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Conflit en Israël : où est passée la Commission géopolitique ?

Bruxelles2 Blog - Fri, 14/05/2021 - 14:45

(B2) Le conflit gelé entre Israël et Palestiniens s’est soudainement réveillé. Ne le dites surtout pas trop fort à Bruxelles. La Commission européenne, géopolitique, de Ursula von der Leyen est en congés !

Le réveil d’un conflit

Parti d’émeutes réprimées sur l’esplanade des mosquées, ce conflit a pris une tournure plus vive avec des roquettes parties de Gaza et la réplique israélienne de frappes aériennes sur l’enclave palestinienne. En rythme journalier (un indicateur objectif), on atteint un chiffre de 30 morts / jour (1). Sans que la Commission européenne, proclamée ‘géopolitique’ par Ursula von der Leyen, n’interrompe sa pause. Week-end prolongé de l’ascension oblige !

Seuls les diplomates sont sur le pont

Comme d’habitude. Josep Borrell, le Haut représentant de l’Union, passe des coups de fils — au ministre des affaires étrangères Gabi Ashkenazi, au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, … Il multiplie les appels à la désescalade. Sans grand espoir. L’Europe semble atone attendant que les États-Unis impriment le rythme d’un cessez-le-feu, incapable de prendre une initiative, ni même de réfléchir à une solution (2).

La stratégie du sofa

Où est passée la Commission européenne « géopolitique » promise par Ursula von der Leyen : pleinement mobilisée pour préparer une initiative, en réunion d’urgence ? Où est passée la colère de même Von der Leyen, dépitée de ne pas eu sa place sur la scène internationale ? Pousser un ‘hum hum’ d’insatisfaction car on n’a pas droit à un beau fauteuil à Ankara est facile (lire : La stratégie du sofa. De la puissance et de la brutalité). Donner des leçons à l’Europe entière devant le Parlement européen est aisé (lire : A Ankara, le ‘sofagate’, miroir tendu aux faiblesses européennes). Se prononcer sur un conflit international sensible semble plus délicat.

Un défaut d’initiative criant

Le Parlement européen a appelé pourtant à plusieurs reprises les Européens à prendre l’initiative. En septembre 2015, notamment, il a voté une résolution pour que l’Union joue un véritable rôle politique dans le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Sans réaction. La dynamique d’une initiative de paix, souvent promise par exemple par Federica Mogherini, ne s’est jamais réalisée. La grande initiative de paix pour le Proche-Orient, lancée par la France en janvier 2017, s’est évanouie dans les sables. Les États européens restent encore très divisés, entre le soutien à la création d’un État palestinien ou au seul État d’Israël (3). En clair, on aimerait bien aujourd’hui un petit ‘hum hum’ de la Commission sur le conflit au Proche-Orient.

La fin de certains tabous

Prendre l’initiative, c’est prendre un risque. En effet. Cela supposerait de reconnaitre l’évolution des faits sur le terrain. Le processus d’Oslo, avec la solution à deux États, parait hors de portée, du moins dans l’état des forces aujourd’hui. Certains diplomates européens le reconnaissant en off : le processus d’Oslo est « en coma profond », « moribond »… Que faire ? Hugh Lovatt, un chercheur du think-tank britannique EFCR, propose « d’élaborer un nouveau paradigme fondé sur l’égalité et la fin de l’occupation » (4). Cela peut être une idée. On pourrait aussi réitérer l’idée d’une force conjointe de police sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, suggérée il y a plusieurs années déjà par certains responsables européens (5). Etc. Aucune solution n’est évidente. Mais tout vaut mieux que l’immobilisme actuel.

Commentaire : le risque d’un effacement stratégique est réel

L’épisode récent entre Tel Aviv, Jérusalem Est et Gaza le prouve. Tant qu’une solution ne sera pas trouvée au conflit israélo-palestinien, difficile d’entrevoir une stabilisation de la région. Si elle veut être géopolitique, l’Europe doit être à l’initiative. Elle n’a pas d’autre choix. Pour le conflit en cours… mais aussi pour son propre avenir. Si l’Europe arrive à peser sur certains conflits en cours (Sahel, Mozambique, Éthiopie) ou sur des dossiers comme le nucléaire iranien ou la crise politique en Géorgie récemment (6), elle s’est aussi fait exclure (ou s’est exclue elle-même) de la solution de crises majeures. De la guerre civile syrienne au conflit Arménie-Azerbaïdjan, les exemples ces dernières années sont frappants. Cette question n’est pas que conjoncturelle. Elle est structurelle. Toute attentionnée à ses crises internes (Grèce, Immigration, Brexit, Covid-19, cadre budgétaire…) parfois très superficielles (comme le ‘sofagate’), l’Europe loupe des marches géopolitiques. Elle n’anticipe pas suffisamment. Et, surtout, elle n’arrive pas à réagir à temps aux crises qui surviennent. Résultat : sa sphère d’intervention se rétrécit.

Ce qui se passe entre Israël et Palestiniens pourrait être une opportunité dans une Europe géopolitique… à condition d’être un peu dynamique, inventif.

  1. Ce qui n’est pas encore le chiffre de la précédente ‘guerre’, en 2014. Mais cela ressemble plutôt pour l’instant à une autre remontée de la tension en 2012. Benny Gantz aujourd’hui ministre de la Défense était alors chef d’état-major de Tsahal. Lire : Entre Israel et Gaza, l’escalade. Le chef militaire du Hamas tué
  2. « Nous aidons la Palestine à survivre. Mais nous n’avons pas la capacité de médiation. Seuls les États-Unis peuvent le faire » a reconnu Josep Borrell lors d’un débat organisé par l’institut Real Instituto Elcano à Madrid jeudi (13 mai), comme le rapporte Europapress.
  3. « Nous n’avons plus de consensus sur les paramètres de ce processus de paix » reconnaissait Jean Asselborn, le ministre luxembourgeois en janvier 2020. B2 a regroupé les 27 en trois catégories, selon leurs affinités auprès d’Israël ou pour la défense de la cause palestinienne. Des plus « pro-palestiniens » aux plus « pro-israéliens ». Lire : Entre Israël et Palestine, le coeur des Européens balance…
  4. « La fin d’Oslo : une nouvelle stratégie européenne pour Israël-Palestine », Hugh Lovatt, EFCR, Policy Brief, 14 janvier 2021. A télécharger ici
  5. Cf. les propositions du secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche en 2010 ! Lire : Gaza: « Ne plus se contenter de sortir le chéquier mais s’impliquer largement »
  6. Lire : [Récit] Comment l’Europe a réussi à obtenir un accord politique en Géorgie ?

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Le commandant Birot en mer Noire

Bruxelles2 Blog - Wed, 12/05/2021 - 13:14

(B2) Le Patrouilleur de Haute Mer Commandant Birot fera escale au port de Constanţa en Roumanie, du 13 au 17 mai. Un déploiement en mer Noire dans le cadre des missions de présence de la Marine nationale. Objectif : montrer la solidarité de la France envers ses Alliés et préserver la liberté de navigation dans une zone contestée et objet de tensions entre l’Ukraine et la Russie.

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Incidents entre bateaux de pêche italiens et turcs au large de Chypre

Bruxelles2 Blog - Tue, 11/05/2021 - 17:30

(B2) Un incident a opposé ce mardi matin, vers 10 h 10, des bateaux de pêche turcs et deux bateaux de pêche italiens (le Giacalone et le San Giorgio 1) dans les eaux au nord de Chypre. Suscitant l’intervention de la marine italienne et des garde-côtes turcs

(crédit : Marine italienne)

Les bateaux de pêche turcs ont lancé divers projectiles —pierres et bombes fumigènes — et mené diverses manœuvres à vitesse. Dont l’une a abouti à un « contact » avec le bateau de pêche Giacalone, qui a subi des dommages mineurs.

La frégate de la marine italienne Carlo Margottini (F-592) qui était en patrouille dans la zone, à 35 miles au sud, dans le cadre de l’opération ‘Sea Guardian‘ de l’OTAN est alors intervenue, indique la marine italienne. Son hélicoptère ainsi qu’un patrouilleur des garde-côtes turcs ont intimé aux bateaux de pêche turcs de cesser l’action. Les bateaux de pêche italiens ont été incités à par précaution, de la zone contestée. Ces interventions ont permis de reprendre le contrôle de la situation.

(NGV)

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Remettre d’aplomb l’accord sur le nucléaire iranien. Pas facile. Six ans ont passé. La méfiance s’est installée (Enrique Mora)

Bruxelles2 Blog - Tue, 11/05/2021 - 14:22

(B2) Pourquoi les pourparlers de Vienne sur le nucléaire iranien sont si complexes ? Comment Iran et USA se sont éloignés aussi vite ? Pourquoi est-ce important pour les Européens ? Un des principaux acteurs du processus s’explique. Un point de vue rare, à lire avec attention, pour bien comprendre tous les enjeux de cette négociation

Dans un article publié fin avril dans Politica Exterior, revue espagnole spécialisée sur les questions diplomatiques, le directeur politique du service diplomatique européen (SEAE), Enrique Mora, décrit toute la complexité de négocier un nouvel accord là où il n’y a normalement … « rien à négocier. Tant les engagements nucléaires que les sanctions à lever sont expressément inclus dans le JCPOA. ». Le tout face aux hostilités et réticences qui existent non seulement à Téhéran et à Washington, mais aussi dans les capitales arabes. « Cette méfiance marque le format des négociations, l’impossibilité pour la partie iranienne de rencontrer physiquement la délégation américaine ».

Autre notion à prendre en compte : le temps écoulé depuis la signature de l’accord (en 2015) et les changements géopolitiques depuis. « Il est complexe de gérer une négociation dans laquelle le texte a été approuvé par les parties [et qui] maintenant, étant le même dans son sens littéral, génère des perceptions différentes. »

Une négociation sur le fil du rasoir

Deux négociations en une

En fait, il n’y a pas une négociation, mais bien « deux processus parallèles » en cours à Vienne. La première est assez « formelle », au sein de la Commission mixte, qui rassemble les six participants à l’accord (France, Allemagne, Royaume-Uni, Chine, Russie et l’Iran), plus l’Union européenne qui assure à la fois la présidence et la coordination de la réunion. C’est, en effet, le Haut représentant de l’UE, Josep Borrell, qui a été désigné comme le coordinateur de la commission. Le second processus, beaucoup plus informel, se déroule entre l’Iran et les États-Unis, par intermédiaire interposé.

Iran et USA discutent par l’intermédiaire de l’UE

C’est ce qu’on appelle « des négociations de proximité dans le jargon diplomatique », une modalité dans laquelle les parties n’ont « pas de réunions en face à face en raison de limitations politiques », mais sont dans le même espace physique. En l’espèce, ils sont « tout près », à quelques dizaines de mètres de distance, dans deux hôtels situés sur le Kärntner Ring viennois, discutant par l’intermédiaire du coordinateur de l’UE qui joue « ici le rôle de facilitateur ».

Enjeu : rétablir l’équilibre délicat d’origine

L’objectif des deux processus est le même : faire du JCPOA un accord « opérationnel et efficace ». Pour ce faire, « il est nécessaire de rétablir l’équilibre délicat sur lequel il a été fondé à l’origine : la garantie que le programme nucléaire iranien est exclusivement à des fins civiles, d’une part, et la levée des sanctions imposées par la communauté internationale, de l’autre ». Ces sanctions ont été adoptées lorsque la suspicion d’un programme militaire s’est avérée « plus que fondée ».

Les effets dévastateurs sur l’accord de la politique ‘Trump’

La politique de pression maximale a échoué

« L’équilibre s’est effondré lorsque l’administration de Donald Trump a abandonné l’accord, a réimposé les sanctions précédemment levées et en a ajouté beaucoup d’autres dans le cadre de la soi-disant ‘politique de pression maximale‘ ». Une politique qui « a échoué dans son objectif de ramener l’Iran à la table de négociations et de forcer la République islamique à accepter ce que l’administration américaine précédente considérait comme un accord plus favorable ».

L’effet négatif des sanctions extraterritoriales

Les effets sur l’économie iranienne ont été « dévastateurs ». De pair avec la nature « extraterritoriale » des sanctions américaines, elles ont conduit au « retrait de pratiquement tous les acteurs économiques internationaux et à une sécheresse prolongée des investissements ou des relations commerciales ». Malgré cela, la République islamique a « continué de respecter l’accord pendant un peu plus d’un an ». Un point souvent peu mis en avant dans les négociations.

Le dérapage nucléaire iranien

L’Iran a « finalement » commencé à prendre des décisions nucléaires qui « s’écartaient clairement » du JCPOA. Ces derniers mois, ces décisions ont été accélérées avec des décisions d’une « gravité incontestable », comme l’enrichissement à 60% ou la production d’uranium métal. Toutes ces décisions, et celles en cours, sont intégrées dans les pourparlers de Vienne en tant que « questions à résoudre ». « Ce n’est pas le moindre des problèmes que l’objectif des pourparlers évolue à mesure que l’Iran adopte de nouvelles mesures. Le but bouge pendant que le jeu est joué. »

Les principaux obstacles, politiques, de la discussion

Une série « d’obstacles » émaillent la discussion. « Dans les deux capitales, l’accord a probablement plus de détracteurs que de partisans. » Les raisons sont diverses.

Le prisme américain d’Israël et du Golfe

Aux États-Unis, à « l’hostilité historique » envers la République islamique, s’ajoute un courant de pensée « fortement influent au Congrès, plus soucieux d’adapter la politique américaine aux intérêts de son allié le plus important dans la région que d’analyser l’intérêt national américain au Moyen-Orient ». L’administration Trump a été le « paradigme de ce courant de pensée, subordonnant les relations entre les États-Unis et les pays arabes aux intérêts légitimes d’Israël ».

Le patriotisme nationaliste en Iran

En Iran, derrière l’enjeu nucléaire se reflète, une « tendance fondamentale depuis quelques années » : le remplacement de l’idéologie islamique, « beaucoup moins attrayante pour les générations suivantes par un nationalisme qui a toujours eu un impact énorme sur l’opinion publique iranienne ». De ce point de vue, « toute limitation du programme nucléaire , que personne ne prétend publiquement être militaire, » est considérée comme une « ingérence inacceptable ». « Le soi-disant ‘exemple nord-coréen’ n’échappe pas non plus à cette perception. » Cette situation de « désaffection » se traduit, « avec une force perceptible à chaque minute de la négociation, par la peur « d’aller trop loin » dans les propositions, que ce soit en termes de levée des sanctions ou de retour aux engagements nucléaires. »

Une méfiance extraordinaire entre Téhéran et Washington

Le « deuxième obstacle » est « l’extraordinaire méfiance » entre les États-Unis et l’Iran, qui « remonte à des décennies, et que l’administration Trump a considérablement aiguisée ». Cette méfiance « marque le format des négociations, l’impossibilité pour la partie iranienne de rencontrer physiquement la délégation américaine sur ordre exprès du guide suprême, et donc les pourparlers de proximité. » Mais cela pourrait aussi « marquer les résultats possible ».

L’hostilité arabe et israélienne

Troisième obstacle : « l’extraordinaire hostilité » à l’accord d’une « bonne partie des pays arabes et, bien entendu, d’Israël ». « Mais là aussi, quelque chose est en train de changer. Un bon exemple en est les déclarations de Rayd Krimly, directeur de l’analyse et des prévisions au ministère saoudien des Affaires étrangères, qui place désormais la restauration de l’accord comme une première étape et non comme quelque chose de négatif, rejetable, politique officielle du royaume jusqu’à là ». Même du côté israélien, il « existe des mouvements de personnalités prestigieuses qui ont occupé des rôles importants dans la politique étrangère et de sécurité israélienne ».

Une négociation à haut risque politique pour chacun

Participer aux pourparlers demande à chaque gouvernement « d’investir un capital politique considérable » pour les mener à bien. A cela, il faut ajouter la « parfaite asymétrie » des situations politiques. On a un président (Joe Biden) qui « débute » à Washington et un président (Hassan Rohani) qui « arrive en fin de mandat » à Téhéran.

Négocier sur quoi ?

Un élément marquant de cette négociation, est que normalement « il n’y a rien à négocier ». Tant les engagements nucléaires que les sanctions à lever sont « expressément inclus dans le JCPOA. Certaines discussions pour revenir à l’accord devraient se limiter à la prise de procès-verbaux du retour à l’accord. Et pourtant, ce n’est pas si simple. » 

L’effet ‘usure’ du temps

La difficulté vient, « du temps écoulé » depuis la signature de l’accord (six ans !), « des expériences des parties, très négatives dans le cas iranien, et des perceptions que le temps a suscitées dans un contexte de profonde méfiance ». Sans parler « du changement géopolitique depuis janvier 2015 », qui se traduit également par « des attitudes différentes des autres participants » à l’accord. Il est « complexe de gérer une négociation dans laquelle le texte a été approuvé par les parties et maintenant, étant le même dans son sens littéral, il génère des perceptions différentes ».

Le retrait non prévu d’un partenaire

La première chose que le temps a apportée, était « quelque chose à laquelle, apparemment, personne ne s’attendait : le retrait de l’une des parties ». Inattendu. La preuve : à « aucun moment, il n’a été proposé d’introduire des dispositions à cet égard dans l’accord, ce qui est courant dans d’autres instruments internationaux ». Au-delà des effets immédiats sur l’accord, ce retrait a des conséquences politiques sur la négociation du retour. « Ce qui exigeait auparavant un changement de régime, maintenant un simple changement de gouvernement suffit. »

La polarisation américaine

Cette « polarisation » aux États-Unis, qui se traduit par « des virages brusques, parfois à 180 degrés, de la politique étrangère », a eu des effets « dévastateurs » pour le JCPOA. La partie iranienne cherche aujourd’hui à « avoir la garantie que cela ne se reproduira plus, qu’il n’y aura pas d’autre retraits à l’avenir, ou du moins qu’il y aura des garanties pendant plusieurs années pour les acteurs économiques ». Obtenir une telle garantie est « hautement improbable ». Difficile d’empêcher en effet « le jeu démocratique de l’alternance » en vigueur aux États-Unis.

L’acquisition d’un savoir-faire nucléaire ineffaçable

Si Téhéran a toujours été soucieux de souligner que toutes des décisions « contraires à l’accord nucléaire », étaient « réversibles » — avec l’argument ‘nous pouvons arrêter d’enrichir de l’uranium à tout moment et revenir à la limite fixée dans l’accord’ —, ses avancées scientifiques, elles, semblent peu réversibles. « Quiconque connaît la thermodynamique connaît l’irréversibilité existentielle inhérente à tout processus projeté dans le temps ». « Je crains qu’il n’y ait pas d’exception ici. Pour ne citer qu’un exemple, les connaissances acquises par les scientifiques iraniens sont irréversibles. Ils en ont donné une bonne preuve dans la vitesse et en fait, ils ont renoncé à l’accord en seulement trois mois. »

Une leçon pour l’Union européenne

Dans cette négociation, l’Union européenne accomplit deux choses à la fois. Elle coordonne les négociations multilatérales et facilite les négociations bilatérales (entre USA et Iran), et elle défend son intérêt pour la non-prolifération et la stabilité au Moyen-Orient. « Il existe peu de précédents à cette dualité. C’est un élément à ajouter au débat en cours sur la pertinence de l’UE dans un environnement géopolitique différent, beaucoup plus complexe. » « C’est une leçon pour l’Union européenne »

Propos d’Enrique Mora – traduits et mis en évidence pour plus de lisibilité par NGV – titres et intertitres sont de la rédaction.

Repris avec l’autorisation de l’auteur et de Politica Exterior

Lire aussi : Le café de Vienne meilleur pour l’esprit diplomatique ?

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Dernières nouvelles des missions et opérations de maintien de la paix de l’UE – PSDC (avril 2021)

Bruxelles2 Blog - Sun, 09/05/2021 - 12:05

(B2) La formation des forces de police et des forces armées fait partie de l’ADN des missions de l’UE. Ce mois-ci encore, quelques actions notables en Irak, Libye, en Somalie. Ce que l’on connaît moins ce sont les actions menées en direction de la population, comme en Bosnie-Herzégovine ou en Ukraine…

Mariupol (Ukraine). Rapprocher la police de la population 

La mission de conseil aux forces de sécurité intérieure ukrainiennes (EUAM Ukraine) a participé à l’aménagement du premier « Open Police Hub » de la ville de Mariupol, la deuxième plus grande ville de la région de Donetsk. L’objectif est de faciliter le dialogue entre la police et la société civile et participer à rétablir la confiance du public dans la police. Le chef d’EUAM Ukraine, le Finlandais Antti Hartikainen, était dans la région pour lancer ce projet. Détails ici

(crédit : EUAM Ukraine/B2)

Bagdad (Irak). Ajuster la réaction en cas de manifestations

Alors que les manifestations sont récurrentes en Irak, « l’équilibre entre le droit de manifester pacifiquement, les impératifs de sécurité publique et le maintien de la loi et de l’ordre est essentiel au processus démocratique », rappelle la mission de l’UE de conseil à la sécurité intérieure (EUAM Iraq). Elle a pour cela organisé un atelier sur le maintien de l’ordre en cas de manifestation, avec les premiers concernés (ministère, commandement des forces de l’ordre, etc.). Détails ici

(crédit : EUAM Irak)

Libye. Entrainer à réagir aux risques terroristes

Des officiers de police libyens ont participé à un cours d’expertise d’explosifs dispensé par les policiers italiens, avec le soutien de la mission de l’UE d’assistance frontalière à la Libye (EUBAM Libya). Ce cours fait partie des formations antiterroristes dispensées aux partenaires libyens. Détails ici

(crédit : EUBAM Libya)

Somalie. Formations communes entre police et militaire, plus qu’un symbole

La police somalienne et l’armée nationale (SNA) ont fait formation commune, pendant six semaines, à la détection et à la destruction des engins explosifs improvisés. Une première, se félicitent les missions de l’UE de soutien aux forces de sécurité intérieure (EUCAP Somalia) et aux forces militaires (EUTM Somalia), en soutien de cette initiative. « Le cours, axé sur la coopération entre l’armée et la police, devrait permettre à la SNA et aux unités Darwish de la police somalienne d’acquérir des connaissances supplémentaires pour travailler ensemble lors de manœuvres dans les zones récupérées par Al Shabab ». Détails ici 

(crédit : EUCAP Somalia)

Niger. Deuxième compagnie mobile de contrôle de frontières terrestres, fluviales et lacustres

La nouvelle compagnie mobile de contrôle des frontières (CMCF) devient opérationnelle en mai. C’est la deuxième mise en place par l’Etat nigérien, avec le soutien de la mission UE de soutien aux forces de sécurité intérieure (EUCAP Sahel Niger), et le soutien financier de l’Allemagne et des Pays-Bas. La CMCF compte environ 250 femmes et hommes, répartis en cinq sous-unités. Détails ici

(crédit : EUCAP Sahel Niger/Andre Spangenberg)

Bosnie-Herzégovine. Covid-19 oblige, la prévention contre les mines se fait en ligne

L’opération de stabilisation en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea) s’est associée au centre d’action contre les mines de Bosnie-Herzégovine (BH MAC) et aux forces armées de Bosnie-Herzégovine (AFBiH) pour une campagne virtuelle de sensibilisation aux dangers des mines. C’est la parade imaginée face à l’impossibilité pour les équipes d’observation de liaison d’EUFOR de se rendre dans les écoles, les associations et les clubs comme les années passées, pour sensibiliser les jeunes et moins jeunes aux risques liés aux restes explosifs de guerre et apprendre à réagir au cas où… L’avantage, c’est que tout le monde peut en profiter. Détails ici et vidéo

Kosovo. Apporter des réponses aux pères, mères, frères et soeurs de disparus

(crédit : EULEX Kosovo) 

Le 27 avril marquait la Journée nationale des personnes disparues au Kosovo. L’occasion de mettre l’accent sur le laborieux travail de recherche et d’identification des 1639 personnes encore portées disparues, l’une des activités phares de la mission « État de droit » de l’UE au Kosovo (EULEX). Détails ici. À relire, le reportage de B2, dans les cimetières de Mitrovica.

Méditerranée. Une conférence au long cours

Pour l’opération de contrôle de l’embargo sur les armes vers la Libye (EUNAVFOR Med Irini), c’est l’heure de la réflexion. Principal enjeu du SHADE MED (Shared Awareness and De-confliction in the Mediterranean), la conférence annuelle destinée à partager la connaissance et la déconfliction en mer Méditerranée. Deux premiers débats en ligne ont eu lieu au mois d’avril. L’un (le 19 avril) sur ‘la politique européenne en Libye’, le deuxième (le 28 avril), sur les ‘nouveaux défis géopolitiques dans une Méditerranée en évolution’. D’autres dates sont programmées jusqu’en juin. Détails et vidéos ici

(crédit : EUNAVFOR med Irini/B2)

Océan indien. Des nouvelles maritimes à partager

L’opération de lutte contre la piraterie maritime au large de la Somalie (EUNAVFOR Atalanta) publie son premier périodique (2 pages), qu’elle espère « utile et informatif ». Il s’adresse à toute la communauté maritime. Le numéro mars-avril est téléchargeable ici et pour s’abonner c’est .

(crédit : EUNAVFOR Atalanta/B2)

Koulikoro et Bamako (Mali). Josep Borrell sur le terrain 

Retour en quelques images sur la visite du camp de Koulikoro de l’EUTM Mali (détails ici) et du QG de l’EUCAP Sahel Mali (détails ici) par le Haut représentant de l’UE, le 24 avril, à l’occasion d’un déplacement au Mali, en Mauritanie et au Tchad. 

(crédit : EUCAP Sahel Mali – EC – Michele Catani)

(informations recueillies par Emmanuelle Stroesser)

NB : Pour tout connaitre ou réviser, n’hésitez pas à vous procurer notre ouvrage sur la PSDC

Lire aussi sur le B2 Pro (parus en avril) :

Et sur le blog : 

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Mozambique. Il faut agir ! Les Européens vont former les forces spéciales. (João Gomes Cravinho)

Bruxelles2 Blog - Fri, 07/05/2021 - 22:55
Le ministre portugais de la Défense Joao Cravinho (© NGV / B2)

(B2 – exclusif) Les ministres de la défense de l’UE ont donné jeudi le feu vert à la planification d’une mission de formation militaire au Mozambique. Le ministre portugais João Gomes Cravinho nous explique les tenants et aboutissants de cette nouvelle mission de la PSDC qui devrait être mise sur pied en 2021

La question du Mozambique figurait à l’agenda de la réunion des ministres de la Défense jeudi (6 mai), parmi d’autres points d’actualité comme le Sahel ou la Libye…

Le Haut représentant a parlé d’un sentiment d’urgence disant que les Européens devaient s’engager. Vous partagez ce point de vue ?

— Il faut agir oui. Dans la région du Cabo Delgado [au Nord du Mozambique], nous voyons à la fois des dynamiques locales particulières et des dynamiques internationales, liées à ce qui se passe en Somalie ou au Sahel. C’est toujours comme çà quand il y a des incursions terroristes : on a des raisons internationales et une alliance locale…

Si on n’agit pas, il y aurait un risque alors ?

— C’est vraiment un risque tout comme à plusieurs endroits du Sahel. Depuis un an, la ville de Mocímboa da Praia [dans le Nord près de la Tanzanie] est déjà non pas gouvernée, mais contrôlée par les groupes terroristes. Et ce pourrait être de pire en pire. Nous risquons d’avoir un territoire entièrement contrôlé par des groupes terroristes. C’est vraiment inacceptable. On ne peut pas tolérer que des portions de territoire échappent ainsi à la souveraineté du gouvernement.

Vous avez l’impression que vos collègues ministres ont bien compris cela ?

— Tout le monde l’a bien compris. Beaucoup de ministres – trois quart au moins de ceux qui sont intervenus — y ont fait référence lors de leurs interventions. Nous devons mettre en place une mission de formation de l’Union européenne. Elle sera dédiée aux forces spéciales. Ce qui un peu différent des autres missions de formation de l’UE, au Sahel ou en Somalie par exemple.

Les pays vont-ils joindre le geste à la parole, et s’engager ? Qu’ont-ils répondu ?

C’est encore très tôt pour dire qui sera là. Il y a des procédures internes dans chaque pays. Certains ont dit : c »est important, mais c’est difficile de participer pour l’instant ; car nous avons d’autres priorités et avons déjà fait la planification pour nos militaires cette année. Mais d’autres ont dit : ‘vous pouvez comptez sur nous ! soit pour une contribution symbolique, soit pour une contribution plus significative (1). C’est ce qui m’a conforté. Il y a une dynamique suffisamment forte pour que ce qu’on appelle le ‘force sensing‘ [consistant à identifier les forces disponibles] soit réussi.

On aura un effectif suffisant ?

— Vous savez ce que nous prévoyons, c’est une petite mission, bien plus petite que celles que nous avons déjà sur le terrain au Mali ou en Somalie par exemple. Cela devrait tourner autour d’une centaine de militaires, 120 au maximum. Mon pays, le Portugal, s’est déjà engagé à fournir la moitié des effectifs. Donc ce ne devrait pas être trop difficile, je pense, de trouver une cinquantaine ou une soixantaine d’autres parmi les Européens. Mais [avant cela], nous avons encore toute une série de questions à résoudre, en effet. Le service européen pour l’action extérieure envoie d’ailleurs une mission technique ce mois de mai au Mozambique pour identifier le ‘comment faire’ et ‘où exactement’.

Le Mozambique ne veut-il pas plutôt des équipements que des formateurs ?

— Le gouvernement mozambicain veut vraiment former ses troupes. Bien sûr, on ne peut pas faire de la formation sans aussi équiper. Nous avons l’expérience au Mali out en Centrafrique : former des forces désarmées, cela ne sert à rien. Ce serait même absurde. Il faut avoir des forces armées. Nous avons maintenant la facilité européenne de paix. Un nouvel instrument. Cela change vraiment la donne. Nous ne sommes pas inquiets sur cet aspect là. Il y aura des solutions. L’équipement viendra en son temps.

La mission ne sera donc pas demain sur le terrain ? Avant la fin de l’année au moins ?

— Le processus de planification est un processus technique, mais aussi politique (avec le Mozambique). Le ministre mozambicain de la défense es à Lisbonne pour trois jours à partir de lundi. Nous allons certainement en discuter. Pour répondre concrètement à votre question, la mission européenne serons sûrement sur le terrain avant la fin de l’année. Et j’espère bien avant.

(Propos recueillis par Nicolas Gros-Verheyde et Aurélie Pugnet)

NB : Selon certains sources européennes, trois ou quatre pays seraient déjà partants : l’Italie (avec une contribution assez significative), la Grèce et la Roumanie et, sans doute, la Suède. Pour la France, la décision serait dans les mains d’Emmanuel Macron et pourrait être réglée alors dans un entretien de ‘Chef à Chef’ soit ce soir à Porto, soit lors d’une prochaine rencontre. De façon concrète, l’étude d’un concept de gestion de crises (CMC) a été enclenchée, première étape de la planification militaire. Lire : Mission EUTM au Mozambique : Josep Borrell accélère le tempo. La planification commence

A suivre : L’Europe doit penser géopolitique, apprendre à se reconnaitre comme un acteur géostratégique (João Gomes Cravinho)

Entretien réalisé en tête à tête en français, à Bruxelles, , vendredi 7 mai, dans les locaux de la représentation permanente du Portugal auprès de l’UE

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Des Portugais dans Takuba. Quelques officiers aujourd’hui, davantage d’ici fin 2021

Bruxelles2 Blog - Fri, 07/05/2021 - 17:20

(B2) Deux officiers portugais sont arrivés à Menaka, au QG de la task-force Takuba, depuis une semaine

Florence Parly et Joao Cravinho lors de la réunion des ministres de la défense jeudi (crédit : Conseil de l’UE)

Le reste du détachement portugais ne devrait cependant pas arriver avant la fin de l’année dans cette force européenne déployée dans la zone des trois frontières. Ce détachement devrait compter entre une quinzaine et une vingtaine de membres des forces spéciales, selon nos informations.

Un délai qui n’est pas dû à un manque de volonté de Lisbonne. Au contraire. Mais qui s’explique par des raisons « juridiques » (1). « La Constitution portugaise est très ferme sur le déploiement de militaires dans d’autres pays », nous a confié le ministre portugais de la Défense, João Gomes Cravinho, dans un entretien exclusif à B2 ce vendredi (7 mai)*.

« Cela exige de signer un SOFA », un accord de statut de forces, « avec chacun des pays : le Mali, Niger, Burkina Faso. C’est ce qui nous empêche aujourd’hui d’être sur place. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

* Entretien réalisé en tête-à-tête ce vendredi (7 mai) à Bruxelles en français

(1) une situation qui découle de l’histoire. La fin de la dictature de Salazar en lors de la révolution des Oeillers ne date que de 1974. Et la décolonisation portugaise a été marquée par le sang et la douleur, particulièrement en Angola et Mozambique. D’où une limitation stricte de l’emploi des forces armées hors du territoire national.

À suivre : la mission de l’UE au Mozambique : une situation d’urgence

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Afghanistan, on remballe !

Bruxelles2 Blog - Wed, 05/05/2021 - 23:55

(B2) Les Alliés accélèrent le retrait de leurs troupes en Afghanistan. Suite à l’une des plus longues opérations de l’OTAN, la tâche s’annonce herculéenne et sensible

(crédit : OTAN)

Le départ est acté pour les Américains

Prévu à l’origine avant le 1er mai — cela figurait dans l’accord signé entre les USA et les Taliban sous l’ère Trump — le retrait avait été suspendu le temps que la nouvelle administration américaine démocrate de Joe Biden se prononce. Deux mois après son arrivée à la Maison Blanche, la sentence est tombée : les Américains se retirent. Et tout doit être terminé au plus tard le 11 septembre 2021. Date symbolique : vingt ans après les attentats du World Trade Center à New York et sur le Pentagone. Ceux-là même qui avaient déclenché l’intervention en Afghanistan.

Les Allemands suivent

Les alliés vont, eux aussi, organiser leur départ. Le retrait du contingent allemand (deuxième plus gros contingent, fort d’environ 1.100 soldats) devrait être achevé d’ici le 4 juillet, a annoncé la ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer, devant les membres de la commission Défense à Berlin (le 21.04). Selon notre confrère de Augengeradeaus, la date a été communiquée par le QG américain de la mission Resolute Support, pour correspondre à la fête nationale américaine.

… comme les Belges ou Suédois

Côté belge, le retrait des 72 militaires basés à Mazar-e-Sharif « sera achevé pour l’été », a indiqué mi-avril (19.04) Ludivine Dedonder, la ministre belge de la Défense. Trois jours plus tard (22.04), le chef des opérations conjointes suédoises, Michael Claesson annonçait que « le personnel militaire suédois quittera l’Afghanistan au plus tard en septembre, en étroite collaboration avec l’Allemagne et l’OTAN », sans plus de précisions. Sachant que le contingent suédois se résume à 16 personnes, principalement du personnel d’état-major, basé sur le Camp de Marmal, à l’extérieur de Mazar-e Sharif.

La logistique, ce qui sépare l’ordre du désordre

Mais le déménagement s’annonce intense. L’exemple le plus frappant est celui de l’Allemagne. Berlin doit rapatrier l’équivalent de 800 conteneurs de matériels, comme l’indique la Bundeswehr. Le transport aérien sera assuré par les plus gros avions cargo au monde : les Antonov An-124. Dans le cadre du programme SALIS (Strategic Airlift International Solution) de l’OTAN. Côté suédois, leur contribution ne comprend pas de systèmes d’équipement lourds et, donc, aucun moyen de transport spécial n’est nécessaire pour rapatrier le personnel.

Un départ sous tension

Un retrait sans vagues ne pourra donc se faire sans une logistique bien huilée. Dans cette optique, 170 spécialistes allemands de la log’ sont déployés dans le camp de Mazar-e-Sharif. L’objectif est de ne pas trop laisser traîner sur place pour éviter des attentats ou attaques (l’été y étant souvent propice). Des forces de sécurité allemandes et néerlandaises doivent justement assurer la protection de ce retrait contre d’éventuelles attaques. Un peloton de mortiers de la Bundeswehr a été déployé fin avril, avec 80 autres fantassins de la composante terrestre néerlandaise, eux aussi équipés de mortiers. Les forces de la Bundeswehr auront à leur disposition des véhicules protégés avec leurs systèmes d’armes associés et des drones Heron1 et Aladin.

Restitution des terrains

Les bâtiments et les ensembles, avec les infrastructures construites par les troupes de l’OTAN vont être remis à l’administration afghane. Le matériel non militaire qui coûte trop cher à renvoyer (mobilier, fournitures de bureau, etc..) sera, lui, vendu localement ou donné. Lors des négociations de remise, il a été convenu que ces terrains seraient remis « en l’état ».

L’épineuse question des interprètes

La grande inquiétude se situe du côté des interprètes, qui craignent d’être pris pour cible par les Taliban, dès le départ des troupes. Côté américain, un programme spécial existe déjà : le programme de visa d’immigrant spécial (SIV), leur permettant de rejoindre les États-Unis. Le problème est que le processus de demande dure en moyenne quatre ans. Plus de 18.000 Afghans sont déjà en attente d’une décision. Pour les 300 afghans qui travaillent pour l’armée allemande en Afghanistan, le gouvernement « offre à chaque membre du personnel local en danger et à sa famille l’admission en Allemagne ».

(Jean-Stanislas Bareth, st.)

  1. le conteneur est la base théorique pour calculer l’espace de transport d’un matériel, il ne s’agit pas réellement de conteneurs)

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Rafale : un nouveau contrat de 30 avions pour l’Egypte

Blog Secret Défense - Tue, 04/05/2021 - 13:59

Avec 54 appareils, l’Egypte devient le premier client à l’export, devant l’Inde, le Qatar et la Grèce.

« Lettre des généraux » : le risque d’une « impasse juridique »

Blog Secret Défense - Sun, 02/05/2021 - 09:26

S’appuyant sur la jurisprudence le concernant, l’ancien officier de gendarmerie Jean-Hugues Matelly

« La mythologie française des généraux comme ultime recours politique »

Blog Secret Défense - Sun, 02/05/2021 - 09:21

L’historien Eric Deroo revient sur l’affaire de la « lettre des généraux »

Conférence sur l’avenir de l’Union : une impasse sur l’élargissement ?

Bruxelles2 Blog - Sat, 01/05/2021 - 10:38

(B2) Il est étonnant que cette question ne figure pas – explicitement – parmi les neuf grands sujets de débat proposés aux citoyens européens à l’occasion de la Conférence sur l’avenir de l’Union.  

Une Union à 36

En effet, le sujet de l’évolution des frontières de l’UE d’ici 2030/2035 n’a rien de théorique : six nouveaux États sont actuellement candidats (le “reste” des États balkaniques) et trois autres pourraient le devenir (ceux du partenariat oriental : Ukraine, Biélorussie et Moldavie). L’Union du “futur » pourrait ainsi passer de 27 à 36 États membres avec toutes les conséquences potentielles sur le plan politique, économique, budgétaire, institutionnel, sociétal … 

Un échec de l’élargissement précédent

L’expérience du grand élargissement vers l’Est de 2004-2007 a montré que, presque vingt ans après, l’adhésion des douze nouveaux États pose des problèmes que l’UE n’est toujours pas parvenue à surmonter.  À un point tel que l’on a pu parler d’un double ‘échec de l’élargissement’ : une intégration difficile de ces États dans le modèle/système européens et un affaiblissement de l’unité et de la solidarité au sein de cet ensemble. L’opinion publique, bien consciente de cette situation, en est largement perturbée et s’interroge sur la possibilité d’y remédier. La perspective d’un nouvel élargissement à un tel “paquet” d’États – encore moins bien préparés à l’adhésion que ceux du “paquet” précédent – ne fait qu’accroitre ces craintes et amener l’opinion à se détacher/désolidariser d’un projet européen dont elle ne distingue plus les tenants et les aboutissants. 

Une affaire trop délicate pour être débattue ?

Dès lors, comment les organisateurs de la Conférence ont-ils pu faire l’impasse sur cette question? Comment peut-on passer sous silence la question des futures frontières de l’Europe et de la viabilité d’une UE36  s’étendant de Lisbonne à Kiev ? Sans doute a-t-on estimé, en haut lieu, que l’affaire était trop délicate – et peut-être trop polémique – pour être exposée sur la place publique. Qu’un impératif catégorique de nature géopolitique l’emportait sur toute autre considération – fut-ce au prix d’une dénaturation du projet européen poursuivi jusqu’ici. Que la résistance aux hégémonies russe et turque, la stabilisation politique et démocratique régionale, le développement du marché intérieur, etc .. imposaient, coûte que coûte, une poursuite du processus – de la “stratégie” – d’élargissement.  

Cette argumentation a tout son poids et peut être défendue – à condition de démontrer qu’elle ne met pas en péril la notion même d’Europe unie et que les réformes nécessaires pour maintenir cette unité soient précisées et programmées. On le voit : un beau sujet de débat qu’il serait dommage, voire irresponsable, de passer sous silence lors d’une grande Conférence publique sur l’ ”avenir de  l’Union”. 

(Jean-Guy Giraud)

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Un Finlandais membre d’EUCAP Somalia décède du Covid-19

Bruxelles2 Blog - Fri, 30/04/2021 - 18:13

(B2) Un membre de la mission de l’UE de renforcement auprès des forces de sécurité intérieure somaliennes est décédé à l’hôpital de Nairobi le 21 mars. Il avait contracté le virus COVID-19 durant ses fonctions en Somalie, indique la mission EUCAP Somalia dans un communiqué diffusé le 6 avril.

Il était un expert en gestion civile des crises détaché par le Centre de gestion des crises (CMC) Finlande auprès d’EUCAP Somalie, dans le cadre du soutien au développement du secteur de la sécurité. Son nom n’a pas été révélé par souci de préserver l’intimité familiale.

C’est le 63e mort que l’Union a à déplorer dans le cadre de sa politique extérieure et de sécurité commune depuis ses débuts selon la base Memoriam de B2.

(NGV)

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Appel des généraux : qui est le capitaine Fabre-Bernadac à l’origine du texte ?

Blog Secret Défense - Wed, 28/04/2021 - 07:47

Son appel aurait déjà recueilli 5000 signatures. Le ministère vérifie s’il y a des personnels d’active qui seraient alors sanctionnés. (Actualisé-1)

UE-Turquie : le ‘sofa-gate’, un miroir tendu aux faiblesses européennes

Bruxelles2 Blog - Tue, 27/04/2021 - 17:58

Une femme « blessée » , la place des femmes « fragilisée »… Tout comme l’image de l’Union européenne, tétanisée à l’idée de bousculer l’ordre diplomatique et mal à l’aise dans la défense de ses valeurs. Décidément, la visite à Ankara de la présidente de la Commission européenne et du président du Conseil européen se digère avec difficultés. Les parlementaires européens s’en sont encore fait l’écho ce lundi 26 avril

Charles Michel et Ursula von der Leyen (sur la photo) étaient présents devant le Parlement européen qui débattait sur le Sofagate (crédit : Parlement européen)

Le mauvais choix de Michel

« Le président Michel n’aurait jamais laissé Juncker (l’ancien président de la Commission européenne) sur le canapé comme il l’a fait avec la présidente von der Leyen. C’est arrivé parce que c’est une femme. Le Sofagate est un cas clair de discrimination envers une femme ». La sentence de l’Espagnol Ernest Urtasun (Verts/Catalogne en commun) résume l’opinion de nombreux députés européens, intervenus hier (lundi 26.04).

Promis juré c’est du passé

Quelques minutes plus tôt, au pupitre au bas de l’hémicycle, à quelques mètres d’Ursula von der Leyen assise à la place dévolue de la présidente de la Commission, Charles Michel veut visiblement faire oeuvre de contrition, mais d’un « incident » qu’il continue de qualifier de « protocolaire ». « Je mesure que les images ont pu donner le sentiment à beaucoup de femmes d’être offensées ». Il se défend de toute attaque sexiste et veut « réaffirmer » son « engagement total complet absolu » à « soutenir les femmes, l’égalité des genres ». À l’avenir, il veut même croire que « les instructions données (aux) équipes protocolaires et diplomatiques » suffiront à éviter qu’un telle « situation ne se reproduise plus ». Il promet aussi des directives européennes pour faire avancer la cause des femmes, sur l’égalité salariale notamment. Aucun eurodéputé ne reprend la balle au bond, comme si le jeu avait déjà tourné court.

Mais pas pour Ursula von der Leyen, une femme blessée

La présidente de la Commission européenne, elle, fend l’armure. Elle se livre. Elle s’est sentie « blessée, seule, en tant que femme et européenne ». Ses mots sont pesés. Le ton clair. Elle entend encore une fois marquer le coup de ce qu’elle vécu. Elle en fait un combat féminin : «  je suis la première femme au poste de présidente de la Commission européenne, c’est de cette façon que je souhaitais être traitée il y a deux semaines (lors de la visite à Ankara NDLR), mais cela n’a pas été le cas ». Elle insiste et balaye tous les arguments protocolaires exposés depuis : « il n’y a pas de justification dans les traités, c’est arrivé parce que je suis une femme. » L’issue ne passe donc que par une évolution des mentalités. Visiblement, Ursula von der Leyen entend se servir de sa position pour cela. Et vis-à-vis de la Turquie, elle veut faire du « respect des droits des femmes » l’un des préalables « à la reprise du dialogue  ». 

Le (mauvais) exemple européen

Charles Michel a d’autant plus « déçu » que personne n’attendait finalement du président turc qu’il agisse autrement. De même que peu sont surpris de la décision d’Ankara de se retirer de la convention d’Istanbul, ce cadre juridique, le premier du genre, mis en place pour lutter contre la violence à l’égard des femmes. Symbole pour symbole, l’annonce turque coïncidait avec la célébration du 10e anniversaire. Mais là encore, comme l’a invité Ursula von der Leyen, l’UE doit « balayer devant (sa) porte ». Car, plus inquiétant, « certains États membres considèrent aussi la possibilité de quitter la convention d’Istanbul, ce n’est pas acceptable ».  Elle prévient, elle veut aussi placer chacun devant ses propres responsabilités. Mais elle manque l’opportunité de nommément les citer…

Le symbole d’un vide ?

Le Parlement soutient et relance. « Il est juste d’attaquer la Turquie pour son retrait de la Convention d’Istanbul, mais n’oubliez pas que seuls 21 États des 27 membres de l’UE l’ont ratifiée, ce qui sape la crédibilité européenne. L’UE doit être cohérente en interne pour être crédible à l’extérieur » tance l’Italien Fabio Massimo Castaldo (Non inscrits/Mouvement 5 étoiles). C’est le message partagé avec d’autres parlementaires. Comme un appel à l’humilité. Et à redresser le port de tête. La visite à Ankara est contestée sur la forme comme sur le fond.

Les eurodéputés critiquent ce « message de la faiblesse », qui a fait passer le fonds de la visite à Ankara à l’arrière plan de l’actualité.  « On voulait envoyer un message de la force, mais c’est celui de la faiblesse qui est passé » fustige le leader de la droite populaire (PPE), l’Allemand Manfred Weber (CSU). Les flèches sont cinglantes. Comme celle de la leader des écologistes, l’Allemande Ska Keller : « le Conseil continue de travailler sur un mandat pour la modernisation l’union douanière avec la Turquie ! Sans engagements sur les droits humains ! On aide Erdogan là où il est le plus faible, l’économie ! ». Elle attaque là où cela fait mal : « nous n’aurions jamais du lui demander de s’occuper des réfugiés, c’est un désastre géopolitique auquel on doit mettre fin au lieu de le poursuivre ».  

Prochaine épreuve : recouvrer de la crédibilité

La formule de la présidente de la sous-commission Sécurité et défense (SEDE), Nathalie Loiseau (Renaissance/Renew), résume le ton de ces échanges, entre les parlementaires et l’exécutif européen : « L’Europe doit un peu moins se demander où elle s’assoit et un peu plus comment elle reste debout pour se faire respecter, à Ankara comme à Moscou ».

(Emmanuelle Stroesser)

Lire aussi : La stratégie du sofa. De la puissance et de la brutalité

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Tchad : ces rebelles, alliés de notre allié Haftar, qui tuent notre allié Déby...

Blog Secret Défense - Tue, 27/04/2021 - 07:47

Le groupe armé à l’origine de la mort d’Idriss Déby a été pendant quatre ans employé par le maréchal Haftar, un des protagonistes du conflit libyen, soutenu par la France tout comme l’ancien président tchadien

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