L’ancien commissaire européen Thierry Breton doit être entendu le 25 février par la commission du Marché intérieur (IMCO) du Parlement européen afin d’évoquer les sanctions américaines en matière de visa dont il fait l’objet, ont indiqué trois sources à Euractiv.
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Analyse du cas togolais
Qui sème la tyrannie par le fer périra sous le glaive de l’histoire ; car, la démesure du pouvoir absolu contient en son sein les germes de sa propre déchéance. La question de la longévité des régimes autoritaires constitue l’un des paradoxes les plus saillants de la science politique contemporaine. Alors que la troisième vague de démocratisation, théorisée par Samuel Huntington, semblait augurer d’une inexorable marche vers la gouvernance démocratique, force est de constater la résilience remarquable de certains régimes dictatoriaux, particulièrement sur le continent africain. Cette pérennité ne saurait s’expliquer uniquement par la coercition ; elle procède d’un arsenal sophistiqué de mécanismes institutionnels, discursifs et stratégiques visant à neutraliser tant les oppositions internes que les pressions internationales.
Le Togo offre un cas d’étude paradigmatique de cette dynamique. Depuis l’accession à l’indépendance en 1960, le pays n’a connu que deux lignées familiales au pouvoir : Sylvanus Olympio jusqu’en 1963, puis la dynastie Gnassingbé, qui règne sans discontinuité depuis le coup d’État de 1967. Faure Gnassingbé, héritier de cette dynastie, perpétue depuis 2005 un régime qui conjugue autoritarisme et façade démocratique, incarnant ce que les politologues qualifient d’« autoritarisme compétitif » ou d’« autocratie électorale ». Cette contribution se propose d’analyser, dans une perspective pluridisciplinaire, les ressorts psychologiques, politiques et stratégiques qui sous-tendent la rétention du pouvoir par les dictateurs, avant d’examiner spécifiquement les techniques de manipulation déployées par le régime togolais.
L’exercice prolongé du pouvoir autoritaire génère ce que l’on pourrait qualifier de « piège sécuritaire existentiel ». Le dictateur, ayant accumulé au fil des années un passif considérable en termes de violations des droits humains, de répression politique et de captation des ressources nationales, se trouve confronté à une équation redoutable : toute perte de pouvoir constitue potentiellement une condamnation à mort, tant au sens littéral qu’au sens de l’héritage historique. Cette réalité n’est nullement fantasmagorique ; l’histoire récente regorge d’exemples de dirigeants déchus confrontés à des poursuites judiciaires, à l’exil forcé, voire à des exécutions sommaires.
Cette conscience du risque engendre une dynamique d’auto-renforcement : plus le régime perdure, plus le coût anticipé d’une alternance s’accroît, justifiant aux yeux du dirigeant un durcissement préventif. S’instaure ainsi un cercle vicieux où la répression alimente la menace, laquelle légitime à son tour une répression accrue. Les exemples de Mouammar Kadhafi en Libye ou de Moussa Dadis Camara en Guinée illustrent tragiquement les conséquences ultimes de cette logique : l’impossibilité de négocier une sortie honorable du pouvoir transforme le maintien autoritaire en lutte existentielle.
Au-delà des considérations sécuritaires personnelles, la perpétuation dictatoriale s’inscrit dans une logique de prédation systémique. Les régimes autoritaires africains, loin de constituer des anomalies dysfonctionnelles, opèrent selon une rationalité économique spécifique, théorisée par Jean-François Bayart sous l’appellation de « politique du ventre ». Le pouvoir n’y est pas simplement un instrument de gouvernance, mais une ressource économique fondamentale, permettant l’accès privilégié aux rentes extractives (minières, pétrolières, douanières) et la distribution clientéliste des prébendes.
Cette configuration engendre une dépendance mutuelle entre le dirigeant et son réseau de soutien. Les élites cooptées – militaires, administratives, économiques – bénéficient du système de patronage et craignent, elles aussi, les conséquences d’une alternance politique qui remettrait en cause leurs privilèges. Se constitue ainsi un « bloc de pouvoir kleptocratique », pour reprendre la terminologie de Patrick Chabal et Jean-Pascal Daloz, dont la cohésion repose non sur un projet idéologique, mais sur la mutualisation des intérêts matériels. L’abandon volontaire du pouvoir signifierait pour l’ensemble de ce réseau la perte d’accès aux ressources et, potentiellement, l’exposition à des poursuites pour corruption ou détournement de fonds publics.
Il convient également d’interroger la dimension psychologique individuelle, souvent négligée par les analyses structuralistes. Nombre de dirigeants autoritaires ont internalisé une conception messianique de leur rôle historique, se percevant comme les seuls garants de la stabilité nationale, voire de l’existence même de l’État. Cette autoreprésentation, constamment réaffirmée par la propagande d’État et l’absence de contestation publique légitime, finit par acquérir une force performative : le dictateur en vient sincèrement à croire à son indispensabilité.
Cette construction identitaire s’accompagne fréquemment d’une fusion entre l’homme et l’institution, entre le leader et la nation. Renoncer au pouvoir équivaudrait alors à une forme de mutilation ontologique, à l’abandon d’une mission transcendante. Les discours des autocrates africains regorgent de références à leur « responsabilité historique », à leur « devoir envers le peuple », rhétorique qui, au-delà de sa fonction de légitimation externe, structure également leur univers cognitif interne.
L’histoire politique togolaise depuis 1963 illustre de manière exemplaire les mécanismes de perpétuation autoritaire. Le coup d’État du 13 janvier 1967, qui porta Gnassingbé Eyadéma au pouvoir, inaugura une ère de monopolisation politique sans précédent. Durant trente-huit années, Eyadéma bâtit un système de domination totale, s’appuyant sur trois piliers : un parti unique (le Rassemblement du Peuple Togolais), une armée ethnicisée favorisant les Kabyè du Nord, et un appareil sécuritaire omniprésent.
Le décès d’Eyadéma en 2005 aurait pu constituer une opportunité de transition démocratique. Au contraire, il donna lieu à un coup d’État constitutionnel minutieusement orchestré. L’armée installa immédiatement Faure Gnassingbé, fils du défunt, violant ouvertement la Constitution qui prévoyait la dévolution temporaire du pouvoir au président de l’Assemblée nationale. Face à la pression internationale, particulièrement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le régime consentit à organiser une élection présidentielle anticipée en avril 2005. Toutefois, ce scrutin, entaché d’irrégularités massives et de violences post-électorales ayant fait plusieurs centaines de morts, consacra la victoire de Faure Gnassingbé et la transmission dynastique du pouvoir.
Le régime togolais a perfectionné un ensemble de techniques visant à désamorcer toute contestation crédible. La stratégie de cooptation sélective constitue l’un de ses instruments privilégiés. Le pouvoir identifie systématiquement les figures émergentes de l’opposition et leur propose des positions gouvernementales ou parlementaires, fragmentant ainsi la cohésion du front anti-régime. Cette tactique s’est révélée particulièrement efficace lors des recompositions politiques des années 2010, où plusieurs leaders historiques de l’opposition ont rejoint la majorité présidentielle.
Parallèlement, le régime instrumentalise l’appareil judiciaire pour criminaliser la dissidence politique. Les accusations de « trouble à l’ordre public », d’« atteinte à la sûreté de l’État » ou d’« incitation à la violence » sont systématiquement brandies contre les opposants les plus virulents, permettant leur incarcération préventive ou leur exil forcé. Les ONG de défense des droits humains documentent régulièrement ces pratiques répressives, soulignant l’absence d’indépendance du pouvoir judiciaire.
Le contrôle de l’espace médiatique représente une troisième dimension cruciale de cette stratégie de neutralisation. Si le Togo compte formellement une presse pluraliste, les médias indépendants sont soumis à une intimidation constante : suspensions administratives arbitraires, poursuites judiciaires contre les journalistes critiques, menaces physiques. Les médias publics, eux, fonctionnent comme des organes de propagande gouvernementale, assurant une visibilité quasi-exclusive au parti au pouvoir. Cette asymétrie informative favorise la construction d’une opinion publique favorable au régime, particulièrement dans les zones rurales où l’accès aux sources alternatives d’information demeure limité.
L’une des manifestations les plus emblématiques de la volonté de perpétuation du régime togolais réside dans sa capacité à remodeler le cadre constitutionnel en fonction de ses besoins politiques. En 2002, sous Gnassingbé Eyadéma, une réforme constitutionnelle supprima la limitation du nombre de mandats présidentiels, permettant au dirigeant vieillissant de briguer indéfiniment sa réélection. Cette modification, adoptée par un parlement aux ordres, illustre ce que Tom Ginsburg et Alberto Simpser qualifient d’« autoritarisme constitutionnel » : l’utilisation des procédures formellement démocratiques pour verrouiller le système politique.
Plus récemment, en mai 2024, le régime de Faure Gnassingbé entreprit une nouvelle réforme constitutionnelle visant à instaurer un système parlementaire. Cette modification, présentée comme une avancée démocratique, dissimulait en réalité un objectif de contournement de la limitation des mandats : en transformant le régime présidentiel en régime parlementaire, elle ouvrait la voie à une reconversion de Faure Gnassingbé en Premier ministre ou président du Conseil, lui permettant de conserver le pouvoir effectif au-delà de la limite formelle des mandats présidentiels. Face à la mobilisation populaire et aux pressions internationales, cette réforme fut temporairement suspendue, mais elle révèle la créativité institutionnelle du régime dans sa quête de pérennité.
A. Le « théâtre démocratique » : simulacre électoral et mise en scène de la pluralité
Le régime togolais a parfaitement assimilé les codes de la respectabilité démocratique internationale. Depuis la fin de la Guerre froide et l’émergence du paradigme de la « bonne gouvernance » comme conditionnalité de l’aide au développement, les régimes autoritaires africains ont dû adapter leurs stratégies de légitimation. L’organisation d’élections régulières, même truquées, est devenue un impératif de façade permettant de maintenir les flux d’aide internationale et d’éviter l’isolement diplomatique.
Le Togo organise ainsi, depuis 1993, des élections présidentielles et législatives pluralistes en apparence. Toutefois, ces scrutins sont systématiquement entachés d’irrégularités substantielles : révision électorale partiale favorisant le parti au pouvoir, opacité du processus de dépouillement, mobilisation de l’administration territoriale au service du candidat officiel, intimidation des électeurs dans les fiefs de l’opposition. Les missions d’observation électorale internationales, bien que relevant ces dysfonctionnements, tendent à adopter une posture diplomatique, évitant de récuser totalement la légitimité des scrutins pour ne pas déstabiliser le pays.
Cette complaisance relative s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, les bailleurs de fonds et les organisations régionales privilégient la stabilité politique à la rupture démocratique, craignant qu’une déstabilisation du Togo n’engendre un chaos régional. D’autre part, le régime togolais a su se positionner comme un partenaire sécuritaire fiable dans la lutte contre le djihadisme sahélien, dimension qui, dans le contexte géopolitique actuel, lui confère un capital de légitimité auprès des puissances occidentales, particulièrement la France et les États-Unis.
B. La diplomatie économique et l’instrumentalisation de la dépendance
Le régime togolais déploie également une stratégie sophistiquée d’insertion dans les réseaux économiques internationaux visant à créer des interdépendances qui découragent les sanctions. Le port autonome de Lomé constitue un hub logistique majeur pour les pays enclavés du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger), générant des revenus substantiels et conférant au Togo une importance stratégique régionale. Toute déstabilisation politique du pays aurait des répercussions économiques sur l’ensemble de la sous-région, argument régulièrement mobilisé pour dissuader les interventions extérieures.
Par ailleurs, le régime cultive une image de « bon élève » des institutions financières internationales, mettant en œuvre avec zèle les programmes d’ajustement structurel et les réformes néolibérales prescrites par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Cette docilité économique lui vaut les éloges des bailleurs de fonds, créant un contraste cognitif avec les critiques relatives à la gouvernance politique. Les organisations financières internationales, focalisées sur les indicateurs macroéconomiques et les réformes sectorielles, tendent à minimiser les défaillances démocratiques tant que la « discipline budgétaire » est respectée.
Face aux critiques internationales, le régime togolais mobilise habilement le registre de la souveraineté nationale et de la non-ingérence, principes fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (devenue Union Africaine). Toute pression extérieure en faveur de réformes démocratiques est dénoncée comme une forme de « néocolonialisme », une tentative de déstabilisation orchestrée par des puissances étrangères désireuses de maintenir l’Afrique dans un état de tutelle perpétuelle.
Cette rhétorique trouve un écho favorable au sein de certains segments de l’opinion publique africaine et internationale, encore marqués par l’héritage colonial et soucieux de préserver l’autodétermination des peuples africains. Le régime instrumentalise ainsi les sentiments panafricanistes et anti-impérialistes pour délégitimer ses critiques, présentant l’opposition interne comme des « agents de l’étranger » et les ONG de défense des droits humains comme des « relais de l’Occident ».
Simultanément, le pouvoir togolais cultive des relations privilégiées avec d’autres régimes autoritaires, participant activement aux instances régionales et continentales où prévaut une solidarité tacite entre dirigeants partageant des pratiques gouvernementales similaires. L’Union Africaine, malgré ses déclarations de principe en faveur de la démocratie et de la gouvernance, peine à sanctionner efficacement ses membres contrevenants, tant les régimes non-démocratiques y demeurent majoritaires et solidaires.
Notons
L’analyse de la perpétuation dictatoriale, illustrée par le cas togolais, révèle un phénomène multidimensionnel irréductible à une explication monocausale. Si les ressorts psychologiques individuels – la peur des représailles, l’hubris du pouvoir, la conviction messianique – jouent indéniablement un rôle, ils s’inscrivent dans des structures politico-économiques qui rendent l’abandon volontaire du pouvoir objectivement périlleux pour le dirigeant et son entourage. La logique prédatrice de l’État patrimonial africain engendre des réseaux de dépendance mutuelle où la chute du régime menacerait l’ensemble de l’édifice clientéliste.
Le cas togolais illustre avec une acuité particulière la sophistication des stratégies de maintien au pouvoir à l’ère de la « démocratie globale ». Loin de constituer une simple dictature archaïque reposant sur la seule violence, le régime Gnassingbé déploie un autoritarisme « modernisé », conjuguant répression sélective, manipulation institutionnelle, cooptation de l’opposition et mise en scène démocratique. Cette capacité d’adaptation aux exigences formelles de la communauté internationale, sans concession substantielle sur le monopole du pouvoir, caractérise ce que les analystes nomment « l’autoritarisme hybride » ou « l’autocratie électorale ».
La manipulation de la communauté internationale, quant à elle, révèle les limites du paradigme de la conditionnalité démocratique. Les régimes autoritaires ont appris à naviguer dans l’espace des contraintes internationales, maximisant les bénéfices de la respectabilité formelle (aide au développement, légitimité diplomatique) tout en minimisant les coûts de la démocratisation substantielle. Cette stratégie n’est possible que grâce à une certaine complaisance, voire complicité tacite, des acteurs internationaux, qui privilégient souvent la stabilité à court terme et les intérêts géostratégiques ou économiques aux principes démocratiques proclamés.
L’avenir du Togo, comme celui de nombreux régimes autoritaires africains, dépendra ultimement de la capacité des forces démocratiques internes à s’organiser, à résister à la cooptation et à la répression, et à mobiliser efficacement tant l’opinion publique nationale qu’internationale. L’histoire récente du continent, des « printemps arabes » aux transitions démocratiques en Tunisie ou au Bénin, démontre que le changement demeure possible, mais qu’il requiert une conjonction exceptionnelle de facteurs : unité de l’opposition, lassitude populaire, fragilisation du régime et pression internationale cohérente. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, les mécanismes de perpétuation autoritaire continueront de prévaloir, perpétuant un système où le pouvoir, loin d’être un mandat temporaire au service du bien commun, demeure une propriété dynastique âprement défendue. Le despote qui s’élève par la terreur ne connaît d’autre chute que celle qu’il a lui-même façonnée car tout tyran qui édifie son trône sur les ruines finit toujours enseveli sous celles-ci.
Par : Ben Djagba
Salt Lake City, Utah || 10 février, 2026
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Lehet-e következménye két szerencsétlen mondatnak egy közép-európai országban, amely következmények dolgában sajátosnak mondható? Van-e értelme tartalékról beszélni, és azt megfejelni még, ha ez alatt elvileg a többséggel egyenló jogokkal rendelkező állampolgárok egész közösségét éri sértés? És miért csorbul a demokratikus játék, ha a magyarországi kampánydiskurzus miatt többen is eltántorodnak az urnáktól? Kadét Ernővel, a Roma […]
Articolul Ha „cigányútra” fut a szó apare prima dată în Kolozsvári Rádió Románia.
Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a personnellement supervisé une vaste opération de démolition des constructions anarchiques érigées le long de la voie ferrée à Pakadjuma, un bidonville de la commune de Limete. Selon lui, cette action s’inscrit dans le cadre de la campagne provinciale « Retour à la norme ».
Au Bénin, un homme a comparu, ce mardi 10 février 2026, devant les juges de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), pour des faits d'abus de confiance via l'internet. On lui reproche d'avoir détourné une somme de près de 7 millions FCFA que lui a confiée son ami pour prendre soin de son unique enfant avant son décès.
Un homme se retrouve en prison pour avoir détourné l'argent d'un mort. Le prévenu selon les déclarations à la barre, avait été sollicité par son ami alors gravement malade. Celui-ci lui avait confié la responsabilité de transférer les accès de son compte Binance sur le téléphone de sa concubine afin de lui permettre de prendre soin de leur fille unique en cas de décès.
Mais contre toute attente, l'accusé après la mort de son ami a retiré l'intégralité des fonds du compte Binance, soit près de 7 millions de francs CFA, et n'aurait versé qu'un peu plus d'un million de FCFA à la concubine du défunt. Mécontente, cette dernière saisit la justice.
A la barre, le prévenu n'a pas nié les faits mis à sa charge.
Le ministère public demande à la Cour de le retenir dans les liens de prévention pour des faits d'abus de confiance via internet, et requiert à son encontre, une peine de 03 ans d'emprisonnement ferme et une amende d'un million de francs CFA. Il devra également restitué l'intégralité des biens matériels du défunt qu'il avait pris.
Le délibéré est renvoyé au 24 mars 2026.
F. A. A.
Ma van az 112 egységes európai segélyhívószám napja. Célja, hogy felhívja a figyelmet a segélyhívószámra, mint potenciális életmentő eszközre, egyben annak megfelelő használatára is. A Különleges Távközlési Szolgálat (STS) tegnap ismertette, hogy a segélyhívóra érkező kéréseket új helymeghatározásra alkalmas rendszerrel lehet bemérni, valamint a hallássérült emberek számára a segélyszolgálat igénybevételét segítő opciót is elérhetővé tesznek. […]
Articolul Már a segélyhívó diszpécserei is életet menthetnek apare prima dată în Kolozsvári Rádió Románia.
Általános sztrájk kirobbantását helyezte kilátásba az egészségügyben a Solidaritatea Sanitară szakszervezeti szövetség. A sztrájk kiváltó oka a kormány által kezdeményezett, a személyzeti költségek 10 százalékos csökkentését előíró törvénytervezet, amely az egészségügyi ágazat kollektív munkaszerződésében biztosított bizonyos bérjogok elvesztését eredményezné. A sztrájk kirobbantását az egészségügyi dolgozók tavaly elszenvedett jelentős bércsökkenése is indokolja, amely a további tervezett […]
Articolul Nehéz elképzelni, milyen lenne az általános sztrájk az egészségügyben apare prima dată în Kolozsvári Rádió Románia.
Historien, spécialiste des États-Unis, docteur en histoire américaine et maître de conférences à la Johns Hopkins University, Tristan Cabello répond aux questions de Pascal Boniface à l’occasion de la parution de son ouvrage La victoire de Zohran Mamdani à New York. Un laboratoire pour la gauche aux éditions Textuel.
Une victoire de la radicalité contre l’état-major démocrate ?
Oui, sans ambiguïté. Zohran Mamdani gagne d’abord contre l’appareil démocrate, et non grâce à lui. Sa victoire est le produit d’une rupture frontale avec un parti devenu structurellement hostile à toute politique redistributive. À New York, l’establishment démocrate a soutenu Andrew Cuomo, mobilisé l’argent, les réseaux, les médias, et a perdu.
Il faut toutefois lever un malentendu. Cette rupture ne signifie pas une radicalité programmatique extrême. Le programme de Mamdani est volontairement sobre et modéré : gel des loyers, transports gratuits, crèches universelles. Rien de révolutionnaire au sens strict. Sa radicalité est ailleurs. Elle réside dans sa méthode, dans la mobilisation des abstentionnistes, et dans la volonté de redonner une traduction politique à des besoins matériels massifs.
En réalité, la radicalité était bien du côté de l’appareil démocrate lui-même. Andrew Cuomo incarnait une forme de pouvoir extrême par son histoire et sa position : ancien gouverneur, figure d’une dynastie politique, mis en cause pour harcèlement sexuel, soutenu par les grands donateurs. Face à cela, Mamdani apparaissait comme une figure de rupture modérée, et crédible. C’est précisément cette connexion entre une rupture politique nette et un programme social compréhensible qui explique sa victoire.
Le soutien à la cause palestinienne n’est plus un repoussoir électoral, mais un facteur de mobilisation ?
C’est l’un des tournants majeurs de cette séquence politique. Zohran Mamdani n’a jamais varié sur la Palestine. Il a soutenu les droits des Palestiniens, parlé de génocide et de crimes de guerre, et n’a jamais reculé sous la pression médiatique. Cette constance a renforcé sa crédibilité, y compris sur des sujets qui ne relèvent pas directement de la politique internationale.
Pour toute une génération, en particulier parmi les jeunes, les électeurs racisés et les diasporas, la question palestinienne est devenue un marqueur de cohérence morale. C’est un test politique. Mamdani n’a pas mobilisé malgré Gaza, il a mobilisé avec Gaza, en articulant cette question à la vie chère, au racisme institutionnel et à la violence d’État. Là où l’establishment démocrate a vu un risque électoral, il a identifié une nouvelle vérité politique.
D’intrus soupçonné de radicalisme à candidat du bon sens… ?
Le renversement est presque mécanique. Les accusations de radicalisme n’ont tenu que tant qu’elles restaient abstraites. Dès que Mamdani parle de loyers, de bus, de garde d’enfants, le procès s’effondre. Les électeurs reconnaissent immédiatement un langage qu’ils pratiquent déjà : celui de leur quotidien.
Toute la campagne a été organisée autour de l’humain et de New York. Chaque message programmatique, chaque meeting, chaque vidéo virale mettait en scène la vie concrète des New-Yorkais. Les habitants se sont sentis respectés et écoutés. La campagne ne leur parlait pas d’idéologie, mais de leur existence matérielle.
À partir de là, une bascule symbolique s’opère. Si cet homme est qualifié de « radical », alors que dire de millions de New-Yorkais étranglés par le coût de la vie ? Mamdani parle comme eux, vit comme eux, et assume leurs priorités sans détour. Le radicalisme change donc de camp. Il devient celui d’un establishment démocrate incapable de répondre à des besoins élémentaires. Le bon sens n’est plus du côté de l’ordre, mais de la réparation sociale. C’est ce déplacement que ni les attaques médiatiques ni celles du Parti démocrate n’ont réussi à enrayer.
Cette victoire raconte une possibilité, pas la fin de l’histoire ?
Absolument. Les démocrates répètent que New York serait une exception. Mais c’est effacer un siècle de mouvements sociaux aux États-Unis. Historiquement, ce qui commence à New York tend à irriguer le pays, puis le monde. Occupy Wall Street, Black Lives Matter, ou plus récemment les “campements étudiants” pour la Palestine en sont des exemples clairs. La victoire de Mamdani ouvre une séquence, elle ne la clôt pas.
Mamdani a déjà remporté plusieurs victoires concrètes depuis son arrivée à la mairie. On nous expliquait que les crèches universelles étaient trop coûteuses, qu’il faudrait augmenter massivement les impôts, que la gouverneure s’y opposerait. Or Kathy Hochul, la gouverneure de New York, a déjà accepté un plan de financement sur quatre ans pour les crèches universelles, appelé à être étendu à l’ensemble de l’État de New York. Mamdani se révèle être un maire stratégique, concentré exclusivement sur son programme, et capable de créer des rapports de force institutionnels.
Au-delà de New York, on observe déjà des primaires de mi-mandat où des candidats issus de l’establishment démocrate font face à des adversaires portés par des coalitions populaires comparables. Dans les grandes villes, mais aussi dans des États ruraux, le Parti démocrate est sommé de choisir : intégrer ce basculement ou tenter de le neutraliser, au risque de nouvelles défaites. La victoire d’AnaLilia Mejia, dans le New Jersey, face à un candidat démocrate de l’establishment, en est un signal fort. La victoire de Mamdani montre qu’une autre trajectoire est possible, même si le Parti démocrate, soutenu par de puissants donateurs et des lobbys influents, fera tout pour l’enrayer.
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