Éric Ciotti, candidat UDR-RN à la mairie de Nice, a déclaré mardi qu’il refuserait les projets actuels de nouvelle patinoire et d’aménagement de l’Allianz Arena prévus pour les sports de glace pendant les Jeux olympiques de 2030.
« Sur le principe, je suis favorable aux Jeux olympiques. C’est toujours une manifestation importante, qui donne du rayonnement à notre nation », a déclaré le député des Alpes-Maritimes sur France 5.
Mais à Nice, « si je suis élu maire demain, ça ne se fera pas comme ça », a Éric Ciotti prévenu, se disant « prêt à consulter les Niçois par référendum » si on tentait de lui forcer la main.
Prévu comme pôle olympique des sports de glace, Nice doit aussi accueillir un village olympique, le centre des médias et la cérémonie de clôture.
Si le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) 2030 s’est donné jusqu’à fin juin pour finaliser la carte des sites, pour l’instant le projet est de couvrir le stade de football de l’Allianz Arena pour les épreuves de hockey et de construire à côté une nouvelle patinoire pour le patinage artistique.
« Je ne souhaite pas qu’on utilise le stade de l’Allianz Riviera, qu’on le bloque pendant plusieurs mois et que notre équipe (de football, l’OGC Nice) soit contrainte de jouer ailleurs, pour un coût de 80 millions d’euros », a déclaré M. Ciotti, qui refuse aussi le projet de grande patinoire.
« Il y a d’autres solutions. Je les proposerai », a-t-il assuré. Contactée par l’AFP sur ces solutions alternatives, l’équipe de M. Ciotti n’a pas répondu dans l’immédiat.
Début novembre, le député Frédéric Maillot (groupe Gauche démocrate et républicaine), rapporteur pour avis des crédits du budget Sport de la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale, avait mis en doute le projet de patinoire niçoise, « estimé à 138 millions d’euros », alors qu’il existe des patinoires olympiques fonctionnelles à Marseille, Lyon ou Pralognan-la-Vanoise.
« Je comprends que ça choque. » Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a réagi, mercredi matin, sur France Info, à l’affaire qui agite depuis plusieurs jours la commune de Chessy (Seine-et-Marne), révélée mardi dans nos colonnes : la démission d’élus pour ne pas marier un homme, sous le coup d’une OQTF désormais plus opérante.
À l’origine de la polémique, un homme d’une quarantaine d’années, toujours présent en France malgré une OQTF datant de 2022 (qui n’est plus effective), qui souhaite se marier avec une ressortissante européenne à Chessy.
Le maire, Olivier Bourjot, ainsi que ses adjoints, opposés à cette union, ont ainsi démissionné de leurs fonctions exécutives, tout en restant conseillers municipaux, privant temporairement la commune d’officiers d’état civil.
« Comme citoyen, ça me choque »« Ce n’est pas parce qu’il va se marier avec quelqu’un qui est résidente en France qu’on ne peut pas le reconduire. Ce n’est pas un obstacle », a martelé sur Franceinfo Laurent Nuñez. « Vous mariez quelqu’un qui fait l’objet d’une OQTF, qui normalement n’a pas à être là : comme citoyen, ça me choque », a-t-il poursuivi, rappelant tout de même le cadre légal dans ce type de situation.
« Ça relève d’abord du procureur de la République, qui peut décider ou non d’invalider le mariage quand il est saisi par le maire, lequel peut demander une enquête de police pour vérifier qu’il y a eu une vie commune. Ça a été fait », a précisé Laurent Nuñez.
Dans ce dossier, la justice, saisie en référé par les fiancés, s’est prononcée la semaine dernière en faveur de leur union avant la fin de l’année.
« Si je n’ai pas fait opposition (au mariage), c’est que les éléments légaux ne sont pas constitués. L’OQTF n’était plus opérante. Le seul séjour irrégulier n’est pas un motif suffisant pour s’opposer à un mariage, qui est un droit fondamental », s’est justifié le procureur de la République Jean-Baptiste Bladier.
« Winston Churchill, Premier ministre britannique de 1940 à 1 945 est une figure immense de la résistance des nations occupées pendant la guerre. Il est aussi le grand symbole de la lutte contre le fascisme et du retour de la paix. C’est pourquoi nous avons le sentiment de devoir lui rendre hommage, tout particulièrement ici au Mémorial de Ver-sur-Mer, en lui érigeant une statue », explique, enthousiaste le responsable opérationnel du site, Sacha Marsac.
Ce Mémorial, très connu bien au-delà de la Normandie, surplombe la plage de Gold Beach. On y découvre, le long d’un parcours bouleversant, les noms des 22 442 hommes et femmes tombés sous commandement britannique pendant la Seconde Guerre mondiale.
« Une démarche magnifique ! »« Le sculpteur Paul Rafferty a déjà imaginé précisément cette statue de Churchill. Elle devrait mesurer 3 m de haut et figurer la grande figure de Churchill, taillée dans le bronze, dans le manteau qu’il portait le 10 juin 1944, lors de sa visite en Normandie, précise Sacha Marsac. On le verrait ici saluer à nouveau ceux qui ont sacrifié leur vie pour notre liberté. Notre espoir un peu fou est de dévoiler cette statue dès le 6 juin 2027. »
Pour cela, les responsables du Mémorial, géré par une association britannique, ont déjà lancé différents appels auprès d’entreprises et de fondations à la fois françaises et britanniques. Mais ça ne suffira pas. « Il nous faut en tout 1,5 million d’euros. Il faut donc aussi nécessairement que les particuliers nous aident. Ceux qui viennent visiter le Mémorial mais aussi ceux qui souhaitent de l’extérieur nous soutenir dans l’entretien de cette mémoire. »
« C’est une démarche magnifique ! réagit Gérard, 71 ans, en visite justement à Ver-sur-Mer. Ça ne suffit pas de visiter ces lieux de mémoire. Il faut aussi les faire vivre et donc les financer, pour que les plus jeunes s’approprient cette histoire. L’actualité tragique nous rappelle chaque jour la chance que c’est de naître dans un monde libre. Et il nous faut sans cesse le rappeler, notamment par ce type d’initiative tellement forte. »
Un accord historique et dans la douleur. Après des semaines de négociations, plusieurs forces politiques de gauche vont acter un accord pour une liste d’union aux prochaines élections municipales à Paris.
Pour la première fois depuis 1977, le Parti socialiste, le Parti communiste, les Écologistes et Place publique mèneraient une liste commune dès le premier tour pour tenter de conserver la capitale en mars prochain. Un mariage qui n’est pas sans rappeler l’alliance de ces équipes pour former l’actuelle majorité d’Anne Hidalgo. Il faudra, avant cela, que les militants Écologistes et élus socialistes votent les conditions de cet accord, ce mercredi soir.
Une première condition est qu’elle soit menée par le socialiste Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo et député. C’est ce qu’a annoncé, mercredi matin, l’écologiste David Belliard, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des mobilités. Il a assuré, sur France info, qu’il était prêt à rallier et soutenir « une liste portée par Emmanuel Grégoire », considérant qu’il fallait « bousculer cette élection ».
« Nous ne pouvons pas nous payer le luxe d’être divisés », disait aussi sur Ici, quelques minutes avant, le communiste Ian Brossat. « Une seule liste de gauche serait présentée dans les arrondissements », prévient le sénateur proche d’Anne Hidalgo.
« La vraie bataille commence maintenant »Un accord qui intervient dans un contexte particulier, avec un changement de mode de scrutin (les Parisiens voteront directement pour élire leur maire) qui « pousse à cette union » et surtout face à une droite placée haut dans les sondages, menée par Rachida Dati, maire (LR) du VIIe arrondissement et ministre de la Culture.
Dans un récent sondage exclusif du Parisien, tous les candidats de cette nouvelle union sont d’ailleurs distancés par la candidate des Républicains, du MoDem et de l’UDI placée à 27 % des intentions de vote. Seule une union équivalente à la majorité municipale actuelle (PS, Place publique, PCF et Écologistes donc) permettrait de reprendre l’avantage (32 % pour la liste d’union, 27 % pour Rachida Dati).
Si pour beaucoup des membres de cette alliance, la « vraie bataille commence maintenant », certains auront des ressentiments. En plus d’un nombre de places en position éligible (en cas de victoire le 22 mars), les Écologistes ont obtenu l’investiture d’un des leurs, avec le soutien de cette union, dans le XIe arrondissement jusqu’alors acquis aux socialistes. Les Verts devraient conserver leurs chefs de file dans le XIIe et XIVe, où les maires sont déjà écologistes.
Une alliance dans la douleurExit François Vauglin, le maire socialiste sortant du XIe donc, qui « vit mal la situation », confiait son entourage mardi. Certains de ses proches le poussent même à une candidature dissidente à l’union. Son choix, dans les prochains jours, sera à scruter. Pour y voir de premières fissures dans l’union ou non.
« On avait tous peur de savoir sur quel arrondissement la pièce allait tomber, reconnaissait un(e) maire de gauche. David Belliard est élu dans cet arrondissement, le XIe, la sociologie électorale a aussi été regardée », justifie-t-il.
« J’ai plutôt déconseillé à François de se présenter face à une liste officiellement investie par l’union, même si ce n’est pas simple et que tous les socialistes étions contre cette concession », admet un cadre du PS parisien.
« En 2020, les Verts n’étaient en tête dans aucun arrondissement, dans trois mois, ils pourraient se retrouver avec 36 élus au Conseil de Paris en cas de victoire (contre 28 actuellement) et trois mairies d’arrondissement. Ils ont négocié âprement », juge un maire de gauche.
La droite pas inquièteAprès cet accord, la gauche entend désormais « répondre à une attente des Parisiens », selon eux, et rêve « d’enclencher une dynamique ». Tout le défi de cet attelage sera de « distancer et amenuiser la liste de la France insoumise » menée par Sophia Chikirou, projette un cadre de l’union.
Ce qui n’est pas le cas en ce début de campagne. Pour l’heure, malgré cette union, la députée LFI et tête de liste du parti de Jean-Luc Mélenchon obtiendrait tout de même 13 % des votes. De quoi se maintenir au second tour et perturber les plans des anciens adjoints d’Anne Hidalgo.
Une union de la gauche, hors LFI donc, qui n’inquiète pas l’entourage de Rachida Dati. « Ce sont deux candidats très en retrait qui s’additionnent. On peut s’interroger sur le résultat final quand on voit qu’ils ont du mal à cohabiter sur ce dernier mandat. Ce sera projet contre projet », considère David Alphand, bras droit de Dati, qui s’interroge déjà sur la pérennité de cette alliance.
« Ni la personnalité du candidat socialiste, ni celle de l’écologiste, ne sont marquantes dans cette campagne. On voit qu’ils souffrent d’un déficit, pas que de notoriété, mais de tempérament », tacle l’élu (LR) du XVIe pour qui « cela ne change pas fondamentalement la donne ».
Le narcotrafic, contre lequel l’exécutif a promis une bataille sans merci, fera l’objet d’un débat suivi de vote à l’Assemblée nationale mercredi après-midi, dans le cadre d’une série de discussions parlementaires annoncées par le gouvernement face aux difficultés à s’accorder sur le budget.
Ces débats, suivis d’un vote non contraignant pour l’exécutif et menés en parallèle de l’examen du budget, doivent permettre de dégager des consensus par thème et de montrer l’importance de financer certaines priorités, espère le gouvernement.
À l’issue d’une première discussion consacrée aux enjeux de défense le 10 décembre, les députés avaient largement approuvé, de façon symbolique, le principe d’une hausse des moyens consacrés à cette question.
Après la mort de Mehdi Kessaci à MarseilleIls plancheront cette fois sur le narcotrafic, sujet omniprésent depuis l’assassinat le 13 novembre à Marseille du jeune Mehdi Kessaci, tué sans doute pour intimider son frère Amine, militant anti-drogue.
L’exécutif a promis une bataille sans merci en la matière, semblable à celle menée contre le terrorisme.
Pour l’illustrer, Emmanuel Macron s’est rendu à Marseille mardi, notamment pour inaugurer un commissariat et l’agrandissement de la prison des Baumettes.
Les trafiquants de drogue « sont en train de perdre la bataille », a-t-il affirmé, assurant de sa volonté de traquer les têtes de réseaux qui opèrent depuis l’étranger et de sévir plus durement contre les consommateurs de stupéfiants, portant à 500 euros l’amende qui leur est infligée.
Le même débat sur le narcotrafic est prévu dans la soirée au Sénat.
Parmi les autres thèmes évoqués par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour ces débats, figure l’énergie, ou encore l’agriculture.
Il tente toujours en parallèle de trouver un compromis sur le budget de l’État avant la date butoir du 31 décembre, une tâche qui s’annonce ardue. Une réunion cruciale de sénateurs et de députés est prévue vendredi dans le but très incertain de dégager un accord entre les forces politiques.
L’image peut laisser penser qu’Annie Genevard a besoin de soutien. Il est 19 heures, ce mardi 16 décembre, dans la cour de Matignon (Paris, VIIe), la ministre de l’Agriculture prend la parole, entourée de quatre de ses collègues au gouvernement. À l’issue d’une nouvelle réunion sur la crise agricole, elle annonce une « accélération généralisée de la vaccination des bovins », dans les dix départements du Sud-Ouest touchés par la dermatose nodulaire contagieuse. L’Ariège, l’Aude, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Orientales, récemment concernés par des foyers, voient s’ajouter ceux du cordon sanitaire — le Gers, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et maintenant, l’Hérault et le Tarn — pour protéger le reste du pays.
La ministre promet une « mobilisation exceptionnelle des vétérinaires volontaires », la nomination d’un préfet coordinateur et un plan de soutien de plus de 10 millions d’euros pour les petits éleveurs. Au total : 750 000 animaux vont être rapidement vaccinés. Ces derniers jours, elle avait déjà annoncé une fourchette entre 600 000 et un million. Ces 750 000 vaccins sont déjà en stock et un million de doses supplémentaires ont été commandées. « Les 1 000 exploitations de l’Ariège seront entièrement vaccinées au 31 décembre », promet Annie Genevard.
C’était un choix assumé. Celui de ne pas vacciner massivement le cheptel français pour protéger nos exportations de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse. Et lui préférer l’abattage des troupeaux touchés par la maladie au premier cas détecté. Un protocole pensé dans l’intérêt général, appliqué avec succès l’été dernier en Savoie, qui a finalement viré au psychodrame. La raison face à l’émotion.
La faute à qui ? Mardi, urgence oblige, Sébastien Lecornu s’est emparé du dossier. Le Premier ministre a convoqué une première réunion de crise à Matignon, puis une deuxième. Du bon sens à la manœuvre, un peu d’écoute et des mots apaisants pour répondre à une détresse légitime : « La stratégie sanitaire ne se fera pas par la force ». Comme un début d’excuse.
Le projet de loi de finances pour la Sécurité sociale (PLFSS) semblait condamné avant même d’avoir commencé, il a été définitivement adopté, ce mardi 16 décembre, par l’Assemblée nationale. Une issue qui signe une première victoire de la méthode Lecornu.
Deux mois après que le Premier ministre a annoncé dans sa déclaration de politique générale qu’il ne déclencherait pas un 49.3 pour passer les textes budgétaires ― ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé depuis 2022 ― les députés ont voté, par 247 voix contre 232, le budget de la Sécu pour 2026. Une issue positive, à quinze voix près, après 180 heures de débats tendus, dans « des conditions inédites », a reconnu le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.
Dans un hémicycle au grand complet et peu agité, malgré une motion de rejet préalable déposée par les Insoumis (largement rejetée), les députés ont ainsi eu le dernier mot sur la copie finale, identique à la virgule près à celle qu’ils avaient adoptée une semaine plus tôt.
Un déficit ramené à 24 milliardsAutrement dit, sans « surprise, ni retournement, ni nouvel arbitrage », a clarifié le président du groupe Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires), Christophe Naegelen, au perchoir. Vendredi, le Sénat avait refusé d’examiner le texte, reprochant au gouvernement un « compromis à sens unique » avec l’Assemblée nationale, selon les mots de la sénatrice Corinne Imbert (LR).
Alors que le déficit de la Sécurité sociale se serait creusé à 30 milliards d’euros sans le PLFSS, les députés ont entériné une copie qui le ramène à 24 milliards d’euros (hors transferts de l’État). Ce que n’a pas manqué d’applaudir Sébastien Lecornu sur X, absent de l’hémicycle pour ce vote final : « (Ce texte) freine la dérive budgétaire et fixe une orientation financière sincère en engageant une première réduction du déficit, après plusieurs années de dégradation continue. »
Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 a été définitivement adopté ce soir.
Après un débat exigeant, sans utilisation de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, l’Assemblée nationale a su faire émerger un texte de compromis. Celui-ci freine…
Surtout, cette adoption ― scellée 80 ans après la création de la Sécurité sociale ― permet au Premier ministre de franchir une première haie : celle d’une non-censure, obtenue par d’âpres discussions avec les députés du bloc central et des bancs socialistes. Parmi les sujets : l’épineuse question de la réforme des retraites, que l’adoption de ce PLFSS suspend officiellement, permettant à 650 000 personnes, calculait début décembre le député socialiste Jérôme Guedj, de partir plus tôt à la retraite, en 2026 et 2027.
« Le plus difficile » reste à venirAutres mesures phares du texte : la hausse d’un peu plus d’un point de l’Ondam (Objectif national de dépenses d’assurance maladie) ― en l’absence de laquelle les Écologistes promettaient de rejeter le texte ―, la création d’un congé supplémentaire de naissance, d’un réseau « France Santé » ou une hausse remaniée de la CSG (contribution sociale généralisée) sur les revenus du capital.
Mais le gouvernement attendra les fêtes pour célébrer son succès, car le « plus difficile » reste à faire, a reconnu Sébastien Lecornu sur X, alors qu’une commission mixte paritaire ― composée de sept députés et sept sénateurs ― tentera ce vendredi de dégoter un nouveau compromis sur l’inflammable projet de loi de finances (PLF). Un nouveau texte sur lequel, s’inquiète Lecornu, « les positions de l’Assemblée nationale et du Sénat sont ― à ce stade ― très éloignées ».
La cour d’appel de Douai (Nord) a condamné mardi le président divers droite de la métropole européenne de Lille (Mel) à une peine de deux ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour abus de confiance et détournement de fonds publics. Damien Castelain, 58 ans, a également été condamné à 18 mois de prison avec sursis et à 20 000 euros d’amende.
C’est un jugement plus sévère qu’en première instance, où M. Castelain avait été condamné en 2024 à un an de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, mais sans exécution provisoire à l’époque.
« Conformément aux obligations légales attachées à cette condamnation, M. Damien Castelain est contraint de se démettre de l’ensemble de ses mandats électifs » au sein de la métropole européenne de Lille, a expliqué la Mel dans un communiqué.
Nouvelle élection en janvierLe premier vice-président de cette importante intercommunalité, Éric Skyronka, va assurer l’intérim avant une nouvelle élection du président qui se tiendra en janvier, a ajouté la Mel. Sollicités par l’AFP, Damien Castelain et l’une de ses conseils, absents lors du délibéré à Douai, n’ont pas souhaité réagir dans l’immédiat.
Sur X, le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui est par ailleurs conseiller de la Mel pour la ville de Tourcoing, a assuré à Damien Castelain de son « soutien dans ce moment difficile », mais « sans commenter d’aucune manière une décision de justice », a-t-il tenu à préciser.
Maire de Péronne-en-Mélantois, une petite commune près de Lille, Damien Castelain avait été propulsé à la présidence de la Mel en 2014, après un accord avec la maire PS de Lille d’alors, Martine Aubry, présidente sortante de l’intercommunalité, afin d’empêcher l’UMP (aujourd’hui LR) de s’emparer de la collectivité.
Ces jours-ci, à Bruxelles, la France n’est pas en odeur de sainteté. Emmanuel Macron a profondément agacé en se prononçant, dimanche 14 décembre, pour un report du vote sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), prévu en fin de semaine.
Honni par les agriculteurs français et rejeté par la quasi-totalité de la classe politique tricolore, ce traité commercial, très attendu par les industriels européens (constructeurs automobiles allemands en tête), doit créer un marché intégré de 750 millions de consommateurs en abaissant de 90 % les droits de douane.
La menace d’un nouveau procès se précise pour Nicolas Sarkozy. Le parquet national financier a demandé mardi le renvoi de onze personnes parmi lesquelles l’ex-président, son épouse Carla Bruni-Sarkozy, et la « papesse des paparazzis » « Mimi » Marchand dans l’affaire de la rétractation possiblement monnayée de l’intermédiaire Ziad Takieddine.
Dans ce dossier, en lien avec celui du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, pour lequel Nicolas Sarkozy a été condamné en première instance, les parties vont désormais pouvoir faire leurs observations. La décision de les renvoyer ou non devant le tribunal correctionnel revient au juge d’instruction chargé du dossier.
Les mis en examen sont soupçonnés d’avoir voulu tromper la justice en utilisant des moyens frauduleux pour innocenter Nicolas Sarkozy : un témoin, l’intermédiaire Ziad Takieddine (décédé en septembre 2025), avait retiré ses accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.
Association de malfaiteursAvec une question, savoir si l’ancien président a avalisé ces manœuvres présumées pour obtenir fin 2020 la volte-face du principal témoin à charge contre lui. Deux mois plus tard, Takieddine incriminait à nouveau Nicolas Sarkozy.
Dans son réquisitoire définitif, rendu mardi, le parquet national financier requiert le renvoi de Nicolas Sarkozy pour « association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée » et « recel de subornation de témoin ». Interrogé, l’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Christophe Ingrain, a indiqué n’avoir aucun commentaire à faire à ce stade.
Pour Carla Bruni-Sarkozy, le renvoi est requis uniquement pour « l’association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée », un non-lieu partiel ayant été requis pour le « recel de subornation de témoin ».
Pour Michèle dite « Mimi » Marchand, le parquet demande le renvoi également pour « subornation de témoin » et « association de malfaiteurs en vue de corrompre des personnes exerçant des fonctions juridictionnelles au Liban ».
« Sauvez Sarko »L’affaire de la fausse rétractation du Franco-Libanais Ziad Takieddine, appelée opération « Sauvez Sarko » par certains protagonistes, est liée au dossier principal du financement libyen de la campagne de 2007.
Dès mai 2012, Ziad Takieddine assurait à la presse que le financement de la campagne de l’ex-chef de l’État français par le défunt dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, et de ses lieutenants, évoqué dès 2011, était « la vérité ». Nicolas Sarkozy avait en retour constamment vilipendé celui qu’il qualifiait de « grand manipulateur », connu pour ses déclarations fluctuantes.
En 2016, dans un retentissant entretien à Mediapart, Takieddine s’auto-incrimine : il affirme avoir convoyé entre novembre 2006 et début 2007 « cinq millions d’euros » dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris, remis en deux fois à Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, mais aussi à l’ancien chef de l’État lui-même.
Sarkozy a fait appelCes derniers avaient farouchement démenti. Ziad Takieddine avait été mis en examen dans cette enquête sensible. L’ex-chef de l’État (2007-2012) a été condamné le 25 septembre à cinq ans de prison dans ce dossier. Il a passé 20 jours en détention à la prison parisienne de la Santé, un fait inédit pour un ex-président dans l’histoire de la République française.
Nicolas Sarkozy a fait appel et doit être rejugé à partir du 16 mars 2026. L’ancien président avait vivement attaqué les juges après sa condamnation, dénonçant une décision motivée selon lui par la « haine » des magistrats à son égard.
Parallèlement au réquisitoire du Parquet national financier, dirigé par le magistrat Jean-François Bohnert, qui doit très prochainement quitter ses fonctions, des demandes d’annulation de la procédure et des mises en examen sont toujours en cours devant la cour d’appel de Paris, sans qu’une date d’audience ne soit encore fixée, a-t-on appris de source judiciaire.
Une anecdote qui, selon le président, illustre les dérives des réseaux sociaux. Emmanuel Macron a déploré, ce mardi, ne pas avoir réussi à faire retirer du réseau Facebook une fausse information sur un coup d’État à l’Élysée qui avait alarmé un homologue africain.
« Dimanche un de mes collègues africains m’envoie un message. Cher président qu’est-ce qu’il se passe chez vous ? Je suis très inquiet », a raconté le chef de l’État lors d’un échange à Marseille avec les lecteurs du quotidien La Provence sur la régulation des réseaux sociaux.
« On voit une journaliste a côté de l’Élysée qui dit il y a eu un coup d’État en France, un colonel a pris le pouvoir etc. », a-t-il poursuivi citant son homologue.
Refus de retrait chez Facebook« Alors nous, ça nous fait marrer. Douze millions de vues ! », a-t-il raconté, avant d’ajouter qu’il avait alors demandé à ses équipes d’appeler Facebook pour leur demander de « retirer » la vidéo générée à base d’intelligence artificielle.
La plate-forme Pharos a alors appelé le réseau. « Réponse de Facebook : ça ne contrevient pas à nos règles d’utilisation. Refus de retrait », a ajouté le chef de l’État, avant d’ironiser sur le fait que même un président de la République était désarmé face eux plates-formes.
« J’ai tendance à penser que j’ai plus de moyens de pression que qui que ce soit. En tout cas, c’est peut-être plus simple pour leur dire que c’est grave si c’est moi qui appelle. Ça ne marche pas », a-t-il pointé.
« Vous voyez qu’on n’est pas équipés comme il faut. (…) Ces gens-là se moquent de nous, ils se foutent de la sérénité des débats publics, ils se moquent de la souveraineté des démocraties et donc ils nous mettent en danger », a encore déclaré Emmanuel Macron.
Le président a exprimé sa volonté d’une vraie politique « au niveau français et européen », qui permette d’être ferme sur ces fausses informations. « Quand on a des contenus manifestement faux qui mettent en danger la sécurité publique par des fausses informations qui déstabilisent, il faut pouvoir les faire retirer », a-t-il insisté.
Le livre de Nicolas Sarkozy, « Le journal d’un prisonnier », s’est vendu à près de 100 000 exemplaires en moins d’une semaine, a annoncé mardi son éditeur Fayard, qui qualifie de « phénoménal » ce succès.
« Numéro 1 des ventes ! ‘Le journal d’un prisonnier’atteint 98 610 exemplaires vendus quelques jours seulement après sa sortie en librairie ! Numéro 1 phénoménal », a indiqué Fayard dans un message posté sur X, en se basant sur les chiffres de l’Institut NielsenIQ GFK sur le marché du livre.
Campagne de dédicaceSorti le 10 décembre, « Le journal d’un prisonnier » raconte les trois semaines de détention de l’ancien président de la République après sa condamnation dans le procès libyen.
L’ouvrage de 216 pages, édité par une maison d’édition contrôlée par l’homme d’affaires conservateur Vincent Bolloré, est paru exactement un mois après la remise en liberté sous contrôle judiciaire de l’ex-chef de l’État, qui avait été écroué le 21 octobre à la prison parisienne de la Santé.
Nicolas Sarkozy a entamé une campagne de dédicace de son livre, notamment à Paris, Marseille et Menton. Il est attendu mercredi dans une librairie de Versailles.
Depuis Matignon, au Sénat ou à l’Assemblée, Sébastien Lecornu suit de très près le déroulé des débats budgétaires. Le Premier ministre l’affirme : le pays entre dans des « moments inédits ». Voilà deux mois que l’Assemblée et le Sénat débattent du budget 2026. Sans majorité dans la chambre basse. Sans 49.3. Deux mois que les Français entendent parler de mesures qui, à ce stade, n’ont rien de concret. Le locataire de Matignon s’en inquiète. Il sait trop bien ce que cela peut générer. En espoirs pour les uns, en craintes pour les autres.
Ce vendredi 19 décembre, ou ce samedi si les négociations s’étirent, les Français y verront, peut-être, plus clair. Car voici venu le temps de la commission mixte paritaire. Sept députés et sept sénateurs vont s’enfermer à huis clos, à l’Assemblée, et débattre pour tenter de trouver un accord sur le budget de l’État. La mission, sur le papier, s’annonce impossible, ou presque. De nombreux députés n’y croient absolument pas. Mais ils sont tout aussi nombreux à espérer ne pas reprendre en janvier les débats budgétaires.
Charles Kushner revient à la charge. L’ambassadeur américain à Paris s’est justifié sur sa lettre à Emmanuel Macron, qu’il accusait de minimiser la montée de l’antisémitisme dans l’Hexagone. Fin août alors en poste depuis quelques semaines, l’ambassadeur avait dénoncé dans son courrier « l’absence d’action suffisante » du président de la République et fustigé sa décision de reconnaître l’État de Palestine, qui selon lui encourage « les extrémistes », « la violence » et menace « la judaïté en France ».
Dans un entretien accordé à Time France et publié ce mardi, Charles Kushner a réitéré ses propos. « En parlant avec différentes communautés juives, j’ai appris que la majorité des juifs de France vivaient dans la peur et se sentaient totalement abandonnés par leur gouvernement. », a-t-il dit au magazine, ajoutant être touché par ce sujet, ses parents ayant fui l’Holocauste.
Des chiffres fournis par ChatGPTLe diplomate, qui est également le père de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, a affirmé que le « laxisme » du gouvernement français en matière d’antisémitisme était vérifiable par les chiffres. « La population musulmane augmente de manière spectaculaire là où la communauté juive, elle, se réduit comme peau de chagrin », a avancé Charles Kushner. Selon lui, la population juive en France serait passée de 600 000 il y a dix ans, à 440 000 aujourd’hui. « ChatGPT, c’est ma source la plus fiable », a justifié l’ambassadeur américain invitant la journaliste du Time à vérifier « par elle-même ».
Pour rappel, la France n’effectue pas de recensement de sa population sur la base de la confession. Une étude de l’Ifop parue le 13 novembre dernier, estimait à 1 % la part de métropolitains de plus de 15 ans s’identifiant comme juifs, contre 0,5 % en 2016 et 1 % en 2009.
Dans son entretien, Charles Kushner a invité le gouvernement français à prendre exemple sur la politique de Donald Trump de lutte contre l’antisémitisme, notamment en ce qui concerne les financements aux universités. « Les campus ont clairement sévi sur la question de l’antisémitisme », a-t-il affirmé. « Là où le président Trump met un gros coup de pied aux fesses aux antisémites, la France se contente d’une petite tape sur la main », a conclu Charles Kushner.
Colère de la diplomatie françaiseL’ambassadeur estime que l’antisémitisme en France est tel qu’une « petite partie des juifs » vivent ce que les juifs allemands vivaient juste avant la Seconde Guerre mondiale. « Ils se disent qu’ils ont des postes importants au sein du gouvernement, qu’ils habitent un pays où il fait bon vivre, que les autorités ne s’en prendront jamais à eux. », a affirmé l’ambassadeur.
« Je vous invite à regarder sur ChatGPT le nombre de juifs qui, à l’époque, se sentaient ainsi en sécurité en Allemagne, juste parce qu’ils étaient haut placés dans l’appareil d’État, parce qu’ils comptaient parmi les plus grosses fortunes, qu’ils occupaient des positions majeures dans la société et dans les industries de l’époque. », a-t-il persisté.
Dans le courrier envoyé en août dernier, le diplomate avait également cité une étude contestée, affirmant que la moitié des élèves français du secondaire n’avaient jamais entendu parler de l’Holocauste. Un chiffre bien supérieur à celui d’un sondage de l’Ifop de 2018 selon lequel 21 % des 18-24 ans ignorent l’existence d’un génocide des Juifs.
La lettre adressée à Emmanuel Macron, fin août avait suscité l’ire du Quai d’Orsay qui avait convoqué Charles Kushner, lui reprochant de s’immiscer dans les affaires intérieures. « Ils se sont énervés parce que j’ai dit la vérité. Et ils n’aiment pas ça parce que je pense qu’ils ne défendent pas la vérité. », a-t-il déclaré au Time.
Selon un sondage Ifop pour Le Parisien, paru le 11 novembre, 49 % des Français estiment qu’une lutte ferme contre l’antisémitisme est mise en place par les pouvoirs publics.
La Cour de cassation a rendu définitive mardi la condamnation de Marine Le Pen pour diffamation envers la Cimade, une association d’aide aux migrants, qu’elle avait accusée d’organiser « la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores » à Mayotte.
Dans un arrêt, la plus haute instance judiciaire française a rejeté le pourvoi de la cheffe de file de l’extrême droite contre sa condamnation à 500 euros d’amende avec sursis par la cour d’appel de Paris le 11 septembre 2024.
« Les propos de Mme Le Pen qui assimilaient l’action de la Cimade à celle des passeurs de migrants étaient inacceptables. La Cour de cassation juge que les limites de la liberté d’expression ont été dépassées. Être une personnalité politique n’excuse pas tous les débordements », a réagi Me Patrice Spinosi, avocat de l’association.
« Filière d’immigration clandestine »Lors d’un entretien diffusé sur BFMTV en janvier 2022, la leader du Rassemblement national avait accusé les associations humanitaires d’être « parfois » « complices des passeurs ».
À la question « est-ce que les associations humanitaires sont complices du délit d’entrée ? », Marine Le Pen, alors candidate à l’élection présidentielle, avait répondu : « Parfois oui. Ils sont même complices des passeurs, oui, parfois. »
Elle avait ensuite visé directement la Cimade, association engagée contre la xénophobie et l’exclusion des personnes immigrées, pour ses actions à Mayotte. La Cimade « organise la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores » à Mayotte, avait-elle déclaré.
Actuellement inéligible du fait de sa condamnation en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN, Marine Le Pen sera jugée en appel du 13 janvier au 12 février 2026 dans ce dossier, une échéance judiciaire et politique cruciale avant la présidentielle de 2027.
C’est par une lettre de deux pages que Jean-Pierre Toucas a appris la nouvelle à ses administrés. « Le 15 mars prochain, je ne serai pas candidat à une septième élection », annonce-t-il, dans un courrier distribué le week-end dernier dans les boîtes aux lettres de Rouffach (Haut-Rhin).
Avant de passer la main, le maire de la commune de près de 5 000 habitants depuis 1989, remercie les habitants et habitants pour leur « amour ». « Vous m’avez tous accompagné dans chaque instant de ma vie personnelle, professionnelle, associative ou élective, dans les moments agréables comme dans les moments les plus compliqués qui touchent à la santé », écrit-il.
« Le sentiment de devoir accompli »L’édile de 80 ans rappelle qu’il est arrivé dans la commune en juillet 1976 et qu’il a pris ses engagements « pour les enfants et pour les jeunes », « pour les adolescents », « pour la vie associative », « pour les aînés », ainsi que « pour réussir à faire évoluer les choses au service de tous ».
« J’ai été 28 ans principal du collège, 44 ans président du CCA Rouffach omnisports, 37 ans maire, 32 ans président de la communauté de communes », résume-t-il, expliquant auprès des DNA avoir aujourd’hui « le sentiment du devoir accompli ».
S’il dit que « le moment est venu de passer le flambeau », il explique que ce n’est pas son âge qui a motivé sa décision. « On a l’âge de ses artères », déclare-t-il auprès de nos confrères, avant d’ajouter : « la vraie question aujourd’hui est celle de l’avenir des collectivités ». « La fonction de maire est de plus en plus complexe. C’est pour ça qu’il faut un engagement à temps plein, une mobilisation de tous les instants. »
Citant « ses compagnons de route aujourd’hui disparus », Jean-Pierre Toucas a aussi une pensée pour les « jeunes élus » qui l’entourent. « Il me tient à cœur de leur passer le flambeau », mentionne-t-il. « Je garderai confiance en l’avenir que les élus, qui m’entourent aujourd’hui, continueront de bâtir, demain, avec vous ».
Sa vie a basculé en quelques mois. Atteinte de la maladie de Charcot, Sonia Moinet, 63 ans, à la tête de la mairie de La Chapelle-Saint-Fray (Sarthe) depuis 2008, a dû se résoudre à ne pas briguer un quatrième mandat en raison du déclin de ses capacités physiques.
« J’aime mon village, j’ai essayé d’être active le plus longtemps possible, mais maintenant, c’est fini, déclare-t-elle, à l’aide d’une tablette numérique, à Ouest-France. Je suis prisonnière de mon corps, je veux en finir au plus vite. »
« J’ai toujours ma tête »L’état physique de l’édile s’est progressivement dégradé avec notamment une perte de motricité. « La progression de la maladie a été très rapide, le déambulateur en février 2025, le fauteuil à 100 % au cours de l’été et la première grosse détresse respiratoire début novembre », résume son fils, Wilfried, auprès de nos confrères.
Au début du mois de décembre, ICI Maine indiquait que la maire avait conservé ses fonctions officielles dans ce village de 400 habitants. Toutefois, son premier adjoint s’occupait des affaires courantes et était autorisé à signer en son nom.
Après l’annonce de son renoncement à la mairie de La Chapelle-Saint-Fray, une ou plusieurs listes pourraient se constituer dans la commune. La maire relate d’ailleurs à nos confrères de Ouest-France qu’un conseil municipal extraordinaire s’est tenu à la mairie sans qu’elle y soit conviée. Son état de santé figurait à l’ordre du jour.
La maire s’y est rendue. « Je vois que l’honnêteté est de rigueur. Je remercie les personnes qui ont envoyé un courrier recommandé à la préfecture dans mon dos. La moindre des choses aurait été que ces personnes me contactent avant. Certains ont dit que j’étais dans le coma et sur le point de mourir. Sachez que j’ai toujours ma tête », a-t-elle dit aux élus présents.
Une association va être créée pour soutenir l’édile, ainsi que d’autres personnes atteintes de la maladie de Charcot. Une cagnotte en ligne a été ouverte par ses proches pour collecter des fonds et aider la famille.
Sébastien Lecornu, focalisé depuis plusieurs semaines sur le budget, a pris le dossier agricole en main mardi et demandé une « accélération » de la vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui touche les élevages et a provoqué une mobilisation d’agriculteurs, notamment dans le Sud-Ouest, qui ne faiblit pas.
Il recevra « dans la semaine » les différents syndicats agricoles, dont certains critiquent la gestion de cette maladie animale et qui sont aussi indignés par la perspective d’une signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur.
Le Premier ministre a tenu une réunion mardi matin avec plusieurs ministres et des préfets pour évoquer les moyens de lutter contre l’épizootie.
Il tiendra une deuxième réunion à ce sujet à 17h30. Dans l’intervalle, il a demandé à ses ministres « une accélération de la stratégie vaccinale qui doit davantage tenir compte de la réalité de chaque département » pour « protéger nos éleveurs et l’élevage français », appelant à « garantir » une « disponibilité des doses » de vaccins « plus forte ».
Au lendemain d’une visite de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, en Occitanie, la mobilisation contre la gestion de l’épizootie ne retombait pas mardi, au septième jour consécutif, avec plusieurs axes routiers et ferroviaires bloqués dans le Sud-Ouest.
Une partie des agriculteurs manifeste sa colère depuis plusieurs jours contre la stratégie gouvernementale d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas de cette maladie très contagieuse. Au total, 113 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été recensés en France
Sommet sur le Mercosur jeudi à BruxellesL’exécutif doit par ailleurs gérer une autre colère agricole contre la signature du traité de libre-échange avec des pays du Mercosur. La FNSEA, premier syndicat agricole, a appelé à manifester à Bruxelles jeudi à l’occasion du sommet des chefs d’État européens invités à valider l’accord.
La patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, a appelé le président Emmanuel Macron à « dire non » à ce traité « parce qu’il en va de la survie de notre agriculture et donc de la souveraineté de notre pays », plutôt que de demander un report en 2026 du vote prévu à Bruxelles cette semaine.
Emmanuel Macron a redit aux dirigeants de l’UE son opposition à la signature de l’accord. Paris demande que les décisions sur ce traité soient repoussées.
Depuis le début de l’épidémie de DNC, en Savoie cet été, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur « trois piliers » : l’abattage systématique dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.
Cette stratégie a été réaffirmée lundi par Annie Genevard, alors que la Coordination rurale, deuxième syndicat de la profession, proche de l’extrême droite, la Confédération paysanne, classée à gauche, et plus localement la FNSEA, premier syndicat, demandent la fin de l’abattage total et un élargissement de la zone vaccinale.
Annie Genevard a assuré « entendre » la détresse des éleveurs lundi à Toulouse. L’élargissement du territoire de vaccination dans le Sud-Ouest, visant 600 000 à un million de bovins, est « un premier infléchissement du protocole », a-t-elle estimé.
Les blocages « ne sont pas près de se lever »« Au vu des annonces de la ministre (Annie Genevard) », les blocages « ne sont pas près de se lever », a prévenu mardi Guillaume Bénazet, patron des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne. « Tout ce qu’on avait proposé, notamment la fin de l’abattage total, rien n’a été étudié. Donc on continue ».
Blocages et manifestations se poursuivaient mardi dans le Sud-Ouest. Entre la Haute-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques, l’autoroute A64 était toujours coupée sur 180 km. Tracteurs et bottes de paille obstruent encore cette autoroute à Carbonne, près de Toulouse, où les agriculteurs ont passé une quatrième nuit.
L’axe ferroviaire Bordeaux-Marseille est aussi bloqué entre Toulouse et Narbonne sur un passage à niveau à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), selon SNCF Réseau. Environ 200 agriculteurs empêchent toute circulation avec palettes et bottes de foin, tandis que de gros feux ont été allumés au niveau des routes à proximité.
Le blocage devrait perdurer « au moins pour la journée », a précisé Baptiste Marquié, 38 ans, exploitant céréalier à Monesrol, présent en solidarité des éleveurs. « On détruit plus que des élevages, on détruit des familles et des générations de travail », a-t-il déploré.
Annie Genevard « méprise les agriculteurs, elle est déconnectée, elle n’y comprend rien », a estimé Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers et leader régional de la Coordination rurale.
« DNC/Mercosur, même combat ! », ont affirmé mardi matin des agriculteurs au niveau de Méré, dans les Yvelines, où ils ont bloqué la route nationale 12 en direction de Paris.
« Il faut traiter (la DNC) en priorité, en même temps que le Mercosur, pour moi tout est lié », a assuré Vincent Thoumieux, secrétaire général des Jeunes agriculteurs des Yvelines, à l’origine de la mobilisation.
Une promesse du président de la métropole de Lyon qui a fait réagir l’opposition. Bruno Bernard, candidat à sa réélection, a proposé la semaine dernière de faire fonctionner toutes les lignes du métro lyonnais le week-end, du vendredi soir au dimanche.
Une mesure qui s’appliquerait dès 2027, promet-il, « pour celles et ceux qui travaillent la nuit, pour rentrer en sécurité, pour profiter de son temps libre sans regarder sa montre ».
« Un petit peu maladroit »Cette proposition a fait bondir Véronique Sarselli, candidate à la métropole de Lyon qui a fait alliance avec Jean-Michel Aulas. L’actuelle maire de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône) a jugé sur le réseau social X que c’était « très utile (pour) une poignée de teufeurs sortant du Macumba bien imbibés », avant de supprimer son message.
Ce lundi, elle a dit maintenir ses propos « sur le fond », tout en reconnaissant que c’était « un petit peu maladroit ». « Ce qui est intéressant, c’est de savoir que notre électorat aujourd’hui n’est pas forcément en phase avec cette mesure du métro 24 h/24 », déclare-t-elle.
Citant Paris, elle explique que beaucoup de villes n’ont pas fait le choix de faire fonctionner leur métro la nuit. « On sait que c’est un coût exorbitant derrière. Je crois que c’est ça qui est important, le rapport coût/efficacité », indique-t-elle.
Avant la déclaration de Véronique Sarselli, Bruno Bernard avait déjà estimé sur les réseaux sociaux le coût de sa mesure. « Entendre parler de coût exorbitant est assez stupéfiant (…) Faire fonctionner ces 4 lignes toute une nuit le week-end coûterait moins de 0,2 % des recettes annuelles de notre réseau TCL », détaille-t-il, souhaitant faire de sa métropole « la première en France à offrir un métro non-stop le week-end ».
Quant à savoir pourquoi il a retenu l’année de 2027, le président de la métropole dit qu’il souhaite d’abord « engager dès le lendemain de l’élection un dialogue avec les organisations syndicales pour accompagner cette transformation pour nos transports en commun ». De son côté, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) du Rhône salue cette proposition qui est « une bonne nouvelle pour les salariés, les touristes et l’économie locale ».