LES RÉSULTATS LOTO FORTUNE DE 18 HEURES
Tirage N°127/26 du Lundi 10 août 2026 (18H)
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Geography of the Makkah Defence Agreement, illustrating the strategic triangle formed by the capitals of the three signatory states—Ankara, Türkiye, Riyadh, Saudi Arabia, and Islamabad, Pakistan. Credit: Maximilian Malawista
By Maximilian Malawista
UNITED NATIONS, Aug 11 2026 (IPS)
In Makkah, the Kingdom of Saudi Arabia, the Republic Türkiye, and the Islamic Republic of Pakistan agreed to the framework for a joint defence agreement where an attack on any of the three states shall be regarded as an attack against them all.
The agreement, signed on August 7, comes as Saudi Arabia is regularly attacked by Iranian strikes or proxies. Under the agreement, such attacks could fall within the pact’s collective defence provisions.
The Saudi Press Agency says “The agreement is intended to strengthen collective deterrence against any act of aggression, and stipulates that any armed attack against any one of the three states shall be regarded as an attack against them all. It further provides for the enhancement of all aspects of defense cooperation among the three states.”
Strategically, Saudi Arabia, Türkiye, and Pakistan form a triangle axis around Iran, with Türkiye and Pakistan both sharing land borders with Iran. This geographic positioning means any regional conflict involving Iran could potentially involve pressure from multiple directions, increasing the agreement’s deterrent value.
Iran, however, has played down concerns over the agreement. Iran’s Foreign Ministry spokesman Esmaeil Baghaei said Monday that Tehran sees no reason to be concerned, describing the pact as part of a broader shift toward greater regional self-reliance in security matters.
In the Strait of Hormuz, a framework is reportedly in its final stages to be signed as Iranian and Omani delegations finalize a proposed “temporary” commercial shipping agreement, aiming to allow traffic to resume flowing through the Strait.
“This understanding does not signify a full reopening of the Strait of Hormuz; rather, it represents a new model—distinct from the practice of the past sixty years—under which a significant portion of the shipping route will pass through Iran’s territorial waters,” said Kazem Gharibabadi, Deputy Foreign Minister for Legal and International Affairs of Iran.
The geographic location of the proposed shipping route has been agreed upon, meaning a significant portion of commercial shipping would pass through Iranian territorial waters under the new framework.
Gharibabadi also mentioned that whether Iran would collect transit fees from vessels passing through the Strait would depend on decisions by the country’s highest authorities and on the United States’ conduct.
Baghaei has said the talks with Oman are focused on establishing a route for safe passage of shipping, but stressed that such an agreement would be a necessary, rather than sufficient, condition for reopening the Strait. The talks between Iran and Oman have been ongoing for two months, while Pakistan and Qatar are continuing efforts to reduce tensions, according to Iranian state media.
As long as the U.S. naval blockade of Iran remains in place, and what Tehran describes as U.S. military aggression continues, Baghaei said, there would be no significant change in the status of the Strait.
If implemented, the agreement could represent one of the most significant changes to commercial navigation through the Strait of Hormuz in decades, shifting portions of international shipping into Iranian shipping lanes/territorial waters, potentially giving Tehran greater influence over one of the world’s busiest energy chokepoints.
These two developments together illustrate the competing dynamics unfolding in the Gulf. While Saudi Arabia, Türkiye, and Pakistan are strengthening collective military deterrence, Iran is simultaneously attempting to reshape how global shipping and navigation occurs through the Strait of Hormuz, one of the world’s most strategically important maritime corridors.
IPS UN Bureau Report
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Les routes secondaires de la ville de Kindu se trouvent dans un état de dégradation avancée, rendant les déplacements difficiles aussi bien en saison des pluies qu'en saison sèche. Face à cette situation, les usagers appellent les autorités compétentes à aménager ces voies à l'aide d'une niveleuse, comme cela se fait déjà sur plusieurs routes grâce aux fonds issus de la taxe conventionnelle.
Revue de presse du mardi 11 août 2026
L'actualité nationale est marquée notamment par le débat autour du projet de référendum constitutionnel. Le sujet fait la Une de plusieurs journaux, parus ce mardi 11 août 2026, à la suite d’une prise de position collective d'organisations de la société civile.
La République démocratique du Congo (RDC) et ses partenaires poursuivent leur lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola, qui reste active dans plusieurs provinces du pays. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Africa CDC appellent à un renforcement urgent des interventions. Dans le même temps, de nouvelles avancées scientifiques nourrissent l’espoir de disposer prochainement d’un vaccin efficace contre la souche Bundibugyo à l’origine de l’épidémie actuelle.
Le ministre de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, Serge Poda, a animé, ce lundi 10 août 2026 à Ouagadougou, une conférence de presse sur les mesures de lutte contre la hausse des prix des produits de grande consommation. Pour l'occasion, le ministre a appelé, d'une part les opérateurs économiques au strict respect de la règlementation en vigueur et à l'abandon des pratiques spéculatives et, d'autre part les consommateurs à jouer un rôle de veille et à ne surtout pas être complices des pratiques malveillantes.
La disponibilité des produits de grande consommation et la stabilité des prix constituent, rassure le ministre, l'une des priorités de l'action gouvernementale, en raison de leur impact direct sur le pouvoir d'achat des populations. « À ce titre, plusieurs mesures ont été prises et des actions menées par le gouvernement à travers le renforcement du dispositif juridique de régulation des prix, l'intensification des contrôles économiques, la surveillance accrue des circuits de distribution, la réglementation des prix de plusieurs produits de grande consommation ainsi que l'amélioration de la coordination entre les différentes structures de contrôle », présente Serge Poda, relevant qu'en dépit des efforts consentis par le gouvernement, il s'observe « avec regret », la persistance de tensions sur certains marchés.
« Des phénomènes de spéculation, de rétention de stocks et de hausse injustifiée des prix continuent d'être signalés, notamment pour les huiles alimentaires, le ciment, les motocycles, le savon, les œufs, le poisson et la viande de bœuf », cite le ministre de l'industrie, du commerce et de l'artisanat.
Selon le conférencier, la surveillance périodique du marché révèle des prix supérieurs aux prix plafonds fixés par la réglementation. À titre illustratif, le ministre indique qu'au mois de juillet 2026, les hausses allant jusqu'à 18,33 % pour le sucre SOSUCO granulé, 16, 67% pour les œufs et plus de 16% pour le savon ont été constatées. « Pour les produits dont les prix ne sont pas fixés par voie réglementaire, comme la viande de bœuf et le poisson, ils ont également connu une tendance haussière, dépassant parfois 20% d'augmentation annuelle pour le cas du poisson chinchard. Ces variations s'expliquent non seulement par des facteurs externes, mais aussi par des facteurs internes. Concernant le poisson, il faut noter que la hausse des prix découle de la réduction de l'offre mondiale, de la forte consommation et des pratiques spéculatives des acteurs sur le marché du poisson. En ce qui concerne les motocycles, même avec la tendance baissière des prix en raison de l'amélioration de l'offre et des actions de contrôle, il faut noter que des motocycles restent toujours inaccessibles pour le citoyen lambda, au regard des pratiques spéculatives des acteurs. S'agissant du ciment, il est constaté une baisse de l'offre liée à des difficultés d'approvisionnement en clinker et à une forte demande de la population. À ces éléments explicatifs s'ajoutent les pratiques spéculatives de certains acteurs véreux profitant de cette situation. Quant à la viande de bœuf, la hausse du prix constatée ces trois dernières années résulte d'une faiblesse de l'offre nationale en bétail », détaille le ministre Poda.
Face à cette situation, dit le conférencier, le gouvernement a pris de nombreuses actions. Il s'agit de la déclaration des lieux de stockage rendue obligatoire pour éviter les pratiques clandestines à des fins de spéculation ; de l'intensification du contrôle des prix, des stocks et des lieux de stockage des produits de grande consommation ; de la suspension temporaire de l'exportation de certains produits comme le riz, le niébé, les céréales et le bétail sur pied ; de la conduite de l'opération spéciale de vente de certains produits de grande consommation à l'occasion du jeûne musulman, du carême chrétien et de ventes promotionnelles par la société d'État « Faso Yaar ». À ces actions s'ajoutent la réduction des délais de validité des autorisations spéciales d'importation de douze mois à six mois pour éviter les comportements opportunistes des importateurs ; la suspension de l'exportation de certaines matières premières afin de permettre aux unités industrielles de disposer de la matière première ; le renforcement du suivi de la production et des circuits de distribution du ciment pour rendre disponible le produit et lutter contre la spéculation.
La fixation des prix de vente de certains produits de grande consommation tels que le riz, les huiles alimentaires, le ciment, le poisson de production locale ; le renforcement de la régulation du secteur des cycles, motocycles et cyclomoteurs par l'instauration de l'agrément pour la fabrication/le montage, l'importation et la distribution des motocycles et leur soumission à autorisation spéciale d'importation pour mieux organiser le secteur et réguler le marché ; la nationalisation de la SOSUCO et la SN-CITEC ; le renforcement du dialogue entre les acteurs économiques et la partie gouvernementale ; l'information et la sensibilisation des commerçants et des consommateurs dans les différentes régions du pays sont autant d'actions entreprises par le gouvernement.
Des actions que l'autorité entend intensifier à travers des contrôles et des circuits de distribution ; l'assainissement des circuits de distribution par la réduction des intervenants de la chaîne de distribution ; le renforcement du maillage territorial au niveau des grands centres, des régions et des provinces en matière de contrôle. Il y a également l'amélioration de l'offre nationale grâce au développement de la production agricole et industrielle ; le renforcement des sanctions à l'encontre des contrevenants (fermetures des lieux de vente en apposant la mention ‘'fermé pour non-respect de la règlementation'', retrait de titre ou d'autorisation d'exercer) ; la réquisition des contrevenants pour la réalisation des travaux d'intérêt commun.
Le gouvernement prévoit, en outre, la commercialisation de certains produits à travers les points de vente des structures étatiques comme « Faso Yaar » et la SONAGESS en cas de persistance des perspectives ; la reconnaissance des acteurs exemplaires et patriotes dans leurs secteurs d'activité ; le renforcement de la collaboration avec les organisations de défense des droits des consommateurs ; la modernisation des outils de suivi des marchés et des contrôles par la digitalisation ; la possibilité de l'intervention de l'État dans la distribution de certains produits stratégiques.
Le gouvernement réitère l'appel aux acteurs économiques à faire preuve de responsabilité dans l'exercice de leurs activités, au strict respect de la règlementation en vigueur et à l'abandon des pratiques spéculatives.
« L'inflation a amorcé une tendance baissière, sinon, elle a stagné… »
Le gouvernement exhorte également les consommateurs à jouer un rôle de veille en ne se faisant pas complices des pratiques malveillantes. « Si vous êtes un consommateur, vous savez très bien qu'un prix est fixé, que nous travaillons toujours à lutter contre ceux qui fixent les prix de façon exagérée, et vous acceptez d'aller en connivence avec le commerçant, s'il vous donne une facture où il met le prix réglementé et derrière, vous acceptez de payer un prix supérieur, vous voulez qu'on fasse quoi ? Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ! Au contraire, vous devez non seulement refuser de payer à ce prix, ensuite collecter l'information et immédiatement la reporter avec tous les éléments, pour qu'à l'instant T, nous puissions faire une descente là-bas. Ou bien que nous passions par des consommateurs aussi, que nous-mêmes allons commissionner, pour aller faire le test et prendre ces commerçants véreux, la main dans le sac et les mater ! », réagit le ministre à une question posée sur fond de cas d'illustration.
Pour Serge Poda, il ne sert à rien de jouer le jeu malveillant avec le commerçant, pour ensuite entrer chez soi et appeler les émissions interactives pour se plaindre. Tant que des consommateurs continueront à entretenir cette situation, avise le ministre, il y aura toujours des opérateurs malveillants qui vont s'y adonner « parce que la situation devient normale, elle n'est plus anormale ».
« Il faut qu'à un certain niveau, il y ait un acteur qui dise ‘'non'', pour permettre aux actions du gouvernement qui sont engagées de pouvoir avoir des effets », interpelle-t-il.
Commentant subséquemment, le ministre explique qu'« en toute honnêteté, la tendance générale des prix des produits de grande consommation est baissière ».
« Quand vous prenez les statistiques au niveau du ministère de l'Industrie et du commerce, les statistiques sur l'inflation au niveau de l'INSD (Institut national de la statistique et de la démographie), et même les statistiques au niveau de la BCEAO, l'inflation a amorcé une tendance baissière, sinon, elle a stagné. Ce qu'il faut noter aussi, c'est que dans la durée, dans le temps, les prix des produits ne peuvent pas être statiques ; ils peuvent baisser, augmenter, en fonction de la situation internationale… », a-t-il démontré.
Sur une préoccupation relative à la hausse du prix du gasoil, intervenue il y a quelques heures, le patron du département de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, tout en reprenant en compte les motifs donnés par le président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures, rassure : « Nous ne souhaitons pas, et nous ne tolérerons pas, qu'un acteur s'adonne unilatéralement à une répercussion démesurée des prix de certaines prestations, du fait de l'augmentation légère du prix du gasoil. Sinon, il entrera dans le statut de ces opérateurs véreux qui s'adonnent à des spéculations inexpliquées, et donc, nous verrons pour pouvoir mater cela avec toute la rigueur ».
O.L. et Elysée Nikiéma
Lefaso.net
Invisible mais omniprésente, la pollution atmosphérique représente aujourd'hui un défi majeur de santé publique. Dans le cadre du Programme de formation en épidémiologie de terrain (FETP), le lieutenant-colonel Idrissa Ouédraogo, inspecteur des eaux et forêts et expert en faune, a consacré ses recherches à l'évolution des concentrations des matières aérodynamiques PM2,5 et PM10 dans l'air à Ouagadougou. Son étude, menée à partir des données du système national de surveillance de la qualité de l'air, met en évidence des niveaux de pollution largement supérieurs aux recommandations nationales et à celles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans cet entretien accordé à Lefaso.net, il revient sur les principaux enseignements de ses travaux, leurs implications pour la santé publique et les actions à envisager pour améliorer la qualité de l'air que respirent les Ouagalais. Le lieutenant-colonel Idrissa Ouédraogo est inspecteur des eaux et forêts, expert en faune et chef de service des aménagements des aires de protection faunique à la Direction générale des eaux et forêts. Désormais certifié épidémiologiste de terrain de niveau intermédiaire, il œuvre également au renforcement de la surveillance des maladies à l'interface entre la santé humaine, animale et environnementale, conformément à l'approche « Une seule santé ».
Lefaso .net : Vous faites partie de la cohorte 2026 du Programme de formation en épidémiologie de terrain (FETP). Que représente cette formation dans votre parcours ?
Lieutenant-colonel Idrissa Ouédraogo : Avant d'intégrer la formation de niveau intermédiaire, j'intervenais déjà dans le Programme de formation en épidémiologie de terrain (FETP) en tant que mentor au niveau de la base. Cette expérience m'a permis de mesurer toute l'importance de ce programme dans le renforcement de la surveillance des maladies et de la réponse aux urgences sanitaires.
Dans le domaine de la faune, nous sommes de plus en plus confrontés à des maladies émergentes, dont plusieurs trouvent leur origine dans les interactions entre les animaux, l'environnement et l'homme. Il nous est donc apparu indispensable de renforcer nos compétences en épidémiologie afin de mieux contribuer à la mise en place d'un système efficace de surveillance des maladies au niveau de la faune. Lorsque cette opportunité de formation s'est présentée, je n'ai pas hésité à la saisir. Aujourd'hui, je suis convaincu qu'elle constitue un véritable atout pour améliorer la détection précoce des maladies animales et renforcer les mécanismes de prévention dans une approche intégrée de la santé.
Le lieutenant-colonel Idrissa Ouédraogo est inspecteur des eaux et forêts, expert en faune et chef de service des aménagements des aires de protection faunique à la Direction générale des eaux et forêts.Pourquoi avoir choisi de travailler sur la pollution de l'air à Ouagadougou ?
Au départ, ce choix n'était pas arrêté. Dans le cadre de la formation, chaque participant devait identifier une problématique de santé publique à partir de données de surveillance disponibles, puis élaborer un protocole de recherche. En explorant différentes thématiques, nous nous sommes rapidement rendu compte que la pollution de l'air constituait un enjeu majeur de santé publique, mais qu'elle restait encore peu étudiée à partir des données nationales. Nous avons alors échangé avec le directeur du Laboratoire d'analyse de la qualité de l'environnement (LAQE), qui nous a indiqué que des données de surveillance existaient déjà et pouvaient être exploitées afin d'analyser l'évolution de la qualité de l'air à Ouagadougou.
C'est ainsi que nous avons orienté notre étude vers l'analyse de ces données, en nous intéressant plus particulièrement aux particules fines PM2,5 et PM10. Au regard de la littérature scientifique, ces particules sont reconnues comme étant parmi les polluants atmosphériques les plus nocifs pour la santé humaine. Elles sont associées à de nombreuses maladies respiratoires, cardiovasculaires et à d'autres affections chroniques. Il nous a donc semblé pertinent d'évaluer leur évolution afin de mieux comprendre le niveau d'exposition des populations.
Que sont les particules PM2,5 et PM10 et pourquoi sont-elles dangereuses ?
L'air que nous respirons est constitué d'un mélange de gaz et de particules en suspension. Parmi les gaz, on retrouve notamment le dioxyde de carbone (CO₂), le dioxyde d'azote, le dioxyde de soufre, l'ozone troposphérique ainsi que plusieurs composés organiques volatils. À côté de ces gaz, l'air contient également des particules solides extrêmement fines appelées particules aérodynamiques. Ces particules sont classées selon leur diamètre. Les PM10 correspondent à des particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres, tandis que les PM2,5 sont encore plus petites, avec un diamètre inférieur à 2,5 micromètres.
En raison de leur très faible taille, elles peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires et atteindre les poumons, voire la circulation sanguine. Les nombreuses études scientifiques consultées dans le cadre de notre recherche montrent que ces particules sont impliquées dans plusieurs problèmes de santé, notamment les infections respiratoires, les maladies cardiovasculaires et cardio-respiratoires. Elles aggravent également l'état de santé des personnes souffrant déjà de maladies chroniques. C'est ce qui explique l'attention particulière accordée aujourd'hui aux PM2,5 et aux PM10 dans les politiques de surveillance de la qualité de l'air.
Comment avez-vous procédé pour mesurer la présence de ces particules dans l'air de Ouagadougou ?
Notre étude ne consistait pas à installer nous-mêmes des équipements de mesure. Nous nous sommes appuyés sur les données du système national de surveillance de la qualité de l'air mis en place par la direction du Laboratoire d'analyse de la qualité de l'environnement (LAQE). Ce dispositif repose sur plusieurs équipements spécialisés. Il y a notamment le DustTrak, un appareil portatif qui est installé sur un site précis afin de mesurer, en temps réel, les concentrations des différents polluants présents dans l'air. Le laboratoire expérimente également des capteurs EcoSmart, qui fonctionnent de manière continue.
Ces capteurs enregistrent les concentrations des différents polluants atmosphériques et transmettent automatiquement les données vers une plateforme de stockage, à partir de laquelle elles peuvent être extraites et analysées. Pour notre recherche, nous avons procédé à un échantillonnage raisonné. Les mesures disponibles n'étant pas réalisées de façon continuent sur tous les sites, nous avons retenu uniquement les stations où les données avaient été collectées pendant au moins deux années consécutives. Cette approche nous a permis d'étudier l'évolution des concentrations dans le temps.
Les concentrations moyennes journalières des PM10 à Kossodo et au rond-point de la Patte d'oie de 2023 et 2024 en fonction des seuils nationaux et OMS.Nous avons également choisi des sites présentant des caractéristiques différentes afin de comparer l'influence de plusieurs facteurs environnementaux. Ainsi, le rond-point de la Patte d'oie représentait une zone fortement soumise au trafic routier, Kossodo une zone à forte activité industrielle, tandis que le Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo constituait un site moins directement exposé à ces sources de pollution. Cette diversité nous a permis de mieux apprécier les variations spatiales des concentrations de particules fines.
Les niveaux de pollution observés à Ouagadougou sont-ils préoccupants ?
Oui, les résultats obtenus sont préoccupants. À partir des données recueillies, nous avons réalisé plusieurs représentations graphiques afin d'observer l'évolution des concentrations des particules fines selon les périodes et les différents sites de mesure. Les analyses montrent clairement que les niveaux enregistrés à Ouagadougou dépassent largement les valeurs recommandées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et, dans certains cas, les normes nationales existantes. Pour les PM2,5, l'OMS recommande une concentration journalière ne dépassant pas 15 microgrammes par mètre cube d'air.
Or, au cours de certaines campagnes de mesure, nous avons enregistré des concentrations pouvant atteindre près de 600 microgrammes par mètre cube, soit plusieurs dizaines de fois la valeur recommandée. S'agissant des PM10, la recommandation de l'OMS est fixée à 45 microgrammes par mètre cube, tandis que la réglementation nationale prévoit une limite de 300 microgrammes par mètre cube. Pourtant, certaines mesures effectuées à Ouagadougou ont dépassé 1 000 microgrammes par mètre cube.
Ces résultats montrent que les habitants de la capitale sont régulièrement exposés à des concentrations élevées de particules fines. Il convient toutefois de replacer ces données dans leur contexte. Le Burkina Faso est un pays sahélien fortement influencé par les poussières désertiques provenant du Sahara, notamment pendant certaines périodes de l'année. Cette situation naturelle contribue à augmenter les concentrations de particules dans l'air. Néanmoins, les activités humaines, en particulier le trafic routier, les émissions industrielles et d'autres sources de pollution urbaine, viennent accentuer ce phénomène. C'est l'ensemble de ces facteurs qui explique les niveaux observés dans notre étude.
Quelles catégories de personnes sont les plus exposées ?
Toutes les personnes qui vivent à Ouagadougou respirent cet air et sont donc concernées par cette pollution. Cependant, certaines catégories de la population présentent une vulnérabilité beaucoup plus importante. Les jeunes enfants figurent parmi les plus exposés. Leur organisme est encore en développement et leurs systèmes respiratoire et cardiovasculaire demeurent particulièrement sensibles aux effets des particules fines. Une exposition prolongée peut avoir des conséquences importantes sur leur santé. Les personnes âgées constituent également un groupe à risque.
Avec l'âge, les capacités de l'organisme à faire face aux agressions extérieures diminuent, ce qui augmente la sensibilité aux effets de la pollution atmosphérique. Enfin, les personnes vivant avec des maladies chroniques, notamment les maladies respiratoires ou cardiovasculaires, sont particulièrement vulnérables. Chez elles, l'inhalation de fortes concentrations de particules fines peut aggraver l'évolution de la maladie, provoquer des complications ou entraîner des épisodes aigus nécessitant une prise en charge médicale.
C'est pourquoi la surveillance de la qualité de l'air représente un véritable enjeu de santé publique. Elle permet non seulement d'informer les populations, mais aussi de mieux protéger les personnes les plus fragiles face aux risques liés à la pollution atmosphérique.
Votre recherche fait-elle des recommandations ou propose des solutions pour permettre de réduire cette pollution de l'air ? Au niveau individuel, que peut faire chacun pour participer à réduire cette pollution ?
Il n'existe malheureusement pas de solution miracle pour éliminer la pollution de l'air. L'air est un élément en mouvement permanent ; on ne peut pas l'arrêter pour le dépolluer avant de le remettre en circulation. La meilleure stratégie consiste donc à agir sur les sources de pollution et à modifier nos comportements afin de réduire les émissions de polluants dans l'atmosphère.
Notre étude formule plusieurs recommandations. La première est de renforcer le couvert végétal dans la ville de Ouagadougou. Nous avons constaté que les sites les plus végétalisés présentaient généralement des concentrations de particules fines plus faibles. Les arbres jouent un rôle important en limitant la dispersion des poussières et en améliorant la qualité de l'air.
Nous recommandons également aux autorités de poursuivre les actions visant à réduire les émissions liées au trafic routier, notamment en renforçant le contrôle des véhicules les plus polluants et en encourageant des modes de transport plus durables. Au niveau individuel, chacun peut aussi contribuer à améliorer la qualité de l'air. Nous encourageons les populations à privilégier, lorsque cela est possible, les transports en commun, le covoiturage ou les déplacements non-motorisés afin de limiter le nombre de véhicules en circulation.
Notre étude montre d'ailleurs que le rond-point de la Patte d'Oie enregistre les concentrations les plus élevées parmi les sites étudiés. Cette situation s'explique principalement par l'intensité du trafic routier, mais aussi par le faible couvert végétal dans cette zone. Ces observations confirment l'importance de conjuguer les efforts de végétalisation et de réduction des émissions pour améliorer durablement la qualité de l'air. En définitive, la lutte contre la pollution atmosphérique est une responsabilité collective. Les pouvoirs publics, les collectivités, les entreprises et chaque citoyen ont un rôle à jouer pour préserver un air plus sain.
« Les résultats mettent en évidence une pollution atmosphérique préoccupante, caractérisée par des concentrations élevées, des variations spatio-temporelles marquées et une non-conformité généralisée aux lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé ».Après cette recherche, quelles sont vos perspectives de recherche ou d'actions dans le sens de la pollution de l'air ?
Cette étude constitue une première étape. Elle nous a permis de décrire les niveaux de pollution atmosphérique à Ouagadougou et d'identifier les principaux sites où les concentrations de particules fines sont les plus élevées. La suite logique consiste désormais à mieux mesurer les conséquences sanitaires de cette exposition. Notre principale perspective est d'établir une corrélation entre les concentrations de PM2,5 et PM10 et les données relatives aux maladies respiratoires enregistrées dans les formations sanitaires de Ouagadougou. Les connaissances scientifiques montrent déjà que ces particules fines favorisent les infections respiratoires et aggravent les maladies cardio-respiratoires, en particulier chez les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec des maladies chroniques.
Toutefois, il est important de disposer de données locales afin de mieux quantifier cet impact dans le contexte burkinabè. Nous souhaitons donc approfondir cette recherche en analysant les données sanitaires disponibles afin d'évaluer le lien entre les épisodes de forte pollution atmosphérique et l'évolution des maladies respiratoires dans la capitale. Ces résultats pourraient constituer une base scientifique utile pour orienter les politiques publiques de prévention et de protection de la santé des populations.
Avez-vous un message à adresser aux habitants de la ville de Ouagadougou sur la qualité de l'air qu'ils respirent ?
J'aimerais rappeler que l'air est une ressource vitale. Nous respirons chaque jour sans toujours prêter attention à sa qualité, alors qu'elle influence directement notre santé et notre bien-être. La pollution atmosphérique favorise de nombreuses maladies, notamment les affections respiratoires et cardio-respiratoires. Ses effets sont particulièrement préoccupants chez les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec des maladies chroniques. Il est donc essentiel que chacun prenne conscience de cet enjeu. Au-delà des actions attendues des pouvoirs publics, chaque citoyen peut contribuer à améliorer la qualité de l'air. Planter des arbres, préserver les espaces verts, privilégier les transports en commun lorsque cela est possible et adopter des comportements plus respectueux de l'environnement sont autant de gestes qui participent à réduire les émissions de particules fines.
Je lance donc un appel à tous les habitants de Ouagadougou : faisons de la lutte contre la pollution atmosphérique une responsabilité collective. En agissant ensemble, nous pouvons contribuer à offrir aux générations actuelles et futures un environnement plus sain et un air de meilleure qualité à respirer.
Farida Thiombiano
Lefaso.net