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EU pitches cheaper roaming to Western Balkans ahead of summit

Euractiv.com - Thu, 04/06/2026 - 04:00
It comes amid calls to radically rethink the bloc's membership model
Categories: European Union, France

L’indépendance narrative à l’ère numérique : le plaidoyer de Martin Faye

Maliactu - Thu, 04/06/2026 - 03:53

Mali Actu - maliactu.net - Mali Actualités, Les Actus et Informations sur le Mali
Mali Actu
L’indépendance narrative à l’ère numérique : le plaidoyer de Martin Faye

La transformation des médias africains à l’ère numérique Les médias en Afrique subissent une mutation incontournable sous l’influence des nouvelles technologies. Cette révolution numérique dépasse les simples advancements techniques, modifiant les modes

L’indépendance narrative à l’ère numérique : le plaidoyer de Martin Faye
Mali Actu :
L’indépendance narrative à l’ère numérique : le plaidoyer de Martin Faye

Categories: Afrique

«Keine grosse Sache für uns»: Trump beschönigt den Iran-Krieg

Blick.ch - Thu, 04/06/2026 - 03:52
Im Nahen Osten fallen weiter Bomben, Welthandel leidet – und US-Präsident Trump verharmlost den Iran-Krieg. «Keine grosse Sache für uns», sagt er im Oval Office. Während jetzt selbst Republikaner gegen ihn drehen, spielt er den Flächenbrand klein.

Can ‘Compulsory Conciliation’ Resolve the Cambodia-Thailand Maritime Border Dispute?

TheDiplomat - Thu, 04/06/2026 - 03:32
Bangkok's recent withdrawal from a 2001 MoU governing maritime border talks has prompted Phnom Penh to internationalize the dispute.

Swedes not getting effective obesity care, warns national report [Advocacy Lab]

Euractiv.com - Thu, 04/06/2026 - 03:07
The report frames obesity primary care as crucial to ensuring more patients receive help in good time
Categories: European Union, France

Major ASEAN Economies In Line For New US Tariffs Over Forced Labor

TheDiplomat - Thu, 04/06/2026 - 01:52
U.S. Trade Representative Jamieson Greer has recommended the imposition 10-12.5 percent levies on 60 major trading partners.

Les qualifiés pour la Coupe du monde 2026: l'Afrique du Sud rêve à nouveau avec les Bafana Bafana [4/10]

RFI /Afrique - Thu, 04/06/2026 - 01:35
« Je vous souhaite le meilleur » a déclaré le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, aux Bafana Bafana. L'équipe nationale fait son retour en Coupe du monde après 16 ans d'absence. Les Jaune et Vert seront les premiers à s'élancer dans la compétition face au Mexique, lors du match d'ouverture du Mondial 2026 le 11 juin, jour déclaré férié dans le pays. Le sélectionneur Hugo Broos a annoncé, le 27 mai, les noms des joueurs convoqués pour ce Mondial. Ils viennent presque tous de l'équipe des Mamelodi Sundowns de Pretoria, qui a remporté la Ligue des champions de la CAF, et de l'équipe des Orlando Pirates, qui a gagné le championnat d'Afrique du Sud. De quoi semer confiance et enthousiasme chez les supporters du pays.
Categories: Afrique, European Union

Spiro et ses motos électriques, un modèle en croissance mais gourmand en investissements

RFI /Afrique - Thu, 04/06/2026 - 01:32
Le fabricant panafricain de motos électriques Spiro a annoncé une levée de fonds record de 215 millions de dollars. Déjà implantée dans sept pays africains, l'entreprise veut étendre son réseau de stations d'échange de batteries et renforcer ses capacités de production. Un modèle qui séduit de plus en plus de conducteurs, mais qui exige des investissements considérables. 
Categories: Afrique, European Union

«Avec la Russie, c'est toujours compliqué»: l'agriculture arménienne prise entre l'UE et l'Union eurasiatique

RFI (Europe) - Thu, 04/06/2026 - 01:25
À quelques jours des législatives du 7 juin en Arménie, la Russie accentue ses pressions politiques et menace Erevan en termes à peine voilés. En accueillant récemment deux sommets européens, l'Arménie a exprimé sa volonté de se rapprocher de l'Union européenne. Mais le président russe, Vladimir Poutine, somme le pays de choisir entre Bruxelles et l'Union économique eurasiatique. Moscou utilise le levier économique en multipliant les restrictions d'importations arméniennes, notamment agricoles. Or, les producteurs arméniens restent très dépendants du marché russe, et la diversification est difficile. Le reportage de Marie Penin à Erevan.

The Afghanistan-Pakistan Border Is Still Unstable

Foreign Policy - Thu, 04/06/2026 - 01:03
There is a brief lull in violence, but the root causes of the conflict haven’t been addressed.

How rise of lab-grown diamonds has affected Sierra Leone's miners

BBC Africa - Thu, 04/06/2026 - 01:00
The rising popularity of lab-grown diamonds heaps pressure on those hunting for the natural gems.

'It is by the grace of God that you find a diamond': Sierra Leone hit by lab-grown challenge

BBC Africa - Thu, 04/06/2026 - 01:00
The rising popularity of lab-grown diamonds heaps pressure on those hunting for the natural gems.
Categories: Africa, Défense

Soudan: les trois plus grands regroupements politiques se retrouvent en Éthiopie pour amorcer un dialogue

RFI /Afrique - Thu, 04/06/2026 - 00:48
Les pourparlers, qui ont commencé mercredi 3 juin, rassemblent l'alliance Sumud d'Abdullah Hamdok, le Bloc démocratique allié à l'armée et l'alliance Ta'sis. Objectif : ouvrir un dialogue politique global susceptible, à terme, de mettre fin au conflit qui déchire le pays.
Categories: Afrique, European Union

Burkina/Musique : « J'évite la vulgarité et les messages susceptibles d'égarer, par conviction », dixit Nabalüm

Lefaso.net (Burkina Faso) - Thu, 04/06/2026 - 00:30

Discrète dans ses apparitions médiatiques, la chanteuse Nabalüm a créé l'événement en animant une conférence de presse le vendredi 29 mai 2026 à Ouagadougou. Face aux professionnels des médias, l'artiste, qui accorde rarement des entretiens, a annoncé sa volonté de renforcer ses relations avec la presse. Une occasion que Lefaso.net n'a pas manqué de saisir pour recueillir ses confidences sur ses dix années de carrière, les défis qu'elle a relevés, ses projets, …

Lefaso.net : Qu'est-ce qui vous a amené à choisir la musique comme carrière il y a dix ans ?

Nabalüm : Au départ, tout s'est fait avec patience. Je pense que le chant est ce que je fais le mieux. Je ne peux pas passer une journée sans chanter. La musique fait partie de moi ; c'est une passion avec laquelle je suis née. Pouvoir l'exercer de manière professionnelle était un rêve que je nourrissais depuis 2016. Dix ans plus tard, je suis toujours présente sur la scène musicale burkinabè. Au fil de mon parcours, j'ai compris que ce métier n'était pas aussi facile que je l'imaginais à mes débuts. Aujourd'hui, grâce à Dieu, je poursuis mon chemin avec détermination. Je crois avoir acquis une place dans le paysage musical burkinabè, une place qui mérite d'être davantage reconnue et valorisée.

Lorsque vous faites le bilan de ces dix années de carrière, quels moments de bonheur retenez-vous particulièrement et quels épisodes plus douloureux ont marqué votre parcours ?

Parmi mes plus beaux souvenirs de ces dix années de carrière, il y a d'abord ma première grande scène à Paris. Ensuite, lorsque je suis arrivée au Burkina Faso en juin 2016, deux mois après la sortie de la chanson “M'yamê”, j'ai découvert avec émotion à quel point le public l'avait adoptée. Le titre était diffusé partout : à la radio, à la télévision et dans les différents espaces publics. Cet engouement m'a profondément touchée.

Je garde également de merveilleux souvenirs des nombreuses scènes que j'ai eu l'occasion de partager, au Burkina Faso comme à l'étranger. Celle qui m'a le plus marquée reste sans doute mon concert au Soudan. Plus d'un millier de personnes étaient présentes et un écran avait même été installé à l'extérieur afin que ceux qui ne pouvaient pas accéder à la salle puissent suivre le spectacle. C'était un moment exceptionnel, d'autant plus qu'il s'agit d'un pays où les populations ont rarement l'occasion d'assister à des spectacles en raison de la crise sécuritaire et humanitaire.

Ce qui m'a particulièrement marquée ce jour-là, c'est la connexion qui s'est créée entre le public et moi. Pourtant, je chantais majoritairement en mooré et la plupart des spectateurs ne comprenaient pas la langue. Malgré cela, ils étaient pleinement réceptifs à la musique et à l'émotion que je transmettais. Ce sont des instants comme celui-là qui marquent un artiste à vie.

J'ai eu la chance de vivre des expériences similaires au Burkina Faso, à Abidjan, notamment lors du Marché des arts du spectacle africain (MASA), à Djibouti et dans plusieurs autres pays. Ce sont ces moments de partage avec le public qui nous donnent la force de continuer malgré les difficultés.

Concernant les souvenirs plus difficiles, je dirais qu'ils sont liés à la perte de certaines illusions. Au début, on imagine souvent que tout sera simple et harmonieux. Avec le temps, on découvre que le milieu artistique n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Comme dans beaucoup d'autres domaines, il est marqué par des coups bas et parfois par la méchanceté.

Toutefois, je préfère ne pas concentrer mon énergie sur ces aspects. Je choisis plutôt de me focaliser sur ce qui me permet d'avancer, de résister et de poursuivre mon chemin. La plus grande épreuve a sans doute été cette désillusion : le moment où l'on doit abandonner une part de sa naïveté, ouvrir les yeux sur les réalités du métier et trouver en soi le courage nécessaire pour continuer à progresser.

L'artiste a débuté sa carrière en 2016

Après avoir collaboré avec deux maisons de production, La Cour du Naaba et Destiny Prod, vous avez choisi, en 2026, de créer votre propre structure, Karism Prod. Quelles sont les raisons qui ont motivé cette décision ?

J'ai créé ma propre structure de production parce que j'avais envie de m'exprimer pleinement et de porter ma vision artistique en toute liberté. Mes expériences au sein des deux maisons de production par lesquelles je suis passée m'ont énormément appris.

Je tiens d'ailleurs à leur exprimer ma reconnaissance, car certaines choses ne s'achètent pas avec de l'argent. Elles ont investi de l'énergie, du temps et des moyens pour accompagner nos projets, et cela mérite d'être salué.

Aujourd'hui, j'ai voulu créer Karism Prod afin de pouvoir être entièrement moi-même dans ma démarche artistique. Lorsqu'on évolue sous une maison de production, il peut naturellement exister des visions ou des orientations qui ne s'alignent pas toujours, puisque chaque personne a sa manière de voir les choses, son calendrier et ses priorités.

Avec Karism Prod, c'est véritablement l'univers de Nabalüm qui pourra s'exprimer de la manière la plus authentique possible. J'espère naturellement que cette vision trouvera un écho favorable auprès du public.
Nous continuerons également à apprendre de nos erreurs et des expériences qui fonctionneront moins bien, car l'apprentissage est permanent. Dans ce milieu, personne ne détient à lui seul le secret de la réussite. Chacun avance étape par étape, avec le désir de progresser et l'espoir que les choses évoluent positivement.

En choisissant l'auto-production, vous assumez désormais seule les risques et les coûts liés à votre carrière artistique. Cette nouvelle responsabilité ne vous inquiète-t-elle pas ?

Au départ, il y a naturellement une part d'appréhension. Mais avec le temps, on finit par se convaincre que lorsqu'on a choisi de se lancer, il faut aller jusqu'au bout. Comme on le dit souvent, lorsqu'on saute à l'eau, il faut apprendre à nager. Aujourd'hui, je poursuis ce chemin avec détermination, en gardant à l'esprit l'objectif d'atteindre l'autre rive.

Votre univers musical est parfois perçu comme élitiste et davantage destiné à un public plus âgé. Comment accueillez-vous ces critiques et quel regard portez-vous sur cette perception ?

Je pense que cette perception est aussi liée à ma personnalité. Je suis quelqu'un de posé et de réfléchi. Avant d'entreprendre quelque chose, je m'assure d'être capable de l'assumer pleinement.

Lorsque j'ai choisi de faire de la musique, je me suis fixé une ligne de conduite. J'aimerais qu'un jour mes enfants puissent faire écouter mes chansons à d'autres personnes avec fierté. C'est pourquoi j'évite la vulgarité et les messages susceptibles d'égarer, par conviction et par principe.

Je suis consciente que tout le monde ne se reconnaît pas forcément dans mon univers artistique. Certains apprécient ce que je fais, d'autres moins. Mais jusqu'à présent, j'ai réussi à toucher et à satisfaire une grande partie de mon public, et cela me convient.

J'espère qu'avec le temps, d'autres personnes rejoindront cette grande famille. Quant à ceux qui qualifient ma musique d'élitiste, je dirais que mes choix artistiques sont assumés. Un jour, nous vieillirons tous, et j'aimerais pouvoir regarder mes clips et réécouter mes chansons sans aucun malaise, avec la même fierté qu'aujourd'hui.

Les journalistes présents à la conférence de presse de Nabalüm

De nombreux acteurs du show-business estiment qu'au regard de votre talent, de la qualité de vos prestations scéniques et de votre maîtrise du live, la reconnaissance dont vous bénéficiez aujourd'hui n'est pas encore à la hauteur de votre mérite. Que vous inspirent ces appréciations qui reviennent régulièrement ?

C'est une remarque qui me revient effectivement très souvent. Mais comme le dit l'adage : « Nul n'est prophète en son pays ». Malheureusement, c'est un constat que l'on peut faire dans notre pays : de nombreux artistes talentueux, qui ont beaucoup à apporter, ne bénéficient pas toujours de la reconnaissance qu'ils méritent. Cette situation ne date pas d'aujourd'hui et ne me concerne pas uniquement. Avant moi, plusieurs artistes de grande valeur ont connu la même réalité. Je pense notamment à Bil Aka Kora et à bien d'autres qui ont énormément contribué au développement de la musique burkinabè et qui ont encore beaucoup à offrir. Je suis convaincue que les véritables talents ne sont pas suffisamment valorisés au Burkina Faso. J'espère que les choses évolueront avec le temps. En attendant, nous continuons notre parcours avec détermination, en donnant le meilleur de nous-mêmes et en partageant ce que nous avons à offrir. Par ailleurs, nous constatons souvent que notre travail est davantage reconnu à l'extérieur du pays que chez nous. C'est une réalité avec laquelle nous composons, tout en gardant l'espoir qu'un changement de regard et de mentalité s'opérera progressivement.

Dans un milieu où la visibilité et l'exposition médiatique occupent une place importante, votre tempérament plutôt introverti représente-t-il un défi pour votre carrière ?

En vérité, la plupart des artistes que vous voyez sont introvertis. Un artiste est quelqu'un qui joue un rôle lorsqu'il est sur scène, mais sa personnalité est souvent tout autre dans la vie de tous les jours.

J'ai rencontré des artistes qui paraissaient très extravertis, voire un peu excentriques sur scène, mais qui, dans la réalité, étaient extrêmement timides. Certains ont même du mal à regarder leurs interlocuteurs dans les yeux. Je ne pense donc pas que l'introversion soit un frein à une carrière artistique.

Cela dit, il est vrai que notre métier exige une certaine interaction avec le public et les médias, puisque nous sommes des personnalités publiques. J'ai beaucoup travaillé sur cet aspect au fil des années. Si aujourd'hui je peux décider d'organiser une conférence de presse et de rencontrer des journalistes, c'est parce que j'ai fourni de gros efforts pour sortir de ma zone de confort.

À terme, Nabalüm ambitionne de produire et d'accompagner de jeunes talents

Malgré tout, je fonctionne beaucoup au ressenti. Je ne me sens obligée de rien. Je fais les choses lorsque je me sens prête, afin de pouvoir les assumer pleinement par la suite.

Au-delà de votre musique, de nombreux hommes disent être séduits par votre personnalité et votre physique. Comment vivez-vous cette attention particulière ? Avez-vous parfois été confrontée à des comportements envahissants ou déplacés ?

Tant que cela se fait dans le respect, je ne vois aucun problème. On ne peut pas empêcher les gens de nous admirer. Au contraire, j'en suis reconnaissante. Je sais que je ne suis pas la plus belle femme du Burkina Faso, donc le fait que certaines personnes apprécient ma personnalité, mon image ou ce que je dégage ne me semble pas négatif en soi.

Lorsqu'une personne me dit avec respect qu'elle m'apprécie, qu'elle me trouve belle ou qu'elle aime mon travail, cela me fait sourire. Je me dis que si je peux susciter un sentiment positif chez quelqu'un, c'est plutôt une bonne chose. En revanche, lorsque cette admiration prend une tournure déplacée ou perverse, cela devient dérangeant. J'essaie pourtant, à travers mon image et mon comportement, de ne laisser croire à personne qu'il existe des possibilités au-delà de ce que je suis prête à offrir. Mais chacun est libre de ses pensées et de ses interprétations.

Il arrive effectivement que certaines situations soient désagréables. On croise parfois des personnes très directes, voire vulgaires dans leur manière de s'exprimer. Heureusement, elles restent minoritaires. Je remercie tous ceux qui me témoignent leur affection, que ce soit à travers des messages privés, des courriels ou des commentaires. Que Dieu les bénisse et j'espère que leurs compagnes seront heureuses à leurs côtés. Mais je ne peux pas être la femme de tout le monde (rires).

Dix ans de carrière, quel programme avez-vous concocté pour cet anniversaire ?

Au programme de cette célébration, il y a d'abord un nouvel album sur lequel nous travaillons actuellement et que nous espérons sortir cette année. Nous prévoyons également un grand concert afin de communier avec toutes les personnes qui accompagnent Nabalüm depuis 2016 jusqu'à aujourd'hui.

Des prestations sont aussi prévues à l'extérieur du pays. Pour le reste, les détails seront dévoilés au moment opportun. Nous réservons encore quelques surprises au public.

Nabalüm exprime sa gratitude à ses fans pour leur soutien constant

Quels conseils donneriez-vous à une jeune fille ou à une femme qui aspire à faire carrière dans la musique ?

Je leur conseille de garder la tête sur les épaules, peu importe le succès qui viendra. Quand on est une femme, on est un trésor, une fleur. Il ne faut donc pas être prête à tout pour réussir.

Il y aura certainement beaucoup de propositions qui promettront une réussite rapide, mais il est important de connaître ses valeurs et de les préserver. Il faut se fixer des limites et faire du travail sa principale arme.
Je suis convaincue que celui qui travaille n'échoue jamais. Peu importe le temps que cela prend pour accomplir de grandes choses, chaque effort finit toujours par être récompensé. Il faut donc bien réfléchir avant de se lancer.

Il ne faut pas arriver dans ce milieu avec naïveté en pensant que tout est rose. Il y a beaucoup de difficultés, mais rien n'est impossible. Si les hommes peuvent le faire, nous aussi, nous pouvons y arriver.

Quel est votre mot de la fin ?

Notre dernier mot est un souhait de paix pour notre pays, le Burkina Faso, que nous aimons profondément. À travers nos chansons et les actions que nous menons, nous essayons, à notre manière, de contribuer à cet idéal.

Nous prions pour notre pays et espérons qu'un jour, les artistes pourront à nouveau parcourir toutes les régions du Burkina Faso, y donner des concerts et aller à la rencontre de leurs fans.

Mon plus grand souhait est également de voir la musique burkinabè s'exporter davantage et rayonner à l'international, à l'image de ce que réussissent aujourd'hui de nombreux autres pays.

Interview réalisée par Samirah Bationo
Lefaso.net

Categories: Afrique, France

« Nous avions raison… 14 ans trop tôt » : Chronique d'un combat ignoré… avant que l'histoire ne finisse par parler

Lefaso.net (Burkina Faso) - Thu, 04/06/2026 - 00:29

« Nous avions raison… 14 ans trop tôt ». À travers cette lettre ouverte à la nation burkinabè, le Dr Dibi Millogo, premier directeur général de l'Agence de l'eau du Nakanbé, livre le récit d'un combat mené dès 2012 pour sauver les barrages de Ouagadougou de l'ensablement, des occupations anarchiques et de la dégradation environnementale. À l'heure où l'État engage des mesures fortes pour restaurer ces espaces, il revient sur les alertes longtemps ignorées et invite le Burkina Faso à faire de cette expérience une leçon durable de gouvernance, d'anticipation et de protection des biens communs.

PROLOGUE — LE MESSAGE QUI A RÉVEILLÉ QUATORZE ANNÉES DE MÉMOIRE

Le 8 mai 2026, très tôt le matin, alors que les images des opérations de déguerpissement des barrages de Ouagadougou circulaient déjà dans tout le pays, je reçus un message WhatsApp d'un ancien compagnon de combat.

Un homme avec qui nous avions partagé, il y a plus de quatorze ans, les diagnostics, les inquiétudes, les réunions, les alertes, les espoirs et parfois les découragements.

Il m'écrivit simplement :
« Bonjour DG. J'espère que tout va bien. Chez moi RAS.
L'aboutissement d'un de vos combats. Là où une dizaine d'ateliers ont hésité, un seul communiqué a tranché !
Démocratie et développement en Afrique ?!?!? Hum.
Excellente journée »

Ce message venait de Ghislain, ancien Directeur de l'Eau et de l'Environnement à l'époque où j'étais Directeur Général de l'Agence de l'Eau du Nakanbé.

En lisant ses mots, quatorze années de mémoire me sont revenues d'un seul coup.

Alors je lui répondis immédiatement :
« Je suis vraiment très heureux Ghislain. Franchement !
J'ai passé aux Barrages ce matin avec mon petit frère et je lui expliquais tous mes déboires après l'atelier pour trouver un signataire du Communiqué pour le déguerpissement.
Maintenant c'est fait et ma joie est grande.
Cela prouve que nous n'étions pas si utopiques que cela.
Merci Ghislain, c'était notre (avec toi et d'autres) combat et nous allons gagner encore.
Oui.
Nous avions raison.
Mais nous avions raison… quatorze ans trop tôt.

I — LES BARRAGES ÉTAIENT EN TRAIN DE MOURIR… ET PEU DE GENS LE VOYAIENT

Pendant que la ville grandissait…
pendant que les occupations anarchiques avançaient…
pendant que chacun cherchait sa survie immédiate…
les barrages de Ouagadougou agonissaient et mouraient-même, lentement. Silencieusement.

Ils mouraient :
• sous le poids de l'ensablement ;
• sous le poids des déchets, détritus urbains ;
• sous le poids des eaux usées ;
• sous le poids des pesticides ;
• sous le poids des occupations illégales ;
• sous le poids de notre incapacité collective à dire “STOP”.

Et pourtant, les signaux étaient déjà alarmants :
• dégradation inquiétante de la qualité de l'eau ;
• Prolifération de toute sorte de nuisibles de puces, tiques, moustiques
• réduction de la capacité de stockage ;
• prolifération de la jacinthe d'eau ;
• aggravation des risques d'inondation ;
• pression humaine incontrôlée sur les berges et les cuvettes.
Mais comme souvent dans l'histoire des peuples… les catastrophes sont visibles très tard.
Alors que les alertes, elles, commencent toujours beaucoup plus tôt.

II — NOUS AVIONS CHOISI D'ALERTER… AU LIEU DE NOUS TAIRE

Face à cette situation, nous avions refusé le silence.
À travers l'Agence de l'Eau du Nakanbé, nous avions engagé des diagnostics, des missions de terrain, des visites techniques, des concertations, des études, des analyses, et finalement un grand atelier national historique sur la gestion durable des barrages n°1, 2 et 3 de Ouagadougou.
Plus de 200 acteurs avaient répondu présents.
Et surtout…nous avions conduit les autorités elles-mêmes sur le terrain.

Elles ont vu la détresse des barrages et des riverains :
• les garages installés dans les emprises ;
• les habitations dans les zones inondables ;
• les activités maraîchères dans les cuvettes ;
• les déchets déversés dans les barrages ;
• les abattages clandestins d'animaux douteux ;
• les occupations anarchiques ;
• la jacinthe d'eau étouffer progressivement les plans d'eau.
Ce jour-là… tout le monde savait.
Ce jour, une union sacrée était faite autour de la question.
Ce jour-là naissait un plan d'action pour la gestion durable des barrages 1, 2 ,3 de Ouagadougou.
C'était en 2012. Il y a déjà 14 ans, débutait ainsi le combat pour la survie des barrages.

III — NOUS N'ÉTIONS PAS SEULS

Aujourd'hui le combat a abouti.
La victoire est là : elle est le résultat d'un long processus auquel, beaucoup, parfois anonymes ont contribué. Il ne faudrait pas l'oublier l'histoire, il ne faudrait pas oublier ces hommes et femmes qui avaient compris, bien avant beaucoup d'autres, que les barrages de Ouagadougou étaient en danger.
Je veux aujourd'hui leur rendre hommage avec émotion et reconnaissance.
Je pense :
• à Ghislain Kaboré, Fatimata Sawadogo, Adama Ilboudo, Boukary Sawadogo, Adolphe Kafando, Donatien Idani, Hortense Yaméogo, Séraphin Zongo, Patrice Compaoré, Arsène Compaoré, Armelle Ouattara…. compagnons de conviction et de combat dont les analyses et le travail de terrain avaient largement contribué à objectiver les menaces pesant sur les barrages ;
• à Lassina Sanou de l'ONEA, qui avait alerté sur les risques croissants pour l'approvisionnement en eau potable de Ouagadougou ;
• A la mairie de Ouaga, Cissé Mahamoudou
• aux cadres des services de l'eau, de l'environnement, de l'agriculture et des collectivités ;
• aux chercheurs Dr Louis Ouedraogo, Pr Zongo Fréderic, etc. experts et agents de terrain ;
• ainsi qu'à tous ceux, et Dieu sait combien, ils sont nombreux, qui ont eu le courage de regarder la réalité en face.
Nous étions peut-être en avance sur notre époque.
Mais nous étions sincèrement préoccupés par l'avenir du Burkina Faso.
Et aujourd'hui, je veux leur dire :
l'histoire n'oubliera pas que vous aviez vu juste avant beaucoup d'autres.

IV — LE JOUR OÙ LA POLITIQUE A EU PEUR DU COURAGE

Et pourtant… malgré les diagnostics… malgré les preuves… malgré les alertes…
malgré les recommandations consensuelles… les décisions fortes n'ont pas été prises.
Pourquoi ?
Parce qu'il fallait déguerpir.
Parce qu'il fallait toucher à des intérêts installés.
Parce qu'il fallait prendre des décisions impopulaires.
Parce que les élections approchaient.
Alors le courage fut repoussé.
Et pendant quatorze longues années, les barrages ont continué à s'envaser, les occupations ont progressé, les risques ont augmenté, les coûts futurs ont explosé.
La vérité est simple :
chaque année de retard dans une décision courageuse finit toujours par coûter plus cher à la Nation.

V — AUJOURD'HUI, L'ÉTAT AGIT ENFIN

Et cela mérite d'être salué avec grandeur.
Car ce qui se passe aujourd'hui n'est pas un simple déguerpissement.
C'est :
• une reprise en main de l'intérêt collectif ;
• une restauration de l'autorité publique ;
• une reconquête environnementale ;
• une victoire de la vision sur l'immobilisme.
Oui… c'est la mort du statuquo, cet agent destructeur du progrès, mais si confortable pour les intérêts de certains.
Il faut du courage pour faire aujourd'hui ce qui aurait dû être fait hier.
Et ce courage doit être encouragé.
Parce qu'une Nation forte n'est pas celle qui évite les décisions difficiles.
Une Nation forte est celle qui ose protéger son avenir, malgré les intérêts sectoriels, avant qu'il ne soit trop tard.

VI — LES GRANDES LEÇONS POUR LE BURKINA FASO

Cette histoire doit devenir une immense leçon nationale.
Une leçon de gouvernance.
Une leçon de responsabilité.
Une leçon de patriotisme.
Car les Nations ne meurent pas toujours par manque d'intelligence.
Très souvent… elles souffrent simplement parce qu'elles écoutent trop tard ceux qui avaient déjà compris.

Le Burkina Faso doit désormais devenir un pays :
• qui anticipe ;
• qui protège ses biens communs par rapport aux intérêts partisans ;
• qui écoute ses techniciens plutôt que les courtisans ;
• qui respecte la planification prospective en lieu et place de la restructuration corrective ;
• qui agit avant les catastrophes, au lieu de compatir à la douleur des victimes .
Et cette dynamique doit s'étendre à tout le pays, aux barrages, aux forêts, aux zones inondables, aux espaces publics, aux terres stratégiques, aux infrastructures vitales, à la protection environnementale, à l'urbanisation anarchique, mais aussi et surtout à la gouvernance elle-même.
Car le véritable déguerpissement que l'Afrique doit réussir est aussi moral, institutionnel et mental.
Nous devons déguerpir :
• l'improvisation ;
• le laisser-faire ;
• le court-termisme ;
• la peur des décisions courageuses ;
• la culture des intérêts particuliers au détriment du bien commun.

VII — À LA JEUNESSE AFRICAINE : N'AYEZ PAS PEUR D'AVOIR RAISON TROP TÔT

Chers jeunes,
retenez ceci toute votre vie :
Les visionnaires souffrent souvent d'une solitude particulière.
La solitude d'avoir compris avant les autres.
Vous serez parfois incompris.
Parfois découragés.
Parfois traités d'utopistes.
Parfois combattus simplement parce que vous voyez plus loin.
Mais ne renoncez jamais à défendre ce qui est juste pour votre peuple.
Car les grandes transformations commencent toujours par des femmes et des hommes capables de voir plus loin que le présent immédiat.
Oui…
avoir raison trop tôt est parfois douloureux.
Mais l'histoire finit presque toujours par rendre son verdict.
Et lorsqu'elle le rend… elle distingue toujours ceux qui protégeaient leurs intérêts de ceux qui protégeaient l'avenir de leur Nation.

ÉPILOGUE — QUAND LES BARRAGES PARLENT ENFIN

Aujourd'hui, les barrages de Ouagadougou parlent enfin.
Ils parlent :
• dans le bruit des machines ;
• dans la poussière des déguerpissements ;
• dans les terres qu'on libère ;
• dans les eaux qu'on tente de sauver ;
• dans ce réveil tardif mais nécessaire de l'autorité publique.

Et leur message au Burkina Faso est immense :
Une Nation devient grande lorsque l'intérêt général devient enfin plus fort que les intérêts particuliers.
Peut-être alors… que dans plusieurs décennies… les générations futures regarderont cette période comme le moment où le Burkina Faso a commencé à reconstruire une nouvelle culture nationale :
• une culture du courage ;
• une culture de l'anticipation ;
• une culture de la responsabilité ;
• une culture de la protection des biens communs.
Et ce jour-là… notre combat n'aura pas seulement contribué à sauver des barrages.
Il aura contribué à sauver une certaine idée du Burkina Faso.

NOUS AVIONS RAISON… 14 ANS TROP TÔT.

Dr Dibi MILLOGO,
1er Directeur Général de l'Agence de l'Eau du Nakanbé
Avec mes remerciements à Mme Sawadogo Fatimata et Monsieur Kaboré Ghislain pour leurs contributions

Categories: Afrique, France

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