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De l'info. Du reportage. Avec un focus affirmé sur la défense européenne
Updated: 9 hours 12 min ago

La crise en Ukraine : le Viagra de l’Alliance ?

Wed, 24/06/2015 - 07:45

Exercice Noble Jump sur le terrain d’exercice de Zagan en Pologne (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) C’est un peu son élixir à elle ! Pour l’Alliance atlantique, la récente tension avec la Russie n’est pas une bénédiction. Mais pas loin. En tout cas, assurément, c’est un seconde jeunesse. Le drapeau haut levé, les tanks dans la boue, les hommes et femmes grimés dans la poussière, les colonnes de véhicules sur les routes… Enfin ! L’Alliance retrouve sa vertu première : défendre le territoire européen.

Sur le front de l’Est du nouveau

Des armées qui croupissaient à l’Est à ne rien faire se redécouvrent en première ligne. Et les pays orientaux qui n’avaient pas vraiment de visée stratégique se savent désormais un rôle indispensable : être la dernière barrière du « monde civilisé » face à l’ogre russe. Le monde redevient binaire et simple à comprendre : il y a les bons et les méchants, les bleus et les rouges comme les couleurs des exercices ! On joue à se faire peur. Il y a 10.000 hommes, 20.000 hommes, 30.000 peut-être même plus massés aux frontières de l’est de l’Ukraine, prêts à passer la frontière, à aller jusqu’à Kiev et faire la jonction avec les troupes en Transnistrie, voire continuer plus loin. Yallah ! (lire : Stratfor voit le Russe aux portes de Kiev !).

 

On dépoussière

Cette « guerre » molle n’a que des avantages en fait pour les stratèges de l’OTAN. La crise en Ukraine l’oblige à dépoussiérer les vieux concepts, les structures qui rouillaient un peu faute de menaces réelles. On découvre ainsi que la force de réaction rapide (NRF) n’est pas vraiment à réaction rapide et n’est plus vraiment adaptée à la guerre moderne, hybride et de mouvement dans laquelle se sont fondues les troupes russes. La leçon géorgienne de 2008 (où les forces russes n’étaient pas vraiment adaptées) a été tirée à Moscou. L’OTAN s’est fait « surprendre » en Crimée en 2014 et à l’est de l’Ukraine, par la détermination et la rapidité des Russes à dégainer (du moins c’est la version officielle).

L’hémorragie des dépenses stoppée

L’augmentation des tensions sur le front de l’est renverse aussi les tendances économiques qui grapillaient, année après année, des ressources aux budgets de défense. Malgré la crise, l’heure n’est plus totalement aux économies. Dans certains pays, on stabilise les ressources consacrées à la défense. Dans les autres, on les augmente. Partout, on essaie de rendre un peu plus performant le rendement d’un outil. Si certains pays – France et Royaume-Uni – en particulier – ont restructuré et rendu plus performant leur outil de défense malgré une baisse de leur budget, dans la plupart des autres pays, ce travail est à peine entamé. Soit on a diminué à la hache les budgets, sans vraiment réfléchir aux côtés opérationnels, car l’armée n’était pas destinée vraiment à être engagée à l’extérieur (mis à part quelques unités d’élite). La Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, la Suède * n’ont plus que l’ombre d’une armée. Soit on a conservé un volume de dépenses, mais avec beaucoup de graisse. C’est le cas en Allemagne et en Pologne qui ont décidé de faire les réformes qu’a fait la France il y a 20 ans ! Entre les deux, certains pays ont tenté de conserver un outil opérationnel mais sont à « l’os » aujourd’hui en termes opérationnels. La Belgique, l’Espagne, la Finlande, le Portugal, la Grèce…

Se rééquiper une urgence…

Résultat, sous la contrainte de la menace renouvelée russe, on restructure, on se rééquipe … Il est plus que temps ! Le carnet de commandes est de sortie. Il va falloir acheter de nouveaux engins à 4, 6 8 roues tout neufs, des tanks, de l’artillerie, des avions ronflants pour aller faire joujou dans les plaines de Pologne ou de Roumanie.

Sans peur et sans reproches et avec 0 risque

Avec un peu d’audace, on ira titiller le « Ruskof » sur sa frontière, sans trop de risques. Car de façon, le gentil tonton américain veille, comme depuis 70 ans sur sa progéniture européenne toujours incapable de faire un pas sans son ombrelle à 50 étoiles. C’est un peu comme le sale gosse derrière la grille qui vous tire la langue, sachant qu’il y a un gros doberman qui le garde et un grillage qui le sépare.

Car c’est tout l’avantage de cette guerre là. Elle ne présente quasiment aucun risque. Elle permet de faire des belles photos au milieux des exercices. Elle permet toutes les outrances nationalistes devant une opinion publique. Et on peut rentrer tranquillement chez soi le week-end. C’est autrement plus simple et moins risqué que de s’engager au Mali ou en Centrafrique, en Somalie, en Libye ou en Syrie. Ca fait moins de morts (sauf en cas d’accident de la route) et çà fait de meilleures photos.

Merci Poutine ! Les militaires de l’Alliance peuvent donc dire merci… à Poutine. Sans lui et la nouvelle attitude de la Russie d’aujourd’hui, l’Alliance était promis à la désespérance. Le coup de fouet, de viagra a été salutaire.

Conclusion : Attention aux vertiges

Attention cependant car l’abus de la petite pilule bleue peut conduire — comme le précise la notice de Pfizer, le fabricant du Viagra (télécharger ici) – à une « vision trouble, une diminution de l’acuité visuelle, des sensations vertigineuses… et au pire un arrêt cardiaque ». Une notice en quelque sorte très stratégique et peut-être prémonitoire A force d’être concentrée sur sa frontière Est, l’OTAN ne referait-elle pas la guerre du siècle dernier sans voir le danger qui la menace dès demain sur un autre flanc de sa frontière !

(Nicolas Gros-Verheyde)

* pays non membre de l’OTAN mais associé

Un pilier européen de l’Alliance pas très efficace

La réalité est cruelle. Avec 1,5 millions de soldats, l’Europe n’est toujours pas capable d’aligner quelques dizaines de milliers de militaires en réaction rapide, dans un délai de 48 heures ! Et avec un budget global qui frôle la moitié du budget US, les Européens sont incapables de faire plus de 10 ou 15% des missions US. Autrement dit on a une rentabilité de 1/3. On se demande ce qui a été fait depuis ces dizaines d’années au sein des comités « théodule » de l’Alliance !

Le secrétaire général Jens Stoltenberg posant avec des soldats de l’exercice Noble Jump 2015 (crédit : OTAN)

Stratfor voir le Russe aux portes de Kiev !

Tue, 23/06/2015 - 23:53

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(BRUXELLES2) Stratfor, s’est livrée à un petit wargame en mars sur les possibilités d’incursion militaire russe plus pointue en Ukraine. Un grand amalgame d’informations avérées et d’autres qui ressemblent davantage à des rumeurs comme le rappelle elle-même la société privée américaine « d’intelligence » (= renseignement).

Scénario 1. Des incursions limitées et la continuité territoriale du territoire séparatiste

Les premiers scénarios examinés sont les plus limité d’entre eux tous. « Dans ce paradigme, la Russie a mené petites incursions le long de la totalité de sa frontière commune avec l’Ukraine dans le but de menacer divers objectifs clés de la région et, ce faisant, d’étaler la puissance de combat ukrainienne autant que possible. Du point de vue militaire russe, c’est efficient et efficace, mais cela ne permettrait pas de réaliser des objectifs politiques ou de sécurité supplémentaires qui ne soient pas déjà en cours. <p>">Toutefois, une telle démarche serait probablement utilisée en conjonction avec toutes les futures actions militaires de la Russie ou de séparatistes pro-russes. » Une autre option limitée selon les stratèges de Stratfor « est une petite extension de lignes séparatistes actuelles vers le nord, en incorporant le reste des oblasts de Donetsk et de Louhansk pour rendre le territoire plus autonome. <p>">Cette offensive consisterait principalement à l’engagement direct des forces ukrainiennes qui sont concentrées le long de la zone tenue séparatiste. »

Scénario 2 : Le pont vers la Crimée

Une des options « les plus couramment courues entraînerait la Russie à longer la côte sud de l’Ukraine pour relier la Crimée avec des positions séparatistes dans l’est de l’Ukraine ». Dans ce scénario, Strafor « a supposé que les planificateurs conduiraient l’offensive de front assez large pour assurer l’approvisionnement en eau primaire de Crimée, provenant du Dniepr. Cette caractéristique aquatique est importante, car une grande partie de la ligne défensive de la Russie serait attachée à un point défendable dans la région: à savoir, le fleuve Dniepr. Il faudrait alors <p>"> atteindre un pont de terre et sécuriser les lignes d’alimentation en Crimée. En menant une telle offensive, la poussée initiale déplacerait les forces rapidement à travers l’Ukraine vers la ville de Kherson et de Nova Kakhovka sur le fleuve Dniepr, où ils seraient mis en place des positions défensives. <p>">Une des contraintes potentielles pour ce scénario est le fait que les lignes d’approvisionnement devraient être prolongées sur une assez grande distance le long d’un mince, difficile à défendre, bande de terre. »

Le scénario du pont vers la Crimée

<p>">3e scénario : conquête des côtes et jonction avec la Transnistrie

L’autre scénario considéré « implique de saisir toute la côte sud de l’Ukraine pour connecter la Russie et ses forces de sécurité dans la région séparatiste de Transnistrie. La logique serait de paralyser Kiev en le coupant de la mer Noire, assurant ainsi tous les intérêts russes dans cette région dans un arc continu. <p>">Cela nécessiterait une opération de transition compliquée et dangereuse sur une grande rivière, avec un train de la logistique étendue et vulnérables. » Dans ce scénario, « les positions défensives ne peuvent être ancrés sur le fleuve Dniepr. Cela exigerait un plus grand nombre de forces pour tenir le terrain, sans le luxe d’une barrière géographique. <p>">La ville portuaire d’Odessa aurait besoin d’être capturée par la suite, ce qui serait une énorme entaille à l’économie ukrainienne. »

Le scénario des côtes

« Les deux scénarios qui se prolongent le long de la côte possèdent de sérieuses lacunes, laissant la force de la Russie dans des endroits très exposés. Une façade étendue sur un terrain relativement plat, coupée en deux par caractéristiques riveraines, est loin d’être idéale. Il y a des options pour la Russie d’aller au-delà. <p>">Toutefois, cela impliquerait de prendre la moitié sud de l’Est de l’Ukraine dans une tentative globale de commettre moins de puissance de combat. Toutefois, cela laisse encore un flanc russe massivement exposé et supprime le bonus de sécurité que représente le Dniepr. Une partie importante des lignes de défense ne serait pas ancrée sur le fleuve Dniepr. <p>">Au lieu de cela, elle serait étiré le long de l’axe de Kharkiv-Dnepropetrovsk, le contrôle de ces deux villes, ainsi que Zhaporizhia. »

Scenario 4 : La prise de Kiev

Le dernier scénario considéré par Stratfor « pourrait remédier à ces problèmes. En bref, la Russie pourrait saisir tout l’Est de l’Ukraine à la Dniepr, contrôlant tous les principaux points de passage, et en utilisant l’obstacle majeur de la rivière comme la ligne de front défensif. Pourtant, prendre toute cette zone nécessiterait une quantité importante de forces mobiles dans l’Est de l’Ukraine. L’occupation résultante exigerait également une campagne massive de contre-insurrection, y compris des opérations dans les régions de Kiev, ainsi que dans les villes de Kharkiv, de Dniepropetrovsk et d’autres, où pourrait être attendu un haut niveau de résistance. »

Un second satellite pour Copernicus

Tue, 23/06/2015 - 15:52

(B2) Le programme européen d’observation de la Terre (Copernicus) vient de franchir un nouveau pas. Un an après le lancement du premier satellite « Sentinel 1″, un deuxième satellite « Sentinel 2″ a été placé avec succès en orbite à 3h52 CET mardi (23 juin), depuis le Centre spatial européen de Kourou en Guyane française. L’ajout d’un deuxième satellite permettra à Copernicus de « fournir des images de l’évolution de la terre avec un haut niveau de détail et de précision » souligne-t-on à la Commission. Le flux d’informations fourni sera « gratuit et ouvert » et il pourra être utilisé en matière de lutte contre les catastrophes écologiques, d’amélioration de l’utilisation des sols pour l’agriculture et la sylviculture et de réponse aux situations d’urgence.

Le Quezako : un outil idéal pour réviser ou préparer un concours

Tue, 23/06/2015 - 09:53

(B2) Avec aujourd’hui près de 70 fiches consacrées à la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) et à l’Europe politique, le Quezako de B2 est devenu l’outil indispensable pour tout connaitre de la PESC et de la PSDC. Une véritable encyclopédie en ligne pour parfaire vos connaissances, réviser vos examens, vos entretiens, préparer les concours… ou juste pour le plaisir.

Les fiches sont aussi complètes et concrètes que possible, conçues de manière pédagogique et explicative, pour pouvoir être lues et comprises par chacun. Le Quezako s’adresse, en effet, à tous — qu’ils soient directement intéressés par cette politique — étudiants, chercheurs, professeurs, agents de l’Union européenne, candidats aux concours, députés — citoyens engagés ou simplement curieux. Le coût d’accès a donc été calculé au plus juste pour permettre cet accès à tous.

L’accès est prévu pour 2 mois (12 euros) ou 1 an (60 euros). Le renouvellement vous permet d’accéder aux nouvelles éditions (on line), avec les nouvelles fiches ou celles mises à jour, de recevoir des alertes actus.

Pour découvrir le Quezako, c’est ici, pour s’abonner, c’est là

L’opération EUNAVFOR Med est lancée. Les moyens mobilisés (exclusif)

Mon, 22/06/2015 - 19:48

(BRUXELLES2) Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont approuvé, sans surprise, ce lundi 22 juin, le lancement de la nouvelle opération de lutte contre les trafiquants de clandestins au large de la Libye (EUNAVFOR Med). Une opération qui ne vise pas les migrants. « Nos cibles ne sont pas les migrants, mais ceux qui font de l’argent sur leurs vies… et sur leurs morts », a souligné Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne.

Des contributions de neuf pays

Neuf pays, selon B2, vont contribuer directement à l’opération : l’Italie en premier lieu fournira le navire amiral (le Cavour), 1 sous-marin, 3 hélicoptères et 2 drones ; le Royaume-Uni fournira un navire (le HMS Enterprise) et utilisera sa station d’écoute de Cheltenham, la Belgique et la Slovénie fourniront un navire, la Grèce un sous-marin, le Luxembourg, l’Espagne et la France un avion de patrouille maritime, la Finlande une équipe de visite et d’abordage. La France fournira également des produits « bruts » ou « finis » (avec analyse) provenant de ses différents « capteurs ». L’Allemagne hésite encore. On peut remarquer l’absence quasi-totale des pays d’Europe centrale et orientale à l’opération (à l’exception de la Slovénie). Une quinzaine de nationalités seront également présentes au quartier général d’opération de Rome. Tous les détails dans notre édition « Pro » : Qui participera à l’opération EUNAVFOR MED ? Les moyens de la phase 1

(Nicolas Gros-Verheyde)

Comment a-t-on décidé sur EUNAVFOR Med ? Qui finance ? Qui contrôle ? etc.

Sun, 21/06/2015 - 15:30

Avions de patrouille Atlantic en vols de reconnaissance (crédit : Marina Italienne)

(BRUXELLES2) L’opération EUNAVFOR Med comme toute les opérations de l’Union européenne mises en place au titre de la politique de maintien de la paix de l’UE (la PSDC ou politique de sécurité et de défense commune) obéit à des règles précises qu’il est intéressant de rappeler à la veille du lancement de l’opération de lutte contre les trafics de clandestins au large de la Méditerranée (EUNAVFOR Med).

Qui décide d’une opération ?

La prise de décision au niveau européen est toujours assurée au niveau politique par les ministres ou par les ambassadeurs qui ont reçu instruction des capitales. En général, vu la sensibilité du sujet, ces instructions sont « en prise directe » avec l’instance décisionnelle pour les opérations militaires dans leur pays (Défense, Affaires Etrangères, Premier ministre ou chef de gouvernement).

Comment décide-t-on ?

La décision sur une opération militaire est prise à l’unanimité au niveau européen. En général, il n’y a pas de vote. C’est par consensus que la décision est prise. Mais si un Etat membre émet une réserve formelle ou s’il s’y oppose, la discussion continue jusqu’à obtenir un accord. Il est (très) rare de voter sur ce genre de décisions qui impliquent la souveraineté des Etats.

Décide-t-on à 28 ?

Non. Le Danemark a un opt-out en matière militaire. Il ne participe pas à la prise de décision, n’est pas tenu de participer au mécanisme de financement solidaire et ne peut même y être associé de quelque façon que ce soit. Ce qui assez paradoxal. Car son voisin nordique, la Norvège, qui n’est pas membre de l’Union européenne pourra être .

Qui participe à l’opération ?

Une fois la décision prise, les Etats membres sont libres de participer concrètement à l’opération, ou non. Ils décident, souverainement, d’envoyer les moyens disponibles – ou de les retirer – le cas échéant, sur simple décision d’opportunité. D’où des conférences de générations de force pour fournir les moyens nécessaires. La difficulté dans ce type d’opérations est de trouver parmi ce que proposent tous les Etats membres, tous les éléments nécessaires et complémentaires à la mise en place de l’opération. Cela ressemble un peu à un rubiscube quand il s’agit de mettre en face des moyens nécessaires, ceux proposés par les Etats membres, et surtout de maintenir ces capacités dans le temps. Ainsi inutile d’avoir 7 bateaux quand il en faut simplement 3. Et inutile d’avoir 10 avions tout de suite, là où il vaut mieux en avoir 3 ou 4 en permanence dans les airs durant les 6 mois à venir.

Qui paie ? A combien revient l’opération ?

Chaque État participant supporte le coût des forces et personnels envoyés sur place. C’est le principe dans toutes les opérations militaires de l’UE (comme de l’OTAN). C’est pour cela qu’il est très difficile d’obtenir le coût global d’une opération militaire, hormis les coûts communs, chaque Etat ayant au surplus un mode de calcul différent. Seule une petite partie des coûts de l’opération est assurée en commun. Ce mécanisme dit Athena, prend en général les coûts du dispositif de commandement, certaines dépenses du QG d’opération et de force (logistique, communications …), dans le cadre d’une enveloppe définie par avance. Pour EUNAVFOR Med, c’est 11,82 millions d’euros la première année. Tous les États membres (sauf le Danemark) contribuent à ces coûts communs, selon une clé de répartition fixée en fonction du produit intérieur brut (PiB).

Pourquoi un QG d’opération à Rome et pas à Bruxelles ?

L’Union européenne ne dispose pas, en propre, d’un quartier général pour conduire les opérations militaires. Les Etats membres ont toujours refusé de l’activer (pour cause de veto britannique essentiellement). Les opérations de l’Union européenne sont donc menées à partir d’un quartier général d’opérations, dédié à cela, et activé spécialement pour l’occasion. L’Europe dispose de six quartiers généraux répertoriés : en France (Paris-Mont Valérien), au Royaume-Uni (Londres-Northwood), en Allemagne (Potsdam), en Italie (Rome), en Grèce (Larissa) ainsi que le Shape de l’OTAN (à Mons Belgique). Deux sont actifs aujourd’hui : outre Rome (EUNAVFOR Med), Northwood suit l’opération l’opération anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta. Un vient d’être clos : Larissa qui suivait l’opération EUFOR en RCA (Centrafrique).

Est-ce la première opération navale de l’UE ?

Non. L’Union européenne avait lancé en 2008 une opération de lutte anti-piraterie (EUNAVFOR Atalanta) dans le Golfe d’Aden et au large de la Somalie qui a pris de l’ampleur au fil des années (couvrant quasiment tout l’Océan indien) et a permis (avec toute une série d’autres dispositifs) de réduire quasiment à néant la piraterie. Les Européens avaient également mis en place – sous couvert de l’UEO – une opération navale, pour veiller à l’application de l’embargo sur les armes décidés contre la Yougoslavie.

Est-ce une opération importante ?

Oui effectivement, si on excepte des missions de moindre envergure (de formation EUTM Mali et EUTM Somalia, et l’opération en RCA limitée à Bangui, EUFOR RCA), il y avait, en effet, presque 7 ans que l’Union européenne n’avait pas déclenché une opération militaire de grande envergure (depuis 2008 et la mise en place de l’opération EUFOR au Tchad et RCA avec près de 4000 hommes et la mise en place de l’opération anti-piraterie de l’UE dans l’Océan indien).

Est-ce une opération à risque ? Peut-elle évoluer au fil du temps ?

Cette opération comporte de sérieux risques politiques voire de finir en impasse. Chacun le sait. Il reste des inconnues sur la résolution des Nations-Unies ou l’accord des autorités libyennes. Et le succès n’est pas assuré. Mais c’est le propre d’une opération de gestion de crises. la plupart des opérations européennes de maintien de la paix ont été lancées avec des inconnues et des risques. Le rôle des responsables militaires et politiques est de limiter au maximum ce risque. L’opération évoluera assurément au fil du temps, en fonction des évènements, voire des contraintes politiques ou militaires. Toutes les opérations de l’UE ont ainsi connu des modifications de leur plan d’opération voire de leur mandat.

Le succès est-il assuré ?

De par mon expérience, depuis les années que je suis les opérations de PSDC, les critiques sont souvent nombreuses au début d’une opération européenne. Certaines sont fondées, reposent sur de solides arguments, ou signifient un vrai positionnement politique. Mais d’autres trahissent à peine une certaine mauvaise foi quand elles ne sont pas le signe d’une nette ignorance des réalités. Car qu’il est toujours de bon ton dans certaines capitales ou milieux de prendre l’Europe dans son champ de tir. On a ainsi prédit l’échec en 2008 à l’opération déployée à l’est du Tchad près du Soudan. Un an après ceux même qui avaient critiqué s’étaient tues. Et tout le monde reconnait que cette opération a été utile pour stabiliser le pays (même si elle a favorisé le pouvoir en place). En 2008, également, on a critiqué l’opération maritime anti-piraterie (EUNAVFOR Atalanta) comme infaisable ou faisant doublon avec d’autres opérations. Aujourd’hui celle-ci est vantée comme une success story, même par les Tories Britanniques (qu’on ne peut pas soupçonner d’être euroenthousiastes ;-). Idem pour la mission de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalia) qui comportait peu de risques militaires mais beaucoup de risques politiques. A côté de cela, il y a eu des « vrais » échecs d’opération (EUAVSEC au Sud Soudan, EUBAM en Libye, …). Lire : Une certaine remise en ordre des missions et opérations de la PSDC … comme de l’OTAN ?

(Nicolas Gros-Verheyde)

Pour en savoir plus

Un accord de paix au Mali

Sat, 20/06/2015 - 23:55

(BRUXELLES2) La signature d’un accord de paix au Mali par toutes les parties suscite de l’espoir.

Il y a 2 ans et demi lors de l’offensive des rebelles soutenus par les mouvements « terroristes », on ne donnait pas cher de la stabilité de ce pays. La réplique éclair des Français en a surpris plus d’un. Parfois raillée, à mi-voix, par certains (rares) responsables européens comme l’expression d’un colonialisme mal digéré, elle est aujourd’hui saluée unanimement par tous comme la bonne réaction au bon moment.

Cet accord de paix a donc été salué dans de nombreuses capitales. Du côté de l’Union européenne, on se félicite de cette « nouvelle étape importante du long processus visant à rétablir la confiance mutuelle ». « Cet Accord va contribuer à la restauration de la stabilité et de la sécurité, à l’amélioration des conditions de vie pour la population et ouvrira la voie à la réconciliation nationale » soulignent dans un communiqué commun la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, et le commissaire chargé du Développement, Neven Mimica.

Les Européens saluent « les efforts remarquables des parties signataires pendant les négociations » tout comme l’engagement « de l’Algérie, qui a conduit la médiation ». Maintenant il faut appliquer cet accord dans ses moindres détails. « Toutes les parties doivent maintenant remplir leurs obligations, et en priorité respecter le cessez-le-feu encore fragile que tous les groupes armés se sont eux-mêmes engagés à respecter. Il est tout aussi important que le Gouvernement du Mali joue un rôle moteur dans le processus de réconciliation. La réussite de la mise en œuvre de l’Accord dépendra également des réformes qui seront menées dans les secteurs de la décentralisation, de la justice et de l’enseignement, ainsi que de la lutte contre la corruption et l’impunité.

Mais la communauté internationale doit veiller au grain. « L’Accord de paix contient également des engagements pour les membres de la médiation, y compris pour l’UE, et prévoit l’implication des membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies au sein du Comité de Suivi de l’Accord ». C’est la MINUSMA, lors du renouvellement de son mandat, qui « aura un rôle spécifique et de chef de file dans la mise en œuvre de l’Accord de paix et bénéficiera de tout notre appui ».

L’Europe « est prête à participer activement, en particulier dans le domaine du développement, ainsi que celui de la réforme du secteur de sécurité en mettant à contribution les missions PSDC (*) déjà opérationnelles au Mali » précisent les Européens. Elle « reste prête à mobiliser tous les instruments à sa disposition afin de contribuer au renforcement de la paix et la stabilité pour la population du pays.» Plusieurs domaines ont été jugés prioritaires pour conforter l’accord de paix : 1) consolidation de la paix et réforme de l’état, 2) sécurité alimentaire et développement rural, 3) éducation et 4) infrastructures.

(NGV)

(*) La mission de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) et la mission de renforcement des capacités des forces de sécurité (EUCAP Sahel Mali).

La livraison des A400M reprend. Un 7e appareil livré à la France

Fri, 19/06/2015 - 20:29

L’A400M en démonstration au salon du Bourget (crédit : Airbus Military)

(B2) Après l’accident de Séville, le 9 mai (lire : Crash d’un A400M à Séville), une série de tests ont été faits pour découvrir l’origine du problème.

Apparemment une anomalie du logiciel, mal chargé (ou programmé), commandant les moteurs a été détectée et l’erreur corrigée (lire : La ligne continue ! Premier essai en vol d’un A400M depuis le crash + ci-dessous).

 

Six semaines après l’accident, les livraisons de l’appareil militaire de transport européen ont donc repris. Et le constructeur a confirmé vendredi (19 juin), Airbus Defence and Space être « sur le point de reprendre les livraisons de l’A400M d’Airbus. La veille (18 juin), le régulateur espagnol de l’aviation (la DGAM) avait levé « toutes les restrictions de vol restant sur de nouveaux avions de production ».

Le septième avion pour la France

Aussitôt la Direction générale de l’armement (DGA) a donc pu annoncer « avoir « réceptionné » le septième exemplaire de série de l’avion de transport militaire A400M Atlas destiné à l’armée de l’air ». L’appareil porte le numéro de série MSN19. Et il est amélioré par rapport aux précédents. « En plus des capacités déjà disponibles sur les appareils précédents, le MSN19 dispose d’une première capacité de largage de parachutistes en chute libre par la rampe arrière de l’appareil. »

Le treizième avion pour le constructeur et donc attendus prochainement

Il s’agit du treizième avion de série livré sur les 174 commandés. Six ont déjà été livrés à la France, ainsi que deux à la Turquie, deux au Royaume-Uni, un à l’Allemagne et un premier appareil à l’export (à la Malaisie) en mars 2015.

Le plan de production pour l’année est toujours « en cours d’examen après l’accident » indique-t-on chez l’avionneur. Mais celui-ci « vise toujours la livraison de au moins 13 avions en 2015, et jusqu’à 4 de plus sous réserve des résultats d’essais en vol cet été. Deux avions qui attendaient la livraison au moment de l’accident vont être livrés dans les quelques jours et un certain nombre d’autres devraient suivre dans les prochaines semaines ».

(NGV)

Le message de Airbus le 3 juin, détaillant la panne

« Airbus Defence and Space has sent an Accident Information Transmission (AIT) yesterday evening (2 June) as an update to the Alert Operator Transmission (AOT) of last 19 May to all operators of the A400M. This AIT informs that the DFDR (digital flight data recorder) and CVR (cockpit voice recorder) readouts have been successfully completed and that preliminary analysis has been conducted by CITAAM with representatives from Airbus Defence and Space providing technical advice.

CITAAM confirmed that engines 1, 2 and 3 experienced power frozen after lift-off and did not respond to the crew’s attempts to control the power setting in the normal way, whilst engine 4 responded to throttle demands. When the power levers were set to “flight idle” in an attempt to reduce power, the power reduced but then remained at “flight idle” on the three affected engines for the remainder of the flight despite attempts by the crew to regain power. This statement is consistent with those three engines being affected by the issue addressed with our AOT.

Preliminary analyses have shown that all other aircraft systems performed normally and did not identify any other abnormalities throughout the flight. Accordingly, Airbus Defence and Space does not have any additional specific recommendations beyond those specified in our AOT of May 19th. »

Le dispositif de commandement d’EUNAFOR Med. Un Français à bord…

Fri, 19/06/2015 - 19:10

Le Cavour (crédit : marine italienne)

(BRUXELLES2 – exclusif) Le dispositif de commandement de l’opération européenne en Méditerranée contre les trafiquants d’êtres humains (EUNAVFOR Med) se dessine. Et B2 peut ainsi lever le voile sur ce dispositif qui devrait être annoncé lundi.

Le franco-italien aux commandes

Aux côtés du vice-amiral Enrico Credendino (annoncé en avant-première sur le Club : Le chef d’opération EUNAVFOR Med bientôt nommé. Son nom proposé. Biographie), qui commandera l’opération, on devrait trouver un Français bien connu des lecteurs de B2 : le contre-amiral, Hervé Bléjean. Dernier commandant de la Jeanne (d’Arc), il a commandé la force anti-piraterie de l’UE (EUNAVFOR Atalanta) de décembre 2013 à avril 2014 à bord du TCD Siroco. Il assure aujourd’hui la fonction de l’autorité de coordination des relations internationales pour l’Etat-Major de la marine. Il a été auditeur de la 62e session de l’IHEDN. Il pourrait passer bientôt vice-amiral.

Etat-Major : à Rome

L’Etat-major d’Opération (OHQ) devrait être situé à Rome, sur l’aéroport militaire de Centocelle, et non colocalisé sur la base de Practica di Mare de la Guardia Di Finanza, qui loge l’opération Frontex, ou au MRCC de Rome des Gardes-Côtes, comme on aurait pu le croire un moment. A cela un explication, ou plutôt deux. D’une part, il s’agit de bien distinguer les deux opérations – l’une est civile – avec des moyens militaires – à vocation de sauvetage et secours en mer, l’autre militaire et policière à objectif de lutte contre les trafiquants (même si les interactions entre les deux opérations existeront). D’autre part, l’OHQ « fléché » et agréé pour les opérations européennes est celui de Centocelle.

Commandement tactique italien

Le commandant tactique, de la force déployée en mer et dans les airs reviendra à un Italien. Ce qui confirme nos dernières informations d’un « doublé italien ». Le commandant de la force en mer devrait être selon nos informations, le contre-amiral Andrea Gueglio, qui commande le second groupement naval italien, basé à Tarente. Il devrait officier à bord du porte-aéronefs Cavour (D-550), le navire-amiral de la marine italienne, qui pourrait être le FHQ de l’opération.

Moyens de renseignement

L’opération bénéficiera de moyens apportés par les différents pays en observation, en renseignements et en analyse. Les Français devraient ainsi fournir un avion de patrouille maritime (type Atlantic 2 ou Falcon) ainsi que des « produits finis » de renseignement provenant de différentes sources (aériennes, maritime, sous-marine…). Les Belges devraient profiter de la présence du Godetia sur place pour fournir également du renseignement. Les Luxembourgeois devraient mettre à disposition un appareil Swearingen Merlin IIIC du même type et de la même société (CAE Aviation) que celui mis à disposition d’EUNAVFOR Atalanta (lire : Les avions luxembourgeois. Ils sont de retour…). Etc.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi : EUNAVFOR Med lancée lundi. Une opération grandes oreilles tout d’abord

Tous les articles sur cette opération porte le mot clé EUNAVFOR Med

 

EUNAVFOR Med lancée lundi. Une opération grandes oreilles tout d’abord

Fri, 19/06/2015 - 07:23

Un sous-marin pourrait être utilisé dans l’opération. L’avantage sa discrétion. Cet outil avait été utilisé contre les pirates. Ici le Zee Leuw néerlandais à l’action en 2010 (crédit : marine NL / archives B2)

(BRUXELLES2) Sauf surprise de dernière minute, l’opération européenne de lutte contre les passeurs et trafiquants de clandestins en Méditerranée (EUNAVFOR Med) va être lancée le 22 juin, par les ministres des Affaires étrangères de l’UE, mais uniquement dans sa phase 1 (comme annoncé dans notre édition « Pro » B2 Club, lire : L’opération EUNAVFOR lancée en phase 1 uniquement).

Du renseignement et de l’information

La phase 1 concerne uniquement le renseignement et échanges d’information. Elle ne nécessite donc pas de résolution du Conseil de sécurité des Nations-Unies ni d’invitation du gouvernement libyen. Deux décisions qui n’ont pu être obtenues à temps (ce qui était une gageure très difficile à atteindre). L’arraisonnement en haute mer de navires suspects et encore plus la pénétration dans les eaux territoriales libyennes est donc remis à plus tard. Mais tous les moyens de surveillance, « d’intelligence », d’analyse vont être employés assure-t-on du côté des militaires : des drones aux satellites en passant par les avions de patrouille maritime, voire des Awacs, jusqu’aux sous-marins, aux navires de patrouille équipées de toutes les possibilités d’écoutes (téléphoniques, radars, etc.).

Une décision sans débat

Pour éviter tout débat de dernière minute, au plan politique, l’accord va être entériné entre ambassadeurs et au sein du comité militaire. Il reste encore un certain nombre de détails à résoudre dans les derniers jours. Mais tout devrait être prêt d’ici dimanche. Ce qui permettra alors aux ministres d’entériner le lancement, sans discussion, en « point A » dans le jargon européen, lors de leur réunion à Luxembourg.

Un pari gagné pour Mogherini… et pour Renzi

Quoi qu’il en soit La Haute représentante de l’UE, l’Italienne Federica Mogherini, aura ainsi gagné son pari : lancer une opération navale militaire en Méditerranée pour manifester la solidarité européenne en matière de lutte contre les trafiquants aux côtés de l’opération civile coordonnée par l’agence Frontex qui a un objectif plus clairement affirmé de secours et sauvetage en mer des migrants (lire notamment : Le sauvetage de milliers de migrants par les marines européennes continue). Elle offre à Matteo Renzi, le Premier ministre italien, de brandir une victoire. Car sur la question de la relocalisation des migrants, c’est beaucoup plus compliqué. Et les débats sont là beaucoup plus ardus qu’en matière militaire.

Une phase 1 à durée indéterminée ?

Reste à savoir combien de temps va durer la phase 1. Et, là est toute l’ambiguité – et le pari sur l’avenir de l’opération. Selon les experts militaires, elle devrait durer au minimum plusieurs semaines, au moins jusqu’à septembre, date prévue pour la pleine capacité opérationnelle de la mission. D’ici là, il faudra arracher aux Libyens et aux Russes leur accord, condition principale pour obtenir le feu vert du Conseil de sécurité à la seconde phase. Mais la présence dans les eaux territoriales libyennes et encore plus la possibilité d’y neutraliser des navires parait loin d’être acquise.

(Nicolas Gros-Verheyde)

lire aussi sur Le Club (édition pro de B2 Pro) : L’opération EUNAVFOR lancée en phase 1 uniquement

Lire sur le sujet :

L’Europe renforce son aide humanitaire au Nigeria face à Boko Haram

Thu, 18/06/2015 - 18:08

(B2) 21 millions d’euros ont débloqués par la Commission européenne pour « venir en aide aux populations du Nigeria et des pays limitrophes qui sont victimes des violences commises par Boko Haram » a annoncé, ce jeudi (18 juin), le commissaire européen chargé de l’aide humanitaire, Christos Stylianides, qui est actuellement en visite au Nigeria.

1,7 millions de personnes déplacées

Le conflit entamé avec Boko Haram a provoqué le « déplacement de plus de 1,7 million de personnes. Bon nombre d’entre elles vivent dans des conditions précaires dans d’autres régions du Nigeria et dans les pays voisins où elles ont fui. » a mis en évidence le commissaire.

Un problème d’accès aux populations

Stylianides s’est montré inquiet sur l’accès aux victimes.  « L’accès est limité dans de nombreuses zones, notamment le long du lac Tchad. Il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour permettre aux organisations humanitaires d’être sur place pour aider les populations qui en ont besoin. »  L’inquiétude était partagée notamment par les organisations humanitaires. Le président du CICR, Peter Maurer, s’en était ému, lors de son passage à Bruxelles (lire : La Syrie, un exemple de ce qui va mal dans un conflit (P. Maurer)).

123 millions débloqués en 2015

De cette enveloppe, 12,5 millions € serviront à relever les défis humanitaires (eau potable, nourriture, abris, soins de santé et une protection) au Nigeria et 8,5 millions à aider les réfugiés nigerians au Niger, au Cameroun et au Tchad. Cette nouvelle aide s’ajoute à l’aide d’urgence déjà engagée pour aider les populations les plus vulnérables frappées par l’insécurité alimentaire et la malnutrition au Nigeria et dans les pays limitrophes. Plus de 123 millions en 2015 et 107 millions € en 2014 ont été débloqués pour venir en aide aux populations au Nigeria, au Tchad, au Cameroun et au Niger.

(NGV)

Le cri d’alerte du CICR au Yemen

Wed, 17/06/2015 - 14:49

Cédric Schweizer à Dammaj en 2013 lors d’une évacuation de blessés (crédit : CICR)

(BRUXELLES2) Le Yémen constitue un peu un « trou noir » dans l’actualité européenne, chargée du moment. Cependant nous sommes à un moment clé. Des négociations ont été entamé à Genève, lundi (15 juin), sous l’égide de l’ONU, entre les différentes parties au conflit. Mais le conflit continue. La coalition menée par l’Arabie saoudite a ainsi continué de bombarder la capitale yéménite. B2 a pu rencontré, lors de son passage à Bruxelles, la semaine dernière, Cédric Schweizer (*). À la tête de la délégation CICR au Yémen, il a dressé un bilan sans fard de la situation humanitaire, complexe, sur le terrain. Un témoignage unique et captivant car le CICR reste une des seules organisations internationales présentes sur place. (NB : l’interview intégrale est disponible dans B2 le Club).

Comment qualifiez-vous la situation sur le terrain ? Quelles sont vos inquiétudes ? 

C’est un conflit. On est très proche d’une catastrophe humanitaire. Si des décisions immédiates ne sont pas prises, on va se retrouver avec des milliers de personnes à risque. Les populations n’ont pas accès à l’eau ni à la nourriture. 90% de la nourriture est importée. Il y a encore des stocks de nourriture. Mais les prix ont quintuplé. Et les gens n’ont plus de revenus donc ils n’ont plus accès, de fait, à cette nourriture. Le système d’approvisionnement doit fonctionner et on doit rouvrir les frontières. Si ces accès ne sont pas rouverts dans quelques semaines, des milliers de personnes vont mourir.

L’intervention militaire de la coalition menée par l’Arabie saoudite est-il une solution ou cela complique la donne ?

Cela a plutôt compliqué les choses et déstabilisé un peu plus le pays. Le Yémen a toujours été un pays qui, au bord du gouffre, a toujours trouvé des solutions pour ne pas tomber dans une situation chaotique. Aujourd’hui, avec cette nouvelle couche de conflit, on a l’impression que la société est bien ébranlée. Je le vois par exemple avec nos collègues yéménites : ils ont toujours été très résistants aux violences. Maintenant, ils sont arrivés à saturation. Ils ont de moins en moins d’espoir dans l’avenir. Ce n’est pas seulement l’action de la coalition, c’est tout ce que cela déstabilise le pays. Des groupes plus extrêmes commencent à prendre de plus en plus de pouvoir et de présence. Les antagonismes sont de plus en plus importants au sein du pays. Même le plus optimiste ne peut pas imaginer que son pays sera demain dans la paix et qu’il n’y aura plus de violence. Le processus de paix, si il y en a un, va prendre énormément de temps. Et, entre les deux, la violence va prendre de plus en plus de place et sera plus importante.

Vous terminez votre mission au Yemen, quels sont les défis qui attendent vos successeurs face à la situation du pays ? 

Le défi, c’est le Yémen de demain. Même si l’opération de la coalition se termine, nous sommes face à une situation sécuritaire beaucoup plus compliquée qu’avant. Le pays est très déstabilisé. Il y a des groupes comme Al Qaida ou ISIS qui commencent à faire parler d’eux.  Il va y avoir un réel risque pour la communauté humanitaire d’être acceptée. On va voir des conséquences et des besoins humanitaires énormes et, en même temps, des défis de volatilité qui ne vont pas permettre à ces organisations de se rendre sur les zones les plus risquées. L’équilibre est toujours complexe à trouver entre la valeur ajoutée d’une présence humanitaire et les risques pris. Aujourd’hui, on va continuer parce qu’on a cette acceptation privilégiée. Mais d’autres organisations n’ont peut être pas ces privilèges. Et cela va être très compliqué pour l’aide humanitaire.

(propos recueillis par Johanna Bouquet)

A suivre (sur le Club) : Yémen, un conflit qui dure, un pays au bord du gouffre. L’Europe a un énorme rôle à jouer (C. Schweizer)

Lire aussi : le blog du CICR à Paris sur la thématique Yemen

367 migrants récupérés par le Le Eithne

Mon, 15/06/2015 - 12:58

(B2) Le patrouilleur irlandais LÉ EITHNE a récupéré 367 migrants en perdition sur une barge en bois à 50 km au nord-ouest de Tripoli. Les conditions en mer « étaient agitées avec un vent sud-est et des vagues de 1 mètre de haut » précise la marine irlandaise. L’opération a commencé à 7h25 et s’est terminé 2h30 plus tard, à 10h09 très exactement. Elle a permis de récupérer 278 hommes, 80 femmes et 9 enfants.

Le journaliste Huseynov rapatrié d’Azerbaïdjan. Un beau coup de la diplomatie suisse

Sat, 13/06/2015 - 15:40

source : FEJ

(B2) Le journaliste azéri Emin Huseynov, qui était réfugié depuis dix mois dans l’ambassade suisse à Baku, vient d’être exfiltré. Il est arrivé dans la nuit de vendredi à samedi à l’aéroport de Belp (Berne), dans l’avion du Conseiller fédéral suisse Didier Burkhalter, qui avait participé, quelques heures plus tôt, à la cérémonie d’ouverture des Jeux européens. « Il a été pris en charge par des collaborateurs du Département fédéral des affaires étrangères » précise le communiqué du ministère suisse des Affaires étrangères qui annonce l’information.

Négociation aux les autorités azerbaïdjanaises

Ne se sentant plus en sécurité chez lui, Huseynov avait pénétré dans l’ambassade de Suisse à Bakou le 18 août 2014 en se faisant passer pour un citoyen suisse et avait pu ainsi échapper à la police azerbaïdjanaise. « La Suisse, pour des raisons humanitaires, l’avait autorisé à séjourner dans les locaux de l’ambassade jusqu’à ce qu’une solution satisfaisante soit trouvée entre lui et les autorités azerbaïdjanaises qui souhaitaient l’interroger »

Sept journalistes en prison en Azerbaïdjan

C’est « une belle victoire pour les défenseurs de la liberté de la presse en Azerbaïdjan » a commenté Ricardo Gutierrez, de la Fédération européenne des journalistes (FEJ). Mais « sept journalistes croupissent toujours en prison, en Azerbaïdjan, pour la plupart sur base de preuves fabriquées ».

(NGV)

Pour les Européens, armer l’Ukraine, c’est non

Sat, 13/06/2015 - 14:10

(B2) Selon une étude rendue publique par le Pew Research Center, le 10 juin, il existe peu de soutien aujourd’hui dans les pays membres de l’OTAN à l’envoi d’armes en Ukraine (à peine 4 citoyens sur 10 en moyenne). Ce chiffre est le plus élevé en "> Pologne (50%), aux USA (46%) et au Canada (44%) mais très bas en Allemagne (19 %) et en Italie (22%). La France (40%) est juste autour de la moyenne comme le Royaume-Uni (42%).

">Et même ">si la Russie attaque un pays voisin, une réticence semblable existe quant à l’usage de la force en soutien au pays attaqué (48% pour, contre 42% en moyenne). L’Italie (51%), la France (53%) et l’Allemagne (58%) sont le plus réticent à l’exercice de "> l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord. Tandis que le soutien est le plus fort aux USA (56%), "> au Canada (53%), au Royaume-Uni (49%). Points étonnants : la Pologne n’est pas outrageusement en faveur de la solidarité transatlantique (48% pour, 34% contre) tandis que l’Espagne est très partagée (48% pour, 47% contre).

(NGV)

Télécharger létude

Lire également sur le Club : L’opinion des Européens divisée face à l’Ukraine et la Russie (une étude de la German Marshall Fund)

213 migrants sauvés par le Godetia

Fri, 12/06/2015 - 10:01

(crédit : armée belge)

(B2) Le navire belge Godetia a sauvé, mardi, 9 juin, 213 migrants supplémentaires en Méditerranée, indique un communiqué de l’armée belge. Parmi eux, 45 femmes et 87 enfants dont le plus jeune avait à peine 40 jours. L’opération de sauvetage a duré environ une heure. Le Godetia a ensuite remis l’embarcation des migrants aux Italiens pour inspection plus approfondie. Et le navire a mis le cap sur un port italien pour y transférer les migrants aux autorités italiennes. Le Godetia a été envoyé en Méditerranée dans le cadre de l’opération Triton visant à secourir des réfugiés et renforcer les efforts de la marine italienne et maltaise au large des côtes libyennes. (NGV)

Lire aussi :

 

Tusk siffle la fin de la récréation à Tsipras

Thu, 11/06/2015 - 19:54

Donald Tusk arrive en salle de presse, plutôt tendu… (crédit : CUE)

(BRUXELLES2) Le président du Conseil européen, Donald Tusk, était resté, jusqu’à présent, très discret sur la négociation avec les Grecs. Quasiment exclu du jeu, même. C’est le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ancien ministre des Finances et ancien ténor de l’Eurogroupe, qui tenait plutôt le manche de la négociation avec Athènes (et Berlin). Ce qui tranchait singulièrement avec qui s’était passé sous le règne de son prédécesseur, le Belge Herman Van Rompuy, s’impliquant largement, sans grand tapage, dans la négociation et assurant le va et vient entre les capitales. Donald Tusk vient de rappeler à tous qu’il existait, en sifflant la fin de la partie.

La partie est terminée

« Je suis resté plutôt discret et neutre sur cette question » a reconnu aujourd’hui le principal intéressé, répondant à une collègue grecque lors de la conférence de presse de la fin du sommet UE-Amérique latine. « Mais il est tout de même venu une réflexion après la réunion d’hier, une réflexion évidente. Il est temps de prendre une décision. Les temps sont mûrs. Nous avons besoin maintenant de décisions, et plus de négociations. Le gouvernement grec doit devenir un peu plus réaliste. Les temps ne sont plus au pari, au jeu. La partie est terminée. La prochaine réunion de l’Eurogroupe (jeudi 18 juin) sera d’une importance décisive. Nous n’avons plus de temps devant nous. »

Commentaire : un jeu du bon et du méchant ou une bourrasque venue de Pologne ?

Cette sortie du président du Conseil européen, assez tardive, interpelle. On pourra y voir un jeu subtil avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui se doit après ses récentes déclarations de se réconcilier, un peu, avec le leader grec. En soufflant le chaud et le froid, on a ainsi un chassé-croisé entre le « good boy » et le « bad boy » assez classique des négociations au « finish ». Ou est-ce une donnée plus externe au débat grec et plus personnelle à Donald Tusk qui a joué ?

Le vent qui souffle de Pologne est, en effet, puissant. On pourrait même dire que c’est une bonne bourrasque qui souffle, tant le gouvernement de la Plate-Forme civique est secoué. Il y a eu le résultat des urnes, aux présidentielles le 24 mai dernier, qui a amené la victoire, plutôt inattendue du candidat PiS (Droit et Justice), Andrezj Duda, qui était pourtant peu connu. Un résultat qui pourrait se répéter aux législatives d’octobre et coûter sinon le gouvernement à PO au moins sa majorité absolue. Il y a ensuite une vieille affaire d’écoutes privées, qui remonte à la surface, révélatrice à la fois d’attitudes et de comportements surprenants qui embarrassent le pouvoir. Au point que le président de la Diète, l’ancien ministre des Affaires étrangères Radek Sikorski, plusieurs ministres et vice-ministres, et le chef de la chancellerie du Premier ministre viennent de démissionner.

Il est donc temps pour Donald Tusk d’exister. Ce qu’il n’a pas vraiment fait jusqu’ici. Sur le plan extérieur, le dynamisme de Federica Mogherini l’a scotché sur place. Sur les relations avec la Russie et l’Ukraine, où il était attendu, c’est le couple franco-allemand qui occupe le terrain. Sur le plan intérieur (migrations, investissements, fiscalité…), des sujets qui l’intéressent peu, c’est la Commission ou les Etats membres directement (notamment le franco-allemand) qui sont à la manoeuvre. Résultat : l’espace politique du président du Conseil européen est réduit aujourd’hui. Il est davantage un président « chrysantème » qu’un intermédiaire de la négociation. Et il se doit d’exister plus que jamais… Son mandat n’est, en effet, que de deux ans et demi (jusqu’à mai 2017), certes renouvelable (une fois). Mais la question de son renouvellement pourrait vite se poser si son parti sort du gouvernement à Varsovie.

Le point de Rafah rouvert quelques jours

Thu, 11/06/2015 - 19:49

(B2) Le point de passage de Rafah entre Egypte et Gaza va être rouvert durant trois jours, du 13 au 15 juin dans les deux directions. Une décision qui intervient « à la suite de consultations entre le président Abbas et les autorités égyptiennes » comme l’a précisé le Bulgare Nickolay Mladenov, coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient.

En attendant la réouverture régulière…

« J’espère que les conditions de sécurité permettront que cette décision soit étendue et que Rafah puisse être ouvert sur une base régulière ». Et d’ajouter : « La nécessité d’une levée complète de toutes les fermetures demeure. Pour régler la situation, une solution durable exige également le retour du contrôle des points de passage à Gaza à l’Autorité palestinienne. »

Des Européens prêts…

Les Européens ont préparé un plan pour remonter en puissance sur le point de Rafah où des observateurs européens étaient présents en 2005-2006. Mais celui-ci reste conditionné à l’accord politique de toutes les parties. (Lire notre entretien, sur le Club, avec Guy Rolin, le chef de la mission EUBAM Rafah. Etre prêt, au cas où…

(NGV)

Lire aussi notre dossier : N°23 EUBAM Rafah. Une mission en attente d’un processus de paix

Les Verts dénoncent l’organisation des JO européens en Azerbaidjan

Thu, 11/06/2015 - 12:32

(B2) Les premiers JO européens s’ouvrent ce vendredi 12 juin à Bakou en Azerbaïdjan. Une vraie opération de com’ que dénonce notamment l’eurodéputée verte Michèle Rivasi. « C’est inadmissible ».

Une opération de com’…

« Les États européens se rendent ainsi complices de la diplomatie sportive honteusement utilisée, à côté de sa diplomatie énergétique, par le régime Aliev qui cherche à redorer son image sur la scène internationale.  »« Alors que le régime Aliev a fortement renforcé la répression ces dernières semaines afin de museler la moindre dissidence, une grande partie des États membres se sont contentés de détourner le regard. »

… dans un Etat qui opprime les droits de l’Homme

La liste des prisonniers d’opinion et des militants des droits humains emprisonnés, parmi lesquels Leyla Yunus à qui François Hollande avait remis il y a deux ans la Légion d’honneur, est effrayante. » Et l’eurodéputée française « d’appeler au boycott de ces Jeux afin de protester contre les violations des droits humains par le régime Aliev ».

(NGV)

Le fer de lance se déploie

Wed, 10/06/2015 - 18:26

Soldats tchèques du 43rd Airborne Battalion durant la phase d’alerte de « Noble Jump » (OTAN – avril 2015)

(B2) L’OTAN a commencé à tester, grandeur nature, sa nouvelle force ‘fer de lance’, destiné à être déployée en un temps plus rapide, et principalement axée sur la défense territoriale, en particulier face à la Russie.

L‘exercice « Noble Jump »a démarré en Zagan, en Pologne le 9 juin. Les unités affectées à la Force opérationnelle interarmées à très haute intensité de préparation (VJTF) a reçu l’ordre de se déployer mardi 9 juin. Elle restera sur place jusqu’au 19 Juin, avec pour objectif « de tester et d’affiner la force » dont le principe avait été décidé au dernier sommet de l’Alliance en septembre 2014, au Pays de Galles (lire : La NRF c’était bien lent, cette fois on vous le promet ca sera rapide).

Plus de 2100 soldats provenant de neuf pays de l’OTAN participent à l’exercice : les troupes aéromobiles néerlandaises et tchèques, l’allemand et l’infanterie mécanisée norvégien et allemand, les forces spéciales lituaniennes et polonaises, de l’artillerie belge, des hélicoptères américains et une unité hongroise de coopération civilo-militaire (CIMIC).

Le bouclier allié se met en place

Cet exercice s’intègre dans une série d’exercices, dénommée « Allied Shield » (Bouclier allié), qui ont un objectif commun : « démontrer que les membres de l’OTAN sont unis dans leur engagement à la défense collective », que ce soit sur le flanc « sud ou est de l’Alliance ». Tous ces exercices sont « défensifs » précise-t-on bien à l’Alliance. Trois autres exercices sont ainsi prévus : BALTOPS, un exercice naval majeur allié en Baltique au large de la Pologne ; SABER STRIKE, un exercice « terre »  dans les pays baltes et TRIDENT JOUST, un exercice de commandement et de contrôle de la NRF (la force de réaction rapide) en Roumanie. Au total, environ 15.000 soldats de 19 pays différents et de 3 pays partenaires y participeront.

(NGV)

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