La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), en collaboration avec les forces de défense et de sécurité, conduit depuis le lundi 29 décembre 2025 une opération nationale de contrôle de la carte d'affiliation des transporteurs routiers. L'opération, qui s'est poursuivie ce 30 décembre, vise à faire respecter la réglementation, à améliorer le recouvrement des cotisations sociales et à garantir la protection des travailleurs du secteur.
L'opération, dénommée "Opération nationale de contrôle de la carte d'affiliation des transporteurs routiers (OCA)", mobilise la Police nationale, la Gendarmerie nationale et les équipes de la CNSS. Elle se déroule de jour comme de nuit sur plusieurs axes routiers du pays. Selon le secrétaire général de la CNSS, Dieudonné Kaboré, l'objectif est à la fois de sensibiliser, d'encourager les transporteurs en règle et d'amener les récalcitrants à se conformer à la loi.
« Le message fort que je voulais donner aux transporteurs, c'est de rappeler que la carte d'affiliation est un document, comme tout autre document prévu par la loi. C'est comme le document d'assurance et le document de visite technique. La carte permet aux chauffeurs routiers de conduire le véhicule et c'est la garantie même qui permet à la Caisse nationale de prendre le chauffeur routier en charge en cas de difficultés. Vous savez que lorsqu'on conduit un véhicule, il y a des risques professionnels. Donc, je voulais appeler l'ensemble des transporteurs à poursuivre l'effort des déclarations, du paiement des cotisations, ce qui permet effectivement de protéger leurs travailleurs », a souligné le secrétaire général de la CNSS, Dieudonné Kaboré.
Il n'a pas manqué d'encourager les agents de la CNSS ainsi que leurs collaborateurs que sont les forces de sécurité qui les accompagnent jour et nuit dans cette opération.
Instituée par le décret nᵒ 2023-131 et renforcée par l'arrêté conjoint du 19 novembre 2024, la carte d'affiliation est désormais obligatoire au même titre que l'assurance ou la visite technique. Elle permet de prouver l'immatriculation du chauffeur et la régularité des cotisations sociales de l'employeur, gages d'un accès aux prestations sociales (retraite, prestations familiales, prise en charge en cas d'accident de travail).
Les premiers constats révèlent un nombre important de véhicules en règle, mais également certains cas d'irrégularité. Sur l'axe Ouaga-Pô, 423 véhicules ont été contrôlés en une journée, révélant 225 employeurs à jour et 21 en situation irrégulière. Des fiches d'identification sont établies et des mises en demeure seront adressées aux contrevenants afin de régulariser les cotisations.
« Depuis le lancement de l'opération, nous n'avons connu aucun incident. L'opération se passe sans souci. Le constat que nous faisons est qu'il y a beaucoup d'agents qui ne sont pas immatriculés pour le moment. Donc, après la sensibilisation, eux-mêmes, ils se rendent compte qu'ils étaient dans l'erreur. Ils partent rapidement se mettre à jour et reviennent chercher les documents. Car si nous constatons que l'agent est en infraction, on maintient les documents, on fait la fiche d'identification. Ce dernier va à la direction générale, fait l'immatriculation, il paie les cotisations et il revient prendre ses documents. Nous appelons toujours les différents partenaires à se mettre au sérieux pour au moins affilier les agents et éventuellement payer les cotisations sociales car cela y va de leur avenir », a expliqué Caroline Fané, contrôleur de recouvrement.
Les organisations de chauffeurs et plusieurs conducteurs rencontrés saluent une opération bénéfique pour leur avenir professionnel et social. Ils encouragent les employeurs à collaborer pour garantir les droits des travailleurs.
À entendre le représentant de l'Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB), Moussa Traoré, les opérations de recouvrement sont une bonne initiative qui aide les chauffeurs non seulement quand ils sont toujours en fonction, mais également à la retraite.
« L'affiliation a beaucoup d'avantages dans la mesure où, en cas de disparition, même tes enfants pourraient en profiter. Grâce à l'affiliation aussi, les patrons ne peuvent plus renvoyer les chauffeurs comme ils veulent. Il y a des chauffeurs qui n'ont toujours pas d'affiliation parce que souvent, quand tu rentres de voyage, le patron récupère le véhicule et te laisse bredouille. Souvent aussi il y a des patrons qui appellent leurs chauffeurs pour leur dire de ne pas rentrer pour le moment juste pour éviter les contrôles. Nous demandons donc aux patrons de coopérer pour le bonheur de tous. Nous demandons également au gouvernement de redoubler d'efforts afin qu'aucun véhicule ne puisse échapper aux différents contrôles », a-t-il indiqué.
« Les opérations de recouvrement aident les chauffeurs non seulement quand ils sont toujours en fonction mais également à la retraite », a déclaré le représentant de l'Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB), Moussa Traoré« Je trouve que ce contrôle est une très bonne initiative parce que c'est pour notre bien. Les cartes d'affiliation nous aident. Par exemple en cas d'accident et aussi, lorsque nous irons à la retraite, nous savons au moins que nous pouvons compter sur quelque chose », a également confié Hamado Sawadogo, chauffeur.
La CNSS annonce que l'opération se poursuivra et pourrait connaître une phase de répression pour contraindre les transporteurs non conformes à se mettre en règle.
Hanifa Koussoubé
Anita Zongo
Crédit photo : Bonaventure Paré
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Willkommen zu „Klimazonen Europa Klasse 6: Wissen macht Spaß“! Dieser Artikel ist speziell darauf ausgelegt, Ihnen die faszinierenden Klimazonen Europas näherzubringen. Europa hat eine große Vielfalt an verschiedenen Klimazonen – von den eiskalten polaren Regionen bis hin zu den heißen und sonnigen Mittelmeergebieten. In diesem Überblick werden wir untersuchen, welche Merkmale diese Klimazonen haben und wie Sie das Leben in den jeweiligen Regionen beeinflussen.
Das Wissen über Klimazonen hilft nicht nur beim Verständnis der Wetterbedingungen, sondern auch bei der Planung von Aktivitäten und Reisezielen. Während die polare Klimazone durch extreme Kälte und lange Winternächte geprägt ist, bietet die gemäßigte Klimazone vier deutlich voneinander getrennte Jahreszeiten mit milden Wintern und warmen Sommern. Dies zeigt, wie vielfältig die klimatischen Bedingungen in Europa sein können und warum es so spannend ist, mehr darüber zu erfahren.
Seien Sie neugierig und bereit, in die Welt der europäischen Klimazonen einzutauchen. Egal ob Sie sich für die angesichts dieser Details oder für wetterbedingte Aktivitäten interessieren, Sie werden feststellen, dass jedes Klima seine ganz eigenen Besonderheiten und Schönheiten hat. Lassen Sie uns gemeinsam entdecken, was Europa in puncto Klima zu bieten hat!
Das Wichtigste in KürzeIn den polaren Klimazonen von Europa herrscht tiefste Kälte. Während des größten Teils des Jahres sind diese Gebiete von dickem Eis und Schnee bedeckt. Die Winternächte dauern hier besonders lange, was das Überleben in dieser extremen Umwelt herausfordernd macht.
Dazu mehr: Europa Open Air Frankfurt: Ein musikalisches Erlebnis
Subpolare Klimazonen: Kurze Sommer, lange Winter, niedrige Temperaturen Klimazonen Europa Klasse 6: Wissen macht SpaßSubpolare Klimazonen zeichnen sich durch kurze Sommer und lange Winter aus. Die Temperaturen bleiben im Allgemeinen niedrig, was bedeutet, dass es oft sogar im Sommer kühl bleibt.
Das Klima unserer Erde ist das, was wir zu überleben brauchen. – Stephen Hawking
Gemäßigte Klimazonen: Milde Winter, warme Sommer, vier JahreszeitenDie gemäßigten Klimazonen zeichnen sich durch milde Winter und warme Sommer aus. Zudem erleben diese Gebiete vier klare Jahreszeiten, die sich deutlich voneinander unterscheiden.
Mediterrane Klimazonen: Heiße Sommer, milde Winter, wenig RegenDie mediterrane Klimazone Europas zeichnet sich durch heiße Sommer und milde Winter aus. Während des Sommers sind die Temperaturen oft sehr hoch, während es im Winter angenehm mild bleibt. Zudem gibt es in dieser Region relativ wenig Regen, was das Klima insgesamt trocken macht.
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.table-responsiv {width: 100%;padding: 0px;margin-bottom: 0px;overflow-y: hidden;border: 1px solid #DDD;overflow-x: auto;min-height: 0.01%;} Klimazone Merkmale Typische Region Polare Klimazonen Tiefste Kälte, dickes Eis, lange Winternächte Nordnorwegen, Spitzbergen Subpolare Klimazonen Kurze Sommer, lange Winter, niedrige Temperaturen Island, Nördliches Skandinavien Gemäßigte Klimazonen Milde Winter, warme Sommer, vier Jahreszeiten Deutschland, Frankreich Mediterrane Klimazone Heiße Sommer, milde Winter, wenig Regen Spanien, Italien Atlantische Klimazone Mäßige Temperaturen, hoher Niederschlag, viele Wolken Vereinigtes Königreich, Nordwestfrankreich Kontinentale Klimazone Heiße Sommer, kalte Winter, wenig Niederschlag Russland, Mitteleuropa Hochgebirgsklima Kühle Sommer, kalte Winter, viel Schnee Alpen, Pyrenäen Atlantische Klimazonen: Mäßige Temperaturen, hoher Niederschlag, viele WolkenAtlantische Klimazonen: Mäßige Temperaturen, hoher Niederschlag, viele Wolken – Klimazonen Europa Klasse 6: Wissen macht SpaßDie atlantischen Klimazonen zeichnen sich durch mäßige Temperaturen aus, die im Sommer nicht allzu hoch und im Winter nicht allzu kalt sind. Dies führt dazu, dass es oft wolkig ist und ein hoher Niederschlag das ganze Jahr über vorkommt.
Zusätzliche Ressourcen: Air Europa online Check-in: Ihr Leitfaden
Kontinentale Klimazonen: Heiße Sommer, kalte Winter, wenig NiederschlagDie kontinentalen Klimazonen zeichnen sich durch heiße Sommer und kalte Winter aus. Typisch ist der geringe Niederschlag, was die Unterschiede in den Jahreszeiten besonders markant macht.
Hochgebirgsklima: Kühle Sommer, kalte Winter, viel SchneeDas Hochgebirgsklima zeichnet sich durch kühle Sommer und kalte Winter aus. Zudem fällt in diesen Regionen häufig viel Schnee, was die Landschaft fast das ganze Jahr über weiß bedeckt.
FAQ: Antworten auf häufig gestellte Fragen Was ist der Unterschied zwischen polarem und subpolarem Klima? Der Hauptunterschied zwischen polarem und subpolarem Klima liegt in den Temperaturen und den Dauer der Jahreszeiten. Polare Klimazonen sind durch extrem niedrige Temperaturen und sehr lange Winternächte gekennzeichnet, während subpolare Klimazonen kürzere Sommer und etwas höhere Temperaturen als die polaren Gebiete haben. Welche Pflanzen wachsen typischerweise in der mediterranen Klimazone? In der mediterranen Klimazone gedeihen häufig Pflanzen wie Olivenbäume, Zitrusfrüchte, Weinreben, Lavendel, Rosmarin und Thymian. Diese Pflanzen sind an die heißen, trockenen Sommer und milden, feuchten Winter angepasst. Wie beeinflusst das atlantische Klima das Leben in den betroffenen Regionen? Das atlantische Klima führt zu moderaten Temperaturen und häufigen Niederschlägen, was eine üppige Vegetation unterstützt. Landwirtschaft, insbesondere Grünlandwirtschaft, ist weit verbreitet. Die Menschen gewöhnen sich an feuchte Bedingungen und nutzen wetterfeste Kleidung und Ausrüstung im Alltag. Welche Outdoor-Aktivitäten sind in der gemäßigten Klimazone besonders beliebt? In der gemäßigten Klimazone sind Outdoor-Aktivitäten wie Wandern, Radfahren, Angeln und Skifahren besonders beliebt. Dank der vier Jahreszeiten bieten sich zu jeder Zeit verschiedene Freizeitmöglichkeiten an. Wie wirkt sich das kontinentale Klima auf die Landwirtschaft aus? Das kontinentale Klima mit seinen heißen Sommern und kalten Wintern kann die Landwirtschaft herausfordernd machen. Bauern müssen widerstandsfähige Pflanzen anbauen, die extreme Temperaturen überstehen können. Oft sind Getreide, Mais und Sonnenblumen verbreitete Anbaupflanzen.Der Beitrag Klimazonen Europa Klasse 6: Wissen macht Spaß erschien zuerst auf Neurope.eu - News aus Europa.
Le Tournoi de l'Espoir National de Tennis a pris fin le lundi 29 décembre dernier. Démarré le 26, sur les courts du stade Charles de Gaulles de Porto-Novo, où s'est déroulé toute la compétition, les participants ont connu diverses fortunes.
Il s'agit en effet, d'une compétition organisée par la Fédération béninoise de tennis (FBT), et motivée par plusieurs objectifs. Entre autres, préparer la relève, permettre aux joueurs de multiplier les tournois et de préparer ceux d'entre eux qui ont des tournois en vue dans la sous-région ou sur le continent.
En ce qui concerne l'édition de cette année, 89 joueurs dont 29 filles et 60 garçons y ont participé. Notamment les catégories des 12 ans et moins filles et garçons ; et 16 ans et moins filles et garçons. A l'issue, plusieurs finales ont été disputées lors de la clôture. Chez les 12 ans et moins filles, Saïzonou Gracia a battu Abigaël Dhossou en finale (6/4, Abandon). Dans la même catégorie mais chez les garçons, Ange Bébo a pris le meilleur sur Michel Allowakinnou 6/1, 6/2.
En revanche chez les 16 ans et moins filles, Honfoga Gisèle a battu Naomie Marete 6/0, 6/2 tandis que chez les garçons Bebo Juvénal a dominé Rodolphe Agoun 6/3, 6/4.
En deux sets le vainqueur dans la catégorie des 16 ans et moins garçons a expédié son adversaire, Rodolphe Agoun, qui au terme de la rencontre, a laissé entendre qu'il n'était pas dans un « beau jour ».
Pour sa part, le directeur technique national (DTN) de la FBT, Mathieu Oussou Azo a fait un plaidoyer en direction de l'instance de gestion de la balle jaune au Bénin afin qu'elle donne, à travers différents tournois, l'occasion aux joueurs de se frotter et d'être compétitifs.
Marcel H.
La ville d’Oran a été frappée, ce mardi, par un drame qui a profondément bouleversé les habitants. L’effondrement partiel d’un appartement situé au quatrième étage […]
L’article Oran endeuillée par l’effondrement partiel d’un immeuble ancien : le wali visite les lieux est apparu en premier sur .
Le grand imam El hadj Aboubacar Kassim Sana est décédé le mardi 30 décembre 2025 à Ouagadougou, à l'âge de 75 ans, des suites de maladie. L'annonce a été faite par la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), qui a présenté ses condoléances à la famille du défunt, ancien grand imam de la ville de Ouagadougou, à la oummah islamique et à la nation entière. Les détails des obsèques seront communiqués ultérieurement. Rappelons que mercredi 12 août 2020, le ministre d'Etat Siméon Sawadogo lui rendait visite après son retour de France, où il s'était rendu pour des soins, et avait prié pour qu'il puisse recouvrer la santé.
Lire le communiqué ci-après
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Les frappes américaines menées au Nigeria le jour de Noël 2025 relancent le débat sur la lutte antiterroriste en Afrique et, plus largement, sur le jeu des grandes puissances dans le système international. À travers une analyse inspirée du réalisme offensif, le politologue Jean-Baptiste Guiatin, à la lumière de l'analyse de John J. Mearsheimer, estime que cette intervention constitue une erreur stratégique majeure pour Washington. À travers le décryptage qu'il fait ci-dessous, le politiste invite les décideurs du continent, notamment sahéliens, à repenser souveraineté, agentivité et survie dans un monde qu'il qualifie d'impitoyable.
Les frappes américaines au Nigeria : les leçons du Professeur John J. Mearsheimer
Le 25 décembre 2025, jour de la célébration de Noël, sur ordre de son président Donald J. Trump l'armée américaine a tiré une douzaine de missiles TOMAHAWK sur le nord nigérian dans l'Etat fédéré de SOKOTO avec comme cibles les camps des terroristes de l'Etat Islamique au Grand Sahel (EIGS). Cette intervention militaire directe des Etats-Unis sur le continent noir n'est certes pas une première. On peut se rappeler, entre autres, des interventions américaines en Libye en 1986 et 2011, en Somalie en 1992-1993. Cependant, la spécificité des frappes américaines de Noël au Nigeria réside dans le fait qu'elles se sont passées dans un contexte ouest-africain marqué par la lutte contre le terrorisme depuis l'émergence de la secte islamiste BOKO HARAM au Nigeria en 2009. Mais, ce qu'on oublie souvent c'est que cette lutte contre le terrorisme islamiste se passe dans une dynamique de jeu de puissance entre superpuissances. Et c'est ce que Professeur John J. Mearsheimer veut nous faire comprendre.
Professeur John J. Mearsheimer est l'un des grands maîtres de la discipline des relations internationales côté américain, très influent dans le monde universitaire américain. Plus spécifiquement, il est le père fondateur de l'école néo-réaliste appelée le réalisme offensif dont la substance a été présentée dans son ouvrage devenu classique The Tragedy of Great Powers. C'est à travers le prisme de ce courant de pensée des relations internationales qu'il a nous commenté, le 27 décembre 2025 soit deux jours après l'événement, les frappes américaines au Nigeria. Qu'a-t-il dit dans sa vidéo YouTube d'une douzaine de minutes ?
Selon John J. Mearsheimer, les frappes américaines sur les camps terroristes islamistes à SOKOTO est non seulement une erreur, mais aussi un piège pour les Etats-Unis. L'attitude américaine n'est donc pas rationnelle du point de vue de l'école néo-réaliste des relations internationales. Voici les arguments qu'il a présentés pour défendre sa thèse.
D'abord, il a rejeté le discours officiel relayé par les médias américains, disant que les Etats-Unis sont en croisade pour protéger les chrétiens persécutés au Nigeria. Pour lui, le caractère séducteur de ce discours ne doit pas nous tromper. Il ne s'agit pas d'un réveil d'une superpuissance qui veut s'affirmer et rassurer, mais plutôt les convulsions d'un hégémon qui a perdu la tête car piégé par son hégémonie libérale. Dans le cas d'espèce, cette hégémonie libérale a pris la forme d'une croisade morale et religieuse où les Etats-Unis pensent qu'ils ont le droit de protéger les populations faibles dans une région dont la valeur stratégique pour la sécurité nationale des Etats-Unis est nulle.
Ensuite, il s'est appesanti sur le ratio du coût d'échange. En effet, il dit que les Etats-Unis n'ont pas fait une bonne affaire dans cette aventure dans la mesure où ils ont utilisé une douzaine de missiles TOMAHAWK de plus d'une vingtaine de millions de dollars pour des cibles d'une valeur de quelques milliers de dollars.
Troisièmement et enfin, il a parlé du coût stratégique de cette opération militaire américaine au Nigeria. Avant de nous montrer l'importance de coût stratégique, il a pris le soin de nous rappeler le principal postulat de l'école du réalisme offensif : le système international est une jungle dans laquelle il n'existe pas un vigile chargé de veiller sur la sécurité de chaque acteur international ; par conséquent chaque Etat doit s'occuper de sa propre sécurité. A l'heure actuelle au 21ème siècle, la principale menace existentielle pour les Etats-Unis n'est pas la menace islamiste au Nigeria, mais la Chine qui est une puissance montante et révisionniste.
La Chine est le seul acteur international, selon John J. Mearsheimer, à pouvoir concurrencer les Etats-Unis à armes égales dans l'Océan Pacifique. En effet, la Chine dispose de tous les atouts : une grande population, une richesse économique considérable et une sophistication technologique. Ces atouts vont, toujours selon John J. Mearsheimer, un jour permettre à la Chine de chasser les Etats-Unis de l'Asie. Voilà pourquoi la Chine doit être vue par l'administration américaine comme une menace existentielle. « C'est donc en Asie, plus précisément dans la partie occidentale de l'Océan Pacifique que l'histoire du monde au 21ème siècle s'écrira », dit-il.
Par conséquent, « chaque heure que le commandement américain AFRICOM passe à planifier des attaques au Nigeria, chaque missile TOMAHAWK que les Etats-Unis tirent sur le Sahel, chaque gramme de capital que les Etats-Unis investissent pour coordonner leurs actions avec les militaires nigérians, tout cela constitue des ressources qui ne ciblent pas l'Asie du Sud-Est, par conséquent, c'est une distraction. » Il continue en disant que dans un système international impitoyable marqué par le jeu de puissance, la distraction appelle la mort. La Chine, quant à elle, observe et se frotte les mains. Dans le reste de sa vidéo, John J. Mearsheimer nous montre comment à travers ces frappes américaines le Nigeria se retrouve dans une situation de passager clandestin où les Etats-Unis se battent à sa place et pour sa cause.
Quelles leçons tirer de cette interprétation néo-réaliste ? D'abord, il faudrait reconnaître à la suite des propos de John J. Mearsheimer que les frappes américaines de Noël ne vont pas subitement mettre fin à l'insurrection djihadiste au nord du Nigeria d'autant plus que de l'avis de certains analystes ces frappes ont été menées pour satisfaire l'électorat évangéliste du président Donald J. Trump, et ils en veulent pour preuve le timing même des frappes. En outre, il faut noter que cette insurrection islamiste est non seulement vieille de plus de quinze ans, mais aussi la résultante d'une situation socio-politique très complexe de l'Etat nigérian.
Ensuite, il faudrait retenir que le jeu de puissance entre acteurs étatiques dans le système international continue et est même déterminant dans la lutte contre le terrorisme. Cela implique donc que chaque Etat africain puisse d'abord, en son âme et conscience, déterminer les véritables enjeux de sa propre survie dans un système international que John J. Mearsheimer qualifie d'impitoyable. Ainsi, les politiques d'alignement systématique que l'on a l'habitude de voir dans les pratiques diplomatiques africaines devraient cesser. La seule boussole qui devrait compter est la survie à long terme de l'Etat africain dans un système international semblable à une jungle.
Enfin, la troisième leçon découle de la seconde en ce sens que comme le système international n'est pas un jardin de roses, il s'avère nécessaire pour les Etats africains, notamment ceux du Sahel confrontés à la menace terroriste islamiste, de cultiver et d'augmenter ce que les analystes appellent leur agentivité. Pour un Etat, l'agentivité est un concept qui désigne la capacité d'agir et d'être maître de soi. En plus, dans un système international impitoyable l'agentivité d'un acteur étatique est relative, c'est-à-dire que sa capacité d'agir et d'être maître de soi est mesurée à l'aune de celle des autres. Cette relativité est rarement prise en compte par les décideurs politiques africains ; et dans le pire des cas, elle est prise en compte à minima.
Or, la culture de cette agentivité est plus que nécessaire, surtout pour les Etats de l'Alliance des Etats du Sahel (AES) dont le nouveau positionnement diplomatique est essentiellement fondé sur la contestation et la déconstruction du système international euro-centrique. Sans cette agentivité, la survie de l'AES n'est pas imaginable car on pourrait alors se demander avec quelle force elle naviguerait en haute mer trouble du système international impitoyable. L'enjeu du moment est donc la culture et le renforcement de cette agentivité tout en se plaçant dans une perspective à très long terme.
En conclusion, il faut retenir que la sortie de John J. Mearsheimer est intéressante à plus d'un titre du point de vue africain. Au-delà des débats sur le respect ou le non-respect de la souveraineté de l'Etat fédéral du Nigeria lors de ces frappes américaines de Noël, l'analyse de John J. Mearsheimer devrait inspirer nos décideurs politiques à mieux comprendre la véritable nature du système international actuel. C'est un système impitoyable où la force militaire fait la loi ; c'est cette force que l'on appelle, dans le langage courant et avec euphémisme, le rapport de forces. C'est un environnement où chaque acteur étatique doit s'occuper de sa propre sécurité, sa propre survie, qui est son principal enjeu. D'où l'importance de l'agentivité. Le reste, c'est de la rhétorique !
Bonnes fêtes de fin d'année à tout le monde !
Que Dieu bénisse l'Afrique !
Dr. Jean-Baptiste GUIATIN
Assistant en Science Politique à l'Université Joseph Ki-Zerbo/Institut Burkinabè des Arts et Métiers (IBAM)
Fulbright 2016.
Le maire de la ville de Beni (Nord-Kivu) a lancé, dimanche 28 décembre, l’opération de démolition des boutiques et kiosques en planches situés le long de la route nationale numéro 4.
Le Stade Moulay Abdellah de Rabat abrite en ce moment un match décisif pour la dernière journée du Groupe D, entre la RDC et le Botswana. Ci-dessous, les moments-clés de la rencontre :
G. Kakuta élu l'homme du match Botswana-RDC (0-3)
90'+5 : T. Bongonda tire! Le coup de pied se situe au centre de la surface de réparation. Le tir est stoppé par le gardien botswanais.
88': Le tir de T. Bongonda manque le but. Le joueur a tiré le coup de pied de la tête.
Cet article projette les grands chantiers de coopération entre la Chine et l'Afrique qui doivent connaître leur vitesse de croisière en 2026 avec l'Année sino-africaine des échanges humains et culturels qui pointe différents créneaux de coopération. Un accent sera mis aussi sur cette coopération entre la Chine et le Burkina Faso
Les relations entre la Chine et les pays africains ont été structurées via le FOCAC, forum qui regroupe la Chine et 53 pays africains. En effet, lors du sommet tenu à Pékin en 2024, dont le thème était « Joining Hands to Advance Modernization and Build a High-Level China-Africa Community with a Shared Future » a été un moment fort de construction de cette coopération Chine-Afrique. L'un des résultats est l'action de désigner 2026 comme l'Année sino-africaine des échanges humains et culturels.
Les principaux objectifs de cette Année 2026
Cette initiative vise à renforcer l'amitié tous temps et la solidarité entre la Chine et l'Afrique. En plus on s'attèlera à promouvoir les échanges entre peuples, civils, culturels, scientifiques, éducatifs, touristiques entre la Chine et l'Afrique. (ex : formation, échanges de jeunesse, femmes, médias, etc.). On va s'appuyer sur la modernisation comme thème commun : la Chine s'engage à accompagner l'Afrique dans ses formes de modernisation, en s'adaptant aux conditions nationales africaines. Puis mettre en œuvre des « partenariats d'action » dans divers domaines (éducation, culture, technologie, connectivité, sécurité, etc) dans le cadre du plan 2025-2027.
Pourquoi cette Année 2026 est-elle pertinente ? Elle marque un point d'étape : 2026 correspond au 70e anniversaire du début des relations diplomatiques entre la Chine et l'Afrique. La Chine et l'Egypte ont noué des relations diplomatiques en 1956. Elle essaie d'attirer l'attention des Chinois et des Africains sur l'importance des échanges humains, d'échanges culturels et sociaux et leur force mobilisatrice dans les coopérations économiques et technologiques.
Les grands axes des échanges entre les peuples
L'Année sino-africaine des échanges humains et culturels, axée sur la dimension populaire, l'intégration et le partage, couvrira plusieurs domaines tels que l'éducation, la culture, le tourisme, les sciences et technologies, ainsi que les questions de bien-être public. Elle rassemblera diverses forces, notamment les jeunes, les femmes, les médias et les think tanks, afin de construire une structure d'échanges couvrant de multiples domaines, impliquant divers groupes et favorisant une interaction à multiples niveaux.
Autour des orientations centrales, une série d'activités spécifiques aux caractéristiques distinctives seront organisées : Dans le domaine des échanges de jeunes, sont prévus le Rassemblement de la jeunesse Chine-Afrique, le Forum culturel des jeunes Chine-Afrique, le Dialogue des futurs leaders Chine-Afrique et un concours d'innovation et d'entrepreneuriat pour les jeunes. En matière d'échanges culturels, seront lancés le Mois des échanges de la Route culturelle Chine-Afrique, la Conférence du dialogue des civilisations Chine-Afrique, le Rassemblement des arts martiaux Chine-Afrique, ainsi que des diffusions de programmes audiovisuels, des interactions entre influenceurs en ligne et l'organisation mutuelle d'expositions photographiques et de salons du livre. Dans le domaine de la coopération bénéfique pour les populations, se tiendront la Conférence Chine-Afrique sur la réduction de la pauvreté et le développement, l'initiative « Cent équipes médicales, mille villages » pour les équipes médicales envoyées à l'étranger, et des stages d'échange et de formation pour les responsables locaux africains sur la réduction de la pauvreté, afin de promouvoir la création davantage de jumelages entre villes chinoises et africaines.
Dans le domaine touristique, il s'agira de promouvoir des destinations africaines auprès des touristes chinois. En outre, seront organisés des activités telles que le stage « Modernisation à la chinoise et développement de l'Afrique », le Forum Chine-Afrique sur l'innovation, la coopération et le développement, ainsi que la mise en œuvre de projets d'autonomisation comme le Programme de renforcement des capacités des femmes leaders africaines. L'Année des échanges débutera par une cérémonie d'ouverture au cours de laquelle sera dévoilée la liste des activités clés, et se conclura par une cérémonie de clôture retraçant les résultats obtenus et incluant une performance artistique, formant ainsi un cycle complet d'activités.
La coopération entre le Burkina Faso et la Chine : vers une coopération de "Cerveaux" ?
L'horizon 2026 marque la fin de la période de "rodage" de la reprise des relations (depuis 2018). Le Burkina Faso ne se présente plus comme un simple receveur d'aide, mais comme un acteur stratégique qui utilise le partenariat chinois pour accélérer sa propre vision de développement.
La coopération entre la Chine et l'Afrique ne se limite jamais à une coopération de « Béton » (routes et bâtiments), mais pendant longtemps, les échanges culturels ne sont pas suffisamment valorisés par rapport aux échanges économiques. L'année 2026 inaugure l'ère du "capital intellectuel". En plaçant les échanges peuple à peuple au sommet de l'agenda, la Chine et l'Afrique reconnaissent que la pérennité de leur alliance repose sur un respect réciproque en matière de civilisation et sur une bonne compréhension entre la jeunesse, les chercheurs et les entrepreneurs.
Le Burkina Faso peut s'appuyer sur l'Année des échanges humains entre la Chine et l'Afrique pour aligner précisément les ressources autour de quatre dimensions clés, transformant ainsi les échanges humains en moteur de développement. L'approche centrale repose sur « utiliser les plateformes, promouvoir les projets et assurer la durabilité ».
Les recommandations spécifiques sont les suivantes :
1. Renforcer l'éducation et la formation des talents : Organiser des cadres dans des domaines tels que l'agriculture, l'énergie et les technologies numériques pour participer aux programmes de formation chinois ; promouvoir la création de centres d'enseignement professionnel ou de plateformes « chinois + compétences professionnelles » en collaboration avec des institutions locales, et partager des ressources éducatives numériques ; approfondir la coopération universitaire pour former conjointement des talents et établir des centres de recherche.
2. Favoriser les liens industriels et économiques : Profiter des activités culturelles pour organiser des rencontres ciblées dans les secteurs de l'énergie et de l'agriculture, attirer les investissements des entreprises chinoises dans des projets tels que les parcs solaires et agricoles ; mettre en relation de jeunes entrepreneurs avec des ressources chinoises dans le numérique et le commerce électronique pour développer de nouvelles activités comme le commerce transfrontalier ; promouvoir les produits locaux caractéristiques et faciliter la reconnaissance mutuelle des normes commerciales.
3. Approfondir la coopération culturelle, touristique et médiatique : Inviter les professionnels du tourisme et de la culture à participer à des formations chinoises, co-créer des circuits touristiques et organiser des événements comme des semaines culturelles ; participer à des programmes de coopération audiovisuelle et éditoriale, coproduire des contenus médiatiques et traduire des œuvres locales ; former des influenceurs locaux pour promouvoir le tourisme et les industries spécialisées.
4. Améliorer les conditions de vie et les capacités de gouvernance : S'inspirer de l'expérience chinoise en matière de réduction de la pauvreté et mettre en œuvre des projets pilotes tels que le commerce électronique rural ; obtenir des dons d'équipements médicaux et des formations pour le personnel soignant, renforcer la participation des femmes à la gouvernance ; favoriser les jumelages de villes et la collaboration avec les organisations civiles pour élargir les canaux de ressources.
En somme, 2026 est l'année de l'enracinement. Elle offre au Burkina Faso une plateforme unique pour projeter sa culture et ses talents sur la scène mondiale, tout en accélérant sa transformation structurelle.
Pr Alain-Joseph SISSAO, Directeur de recherche, Institut des Sciences des Sociétés (INSS) Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST),
Membre du Laboratoire Education Art et Communication, (LEAC/CNRST)
Membre du Laboratoire Littératures, Arts, Espaces et Sociétés (LLAES) Université Joseph KI ZERBO
Pr LI Hongfeng,
Doyenne de la Faculté d'Etudes africaines, Université des Langues étrangères de Beijing
Plus de vingt habitations ont été incendiées dans la nuit de dimanche à lundi 29 décembre, au village Bena-Bilala, territoire de Kazumba, dans la province du Kasaï-Central.
Selon des sources locales, les auteurs de ce drame seraient des membres d’une famille du village qui ont voulu venger la mort de leur frère, qu’ils croyaient assassiné. Toutefois, des informations concordantes indiquent que la victime aurait succombé à un excès d’alcool.
La Cour des Comptes du Burkina Faso a sanctionné, dans un arrêt rendu le 30 janvier 2025, deux anciens responsables du ministère des Droits humains et de la promotion civique (MDHPC) pour de graves irrégularités dans la gestion des marchés publics au titre de l'exercice 2019.
Cette décision fait suite à un audit financier et comptable achevé en décembre 2020, dont les conclusions ont été analysées par l'Autorité supérieure de contrôle d'État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC). Constatant des fautes de gestion, l'institution a transmis le dossier au Procureur général près la Cour des Comptes, conformément à la loi organique régissant ses attributions.
MPS., ancien directeur de l'administration et des finances, a été reconnu coupable de multiples manquements, notamment l'absence de garanties sur plusieurs marchés, l'exécution de dépenses sans ordre de service valable, la validation de services faits sans réception formelle, ainsi que l'émission de chèques sans contrat et l'omission de retenues fiscales. Il a admis l'essentiel des faits, évoquant son manque d'expérience et les contraintes liées à la création récente du ministère.
Son collègue, MKP, ancien directeur des marchés publics, a été sanctionné pour des irrégularités dans la planification et la passation des marchés, notamment l'engagement de plusieurs marchés sans plan prévisionnel et le fractionnement de commandes pour contourner les procédures légales.
Au terme de la procédure, la Cour a infligé une amende de 400 000 FCFA à MPS et de 300 000 FCFA à MKP.
Lefaso.net
Dans un discours prononcé devant les deux chambres du Parlement, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a dressé un bilan global de la situation […]
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La RDC s’est dotée d’une stratégie nationale de plaidoyer pour la reconnaissance des génocides.
Ce document a été validé mardi 30 décembre à Kinshasa, sous la supervision du ministre des Droits humains, Samuel Mbemba.
Haut Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l´Unité Nationale, en abrégé HCRRUN; un tel libellé d´une telle institution renvoie la plupart du temps aux efforts destinés à recoller les morceaux dans une société divisée, au sein de laquelle les citoyens, par le fait d´un long conflit armé fratricide, se regardent encore en chiens de faïence. Mais ici, nous sommes au Togo, un pays qui n´a jamais connu la guerre, mais un pays qui n´est pas forcément en paix non plus, depuis plus d´un demi-siècle. Un pays sous le joug d´une gouvernance politique brutale de père en fils, une gouvernance qui n´a pas pour but le développement du pays et l´émancipation sociale de ses habitants. Une gouvernance inhumaine incarnée par un régime qui ne se soucie que de son maintien au pouvoir coûte que coûte, malgré son massif rejet par les populations togolaises. Et pour se maintenir au pouvoir, conscient qu´il est rejeté par son peuple, le régime Gnassingbé instaure un système brutal pour faire peur et régner par la force. Ça s´appelle dictature.
Et un tel régime autoritaire, comme celui que nous subissons au Togo, contrôlant tous les leviers de la vie politique, ayant anéanti toute contestation par la terreur, peut se créer sa propre opposition, ses propres lois, mettre sur pieds ses propres organisations de défense des droits de l´homme, sa propre justice, et ses propres institutions pour soi-disant poursuivre les criminels qui auraient commi des crimes dans son intérêt. Et même prétendre dédommager les victimes ou enfants des victimes et réconcilier le pays. Les quelques victimes et leur progéniture sont présentées à travers le pays comme des citoyens heureux dont le tort causé venait d´être «réparé» par des billets de banque. Et on appelle ça réparations et reconciliation. Mais quels sont ceux qui ont commis ces crimes? Et où sont-ils? Quels en sont les commanditaires? Voilà ce qu´est le HCRRUN et voilà ce que nous écrivions en Janvier 2023 sur ce qui n´était au départ qu´une coquille vide: «Le HCRRUN (Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale) créé pour soi-disant mettre en oeuvre les recommandations de la non-moins scandaleuse CVJR (Commission Vérité, Justice et Réconciliation) est dirigé par la juriste Mme Awa Nana-Daboya. Juriste de formation, ancienne présidente de la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), Awa Nana n´est pas une inconnue dans le paysage politique togolais. Quel Togolais a oublié les élections présidentielles de 1998 et les faits d’armes de la présidente de la Commission Électorale Nationale (CEN) d’alors? Manquant de courage pour affronter le courroux du dictateur Gnassingbé Éyadéma que les premières tendances donnaient largement battu par Gilchrist Olympio, Nana Awa donna sa démission pour permettre au feu Général Séyi Mêmene, alors ministre de l’intérieur, de proclamer de faux résultats en faveur de qui tout le monde sait.»
Quant à la CVJR proprement dite, elle fut créée en 2009 «dans le but de pacifier le pays des soubresauts qu´il a traversés de 1958 à 2005». Et malgré la bonne volonté et la bonne foi de feu Monseigneur Nicodème Anani Barrigah-Bénissan, président de ladite commission de 2009 à 2012, l´initiative qui n´était qu´une arnaque de plus, était née sous de mauvais auspices. En effet, l´Afrique du Sud dont le Togo s´est inspiré de l´initiative, la Commission de la vérité et de la réconciliation (CVR), était un pays qui sortait de l´apartheid et dont le but de la Commission était de recenser toutes les violations des droits de l´homme commises pendant la période de la politique d´apartheid, afin de permettre une reconciliation nationale entre les victimes et les auteurs d´exactions. En un mot, le pays de Nelson Mandela revenait de loin et toutes les conditions étaient réunies à l´époque, après la fin du régime blanc de l´apartheid, pour parler de violations passées, de justice, de réparations et de réconciliation. Les responsables de l´ancien sytème n´étaient plus en possession de leur pouvoir de nuisance. En d´autres termes, on peut dire que la peur avait changé de camp.
Est-ce le cas aujourd´hui au Togo? Peut-on faire le procès d´un régime de dictature qui est encore au pouvoir, qui est en possession de toutes ses capacités de nuisance et qui continue à violer en toute impunité les droits de l´homme? Revenant dans une déclaration, le 03 juillet 2025, sur les sanglants évènements des 26, 27 et 28 juin 2025, l´ancien Ministre de l´Intérieur du Togo de 2002 à 2005, François Boko, dénonçait le bilan de la répression militaire qui était de sept morts et des corps dont celui d´un enfant mineur retrouvés dans la lagune de Bè. Le Saint-Cyrien a profité de sa sortie pour rappeler les dizaines de corps retrouvés dans la lagune de Bè en avril 1991, résultats de la répression militaire au cours de manifestations pacifiques. Il n´a pas manqué, non plus, de parler des 400 Togolais morts, assassinés, selon une enquête indépendante des Nations-Unies, à l´avènement dynastique de Faure Gnassingbé au pouvoir en 2005. Il termine en rappelant toutes les répressions sauvages sur des populations togolaises aux mains nues, comme celles du soulèvement de 2017, par exemple, qui ont permis au régime de Faure Gnassingbé de se maintenir au pouvoir. « Ce cycle de violence permanent avait été audité par la CVJR en 2012. Financée à hauteur de trois millions d’euros par le PNUD, l’Union européenne, la France et l’Allemagne, la CVJR avait formulé 68 recommandations pour que ces actes de barbarie ne se renouvellent pas. Le rapport n’a jamais été mis en œuvre par les gouvernements successifs de Monsieur Faure GNASSINGBE et les mêmes faits reviennent.»
Vu tout ce qui précède, nous sommes en droit de nous demander de quelles réparations et de quelle réconciliation Madame Nana Awa et son manchin de HCRRUN nous parlent, quand les auteurs des exactions de toutes sortes et d´autres crimes sur des Togolais, depuis au moins 1990, sont toujours en liberté.
Samari Tchadjobo
Allemagne
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