La première session extraordinaire du Conseil économique et social (CES), 8e mandature, s'est ouverte, mardi 18 août 2026, sous la présidence d'Abdoulaye Bio Tchané. Cette session intervient dans un contexte marqué par plusieurs réformes ayant modifié le fonctionnement et les attributions de l'institution.
La nouvelle mandature du CES est en session extraordinaire depuis ⁸mardi 18 août 2026. Les travaux prévus pour durer trois jours, prendront fin jeudi 20 août prochain.
À l'ouverture, le président du CES a souligné l'importance des changements intervenus suites aux dernières réformes. « Nous sommes à un tournant », a-t-il déclaré, évoquant notamment la désignation de représentants du CES par l'Assemblée nationale, le rattachement des fonctions de Médiateur de la République au premier vice-président du Conseil ainsi que la clarification de certaines attributions de l'institution. Pour Abdoulaye Bio Tchané, ces évolutions rendent nécessaire une adaptation des règles de fonctionnement du CES. Cette mise à jour doit permettre au Conseil de mieux remplir sa mission auprès des pouvoirs publics et des citoyens. « Nous devons parachever la modernisation de notre institution », a-t-il insisté.
Règlement intérieur et Plan stratégique
Le principal point inscrit à l'ordre du jour de cette session est l'examen du projet de règlement intérieur du CES. Abdoulaye Bio Tchané a invité les conseillers à examiner le texte avec attention afin d'aboutir à un règlement « rigoureusement conforme à la loi et résolument tourné vers l'avenir ».
Au-delà de l'adoption de ce nouveau cadre réglementaire, le président du CES souhaite engager un chantier plus large avec l'élaboration d'un Plan stratégique de développement institutionnel. Celui-ci devrait servir de feuille de route pour la modernisation des services du Conseil et l'amélioration de l'impact de ses actions.
Cette première session extraordinaire marque ainsi une étape importante pour la 8e mandature du CES. L'adaptation du règlement intérieur aux nouvelles dispositions légales, la préparation d'un plan stratégique et la modernisation du fonctionnement de l'institution constituent les principaux chantiers engagés.
À travers ces réformes, le CES entend renforcer son rôle dans l'architecture institutionnelle du Bénin. Pour Abdoulaye Bio Tchané, l'objectif est de faire du Conseil une institution « plus utile, plus performante et plus résiliente », au service des pouvoirs publics et des citoyens.
F. A. A.
LES RÉSULTATS DE LOTO STAR
TIRAGE N°099/26
Mercredi 19 août 2026 (18H)
27 • 59 • 31 • 73 • 65
Félicitations aux heureux gagnants !
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Mahugnon Eliezer Hounnonkpe représentera le Bénin lors de la finale internationale du Stockholm Junior Water Prize à Stockholm le 25 août, où Son Altesse Royale la Princesse héritière Victoria de Suède remettra le prix au lauréat international.
L'accès à une eau potable sûre demeure un défi pour de nombreuses communautés rurales au Bénin. Mahugnon a développé un biofiltre intelligent fabriqué à partir de déchets agricoles locaux, combinant un suivi en temps réel de la qualité de l'eau et une estimation de l'état du filtre, afin de proposer une solution durable et évolutive pour améliorer l'accès à une eau plus sûre.
Son projetL'accès à une eau potable de qualité demeure un défi majeur dans plusieurs communautés rurales du Bénin, où les populations continuent de dépendre de puits traditionnels vulnérables aux contaminations physico-chimiques et microbiologiques. Face à cette situation, le projet SMART-BIOFILTER BENIN propose une solution innovante alliant traitement de l'eau, valorisation des déchets agricoles et surveillance intelligente de la qualité de l'eau. L'étude a été menée à partir de l'eau d'un puits rural situé dans le village d'Akpali (commune de Zè). Une évaluation de la vulnérabilité du site et une caractérisation physico-chimique de l'eau ont confirmé la nécessité d'un traitement avant consommation. Pour répondre à ce besoin, le potentiel de transformation de divers déchets agricoles locaux en biochar a été étudié, une attention particulière étant portée aux coques de noix de coco. Les essais expérimentaux ont démontré l'efficacité du biochar issu de coques de noix de coco, avec des réductions de 87,23 % de la turbidité, 89,86 % des phosphates, 98,29 % du potassium et 51,88 % de la conductivité, tout en faisant passer le pH de 6,20 à 7,2. Ces résultats confirment son potentiel en tant que matériau filtrant local et économique. Le projet intègre également un système intelligent basé sur des capteurs pour surveiller en temps réel plusieurs paramètres de la qualité de l'eau et estimer l'usure du filtre, afin d'alerter l'utilisateur lorsqu'une opération de maintenance s'avère nécessaire. En combinant innovation frugale, économie circulaire et technologies accessibles, SMART-BIOFILTER BENIN constitue une solution durable et reproductible pour améliorer la sécurité de l'eau dans les communautés rurales du Bénin et dans d'autres régions confrontées à des problèmes similaires.
Nous y reviendrons
À Cotonou, chercheurs, professionnels de santé et éducateurs canins explorent une piste scientifique encore peu connue. L'utilisation de l'odorat exceptionnel des chiens pour contribuer à la détection précoce du cancer du sein. Une démarche qui place les réalités des patientes au cœur de l'innovation.
Et si le nez d'un chien pouvait, un jour, contribuer à sauver des vies ?
À Cotonou, une équipe de chercheurs et de professionnels de santé tente de répondre à cette question à travers un projet consacré à la détection olfactive canine du cancer du sein. L'objectif n'est pas de remplacer les méthodes médicales existantes, mais d'explorer une piste complémentaire qui pourrait, à terme, contribuer à améliorer le dépistage précoce.
Derrière cette recherche, se trouve une réalité beaucoup plus familière : celle des femmes confrontées au cancer du sein, parfois diagnostiqué tardivement en raison de symptômes insuffisamment pris en compte, de difficultés d'accès aux soins ou encore du coût et de la disponibilité des examens médicaux.
De la réalité des patientes à la recherche scientifique
Au Bénin comme dans de nombreux pays, la précocité du diagnostic constitue un enjeu majeur dans la prise en charge du cancer du sein. Plus la maladie est identifiée tôt, plus les possibilités de traitement peuvent être importantes. C'est dans ce contexte que l'association African Médical Détection Dogs (AfriMeDD) travaille avec la Faculté des Sciences de la Santé de l'Université d'Abomey-Calavi (FSS-UAC), le Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) et le LEMACEN, autour d'une collaboration scientifique consacrée à la détection du cancer du sein par l'odorat canin.
L'approche repose sur une capacité bien particulière du chien : son odorat. Des composés chimiques associés à certaines maladies peuvent modifier l'odeur de prélèvements biologiques. Le projet de recherche vise à déterminer si des chiens spécialement entraînés peuvent reconnaître ces signatures olfactives et, surtout, si leurs performances peuvent être démontrées et validées selon des protocoles scientifiques rigoureux.
Quand le chien devient partenaire de recherche
Mais avant qu'un chien puisse participer à une telle recherche, un long travail est nécessaire. Les animaux doivent être sélectionnés, entraînés et évalués progressivement. Leur participation s'effectue dans un cadre qui prend également en compte leur bien-être et leurs conditions de travail.
Selon une publication de l'Ambassade de Belgique, lors d'une journée portes-ouvertes organisée à Cotonou, plus de 50 visiteurs ont pu découvrir les différentes étapes de cette recherche. Le parcours proposé était organisé autour de trois grandes questions : pourquoi, comment et comment le savons-nous ?
La première étape permettait de comprendre les enjeux du diagnostic précoce et le parcours des femmes confrontées à la maladie.
La deuxième plongeait les visiteurs dans l'univers de l'éducation canine : sélection des chiens, méthodes d'apprentissage et entraînement nécessaire pour leur permettre de reconnaître certaines odeurs.
Enfin, la troisième étape revenait à l'essentiel : la science. Quels sont les mécanismes recherchés ?
Comment construit-on un protocole expérimental ? Comment mesure-t-on les performances d'un chien ? Et surtout, comment passer d'une observation prometteuse à une preuve scientifique suffisamment solide pour envisager une application médicale ?
Les visiteurs ont également pu assister à une démonstration canine en direct, donnant une dimension concrète à une recherche qui pourrait, à première vue, sembler relever de la science-fiction.
Le pari d'une innovation ancrée dans le contexte béninois
Cette dynamique bénéficie notamment de l'accompagnement d'Enabel, aux côtés de la Faculté des Sciences de la Santé de l'Université d'Abomey-Calavi, avec un financement conjoint de la Belgique, à travers l'Agence belge de coopération internationale, et de la France, via le Fonds d'innovation pour le Développement.
Au-delà de la performance des chiens, le projet pose ainsi une question plus large : comment développer des innovations scientifiques qui répondent réellement aux besoins des populations ?
Pour les acteurs du projet, l'enjeu est précisément de partir du terrain, de construire une démarche adaptée au contexte local, puis de tester et de valider scientifiquement les solutions envisagées.
À terme, si les résultats de la recherche le permettent, l'odorat canin pourrait-il devenir un outil supplémentaire dans la lutte contre le cancer du sein ? Il est encore trop tôt pour l'affirmer.
Mais une chose est déjà certaine : à Cotonou, des chercheurs ont choisi de regarder autrement une question essentielle de santé publique. Et cette fois, pour tenter de mieux détecter la maladie, ils ont commencé par suivre la piste… du nez.
F. A. A.