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Allemagne: l'attaque de la Marche des fiertés à Berlin relance un débat sur un possible laxisme judiciaire

RFI (Europe) - Tue, 28/07/2026 - 05:08
En Allemagne, après l'attentat à la voiture-bélier samedi 25 juillet contre la Marche des fiertés qui a provoqué la mort d'une Polonaise de 65 ans et fait 29 blessés, le recueillement laisse place à la perplexité et à la colère : comment cet homme de 21 ans, connu des services pour son idéologie islamiste, a-t-il pu préparer et exécuter un attentat ? Un tour de vis sécuritaire a été promis ce mardi matin dans la presse par le ministre de l'Intérieur, sur fond de polémique sur la remise en liberté du suspect.
Categories: Union européenne

La Roumanie expulse un membre de l'ambassade russe après des incursions de drones

RFI (Europe) - Tue, 28/07/2026 - 05:02
Le ton monte entre Moscou et Bucarest. En Roumanie, le ministère des Affaires étrangères a convoqué, lundi 27 juillet, l'ambassadeur de la Fédération de Russie, Vladimir Lipaev, après une série inédite d'intrusions de drones russes dans l'espace aérien roumain.
Categories: Union européenne

The Shifting Contours of Transnational Cybercrime in the Asia-Pacific

TheDiplomat - Tue, 28/07/2026 - 03:12
A conversation with Bangkok-based anti-fraud advisor Ian Timberlake.

Resignation of Bank Indonesia Governor Shocks Markets, Raises Independence Questions

TheDiplomat - Tue, 28/07/2026 - 03:03
Perry Warjiyo, who has served as governor of the central bank since 2018, said that he was stepping down for "personal reasons."

République démocratique du Congo : des attaques menées par les djihadistes ont fait au moins 31 morts en quelques jours dans le Nord-Est

LeMonde / Afrique - Tue, 28/07/2026 - 02:50
Dans la province de l’Ituri, les rebelles des Forces démocratiques alliées, qui ont prêté allégeance à l’organisation Etat islamique, imposent des taxes aux habitants, menaçant de les tuer s’ils ne paient pas.
Categories: Afrique

Engagement citoyen : « Il ne demande pas d'attendre un rôle officiel pour commencer », pense Bénédicte Baïlou, militante féministe et députée

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:55

Juriste spécialisée en droit des personnes, militante féministe et députée à l'Assemblée législative du peuple (ALP), Bénédicte Baïlou, à travers « Le Faso nous appelle », poursuit un engagement durable en faveur de la participation citoyenne. C'est une initiative bénévole et numérique invitant les Burkinabè, notamment les femmes et les jeunes, à exprimer leur attachement au pays. Pensée comme un premier pas vers un engagement plus durable, cette mobilisation souhaite faire des réseaux sociaux un espace de promotion de valeurs telles que l'unité nationale, la souveraineté, la justice sociale et le soutien aux forces de défense. Dans cet entretien accordé à Lefaso.net, elle revient sur les motivations de cette initiative, le rôle qu'elle entend voir jouer par les citoyens dans le développement du Burkina Faso et sa conviction que l'engagement commence avant tout par des actes, aussi modestes soient-ils.

Lefaso.net : Expliquez-nous cette initiative ?

Bénédicte Bailou : « Le Faso nous appelle » est une campagne numérique citoyenne de 7 jours, entièrement bénévole, qui invite les Burkinabè et en particulier les femmes et les jeunes à exprimer publiquement, chaque jour, leur attachement au pays à travers un message commun partagé au même moment sur les réseaux sociaux. Concrètement, chaque jour correspond à un thème précis, porté par un message unique que tous les participants publient simultanément à 9h00, avec le même hashtag. Ce choix de simultanéité n'est pas anodin car il permet de transformer des voix individuelles, dispersées, en une seule voix collective, visible et audible. C'est une démarche volontairement simple, pour que chacun, quel que soit son niveau avec les réseaux sociaux, puisse y participer sans effort particulier.

Quelle est l'origine de cette initiative et quel message souhaitez-vous adresser aux Burkinabè à travers cette mobilisation ?

Cette initiative part d'une conviction que je porte depuis longtemps à travers mon engagement pour la participation citoyenne des femmes et des jeunes : cette participation ne doit pas rester un slogan, elle doit se traduire par des actes concrets, visibles et mesurables. J'ai souvent constaté que beaucoup de femmes et de jeunes souhaitent s'investir pour leur pays, mais ne savent pas par où commencer, ou pensent que leur contribution individuelle ne pèse pas grand-chose.

Cette campagne est une réponse directe à ce constat, elle offre un premier geste simple, accessible à tous, pour transformer une conviction personnelle en action collective. Le message que je souhaite adresser aux Burkinabè est d'abord que nous n'avons qu'un seul pays, le Burkina Faso, et que son unité et sa souveraineté nous concernent tous sans exception ; ensuite, que chacun, à son niveau, même par un geste aussi simple qu'un message partagé, peut contribuer à ce projet commun.

Vous expliquez que cette campagne vise à exprimer un attachement au Burkina. Pourquoi avez-vous choisi le numérique et les réseaux sociaux comme principaux canaux d'expression de cet engagement citoyen ?

Le choix du numérique répond d'abord à une réalité pratique : c'est un canal rapide, massif et accessible à tous, qui ne demande ni déplacement, ni moyens financiers, ni organisation logistique lourde. En quelques secondes, n'importe qui peut publier un message, le partager, taguer ses proches, et ainsi démultiplier sa portée bien au-delà de son propre cercle. Mais ce choix répond aussi à une réalité sociologique : les femmes et les jeunes, qui sont au cœur de cette mobilisation, sont aussi les catégories les plus actives sur les réseaux sociaux au quotidien. Il aurait été incohérent de leur demander de s'engager à travers un canal qu'ils utilisent peu ou pas. En s'appuyant sur des outils qu'ils maîtrisent déjà, la campagne s'inscrit naturellement dans leurs habitudes, ce qui facilite grandement la participation et l'adhésion.

« Nous avons pleinement conscience des dérives possibles sur les réseaux sociaux, et c'est précisément pour cette raison que nous avons choisi, dès la conception de la campagne, des messages fédérateurs, centrés sur des valeurs partagées par le plus grand nombre plutôt que sur des sujets clivants ou polémiques », fait savoir Bénédicte Bailou

Quel rôle spécifique attendez-vous de ces deux catégories dans cette dynamique de mobilisation nationale ?

Les femmes et les jeunes sont, dans cette campagne, bien plus que de simples destinataires du message : ils en sont les principaux porteurs. Nous attendons d'eux qu'ils soient des relais actifs et non passifs, c'est-à-dire qu'ils ne se contentent pas de voir passer les messages, mais qu'ils les publient eux-mêmes, qu'ils mobilisent leur entourage familial, amical et professionnel, et qu'ils encouragent d'autres personnes à rejoindre le mouvement.

Au-delà de la diffusion des messages, nous espérons que cette implication leur permette de se positionner clairement comme des acteurs du développement du pays, et non comme de simples spectateurs. C'est aussi une façon de démontrer, de manière visible, que ces deux catégories, souvent évoquées dans les discours mais peu associées concrètement aux grandes dynamiques nationales, peuvent occuper une place centrale lorsqu'on leur en donne l'occasion.

Parmi les valeurs mises en avant figurent l'unité nationale, le soutien aux forces de défense, la souveraineté et la justice sociale. Comment ces différents engagements se traduiront-ils concrètement durant la campagne et au-delà ?

Chaque jour de la campagne est consacré à l'une de ces valeurs, à travers un message unique que tous les participants publient simultanément à 9h. Cette progression n'est pas aléatoire : elle a été pensée comme un parcours cohérent, qui commence par l'appel patriotique et l'unité, se poursuit par la reconnaissance envers nos forces de défense, aborde ensuite la question de la souveraineté nationale, puis celle de la justice sociale, avant de se conclure sur des messages de vigilance citoyenne et de victoire populaire. Cette structure permet d'éviter que la campagne ne soit perçue comme une accumulation de messages isolés et sans lien ; au contraire, chaque jour vient enrichir et compléter le précédent, pour donner à la fin des sept jours une image d'ensemble cohérente des valeurs que nous souhaitons porter collectivement.

Au-delà du partage de messages sur les réseaux sociaux, espérez-vous que cette campagne suscite des actions concrètes sur le terrain ou un changement durable dans les comportements citoyens ?

Le partage numérique constitue, pour nous, une première étape. Nous sommes conscients qu'un message partagé, aussi fort soit-il, ne suffit pas à lui seul à transformer une société. Notre espoir est que cet exercice collectif de sept jours crée une habitude d'engagement chez les femmes et les jeunes qui y participent, et qu'il leur permette de se découvrir comme des acteurs capables de mobilisation. À terme, nous souhaitons que cette dynamique serve de point de départ à des actions plus durables sur le terrain, qu'elles soient associatives, communautaires ou citoyennes, portées par les mêmes personnes qui se seront mobilisées durant cette semaine. En somme, la campagne numérique n'est qu'une porte d'entrée vers un engagement plus large et plus pérenne.

Dans un contexte où les réseaux sociaux sont parfois marqués par la désinformation et les discours de division, comment entendez-vous préserver un espace de dialogue responsable et fédérateur autour de cette campagne ?

Nous avons pleinement conscience des dérives possibles sur les réseaux sociaux, et c'est précisément pour cette raison que nous avons choisi, dès la conception de la campagne, des messages fédérateurs, centrés sur des valeurs partagées par le plus grand nombre plutôt que sur des sujets clivants ou polémiques. Chaque contenu diffusé est préparé et validé en amont, puis transmis de manière identique à l'ensemble des participants, ce qui limite fortement les risques de dérive, de déformation ou de récupération à des fins contraires à l'esprit de la campagne. Notre responsabilité, en tant qu'organisatrices, est de maintenir cette ligne éditoriale claire tout au long des sept jours, et d'inviter chaque participant à faire preuve du même sens des responsabilités dans ses propres échanges autour de la campagne, notamment en cas de commentaires ou de réactions.

Si vous deviez convaincre un jeune encore hésitant à s'investir pour les différents pans de développement, quel message lui adresseriez-vous ?

Je lui dirais d'abord que l'engagement citoyen ne demande pas d'attendre d'avoir un rôle officiel, un titre ou un statut particulier pour commencer. Il peut débuter par un geste aussi simple que le partage d'un message auquel on croit sincèrement. Beaucoup de jeunes hésitent à s'investir parce qu'ils pensent que leur contribution individuelle est trop modeste pour compter, ou parce qu'ils attendent une occasion plus « officielle » pour s'engager. Je lui rappellerai que le développement du Burkina Faso ne se fera pas sans sa jeunesse, et que chaque geste, aussi petit paraisse-t-il, contribue à une dynamique plus large lorsqu'il est partagé par un grand nombre de personnes. Autant, donc, commencer maintenant, à son échelle, avec les moyens dont on dispose déjà, plutôt que d'attendre que d'autres agissent à sa place.

Entretien réalisé par Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Les 100 Visages du Burkina Digital : Rodrigue Guiguemdé, le stratège burkinabè qui façonne la gouvernance numérique de l'Afrique

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:50

À l'ère de l'intelligence artificielle, du cloud souverain et des infrastructures numériques, les défis du développement dépassent largement les frontières nationales. Les politiques publiques se construisent désormais à l'échelle régionale et continentale, autour de questions telles que la gouvernance des données, l'interopérabilité, la connectivité et la souveraineté numérique.

Parmi les Burkinabè qui participent activement à cette nouvelle architecture numérique africaine, Jacques Rodrigue Ragnimpinda Guiguemdé occupe une place singulière. Cadre dirigeant de Smart Africa, ancien vice-président du Governmental Advisory Committee (GAC) de l'ICANN, entrepreneur et expert reconnu en infrastructures numériques, il appartient à cette génération de leaders africains qui ne se contentent plus d'accompagner la révolution numérique : ils en dessinent les orientations stratégiques. Son parcours est celui d'un ingénieur devenu diplomate du numérique, mettant son expertise au service de l'intégration numérique du continent africain.

Du développement informatique à la stratégie continentale

Comme beaucoup de bâtisseurs du numérique burkinabè, Rodrigue Guiguemdé commence son parcours par la technique. Titulaire d'un Master en Informatique appliquée à la gestion des entreprises, puis d'un Master en Services électroniques internationaux, il complète sa formation par de nombreuses certifications internationales en gestion de projet, cloud computing, cybersécurité, gouvernance de l'Internet et innovation réglementaire, notamment à la Judge Business School de l'Université de Cambridge. Il poursuit actuellement un doctorat en informatique à l'Université Nazi Boni, où ses recherches portent sur l'interopérabilité, la résilience et la gouvernance des grands systèmes d'information.

Ce parcours traduit une conviction qui guidera toute sa carrière : les infrastructures numériques ne sont efficaces que lorsqu'elles s'appuient sur une gouvernance solide et une vision de long terme.

L'un des artisans de l'administration numérique burkinabè

Avant d'exercer des responsabilités continentales, Rodrigue Guiguemdé participe activement à la modernisation numérique du Burkina Faso. À partir de 2010, il développe et administre plusieurs plateformes numériques nationales au ministère en charge des TIC, contribuant à la mise en place des premiers services numériques publics. Il rejoint ensuite l'Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC), où il dirige le département chargé de la standardisation, de l'intégration des systèmes et de la communication numérique. À ce poste, il supervise l'interopérabilité des systèmes d'information gouvernementaux et le développement de plateformes numériques à grande échelle. Cette expérience lui donne une connaissance approfondie des défis techniques et institutionnels liés à la transformation numérique de l'État.

Construire une industrie numérique nationale

En 2017, il est nommé Directeur général du Développement de l'Industrie numérique au ministère chargé de l'Économie numérique. Durant cinq années, il pilote plusieurs chantiers structurants : la stratégie nationale de développement de l'industrie numérique, le renforcement de l'écosystème des startups, les programmes de développement des compétences numériques, les plateformes numériques nationales, la coordination des initiatives de résilience numérique durant la pandémie de Covid-19.

Il est également point focal national de Smart Africa, assurant la coordination des grandes initiatives continentales relatives au haut débit, à la protection des données, à l'interopérabilité, à la connectivité rurale et au gouvernement électronique. Cette fonction le place déjà au cœur des politiques numériques africaines.

De Ouagadougou à Kigali : penser le numérique à l'échelle du continent

Son expertise conduit naturellement Rodrigue Guiguemdé à rejoindre le Secrétariat de Smart Africa, l'alliance qui rassemble aujourd'hui plus de quarante États africains autour d'une vision commune de la transformation numérique. Successivement conseiller pays pour le Bénin, conseiller régional de la Smart Africa Digital Academy, puis conseiller en gouvernance de l'Internet, il contribue à plusieurs projets majeurs financés notamment par la Banque mondiale.

Il participe à la création des Communautés de pratique de Smart Africa, pilote les travaux du Blueprint africain de gouvernance de l'Internet et coordonne les consultations réunissant gouvernements, régulateurs, ICANN, AFRINIC et partenaires techniques autour des grandes orientations du numérique africain.

Depuis 2025, il dirige l'unité chargée des Initiatives pour des Infrastructures Numériques Résilientes et Inclusives, où il pilote les travaux continentaux sur le financement des infrastructures numériques, les stratégies cloud et centres de données, les infrastructures de données adaptées à l'intelligence artificielle, les politiques de connectivité, la modernisation des réseaux haut débit. À travers ces responsabilités, il contribue à définir les fondations techniques et institutionnelles de l'Afrique numérique de demain.

Porter la voix de l'Afrique dans la gouvernance mondiale de l'Internet

L'une des dimensions les plus remarquables de son parcours réside dans son engagement pour la gouvernance mondiale de l'Internet. Entre 2019 et 2022, Rodrigue Guiguemdé est élu Vice-Président du Governmental Advisory Committee (GAC) de l'ICANN, l'instance qui représente les gouvernements au sein de l'organisation chargée de la coordination mondiale du système des noms de domaine. À ce titre, il représente les intérêts des États africains dans les débats internationaux portant sur la gouvernance de l'Internet, la sécurité du système des noms de domaine (DNS), la protection des données, les infrastructures critiques, les politiques numériques mondiales. Cette responsabilité fait de lui l'un des Burkinabè ayant occupé les plus hautes fonctions internationales dans le domaine de la gouvernance du numérique.

L'excellence reconnue à l'échelle mondiale

En 2024, son engagement en faveur du renforcement des capacités africaines est récompensé par le prestigieux Prix Dr Tarek Kamel de l'ICANN, distinction internationale annoncée lors de la réunion ICANN81. Cette récompense s'ajoute à celle de Chevalier de l'Ordre du Mérite du Burkina Faso, agrafe Postes et Télécommunications, qui lui avait été décernée en 2021 en reconnaissance de sa contribution au développement du secteur numérique national. Ces distinctions témoignent de la reconnaissance de son action aussi bien au niveau national qu'international.

Entreprendre pour renforcer les capacités africaines

Parallèlement à ses fonctions internationales, Rodrigue Guiguemdé développe plusieurs initiatives destinées à renforcer les compétences numériques. Il fonde DIGITALES SARL, cabinet spécialisé dans les politiques numériques, les infrastructures de données et la gouvernance digitale, ainsi que l'ONG Digitales Solidaires, engagée dans la promotion des compétences numériques. Il s'investit également au sein du ROPTIC-UEMOA et de l'initiative TIC et Citoyenneté, qui contribue depuis plus d'une décennie à la formation de formateurs en gouvernance de l'Internet. À travers ces engagements, il démontre que le développement numérique passe aussi par le partage des connaissances et le renforcement des capacités locales.

Une vision de la souveraineté numérique africaine

Chez Rodrigue Guiguemdé, une idée revient avec constance : l'Afrique doit construire sa propre architecture numérique. Cette ambition repose sur plusieurs piliers : des infrastructures modernes, des données gouvernées de manière responsable, des plateformes interopérables, des compétences locales et une coopération régionale renforcée.

À l'heure où l'intelligence artificielle, le cloud souverain et les infrastructures numériques deviennent des enjeux stratégiques, son action contribue à positionner le Burkina Faso parmi les acteurs qui participent à la définition des politiques numériques du continent.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce qu'il est l'un des Burkinabè qui exercent aujourd'hui la plus forte influence sur les politiques numériques africaines. [ Cliquez ici pour lire l'intégralité ]

www.lefasodigital.net

Categories: Afrique

Prix OMS sans tabac 2026 : Dr Narcisse Naré lauréat, une distinction qui confirme le leadership du Burkina Faso en faveur de la santé publique

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:45

Le pays des hommes intègres est, une fois de plus, reconnu sur l'échiquier international pour ses efforts dans la lutte contre le tabagisme, à travers notamment la contribution exceptionnelle du Dr Mathurin Narcisse Naré, médecin de santé publique, récemment admis à la retraite. Il a été distingué le 31 mai 2026 à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La remise officielle du prix a fait l'objet d'une cérémonie, le vendredi 24 juillet 2026 à Ouagadougou, présidée par le ministre de la santé, Dr Lucien Robert Jean Claude Kargougou, avec à ses côtés des anciens ministres du département, des cadres du ministère, des responsables du bureau OMS-Burkina Faso ainsi que des représentants des organisations de la société civile partenaires de la lutte.

Le prix OMS de la Journée mondiale sans tabac est l'une des plus hautes distinctions décernées par l'organisation aux personnes (physiques et morales) qui se distinguent par leur engagement exceptionnel dans la lutte contre le tabagisme. Selon le chef du bureau de l'OMS au Burkina Faso, Dr Minzah Etienne Pékélé, la région africaine compte, cette année, cinq lauréats du prix de la Journée mondiale sans tabac.

« Le Burkina Faso figure parmi les pays honorés. Nous sommes fiers de célébrer la distinction accordée au Dr Mathurin Narcisse Naré, proposé par l'association Afrique contre le tabac (ACONTA), avec le soutien du gouvernement du Burkina Faso. Le Dr Naré rejoint ainsi le cercle des personnalités burkinabè déjà récompensées pour leur contribution exceptionnelle à la lutte contre le tabagisme, à savoir le Dr Théodore Kangoyé (en 2014), le Dr Mohamed Ould Sidi Mohamed (en 2015) et le Dr Harouna Kaboré (en 2022) », a présenté le chef du bureau de l'OMS au Burkina Faso.

Pour le Dr Pékélé, au-delà d'une récompense, ce prix constitue une reconnaissance internationale du leadership, de la détermination et des résultats obtenus par le Burkina Faso en faveur de la protection de la santé publique.

Le lauréat, Dr Naré, a témoigné sa reconnaissance à l'ensemble de tous les acteurs qui mènent cette lutte pour la santé publique.

Pour mémoire, la Journée mondiale sans tabac, célébrée chaque 31 mai, constitue l'une des initiatives majeures de l'OMS visant à sensibiliser les populations aux conséquences sanitaires, sociales, environnementales et économiques du tabagisme. Face à la menace majeure de santé publique, les États membres de l'OMS ont adopté le 21 mai 2003 la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), premier traité international de santé publique, afin de protéger les générations présentes et futures des effets dévastateurs de la consommation de tabac et de l'exposition à la fumée du tabac.

« Le Burkina Faso s'inscrit pleinement dans cette dynamique et figure aujourd'hui parmi les pays qui ont réalisé des progrès remarquables dans la lutte contre le tabac. C'est précisément pour saluer de tels engagements que l'OMS décerne chaque année le Prix de la Journée mondiale sans tabac. Cette distinction est attribuée, après un processus de sélection rigoureux, à des personnes ou des organisations dont les réalisations ont eu un impact remarquable dans la promotion de politiques efficaces de lutte antitabac et dans la protection de la santé publique », justifie le représentant de l'OMS, félicitant le ministre de la santé et le gouvernement du Burkina pour leur engagement et leur leadership.

Il rassure que l'OMS demeure disponible pour accompagner techniquement et stratégiquement le Burkina Faso, afin de renforcer la mise en œuvre de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac. « Cette récompense honore le Dr Naré, mais elle constitue également une reconnaissance des efforts du Burkina Faso dans son ensemble. Elle reflète l'engagement du gouvernement, du Comité national de lutte contre le tabac, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers ainsi que de tous les acteurs qui œuvrent quotidiennement pour protéger la santé des populations. (…). La cérémonie qui nous réunit aujourd'hui est donc un moment de fierté, mais aussi d'inspiration. Elle nous rappelle que les progrès en santé publique sont possibles, lorsque l'engagement individuel, l'action collective et le leadership institutionnel convergent vers un même objectif : protéger la santé et sauver des vies », a, au nom du directeur général de l'OMS, félicité le chef du Bureau de l'OMS au Burkina Faso, Dr Minzah Etienne Pékélé.

Poignée de main entre le lauréat, Dr Naré (à gauche) et le chef du Bureau OMS au Burkina Faso, sous la présidence du ministre de la santé.

Pour le lauréat, Dr Mathurin Narcisse Naré, cette reconnaissance montre la solidité de la collaboration intersectorielle et du partenariat entre l'État, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers et tous les acteurs de la lutte antitabac.

« Ce prix témoigne des efforts des plus hautes autorités pour faire de la lutte contre le tabac une priorité nationale. Les réformes engagées, notamment le renforcement de la réglementation, l'augmentation de la fiscalité sur le tabac, la protection des espaces sans fumée et l'emballage neutre, font aujourd'hui du Burkina Faso un modèle en Afrique et dans le monde », a exprimé Dr Naré.
Le lauréat a ensuite dédié cette reconnaissance à l'ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre le tabac au Burkina Faso, estimant qu'elle n'est pas un point d'arrivée, mais plutôt un carburant pour poursuivre la lutte.

« C'est en juillet 2006 que le Burkina Faso a ratifié la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac, marquant ainsi le point de départ d'une lutte organisée contre le tabagisme dans notre pays », a d'abord rappelé le premier responsable en charge de la santé, le ministre Lucien Jean-Claude Kargougou, avant d'affirmer que cette volonté politique affichée dans la lutte contre ce fléau a fait du Burkina Faso un exemple aux yeux de la communauté internationale.

De g. vers la d. : Dr Mohamed Ould Sidi Mohamed (lauréat 2015), Dr Narcisse Naré (lauréat 2026), le chef du Bureau OMS au Burkina et Dr Théodore Kangoyé (lauréat 2014).

« Pour avoir ce mérite, des hommes et des femmes se sont investis pour protéger la santé des populations face aux effets dévastateurs du tabac. Sont de ceux-là le docteur Narcisse Naré, médecin de santé publique, qui avait, en tant que point focal, travaillé à ce qu'une loi portant lutte contre le tabac soit adoptée en 2010 avec une série de textes d'application. En outre, il a été un des acteurs-clés dans la ratification du protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac en 2016 par notre pays », a retracé le ministre, citant en outre la contribution du lauréat à travers plusieurs textes en la matière. Il s'agit entre autres du décret portant création du Comité national de lutte contre le tabac, du décret instituant l'emballage neutre, du décret portant interdiction de fumer dans les lieux publics et les transports en commun et de celui portant suivi de la traçabilité des produits du tabac.

« Sous son leadership, d'autres projets de textes ont été élaborés et sont en attente d'être adoptés. Parmi ces textes, on peut citer le projet de loi portant lutte contre le tabac au Burkina Faso, le projet de décret portant réglementation de la composition, des émissions des produits du tabac et des informations sur les produits du tabac à communiquer et le projet de décret portant réglementation des points de vente des produits du tabac », a dévoilé le ministre Kargougou, justifiant cette reconnaissance de l'OMS et souhaitant que cette expérience du Dr Naré puisse toujours contribuer à la protection des générations présentes et futures des méfaits du tabagisme.

Cette nouvelle reconnaissance internationale vient, faut-il le souligner, saluer la vision et la détermination du gouvernement burkinabè, à travers notamment le ministère de la Santé, à toujours œuvrer en faveur de la santé des populations. C'est également dans cet environnement empreint de leadership gouvernemental que, peut-on rappeler, Jean Arnaud Sawadogo, membre du conseil d'administration d'Afrique contre le tabac (ACONTA), a été sacré meilleur journaliste de lutte contre le tabagisme en Afrique francophone en 2024.

Le ministre Kargougou et des invités, posant avec le lauréat à l'issue de la cérémonie.

Cette distinction s'inscrivait dans le cadre du concours « Africa Tobacco Control Media Awards » initié par l'Alliance pour le contrôle du tabac en Afrique (ACTA).
Relevons que pour cette cérémonie de distinction du Prix OMS de la Journée mondiale sans tabac 2026, le ministre Lucien Robert Jean-Claude Kargougou avait à ses côtés plusieurs de ses prédécesseurs. Il s'agit du Pr Charlemagne Ouédraogo, Pr Claudine Lougué, Léné Sebgo et Pr Adama Traoré.

O.L
Lefaso.net

Categories: Afrique

Football : « L'agent est l'architecte de la carrière du joueur », Séverin Pitié Kaboré, agent de footballeur

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:40

Titulaire depuis juin 2026 de la licence d'agent FIFA, Séverin Pitié Kaboré fait partie de la nouvelle génération d'agents burkinabè appelés à accompagner les footballeurs dans leur carrière. Entrepreneur et passionné de football, il revient, dans cette interview accordée à Lefaso.net, sur son parcours, le rôle d'un agent, les exigences de la licence FIFA, les défis du métier au Burkina Faso et ses ambitions pour la promotion des talents burkinabè.

Lefaso.net : Pouvez-vous nous parler du métier d'agent et comment il s'exerce ?

Sévérin Pitié Kaboré : un agent de joueurs est chargé d'accompagner le footballeur dans toutes les dimensions de sa carrière. Il recherche les meilleures opportunités, négocie les contrats avec les clubs, gère les aspects administratifs et peut également intervenir dans les partenariats commerciaux avec les marques. J'aime dire que l'agent est l'architecte de la carrière du joueur. C'est lui qui dessine son plan de carrière, anticipe les différentes étapes de son évolution et veille à ce que chaque décision serve son développement sportif et professionnel.

Vous venez d'obtenir votre licence d'agent FIFA. Que représente cette étape dans votre parcours professionnel ?

Je suis avant tout entrepreneur et passionné de football. Aujourd'hui, la FIFA exige que toute personne souhaitant exercer comme agent dispose de cette licence officielle. Son obtention représente donc une étape majeure de mon parcours. Je me suis investi pleinement dans cette formation afin de répondre aux nouvelles exigences de la FIFA et, grâce à Dieu, j'ai réussi cet examen.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste la licence FIFA et quelles ont été les principales exigences pour l'obtenir ?

La licence FIFA a été instaurée pour mieux réglementer et assainir le métier d'agent. Son obtention demande beaucoup de préparation. Il faut suivre plusieurs modules de formation avant de passer un examen mondial organisé simultanément dans plusieurs pays.

L'épreuve dure une heure et il faut obtenir au moins 15/20 pour être admis. Le niveau est particulièrement élevé puisque le taux de réussite mondial dépasse rarement 20 %. C'est un examen exigeant qui demande un investissement personnel important.

Racontez-nous en quoi consiste le quotidien d'un agent de joueurs.

Le quotidien d'un agent ressemble beaucoup à celui d'un entrepreneur. Il faut être organisé, visionnaire et constamment à la recherche d'opportunités. L'agent suit ses joueurs, échange régulièrement avec eux, assiste parfois à leurs entraînements ou à leurs matchs, entretient son réseau de contacts et travaille sur les meilleures perspectives de carrière pour chacun d'eux. Il accompagne également les joueurs dans les aspects extrasportifs, ce qui nécessite beaucoup de disponibilité.

Beaucoup de jeunes Burkinabè rêvent d'une carrière dans le football professionnel. Quel rôle un agent FIFA peut-il jouer dans la réussite de leur projet ?

Un agent, c'est quelqu'un qui connaît tout le monde, mais personne ne le connaît. Mais le joueur, tout le monde le connaît, mais il ne connaît personne. L'agent ouvre des portes, conseille, oriente et aide le joueur à prendre les bonnes décisions. En Afrique, nous avons énormément de talents, mais beaucoup n'arrivent jamais à franchir le cap du professionnalisme faute d'accompagnement. Le rôle de l'agent est justement d'aider ces jeunes à saisir les meilleures opportunités.

On vous connaît en tant qu'agent de l'international burkinabè Josué Tiendrébéogo. Pouvez-vous nous raconter quel rôle vous avez joué dans le parcours du joueur qui évolue aujourd'hui en FK IMT en Serbie ?

Josué Tiendrébéogo est comme un petit frère pour moi. Je le suis depuis plusieurs années et une relation de confiance s'est progressivement construite entre nous. Après ses performances au Fasofoot, où il s'est illustré comme meilleur joueur et meilleur buteur, nous avons travaillé sur son transfert vers Annecy. Plus récemment, il a rejoint le FK IMT en Serbie, où il poursuit sa progression. Mon rôle est de l'accompagner tout au long de son parcours afin qu'il continue à évoluer dans les meilleures conditions.

L'absence de Josué Tiendrébéogo de la liste pour la dernière CAN a suscité de nombreuses réactions. Comment avez-vous vécu cette décision et quels conseils lui avez-vous donnés ?

C'est une décision qui nous a profondément marqués. Nous avions travaillé pendant longtemps pour qu'il puisse participer à cette CAN.

Au regard de ses statistiques, il était difficile de comprendre son absence. Lors des éliminatoires, il avait rejoint le groupe en cours de route, mais il figurait parmi les meilleurs buteurs. À chacune de ses convocations, il s'est montré décisif.

Cette décision a donc été difficile à accepter. Mais en tant qu'agent, même lorsque l'on est soi-même affecté, on ne doit jamais transmettre ce découragement au joueur.

Je lui ai simplement dit de rester fort. La liste était publiée et personne ne pouvait revenir dessus. Ce n'était pas une raison pour abandonner ou baisser les bras. Je lui ai conseillé de continuer à travailler avec sérieux, de rester concentré sur ses objectifs et de faire preuve de résilience.

Le football est ainsi fait. Les déceptions existent, mais avec le travail et la persévérance, les opportunités finissent toujours par revenir.

Le football africain attire de plus en plus de recruteurs étrangers. Comment comptez-vous contribuer à la promotion des talents burkinabè sur la scène internationale ?

C'est une très bonne question parce que c'est un marché qui est très saturé, où il y a de la compétition, donc ce n'est pas seulement au Burkina qu'il y a des agents licenciés FIFA.

En tant qu'Africain, je pense que nous connaissons bien le football africain pour les accompagner. Je trouve qu'un agent africain qui a un bon carnet d'adresses en Europe, qui est africain, peut mieux accompagner le joueur dans sa progression.

Nous mettrons nos compétences pour accompagner au profit des jeunes afin de les aider à grandir. Il y a beaucoup d'agents africains, que je connais très bien, qui sont en train de monter, d'autres même sont déjà très bien installés et qui ont de très grands joueurs.

En plus de l'aspect sportif, il y en a certains que nous conseillons sur certains investissements qu'ils peuvent faire au pays et qui pourront leur profiter au soir de leur carrière.

Selon vous, quels sont aujourd'hui les principaux défis auxquels sont confrontés les agents de joueurs au Burkina Faso ?

Au Burkina, je peux dire que les défis sont énormes parce que déjà c'est un métier sur lequel il y a beaucoup d'amalgame dessus.

C'est un métier où les gens n'arrivent pas à faire la différence jusqu'à maintenant. Avant, tout le monde pouvait être agent. Mais maintenant c'est devenu compliqué avec l'examen de la FIFA. C'est vrai qu'il y a des gens sans la licence de la FIFA qui avaient eu à faire de très bons deals et à placer des joueurs en Europe et c'est quelque chose qu'il faut féliciter.

Je pense que le défi actuellement, c'est d'essayer de travailler en symbiose avec des professionnels parce que ce n'est pas un travail qu'on peut faire seul. C'est un travail où on a besoin de tout le monde, besoin de contacts, besoin de relations.

Et aussi, c'est demander aux autorités de vraiment prendre ce métier très au sérieux. D'essayer d'avoir un œil là-dessus aussi. Parce qu'aujourd'hui, si nous parlons des grands joueurs comme Didier Drogba, Samuel Eto'o et plein d'autres, ce sont des gens qui, dès le début, ont eu de très bonnes personnes, de très grands agents à côté d'eux, qui les ont accompagnés. Donc, c'est cela qui fait qu'aujourd'hui, tout le monde parle d'eux.

Sévérin Pitié Kaboré assiste souvent aux entraînements de ses poulains lorsqu'il a le temps.

Envisagez-vous de représenter principalement des joueurs burkinabè ou d'élargir votre portefeuille à d'autres nationalités ?

Un agent FIFA ne doit pas se limiter à une seule nationalité. Si un jeune Malien, Ghanéen ou Ivoirien présente un bon potentiel, nous pouvons parfaitement l'accompagner. À travers notre structure, Révélations Football Agency, nous suivons déjà des joueurs au Burkina Faso, au Mali, au Ghana et en Côte d'Ivoire.

Y a-t-il des championnats ou des marchés que vous ciblez en priorité ?

Tout dépend du profil du joueur. Pour un jeune de 17 ou 18 ans, l'objectif est généralement de construire progressivement un parcours vers l'Europe. Il n'est pas toujours nécessaire d'intégrer immédiatement un grand club. Certaines équipes constituent d'excellentes étapes de développement.

Pour les joueurs plus expérimentés, les projets sont différents. Chaque carrière est unique et l'agent doit adapter sa stratégie au profil du joueur.

J'ai aussi l'habitude de dire que l'agent, c'est un peu l'architecte du joueur car il accompagne progressivement le joueur durant sa carrière.

Le métier d'agent est parfois critiqué. Comment comptez-vous exercer avec transparence et éthique ?

Comme je l'ai dit plutôt, avant d'exercer ce métier, je suis entrepreneur. Donc déjà en tant qu'entrepreneur, la parole donnée, elle est très importante. Ce qui va faire la différence, c'est la loyauté et la transparence, c'est très important. Il faut vraiment être droit et intègre. Quand on est vraiment intègre et transparent, on est quelqu'un de véridique, on pourra faire un long parcours dans ce métier.

Comment lutter contre les faux agents et les intermédiaires non agréés qui continuent d'approcher les jeunes joueurs ?

Le métier d'agent, c'est un métier dont on ne maîtrise pas vraiment les entrées et les sorties, ce qui rend la tâche très compliquée. Donc c'est aux joueurs de savoir faire la différence.

Et c'est aussi à nos fédérations de communiquer beaucoup et de sensibiliser aussi. Il y a des intermédiaires qui sont bien, qui font le boulot correctement. Arrivé à un certain moment, il faut essayer de se mettre en règle, parce que cela évite beaucoup d'amalgame. Donc pour moi, c'est aux joueurs de savoir bien se faire accompagner, de poser les questions.

Pour les jeunes joueurs, quand quelqu'un vient vers vous pour vous dire qu'il est agent de footballeur, il faut chercher à voir sa carte, demander à voir sa licence. Il faut faire la part entre un agent intermédiaire et un agent licencié. Il faut poser les questions et mener une enquête personnelle d'abord avant de s'engager ou avant de suivre quelqu'un. Il ne faut pas vraiment suivre quelqu'un parce qu'il vous vend du rêve en promettant de vous faire signer par exemple au FC Barcelone ou au Real Madrid.

Pouvez-vous nous éclairer sur les deux notions ? Quelle est la différence entre un agent intermédiaire et un agent licencié ?

Un agent licencié FIFA, c'est celui qui a passé l'examen d'agent FIFA. L'examen d'agent FIFA se passe une fois dans l'année, organisé par la FIFA et qui est récompensé à la fin, si tu es admis, par une licence. C'est cette licence qui te couvre sur toutes les transactions que tu vas faire dans ce métier. Et la licence aussi, il y a une conduite à tenir. Ta licence peut être retirée si tu ne respectes pas cette conduite.

Avant la réforme, les fédérations nationales délivraient des licences d'agents intermédiaires. Ce système n'existe plus. Désormais, l'examen est unique et organisé exclusivement par la FIFA. Les fédérations n'organisent plus leurs propres examens.

Quels sont vos objectifs à court et moyen termes en tant qu'agent FIFA ?

Sur le plan professionnel, c'est de travailler à être vraiment quelqu'un d'incontournable dans ce milieu. Déjà au Burkina Faso, je veux marquer ma présence. Sur le plan international, ça aussi c'est quelque chose que je suis en train de vraiment préparer. Dieu faisant grâce, on avait déjà eu à placer quelques joueurs en Europe. Donc ça fait que nous sommes en train de travailler pour continuer dans cette lancée et offrir d'autres opportunités à nos jeunes joueurs.

Les objectifs, c'est déjà de faire les preuves au Burkina Faso ici, puis l'international viendra naturellement.

Interview réalisée par Jean Elysée Nikiéma
Lefaso.net

Categories: Afrique

Information en période de crise : Le CSC renforce les capacités des journalistes et web-activistes pour une gestion responsable

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:35

À l'heure où le Burkina Faso continue de faire face à une crise sécuritaire complexe, la qualité de l'information diffusée au public apparaît plus que jamais comme un facteur déterminant de résilience, de cohésion sociale et de stabilité. C'est dans cette dynamique que le Conseil supérieur de la communication (CSC) organise un atelier de formation et de sensibilisation destiné aux journalistes et web-activistes sur la gestion de l'information en période de crise. L'atelier se tient avec l'appui du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), du 27 au 29 juillet 2026 à Koudougou, La cérémonie d'ouverture a été présidée par le président du CSC, Louis Modeste Ouédraogo, en présence du président de la délégation spéciale de Koudougou, Amédée Paré.

Face aux défis sécuritaires, sociaux et humanitaires auxquels le Burkina Faso est confronté depuis plusieurs années, le Conseil supérieur de la communication entend renforcer les compétences des acteurs de l'information afin de promouvoir une communication plus responsable, professionnelle et favorable à la cohésion sociale. Pendant trois jours, journalistes et producteurs de contenus numériques réfléchiront aux bonnes pratiques en matière de communication de crise, de vérification des faits et de lutte contre la désinformation.

À l'ouverture des travaux, le président du CSC, Louis Modeste Ouédraogo, a salué l'engagement des autorités régionales ainsi que le soutien constant du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), partenaire historique de l'institution. Selon lui, cette collaboration a permis la réalisation de nombreuses initiatives en faveur de la professionnalisation des médias, de la consolidation de la paix et du renforcement de la cohésion sociale au Burkina Faso.

« Cette collaboration témoigne d'une vision commune de faire de la communication un levier de résilience, de prévention des conflits et de développement durable », Louis Modeste Ouédraogo, président du CSC

Une responsabilité accrue dans un contexte de crise

Pour le président du CSC, la communication de crise ne relève plus d'un simple exercice technique. Dans le contexte actuel, elle constitue un véritable impératif stratégique. « Elle permet non seulement d'informer les citoyens avec exactitude, mais aussi de prévenir la désinformation, les rumeurs, les discours de haine, les manipulations informationnelles et la psychose qui peuvent aggraver une situation déjà fragile », a-t-il expliqué.

Louis Modeste Ouédraogo a insisté sur le rôle désormais central qu'occupent aussi bien les médias traditionnels que les plateformes numériques dans la construction de l'opinion publique. Chaque information publiée peut, selon lui, contribuer à éclairer, sensibiliser et rassurer les populations, mais peut également, lorsqu'elle est inexacte ou insuffisamment vérifiée, alimenter la confusion, la peur ou les divisions.

Avec l'essor des réseaux sociaux, où les contenus circulent à une vitesse inédite, les exigences de vérification et de responsabilité deviennent encore plus importantes pour les journalistes et web-activistes

Les acteurs appelés à mesurer l'impact de leurs publications

S'adressant directement aux participants, le président du CSC a rappelé que les journalistes demeurent des acteurs essentiels de la démocratie grâce au respect des règles déontologiques, à la recherche de la vérité et à la défense de l'intérêt général. Il a également attiré l'attention des web-activistes sur la place désormais incontournable qu'ils occupent dans l'écosystème informationnel. Par leur influence sur les comportements, les opinions et les perceptions, ils sont appelés à exercer leurs activités avec davantage de responsabilité.
« Publier, partager ou commenter une information engage sa responsabilité morale, citoyenne et, dans certains cas, sa responsabilité juridique », a-t-il averti, invitant chacun à faire preuve de discernement avant toute diffusion de contenu.

Cette session s'inscrit dans la continuité des actions déjà entreprises par l'instance de régulation. Louis Modeste Ouédraogo a rappelé qu'entre 2016 et 2017, le CSC avait déjà organisé un premier séminaire de renforcement des capacités des journalistes sur la communication en période de crise sécuritaire.

« Cette collaboration entre le CSC et le PNUD traduit l'engagement commun de nos institutions et ses partenaires à promouvoir une communication responsable au service de la paix et de la cohésion sociale », Amédée Paré, PDS de la commune de Koudougou

Près d'une décennie plus tard, le contexte a profondément évolué. Les stratégies des groupes armés, les techniques de manipulation de l'information ainsi que les modes de diffusion des contenus ont connu d'importantes mutations, rendant nécessaire une actualisation des connaissances et des pratiques professionnelles.

L'atelier vise ainsi à permettre aux participants de mieux maîtriser les principes fondamentaux de la communication de crise, d'améliorer leurs techniques de collecte, de traitement et de vérification de l'information, de promouvoir une communication sensible aux conflits et de mieux comprendre les mécanismes de lutte contre la désinformation et les manipulations informationnelles.

Les travaux devront également favoriser une collaboration plus étroite entre les médias, les institutions publiques et les différents acteurs de la société afin d'assurer une gestion plus efficace de l'information dans les situations sensibles.

« La responsabilité sociale du journaliste ou du web-activiste dans la gestion de l'information en période de crise » est la communication présentée par Moussa Sawadogo, spécialiste des sciences de l'information et de la communication

Miser sur des experts de haut niveau

Convaincu que les défis actuels exigent des réponses adaptées, le président du CSC a indiqué que l'institution a mobilisé des experts de haut niveau pour animer les différentes communications prévues au cours de cette session. Il a invité les participants à faire preuve d'engagement, à partager leurs expériences de terrain et à saisir cette opportunité pour renforcer leurs compétences professionnelles.

« Les compétences que vous acquerrez ici contribueront, j'en suis persuadé, à améliorer la qualité de l'information diffusée auprès des populations et à renforcer notre résilience collective face à la crise que nous traversons », a-t-il déclaré.

La thématique abordée par le directeur de communication des armées, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, s'intitule « La couverture médiatique des attaques terroristes : Quels comportements pour être en phase avec le dispositif sécuritaire ? »

Par cette initiative, le Conseil supérieur de la communication réaffirme sa volonté de promouvoir un environnement médiatique libre, responsable et professionnel. L'institution entend poursuivre, avec l'ensemble de ses partenaires, les actions de renforcement des capacités des journalistes, des communicants et des créateurs de contenus numériques afin qu'ils contribuent pleinement à l'édification d'une société fondée sur la paix, la tolérance et la cohésion sociale.

En déclarant officiellement ouverts les travaux de cet atelier, Louis Modeste Ouédraogo a formulé le vœu que ces trois journées débouchent sur des recommandations concrètes et des pratiques renouvelées, capables d'améliorer durablement le traitement de l'information. Et ce, dans un contexte national marqué par de multiples défis.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Categories: Afrique

Ouagadougou ou l'art de vendre la même chose que ses voisins

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:30

Ouagadougou est souvent présentée comme une ville de débrouillards. Une ville où l'esprit entrepreneurial se manifeste dans les marchés, les rues, les quartiers et désormais sur les réseaux sociaux. C'est un fait dont il faut se réjouir, mais nous avons parfois l'art de faire exactement la même chose que tout le monde, au même endroit et au même moment.

L'entrepreneur du système D « made in Ouaga », vous connaissez ? Celui ou celle qui observe une activité rentable et conclut immédiatement que la meilleure stratégie consiste à reproduire cette activité à quelques mètres de distance. Parfois même juste en face. Une jeune dame lance son activité de vente de gâteaux. Le concept fonctionne. Les clients affluent. Les photos circulent sur Facebook. Les commandes augmentent.
Trois mois plus tard, cinq nouvelles vendeuses de gâteaux apparaissent dans la même zone. Six mois plus tard, elles sont vingt. À la fin de l'année, la rue entière semble participer à un championnat national de vente de gâteaux.

La logique du « si ça marche chez lui »

Le phénomène ne concerne pas seulement l'alimentation. Il touche presque tous les secteurs. Les boutiques de téléphones. Les agences de communication. Les salons de beauté. Les vendeurs de vêtements. Les centres de formation. Les services d'impression. Les boutiques d'accessoires. Les jus dits naturels. Dès qu'une activité commence à réussir, elle attire immédiatement une armée de nouveaux concurrents. Non pas dans un autre quartier. Non pas dans une autre ville. Mais exactement au même endroit.

Comme si la prospérité était une ressource géographique localisée à quelques mètres carrés. Je me suis toujours demandé quel raisonnement ces personnes tiennent-elles ? « Si son commerce marche ici, alors le mien marchera aussi ici. »

Une logique trop simple qui oublie un détail. Le premier entrepreneur a certes choisi un emplacement pour son activité, mais il a souvent construit une clientèle, développé une réputation, amélioré son offre et pris des risques avant de connaître le succès. Mais cela est moins visible que son chiffre d'affaires. Alors beaucoup reproduisent le résultat sans forcément comprendre le processus.

Les réseaux sociaux ont renforcé cette tendance, car lorsqu'un entrepreneur publie ses ventes ou ses réalisations, il inspire naturellement d'autres personnes. C'est positif. Le problème commence lorsque l'inspiration se transforme en photocopie.

On ne s'inspire plus d'une idée. On reproduit un modèle entier. Même produit. Même logo. Même communication. Parfois même les mêmes fautes d'orthographe. Le marché devient alors un immense exercice de duplication.

Le consommateur, lui, observe le spectacle avec amusement. Il se retrouve face à dix commerces proposant exactement la même chose. Les mêmes prix. Les mêmes promotions. Les mêmes slogans. Les mêmes publications Facebook.

À certains moments, seule l'enseigne permet encore de distinguer les entreprises. Le plus fascinant est que chacun se présente pourtant comme innovateur.

Le mot est devenu incontournable. Aujourd'hui, tout le monde innove. Même lorsqu'il vend un produit déjà disponible chez cinquante voisins. L'innovation semble parfois avoir changé de définition. Elle ne consiste plus nécessairement à proposer quelque chose de nouveau. Elle consiste à annoncer que l'on propose quelque chose de nouveau.

Nuance importante. Nous valorisons souvent davantage la création d'une activité que la recherche d'une différence. L'objectif devient d'entrer sur le marché. Pas forcément de se distinguer. Résultat : certains secteurs se retrouvent saturés tandis que d'autres demeurent largement inexploités.

Dans une même rue, vous pouvez trouver vingt commerces vendant le même produit. Et aucun proposant un service complémentaire pourtant recherché. Le paradoxe est que l'entrepreneuriat repose précisément sur la capacité à résoudre des problèmes. Or beaucoup d'entrepreneurs passent davantage de temps à observer leurs concurrents qu'à observer leurs clients. Ils savent ce que vend le voisin. Ils savent à quel prix il vend. Ils connaissent ses promotions. Mais ils ignorent parfois ce que les consommateurs attendent réellement.

La différence fait souvent la réussite

Les entreprises qui résistent au temps ne sont pas forcément celles qui imitent le mieux. Ce sont généralement celles qui apportent quelque chose de différent. Une meilleure qualité. Un meilleur service. Une meilleure expérience client.

Autrement dit, elles se distinguent. Elles comprennent qu'il est difficile de gagner une compétition lorsque tous les participants courent dans la même direction avec les mêmes chaussures.

Oser faire autrement

Le véritable entrepreneur ne cherche pas uniquement une opportunité. Il cherche aussi un espace. Un besoin non satisfait. Une idée encore peu exploitée. C'est souvent là que naissent les meilleures initiatives.
Malheureusement, cette démarche demande davantage d'efforts que la simple imitation. Elle exige de l'observation. De la créativité. De la patience. Et parfois l'acceptation du risque. Des qualités moins spectaculaires mais infiniment plus utiles.

Au fond, l'entrepreneur « made in Ouaga » n'est pas un problème. Il cherche sa place avec les moyens dont il dispose. Son erreur n'est pas d'entreprendre mais de croire que reproduire suffit à réussir.

Or le marché récompense rarement les copies pendant longtemps. Il finit presque toujours par privilégier ceux qui apportent une valeur particulière. La véritable opportunité appartient souvent à celui qui ose faire autrement. Comme c'est le slogan d'une banque de chez nous.

Fredo Bassolé
Lefaso.net

Image d'illustration générée par l'IA

Categories: Afrique

Bobo-Dioulasso : Des jeunes cuisiniers rivalisent de créativité pour valoriser le fonio

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:25

Le projet FonioForce a organisé, le jeudi 23 juillet 2026, la première édition du concours culinaire « Jeunes Cuisiniers du Futur ». L'activité, tenue au Lycée professionnel régional Guimbi Ouattara (LPRGO) de Bobo-Dioulasso, a mis en compétition douze jeunes issus des filières agroalimentaires autour d'un défi : faire du fonio la vedette de créations culinaires innovantes.

Du fonio dans les assiettes, mais surtout de la créativité, de l'audace et de l'innovation. C'est l'esprit qui a prévalu à la première édition du concours culinaire « Jeunes Cuisiniers du Futur », initié par le projet FonioForce, mis en œuvre par AGRODEV SERVICES et ses partenaires. Pendant plusieurs heures, les douze candidats ont rivalisé d'ingéniosité pour proposer des recettes originales à base de cette céréale traditionnelle africaine. Plats lourds, plats légers, desserts et viennoiseries ont ainsi été présentés à l'appréciation d'un jury composé de professionnels de l'agroalimentaire et de la cuisine.

L'objectif de cette initiative est de stimuler la créativité des jeunes futurs professionnels de l'agroalimentaire, tout en contribuant à la promotion de la consommation du fonio. « Nous avons voulu organiser ce concours pour inculquer aux jeunes les valeurs du fonio et les amener à comprendre que c'est une céréale à fort potentiel, surtout économique », a expliqué Estelle Bayala, chargée du suivi-évaluation et de la communication au sein du projet FonioForce.

Plats lourds, plats légers, desserts et viennoiseries ont été ainsi présentés à l'appréciation d'un jury composé de professionnels de l'agroalimentaire et de la cuisine

Une céréale traditionnelle aux multiples potentialités

Longtemps considéré comme une céréale essentiellement traditionnelle, le fonio présente pourtant de nombreux atouts nutritionnels, économiques et environnementaux. Adapté aux conditions climatiques du Sahel, il peut être cultivé sur des sols relativement pauvres et nécessite peu d'intrants chimiques. Naturellement sans gluten, digeste et riche en fibres et en nutriments, le fonio est aujourd'hui présenté comme une véritable « smart food ». Toutefois, sa consommation reste encore limitée par le faible nombre de produits transformés et de recettes innovantes disponibles sur le marché.

Le projet FonioForce a décerné un prix spécial à Yassia Ouédraogo pour son « cake au fonio »

C'est pour répondre à ce défi que le projet FonioForce accompagne notamment des producteurs, des coopératives et 16 entreprises d'agro-transformation dans les régions du Guiriko et des Tannounyan. Grâce à cet accompagnement, le fonio proposé par les entreprises soutenues est désormais nettoyé et lavé selon des standards de qualité améliorés. « Pendant longtemps, la préparation pénible et la présence d'impuretés ont freiné la consommation du fonio. Aujourd'hui, grâce au travail des transformateurs que nous soutenons, nos marchés disposent d'un fonio de qualité premium, parfaitement lavé, dépoussiéré et exempt de sable ou de caillou », a souligné la cheffe du projet FonioForce, Rachel Dayo, dans son allocution.

Le « Panna cotta à la bouillie de fonio » a remporté la première place de la compétition

Des créations qui ont surpris le jury

Pour cette première édition, les candidats étaient invités à concevoir des recettes dans lesquelles le fonio devait constituer l'ingrédient principal. Les créations pouvaient prendre la forme de plats traditionnels revisités, de pâtisseries, de biscuits, de desserts, de boissons ou encore de produits de boulangerie. Les mets ont été évalués selon cinq critères : la valorisation du fonio, l'originalité et l'innovation, la qualité gustative, la faisabilité technique et le potentiel commercial ainsi que la présentation esthétique.

Le projet FonioForce pour valoriser le fonio au Burkina Faso

Président du jury, Salif Guel, professeur d'agroalimentaire, s'est dit particulièrement impressionné par le niveau de créativité des candidats. « Franchement, j'ai été étonné de voir que ces jeunes puissent être aussi créatifs et innovants dans leurs prestations », a-t-il confié. Pour lui, plusieurs des créations présentées pourraient parfaitement trouver leur place dans les restaurants et autres espaces de restauration. Il a d'ailleurs encouragé les candidats à poursuivre dans cette voie et à prendre part à d'autres compétitions culinaires, notamment à la Semaine nationale de la culture (SNC).

Président du jury, Salif Guel, professeur d'agroalimentaire, s'est dit particulièrement impressionné par le niveau de créativité des candidats

Jeanne Doulkom, la reine de la première édition

Au terme de la compétition, c'est Jeanne Doulkom, élève au lycée professionnel régional Guimbi Ouattara, qui s'est adjugé le premier prix avec 91,6 points. Elle a séduit le jury avec sa « Panna cotta à la bouillie de fonio ». Pour réaliser son dessert, la candidate a transformé la bouillie de fonio afin d'obtenir une texture lisse, avant de l'accompagner d'un sirop de tamarin et de fonio caramélisé au miel et au beurre. « Je suis vraiment très contente. Ça n'a pas été facile, car toutes les candidates étaient à la hauteur », a déclaré la lauréate. Elle a également encouragé ses camarades à saisir les opportunités de ce type afin de développer leurs compétences et leur créativité.

Jeanne Doulkom, élève au lycée professionnel régional Guimbi Ouattara, se réjouit de sa victoire

Le deuxième prix est revenu à P. Charlotte Gonro, qui a obtenu 91,2 points grâce à son plat intitulé « Gnon aux boulettes de poisson ». Le troisième prix a été décerné à Abdoul Fataf Ouédraogo, auteur d'un « gâteau moelleux » à base de farine de fonio, avec 91 points. Le prix de l'innovation a été attribué à Grâce-Chalom Ouédraogo pour ses viennoiseries à base de fonio, notamment des pains aux raisins. « Pour moi, c'est un premier pas dans le domaine, mais également un encouragement à me surpasser et à aller au-delà de ce que j'ai pu faire. Ce n'est que le début d'une belle aventure », a-t-elle déclaré.
Face à la qualité des réalisations, le jury a demandé l'instauration d'un prix supplémentaire. Le projet FonioForce a ainsi décerné un prix spécial à Yassia Ouédraogo, pour son « cake au fonio ».

Jeanne Doulkom, élève au lycée professionnel régional Guimbi Ouattara, recevant son prix de la première place

« Tous les candidats ont gagné »

Au-delà du classement, les organisateurs retiennent surtout la qualité des prestations et le potentiel des jeunes participants. « Nous avons été tellement surpris par les talents et les propositions des élèves que nous nous sommes demandé s'il ne fallait pas associer des hôtels et de grands restaurants, parce que les talents sont là », a affirmé Estelle Bayala. Selon elle, les écarts entre les candidats étaient si faibles que le jury a éprouvé de grandes difficultés à les départager. « Tous ont gagné. Nous leur avons dit que c'était un esprit de jeu. Il n'y a pas de mauvais cuisiniers, parce que c'était très difficile de les départager », a-t-elle ajouté.

Selon Estelle Bayala, les écarts entre les candidats étaient si faibles que le jury a éprouvé de grandes difficultés à les départager

Les lauréats ont reçu des récompenses financières et des kits composés notamment de produits à base de fonio. Le premier prix était doté de 125 000 F CFA, le deuxième de 100 000 F CFA, le troisième de 75 000 F CFA et le prix de l'innovation de 50 000 F CFA. Le prix spécial a, quant à lui, été doté de 25 000 F CFA.

Le galap au fonio a séduit les membres du jury

Pour le projet FonioForce, cette compétition constitue une première étape dans la promotion de l'innovation culinaire et de l'entrepreneuriat des jeunes. Elle vise également à démontrer que le fonio peut sortir du cadre des recettes traditionnelles pour investir de nouveaux espaces de consommation et de commercialisation. « Tant que nous pouvons valoriser le fonio et mettre en avant ces talents, nous n'allons pas hésiter », a assuré Estelle Bayala.

Le prix de l'innovation a été attribué à Grâce-Chalom Ouédraogo pour ses viennoiseries à base de fonio, notamment des pains aux raisins

À travers cette initiative, le projet FonioForce entend ainsi contribuer à faire du fonio non seulement une céréale du patrimoine africain, mais également un produit d'avenir, capable de générer de nouvelles opportunités pour les jeunes et de renforcer la transformation locale au Burkina Faso.

Romuald Dofini
Lefaso.net

Categories: Afrique

Tourisme interne : La Primature en immersion au musée Rayimi d'Issouka pour renouer avec les racines du Burkina

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:20

La délégation de la Primature, conduite par la directrice des ressources humaines (DRH), Mariam Nakanabo/Kalandjibo, a effectué, le samedi 25 juillet 2026, une visite au musée Rayimi et à l'espace Masmé d'Issouka, dans la commune de Koudougou. Cette immersion s'inscrit dans le cadre de la campagne nationale de tourisme interne, une initiative visant à amener les Burkinabè à mieux découvrir les richesses historiques, culturelles et patrimoniales de leur pays.

Au cœur d'un site qui retrace une partie importante de l'histoire et des traditions du Burkina Faso, les membres de la délégation ont découvert des objets patrimoniaux, des symboles de la chefferie traditionnelle ainsi que des témoignages du riche héritage culturel national.

À l'issue de la visite, la DRH de la Primature, Mariam Nakanabo/Kalandjibo, s'est dit profondément impressionnée par la qualité des réalisations et le travail de préservation entrepris sur le site.

« Nous sommes là dans le cadre de la campagne nationale de tourisme interne. La Primature a voulu marquer sa participation active à cet élan national. Nous sommes venus puiser dans nos valeurs ancestrales et culturelles afin de nourrir notre détermination à relever les défis actuels de notre pays », a-t-elle déclaré.

La DRH de la Primature, Mariam Nakanabo/Kalandjibo s'est dit très satisfaite de cette immersion au palais de Masmé.

Selon elle, cette immersion permet aux Burkinabè de mieux connaître leur histoire et de renforcer leur engagement patriotique. « Quand on regarde ce qui est fait ici, on sent que chaque Burkinabè apporte sa contribution pour que, tous ensemble, nous puissions faire face aux défis de notre pays. Nous repartons enrichis de cette visite et pleins d'espoir qu'avec les efforts de chacun, le Burkina Faso rayonnera de paix et de quiétude », a-t-elle ajouté.

La représentante de la Primature a également lancé un appel à l'ensemble des citoyens à accompagner les autorités dans les efforts de construction nationale. « Ensemble, nous pouvons réaliser de grandes choses », a-t-elle insisté.

un petit temps d'échange entre le chef d'Issouka et ses invités

Accueillant la délégation, le chef coutumier d'Issouka, Naaba Saaga, a salué cette initiative qu'il considère comme une reconnaissance de l'importance du patrimoine culturel dans la consolidation de l'unité nationale.

« Nous sommes très honorés de recevoir cette importante délégation de la Primature. Cette visite montre que les plus hautes autorités ont compris qu'il faut d'abord faire découvrir le Burkina Faso aux Burkinabè eux-mêmes », a-t-il souligné.

Naaba Saaga, chef d'Issouka, a salué cette initiative

Le garant des traditions a rappelé que le musée Rayimi et l'espace Masmé constituent la modeste contribution d'Issouka à la valorisation du patrimoine national. Il a notamment insisté sur la présence du drapeau national dans l'enceinte du musée, symbole, selon lui, de l'attachement des chefferies traditionnelles à la patrie et à son unité.

Pour Naaba Saaga, la connaissance de l'histoire et des valeurs héritées des ancêtres demeure un puissant levier pour renforcer la cohésion sociale. Il a invité les Burkinabè à préserver cet héritage afin de le transmettre aux générations futures et de le faire découvrir au monde.

cette visite a vu la présence d'une forte délégation de la primature

Tout en saluant la vision des autorités en faveur du tourisme interne, il a formulé des bénédictions pour un retour durable de la paix sur toute l'étendue du territoire national, condition essentielle, selon lui, pour permettre aux populations de redécouvrir sereinement les trésors culturels du Burkina Faso.

Prince Omar
Lefaso.net

Categories: Afrique

La tenue du dialogue contribuera à restaurer la concorde nationale en RDC, selon la France

Radio Okapi / RD Congo - Tue, 28/07/2026 - 01:15


La France a exprimé, lundi 27 juillet, son soutien à l’organisation d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo, annoncé par le président Félix Tshisekedi pour répondre aux défis auxquels le pays est confronté. L’information émane du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.

Categories: Afrique

Burkina : Sita Tarbagdo dédicace l'ouvrage « Ce que Me Pacéré m'a dit de sa vie »

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:15

‎Le journaliste à la retraite Sita Tarbagdo a dédicacé, ce lundi 27 juillet 2026, son ouvrage intitulé « Ce que Me Pacéré m'a dit de sa vie ». La cérémonie de dédicace qui s'est tenue à la maison de l'avocat s'inscrit dans le cadre de la Semaine de l'avocat. C'était en présence de plusieurs membres du barreau et de diverses personnalités qui ont connu Me Pacéré. Il y décrit Me Pacéré comme un homme « atypique », « énigmatique » et « multidimensionnel », dont la personnalité ne pouvait être appréhendée qu'au-delà des apparences.

L'auteur Sita Tarbagdo a confié avoir côtoyé Me Pacéré pendant 41 ans, avant que ce dernier n'accepte, à l'âge de 81 ans, de se confier à lui pour la rédaction de ses mémoires. Pour écrire ce livre de 583 pages, Sita Tarbagdo a réalisé, de février à octobre 2024, en tout 73 interviews avec Me Frédéric Titinga Pacéré, premier bâtonnier du Burkina Faso, décédé le 8 novembre 2024. Ces entretiens lui ont permis de retracer le parcours, les convictions, la vision culturelle et spirituelle de l'homme. Il a souligné que l'ancien bâtonnier avait donné son accord pour la publication de l'ouvrage deux semaines avant son décès. Pour Sita Tarbagdo, Me Pacéré demeure une personnalité irremplaçable dont l'héritage intellectuel, culturel et spirituel continuera d'inspirer les générations futures.

Dans l'ouvrage “Ce que Me Pacéré m'a dit de sa vie”, Sita Tarbagdo revient sur plusieurs pans importants de la vie de l'homme

Il soutient que l'essentiel de l'ouvrage se ramène à une phrase : “À chaque instant de la vie de l'homme, la mort côtoie la vie.” Ce qui est selon lui une leçon de vie et de sagesse, qui appelle à un comportement responsable de tout un chacun, parce que la vie n'est pas éternelle. « J'ai voulu ancrer à travers cette œuvre, Maître Pacéré dans la postérité, afin que les jeunes du présent, comme les jeunes du futur, se remémorent cet homme qui a été singulier, qui a été un brillant avocat, qui a été le premier bâtonnier du Burkina Faso et qui a été le Naba Panantougri du Manéga », a ajouté Sita Tarbagdo.

Plusieurs personnalités ont honoré de leur présence la cérémonie de dédicace

Il retient de Me Pacéré un homme qui l'a façonné et initié à avoir “un troisième œil” pour mieux appréhender les humains, aussi bien les femmes que les hommes. “Et ce troisième œil, il n'est pas donné à n'importe qui de l'avoir. Il faut être en connexion intime, profonde avec celui que vous avez en face pour pouvoir avoir ce troisième œil qui vous permet un troisième degré de lecture de l'homme. Et c'est ainsi que vous arrivez à appréhender l'homme dans toute sa dimension. J'ai également hérité de Me Pacéré sa sagesse, une sagesse qui ne peut pas être héritée ni transférée », a-t-il fait savoir. Brillant avocat, premier bâtonnier du Burkina Faso, poète, homme de culture, chef coutumier, sociologue, Me Pacéré aura marqué l'Afrique toute entière durant son existence. Et pour Sita Tarbagdo, son témoignage de vie mérite d'être transmis à la jeune génération afin qu'elle puisse s'en inspirer.

Dr Tibiri, préfacier de l'œuvre, indique que l'auteur a sauvé de l'oubli l'héritage de Me Pacéré

Pour le préfacier de l'œuvre, Dr Tibiri, Sita Tarbagdo a sauvé de l'oubli un héritage intellectuel, culturel, juridique et spirituel destiné aux générations présentes et futures. “Amadou Hampaté Ba disait qu'en Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle. Aujourd'hui, grâce au patient travail de Sita Tarbagdo, cette bibliothèque n'a pas brûlé. Elle a été ouverte. Elle a été classée. Elle a été confiée à la postérité. Le lecteur découvre alors un homme profondément enraciné dans Manéga, convaincu que la sauvegarde des traditions constitue une condition essentielle de la dignité du peuple. Les récits consacrés à l'histoire ancienne de Manéga, aux rites, aux lignées et aux objets patrimoniaux traduisent cette volonté de faire de la mémoire culturelle un véritable objet de reconnaissance et de connaissance », a-t-il affirmé. Il est convaincu que Me Pacéré est de cette grande tradition des intellectuels africains qui n'ont jamais opposé les valeurs modernes aux valeurs endogènes et pour qui l'avenir appartient à celui qui saura conjuguer la connaissance de la culture africaine avec celle de l'école moderne.

Le bâtonnier, Me Batibié Benao, s'est réjoui de la publication de cet ouvrage

Le bâtonnier Me Batibié Benao s'est réjoui de la publication de cet ouvrage, car, dit-il, il n'est pas courant que l'on écrive sur la vie des avocats. « L'œuvre de Sita Tarbagdo parle beaucoup de Me Pacéré en tant qu'avocat, de ses combats en tant qu'avocat, il lui a même ouvert certaines archives de son cabinet par rapport à certaines affaires sensibles et de ce point de vue nous pensons que cet ouvrage est une torche qui va illuminer l'avenir pour les plus jeunes générations. »

La maison d'édition, Les éditions IKS, a remis une attestation de distinction à l'auteur pour la qualité de son ouvrage, qualifié de magistral.

La cérémonie de dédicace a été marquée par des témoignages de diverses personnalités ayant connu et côtoyé Me Pacéré. La maison d'édition, Les éditions IKS, a remis une attestation de distinction à l'auteur pour la qualité de son ouvrage, qualifié de magistral. L'œuvre est disponible dans les différentes librairies au prix de 30 000 FCFA.

Auteur de plusieurs œuvres déjà, Sita Tarbagdo ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Il a annoncé la parution prochaine d'un livre intitulé “IB, le cauchemar de l'Occident”.

Armelle Ouédraogo/Anita Zongo
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CAN féminine 2026 : le Burkina Faso débute par une défaite 4-1 contre la Côte d'Ivoire

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:10

Les Étalons dames se sont inclinées, ce lundi 27 juillet 2026, lors de leur entrée en lice à la CAN féminine 2026. Opposées à la Côte d'Ivoire, les Burkinabè ont concédé une lourde défaite sur le score de 4 buts à 1.

Pour leur premier match dans la compétition, les joueuses de Pascal Sawadogo ne sont pas parvenues à rivaliser avec leurs adversaires ivoiriennes. Elles ont débuté difficilement le match, laissant les ivoiriennes prendre trois buts d'avance à la mi-temps.

Réduites à dix en seconde période, les Étalons dames se sont finalement inclinées sur le score de 4 buts à 1 au coup de sifflet final.

Pour leur deuxième sortie dans le groupe B, les Étalons dames affronteront la Tanzanie le 31 juillet 2026.

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Categories: Afrique

Elle a quitté sa carrière dans la banque pour ouvrir une librairie spécialisée dans la BD

RFI (Europe) - Tue, 28/07/2026 - 01:05
Après avoir fait carrière pendant 15 ans dans une banque en France, Céline Antelme a décidé de venir s'installer sur les bords du lac Léman pour ouvrir une librairie, il y a deux ans et demi. C'est sa fille, née en présentant un handicap, qui l'a incitée à changer de vie. Dominique Choffat de la RTS (radio-télévision suisse) nous emmène dans son antre, sa librairie L'Inopinée.
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Rentrée 2026-2027 du Lions Clubs International District 403 A3 : Arouna Nikiema investi gouverneur sous le signe de l'audace et du service

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:05

Le Lions Clubs International District 403 A3 a officiellement lancé son année d'activités 2026-2027, le samedi 25 juillet 2026, à l'occasion de la cérémonie de rentrée des Lions couplée à l'investiture de son nouveau gouverneur, Arouna Nikiema. Placée sous le thème « Osons l'impossible par une croissance inclusive et un service de qualité », cette cérémonie a réuni autorités administratives, membres du Lions Clubs, partenaires et invités autour d'un engagement renouvelé en faveur du service humanitaire et du développement communautaire.

La cérémonie de rentrée des Lions du District 403 A3 a marqué le début d'une nouvelle année de gouvernance pour l'organisation. Point d'orgue de cette rencontre, l'investiture officielle d'Arouna Nikiema à la tête du district, en présence de plusieurs personnalités, dont le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l'extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré, patron de la cérémonie, ainsi que de Lassine Diawara, parrain de l'événement.

Dans une ambiance empreinte de solennité et de fraternité, ils ont salué les valeurs de solidarité, d'engagement et de leadership qui fondent l'action du Lions Clubs International.

Fraîchement investi, le gouverneur Arouna Nikiema a indiqué inscrire son mandat dans la continuité des acquis tout en mettant un accent particulier sur l'amélioration de la qualité du service rendu aux communautés.

Le nouveau gouverneur du District 403 A3, Arouna Nikiema, a été officiellement investi pour l'année lyonique 2026-2027.

« Nous n'allons pas venir changer complètement les choses. Nous allons faire ce que nous avions prévu de faire, tout en cherchant à améliorer nos actions afin que les œuvres que nous mènerons soient structurantes et pérennes », a-t-il déclaré.

Le nouveau gouverneur a présenté les grandes priorités de son mandat. Il s'agit notamment de la protection de l'environnement à travers des campagnes de reboisement, de la promotion de la salubrité, de la lutte contre le diabète, qualifié de « tueur silencieux », ainsi que de la prévention contre le paludisme, principale cause de morbidité et de mortalité dans le pays.

À ces axes s'ajoutent deux causes locales portées par le district, notamment la sécurité routière et l'alphabétisation.

Arouna Nikiema s'est également réjoui de pouvoir s'appuyer sur les fondations solides laissées par ses prédécesseurs.

« Nous avons la chance d'avoir un leadership local qui a posé des bases très solides. Nous allons nous appuyer sur ces acquis pour faire rayonner davantage notre district », a-t-il assuré, tout en saluant la forte mobilisation des Lions venus accompagner cette rentrée.

Parrain de la cérémonie, Lassine Diawara a livré un discours empreint de sagesse, invitant les Lions à rester fidèles à leur vocation première : servir.

Pour lui, cette rentrée ne constitue pas seulement un changement de gouvernance, mais le renouvellement d'un engagement collectif au service des communautés.

Revenant sur le thème de l'année, il a expliqué que « oser l'impossible » ne consiste pas à accomplir des miracles, mais à croire qu'il est toujours possible de faire mieux.

Selon lui, c'est en osant créer de nouveaux clubs, en développant des projets innovants, en favorisant la participation des femmes et des jeunes et en modernisant l'organisation que le Lions Clubs International a su grandir au fil des décennies.

Lassine Diawara, parrain de la cérémonie, a invité les Lions à « oser l'impossible » à travers des actions de qualité et porteuses d'impact.

Il a ainsi invité les membres du district à poursuivre cette dynamique en privilégiant une croissance inclusive et un service de qualité.

Pour Lassine Diawara, les communautés attendent désormais davantage des organisations de service.
« Nous ne pouvons plus seulement faire ; nous devons faire bien, faire mieux, mesurer nos résultats et garantir la transparence. La qualité est devenue une responsabilité morale envers ceux que nous servons », a-t-il insisté.

Karamoko Jean Marie Traoré, patron de la cérémonie, a salué l'engagement des Lions au service des communautés.

S'adressant particulièrement au nouveau gouverneur, il l'a exhorté à demeurer proche des clubs, rappelant que « le véritable leadership consiste moins à être devant les autres qu'à être capable d'aller plus loin que ce que l'on aurait imaginé ».

Il a enfin invité l'ensemble des Lions à préserver leur unité afin que leurs différences deviennent une richesse plutôt qu'un obstacle.

Patron de la cérémonie, le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a salué la pertinence du thème retenu pour cette nouvelle année.

À ses yeux, les notions d'impossible, de croissance inclusive et de qualité du service constituent des leviers essentiels pour bâtir des sociétés plus solidaires.

« Tant qu'il y aura des femmes et des hommes qui croiront à l'impossible, nous pourrons toujours garder l'espoir », a-t-il affirmé.

Le chef de la diplomatie burkinabè a particulièrement insisté sur la notion d'inclusion, qu'il considère comme un principe fondamental permettant de rapprocher les communautés plutôt que de les diviser.

Une forte mobilisation des Lions et Lionnes a caractérisé cette rentrée placée sous le thème : « Osons l'impossible par une croissance inclusive et un service de qualité ».

Selon lui, les frontières doivent être perçues comme des espaces de rencontre, de dialogue et de coopération.

S'adressant au nouveau gouverneur, le ministre lui a adressé ses félicitations et formulé des vœux de succès pour son mandat.

Il s'est dit convaincu que son parcours professionnel et les conseils reçus de ses aînés lui permettront de conduire avec efficacité les projets du district.

« Je souhaite que ce mandat soit identifié à la lumière de résultats concrets, visibles au sein des communautés et dans la vie des personnes que vous accompagnerez », a-t-il déclaré.

Karamoko Jean Marie Traoré a également lancé un appel à l'ensemble des Lions à poursuivre leur mission au service de la société.

« Continuez d'être des bâtisseurs d'espérance, des artisans de paix et des ambassadeurs de solidarité. La grandeur d'une nation se mesure aussi à la capacité de ses citoyens à servir les autres sans rien attendre en retour », a-t-il conclu.

Le nouveau gouverneur a présenté les principales priorités de son mandat, notamment la protection de l'environnement, la lutte contre le diabète, le paludisme, la sécurité routière et l'alphabétisation.

À travers cette rentrée, le District 403 A3 entend renforcer son impact auprès des populations en misant sur des actions durables, inclusives et mesurables.

Sous la conduite d'Arouna Nikiema, les Lions du district ambitionnent de poursuivre leurs interventions dans les domaines de la santé, de l'environnement, de l'éducation, de la sécurité routière et de la lutte contre le paludisme, avec la volonté affirmée de répondre efficacement aux besoins des communautés.

Cette nouvelle année lyonique s'ouvre ainsi sous le signe de l'audace, de l'innovation et du service, avec l'ambition de transformer les défis en opportunités au bénéfice des populations.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Sénégal : Avec Kiiraay, Bassirou Diomaye Faye ouvre un nouveau chapitre politique

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 28/07/2026 - 01:00

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a franchi une nouvelle étape dans la structuration de son projet politique avec la création de son propre parti dénommé Kiiraay (bouclier en Français). L'annonce a été faite via sa page Facebook ce dimanche 26 juillet 2026. Cette initiative intervient plusieurs mois après son accession à la magistrature suprême. Il s'inscrit par ailleurs dans un contexte politique, marqué par des dissensions avec son ex compagnon et Premier ministre, Ousmane Sonko.

La naissance de cette nouvelle formation politique traduit la volonté du chef de l'État de disposer d'un cadre organisationnel clairement identifié pour porter son action et accompagner les réformes qu'il entend mettre en œuvre. Elle intervient également alors que les rapports entre les différentes composantes de la majorité présidentielle continuent d'alimenter les débats sur l'avenir de la coalition au pouvoir.

En effet, depuis son élection en mars 2024, Bassirou Diomaye Faye s'est engagé à promouvoir une gouvernance fondée sur la transparence, la reddition des comptes, la souveraineté économique et la lutte contre la corruption, la lutte pour la souveraineté. Ces engagements, largement défendus durant la campagne présidentielle, constituent les principaux axes de son programme de gouvernement.

Cependant, ces derniers mois, le chef de l'État a maille à partir avec son ex compagnon, Ousmane Sonko. Ce dernier, lors des sorties médiatiques qui ont suivi son remplacement à la tête de la Primature, n'a pas manqué de signaler que Diomaye Faye s'était détourné des objectifs qu'ils s'étaient fixés, avant son accession au pouvoir. Depuis lors, les deux amis s'observent en chiens de faïence.

En outre, la création de cette formation politique intervient dans un contexte où les attentes des Sénégalais demeurent importantes sur les questions de pouvoir d'achat, d'emploi des jeunes, de coût de la vie, de réforme des institutions et de gestion des ressources naturelles. Pour de nombreux citoyens, les défis économiques et sociaux restent la priorité, au-delà des considérations partisanes qui ont éprouvé le système de ce pays, longtemps apprécié pour la démocratie qui y règne.

De son côté, Kiiraay nourrit l'ambition de construire une organisation politique moderne, fondée sur des valeurs de patriotisme, de justice sociale et de bonne gouvernance. "Ce parti est né pour servir la République, la maison qui abrite tous les citoyens, et il est ouvert à tous les républicains", a écrit le président Sénégalais à ce propos. Face à toutes ces considérations et au climat politique qui règne au Sénégal, Diomaye Faye arrivera-t-il a porter haut les ambitions des citoyens ? Les jours à venir nous le diront.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

Categories: Afrique

Turquie: obtenir un visa Schengen pour voyager en Europe est devenu au parcours du combattant

RFI (Europe) - Tue, 28/07/2026 - 00:55
Pour la plupart des Européens, voyager en Turquie ne nécessite aucun visa. Pour les Turcs, en revanche, il est devenu très compliqué d'obtenir le précieux sésame pour l'espace Schengen. Près de 1,3 million d'entre eux ont fait une demande en 2025. Délais interminables, rendez-vous introuvables, demandes en hausse et refus de plus en plus fréquents : la « crise des visas », comme la qualifie la presse turque, nourrit un sentiment de frustration. 
Categories: Union européenne

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