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Autour de Boualem Sansal, un « malaise » grandissant

LeMonde / Afrique - Tue, 07/04/2026 - 05:30
Depuis sa libération en novembre 2025, l’écrivain franco-algérien divise en raison de ses prises de position et de sa décision de quitter son éditeur historique. Jusqu’à faire douter ses proches et ses soutiens sur un possible glissement vers la droite radicale.
Categories: Afrique

INTERVIEW - «Bei einem Ja wird die Personenfreizügigkeit nie gekündigt werden. Das ist Angstmacherei der Gegner», sagt der SP-Doyen Rudolf Strahm

NZZ.ch - Tue, 07/04/2026 - 05:30
Im Gespräch kritisiert der Sozialdemokrat seine Partei für ihren Hypermoralismus bei der Zuwanderung – und äussert Verständnis für jene, die Ja sagen werden zur 10-Millionen-Schweiz-Initiative.
Categories: Afrique, Swiss News

Deutschland will Hunderttausende Syrer nach Hause schicken – weshalb bleibt es in der Schweiz bisher nur bei Einzelfällen?

NZZ.ch - Tue, 07/04/2026 - 05:30
Der Druck auf syrische Asylsuchende, wieder in ihre Heimat zurückzukehren, wird in den kommenden Monaten auch in der Schweiz steigen. Gleichzeitig behält das Staatssekretariat für Migration wegen des Iran-Krieges die Lage in der Golfregion im Auge.

Législatives en Hongrie: le vice-président américain à Budapest pour soutenir Viktor Orban

RFI (Europe) - Tue, 07/04/2026 - 05:16
À quelques jours des législatives du 12 avril, J. D. Vance est en visite à Budapest ces mardi 7 et mercredi 8 avril pour apporter le soutien de Donald Trump au Premier ministre hongrois, en grande difficulté dans les sondages. Il y a quelques semaines déjà, le secrétaire d'État américain Marco Rubio avait, lui aussi, fait le voyage pour souhaiter à Viktor Orban un « succès aux élections ».
Categories: Africa, Union européenne

Rights Groups File Genocide Complaint Against Myanmar’s Min Aung Hlaing

TheDiplomat - Tue, 07/04/2026 - 03:12
The complaint was accepted by the Attorney General's Office just days after the general was "elected" president by the military-dominated parliament.

Jugement dossier « Amidou Tiégnan » : Au-delà des sanctions d'agents, la responsabilité de l'Etat

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 07/04/2026 - 00:55

Le dossier dit « Amidou Tiégnan » (détournement de plus de trois milliards au ministère en charge de l'humanitaire), dont le contenu a été dévoilé au public dans le procès en direct en décembre 2024, suivi en mars 2026 de la deuxième partie de la même affaire, a actualisé des pratiques qui défient les mœurs administratives, professionnelles, voire sociales. C'est à juste titre donc, que de nombreux Burkinabè ont accueilli le dénouement du dossier, comme la fin de l'impunité et un avertissement pour tout agent ou commis de l'administration publique que les ressources de l'Etat doivent être gérées dans l'intérêt général et non servir à des causes personnelles ou de clans. C'est du reste, ce qui a motivé la diffusion en direct du jugement. Il a, en outre, permis de mesurer la responsabilité que l'Etat, à jouer en amont pour une administration efficace et intègre, au service des usagers et du développement du pays. La justice a pleinement fait son job, à savoir sanctionner les coupables à la hauteur des actes incriminés. Désormais, la balle est entre les mains d'autres institutions, car le procès a également soulevé à la charge de l'Etat, la nécessité de travailler à supprimer les facteurs et ingrédients des détournements de deniers publics et actes de corruption dans l'administration publique.

La réflexion est d'autant cruciale que l'administration publique est, en simple, le moteur de la vie nationale. De nombreux Burkinabè sont convaincus que cette affaire de détournement de milliards des caisses de l'Etat à des fins personnelles, n'est qu'une partie visible de l'iceberg. Plusieurs rapports d'études, produits par des institutions nationales et organisations comme la Cour des comptes, l'Autorité supérieure de contrôle d'État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) et le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) qui abattent déjà un énorme travail dans le sens de la moralisation de l'administration publique et la gestion des ressources publiques, étayent bien les réalités de cette préoccupation de détournements de deniers publics et actes de corruption de façon générale. Ces pratiques qui impliquent des personnes revêtues de mandat public, usant de la qualité de fonctionnaire ou de personne chargée d'un service public, pour s'approprier des ressources à des fins personnelles.

Inutile de s'attarder sur les conséquences multiples et multiformes que ces pratiques impliquent pour la société toute entière. Dès lors, l'Etat se doit de s'entourer de suffisamment de mécanismes qui lui permettent de minimiser les risques d'être permanemment victime, de ceux-là même qui sont sensés le protéger et faire en sorte qu'il assume pleinement sa vocation.

Pour cela, des actions semblent essentielles (même si elles n'expliquent aucunement, en elles seules, ces pratiques coupables, de nombreux agents tenant haut les valeurs tant recommandées, malgré tout). Certaines de ces suggestions sont d'anciennes attentes de catégories de Burkinabè, dont les syndicats.

Il s'agit d'abord de la question des traitements ; ils sont nombreux à, depuis des années, dénoncer l'iniquité dans le système de rémunération des agents publics de l'État. Le sujet se présente aujourd'hui pour certains comme un facteur qui contribue à dégrader le niveau de conscience dans l'administration publique burkinabè, tant il suscite et nourrit des ressentis. L'Etat a tout à gagner, en y trouvant la bonne parade.

Ensuite, l'effort doit payer, le mérite récompensé. Il faut que l'État fasse davantage en sorte que les agents sentent que chacun est payé et récompensé à la hauteur de ses efforts et mérite. Cela peut conduire à une administration efficace, avec pour avantage d'amenuiser les pratiques de corruption. Ce qui implique également de combattre, sans état d'âme, le népotisme et autres favoritismes qui ouvrent généralement la voie à toutes les pratiques de passe-droit et d'atteintes aux mœurs administratives.

Une autre leçon à tirer de ce dossier, c'est la nécessité d'étendre les enquêtes de moralité. L'Etat dispose de possibilités pour évaluer le comportement, la probité et les valeurs éthiques de tout agent entrant en fonction (surtout dans les domaines sensibles) ou appelé à être promu à un poste considéré comme tel. Pour certaines responsabilités ou domaines de la vie, le passé de l'individu doit être pris en compte (une personne nourrie par des attitudes de fraudes, de son cursus scolaire à l'entrée dans l'administration devra, à la limite, être suivie de près). Au Burkina, il est certes bien écrit que « nul ne peut postuler à un emploi de fonctionnaire, s'il n'est de bonne moralité », mais certaines réalités à ciel ouvert poussent à s'interroger sur ce que recouvre réellement cette condition générale.

L'Etat doit également mettre l'accent sur l'épanouissement du secteur privé. Créer un cadre propice à l'entreprenariat et au dynamisme du secteur privé n'est pas seulement créer de la richesse et pourvoir en emplois, c'est aussi faire de la stabilisation socio-économique, donc de l'épanouissement, de la sérénité générale.

Enfin, le piège des prêts tendu aux élèves fonctionnaires dès l'école. Cela se traduit par la ruée des institutions bancaires dans ces écoles professionnelles, pour une sorte d'opérations de charme. Si l'idée en elle-même n'est pas mauvaise, le manque d'éducation financière, dans un pays où de nombreux jeunes n'ont pas, jusqu'à leur admission au concours, côtoyé une certaine somme d'argent, ne contribue pas à construire des serviteurs du peuple sereins durant leur carrière. Sur ce point, un cadre de banque de la place y est allé à cœur ouvert : « Je suis banquier, je fais du business, je suis capitaliste, je cherche le profit. Mais, je pense, personnellement, qu'il faut éviter de donner des crédits dès l'école, surtout à des gens qui n'en ont pas besoin. Il faut prendre crédit quand ça répond à un besoin. Malheureusement, on distribue des crédits à des élèves fonctionnaires, il y en a même qui n'en ont pas besoin. On charge chacun déjà à l'école avec des millions, à tel point que la personne est déjà mal partie ».

Pour l'interlocuteur, la lutte contre les détournements de deniers publics et des actes de corruption dans l'administration publique doit commencer par un encadrement efficient de ces aspects qui, parfois, échappent à la vigilance générale. « Quelqu'un qui commence ainsi, ne verra jamais son salaire net dans sa vie, parce que dès l'école, on coupe le crédit. Beaucoup de fonctionnaires travaillent, mais n'ont jamais touché leur salaire normalement. Alors que la richesse, c'est une accumulation de l'épargne. Mais si déjà étant à l'école, la banque lui donne 1,500 000 F, 2 000 000F, l'élève en formation n'est même pas préparé à gérer une telle somme. Et en tant que jeune, il va dilapider. Après, quand il aura les vraies charges, femme, enfants, il est-là et ne peut pas joindre les deux bouts, tout simplement parce qu'il a fait un mauvais départ. Des gens qui s'endettent pour 5, 7 ans, pour payer une moto de luxe. Et si on la vole ou on l'endommage, il repart, on fait un revolving, c'est-à-dire on lui donne un autre crédit et ça ne fait que l'enfoncer. Ce sont des aspects sur lesquels l'Etat doit sérieusement plancher, il ne faut pas aider à pousser les élèves fonctionnaires dans le gouffre, pour préparer quel type d'administration publique ? L'agent sort déjà avec des problèmes ou commence à être rattrapé par le piège, quelques années seulement après avoir commencé à travailler. Mais comment faire, puisque derrière ce système, ce sont des affaires, il y a un lobbying. Et comme on est dans un monde où les gens veulent aussi paraître, ils prennent de grosses motos, de gros portables et après, ils n'arrivent pas à joindre les deux bouts, donc ils tombent dans des pratiques de corruption pour pouvoir joindre les deux bouts ou maintenir leur rythme de vie », dépeint l'argentier dans cette actualité de procès sur le détournement de trois milliards au ministère en charge de l'action sociale, renforçant ainsi la suggestion d'interpeller également l'Etat …

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

Burkina/Santé : « Quand une personne tombe malade, c'est toute la société qui en subit les conséquences », Dr Alassane Maïga

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 07/04/2026 - 00:48

Au-delà des dépenses immédiates liées aux consultations, aux médicaments ou à l'hospitalisation, la maladie entraîne des conséquences bien plus profondes et souvent ignorées. Dans cet entretien, le Dr Alassane Maïga, spécialiste en santé publique, met en lumière ces « coûts invisibles » qui affectent durablement les patients, leurs familles et même la société dans son ensemble. Impacts psychologiques, déséquilibres familiaux, perte de productivité ou encore appauvrissement progressif ; autant de réalités silencieuses qui accompagnent la maladie. Face à ce constat, le spécialiste insiste sur l'importance de la prévention, encore trop négligée, comme levier essentiel pour préserver à la fois la santé et les ressources des ménages.

Lefaso.net : Quand on parle du coût de la maladie, on pense souvent aux frais d'hospitalisation ou aux médicaments. Mais qu'en est-il du coût non visible de la maladie ?

Dr Alassane Maïga : Quand on parle de coûts invisibles, qu'est ce qu'on appelle souvent ce qui ne se fait pas ressentir tout de suite et maintenant. Quand vous êtes malade et que vous partez pour consulter, ce que vous ressentez, c'est les frais que vous payez pour consulter, pour faire les examens et les frais pour payer les médicaments ou parfois les frais d'hospitalisation et de soins. Mais il y a d'autres coûts qui sont indirects, qui ne se font pas ressentir tout de suite, mais qui après vont avoir un impact considérable sur votre vie et sur la vie de votre famille. C'est ce qu'on appelle le coût indirect ou invisible. Invisible parce qu'on ne paye pas ça tout de suite.

Et pourquoi est-il important d'aborder cette dimension souvent ignorée dans nos sociétés ?

C'est important d'aborder cette dimension parce que les gens ne ressentent pas tout de suite que lorsque qu'ils préviennent une maladie, ils économisent et gagnent en temps et productivité. Les gens prennent le temps ou ne partent pas du tout consulter jusqu'à ce que la situation arrive à un niveau critique avant de se rendre à l'hôpital. Les coûts exorbitants liés à la prise en charge ne se ressentent pas tout de suite parce qu'ils se disent je suis malade, je vais me soigner, alors, qu'il est plus important, qu'on puisse prévenir pour éviter que ce coût n'impacte pas la vie de la famille. On planifie nos mariages, nos projets de carrière, tout mais on ne planifie pas notre santé jusqu'au jour où on tombe malade, on se rend à l'hôpital et en ce moment, bonjour les dégâts financiers. Mais puisque ça sort de la poche, on ne ressent pas cela tout de suite. Et pourtant, ça a un impact sur beaucoup d'aspects de notre vie.

Mais justement, au-delà des dépenses médicales, quels sont les impacts psychologiques d'une maladie sur un patient ?

Quand vous êtes malade, vous avez le sentiment de perdre votre estime. Vous avez ce sentiment que vous êtes isolé. Vous êtes le seul à ressentir votre mal. Mais vous avez aussi le sentiment que vous pouvez perdre la vie parce que quand on est malade, souvent cela nous rappelle qu'on peut mourir. Et donc tout ce stress fait que la maladie nous rappelle à quel point il est important de prévenir. Mais puisque on le dit souvent en Afrique, on dit que le conseil ne conseille pas, ce sont les conséquences qui conseillent. Malheureusement ! Alors que dans d'autres contrées, les gens privilégient beaucoup plus la prévention parce que quand vous prévenez, vous limitez les dégâts à plusieurs niveaux. Déjà votre système reste intact, vous gagnez beaucoup plus en productivité, vous gagnez beaucoup plus en thème d'économie sur les aspects de votre vie.

La maladie peut-elle affecter la stabilité familiale ?

Évidemment ! La maladie peut même mettre fin à l'amour entre deux personnes. Imaginez un conjoint qui est diagnosticé d'un cancer. Vous savez que le cancer, quand il est malin, on n'arrive pas à guérir. On est amené à prendre des médicaments, faire de suivi jusqu'à la fin de sa vie, jusqu'à ce que Dieu décide. Donc lorsque vous prenez le cas de cette personne, rien que les médicaments, le suivi, les examens épuisent la poche. Et en ce moment, votre conjoint qui vous supportait et qui vous aimait bien va commencer à se dire mais elle commence à peser vraiment sur mes économies. Et à un certain moment, ça peut vraiment éclater totalement la famille puisque les proches qui contribuent aux soins, qui arrêtent leur travail pour venir vous rendent visite, cette situation va avoir un impact sur eux. Et à un certain moment, vous serez seul, tout le monde sera fatigué de vous accompagner surtout quand c'est une maladie chronique qu'on ne peut pas guérir. Vous êtes tout le temps amené à aller pour des soins, pour des examens, pour un suivi et ce sont vos proches qui vont aussi avoir un impact sur leur vie. Donc vraiment ça peut contribuer à dégrader totalement les liens familiaux et les relations souvent sentimentales.

Vous avez tantôt parlé des maladies chroniques. Est-ce que les maladies chroniques ont un coût social plus lourd que celle aiguë ?

Évidemment, parce que chronique veut dire que ça dure dans le temps. Et ce qui dure dans le temps, épuise financièrement. Donc forcément, ça va avoir un coût plus que les maladies aiguës. Les maladies aiguës sont spontanés. Quand vous avez un paludisme, vous avez trois jours de prise en charge et c'est fini. Mais quand vous avez une hypertension artérielle, vous êtes amené à faire des examens et à prendre des médicaments à vie. Donc forcément, ce n'est pas le même coût. Que ce soit financièrement, en termes de productivité ou en matière de lien de relation familiale, les maladies chroniques ont un coût, plus important que les maladies aigües.

De façon générale, peut-on dire que la maladie contribue à l'approvisionnement des ménages ?

Selon les données de base de l'Organisation mondiale de la santé, pour 2024, près de 25 % des revenus de famille des ménages en Afrique subsaharienne partent dans les dépenses de santé. Vous comprenez déjà l'ampleur. On est parfois dans un cercle vicieux où la maladie conduit à la pauvreté, la pauvreté conduit à la maladie parce que quand vous êtes malade, vous vous soignez et les soins vont vous épuiser financièrement, ce qui vous conduit à la pauvreté. Quand vous êtes pauvre, vous n'avez pas de l'argent pour vous soigner. Cela crée un cercle vicieux. Évidemment la maladie contribue à l'appauvrissement des familles parce que jusqu'à présent, l'État fait beaucoup d'efforts car actuellement on est dans une dynamique de couverture sanitaire universelle avec l'assurance maladie qui a déjà commencé.

Quels sont les autres impacts sur les aidants qui accompagnent un malade sur une longue durée ?

C'est ce qui nous permet de nous rendre compte que la maladie a beaucoup plus d'impact invisible que justement ce qu'on voit parce que déjà quand vous êtes malade, vous êtes allité ou hospitalisé, il faut que vous ayez des accompagnants, des gens qui vont vous aider à vous nourrir, faire certaines choses. Ces personnes doivent laisser leur travail, donc ils ne sont plus productifs. Vos parents sont amenés à vous rendre visite. Ils vont laisser leurs travails et leurs occupations pour venir vous rendre visite. Donc cela va avoir un impact sur toute la famille, sur toutes vos relations parce qu'ils sont appelés à vous soutenir. Que ce soit moralement, que ce soit financièrement, ils doivent vous soutenir, donc forcément, ce soutien qu'ils vous apportent a un poids sur leur vie et sur leur productivité. Donc en réalité quand on tombe malade, c'est toute la société qui est touchée raison pour laquelle il est important de tout faire pour prévenir.

Peut-on éviter réellement certaines maladies grâce à la prévention ?

Il y a beaucoup de maladies qu'on peut éviter grâce à la prévention ou même au moins influencer si on ne peut pas éviter. Quand vous prenez par exemple des maladies comme la variole, la polyomélite, la rougeole, ce sont les programmes de vaccination qui font partie de la prévention qui ont permis d'éviter des milliers de morts. Donc évidemment, la prévention aide parce que non seulement au niveau de l'Etat ça aide. Mais au niveau des individus, quand vous prenez des maladies que sont par exemple l'hypertension artérielle, le diabète, c'est notre mode de vie, notre façon de nous alimenter qui crée une surcharge qui contribue à ce que ces maladies se manifestent donc si vous arrivez à bien vous comporter, à avoir une bonne hygiène de vie toutes ces maladies peuvent être évité à moins que vous n'ayez une partie génétique parce qu'il y a des maladies qui ont des facteurs génétiques. Les maladies qui ont des facteurs génétiques, quel que soit ce que vous faites, vous serez touché. Mais vous pouvez retarder l'apparition de la maladie ou bien l'apparition des symptômes ou bien même son évolution vers les complications par votre façon de vivre, par votre mode de vie. Donc c'est pourquoi il est important de maximiser la prévention parce que c'est ce qui va nous permettre de vivre bien et de vivre longtemps.

Parlant de la prévention, il y a trois types de prévention. Quelles différences peuvent faire ces préventions primaires, secondaires et tertiaires ?

La prévention primaire, comme son nom l'indique vient en premier. Elle vient en amont de la maladie. L'objectif, c'est de faire en sorte qu'on applique les mesures de prévention pour réduire l'incidence de la maladie. Les programmes de communication pour le changement de comportement, les sensibilisations, les programmes de vaccination font partie de la prévention primaire. Il y a maintenant la prévention secondaire. Lorsque la communication, l'éducation pour la santé et les vaccinations n'ont pas permis d'éviter que la personne tombe malade et qu'elle est quand même malade, Il y a la prévention secondaire dont l'objectif vise justement à limiter l'évolution de la maladie vers les complications ou bien à limiter les rechutes et les récidives. Maintenant, quand tout cela échoue, il y a la prévention tertiaire qui va permettre quand quelqu'un a le cancer par exemple qu'on lui apporte des palliatifs, ce qui va permettre de l'accompagner. Ce sont les trois niveaux mais ce sont des niveaux qui sont interconnectés. Les préventions primaire, secondaire et tertiaire sont interconnectées et dans le programme d'éducation pour la santé tout est mis ensemble.

Mais est-ce que la prévention coûte plus cher que le traitement ?

Alors, je vous prends juste un exemple ; la maladie rénale et puis l'hypertension artérielle. L'insuffisance rénale est une maladie qui lorsqu'elle arrive au stade terminal a beaucoup d'impact sur la vie parce que les soins coûtent hyper cher, notamment l'hémodialyse. Vous avez la possibilité d'appliquer certaines mesures simples en ne retardant pas vos urines, en buvant suffisamment d'eau pour faciliter la filtration et en évitant l'automédication. Certaines tisanes et médicaments traditionnels dont le dosage ne sont pas bien maîtrisé, joue sur le rein. Si vous arrivez à avoir une bonne hygiène, vous allez éviter l'insuffisance rénale. Mais si vous tombez malade et que l'insuffisance rénale arrive à un stade terminal où il n'y a que la dialyse qui peut vous sauver, allez-y vous demandez le prix d'une dialyse. Si n'est pas que maintenant le gouvernement dans sa dynamique d'amélioration a fait que les prix ont baissé, avant, une dialyse pouvait prendre tout un salaire d'un mois pourtant il peut arriver à faire deux dialyses par semaine ou une par semaine alors que vous êtes appelé à faire cela toute votre vie. Quand je prends la question de l'hypertension artérielle, c'est vrai qu'il y a d'autres facteurs qui interviennent mais si vous arrivez à contrôlez votre tension, à pratiquer du sport, limitez votre consommation du sel, vous pouvez éviter la maladie. Ce n'est pas comparable à lorsque vous êtes malade et qu'on vous prescrit un médicament. Donc quand on compare un peu même les coûts de ce que la prévention coûte par rapport à ce qu'on injecte dans les soins, il n'y a même pas de comparaison à faire. La prévention c'est notre arme. Si on rate cette étape, on doit pouvoir faire face aux conséquences. Sans oublier le fait que le système de santé lui-même coûte énormément au budget de l'État. Les médicaments, les vaccins, les appareils qu'on met à disposition de la population, c'est parce que l'État les subventionne. Le fait d'adopter une bonne attitude de prévention, en réalité contribue au développement du pays parce que cela permet à l'État de réduire considérablement les dépenses liées à la santé et de pouvoir les injecter dans d'autres domaines de développement comme l'agriculture, la sécurité alimentaire ou l'éducation et autres.

La prévention est-elle uniquement une responsabilité individuelle ?

Il faut dire que c'est plutôt un contrat parce que quand vous êtes malade, ce n'est pas le président du Faso qui est malade. Il ne ressent pas la maladie. Ce pas le ministre de la santé qui est malade. C'est vous qui êtes malade. Donc la responsabilité nous incombe individuellement d'abord parce que quand on est malade, c'est d'abord nous. Maintenant, comme nous sommes dans un État et on n'est pas supposé avoir toutes les informations pour prévenir, l'État est chargé maintenant d'accompagner pour qu'on ait accès à l'information sur les maladies, sur les signes, sur les moyens de prévention. Mais vous en tant qu'individu, la responsabilité vous incombe de mettre en pratique les mesures de prévention pour ne pas tomber malade parce qu'une fois que vous tombez malade, tout le monde le ressent.

Comment intégrer davantage la culture de la prévention dans nos habitudes quotidiennes ?

Nous mettons des incassables à nos téléphones, on les coquille bien, mais notre tête qui permet d'exploiter le téléphone, on ne le protège pas. Vous voyez déjà là qu'il y a une question de mentalité. Ce n'est même pas d'abord une question de connaissance, mais une question de mentalité. Nous révisons nos motos chaque mois. Mais notre corps, on ne le revise jamais. Le corps a besoin de révision et la révision du corps est chez le médecin. Le médecin peut vous recevoir même quand vous n'êtes pas malade. Il ne faut pas attendre d'être malade avant d'en savoir plus sur votre état de santé parce qu'il y a des maladies qui sont silencieuses et quand ça se déclenche, lorsque vous arrivez à ressentir les symptômes, c'est que c'est arrivé à un niveau grave. Et à partir de ce moment, vous comprenez que vous allez dépenser beaucoup pour pouvoir vous soigner. Parfois vous n'aurez même pas le pouvoir d'en guérir. Et pourtant ! Il suffit simplement de pouvoir aller chez le médecin faire un bilan de santé et dans le bilan de santé on va vous faire les examens qui vont vous permettre de savoir si vous avez déjà la maladie ou pas. Si vous ne l'avez pas vous êtes tranquille, vous vivez tranquillement. Mais si vous l'avez, on pourra prendre en charge efficacement et cela vous permet de vivre bien longtemps.

Mais vous qui êtes sur le terrain, est-ce que les populations sont suffisamment sensibilisées au bilan de santé régulier ?

Je n'ai pas vraiment de preuves d'études qui ont été réalisées qui prouvent que les populations sont suffisamment sensibilisées. Mais je sais qu'il y a beaucoup d'efforts qui sont consentis à ce niveau. Il y a l'État qui contribue beaucoup à travers les services du ministère de la Santé. Il a beaucoup d'efforts qui sont consentis pour que les moyens de prévention puissent être vulgarisés.

Que recommandez-vous concrètement aux familles pour limiter ces coûts invisibles ?

C'est très simple. De la même façon que nous révisons nos motos, véhicules, nos téléphones et nos ordinateurs, il faut également protéger le corps de cette manière. Et la révision du corps, c'est aller chez le médecin, faire un bilan de santé. Le médecin va vous prescrire un certains nombres d'examens pour voir s'il a des maladies qui sont déjà là ou pas. S'il n'y a pas d'anomalies, vous êtes tranquille. S'il se trouve qu'il y a des maladies, le médecin va vous soigner. Plus tôt vous vous soignez, le mieux s'est parce qu'il a des séquelles qui sont irréversibles. Il y a des maladies qui vous laissent avec une paralysie totale comme par exemple l'accident vasculaire cérébral. Il y a des maladies qui vont vous laisser aveugles. Donc il y a des maladies qui restent des cycles irréversibles. Le plus tôt vous prenez le mieux c'est. Ce qu'on conseille aux populations, c'est de prêter attention à notre corps. Il faut aussi suivre les mesures de prévention que le gouvernement arrive à vulgariser. Ce sont des gestes assez simples qui ne demandent pas beaucoup d'efforts mais juste de la discipline. Quand vous arrivez à discipliner votre vie, vous allez vivre mieux et longtemps. La maladie écourte nos rêves. Donc il ne faudrait pas qu'on permette cela parce que notre pays a besoin de nous, la société a besoin de nous pour qu'on puisse se construire. C'est pourquoi on doit de plus en plus prêter attention à notre état de santé. A partir de maintenant, chacun doit mettre dans ses habitudes de faire un bilan de santé au moins deux fois par an. Cela coûte 100 fois moins cher que l'investissement que vous allez mettre dans une maladie pour vous soigner sans être sûr que vous serez guéri et sans compter même l'impact qu'il y a sur votre famille parce que la famille va mettre la main dans la poche et ils vont vous assister. Donc pour éviter tout cela, il faut veiller sur notre corps comme on veille sur nos téléphones, nos ordinateurs, nos moteurs, nos voitures et nous allons voir que le résultat sera positif. Nous vivrons mieux et plus longtemps.

Lefaso.net

Coopération : « Contrairement à d'autres partenaires occidentaux, la Chine n'appelle pas à un mimétisme de son modèle », estime Yannick Naré

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 07/04/2026 - 00:35

À la suite d'un séjour en République populaire de Chine, où il dit avoir constaté de visu les prouesses de développement, Yannick Naré, juriste et communicant, a consacré un ouvrage à la coopération sino-burkinabè. Dans sa dernière publication intitulée « Burkina-China : une coopération sud-sud. De 1960 à 2020 », l'auteur propose une analyse approfondie des relations entre le Burkina Faso et la Chine, marquées selon lui par de nombreuses péripéties. Pour Yannick Naré, la Chine se distingue des partenaires traditionnels du Burkina Faso, notamment occidentaux, par une approche qu'il juge moins contraignante. « Contrairement à d'autres partenaires occidentaux, la Chine n'appelle pas à un mimétisme de son modèle », affirme-t-il. Selon l'analyste, cette posture fait de la Chine un partenaire “sûr”, dans la mesure où elle privilégie une coopération fondée sur le respect des réalités locales et de l'égalité souveraine des États.

Lefaso.net : Juriste de formation, comment êtes-vous arrivé dans la communication ?

Yannick Naré : C'est par passion parce que rien ne me prédestinait à la communication mais à force de passion j'ai pu faire ce virage à 180 degrés, du droit pour me retrouver en communication. Il faut se dire que tout est parti à la base avec des études en droit à l'université de Ouagadougou (Burkina Faso). La passion de la communication a fini par me rattraper ; j'ai dû amorcer d'autres études supplémentaires en communication à l'université Senghor d'Alexandrie (Égypte).

Avec cette casquette d'analyse politique, quel regard avez-vous de ce qui se passe au Moyen-Orient ?

Il faut se dire que c'est tout à fait dramatique ce qui se passe au Moyen-Orient. La violence qui s'y déploie, notamment avec une coalition israélo-américaine. Mais on n'est pas tout à fait étonné parce que depuis longtemps, le Moyen-Orient a toujours été une zone d'attraction américaine pour le pétrole qui s'y trouve et aussi avec les idées messianiques américaines d'exporter la démocratie qui n'ont jamais marché. Il faut se dire que c'est dommage ce qui se passe parce qu'on assiste encore une fois de plus à une attitude conquérante des États-Unis avec son allié israélien. Cela montre la primauté de l'unilatéralisme parce que ça n'a pas été avalisé ni par les Nations unies ni même par le droit fédéral américain.

Quelles peuvent être les répercussions de cette guerre sur le continent africain ?

Les répercussions, nous allons les sentir, ou du moins nous les sentons déjà au quotidien. Sur le plan économique, il impacte de plein fouet les économies africaine et mondiale. Parce que comme vous le savez, l'énergie qui draine le monde, c'est le pétrole. Et 20 % des approvisionnements de pétrole viennent de l'Iran à travers le détroit d'Ormuz qui a des difficultés de passage. Donc du coup, cela impacte les pays africains sur le plan économique, la cherté, la flambée du prix du baril. Et si l'énergie augmente, il va sans dire qu'on aura aussi des flambées, des prix alimentaires et autres. Donc, des pays africains ont déjà constaté comme le Nigeria qui manifestent une certaine cherté de la vie quotidienne.

Vous êtes l'auteur du livre intitulé Burkina-China : une coopération sud-sud de 1960 à 2020. Qu'est-ce qui a motivé l'écriture de ce livre ?

C'est parti d'un constat. J'ai remarqué que la Chine n'est pas très bien connue au Burkina Faso. Beaucoup de personnes de bonne foi, ont une connaissance sommaire de la Chine. Très souvent, cela se limitait aux produits bon-marché de la Chine que nous avons dans nos pays africains. Aussi, les gens assimilaient la Chine à sa population, à sa grande population de plus de 1 milliard 400 000 habitants. Vous vous souvenez, même à l'université, souvent les amphithéâtres qui sont plein à craquer, les gens assimilent ça à l'idée de la « Chine populaire ». Donc vous voyez, ce sont des connaissances simplistes de ce grand pays qui nécessitent maintenant une analyse approfondie pour donner à percevoir les vraies réalités de la Chine pour pouvoir entrer en contact sur tous les plans, commercial, etc. avec ce géant de l'économie mondiale.

Vous parlez de vraies réalités méconnues. Quelles sont ces réalités ?

La Chine tout comme les pays africains sont victimes du prisme occidental. On assimile la Chine à son modèle politique qui n'est pas en phase avec le modèle occidental. Donc du coup, elle est critiquée dans les médias occidentaux, même dans l'opinion occidentale. Et aussi, les appétits économiques et financiers chinois donnent de la matière, du fil à tordre aux Occidentaux. Du coup, il va de soi qu'il y aura des attaques ciblées dans les médias, par médias interposés à l'endroit de la Chine. Donc, tout cela nécessite quand-même une analyse froide de cette situation chinoise pour décaper et comprendre la réalité qui prévaut véritablement.

Est-ce que vous voulez dire ici que le Burkina Faso ne profite pas assez de la relation avec la Chine ?

Non, je n'ai pas dit que le Burkina ne profite pas assez. Mais déjà dans l'opinion publique de certains Burkinabè, il y a une certaine méconnaissance de la Chine dans toutes ses réalités. Il y eu des enquêtes d'Afro-Baromètre, un institut panafricain de sondage, qui a montré que les Burkinabè aiment la Chine. Mais cette réalité n'est pas très bien comprise par beaucoup de Burkinabè. Du coup, après un petit séjour de trois semaines en Chine, j'ai touché un peu du doigt la réalité chinoise et j'étais vraiment émerveillé. Donc, j'ai voulu partager cette expérience à travers un livre et c'est ce que j'ai fait en publiant le livre intitulé « Burkina-China : une coopération Sud-Sud. De 1960 à 2020 ».

Pouvez-vous nous faire briefing de votre ouvrage ?

Le livre, à travers son titre, aborde la coopération diplomatique entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine. À l'intérieur, j'essaie de remonter jusqu'aux années des indépendances du Burkina Faso, de Haute-Volta à l'époque, pour décrypter et comprendre comment le Burkina Faso a entretenu ses relations diplomatiques avec la Chine. Et quand on regarde de près l'histoire diplomatique du Burkina Faso, on se rend compte qu'il y a une certaine dualité des relations entre le Burkina et la Chine. Tantôt, le Burkina Faso a reconnu sa province rivale qui est Taïwan de 1960 à 1973 et de 1973 à 1994, le Burkina Faso a été avec la République Populaire de Chine. De 1994 à 2018, le Burkina Faso a été encore avec Taïwan et de 2018 à maintenant, les relations diplomatiques se sont orientées vers la République populaire de Chine. Comme vous le voyez, c'est un va-et-vient entre la Chine et sa province séparatiste qui était Taïwan.

« J'ai remarqué que beaucoup de Burkinabè ont une connaissance sommaire de la Chine », indique Yannick Naré

Quels sont les secteurs dans lesquels le Burkina Faso doit davantage accentuer dans sa coopération avec la Chine ?

Cela va s'agir des priorités du moment, parce que les urgences de développement ne sont pas les mêmes depuis les indépendances et maintenant. Actuellement, ce qui est la priorité des Burkinabè, me semble-t-il, c'est la sécurité nationale. Donc il va sans dire que la coopération avec le partenaire chinois peut enfiler les habits, pas du militarisme, mais essayer de comprendre, de voir quel partenariat militaire peut se faire pour que le Burkina Faso puisse sortir de cette situation qu'il traverse depuis 2016.

En plus de la coopération militaire, il y a beaucoup d'autres aspects dans la coopération qu'on peut toujours explorer ou approfondir. Par exemple, la coopération sanitaire. Vous venez de voir que la Chine a fait des efforts pour endiguer le paludisme. Le paludisme frappe beaucoup et est presque endémique en Afrique. Les pays africains peuvent aussi se prévaloir de cette coopération pour essayer d'endiguer le paludisme.

Il y a la coopération commerciale qu'il ne faut pas oublier parce que la Chine est l' « Atelier du monde » et maintenant même on va dire l' « Usine du monde » parce que tout le monde se bouscule en Chine pour payer les produits chinois qui inondent vraiment les marchés africains et occidentaux. Donc, on peut diversifier et trouver des passerelles, des domaines de coopération avec la Chine qu'on ne peut pas avoir forcément avec d'autres partenaires.

Quelle est la particularité de la coopération avec la Chine par rapport à d'autres ?

Le modèle de partenariat avec la Chine est unique en quelque sorte. Parce qu'il y a plusieurs principes que la Chine a étalés depuis les années 1960 et qui sont toujours de vigueur actuellement. Je prends notamment le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures de ses partenaires. C'est une réalité qui saute à l'œil de tout observateur. La Chine se contente non seulement de le dire dans la rhétorique officielle de ses diplomates, mais aussi elle l'implémente dans les faits réels. Vous n'allez jamais entendre que la Chine s'est immiscée dans les affaires intérieures de tel ou tel État. Ce qui fait que souvent ce silence semble coupable pour certains Africains qui voudraient une Chine beaucoup plus engageante quelque part. Et aussi, il y a le principe d'égalité. La Chine traite ses partenaires sous un principe d'égalité et c'est ce qui devrait prévaloir dans les relations internationales. Parce qu'un État égale à un État quel que soit sa puissance démographique, économique, financière, militaire. Certes, ce principe de l'égalité souveraine des États n'est pas toujours respecté. Pourtant, ce principe a été édicté depuis les années 1600 avec le traité de Westphalie qui a dessiné la configuration actuelle des relations internationales.

Cela fait que beaucoup pensent qu'actuellement, dans cette ère de mondialisation, la Chine se présente comme un partenaire sûr. Je vais vous prendre un exemple sur l'économiste zambienne Dambiso Moyo qui a écrit un livre très célèbre qui s'intitule « L'aide fatale ». Elle critique la politique de l'aide internationale et elle qualifie que les Chinois sont nos amis. Elle le dit clairement dans son livre.

Et quand le livre est sorti, le président Paul Kagame a payé le livre, distribué à tous ses ministres en conseil de ministres. Et encore Kadhafi était prêt à inviter l'auteure du livre en Libye. Mais malheureusement, il y a eu une intervention militaire qui a fait balayer le régime de Mohamed Kadhafi. Donc cette économiste très célèbre encense en quelque sorte, la coopération avec la Chine, parce qu'elle trouve que c'est le modèle vraiment qu'il faut à l'Afrique pour aller vers son propre développement.

Pour Yannick Naré, la Chine est un partenaire sûr

Quelle appréciation faites-vous de la relation entre les deux pays depuis la reprise de coopération ?

Il faut se dire que c'est une relation qui a bien débuté en 2018 et qui est en train de faire son cheminement, son bonhomme de chemin avec des avantages, des dividendes que le Burkina Faso engrange. Je suis sûr aussi que le partenaire chinois en face a des bénéfices de cette coopération avec le Burkina Faso. Déjà, ce que je peux dire, la reconnaissance de la République populaire de Chine est un grand atout pour le Burkina qui bénéficie d'un parapluie diplomatique sur la scène mondiale. Comme vous le savez, depuis 1972, la Chine a retrouvé sa place au Conseil de sécurité des nations unies. Et c'est un gros avantage pour le Burkina qui peut bénéficier de cette protection diplomatique de la Chine sur la scène diplomatique mondiale. Ce qui n'était pas le cas avec le grand rival Taïwan.

La Chine est un grand marché. C'est vrai que les produits chinois nous inondent mais je pense que nous pouvons essayer de prospecter et de pénétrer le marché chinois. Ce qui serait une très bonne chose pour nos hommes d'affaires . Déjà, même avant la reprise diplomatique en 2018, il y avait cet intérêt pour les commerçants burkinabè de faire des affaires en Chine. Et maintenant que les routes se sont ouvertes, cela va sans dire que ça va maximiser et optimiser davantage les relations d'affaires entre le Burkina Faso et la Chine.

Le président chinois Xi Jinping a annoncé la suppression des droits de douane pour 53 pays africains. Cette mesure entre vigueur le 1er mai 2026. En tant qu'analyste, quel commentaire faite-vous de cette décision ?

Je trouve que c'est une bonne chose pour les pays africains. C'est une politique de la main tendue que la Chine fait à ses partenaires africains. C'est un grand gain pour les pays africains. Et quand on regarde actuellement, il y a la montée du protectionnisme international qui est là, les barrières douanières, mais la Chine consent à ouvrir ces frontières pour les produits africains. Je pense que c'est vraiment une occasion, une opportunité économique pour l'Afrique de saisir cela et d'optimiser la pénétration du marché chinois. La balle est dans le camp des pays africains. Comment faire pour que nos produits puissent aussi avoir droit de citer dans l'économie chinoise ? C'est là toute la question que nos opérateurs économiques et aussi nos leaders en tête peuvent creuser pour que cette exonération puisse bénéficier à nos économies.

Comment le Burkina Faso peut-il s'inspirer de la Chine en vue dynamiser aussi son développement ?

Je pense qu'en la matière, on ne va pas parler exactement de ce que le Burkina peut copier à la Chine pour amorcer, pour suivre son développement. Parce que le développement est toujours endogène. Chaque pays doit trouver sa propre voie pour se développer. Comment, nous, pays africains, on peut essayer de domestiquer aussi notre ingénierie pour trouver des voies alternatives de développement ? C'est là toute la question. Et la balle est dans le camp des Africains. C'est à nous de regarder, selon notre propre histoire en tant qu'Africains et selon la vision que nous nous projetons, comment on peut faire pour asseoir un développement digne et souverain.. Sinon, la Chine n'appelle pas à un mimétisme de son modèle ni économique, ni politique. Contrairement à d'autres partenaires occidentaux qui veulent coûte que coûte faire imiter le modèle démocratique ou le modèle libéral. Mais la Chine dit non, c'est aux pays africains de trouver leur propre voie. Et je me rappelle qu'il y a quelques années, le président chinois Xi Jinping a même tendu la main aux dirigeants africains une certaine assistance pour les pays qui vont trouver leur propre voie de développement. Cela a été dit lors d'un sommet Chine-Afrique il n'y pas très longtemps. C'est-à-dire que la Chine même pousse ses partenaires africains à s'inventer eux-mêmes.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

Démocratie : L'Afrique n'a plus à imiter, elle doit inventer (Jonas Hien)

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 07/04/2026 - 00:30

Suite à la sortie le 02 avril 2026 du président du Faso qui remettait entre autres en cause la gouvernance démocratique à l'occidental, le sujet anime toujours les causeries. Entre approbation et dénonciation, chacun y va de de ses arguments. Pour l'acteur de la société civile Jonas Hien dont la tribune suit, « la démocratie africaine de demain ne doit pas être une copie mais une création. » Tribune !

La déclaration du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, critiquant la démocratie à l'occidental appliquée en Afrique, lors de l'interview qu'il a accordée le 02 avril 2026 à la presse nationale et internationale, continue de susciter des débats. Les impérialistes et leurs porte-paroles africains ont trouvé en cette déclaration, de quoi amplifier leur manipulation habituelle. Or, réduire cette prise de position à un rejet systématique de la démocratie relève justement de la manipulation. Ce qui est en jeu, c'est une remise en cause profonde d'un modèle importé, souvent déconnecté des réalités africaines et une invite à bâtir une démocratie authentiquement enracinée dans les aspirations populaires.

Depuis 1990, l'Afrique a été sommée par la France d'entrer dans le moule démocratique occidental : élections dites démocratiques, partis politiques de l'opposition, constitutions copier-coller. Sur le papier, tout y est. Dans la réalité ! chômage massif, insécurité, pillage des ressources, dépendance économique. Dans bien des cas, ces mécanismes n'ont produit ni développement, ni justice sociale, ni souveraineté réelle.

Au contraire, ils ont parfois favorisé la captation de l'État par des élites minoritaires ; la reproduction de la dépendance économique ; l'instrumentalisation des institutions au profit d'intérêts extérieurs. Donc, une démocratie qui ne nourrit pas est une imposture. Une démocratie qui laisse son peuple dans la misère, qui ne protège pas sa jeunesse, qui ne garantit pas sa dignité, est une façade.

Dans ce contexte, la critique du Président du Faso apparaît non seulement légitime, mais nécessaire. Elle pose des questions fondamentales : une démocratie qui ne transforme pas les conditions de vie des peuples est-elle encore une démocratie, ou simplement une mise en scène politique ? La démocratie signifie-t-elle forcément élections ? Le peuple vit-il mieux ? Le pays est-il souverain ? Les ressources profitent-elles à la Nation ? Si la réponse est non, alors il faut changer de modèle, radicalement. Le message du Président du Faso est donc clair : la démocratie doit être jugée à ses résultats, pas à ses slogans.

La position défendue par le Chef de l'Etat repose sur une idée forte : la démocratie ne peut pas être réduite à des procédures, elle doit être un projet de transformation sociale. Cette vision s'inscrit dans la continuité historique de la Révolution Démocratique et Populaire portée par le Président Capitaine Thomas Sankara, pour qui, la souveraineté populaire ne peut exister sans justice économique, dignité nationale et participation active des masses.

Une telle démocratie implique la redistribution équitable des richesses ; la maîtrise et le contrôle des ressources stratégiques ; la mobilisation consciente des citoyens dans la gestion des affaires publiques ; la rupture avec les schémas de dépendance hérités de la colonisation. Mais il faut comprendre le Colon : il veut passer par sa fameuse démocratie pour chercher à imposer des dirigeants qui lui ouvriront les boulevards de pillages et de l'esclavage !

Il nous faut une démocratie vivante, offensive, tournée vers la libération réelle des peuples. Et la Révolution Progressiste Populaire l'est. L'un des points de cette vision sur lesquels s'accrochent les manipulateurs, réside justement dans le lien établi entre démocratie et révolution. Pourtant, l'histoire politique mondiale montre effectivement que les grandes avancées démocratiques ont souvent été le fruit de ruptures profondes et non de simples ajustements institutionnels. Dans le contexte africain, le lien entre révolution et démocratie dont parle le Président du Faso doit être compris comme une réappropriation du destin collectif par les peuples eux-mêmes. Et il s'agit d'une interpellation adressée à toute l'Afrique, confrontée aux limites d'un modèle politique plaqué de l'extérieur.

Il invite les Africains à se poser des questions essentielles : quelle démocratie voulons-nous réellement ? à qui profite le système actuel ? comment construire des institutions qui répondent aux besoins concrets des populations ? Cette conscientisation est indispensable car aucun modèle politique ne peut être viable s'il n'est pas porté, compris et défendu par les peuples eux-mêmes. Au fond, la position du Président Ibrahim Traoré traduit une volonté claire : sortir de la tutelle des modèles imposés pour affirmer une souveraineté politique et intellectuelle africaine. Cela ne signifie pas rejeter en bloc les apports extérieurs, mais refuser leur application mécanique. Il s'agit de sélectionner, adapter et transformer, en fonction des réalités endogènes, des cultures politiques et des priorités nationales.

La démocratie africaine de demain ne doit pas être une copie mais une création. La polémique actuelle révèle en réalité une fracture plus profonde : celle entre une vision formelle de la démocratie et une vision substantielle centrée sur les résultats et la dignité humaine. En défendant une démocratie découlant et enracinée d'une révolution et des aspirations populaires, le Président du Faso ne ferme pas le débat. Il l'ouvre avec force car l'Afrique se trouve aujourd'hui à un tournant décisif.

Soit elle persiste dans des modèles qui ont montré leurs limites, soit elle ose inventer ses propres voies. Mais une chose est sûre : aucune démocratie ne peut être durable si elle ne naît pas de la volonté consciente, organisée et souveraine des peuples. Et c'est précisément cette conscience qu'il est urgent de construire.

L'Afrique n'a plus à imiter, elle doit inventer. L'Afrique n'est pas condamnée à copier des modèles qui ne fonctionnent pas pour elle. Elle a le droit et le devoir d'inventer sa propre voie. Une voie où la démocratie ne se limite pas à des urnes, mais s'incarne dans la justice sociale, la souveraineté politique, économique, diplomatique et la dignité humaine. Une voie où le peuple n'est plus un électeur passif, mais un acteur conscient. Une révolution fortement portée par le peuple est bel et bien un modèle de démocratie fiable. La démocratie n'est pas une tenue scolaire avec la même couleur de tissu et le même modèle de couture pour tous les élèves.

Jonas Hien

Burkina/Culture : Kaboré l'intellectuel annonce un « one man show » engagé en langue mooré

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 07/04/2026 - 00:27

À travers une conférence de presse animée ce lundi 6 avril 2026 à Ouagadougou, Barack Production a annoncé la tenue d'un one man show en langue mooré porté par l'humoriste Kaboré l'intellectuel. Une initiative culturelle qui allie humour, identité nationale et résilience sociale.

La scène culturelle burkinabè s'apprête à accueillir un événement inédit. À l'initiative de Barack Production, un one man show entièrement en langue mooré sera présenté le 13 mai 2026 au Musée national de Ouagadougou. Porté par l'humoriste Nongma Hamado Kaboré, plus connu sous le nom de Kaboré l'intellectuel, ce spectacle se veut à la fois artistique, engagé et profondément ancré dans les réalités sociales du Burkina Faso.

Selon les organisateurs, cette initiative s'inscrit dans une dynamique nationale de valorisation des langues et des identités culturelles. « Depuis quelques années, le Burkina Faso affirme avec force sa volonté de valoriser son identité culturelle, ses langues nationales et ses traditions », ont-ils rappelé, citant notamment l'institution de la Journée des coutumes et traditions célébrée chaque 15 mai.

Issa Siguiré, manager général de Barack Production, a présenté les grandes lignes du projet de one man show en langue mooré

Prévu pour le 13 mai, soit en prélude à cette journée dédiée aux traditions, le spectacle sera entièrement joué en mooré. Un choix assumé par les organisateurs, qui entendent ainsi rapprocher l'art du public et promouvoir le patrimoine linguistique national.

Issa Siguiré, manager général de Barack Production, a insisté sur la portée de cette décision. « Nous avons voulu un spectacle entièrement en mooré pour accompagner la volonté des autorités de promouvoir nos langues. C'est aussi une manière d'assumer notre culture », a-t-il expliqué.

Pour lui, ce projet dépasse largement le cadre d'un simple divertissement. « La culture peut jouer un rôle important dans la situation que traverse notre pays. Le rire aide à résister, à garder espoir et à aller de l'avant », a-t-il ajouté.

Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sociaux, les initiateurs du projet voient en l'humour un puissant levier de cohésion sociale. « Rire ensemble, c'est résister ensemble. Rire ensemble, c'est reconstruire ensemble », ont-ils martelé.

Cette dimension sociale se traduira concrètement par des représentations spéciales à l'endroit des Personnes déplacées internes (PDI). Après Ouagadougou, le spectacle sera ainsi présenté dans plusieurs localités à défis sécuritaires, notamment Kaya, Ouahigouya, Tenkodogo et Fada N'Gourma.

Les journalistes présents à la conférence de presse ont été invités à faire passer message

« Ces populations ont besoin non seulement d'aide matérielle, mais aussi d'espoir. Le rire peut leur apporter cette force de résilience », a souligné Issa Siguiré.

Sur le plan artistique, Kaboré l'intellectuel promet un spectacle riche et varié, abordant sans détour les réalités du quotidien. « On va toucher à tout : les faits de société, les relations familiales, les couples, les célibataires, les quartiers, etc. », a-t-il confié.

Avec son style caractéristique mêlant satire et autodérision, l'humoriste entend également déconstruire certains clichés sociaux. « Dans notre société, on juge souvent sur l'apparence. On va jouer avec ces perceptions, toujours dans l'humour », a-t-il indiqué.

Tout en reconnaissant la sensibilité de certains sujets, il assure vouloir « tourner l'actualité à la moulinette de l'humour, tout en restant prudent ».

Kaboré l'intellectuel a par ailleurs lancé un appel vibrant au public burkinabè, les invitant à sortir massivement. « Venez massivement. On va s'amuser et montrer au monde que le Burkina Faso, c'est aussi un pays qui rit et qui vit », a-t-il déclaré.

Les organisateurs, de leur côté, ont insisté sur la nécessité d'une synergie entre acteurs publics, privés et partenaires techniques pour la réussite du projet. Ils ont invité entreprises, institutions et marques à s'associer à cette initiative à fort impact culturel et social.

Kaboré l'intellectuel invite les Burkinabè à venir massivement découvrir ce spectacle inédit en mooré

Soutenir ce one man show, ont-ils souligné, c'est contribuer à la promotion des langues nationales, renforcer la cohésion sociale et offrir de l'espoir aux populations vulnérables.

Au-delà du spectacle du 13 mai, ce projet se veut le point de départ d'une dynamique plus large visant à démocratiser l'accès à la culture et à faire de l'humour un outil d'engagement citoyen.

« Au-delà d'un spectacle, il s'agit d'un engagement collectif pour une culture qui rassemble, apaise et construit l'avenir », ont ils conclu.

À travers cette initiative, Kaboré l'intellectuel et Barack Production ambitionnent ainsi de prouver que la culture, et en particulier l'humour, peut être une réponse forte aux défis du moment, en redonnant le sourire et en renforçant le vivre-ensemble.

Le programme et le coût d'entré du spectacle seront connus du public dans les jours à venir.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

En Espagne, la hausse des frais de scolarité des écoles françaises inquiète les parents d'élèves

RFI (Europe) - Tue, 07/04/2026 - 00:10
À partir de la rentrée 2026, les écoles françaises de l'étranger vont subir une hausse significative des frais de scolarité, décidée unilatéralement par l'État français. Cette décision, dénoncée par les parents d'élèves, poussent certains à déscolariser leurs enfants, alors que près de 400 000 enfants sont scolarisés dans le monde dans ces établissements. En Espagne, l'Association des parents d'élèves est mobilisée. Elle envisage de recourir au tribunal administratif si l'État français persiste. Le reportage de notre correspondante à Barcelone. 
Categories: Africa, Union européenne

Réo : 36 artisans réparateurs de pompes à motricité humaine formés pour garantir l'eau aux communautés rurales

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 07/04/2026 - 00:00

La haut-commissaire de la province du Sanguié, Talari Germaine Ouoba, a présidé la cérémonie de clôture de la formation de 36 artisans réparateurs de pompes à motricité humaine, ce samedi 4 avril 2026, dans la ville de Réo. Initiée par l'ONG Eau vive internationale (EVI), du 24 mars au 3 avril 2026, avec l'appui financier de "Charity : Water”, cette formation a été dispensée par le Centre de formation aux métiers de l'eau (CEFORME). La cérémonie, riche en symboles et en engagements, s'est tenue en présence notamment du président de la délégation spéciale de Réo, Sindi Issaka Zagré, et du président exécutif de Eau vive internationale, Jean Bosco Bazié. Plusieurs autorités administratives et acteurs du secteur de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement ont également pris part à l'événement.

Face aux pannes fréquentes des pompes à motricité humaine en milieu rural, l'absence de compétences locales en maintenance compromet durablement l'accès des populations à l'eau potable. Dans ce contexte, l'initiative de Eau vive internationale se révèle essentielle, en dotant les communautés de savoir-faire techniques capables d'assurer la continuité et la pérennité des services d'eau.

Selon le formateur Balibié Théodore, cette session a permis aux participants d'acquérir des compétences essentielles en matière de maintenance des pompes à motricité humaine. Les apprenants ont été outillés sur la définition et les différentes étapes du diagnostic, ainsi que sur l'identification des pannes courantes et les techniques de maintenance préventive. La formation a également accordé une place importante à l'entretien général des équipements, avec un travail approfondi sur les supports pédagogiques.

« À travers des exercices pratiques et des études de cas, les participants ont pu illustrer leurs acquis par des exemples concrets », Balibié Théodore Bado, formateur des artisans réparateurs de pompes à motricité humaine

Une approche qu'ils ont particulièrement appréciée et qui a renforcé leur compréhension.

Au nom des bénéficiaires, Rasmané P. Compaoré a exprimé sa profonde gratitude envers les organisateurs et les partenaires de la formation. Il a salué la qualité des enseignements reçus, qui ont permis aux participants de renforcer significativement leurs compétences techniques en matière de diagnostic, de réparation et d'entretien des pompes à motricité humaine. S'engageant au nom de ses pairs, il a assuré que les acquis de cette session seront mis en pratique sur le terrain afin d'améliorer la fonctionnalité des ouvrages hydrauliques et de contribuer durablement à l'accès à l'eau potable dans les communautés rurales.

« Nous souhaitons que cette formation se poursuive au profit de notre jeunesse qui représente l'avenir du pays », Rasmané P. Compaoré, représentant des bénéficiaires

La haut-commissaire de la province du Sanguié, Talari Germaine Ouoba, a exprimé sa satisfaction quant à l'aboutissement de la formation des artisans réparateurs des ouvrages d'approvisionnement en eau potable. Elle a salué l'initiative de Eau vive internationale, menée en partenariat avec le Centre de formation aux métiers de l'eau, soulignant l'importance d'un tel programme dans le renforcement des capacités locales au service des communautés rurales.

S'adressant aux apprenants, elle a rappelé que durant douze jours, ceux-ci ont bénéficié d'une formation intensive combinant enseignements théoriques et exercices pratiques, adaptée aux exigences du terrain. Elle s'est particulièrement réjouie de leur assiduité et de leur engagement tout au long des sessions, notant avec satisfaction leur attention et leur implication dans les différents modules. Pour elle, ces acquis constituent une réponse concrète aux besoins actuels en matière de maintenance des infrastructures hydrauliques et un atout majeur pour améliorer durablement l'accès à l'eau potable.

« Votre rôle est désormais essentiel pour assurer la continuité du service en eau potable », Talari Germaine Ouoba, haut-commissaire de la province du Sanguié, s'adressant aux impétrants

Pour sa part, le président de la délégation spéciale de Réo, Issaka Sindi Zagré, a exprimé sa satisfaction d'accueillir cette session de formation dédiée aux artisans réparateurs des ouvrages d'approvisionnement en eau potable. Il a salué le choix porté sur la commune de Réo pour abriter cette initiative, qui a permis aux apprenants de renforcer leurs compétences. Selon lui, cette formation s'inscrit pleinement dans la dynamique de développement des compétences locales, essentielle pour assurer une meilleure gestion des infrastructures hydrauliques.

Par ailleurs, il a souligné les défis auxquels font face les collectivités territoriales en matière de fonctionnement des ouvrages d'eau potable, souvent perturbés par des pannes techniques affectant directement les populations. Dans ce contexte, il a insisté sur l'importance de disposer d'artisans qualifiés, organisés et disponibles pour garantir des interventions rapides et efficaces. Il a, à cet effet, félicité l'initiative de Eau vive internationale et la qualité de la formation dispensée, tout en exhortant les artisans à faire preuve de professionnalisme, de sens du service et de collaboration, afin de contribuer durablement à la gestion des ressources en eau dans les communautés.

« L'ONG Eau vive internationale et le CEFORME contribuent à doter nos territoires de ressources humaines compétentes, capables de répondre efficacement aux besoins des communautés », Issaka Sindi Zagré, président de la délégation spéciale de Réo

Dans son allocution, le directeur général du Centre de formation aux métiers de l'eau, Baya Gustave Bado, a exprimé sa profonde gratitude à l'ensemble des acteurs ayant contribué à la réussite de cette formation. Il a notamment remercié Eau vive internationale pour la confiance placée en son institution, ainsi que les autorités locales pour leur accompagnement constant. À travers une métaphore évocatrice, il a rappelé que la qualité des résultats obtenus repose sur la solidité des appuis et des partenariats, soulignant ainsi l'importance de l'engagement collectif dans la mise en œuvre de telles initiatives.

Abordant le contenu de la formation, il a indiqué qu'elle s'est articulée autour de trois axes majeurs : le diagnostic des pannes, la réparation et l'entretien des forages, en vue d'assurer la durabilité des équipements et la continuité du service. Au-delà des compétences techniques, les apprenants ont également été formés à l'entrepreneuriat, afin de leur permettre de structurer et de valoriser leurs activités de manière viable et durable. Il a enfin félicité les participants pour leur assiduité, leur discipline et leur esprit d'apprentissage tout au long des 12 jours, gages, selon lui, d'une meilleure appropriation des acquis et d'un impact positif dans leurs communautés.

« Un artisan réparateur doit aussi savoir s'organiser, valoriser son savoir-faire et structurer son activité. Il doit être en mesure de développer une entreprise viable, durable et adaptée aux réalités du terrain », Baya Gustave Bado, directeur général du CEFORME

Le directeur programme pays de Eau vive internationale, Dieudonné Bationon, a rappelé que cette formation a été organisée à la suite d'une doléance exprimée par les bénéficiaires lors de la Journée mondiale de l'eau 2025 à Manga. Elle répond, présice-t-il, à un besoin crucial, celui de renforcer les compétences locales pour assurer la maintenance des équipements d'approvisionnement en eau potable.

« Chose promise, chose due », a-t-il déclaré, soulignant l'engagement de son organisation à traduire les attentes des communautés en actions concrètes. Cette session a ainsi permis de renforcer les capacités des artisans issus des provinces du Ganzourgou, du Sanguié et du Zoundwéogo.

En cette Journée mondiale de l'eau, le directeur programme pays de Eau vive internationale au Burkina Faso, Dieudonné Bationon, a rappelé que l'accès à une eau potable de qualité est un droit humain fondamental, tout en demeurant un défi majeur

Il a également souligné que, par leur engagement, les acteurs contribuent directement à améliorer cet accès et à renforcer la résilience des communautés.

La cérémonie de clôture de la formation a été marquée par la signature officielle d'un partenariat entre EVI et le CEFORME. Cet acte solennel vient renforcer la collaboration entre les deux structures dans leur engagement commun en faveur du développement des compétences locales et de l'amélioration durable de l'accès à l'eau potable. À travers cette signature, les deux partenaires réaffirment leur volonté de conjuguer leurs efforts pour accompagner les communautés et pérenniser les acquis des différentes formations dans le domaine de l'eau.

Par ailleurs, la cérémonie a été aussi ponctuée par la remise d'attestations de participation aux 36 impétrants, venant sanctionner avec succès les douze jours de formation intensive. Les bénéficiaires ont également reçu des équipements de protection individuelle, essentiels pour l'exercice sécurisé de leur métier sur le terrain. Ce geste symbolique traduit la reconnaissance des efforts fournis par les apprenants et constitue un appui concret pour leur mise en pratique des compétences acquises, tout en renforçant leur capacité à intervenir efficacement dans la réparation et l'entretien des pompes à motricité humaine au profit des communautés rurales.

Signature officielle de convention entre Eau vive internationale et le Centre de formation aux métiers de Réo ; et remise d'équipements de protection aux impétrants

Au-delà de la dimension technique, cette initiative s'inscrit dans le cadre de la Journée mondiale de l'eau dont le thème de cette année s'intitule : « Eau et Genre ». Ce thème a été également mis en lumière, avec une forte présence féminine parmi les autorités, illustrant l'importance de l'inclusion dans les politiques de développement.

Il faut noter que la présente formation intervient dans le cadre des activités de lancement du projet “SANGANZOU BF666”, mis en oeuvre dans les provinces du Ganzourgou, du Zoundwéogo et du Sanguié. Elle est une suite de la rencontre entre EVI et les artisans réparateurs tenue le 22 mars 2025 à Manga ; et vise à renforcer les capacités techniques des maintenanciers locaux, afin d'assurer la pérennité des ouvrages d'eau potable dans ces localités rurales.

La cérémonie s'est déroulée dans une ambiance conviviale, rythmée par la prestation d'un artiste de la localité, qui a apporté une touche festive et chaleureuse à l'événement

C'est le 1er mars 2014 que la fédération Eau vive internationale (EVI) a été créée à Ouagadougou au Burkina Faso. Elle fédère les associations Eau vive Burkina Faso, Eau vive France, Eau vive Mali, Eau vive Niger, Eau vive Sénégal et Eau vive Togo. Organisation professionnelle dans la mise en œuvre des projets et programmes de développement, elle ambitionne de porter le changement au Sud comme au Nord pour contribuer à construire un monde où tous les Hommes auront les moyens de vivre dignement.

L'ONG s'impose comme un acteur majeur engagé pour l'accès durable à l'eau potable, à l'assainissement et à la gestion des ressources en eau en Afrique de l'Ouest. Plaçant les communautés au cœur de son action, elle œuvre à développer des infrastructures de proximité adaptées aux besoins locaux, tout en renforçant les capacités des populations. Une attention particulière est accordée à l'autonomisation des femmes, à travers leur formation et leur accompagnement dans les métiers techniques de l'eau. À travers ces actions, l'organisation promeut une gestion inclusive, équitable et durable de la ressource, contribuant ainsi à améliorer significativement les conditions de vie des populations.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Santé mentale et résilience : Pamela Miriam Kabré outille des jeunes burkinabè pour faire face aux défis actuels

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 06/04/2026 - 23:27

Fondement d'une vie équilibrée, prendre soin de son bien-être psychologique n'est pas un luxe, mais une nécessité. Sans une bonne santé mentale, il est difficile, voire impossible de faire preuve de résilience face aux épreuves. Conscient de cette réalité, le Rotaract Club de Ouagadougou Millenium a sollicité l'expertise de Pamela Miriam Kabré, consultante en développement des personnes et des organisations et en santé holistique. Et cela, pour l'animation d'une conférence sur un sujet dont l'importance n'est plus à démontrer. « Santé mentale et résilience », c'est le thème de cette conférence qui a rassemblé le samedi 28 mars 2026, à Ouagadougou, un public diversifié.

Entre diagnostics scientifiques et clés de reconstruction, la consultante en développement des personnes et des organisations, a su capter l'attention de l'assistance en posant une vérité essentielle : la qualité de votre vie dépend profondément de votre état intérieur.
Dès l'entame de son propos, Pamela Miriam Kabré a tenu à rappeler la définition fondamentale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Elle affirme que l'OMS définit la santé mentale comme étant un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive, tout en apportant une contribution à sa communauté. « Notre vie est le reflet de ce qui se passe à l'intérieur de nous », a martelé l'experte, posant ainsi le décor d'une réflexion où la psyché devient le moteur de la performance et de l'épanouissement.

Elle a ainsi insisté sur le fait que la santé mentale ne se résume pas à l'absence de maladie, mais constitue un équilibre global entre les dimensions émotionnelle, psychologique et sociale. Dans cette dynamique, elle a proposé une lecture structurée des différents troubles mentaux qui peuvent affecter l'être humain. Parmi ceux-ci, figurent les troubles de l'humeur, les troubles anxieux, les troubles psychotiques, les troubles du comportement alimentaire, les troubles de la personnalité, les troubles du neuro-développement, ainsi que ceux liés aux addictions, au sommeil et aux fonctions cognitives. Une manière de montrer que ces réalités sont multiples et souvent interconnectées.

« Cela me réjouis de savoir que les gens sont de plus en plus ouverts et veulent apprendre davantage sur la santé mentale », Pamela Miriam Kabré, architecte du développement humain et de la performance organisationnelle

Comprendre TDAH et TDA pour mieux agir

Abordant la question du Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH ou TDA), la conférencière a détaillé les manifestations caractéristiques de ces troubles. Elle a expliqué que le TDAH se traduit par une agitation constante, une impulsivité marquée, une difficulté à rester en place ou encore une tendance à parler excessivement. À l'inverse, le TDA se manifeste davantage par une inattention chronique, des oublis fréquents, une désorganisation et une incapacité à mener une tâche à son terme.

Lorsque les personnes atteintes du TDH ne sont ni diagnostiquées ni prises en charge dans les meilleurs délais, cela les expose très souvent à des échecs scolaires et professionnels répétés, tout en compromettant leur capacité à s'intégrer pleinement sur le plan social. Toutefois, Pamela Kabré a rassuré son auditoire en évoquant des solutions accessibles, notamment la médication, les thérapies cognitives et comportementales, ainsi que l'utilisation de certaines plantes proposées par la conférencière. Elle a surtout insisté sur l'importance de la compréhension et de l'accompagnement, afin d'éviter les jugements hâtifs et les stigmatisations.

Les participants étaient composés notamment de jeunes, d'étudiants et de professionnels désireux de mieux comprendre les enjeux liés à l'équilibre psychologique

Dépression et stress, des réalités silencieuses mais dévastatrices

La dépression a également été au cœur des échanges. Elle est définie comme un trouble de l'humeur caractérisé par une tristesse persistante, un sentiment de vide intérieur et un profond désespoir. Elle peut se manifester par divers symptômes tels que la fatigue chronique, les troubles du sommeil, les variations de poids, la perte d'intérêt ou encore des difficultés à accomplir les tâches quotidiennes.

La conférencière a insisté sur le fait que ces signes ne doivent jamais être négligés.
Quant au stress, elle en distingue deux formes principales. Le stress conscient, perceptible à travers des manifestations physiques et émotionnelles comme l'augmentation du rythme cardiaque, les tensions musculaires ou l'irritabilité. Et le stress inconscient, plus insidieux, qu'elle qualifie de « tueur silencieux ». Ce dernier agit en profondeur sur l'organisme et peut entraîner des conséquences graves, notamment l'apparition de maladies comme le cancer, le vitiligo, les ulcères, l'alopécie, la constipation chronique, ainsi qu'un risque accru d'AVC.

Pour y faire face, Pamela Kabré recommande des pratiques telles que les exercices de relaxation, l'utilisation de solutions huileuses à base de macérats de plantes qu'elle a développées et mises à la disposition du public. Ces solutions selon elle, contribuent à stabiliser le stress, prévenir l'apparition des maladies chroniques, ralentir le vieillissement, améliorer la productivité au travail et favoriser la perte de poids, ainsi que la régulation des glandes surrénales.

« Cette conférence nous a permis de voir un peu certaines difficultés que nous vivons, notamment les jeunes. J'ai pu ainsi voir ce qui ne va pas et comment y remédier », Abdoul Kabir Dabré, étudiant en informatique et télécoms à l'Institut supérieur de technologies

Des solutions pratiques pour renforcer sa résilience

Loin de se contenter d'un constat, la conférence a ouvert des pistes concrètes vers la résilience. Pour les troubles de l'attention, des solutions allant de la médication aux thérapies cognitives comportementales, jusqu'aux plantes dont elle dispose ont été évoquées. Pour contrer la dépression et le stress, l'accent a été mis sur la régulation du système endocrinien et la stimulation du nerf vague.

Pamela Kabré a encouragé l'auditoire à cultiver des sources naturelles de bien-être, comme la sérotonine (hormone du bonheur) qui s'obtient notamment par la marche en nature, la méditation et la gratitude. La dopamine (système de récompense), elle, s'obtient en célébrant les petites victoires et en prenant soin de soi. L'oxytocine (hormone de l'amour), quant à elle, s'acquiert à travers les conversations profondes et les liens affectifs. Et les endorphines, eux, sont stimulées par le sport et le rire.

La résilience, selon elle, se construit au quotidien à travers de petites actions et une discipline personnelle. Elle repose sur la capacité à transformer les épreuves en opportunités d'apprentissage et de croissance. Dans cette optique, la conférencière a invité chacun à ne pas fuir les difficultés, mais à les affronter avec lucidité et détermination.

Une dimension spirituelle pour compléter l'équilibre intérieur

Fidèle à son approche holistique, Pamela Kabré n'a pas manqué d'intégrer une dimension spirituelle à son intervention. S'appuyant sur des psaumes, elle a rappelé l'importance de la foi et de la paix intérieure dans la gestion des épreuves. Elle a encouragé les participants à se reconnecter à des sources de sérénité et à cultiver une relation personnelle avec le spirituel comme levier de stabilité émotionnelle.

Une initiative saluée et porteuse d'espoir

Interactive et enrichissante, cette conférence du Rotaract club de Ouagadougou Millenium aura permis aux participants de repartir avec une meilleure compréhension des enjeux liés à la santé mentale et des outils concrets pour améliorer leur quotidien.

Étudiante en pharmacie à l'université Joseph Ki-Zerbo, Nejma Traoré, n'a pas caché sa satisfaction à l'issue de la conférence, qui a été pour elle enrichissante et instructive. Elle explique avoir particulièrement apprécié les éclairages apportés sur le TDAH et le TDA, des notions qu'elle connaissait jusque-là de manière superficielle à travers les réseaux sociaux.

« Aujourd'hui, j'ai appris davantage sur la santé mentale grâce à l'approche professionnelle de la conférencière », a confié Nejma Traoré, étudiante en pharmacie à l'université Joseph Ki-Zerbo, saluant la qualité de la conférence

Sympathisante de l'association Agir pour la santé mentale, elle affirme également avoir renforcé ses connaissances grâce aux échanges avec des spécialistes du domaine. Pour elle, ce type d'initiative mérite d'être multiplié, surtout auprès des jeunes, car la santé mentale apparaît désormais comme un enjeu majeur qui nécessite davantage de sensibilisation et d'engagement collectif.
Le président du comité d'organisation, Paulin Bassolé, assureur vie de profession et membre du Rotaract Club de Ouagadougou Millenium, a expliqué les motivations profondes ayant conduit à cette initiative sur la santé mentale et la résilience.

Selon lui, la santé mentale constitue une réalité sociologique incontournable qui concerne chaque individu, car nul n'est totalement à l'abri de troubles ou de déséquilibres psychologiques. Partant de ce constat, le club a jugé nécessaire de créer un cadre d'échanges et de sensibilisation afin de mieux orienter les populations et susciter une prise de conscience collective.

« Le choix porté sur Pamela Kabré pour animer la conférence, repose sur la richesse de son parcours et la pertinence de son expertise », a précisé Paulin Bassolé, membre du Rotaract Club de Ouagadougou Millenium et président du comité d'organisation

En guise de message à l'endroit des participants et du grand public, Paulin Bassolé a insisté sur l'importance de prendre soin de sa santé mentale avec la même rigueur que sa santé physique. Il a notamment encouragé chacun à ne pas hésiter à consulter des spécialistes, tels que les psychiatres, dès l'apparition des premiers signes de trouble, afin d'éviter toute aggravation.

Pour lui, une prise en charge précoce permet d'apporter des solutions efficaces, tandis que le retard dans les consultations peut compliquer la situation. Il a par ailleurs exprimé sa gratitude envers le psychiatre Dr Alphonse Nikiéma et la présidente de l'association Agir pour la santé mentale en Afrique, Kevine Konkobo, qui ont aussi apporté leur contribution à cette rencontre.

Au-delà des connaissances acquises, c'est un véritable appel à la prise de conscience et à l'action qui a été lancé. Dans un contexte où les défis personnels et professionnels sont de plus en plus complexes, cette initiative apparaît comme une contribution précieuse à la construction d'une société plus équilibrée, consciente et résiliente. Une chose est certaine : les graines semées lors de cette rencontre continueront de porter des fruits dans la vie de nombreux participants.

Hamed Nanéma
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Burkina : La police nationale démantèle deux réseaux de présumés malfaiteurs

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 06/04/2026 - 23:23

Le commissariat de Police de l'Arrondissement n°2 de Ouagadougou a démantelé deux groupes criminels actifs dans plusieurs localités, nous informe la page Facebook de la police nationale du Burkina Faso. Ces réseaux se livraient notamment au vol, au recel d'engins à deux roues et aux braquages. Ils sont âgés de 17 à 39 ans.

Le premier groupe fonctionnait de manière structurée : certains membres subtilisaient des motos dans des villes et sites aurifères, tandis que d'autres se chargeaient de leur transformation à Ouagadougou avant leur revente à Cinkansé. Le second réseau, constitué de récidivistes, menait des agressions nocturnes à l'arme à feu contre des personnes isolées dans plusieurs quartiers de la capitale tels que Dapoya, Toudbweogo, Saaba et Tanghin.

Le montant des pertes est estimé à plus de 50 millions de francs CFA. L'intervention policière, facilitée par la coopération des citoyens, a permis la saisie d'armes et de plusieurs engins. Les autorités appellent à la vigilance collective.

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Burkina Faso : Coris Bank International inaugure son nouveau siège à Koulouba

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 06/04/2026 - 23:20

Le nouveau siège de Coris Bank International SA a été officiellement inauguré ce vendredi 3 avril 2026 au quartier Koulouba, à Ouagadougou. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, en présence de plusieurs membres du gouvernement, d'acteurs du secteur financier et de partenaires.

Implanté sur une parcelle de 3 172 m², l'édifice développe une surface construite totale de 16 760 m². Il se présente sous la forme d'un immeuble de type R+14 avec sous-sol, soit 16 niveaux au total, ce qui le classe parmi les immeubles de grande hauteur (IGH) dans le paysage urbain de la capitale.

Dans son allocution, le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, a souligné que ce nouveau siège dépasse le simple cadre d'une infrastructure bancaire. Il incarne une ambition nationale qui est celle de bâtir des institutions financières solides, viables et capables d'accompagner durablement la transformation structurelle de l'économie burkinabè.

Le chef du gouvernement a salué le rôle majeur joué par Coris Bank International dans le financement des entreprises, le soutien aux ménages et le renforcement de l'inclusion financière. Une contribution qu'il a qualifiée d'essentielle dans la mobilisation de l'épargne nationale et le financement des secteurs productifs.

Plusieurs membres du gouvernement et partenaires étaient présents à la cérémonie

« L'inauguration du nouveau siège de coris bank international constitue en effet une étape importante dans l'évolution du paysage financier de notre pays. Ce siège à l'architecture moderne et futuriste est bien plus qu'une infrastructure bancaire. Il est l'expression concrète de l'ambition nationale celle de bâtir au Burina Faso, des institutions financières solides, viables, capable d'accompagner la transformation culturelle de notre économique. Depuis plus d'une décennie, Coris Bank international s'est imposé comme l'un des acteurs majeurs du secteur bancaire national et sous régional. Il renforce l'inclusion financière de nos population. Elle participe ainsi de manière significative au financement des secteurs productifs, piliers essentiels du développement économique », a indiqué le patron de la cérémonie.

Tout en adressant les félicitations du gouvernement à Coris Bank International, le chef du gouvernement a saisi l'opportunité pour encourager les institutions financières à poursuivre leur rôle dans l'accompagnement de l'investissement et de l'entrepreneuriat, car selon lui, le développement repose sur une synergie entre l'action publique et l'initiative privée.

Le président de la cérémonie a indiqué que ce nouveau siège incarne une ambition nationale qui est celle de bâtir des institutions financières solides, viables et capables d'accompagner durablement la transformation structurelle de l'économie burkinabè

Le président du conseil d'administration, Emmanuel Sawadogo, dans sa prise de parole a rappelé que cette inauguration marque l'aboutissement d'une vision portée depuis la création de l'institution.

Selon lui, l'ambition initiale était de bâtir une banque solide, profondément ancrée dans les réalités économiques nationales et capable de soutenir la croissance des entreprises.

« Le siège que nous inaugurons aujourd'hui incarne notre volonté de bâtir une institution encore plus performante, plus innovante et plus engagée au service des Burkinabè. Mais surtout, il rappelle une conviction profonde : celle que le développement économique durable repose sur la confiance, sur la vision et sur la capacité collective à transformer les opportunités en réalisations concrètes. Je voudrais donc profiter de cette tribune pour rendre un hommage appuyé à l'ensemble des collaborateurs du Groupe Coris, dont l'engagement, le professionnalisme et le sens du service constituent la véritable force de notre institution. L'histoire de Coris Bank International est indissociable de celle du Burkina Faso. C'est ici que cette institution est néeet a grandi. Et c'est à partir de ce socle national que nous avons progressivement étendu notre présence dans la sous-région, puis au-delà », a-t-il indiqué.

Aujourd'hui, Coris Bank International s'impose comme un acteur de référence, avec une présence dans 12 pays. Une expansion qui, selon lui, illustre la capacité du Burkina Faso à faire émerger des champions nationaux dans un environnement régional concurrentiel.

Le président du conseil d'administration, Emmanuel Sawadogo a déclaré que le siège a été entièrement financé sur fonds propres, pour un coût global estimé à plus de 19 milliards de FCFA

Il a également précisé que le siège, dont la construction a duré 57 mois, a été entièrement financé sur fonds propres, pour un coût global estimé à plus de 19 milliards de FCFA. L'infrastructure comprend notamment des bureaux modernes, des salles de réunion, une salle de formation, une salle de marché, ainsi que diverses commodités destinées à améliorer les conditions de travail. Il a été conçu pour accueillir environ 700 utilisateurs.

Son architecture contemporaine, inspirée de la lettre « C » de Coris, lui confère une identité visuelle forte et en fait un repère dans le paysage urbain.

De son côté, la directrice générale, Gisèle Gumedzoe/Ouédraogo, a indiqué que ce siège traduit la solidité du système bancaire national et la crédibilité de l'économie burkinabè dans un contexte international marqué par de profondes mutations.

Faisant le bilan de l'institution, elle a révélé qu'en fin décembre 2025, Coris Bank International affichait un total bilan de plus de 2 800 milliards de FCFA, avec plus de 1 200 milliards de financements directs à l'économie et plus de 900 milliards d'investissements souverains.

Avec un réseau de 65 agences réparties sur le territoire, la banque poursuit son ambition de proximité et d'inclusion financière, tout en accélérant sa transformation digitale et son soutien aux projets structurants.

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Burkina : 508 agents de la Primature en immersion patriotique

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 06/04/2026 - 23:17

Le personnel de la Primature a entamé, ce 5 avril 2026, une immersion patriotique au Centre du SND à Loumbila, lit-on sur la la page Facebook de la Primature du Burkina Faso. Cette immersion vise à renforcer la discipline, le civisme et l'engagement au service public. Au total, 508 agents participent à cette session qui s'achèvera le 24 avril. Ils sont répartis en groupes afin d'assurer la continuité du service.

Le programme combine activités physiques et formations civiques, avec des modalités adaptées selon les capacités des participants. Les agents aptes suivent l'ensemble des activités, tandis que d'autres catégories bénéficient d'un encadrement spécifique. Tous restent néanmoins casernés.

Selon la directrice des ressources humaines, Mariam Nacanabo/Kalandjibo, "la finalité c'est d'améliorer la contribution des citoyens que nous sommes pour relever les défis actuels de notre pays." Et au directeur général du SND, colonel Haidara Moctar Taboré de renchérir : "Qui mieux que le personnel de la Primature pour montrer l'exemple." Cette initiative s'inscrit dans une dynamique de renforcement des valeurs patriotiques et d'exemplarité administrative.

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Source : Primature

Championnat d'Afrique scolaire dames : Les Étalons U15 filles remportent leur premier match 2-0 face à la Tanzanie

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 06/04/2026 - 23:15

Les Étalons U15 filles ont battu la Tanzanie 2 buts à 0 ce lundi 6 avril 2026, pour leur premier match du championnat d'Afrique scolaire dame qui se tient au Zimbabwe.

Les Étalons U15 filles participent actuellement au championnat d'Afrique scolaire dames qui se déroule au Zimbabwe.

Pour leur premier match, les représentantes burkinabè ont remporté une victoire sur le score de 2-0 face au Stars de la Tanzanie, ce matin à Hararé au Zimbabwe.

Logés dans le groupe B avec le Ghana, la Tanzanie et la Guinée, les Étalons U15 filles vont affronter pour leur deuxième match, la Guinée le 7 avril à 7h TU, puis le Ghana dans la même journée à 11h30 TU.

Lefaso.net

La RD Congo et les États-Unis officialisent un accord sur l'accueil de migrants

France24 / Afrique - Mon, 06/04/2026 - 23:14
La République démocratique du Congo s’apprête à accueillir des migrants expulsés des États-Unis. L’annonce a été faite par le ministère de la Communication. Une partie de la société civile critique déjà cet accord et appelle à ne pas l’appliquer.
Categories: Afrique

Informatique : Laciné Kabré obtient la mention Très honorable pour une thèse sur la gestion des données massives dans un réseau pair-à-pair Overlay

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 06/04/2026 - 23:12

Ce samedi 04 avril 2026, Laciné Kabré a brillamment soutenu sa thèse de doctorat en informatique, intitulée « Approche de collecte, de stockage et de sécurisation des données massives dans un réseau pair-à-pair Overlay ». À l'issue des délibérations, le jury lui a décerné la mention Très honorable, récompensant ainsi plusieurs années d'un travail rigoureux et ambitieux.

"Je remercie tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce travail", Dr Laciné Kabré

Le jury, présidé par le Pr Oumarou Sié, était composé de l'examinateur Dr Yaya Traoré et des rapporteurs Pr Damien Magoni, Dr Didier Bassolé et Dr Moustapha Diaby. Tous ont salué la qualité et le sérieux du travail présenté. "Déjà de par la présentation, on sent que vous avez une bonne maîtrise de ce que vous faites. On sent tout le sérieux avec lequel les choses ont été faites. Cela est tout à votre honneur", a déclaré le Pr Sié.

"C'est un thème original, qui mérite d'autres travaux de recherche pour s'inscrire dans la continuité", Pr Oumarou Sié

Son directeur de thèse, Dr Télesphore Tiendrebeogo a, quant à lui, souligné à la fois la pertinence du sujet et la résilience dont a fait preuve son étudiant. "Il a travaillé sur un thème assez intéressant, à la frontière entre les réseaux, les bases de données et la sécurité informatique. C'est un thème porteur et sur lequel d'autres acteurs peuvent s'appuyer pour travailler", a-t-il affirmé.

En image, Dr Laciné Kabré, son épouse et les jurés qui ont évalué son travail

Fort de cette distinction, Dr Kabré entend poursuivre ses recherches sur les perspectives identifiées, convaincu que la maîtrise des données massives constitue un défi majeur pour le développement numérique au Burkina.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

Dix ans après la création d’En Marche, le macronisme éparpillé façon puzzle

Le Figaro / Politique - Mon, 06/04/2026 - 23:09
ANALYSE - La présidence d’Emmanuel Macron, qui voulait lever les «blocages» français lorsqu’il a lancé son parti en 2016, a sombré dans l’immobilisme. Et l’espace politique qu’il avait unifié est devenu plus fragmenté que jamais, à un an de l’élection présidentielle.
Categories: France, Union européenne

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