All EU-related News in English in a list. Read News from the European Union in French, German & Hungarian too.

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European Union

Smarter welfare payments systems could bring huge knock-on benefits [Partner Content]

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 09:35
Europe, like the rest of the world, is digitising fast; that includes financial services and payments systems, but often the welfare sector is forgotten
Categories: European Union

THE HACK: Digital omnibus lobby frenzy

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 09:33
In today's edition: Frontex, frontier AI, IAB Europe
Categories: European Union

Healthcare costs on sharp rise in Sweden [Partner Content]

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 09:30
Swedish specialist care costs have outstripped demographic change over the past decade, with cancer and psychiatry driving the rise and cardiovascular care a rare success story
Categories: European Union

VOLTAGE: Climate insurance gap

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 09:28
In today's edition: switchgear, carbon pricing, refineries
Categories: European Union

FIRST AID: Alcohol industry unfazed by weight-loss drugs

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 09:22
In today's edition: tobacco, budget, medical devices
Categories: European Union

French Senate passes bill to make protesters pay for unrest damage

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 08:32
The bill would allow authorities to demand the rapid removal of social media content calling for "insurrection or taking up arms against the state"
Categories: European Union

Associating with Canada gets complex

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 08:06
Also, in Wednesday's edition: Finland briefs ambassadors on Putin call
Categories: European Union

Naval innovation puts industry ahead of customers, Thales says

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 04:00
Innovation is moving faster than updates to naval doctrine, representatives of the French company say
Categories: European Union

EU transparency reforms attacked as Pfizergate cover-up

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 04:00
Review backed by Ursula von der Leyen has urged change to the EU's 2001 transparency law
Categories: European Union

How elections could reshape EU alliances ahead of tobacco talks

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 04:00
A blocking minority pushing for tougher nicotine rules could be at risk
Categories: European Union

EU alcohol industry defies Heineken’s warning on weight-loss drugs

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 04:00
Heineken urged pubs and bars to adapt to the rise of drugs such as Ozempic and Wegovy
Categories: European Union

EXCLUSIVE: IAB Europe lists ad vendor despite possible spyware link

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 04:00
In wake of Citizen Lab report into spyware delivered via targeted ads
Categories: European Union

EU climate risk plan slammed over trailing insurance gap

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 04:00
A Climate Insurance Alliance will be tasked with finding solutions in the coming months
Categories: European Union

The young chef who traded cows for oysters

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 04:00
In a country where salmon is king, oysters are a hidden pearl
Categories: European Union

Don’t focus on Chinese trade surplus, EU business chief warns

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 04:00
Seeking ‘balanced trade’ with Beijing ‘could entail a very significant economic cost for Europe’
Categories: European Union

The Power Dividend: China’s lesson for EU tech sovereignty

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 04:00
Europe has much more bargaining power than just market size
Categories: European Union

Spain’s far right is the ‘new punk’

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 04:00
Vox is Spain's third-largest political force and is attracting an increasingly younger voter base
Categories: European Union

HARVEST: CAP digest

Euractiv.com - Wed, 28/10/2026 - 03:59
In today's edition: alcohol, climate resilience, subsidy fraud
Categories: European Union

Cybercriminalité : « Payer une rançon finance la prochaine attaque et ne garantit rien », Dr Karim Ganamé, spécialiste de la cybersécurité

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:55

Les attaques par rançongiciels constituent une menace grandissante pour les entreprises, les administrations et les infrastructures stratégiques. Derrière ces cyberattaques se cachent parfois de véritables organisations criminelles, structurées comme des entreprises, qui prennent en otage les données de leurs victimes et exigent des rançons pouvant atteindre plusieurs millions de dollars. Chercheur en cybersécurité et fondateur de StreamScan, une entreprise spécialisée dans la détection des cybermenaces au Canada, le Burkinabè Karim Ganamé connaît bien cet univers.

Habitué à intervenir auprès d'organisations victimes, il a notamment participé à des négociations avec des cybercriminels. Dans cet entretien accordé à Lefaso.net, il nous plonge dans les coulisses de cette criminalité numérique, explique comment l'intelligence artificielle transforme les cyberattaques et alerte sur les vulnérabilités des organisations africaines. Il livre également ses recommandations pour mieux protéger les entreprises et les infrastructures critiques du Burkina Faso.

Lefaso.net : Dr Karim Ganamé, pour commencer, pouvez-vous expliquer simplement ce qu'est un rançongiciel, comment se déroule une attaque et pourquoi cette forme de cybercriminalité est devenue une menace majeure pour les entreprises et les administrations ?

Un rançongiciel (aussi appelé ransomware) est un logiciel malveillant qui chiffre les données d'une organisation, ou les vole, pour exiger de l'argent en échange d'une clé (un peu comme un mot de passe) qui permet de les déchiffrer.

Une attaque par rançongiciel suit en général plusieurs étapes : découverte des failles de votre réseau, intrusion (courriel piégé, identifiants volés, faille non corrigée), déplacement discret dans le réseau, vol de données, puis chiffrement des systèmes et message de rançon. La plupart du temps, les criminels sont déjà dans le réseau depuis des jours ou des semaines quand l'attaque devient visible.

La menace liée aux rançongiciels est devenue majeure parce qu'elle est lucrative, que les outils sont faciles à obtenir et que la numérisation rend les organisations dépendantes de leurs systèmes. De plus les paiements se font en bitcoins et sont hyper difficiles à retracer. Hôpitaux, banques, administrations, PME : quand tout s'arrête, chaque heure coûte cher, et c'est cette pression que les attaquants exploitent.

Lefaso.net : Vous affirmez que les groupes de cybercriminels fonctionnent aujourd'hui comme de véritables entreprises, avec des employés, des horaires de travail et un modèle économique. Comment ces organisations criminelles sont-elles structurées et comment choisissent-elles leurs victimes ?

Effectivement ces groupes fonctionnent comme des entreprises : division du travail, spécialistes de l'intrusion, développeurs des rançongiciels, négociateurs, support « client » pour guider la victime dans le paiement. Certains louent leurs outils à des affiliés, selon un modèle de « rançongiciel en tant que service ».

Notez que le choix des victimes est généralement opportuniste. Les pirates utilisent des outils automatisés qui balaient Internet 24heures sur 24 pour trouver des failles à exploiter. Dès qu'ils identifient des vulnérabilités importantes, ils tentent de les exploiter pour prendre le contrôle du réseau. Une fois qu'ils compromettent un réseau, ils ne sont pas pressés : ils prennent le temps de fouiner afin de trouver des serveurs critiques ou des données sensibles (renseignements personnels, données de carte de crédit ou bancaires, etc.).

Avant d'infecter les serveurs via le rançongiciel, le pirate va exfiltrer les données sensibles qu'il a trouvées dans le réseau. Il publiera les données si l'entreprise ne paie pas de rançon. C'est ce qu'on appelle la double extorsion. Le pirate se donne deux chances d'obtenir le paiement d'une rançon :
• 1ère chance : l'entreprise n'a pas de sauvegardes qu'elle peut restaurer. Elle doit négocier si elle veut continuer à fonctionner.
• 2eme chance : si l'entreprise a des sauvegardes utilisables, la menace de publier ses données peut la persuader de négocier.
Je vois encore malheureusement des organisations qui ont des sauvegardes et décident quand même de négocier avec les pirates car la publication non autorisée de leurs données sensibles leur causerait un grand dommage qui se chiffre à plusieurs millions de dollars US. D'autres entreprises vont vouloir négocier uniquement pour éviter que l'attaque s'ébruite.

Lefaso.net : Vous vous présentez parfois comme un « cyberpompier » appelé au secours des entreprises attaquées. Pouvez-vous nous raconter, en préservant l'anonymat de la victime, une intervention particulièrement marquante qui illustre les conséquences concrètes d'une attaque par rançongiciel ?

J'ai vu des dizaines et des dizaines de situations dramatiques liées à des attaques par rançongiciel. Par exemple, une usine bâtie depuis plus de 40 ans qui a failli fermer. Après une attaque par rançongiciel, l'entreprise s'est rendu compte que ses sauvegardes ne fonctionnaient pas. Toute l'usine était paralysée, incluant les systèmes de production, la livraison, etc. L'entreprise n'avait même plus accès à la liste de ses clients pour livrer la marchandise déjà produite. L'usine a été à l'arrêt pendant plus de 3 semaines, causant des dégâts très importants ; on parle de plusieurs millions de dollars. La reprise a été très douloureuse et plusieurs employés ont été remerciés, l'objectif de l'entreprise étant de survivre.
J'ai aussi vu des entreprises qui ont fermé car n'ayant pas pu se relever d'une attaque par ransomware.

Lefaso.net : Vous avez personnellement négocié avec des groupes de cybercriminels pour le compte d'entreprises victimes. Comment se déroulent ces négociations ? À qui avez-vous affaire et quelles méthodes les pirates utilisent-ils pour faire pression sur leurs victimes ?

Lors d'une attaque par rançongiciel, le pirate laisse une note de paiement de rançon sur l'ordinateur infecté. Cette note indique comment entrer en contact avec le pirate : par courriel ou via leur portail sur le darkweb.

On a souvent affaire à des interlocuteurs bien structurés, qui cherchent à contrôler le rythme. Dans d'autres cas, l'on rencontre des nouveaux venus ou des groupes peu structurés. Leurs leviers de pression restent les mêmes : vous donner de courts délais pour agir, menacer de publier les données volées, menacer de les vendre, etc.

Mon rôle est de gagner du temps, vérifier à qui j'ai affaire et sa force de frappe, vérifier ce que le pirate détient réellement comme données, évaluer sa crédibilité, etc. Je garde en tête le fait que l'entreprise veut revenir rapidement en production et de manière sécuritaire et je l'accompagne dans ce sens. Je protège les intérêts de l'entreprise qui a été victime de l'attaque.

Lors d'une négociation, le pirate fait une offre, l'entreprise fait une contre-offre, ainsi de suite jusqu'à ce qu'il y ait une entente ou non. Les pirates bien organisés vont effectuer des recherches pour estimer la valeur de la victime avant d'entamer la négociation (ex : le site web Zoominfo). Si le pirate pense que l'entreprise vaut 50 millions de dollars, il pourrait penser que demander 1% ; ce qui équivaut à 500 000 dollars, est raisonnable. Cette information est souvent erronée et le pirate peut être têtu et y tenir mordicus.

J'ai vu un cas extrême ou le pirate a fais une estimation de la valeur des serveurs du réseau (robots de production) pour s'en servir comme base de négociation.

Souvent il faut ramener les pirates sur terre car ils peuvent penser qu'ils méritent un paiement de 2 millions de dollars alors que la victime n'est même pas en mesure de réunir 50 000 dollars. Très souvent ce sont des nouveaux venus ; les ramener sur terre aide à recentrer la négociation.

Il faut noter que je ne m'implique pas dans la phase de paiement. Une fois qu'il y'a a une entente, l'entreprise victime traite avec un tiers de paiement.

Je signale toutefois qu'il n'y a aucune garantie que le pirate remette la clé de déchiffrement des données à la fin de la transaction. La négociation doit donc être envisagée en dernier ressort, quand la survie de l'entreprise en dépend.

Lefaso.net : En effet, vous déconseillez généralement de payer les rançons. Mais lorsqu'une entreprise est totalement paralysée, que ses données sont devenues inaccessibles et que sa survie est menacée, que peut-elle faire ? Le paiement permet-il réellement de récupérer ses données et de reprendre ses activités ?

Je déconseille de payer, pour une raison simple : payer finance la prochaine attaque et ne garantit rien. Il arrive que les outils de déchiffrement fournis fonctionnent mal ou lentement, que les données volées ne soient pas réellement détruites, ou que l'entreprise soit visée à nouveau.

Je comprends néanmoins que, face à une paralysie totale, la survie de l'entreprise puisse être en jeu. La décision appartient alors à la direction, mais elle doit être prise avec des conseillers juridiques et techniques, en tenant compte de la réglementation applicable et en prévenant les autorités.

La meilleure réponse reste la préparation et la surveillance active du réseau pour détecter et bloquer les attaques en amont, avant qu'elles deviennent un gros problème : des sauvegardes testées et déconnectées du réseau, la protection du réseau, des serveurs et des postes de travail, la surveillance 24h sur 24 du réseau, etc.

Lefaso.net : Avec le développement de l'intelligence artificielle, les attaques par rançongiciels deviennent-elles plus sophistiquées et plus difficiles à détecter ? Comment les technologies d'IA que vous développez avec votre entreprise StreamScan peuvent-elles contribuer à prévenir ces attaques ?

Il y a quelques années, il fallait être excellent en cybersécurité pour être un pirate informatique. Aujourd'hui, n'importe qui, y compris ceux ou celles n'ayant aucune expertise en cybersécurité, peuvent utiliser l'AI pour préparer et lancer une cyberattaque et faire des dégâts.

Les pirates utilisent l'AI pour rédiger des courriels d'hameçonnage plus convaincants, automatiser la recherche de failles et adapter leurs attaques. Ils vont aussi utiliser l'AI pour créer des ransomwares beaucoup plus complexes et difficiles à détecter.
L'écosystème de la cybersécurité doit constamment s'adapter.

Chez StreamScan nous traquons les cybermenaces depuis des années et nous misons sur la détection des comportements anormaux. Nous profilons le comportement normal du réseau et des ordinateurs et nous détectons et bloquons les variations qui sont le signe d'une cyberattaque. Prenons l'exemple d'un ordinateur qui se connecte au réseau de l'entreprise à 7h du matin, se déconnecte à 18h, lance Word, Excel, fait un tour sur Facebook, etc. Si le même ordinateur se met à essayer de se connecter à 5h du matin, tente de se connecter à d'autres ordinateurs du réseau ou essaie d'envoyer un gros volume de données à l'externe, c'est un comportement douteux (anomalie), qui peut être le signe d'une intrusion. Notre technologie appelée CDS (Cyber threat detection system) prendra une action de blocage si nécessaire (isolation de l'ordinateur, etc.). Notre CDS protège non seulement le réseau en entier mais aussi chaque ordinateur et serveur du réseau, grâce a sa capacité EDR (antivirus avancé).

Face aux rançongiciels, le CDS repère les schémas de chiffrement et les mouvements latéraux, bloque les communications malveillantes, met en quarantaine les fichiers infectés et isole automatiquement les machines compromises pour limiter la propagation. Géré depuis une console centralisée, notre technologue se déploie dans le nuage ou sur site, s'adapte aux entreprises de toutes tailles et s'accompagne d'un support bilingue (français et anglais) 24/7.

Il faut noter que notre technologie est un XDR (Extended Detection and Response) et inclus plusieurs modules tels que : IDS-IPS-NDR, EDR, SIEM, etc. Pour en savoir plus : https://cdn.prod.website-files.com/69702c3abf4071dcda97b285/69d9038a820a83ecad8e2df0_StreamScan%20XDR%20-%20Fiche.pdf

Lefaso.net : Quelle est aujourd'hui l'ampleur de la menace des rançongiciels en Afrique, particulièrement au Burkina Faso ? Nos administrations, nos banques, nos entreprises et nos infrastructures essentielles sont-elles suffisamment préparées pour faire face à une attaque majeure ?

Le Burkina, et plus généralement l'Afrique, sont de plus en plus exposés, car la transformation numérique (paiement mobile, services bancaires en ligne, administration électronique) progresse plus vite que les moyens de protection. Plusieurs organisations sensibles ont été piratés sur le continent.

Si dans certains secteurs tels que la banque, la protection est adéquate, dans d'autres, peu d'attention est accordée à la cybersécurité. Ce n'est qu'après une cyberattaque que les hautes directions sont souvent ouvertes à donner les moyens nécessaires pour renforcer la cybersécurité de leurs systèmes d'informations.

Sur la préparation, je dirais avec nuance que des efforts existent, mais que beaucoup d'organisations manquent de protection adéquate, de plans de réponse aux incidents, de sauvegardes fiables, de personnel formé et de coordination entre acteurs publics et privés. Le hic, c'est que les pirates le savent.

Lefaso.net : Fort de votre expérience internationale et de vos interventions dans plusieurs pays africains, quelles mesures prioritaires recommanderiez-vous aux autorités burkinabè pour renforcer la cybersécurité nationale et protéger les infrastructures numériques stratégiques ?

L'urgence est d'accorder une attention toute particulière à la protection des infrastructures critiques (Energie, eau, finance, santé, défense et sécurité, télécommunications, administration, etc.) car une attaque sur de telles infrastructures pourrait avoir un effet majeur. La situation géopolitique actuelle impose cette urgence à tous les pays, pas seulement au Burkina.
Voici quelques recommandations qui pourraient faire parties des priorités :
• s'assurer que les infrastructures critiques sont bien protégées (système de détection d'intrusions, gestion des logs, EDR, etc.)
• mettre en place un centre de surveillance de la sécurité (SOC) fonctionnant 24 heures sur 24 afin de détecter rapidement les attaques et les contre-carrer.
• développer une capacité de réponse aux incidents capable de prendre en charge rapidement et efficacement des cyberattaques ciblant plusieurs infrastructures critiques en même temps. Ce scénario est aujourd'hui envisagé dans plusieurs des pays les plus avancés et ils se préparent à y faire face.
• former des spécialistes en cybersécurité, en lien avec les universités et le secteur privé.
• établir des partenariats régionaux et internationaux, car les criminels n'ont pas de frontières.

Lefaso.net : Quels conseils pratiques donneriez-vous aux dirigeants de PME, aux responsables informatiques et aux citoyens burkinabè pour réduire les risques d'attaques par rançongiciels ? Et quelles sont les premières mesures à prendre lorsqu'une attaque survient malgré les précautions ?

Je dirai tout simplement que les cyberattaques font partie de la réalité d'aujourd'hui et vont continuer à s'accélérer. Un jour ou l'autre, chaque organisation subira une attaque. La question est donc de savoir si on est prêt à y faire face ou non.
Voici ce qu'il faut faire pour minimiser les risques d'intrusions :
• renforcer la sécurité de son réseau et le surveiller 24 heures sur 24 via un SOC
• faire des sauvegardes régulières, stockées hors ligne et testées.
• mises à jour constantes et correction des vulnérabilités de sécurité
• utiliser une authentification multi facteur (MFA) pour tous les accès à distance (VPN, etc.) et pour l'email
• formation et sensibilisation du personnel sur les risques de cybersécurité
• se préparer au pire : avoir un plan de réponse aux incidents écrit et s'entrainer à gérer un incident

Lefaso.net : Vous êtes un chercheur et entrepreneur burkinabè qui a créé au Canada StreamScan, une entreprise spécialisée dans la cybersécurité. À partir de votre parcours, comment le Burkina Faso peut-il développer ses propres compétences et technologies de cybersécurité ? Quel message adressez-vous aux jeunes Burkinabè qui souhaitent faire carrière dans ce domaine ?

On peut partir du Burkina Faso et développer des technologies de cybersécurité utilisées en occident dans des environnements aussi sensibles que l'aérospatial, la défense, les infrastructures critiques, etc.

Le Burkina peut développer ses propres compétences en investissant dans la formation, en soutenant la recherche appliquée et l'innovation et en encourageant les jeunes entreprises locales de cybersécurité plutôt que de dépendre uniquement de solutions étrangères. Tous les pays qui sont actuellement des majors dans le domaine de l'innovation technologique ont misé sur l'expertise locale.

La situation géopolitique actuelle montre aussi que chaque pays a intérêt à limiter sa dépendance aux autres et à développer ses propres capacités de cybersécurité détective et offensive.

Aux jeunes, je dis : ce domaine manque cruellement de talents, il est passionnant, il a un impact concret sur la société. Commencez par les bases (réseaux, systèmes, programmation), pratiquez, restez curieux et motivés, rêvez grand et n'ayez pas peur de viser haut. Il n'y a rien d'impossible !

Entretien réalisé par C. Paré
Lefaso.net

Lire aussi : Les 100 Visages du Burkina Digital : Dr Karim Ganamé, du Burkina Faso aux technologies de pointe de la cybersécurité au Canada

Categories: Africa, Afrique, European Union

Le Faso Digital 2026 : Découvrez les cinq innovations burkinabè récompensées pour leur utilité sociale et économique

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:50

Du stationnement automobile à l'accès aux soins, en passant par les achats groupés, la sécurité routière et l'éducation, les cinq solutions distinguées lors de la deuxième édition de Le Faso Digital illustrent la diversité des initiatives numériques développées au Burkina Faso. Faso-Parking a remporté le Prix UBA de la startup innovante, Jinkassan (Jinkasan) le Prix ANPFI de l'innovation financière inclusive, MU-POL le Prix ARCEP de l'innovation inclusive, Alerte Contravention le Prix Moov Africa Burkina Faso de l'innovation citoyenne et EduBF le Prix du public. Au-delà des récompenses, ces projets proposent des réponses concrètes à des préoccupations quotidiennes des Burkinabè. Présentation de cinq innovations à découvrir et à suivre.

La deuxième édition de Le Faso Digital, organisée du 17 au 24 octobre 2026 autour du thème « Inclusion, souveraineté, innovation : vers un Burkina digital pour tous », a consacré une place importante aux innovations conçues localement. À travers son Concours national d'innovation digitale, la foire virtuelle entend non seulement offrir une vitrine aux talents burkinabè, mais aussi favoriser l'adoption de leurs solutions par les citoyens, les entreprises et les institutions.

Les cinq projets récompensés témoignent d'une réalité : l'innovation numérique ne se limite pas aux applications de communication ou aux services financiers. Elle peut aussi améliorer la gestion d'un parking, faciliter l'accès à une assurance, simplifier les démarches de remboursement des soins, encourager une conduite responsable ou aider un élève à retrouver ses documents pédagogiques.

Prix UBA de la startup innovante : Faso-Parking, payer son stationnement par mobile money et sécuriser les recettes

Dans de nombreux parkings de Ouagadougou, le paiement en espèces demeure la pratique habituelle. Cette organisation peut entraîner des difficultés de monnaie, des erreurs de caisse, des litiges entre usagers et gestionnaires, ainsi qu'un manque de traçabilité des recettes.

C'est à ces problèmes que souhaite répondre FasoParking, une solution développée par la société burkinabè NAWA START-UP SARL. Le principe est de numériser les opérations de stationnement. Grâce à une application mobile intégrant les paiements par mobile money et un système de QR code, FasoParking ambitionne de faciliter les transactions tout en permettant aux gestionnaires de disposer d'un meilleur suivi des recettes.

La solution s'adresse aussi bien aux usagers des parkings qu'aux exploitants et aux institutions qui souhaitent améliorer la transparence de la gestion. Contrairement à un projet encore au stade de l'idée, FasoParking revendique déjà des expérimentations opérationnelles. Sa présentation officielle fait état de déploiements dans trois sites partenaires, notamment dans des établissements universitaires à Ouagadougou. Lors d'une première phase pilote à l'Université Aube Nouvelle, le projet indiquait avoir enregistré 566 utilisateurs et 490 transactions. La startup nourrit désormais des ambitions de déploiement à plus grande échelle, d'abord dans les grandes villes burkinabè, puis dans la sous-région ouest-africaine.

Avec le Prix UBA de la startup innovante d'un montant de 250 000 F CFA, FasoParking voit ainsi reconnaître une démarche entrepreneuriale qui associe paiement numérique, gestion de proximité et amélioration de la traçabilité financière.


Prix ANPFI de l'innovation financière inclusive : Jinkasan, acheter ensemble pour payer moins cher et sécuriser les transactions

Et si plusieurs ménages se regroupaient pour acheter une moto, un réfrigérateur ou un équipement informatique à un prix plus avantageux que celui qu'ils pourraient obtenir individuellement ? C'est l'idée à l'origine de Jinkasan, une plateforme burkinabè d'achats groupés dont le nom signifie « acheter ensemble » en dioula. Développée par JINKASAN SARL, une entreprise basée à Bobo-Dioulasso et fondée par Lissy Maxime Barro et Gafar Victoir Coulidiaty, cette solution repose sur un principe simple : réunir plusieurs acheteurs intéressés par un même produit afin de négocier collectivement un meilleur tarif auprès d'un fournisseur. Selon ses promoteurs, ce mécanisme permet de viser des réductions de 20 à 30 % sur certains biens et services. L'offre couvre notamment l'électroménager, les équipements électroniques, les motos, les assurances et les formations.

Concrètement, l'utilisateur rejoint un groupe d'achat sur la plateforme, effectue un prépaiement par un moyen de paiement électronique et suit l'évolution du nombre de participants. Lorsque les conditions du groupe sont réunies, il procède au paiement final et récupère son produit auprès du fournisseur. L'innovation ne se limite toutefois pas aux achats groupés. Jinkasan propose également des assurances collectives, des cagnottes solidaires et un mécanisme de séquestre destiné à sécuriser les transactions. Ce dernier repose sur l'intervention d'un tiers de confiance pour limiter les risques de fraude, particulièrement dans le commerce en ligne.

Le projet cherche ainsi à combiner deux objectifs : améliorer le pouvoir d'achat des ménages et renforcer la confiance dans les transactions numériques. D'après les chiffres communiqués par l'entreprise, Jinkasan comptait, au 9 juillet 2026, 3 292 utilisateurs inscrits, 444 groupes d'achat lancés et 234 participations payées, pour près de 2,94 millions de F CFA de transactions facturées depuis son lancement commercial en novembre 2025. En lui attribuant le Prix ANPFI de l'innovation financière inclusive, le concours distingue une solution qui s'appuie sur les pratiques de solidarité économique pour développer de nouveaux usages du numérique.

Prix ARCEP de l'innovation inclusive : MU-POL, la Mutuelle de la Police nationale met ses services de santé à portée de téléphone

Pour un mutualiste, demander le remboursement de frais médicaux, obtenir une attestation de prise en charge ou rechercher une pharmacie partenaire peut nécessiter plusieurs démarches administratives. La Mutuelle de la Police nationale (MU-POL) a entrepris de simplifier ces procédures grâce à une plateforme numérique accessible sur le web et sur téléphone mobile.

Présentée au concours par Issa Ouali, médecin-commissaire principal de police et directeur général de la MU-POL, cette solution permet de connecter les mutualistes, les établissements de santé partenaires et les services administratifs de la mutuelle. La plateforme comprend quatre espaces complémentaires : un portail public, un espace personnel pour les adhérents, un portail destiné aux établissements de santé partenaires et un outil de gestion interne.

Les mutualistes peuvent notamment consulter les prestations couvertes, gérer leurs ayants droit, déposer une demande de remboursement, solliciter une attestation de prise en charge ou rechercher un établissement de santé conventionné. L'une des fonctionnalités mises en avant est la géolocalisation des établissements partenaires, notamment des pharmacies de garde, avec la possibilité d'obtenir un itinéraire pour s'y rendre. Du côté des établissements de santé, le système facilite la transmission et le traitement des factures. Pour les gestionnaires, il permet de centraliser les informations, de suivre les demandes et de réduire le recours aux documents papier. La particularité de MU-POL réside également dans son mode de conception. Selon la présentation officielle, la plateforme a été développée en interne par la direction des systèmes d'information de la mutuelle et hébergée par l'ANPTIC. Elle a été déployée en 2025, avant son lancement officiel au début de l'année 2026.

Cette approche vise à renforcer la maîtrise nationale des outils et des données, tout en facilitant l'accès aux prestations pour les adhérents, y compris ceux qui résident loin des bureaux de la mutuelle.

Avec le Prix ARCEP de l'innovation inclusive, doté de 1 million de F CFA, MU-POL illustre la manière dont la transformation numérique peut contribuer à améliorer l'accès aux services sociaux et de santé. Son modèle pourrait également inspirer d'autres mutuelles et organismes de prévoyance au Burkina Faso.

Prix Moov Africa Burkina Faso de l'innovation citoyenne : Alerte Contravention, une application pour encourager une conduite plus responsable

La vitesse excessive, l'oubli de la ceinture de sécurité et l'utilisation du téléphone au volant figurent parmi les comportements dangereux que les campagnes de sensibilisation à la sécurité routière cherchent régulièrement à combattre. C'est sur ces trois comportements que se concentre Alerte Contravention, une application mobile conçue au Burkina Faso pour accompagner les conducteurs dans leurs déplacements. Porté par l'association Faso Civic, en collaboration avec CRAC Communication, le projet a été conçu et développé par Adama Sy Traoré, expert en ingénierie et technologies. L'application transforme le téléphone en un assistant de prévention routière. Elle affiche la vitesse du véhicule en grands caractères, avec un changement de couleur en fonction du seuil fixé par le conducteur. Lorsque celui-ci dépasse la limite qu'il s'est lui-même donnée, une alerte sonore et vocale l'invite à ralentir.

Avant le départ, l'application demande également au conducteur de confirmer qu'il a attaché sa ceinture de sécurité. Pendant le trajet, l'ouverture d'une autre application déclenche un rappel destiné à prévenir les distractions liées à l'utilisation du téléphone.

Alerte Contravention propose aussi un mode miroir permettant de projeter les informations de vitesse sur le pare-brise. L'une de ses particularités est son fonctionnement sans connexion Internet pour les principales fonctionnalités. Selon ses concepteurs, les données de vitesse, les seuils et l'historique restent enregistrés sur l'appareil, sans nécessiter la création d'un compte utilisateur. Cette approche vise à rendre l'outil accessible même dans les zones où la couverture Internet est limitée et à préserver la confidentialité des déplacements.

Les promoteurs précisent que l'application ne cherche pas à signaler les radars pour permettre aux automobilistes d'échapper aux contrôles. Elle vise plutôt à encourager le respect des règles et l'adoption de comportements plus prudents. Déjà publiée sur Google Play et sur l'App Store, selon son dossier de candidature, Alerte Contravention ambitionne d'intégrer davantage de contenus pédagogiques sur le code de la route et des alertes vocales en langues nationales, notamment en mooré et en dioula.

Le Prix Moov Africa Burkina Faso de l'innovation citoyenne, doté de 500 000 F CFA, récompense ainsi une solution qui utilise le numérique comme outil de sensibilisation et de prévention des accidents.

Prix du public : EduBF, rassembler les ressources éducatives sur une seule plateforme

Cours, exercices, anciens sujets d'examen, corrigés et documents de préparation aux concours : les ressources pédagogiques ne manquent pas toujours, mais elles sont souvent dispersées entre les groupes WhatsApp, les réseaux sociaux, les sites Internet et les fichiers personnels.
C'est pour répondre à cette difficulté qu'a été développée EduBF, une plateforme numérique destinée à centraliser et à organiser les ressources éducatives. Portée par Wend-Kuni Brice Josopho Sawadogo, la solution entend simplifier la recherche de documents utiles aux élèves, étudiants et candidats aux examens et concours.

Accessible à l'adresse www.edubf.net, la plateforme propose un classement des ressources selon plusieurs critères : niveau d'études, classe, filière, matière, année et type de document.
L'utilisateur peut ainsi rechercher une ressource, affiner les résultats grâce à des filtres et consulter le document correspondant à ses besoins. Le projet prévoit également de développer des fonctionnalités d'entraînement, notamment des questionnaires à choix multiples, des exercices de culture générale et des tests psychotechniques pour les candidats aux concours. Ces outils étaient encore en cours de développement au moment de la présentation du projet.
EduBF a été conçu pour s'adapter aussi bien aux ordinateurs qu'aux téléphones mobiles, afin de faciliter l'accès aux ressources pédagogiques sur différents supports.

Selon les données présentées au concours, la plateforme disposait déjà de 345 ressources éducatives réparties en sept catégories, pour 84 utilisateurs. Ses promoteurs ambitionnent d'enrichir progressivement cette bibliothèque numérique et d'étendre son utilisation au-delà du Burkina Faso, notamment dans l'espace francophone africain. En remportant le Prix du public, doté de 100 000 F CFA, EduBF bénéficie d'une reconnaissance qui témoigne de l'intérêt suscité par les outils numériques susceptibles de faciliter l'apprentissage et la préparation aux examens.

Des solutions déjà opérationnelles, mais des défis de développement à relever

Un point commun se dégage des cinq innovations récompensées : leurs promoteurs ne se sont pas limités à présenter des idées. Les dossiers de candidature font état de plateformes déjà développées, de premières utilisations et, pour certains projets, de déploiements dans des structures partenaires. Leur niveau de maturité demeure néanmoins variable. FasoParking et Jinkasan disposent de premières données d'utilisation et de transactions ; MU-POL présente une plateforme institutionnelle déjà déployée ; Alerte Contravention est disponible sur les boutiques d'applications ; EduBF poursuit la constitution de son catalogue de ressources et le développement de nouvelles fonctionnalités.

Les résultats et les performances mentionnés dans ces présentations proviennent des informations communiquées par les porteurs de projets. Pour ces cinq lauréats, la distinction obtenue lors de Le Faso Digital 2026 constitue une étape importante, mais non une fin en soi.
Le défi sera désormais de consolider leurs solutions, d'améliorer leur accessibilité, d'élargir leur nombre d'utilisateurs et de construire des modèles économiques ou institutionnels capables d'assurer leur pérennité. Ces projets illustrent aussi l'intérêt de rapprocher les innovateurs des institutions et des entreprises. Les établissements d'enseignement pourraient, par exemple, bénéficier de solutions de gestion du stationnement ou d'accès aux ressources pédagogiques. Les mutuelles peuvent s'inspirer de la dématérialisation des prestations de santé, tandis que les acteurs de la sécurité routière pourraient explorer les possibilités offertes par les applications de prévention.

Faire de l'innovation locale une réponse aux besoins des Burkinabè

À travers ces cinq récompenses, Le Faso Digital 2026 met en évidence une diversité de talents, de secteurs d'activité et de modèles d'innovation. FasoParking cherche à moderniser la gestion des stationnements. Jinkasan mise sur les achats collectifs pour renforcer le pouvoir d'achat. MU-POL numérise l'accès aux prestations mutualistes. Alerte Contravention accompagne les conducteurs vers une meilleure prévention routière. EduBF facilite la recherche et l'organisation des ressources éducatives.

Autant d'initiatives qui montrent que la transformation digitale peut répondre à des besoins concrets, au-delà des discours sur les technologies. En valorisant ces solutions, la deuxième édition de Le Faso Digital réaffirme l'une de ses ambitions : encourager les Burkinabè à découvrir, utiliser et soutenir les innovations conçues par leurs propres talents. Car la réussite de l'écosystème numérique national dépendra non seulement de la capacité à faire émerger des solutions, mais aussi de la confiance que les citoyens, les entreprises et les institutions leur accorderont.

Lefaso.net

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