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Agrégateur de flux

Poland boosts domestic missile production with €3.3 billion South Korea deal

Euractiv.com - mar, 30/12/2025 - 15:43
South Korea has become an important defence partner for Poland in recent years
Catégories: European Union

« La préfecture ne nous répond même plus » : dans l’Aisne, des mères isolées et leurs enfants mis à la rue en plein hiver

L`Humanité - mar, 30/12/2025 - 15:38
Kadidiatou et Fatoumata, deux mères isolées sans papiers, doivent respectivement quitter leur logement social dans l’Aisne les 31 décembre et 8 janvier sans aucune solution de relogement, alors que leurs enfants sont scolarisés dans le département. Une situation qui a suscité une vive indignation et une mobilisation citoyenne.
Catégories: France

Burkina : Le comité de pilotage du PGPC/REDD+ tient sa deuxième session ordinaire de l'année 2025

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 30/12/2025 - 15:37

Le comité de pilotage du projet de gestion durable des paysages communaux pour la REDD+ (PGPC/REDD+) tient ce 30 décembre sa deuxième session ordinaire au titre de l'année 2025. Il va s'agir, pour les membres du comité de pilotage, d'examiner le bilan technique et financier du Plan de travail et de budget annuel (PTBA) 2025 au 30 septembre du projet, de passer en revue et d'adopter les projets de PTBA de l'année 2026 et de formuler des recommandations pour une mise en œuvre réussie du projet.

Au 30 septembre 2025, la mise en œuvre du PTBA révisé du PGPC/REDD+ affiche un taux d'exécution physique de 55% et un taux d'avancement physique global de 40% pour un délai consommé de 49% sur la durée du projet. Le taux d'exécution financière, quant à lui, s'établit à 30,9% avec un taux de décaissement annuel de 47% et un taux de décaissement global de 34%. Le plan de passation des marchés affiche un taux d'exécution estimé à 85,11% et un taux d'engagement de 85,13% sur la même période.

Selon le coordonnateur du PGPC/REDD+, plusieurs investissements structurants ont été réalisés en 2025 au profit des populations

En 2025, ce sont environ 21 milliards de FCFA qui étaient inscrits au budget du PTBA révisé. Ces ressources ont servi à la conduite des activités de Plans de développement intégrés communaux (PDIC) REDD+ de la première et de la deuxième vague et à la mise en place d'investissements structurants au profit des populations, la dotation en matériels des structures partenaires à hauteur d'environ 861 millions de FCFA.
Selon le coordonnateur du PGPC/REDD+, Soumaïla Bernard Tougma, ces investissements structurants ont consisté en la création et à la clôture des espaces de conservation ; l'installation de parcs de vaccination, de forages pastoraux, de bas-fonds rizicoles, de périmètres aménagés au profit des populations.

À cela s'ajoutent des reboisements en vue de renforcer le couvert végétal aussi bien dans les espaces de conservation qu'en dehors, l'accompagnement de 600 producteurs relais dans le cadre de la promotion des bonnes pratiques de gestion durable des terres. Ce sont au total 110 000 hectares qui ont été restaurés au niveau des espaces de conservation. Au terme du projet, c'est environ 1 million d'hectares qui devraient être récupérés.

photo de famille

L'année 2026 sera marquée par la revue conjointe à mi-parcours du projet. À en croire Christian Somda, directeur général de l'Économie verte et du changement climatique, responsable du programme budgétaire gouvernance environnementale et changement climatique, président du Comité de pilotage, il va s'agir pour la nouvelle année de mettre en œuvre des actions structurantes et conformes à la dynamique de refondation nationale et qui profitent au mieux aux populations rurales. "En 2026, les grands chantiers vont porter sur la poursuite de la valorisation des produits forestiers non ligneux, le financement et la mise en œuvre des PDIC/REDD+ ainsi que la poursuite du renforcement des capacités institutionnelles du département et des structures partenaires extérieures au ministère de l'Environnement, de l'Eau et de l'Assainissement", a-t-il ajouté.

En rappel, le PGPC/REDD+ a pour objectif de renforcer la gestion durable des paysages et d'améliorer la génération de revenus dans les zones forestières ciblées au Burkina Faso. Il est mis en œuvre en plusieurs phases dans 96 communes potentielles réparties dans huit Régions (Est, Centre-Est, Centre-Sud, Centre-Ouest, Boucle du Mouhoun, Hauts Bassins, Cascades, Sud-Ouest) du Burkina Faso. Débuté en 2023, le projet est prévu s'achever en juin 2028. Il est financé conjointement par l'État burkinabè et la Banque mondiale à environ 75 milliards de FCFA.

Armelle Ouédraogo/Clémentine Koama (stagiaire)
Lefaso.net

Catégories: Afrique, European Union

Outlook: Geopolitical Trends and Global Diplomacy in 2026

TheDiplomat - mar, 30/12/2025 - 15:36
Insights from Younes El Ghazi.

Plus d'une tonne de pétards saisie en décembre 2025

24 Heures au Bénin - mar, 30/12/2025 - 15:21

La Police républicaine est déterminée à lutter contre le bruit sous toutes ses formes en cette période de fête de fin d'année marquée principalement par l'utilisation abusive de pétards et appareils de sonorisation.

L'utilisation de pétards et autres artifices de détonation est interdite au Bénin. En cette période de fêtes de fin d'année, la Police républicaine dans le cadre de ses interventions a procédé à la saisie d'une importante quantité. Plus d'une tonne de pétards et autres artifices de détonation ont été saisies pendant ce mois de décembre, a informé le porte-parole de la Police républicaine. Il a annoncé un déploiement spécial dans les quartiers, dans les rues pour veiller à la non utilisation de pétards pendant les fêtes. Les victimes, a-t-il poursuivi, peuvent directement appeler le 117, le numéro vert où leurs plaintes seront reçues et traitées dans l'anonymat et avec célérité.
Selon Eric Yerima, les pétards constituent une source de pollution sonore qui porte atteinte à la santé et à la quiétude de la population et les utilisateurs devraient savoir raison garder dans leur utilisation. « Fêter, cela peut se faire dans la quiétude. Cela peut se faire en respectant le voisinage. Cela y va de la quiétude de tous. Cela y va pour le bien-être physique, mental de tous », a-t-il confié avant d'évoquer les appareils de sonorisation qui constituent également une autre source de pollution sonore. Déjà, 50 promoteurs de bars ont été verbalisés, et 17 autres présentés au procureur de la République au cours de ce mois de décembre, selon la police.

F. A. A.

Catégories: Afrique

Samoa Just Had An Election. Was China the Real Winner?

TheDiplomat - mar, 30/12/2025 - 15:10
China’s influence operations in Samoa have been patient, persistent, and, as the election proved, profoundly effective. 

Previewing North Korea’s Grand Strategy for 2026 

TheDiplomat - mar, 30/12/2025 - 14:50
Pyongyang will likely open room for a summit meeting with Washington while excluding dialogue opportunities with Seoul. 

Barbarians at the gate: Munich Security Conference lifts ban on German far right

Euractiv.com - mar, 30/12/2025 - 14:33
US vice-president JD Vance criticised the ban on stage at the 2025 edition of the Munich Security Conference
Catégories: European Union

No evidence of illegal financing found in Spain’s ruling party, audit says

Euractiv.com - mar, 30/12/2025 - 14:22
The report concluded that pay-outs for the reviewed period are "consistent, closed, and verifiable," though it noted "striking" minor expenses related to restaurant and hotel payments
Catégories: European Union

5 Revealing Stats About War Around the World in 2025

Foreign Policy - mar, 30/12/2025 - 14:00
A record number of conflicts are wreaking havoc worldwide.

« Je peux te tuer tout de suite » - Les footballeurs soudanais s'expriment sur la guerre civile qui ravage leur pays

BBC Afrique - mar, 30/12/2025 - 13:49
L'attaquant John Mano, qui a perdu son meilleur ami lors de la guerre civile au Soudan, affirme que l'équipe « se battra » pour son pays sur le terrain lors de la Coupe d'Afrique des nations 2025.
Catégories: Afrique

Le procès de Soumaïla Sounon Boké renvoyé au 13 février prochain

24 Heures au Bénin - mar, 30/12/2025 - 13:33

Annoncé pour ce mardi 30 décembre 2025, le procès du député Soumaïla Sounon Boké du parti Les Démocrates (LD), n'a pu s'ouvrir à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Le dossier est renvoyé au 13 février 2026.

Le procès du député Soumaïla Sounon Boké du parti Les Démocrates renvoyé. Le parlementaire n'a pas pu comparaitre devant le juge de la chambre de jugement de la CRIET ce mardi 30 décembre 2025 comme annoncé. Et ce, pour défaut d'extraction. Il n'a pas pu être extrait de sa cellule pour se présenter devant le juge. Soumaïla Sounon Boké est poursuivi pour « harcèlement par la biais d'une communication électronique et d'incitation à la rébellion » dans le cadre de l'affaire coup d'Etat déjoué. Interpellé et placé sous mandat de dépôt dans une procédure de flagrant délit, il devrait comparaître ce mardi sans que son immunité ne soit levée.

F. A. A.

Catégories: Afrique

Latvia completes 280km border fence with Russia

Euractiv.com - mar, 30/12/2025 - 13:04
“Our ultimate goal is to create the most modern border protection on the eastern border of the EU,” Interior Minister Rihards Kozlovski said
Catégories: European Union

The Most Notable Obituaries of 2025

Foreign Policy - mar, 30/12/2025 - 13:00
Figures from Pope Francis to Dick Cheney left behind global legacies.

Our Most Read Stories of 2025

Foreign Policy - mar, 30/12/2025 - 13:00
Readers kept track of Trump’s whirlwind foreign policy and upheaval in the global order.

2ème comité de pilotage/2025 du DEPAC-3 : Des résultats satisfaisants en 2025 et le transfert des bonnes pratiques en 2026

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 30/12/2025 - 13:00

Le comité de pilotage (COPIL) du Programme d'appui à la Décentralisation et à la Participation Citoyenne, phase 3 (DEPAC-3) a tenu sa deuxième session de l'année 2025, le mardi 9 décembre 2025, à Koudougou. Cette session a permis d'examiner le rapport d'exécution du Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) de 2025, avant d'adopter le PTBA de l'année 2026. En prélude à la tenue de la session du COPIL, une visite-terrain des investissements a été réalisée le 8 décembre 2025.

De l'examen du rapport d'exécution du Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) de 2025, au 15 novembre, il ressort un taux d'exécution physique de 83,36 % et un taux d'exécution financière de 79,21%. Ces résultats ont été salués par les membres du comité de pilotage (COPIL) du Programme d'appui à la Décentralisation et à la Participation Citoyenne, phase 3 (DEPAC-3). C'était en marge de la deuxième session de l'année 2025 du COPIL. Le Directeur Général de la Décentralisation et du Développement Local, du Ministère de l'administration territoriale et de la mobilité (MATM) Adama Batoro, par ailleurs président du COPIL, s'est réjoui de constater que malgré un contexte complexe, les efforts conjoints des mandataires et des services techniques ont conduit à ces résultats.

Pendant la séance, les membres ont également examiné et validé le PTBA de l'année 2026, dernière année de mise en œuvre du programme. Pour 2026, le plan mettra l'accent sur le transfert des bonnes pratiques aux acteurs locaux et l'achèvement des projets en cours, selon les innovations faites les mandataires. Ce COPIL est un moment important, de l'avis du Coordonnateur de la Cellule d'Appui à la Décentralisation et à la Participation Citoyenne (CADEPAC), David Barro ; en ce sens « qu'il nous aide à avoir les orientations de l'État, des acteurs de pilotage et de tout autre acteur impliqué dans la mise en œuvre du programme ».

L'école de Villy-Moukouan

Une visite de réalisations a précédé cette session du deuxième COPIL de l'année

Afin de permettre aux membres du COPIL du DEPAC-3 de mieux apprécier les activités et réalisations contenues dans les PTBA, une visite-terrain a été organisée en marge de cette session. Cette sortie-terrain intervenue le lundi 8 décembre 2025, a permis de visiter une piste rurale, puis l'école écologique et durable de Villy-Moukouan.

L'école de Villy-Moukouan est venue renforcer l'offre éducative

Cette école entièrement équipée et d'un coût global de 153 000 000 F CFA, est à mettre à l'actif de la du Consortium GAC (GEDES-ACADE-CAGECT), à travers la CADEPAC. Elle est venue renforcer l'offre éducative dans la commune. « Quand on était dans la salle de classe en banco et qu'il pleut, on souffrait. Mais avec ce nouveau bâtiment, on est très content », témoigne Abdou Zongo, élève en classe de CM2. À Amos Sawadogo, directeur de l'école de Villy-Moukouan de renchérir : « La réalisation de ce bâtiment permet non seulement aux élèves et aux encadreurs d'améliorer les conditions de travail aussi, il est venu résoudre la déperdition scolaire. Avec ce joyau, on a constaté que les enfants aiment être à l'école avant l'heure et restent pendant longtemps après les cours » a conclut Monsieur Sawadogo.

Photo de famille lors du COPIL

Aujourd'hui, la commune de Pouni, selon ses premiers responsables est devenue un lieu d'attraction avec cette réalisation. « Que ce soit dans l'environnement proche, ou même dans la province, on n'a pas une école de cette envergure et les gens viennent s'inspirer de cette expérience », a affiché Nadine Badiel, la Présidente de la délégation spéciale de Pouni. Ce qui a fait dire à Sibiri Zongo, membre du Conseil de l'école que : « Nous savons que les enfants vont beaucoup apprendre s'inspirer du concept ». À l'issue de la visite de l'école, Debié Bado, membre du comité de pilotage, s'est dit édifié : « Ce qu'on a vu nous rassure que le programme fait de belles choses sur le terrain ».

La santé n'était pas en reste : un laboratoire d'analyse médical réalisé à Koudougou

L'autre réalisation de la CADEPAC qui a été visitée est le laboratoire d'analyse du centre médical du secteur N°8 de Koudougou. Ce laboratoire équipé, d'un coût global d'environ 40 000 000 F CFA, est venu contribuer à la normalisation de ce centre médical, qui était jusque-là un centre de santé et de promotion sociale (CSPS). Il est venu compléter à trois le nombre de laboratoires publics dans la commune ; mieux, les laboratoires de la commune profitent aux patients des communes voisines, selon Amédée Paré, Président de la délégation spéciale de Koudougou.

« Ce laboratoire va beaucoup nous soulager en tant que personnel de santé et soulager également les malades. On prescrit les examens, on attend que les malades sortent pour faire le tour de la ville de Koudougou à la recherche d'un laboratoire, avant de revenir », selon Dr Lydia Nadège Ané, Médecin responsable du centre médical du secteur 8 de Koudougou. Et ce nouveau joyau va vraiment nous faciliter la tâche et la faciliter la prise en charge des malades, a terminé Dr Ané.

Photo à l'issue de la visite du Laboratoire d'analyse

Toujours à Koudougou, les membres du COPIL ont échangé avec les membres d'un panel de contrôle citoyen, mis en place dans la commune de Koudougou.
Le programme DEPAC est financé par la Coopération suisse. Au regard des résultats, les objectifs du programme sont atteints, selon Aïcha Jeannine Tchiombiano/Yara, chargée de programme à la Coopération suisse. Elle a rappelé que le DEPAC a démarré depuis 2015, et ce jusqu'en 2026, et séquencé en des phases de quatre années. « Son ambition en termes de durabilité est de transférer les innovations développées auprès de 30 collectivités territoriales partenaires directs au système national pour une mise à l'échelle », a-t-elle terminé.

La CADEPAC

Catégories: Afrique, European Union

ASELSAN: Shaping the Future of Global Defense Technology

TheDiplomat - mar, 30/12/2025 - 12:59
With cutting-edge innovations and strategic global partnerships, the company is transforming defense technology, enhancing security worldwide.

Offensive piscicole : Miser sur les femmes pour relever le double défi de la souveraineté alimentaire et de la dépendance aux importations

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 30/12/2025 - 12:39

Entre bacs, bassins hors-sol, et cases flottantes, les femmes burkinabè cassent les codes. Avec l'accompagnement de l'État, dans le cadre de l'offensive piscicole, elles veulent s'imposer et avoir leur part du marché dans les 100 000 tonnes de poissons fixées par an. Immersion dans une révolution où la pisciculture également devient un outil d'émancipation et d'autonomisation financière. À Bama, Samendeni et Léguéma, dans le Guiriko, en passant par Touzaguè, dans le Yaadga, les pionnières tiennent la canne dans la pisciculture !

Dimanche 23 novembre 2025. 4h30 du matin. L'un des derniers cars Ouaga-Bobo, d'une des compagnies de transport, marque son arrêt à la gare routière de la ville, au quartier Tounouma, sur le boulevard de la Révolution. L'écran géant installé dans le hall d'attente affiche une température de 28°C dehors.
L'harmattan bat déjà son plein dans cette région où les températures moyennes varient généralement entre 15°C et 39°C en novembre, et 9°C et 37°C en décembre. Les passagers habillés en conséquence se faufilent, certains pour rejoindre leurs domiciles, d'autres préfèrent attendre le lever du jour sous le hall.

Comme d'autres passagers, nous sautons dans le premier taxi, direction la gare centrale de bus (place Tiéfo Amoro), destination Bama. 5h20. Les bus se positionnent pour les premiers départs, à 6 h 00. Nous prenons place juste derrière le conducteur.

L'appel de Bintou Drabo/Zerbo, l'une des piscicultrices, avec qui nous avons rendez-vous à Bama, s'affiche. « Je suis déjà en route pour Bama », nous informe-t-elle, d'un ton enthousiaste et jovial matinal, enchaînant spontanément : « Je peux vous emmener, si vous le voulez bien. » Une proposition sur laquelle nous sautons, quand bien même nous avions déjà pris le ticket de bus. Le temps de lui passer la géolocalisation, son véhicule s'immobilise côté chauffeur. Visiblement, elle n'était pas très éloignée de là.

D'un signe de la main, elle nous invite à prendre place à ses côtés. Le premier contact physique s'établit, naturellement. Aussitôt, le véhicule s'engage, direction nord-est de Bobo-Dioulasso. « Votre ceinture [de sécurité] », chuchota-t-elle, engageant en même temps la causette : « ce n'est pas loin d'ici, c'est à peu près 25 kilomètres seulement ».

Dans cette ambiance maternelle et bon enfant, comme entre une mère et sa fille, le véhicule disparaît dans la douceur de l'ombre de l'aube, pendant que la ville de Sya semble toujours endormie.
Encerclée de gauche à droite de vastes plaines irriguées de la vallée de Kou, dans lesquelles jonchent encore les dernières récoltes de riz en cette fin de saison pluviale, Bama reflète réellement cette image de “pôle rizicole”, ou le "grenier à riz étuvé", qu'on lui colle.

Les premiers “lève-tôt”, déjà sur pied, vaquent à leurs occupations, pendant que notre véhicule traverse le centre vers ses périphéries. Environ trois kilomètres de bitume de la RN9, des bassins hors-sol en forme rectangulaire, montés en béton, avec des robinets, sur un site désertique à perte de vue. Reliés par des tuyaux, ils sont alimentés par un forage à grand diamètre, installé tout juste à côté. Très pratique pour le besoin en eau de la ferme.

La ferme d'alevinage à ciel ouvert de Mme Drabo à Bama

Il est 6h 45 min. Nous sommes à destination. « C'est ici », dit-elle, les yeux scintillants, nous souhaitant la bienvenue dans sa ferme. « Nous produisons ici des alevins de tilapia, et ça fait deux, voire trois années déjà. C'est la parcelle de mon mari. Il pratique du maraîchage et moi, je fais la pisciculture », a-t-elle poursuivi, sans perdre de temps.

« Au départ, je voulais me lancer dans la restauration, mais à la dernière minute, mon mari m'a conseillé la pisciculture, notamment l'élevage des alevins. Vu que de plus en plus, les gens se lancent dans la pisciculture, et surtout que l'élevage des alevins est moins exigeant et moins coûteux que le grossissement (la phase de croissance finale) », conte-t-elle au fur et à mesure de notre visite guidée.

Un choix économiquement stratégique, vu la croissance de l'activité piscicole dans les différentes localités du pays. Selon les dernières données statistiques de 2025, la demande en alevins explose sur le marché. À titre d'exemple, au niveau du barrage de Samendeni, la demande est passée à près de trois millions d'alevins (2 880 000), et à plus de quatre millions cinq cent (4 578 700) à Bagrépôle en 2025.

Sur sa ferme à ciel ouvert, une dizaine de bassins hors-sol, alignés sur le long de la parcelle. Les plus grands abritent les géniteurs, et les autres, les plus petits, contiennent les alevins, âgés d'une semaine à deux mois. Dans cette petite ‘'maternité'' aquacole, sortent déjà des milliers d'alevins qui pourvoient le marché, notamment l'empoissonnement des cages flottantes, et d'autres types d'infrastructures piscicoles de la région du Guiriko, ex-région des Hauts-Bassins.

En attendant le réveil des employés, une famille de personnes déplacées internes (PDI) que le couple a accueillie sur le site et qui est en même temps à la charge de la ferme, Bintou Drabo anticipe le programme du jour. Saisissant le sac à moitié plein de granulés d'aliments dans le magasin de stockage, et d'une baule, elle engage le jet de granulés dans l'eau trouble des bassins, mais aucun spectacle habituel de poissons. Marquant une pause et observant les reflets des tremblements de l'eau, son diagnostic est fait. « Ils ont froid », lâche-t-elle avec un sourire. Selon la piscicultrice, les poissons ne sortent pas de leur cachette quand il fait frais, il faut forcément attendre le lever du soleil pour les nourrir.

Vue des cages flottantes pendant les unes des autres sur le barrage de Samendeni

À une vingtaine de kilomètres de sa ferme, au sud de Bama, sur le barrage de Samendéni, le 3e plus grand barrage du Burkina, une autre piscicultrice développe elle aussi son activité piscicole. Ici, il s'agit du grossissement en cages flottantes. Aminata Koné/Diallo est l'une des quatre femmes parmi les 160 personnes engagées sur le barrage pratiquant de la pisciculture en cages flottantes, s'inscrivant dans le cadre de la promotion de ladite technologie, a souligné le chef de service de la pisciculture du Guiriko, Wendpouire Wangrawa, expliquant que les femmes ont bénéficié de cages flottantes, des alevins et d'aliments pour améliorer leur productivité. C'est ce qui crée d'ailleurs une certaine mobilisation des femmes autour de la pisciculture en cages flottantes comme également dans les bacs et bassins de la région. De façon générale, selon M. Wangrawa, le Guiriko enregistre au total 67 pisciculteurs et 10 piscicultrices dans les fermes, ainsi que 160 hommes et quatre femmes en ce qui concerne les cages flottantes.

…”sérieux, vigueur et stabilité”

Ce lundi 24 novembre 2025, Mme Koné nous embarque avec ses deux techniciens pour une visite guidée de ses cages flottantes installées sur Samendéni. Sur place, deux autres, spécialisés dans l'alimentation des poissons et la manœuvre de la pirogue et résidents de la localité, attendent déjà au bord, avec des gilets de sauvetage. Quelques minutes pour enfiler et ajuster nos gilets, et nous embarquons à cinq. L'engin disparaît au rythme des vagues de l'étendue d'eau, dont les limites sont impossibles à discerner.

L'un des agents des cages flottantes de Mme Koné donnant à manger aux poissons sur le barrage de Samendeni

Au milieu de l'eau, à une vingtaine de kilomètres des berges, la pirogue se faufile entre plusieurs cages, avant de tanguer devant une de la liste. Les deux capitaines attachent rapidement les cordages, passent à l'action et ‘'bon appétit'' aux poissons, pendant que la propriétaire, arrêtée tout juste à côté, veille au grain. Rien ne lui échappe. Elle papote de temps à autre, mais reste très attentive, le regard fixé sur le spectacle des poissons, révélant sa maîtrise de son travail, et une sorte de connexion avec ces êtres aquatiques.

Une attitude recommandée, selon le directeur général de la Direction générale des ressources halieutiques, Adam Ouédraogo, lors d'une interview accordée à cet effet. Il s'agit des traits de caractères qu'il faut pour réussir en pisciculture, qu'il résume en ces termes : « Les femmes sont méticuleuses et quand elles abordent un projet, elles l'abordent avec sérieux, vigueur et aussi elles sont stables, elles ne bougent pas beaucoup. » Une analyse appuyée par les deux techniciens d'Aminata Diallo qui sont également des pisciculteurs. Selon Joël Zougmoré, le plus jeune de l'équipe, la pisciculture est vraiment faite pour les femmes, parce que c'est un secteur qui a besoin de quelqu'un de permanent sur place. « Et ce sont les femmes qui sont sur place, donc moi je dirai même que c'est fait pour elles. Parce qu'elles sont à la maison et que leurs esprits ne divaguent pas comme pour les hommes », a-t-il commenté lors de la visite guidée sur le barrage.

« On peut déjà les faire sortir, mais on est en train de voir, on va attendre un peu », nous confie -t-elle. La “business woman” est très stratégique et prévoit plutôt de faire sa récolte pour coïncider avec les fêtes de fin d'année. Pour ces deux cages comptant des centaines de poissons, c'est de l'argent liquide en poche.
Son histoire avec les poissons ne commence pas à Samendéni. Elle pratique déjà, il faut le souligner, la pisciculture en bacs et bassins hors-sol, dans la petite commune de Léguéma. Cette commune de quelques milliers d'âmes, située à une quinzaine de km de Bobo-Dioulasso et qui accueille l'ambitieux projet du nouveau stade de 15 000 places, dont les travaux sont en cours. Aminata Koné est aussi avicultrice et il y a près de trois années qu'elle a été également ‘'mordue'' par le business de la pisciculture intensive. Tout débute avec quelques bassins hors-sol, avant de se déporter à Samendeni, avec les cages flottantes grâce à l'opportunité offerte par l'État dans les deux cas.

Pour cette sociologue de formation, qui a déjà le sens des affaires, la pisciculture offre une multitude de possibilités aux femmes sur toute la chaîne de valeur et elle l'a compris dès le départ. Aujourd'hui, son entreprise tourne à plein régime avec beaucoup de travaux en cours, une écloserie, d'autres bacs et bassins hors-sol en construction…

“Les battantes de Bama”

À côté de ces grandes piscicultrices, l'offensive piscicole permet aussi à des femmes en très grande précarité de regagner leur dignité dans le monde rural où les moyens de production sont concentrés entre les mains des hommes.

Mariam Konaté, la septuagénaire présidente de l'association Mousso Djigui de Bama arrêtée à côté de l'un de leurs bacs hors-sol

Enturbannée d'un foulard coloré, les mains et le visage décharnés par le poids de l'âge, la voix tremblotante, Mariam Konaté, 71 ans, ne peut pas cacher sa joie. Présidente de l'association “Mousso Djigui'”, signifiant en langue locale bambana “Femmes d'espoir”, créée en 2024, elle témoigne : « Si ce n'est pas avec les gens qui sont venus nous aider, on n'aurait jamais entendu parler d'élevage de poisson depuis que nous sommes petites. On savait que les poissons viennent des fleuves, lacs, bas-fonds, rivières, mais élever à l'air libre comme ça, dans un enclos construit, pas encore », souffle-t-elle, fixant les bacs circulaires en tôle installés dans le jardin commun, avec étonnement. Les autres, scotchées autour, se contentent de remuer la tête. « Mais c'est une bonne chose ma fille, sinon nous autres que pouvions-nous encore faire dans la vie ? », questionne-t-elle, ajoutant qu'elles sont presque toutes « des veuves et des vieilles » (elles ont entre 60 et 80 ans).

Mais grâce à cette activité piscicole, ces seniors ont repris leur vie en main, sont à nouveau sur pied, et travaillent à temps plein. Se réjouissant de ce qu'elles découvrent, elles en témoignent presque les larmes aux yeux : « Avant, on était toujours à la maison, soit on garde les petits enfants, soit on est assis et on regarde les gens aller et revenir, mais aujourd'hui, nous aussi, nous pouvons sortir et revenir. » Comme “Mousso Djigui”, d'autres associations féminines de Bama ont également été accompagnées dans la pisciculture hors-sol, à l'image de “Beenafa Kassia” et de “Sabari Kadi”. Ces deux groupements féminins, situés à un jet de pierre de la ferme des séniors, combinent harmonieusement pisciculture et maraîchage. Une forme d'aquaponie (élevage de poissons, et maraîchage grâce à l'eau enrichie en nutriments des poissons) faite à la main et de façon archaïque.

Les femmes du groupement Sabari Kadi scotchées autour du bac regardant avec stupéfaction le spectacle des poissons se nourrissant

Sur leurs différents sites, également en bacs circulaires hors-sol à tôles, l'effet de surprise est d'autant plus frappant. « Avant, nous ne savions pas qu'un poisson s'élevait comme un poulet. Mais grâce à l'accompagnement que nous avons eu, on a testé et ça marche. On a déjà vendu la première récolte, et c'est son argent que nous avons pris pour acheter des alevins pour rempoissonner nos bacs, et c'est ça que vous voyez dedans », décrit la présidente de Beenafa Kassia, Bintou Traoré, révélant que l'activité ne les empêche surtout pas de continuer leur travail de maraîchage. « On utilise plutôt l'eau de poissons pour arroser nos légumes et on n'a plus besoin d'engrais », justifie-t-elle.

La porte-parole du groupement “Sabari Kadi”, Oumou Sawadogo, elle se satisfait de cette nouvelle activité dans laquelle son groupe est engagé, et voit déjà grand. Son souhait, c'est que d'ici à cinq ans, toutes les femmes de Sabari Kadi puissent s'épanouir davantage. Mieux, que ce soient elles qui comblent la demande de la région en poissons-silures et d'autres espèces, prie-t-elle avec un large sourire aux lèvres, expliquant que c'est bien d'être une femme piscicultrice. « D'abord, parce que, pendant les récoltes, en plus de la vente, nous pouvons enlever aussi pour notre alimentation au lieu d'aller acheter. Lorsqu'on vend aussi, les bénéfices qu'on se partage, on peut les utiliser pour aider nos maris dans les charges de la famille », a-t-elle témoigné.

“... et sa résilience…”

Autre terre, même réalité. À près de 600 kilomètres des femmes de Bama et de Samendéni, cette fois dans le Yaadga, ex-région du Nord, où nous étions plus tôt, des femmes portent les mêmes rêves. Dans cette partie du pays où la question d'eau reste un défi majeur, moins de 1 000 mètres cubes par an, l'activité piscicole intéresse également les femmes.

À Tougzagué, dans l'un des quartiers périphériques de Ouahigouya (chef-lieu de ladite région), une image inhabituelle attire le regard des passants pressés de rejoindre leurs champs en ce début de la saison des récoltes.

Jeanne Compaoré, la présidente de la coopérative Teele Taaba de Ouahigouya nourrissant passionnément ses poissons

Une quinquagénaire, Jeanne Compaoré, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, assure ce 27 octobre, très tôt, son “Zeeré” (travail matinal des femmes au pays moaga), dans sa ferme piscicole. Penchée seule sur l'un des bassins, les pieds nus dans la boue, et le visage rempli de sueur, elle le vide de son eau puante, pendant que certaines passantes solidaires, lui donne un coup de main.

Se relayant tour à tour, elles nettoient en même temps l'intérieur des deux bassins, avant de les remplir à nouveau. Après plus d'une heure de solidarité, faite d'ambiance, de papotage, les tâches sont accomplies avec succès, nécessitant une petite pause bien méritée, dans les éclats de rire, avant la séparation. Pendant que les autres femmes se retirent, la “matrone” enchaîne avec l'alimentation des poissons se débattant dans la nouvelle eau à la recherche de la moindre nourriture.
De ses yeux sombres marqués par le soleil brûlant de ce 27 matin se cache un combat, le refus d'abandonner l'activité, malgré les échecs répétés.

Il y a moins d'une semaine, elle a perdu près d'une moitié de ses poissons due à une mortalité, dont elle ignore la cause. C'est justement pour ces genres de déconvenues que beaucoup de membres ont abandonné l'activité entre ses mains. Pour la petite histoire, Jeanne Compaoré est la représentante de la coopérative “Teelé Taaba”, en langue mooré “Soutenons-nous”, dont les membres s'étaient au départ engagés solidairement pour l'activité piscicole grâce au soutien de l'un des partenaires locaux de l'État, l'Association formation développement ruralité (AFDR). Malheureusement, les mauvaises surprises ont fait que la plupart ont abandonné, la laissant presque seule à poursuivre l'aventure, a-t-elle laissé entendre, dans une voix teintée de tristesse.

Mais elle y tient mordicus. Malgré la mortalité des poissons, la rudesse du travail et son exigence, dame Compaoré refuse de jeter l'éponge comme les autres, parce qu'elle y a mis tout son cœur. « On peut avoir beaucoup de difficultés dans une activité, mais quand on a le cœur pour le faire, on continue jusqu'à ce que ça marche », lance-t-elle, toujours déterminée. Jeanne Compaoré veut être comptée parmi les pionnières (150 au plan national) qui ont tracé le chemin aux autres dans la pisciculture qui est loin d'être le terrain habituel de la gent féminine. En la matière, la FAO indique d'ailleurs dans l'un de ses articles publiés en 2022 que le secteur a été considéré à tort comme un monde d'hommes pendant des décennies. Alors que les femmes y ont toujours été présentes et connaissent aujourd'hui une forte augmentation en lançant leur propre entreprise dans tous les domaines du secteur. Tout en précisant qu'à travers le monde, plus de 50 millions de femmes prennent part à la pêche et à l'aquaculture et leurs contributions aux revenus des ménages et aux communautés ne peuvent pas être ignorées.

Dans la pratique, de nombreuses difficultés démotivent les unes, poussent d'autres à abandonner, mais les plus coriaces y tiennent, s'y accrochent et certaines finissent par s'y installer confortablement. Le souci majeur qu'elles rencontrent est lié au manque de techniciens qualifiés et disponibles lorsqu'elles sont dans le besoin d'une assistance. « Parce qu'on veut, quand on a un problème, qu'on sache à qui s'adresser, sinon ça ne sert pas d'investir dans une chose où on ne fait qu'enregistrer perte sur perte. On s'est retrouvées avec les gens qui n'ont pas l'expérience du terrain. Nous étions comme des “cobayes” pour eux et cela nous a causé beaucoup de pertes », déplore Mme Koné.

Une autre difficulté également relevée est relative à la mauvaise qualité des alevins proposés sur le marché et à la non-prise en compte des alevineurs dans la liste des accompagnements. Concernant ce dernier point, Bintou Ouédraogo, qui est alevineuse, déplore le manque d'accompagnement à leur égard, alors que tout part de là. « Si on a des alevins de bonne qualité dès le départ, on aura aussi de bons poissons comme produit fini et on évitera les grandes mortalités dans les fermes », professe-t-elle.

Moustapha Alassane Tassembedo, le directeur général des ressources halieutiques parlant de l'enjeu de l'implication des femmes pour atteindre les objectifs des 100. 000 tonnes de poissons

Aux dires du directeur général, les questions d'insuffisances en capital humain sont déjà connues de son service, mais il y a un travail qui est en train d'être fait sur le terrain pour leur permettre de mener à bien leurs activités, mais aussi les autres acteurs du secteur, rappelant que l'activité est à ses débuts et c'est avec l'expérience que les problèmes se résoudront au fur et à mesure. En termes de solutions en cours, Adam Ouédraogo a fait cas de la création des fermes d'alevinage pour produire des alevins de qualité à mettre à la disposition des pisciculteurs et piscicultrices.

Pour la question de la main-d'œuvre qualifiée et de qualité, Moustapha Alassane Tassembedo parle d'une collaboration avec le monde de la recherche et également de la formation des “ouvriers à la carte” à l'ENESA (École nationale de l'élevage et de la santé animale) pour accompagner les pisciculteurs et piscicultrices sur le terrain. L'objectif visé, selon lui, c'est d'avoir plus de femmes dans le domaine, et qu'elles arrivent à produire même la moitié des 100 000 tonnes fixées par an. C'est-à-dire, les 50 000, parce qu'avec les résultats qu'on a déjà, elles sont leaders, notamment dans les cages flottantes et sur les bons spectaculaires des 17 000 tonnes produites, elles représentent les 10 % de cette production.

C'est pour dire qu'elles ont un potentiel qu'il faut valoriser, et elles sont surtout une valeur sûre qui nous permettra d'atteindre les objectifs fixés, mais aussi le fait de les intégrer obéit à la politique de l'équité pour avoir une pisciculture inclusive et participative. C'est pour cela que nous les « capacitons » en connaissances à travers les formations et facilitons la mobilisation des fonds. Et elles ont eu les plus gros montants, et concernant les remboursements, on leur facilite le payement », a expliqué le premier responsable de la direction générale des ressources halieutiques.

Yvette Zongo
Lefaso.net

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Burkina : Les entreprises avec un chiffre d'affaires d'au moins 5 milliards de francs CFA annuels désormais tenues d'avoir un siège sur le territoire national

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 30/12/2025 - 12:39

L'Assemblée législative de transition a adopté ce lundi 29 décembre 2025 le projet de loi portant obligation pour les grandes entreprises de construire un siège au Burkina Faso. Les 68 députés votants ont, à l'unanimité, voté ce projet composé de six chapitres répartis en quatorze articles.

Le gouvernement était représenté à cette séance par la ministre déléguée chargée du budget, Fatoumata Bako. La session, elle, était présidée par le 4ᵉ vice-président de l'Assemblée législative de transition, Daouda Diallo.

Le contexte sécuritaire que connaît le Burkina Faso peut faire croire à un désintérêt des investisseurs pour le pays. Pourtant, il n'en est rien. « Le Burkina Faso connait une attractivité croissante auprès des investisseurs nationaux et internationaux, avec une implantation significative de grandes entreprises dans les secteurs miniers, des télécommunications, des services financiers, de l'agro-industrie et des infrastructures », lit-on comme réponse du ministre secrétaire général du gouvernement, Ousmane Ouattara, lors des travaux avec la Commission des finances et du budget.

Toutefois, cette dynamique d'investissement ne s'accompagne pas systématiquement d'un ancrage territorial durable. Tout en bénéficiant du marché burkinabè, de nombreuses grandes entreprises maintiennent leurs sièges sociaux à I'étranger ou opèrent sans infrastructures permanentes significatives sur le territoire national. « Cette situation génère des déséquilibres économiques structurels : Défis fiscaux : I'absence de siège physique complique l'établissement de la résidence fiscale, favorisant l'érosion de la base d'imposition et le transfert des bénéfices », a-t-il indiqué.

La séance plénière a été présidée par Daouda Diallo

Par ailleurs, cela engendre un faible effet d'entraînement. « Le potentiel de création d'emplois qualifiés et de développement de l'immobilier d'affaires n'est pas pleinement exploité ; le contrôle est limité car les autorités administratives rencontrent des difficultés dans le suivi et le contrôle des activités économiques des entreprises sans implantation physique permanente ; la souveraineté économique se voit réduite, au regard de la faible matérialisation de la présence des grands investisseurs, ce qui limite leur contribution au développement économique local et national », a-t-il ajouté.

« Siège de l'entreprise », au sens de ce projet de loi, désigne l'immeuble principal installé au Burkina Faso, abritant les organes de direction et les services centraux, et constituant le lieu de résidence fiscale. « Il ne s'agit pas nécessairement du siège social (mondial) de l'entreprise, mais d'un siège opérationnel et fiscal significatif sur le territoire national », a clarifié le ministre secrétaire général, Ousmane Ouattara.

Une fois cette loi entrée en vigueur, les grandes entreprises, nationales comme internationales, qui réalisent un chiffre d'affaires annuel hors taxe d'au moins 5 milliards de francs CFA sur les trois dernières années auront six mois pour proposer un projet immobilier aux services compétents. « Ce délai est jugé raisonnable pour permettre aux entreprises de préparer un dossier complet (plans, budget, calendrier) », a-t-il précisé. Une fois le projet immobilier adopté, l'entreprise a 36 mois, à compter de la date d'adoption, pour la construction, lit-on à l'article 5 de la loi.

Le présent projet de loi soumis à l'Assemblée législative de transition (ALT) ce lundi 29 décembre 2025 s'inscrit, dit-il, en droite ligne des orientations stratégiques du gouvernement. Il vise à renforcer la souveraineté économique nationale ; améliorer la mobilisation des ressources fiscales internes ; promouvoir un développement économique inclusif et durable ; créer des pôles d'excellence et d'emplois qualifiés dans les centres urbains.

« Par ailleurs, ce projet prévoit un régime incitatif équilibré, accordant des avantages fiscaux et douaniers temporaires pour accompagner les entreprises dans cette transition, tout en garantissant le respect des standards de qualité architecturale et de durabilité environnementale… Cette initiative rejoint les meilleures pratiques observées dans plusieurs pays émergents qui ont instauré des obligations similaires, avec des résultats positifs en termes d'investissements immobiliers, de création d'emplois et de renforcement des recettes fiscales », lit-on du rapport issu des travaux de la Commission des finances et du budget (COMFIB).

On a, en guise d'exemple, l'Angola, le Ghana, l'Indonésie, la Malaisie. « Ce projet de loi constitue une mesure légitime de politique économique visant à ancrer les investissements et à favoriser le développement local, sans introduire de restrictions aux échanges ou aux investissements contraires aux accords internationaux. Par ailleurs, les avantages fiscaux conditionnels prévus sont conformes aux cadres internationaux. Ils sont ciblés, non cumulables et ne créent pas de distorsion de concurrence. Le Burkina Faso réaffirme ainsi son respect de ses obligations internationales tout en exerçant son droit souverain à adopter des mesures pour structurer son économie », précise le ministre secrétaire général.

À la question de savoir si cette loi ne sera pas son propre bourreau, la ministre en charge du budget, Fatoumata Bako, répond : « Beaucoup d'entreprises disposent de terrains dans ce sens-là… Beaucoup ont commencé à mettre en valeur leurs terrains… et je dirai que c'est peut-être le Burkina qui est un peu en retard dans ce domaine. Ça ne viendra pas comme quelque chose de nouveau pour les grandes entreprises car elles sont bien au courant de ce genre de dispositions (…) Il est vrai que cela peut constituer un risque, mais nous avons bon espoir que les grandes entreprises n'en feront pas une difficulté majeure, d'autant plus qu'il y a des conditions pour les accompagner. »

La ministre Fatoumata Bako était la représentante du gouvernement ce 29 décembre

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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