extérieures à forte capacité d’influence et de nuisance utilisent le Togo des Gnassingbé comme une variable d’ajustement pour mieux infiltrer, déstabiliser et entraver les politiques et gouvernances africaines allant dans le sens de la reconquête d’une souveraineté sécuritaire, économique, monétaire et culturelle.
La duplicité et le double-standard devient équivalent de « trahison » dès lors que les tensions entre engagements politiques, pressions régionales et internationales, et pratiques réelles de l’État togolais se décline à la lumière du cas du « Colonel Damiba ».
2. Histoire de l’Instrumentalisation et Détournement du Droit d’Asile au Togo
Bien que le droit d’asile ne soit pas formalisé juridiquement au Togo, il suffit de rappeler chronologiquement cette pratique de la trahison systématique du droit d’asile notamment pour les ressortissants du Libéria, de l’Angola, de la Côte d’Ivoire, etc.
2.1 Libéria : dans les années 1980–2000, de nombreux libériens notamment des responsables politiques et d’ex-combattants fuyant les guerres civile ont choisi de transiter par le Togo. Mais le cas emblématique demeure le rôle ambigu du Togo envers Samuel K. Doe, Président du Liberia. Entre 1980–1990, ce dernier avait sollicité l’appui diplomatique et la médiation de plusieurs chefs d’État ouest‑africains, dont le Nigeria, le Ghana, la Guinée, et le Togo d’Eyadéma Gnassingbé, (le père de Faure Gnassingbé) considéré comme un « faiseur/médiateur de paix » régional.
Samuel Doe cherchait des alliés régionaux dès 1989 alors que la rébellion de Charles Taylor était de contrôler le Liberia. C’est au cours de cette période trouble et sanglante de 1990, alors qu’il croyait bénéficier d’une protection régionale, le Président Doe fut capturé, vraisemblablement livré, et exécuté sauvagement par le chef rebelle Prince Johnson, ce qui nourrit l’idée d’un abandon, voire d’une trahison, par le Togo vraisemblablement en concertation avec certains dirigeants de la région. Le syndicat de chefs d’Etat ne fonctionne que si vous êtes au pouvoir. Même comme un espace de transit pour les réfugiés, de nombreux migrants politiques anglophones de la sous-région ont compris que cette plateforme temporaire n’est assurément pas un refuge durable, et certainement pas « sûr ».
2.2 Angola : dans les années 1980 – 1990, le Togo a accordé l’asile politique à des nombreux responsables politiques et leurs familles proches de Jonas Savimbi et de son mouvement « UNITA » notamment pendant et après la guerre civile dans ce pays. Face au revirement politique du Togo suite à la « victoire » finale de José Eduardo dos Santos sur Jonas Savimbi en février 2002 et après la mort de ce dernier au combat le 22 février 2002, l’Etat togolais trahit la parole donnée dès qu’il est convaincu que la capacité militaire de l’UNITA est anéantie et cela sonne la fin de la guerre civile avec la victoire, soutenue de l’étranger, du parti politique de José Eduardo dos Santos, le MPLA, le Mouvement Populaire de Libération de l’Angola, au pouvoir depuis l’indépendance. Les services de renseignements de l’UNITA ont informé les réfugiés stationnés au Togo qui ont choisi rapidement et en catimini de se rendre en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique.
2.3 Tchad : dans les années 1990 – 2000, le Togo a offert le droit d’asile à des réfugiés politiques tchadiens accueillis après des purges internes et assassinats dans le pays. Mais les protections furent limitées et en fonction des relations opportunistes et changeantes entre les dirigeants du Togo et ceux du Tchad, de nombreux tchadiens ont préféré fuir le Togo pour principalement le Sénégal, plus sûr et respectueux du droit d’asile.
2.4 Centrafrique : dans les années 2000, et contrairement aux autres dossiers cités, le Togo n’a jamais extradé de réfugiés centrafricains, même lorsque les autorités de Bangui étaient favorables à leur retour forcé ou négocié.
Suite à son renversement par le Président François Bozizé en mars 2003, le Président Ange‑Félix Patassé, Président centrafricain entre 1993–2003, s’est réfugié au Togo où il a vécu en exil pendant près de 10 ans malgré un mandat de la justice centrafricaine. Aucune extradition aussi pour l’ancien Premier ministre de Patassé, Martin Ziguélé, considéré comme opposant civil non violent, qui a séjourné au Togo à plusieurs reprises lors des tensions politiques en Centrafrique où il a tissé d’importantes relations notamment via les réseaux ésotériques avec le pouvoir togolais. Plusieurs proches et responsables politiques dirigeants du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) de Ange-Félix Patassé ainsi que plusieurs ministres, conseillers et officiers proches de Patassé ont transité ou résidé au Togo après 2003. Le cas emblématique de Patassé s’explique aussi par le fait qu’il a épousé Angèle Patassé, née Angèle Marthe Koyassé, une Togolaise originaire de la région de Kara, qui est devenue la Première Dame de Centrafrique durant son mandat (1993–2003). Ce lien a permis aussi à des militaires et personnalités centrafricaines civiles fuyant les crises de 2013 (Séléka / anti‑Balaka) d’être accueilli au Togo lors de la chute de Bozizé en 2013. C’est d’ailleurs ce cas qui a forgé la réputation du Togo de terre d’asile politique. Or, cette réputation a fondu comme du beurre de karité au soleil.
2.5 Côte d’Ivoire : dans les années 2000 – 2010, le Togo a accordé le droit d’asile aux proches du Président Laurent Gbagbo, d’une partie de son gouvernement et de certains militaires et membres de parti politique après le bombardement de la Présidence ivoirienne par la France lors de l’insurrection de 2002 soutenue de l’étranger. Or, cette protection est devenue « fluctuante » et a disparu dès lors que les relations Lomé – Abidjan – Paris ont fait l’objet de pressions discrètes pour des extraditions…
2.6 Burkina Faso : C’est à la lumière de ces expériences décevantes du Togo qu’il faut comprendre le cas du Colonel Damiba qui a séjourné au Togo entre 2022 et 2026 après sa perte de pouvoir. Hébergé trois ans au Togo qui a refusé de respecter le mandat d’extradition demandées par les autorités burkinabè dès 2022, le Togo confirme par son revirement politique majeur, sa politique opportuniste d’instrumentalisation de l’asile politique du Colonel Damiba et de son opportunisme transactionnelle et une politique asymétrique de l’asile.
Le colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est un militaire burkinabè qui a dirigé le Burkina Faso après le coup d’État de janvier 2022 au service d’intérêt étrangers. Ancien chef du régiment de sécurité présidentielle et spécialiste des opérations antiterroristes, il a été renversé huit mois plus tard par le Capitaine Ibrahim Traoré, actuel Président du Faso, Chef de l’État, Chef suprême des Forces armées nationales et Président de la Transition comme stipulé dans la Charte de la Transition adoptée le 14 octobre 2022.
C’est donc après sa chute que le Colonel Damiba demandé l’asile politique et a trouvé refuge au Togo. Le Togo s’est targué d’être un havre de paix pour les demandeurs d’asile politique sauf que la politique du double standard a vite repris le dessus. Après plus de trois ans de protection, le Togo a choisi de ne pas respecter le droit d’asile en remettant finalement le Colonel Damiba aux autorités burkinabè. Or, la demande d’extradition formulée par le Burkina-Faso courait depuis 2022.
L’extradition du Colonel Damiba par le Togo vers le Burkina-Faso pourrait s’apparenter à un « cadeau empoisonné » s’il ne s’agissait pas d’une combinaison de facteurs économiques, diplomatiques et politiques comme :
– un calcul stratégique du Togo de renvoyer les demandeurs d’asile dès lors qu’ils ont dépensé suffisamment d’argent au Togo ;
– une pression diplomatique et politique du Burkina-Faso en concomitance avec les excursions des mercenaires-terroristes-djihadistes expulsées du Burkina, du Mali et du Niger ;
– une « livraison » soudaine du dit Colonel, sans procédure publique précédée d’informations contradictoires et de e désinformations huilée par une absence de communication transparente; et
– une volonté de rappeler sa proximité avec des régimes militaires qui ont fait un coup d’Etat afin de tenter de mieux argumenter pour faciliter une réponse favorable à la demande du Togo d’intégrer les pays de l’AES, demande actuellement rejetée.
Cette une décision purement politique, typique des transitions d’un Etat privilégiant l’arbitraire et l’unilatéralisme, n’aurait pas été possible si le Colonel Damiba avait cherché à analyser la politique du deux poids, deux mesures du Togo envers les réfugiés et les opposants politiques tant au Togo que ceux d’Afrique.
2.7 Ghana : il importe de noter les cas inverses avec le Ghana où en 1990 – 2005, le Togo a demandé l’extradition de ses propres opposants réfugiés au Ghana suite aux contestations des élections présidentielles manifestement sans vérité des urnes et le coup d’Etat sanglant de Faure Gnassingbé en 2005 pour s’accaparer le pouvoir avec l’appui des forces armées togolaises claniques. De nombreux opposants politiques togolais stationnés au Ghana n’ont pas toujours bénéficié de la sécurité des autorités ghanéennes.
En effet, des interventions discrètes d’agents « infiltrés et non identifiés » ont résulté en des « enlèvements » au Ghana comme au Togo et des emprisonnements d’opposants politiques au Togo. Le cas emblématique actuel de Jean-Paul Omolou et de plusieurs autres opposants, actuellement toujours en prison et pour lequel comme d’autres mérite d’être rappelé puisque le Togo n’a accordé, ni la libération unilatérale sous pression décidée en fin d’année par Faure Gnassingbé, ni la grâce présidentielle. Cette politique asymétrique sous-tend le volet transactionnelle sans que l’on puisse, par manque de transparence, préciser les conditions exigées par le système Gnassingbé. En comparaison, les réfugiés politiques qui ont trouvé refuge au Bénin au cours de la même période ont été apparemment mieux protégés.
3. Opportunisme Transactionnelle du Togo
L’histoire récente du droit d’asile pratique par le système Gnassingbé relève de l’opportunisme transactionnel, cette attitude politique où l’État prend des décisions unilatérale, parfois sous pressions inavouées, et uniquement en fonction d’un avantage immédiat, en échangeant une position contre un bénéfice concret, sans cohérence morale ou stratégique durable. Il s’agit bien d’opportunisme puisqu’ il s’agit là d’une pratique séculaire de régime Gnassingbé de changer de position selon l’intérêt du moment, comme lors des plaintes d’inversion des résultats électoraux lorsqu’ils sont libres. Dans ces circonstances, la loyauté, le respect du droit et les principes ou les engagements passés deviennent secondaires, remplacés par le calcul du gain immédiat, généralement centré sur la préservation à tout prix du pouvoir qui pourrait intéressé des groupes de mercenaires-terroristes-djihadistes qui préfèreraient se concentrer sur des espaces autres que les pays de l’AES, où la résistance militaire pourrait faire défaut. C’est ainsi que :
3.1 Sur le plan du droit international, le Togo avait créé une expectative légitime de protection dans le cadre d’un droit d’asile. Or, il y a eu une violation flagrante de l’obligation morale et diplomatique de protéger le demandeur d’asile. Cela s’est traduit par :
– une violation de la confiance légitime ; et
– un non-respect du principe de non-refoulement surtout lorsque la personne risque des persécutions.
3.2 Sur le plan politique, il y a lieu de constater que la réalité du pouvoir Gnassingbé se caractérise par :
– la duplicité avec un discours public contraire aux actes posés ;
– le double standard puisque Faure Gnassingbé applique unilatéralement des règles et principes différents selon les circonstances, les acteurs, les intérêts du moment, ou encore les pressions subies ;
– un opportunisme diplomatique puisque face à un rapport de force et des menaces de proliférations des mercenaires-terroristes-djihadistes fuyant les pays de l’Alliance des Etats du Sahel, le Togo répond en mettant une fin définitive à la protection effective du réfugié politique au Togo ; et
– une instrumentalisation de l’asile dès lors que le séjour au Togo dans le cadre du droit d’asile n’est assurément plus une garantie, ni un engagement à être protégé par le pouvoir Gnassingbé, mais un outil de gestion politique conjoncturelle. Il ne s’agit ni plus, ni moins que d’un détournement du droit d’asile pour en faire une variable d’ajustement pour protéger son pouvoir usurpé, s’affranchissant de fait de toutes cohérences dans l’obligation de protéger le réfugié politique qui lui a fait confiance.
3.3 Sur le plan sous-régional de l’Afrique de l’Ouest, il faut noter que les relations et médiations officielles et officieuses sont effectuées de manière souvent informelles, non écrites, et basées sur des équilibres fragiles compte tenu des mouvements imprévisibles à la tête des Etats, à la tête des groupes de mercenaires-terroristes-djihadistes et des alliances et contre-alliances au sein des militaires interventionnistes et contrôlant directement ou indirectement une partie importante des Etats de la sous-région. De ce fait, il est possible de constater que le Togo n’est pas différent de nombreux autres pays ne respectant pas l’Etat de droit en considérant que:
– la protection de l’individu et des droits humains sont secondaires par rapport aux relations bilatérales entre Etat, ce qui caractérise une Real Politik assumée ;
– en prenant parti et donc en choisissant d’abandonner la fonction de « médiateur de paix », usurpant ainsi la fonction de médiation pour mieux défendre ses propres intérêts sur le dos des réfugiés politiques, non sans avoir attendu qu’ils aient dépensé l’essentiel de leurs avoirs au Togo ; et
– de faire croire dans le cas du « Colonel Damiba » qu’il ne servirait pas de base arrière pour des agents africains ou internationaux susceptibles de déstabiliser un pays voisin, tant les soupçons sur le jeu trouble du Togo circule sur les réseaux sociaux ;
En définitive, l’opportunisme transactionnelle du système Gnassingbé du Togo pourrait se résumer en un signal politique du Togo qu’il faudrait analyser plus comme un « sauve-qui-peut » qui semble répondre à un changement d’équilibre politique avec les autorités du Burkina Faso, et indirectement à des pressions régionales et internationales.
4. L’Hypocrisie Stratégique du Système Gnassingbé
L’hypocrisie stratégique du Togo sous Faure Gnassingbé se caractérise par une diplomatie de l’affichage et de la diffusion de « vérités alternatives », ce qui signifie qu’elle a pour objectif premier la survie d’un système anti-démocratique qui navigue dans un environnement d’alliances fragmentées.
Le Togo de Faure Gnassingbé a réveillé le démon de la manipulation constitutionnelle pour imposer le contournement et la neutralisation de la Loi Fondamentale que s’est donné le Peuple togolais en 1992. Au point de s’ériger et s’imposer aujourd’hui comme un véritable laboratoire discret de la stratégie de maintien au pouvoir pour les États africains confrontés à la recomposition et la multipolarité du pouvoir dans le monde. C’est ce même Togo qui a refusé d’appliquer la Constitution du Togo qui limitait le mandat présidentiel à deux mandats non cumulables, non renouvelables. Non seulement, le droit a été battu en brèche, mais Faure Gnassingbé qui en est à son 5e mandat présidentiel contesté, se maintient grâce à l’appui de la partie non républicaine des militaires togolais, avec l’appui non-dissimulé de soutiens logistiques extérieurs. C’est aussi ce même Faure Gnassingbé qui a convaincu la CEDEAO de considérer comme « normaux » les coups d’Etat constitutionnels et de s’offusquer lors des coups d’Etat militaires. Sauf que Faure Gnassingbé est abonné aux deux formes de coups d’Etat sans que la CEDEAO et la France ne s’en émeuvent ou se scandalisent.
L’Hypocrisie stratégique du système Gnassingbé repose sur une fidélité affichée et revendiquée aux partenaires traditionnels s’alignant sur l’OTAN, qu’il s’agisse de la France, des Etats-Unis, de l’Union européenne, qui ont fini par convaincre la CEDEAO de s’aligner. Il ne faut donc pas s’étonner si les forces de défense dite en « attente » sont de plus en plus constituées au plan logistique, des équipements, des matériels et des financements, de forces extérieures à l’Afrique.
Mais, il était important d’infiltrer toutes les formes de souveraineté faisant fi des règles de fonctionnement internes de la CEDEAO considérée comme syndicat des chefs d’Etat en Afrique de l’Ouest et servant de base arrière depuis la fondation de la dictature par Eyadéma Gnassingbé, le meurtrier de Sylvanus Olympio lors du coup d’État militaire du 13 janvier 1963.
Au point qu’il fallait explorer pour le compte d’autrui toutes les marges de manœuvre pour tenter de pénétrer l’architecture sécuritaire et de souveraineté des acteurs contestataires de l’ordre occidental dans la sous-région, notamment l’Alliance des États du Sahel (AES) et certains mercenaires extra-occidentaux. Cette forme de plasticité de la Gouvernance du Togo ne doit pas être lue comme une incohérence ou une contradiction. Il s’agit d’une véritable méthode de gouvernance de la vulnérabilité d’un Etat pivot en Afrique de l’Ouest.
Cette hypocrisie stratégique, souvent négociée aux dépens du Peuple togolais, relève en réalité d’un calcul cynique d’une stratégie de conservation du pouvoir ad aeternam dans un système international multipolarisé.
Le Togo de l’oligarchie Gnassingbé a choisi pour pérenniser sa survie de multiplier les options de diversification avec une diversité d’acteurs pour éviter l’affichage d’un alignement rigide sur la France et l’OTAN, même si l’entame des discussions avec la Russie et les arrangements avec la Chine, les Emirats Arabes Unis et la Turquie commencent par faire « désordre » pour les partenaires traditionnels qui voient leur mainmise sur Faure Gnassingbé se diluer dans la sauce gombo togolaise.
5. « Deux Poids Deux Mesures » au Togo: « Soft Power » ou Simple Mercenariat d’État
Le Togo ne dispose ni d’un poids militaire significatif ni d’un soft power comparable à celui de pays comme le Rwanda, le Ghana ou même le Sénégal. Il compense donc par une diplomatie d’ambiguïté constructive, cherchant à rester fréquentable pour tous sans se couper de personne. Le discours officiel valorise les grandes valeurs de la paix, laquelle n’est nullement respectée à l’intérieur du Togo qui vit sous le sceau du silence des cimetières, du risque permanent du kidnapping, de l’embastillement brutal et d’un système rémunéré de délation au point de déstructurer pratiquement chaque famille togolaise. L’exil ou le silence servent de boussole pour toute togolaise ou togolais désireux de continuer à fouler le sol de ses aïeux.
Ainsi, à l’instar de son père dictateur, Faure Gnassingbé s’est trouvé une nouvelle fonction d’intermédiaire de la « paix », en s’autodésignant champion de la médiation et de la facilitation, non sans une facture dont le montant total demeure bien obscur pour tous les Togolais. Cette approche de la médiation en sous-marin consiste en des pratiques dites « diplomatiques », où diplomatie rime avec confidentialité totale, empêchant tous bilans. Or, il s’agit en réalité d’organiser, de ménager et même de contrôler des canaux parallèles avec des partenaires alternatifs ou agents obscurs du mercenariat international mais qui sont capables d’offrir sécurité, financement ou soutien politique uniquement aux membres d’un réseau ésotérique d’affidés qui se sont accordés pour conserver le pouvoir par tous les moyens, y compris tous les moyens toxiques, criminels et hors-la-loi.
Il ne faut pas s’y tromper. Le paradoxe de cette stratégie extérieure de la diplomatie Gnassingbé se présente d’abord comme une fuite en avant. Une fuite devant le verdict des urnes du Peuple togolais qui le rejette dans sa grande majorité y compris celles et ceux qui vont à la mangeoire sans pouvoir s’y rassasier.
L’Hypocrisie stratégique du système Gnassingbé n’est pas qu’une posture destinée à lisser l’image auprès des chancelleries occidentales, elle répond directement à des impératifs internes. La priorité du régime demeure son maintien au pouvoir, la continuité du pouvoir, la gestion sécuritaire du territoire au service d’intérêts étrangers profitant d’un espace de blanchissement et la préservation d’un modèle politico-économique centré sur l’État. Pour cela, il faut éviter toute dépendance exclusive : ni la France, ni la CEDEAO, ni les États-Unis d’Amérique, ni la Chine, ni la Russie ne doivent devenir des partenaires uniques. Le Togo joue donc une partition subtile, où chaque acteur extérieur est utile mais aucun ne devrait être indispensable.
Cette stratégie permet d’obtenir des ressources, de négocier des marges de manœuvre et de maintenir une image de médiateur « qui bloque la vérité des urnes au Togo » dans une Afrique polarisée en termes d’alignement.
Ainsi, loin d’être un simple opportunisme, le double standard togolais constitue une diplomatie de survie, typique des États prédateurs et liberticides, mais confrontés à des pressions contradictoires au point de se fourvoyer dans le non-respect en matière de défense des droits humains. Cet équilibre aléatoire, mais décousu, a pour objet de donner l’image d’un Togo où rayonne la paix des cimetières afin de « rester » au centre du jeu de la diplomatie d’influence sans jamais être pris au piège de l’une ou l’autre des anciennes et nouvelles puissances multipolaires.
Dans un contexte où :
– la CEDEAO est fortement fragilisée et dépendante de la sécurité des pays de l’OTAN ;
– les dirigeants des pays de l’AES redessinent leurs alliances avec des partenaires « sûrs »,
– les puissances extérieures choisissent d’exporter leurs guerres sur le sol africain, et où
– les puissances alternatives offrent des alternatives concurrentes et sans ingérence liées à des critères démocratiques ou humanitaires ;
cette stratégie est en train de devenir la norme pour plusieurs États africains qui ont choisi de vendre leur souveraineté au plus offrant et continuer à gouverner comme des mercenaires de la politique déconcentrée en Afrique. Le Togo, en ce sens, ne préfigure plus les nouvelles diplomaties africaines de l’ère multipolaire, mais est devenu un cas d’école qui sera étudié dans les livres d’histoire africaine traitant de la décolonisation occidentale.
En définitive, l’hypocrisie stratégique du système Gnassingbé se présente comme une forme togolaise de la diplomatie d’influence (soft power) qui s’est muée en un simple mercenariat d’Etat aux dépens du Peuple togolais qui peine à le comprendre et à s’en débarrasser. Encore faut-il comprendre l’objectif de celui qui dirige la 5e République togolaise illégale et tant décriée.
6. Président du Conseil du « Mercenariat de a Médiation et de la Facilitation » ?
A force de chercher à améliorer sa crédibilité diplomatique, le Togo du système Gnassingbé est de plus en plus dépendant de l’Occident, notamment l’OTAN sous domination des Etats-Unis d’Amérique. Or, ce nouvel OTAN a été contaminée par la gouvernance transactionnelle du Président Donald Trump qui n’a de cesse que de fragiliser, et de rendre vulnérables tous ses interlocuteurs, puisque le mot « partenaire » n’existe plus dans le vocabulaire « trumpien ». Est-ce qu’en retour, le soutien financier et sécuritaire des bailleurs traditionnels pourra se poursuivre pour maintenir en place une « démocrature togolaise » alors que la CEDEAO est fragilisée ? Est-ce que la position de « neutralité active » et d’intermédiaire pivot pour servir de cadre de discussions des multiples transactions pourra continuer ?
Assurément, sauf si le Peuple togolais prend conscience du niveau d’humiliations et de perte de dignité et de pouvoir d’achat subies et décide de réagir. C’est alors que la notion de « passerelle » qui hors des frontières du Togo optimise le rôle de médiateur et de facilitateur de Faure Gnassingbé, pourrait au plan interne lui faire défaut pour résoudre la crise politique et sociétale qui perdure depuis 1967.
La neutralisation des avancées et des exactions des mercenaires-terroristes-djihadistes qui sévissent sur le territoire des pays de l’AES pourrait conduire à un déplacement de ces agents de la déstabilisation vers les pays côtiers. Dans ce cadre, le Togo apparaît comme le point névralgique où la posture sécuritaire ne dépend en fait que l’assistance permanente des armes et forces extérieures au Togo. Il sera alors difficile de continuer à maximiser les opportunités grâce à la gouvernance du double standard. S’en suivra rapidement une perte du soutien occidental qui préférera utiliser Faure Gnassingbé comme une variable d’ajustement pour sauver ce qui pourra être sauvé face à un déferlement des mouvements des populations en quête de vérité, de justice et de souveraineté populaire.
Le risques d’une perception d’hypocrisie et d’instabilité diplomatique du Togo sont largement diffusés dans les réseaux sociaux. Il est évident pour tout partenaire sérieux du Togo que le système Gnassingbé rencontre d’énormes difficultés à construire des alliances durables dès lors que la transparence, la vérité des comptes publics et la traçabilité des paiements du Président du Conseil et chef du Gouvernement sont en jeu.
Il n’est donc pas possible de préserver une diplomatie de l’influence et ce soft power national sans une posture déformée de la réalité. C’est cette raison qui pousse le régime Gnassingbé à faire appel à des laudateurs et à investir massivement dans la désinformation et l’élaboration d’une « vérité alternative » pour peaufiner sa propre image et continuer à mystifier ceux, y compris l’Union africaine, qui croient en sa capacité à réussir des médiations et des facilitations alors que cette activité relève du tabou, sinon de l’incompétence au plan interne au niveau national. Le problème est que cette diplomatique togolaise de l’influence a des coûts élevés et impossibles à évaluer tant les informations comptables portant sur les déplacements du Gouvernement togolais relèvent de la sécurité nationale et du secret d’Etat. Comme les résultats ne sont pas au rendez-vous, l’image internationale du système Gnassingbé se dégrade et s’effrite.
Aussi, la question qui ne trouve pas encore de réponses est de savoir si le terme « Président du Conseil » – nouveau titre de Faure Gnassingbé acquis dans l’illégalité et de manière anticonstitutionnelle -, ne devrait pas plutôt désigner un « Président » d’un Conseil du « mercenariat de la médiation et de la facilitation », pour lequel le Peuple togolais n’a pas droit de cité !!!
Or, la gestion de la cité relève de la politique, politique dont Faure Gnassingbé exclut le Peuple togolais en usurpant la vérité des urnes et en empêchant l’expression de son choix libre et démocratique au suffrage universel.
Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que Faure Gnassingbé ait libéré 75 prisonniers politiques suite à une grève de la faim des prisonniers[1], et refuse de libérer encore de nombreux détenus politiques, dont son demi-frère Kpatcha Gnassingbé (ex-Ministre de la Défense (2005-2007) du Togo et Député RPT (Rassemblement du Peuple togolais) en 2009 à l’Assemblée nationale), Jean-Paul Omolou (ambassadeur itinérant du Gouvernement en exil de feu Dr. Agbéyomé Kodjo soutenu par Monseigneur Philippe Fanoko Kossi Kpodzro suite aux élections de 2020), Marguerite Gnakadé (ancienne ministre de la Défense) et 68 autres détenus politiques non nommés individuellement dans les communiqués publics[2].
RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA réitèrent avec insistance la demande de libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques et d’opinion sans exception ! Ils demandent avec la même insistance :
– la prise en charge par l’Etat des hospitalisations, des soins médicaux et des traitements psychologiques occasionnés par les détentions arbitraires, les tortures, les traitements inhumains ; ainsi que
– l’indemnisation officielle des prisonniers politiques et d’opinion.
Au vu de la situation, plusieurs options et scénarii se présentent donc au Togo dans les cinq (5) prochaines années.
7. Le Togo du Double Standard 2026-2030
Si au Togo, les Gnassingbé sont encore au pouvoir de manière anticonstitutionnelle et illégale et continuent à gouverner par double standard, à quoi pourrait ressembler le pays en 2030 ? Cinq scenarii se dégagent du point de vue du Peuple togolais.
7.1 Le Togo comme « intermédiaire utile au service des intérêts étrangers »
L’État adopte une posture de neutralité active, conciliant ses engagements régionaux avec des partenariats diversifiés. Le double standard est encadré mais institutionnalisé comme instrument de flexibilité diplomatique, sans rupture des obligations internationales. Le Togo demeure un acteur pivot, reconnu pour sa capacité de médiation et de stabilisation régionale au service des intérêts étrangers, de ses affidés et de l’armée mafieuse qui sert de milice anti-démocratique. La vérité des urnes et la vérité de comptes publics sont définitivement bannies. L’approfondissement de la démocrature deviendra le droit commun.
7.2 Le Togo pris dans le « Piège des contradictions liées à la politique du « double standard » »
L’usage excessif du double standard entraîne une incohérence manifeste entre engagements déclarés et pratiques effectives. Cette divergence affaiblit la crédibilité internationale de l’État et limite sa capacité à bénéficier des mécanismes régionaux et internationaux. Le Togo se trouve en situation de vulnérabilité diplomatique et de dépendance accrue. Le régime Gnassingbé pourrait alors servir de variable d’ajustement pour des intérêts étrangers qui chercheront un autre « acteur » mercenaire pour réaliser leurs objectifs.
7.3 Le Togo des Coups d’Etat constitutionnels et du « Tout sécuritaire » avec l’illégalité en prime
L’État privilégie la sécurité de ceux qui dirigent le pays et la coopération avec les acteurs du pouvoir où la loi du plus fort triomphe, ce au détriment de l’intérêt collectif du Peuple togolais. Le double standard devient un outil assumé de fausse protection du territoire alors qu’il ne s’agit que de la perpétuation et de la continuité institutionnelle du système Gnassingbé. Cette orientation entraîne un déséquilibrage des alliances, avec un amenuisement du droit, des normes et la montée vers un régime fasciste.
7.4 Le Togo de la diplomatie de l’influence dit « soft power secret » au service des intérêts propres des Gnassingbé
Le double standard est progressivement élargi au profit d’une stratégie fondée sur la cohérence de la force et de la brutalité en interne afin de mieux disposer du temps pour une médiation internationale. Cela peut conduire à une attractivité de pays tiers aligné sur les intérêts de puissances étrangères utilisant le Togo comme un intermédiaire transactionnel. L’État devient plus violent envers les populations et renforce ses capacités militaires, de sécurité rapprochée. Une image institutionnelle, logistique et diplomatique sera promue pour consolider un soft power émergent. Le Togo acquiert une position instable mais respectée par tous ceux à qui profite directement la violation des droits du Peuple togolais. Cette approche risque d’être fondée sur l’imprévisibilité, l’arbitraire et la non-conformité aux engagements internationaux afin de mieux servir les intérêts bien compris d’une oligarchie qui dépasse les frontières togolaises.
7.5 Le Togo de la « Mutation du Peuple togolais »
La mutation du Peuple togolais se manifeste par une prise de conscience collective du non-respect par le « système Gnassingbé » de ses droits, de sa souveraineté et de son rôle dans la définition du destin national et entraine une réaction populaire. Cette transformation se traduit par une mobilisation citoyenne structurée, non violente et déterminée, exigeant transparence, justice et cohérence dans la gouvernance.
Les organisations de la société civile, les jeunes, les femmes et la Diaspora convergent enfin pour réclamer des institutions crédibles et imposer une rupture avec les pratiques opaques du passé.
Cette dynamique entraîne une pression civique forte mais pacifique, obligeant l’État à ouvrir un processus de transition politique et citoyenne ordonnée. Le Peuple togolais impose progressivement un nouveau contrat social dit « Projet de Société Commun (PSC)» inclusif, fondé sur la responsabilité, la participation, la création de richesses et la redevabilité. La mutation devient alors un mouvement historique, non pas de confrontation, mais de refondation, où la société civile redéfinit les règles du jeu politique. Le Togo entre ainsi dans une ère où la légitimité découle réellement de la volonté populaire et où la stabilité repose sur la confiance retrouvée entre citoyens et institutions.
Cette phase suppose l’éveil du Peuple togolais et une phase préparatoire que des conférences inclusives pour parfaire l’élaboration d’un projet de transition politique et citoyenne devront structurer pour éviter l’improvisation, consubstantielle de nombreuses transitions politiques en Afrique. Pour tirer utilement les enseignements l’histoire universelle qui montrent que toute révolution ou rupture appelle la contre-révolution ou la réaction des forces opposées au progrès, Il faudra utilement élaborer une « loi de sécurité, de stabilisation et de réformes minimales » pour éviter les doubles coup d’Etat révisionnistes que ne manqueront pas de fomenter les tenants d’un pouvoir qui a régné sans partage sut le Togo, pendant plus de six décennies.
8. Recommandations de RCDTI-CVU-TOGO-DIASPORA: En Finir avec la Gouvernance de l’Arbitraire
RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA souhaitent porter à l’attention du Peuple togolais qu’il devient indispensable de constater et de dénoncer le double standard du Togo des Gnassingbé. Il s’agit d’une gouvernance du « mercenariat de la médiation » caractérisée par une hypocrisie stratégique qui se présente de la manière suivante :
– afficher une position A, surtout dans les discours et la manipulation des images et des réseaux sociaux et faite, de manière calculée, préméditée et volontariste ; et
– présenter dans une position B, tout le contraire au plan opérationnel tout en s’assurant du silence des interlocuteurs selon des formes multiples et variées : achat des consciences, accaparement des ressources du pays notamment les hydrocarbures et les mines, défiscalisation des transactions passant par le Togo et sous-évaluation des recettes des entreprises publiques, notamment le Port autonome de Lomé, le tout ponctué d’un manque de transparence maladif endémique.
La brutalité, le non-respect du droit et des libertés au plan national, que tentent de cacher les affichages dithyrambiques des laudateurs du système, soit dans la réalité celui d’un Etat sécuritaire et liberticide, ne servent qu’à préserver la sécurité du cercle très fermé du système Gnassingbé qui s’en sert pour justifier une consolidation interne du pouvoir.
L’hypocrisie stratégique est donc un instrument de gouvernance de l’arbitraire qui permet de rester « fréquentable » pour tous ceux qui pour la préservation de leurs intérêts bien compris sont dans une logique transactionnelle avec les officiels du Togo, tout en se donnant l’image qu’ils ne s’alignent sur personne. Or, c’est tout le contraire !!!
La montée en puissance de l’hypocrisie stratégique assumée est devenue au fil du temps un instrument de gestion à court terme pour tenter de contenir la vulnérabilité du régime Gnassingbé et assurer sa préservation.
Le double standard reste un outil tactique pour assoir une « fausse identité » permanente, qui permet de masquer l’usurpation du pouvoir du Peuple togolais. Cela ne peut être acceptable pour des citoyens et un Peuple libres.
Aussi, la mutation du Peuple togolais doit progressivement s’affirmer comme un processus constitutionnel par lequel la souveraineté nationale et populaire reprend sa pleine effectivité. Elle se manifeste par l’exercice collectif, pacifique et déterminé du droit de participation à la vie publique, garanti par les principes fondamentaux de l’État de droit. Il va de soi que cela ne peut se faire avec ceux-là mêmes qui depuis plus de soixante ans en ont empêché l’avènement et qui continuent sournoisement et brutalement, ce de manière illégale et anticonstitutionnelle, à s’y opposer sans comprendre et prendre en compte l’exaspération et même la colère du Peuple togolais et de sa Diaspora.
Manifestement l’hypocrisie d’Etat doit cesser ! Cela commence par la libération inconditionnelle des combattants de la liberté du Peuple togolais.
Le 29 janvier 2026.
La Direction du :
Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et du Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes et aux citoyennes et citoyens indépendants.
Signataires: RCDTI, CVU-TOGO-DIASPORA, Partenaires ET Sympathisants:
Yves Ekoué AMAÏZO, Dr.
Ernesto D’ALMEIDA, Dr.
Mathieu D’ALMEIDA
Koffi DEKU, Ing.
François FABREGAT
Papa KHADIDJA
De nombreux CITOYENS (ENNES) ont souhaité ne pas voir leur nom figurer en qualité de signataires, par peur de représailles du système Gnassingbé.
Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org et rcdti@cvu-togo-diaspora.org
Note : Toutes les personnalités ou associations qui souhaitent être signataires des textes de RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA peuvent le faire en écrivant par courrier électronique à l’adresse ci-dessous. Ils ou elles auront l’occasion de participer à l’une ou l’autre des téléconférences fondant notre démocratie participative et proposer des solutions dans le cadre du projet de transition politique et du projet de société commun pour l’avenir du Togo.
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© RCDTI & CVU-TOGO-DIASPORA
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Notes & Références: voir ici
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WYN-009-2025
Sous réserve d'un contrôle approfondi, les candidats dont les noms suivent sont déclarés admis au test de recrutement externe au poste de :
POSTE : INGENIEUR FINANCIER ET COMPTABLE BAC+5
LISTE DES ADMIS
Rang : 1er
Nom et Prénom(s)
SAWADOGO Malick
Sexe : M
Résultat : Admis
Arrêté la présente liste à Un (01) nom.
LISTE D'ATTENTE
Rang : 1er
Nom Prénom(s)
THIOMBIANO Inoussa
Sexe : M
Résultat : Liste d'attente
Rang : 2e
Nom Prénom(s)
HEBIE Aboubacar
Sexe : M
Résultat : Liste d'attente
Arrêté la présente liste à Deux (02) noms.
Aboubakari OUEDRAOGO
Administrateur Général
Jésus lui dit : “Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ;” Jean 11 : 25
Sa Majesté le Naba Saga de Dapelgo,
Les grandes familles : ILBOUDO,SANKIMA, OUEDRAOGO, ZONGO, COMPAORÉ .
Les familles alliées : COMPAORÉ,BOUDA,TAPSOBA, DERRA,BAMOGO,SAWADOGO,ZOUNGRANA, ROUAMBA,
Les enfants : Donald, Nadine, Crépin, Fabrice et Ange
Les frères et sœurs, les neveux et nièces et les petits enfants du défunt,
Réitèrent leurs remerciements sincères et leur profonde reconnaissance à toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont témoigné leur compassion, leur solidarité et leur soutien multiforme lors du rappel à Dieu le 28 janvier 2026 à Ouagadougou suivie de l'inhumation le 30 janvier à Dapelogo et de la messe de requiem le 1er février 2026 de leurs frère, père, époux et grand-père de Monsieur ILBOUDO Koudnoaga Léonard
Que chacun trouve ici l'expression de leur profonde gratitude pour les marques d'affection et de réconfort reçues durant ces moments.
Puisse Dieu, le tout miséricordieux, rendre à chacun le centuple de ses bienfaits.
“Que par la miséricorde de Dieu son âme repose en paix.”
Ces dernières semaines, pendant que le régime iranien réprimait avec une violence extrême un vaste mouvement de révolte [il est question de 30 000 tués et de 50 000 arrestations], les États-Unis ont significativement renforcé leur posture militaire au Moyen-Orient, avec notamment le déploiement du Carrier Strike Group 3 [groupe aéronaval n° 3] formé autour...
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Dans l'après-midi du mardi 3 février 2026, Moov Africa a procédé à la pose de la première pierre de son nouveau siège. La cérémonie de lancement s'est déroulée en présence des premiers responsables de l'entreprise. Elle a aussi connu la présence du ministre en charge de la transition digitale Aminata Zerbo/Sabané, représentante du Premier ministre, et du ministre des serviteurs du peuple Mathias Traoré.
Placée sous le haut patronage du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, cette activité marque le lancement officiel des travaux. L'initiative prise par ONATEL-SA-Moov Africa vient répondre à la volonté politique du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, demandant aux grandes entreprises opérant sur le territoire national de se doter de sièges de haut standing. La mise en place de ce siège marque alors une étape historique où l'ambition technologique rencontre le devoir patriotique.
Aperçu de la maquetteLe nouveau siège de l'entreprise de télécommunication sera érigé dans la Zone d'activités commerciales et administratives (ZACA), située au quartier Koulouba, dans l'arrondissement 1 de la ville de Ouagadougou.
Une action qui a été accueillie avec une grande joie de la part des riverains. À cet effet, Wend-Yam Pierre Koanda, président de la délégation spéciale de l'arrondissement 1, s'est réjoui à l'idée d'accueillir ce joyau architectural dans sa zone. Pour lui, la construction de ce nouveau siège contribue à l'embellissement de la ville de Ouagadougou en général, et de son arrondissement en particulier. « Je tiens à féliciter Moov Africa pour cette initiative et à souhaiter que cette première pierre soit le socle d'un édifice qui contribuera au grand bonheur de l'ensemble des populations du Burkina Faso », a-t-il dit.
Ce nouveau joyau s'étend sur une superficie de 7000 m². Il s'agira d'un bâtiment R+5, extensible à R+7. Le tout, pour un montant d'environ 9 milliards de francs CFA. Les porteurs du projet formulent le vœu de réaliser ce projet architectural sur une durée de 26 mois. Outre cela, le futur siège de Moov Africa aura à son actif un sous-sol capable de prendre 44 véhicules et un parking qui pourra supporter autour de 200 véhicules.
Selon Mohamed Karim, directeur général de Moov Africa, ce projet poursuit plusieurs objectifs.
D'abord, affirmer une image de modernité, d'excellence à la hauteur du rôle stratégique que joue l'entreprise dans le développement économique et social du pays. Ensuite, offrir aux femmes et aux hommes des conditions de travail exemplaires, propices à la performance, à l'innovation et à l'épanouissement professionnel. Enfin, ce nouveau siège incarne un renouveau dans leurs méthodes, leurs cultures d'entreprise, mais aussi dans leur engagement au service de l'État, des citoyens et des entreprises burkinabè.
Mohamed Karim, directeur général de Moov Africa, formule le vœu que ce futur siège devienne un lieu d'innovation, de dialogue social exemplaire et de création de valeur durable pour le Burkina FasoIl a fait comprendre que ce projet n'est pas seulement un édifice moderne mais plutôt le reflet d'une ambition collective. « Le bâtiment que nous lançons aujourd'hui ne sera pas seulement un édifice moderne autour de la ZACA, quartier des affaires de notre capitale, il sera le reflet de notre ambition collective. Le symbole d'un opérateur en pleine transformation, aligné avec les exigences d'un monde numérique en constante évolution », a-t-il laissé entendre.
Il formule le vœu que ce futur siège devienne un lieu d'innovation, de dialogue social exemplaire et de création de valeur durable pour le Burkina Faso.
Dans son allocution prononcée par le ministre en charge de la transition digitale, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo indique que cette action des pionniers de la télécommunication au Burkina Faso constitue un signal fort qui témoigne de la stabilité de l'entreprise et de la confiance placée au Burkina Faso.
« Ce futur siège reflètera davantage l'ambition de l'entreprise, son statut d'opérateur historique des communications électroniques au Burkina Faso, tout en offrant un cadre de travail moderne et propice à la performance. Par son architecture moderne, son intégration harmonieuse dans le tissu urbain et son orientation vers l'efficacité énergétique, ce bâtiment incarnera l'esprit d'une entreprise engagée sur la voie de l'excellence, de l'innovation et de la durabilité », confie le Premier ministre dans son discours lu par le ministre en charge de la transition digitale, Dr Aminata Zerbo/Sabané.
Il a profité de l'occasion pour inviter les autres entreprises à prendre l'exemple de Moov Africa. La cérémonie a connu des temps forts, notamment la présentation du projet aux autorités.
Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net
L’affaire Damiba a cessé d’être un simple épisode bilatéral entre le Togo et le Burkina Faso. Par sa portée symbolique, par le moment régional dans lequel elle s’inscrit et par les interrogations qu’elle soulève, elle s’est imposée comme un cas d’école désormais scruté bien au-delà de l’espace ouest-africain. À l’heure où les États redéfinissent leurs alliances, leurs lignes rouges et leur conception même de la souveraineté, la décision de Lomé d’extrader le lieutenant -colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba mérite une lecture rigoureuse, débarrassée de toute passion.
En droit international classique, un État dispose d’un pouvoir souverain d’admission, de maintien ou d’éloignement des étrangers présents sur son territoire. Le séjour d’un ancien chef d’État déchu n’ouvre pas automatiquement droit à une protection particulière, sauf si celui-ci bénéficie formellement du statut de réfugié politique ou d’un régime d’asile reconnu.
Toutefois, ce pouvoir souverain n’est pas absolu. Il est encadré par plusieurs principes fondamentaux, au premier rang desquels figure le principe de non-refoulement, consacré par le droit international des droits de l’homme. Ce principe interdit à un État de livrer une personne vers un pays où elle risquerait des traitements inhumains, dégradants ou une justice manifestement partiale.
Dès lors, la question centrale n’est pas tant de savoir si le Togo pouvait livrer Damiba, mais à quelles conditions juridiques et procédurales cette remise pouvait être conforme aux normes internationales. Le ministre de la Justice et des Droits de l’homme du gouvernement togolais indique, dans un courrier en date du 19 janvier 2026, avoir obtenu des autorités burkinabè des garanties quant au respect de l’intégrité et de la dignité de M. Paul-Henri Sandaogo Damiba, de ses droits au cours de la procédure notamment celui à un procès équitable ainsi que l’assurance de l’absence de la peine de mort. C’est précisément sur ce terrain que le débat se déplace aujourd’hui.
Du point de vue des autorités togolaises, la décision s’inscrit dans une logique de coopération régionale et de responsabilité politique. Lomé rappelle son attachement à la stabilité de la sous-région, à la prévention des tensions et au refus de servir de base arrière aux conflits internes des États voisins. Dans un environnement régional marqué par de profondes fractures entre États membres de la CEDEAO, pays de l’AES et partenaires extérieurs, conserver sur son sol une figure aussi politiquement chargée que Damiba pouvait être interprété comme un acte de défi, ou à tout le moins comme une ambiguïté stratégique.
La remise de l’ancien chef de la transition burkinabè apparaît alors comme un choix de clarification diplomatique : le Togo affirme qu’il ne protège ni ne recycle les acteurs de transitions avortées et qu’il entend rester aligné sur une logique de désescalade régionale.
*Les zones de friction avec les standards internationaux*
C’est ici que l’analyse se complexifie. Le droit international n’évalue pas seulement les intentions politiques, mais aussi les effets concrets des actes étatiques. Or, une interrogation demeure : la remise de Damiba a-t-elle été précédée de garanties publiques, vérifiables et juridiquement opposables sur le respect de ses droits fondamentaux ?
Le communiqué publié par les autorités burkinabè à l’issue de l’extradition, confirmant officiellement la remise de l’ancien chef d’État, insiste sur la souveraineté judiciaire du Burkina Faso et sur la nécessité de répondre aux exigences sécuritaires nationales. En revanche, il reste silencieux sur les garanties procédurales évoquées par Lomé, notamment quant aux modalités concrètes de protection des droits de l’intéressé. Ce décalage alimente le doute sur la traçabilité et la portée réelle des assurances diplomatiques avancées par la partie togolaise.
La rapidité avec laquelle la demande d’extradition a été traitée interroge également. Lorsque le ministre togolais de la Justice affirme l’absence de la peine de mort, la question de la sincérité et de la solidité de cet engagement se pose, au regard de l’évolution récente du cadre juridique burkinabè et des chefs d’accusation susceptibles d’être retenus contre l’ancien homme fort de Ouagadougou. Une fois le citoyen livré, la capacité de l’État requérant à infléchir le cours de la justice d’un autre État devient, de fait, inexistante.
Dans un climat de tensions persistantes entre les pays de l’AES, marqué par une communication souvent abrupte et une logique de réciprocité parfois teintée de revanche politique, la question de la sécurité juridique et personnelle de Damiba demeure ouverte.
*Un acte juridique ou un signal géopolitique ?*
Au-delà du droit, l’affaire Damiba révèle une réalité plus large : la montée en puissance d’une diplomatie de rapports de force, dans laquelle les États, y compris ceux qui se veulent médiateurs, doivent composer avec des alliances mouvantes et des pressions croisées.
L’inquiétude publiquement exprimée par le président ivoirien Alassane Ouattara à propos de cette extradition illustre l’internationalisation du malaise. Elle confirme que l’affaire ne relève plus d’un simple différend bilatéral, mais qu’elle est perçue comme un précédent potentiellement déstabilisateur pour l’équilibre régional et la gestion future des transitions politiques.
Engagé dans des efforts de médiation, le Togo se retrouve ainsi exposé à des lectures contradictoires : jugé trop proche des juntes par certains, trop conciliant avec l’ordre régional par d’autres. Dans ce jeu délicat, Damiba apparaît comme une variable d’ajustement diplomatique.
La question devient alors profondément politique : un État médiateur peut-il rester neutre lorsqu’il devient, malgré lui, l’hôte des fractures régionales ?
*Damiba, un sacrifice politique ?*
À la lumière de ces éléments, l’hypothèse du « sacrifice » mérite d’être posée, non comme une accusation, mais comme une grille de lecture analytique. Damiba n’aurait pas été livré uniquement pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il représente dans un équilibre régional instable.
Si tel est le cas, l’affaire dépasse largement l’individu. Elle interroge la capacité des États africains à concilier leurs engagements internationaux, leur souveraineté diplomatique et la pression croissante des nouveaux blocs régionaux.
À mesure que la realpolitik s’impose plus frontalement, la frontière entre le droit et la nécessité politique devient poreuse. Et lorsque cette frontière se brouille, ce sont souvent les individus — même anciens chefs d’État — qui en paient le prix.
Damiba fut-il livré par respect du droit ou pour préserver un équilibre stratégique fragile ? La question reste posée. Et c’est précisément cette incertitude qui confère à l’affaire Damiba sa dimension internationale.
Journal La Sentinelle
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