La visite de Donald Trump en Chine, mercredi 13 mai, s’inscrit dans un contexte international particulièrement tendu, marqué à la fois par les conflits au Moyen-Orient et par l’intensification des rivalités entre Washington et Pékin. Reporté à la suite du déclenchement de la guerre en Iran, ce déplacement constitue la première visite de Donald Trump en Chine depuis 2017. Il intervient également quelques jours avant l’arrivée de Vladimir Poutine à Pékin, alors que le rapprochement stratégique entre la Russie et la Chine ne cesse de se renforcer. Au-delà de la question iranienne et des liens étroits entretenus par Pékin avec Téhéran, cette rencontre revêt une importance particulière en raison des nombreux sujets de tension entre les deux puissances, qu’il s’agisse des différends commerciaux, des enjeux technologiques ou encore de la question sensible de Taïwan. Quel bilan tirer de cette visite de Donald Trump en Chine ? Quels étaient les principaux enjeux abordés par les deux dirigeants ? Et quelles conséquences cette rencontre diplomatique pourrait-elle avoir sur la politique américaine vis-à-vis de Taïwan et sur la stabilité régionale ? Le point avec Emmanuel Lincot, directeur de recherche à l’IRIS, co-responsable du Programme Asie-Pacifique.
Dans quel contexte s’inscrit la visite de Donald Trump en Chine ?
C’est la deuxième visite de Donald Trump en Chine depuis 2017. Rappelons que cette visite d’État avait été préalablement ajournée il y a un mois par les Américains pour cause de guerre au Moyen-Orient. Cette visite précède de quelques jours seulement celle de Vladimir Poutine à Pékin, ces 19 et 20 mai.
Avec le recul, nous pouvons dire d’ores et déjà que le déplacement de Donald Trump dans la capitale chinoise est un échec. Seuls deux cents Boeing ont été vendus alors que la vente de cinq cents appareils était initialement escomptée. Aucun contrat dans le domaine céréalier, ainsi que dans le high-tech – alors que dix-sept chefs d’entreprises parmi lesquels Elon Musk étaient présents dans la délégation présidentielle – n’ont été signés. Donald Trump a beau avoir dit à la cantonade que Xi Jinping était un « ami », cela n’engage manifestement que lui tant il est vrai que Xi Jinping a été très ferme, voire menaçant, sur l’attitude de Washington à l’égard de Taïwan. Le Président américain a également constaté que ses vœux d’obtenir de la Chine une plus grande coopération sur le dossier iranien se heurtaient à un mur. À l’encontre de l’Iran, Donald Trump va donc devoir « poursuivre la diplomatie par d’autres moyens », si l’on parle le langage de Clausewitz, et ce, en optant de nouveau pour la guerre. Comme pour le conflit en Ukraine, la Chine ne peut que s’en réjouir. En aidant matériellement les Russes et les Iraniens par la livraison de composants nécessaires au montage de drones, tout en étant une force de propositions en proposant des plans de paix que rejettent toutefois les belligérants, la Chine assiste à l’embourbement de la première puissance du monde.
À présent, tous les regards convergent naturellement vers la Chine, les pays de l’Union européenne – dont la France – n’étant pas en reste. D’autant que la Chine se voit confortée dans ses choix de transition écologique entamée il y a plus de vingt ans et veillera à développer des corridors alternatifs pour assurer ses approvisionnements énergétiques. Parmi ces corridors, on peut noter celui des régions médianes de l’Eurasie, c’est-à-dire du Caucase, et qui expliquent le fort rapprochement de la Chine avec des pays jugés stratégiques, tels l’Azerbaïdjan ou le Turkménistan.
Quels étaient les enjeux bilatéraux et internationaux soulevés lors de cette rencontre et quel bilan peut-on en dresser ?
Il n’y a aucune avancée significative. La certitude pour Donald Trump est qu’il faut désormais frapper un grand coup contre l’Iran pour se sortir de ce bourbier au plus vite, et porter ainsi indirectement un coup à l’économie chinoise. Car, même si une trentaine de navires chinois sont arrivés à passer sans encombre le détroit d’Ormuz, les importations de pétrole en provenance du Moyen-Orient se font beaucoup plus rares et l’on en perçoit l’impact dans les usines de plastique en Chine.
La visite de Vladimir Poutine à Pékin va quant à elle donner lieu à un renforcement du partenariat entre les deux pays, voire à la concrétisation du fameux Force de Sibérie 2, gazoduc devant relier la Russie, ses champs pétroliers et gaziers, via l’Altaï à la province du Xinjiang. Cela signifie un retour du renforcement des interconnexions entre la Chine et les régions occidentales et septentrionales de l’Asie centrale.
La question de Taïwan reste un point de tension majeur entre Washington et Pékin, notamment autour de la vente d’armes américaines à Taïwan. Quelle influence cette visite pourrait-elle avoir sur la politique américaine vis-à-vis de l’île et de la stabilité régionale ?
On a senti des crispations chez Xi Jinping concernant la question taïwanaise qui a mis en garde son homologue américain d’entreprendre toute action qui irait à l’encontre des intérêts chinois. Cette mise en garde verbale et ferme trahit-elle le fait que les Chinois ne sont pas prêts en définitive à une action militaire ? Ce n’est pas impossible. Le limogeage de He Weidong, chef de l’État-major en charge des affaires stratégiques taïwanaises au sein de l’Armée populaire de libération (APL), et l’annonce récemment de la condamnation à la peine capitale de l’ancien ministre de la Défense Li Shangfu, expliquent la nervosité tout à fait inhabituelle, de surcroît exprimée publiquement de Xi Jinping à ce sujet. Sur le vol du retour, Donald Trump a à son tour mis en garde Taïwan de proclamer son indépendance. Devra-t-il pour autant renoncer à honorer le Taiwan Relations Act en vigueur depuis 1979 et l’exportation d’armes américaines vers l’île ? C’est peu certain.
En tout cas, Xi Jinping a donné des gages à une partie très nationaliste de l’opinion chinoise en montant sur ses ergots alors que le scénario le plus probable à mon sens concernant les relations interdétroits est l’asphyxie économique de l’île et non le recours à la force.
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Depuis maintenant dix semaines, la guerre en Iran occupe une place centrale dans les médias et les débats géopolitiques. Mais au-delà du conflit lui-même, c’est la manière dont il est traité médiatiquement qui interroge. Entre posture idéologique, discours dominant et multiplication des « experts » sur les plateaux télé, le débat public semble de plus en plus enfermé dans une logique de conformisme et d’émotion permanente.
Les chaînes d’information en continu, contraintes de commenter l’actualité sans interruption, favorisent des débats rapides et souvent superficiels. Les plateaux réunissent des intervenants présentés comme « experts en géopolitique » mais qui, pour certains, n’ont jamais travaillé sur le terrain ni acquis une connaissance concrète des réalités. La recherche de la phrase choc prend le pas sur l’analyse de fond.
Cette uniformité du discours s’explique aussi par une forme de pression collective : peur d’être marginalisé, volonté de rester dans la ligne dominante. Résultat : certaines fake news circulent sans conséquences, et leurs auteurs continuent d’être invités malgré des erreurs parfois flagrantes.
Cette situation pose une question : les médias remplissent-ils encore leur rôle d’information et d’analyse, ou participent-ils à l’installation d’une doxa déconnectée de la réalité ?
Mon analyse dans cette vidéo.
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Ces dernières années, des Mirage 2000D de la 3e Escadre de chasse ont régulièrement mené des missions en mer Noire et dans la région de la Baltique afin de collecter des renseignements d’origine électromagnétique [ROEM] grâce à la nacelle ASTAC [pour Analyseur de Signaux TACtiques]. Autrefois mis en œuvre par le Mirage F1CR, cet équipement...
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La version anglaise de cette note a été initialement publiée par Lawfare.
La guerre en Iran a provoqué des bouleversements sans précédent pour la sécurité énergétique et alimentaire mondiale. À mesure que les effets de ces bouleversements (de la pénurie de carburant à la flambée des prix alimentaires) se feront plus visibles, ils exerceront une pression croissante sur la paix et la stabilité. Bien que certaines répercussions soient déjà perceptibles, les perturbations sur le système international s’accentueront si le conflit persiste.
Par ailleurs, quelles que soient les agissements des États-Unis dans la région, l’occurrence dans les prochains mois d’une des phases du phénomène climatique ENSO, connue sous le nom d’El Niño, devrait aggraver les conséquences de la crise iranienne sur la sécurité alimentaire et énergétique. Cela met en évidence le rôle déterminant des facteurs naturels sur nos priorités, et que la résilience climatique est indissociable des objectifs de sécurité internationale.
À téléchargerL’article El Niño amplifiera considérablement les chocs tels que celui de la guerre en Iran est apparu en premier sur IRIS.
À une échelle infinitésimale, l'armée de l'air française a été confrontée ces derniers mois dans le Golfe aux mêmes menaces low-cost que les aviations américaine et israélienne, et leurs alliées du Golfe : tenter d'arrêter les drones kamikaze iraniens avec des Rafale des milliers de fois plus coûteux à l'achat, tirant des missiles des dizaines de fois plus chers. Un dilemme bien connu des Ukrainiens et des Russes qui s'affrontent depuis plus de quatre ans. Dans la bataille coût-efficacité, le chasseur a-t-il encore un avenir face au drone ?
- Défense en ligne / France, Armée, Armement, Industrie de l'armementDans le cadre du Programme d'appui à la stabilisation de l'axe Ouagadougou–Koudougou–Dédougou–Bobo-Dioulasso (OKDB), le ministre de l'Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a accordé une audience à l'ambassadeur de l'Union européenne au Burkina Faso, Philippe Bronchain.
Aboubakar Nacanabo a surtout plaidé pour une approche centrée sur un leadership national, invitant les partenaires techniques et financiers, notamment l'Union européenne, à renforcer l'alignement de leurs initiatives sur les priorités définies par l'État burkinabè.
Ce programme, soutenu financièrement par l'Union européenne, a pour objectif de renforcer la résilience des populations vivant dans les zones affectées par la crise sécuritaire, notamment le long de cet axe stratégique reliant plusieurs grandes villes du pays. Il s'inscrit dans une dynamique de stabilisation, de développement local et de consolidation des services sociaux de base.
Lefaso.net
Source : Ministère de l'Économie et des finances