Le 25 avril 2026, des attaques ont été menées par des groupes armés au Mali, notamment à proximité de la capitale Bamako. Les combats ont opposé les Forces armées maliennes (FAMa), soutenues par l’organisation paramilitaire russe Africa Corps, à une alliance inédite entre deux groupes armés aux objectifs distincts. D’un côté, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une organisation djihadiste affiliée à Al-Qaïda, et de l’autre, les indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA). Les rebelles sont parvenus à prendre le contrôle de plusieurs villes, dont Kidal, sous contrôle de l’État malien et des mercenaires russes depuis 2023. Ces affrontements particulièrement violents ont fait au moins seize morts, dont le ministre de la Défense, Sadio Camara.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte déjà extrêmement fragile. Depuis plus d’une décennie, le Mali est confronté à une crise profonde, marquée par une instabilité politique et de fortes difficultés économiques.
Dès lors, comment expliquer le rapprochement de deux groupes armés aux objectifs pourtant divergents ? S’agit-il d’une alliance durable ou d’une coalition de circonstance contre l’État malien ? Cette dynamique annonce-t-elle une fragmentation du pays ? Dans quelle mesure la junte au pouvoir est-elle en capacité de contrôler la situation ? Et comment interpréter l’absence de réaction de la Russie et les acteurs régionaux face à cette situation ?
Autant d’enjeux abordés avec Fatou Élise Ba, chercheuse à l’IRIS, responsable du Programme Sécurité humaine et spécialiste des questions de développement et de l’Afrique, qui analyse les dynamiques de ces affrontements et les risques d’évolution de cette crise.
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Le 27 avril 2026, dans le cadre de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance du Togo, le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé a livré un discours structuré autour de cinq messages. Derrière les envolées sur la souveraineté, la résilience et la transformation, un appel concret s’est glissé vers la fin : celui d’un dialogue national autour d’une nouvelle feuille de route pour les six prochaines années.
« Pas des promesses. Des actions visibles »
Le ton du discours se voulait volontariste. « Face aux attentes de nos concitoyens, la responsabilité de l’État est claire. Apporter des réponses concrètes. Des résultats. Pas des promesses. Des actions visibles », a martelé Faure Gnassingbé, déclinant sa vision autour de trois axes : Protéger, Rassembler, Transformer. Des verbes déjà esquissés dans son discours de fin d’année 2025.
Protéger, c’est sécuriser le territoire, garantir l’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé. Rassembler, c’est réduire les inégalités entre régions et reconstruire la confiance entre l’État et les citoyens. Transformer, c’est moderniser l’agriculture, former la jeunesse aux métiers de demain et renforcer les infrastructures logistiques : routes, port, zones industrielles. Un triptyque soigneusement articulé, servi dans une rhétorique limpide.
L’appel au dialogue
C’est la dernière partie du discours qui a le plus retenu l’attention. Faure Gnassingbé a annoncé l’ouverture prochaine d’une « phase d’échanges » avec les institutions, le secteur privé, la société civile et les partenaires du Togo, pour « enrichir la réflexion du gouvernement autour de l’élaboration de cette feuille de route ».
« La Ve République nous engage à changer notre manière de faire. Je souhaite une action publique plus ouverte, plus concertée, plus responsable. Dans les prochaines semaines, une phase d’échanges sera engagée, avec les institutions, avec le secteur privé, avec la société civile, avec nos partenaires, pour enrichir la réflexion du gouvernement autour de l’élaboration de cette feuille de route. Pour la partager. Pour la parfaire. Pour la faire vivre. Car cette stratégie ne peut réussir que si elle vous appartient à tous», a-t-il déclaré.
Un appel à la concertation qu’il a présenté comme une nouvelle manière de gouverner. Le message est simple. Une feuille de route nationale ne se décrète pas, elle se construit. Et Faure Gnassingbé dit vouloir la construire avec tout le monde : institutions, secteur privé, société civile, partenaires. Le calendrier reste à préciser.
Une partie de l’opposition botte en touche
Sauf que du côté de l’opposition, cet appel au dialogue n’a pas trouvé preneur. Dans une déclaration conjointe publiée le même jour, quatre formations (la DMK-Originale, la DMP, la LDP et le mouvement « Touche Pas À Ma Constitution ») ont rejeté ce qu’elles qualifient d’« appel déguisé à un dialogue dont l’objectif est de consolider le pouvoir ».
Pour elles, le diagnostic est sans appel : vingt-et-un ans de règne, aucun bilan, une économie que le dernier rapport de l’OCDE qualifie de « structurellement défaillante », une Constitution imposée contre la volonté populaire. « Nous rejetons ce mépris affiché et exigeons une rupture réelle, ici et maintenant », ont-elles tranché, appelant à une « transition inclusive » comme seule issue pacifique à la crise politique togolaise.
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