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Agrégateur de flux

Price Hikes at the Pump Destabilize Southeast Asian Politics

Foreign Policy - mar, 17/03/2026 - 06:00
Indonesia, for one, has a bloody history of fuel-related riots.

L’aéroport de Mavivi, seule porte aérienne opérationnelle du Nord-Kivu, mais aux infrastructures insuffisantes

Radio Okapi / RD Congo - mar, 17/03/2026 - 05:35



L’aéroport de Beni-Mavivi est devenu la principale porte d’entrée aérienne de la province du Nord-Kivu. Cette situation est consécutive à la fermeture de l’aéroport international de Goma depuis plus d'un an.

L’aéroport de Goma est fermé après l'occupation par l'AFC/M23. Cette fermeture perturbe fortement les liaisons aériennes dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), selon des témoins

Catégories: Afrique, France

INTERVIEW - Karin Kayser-Frutschi: «Die Schweiz ist für die anderen Länder ein Unsicherheitsfaktor»

NZZ.ch - mar, 17/03/2026 - 05:30
Die Kantone wollten klären, wer für die Abwehr von Drohnen zuständig sei, sagt die Präsidentin der Konferenz der Kantonalen Justiz- und Polizeidirektoren. Gleichzeitig fordert sie mehr Geld für die Sicherheit. Denn hybride Angriffe würden «massiv» zunehmen.
Catégories: Central Europe, Swiss News

Europe Cannot Be a Military Power

Foreign Affairs - mar, 17/03/2026 - 05:00
Why defense integration could fracture the continent.

Malaysia and Indonesia Shouldn’t Ban YouTube for Under-16s

TheDiplomat - mar, 17/03/2026 - 03:17
One of the great storehouses of public information may soon become collateral damage in the region's child social media bans.

The UK’s Ban on Student Visas for Myanmar Students Is an Insult to a Nation in Turmoil

TheDiplomat - mar, 17/03/2026 - 03:10
The decision contradicts the values that the U.K. claims to represent, to say nothing of its supposed support for democracy in Myanmar.

Vietnam Asks Japan, South Korea For Help Accessing Crude Oil Supplies

TheDiplomat - mar, 17/03/2026 - 02:51
With one of the smallest "petroleum buffers" in the region, the Iran war could hit the Vietnamese economy with particular force.

Belgian biotech AMR breakthrough as WHO warns antibiotic pipeline is failing [Advocacy Lab]

Euractiv.com - mar, 17/03/2026 - 01:41
Race for new antibiotics intensifies as WHO warns drug pipeline remains thin, and remains structurally unfit to support antibiotic innovation

'Fire came from the sky and burned them' - life on the brink of civil war in South Sudan

BBC Africa - mar, 17/03/2026 - 01:08
Some 50,000 people are told to flee their homes as the army warns of a huge military offensive in Jonglei state.

Myanmar Parliament Convenes For First Time Since 2021 Coup

TheDiplomat - mar, 17/03/2026 - 00:45
The meeting follows a controversial multi-phase election that was dominated by the military-backed Union Solidarity and Development Party.

Les Rafale français bientôt à court de missiles air-air MICA ?

France24 / France - mar, 17/03/2026 - 00:20
Dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient et alors que les Rafale français défendent, eux aussi, le ciel des Émirats arabes unis, Sébastien Lecornu va réunir ce mardi à Matignon plusieurs ministres et responsables civils et militaires pour évaluer la capacité des industriels à répondre aux commandes. Et notamment se pose la question des munitions, précisément les fameux missiles air-air MICA. 

Éducation : Dans certaines périphéries de Ouagadougou, l'intégration des élèves déplacés se construit grâce à des écoles solidaires

Lefaso.net (Burkina Faso) - lun, 16/03/2026 - 23:00

Quand Vanessa Naré prend place dans sa classe de CM2 à l'école de Koumdayonré de l'arrondissement 8 de Ouagadougou, son sourire ne trahit pas son vécu. Originaire de Titao, elle a dû pourtant quitter sa terre natale avec sa famille pour rejoindre Ouagadougou, comme tant d'autres enfants déplacés par l'insécurité. À Yagm Koudogo B, à Marcoussis A, comme à Koumdayonré, des centaines d'élèves vivent aujourd'hui le même apprentissage. Celui de reprendre le chemin de l'école après une rupture, de retrouver des repères et d'apprendre à vivre avec d'autres.

Vanessa Naré, une douzaine d'années, a du mal à fixer les gens. La jeune élève, malgré le sourire timide qu'elle affiche, a vécu des moments peu reluisants. Originaire de la zone de Titao, dans le nord, la Vanessa aujourd'hui en classe de CM2 garde encore en mémoire le bouleversement brutal qui a conduit sa famille à quitter son village. Comme beaucoup d'enfants déplacés internes, elle a vu son univers se refermer en quelques jours. Quitter son école de force, abandonner les repères et suivre ses parents dans un déplacement imposé vers Ouagadougou, sans savoir si le retour serait possible. À son arrivée dans la capitale, elle a découvert un autre paysage avec des visages inconnus et surtout l'incertitude sur la suite de sa scolarité.

À l'école primaire publique de Koumdayonré, où elle est aujourd'hui inscrite, Vanessa reconnaît que les premiers jours ont été difficiles. La peur du monde, la crainte de ne pas trouver sa place parmi les autres élèves autochtones, le poids de ce qu'elle avait laissé derrière elle rendaient chaque matin lourd à porter. Puis l'accueil a changé le cours des choses pour elle. Peu à peu, les enseignants l'ont mise en confiance. Les autres élèves l'ont intégrée à leurs groupes de travail, puis à leurs jeux. Aujourd'hui, Vanessa dit se sentir à l'aise dans son établissement. Son intégration dépasse même le cadre scolaire. Elle fait partie de la troupe théâtrale de l'école, mobilisée pour sensibiliser les élèves à la cohésion sociale et au vivre-ensemble. Sur scène, elle joue parfois des scènes inspirées de situations réelles : le rejet, la peur, l'accueil, la solidarité. Son parcours illustre une réalité plus large : derrière chaque élève déplacé intégré, il y a un patient travail collectif.

L'école primaire publique de Yagm Koudogo B enregistre pour cette année scolaire 2025-2026 136 élèves déplacés internes selon sa directrice

Des écoles sous pression mais solidaires

Les chiffres des élèves déplacés internes traduisent une pression considérable sur les zones d'accueil. La province du Kadiogo n'est pas en reste avec plusieurs écoles de périphérie qui absorbent des EDI. À l'école primaire publique de Yagm Koudogo B, la directrice Aguératatou Ouédraogo Saba parle d'un défi quotidien. Pour cette année scolaire 2025-2026, son établissement accueille 136 élèves déplacés internes. Dans des salles déjà pleines, chaque nouvel élève impose une redistribution des places, une adaptation des groupes pédagogiques, et une gestion différente des rythmes d'apprentissage. Mais pour elle, le défi principal n'est pas seulement logistique.

« Ce sont des élèves qui ont vécu des situations traumatisantes. Leur intégration est souvent difficile parce qu'ils arrivent parfois sans matériel, sans repères, et avec des réactions liées à ce qu'ils ont vécu », explique-t-elle. Grâce à une formation reçue dans le cadre d'un projet d'accompagnement, l'école a élaboré un programme spécifique avec le conseil d'école : cours d'appui pour les élèves de CM2, journées culturelles, séances de sensibilisation à la paix, mise en place d'un comité de veille.

Les enseignants utilisent aussi des outils simples mais efficaces : jeux éducatifs, causeries-débats, sketches, échanges collectifs. Dans certaines classes, un simple bruit inattendu suffit encore à provoquer agitation ou panique chez certains enfants, déplore-t-elle. La directrice reconnaît cependant les limites du système car certains cas nécessitent un accompagnement spécialisé que l'école ne peut assurer seule. « Il y a des élèves qui ont besoin d'être référés. Notre formation psychosociale nous aide, mais ne suffit pas toujours. » Malgré cela, elle observe des progrès nets. « Il y a davantage de tolérance entre élèves, d'amélioration des comportements, et des résultats scolaires jugés satisfaisants pour une majorité des élèves déplacés », se réjouit la directrice.

Reconstruire par l'activité collective

À l'école primaire publique de Marcoussis A, le directeur Aboudou Siéba occupe les enfants pour les aider à reprendre confiance. Son établissement compte aujourd'hui plus de 150 élèves déplacés internes. Ici, l'intégration passe par des activités concrètes : troupe théâtrale, équipe de football, journées de salubrité, cours de soutien, sensibilisation des parents, apprentissage de fabrication de savon. Pour lui, l'école ne peut pas se limiter aux cours. « Quand l'enfant retrouve un collectif, une activité, une responsabilité, il se réinstalle progressivement dans une vie normale. » Le directeur explique que les enseignants ont appris à repérer les signes de stress.

Lorsqu'un élève présente un retrait inhabituel, de l'agitation ou une baisse brutale d'attention, un counseling individualisé est engagé à travers un entretien avec l'enfant, puis avec les parents, afin de prolonger le suivi à domicile. Quand la situation dépasse les capacités de l'école, un référencement vers un spécialiste est envisagé. Les résultats, selon lui, sont visibles : amélioration des performances scolaires, meilleure hygiène, relations plus fluides entre élèves. Il note toutefois que certaines contraintes ralentissent les initiatives : insuffisance de matériel, absence d'électricité pour certaines activités, manque de compétences spécialisées sur des cas complexes.

Dans ces écoles d'accueil, l'autre enjeu est d'éviter que ne se crée une frontière durable entre enfants déplacés et élèves autochtones. À l'école Koumdayonré comme dans les deux précédentes, les enseignants ont compris qu'il fallait aussi travailler avec les élèves déjà installés. Car sans accompagnement, les différences culturelles, linguistiques ou comportementales peuvent alimenter des formes de mise à l'écart. À travers les sketches, les jeux collectifs, les journées culturelles ou les discussions en classe, les établissements construisent des occasions de rencontre.

« J'ai eu l'occasion cette année d'aller connaître au moins 2 ou 3 concessions où ils sont accueillis », indique le directeur de l'école primaire publique Koumdayonré, Valentin Kaboré

Vanessa comme susmentionné, elle-même participe à cette pédagogie du rapprochement. Le directeur de l'école primaire de Vanessa explique que son établissement, situé dans l'arrondissement nᵒ 8, secteur 35, accueille officiellement 93 élèves déplacés internes pour l'année scolaire 2025-2026, un chiffre établi à partir des enfants disposant de documents délivrés par la mairie ou l'action sociale. Selon Valentin Kaboré, ce nombre reste en deçà de la réalité car certains enfants peuvent être dans des familles d'accueil sans toujours apparaître dans les statistiques officielles.

Pour favoriser leur adaptation, l'école a multiplié les séances de sensibilisation à la paix et à la cohésion sociale, les révisions encadrées, les études de nuit et des tournois interclasses de football réunissant élèves déplacés et élèves autochtones. « Les activités menées ont permis un meilleur rapprochement entre les élèves », souligne-t-il, évoquant aussi une amélioration progressive des résultats scolaires et un esprit collectif davantage tourné vers la cohésion.

Comme dans les autres établissements, Valentin Kaboré évoque des difficultés de classes surchargées, les barrières linguistiques et les besoins matériels et fragilités psychologiques. Mais, selon le directeur, des réponses locales ont été trouvées pour contenir ces obstacles. « Il faut d'abord créer la confiance. Tant que l'enfant ne sent pas qu'il est compris et en sécurité, le travail ne peut pas marcher », insiste-t-il. Il rappelle que la plupart de ces élèves ne vivent pas sur des sites structurés, mais dans des familles d'accueil dispersées dans les quartiers, chez des proches ou des parents qui les hébergent.

Une stratégie provinciale pour ne laisser aucun enfant hors de l'école

Pour Alexandre Yaméogo, directeur provincial de l'Éducation préscolaire, primaire et non formelle du Kadiogo, la question dépasse largement les trois établissements concernés. La province du Kadiogo, rappelle-t-il, reçoit depuis plusieurs années un nombre important de familles déplacées. « On ne peut pas laisser ces enfants à la marge du système éducatif », affirme-t-il. Sur instruction des autorités éducatives, un mécanisme de récupération permet d'inscrire les enfants déplacés sans frais de scolarité, même lorsqu'ils arrivent sans document administratif.

Dans les trois écoles actuellement ciblées par le programme d'appui, environ 400 élèves déplacés internes sont recensés. Le choix des établissements n'a pas été fait au hasard mais repose sur une identification préalable des zones recevant les effectifs les plus élevés. Pour Alexandre Yaméogo, l'enjeu est de garantir l'accès à l'école et d'accompagner l'insertion sociale. « Ce sont des enfants qui ont parfois des comportements marqués par ce qu'ils ont vécu. Il faut leur montrer qu'ils sont chez eux, qu'ils ont les mêmes droits que les autres enfants du Burkina Faso. » Il reconnaît cependant que les ressources restent limitées et que l'extension du dispositif dépendra de nouveaux appuis.

Selon Alexandre Yaméogo, directeur provincial de l'Éducation préscolaire, primaire et non formelle du Kadiogo, le projet a apporté une plus-value dans l'insertion sociale, scolaire et socio-éducative des élèves déplacés internes

Si ces expériences tiennent, c'est aussi grâce à des partenaires qui croient en une éducation inclusive et équitable. L'appui de l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) joue un rôle déterminant à travers le Projet d'appui aux initiatives communautaires en faveur de l'éducation en situation d'urgence. Ce projet, actuellement dans sa deuxième phase, vise à renforcer la résilience des écoles confrontées à l'afflux d'élèves déplacés. Concrètement, il soutient la formation des enseignants à l'éducation en situation d'urgence, la prise en charge psychosociale, l'organisation d'activités favorisant la cohésion sociale, l'implication des Comités de gestion d'école (COGES) et la dotation en matériel pédagogique. Dans les établissements bénéficiaires, cette approche modifie profondément la manière d'accueillir. L'école n'est plus seulement un lieu d'enseignement mais un espace de réparation sociale. Les COGES participent à l'identification des besoins, à l'organisation des activités communautaires et au dialogue avec les familles. Cette implication locale renforce l'acceptation du dispositif.

Les deux partenaires se sont d'ailleurs réunis avec les bénéficiaires ce 13 mars 2026 pour faire le bilan des acquis du programme. Les trois écoles présentes au bilan avec les enseignants ont présenté leurs réalisations depuis la rentrée. La majorité des activités d'insertion scolaires sont prévues pour les EDI. Pour la JICA et la Direction provinciale de l'Éducation préscolaire, primaire et non formelle du Kadiogo (DPEPPF), la coopération ne remplace pas les efforts nationaux, mais elle leur donne des moyens de tenir.
Si Vanessa et ses pairs rejoignent leurs camarades avec joie, c'est grâce à l'école qui se veut accueillante, inclusive afin de favoriser la paix et la cohésion sociale.

Les enseignants des 3 écoles se sont réunies pour faire le point de leurs activités du Projet d'appui aux initiatives communautaires en faveur de l'éducation en situation d'urgence

Une cohésion qui cache des dizaines d'heures de vigilance pédagogique, d'écoute, de médiation, de solidarité discrète d'enseignants. À l'échelle nationale, l'urgence éducative, selon le rapport statistique mensuel de l'Éducation en situation d'urgence arrêté au 31 mars 2024, faisait état de 5 319 structures éducatives fermées sur le territoire national, soit environ 20,15 % de l'ensemble des établissements du pays. Cette situation affectait 818 149 élèves, dont 394 293 filles, ainsi que 24 281 enseignants, parmi lesquels 7 413 femmes. Dans le même temps, 1 304 structures éducatives avaient pu être rouvertes, signe d'un effort progressif pour maintenir l'accès à l'école malgré la crise.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Catégories: Afrique, France

Métier d'hôtesse de l'air : Binta Ouédraogo, retraitée, a travaillé 27 000 heures dans les airs

Lefaso.net (Burkina Faso) - lun, 16/03/2026 - 22:58

Pendant 37 ans, de 1987 à 2024, Binta Ouédraogo a exercé le métier d'hôtesse de l'air. Entre les annonces de sécurité, l'assistance aux passagers lors de l'embarquement et du débarquement, et les plateaux-repas servis, elle a travaillé, suspendue en l'air avec joie et abnégation. Depuis 2024, elle est à la retraite, mais il suffit qu'elle parle pour se remémorer ce métier qu'elle a porté comme une identité.

Il y a des vies professionnelles qui se racontent comme une succession de posts. Celle de Binta Ouédraogo, sienne ressemble davantage à une longue traversée. 27 000 heures de vol, accompagnées d'une discipline qui impose d'être prête à toute heure, qu'il fasse jour ou nuit, qu'il y ait une fête ou un deuil. « J'ai été hôtesse de l'air pendant 37 ans, de 1987 à 2024. Donc, 37 ans dans les airs qui m'ont apporté beaucoup de joie, beaucoup de paix et beaucoup d'amour dans ma vie. » À l'époque de son recrutement, devenir hôtesse de l'air au Burkina Faso ne relevait pas encore de l'évidence sociale. L'aviation restait rare, presque cérémonielle. On voyageait peu, on s'habillait pour l'avion comme on s'habillait pour une photographie importante. Dans certaines familles, le métier lui-même demeurait difficile à expliquer. « À l'époque, c'est vrai que ce n'était pas courant de voir une hôtesse de l'air », raconte-t-elle en souriant.

Il y avait déjà les pionniers d'Air Afrique, et à Air Burkina où elle a travaillé, une première promotion avait été recrutée en 1983. Binta appartient à la deuxième. Mais le plus délicat n'était pas le concours, mais comment expliquer ce métier des airs à la maison. « Pour expliquer vraiment à mes parents, c'était un peu épique parce que mes parents sont des illettrés. Donc, il fallait leur expliquer et puis trouver des mots qui ne les choquent pas en son temps », relate-t-elle, en précisant qu'il fallait rassurer sans trop promettre, contourner la peur d'un métier inconnu. « J'ai choisi ce travail parce que, pour le moment, je ne fais rien. Je vais essayer. Si ce n'est pas bon, je laisse », avait-elle dit à ses parents. Et cette promesse provisoire a tenu 37 ans.

Le portrait photo de Binta Ouédraogo habillée en tenue de travail est accroché dans son salon.

Avant même d'entrer en cabine, elle indique qu'elle avait découvert le métier à travers les livres. Elle lisait beaucoup. Dans les romans et récits qu'elle consultait, l'hôtesse apparaissait souvent comme une figure de mobilité, de raffinement, presque de liberté. « Moi, à mon temps, je voyais le côté glamour du travail. » Le glamour existait, dit-elle après exercice, mais seulement vu de loin. De près, il fallait posséder le baccalauréat, réussir les tests, passer une visite médicale poussée, apprendre la rigueur du corps. Le corps, justement, devait rester conforme. « Quand j'ai commencé à travailler, j'avais tendance à l'obésité. Donc, il fallait faire très attention à son alimentation, à ce qu'on boit, à ce qu'on mange », fait-t-elle savoir, soulignant que le métier demandait de surveiller son apparence sans jamais laisser voir l'effort.

Pas de jour férié, pas de week-end

À écouter Binta revenir sur ses années de fonction, on comprend vite qu'une carrière d'hôtesse ne se mesure pas en années, mais en réveils interrompus. Il faut imaginer les horaires cassés, les départs avant l'aube, les valises toujours prêtes, le téléphone qui peut modifier un planning au dernier moment. « Être hôtesse de l'air, il n'y a pas de week-end, il n'y a pas de fête », insiste-t-elle sans se plaindre, mais plutôt comme une norme qu'elle a acceptée très tôt. Le 31 décembre revient souvent dans ses souvenirs. Le chiffre semble avoir été répété tant de fois qu'il en devient presque symbolique. « Le nombre de fois que moi j'ai volé un 31 décembre, je ne saurais compter. » Elle prend pour exemple une situation de réveillon de l'an. Après un atterrissage à 22h40, elle a dû rejoindre une cérémonie toujours en uniforme. « J'étais obligée d'aller directement parce qu'il y avait des amis qui avaient organisé une soirée. »

Selon l'hôtesse de l'air à la retraite, un vol à 8h signifiait être là deux heures avant. Un départ à 1h du matin imposait la même précision. Mais la fatigue ne devait pas supprimer la netteté du sourire. Il faut toujours être non seulement patient et engagé, très engagé ; car, dit-elle, dans une cabine, le moindre relâchement ou la moindre crispation se fait ressentir. Dans cet espace, il faut aussi lire les visages. « Il y a des gens qui sont ouverts, il y a des gens qui sont joviaux, il y a des gens qui sont austères. » Elle indique que les passagers ne montent pas avec la même humeur et pourtant le service, lui, doit rester identique.

« Le métier a beaucoup évolué parce qu'à notre époque, on ne recrutait pas les femmes qui ont déjà des enfants. Mais aujourd'hui ce n'est plus le cas. »

Binta, même si elle a connu différentes époques, appartient à une génération qui a vu l'avion conserver longtemps quelque chose de cérémonial. « En notre temps, quand on voyageait, on mettait son plus bel habit. On achetait une valise, on achetait de beaux habits. » Le passager arrivait avec retenue, parfois impressionné avant même d'embarquer. Et elle, paradoxalement, se sentait plus émerveillée qu'eux. « J'avais un step ahead. C'est-à-dire que j'étais plus émerveillée que ceux que je transportais. »

Le métier lui a donné une géographie particulière. Non celle des cartes postales, mais celle des escales comptées. À Air Burkina, certains vols s'appelaient les « non-stop ». Ce mot, dans leur jargon, désigne les séjours courts, les nuits ailleurs, parfois deux jours avant de repartir. « On faisait les vols sur Paris, et là-bas, on avait deux ou trois jours », se rappelle-t-elle. D'autres escales étaient plus rapides à Dakar, Niamey ou Libreville par exemple. « On arrive le soir, on part le lendemain matin. » Le métier a longtemps traîné ses malentendus, sinon qu'il le traîne encore. Un cousin lui avait dit un jour à Binta ceci : « Ah, mais ton travail, je ne pense pas que je puisse laisser ma femme le faire, parce que tu es trop libre. » Le mot libre, chez elle, ne signifie pas absence de limites, mais autonomie conquise. « Ce boulot-là m'a permis de m'affirmer, d'être moi-même, de m'organiser. »

Aujourd'hui, Binta a une vie bien calme, loin des décollages et atterrissages permanents.

De l'adrénaline et du calme

Pendant longtemps, le risque est resté abstrait pour Binta. Puis certains drames l'ont rendu concret. Elle cite le vol parti de Rio de Janeiro pour Paris. Ce matin-là, elle devait travailler. Comme toujours, elle s'était levée, café à la main, dans ce petit rituel calme qui précède un service. « J'entends à la radio qu'il y a un avion qui est perdu. » Dans leur langage, ce mot a immédiatement un poids car perdu signifie que l'on attend encore une réponse radio qui ne vient pas. Ce jour-là, pendant un moment, quelque chose a changé sa façon de voir son métier. « J'ai compris ce jour-là que mon travail est dangereux. Au point où j'ai oublié un détail que je n'oublie jamais d'ordinaire : mon chapeau. Je suis arrivée au briefing, persuadée de l'avoir retiré. Il n'était pas là », raconte-t-elle comme pour montrer à quel point la nouvelle lui avait fait un choc.

Aujourd'hui, Binta a une vie bien calme car elle ne vole plus. Ou plutôt, elle ne vole plus professionnellement. « Les vols ne me manquent pas beaucoup, parce que j'ai fait avant 27 000 heures de vol. » Elle se réjouit des repas qu'elle peut prendre lentement, de la présence familiale retrouvée, des moments qu'elle peut savourer sans urgence. « En retraite, je réapprends à vivre avec ma famille. » Mais elle continue pourtant de défendre le travail avec une vigueur intacte. « Il n'y a pas de travail facile. Tout travail est dur. Je rends énormément grâce parce que je trouve que ma vie a été une grâce », affirme Binta avec le sourire. Lorsqu'elle évoque ce que le métier lui a laissé, elle ne parle ni de prestige ni de biens accumulés, mais seulement de découvertes et de moments magiques que parfois rien ne peut acheter.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Catégories: Afrique, France

Burkina Faso : Culture et Tourisme, ces mal-aimés d'une République en pleine « RELANCE »

Lefaso.net (Burkina Faso) - lun, 16/03/2026 - 22:56

Alors que le Burkina Faso affiche une ambition de relance et de renaissance culturelle, l'absence de postes ouverts dans les concours publics de 2026 pour les spécialistes de la culture et du tourisme suscite l'incompréhension. Dans cette tribune, Ousmane Djiguemdé directeur des études et du partenariat de Faso Tourisme et ancien secrétaire technique de l'Institut des peuples noirs (IPN) et s'interroge sur ce paradoxe et plaide pour une véritable prise en compte de ces secteurs qu'il considère comme essentiels à la reconstruction identitaire, à la cohésion sociale et même à la sécurité nationale.

J'ai appris après la publication des listes des concours ouverts au titre de l'année 2026 par le Burkina Faso, l'absence de postes ouverts pour le recrutement des spécialistes du secteur de la culture et du tourisme. En ma qualité d'ancien Secrétaire technique de l'Institut des Peuples Noirs (IPN) et d'actuel Directeur des Études et du Partenariat, j'ai eu froid quand je fais le rapprochement avec le contexte que nous vivons, un contexte de décolonisation des savoirs et de (re)construction identitaire.

I. Entre incompréhension et paradoxe

Je n'ai pas compris cette contradiction flagrante entre la vision politique et cet acte politique de prise (non prise) en charge effective de la vision politique, dans un champ vierge où le Burkina Faso est en pleine période de restauration culturelle, à travers la détermination des listes de son patrimoine culturel matériel et immatériel, de son répertoire patronymique, de leur prise en charge dans les curricula du système éducatif, ainsi que dans les normes sociales à travers la morale et le civisme.

II. Coup de grâce porté à un secteur déjà en mal ?

Le secteur du tourisme, à lui seul, sans la culture, fait 10 % des emplois dans le monde et génère presque la même proportion des revenus du produit intérieur brut pour un pays. Si on lui ajoute la culture, pour le capital de ressources informationnelles et financières qui changent les mentalités et les conditions de vie d'un citoyen, en un mot, qui changent le citoyen selon le profil type défini par la vision politique, on peut se dire : quel gâchis !

Je ne suis pas sûr que ceux qui conseillent les décideurs du moment sachent véritablement le coup de grâce qu'ils viennent de porter à ce secteur déjà en mal, et à tout le pays ! Ne serait-ce qu'à mesurer le degré d'incivisme et les ressources immenses que l'État injecte pour mettre les gens aux pas, ou pour corriger les dégâts, il est difficile de se convaincre que les conseillers ont été bien inspirés de commencer à sacrifier la culture et le tourisme à l'autel du bien-être, de la sécurité et de l'éducation, des processus qui s'abreuvent des référents culturels que les acteurs administratifs doivent aider à restaurer, capitaliser et structurer en ressources diverses consommables par les politiques publiques.

III. La culture : ce pilier méconnu de la sécurité nationale, dans le cadre de la promotion du paradigme de sécurité humaine

Je me souviens encore de cette phrase, lancée par un cadre de l'armée, lorsque je suis allé faire valoir l'expertise du Ministère en charge de la culture et du tourisme, à la commission nationale d'élaboration de la politique de sécurité nationale : « Qu'est-ce que la culture vient faire dans une histoire où on parle d'armes ? ».

Comme toute réponse, je lui ai gentiment souri et j'ai donné le meilleur de moi-même durant les travaux pour les convaincre de baser tout le processus de la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) autour des référents culturels, conformément à nos engagements internationaux, et conformément à la dynamique de Renaissance Culturelle Africaine de 2006. Le résultat se trouve dans les fruits de la réforme et je salue au passage tous les membres de ma commission, ainsi que les responsables qui ont bien voulu croire en moi à l'époque.

IV. On ne peut pas décoloniser sans une solide architecture administrative culturelle et touristique

L'intellectuel kenyan Ngũgĩ wa Thiong'o parlait à juste titre de « décoloniser l'esprit », faisant référence à la démarche qui procède de la réappropriation de sa langue et de concepts convoqués en débat dans cette langue pour traduire nos opinions, notre vision de l'univers ; un processus qui oblige à se débarrasser des concepts de l'oppresseur pour être libre.

Dès lors, la rupture décoloniale ou décolonialité est un combat contre les traces invisibles de la colonisation qui persistent aujourd'hui dans le corps social. Il s'agit d'un combat éminemment culturel. Et nulle part ailleurs, aucun peuple ne part en guerre en détruisant ses armes. C'est un processus radical de déshabillage des structures de pouvoir, de pensée et de culture héritées de la colonisation.

Il se bâtit sur trois (3) piliers de rupture dont la brique principale est l'être (le citoyen). C'est lui qu'il faut libérer de tout complexe, principalement de celui d'infériorité et des hiérarchies raciales ou culturelles intériorisées. C'est une réappropriation de l'estime de soi et de sa propre culture qui doit se faire avec des hommes et femmes armés scientifiquement jusqu'aux dents (comme l'a recommandé Cheikh Anta Diop).
Le second, c'est le savoir ou l'épistémologie.

C'est le point le plus crucial, dans la mesure où c'est à ce niveau que la rupture décoloniale remet en cause l'idée que la science, la philosophie ou l'histoire universelle ne proviennent que de l'Occident, parce qu'elle est simplement issue d'un biais historique introduit par l'idéologie gréco-romaine, en toute méconnaissance, ignorance et/ou réappropriation des savoirs millénaires de l'Orient ancien, de l'Asie (Chine-Inde), d'Afrique et des Amériques, bien avant l'éveil de l'Empire romain. Il faut une masse critique de compétences et d'experts de l'administration culturelle et touristique pour accompagner cela. Les meilleurs sont en train de partir sous d'autres cieux et le terrain administratif se vide. C'est le moment que le ministère des Serviteurs du Peuple valide et soumette un tel projet au Conseil des ministres !

Enfin, le troisième pilier, c'est le pouvoir, principalement politique et économique, tel que nous sommes en train de le vivre actuellement. Mais, je le répète, sans une masse critique de compétences dans l'administration du secteur, c'est un chantier sans avenir. Le plus important, ce n'est pas simplement d'ouvrir des postes. Il faut aller au-delà, repenser toute la politique de l'emploi public afin de l'orienter véritablement vers l'ambition première de renaissance culturelle africaine. C'est le seul projet qui peut sauver l'Afrique et le Burkina Faso, à l'heure du chamboulement de l'ordre mondial.

Ousmane DJIGUEMDE
Ancien Secrétaire Technique de l'IPN
Directeur des Études et du Partenariat de Faso Tourisme
(oustehit@hotmail.fr)

Catégories: Afrique, France

Insolite : À la découverte des îles Diomède, là où « hier » regarde « demain »

Lefaso.net (Burkina Faso) - lun, 16/03/2026 - 22:55

Entre l'Alaska et la Sibérie, deux îles sœurs séparées de moins de quatre kilomètres vivent pourtant avec 21 heures d'écart. Situées de part et d'autre de la ligne internationale de changement de date, les îles Diomède offrent un spectacle géographique unique où l'on peut, littéralement, apercevoir « demain » depuis « hier ». Une curiosité scientifique et géopolitique qui rappelle que le temps, au-delà de la nature, reste aussi une construction humaine, estime l'enseignant chercheur Arouna Darga, spécialiste du solaire photovoltaïque

Le monde regorge de curiosités géographiques, mais rares sont celles qui donnent ce sentiment vertigineux que le temps lui-même s'est dédoublé. Au cœur du détroit de Béring, entre l'Alaska et la Sibérie, deux îles sœurs séparées de moins de 4 kilomètres vivent avec 21 heures de décalage. Une frontière documentée par la NASA, où la géographie physique et le temps administratif se percutent de façon spectaculaire.

Une situation digne d'un roman de science-fiction

Au milieu des eaux glaciales qui séparent les États-Unis de la Russie, se font face la Grande Diomède (russe) et la Petite Diomède (américaine). Selon l'Observatoire de la Terre de la NASA, ces deux formations rocheuses sont les derniers vestiges de l'ancienne Béringie — ce pont terrestre qui reliait jadis l'Asie à l'Amérique, il y a plus de 10 000 ans.

Ce qui rend ces îles uniques, ce n'est pas seulement leur isolement extrême. C'est leur rapport au temps.

Un saut temporel de 21 heures : comment est-ce possible ?

Bien qu'elles ne soient distantes que de 3,8 kilomètres, les deux îles sont séparées par la Ligne internationale de changement de date (LICD). L'explication est scientifiquement simple, mais le résultat reste saisissant :
• La Grande Diomède suit l'heure du Kamtchatka (UTC +12)
• La Petite Diomède suit l'heure de l'Alaska (UTC −9)

Résultat : lorsqu'il est lundi midi sur l'île russe, il est encore dimanche 15h sur l'île américaine. Un habitant de la Petite Diomède peut littéralement observer, à l'œil nu, le lendemain sur la rive d'en face.

Le « Rideau de glace » de la géopolitique

Au-delà de la curiosité chronologique, les Diomède portent une histoire politique brutale. Pendant la Guerre froide, cette frontière fut surnommée le « Rideau de glace ». Les populations autochtones inupiates, qui circulaient librement entre les deux îles depuis des siècles, se retrouvèrent du jour au lendemain séparées de leurs familles par une frontière hermétiquement fermée.

Aujourd'hui, la Grande Diomède abrite une base militaire et météorologique russe strictement gardée. La Petite Diomède, elle, accueille toujours une communauté civile d'environ 80 personnes, vivant selon des modes traditionnels.

Franchir la frontière : 20 minutes à pied, une illégalité internationale

L'imagerie satellite de la NASA (via le satellite Terra) montre qu'en hiver, un pont de glace se forme parfois entre les deux îles. Théoriquement, on pourrait traverser à pied en vingt minutes — et ainsi changer de jour. Mais la zone figure parmi les plus surveillées au monde : tout franchissement non autorisé constitue une intrusion illégale entre deux puissances nucléaires.

Une leçon de relativité grandeur nature

Cette curiosité géographique nous rappelle, avec une certaine élégance, que le temps est une convention humaine. La ligne de changement de date est un tracé imaginaire, indispensable à la navigation mondiale, mais qui crée ici une situation absurde : deux voisins séparés de moins de 4 kilomètres ne partagent ni le même jour, ni la même semaine.

Une belle leçon de relativité — pour nous rappeler que, parfois, le futur n'est qu'à quelques battements de rames.

Repères techniques
Localisation : Détroit de Béring (65° 47′ N, 169° 01′ W) · Distance : 3,8 km · Décalage : 21 heures · Source : NASA Earth Observatory — Yesterday and Tomorrow Islands
Visualisation : Voir les deux îles sur Google Maps

Arouna DARGA
Enseignant chercheur, Sorbonne-Université
spécialiste du solaire photovoltaïque

Catégories: Afrique, France

Mariage d'enfants au Burkina Faso : « Une pratique en recul mais toujours préoccupante », selon Joanny Compaoré, de la Direction générale de la famille et de l'enfant

Lefaso.net (Burkina Faso) - lun, 16/03/2026 - 22:52

Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet régional pour l'autonomisation des femmes et le dividende démographique en Afrique subsaharienne plus (SWEDD+), une formation de renforcement de capacités a été organisée les 20 et 21 janvier 2026 au profit des hommes et femmes de médias, conformément à la composante 1.1 du projet dédiée à la Communication pour le changement social et comportemental (CCSC). En marge de cette formation, Joanny Compaoré de la Direction générale de la famille et de l'enfant a animé une communication sur le mariage des enfants au Burkina Faso. Selon ses révélations, cette pratique est en recul au pays des hommes intègres mais demeure toujours préoccupante.

Selon les données présentées, le mariage d'enfants est une union qui implique au moins une personne âgée de moins de 18 ans, qu'elle soit célébrée de manière civile, religieuse ou coutumière. Cette pratique, considérée comme une violation des droits humains des femmes et des enfants, reste particulièrement répandue en Afrique subsaharienne et au Burkina Faso, notamment en milieu rural.

Les statistiques présentées lors de cette séance de formation indiquent toutefois une légère baisse du phénomène ces dernières années. En effet, l'enquête démographique et de santé (EDS V) de 2021 révèle que 38,2 % des femmes âgées de 20 à 24 ans étaient en union avant l'âge de 18 ans, contre 51,6 % en 2015 et 53 % en 2010. La proportion des mariages avant 15 ans est également passée de 10,2 % en 2010 à 7,8 % en 2021. Cependant, les disparités restent marquées entre les zones urbaines et rurales où la pratique demeure plus fréquente.

La communication a également mis en lumière plusieurs formes de mariages d'enfants observées dans certaines communautés. Il s'agit notamment du don de filles, qui vise à renforcer les liens entre familles ; de l'échange de filles entre deux familles appelé « litho » ; du rapt ou encore des unions imposées à la suite d'une grossesse précoce.

Les causes du mariage d'enfants sont d'ordre économique et socio-culturel...

À entendre Joanny Compaoré, plusieurs facteurs expliquent la persistance de cette pratique. Les causes économiques figurent parmi les plus importantes car la précarité pousse certains parents à marier leurs filles afin de réduire les charges familiales. À cela s'ajoutent des facteurs socioculturels tels que le respect des traditions, la crainte des grossesses hors mariage, le faible accès à l'éducation ou encore l'ignorance des conséquences et de la législation en vigueur.

Mais cette pratique néfaste n'est pas sans conséquences sur la vie des victimes. Elles sont multiples et touchent plusieurs dimensions de la vie des jeunes filles. Cette pratique entraîne souvent la déscolarisation, accentue les inégalités entre les sexes et expose les victimes à des violences domestiques. Sur le plan sanitaire, elle favorise les grossesses précoces, les complications lors de l'accouchement, les fistules obstétricales ainsi qu'une hausse de la mortalité maternelle et infantile.

Face à ces défis, le Burkina Faso a engagé diverses initiatives pour lutter contre ce phénomène. Le pays a ratifié plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits de l'enfant et a adopté en 2015 une stratégie nationale de prévention et d'élimination du mariage d'enfants. Des plateformes multisectorielles ont également été mises en place pour coordonner les actions, tandis que des campagnes de sensibilisation et des programmes de maintien des jeunes filles à l'école sont menés dans plusieurs régions.

Des milliers d'adolescentes victimes ou à risque bénéficient aujourd'hui d'un accompagnement psychosocial, de formations et d'activités génératrices de revenus. Par ailleurs, plus de 6 000 villages ont publiquement déclaré l'abandon du mariage d'enfants et des mutilations génitales féminines dans leurs communautés.

Le communiquant a terminé en indiquant que malgré ces avancées, plusieurs obstacles persistent, notamment l'insuffisance des ressources, la persistance des pratiques socioculturelles néfastes, la faible coordination des actions et l'application insuffisante des textes juridiques. C'est pour cela qu'il a souligné le rôle essentiel des médias dans la lutte contre ce fléau. Il a invité les journalistes à relayer les politiques de protection des enfants, à sensibiliser les populations et à accompagner les initiatives qui visent à mettre fin au mariage d'enfants.

H.K
Lefaso.net

Catégories: Afrique, France

Burkina : L'exportation de la tomate fraîche suspendue

Lefaso.net (Burkina Faso) - lun, 16/03/2026 - 22:50

Dans un communiqué en date du 16 mars 2026 et signé conjointement par le ministre de l'Agriculture et celui du commerce, il est porté à la connaissance des opérateurs économiques et de la population que l'exportation de la tomate fraîche est suspendue sur toute l'étendue du territoire national et ce jusqu'à nouvel ordre.

Cette mesure a pour but d'assurer l'approvisionnement des unités nationales de transformation. La délivrance des Autorisations Spéciales d'Exportation (ASE) est de ce fait suspendue. Aussi, les opérateurs économiques qui disposent des autorisations d'exportation de la tomate fraîche en cours de validité ont un délai de deux (02) semaines à compter de la date de signature du présent communiqué pour accomplir leur procédure d'exportation. Passé ce délai, l'autorisation est considérée comme caduque.

Le communiqué prévient que tout contrevenant à cette décision s'expose à des sanctions conformément à la réglementation en vigueur. Toute marchandise saisie en violation de la présente mesure sera rétrocédée, à titre gracieux, aux unités industrielles de transformation de la tomate fraîche mises en place dans le cadre de l'actionnariat populaire.

Tout cas de non-respect des dispositions du présent communiqué peut être dénoncé aux numéros verts suivants : 80 00 11 84/85/86

Lefaso.net

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Trump Seeks Help to Reopen Hormuz. Europe Says No.

Foreign Policy - lun, 16/03/2026 - 22:47
After months of bashing allies, the White House finds itself fighting largely alone.

Projet "Ma brique pour Sankara" : Des agents des ministères de l'Enseignement de base et de l'Enseignement secondaire contribuent pour plus de 2 millions de FCFA

Lefaso.net (Burkina Faso) - lun, 16/03/2026 - 22:47

Dans l'optique de contribuer au développement du tourisme local, des agents du ministère chargé de l'enseignement de base et ceux de l'enseignement secondaire ont répondu présent au projet dénommé « Ma brique pour Sankara ». Ce lundi 16 mars 2026, les deux ministères ont officiellement remis une somme de 2 500 000 FCFA. La cérémonie de remise s'est déroulée sur le site du mémorial Thomas Sankara à Ouagadougou.

Ce geste symbolique s'inscrit dans un engagement collectif des personnels des deux ministères de soutenir le projet de construction du mémorial Thomas Sankara. « Lors de la 5ᵉ cérémonie d'hommage au capitaine Thomas Sankara, nous avons trouvé l'initiative très belle. C'est ainsi que nous avons saisi l'occasion pour témoigner notre patriotisme, notre sens du civisme et également de la solidarité à la construction de la patrie », a fait comprendre Prosper Henri Paré, secrétaire général du ministère de l'Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique. Prosper Henri Paré a aussi souligné que cette contribution, première du genre, ne sera pas la dernière.

« Ce n'est pas le fait de réaliser simplement ces ouvrages que nous avons vus à un moment donné sur les maquettes. Mais c'est l'appel à tout un chacun pour construire la nation, pour se remémorer cette révolution que beaucoup n'ont pas vécue », confie Prosper Henri Paré, secrétaire général du ministère de l'Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique.

À l'entendre, même si bon nombre de jeunes n'ont pas connu Thomas Sankara, ils découvrent son héritage à travers des actions et des cérémonies organisées en sa mémoire. Ainsi, il les encourage donc à s'inspirer des valeurs qu'il prônait pour bâtir une révolution capable de transformer le Burkina Faso. Ce faisant, il invite la communauté éducative, les élèves y compris, à saisir cet élan de patriotisme pour cultiver le sens du civisme au sein des structures éducatives. Car, dit-il, « On ne demande pas des centaines de milliers de francs, ni des dizaines de milliers de francs. C'est juste le geste qui importe ».

Pour lui, il ne s'agit pas de s'engager dans la révolution simplement parce qu'il s'agit d'un événement du moment, mais plutôt parce que cela contribue à redonner une autre image du pays et un sens à l'existence des citoyens. À travers ce don, les deux ministères réaffirment leur engagement à œuvrer pour le développement et la valorisation des richesses culturelles du pays.

Aperçu du mausolée

De son côté, Etienne Lompo, coordonnateur du projet, salue l'engagement entrepris par les deux ministères en faveur de la construction du mémorial. Tout en témoignant sa reconnaissance envers les donateurs, il a signifié que de tous les visiteurs, les scolaires et les élèves sont ceux qui effectuent le plus de visites au mémorial.
« Nos statistiques montrent que les élèves constituent le plus grand nombre de visiteurs du mémorial. Dans le même temps, ils contribuent par leurs visites non seulement au rayonnement du mémorial, mais par leur modeste contribution à faire fonctionner le mémorial », a-t-il indiqué.

Lui aussi a saisi l'occasion pour rappeler que les besoins pour la construction du mémorial demeurent énormes. De ce fait, il lance un appel aux citoyens burkinabè et même de la diaspora, à contribuer chacun à sa manière à l'édification du mémorial en mémoire du père de la révolution.

Etienne Lompo, coordonnateur du projet “Ma brique pour Sankara” Souligne que les élèves sont les plus grands visiteurs du mémorial Thomas Sankara

À noter que le projet “Ma brique pour Sankara” est une initiative citoyenne qui offre à chaque citoyen burkinabè la possibilité de contribuer concrètement à la réalisation du mémorial Thomas Sankara. Lancée le 17 octobre 2025, cette campagne vise à collecter environ 4 milliards de FCFA de contributions citoyennes, qui représentent environ 8 % du budget total du projet.

Les contributions se font immédiatement sur place car un guichet y est aménagé à cet effet. Elles peuvent également se faire en ligne à travers la plateforme Arzèka. Il n'y a pas de valeur précise. Chaque citoyen est libre de contribuer en fonction de ses moyens.

Muriel Dominique Ouédraogo
Vidéo : Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

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