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De l'info. Du reportage. Avec un focus affirmé sur la défense européenne
Updated: 5 hours 16 min ago

La frégate belge Leopold Ier dans Emasoh

Mon, 12/04/2021 - 23:55

(B2) La frégate belge a rejoint « cette semaine » la mission de surveillance dans le détroit d’Ormuz (EMASOH) assure le QG d’Agenor ce lundi (12 avril) via un tweet. Le Léopold Ier (F-930) va permettr de « réassurer » les navires marchands qui croisent au large de l’Iran. La mission, lancée à l’initiative de la France, compte aujourd’hui un seul navire — la frégate de type La Fayette Guépratte (F-714) — et un avion de patrouille maritime, de type Atlantique 2. Ce alors que les tensions avec l’Iran sont toujours bien présentes.

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Les inspections de navires continuent au large de la Libye. Le Premier maitre l’Her et le Berlin à l’action

Sun, 11/04/2021 - 07:05

(B2) Deux navires ont été, coup sur coup, inspectés, dans les premiers jours d’avril au large de la Libye. L’un par le Premier maitre L’Her, l’autre par le Berlin. Tous deux engagés dans l’opération européenne de contrôle de l’embargo de l’ONU sur les armes (EUNAVFOR Med Irini)

L’équipe de visite lituanienne monte à bord du Queen Sara

La première inspection a été faite par le navire de soutien allemand Berlin (A1411) vendredi (2 avril). Le Queen Sara, un cargo battant pavillon du Sierra Leone, venant de Turquie et à destination du port libyen de Khoms (entre Tripoli et Misrata). Il était anciennement nommé Perelik. Mais ce ne sont pas des marins allemands qui sont montés à bord. C’est l’équipe de visite lituanienne du bord qui a embarqué. Une première pour les Lituaniens comme pour le Berlin (dans le cadre de l’opération Irini). « Aucun matériel interdit n’a été trouvé » et l’équipage du navire marchand a « toujours été coopératif lors de l’inspection » indique-t-on au QG de l’opération européenne à Rome.

Le Queen Sara et le Berlin (crédit : Bundeswehr / EUNAVFOR Med Irini)

L’équipe française monte à bord du Medkon Izmir

Le lendemain, samedi (3 avril) à l’aube, c’est au tour des Français d’intervenir. Le patrouilleur de haute Mer) Premier Maître (PM) l’Her effectue une opération de visite sur le Medkon Izmir, un porte-conteneurs appartenant à la compagnie turque Medkon Lines, qui navigue entre la Turquie et la Libye. Le navire, battant pavillon panaméen, a accepté la visite « après plusieurs minutes d’interrogation par radio » indique la marine nationale française.

Les fusiliers marins montent à bord du porte-conteneurs (crédit : Marine nationale / EUNAVFOR Med Irini)

Première étape : vérifier les documents du navire

C’est ce qu’on appelle une « inspection coopérative ». L’équipe de visite française — composée de marins du patrouilleur ainsi que des fusiliers marins de l’équipe de défense et d’interdiction maritime embarquée (EDIM) — monte à bord. La visite commence par « sécuriser le navire et son équipage » (la procédure), puis l’enquête de pavillon et le « contrôle des documents » du navire. Une fois ces formalités réalisées, l’équipe entame alors la fouille des locaux et des conteneurs transportés.

Une fouille assez longue

Il faut environ cinq heures pour effectuer le contrôle des conteneurs, en « raison du volume de la cargaison transportée ». Les 292 conteneurs que transporte le navire ne sont pas fouillés. Seuls 32 conteneurs le sont — ceux qui « étaient accessibles —, soit 11% de la cargaison totale. « L’accès aux conteneurs est la principale difficulté de ce type d’opération en raison de la hauteur des piles de conteneurs, de l’espace restreint, et de leur agencement » précise la marine française.

La fouille des conteneurs prend cinq bonnes heures (crédit : Marine nationale / EUNAVFOR Med Irini)

Rien de suspect

Au final, « aucune matière suspecte » n’a été trouvée indique le QG d’opération d’Irini à Rome qui précise : « Toutes les précautions recommandées contre le COVID-19 ont été observées ». C’est la onzième inspection du genre. Le patrouilleur de haute mer français, présent dans l’opération depuis le 12 février doit terminer sa mission le 28 avril.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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La stratégie du sofa. De la puissance et de la brutalité

Sat, 10/04/2021 - 13:05

(B2) La relégation d’Ursula von der Leyen sur un sofa lors de sa visite à Ankara à Recep Tayyip Erdogan, alors que Charles Michel avait droit à un fauteuil, fait jaser. Les commentaires fusent, souvent irrationnels. Essayons d’y voir clair…

Charles Michel, Recep Tayyip Erdoğan sur les fauteuils – Ursula von der Leyen et Mevlüt Çavuşoğlu, ministre turc des Affaires étrangères, à Ankara le 6 avril 2021 (crédit : Commission européenne)

Petit rappel des faits

Les dirigeants européens (Charles Michel et Ursula von Leyen) étaient à Ankara mardi (6 avril) pour transmettre à Receip Erdogan le message des 27, prêts à reprendre le dialogue avec la Turquie sous certaines conditions (lire : La Turquie mise à l’épreuve avant des étapes positives. Rendez-vous en juin (Sommet)). Trois heures de rencontres intensives, qui débouchent sur une communication a minima (lire : Petite étape pour la désescalade avec la Turquie. Rencontre au sommet à Ankara). L’essentiel est cependant vite effacé, en fin de soirée, par une video qui fait le buzz. Les deux Européens et le dirigeant turc entrent dans une salle. Les deux hommes s’installent sur les deux fauteuils, flanqués de part et d’autre des drapeaux européen et turc. Un honneur. Certains visiteurs n’ont droit qu’à deux drapeaux turcs (cf. encadré). Ursula von der Leyen reste, elle, debout, et ne cache pas sa surprise en se rendant compte qu’elle est reléguée à une place secondaire. On l’entend dire « hum », sans qu’aucun des interlocuteurs masculins ne réagissent. Dans l’image suivante, elle est assisse sur un canapé, en retrait, face au ministre turc des Affaires étrangères.

Scandale dans la bulle européenne… « Un affront fait à la présidente de la Commission européenne » titrent plusieurs journaux (dans la foulée de dépêches AFP). Les commentaires fusent dans les médias sociaux et dans les tribunes des journaux. La faute est rejetée successivement sur le dirigeant turc, accusé d’avoir humilié la femme (dans la foulée de la dénonciation de la convention d’Istanbul). Puis c’est le président du Conseil européen, Charles Michel, qui est pris pour cible, traité d’odieux machiste. « Deux hommes et un couffin: scandale macho à Ankara » titre le quotidien belge Le Soir. On est dans une phase de défoulement collectif plus. Il faut raison garder, et revenir à un certain sens des réalités.

Le protocole tout un art

En préalable, il faut dire que le protocole est un art, une science. C’est un « vrai métier », nous confie un diplomate rompu à cet exercice. Le tempo d’une visite, la place de chacun sont calculés au millimètre. Tout est prévu — les trajets, les véhicules, la lumière, l’éclairage, la salle, la disposition des sièges, leur taille… « Une simple montée de marche doit être minutée ». Il en est de même de la durée de la poignée de main et de sa vigueur, qui sont le témoignage d’une grande ou petite amitié.

Des missions préparatoires

Avant tout déplacement d’une autorité nationale (ou européenne), il y a normalement une mission préparatoire. Même la visite dans un pays le plus amical nécessite cette préparation. Elle peut prendre deux jours. Plus le pays est lointain, ou inamical, plus cela nécessite des préparatifs et de missions préparatoires. Fixer ces détails « prend des jours et des jours de négociation ».

Un vrai rapport de force

Le protocole local va fixer certaines conditions. Et le protocole de la puissance invitée les discuter ou exiger d’autres. C’est un « vrai rapport de force ». Celui qui a le plus intérêt à la visite va devoir céder, celui qui est le plus fort peut imposer certaines formalités. Chacun des détails va ainsi être discuté. Les négociations peuvent être parfois « très dures ». Certains pays, qui ont une tradition millénaire ou impériale, ont le protocole chevillé à la peau. Le Japon (où la durée de la montée des marches est mesurée) ou la Chine par exemple, mais aussi la Turquie. La simple visite du palais de Topkapı, à Istanbul où les sultans recevaient ainsi les ambassadeurs, est « mégaprotocolisée ». Le cheminement, le contournement de la fontaine, le rythme de marche, les arrêts, etc, tout est pensé.

Le protocole a-t-il été respecté ?

Qui devait s’asseoir à côté d’Erdogan ?

Dans la luminosité turque, une seule personne s’assoit généralement à côté du ‘monarque’. Et encore. Parfois il n’y en a aucun (cf. encadré). En toute logique, il est normal que le président du Conseil européen qui représente les Chefs d’État et de gouvernement de l’UE s’assoit d’égal à égal avec son hôte turc. Et non la présidente de la Commission européenne qui n’est ‘que’ chef de l’exécutif européen.

Pouvait-il y avoir deux personnes de part et d’autre d’Erdogan ?

Cela aurait été délicat. Cela voulait dire que celui-ci était encadré par l’Europe. Un symbole trop négatif pour la Turquie, inexact par rapport à la réalité institutionnelle et protocolaire. Et loin de la discussion d’égal à égal recherchée… Ajoutons aussi que les Européens ne semblent pas avoir demandé cette égalité.

Pourquoi Charles Michel et pas Ursula von der Leyen ?

Ce n’est donc pas une question de sexisme comme certains l’ont dit. C’est juste la règle de préséance, interne à l’Europe. En matière de relations extérieures, c’est le président du Conseil européen qui assure ce rôle. « Le président du Conseil européen assure, à son niveau et en sa qualité, la représentation extérieure de l’Union pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune, sans préjudice des attributions du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » indique l’article 15 du Traité. Et Charles Michel tient plus que tout à assumer ce rôle. NB : dans les réunions du G20, où les deux personnages sont présents, le président du Conseil européen a ainsi la préséance.

La présidente de la Commission n’a-t-elle pas de rôle extérieur ?

Si mais pas directement. C’est la Commission européenne dans son entier qui a reçu cette compétence. « À l’exception de la politique étrangère et de sécurité commune et des autres cas prévus par les traités, [la Commission] assure la représentation extérieure de l’Union ». Le/a président/e de la Commission n’a, d’après le traité, qu’un rôle d’orientation et d’organisation de l’exécutif européen. Il/Elle « définit les orientations dans le cadre desquelles la Commission exerce sa mission; décide de l’organisation interne de la Commission afin d’assurer la cohérence, l’efficacité et la collégialité de son action ; nomme des vice-présidents » (dixit l’article 17 du Traité).

Pourquoi la présidente de la Commission européenne n’est qu’au second rang ?

Même si du côté de la Commission européenne, on défend que les deux personnalités ont le même rang protocolaire. Ce n’est pas la réalité institutionnelle. En termes hiérarchiques, le président de la Commission procède (est élu) d’une décision du Conseil européen et du Parlement européen. Et non l’inverse. C’est en gros un Premier ministre. Dans un système dual, avec un Président (chargé des relations extérieurs) et un chef de l’exécutif, il est logique que celui-ci soit relégué au second rang. Dans les réunions du Conseil européen, par exemple, au fil des ans, la place du président de la Commission européenne a varié. Mais il n’a été au centre de l’image, toujours en 3e ou 4e position, voire à l’extrême (lors des réunions internationales).

Photo de famille au sommet de mars 2011. Au centre le président du Conseil européen (Van Rompuy), le président de la Commission est en 4e position à droite (crédit : Consilium)

La faute à qui ? Quelle leçon en tirer pour le futur ?

Si on doit chercher un fautif, il n’est pas à chercher à Ankara… mais à Bruxelles.

Erdogan a-t-il voulu humilier l’Europe ? Erdogan ne supporte pas les remontrances sur le respect des droits de l’Homme. Il estime qu’en ayant fait le ‘job’ sur la migration, l’Europe a une dette envers lui. En attaquant l’Europe par son point faible, la pluralité de ses institutions, leur complexité, le Turc a peut-être voulu marquer un point, enfoncer un coin dans une structure européenne dont il connait tous les recoins. Mais ce n’était peut-être pas lui le fautif… ou le seul.

Erdogan a-t-il voulu humilier la femme ? Le dirigeant turc a de gros défauts certainement. Mais il a un certain sens politique. Quand Angela Merkel a été reçue par Erdogan, elle trônait à ses côtés sur le siège où était Charles Michel. On notera la petite touche du bouquet de fleurs et le drapeau allemand derrière la Chancelière.

Angela Merkel et R.T. Erdogan à Ankara – crédit : président turque

Idem pour la Britannique Theresa May en janvier 2017. Mais sans bouquet de fleurs, ni le drapeau britannique. Il y a deux drapeaux turcs derrière les deux dignitaires. L’ambiance semble plus fraiche…

Theresa May et R.T. Erdogan – janvier 2017 – crédit : Présidence turque

Qui a organisé la visite ? Apparemment c’est le service du protocole du Conseil qui a géré la visite. C’est lui qui a fixé certains détails avec la présidence turque. Et, naturellement, il a privilégié son chef (Charles Michel) et la logique institutionnelle. Il n’y avait pas d’équipe du protocole de la Commission européenne. Ursula von der Leyen ayant décidé de ne pas envoyer en raison de la pandémie. Après coup, on cherche bien sûr à réparer les dégâts. « Si la pièce avait été visitée, nous aurions suggéré à nos hôtes que, par courtoisie, le divan soit remplacé par deux fauteuils pour la présidente de la Commission » explique ainsi le service du protocole du Conseil.

Pouvait-on réagir sur le moment ? Délicat. Ce genre de choses se prépare en amont. Bousculer le protocole établi, c’est risquer l’incident diplomatique. Or, les dirigeants européens comme turc, étaient sur un chemin d’équilibriste, en train d’essayer de reconstruire une relation compliquée, abîmée par plusieurs incidents passés. Sur le plateau de la chaine belge d’infos en continu LN24, Charles Michel explique que toute réaction de sa part aurait pu créer un « incident bien plus grave » au vu de l’importance cruciale de cette réunion avec le président turc. Même son de cloche, un peu plus amer cependant à la Commission « La présidente von der Leyen a été surprise. Elle a décidé de passer outre et de donner la priorité à la substance sur le protocole » souligne le porte-parole de la Commission Eric Mamer. « Mais cela n’implique pas qu’elle n’accorde pas d’importance à l’incident. »

Comment jauger le ‘Hum’ de Ursula von der Leyen ? Face à ce type de situation, il peut être vu comme la juste réponse. Même si on ne sait pas si le ‘Hem’ était destiné au dirigeant turc ou à l’Européen ou aux deux. On peut aussi le voir comme un signe d’une impréparation totale, un certain manque de savoir-vivre géopolitique. Découvrir au dernier moment qu’on n’a pas de siège est aussi assez confondant. D’ordinaire, ce type de visite est répété ou expliqué par le protocole au président. Ou alors c’est vouloir l’incident. Et étaler au grand jour, devant un hôte étranger, des divisions internes est plutôt négatif. Cela pourrait apparaitre comme un signe de fragilité supplémentaire.

Qui est en cause ? Dans cette histoire, ce n’est donc pas vraiment Erdogan qui est en cause, mais les Européens. Et leur absence de coordination rédhibitoire. Certes Charles Michel, avec son entregent pour les rencontres internationales, bouscule quelque peu le fragile équilibre européen. On l’avait vu parcourant le monde méditerranéen à son arrivée. On l’a vu en Géorgie récemment. Où malgré tous ses efforts, il s’est heurté à un os. Le Tintin européen perd des plumes à chaque rencontre internationale. Entre Ursula et Charles, d’ailleurs le torchon brûle. Et, depuis l’incident, ils ne se sont plus parlés. Le fait aussi que l’ambassadeur de l’UE à Ankara ait été peu associé

Un problème très européen ? Il y a une compétition entre les différents responsables européens qui n’arrivent pas à délimiter clairement leurs fonctions, veulent tous être sur la photo, être ‘calife à la place du calife’, comme le dirait Iznogoud (1). Ce jeu, assez puéril, est difficile à comprendre au sein de l’Europe, et encore plus difficile à saisir à l’extérieur. Les dirigeants européens auraient intérêt à régler leurs problèmes internes et accepter une hiérarchie commune, claire, simple, plutôt qu’étaler au grand jour leurs divisions et querelles internes.

La leçon à tirer ? Rendre visite à un dirigeant autoritaire comme l’est Erdogan (ou comme l’est aussi Poutine) est prendre un risque. Un risque certain. L’Europe n’est plus aujourd’hui perçue comme un animal chétif, un être gentillet à qui on doit des égards. Elle peut être perçue aussi de manière hostile. Les dirigeants européens ne doivent pas être naïfs. Même très bien préparés, ils vont dans l’entonnoir. Un hôte, qui ne respecte pas automatiquement toutes les règles communes, va vouloir utiliser cette visite à son profit. La visite à Moscou de Josep Borrell l’avait prouvé. Le risque d’être piégé n’est pas de 2 ou 3%. Il est de 100% ! L’Europe est, en effet, confrontée à un « double phénomène » analyse pour B2 un diplomate expérimenté : les institutions européennes « sont davantage exposées que par leur passé » (elles sont plus présentes et on leur en demande plus). Et il y a « une brutalisation des rapports de force internationaux ». Cette « brutalité du jeu géopolitique », l’Europe doit mieux la préparer et la gérer à l’avenir. « Tout doit être encore plus verrouillé ».

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Leonor Hubaut)

  1. cf. Iznogoud par René Goscinny

Retour dans le passé des rencontres turco-européennes

Y-a-t-il un précédent avec une telle hiérarchie ?

Oui Parfaitement. Quand Erdogan reçoit Charles Michel et Josep Borrell en mars 2020. Charles Michel est aux côtés du chef d’État. Et le Haut représentant de l’UE chargé des Affaires étrangères, Josep Borrell est relégué sur le canapé. Il n’en fait pas une chimère et s’affiche tout sourire devant. Il est vrai que les rôles étaient plus clairs, l’un étant le représentant des chefs d’État et de gouvernement, l’autre étant le chef de la diplomatie européenne.

Josep Borrell, Charles Michel, Recep Tayyip Erdogan le 6 mars 2020 (crédit : Commission européenne)

Autre exemple. Quand Erdogan reçoit en octobre 2015, en pleine crise migratoire, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans (chargé des droits fondamentaux alors, celui-ci est assis à gauche du président turc, les autres commissaires (J. Hahn chargé du voisinage, D. Avramapoulos chargé de l’immigration… sont relégués sur le sofa. A droite du président turc, figure son ministre (par intérim) des Affaires étrangères, Feridun Sinirlioğlu. La Turquie joue ainsi à deux contre un. Et il n’y a pas de problème hommes – femmes. On est certes face à un niveau de représentation moindre : un simple vice-président de la Commission.

Beril Dedeoğlu, Turkish Minister for EU Affairs, Feridun Sinirlioğlu, Turkish Minister for Foreign Affairs ad interim, Recep Tayyip Erdoğan, Frans Timmermans, Johannes Hahn, Dimitris Avramopoulos and Hansjörg Haber (from the 3rd, seated, from right to left)

Y-a-t-il des précédents inverses ? Oui Lors d’une précédente rencontre, en mai 2017, les deux représentants européens, à l’époque Jean-Claude Juncker (Commission européenne) et Donald Tusk (Conseil européen) étaient assis côte-à-côte avec le président Erdogan. Cet exemple est souvent mis en avant par la Commission européenne. Mais… on est alors à Bruxelles. C’est une grosse différence ! La visite est alors organisée par l’Union européenne. Sur la photo, on note bien d’ailleurs qui est au centre : Donald Tusk, le président du Conseil européen, en tant que puissance invitante. A sa droite le président turc, R.T. Erdogan, l’air plutôt bougon, et à sa gauche, le président Juncker (de façon symétrique au président turc, fauteuils légèrement en biais).

Erdogan, Tusk, Juncker

Autre exemple, toujours avec les mêmes protagonistes à Antalya cette fois. Mais on était dans un autre cadre qu’une visite bilatérale. C’était en marge du G20, à Antalya, où la Turquie était puissante invitante. Et, surtout, on était en novembre 2015, avant donc le coup d’état militaire qui a durci à la fois le régime et les relations avec l’Union européenne.

Donald Tusk (Conseil européen), R.T. Erdogan (Tuquie), Jean-Claude Juncker (Commission européenne) – crédit : Conseil UE / Archives B2

De l’évolution des relations entre la Turquie et l’OTAN

Pour illustrer de l’importance des sièges, on peut prendre un autre exemple. On se rappelle de la rencontre entre le secrétaire général de l’OTAN et du président turc, dans les locaux de l’OTAN à Bruxelles, en mars 2020. Sur la photo officielle, Jens Stoltenberg est ramené à la place des conseillers, sur un petit fauteuil tout serré. Alors que le président turc trône au milieu, entre deux drapeaux turc. Aucun drapeau de l’OTAN n’est présent, alors que c’est souvent la règle dans l’enceinte de l’Alliance.

Jens Stoltenberg et le président turc Recep Tayyip Erdoğan à Bruxelles en mars 2020 (crédit : OTAN)

La différence est très notable avec la rencontre des mêmes, en septembre 2016, à Ankara, au lendemain du coup d’état militaire. Le président turc est toujours au centre, entre deux drapeaux turcs. Mais le secrétaire général est juste à côté de lui, dans une position quelque peu inféodée. Chacun a les jambes croisées, en signe de détente. Cette différence de position n’est pas innocente, à quatre ans de distance. Elle traduit un abaissement des relations.

Jens Stoltenberg et le président tuc Recep Tayyip Erdogan à Ankara (crédit : OTAN)

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Des Danois dans Takuba en 2022

Thu, 08/04/2021 - 15:03

(B2) Le gouvernement danois vient de le confirmer. Le Royaume de la Petite Sirène participera bien à la task-force initiée par la France au Mali. Les Danois pourraient, en quelque sorte, relayer les Suédois

Les soldats danois en formation au Kenya (crédit : Armée de terre danoise – Archives B2)

Le gouvernement danois a confirmé, ce jeudi (8 avril), être d’accord pour envoyer une contribution militaire à la Task Force Takuba. Le Conseil de la politique étrangère l’a approuvé. Cette décision devra encore être approuvée au Folketing (le parlement danois). Le contingent danois, fort de 105 personnes (au maximum), sera composé de forces spéciales, ‘une unité chirurgicale et d’officiers d’état-major. Leur rôle : « conseiller, soutenir et accompagner les forces de défense et de sécurité maliennes et leur permettre de faire face à la menace des groupes terroristes dans la zone frontalière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso » selon la définition qu’en a donnée la ministre de la Défense Trine Bramsen.

Lutter contre le terrorisme : une question vitale

« La menace du terrorisme de l’État islamique et d’Al-Qaïda reste grave. Ils veulent créer une oasis en Afrique de l’Ouest pour leur régime extrémiste de violence et de mort. Ce serait une grave menace pour la sécurité. Cela ne doit pas arriver » a souligné le ministre des Affaires étrangères Jeppe Kofod dans un communiqué. NB : Le Danemark va mettre aussi un avion de transport de type C-130 à disposition de la MINUSMA, la mission de l’ONU au Mali.

Un pays en première ligne

On peut remarquer que le Danemark est un des pays les plus engagés aux côtés des initiatives soutenues par la France, que ce soit dans le détroit d’Ormuz, au sein de la mission EMASOH, ou dans le Golfe de Guinée contre la piraterie. Les Danois sont aussi des habitués des rudes combats. Engagés de façon longue dans l’opération de stabilisation de l’OTAN en Afghanistan, c’est le pays qui, proportionnellement à sa population, a subi le plus de pertes (43 morts pour une population d’un peu moins de 6 millions d’habitants).

(Nicolas Gros-Verheyde)

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La task-force Takuba en quelques mots

Wed, 07/04/2021 - 06:15

(B2) Déclarée pleinement opérationnelle fin mars, la task-force Takuba est pour l’instant installée sur deux lieux essentiellement

L’essentiel de la task-force Takuba est basé à Ménaka. Se trouvent :

  • le quartier général de la force avec des officiers de huit pays (France, Estonie, Tchéquie, Suède, Italie, Belgique, Pays-Bas, Portugal) ;
  • le 2e task-group franco-tchéque avec les Maliens ;
  • la force de réaction rapide (véhicules, hommes, hélicoptères) suédoise ;
  • la force de protection armée par les Français et l’antenne chirurgicale et de réanimation suédoise.

A Gao, se trouve le premier task-group franco estonien.

Enfin à Niamey, est basé un C-130 suédois, chargé de l’évacuation médicale stratégique, ou des transports.

La task-force takuba est commandée par un général français, le général de brigade Philippe Landicheff, issue des forces aériennes (il était anciennement à Bordeaux).

(NGV)

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La Belgique et les Pays-Bas entrent dans Takuba. A titre d’observation, pour l’instant

Tue, 06/04/2021 - 19:50

(B2) Même s’ils ne participent pas directement à l’opération déployée au Mali sur initiative française, deux pays du Benelux ont décidé d’envoyer un petit effectif d’état-major. Pour commencer…

(crédit : Mil.be)

Trois officiers belges

La Belgique a, discrètement, décidé de dépêcher trois officiers d’état-major au sein de la Task Force Takuba. C’est ce qu’a appris notre collègue de Belga, juste avant Pâques. Déploiement prévu : à partir du 19 avril. Le précédent gouvernement dirigé par Sophie Wilmès avait décidé, en novembre 2019, sur le principe affecter trois officiers de liaison à ce qui était alors appelée une CJSOTF (Combined Joint Special Operations Task Force) (1). Mais ce déploiement ne s’était jamais concrétisé. Le gouvernement a fini par donner vendredi (2 avril) son feu vert à l’engagement de ces trois officiers d’état-major. Deux d’entre eux seront déployés au Mali et le troisième le sera au Tchad.

Deux officiers néerlandais

Du côté néerlandais, la décision avait été prise peu avant. Le 16 mars, lors d’une rencontre à Paris avec son homologue française Florence Parly, la ministre néerlandaise Ank Bijleveld avait acté le départ de deux officiers néerlandais dans les états-majors de la task-force Takuba. Un officier de liaison au quartier général de l’opération Barkhane au Tchad et un officier de renseignement au quartier général de Takuba à Ménaka, au Mali. Peu auparavant, l’ambassadeur néerlandais en France, Pieter de Gooijer, avait signé (le 9 mars) avec son homologue malien, à Paris, un accord sur le statut (SOFA) des militaires néerlandais participant à la task-force.

Le déploiement sur le terrain : pas tout de suite

Difficultés politiques en Belgique

Un déploiement plus important de forces spéciales sur le terrain n’est pas encore prévu. Du côté belge, on ne l’exclut pas. Mais le projet d’envoi d’une compagnie aux côtés de Barkhane se heurte pour l’instant à des difficultés d’ordre politique (lire : Une compagnie belge dans l’opération Barkhane. Un accord politique encore nécessaire), comme de disponibilités. La faisabilité d’une participation belge à l’opération Barkhane est « toujours à l’étude » indique laconiquement la ministre belge de la Défense, Ludivine Dedonder devant la commission défense de la Chambre le 10 février. Le retrait des militaires des patrouilles mobiles dans les rues et les lieux publics, comme les gardes statiques de certains bâtiments sensibles, dans le cadre de l’opération anti-terroriste Vigilant Guardian, au profit des policiers devrait permettre de récupérer un certain nombre de disponibilités. Et l’arrivée du premier A400M, suivi d’un autre dans les mois qui suivent, devrait permettre de récupérer une capacité de transport perdue aujourd’hui (faute de disponibilité de C-130).

Idem côté Pays-Bas

Les élections suivies de la mise en place d’une nouvelle coalition gouvernementale (délicate) obligent aussi à attendre un peu que la situation politique s’éclaircisse. Tout envoi de troupes nécessite en effet un projet de loi, approuvé par la Seconde Chambre (le parlement élu). Et il y a, là aussi des considérations opérationnelles. Les capacités requises des forces d’opérations spéciales (SOF) « ne sont pas disponibles » affirme-t-on à La Haye. Elles sont actuellement occupées « en Irak et en Afghanistan jusqu’au début 2022 ». D’autres capacités nécessaires — transports ou évacuations médicales —, ne sont pas « non plus disponibles ».

Une utilité limitée au niveau opérationnel, très importante en matière d’acculturation

Ce déploiement, plutôt limité, a plusieurs intérêts. Tout d’abord, « s’informer », comme l’explique un officiel néerlandais. Cela va permettre, en effet, à ces deux pays d’enrichir leurs connaissances sur le terrain, dans une zone — le Sahel — ou Belges comme Néerlandais ont été déployés, mais pas dans des missions de combat rapproché, de voir comment évolue l’opération. Cela permet aussi de cultiver l’interopérabilité des forces, de travailler en multinational avec les Français, comme avec les Maliens. Bref cela favorise une acculturation.

C’est aussi un préalable nécessaire avant un déploiement ultérieur, surtout pour des pays plus enclins à intervenir dans un cadre multinational ‘formaté’ (type OTAN, ONU ou UE). C’est une sorte d’exercice pratique à ce qui s’est fait ‘sur table’, au niveau politico-militaire, au sein de l’initiative européenne d’intervention (IEI). Enfin, cela permet de compléter quelques postes bien spécifiques dans un état-major (ce qui n’est pas toujours évident).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire : Force Takuba : qui participe, observe ou simplement soutient ?

(1) Terminologie OTAN ou US, il existe ainsi une CJSOTF Horn of Africa, composée d’Américains qui interviennent en Somalie.

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Dernières nouvelles des missions et opérations de maintien de la paix de l’UE – PSDC (mars 2021)

Sun, 04/04/2021 - 08:30

(B2) L’actualité des missions et opérations de l’UE nous fait voir des aspects souvent méconnus, ou du moins peu médiatiques, de la vie des pays dans lesquels ils interviennent, comme ce mois-ci dans l’est de l’Ukraine ou dans la région d’Agadez au Niger. La PSDC au quotidien, ce sont aussi des terrains de coopération, comme  dans le transport maritime, ou des thématiques émergentes, comme l’environnement

Donetsk (Ukraine). Renforcer la sécurité civile dans les zones plus dangereuses

Des modules préfabriqués pour servir de postes de contrôle, dix voitures de police, 1 162 trousses de premiers secours, 700 extincteurs et un scanner portable de pointe pour les engins explosifs – complètent l’équipement de la police nationale dans l’est de l’Ukraine. Une région « où la population vit sous un risque accru pour sa vie et sa santé en raison du conflit », souligne Xavier Camus, de la délégation de l’Union européenne en Ukraine. Cette aide de l’UE (de 600 000 €) s’inscrit dans le programme PRAVO Police, financé par l’Union européenne, mis en œuvre par l’UNOPS en étroite coordination avec la mission de conseil de l’UE aux forces de sécurité intérieure en Ukraine (EUAM Ukraine). Détails ici

Dix véhicules complètent la flotte de la police ukrainienne (crédit : EUAM Ukraine)

Agadez (Niger). Détour par une antenne pilote

Au Nord-Ouest et Nord-Est du Niger, la région d’Agadez couvre près de la moitié du pays, pas moins de 1900 km de frontières avec quatre pays (Algérie, Libye, Tchad, Mali). Cette place stratégique a justifié la création d’une antenne de la mission de l’UE de soutien aux forces de sécurité intérieure et de la stabilisation du Niger (EUCAP Sahel Niger). La région reste épargnée par le terrorisme. Mais elle ne nécessite pas moins d’attention, au contraire… Ce que la cheffe de la mission, Antje Pittelkau, a voulu témoigner en allant sur place, à la rencontre également des autorités régionales. Détails ici

(crédit : EUCAP Sahel Niger)

Corne de l’Afrique. Le transport maritime vu sous les deux angles, civil et militaire

« Peu de personnes dans le monde non militaire savent à quel point cette opération est importante pour notre vie quotidienne  » observe le capitaine de vaisseau Antonio Toledo, officier de réserve de la marine espagnole. C’est l’un des enseignements de sa participation à la force navale de l’Union européenne en Somalie (EUNAVFOR Atalanta) quelques mois. Une interview à lire ici

(crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Somalie. Remise de clés

La rénovation et l’agrandissement des dortoirs de l’académie de police va permettre de former 560 cadets supplémentaires par an (+ 140 par cycle). Le chef de la mission de renforcement des capacités de l’Union européenne en Somalie (EUCAP Somalia) a transmis les clés mi mars. Détails ici

L’un des quatre dortoirs rénovés (crédit : EUCAP Somalia)

Kosovo. Mettre des mots (et des images) sur l’enjeu de la réinsertion

« Les prisonniers ne sont pas des numéros. Ils peuvent être les vôtres. Après avoir purgé leur peine, ils retournent dans leur foyer et leur communauté. Ils sont l’enfant, le parent, l’ami, le collègue, le partenaire ou le voisin de quelqu’un ». Ce sont les mots d’introduction d’une vidéo expliquant le rôle du Service correctionnel du Kosovo. Elle fait partie d’une campagne sur les médias sociaux, soutenue par la mission « État de droit » de l’Union européenne au Kosovo (EULEX). Détails (et vidéos) ici 

(crédit : EULEX Kosovo)

Toutes missions confondues. Le poids croissant des questions d’environnement

Un réseau d’échange de pratiques sur les questions d’environnement s’est créé entre 11 missions de l’UE. « Car les pays dans lesquels les missions opèrent sont particulièrement touchés par le changement climatique » indique EUAM RCA. En territoire palestinien, la cheffe adjoint d’EUPOL COPPS, Katja Dominik, constate aussi « une prise de conscience croissante de l’importance des questions environnementales, notamment dans le contexte des conseils, de l’encadrement et de la formation dispensés par les missions PSDC ». Les enjeux sont encore peu connus mais bien concrets. « La criminalité environnementale n’affecte pas seulement la santé et le bien-être des citoyens ordinaires et des générations futures. Les exemples les plus graves, comme le déversement de déchets toxiques, sont souvent liés à des groupes criminels organisés impliqués dans de multiples formes de criminalité » explique t-elle. Détails ici

@EUAM_RCA est membre du tout premier réseau environnemental des missions civiles de la PSDC de l'UE. Les pays dans lesquels elles opèrent sont particulièrement touchés par le changement climatique. Dans ce forum, 11 missions civiles échangent sur les meilleures pratiques. pic.twitter.com/qrmdzVbZuK

— EUAM-RCA (@EUAM_RCA) March 19, 2021

Italie. Un passager pas ordinaire

Deux jours durant, les 18 et 19 mars, le Haut représentant de l’UE, Josep Borrell, a fait le tour de l’opération de contrôle de l’embargo vers la Libye en Méditerranée (EUNAVFOR Med Irini). Du bureau du quartier général à Rome aux entrepôts de la base aérienne de Sigonella, en Sicile, en passant par le pont du Berlin, dernier navire (allemand) à avoir rejoint l’opération. La visite marquait le premier anniversaire de l’opération, dont le mandat vient d’être prolongé de deux ans. Détails ici

Josep Borrell en visite sur le Berlin, mars 2021 (crédit : EUNAVFOR Med Irini)

(informations recueillies par Emmanuelle Stroesser)

NB : Pour tout connaitre ou réviser, n’hésitez pas à vous procurer notre ouvrage sur la PSDC

Lire aussi sur le B2 Pro (parus en mars) :

Et sur le blog : 

    Cet article Dernières nouvelles des missions et opérations de maintien de la paix de l’UE – PSDC (mars 2021) est apparu en premier sur B2 Le blog de l'Europe géopolitique.

    Une opération visant les cadres du RVIM au Sud-Est de Tessalit

    Sat, 03/04/2021 - 23:54

    (B2) Les militaires de l’opération Barkhane ont mené, dans la nuit du 31 mars au premier avril, une opération visant la capture de cadres de groupes terroristes dans le Nord-Est du Mali

    Deux djihadistes capturés

    Cette opération s’est déroulée, au sol, dans un secteur situé à 95 km au sud-est de Tessalit (ville du nord-est du Mali, dans l’Adrar des Ifoghas). L’objectif était de capturer des cadres évoluant dans la « sphère du RVIM », le Rassemblement pour la victoire de l’islam et aux musulmans indique l’état-major des armées (NB : organisation dénommé aussi GSIM ou JNIM en arabe). Au bilan : deux djihadistes armés capturés — « ils sont actuellement interrogés » — un autre ‘neutralisé’, et une femme décédée (sans que la cause exacte du décès ne soit précisée). Trois armes individuelles (de type Kalachnikov AK 47), de « nombreuses » munitions et des téléphones ont été également saisis.

    Un échange de tirs, une femme décédée

    « Après une infiltration délicate en discrétion », et l’arrestation des deux suspects, les militaires français ont « été pris à partie par un individu caché dans une tente ». Afin de faire cesser cette attaque, ils ont « riposté en légitime défense, de façon proportionnée et maitrisée » (selon la formule désormais consacrée). Au cours de cet échange de tirs, « la tente abritant l’assaillant a pris feu ». Un enfant en bas âge, présent dans cette même tente, a été « extrait des flammes par un des militaires français ». Il a été soigné sur place avant d’être évacué vers l’hôpital militaire de Gao. « Souffrant de blessures superficielles, il est hors de danger ». La femme décédée était « présente aux côtés de l’assaillant ». Elle a été « retrouvée sans vie » indique laconiquement le communiqué officiel sans préciser la cause de la mort. NB: une enquête est normalement diligentée, pour déterminer l’origine du décès, par exemple identifier en cas de tir, quelle est l’origine de la balle mortelle.

    (NGV)

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    Takuba : la task-force opérationnelle. Pari réussi dixit Florence Parly

    Sat, 03/04/2021 - 06:56

    (B2) Trois ministres, pas moins, se sont déplacés au Mali pour acter de la pleine capacité opérationnelle de cette force constituée d’Européens. Un symbole

    La Française Florence Parly, l’Estonien, Kalle Laanet et le Tchèque, Lubomir Metnar, viennent de boucler un déplacement commun au Mali, sur trois lieux : Bamako, Gao et Ménaka. C’est-à-dire les trois bases où sont déployés aujourd’hui quelques dizaines de soldats européens. issues de forces spéciales. Avec un objectif : former, conseiller et accompagner au combat des unités maliennes dans le Liptako, selon le triptyque bien connu des opérations internationales : train, advise, mentor.

    • NB : Un ministre était absent : le Suédois, alors que le pays nordique a déployé sur place un des contingents les plus importants (environ 150 hommes) sur place et quatre hélicoptères bien précieux.

    Une vingtaine de missions déjà réalisée

    Les premières opérations ont démarré à l’automne, essentiellement avec les Estoniens, qui ont été les premiers déployés. « Les premiers résultats opérationnels sont positifs » assure l’état-major des armées. Les militaires de Takuba ont déjà participé à « plus d’une vingtaine de missions » et a été engagée au feu « à plusieurs reprises ». Elle a notamment été déployée dans « les dernières opérations majeures » de Barkhane : Bourrasque et Eclipse.

    Un symbole européen

    La France n’est pas peu fière d’avoir réussi ce tour de force d’associer plusieurs pays européens à son opération Barkhane. La « réussite d’une initiative européenne inédite », avec un niveau de partenariat opérationnel « inégalé ». Cela témoigne de « l’engagement croissant des Européens dans la lutte contre le terrorisme au-delà de leurs frontières » assure le ministère français des Armées (1). Sur le terrain, cela permet « l’accompagnement au combat des forces armées maliennes » (ce qu’on dénomme dans le jargon militaire le ‘mentoring‘). Mais la task-force Takuba n’est pas que cela. C’est aujourd’hui un « véritable laboratoire d’intégration au combat » des partenaires européens. Cela permet de tester « l’interopérabilité » des troupes (2). Lancée le 27 mars 2020 à l’initiative de la France, la task-force Takuba fait partie de l’opération Barkhane. L’Italie a débuté son déploiement. « D’autres pays vont rejoindre Takuba dans les prochains mois » assure-t-on à Paris.

    (Nicolas Gros-Verheyde)

    1. On se souvient qu’après les attentats du Bataclan à Paris, la France avait déclenché la clause de soldarité de l’Union européenne (article 42-7) pour obtenir l’aide des Européens.
    2. C’est en fait le complément opérationnel de l’initiative européenne d’intervention, conçue plutôt comme un laboratoire de doctrine, au niveau politico-militaire.

    Lire aussi

    Sur les effectifs sur place :

    Et notre entretien avec le ministre suédois de la Défense, Peter Hultqvist :

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    Belgique. Les militaires quittent les transports publics, la police prend le relais

    Fri, 02/04/2021 - 15:14

    (B2) La police belge assure désormais seule la surveillance dans tous les transports publics, aéroports, métros et gares, dans le pays. Elle remplace les militaires appelés en renfort au plus fort de la vague terroriste entre 2015 et 2016

    La fin de six années de patrouille

    Ceci met un terme à six années de présence notable de personnel militaire dans les rues belges. Une présence non habituelle au plat pays (contrairement à la France qui vit depuis presque une trentaine d’années au rythme des différents plans Vigipirate). L’opération belge, dénommée ‘Vigilant Guardian’, avait, elle, été déclenchée au lendemain des attentats de Paris de janvier 2015 et du démantèlement ‘musclé’ d’une cellule terroriste à Verviers, démontrant des liens étroits entre les deux pays.

    Un retour progressif

    e retour des militaires dans leurs casernes a été décidé fin 2020. Cela a commencé avec l’aéroport de Charleroi Gosselies, puis les institutions européennes le 1er février. L’étape franchie jeudi concerne les autres aéroports, métros et gares. Un certain nombre d’ambassades et d’autres institutions suivront plus tard cette année. : les policiers reprenant leurs tâches habituelles de patrouille et de surveillance de certains lieux assurés.

    Lié à l’évaluation de la menace

    Ce retrait est organisé « en tenant toujours compte de l’analyse de menaces de l’OCAM » assure-t-on à la défense belge. Un niveau de menace estimé à 2 en ce moment, à l’exception d’un certain nombre de cibles potentielles pour lesquelles le niveau de menace 3 reste en vigueur. L’objectif est — si rien ne change — de pouvoir assurer la relève complète par les Polices fédérale et locale d’ici le 1er septembre 2021.

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    La France à la tête de la TF 50 dans le golfe arabo-persique

    Thu, 01/04/2021 - 16:00

    (B2) Le groupe aéronaval français, constitué autour du porte-avions Charles de Gaulle, a pris mercredi (31 mars) le commandement de cette coalition maritime américaine dédiée à la lutte contre Daech

    (crédit : Ministère des armées)

    Cette task-force est l’une des composantes des forces navales américaines déployées dans la région du golfe arabo-persique, dédiée à la lutte contre Daech, avec un oeil particulier donc « vers les théâtres de Syrie et d’Irak au sein de l’opération Inherent Resolve (OIR) » précise l’état-major des armées dans un communiqué. La TF 50 évolue sous les ordres de l’USNavCent (United States Naval Forces Central Command), l’état-major naval américain régional, dirigé par le vice-amiral Samuel Saparo, qui a sous ses ordres la Ve flotte US. C’est la seconde fois que le Charles-de-Gaulle occupe ce rôle, « à la demande des États-Unis ». La première c’était en 2015-2016 dans le cadre de la mission ‘Arromanches’.

    Le groupe aéronaval, est composé de la frégate multi-missions Provence, la frégate de défense aérienne (FDA) Chevalier Paul, le bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) Var et la frégate belge Léopold 1er.

    (J-S.B. st.)

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    La Russie propose sa contribution à quatre projets de la PESCO dont le SCAF !

    Thu, 01/04/2021 - 10:20

    (B2) C’est une demande pour le moins surprenante que vient de recevoir ce jeudi (1.04) le bureau de Josep Borrell, le Haut représentant de l’UE

    (crédit : MOD Russe)

    Participer aux projets de la PESCO serait bénéficiaire à tous

    La lettre est signée de Vladimir Chizhov, l’ambassadeur russe auprès de l’UE à Bruxelles. S’engouffrant dans la brèche ouverte par la demande américano-canadienne de participer à un projet de la PESCO (lire : Trois pays de l’OTAN seront bien associés au projet PESCO de mobilité militaire), Moscou propose ni plus ni moins ses bons offices pour participer à plusieurs projets de la PESCO. « Ce serait bénéficiaire pour tous ». Quatre projets sont a priori visés dans la missive russe :

    • 1. La mobilité militaire – projet mené par les Pays-Bas ;
    • 2. l’école de renseignement interarmées – projet mené par la Grèce ;
    • 3. le partage de bases – projet mené par la France ;
    • 4. l’eurodrone, partie prenante du SCAF – projet mené par l’Allemagne.

    Des arguments russes frappés au bon coin de l’ironie

    Les arguments russes sont frappants, non dénués d’une certaine ironie, voire d’un certain humour que certains pourraient juger déplacé en pleine recrudescence de l’épidémie de Covid-19. « Pour atteindre des territoires comme l’Afghanistan ou les autres continents [sous entendu la Chine], par avion comme par navire ou train, la Russie est un point incontournable » (mobilité militaire) « Nous avons une bonne expérience à vous proposer notamment sur Daech. Et pouvons vous proposer des stages dans des pays du pourtour méditerranée où la Russie a une vue particulièrement aiguisée » sous entendu Syrie et Libye. 3. « Notre base maritime en Crimée offrirait un point d’appui intéressant » (partage de bases). 4. « Notre industrie aéronautique a un savoir faire acquis qui pourrait être utile pour permettre de mener à terme ce projet dans les délais ». NB : le programme Altius développé par UZGA à Kazan vise à développer un drone de ce type (cf. Air & Cosmos).

    La participation aux exercices

    Loin de s’arrêter là, l’ambassadeur russe propose même de renforcer la coopération Russie-UE en organisant un « exercice commun , sur le modèle de Zapad, mais avec une dominante plus aérienne et maritime, de Lisbonne à Vladivostok, de l’Atlantique au Pacifique en 2024 ». Soit juste 80 ans après le débarquement anglo-américain. Il propose même un nom à cet exercice, en souvenir de cette célèbre escadrille de pilotes français engagés en Russie : « Normandie-Niemen 2024 »… Selon nos éléments, une autre lettre aurait été adressée au commissaire européen Thierry Breton, pour demander la participation des entreprises russes dans le prochain appel d’offres du Fonds européen de défense. À confirmer…

    (NGV)

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    Fin d’astreinte dans le Battlegroup pour la DSK allemande

    Wed, 31/03/2021 - 19:26

    (B2) La Division Schnelle Kräfte de l’armée allemande, unité formée de soldats allemands et néerlandais, a terminé mercredi (31.03) sa mission en stand-by pour le battlegroup, le groupement tactique de l’UE

    Le drapeau européen est baissé dans la caserne Herrenwald à Stadtallendorf. Au salut, le le général de division Hannemann (à droite) et son adjoint néerlandais, le général de brigade Timmermans (à gauche) (crédit : Bundeswehr/Frederik Ströhlein)

    Outre l’Allemagne et les Pays-Bas, sept autres pays (Irlande, Autriche, Tchéquie, Croatie, Lettonie, Finlande et Suède) ont participé à l’astreinte.

    Une prolongation nécessaire

    Le corps germano-allemand, sous le commandement du général de division Andreas Hannemann, était de permanence au titre du second semestre 2020. Mission qui a été prolongée jusqu’à fin mars 2021 faute de combattants. La faute à la pandémie de coronavirus. Aucun autre pays n’était en mesure de prendre le relais le 1er janvier. C’est normalement un battlegroup dirigé par l’Italie avec l’Autriche, la Croatie, la Hongrie, frappés de plein fouet par le Covid-19 qui devait assurer la relève.

    Une certification par défaut

    L’épidémie a aussi un peu bousculé les procédures habituelles. Il n’était « plus possible de certifier l’ensemble de la troupe lors de l’exercice European Challenge 2020 (EUCH 20) prévu à Wildflecken et Hammelburg » explique la Bundeswehr sur son site. C’est la certification précédemment effectuée « au niveau national qui été utilisée comme référence ». « La crise du Corona nous a soudainement donné un cadre complètement différent » reconnait le général Hannemann. Du début à la fin, le groupement tactique est resté cependant capable de se déployer pour une mission extérieure dans un délai de 5 à 10 jours après l’alerte, comme le veut le concept d’origine de cette force de réaction rapide. L’Allemagne devrait reprendre son rôle de nation-cadre dans la conduite d’un battlegroup (EUBG) pour l’année 2025, sous la responsabilité de l’Eurocorps.

    Un dispositif inusité

    Précisons que depuis le début, aucun groupement tactique n’a pu être déployé, soit faute de volonté politique, soit par manque de compétence technico-militaire du battlegroup de permanence sur la zone concernée.

    (NGV)

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    Frappe de Bounti. Des civils étaient bien sur place affirme la MINUSMA. Paris critique le rapport (v2)

    Tue, 30/03/2021 - 15:55

    (B2) La frappe de l’armée française sur Bounti, au centre Mali, le 3 janvier, a tué 19 civils indique un rapport de la mission des Nations-Unies au Mali publié ce mardi (30 mars). 

    La présence de civils et d’hommes armés

    La Division des droits de l’Homme de la Minusma confirme plusieurs éléments. 1° « la tenue d’une célébration de mariage qui a rassemblé sur le lieu de la frappe une centaine de civils » . 2° Parmi eux, la présence de « cinq personnes armées, membres présumés de la Katiba Serma ». 3° Au moins 22 personnes, dont trois des membres présumés de la Katiba Serma présents, ont été tuées (19 directement, 3 lors de leur transfert). 4° Au moins huit autres civils ont été blessés lors de la frappe. 5° Les victimes sont tous des hommes âgés de 23 à 71 ans dont la majorité habitait le village de BountI (ou Bounty selon les orthographes). Le rapport de l’ONU confirme donc notre analyse d’une confusions entre civils et rebelles armés (lire Frappe de Bounti : deux versions différentes qui convergent ? L’hypothèse d’une demi-bavure reste latente).

    Vigoureux démenti des Armées et critique du rapport

    Le ministère français des Armées affirmait avoir frappé uniquement des djihadistes, rassemblés à l’écart du village, et hors de toute présence de civils pour un mariage (lire : Frappe aérienne à Bounti. Aucun dégât collatéral affirment Maliens et Français). Il maintient sa version « avec constance et avec force » dans un communiqué publié aujourd’hui. « Les forces armées françaises ont effectué une frappe aérienne ciblant un groupe armé terroriste identifié comme tel. » Paris attaque même de façon vigoureuse la fiabilité du rapport et sa « méthodologie » qui appelle de « nombreuses réserves ». « Elle oppose des témoignages locaux non vérifiables et des hypothèses non étayées à une méthode de renseignement robuste des armées françaises, encadrée par les exigences du droit international humanitaire ». Et le ministère de nier que « ce rapport apporte une quelconque preuve contredisant les faits décrits par les forces armées françaises ».

    Des règles strictes de collecte d’information

    L’enquête de la MINUSMA a pourtant été effectuée avec toute la rigueur possible, affirme-t-on du côté de l’ONU. L’équipe a observé des « règles strictes de collecte d’information et de témoignages » afin de s’assurer non seulement du respect des « plus hauts standards » en la matière, mais également « de la crédibilité, la pertinence et fiabilité des éléments collectés ». L’équipe a organisé des « entretiens présentiels individuels avec au moins 115 personnes et avec au moins 200 personnes lors des réunions groupées, et réalisé plus d’une centaine d’entretiens téléphoniques ».

    Des préoccupations importantes, une demande d’enquête

    Pour la Minusma, cette frappe soulève des « préoccupations importantes » quant au respect des principes de la conduite des hostilités, notamment le « principe de précaution » et l’obligation de faire tout ce qui est « pratiquement possible pour vérifier que les cibles sont bien des objectifs militaires ».

    Une demande d’enquête indépendante, crédible et transparente

    Au terme de l’enquête, la MINUSMA fait trois recommandations aux autorités maliennes comme françaises : 1° diligenter une « enquête indépendante, crédible et transparente » afin d’examiner les circonstances de la frappe et son impact sur la population civile de Bounti ; 2° revoir les processus de préparation d’une frappe ainsi que des critères utilisés pour déterminer la nature militaire de l’objectif ; 3° établir les différentes responsabilités et se préparer (le cas échant) à octroyer « une réparation appropriée » aux victimes et aux membres de leurs familles.

    Commentaire : si certains arguments du ministère des Armées peuvent être entendus, notamment sur le risque d’une propagande terroriste, cette sortie apparait pour le moins maladroite et totalement à rebours de la position habituelle de la diplomatie française. Ne pas répondre à des demandes classiques d’un rapport, comme l’enquête indépendante, est pour le moins brutal et déconcertant. Ce type d’échappatoire pourrait se retourner vite contre ses auteurs et coller longtemps aux basques du gouvernement français, Le Quai d’Orsay demande régulièrement ce type d’enquête en cas d’incident. Cela a été le récemment pour la Biélorussie, la Chine ou la Russie, et se voyant tout aussi régulièrement octroyer une fin de non-recevoir. En utilisant le même procédé que certains régimes autoritaires, la France s’est tirée une balle dans le pied et risque de semer plus de confusions que de clartés.

    (Nicolas Gros-Verheyde)

    le communiqué de la MinusmaTélécharger Le Rapport de la MinusmaTélécharger

    Mis à jour à 17h45 et 18h avec d’autres éléments du rapport + la demande d’enquête indépendante + le commentaire

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    Nouveau commandant de force. Nouveau navire-amiral. Et mandat prolongé… l’opération Irini se poursuit

    Tue, 30/03/2021 - 14:58

    (B2) L’opération européenne de contrôle de l’embargo international (armes et pétrole) au large de la Libye a reçu un nouveau mandat de deux ans. Jusqu’au 31 mars 2023. L’Italie reprend le flambeau de la Grèce

    Le San Giorgio, nouveau navire amiral de l’opération Irini (crédit : MOD Italie)

    Un Italien commandant de la force navale

    C’est le capitaine de vaisseau italien Stefano Frumento (promu contre-amiral) qui prend la tête de la force navale de l’Union européenne (EUNAVFOR Med) à partir de jeudi (1er avril) au large de la Libye. Originaire de Savone, il s’était distingué notamment en commandant le Nave Grecale, au plus fort de la crise des migrants. En juillet 2014, il avait ainsi recueilli à bord près de 600 migrants, comme le rapportait alors le quotidien La Repubblica. Le Nave Grecale était une des premières frégates italiennes engagées dans les opérations de secours de migrants au large de la Libye dans le cadre de l’opération nationale Mare Nostrum, démarrée en octobre 2013. Plus récemment, il a commandé le GOI (Gruppo Operativo Incursori), le groupement des nageurs de combat de la marine italienne (son corps d’origine), avant de prendre en 2019 le commandement du porte-avions Giuseppe Garibaldi (C-551). NB : Son passage dans l’opération européenne n’est donc pas anodin. Et il pourrait un propulseur vers d’autres postes dans l’avenir.

    Changement de pavillon pour le navire-amiral

    Le contre-amiral Frumento remplace son homologue grec Theodoros Mikropoulos qui assurait le commandement depuis le 19 octobre 2020. Il opérera à bord de l’ITS San Giorgio (L-9892) qui sera le nouveau navire amiral. L’équipage du navire de débarquement porte-hélicoptères est un bon connaisseur de la zone et des opérations européennes. Le San GIorgio était le navire amiral de l’opération Irini durant l’été 2020 (lire : Le navire-amiral italien de l’opération Irini, le San Giorgio, arrive en renfort et Changement de navire amiral à EUNAVFOR Med Irini) . Il a aussi officié dans l’opération précédente, Sophia, notamment pour assurer la formation des garde-côtes libyens (lire : Les premiers garde-côtes libyens diplômés ! Le San Giorgio quitte le bord).

    Prolongation de deux ans

    L’opération Irini vient d’être prolongée pour une durée de deux ans, avec un mandat quasi-inchangé. Seule modification importante : des précisions sur les conditions de déroutement des navires et du sort des matériels militaires saisis (destruction ou transfert dans un autre pays). (Lire : L’opération EUNAVFOR Med Irini prolongée de deux ans. Des précisions sur le déroutement des navires). Le commandement de l’opération reste aux mains d’un Italien, le contre-amiral Fabio Agostini, qui exerce ses fonctions depuis le QG de Rome.

    (Nicolas Gros-Verheyde)

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    Cabo Delgado. Ca chauffe à Palma (Mozambique). Attaque en règle de djihadistes

    Sun, 28/03/2021 - 23:31

    (B2) La ville de Palma – au nord du Mozambique, dans le Cabo Delgado – est depuis mercredi (24.03) le théâtre d’une attaque en règle de groupes armés terroristes. Attaque plutôt organisée et massive si on en croit les sites locaux

    Une des résidences de Palma prises sous le feu (crédit : Africain Century)

    Une attaque très organisée

    L’attaque, très coordonnée, a commencé à Palma, mercredi (24.03) à 16h15 indique un communiqué publié jeudi par le ministère mozambicain de la Défense. Les assaillants « sont entrés dans directions : 1) le passage de Pundanhar, Manguna, 2) la Via Nhica do Rovuma, et 3) l’aérodrome ». Précisons que celui-ci est situé à six kilomètres de la ville et sert de porte d’entrée principale à Afungi, où se trouvent les installations des entreprises qui explorent le gaz naturel. dans trois directions. Elle a été menée par au moins 100 hommes armés, en tenue militaire. selon le site local communautaire Pinnacle News.

    Les habitants en fuite

    Les habitants ont fui comme ils pouvaient. Certains vers la forêt ou vers la Tanzanie. D’autres vers le port ou la plage. Plusieurs navires se relayant pour effectuer un pont naval en rapatriant plusieurs centaines de personnes vers la ville de Pemba situé à plusieurs dizaines de km plus bas sur la côte. D’autres, dans la péninsule d’Afungi, ont pu trouvé refuge auprès des forces militaires qui les ont accueilli des citoyens dans d’immenses caches.

    A l’Hôtel Amarula Palma

    Quelque 200 personnes, presque tous des travailleurs des installations d’exploitation du gaz naturel liquéfié (GNL), se sont d’abord dirigées vers l’hôtel Amarula Palma. Un des plus récents de la ville. Une première tentative d’exfiltration par hélicoptères a permis d’évacuer quelques personnes (des responsables gouvernementaux surtout). Mais elle a dû s’interrompre. Une autre tentative par la route a été effectuée, vendredi (26.03). Mais au moins sept d’entre eux ont été abattus alors qu’ils étaient évacués. D’autres ont été blessés, dont un Portugais. Ses jours ne sont pas en danger a précisé le président, Marcelo Rebelo de Sousa, aux journalistes du Palais de Belém, selon la presse portugaise. D’autres sites ont été attaques, tels le, Palma Villages. Une partie du personnel « 19 personnes qui travaillaient sur le site et 4 clients » ont pu être secourus [samedi] 27 mars « au matin sous un feu nourri » précise le groupe Africain Century dans un communiqué. Les « efforts se poursuivent pour localiser les autres.

    Les deux tiers de la ville détruite, dizaines de victimes civiles, au moins 21 soldats tués

    Le nombre de victimes est incertain. Mais il pourrait être élevé. La situation est dramatique selon Pinnacle News. « Les deux tiers de la Vila Sede de Palma ont été incendiés durant trois jours d’attaques consécutives. Il y a des dizaines de civils avec des corps décapités ou abattus. Au moins 21 soldats ont également été tués au combat. » Les témoignages des habitants qui ont fui parlent de plusieurs personnes tuées, et de corps d’adultes et d’enfants dans les rues. La situation reste confuse, car militaires et djihadistes portent parfois le même uniforme.

    Communications mobiles coupées

    Toutes les communications mobiles sont coupées. Le relais central de l’opérateur mobile local Vodacom a explosé. Mais des messages audios ont pu parvenir à Pinnacle News, en utilisant des lignes de communication alternatives fournies par la multinationale Total. La plus grosse unité de santé de la ville a été « occupée » par les djihadistes, le personnel médical ayant « fui ». Les trois agences bancaires ont été la cible d’attaques.

    Une situation suivie de près à Bruxelles, Paris et Lisbonne

    Du côté européen, on affirme suivre de près la situation. Le Mozambique a d’ailleurs été une des questions abordées dans l’entretien qu’ont eu en bilatérale les ministres français (Jean-Yves Le Drian) et portugais (Augusto Santos Silva) en marge de la ministérielle de l’OTAN, mardi (23 mars), selon nos informations (confirmée par la présidence portugaise). (NB : le Portugal assure la présidence du Conseil de l’UE). La question d’aller plus loin et de mettre en place un soutien européen à la formation des forces anti-terroristes mozambicaines est clairement sur la table.

    La mise en place d’un soutien européen sécuritaire à l’étude.

    Entre l’humanitaire et le développement, « la dimension sécuritaire est aujourd’hui la plus faible de la coopération européenne avec le Mozambique. C’est celle qui doit augmenter. Avec probablement une mission de formation militaire, une mission non exécutive. » indiquait fin janvier Augusto Santos Silva dans une interview exclusive à B2, juste après une mission exploratoire à Maputo. « Il faut intervenir, appuyer les autorités mozambicaines et travailler avec les acteurs de la région, dont la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), avant que le problème ne prenne une autre dimension… Il est de notre intérêt d’éviter la contamination régionale des réseaux terroristes et des liaisons de ses réseaux avec toutes sortes de trafics. »

    Environ 2000 rebelles

    Même s’il Il n’y a « pas de calcul précis du nombre d’insurgés au Nord du Mozambique, les estimations les plus crédibles signalent moins de 2000 personnes » parmi eux. Le ministère portugais a réitéré jeudi (25) son « engagement à renforcer la coopération avec le Mozambique, tant au niveau bilatéral qu’au niveau de l’Union européenne, en vue de soutenir la stabilisation de la situation dans la province de Cabo Delgado ».

    La reprise de Total avortée et un relais sécuritaire

    Cette attaque survient à un moment critique. Le Français Total, bien implanté au Mozambique, venait tout juste d’annoncer son retour dans la zone et la reprise de la construction du site destiné à produire du gaz liquéfié. Retour interrompu aujourd’hui Tandis que le contrat de Dyck Advisory Group (DAG) , société privée sud-africaine, qui assure une partie de la sécurité avec des hélicoptères prend fin début avril (le 6), les forces armées du Mozambique (FADM) devant prendre le relais avec des hélicoptères, fournis par un autre privé, Paramount. Un hélicoptère de type russe Mi-8 (transport), a déjà rejoint le terrain. Et une quinzaine de pilotes mozambicains ont été formés à la Paramount Technical Training Academy, pour piloter des hélicoptères Gazelle selon le site Zitamar. Tandis que des pilotes ukrainiens seront aux commandes de Mi-17 (plus récent que le Mi-8) et Mi-24 (hélicoptère d’attaque).

    (Nicolas Gros-Verheyde)

    1. La violence est endémique au Cabo Delgado région au Nord du Mozambique. Au moins 38 civils sont déjà morts ce trimestre (avant le 19mars) selon la base de données ACLED, et 330 en 2020.
    Mozambique. Réflexion lancée pour une EUTM. Il faut agir vite avant d’avoir un État islamique en Afrique centrale (Santos Silva)

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    Les chars Leclerc français en présence avancée dans le froid estonien

    Fri, 26/03/2021 - 20:30

    (B2) Le détachement français a officiellement pris ses quartiers dans le camp militaire estonien de Tapa jeudi (25.03), aux côtés des Britanniques. Un déploiement dans le cadre de la présence avancée renforcée de l’OTAN aux frontières avec la Russie

    Un détachement de 300 militaires

    Fort de 300 militaires, le détachement de l’armée de Terre sera déployé jusqu’en mars 2022. Il comprend un sous-groupement tactique interarmes (SGTIA) à dominante blindé, composé de douze chars Leclerc (deux pelotons), un peloton de reconnaissance et une section de combat d’infanterie (avec 8 véhicules blindés de combat d’infanterie ou VBCI et 21 véhicules blindés légers ou VBL), une section de combat du génie (avec deux engins blindés du génie) et une équipe d’observation et de coordination des feux.

    Le tout complété par un élément de soutien national (ESN), composé d’un détachement logistique (avec 2 dépanneurs de chars Leclerc, 6 porte-engins blindés et 7 porteurs polyvalents logistiques ou PPLOG), d’un détachement prévôtal et d’un détachement de contre-ingérence. Le colonel Bruno Démésy, issu des transmissions et ancien chef du département médias de la DICOD, assure le rôle de représentant national (Senior national representative) au sein de l’état-major britannique.

    Un déploiement au titre de la présence avancée renforcée

    La France déploie tous les ans un contingent militaire alternativement en Estonie au sein du bataillon multinational britannique et en Lituanie au sein d’un bataillon multinational allemand. Ce qu’on appelle dans l’armée française la mission Lynx correspond à la posture de présence avancée renforcée décidée au sommet du Pays de Galles en 2014 entre les Alliés de l’OTAN pour ‘réassurer’ ses pays les plus à l’Est (Baltes et Polonais) soumis à une pression croissante de la Russie.

    La Lettonie est couverte aujourd’hui par un bataillon multinational canadien, basé à Adazi, avec des Espagnols, Slovaques, Slovènes, Albanais et Monténégrins, et Polonais. En Lituanie, le bataillon multinational allemand, basé à Rukla, comprend des Néerlandais, Luxembourgeois, Norvégiens, Islandais, Tchèques). La Pologne est couverte par un bataillon multinational américain essentiellement, basé à Orzysz, avec un soutien belge et britannique.

    (NGV)

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    Un groupe armé rebelle neutralisé par l’opération Barkhane

    Thu, 25/03/2021 - 23:14

    (B2) La force Barkhane a procédé jeudi (25.03), en fin de matinée, à une frappe neutralisant un « groupe armé terroriste » (GAT) à 60 km au Nord de In Deliman (dans le cercle d’Ansongo). Cette frappe a été ordonnée « après une phase de renseignement et d’identification » ayant permis de « caractériser la présence et le regroupement d’un groupe armé terroriste » annonce l’état-major des armées (France). Au cours de la frappe, 3 motos ont été détruites.

    (NGV)

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    Le 18e A400M arrive, avec de toutes nouvelles capacités

    Thu, 25/03/2021 - 20:37

    (B2) Un nouveau appareil de transport de type A400M Atlas a été réceptionné à Séville (Espagne) mercredi (24 mars) par la direction générale de l’armement.

    C’est le 18e de la série. Mais il s’agit pour la France du premier A400M doté d’emblée des deux nouvelles capacités certifiées en mai 2020 par la DGA et ses homologues des six autres pays partenaires du programme. La première est la possibilité de larguer jusqu’à 58 parachutistes par les deux portes latérales de l’avion en simultané. La seconde est la capacité de suivi de terrain à très basse altitude en mode automatique dans les conditions de vol à vue, « une première mondiale pour un avion de transport » affirme-t-on pas peu fier à la DGA.

    L’appareil doit être livré à l’armée de l’Air et de l’Espace dans les prochains jours.

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    Le Grace A inspecté par l’opération Irini

    Tue, 23/03/2021 - 18:22

    (B2) L’équipe de visite de ITS Borsini (P-491), le patrouilleur de haute mer de la marine italienne, est montée à bord du Grace A, un cargo battant pavillon du Cameroun, au large de la Libye, vendredi dernier (19.03). Objectif : contrôler que le navire n’était pas en infraction avec l’embargo international sur les armes à destination de Libye.

    Le Grace A (crédit : EUNAVFOR Med Irini)

    « Rien de suspect n’a été trouvé à cette occasion. Et le navire a été autorisé à poursuivre sa route » précise Josep Borrell, le haut représentant de l’UE, dans un tweet. Le chef de la diplomatie européenne a pu assister quasiment en direct à l’inspection, ayant visité le QG de l’opération. C’est la neuvième inspection menée par l’opération IRINI depuis un an. NB : Le ‘Grace A’ est un vieux client des marines européennes. Il y a un an, des soupçons s’étaient fait jour sur la possibilité que le ‘Grace A‘ soit utilisé pour transporter du matériel militaire turc vers le gouvernement de Tripoli en Libye, en violation de l’embargo sur les armes imposé au pays.

    (NGV, avec JSB st.)

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