La 22ᵉ édition de la Rencontre nationale gouvernement/secteur privé (RGSP) s'est tenue les 10 et 11 novembre 2025 dans la ville de Bobo-Dioulasso, sous le thème : « Développement des infrastructures : enjeux, défis et engagements patriotiques pour une économie durable ». Cette édition, placée sous le patronage du Premier ministre Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo, a réuni plusieurs membres du gouvernement, des représentants du secteur privé, des autorités régionales et locales ainsi que des acteurs économiques venus de tout le pays. La cérémonie de clôture a eu lieu ce mardi 11 novembre sur une note de satisfaction.
Durant deux jours, les échanges francs et directs entre les acteurs publics et privés ont permis de débattre des défis liés au développement des infrastructures structurantes indispensables à la transformation économique du Burkina. À l'issue des travaux, plusieurs recommandations et résolutions ont été adoptées, marquant une étape importante dans le renforcement du dialogue public-privé.
Créé pour formaliser les échanges entre le gouvernement et le monde des affaires, le cadre de concertation public-privé s'impose aujourd'hui comme un instrument clé de gouvernance économique. La rencontre nationale en constitue le point culminant, rassemblant les acteurs autour d'enjeux majeurs pour le développement du pays. Cette édition visait principalement à renforcer la concertation autour des infrastructures, moteur de compétitivité et de souveraineté économique. Électricité, eau, routes, télécommunications, logistique, santé : autant de secteurs où les besoins sont urgents et les attentes fortes.
Une vue des membres du gouvernement fortement mobilisés pour cette rencontreLes participants ont souligné que sans infrastructures de qualité, aucune économie ne peut prétendre à une croissance durable. C'est dans ce sens que les représentants des organisations professionnelles du secteur privé ont formulé plusieurs préoccupations et doléances, relatives notamment à l'accès au financement, à la fiscalité, à la qualité des services publics et à la gouvernance des projets d'infrastructures.
Serge Poda : « Il faut des infrastructures en quantité, mais surtout en qualité »
Le ministre du développement industriel, du commerce, de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises, Serge Poda, a salué la pertinence des échanges. Il a rappelé que cette rencontre nationale vient couronner un processus de concertation entamé depuis mai dernier, au niveau régional et sectoriel. « Sans infrastructures énergétiques, de télécommunication, d'eau, de transport ou de santé, il n'y a pas de compétitivité de nos produits ni de croissance soutenue », a-t-il déclaré.
Le ministre Serge Poda réaffirme la volonté du gouvernement de travailler avec le secteur privé pour garantir des réalisations de qualitéLe ministre a également insisté sur la nécessité de mobiliser des ressources innovantes pour financer des infrastructures structurantes capables de soutenir la production nationale. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement de travailler main dans la main avec le secteur privé pour garantir des réalisations de qualité, ayant un impact réel sur le développement. « Le gouvernement prendra toutes les dispositions pour que les résolutions ne dorment pas dans des tiroirs », a-t-il promis, annonçant la mise en place d'un suivi mensuel de l'état d'exécution des recommandations. Le ministre a par ailleurs salué l'engagement patriotique du secteur privé, appelé à investir davantage dans les infrastructures et à contribuer activement au développement endogène prôné par les plus hautes autorités du pays.
Des acteurs du secteur privé présents à la 22e édition de la RGSP à Bobo-DioulassoLe secteur privé réaffirme sa mobilisation patriotique
Prenant la parole, Roland Sow, président de la délégation spéciale consulaire de la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), a exprimé la fierté du secteur privé d'avoir pris part activement à cette rencontre nationale. « Depuis notre installation en juin 2025, c'est le deuxième grand événement que nous organisons après le forum Investir au Burkina. Cette rencontre témoigne de la vitalité du partenariat entre l'État et les opérateurs économiques », a-t-il déclaré.
Roland Sow, président de la délégation spéciale consulaire de la CCI-BF, a exprimé la fierté du secteur privé d'avoir pris part activement à cette rencontre nationaleLe président de la délégation spéciale consulaire a salué la mobilisation exceptionnelle des acteurs économiques venus de tout le pays, ainsi que le soutien constant du chef de l'État, le capitaine Ibrahim Traoré, et du Premier ministre. « Sans infrastructures, il n'y a pas de développement. Nous devons, en tant qu'acteurs économiques, nous mobiliser comme un seul homme pour construire les bases matérielles de notre prospérité », a-t-il ajouté.
Le secteur privé, à travers la chambre de commerce, s'est ainsi engagé à participer activement à la mise en œuvre du plan d'action issu des recommandations. Des rapports mensuels permettront d'en évaluer les avancées afin d'assurer un passage de la parole aux actes.
Des membres du gouvernement présents à cette rencontre nationale« Investir burkinabè, produire burkinabè, consommer burkinabè », Jean-Emmanuel Ouédraogo
Clôturant les travaux, le Premier ministre, Jean-Emmanuel Ouédraogo, a salué la qualité des échanges et réaffirmé la détermination du gouvernement à traduire les conclusions en actions concrètes et mesurables. « Nous sommes convaincus qu'avec un engagement patriotique franc et sincère à tous les niveaux, notre économie ne peut que prospérer au profit de notre peuple », a-t-il souligné. Pour le chef du gouvernement, le dialogue public-privé s'inscrit dans la dynamique de la révolution progressiste populaire conduite par le capitaine Ibrahim Traoré, qui vise à bâtir une économie souveraine et endogène, fondée sur les ressources et les compétences nationales.
Le Premier ministre a invité les acteurs économiques à adopter une attitude patriotique dans les affaires, fondée sur la production et la consommation locales. « Le patriotisme économique doit devenir le moteur de notre redressement. Investir chez nous, produire burkinabè, consommer burkinabè, c'est affirmer notre dignité collective et renforcer notre souveraineté », a-t-il martelé, avant de donner rendez-vous à la 23ᵉ édition pour évaluer les progrès réalisés.
Le Premier ministre, Jean-Emmanuel Ouédraogo, a salué la qualité des échanges et réaffirmé la détermination du gouvernement à traduire les conclusions en actions concrètes et mesurablesLes conclusions de cette 22ᵉ édition traduisent une volonté commune de passer à l'action. Les recommandations portent notamment sur la mobilisation de financements innovants pour les projets d'infrastructures structurantes ; la promotion du partenariat public-privé (PPP) dans la réalisation des grands projets ; la priorisation des entreprises nationales dans l'exécution des chantiers ; etc. À l'issue des travaux, les participants ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des débats et à la pertinence des recommandations formulées. Tous ont convenu de l'urgence d'une mise en œuvre rapide et rigoureuse des résolutions adoptées. La 22e RGSP s'achève donc sur une note d'engagement, d'espoir et de responsabilité partagée.
Romuald Dofini
Lefaso.net
Durant la période de suspension du stade du 4-août, le Burkina Faso a dépensé plus de 46 milliards de FCFA pour l'organisation des matchs à l'extérieur des Étalons toutes catégories confondues et les clubs engagés en campagne africaine. C'est ce qu'a révélé ce mardi 11 novembre 2025, le ministre en charge des sports, Roland Somda devant les députés de l'Assemblée Législative de Transition (ALT). Il répondait à une question orale avec débat posée par la députée Marie Angèle Tiendrebéogo/Kalenzaga.
Ces frais sont notamment liés au transport, à l'organisation, à la restauration, à l'hébergement et aux primes de match entre autres, de 2020 à juin 2025.
Selon le ministre Roland Somda, entre 2020 et 2025, les Étalons A ont enregistré en moyenne quatorze (14) matchs par an dans le cadre des compétitions internationales et des rencontres amicales officielles. Le coût moyen par match est estimé à cinq cent millions (500 000 000) de francs CFA, couvrant l'ensemble des dépenses liées à la logistique, au transport, à l'hébergement, à la restauration, aux primes, à la location des stades, à la sécurité et à la communication.
Ce coût moyen se répartit comme suit : Transport (billets d'avion, remboursement des titres de transport des joueurs) : 15%, hébergement, restauration : 20%, primes de match (primes de sélection, primes de victoire) : 50%, frais d'organisation (location de terrain, location de véhicules, sécurité, communication, ...) : 15%.
"L'analyse de ce coût montre que la délocalisation d'un match a une incidence significative sur les frais de transport et les frais d'organisation (environ 30% du coût) ; quant aux primes, hébergement et restauration, l'incidence est nulle malgré la délocalisation", précise le ministre des sports.
Ainsi, le coût annuel moyen s'élève à sept milliards (7 000 000 000) de francs CFA, soit un montant cumulé de quarante-deux milliards (42 000 000 000) de francs CFA pour la période considérée, uniquement pour l'équipe nationale A.
En complément, poursuit Roland Somda, il convient de noter que le Fonds National pour la Promotion du Sport et des Loisirs (FNPSL) a également financé les déplacements à l'extérieur des Étalons U17 et U20, des clubs engagés dans les compétitions africaines (notamment le RCK et l'AS Douanes) et des Étalons féminins.
Le coût total de ces différentes sorties, de 2022 à juin 2025, est de : 909 933 635 FCFA en 2022, 691 706 186 FCFA en 2023, 564 432 620 FCFA en 2024 et 2 009 745 962 FCFA en 2025.
En somme, le coût total supporté par le budget de l'État et le FNPSL au titre de la délocalisation des matchs des différentes sélections nationales et des clubs burkinabè s'élève à quarante-six milliards cent soixante-quinze millions huit cent dix-huit mille quatre cent trois (46 175 818 403) francs CFA pour la période de 2020 à juin 2025, selon Roland Somda, ministre des sports, de la jeunesse et de l'emploi.
Le ministre des sports Roland Somda a ajouté que cette suspension a engendré des pertes sur le plan économique pour le Burkina Faso (hébergement en hôtel, restauration, tourisme).
Mamadou ZONGO
Lefaso.net