Vous êtes ici

Agrégateur de flux

Expertentipps für sturzfreies Wintersportvergnügen: «90 Prozent der Unfälle sind selbstverschuldet»

Blick.ch - jeu, 15/01/2026 - 00:01
Skifahren und Snowboarden gehören zu den beliebtesten Wintersportarten. Doch so angesagt der Spass im Schnee auch ist, auf den Pisten lauern Risiken. Dabei liessen sich viele Unfälle durch das Befolgen von Regeln und die richtige Ausrüstung vermeiden.
Catégories: Swiss News

Highlights im Video: Servette-Youngster (18) fliegt mit billiger Flugeinlage vom Platz

Blick.ch - jeu, 15/01/2026 - 00:00
In Zusammenarbeit mit blue Sport präsentiert Blick die Highlights der Partie Servette Genf – Lausanne-Sport (0:1).
Catégories: Swiss News

Ambitioniertes Fernwärme-Projekt: Wengen macht sich warm für die Zukunft

Blick.ch - jeu, 15/01/2026 - 00:00
Wengen plant eines der ambitioniertesten Energieprojekte der Schweiz: Eine Transportleitung soll Fernwärme von Lauterbrunnen ins Dorf auf 1274 m ü. M. bringen. Das Projekt gelingt nur, wenn die Hoteliers mitziehen. Maximilian Dinkelaker vom Victoria Lauberhorn tuts.
Catégories: Swiss News

Sion-Noten zum 2:0 gegen Winti: Im starken Kollektiv fällt nur ein Walliser durch

Blick.ch - mer, 14/01/2026 - 23:59
Wer hat wie abgeschnitten? Hier findest du die Sion-Noten zum 2:0-Sieg gegen Winterthur im Nachholspiel der 19. Runde.
Catégories: Swiss News

Lausanne-Noten zum Derbysieg: Verteidigung und Goalie belohnt – ein Stürmer ungenügend

Blick.ch - mer, 14/01/2026 - 23:56
Wer hat wie abgeschnitten? Hier findest du die Noten zum 1:0-Auswärtssieg von Lausanne gegen Servette im Léman-Derby zum Auftakt der Fussballjahres 2026.
Catégories: Swiss News

Winti-Noten zur Pleite in Sion: Ein Profi bekommt gute Note – Cousin von Natispieler genügend

Blick.ch - mer, 14/01/2026 - 23:53
Wer hat wie abgeschnitten? Hier findest du die Winti-Noten zum 0:2 im Nachholspiel der 19. Runde in Sion.
Catégories: Swiss News

Fiscalité : l’Assemblée vote le dégel du barème de l’impôt sur le revenu

La Tribune - mer, 14/01/2026 - 23:51
Les députés ont annulé mercredi le gel du barème de l’impôt sur le revenu voulu par l’exécutif. Ce vote impose une indexation de 1,1 % pour protéger le pouvoir d’achat de la « France qui travaille », malgré un risque de dérapage du déficit.
Catégories: France

CAN 2025: au bout du suspense, le Maroc bat le Nigeria et rejoint le Sénégal en finale

RFI /Afrique - mer, 14/01/2026 - 23:50
La grande finale à domicile aura bien lieu pour les Lions de l'Atlas. Mercredi 14 janvier 2026, à Rabat, le Maroc s'est longtemps cassé les dents sur le Nigeria, son adversaire en demi-finales de la CAN 2025. Mais au bout du suspense, les hommes de Walid Regragui ont triomphé aux tirs au but (0-0, 4 TAB à 2). Le Maroc défiera donc le Sénégal en finale de « sa » CAN.

2025 AFCON: We were determined to beat Egypt - Senegal coach Pape Thiaw

ModernGhana News - mer, 14/01/2026 - 23:36
Senegal coach Pape Thiaw has praised his team following their hard-fought 1-0 victory over Egypt in the semifinals of the 2025 Africa Cup of Nations (AFCON). The Lions of Teranga secured their place in the final thanks to a second-half goal from Sadio Mane at the Tangier Grand Stadium on Wednesday night.
Catégories: Africa, Union européenne

Trump’s Appointee For Ambassador to Vietnam to Take Harder Line on Trade

TheDiplomat - mer, 14/01/2026 - 23:33
Marc Knapper, the current U.S. ambassador to Vietnam, winds up his mission on January 18, after being recalled by the Trump administration late last year.

Alles zum Spiel im Video: So bewegend war die Trauerzeremonie vor dem Sion-Sieg

Blick.ch - mer, 14/01/2026 - 23:29
In Zusammenarbeit mit blue Sport präsentiert Blick die Highlights der Partie FC Sion – FC Winterthur (2:0).
Catégories: Swiss News

Pakistan’s High-Stakes Play in the Middle East

Foreign Policy - mer, 14/01/2026 - 23:25
How Islamabad is capitalizing on the current geopolitical moment.

Chefferie traditionnelle : Toute investiture devra désormais faire l'objet d'un procès-verbal

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:16

Le projet de loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle, adopté ce mercredi 14 janvier 2026, rappelle que toute investiture doit strictement respecter les règles coutumières établies, excluant toute forme d'autoproclamation. Il institue l'obligation de procès-verbaux transmis aux autorités compétentes, affirme la neutralité de l'administration publique et précise les mécanismes disciplinaires pouvant conduire à la déchéance d'un chef. Ces dispositions visent à renforcer la légitimité, la transparence et la stabilité des chefferies coutumières et traditionnelles.

L'investiture ou l'intronisation d'une personne se fait conformément aux formes de dévolution établies par les règles coutumières et traditionnelles de sa communauté. L'autoproclamation est à ce propos de nul effet et passible de sanction. Par ailleurs, l'investiture, la désignation ou l'intronisation devra faire l'objet d'un procès-verbal, adressé à l'autorité coutumière ou traditionnelle immédiatement supérieure ou compétente. Toutefois, le procès-verbal du chef traditionnel ou coutumier ne relevant pas d'un autre devra être établi par I'instance de désignation, d'intronisation ou d'investiture et transmis à l'autorité administrative compétente dans le délai d'un mois, précise l'article 10.

Aux termes de l'article 13, « chaque entité coutumière ou traditionnelle codifie les règles de dévolution et de perte du pouvoir de sa chefferie qu'elle transmet au chef de circonscription administrative compétent. Les règles de dévolution et de perte du pouvoir des différentes chefferies coutumières ou traditionnelles sont compilées dans un répertoire établi par voie règlementaire. »

« L'État accompagne au besoin les autorités coutumières et traditionnelles compétentes dans l'exécution des sanctions », souligne l'alinéa 3 de l'article 15

Par ailleurs, l'administration publique observe une neutralité dans la procédure de désignation, d'intronisation et d'investiture des chefs coutumiers et traditionnels, souligne l'alinéa 1 de l'article 14.

« Toutefois, les autorités coutumières ou traditionnelles habilitées à désigner, introniser ou investir peuvent recourir aux pouvoirs publics en vue du maintien ou du rétablissement de l'ordre public », lit-on dans le texte, précisément à l'alinéa 2 de l'article 14. Au sujet de la déchéance, on retient, conformément à l'article 15, que les autorités coutumières et traditionnelles investies du pouvoir de nomination des chefs coutumiers et traditionnels exercent à l'égard de ces derniers un pouvoir disciplinaire. L'autorité coutumière ou traditionnelle compétente prononce les sanctions, de même que la perte de la qualité et du titre de chef coutumier ou traditionnel.

Rappelons, à la lecture de l'article 16, que « la perte de la qualité de chef coutumier ou traditionnel ou la déchéance du chef coutumier ou traditionnel fait l'objet d'un procès-verbal établi par l'instance coutumière ou traditionnelle compétente et transmis au chef de circonscription administrative compétent dans le délai d'un mois. » Et à l'article 17 de conclure : « Tout chef coutumier ou traditionnel déchu de ses fonctions ou de son titre ne peut être nommé par une autre autorité coutumière ou traditionnelle. »

Erwan Compaoré
Lefaso.net

Catégories: Afrique

How Russia Is Supporting Iran’s Repression

Foreign Policy - mer, 14/01/2026 - 23:15
Moscow is providing the military equipment and internet technology that Tehran is deploying against protesters.

Municipales à Paris : Emmanuel Grégoire se lance enfin dans la bataille et fixe le cap à gauche

L`Humanité - mer, 14/01/2026 - 23:14
La tête de liste PS pour les élections municipales à Paris soutenue par le PCF, les Écologistes, l’Après et Place publique a frappé un grand coup lors de son premier meeting de campagne dans le 20e arrondissement.
Catégories: France

Ouagadougou : La flambée du prix du charbon asphyxie vendeuses et ménages

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:13

Dans les marchés de Kalgondin et de Patte d'Oie, à Ouagadougou, les étals de charbon se font de plus en plus rares. Depuis le mois de novembre, la pénurie de charbon de bois conjuguée à une hausse vertigineuse des prix met à rude épreuve des vendeuses et des ménages déjà fragilisés par la vie chère et la pénurie de gaz domestique.

Vendeuse de charbon depuis cinq ans au marché de Kalgondin, Alimata Drabo vit aujourd'hui une situation qu'elle qualifie de « très difficile ». Avant, le sac de charbon de 100 kg s'achetait entre 4 250 et 5 500 francs CFA. « Actuellement, le prix varie entre 9 750 et 11 000 francs CFA. Et si tu ne connais pas quelqu'un, tu ne peux même pas avoir du charbon », confie-t-elle.

Le charbon contenu dans le sceau est à 500 francs CFA

Face à cette situation, la vendeuse de charbon explique être contrainte de réduire la quantité de charbon vendue pour 100 francs CFA afin de limiter les pertes. « Moi, je continue de vendre à 100 francs CFA, mais beaucoup ont augmenté à 200 francs. Malgré ça, on vend souvent à perte », déplore-t-elle. Certains jours, elle n'a même rien à proposer à ses clients. « J'ai passé des jours sans avoir de quoi vendre. Ce n'est que le samedi que j'ai pu avoir quelques sacs », raconte-t-elle.

Le charbon de chaque boîte à 200 francs CFA

Mère de six enfants, Alimata dit n'avoir aucune autre source de revenus. « Si je ne vends pas, je ne peux pas nourrir mes enfants. Mon mari ne s'en sort vraiment pas », ajoute-t-elle. Elle évoque même une perte récente sur un sac de charbon : « Quand j'ai fini de vendre, il manquait 750 francs. Donc sur le sac, j'ai perdu environ 750 francs CFA. »

Alimata Drabo, vendeuse de charbon

La situation est similaire au marché du 15, à la Patte d'Oie, où Salimata Ouédraogo, également vendeuse de charbon, assure être restée inactive durant tout le mois de décembre. « Je n'ai pas vendu pendant les fêtes. Il n'y avait pas de charbon. J'étais à la maison », témoigne-t-elle. Selon elle, plusieurs raisons expliquent cette pénurie. « Les grossistes disent que l'insécurité fait que les populations rurales ne peuvent plus aller en brousse. Il y a aussi les Eaux et forêts qui interdisent la coupe des arbres. Tout cela fait que le charbon devient de plus en plus difficile à avoir », explique Salimata. Quand elle parvient à s'approvisionner, les prix restent élevés. « J'ai acheté chaque sac à 10 000 francs CFA. Pour faire un bénéfice, je suis obligée de réduire la quantité de ce que je vends, comme les autres vendeuses », précise-t-elle. Face aux plaintes des clients, elle se défend : « Les ménages se plaignent, mais ce n'est pas de notre faute. Si on n'augmente pas, on vend à perte. »

Salimata Ouédraogo, vendeuse de charbon

Cette flambée du charbon pèse lourdement sur les ménages. Bibata Ouédraogo, cliente régulière d'Alimata Drabo, explique dépenser désormais 800 francs CFA par jour uniquement pour le charbon. « Mon mari me donne 1 500 francs CFA par jour pour la popote. Depuis décembre, j'achète pour 800 francs de charbon chaque jour », confie-t-elle. Une situation qu'elle juge intenable, d'autant plus que le gaz domestique est quasiment introuvable. « On sillonne les points de vente et de recharge, mais zéro. Il n'y a pas de gaz. Nous sommes obligées d'acheter du charbon cher pour cuisiner », regrette-t-elle. En cette période d'harmattan, les dépenses augmentent encore. « Il faut chauffer l'eau pour les enfants et pour soi-même. C'est vraiment difficile à supporter », ajoute-t-elle.

Bibata Ouédraogo, cliente de Alimata Drabo

Même constat chez Rokiatou Sawadogo, une autre cliente rencontrée au marché de Kalgondin. « Je viens d'acheter du charbon pour 500 francs CFA, mais ça ne va pas suffire. Le soir, je vais encore en acheter », explique-t-elle. Selon elle, le gaz reste la solution la plus pratique, mais son indisponibilité complique le quotidien. « Il faut souffrir pour avoir le gaz. L'argent de popote n'augmente pas, mais les dépenses augmentent », s'inquiète-t-elle.

Dans des marchés de Ouagadougou, vendeuses et clientes partagent ainsi la même inquiétude : comment continuer à subvenir aux besoins des familles si la pénurie de charbon et de gaz persiste, alors que les prix ne cessent de grimper ?

Rama Diallo
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Burkina Faso : La loi sur les mécanismes traditionnels de règlement des différends « Faso Bu Kãooré » adoptée

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:10

Réunis en séance plénière ce mercredi 14 janvier 2026 à Ouagadougou, les députés de l'Assemblée législative de transition (ALT) ont examiné et adopté le projet de loi portant organisation et fonctionnement des mécanismes traditionnels de règlement des différends, dénommés « Faso Bu Kãooré ». Les 71 députés présents ont adopté à l'unanimité ce texte, qui vise « à renforcer la justice de proximité, la rendre plus performante et plus accessible, afin de mieux répondre aux attentes des populations », selon le gouvernement.

Dans sa mise en œuvre, cette loi institue des instances de règlement des différends en premier ressort au niveau des villages et des secteurs des villes. Elle prévoit également la mise en place d'instances de recours contre les décisions rendues en premier ressort.

Au niveau des villages et des secteurs urbains, explique l'exécutif, l'instance de règlement des différends est composée de l'autorité traditionnellement ou coutumièrement reconnue dans la localité, qui en assure la présidence, assistée de deux membres.

En revanche, dans les localités où il n'existe pas d'instances de recours conformément aux us et coutumes, l'instance de recours est composée d'un représentant de la chefferie coutumière ou traditionnelle, qui la préside, d'un juge de paix, en qualité de vice-président, et d'un membre.

Le ministre de la justice, Edasso Rodrigue Bayala, a rassuré que les deux modèles de justice fonctionneront sans créer de conflit

Le gouvernement a précisé que le juge de paix n'est pas un magistrat, mais un acteur chargé d'accompagner le processus dans un esprit de conciliation et d'équité.

Selon les explications de l'exécutif, ces instances ne seront pas tenues de fonder leurs décisions sur le droit moderne. Elles pourront statuer en équité, en s'appuyant sur les règles et mécanismes traditionnellement reconnus dans les différentes communautés.

Toutefois, leurs compétences sont clairement encadrées : elles ne procéderont à aucune interpellation et ne prononceront ni peine d'emprisonnement ni amende, a rassuré le gouvernement.

Pour le ministre de la justice, Edasso Rodrigue Bayala, ce modèle de justice traditionnelle permettra d'améliorer l'accès à la justice et de désengorger le contentieux au niveau des juridictions.

La séance a été présidée par le président de l'ALT, le Dr Ousmane Bougouma

Pour lui, 95% des contentieux se résolvent sans recourir à la justice classique. « Il ne s'agit pas de créer, mais il s'agit de constater ce qui existe et qui marche et d'essayer d'encadrer au maximum », a-t-il indiqué, relevant que le rayon d'accès à une juridiction classique est de 58 km en moyenne au Burkina. Avec cette nouvelle loi, les juridictions seront plus proches des justiciables, a-t-il ajouté.

Garantir la complémentarité entre les deux modèles

Pour le ministre de la justice, les deux modèles de justices vont fonctionner sans conflit. « Dès que ces instances locales sont saisies d'un dossier, elles sont exclusivement compétentes pour donner suite. Deuxième niveau pour aplanir le risque de différend entre les deux, c'est que les juridictions classiques que nous avons, si elles se rendent compte qu'un dossier peut comporter un risque qui peut fragiliser la cohésion sociale, la juridiction classique peut décider de renvoyer ce dossier au niveau des instances traditionnelles », a expliqué le ministre Bayala.

Le ministre a rappelé que le vote de cette loi répond à la vision du président du Faso qui, dit-il, à plusieurs occasions, a rappelé la nécessité et l'urgence de recourir aux instances traditionnelles ou coutumières pour les règlements des différends.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Burkina : L'ALT adopte le projet de loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:07

L'Assemblée legislative de transition était réunie ce mercredi 14 janvier 2025, à l'effet d'examiner le projet de loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle. Pour défendre ce texte, était face aux députés, le ministre d'Etat, ministre en charge de l'administration territoriale, Emile Zerbo. La loi est composée de 6 chapitres répartis en 43 articles. Dans le présent article, nous revenons sur les deux premiers chapitres, relatifs aux dispositions générales, à leurs attributions, leur organisation et à leur fonctionnement.

Au sens de la présente loi adoptée à l'ALT, on entend par autorité coutumière ou traditionnelle, "pouvoir de gestion de cultes et spiritualités ancestrales et de gouvernance politique, judiciaire, sociale et économique d'une communauté sur un territoire selon les coutumes et traditions ou la personne investie de ce pouvoir." Ainsi, sont reconnus chefs coutumiers ou traditionnels : les rois et leurs ministres, les émirs, les chefs de cantons, les chefs de villages, les chefs de terre et les chefs cultuels, précise l'article 3 du texte adopté par les 71 votants.

Ainsi, la chefferie traditionnelle et coutumière contribue en matière sociale et communautaire à la promotion de la culture du maintien et du renforcement de la paix ; à la prévention et à la gestion des crises humanitaires et sociales ; à la prévention et à la gestion des conflits communautaires. Sur le plan culturel, elle contribue entre autres à la sauvegarde et à la promotion des savoirs, savoirs faire et des savoirs être endogènes ; à la défense et à la préservation des coutumes, des traditions et des valeurs fondatrices des communautés en ce qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions constitutionnelles, légales et réglementaires.

En matière politique et sécuritaire, elle travaille à la promotion des valeurs de la République ; à la promotion des emblèmes nationaux ; à l'élaboration, à la mise en oeuvre et à l'évaluation des politiques publiques ; à la mobilisation des communautés dans le processus de formulation et de mise en œuvre des politiques, programmes, projets et plans de développement. En matière économique, à la promotion de l'économie sociale solidaire et de l'inclusion financière ; à la promotion de I'artisanat ; à la promotion de l'agriculture et de l'élevage ; à la préservation de l'environnement et du cadre de vie.

En matière judiciaire, elle oeuvre à la mise en œuvre des mécanismes endogènes de gestion des conflits ; à la détermination et à la mise en œuvre des modes traditionnels de règlement des différends en soutien au pouvoir judiciaire. Pour ce qui est de leur organisation, on retient que chacune d'elle est organisée selon ses propres us et coutumes, cela, dans le respect des lois et règlements. Idem pour ce qui est du mode de fonctionnement. Par ailleurs, il est créé une structure de coordination de la chefferie traditionnelle et coutumière, mais aussi, institué un registre des chefs coutumiers et traditionnels.

Plus de détails à venir.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Innovation : Fatouma Harber, une sentinelle de la valorisation du patrimoine culturel à Tombouctou

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:04

‎Psychologue de formation, enseignante, bloggeuse et web activiste, Fatouma Harber est une voix malienne qui s'impose à Tombouctou au nord du Mali. À l'initiative de Sankorélab, un tech hub social implanté au cœur du désert, elle œuvre depuis plus d'une décennie à réconcilier patrimoine, numérique et résilience.

‎Le regard de Fatoumata Harber est celui de ceux et celles qui savent ce que signifie défendre une cause dans un contexte hostile. Fatouma Harber se définit elle-même comme une "sentinelle". Le mot n'est pas anodin pour elle. « Je suis défenseure de la culture, une sorte de sentinelle qui veille à la protection et à la promotion du patrimoine culturel de ma ville natale, Tombouctou », dit-elle, posément. Une posture qui s'est construite dans l'urgence, au cœur de la crise sécuritaire de 2012.

‎2012, le déclic de Fatoumata

‎Lorsque les groupes armés occupent le nord du Mali, Tombouctou se retrouve en partie coupée du monde. Les médias désertent, les mausolées sont détruits, le patrimoine millénaire vacille. Pour Fatouma Harber, c'est un choc, mais aussi une révélation. « J'ai compris que si nous ne documentions pas ce qui se passait, notre histoire serait racontée par d'autres, ou pire, effacée », explique la Tombouctienne. À défaut de micros et de caméras au début, elle s'empare du blogging et des réseaux sociaux. Le numérique devient alors un outil de survie. « Le clavier est devenu pour moi une arme. Une manière de dire : ne nous abandonnez pas. Nous sommes là. Dans un contexte où l'information locale est quasi inexistante, ses publications deviennent un lien simple mais vital entre Tombouctou et le reste du monde . »

‎De cette expérience naît donc Sankorélab. Officiellement reconnu en 2016, le projet prend racine dès 2014, au lendemain du retour de la stabilité progressive dans la ville. À l'origine, un centre de formation numérique destiné aux femmes : le centre FLAG. « Le nord du Mali était numériquement désertique. Pourtant, les jeunes avaient du talent. Il fallait juste un espace, une connexion, une opportunité. » Avec l'appui de ses partenaires, plus de 200 femmes sont formées aux outils numériques. Très vite, l'initiative évolue. Sankorélab devient un "tiers-lieu", un "incubateur social", un espace d'innovation communautaire.

‎ « Le numérique n'est plus seulement un outil de communication, c'est un outil de survie », insiste-t-elle. ‎ Pour les femmes, l'enjeu est double, indique Fatoumata : autonomie économique et espace sécurisé. « Il fallait créer un cadre où elles peuvent innover sans subir le poids des barrières sociales et des traditions. » À Sankorélab, on apprend à coder, à cartographier, à raconter sa ville, mais aussi à croire en ses propres capacités.

« Le numérique n'est plus seulement un outil de communication, c'est un outil de survie »


« Avant, on nous faisait comprendre que la valorisation du patrimoine était l'affaire des experts »

‎Reprendre la main sur l'histoire. C'est dans cette logique qu'émerge le projet "Mon Patrimoine". Une initiative à la fois simple et révolutionnaire : permettre aux habitants de Tombouctou de documenter eux-mêmes leur patrimoine à travers le numérique. « Avant, on nous faisait comprendre que la valorisation du patrimoine était l'affaire des experts et des institutions. Les populations elles-mêmes ne savaient pas qu'elles détenaient un trésor », déplore Fatouma Harber. Cuisine, tresses, chants, danses, architecture, manuscrits, lieux de mémoire… Tombouctou est une mosaïque culturelle souvent réduite à quelques clichés. Le constat est alarmant car sur les cartes numériques, de nombreux sites n'existent tout simplement pas. « Parfois, on trouvait même la photo de la mosquée de Djenné à la place d'une mosquée de Tombouctou. »‎‎ Avec monpatrimoine.ml, les jeunes deviennent producteurs de données. Les lieux sont géo localisés, décrits, racontés par ceux qui y vivent. « Ce ne sont plus des étrangers qui viennent raconter notre histoire. Ce sont nos propres enfants. » Le numérique transforme profondément la manière dont l'histoire de Tombouctou est racontée. « Il a démocratisé le récit », affirme-t-elle. Grâce à la géolocalisation, la ville cesse d'être une abstraction lointaine. Elle devient cliquable, accessible, réelle.

‎ « Nous avons fait passer le patrimoine du statut de figé à celui de donnée vivante. » ‎ Ce choix de passer par Google Maps n'est pas anodin. « C'est là que les gens vont chercher l'information. Il fallait être là où le monde regarde. » Une stratégie pragmatique, à l'image de son engagement.

‎Au-delà du patrimoine, Fatouma Harber s'attaque au chantier de la reconstruction de l'image de Tombouctou. Trop souvent réduite à la guerre ou à une nostalgie médiévale, la ville est présentée comme figée dans le passé. « Mon travail consiste à montrer la résilience », dit-elle. Elle documente des festivals locaux, des rues animées, des projets de jeunes entrepreneurs. “ C'est montrer que la vie continue, que Tombouctou n'est pas une ville morte. « Malgré une insécurité persistante, les habitants s'adaptent, créent, innovent. Nous sommes des créateurs de solutions », explique-t-elle.

‎Être femme dans une société patriarcale mais défendre le patrimoine

‎Ce combat de Fatoumata n'est pas sans obstacles. Dans un milieu culturel largement dominé par les hommes, la voix d'une femme dérange. « Une femme qui parle de patrimoine, ce n'est pas très accepté dans nos traditions. » Fatouma Harber en fait néanmoins une force. Elle fédère, forme, ouvre la voie à d'autres. Elle se souvient notamment d'un long bras de fer autour d'un cimetière de la zone, occupé illégalement pendant des années. « On est allé jusqu'à dire que c'était mon cimetière. » Les pressions étaient fortes, y compris familiales, mais sa réponse était : « Une femme, quand elle meurt, on l'enterre au ciel ? » Pour cette militante de la préservation de l'histoire, l'avenir du patrimoine repose sur la jeunesse. « Les jeunes sont les nouveaux gardiens des manuscrits, mais leurs outils sont les smartphones et les réseaux sociaux », affirme-t-elle. Sans appropriation numérique, le patrimoine est condamné à disparaître. “Mon Patrimoine”, son site internet, permet justement de recréer ce lien rompu entre les jeunes et leur histoire. « Il y a une immense fierté locale. À l'extérieur, cela a humanisé la ville. » Lors de la dernière biennale artistique et culturelle, la consultation des sites a connu un pic significatif.

‎Une voix reconnue au-delà des frontières‎

‎Engagée au sein de la Communauté d'Afrique francophone des données ouvertes (CAFDO), Fatouma Harber milite pour considérer les données culturelles comme un bien commun. « Les défis de Tombouctou résonnent partout en Afrique. Il faut mutualiser nos outils. » ‎ Son activisme en ligne, souvent critique sur la gouvernance, la corruption ou les droits des femmes, lui vaut une reconnaissance internationale, mais aussi une exposition aux risques. En 2022, elle reçoit le Prix international de la liberté de la presse pour les femmes journalistes, saluant son courage. ‎ L'ambition de Fatouma Harber dépasse Tombouctou. « Je rêve que Sankorélab devienne un pôle d'excellence où l'on apprend à marier technologie et tradition. » Son combat est aussi féministe. « Les femmes ne doivent pas être seulement consommatrices de technologie. » Elle croit profondément à leur potentiel. « Chaque fille de Tombouctou, de Gao ou de Ménaka doit savoir qu'elle peut coder l'avenir de son pays depuis son ordinateur. »

‎Farida Thiombiano
‎Lefaso.net

Catégories: Afrique

Chirurgie laparoscopique : « Ce n'est pas une technique futuriste, c'est vraiment l'actualité, et tout le monde devrait s'y mettre », Pr Gilbert Bonkoungou

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:02

La chirurgie laparoscopique est une chirurgie qui permet de réaliser des interventions abdominales, avec une petite ouverture de l'abdomen. Elle permet au chirurgien, à travers une petite incision, d'introduire une caméra dans l'abdomen et, grâce aux images retransmises sur un écran, de procéder à l'intervention. Ce type de chirurgie présente beaucoup d'avantages pour le patient, mais reste cependant peu pratiquée au Burkina Faso. Dans cette interview, Pr Gilbert Bonkoungou, maître de conférences agrégé en chirurgie générale, spécialiste en chirurgie laparoscopique, thoracique et vasculaire, nous parle des avantages de la chirurgie laparoscopique et de l'état de sa pratique au Burkina Faso.

Lefaso.net : Dans quels cas de pathologies peut-on pratiquer la chirurgie laparoscopique ?

Pr Gilbert Bonkoungou : Il faut savoir que la chirurgie laparoscopique est une approche qui existe depuis les années 1987 avec une chirurgie limitée à la vésicule biliaire. Puis progressivement, la plupart des interventions concernant presque tous les organes ont été développées. De nos jours, que ce soit le rectum, que ce soit le colon, l'intestin grêle, la vésicule biliaire, le foie et même le pancréas, peuvent bénéficier de ce type d'intervention chirurgicale. Donc, ça s'adresse à la plupart des interventions de chirurgie abdominale classique.
Toutes les interventions concernant tous les organes peuvent bénéficier de ce type d'approche.

La chirurgie laparoscopique se situe dans un domaine plus grand qui est la chirurgie mini-invasive. De nos jours, toutes les spécialités bénéficient donc de cette approche mini-invasive parce qu'elle permet de réaliser les interventions chirurgicales avec de petites incisions. Ce qui fait que dans certains centres spécialisés, on peut même enlever la glande thyroïde avec une petite incision. On parle donc en ce moment de vidéo-chirurgie. Cette vidéo-chirurgie peut être aussi faite au niveau du thorax. Elle permet de faire des interventions thoraciques et même d'enlever une partie du poumon, voire tout un poumon, avec des petites incisions. C'est pareil pour l'urologie et pour la chirurgie pédiatrique. Les neurochirurgiens aussi bénéficient de cette approche mini-invasive.

Parlant de la chirurgie laparoscopique, quels sont ses avantages pour le patient ?

Les avantages par rapport à la chirurgie classique sont nombreux. Tout d'abord, il y a la diminution du séjour hospitalier. Lorsqu'on fait une intervention en ouvrant grandement le ventre, en règle générale, le patient va rester au minimum 3, voire 4 jours et parfois un peu plus. Lorsqu'on fait la chirurgie mini-invasive avec des petites incisions, le patient rentre chez lui le lendemain ou le surlendemain de l'opération.

Le deuxième avantage concerne la gestion de la douleur. Quand vous prenez des interventions où on ouvre grandement le ventre, c'est naturellement plus douloureux que lorsque l'ouverture est limitée à des petits points. Donc, ça fait moins mal. Et comme ça fait moins mal et que le patient retourne à la maison rapidement, cela signifie qu'il va pouvoir reprendre ses activités professionnelles assez rapidement.

L'autre avantage, c'est qu'il y a moins de complications de cette chirurgie laparoscopique par rapport à l'intervention ouverte. Pour ne citer que quelques complications, vous avez ce que nous appelons les éventrations. Quand on ouvre grandement le ventre, puisqu'il faut suturer, il arrive que la suture à l'intérieur lâche alors que la peau tient. En ce moment, le patient est cicatrisé, mais il se rend compte que les organes poussent à travers la peau. Ça s'appelle l'éventration. Dans la chirurgie laparoscopique, le risque d'éventration est vraiment minime, sinon quasiment inexistant.

D'autre part, il y a ce que nous appelons parfois les brides. En fait, ce sont les accolements entre les intestins, entre les organes intra-abdominaux qui sont favorisés par les interventions ouvertes. Puisqu'on va utiliser des compresses, on va utiliser les mains dans le ventre, ça favorise donc les adhérences, alors que dans la chirurgie laparoscopique, le chirurgien ne met pas la main dans le ventre, il ne met quasiment pas de compresses dans le ventre, donc cela évite en fait les accolements entre les intestins. Voilà quelques avantages procurés par la chirurgie laparoscopique.

Est-ce qu'il existe des risques ou des inconvénients à ce type de chirurgie ?

Je pense qu'il faut surtout insister sur les avantages. Il n'y a pas d'opération chirurgicale avec zéro risque. Mais il faut savoir que plus on pratique la chirurgie laparoscopique, et moins il y a de risques.

Est-ce que la pratique de la chirurgie laparoscopique est assez répandue au Burkina ?

Il faut rappeler que nous avons commencé cette chirurgie laparoscopique en 2005, et en ce moment nous n'étions que deux à la pratiquer.

Mais progressivement, les confrères, que ce soit les gynécologues ou les chirurgiens viscéraux, se sont progressivement formés, ce qui fait qu'il y a plus d'une vingtaine de chirurgiens et de gynécologues qui pratiquent ce type d'intervention chirurgicale à l'heure actuelle, de façon régulière. Vous avez beaucoup de centres de santé, qu'il s'agisse du public ou du privé, qui pratiquent cette intervention chirurgicale, mais jusqu'à présent, ce n'est pas une technique qui est bien diffusée dans tous les centres. Nous avons mis en place une société savante qui s'appelle la Société burkinabè de chirurgie endoscopique dont l'objectif, entre autres, c'est de permettre une meilleure diffusion de cette technique.

L'État burkinabè, à travers le ministère de la Santé, a pu acheter plusieurs colonnes d'endoscopie. Il me semble que c'est une bonne quinzaine de colonnes d'endoscopie qui ont été achetées et qui vont être données au niveau des CHU et des CHR.

Cela va permettre une meilleure diffusion de cette technique. Et notre société est là pour accompagner la diffusion de cette technique au niveau des CHR pour être encore plus proche des patients. Ainsi, le patient ne sera pas obligé de venir dans les grandes villes pour pouvoir bénéficier de ce type d'intervention chirurgicale.

Au regard des nombreux avantages que ce type de chirurgie présente, qu'est-ce qui explique le fait que, jusqu'à présent, la diffusion ne soit pas à un niveau assez important ?

Je crois qu'il y a plusieurs causes qui peuvent expliquer la faible diffusion de cette technique. D'abord, il faut savoir qu'au départ, beaucoup de chirurgiens étaient un peu hésitants parce que c'était une technique tout à fait nouvelle, mais qui a fait ses preuves ailleurs. Chez nous, comme je l'ai dit tantôt, ça fait presque 20 ans que nous pratiquons ce type d'intervention chirurgicale. Donc, cela a permis quand même à ceux qui étaient hésitants de comprendre que c'est une technique qu'il faut s'approprier. Donc, ça c'est le premier point.

Deuxième point, c'est la nécessité de formation. En effet, pour pratiquer cette intervention, il faut être formé, et il faut être aussi coaché. Il faut avoir un mentor qui va vous épauler, qui va vous aider pour les premiers pas.

Et enfin, il faut avoir l'équipement. Donc, tous ces éléments font que la diffusion était quand même timide au départ, mais de plus en plus, les chirurgiens se sont formés. La preuve, il existe au Burkina le diplôme universitaire de chirurgie laparoscopique à l'université et qui permet de former régulièrement les chirurgiens. Chaque année, il y a environ une vingtaine, voire une trentaine de jeunes chirurgiens qui s'inscrivent pour pouvoir maîtriser cette technique. Donc, de plus en plus, je crois que les chirurgiens sont intéressés par cette technique. Ce qui fait que d'ici quelques années, on aura encore plus de personnes suffisamment formées pour mener ce type d'intervention comme il le faut.

Mais est-ce que déjà dans les régions, la chirurgie laparoscopique est pratiquée avec le renforcement des capacités des chirurgiens ?

En dehors des grandes villes comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso où la technique est quand même suffisamment implantée, au niveau des régions, comme je l'ai dit, il y a quelques chirurgiens qui ont été formés, mais malheureusement, ils n'ont pas encore l'équipement pour pouvoir exercer. Et je crois que, grâce à l'effort du ministère de la Santé d'équiper ces centres en colonnes de cœlioscopie, et je l'ai dit tantôt aussi, nous allons pouvoir les accompagner pour implémenter cette technique et faire en sorte que ça soit le quotidien de leurs exercices dans ces régions.

Parce qu'il y a un certain nombre d'interventions qui devraient être pratiquées par voie laparoscopique. Pour regarder les trompes d'une femme, on n'a plus besoin d'aller ouvrir grandement. Pour enlever, traiter une grossesse extra-utérine, on n'a plus besoin d'aller ouvrir grandement le ventre d'une femme. L'intervention se fait en une heure et le problème est réglé, et dès le lendemain, la personne rentre à la maison, et au bout d'une semaine elle va pouvoir reprendre son activité. Pour traiter un kyste de l'ovaire, on n'a plus besoin d'aller ouvrir le ventre, comme on le fait pour une césarienne. Et nous encourageons les gynécologues et les chirurgiens à s'approprier cette technique parce que c'est l'actualité. Ce n'est pas une technique futuriste, c'est vraiment l'actualité, et tout le monde devrait s'y mettre.

Et quand on parle un peu de coût, est-ce que ce type de chirurgie-là est assez accessible au grand nombre ?

Au regard des avantages, le coût est vite éclipsé. Quand vous considérez la diminution des douleurs, le fait que le patient va rentrer rapidement chez lui, la reprise rapide des activités professionnelles, vous vous rendez compte que lorsqu'on compare les deux types d'intervention, c'est-à-dire l'opération ouverte et l'opération laparoscopique, la différence n'est pas énorme en termes de coût.

Comment se déroule la formation des chirurgiens qui désirent se spécialiser dans la chirurgie laparoscopique ?

La formation chirurgicale, telle qu'elle est faite partout dans le monde, et même chez nous, à travers le diplôme universitaire de laparoscopie, comprend deux volets. Il y a d'abord un volet théorique. Et ce volet théorique-là, on va apprendre aux jeunes chirurgiens ou aux chirurgiens en formation comment travailler avec les instruments sans toucher, sans utiliser, sans que la main soit au contact de l'organe. Je veux dire, on va apprendre à ce jeune chirurgien la vision en deux dimensions et la notion de profondeur.

Mais à côté de cette formation théorique, il y a une formation pratique. Cette formation pratique-là commence déjà avec du matériel que nous appelons un « Pelvi Trainer ». C'est une espèce de boîte où le chirurgien va apprendre à se familiariser avec l'équipement, avec la caméra, avec la télé, la notion de profondeur.

Il va apprendre à faire des petites sutures, à faire des petits gestes. Ça, on n'est pas encore chez l'homme. Il est prévu aussi un travail sur l'animal, notamment le porc, dont l'anatomie est très proche de celle de l'homme. Il y a quelques séances de porc qui sont prévues avant de commencer les interventions chirurgicales sur l'homme proprement dit. Et au cours de ces interventions chirurgicales, ils ne sont pas laissés à eux-mêmes. Donc, on les encadre. D'abord, au cours de la formation, ils vont participer à des interventions chirurgicales avec les chirurgiens séniors. Mais au-delà de ça, lorsqu'ils vont commencer leurs premiers pas, nous allons également les encadrer et les appuyer pendant un certain temps, afin qu'ils soient autonomes, avant qu'on ne puisse les laisser continuer. Mais à chaque nouvelle procédure, les chirurgiens séniors sont là et les apprenants peuvent toujours leur faire appel pour qu'ils puissent les aider. Donc, voilà comment l'encadrement est fait. Elle est théorique et pratique. Et c'est tout ça qui va permettre aux chirurgiens d'être aguerris pour pouvoir mener à bien ces interventions.

Un dernier mot ?

Une invite à la population. Je pense que beaucoup de personnes sont hésitantes quand on leur parle de chirurgie laparoscopique. Ils ont peur parce que c'est une approche qu'ils ne connaissent pas. De temps en temps, ils vont regarder un peu sur Internet, ils ont des bribes d'informations, mais parfois, ils sont paniqués. Je pense qu'il faut savoir que ceux qui proposent ce type d'intervention sont des spécialistes qui ont une formation assez solide, tant théorique que pratique. Et si cette approche est proposée par un chirurgien, c'est que, naturellement, la personne maîtrise la technique et qu'il y a énormément d'avantages.

Il faut donc avoir confiance aux chirurgiens du pays parce que beaucoup ont été formés dans de grandes écoles. Il faut aussi rappeler qu'il y en a qui préfèrent aller se soigner à l'extérieur, ils n'ont pas confiance au plateau technique. Ils peuvent être rassurés, c'est parce qu'on a le plateau technique qu'on veut faire ce type d'intervention chirurgicale.

Nous avons des plateaux techniques qui sont relevés. Et je crois que ceux qui décident d'aller se faire opérer à l'extérieur ne connaissent pas les compétences réelles des spécialistes qui vont les opérer.

Au Burkina, la plupart des plateaux techniques des structures de santé sont d'un très bon niveau, que ce soit au plan anesthésique, que ce soit au plan chirurgical. Les chirurgiens aussi ont été formés et continuent de se former parce que nous avons l'obligation de faire une formation continue. Parce que si vous ne la faites pas, vous devenez un danger pour le malade. Donc cette formation continue passe par la participation aux colloques, par la participation aux conférences, par les diplômes que chaque chirurgien a l'obligation d'obtenir à travers des formations.

Donc je peux dire qu'il faut que la population ait de plus en plus confiance aux spécialistes que nous sommes, parce que ces spécialistes ont été formés dans de très bonnes écoles, donc il n'y a pas de doute sur leurs compétences. Quand on regarde un peu dans la sous-région, on se rend compte que quand on parle de chirurgies laparoscopiques, nous sommes cités aussi comme référence parce qu'on fait énormément de choses.

Propos recueillis par Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Pages