Donald Trump incarne une dérive sans précédent de la puissance américaine. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, aucun dirigeant n’a utilisé les moyens militaires et économiques des États-Unis avec autant de mépris pour le droit international et les intérêts des autres nations.
Face à son échec en Iran, il menace de réduire le pays à « l’âge de pierre » en détruisant ses infrastructures, et a déjà prouvé que ces déclarations ne relèvent pas de la simple rhétorique. Privé de conseillers pour le modérer, son équilibre mental interroge, tandis que ses décisions unilatérales menacent les alliés des États-Unis, au premier rang desquels figure l’Europe.
Souvent critiquée par Donald Trump pour son manque de soutien, l’Europe refuse tout de même de s’engager dans un conflit pour lequel elle n’a pas été consultée. Donald Trump remet en cause l’OTAN, exige une allégeance aveugle et piétine les valeurs européennes, tout en aggravant les crises économiques et sociales. Les médias français reprennent par ailleurs trop souvent le narratif américain, oubliant que cette guerre illégale et irresponsable ne profite ni à la population iranienne ni à la stabilité mondiale.
Sous couvert de démocratie, le président américain impose une logique de domination où la force prime sur la raison, un retour en arrière dangereux avec les moyens destructeurs du XXIᵉ siècle. L’Europe doit-elle continuer à subir cette dérive, ou est-il temps qu’elle réaffirme ses valeurs et condamne la force brute ?
Mon analyse dans cette vidéo.
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Bruxelles met en garde contre le risque d'une « escalade dangereuse » en cas de nouvelles attaques
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« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort » Jean 11 :25
Les grandes Familles
– KIEMA à Nassobdo, Tibga, Fada , Ouagadougou , Cote d'Ivoire
– SINGBEOGO à Tibga, Fada et Ouagadougou
– YOUMA à Fada, Tibga et Ouagadougou
Les familles alliées
– YOUGBARE à Diabo, Fada, Diapaga et Ouagadougou
– SAWADOGO à Ouagadougou
– KI à Ouagadougou, Toma
– Les enfants : Ivan, Ivon et Chris
Vous remercient très sincèrement pour votre présence et vos soutiens
multiformes lors de la maladie, du rappel à Dieu le dimanche, 22 mars 2026
à Fada Gourma, suivi de l'inhumation au cimetière route Pama , le lundi 23
mars 2026 à Fada de leur fille, petite-fille, nièce , épouse, mère, KIEMA Wendyam
Chantal.
Les sincères remerciements vont particulièrement :
Aux pasteurs de l'Eglise Biblique de la Vie profonde de Fada, du Centre Chrétien d'Evangélisation et d'Edification / Eglise SILOE
A Monsieur YADGO Alexandre
Aux frères et sœurs en christ,
Aux proches, amis, connaissances, voisins du quartier et collègues
A toutes les personnes qui, de près ou de loin, les ont soutenus durant cette douloureuse épreuve. Puisse Dieu rendre à chacun le centuple de ses bienfaits.
La présidente de la Commission européenne suggère aux dirigeants européens de s'inspirer du calme des chevaux pour surmonter les multiples crises
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La Police nationale a démantelé un réseau spécialisé dans l'usurpation d'identité et l'escroquerie en ligne, le mardi 18 mars 2026 à Ouagadougou, à l'issue d'une opération menée par le Commissariat de Police de l'arrondissement n°9.
Selon les services de sécurité, les mis en cause utilisaient des procédés bien rodés pour piéger leurs victimes. Ils acquéraient frauduleusement des numéros de téléphone, créaient de faux profils sur les réseaux sociaux, puis appâtaient leurs cibles à travers de fausses promesses d'aides financières, d'investissements à gains rapides ou de prêts bancaires fictifs. Une fois la confiance établie, les échanges étaient transférés sur Whatsapp où les présumés escrocs exigeaient divers frais, notamment des frais de dossier ou de décaissement.
Les investigations ont révélé que les fonds soutirés étaient immédiatement transférés vers des numéros situés hors du territoire national, rendant leur traçabilité plus complexe. Le réseau utilisait également d'autres stratagèmes pour renforcer sa crédibilité et multiplier les victimes.
Grâce à une collaboration étroite avec la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), les opérateurs de téléphonie mobile et les populations, trois membres actifs du groupe, tous de nationalité étrangère, ont été interpellés. Du matériel comprenant des téléphones portables, des cartes SIM et divers objets, a été saisi.
Lefaso.net
Source : Police nationale du Burkina
Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS, autour des conséquences de la guerre en Iran sur les pays du Golfe.
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Magnus Brunner avertit que le conflit au Moyen-Orient « soulève des inquiétudes dans le domaine de la sécurité »
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Les responsables du Centre Tifinagh ont rencontré la presse le 4 avril 2026 pour présenter leur programme d'activités et attirer l'attention sur le patrimoine linguistique de la communauté Tamasheq. Le tifinagh est un alphabet ancien des Kal-Tamasheq, qu'ils entendent promouvoir comme composante des valeurs culturelles nationales.
Ag Sidi Tiral a conduit la conférence de presse au nom du Bureau exécutif de la sous-commission nationale de langue tamasheq. Il a insisté sur la nécessité de préserver et de transmettre l'écriture de leur communauté que beaucoup de Burkinabè découvrent encore. Le responsable du centre a fait savoir que la sous-commission nationale de langue tamasheq évolue sous la tutelle du ministère chargé de l'enseignement de base, à travers les structures nationales dédiées à la valorisation linguistique. Son programme 2026 s'articule autour de cinq axes : organisation interne, activités scientifiques, promotion culturelle, alphabétisation et traduction, ainsi que le développement du Centre Tifinagh.
Mais l'essentiel de la rencontre a porté sur le tifinagh lui-même. Sur les kakemonos dressés au sein du centre, l'alphabet apparaît sous forme de signes géométriques simples, accompagnés d'équivalents phonétiques et d'exemples de transcription. Un autre kakemono présente le Dytaniè en langue tamasheq, traduite en français, signe de la volonté des promoteurs de montrer que cette écriture n'est pas seulement patrimoniale, mais aussi vivante et utilisable dans des contenus contemporains.
Selon Ag Sidi Tiral, le tifinagh est un système d'écriture très ancien dont l'origine remonterait à plusieurs siècles avant Jésus-Christ. « Le tifinagh est un système d'écriture très ancien, millénaire », a-t-il affirmé, en rappelant que plusieurs travaux scientifiques situent son apparition entre le VIe et le IVe siècle avant notre ère.
Cet alphabet est aujourd'hui utilisé dans plusieurs pays par les populations berbères, notamment au Maroc, au Mali, au Niger, en Algérie et au Burkina Faso. Chez les Kal-Tamasheq, il demeure un marqueur identitaire fort, employé historiquement dans les correspondances, les poèmes, mais aussi dans la décoration des bijoux féminins et des armes masculines.
La conférence de presse a également mis en lumière les difficultés historiques ayant affecté son usage. Le responsable a évoqué deux formes de domination ayant freiné sa transmission : la colonisation arabo-islamique et la colonisation française. Selon lui, des croyances dissuasives ont longtemps circulé autour de cette écriture, au point de décourager certains apprentissages. Pendant la période coloniale française, le recours à des interprètes francophones aurait progressivement réduit l'usage direct du tifinagh dans certains espaces administratifs.
Malgré cela, l'alphabet a traversé les générations grâce à la persistance des communautés tamasheq sahéliennes. Pour les responsables du centre, cette continuité justifie aujourd'hui un effort structuré de diffusion. Le futur centre national Tifinagh, en préparation, devra organiser des séances d'apprentissage, produire des supports pédagogiques et élargir la connaissance de cette écriture à un public plus large.
Au-delà de la dimension linguistique, les promoteurs de la langue Tamasheq y voient un enjeu culturel et social. « L'objet principal du présent point de presse est de faire connaître l'existence du tifinagh », a insisté le responsable, estimant que cette reconnaissance participe au renforcement de la cohésion sociale et du vivre-ensemble au Burkina Faso.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
Promotrice de CHISAM, Amamat Ouédraogo nous ouvre aujourd'hui les portes de sa cuisine pour partager l'une de ses recettes fétiches : les lasagnes. Un plat d'origine italienne, certes, mais revisité avec l'âme chaleureuse de nos tables africaines. Entre couches de pâtes généreuses, sauce bolognaise parfumée et béchamel onctueuse, Amamat nous invite à un voyage culinaire accessible à toutes les mains, même les moins aguerries. Sortez vos plats à gratin, la leçon commence.
Lefaso.net
« Nous demandons une réévaluation de nos relations et une renégociation du statut selon les conditions prévues pour 2026 », a déclaré le député Chrisis Pantelides
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Après des années de réflexion, l’Europe doit choisir le symbole qui ornera ses billets pour la prochaine décennie
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Selon une source, l'accord de coopération avec l'université de Téhéran remonte à 2007
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Cette affaire relance le débat sur les limites du contrôle des discours en France au nom de la lutte antiterroriste
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Également dans l'édition de mardi : la lettre de Brunner, le nouveau visage de l'euro, les coupes de cheveux militaires, les bases britanniques à Chypre
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Le dossier dit « Amidou Tiégnan » (détournement de plus de trois milliards au ministère en charge de l'humanitaire), dont le contenu a été dévoilé au public dans le procès en direct en décembre 2024, suivi en mars 2026 de la deuxième partie de la même affaire, a actualisé des pratiques qui défient les mœurs administratives, professionnelles, voire sociales. C'est à juste titre donc, que de nombreux Burkinabè ont accueilli le dénouement du dossier, comme la fin de l'impunité et un avertissement pour tout agent ou commis de l'administration publique que les ressources de l'Etat doivent être gérées dans l'intérêt général et non servir à des causes personnelles ou de clans. C'est du reste, ce qui a motivé la diffusion en direct du jugement. Il a, en outre, permis de mesurer la responsabilité que l'Etat, à jouer en amont pour une administration efficace et intègre, au service des usagers et du développement du pays. La justice a pleinement fait son job, à savoir sanctionner les coupables à la hauteur des actes incriminés. Désormais, la balle est entre les mains d'autres institutions, car le procès a également soulevé à la charge de l'Etat, la nécessité de travailler à supprimer les facteurs et ingrédients des détournements de deniers publics et actes de corruption dans l'administration publique.
La réflexion est d'autant cruciale que l'administration publique est, en simple, le moteur de la vie nationale. De nombreux Burkinabè sont convaincus que cette affaire de détournement de milliards des caisses de l'Etat à des fins personnelles, n'est qu'une partie visible de l'iceberg. Plusieurs rapports d'études, produits par des institutions nationales et organisations comme la Cour des comptes, l'Autorité supérieure de contrôle d'État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) et le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) qui abattent déjà un énorme travail dans le sens de la moralisation de l'administration publique et la gestion des ressources publiques, étayent bien les réalités de cette préoccupation de détournements de deniers publics et actes de corruption de façon générale. Ces pratiques qui impliquent des personnes revêtues de mandat public, usant de la qualité de fonctionnaire ou de personne chargée d'un service public, pour s'approprier des ressources à des fins personnelles.
Inutile de s'attarder sur les conséquences multiples et multiformes que ces pratiques impliquent pour la société toute entière. Dès lors, l'Etat se doit de s'entourer de suffisamment de mécanismes qui lui permettent de minimiser les risques d'être permanemment victime, de ceux-là même qui sont sensés le protéger et faire en sorte qu'il assume pleinement sa vocation.
Pour cela, des actions semblent essentielles (même si elles n'expliquent aucunement, en elles seules, ces pratiques coupables, de nombreux agents tenant haut les valeurs tant recommandées, malgré tout). Certaines de ces suggestions sont d'anciennes attentes de catégories de Burkinabè, dont les syndicats.
Il s'agit d'abord de la question des traitements ; ils sont nombreux à, depuis des années, dénoncer l'iniquité dans le système de rémunération des agents publics de l'État. Le sujet se présente aujourd'hui pour certains comme un facteur qui contribue à dégrader le niveau de conscience dans l'administration publique burkinabè, tant il suscite et nourrit des ressentis. L'Etat a tout à gagner, en y trouvant la bonne parade.
Ensuite, l'effort doit payer, le mérite récompensé. Il faut que l'État fasse davantage en sorte que les agents sentent que chacun est payé et récompensé à la hauteur de ses efforts et mérite. Cela peut conduire à une administration efficace, avec pour avantage d'amenuiser les pratiques de corruption. Ce qui implique également de combattre, sans état d'âme, le népotisme et autres favoritismes qui ouvrent généralement la voie à toutes les pratiques de passe-droit et d'atteintes aux mœurs administratives.
Une autre leçon à tirer de ce dossier, c'est la nécessité d'étendre les enquêtes de moralité. L'Etat dispose de possibilités pour évaluer le comportement, la probité et les valeurs éthiques de tout agent entrant en fonction (surtout dans les domaines sensibles) ou appelé à être promu à un poste considéré comme tel. Pour certaines responsabilités ou domaines de la vie, le passé de l'individu doit être pris en compte (une personne nourrie par des attitudes de fraudes, de son cursus scolaire à l'entrée dans l'administration devra, à la limite, être suivie de près). Au Burkina, il est certes bien écrit que « nul ne peut postuler à un emploi de fonctionnaire, s'il n'est de bonne moralité », mais certaines réalités à ciel ouvert poussent à s'interroger sur ce que recouvre réellement cette condition générale.
L'Etat doit également mettre l'accent sur l'épanouissement du secteur privé. Créer un cadre propice à l'entreprenariat et au dynamisme du secteur privé n'est pas seulement créer de la richesse et pourvoir en emplois, c'est aussi faire de la stabilisation socio-économique, donc de l'épanouissement, de la sérénité générale.
Enfin, le piège des prêts tendu aux élèves fonctionnaires dès l'école. Cela se traduit par la ruée des institutions bancaires dans ces écoles professionnelles, pour une sorte d'opérations de charme. Si l'idée en elle-même n'est pas mauvaise, le manque d'éducation financière, dans un pays où de nombreux jeunes n'ont pas, jusqu'à leur admission au concours, côtoyé une certaine somme d'argent, ne contribue pas à construire des serviteurs du peuple sereins durant leur carrière. Sur ce point, un cadre de banque de la place y est allé à cœur ouvert : « Je suis banquier, je fais du business, je suis capitaliste, je cherche le profit. Mais, je pense, personnellement, qu'il faut éviter de donner des crédits dès l'école, surtout à des gens qui n'en ont pas besoin. Il faut prendre crédit quand ça répond à un besoin. Malheureusement, on distribue des crédits à des élèves fonctionnaires, il y en a même qui n'en ont pas besoin. On charge chacun déjà à l'école avec des millions, à tel point que la personne est déjà mal partie ».
Pour l'interlocuteur, la lutte contre les détournements de deniers publics et des actes de corruption dans l'administration publique doit commencer par un encadrement efficient de ces aspects qui, parfois, échappent à la vigilance générale. « Quelqu'un qui commence ainsi, ne verra jamais son salaire net dans sa vie, parce que dès l'école, on coupe le crédit. Beaucoup de fonctionnaires travaillent, mais n'ont jamais touché leur salaire normalement. Alors que la richesse, c'est une accumulation de l'épargne. Mais si déjà étant à l'école, la banque lui donne 1,500 000 F, 2 000 000F, l'élève en formation n'est même pas préparé à gérer une telle somme. Et en tant que jeune, il va dilapider. Après, quand il aura les vraies charges, femme, enfants, il est-là et ne peut pas joindre les deux bouts, tout simplement parce qu'il a fait un mauvais départ. Des gens qui s'endettent pour 5, 7 ans, pour payer une moto de luxe. Et si on la vole ou on l'endommage, il repart, on fait un revolving, c'est-à-dire on lui donne un autre crédit et ça ne fait que l'enfoncer. Ce sont des aspects sur lesquels l'Etat doit sérieusement plancher, il ne faut pas aider à pousser les élèves fonctionnaires dans le gouffre, pour préparer quel type d'administration publique ? L'agent sort déjà avec des problèmes ou commence à être rattrapé par le piège, quelques années seulement après avoir commencé à travailler. Mais comment faire, puisque derrière ce système, ce sont des affaires, il y a un lobbying. Et comme on est dans un monde où les gens veulent aussi paraître, ils prennent de grosses motos, de gros portables et après, ils n'arrivent pas à joindre les deux bouts, donc ils tombent dans des pratiques de corruption pour pouvoir joindre les deux bouts ou maintenir leur rythme de vie », dépeint l'argentier dans cette actualité de procès sur le détournement de trois milliards au ministère en charge de l'action sociale, renforçant ainsi la suggestion d'interpeller également l'Etat …
Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net
Au-delà des dépenses immédiates liées aux consultations, aux médicaments ou à l'hospitalisation, la maladie entraîne des conséquences bien plus profondes et souvent ignorées. Dans cet entretien, le Dr Alassane Maïga, spécialiste en santé publique, met en lumière ces « coûts invisibles » qui affectent durablement les patients, leurs familles et même la société dans son ensemble. Impacts psychologiques, déséquilibres familiaux, perte de productivité ou encore appauvrissement progressif ; autant de réalités silencieuses qui accompagnent la maladie. Face à ce constat, le spécialiste insiste sur l'importance de la prévention, encore trop négligée, comme levier essentiel pour préserver à la fois la santé et les ressources des ménages.
Lefaso.net : Quand on parle du coût de la maladie, on pense souvent aux frais d'hospitalisation ou aux médicaments. Mais qu'en est-il du coût non visible de la maladie ?
Dr Alassane Maïga : Quand on parle de coûts invisibles, qu'est ce qu'on appelle souvent ce qui ne se fait pas ressentir tout de suite et maintenant. Quand vous êtes malade et que vous partez pour consulter, ce que vous ressentez, c'est les frais que vous payez pour consulter, pour faire les examens et les frais pour payer les médicaments ou parfois les frais d'hospitalisation et de soins. Mais il y a d'autres coûts qui sont indirects, qui ne se font pas ressentir tout de suite, mais qui après vont avoir un impact considérable sur votre vie et sur la vie de votre famille. C'est ce qu'on appelle le coût indirect ou invisible. Invisible parce qu'on ne paye pas ça tout de suite.
Et pourquoi est-il important d'aborder cette dimension souvent ignorée dans nos sociétés ?
C'est important d'aborder cette dimension parce que les gens ne ressentent pas tout de suite que lorsque qu'ils préviennent une maladie, ils économisent et gagnent en temps et productivité. Les gens prennent le temps ou ne partent pas du tout consulter jusqu'à ce que la situation arrive à un niveau critique avant de se rendre à l'hôpital. Les coûts exorbitants liés à la prise en charge ne se ressentent pas tout de suite parce qu'ils se disent je suis malade, je vais me soigner, alors, qu'il est plus important, qu'on puisse prévenir pour éviter que ce coût n'impacte pas la vie de la famille. On planifie nos mariages, nos projets de carrière, tout mais on ne planifie pas notre santé jusqu'au jour où on tombe malade, on se rend à l'hôpital et en ce moment, bonjour les dégâts financiers. Mais puisque ça sort de la poche, on ne ressent pas cela tout de suite. Et pourtant, ça a un impact sur beaucoup d'aspects de notre vie.
Mais justement, au-delà des dépenses médicales, quels sont les impacts psychologiques d'une maladie sur un patient ?
Quand vous êtes malade, vous avez le sentiment de perdre votre estime. Vous avez ce sentiment que vous êtes isolé. Vous êtes le seul à ressentir votre mal. Mais vous avez aussi le sentiment que vous pouvez perdre la vie parce que quand on est malade, souvent cela nous rappelle qu'on peut mourir. Et donc tout ce stress fait que la maladie nous rappelle à quel point il est important de prévenir. Mais puisque on le dit souvent en Afrique, on dit que le conseil ne conseille pas, ce sont les conséquences qui conseillent. Malheureusement ! Alors que dans d'autres contrées, les gens privilégient beaucoup plus la prévention parce que quand vous prévenez, vous limitez les dégâts à plusieurs niveaux. Déjà votre système reste intact, vous gagnez beaucoup plus en productivité, vous gagnez beaucoup plus en thème d'économie sur les aspects de votre vie.
La maladie peut-elle affecter la stabilité familiale ?
Évidemment ! La maladie peut même mettre fin à l'amour entre deux personnes. Imaginez un conjoint qui est diagnosticé d'un cancer. Vous savez que le cancer, quand il est malin, on n'arrive pas à guérir. On est amené à prendre des médicaments, faire de suivi jusqu'à la fin de sa vie, jusqu'à ce que Dieu décide. Donc lorsque vous prenez le cas de cette personne, rien que les médicaments, le suivi, les examens épuisent la poche. Et en ce moment, votre conjoint qui vous supportait et qui vous aimait bien va commencer à se dire mais elle commence à peser vraiment sur mes économies. Et à un certain moment, ça peut vraiment éclater totalement la famille puisque les proches qui contribuent aux soins, qui arrêtent leur travail pour venir vous rendent visite, cette situation va avoir un impact sur eux. Et à un certain moment, vous serez seul, tout le monde sera fatigué de vous accompagner surtout quand c'est une maladie chronique qu'on ne peut pas guérir. Vous êtes tout le temps amené à aller pour des soins, pour des examens, pour un suivi et ce sont vos proches qui vont aussi avoir un impact sur leur vie. Donc vraiment ça peut contribuer à dégrader totalement les liens familiaux et les relations souvent sentimentales.
Vous avez tantôt parlé des maladies chroniques. Est-ce que les maladies chroniques ont un coût social plus lourd que celle aiguë ?
Évidemment, parce que chronique veut dire que ça dure dans le temps. Et ce qui dure dans le temps, épuise financièrement. Donc forcément, ça va avoir un coût plus que les maladies aiguës. Les maladies aiguës sont spontanés. Quand vous avez un paludisme, vous avez trois jours de prise en charge et c'est fini. Mais quand vous avez une hypertension artérielle, vous êtes amené à faire des examens et à prendre des médicaments à vie. Donc forcément, ce n'est pas le même coût. Que ce soit financièrement, en termes de productivité ou en matière de lien de relation familiale, les maladies chroniques ont un coût, plus important que les maladies aigües.
De façon générale, peut-on dire que la maladie contribue à l'approvisionnement des ménages ?
Selon les données de base de l'Organisation mondiale de la santé, pour 2024, près de 25 % des revenus de famille des ménages en Afrique subsaharienne partent dans les dépenses de santé. Vous comprenez déjà l'ampleur. On est parfois dans un cercle vicieux où la maladie conduit à la pauvreté, la pauvreté conduit à la maladie parce que quand vous êtes malade, vous vous soignez et les soins vont vous épuiser financièrement, ce qui vous conduit à la pauvreté. Quand vous êtes pauvre, vous n'avez pas de l'argent pour vous soigner. Cela crée un cercle vicieux. Évidemment la maladie contribue à l'appauvrissement des familles parce que jusqu'à présent, l'État fait beaucoup d'efforts car actuellement on est dans une dynamique de couverture sanitaire universelle avec l'assurance maladie qui a déjà commencé.
Quels sont les autres impacts sur les aidants qui accompagnent un malade sur une longue durée ?
C'est ce qui nous permet de nous rendre compte que la maladie a beaucoup plus d'impact invisible que justement ce qu'on voit parce que déjà quand vous êtes malade, vous êtes allité ou hospitalisé, il faut que vous ayez des accompagnants, des gens qui vont vous aider à vous nourrir, faire certaines choses. Ces personnes doivent laisser leur travail, donc ils ne sont plus productifs. Vos parents sont amenés à vous rendre visite. Ils vont laisser leurs travails et leurs occupations pour venir vous rendre visite. Donc cela va avoir un impact sur toute la famille, sur toutes vos relations parce qu'ils sont appelés à vous soutenir. Que ce soit moralement, que ce soit financièrement, ils doivent vous soutenir, donc forcément, ce soutien qu'ils vous apportent a un poids sur leur vie et sur leur productivité. Donc en réalité quand on tombe malade, c'est toute la société qui est touchée raison pour laquelle il est important de tout faire pour prévenir.
Peut-on éviter réellement certaines maladies grâce à la prévention ?
Il y a beaucoup de maladies qu'on peut éviter grâce à la prévention ou même au moins influencer si on ne peut pas éviter. Quand vous prenez par exemple des maladies comme la variole, la polyomélite, la rougeole, ce sont les programmes de vaccination qui font partie de la prévention qui ont permis d'éviter des milliers de morts. Donc évidemment, la prévention aide parce que non seulement au niveau de l'Etat ça aide. Mais au niveau des individus, quand vous prenez des maladies que sont par exemple l'hypertension artérielle, le diabète, c'est notre mode de vie, notre façon de nous alimenter qui crée une surcharge qui contribue à ce que ces maladies se manifestent donc si vous arrivez à bien vous comporter, à avoir une bonne hygiène de vie toutes ces maladies peuvent être évité à moins que vous n'ayez une partie génétique parce qu'il y a des maladies qui ont des facteurs génétiques. Les maladies qui ont des facteurs génétiques, quel que soit ce que vous faites, vous serez touché. Mais vous pouvez retarder l'apparition de la maladie ou bien l'apparition des symptômes ou bien même son évolution vers les complications par votre façon de vivre, par votre mode de vie. Donc c'est pourquoi il est important de maximiser la prévention parce que c'est ce qui va nous permettre de vivre bien et de vivre longtemps.
Parlant de la prévention, il y a trois types de prévention. Quelles différences peuvent faire ces préventions primaires, secondaires et tertiaires ?
La prévention primaire, comme son nom l'indique vient en premier. Elle vient en amont de la maladie. L'objectif, c'est de faire en sorte qu'on applique les mesures de prévention pour réduire l'incidence de la maladie. Les programmes de communication pour le changement de comportement, les sensibilisations, les programmes de vaccination font partie de la prévention primaire. Il y a maintenant la prévention secondaire. Lorsque la communication, l'éducation pour la santé et les vaccinations n'ont pas permis d'éviter que la personne tombe malade et qu'elle est quand même malade, Il y a la prévention secondaire dont l'objectif vise justement à limiter l'évolution de la maladie vers les complications ou bien à limiter les rechutes et les récidives. Maintenant, quand tout cela échoue, il y a la prévention tertiaire qui va permettre quand quelqu'un a le cancer par exemple qu'on lui apporte des palliatifs, ce qui va permettre de l'accompagner. Ce sont les trois niveaux mais ce sont des niveaux qui sont interconnectés. Les préventions primaire, secondaire et tertiaire sont interconnectées et dans le programme d'éducation pour la santé tout est mis ensemble.
Mais est-ce que la prévention coûte plus cher que le traitement ?
Alors, je vous prends juste un exemple ; la maladie rénale et puis l'hypertension artérielle. L'insuffisance rénale est une maladie qui lorsqu'elle arrive au stade terminal a beaucoup d'impact sur la vie parce que les soins coûtent hyper cher, notamment l'hémodialyse. Vous avez la possibilité d'appliquer certaines mesures simples en ne retardant pas vos urines, en buvant suffisamment d'eau pour faciliter la filtration et en évitant l'automédication. Certaines tisanes et médicaments traditionnels dont le dosage ne sont pas bien maîtrisé, joue sur le rein. Si vous arrivez à avoir une bonne hygiène, vous allez éviter l'insuffisance rénale. Mais si vous tombez malade et que l'insuffisance rénale arrive à un stade terminal où il n'y a que la dialyse qui peut vous sauver, allez-y vous demandez le prix d'une dialyse. Si n'est pas que maintenant le gouvernement dans sa dynamique d'amélioration a fait que les prix ont baissé, avant, une dialyse pouvait prendre tout un salaire d'un mois pourtant il peut arriver à faire deux dialyses par semaine ou une par semaine alors que vous êtes appelé à faire cela toute votre vie. Quand je prends la question de l'hypertension artérielle, c'est vrai qu'il y a d'autres facteurs qui interviennent mais si vous arrivez à contrôlez votre tension, à pratiquer du sport, limitez votre consommation du sel, vous pouvez éviter la maladie. Ce n'est pas comparable à lorsque vous êtes malade et qu'on vous prescrit un médicament. Donc quand on compare un peu même les coûts de ce que la prévention coûte par rapport à ce qu'on injecte dans les soins, il n'y a même pas de comparaison à faire. La prévention c'est notre arme. Si on rate cette étape, on doit pouvoir faire face aux conséquences. Sans oublier le fait que le système de santé lui-même coûte énormément au budget de l'État. Les médicaments, les vaccins, les appareils qu'on met à disposition de la population, c'est parce que l'État les subventionne. Le fait d'adopter une bonne attitude de prévention, en réalité contribue au développement du pays parce que cela permet à l'État de réduire considérablement les dépenses liées à la santé et de pouvoir les injecter dans d'autres domaines de développement comme l'agriculture, la sécurité alimentaire ou l'éducation et autres.
La prévention est-elle uniquement une responsabilité individuelle ?
Il faut dire que c'est plutôt un contrat parce que quand vous êtes malade, ce n'est pas le président du Faso qui est malade. Il ne ressent pas la maladie. Ce pas le ministre de la santé qui est malade. C'est vous qui êtes malade. Donc la responsabilité nous incombe individuellement d'abord parce que quand on est malade, c'est d'abord nous. Maintenant, comme nous sommes dans un État et on n'est pas supposé avoir toutes les informations pour prévenir, l'État est chargé maintenant d'accompagner pour qu'on ait accès à l'information sur les maladies, sur les signes, sur les moyens de prévention. Mais vous en tant qu'individu, la responsabilité vous incombe de mettre en pratique les mesures de prévention pour ne pas tomber malade parce qu'une fois que vous tombez malade, tout le monde le ressent.
Comment intégrer davantage la culture de la prévention dans nos habitudes quotidiennes ?
Nous mettons des incassables à nos téléphones, on les coquille bien, mais notre tête qui permet d'exploiter le téléphone, on ne le protège pas. Vous voyez déjà là qu'il y a une question de mentalité. Ce n'est même pas d'abord une question de connaissance, mais une question de mentalité. Nous révisons nos motos chaque mois. Mais notre corps, on ne le revise jamais. Le corps a besoin de révision et la révision du corps est chez le médecin. Le médecin peut vous recevoir même quand vous n'êtes pas malade. Il ne faut pas attendre d'être malade avant d'en savoir plus sur votre état de santé parce qu'il y a des maladies qui sont silencieuses et quand ça se déclenche, lorsque vous arrivez à ressentir les symptômes, c'est que c'est arrivé à un niveau grave. Et à partir de ce moment, vous comprenez que vous allez dépenser beaucoup pour pouvoir vous soigner. Parfois vous n'aurez même pas le pouvoir d'en guérir. Et pourtant ! Il suffit simplement de pouvoir aller chez le médecin faire un bilan de santé et dans le bilan de santé on va vous faire les examens qui vont vous permettre de savoir si vous avez déjà la maladie ou pas. Si vous ne l'avez pas vous êtes tranquille, vous vivez tranquillement. Mais si vous l'avez, on pourra prendre en charge efficacement et cela vous permet de vivre bien longtemps.
Mais vous qui êtes sur le terrain, est-ce que les populations sont suffisamment sensibilisées au bilan de santé régulier ?
Je n'ai pas vraiment de preuves d'études qui ont été réalisées qui prouvent que les populations sont suffisamment sensibilisées. Mais je sais qu'il y a beaucoup d'efforts qui sont consentis à ce niveau. Il y a l'État qui contribue beaucoup à travers les services du ministère de la Santé. Il a beaucoup d'efforts qui sont consentis pour que les moyens de prévention puissent être vulgarisés.
Que recommandez-vous concrètement aux familles pour limiter ces coûts invisibles ?
C'est très simple. De la même façon que nous révisons nos motos, véhicules, nos téléphones et nos ordinateurs, il faut également protéger le corps de cette manière. Et la révision du corps, c'est aller chez le médecin, faire un bilan de santé. Le médecin va vous prescrire un certains nombres d'examens pour voir s'il a des maladies qui sont déjà là ou pas. S'il n'y a pas d'anomalies, vous êtes tranquille. S'il se trouve qu'il y a des maladies, le médecin va vous soigner. Plus tôt vous vous soignez, le mieux s'est parce qu'il a des séquelles qui sont irréversibles. Il y a des maladies qui vous laissent avec une paralysie totale comme par exemple l'accident vasculaire cérébral. Il y a des maladies qui vont vous laisser aveugles. Donc il y a des maladies qui restent des cycles irréversibles. Le plus tôt vous prenez le mieux c'est. Ce qu'on conseille aux populations, c'est de prêter attention à notre corps. Il faut aussi suivre les mesures de prévention que le gouvernement arrive à vulgariser. Ce sont des gestes assez simples qui ne demandent pas beaucoup d'efforts mais juste de la discipline. Quand vous arrivez à discipliner votre vie, vous allez vivre mieux et longtemps. La maladie écourte nos rêves. Donc il ne faudrait pas qu'on permette cela parce que notre pays a besoin de nous, la société a besoin de nous pour qu'on puisse se construire. C'est pourquoi on doit de plus en plus prêter attention à notre état de santé. A partir de maintenant, chacun doit mettre dans ses habitudes de faire un bilan de santé au moins deux fois par an. Cela coûte 100 fois moins cher que l'investissement que vous allez mettre dans une maladie pour vous soigner sans être sûr que vous serez guéri et sans compter même l'impact qu'il y a sur votre famille parce que la famille va mettre la main dans la poche et ils vont vous assister. Donc pour éviter tout cela, il faut veiller sur notre corps comme on veille sur nos téléphones, nos ordinateurs, nos moteurs, nos voitures et nous allons voir que le résultat sera positif. Nous vivrons mieux et plus longtemps.
Lefaso.net