Produite à partir de graines de ricin, la ricine est une toxine glycoprotéique 6 000 fois plus toxique que le cyanure, ce qui en fait le poison le plus puissant parmi les végétaux, au point d’être considérée comme une arme biologique. En effet, quand elle est inhalée, elle provoque rapidement un œdème pulmonaire et donc...
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Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis ont mené une opération militaire au Venezuela, ayant abouti à l’enlèvement du président Nicolás Maduro. Bien qu’officiellement justifiée par la lutte contre le narcotrafic et par les menaces supposées que le régime de Nicolás Maduro ferait peser sur la sécurité intérieure des étatsunienne, la question énergétique apparaît comme centrale aux raisons de cette opération. Le pétrole, en particulier, occupe une place clé dans la vision stratégique de Donald Trump, qui fait des ressources énergétiques un instrument de puissance et une priorité nationale assumée. Le point avec Francis Perrin, directeur de recherche à l’IRIS et spécialiste des questions énergétiques.
Au regard de ce que représente le Venezuela sur le plan pétrolier, en termes de réserves, de production et de place dans les équilibres énergétiques mondiaux, comment comprendre la stratégie de Washington ? Quelles sont ses ambitions à court et/ou à long terme ?
Le Venezuela est effectivement un gros enjeu pétrolier, surtout en matière de réserves prouvées. Plusieurs sources clés, telles que l’OPEP et l’U.S. Energy Information Administration, citent un chiffre de 300 milliards de barils. Tout le monde n’est pas d’accord avec cette estimation mais il est certain que ce pays a un très gros potentiel. Si l’on retient le chiffre de 300 milliards de barils, le Venezuela contrôlerait les plus grosses réserves prouvées d’or noir dans le monde devant l’Arabie saoudite. Paradoxe, ce pays produit assez peu et exporte assez peu de pétrole. Pour la production de brut, on est sur un niveau compris entre 800 000 barils par jour et 1 million de barils par jour (b/j) seulement au cours des derniers mois, soit moins de 1 % de la production pétrolière mondiale et dix à onze fois moins que l’Arabie saoudite, deuxième producteur mondial après les États-Unis. En termes de classement, le Venezuela n’est qu’à la 18e-20eplace, selon la période considérée. Il y a 25 ans environ, cette production était le triple au moins de ce qui est enregistré aujourd’hui. C’est donc un véritable effondrement depuis le début de ce siècle.
Au sein de l’administration Trump, on estime, notamment le président et le vice-président, que le Venezuela a volé du pétrole aux États-Unis, allusion à des nationalisations/expropriations, vers la fin des années 2000, d’actifs contrôlés en partie par des firmes américaines. Dans cette vision des choses, il convient donc de se faire rembourser de gré ou de force. Autre élément clé, contrôler le pétrole vénézuélien, c’est accroître le pouvoir des États-Unis sur le marché pétrolier mondial et sur les prix du pétrole, notamment dans une perspective de moyen et de long terme. Cela pourrait contribuer à faire baisser les prix du pétrole, ce qui est un objectif explicite de Donald Trump depuis un an. Par ailleurs, prendre le contrôle des exportations pétrolières du Venezuela, ce que Washington a obtenu il y a quelques jours, permet de frapper plusieurs oiseaux avec une seule pierre : Cuba ne pourra plus importer de pétrole vénézuélien à des conditions commerciales très favorables et la Chine, qui est le principal acheteur de brut du Venezuela, ne pourra plus bénéficier de ce pétrole gratuitement ou presque. Comme le dit Marco Rubio, secrétaire d’État et conseiller à la sécurité nationale, nous ne voulons pas que des pays extérieurs au continent américain et qui sont nos adversaires contrôlent des actifs stratégiques dans notre région, une référence on ne peut plus claire à la Chine. Enfin, utiliser le pétrole comme moyen de pression via le contrôle des exportations est un moyen efficace de faire en sorte que les autorités vénézuéliennes s’éloignent de l’Iran et du Hezbollah. On peut obtenir beaucoup de choses avec le pétrole.
Quel impact cette prise de contrôle ou mise sous influence du pétrole vénézuélien par les États-Unis a-t-elle ou peut-elle avoir sur les marchés pétroliers mondiaux ? À quels types de réactions doit-on s’attendre de la part des autres grands acteurs du pétrole dans le monde, voire des États qui seront les plus impactés par cette captation ?
C’est vraiment une prise de contrôle. Les États-Unis imposent une quarantaine pétrolière contre le Venezuela avec une force navale impressionnante et vont commercialiser le pétrole et les produits raffinés exportés par le pays. Le produit de ces exportations sera déposé sur des comptes bancaires en dehors du Venezuela et le gouvernement de ce pays n’aura pas la main sur ceux-ci. C’est le président Trump qui décidera d’allouer à Caracas une certaine part (non déterminée à ce jour) de ces recettes. Le nœud coulant est donc très serré.
L’impact sur le marché pétrolier est très limité pour l’instant. Entre le 2 janvier, veille de l’action militaire américaine à Caracas, et le 9 janvier, le prix du pétrole Brent de la mer du Nord a augmenté de près de trois dollars seulement. De plus, il n’y a pas que le Venezuela dans l’actualité pétrolière mondiale. Il faut aussi intégrer la guerre en Ukraine et la montée des tensions en Iran. Cela signifie que l’impact propre de la situation au Venezuela est très faible, voire quasiment nul. Cette indifférence des marchés s’explique par le fait que ce pays produit assez peu de pétrole, comme indiqué ci-dessus, et que le marché pétrolier mondial est très bien approvisionné. En raison de la hausse de la production de plusieurs pays américains (États-Unis, Canada, Brésil, Guyana et Argentine) et de plusieurs pays faisant partie de la coalition OPEP+, dont l’Arabie saoudite, l’offre pétrolière mondiale augmente beaucoup plus fortement que la demande et il n’y a donc pas d’inquiétudes à avoir sur l’équilibre offre/demande à court terme. Les marchés pétroliers seraient évidemment plus affectés si le Venezuela pouvait augmenter de façon importante sa production et ses exportations mais ceci demanderait beaucoup de temps et beaucoup d’investissements.
Comme le reste du monde, les acteurs pétroliers sont sidérés par ce qui s’est passé à Caracas le 3 janvier ainsi que par les suites pétrolières de cette opération militaire. Les grandes compagnies pétrolières sont incitées par l’administration Trump à investir des dizaines de milliards de dollars au Venezuela mais elles restent pour l’instant très prudentes au regard des incertitudes politiques et économiques considérables dans ce pays. L’Iran et Cuba font face à de très gros problèmes internes. L’Union européenne pense d’abord à la guerre en Ukraine, à ses relations avec les États-Unis et à l’avenir de l’OTAN et ne tient pas trop à indisposer Donald Trump. Quant à la Chine, elle comprend bien ce qui est en jeu et elle voit clair dans la stratégie de Washington mais il lui faudra un peu de temps pour préparer sa riposte. Les États-Unis sanctionnent également l’Iran et la Russie, deux pays dont la Chine est aussi le plus grand marché pour leurs exportations pétrolières.
Ce qui se passe au Venezuela marque-t-il, selon vous, un retour du pétrole comme outil central de puissance et de pression géopolitique ? Ce retour pourrait-il influencer les trajectoires énergétiques mondiales, notamment les ambitions liées à la transition verte ?
On peut difficilement parler de retour car cela supposerait que le pétrole n’était plus un outil central de puissance et de pression géopolitique. Il l’est depuis longtemps et le restera encore longtemps. Bien sûr, un outil central ne veut pas dire le seul outil central. De même, pour le Venezuela, le pétrole n’est pas le seul élément clé mais il est un élément clé. On peut aussi penser à des situations tout à fait différentes comme la guerre en Ukraine et une partie des tensions et conflits au Moyen-Orient. Et l’administration Trump a bien compris ce rôle central du pétrole.
Les ambitions de décarbonation au niveau mondial se heurtent à plusieurs obstacles, dont le poids du pétrole et celui des énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz naturel). Elles représentent en effet de l’ordre de 80 % la consommation mondiale d’énergie et font preuve de beaucoup de résilience. Derrière le pétrole, il y a aussi beaucoup d’intérêts, qu’ils soient étatiques ou non-étatiques. Et le retour au pouvoir il y a un an de Donald Trump, qui considère le changement climatique et les énergies « vertes » comme des arnaques, dont l’un des slogans clés est le fameux « Drill baby, drill » et qui soutient à fond toutes les énergies fossiles, est un très gros obstacle. Après avoir retiré son pays de l’Accord de Paris sur le climat (COP21, Paris, décembre 2015) le 20 janvier 2025, le président américain a annoncé il y a quelques jours le retrait des États-Unis de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et du GIEC. La COP30, qui s’est tenue en novembre 2025 à Belém au Brésil, n’a pas été un grand succès, c’est le moins que l’on puisse dire.
On annonce depuis longtemps le déclin du pétrole mais il se porte très bien pour l’instant. La consommation et la production mondiale sont à des niveaux record et continuent à croître, le marché pétrolier est très bien approvisionné et les prix sont relativement bas, en tout cas actuellement. Cela dit, on constate une croissance très rapide des énergies solaire et éolienne depuis plusieurs années et une réelle décarbonation progressive du secteur de la production d’électricité. À ce jour cependant, la part des énergies fossiles n’a pas commencé à décliner. Cela se produira mais elles resteront dominantes pendant encore pas mal de temps.
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La publication par la Maison-Blanche le 5 décembre dernier du document sur la « stratégie de sécurité nationale des États-Unis »1 -ou NSS2025-a suscité de nombreuses réactions, portant en particulier sur le traitement attribué à l’Europe dans ce programme. Il révèle, au-delà de perspectives stratégiques, une nouvelle vision du monde et du rôle des États-Unis dans les prochaines années. Ce document, expression d’une « doctrine MAGA »2 constitue une véritable révolution idéologique et politique par rapport à son prédécesseur, publié par l’administration Biden en 2022, le NSS20223, qui actait lui-même une rupture tenant au changement profond de l’environnement international qui s’imposait alors. Si on peut relever combien ces documents s’opposent systématiquement, presque terme à terme, c’est la divergence de leur vision de la nature de la suprématie américaine que nous examinerons ici.
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Global public goods (GPGs) are goods that are produced locally but have global effects. GPGs are essential for securing global development. The climate and biodiversity crises, pandemics, as well as fragility, conflict and violence are threatening livelihoods and well-being around the world, and addressing them would have enormous positive economic and social effects. However, the cross-border externalities involved are not being fully taken into account by countries, and hence these GPGs are still underprovided compared with what would be globally optimal. One year ago, the World Bank launched the Framework for Financial Incentives (FFI) to strengthen the support of GPGs in its operations. This novel instrument encourages countries to implement investment projects and policies that have positive spillovers to other countries by offering targeted financial incentives. As a core element of the World Bank’s Evolution reform, the FFI reflects the recognition that relatively modest investments in client countries can generate substantial global benefits – for other developing and emerging economies as well as for the Bank’s shareholder countries. Its challenges lie in incorporating the non-financial aspects of GPGs and the multi-faceted motivations to provide them in bankable operations. This policy brief discusses the relevance of GPGs for development and presents the World Bank’s approach to supporting their provision in client countries through the FFI. The key takeaways are:
• GPGs are not all those that are commonly shared or agreed upon as goals but are defined by the specific problem structure that the involved cross-border externalities entail.
• Investment in GPGs can generate substantial benefits – not only for developing and emerging economies, but also for high-income countries that make up the World Bank’s largest shareholders. Consequently, both out of enlightened self-interest and as a cost-effective way to advance global sustainable development at a time when international development budgets are undergoing significant reductions, shareholder countries should increase their contributions to the FFI. This applies in particular to those provided to the Livable Planet Fund, which provides the essential grant financing for countries’ GPG-related projects.
• To retain and strengthen confidence among stakeholders, the FFI must deploy its resources efficiently. This implies offering grants only when projects’ overall domestic benefits are insufficient to motivate countries to provide GPGs on their own, and extending loans instead when client countries have sufficient self-interest to ensure repayment. The assessment of costs and benefits is complex, but it should improve with experience and become increasingly standardised. To signal its effectiveness, the FFI should pursue full transparency in its allocation decisions and undertake systematic impact assessments.
Global public goods (GPGs) are goods that are produced locally but have global effects. GPGs are essential for securing global development. The climate and biodiversity crises, pandemics, as well as fragility, conflict and violence are threatening livelihoods and well-being around the world, and addressing them would have enormous positive economic and social effects. However, the cross-border externalities involved are not being fully taken into account by countries, and hence these GPGs are still underprovided compared with what would be globally optimal. One year ago, the World Bank launched the Framework for Financial Incentives (FFI) to strengthen the support of GPGs in its operations. This novel instrument encourages countries to implement investment projects and policies that have positive spillovers to other countries by offering targeted financial incentives. As a core element of the World Bank’s Evolution reform, the FFI reflects the recognition that relatively modest investments in client countries can generate substantial global benefits – for other developing and emerging economies as well as for the Bank’s shareholder countries. Its challenges lie in incorporating the non-financial aspects of GPGs and the multi-faceted motivations to provide them in bankable operations. This policy brief discusses the relevance of GPGs for development and presents the World Bank’s approach to supporting their provision in client countries through the FFI. The key takeaways are:
• GPGs are not all those that are commonly shared or agreed upon as goals but are defined by the specific problem structure that the involved cross-border externalities entail.
• Investment in GPGs can generate substantial benefits – not only for developing and emerging economies, but also for high-income countries that make up the World Bank’s largest shareholders. Consequently, both out of enlightened self-interest and as a cost-effective way to advance global sustainable development at a time when international development budgets are undergoing significant reductions, shareholder countries should increase their contributions to the FFI. This applies in particular to those provided to the Livable Planet Fund, which provides the essential grant financing for countries’ GPG-related projects.
• To retain and strengthen confidence among stakeholders, the FFI must deploy its resources efficiently. This implies offering grants only when projects’ overall domestic benefits are insufficient to motivate countries to provide GPGs on their own, and extending loans instead when client countries have sufficient self-interest to ensure repayment. The assessment of costs and benefits is complex, but it should improve with experience and become increasingly standardised. To signal its effectiveness, the FFI should pursue full transparency in its allocation decisions and undertake systematic impact assessments.