La projection, lundi 25 mai à Kinshasa, du documentaire « Bosolo, la vérité des urnes à visage découvert » a remis au centre du débat un dispositif clé du processus électoral de 2023 en République démocratique du Congo : le Centre électoral Bosolo.
Il y a des lignes rouges en géopolitique. Des seuils qu’on ne franchit pas, surtout entre partenaires. Trump vient d’en pulvériser une avec une désinvolture qui laisse pantois : faire éclater le Canada de l’intérieur pour mettre la main sur ses ressources naturelles.
Le 19 octobre prochain, les Albertains voteront sur une question aussi simple qu’explosive : veulent-ils que leur province tienne un référendum sur l’indépendance ? Pas directement sur l’indépendance elle-même – non, trop brutal. D’abord un vote pour décider si l’on doit voter. La tactique du salami, version prairie canadienne.
Derrière cette mécanique référendaire se cache quelque chose de bien plus inquiétant : une opération de déstabilisation orchestrée depuis Washington. Depuis avril 2025, des officiels du Département d’État américain ont rencontré à trois reprises des dirigeants de l’Alberta Prosperity Project, un groupe séparatiste d’extrême droite très influent. Ces militants cherchent désormais une ligne de crédit de 500 milliards de dollars auprès du Trésor américain pour financer la transition vers l’indépendance.
Relisez bien cette phrase. Le Département d’État américain reçoit des séparatistes canadiens. Le Trésor américain envisage de leur prêter un demi-trillion de dollars. Nous ne sommes plus dans l’ingérence diplomatique classique. Nous sommes dans le démantèlement d’État sponsorisé.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré sur le podcast de Jack Posobiec : « L’Alberta est un partenaire naturel pour les États-Unis. Ils ont d’importantes ressources. Je pense que nous devrions les laisser se joindre aux États-Unis ». Pas « ils pourraient », pas « si jamais ». Non : « nous devrions ». Un membre du cabinet américain qui prône publiquement l’annexion d’une province d’un pays allié, membre du G7 et de l’OTAN.
Le cynisme absolu de l’affaire, c’est la rhétorique utilisée. Sur le podcast de Steve Bannon, l’analyste Brandon Weichert a même esquissé la feuille de route en se basant sur des « précédents historiques » : « Si l’Alberta vote pour l’indépendance, nous la reconnaîtrons et la mettrons sur la voie pour devenir le 51e État – exactement comme le Texas et la Californie qui se sont d’abord déclarés indépendants du Mexique avant de rejoindre l’Union ».
Comparez le Mexique du XIXe siècle au Canada du XXIe. Comparez une jeune république traversée par des crises politiques permanentes à une démocratie parlementaire prospère et stable depuis plus de 150 ans. Le parallèle est obscène. Mais il révèle la vision trumpienne du monde : tout territoire est à prendre si l’on a la force de le prendre.
Pourquoi l’Alberta ? Parce que cette province de 5 millions d’habitants représente 84 % de la production pétrolière canadienne. Parce qu’elle regorge de terres rares essentielles à la transition technologique. Parce qu’elle est conservatrice, individualiste, frustrée par Ottawa, et donc vulnérable au discours trumpiste du « nous sommes des gagnants ».
Le représentant républicain Andy Ogles l’a dit sans détour sur la BBC : « Je pense que les gens d’Alberta préféreraient ne pas faire partie du Canada et faire partie des États-Unis, parce que nous sommes des winners ». La rhétorique MAGA appliquée à la dissolution d’un pays.
Nous voilà arrivés à cette aberration géopolitique : le « grand frère américain », champion autoproclamé de la démocratie libérale, travaille activement à faire éclater de l’intérieur une démocratie parlementaire stable, membre de tous les clubs occidentaux qui comptent. Pour du pétrole et des terres rares.
Pour l’instant, les chiffres semblent rassurants pour Ottawa. Un sondage réalisé il y a quelques mois montre que 71 % des Albertains veulent rester au Canada, tandis que près d’un sur cinq soutient l’indépendance. Mais dans le référendum britannique de 2016, personne ne croyait au Brexit jusqu’à ce qu’il arrive.
Et Trump n’avait pas mis son appareil d’État au service des Brexiters. D’ailleurs, les dernières enquêtes d’opinion montrent une inflexion significative en faveur de l’indépendance.
Ce qui se joue en Alberta dépasse largement le Canada. C’est un test. Certes, le référendum du 19 octobre, organisé par la Première ministre de l’Alberta sous la pression croissante des indépendantistes, ne porterait dans un premier temps que sur la tenue d’un futur vote d’indépendance. Et même dans l’hypothèse où celui-ci l’emporterait un jour, Ottawa devrait encore accepter les conditions d’une éventuelle sécession. Mais chacun imagine déjà le bras de fer colossal que Washington engagerait alors contre le gouvernement canadien. Si Washington parvient à démembrer un allié du G7 sans conséquence majeure, qu’est-ce qui empêchera demain Trump de soutenir les séparatistes catalans, écossais ou bavarois ? Qu’est-ce qui garantit la stabilité de n’importe quelle démocratie occidentale face à un président américain prêt à tout pour mettre la main sur des ressources ?
Ces méthodes ne sont d’ailleurs pas sans rappeler celles utilisées par Vladimir Poutine dans plusieurs territoires séparatistes de l’ex-espace soviétique ou de l’est de l’Ukraine : instrumentaliser des frustrations locales, soutenir des mouvements sécessionnistes et transformer des référendums en outils de démembrement territorial.
Le 19 octobre, les Albertains ne voteront pas seulement sur la tenue ou non d’un futur référendum. Ils voteront sur une question bien plus large : est-ce qu’un État peut sponsoriser la désintégration d’un autre État ami pour s’emparer de ses richesses naturelles ?
Bienvenue dans le trumpisme géopolitique. Où les alliés deviennent des proies. Et où la stabilité des démocraties occidentales se négocie contre du pétrole de schiste.
Romuald Sciora, essayiste franco-américain, est directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS. Dernière publication : America 250, une histoire graphique des États-Unis, vol. 1, Né dans le sang (éditions Point Nemo).
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Au Togo le gouvernement s’en fout du peuple et le peuple s’en fout du gouvernement
Par N’djo
Ce que beaucoup de Togolais reprochent à Faure Gnassingbé, ce n’est pas seulement sa politique, c’est surtout le mépris qu’il semble nourrir à l’égard de ses propres concitoyens.
Le Président gouverne comme un administrateur lointain, rarement comme un dirigeant en dialogue avec son peuple. Il voyage sans expliquer ce qu’il va chercher à l’étranger ni ce qu’il rapporte au pays. Il modifie la Constitution sans débat national. Des arrestations surviennent sans explications convaincantes. La communication avec les citoyens est réduite au strict minimum, comme si le peuple n’avait ni droit aux explications ni droit au respect.
Cette distance se reflète aussi dans la composition de son appareil de gouvernance. Pour former ses gouvernements et structurer son pouvoir, Faure Gnassingbé semble accorder une confiance massive aux « venus de France », aux Togolais débouchés aux Nations unies, ou encore à certaines figures de la diaspora togolaise telles que Gilbert Bawara, Victoire Tomégah-Dogbé ou Pacôme Adjourouvi. Comme si les compétences vivant quotidiennement les réalités du pays étaient médiocres.
Le phénomène va encore plus loin quand le pouvoir affiche fièrement des conseillers européens, photographiés aux côtés du président comme des garanties de crédibilité. Des hiboux comme Dominique Strauss-Kahn ou Tony Blair ont ainsi été présentés comme proches du pouvoir, associés à ses réflexions stratégiques.
Mais malgré ces réseaux et experts qui se veulent prestigieux, malgré cette technocratie importée, le constat demeure sévère : le Togo ne va pas bien. Les difficultés sociales persistent, le malaise politique demeure profond, l’économie peine à transformer les conditions de vie des populations. Les divergences entre gouvernants et gouvernés continuent de se creuser.
Cet échec n’a rien de surprenant, puisqu’un pays ne se développe jamais durablement contre son peuple ou loin de lui. Aucun conseiller étranger, aussi brillant soit-il, ne peut remplacer l’écoute des réalités locales. Aucun modèle technocratique ne peut fonctionner lorsqu’un pouvoir gouverne sans confiance réciproque avec les citoyens.
Car lorsqu’un président semble mépriser son peuple, le peuple finit lui aussi par douter de son président. Il cesse de croire à sa vision, n’adhère plus à ses politiques et regarde l’action publique avec méfiance ou résignation. Or, sans adhésion populaire, il ne peut y avoir de dynamique nationale efficace.
Si Faure Gnassingbé parvenait malgré tout à sortir le Togo de la pauvreté, à réconcilier durablement le pays avec lui-même et à construire une stabilité politique solide tout en restant aussi distant de son peuple, ce serait une première dans l’histoire de l’humanité. Car partout ailleurs, les grandes avancées des nations ont toujours reposé sur un minimum de confiance entre le dirigeant et les dirigés.
Le développement n’est pas seulement une affaire d’experts, de diplomatie ou de communication internationale. Il commence d’abord par le respect du peuple.
Source : Sikaajournal
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Face à une augmentation continue des cas et des décès liés à l’épidémie de virus Ebola, le gouverneur de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama, a plaidé lundi 25 mai, pour le déploiement immédiat d'un renfort de personnel qualifié et de matériel médical. Cette assistance doit cibler en urgence près d’un million de déplacés de guerre menacés par une catastrophe humanitaire.