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L’hôpital général d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni (Nord-Kivu), ne dispose pas de morgue fonctionnelle et son unique ambulance, vieille d’une dizaine d’années, est hors service.
Cette situation complique la gestion des corps ainsi que l’évacuation des malades, notamment des blessés par balles ou par armes blanches, dans une zone régulièrement ciblée par les attaques des rebelles ADF.
Le Centre culturel de Serbie accueille le collectif Les Risiens pour deux représentations exceptionnelles de la pièce La Trilogie de Belgrade, le vendredi 6 février et le mercredi 18 février 2026 à 19h. L'entrée est libre, sans réservation, dans la limite des places disponibles. Joué en langue française. Composée de quatre courtes fables, La Trilogie de Belgrade de Biljana Srbljanović suit une génération marquée par la guerre des années 1990 et le désir d'exil. Les personnages, installés (…)
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- Agenda / Serbie, Région parisienneUne dizaine d’organisations du Nord-Kivu appellent les belligérants à cesser le recrutement d’enfants dans cette partie du pays.
Elles ont lancé cet appel en marge de la Journée internationale des enfants-soldats, commémorée chaque 12 février.
Les journées de dialogue sur la défense, la sécurité, les finances et la diplomatie se sont refermées ce mercredi 18 février 2026 à Ouagadougou, sous la présidence du ministre d'État chargé de la Guerre et de la Défense patriotique, le général Célestin Simporé, représentant le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Pendant deux jours, les principaux leviers de la puissance publique ont croisé leurs analyses, confronté leurs visions et posé les bases d'une coordination stratégique appelée à s'inscrire dans la durée. Plus qu'une simple rencontre sectorielle, ces assises ont marqué une volonté politique affirmée, celle d'organiser la souveraineté nationale autour d'une action intégrée et cohérente.
La cérémonie de clôture a d'abord été marquée par un panel de haut niveau réunissant le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, le ministre en charge de la Défense patriotique, le général Célestin Simporé, et le ministre de l'Économie et des Finances, le Dr Aboubakar Nacanabo. Les échanges ont mis en lumière l'impératif d'une diplomatie de résultats, adossée à une force de défense crédible et soutenue par des ressources financières stratégiquement orientées. Dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances et l'intensification des rapports de force, les intervenants ont insisté sur la nécessité pour le Burkina Faso d'agir avec méthode, anticipation et cohérence.
« Nous réitérons notre ferme soutien au président du Faso, dans ses efforts de reconquête de l'intégrité du territoire national et dans sa politique étrangère de rupture et de réhabilitation de la souveraineté du Burkina Faso », colonel Victor Tankoano, porte-parole des participantsLa lecture d'une motion de soutien au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, ainsi que la présentation des recommandations issues des travaux, ont ensuite ponctué cette clôture solennelle. Ces recommandations, a assuré le ministre d'État chargé de la Défense patriotique, le général Célestin Simporé, ne resteront pas lettre morte. Elles feront l'objet d'un examen rigoureux et d'une hiérarchisation méthodique afin d'être traduites en actions concrètes. L'objectif est d'inscrire durablement la concertation stratégique dans les mécanismes de gouvernance, afin d'éviter toute dispersion et de renforcer l'efficacité de l'action publique.
Les recommandations des participants
Présentées par la directrice des organisations internationales au ministère des Affaires étrangères, Inès Bakio, les recommandations issues des premières journées de dialogue traduisent une volonté affichée d'inscrire la concertation stratégique dans la durée. Tenant compte des profondes mutations géopolitiques en Afrique de l'Ouest et au Sahel, ainsi que des orientations fixées par le président du Faso, les participants ont souligné la nécessité d'une synergie accrue entre les acteurs de la défense, de la sécurité, des finances et de la diplomatie. Ils ont ainsi recommandé l'institutionnalisation de ces journées de dialogue afin d'en faire un mécanisme permanent, capable de favoriser une action diplomatique forte, cohérente et assumée dans la défense des intérêts nationaux.
« Nous recommandons l'institutionnalisation de ces journées en vue de favoriser une action diplomatique forte, cohérente et décomplexée », Inès Bakio, directrice des organisations internationales au ministère des Affaires étrangèresLes recommandations insistent également sur le renforcement des capacités et de la coordination opérationnelle. Il est proposé d'instituer un cadre de formation harmonisée au profit des responsables appelés à servir dans les missions diplomatiques et postes consulaires, afin d'assurer une meilleure compréhension des enjeux stratégiques et sécuritaires du pays. Par ailleurs, la mise en place d'un programme de coopération entre les grandes écoles de formation des départements ministériels concernés vise à créer des passerelles durables entre institutions. À travers ces mesures, les participants entendent consolider une diplomatie mieux outillée, structurée et alignée sur les impératifs contemporains de souveraineté et d'efficacité.
Le Burkina Faso choisit de se renforcer
Dans son discours de clôture, le général Célestin Simporé a donné le ton. « Nous ne clôturons pas simplement des travaux, nous refermons une étape pour en ouvrir une autre, plus structurante et plus décisive pour l'avenir de notre Nation », a-t-il affirmé. Revenant sur l'intensité des échanges, il a salué le sens élevé de l'État et la discipline intellectuelle des participants. Pour lui, une conviction s'impose désormais : la défense des intérêts du Burkina Faso doit être intégrée, coordonnée et stratégique. « Dans ce contexte, un État qui agit en silo s'affaiblit. Un État qui coordonne ses forces se renforce. Et le Burkina Faso a choisi de se renforcer », a-t-il martelé.
« Nous avons compris avec clarté, que la géopolitique contemporaine ne laisse aucune place à l'improvisation. Le monde se reconfigure, les alliances se redessinent, les rapports de forces s'intensifient », général Célestin Simporé, ministre d'État chargé de la GuerreUn réflexe de gouvernance
Le ministre d'État a également insisté sur la nécessité d'aligner les différents piliers de la puissance nationale : la défense pour protéger, la sécurité pour stabiliser, les finances pour soutenir et la diplomatie pour projeter. La souveraineté, a-t-il rappelé avec gravité, ne se proclame pas ; elle s'organise, se structure et se défend. Les panels de ces deux jours ont ainsi permis de promouvoir une diplomatie « de combat », une diplomatie de cohérence et de résultats, tournée vers la défense prioritaire des intérêts fondamentaux du Burkina Faso.
Rendant hommage au président du Faso pour son leadership et au Premier ministre pour son appui constant, le général Simporé a salué l'engagement des ministres sectoriels, des responsables du Conseil national de sécurité d'État, du Centre national des études stratégiques et des experts mobilisés depuis plusieurs mois. Selon lui, ces journées ont enclenché une culture nouvelle, celle de la concertation permanente et de l'unité institutionnelle. Une dynamique appelée à devenir un réflexe de gouvernance.
Des participants aux premières Journées de dialogue défense, sécurité, finances et diplomatie initiées par le ministère des Affaires étrangèresEn refermant officiellement les travaux, le ministre d'État a lancé un appel à transformer cette synergie en méthode durable. Car, a-t-il conclu, l'Histoire offre au Burkina Faso une opportunité rare : celle de se renforcer par l'organisation, la discipline et la cohérence stratégique. « Le Burkina Faso survivra. Le Burkina Faso se renforcera. Le Burkina Faso s'imposera. » Un message de détermination qui résonne comme une feuille de route pour l'avenir.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
Pour l'année 2026, 200 milliards de francs CFA sont attendus comme prévision pour le Fonds de soutien patriotique (FSP). C'est ce qu'a annoncé le ministre en charge de l'économie, Dr Aboubakar Nacanabo, lors d'une conférence de presse ce mercredi 18 février 2026 à Ouagadougou.
« Grâce au Fonds du soutien patriotique, le Burkina Faso a pu acquérir trois nouveaux hélicoptères », a déclaré le ministre. Cette acquisition, fruit de la mobilisation générale du peuple burkinabè, a été saluée par le grand argentier. Tout en appelant les Burkinabè à garder cet élan de solidarité, il a annoncé que la prévision de 2026 est estimée à 200 milliards de francs CFA.
Selon lui, de 2023, date d'institution de cette initiative, à 2025, près de 500 milliards de francs CFA ont été mobilisés pour le compte du FSP. Le ministre se dit convaincu de l'atteinte de cet objectif. Il confie que 15 milliards de francs CFA ont été déjà mobilisés à la date du 15 février 2026. « C'est quelque chose de très important et d'inédit. Quand vous regardez ce qu'on appelle l'aide publique au développement, ça ne peut pas atteindre cela. Cela veut dire que nous avons des capacités endogènes qui n'étaient pas suffisamment exploitées. Et aujourd'hui, nous pouvons tous être fiers de dire que le Fonds de soutien patriotique, si ce n'était pas créé, il fallait le faire », a-t-il ajouté.
« Maintenant, les gens ont compris que ce prélèvement, ce n'est pas pour quelqu'un, c'est pour nous tous », Dr Aboubakar NacanaboÀ l'entendre, cette contribution volontaire des populations burkinabè et de la diaspora est un instrument qui permet de montrer leur capacité à faire face aux situations difficiles que « nous rencontrons ».
À l'occasion de la conférence, un film documentaire de 26 mn, intitulé « Reconquête et renaissance du Burkina : le Fonds de soutien patriotique en action », a été diffusé. En plus de Ouagadougou, le ministre de la communication a annoncé la diffusion de ce film suivie d'une conférence dans d'autres régions du pays.
Le ministre de la communication, Gilbert Ouédraogo, a annoncé des conférences dans d'autres régionsLe ministre en charge de l'économie, son homologue de la communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo ; le commandant de la Brigade des volontaires pour la défense de la patrie, le lieutenant-colonel Mahamady Sawadogo, et le président du comité de gestion du FSP étaient les principaux conférenciers.
Le président du comité de gestion du FSP, Vieux Abdoul Rachid Soulama, a fait la conférence inaugurale de communication sur le FSP. Il a présenté le FSP de 2023-2025 : « Enseignements tirés de la mise en œuvre d'un instrument innovant et souverain de financement participatif de l'État ».
Serge Ika Ki
Lefaso.net
Par une conférence de presse conjointement animée ce mercredi 18 février 2026 à Ouagadougou par le ministre de l'Économie et des Finances, le ministre de la communication, des Arts et du Tourisme, et le commandant de la Brigade des volontaires pour la défense de la patrie (BVDP), le gouvernement burkinabè a dressé un bilan de l'impact du Fonds de soutien patriotique, lancé en janvier 2023. Un exercice qui affiche de réels motifs de satisfaction et d'encouragements à maintenir le cap.
Cette conférence de presse s'est voulue plus pratique, à travers une projection de film documentaire de 26 minutes sur les réalisations de cet instrument innovant et souverain de financement participatif de l'État, intitulé « Reconquête et renaissance du Burkina Faso : le Fonds de soutien patriotique en action ».
De son lancement en janvier 2023 au 31 décembre 2025, le FSP a mobilisé 496 966 246 105 FCFA, pour une prévision cumulée de 450 000 000 000 FCFA, ce qui correspond à un taux de réalisation de 110,44 %.
Selon le ministre de l'Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, ces fonds sont issus des contributions volontaires et des prélèvements. Tout en rappelant la vocation du FSP, le ministre a salué les efforts consentis par les citoyens burkinabè, indiquant que cette démarche-bilan du gouvernement s'inscrit dans un élan de transparence autour de l'utilisation des ressources récoltées. « Un élément important, et nous en étions conscients depuis le début, c'est la nécessité d'assurer la transparence totale ; les gens veulent s'assurer que leurs contributions sont bien utilisées. Ensuite, il fallait réaliser des résultats, et je pense que l'amélioration du taux de reconquête du territoire, l'équipement au profit des Forces de défense et de sécurité (FDS), témoignent du fait que les contributions sont utilisées de façon correcte. On ne le dit pas souvent, on voit des blindés, des armes…, mais grâce au Fonds de soutien patriotique, nous avons acquis des hélicoptères en 2025 (et ça, aucun partenaire n'allait nous donner de l'argent pour acheter des hélicoptères de combat, donc c'est important à noter). En plus des trois hélicoptères, on a acheté des moteurs d'hélicoptères pour pouvoir réveiller des hélicoptères qui ne fonctionnaient pas », a présenté le ministre de l'Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo.
De g.vers là d. : Le président du comité de gestion du FSP, Vieux Abdoul Rachid Soulama ; le ministre Nacanabo ; le ministre en charge de la communication, Gilbert Ouédraogo ; le commandant de la BVDP, lieutenant-colonel Mahamady Sawadogo et le coordinateur du service d'information du gouvernement, Jérémi Sié Koulibaly.Des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du FSP ?
« Il n'y a pas beaucoup de difficultés, parce qu'il y a un engouement qui est là. Pour la contribution volontaire, il ne peut pas y avoir de difficultés ; puisque les gens viennent volontairement. Nous, notre rôle, c'est de communiquer et de rassurer les gens que leurs ressources sont bien utilisées, pour les amener à contribuer, et je pense que cela se fait comme on l'entendait. À côté, il y a les prélèvements et cela se passe plutôt bien. Mais, on a l'obligation d'assurer la veille ; parce qu'en matière d'impôts, si on dort sur nos lauriers et qu'on ne fait aucun contrôle, ça ne marchera pas. Notre système fiscal est déclaratif ; les gens viennent déclarer, mais l'administration fiscale a l'obligation d'assurer le contrôle fiscal et nos équipes (la Direction générale des impôts, la Douane) le font régulièrement, pour s'assurer que les entreprises qui sont chargées de collecter et reverser, le font correctement. Si ce n'est pas fait, des redressements fiscaux sont opérés », a poursuivi le ministre, rappelant que toutes les entreprises contribuent à hauteur de 2 % de leur bénéfice.
Cette conférence sera suivie, dès début mars, de sorties dans des régions (Bobo-Dioulasso, Gaoua, Fada, Tenkodogo, Ouahigouya et Dédougou), pour rendre compte aux citoyens burkinabè du travail qui est fait. Aussi, le documentaire « Reconquête et renaissance du Burkina Faso : le Fonds de soutien patriotique en action » fera l'objet d'une large diffusion auprès des populations.
O.L.
Lefaso.net
À l'occasion de la messe du Mercredi des Cendres, marquant l'entrée dans le temps du Carême, l'abbé Charles Ouanga a invité, ce 18 février 2026, les fidèles réunis à la cathédrale Notre Dame de l'Immaculée conception de Ouagadougou, à une démarche sincère de conversion, loin des apparences et des pratiques superficielles.
Dès l'ouverture de la célébration, le célébrant a adressé un message aux chrétiens longtemps absents des messes et qui ont marqué leur retour à l'Église à l'occasion de ce temps de Carême. « On est heureux de vous voir. Les bancs se souviennent de vous. Peut-être venez-vous rarement ici mais Dieu, lui, ne vient jamais rarement vers vous. Que Dieu ravive votre foi », a formulé l'abbé Charles Ouanga.
La cendre, un rappel de la fragilité humaine
Au cœur de son homélie, le prêtre a insisté sur la signification profonde de l'imposition des cendres. « L'imposition n'est pas un maquillage spirituel, encore moins un nouveau produit cosmétique chrétien », a-t-il affirmé. Pour lui, la cendre est un signe qui rappelle que la vie de l'Homme est fragile.
À travers ce rite, l'Église rappelle la condition mortelle de l'homme et l'urgence d'un retour sincère à Dieu. Le Carême, a expliqué l'abbé Charles Ouanga, est présenté comme « le remède de l'Église à notre maladie spirituelle ». Il s'agit de quarante jours offerts pour se rapprocher de Dieu et réorienter sa vie.
Un examen de conscience personnel
Le prêtre a invité chaque fidèle à un questionnement personnel : « De quoi vais-je jeûner ? Quelle habitude vais-je abandonner ? Quelle relation dois-je réparer ? »
Au-delà des privations alimentaires, il a insisté sur la nécessité d'un changement intérieur. « On ne fait pas le carême pour être vu, pour être applaudi. Dieu voit en secret, même sans story Instagram », a-t-il souligné, dénonçant les dérives d'une spiritualité d'apparat.
L'abbé Charles Ouanga a mis en garde contre une pratique réduite à des sacrifices extérieurs. « Le Carême, ce n'est pas arrêter de manger, de boire la bière ou de manger la viande et continuer dans la médisance, la colère, la calomnie et l'orgueil. » Le Carême, a-t-il martelé, n'est pas une compétition : « Il n'y a pas d'Oscar du meilleur jeûneur. »
La comparaison spirituelle et la recherche de reconnaissance sont incompatibles avec l'esprit de pénitence, selon lui. « La charité envers un frère ou une sœur n'a pas besoin de followers », a-t-il ajouté.
Confession plutôt que compensation
L'autre point central de l'homélie a été la nécessité de la confession. « Le Carême appelle à la confession et non à la compensation », a affirmé le prêtre, invitant les fidèles à une démarche de vérité devant Dieu plutôt qu'à des efforts destinés à compenser des manquements sans réelle conversion.
L'abbé Charles Ouanga a également rappelé l'indispensable lien entre jeûne et prière : « Un Carême sans la prière devient une discipline personnelle. Le jeûne sans la prière fatigue le corps mais ne nourrit pas l'âme. »
Le temps quadragésimal n'est donc pas une simple parenthèse spirituelle, mais « un enracinement dans une nouvelle manière de vivre ».
Les fruits attendus du Carême
À la fin de son homélie, le prêtre a proposé un critère d'évaluation simple du carême. « Si, au terme des quarante jours, le fidèle devient « plus humble, plus patient, plus spirituel, plus aimant », alors le Carême aura porté du fruit. »
En rappel, le Mercredi des Cendres ouvre le temps du Carême, qui conduit à Pâques, la fête de la résurrection du Christ. Cette fête sera célébrée le dimanche 5 avril 2026.
HFB
Lefaso.net
Les musulmans du Burkina Faso commencent le ramadan ce jeudi 19 février 2026. Bien plus qu'une simple abstinence alimentaire, le Ramadan est une école de discipline, de pardon, de solidarité et de transformation morale. Dans cette interview, l'imam Moussa Koudougou du Cercle d'étude, de recherche et de formation islamique (CERFI) éclaire sur l'importance de ce mois sacré, les dispositions spirituelles nécessaires pour bien s'y préparer et les comportements à adopter pour en tirer pleinement profit.
Lefaso.net : Quelle est l'importance du mois de Ramadan dans la vie d'un musulman ?
Imam Moussa Koudougou : Le mois de ramadan est important pour le musulman. C'est pendant le mois de ramadan que le musulman exécute le quatrième pilier de l'islam. Pour les savants, celui qui délaisse volontairement ou qui renie le caractère obligatoire du jeûne de ramadan est un athée. Le ramadan est l'occasion pour le musulman de se rapprocher davantage de son créateur Allah par le jeûne, par les prières surérogatoires et les dons et les soutiens multiformes aux créatures d'Allah. C'est l'occasion pour le musulman de se faire pardonner tous les péchés car le ramadan fait pardonner les péchés de ramadan à ramadan prochain. Donc une année entière de péchés pardonnés si le jeûne est accepté.
Comment un fidèle doit-il se préparer spirituellement avant le début du ramadan ?
Dans toute chose, il faut une préparation. Le musulman se met dans la tête que celui qui mérite d'être satisfait, c'est Allah, son créateur, son pourvoyeur. Se prépare à se détacher de ses habitudes alimentaires, de ses QG, des rencontres compromettantes dans le but de rentrer pleinement dans le mois de ramadan parce qu'Allah l'a invité. Cette préparation psychologique intègre la bonne connaissance des interdits pendant le ramadan, être prêt pour les longues prières et écourter le sommeil. Quand un croyant est prêt psychologiquement pour entrer dans le ramadan, rien ne le fait souffrir. Il ne va pas fuir les mosquées ou trouver que les prières sont longues. Il sera content d'y être et sera satisfait de rester longtemps en face de son seigneur dans la prière.
Quels conseils donnez-vous pour entrer dans le ramadan avec un cœur pur et sincère ?
Pour entrer dans le ramadan avec un cœur pur et sincère, il faut se libérer soi-même. Pardonner sincèrement tous ceux qui se sont trompés à ton égard, tous ceux qui t'ont agressé de façon volontaire et involontaire. En ce moment, on rentre dans le ramadan avec un cœur apaisé. Aussi il faut nouer de bonnes relations avec les voisins en installant un climat de confiance et de paix. Avec les parents, il faut se faire pardonner et pardonner aussi. Dans la famille, il faut instaurer un climat de joie.
Le ramadan est-il uniquement un mois de jeûne alimentaire ou aussi un mois de transformation morale et sociale ?
Le ramadan est un mois de jeûne qui consiste à s'abstenir de manger, de boire, d'avoir des rapports sexuels du lever jusqu'au coucher du soleil. Le Prophète (saw) a dit : « Il y a des gens qui ne récoltent de leur jeûne que la faim et la soif. » Il ne suffit pas de s'abstenir de manger et de boire pour que ton jeûne soit accepté. Il faut éviter de colporter des paroles mensongères, de médire sur les gens, de déclencher une bagarre inutile, de punir inutilement même un animal. Quand on prend ces éléments qui conditionnent la validité du jeûne, on voit que le jeûne vise à rendre l'homme meilleur en l'amenant à ne plus agresser physiquement et verbalement son semblable. L'incitation à partager ce qu'on a avec les autres ouvre les cœurs, installe la confiance entre le donneur et le receveur, chose qui contribue au bon vivre-ensemble. L'expérience de la faim permet aux nantis de penser à ceux qui n'ont pas à manger, qui ne peuvent avoir deux repas par jour afin que la solidarité puisse continuer même après ramadan.
Quels comportements faut-il éviter à l'approche du ramadan ?
Le ramadan est un mois particulier. Il y a des choses qui sont permises pendant les autres mois et qui ne le sont pas pendant ramadan. Par exemple manger, boire. Le bon comportement qu'on demande aux musulmans pendant ramadan, est le même en dehors de ramadan. Il ne doit pas mentir, il ne doit pas colporter des paroles et mettre des gens en conflit, il doit apporter assistance. Le Prophète (saw) a dit : « N'est point croyant, celui qui dort ventre plein tandis que son voisin dort ventre affamé. » Il dit encore « n'est point croyant celui dont on redoute la méchanceté », ensuite « le croyant est celui qui aime pour son frère ce qu'il aime pour lui-même ». L'être humain est ce qu'il est. L'application de façon soutenue est souvent difficile, la patience manque et on veut répliquer. Le mois de ramadan est un mois qui efface tous les péchés, donc on se prépare pour entrer dans ramadan dans le but de se faire pardonner tous ses péchés. Le musulman, avant de rentrer dans le mois de ramadan, doit avoir des objectifs et un programme pour éviter l'improvisation. Chaque nuit, je me réveille à quelle heure ? Si je me réveille, je fais quoi ? Quel temps pour chaque chose ? Dans la journée je fais quoi ? Il doit organiser son temps avant de rentrer dans le mois de ramadan. La préparation matérielle pour éviter les ruptures de denrées : La rupture et le repas du matin. Si on a une grande famille, ça nécessite une bonne préparation pour ne pas avoir de ruptures avant la fin du jeûne. Le chef de famille peut supporter, mais psychologiquement les enfants seront atteints.
Interview réalisée par Rama Diallo
Lefaso.net
À la suite de la suspension temporaire des activités de transport de la Société de transport Aorèma et frères (STAF), de nombreux voyageurs se tournent vers d'autres compagnies. Dans d'autres gares de Ouagadougou, l'affluence est palpable et les conditions d'embarquement parfois éprouvantes, notamment pour les passagers chargés de bagages.
Dans un communiqué diffusé le 12 février 2026, le ministère en charge de la mobilité a annoncé la suspension temporaire des activités de transport routier de personnes de la Société de transport Aorèma et frères (STAF), à compter du lundi 16 février 2026. En cause : le non-respect récurrent des prescriptions relatives au code de la route et aux limitations de vitesse.
En application de cette décision, l'ensemble des gares de la société ont fermé leurs portes. Si les activités de STAF sont momentanément interrompues, les voyageurs, eux, doivent trouver d'autres solutions pour assurer leurs déplacements, non sans difficultés.
Aminata Sawadogo est obligée d'attendre à cause de ses bagagesIl est 11 heures lorsque notre équipe sillonne, ce mercredi 18 février 2026, plusieurs gares routières de Ouagadougou afin de constater la situation. Sur place, l'affluence est visible. À l'accueil, des passagers patientent, billets en main. D'autres, assis à même leurs bagages, attendent sous un soleil de plomb. Tous nourrissent le même espoir : regagner leur domicile, retrouver leurs proches et reprendre le cours de leurs activités.
Venue à Komsilga pour consulter une guérisseuse, Aminata Sawadogo s'inquiète de ne pas pouvoir rentrer à Ouahigouya. « Je suis venue à la gare depuis hier. J'ai même déjà acheté mon ticket de retour, mais hélas, il n'y a pas de car. Notre retard ici joue aussi sur nos différentes activités », confie-t-elle.
Safoura Sawadogo, commerçante à Gourcy venue se ravitailler à Ouagadougou peine à regagner son domicileHabituée des lieux, elle précise toutefois que sa présence n'est pas liée à la fermeture des gares de STAF, compagnie qu'elle dit ne jamais avoir empruntée. Alors qu'elle explique sa situation, un car fait son entrée dans la cour. Immédiatement, un employé lance à haute voix : « Que ceux qui n'ont pas de bagages approchent ! » Face au volume important de colis transportés par certains voyageurs, les responsables ont décidé de faire embarquer en priorité les passagers non chargés. Les autres sont invités à patienter.
Une nuit à la gare
Dans une autre gare de la capitale, Mahamadou Sawadogo, agriculteur basé en Côte d'Ivoire, affirme s'être tourné vers cette compagnie en raison de la fermeture de STAF. « Je suis venu ici car la gare de STAF est fermée. J'y ai même passé la nuit avec ma famille puisque nous venons de Côte d'Ivoire. C'est ce matin très tôt que nous avons pu acheter nos tickets, mais on nous a fait savoir que le car sera disponible à partir de 14 heures », explique-t-il.
Malgré cette attente prolongée et un départ incertain, il reconnaît ne pas avoir exploré d'autres options. Il souligne également que, contrairement à STAF, cette compagnie ne dessert pas directement sa localité. Il devra donc effectuer une escale à Ouahigouya avant de poursuivre son trajet en mini-car, communément appelé « Dina ».
Mahamadou Sawadogo, agriculteur en Côte d'Ivoire attend depuis deux joursAssise seule, la main posée sur le menton, Safoura Sawadogo attend, visiblement préoccupée. Commerçante à Gourcy, elle était venue se ravitailler à Ouagadougou. Elle a acheté un ticket pour le départ de 11 heures, mais n'a toujours pas pu embarquer en raison de ses nombreux bagages. « Nous avons attendu ici depuis hier, en vain. Ce matin encore, nous espérions avoir un car. Mais lorsqu'un véhicule est disponible, ce sont les voyageurs sans bagages que l'on invite à avancer. Quant à nous, qui sommes chargés, nous patientons toujours », déplore-t-elle.
Elle précise que son amie, avec qui elle avait effectué le déplacement, a finalement rejoint Gourcy à moto, faute de place dans un car. « Ma copine a été conduite à Gourcy à moto puisqu'elle n'avait pas beaucoup de bagages. Mais pour moi, c'est impossible. J'ai trop de marchandises. Je ne peux pas rentrer sans elles », ajoute-t-elle, le visage crispé.
Dans l'attente d'un retour progressif à la normale, chaque journée ressemble désormais à une épreuve pour les voyageurs. Entre incertitudes, retards et solutions de fortune, la suspension de STAF continue de peser sur la mobilité de nombreux usagers.
Muriel Dominique Ouédraogo/ Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
Figure respectée du milieu communautaire burkinabè et africain, Reine Lydia Saloucou a construit son parcours à la croisée de la santé publique, du leadership féminin et de l'innovation sociale. De la recherche à l'action de terrain, des grandes organisations internationales à la création d'une entreprise sociale panafricaine, elle n'a cessé de défendre une conviction : celle selon laquelle le développement ne se décrète pas, il se bâtit avec les communautés, en investissant d'abord dans les femmes.
Sa posture évoque celle d'une femme qui a appris à tenir sa place dans des univers exigeants, souvent masculins, sans se départir des valeurs d'une femme africaine. Reine Lydia Saloucou n'est pas de celles qui font du bruit. Elle trace, construit et relie. Son parcours, pourtant, aurait pu prendre une autre direction. À la fin de ses études en Europe, son ambition n'était pas d'embrasser la santé publique. Elle voulait, selon elle, « changer le narratif sur l'Afrique ». Le déclic survient dans une salle de cours, face à un professeur qui présente le continent sous l'angle exclusif de la pauvreté, à partir de données qu'elle juge dépassées. L'écart entre l'Afrique qu'elle connaît et celle décrite dans les amphithéâtres la heurte profondément. « On ne peut pas construire un pays en répétant qu'on est pauvre », dit-elle souvent aux gens.
Le mot lui paraît réducteur, presque violent. Pour elle, le développement commence par la capacité à contextualiser, à reconnaître les contraintes internes mais aussi les pressions externes qui pèsent sur les trajectoires africaines. Il commence surtout par la confiance dans les capacités locales. Très tôt, elle se forge la conviction que le développement du continent passera par les femmes. Ses travaux universitaires portent sur les groupements féminins, leur résilience, leur aptitude à générer des solutions invisibles aux yeux des décideurs. Elle y voit une énergie structurante, une force souterraine sur laquelle bâtir.
De retour au Burkina Faso, elle travaille sur la scolarisation des jeunes filles et le travail domestique, explorant les liens entre charges précoces et abandon scolaire. Lors d'une présentation à des partenaires, sa rigueur et sa clarté impressionnent. La représentante du Fonds des nations unies pour la population lui propose d'abord une mission de consultance pour évaluer un programme national. Ce sera l'entrée dans le champ de la santé. « C'est de là que j'ai eu envie de travailler sur la question de la santé, mais je ne savais pas que j'allais rester sur cette question, et je me suis rendue compte que travailler sur les questions de santé permettait aussi d'aborder d'autres questions de développement économique. C'était ma première trajectoire, mais aujourd'hui, je reste convaincue que, quel que soit alpha, ayant travaillé longtemps avec les femmes, on parle du développement, on parle du genre, on parle de comment elles peuvent s'imposer, je me dis, le travail est un atout important », explique-t-elle. Reine Lydia Saloucou poursuit son parcours au sein d'organisations engagées dans la lutte contre le VIH, notamment à l'Initiative privée et communautaire (IPC/BF), où elle s'occupe des orphelins et des familles vulnérables. Puis au Population Council, institution de recherche en santé. Plus tard, elle rejoint l'IPPF comme team leader pour l'Afrique de l'Ouest et centrale, basée au Kenya, avant de devenir présidente Afrique de Pathfinder. Elle constate durant ce temps que chaque étape élargit son champ d'action mais l'éloigne aussi progressivement du terrain.
Du leadership international au retour au terrain
Accéder à des fonctions régionales et continentales est une reconnaissance. Elle y exerce une influence stratégique, travaille avec des gouvernements, négocie avec des bailleurs, participe à des réunions de haut niveau. Pourtant, un doute s'installe : à mesure qu'elle monte, le contact direct avec les communautés se distend. « Il y a un moment où l'on peut oublier qui l'on représente », confie-t-elle. L'environnement international impose ses standards, ses logiques, parfois ses priorités. Elle observe aussi les tensions inhérentes au monde des ONG avec la dépendance aux financements, la pression des résultats, la temporalité des projets.
Lydia Saloucou Zoungrana a été présidente pour l'Afrique. Elle était responsable de l'impact, des revenus et des performances opérationnelles des programmes de Pathfinder dans 14 pays d'Afrique subsaharienne ainsi que des stratégies d'expansion sur le continentLes ONG, malgré leur engagement, restent tributaires des cycles de financement. Quand l'argent s'arrête, l'action s'interrompt. Elle-même tente d'infléchir certaines orientations. À Pathfinder, elle œuvre pour que des ressources destinées aux organisations non gouvernementales puissent, sous certaines conditions, être réorientées vers les gouvernements afin de créer des fonds plus flexibles, adaptés aux réalités nationales. L'initiative suscite des résistances, parfois de vives oppositions. Cette expérience la convainc que le développement ne peut pas être uniquement piloté de l'extérieur. L'aide est utile, mais elle ne doit pas se substituer aux choix souverains. Elle parle d'illusion lorsqu'elle évoque ses débuts dans les hautes fonctions. Son illusion de pouvoir tout transformer par la seule volonté.
Dans les organisations qu'elle a dirigées, Reine Lydia veille aux recrutements, encourage les candidatures de femmes à des postes de responsabilité, crée des espaces d'échanges réguliers entre collaboratrices. Non pour promouvoir des femmes par principe, mais pour les aider à reconnaître leurs compétences. Elle sait combien l'erreur féminine est moins tolérée que celle d'un homme. Elle connaît les soupçons qui pèsent sur les femmes en position d'autorité. « Comme on pense que toute femme, pour arriver là où elle est, a dû passer par des compromis, il faut montrer ses principes », exprime-t-elle. Dans sa vision, l'émancipation ne peut pas être dissociée du travail. Le travail donne la dignité, permet d'occuper une place dans la société, de négocier dans le couple, de décider pour sa santé ou celle de ses enfants.
Elle identifie trois défis majeurs dans le domaine communautaire. « Le premier, c'est vraiment comment y accéder. Je veux dire, même au niveau familial, comment la décision est prise pour aller vers la santé. Et cette décision n'est pas toujours du fait de la femme. Et donc, dans l'organisation de la famille, on peut voir qui a vraiment le pouvoir de la décision pour pouvoir décider, dans un premier temps, à pouvoir aller vers, à dire : "ok, ça c'est sérieux, ou ça, vraiment, je dois rapidement prendre ça en compte". Le deuxième défi, c'est le défi d'avoir des structures de santé qui sont proches des populations, que les gens ne fassent pas des kilomètres pour aller trouver des soins. C'est vrai qu'on a les agents de santé communautaire, etc., mais je trouve qu'en Afrique de l'Ouest, nous sommes très frileux pour faire vraiment de la délégation à ces agents de santé qui peuvent vraiment beaucoup nous apporter. Pour moi, le troisième élément le plus important, c'est la qualité des services, c'est-à-dire comment on accueille les gens quand ils vont au centre de santé, comment on les écoute et comment on prend du temps pour pouvoir leur donner le service et aussi leur donner envie de revenir », détaille-t-elle.
« Je voudrais vraiment faire du financement circulaire un élément du développement communautaire », indique la fondatrice de Abafa innovationElle plaide pour une délégation plus audacieuse aux agents de santé communautaires, avec des mécanismes de contrôle adaptés aux contextes locaux. Elle rappelle que l'expérience du patient, l'écoute, le respect, le temps accordé conditionnent la confiance et la fidélité au système. Mais une question la taraude au-delà du secteur sanitaire : pourquoi l'Afrique ne produit-elle pas ses propres médicaments à grande échelle ? Elle connaît la complexité du sujet, les lobbies, les normes internationales, les intérêts économiques. Pourtant, elle refuse d'en faire une fatalité. « Difficile ne veut pas dire impossible », répète-t-elle. Pour elle, tout est affaire de volonté politique et de stratégie collective.
ABAFA Innovation, investir plutôt qu'assister
Après des années au sein de grandes structures internationales, Reine Lydia Saloucou fait le choix de créer ABAFA Innovation. Le nom résume l'ambition : « Africa by Africans for Africa ». Elle ne souhaite ni reproduire le modèle classique des ONG, ni se limiter à une entreprise commerciale traditionnelle. Elle cherche une voie intermédiaire, celle de l'entreprise sociale. Pour elle, le développement ne commence pas par l'argent, mais par la conviction que c'est possible. Trop souvent, dit-elle, on aborde les communautés avec des projets prédéfinis, en supposant savoir mieux qu'elles ce dont elles ont besoin. Elle veut inverser la logique ; c'est partir de ce que les femmes font déjà, structurer, renforcer, mutualiser, pour passer d'une richesse individuelle à une richesse collective. ABAFA repose sur l'investissement dans les femmes, l'intégration de la technologie et la promotion d'une culture de contribution nationale.
Reine Lydia ne conçoit pas le développement sans amour de son pays. Elle interroge la finalité des trajectoires individuelles de chaque Burkinabè. Au-delà du salaire, de la réussite personnelle, qu'a-t-on apporté à la nation ? Elle rêve d'un Burkina Faso capable d'accueillir d'autres pays venus apprendre de ses expériences. Aux femmes, Reine Lydia donne des conseils, selon l'éducation qu'elle a reçue. Élevée par sa grand-mère, elle a grandi avec cette phrase : « Tu es née pour être quelqu'un. » Cette affirmation a façonné sa confiance. Elle encourage donc les jeunes à se mettre en mouvement, à accepter l'échec comme une étape d'apprentissage, à ne pas laisser les autres briser leurs initiatives. « Personne n'a deux têtes », aime-t-elle rappeler. Si d'autres réussissent, c'est que c'est possible. Il faut apprendre, essayer, tomber, se relever. L'échec n'est pas une fin, mais un correctif, une école de rigueur.
Et dans un paysage communautaire burkinabè souvent marqué par la dépendance aux projets, elle propose d'investir plutôt que d'assister, de structurer plutôt que de substituer, de croire avant de financer.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
Le rotavirus est un virus très contagieux qui provoque des diarrhées et vomissements sévères. Il évolue par épidémies saisonnières de décembre à février-mars. Le virus touche généralement les enfants de 6 mois à 2 ans et peut entraîner de graves complications. Dans cette interview, le Dr Aristide Arthur Kiswendsida Djiguimdé évoque les symptômes par lesquels on le reconnaît ainsi que la prise en charge qui sied lorsque la maladie est déclarée.
Lefaso.net : En termes simples, qu'est-ce que le rotavirus ?
Dr Aristide Arthur Kiswendsida Djiguimdé : Le rotavirus est un virus responsable des gastro-entérites aigües (diarrhées et vomissements) chez les enfants, particulièrement les nourrissons. Ils peuvent être responsables de graves complications aussi bien pour les enfants que pour les adultes vulnérables. Ce virus est très résistant et peut persister en milieu extérieur pendant quelques semaines. Avant l'introduction du vaccin, environ 33 % de toutes les hospitalisations dues aux diarrhées aiguës et sévères chez les moins de cinq ans au Burkina Faso étaient causées par le rotavirus.
Comment le reconnaître par les symptômes ?
Le rotavirus cause la diarrhée. C'est-à-dire des selles liquidiennes et fréquentes ; certaines pouvant atteindre 10 selles sans sang par jour et s'étendre sur plusieurs jours. De la fièvre est d'abord constatée, d'autres symptômes comme des nausées, des vomissements, des maux de ventre. On peut noter une réduction de l'urine comme des couches moins humides du bébé que d'habitude.
L'enfant a la bouche sèche, les yeux peuvent être enfoncés, la peau sèche aussi dans les cas les plus graves, et l'enfant semble très fatigué. Parce qu'il perd beaucoup de liquides, il a particulièrement soif et peut demander à boire plus que d'ordinaire. Les enfants comme les adultes, dans les cas les plus sévères, peuvent souffrir de déshydratation, nécessitant parfois une hospitalisation. Les symptômes en lien avec le rotavirus peuvent durer quelques jours, entre 3 et 8 jours.
Est-ce que les enfants qui en sont malades sont contagieux ?
Oui. La période de contagiosité dure tant que le virus est excrété dans les selles. Le rotavirus peut être présent dans les selles jusqu'à deux jours avant et jusqu'à trois jours après la fin des symptômes. Une personne infectée peut transmettre le virus, même si elle ne présente aucun symptôme. Chez les enfants dont le système immunitaire est affaibli, le virus peut persister plus longtemps dans les selles. La transmission se fait par ingestion de l'agent infectieux.
Par contact indirect avec des aliments contaminés et de l'eau contaminée. Le rotavirus peut survivre à température ambiante et peut demeurer infectieux jusqu'à plusieurs semaines sur les surfaces et les objets contaminés (tables à manger, robinets, poignées de porte, jouets et ustensiles).
Par contact direct. Les mains constituent le vecteur principal de transmission par contact avec les selles infectées. Le rotavirus peut survivre sur les mains pendant au moins quatre heures. Le respect de l'hygiène des mains à l'eau et au savon est très important (lors du changement de couches) ; un nettoyage soigneux et fréquent des mains au savon ou à l'aide d'une solution hydro alcoolique est nécessaire. Pour éviter la transmission du rotavirus à partir de l'environnement, il est donc très important de respecter les mesures de nettoyage et de désinfection.
Est-ce que les rotavirus peuvent se développer au point d'engager le pronostic vital du patient ?
Oui, les principales complications sont la déshydratation rapide, en particulier chez les nourrissons âgés de moins d'un an.
Quel est généralement le traitement adapté ?
Il faut consulter un agent de santé qui va évaluer l'état clinique de l'enfant et, selon ses constatations, proposera une conduite appropriée. En pratique, le repos et l'hydratation sont conseillés pour récupérer rapidement ; l'essentiel étant de pouvoir compenser la perte en eau et en sels minéraux et soulager le patient de sa fièvre et des autres symptômes responsables de son état.
Quels conseils donneriez-vous aux parents pour protéger les enfants contre les rotavirus ?
Un allaitement maternel exclusif jusqu'à 6 mois pour les nourrissons, le suivi du calendrier vaccinal où l'on administre un vaccin contre le rotavirus, une hygiène des mains des parents et de la fratrie, une hygiène de l'environnement.
Un dernier mot ?
Les rotavirus étant très résistants dans l'environnement et présents sur les surfaces, celles-ci doivent être nettoyées soigneusement et régulièrement dans les lieux à risque élevé de transmission (collectivités des enfants, institutions accueillant les personnes âgées).
Entretien réalisé par Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Artiste comédien, metteur en scène et éclairagiste, Vincent Bazié revient dans un entretien qu'il nous a accordé mardi 17 février 2026, sur l'adaptation de PUKRI, inspirée du texte « Et si les armes devenaient des fleurs » de Paul P. Zoungrana. Une décennie après les événements de 2015 au Burkina Faso, la création portée par la compagnie Lumière de l'Art est à l'affiche jusqu'au samedi 21 février 2026.
Lefaso.net : Pouvez-vous vous présenter davantage à nos lecteurs !
Vincent Bazié : Je suis artiste-comédien, metteur en scène, éclairagiste. J'ai commencé le théâtre avec un feu, Somé Félix Gaétan, et dans la troupe Éclat de SOSAF. Et nous avons eu un parcours assez enrichissant. À la dernière compétition de la Semaine nationale de la Culture, nous avons pris le premier prix en 2010 et dans mon parcours, j'ai eu aussi à faire des productions au niveau du Burkina, dans d'autres pays africains et à l'extérieur, notamment en Belgique, en France, en Suisse.
PUKRI est adapté du texte « Et si les armes devenaient des fleurs » de Paul P. Zoungrana. Qu'est-ce qui vous a donné envie de porter ce texte à la scène aujourd'hui ?
Ce texte, quand nous l'avons découvert en 2015, c'était juste après le putsch manqué de septembre. Et l'auteur avait envie en tout cas de raconter ce qui s'est passé. Et nous, quand on a découvert ce texte, je crois qu'à son temps, chacun voulait monter ce recueil de poèmes. Donc dix années après, j'avoue que personnellement, je n'ai pas porté le projet.
La directrice de la compagnie Lumière des Arts, Valérie Sonia Nacoulma, est à l'origine du projet. C'est elle qui a approché l'auteur du recueil de poèmes pour lui proposer de travailler sur le texte. Ensuite, elle m'a sollicité pour réaliser l'adaptation. Comme il s'agissait au départ d'un recueil de poèmes, il fallait effectuer un véritable travail de transposition, du poème au théâtre. J'ai donc pris le temps de faire cette adaptation avant d'entamer les répétitions avec les comédiennes et le musicien. On l'a monté en novembre passé avec le soutien financier du Bureau burkinabè du droit d'auteur. Donc c'est une grosse coproduction.
Le spectacle repose beaucoup sur des personnages féminins. Pourquoi ce choix ?
Comme je l'ai dit, celle qui a eu l'initiative du projet est une femme. Donc, elle a cherché à mettre en lumière aussi ces femmes qui sont restées à nos côtés, ces femmes qui ont participé activement à la lutte pour la libération du pays en 2015. C'est la voix des femmes qu'on essaye de porter sur scène ici.
C'est un très beau casting. Trois comédiennes sont sur scène, toutes dotées d'un talent remarquable. Elles sont accompagnées par un musicien. Ensemble, ils offrent un spectacle harmonieux et intense. C'est véritablement un régal pour le public.
Lors d'une adaptation comme celle-ci, l'auteur du recueil de poèmes a-t-il un droit de regard sur la manière dont l'histoire est racontée ?
Si l'auteur est présent et impliqué dans le projet, il peut naturellement avoir un droit de regard sur l'adaptation. Il peut être associé au processus ou être consulté pour valider la version adaptée. Certains auteurs demandent à lire le texte avant sa mise en scène.
En revanche, lorsque l'auteur n'est plus en vie, ou lorsque l'œuvre est entrée dans le domaine public, il n'est pas nécessaire de demander une autorisation particulière.
À quel type de public s'adresse ce spectacle ?
Ce spectacle est destiné à tout public. L'histoire de 2015 est une réalité que les enfants, les jeunes, les adultes et les personnes âgées ont vécue.
La pièce invoque également avec force l'acte du pardon. Or, il n'y a pas d'âge pour demander pardon, ni pour aller vers l'apaisement des cœurs. C'est un message universel.
Depuis le 13 février, sentez-vous un engouement du public ?
Oui, nous avons bénéficié d'un public très chaleureux depuis le 13. Les 13 et 14, la salle était pleine. Cela montre que le spectacle suscite un réel intérêt et attire du monde. C'est très encourageant pour la suite. Les prochaines représentations sont prévues mercredi, jeudi, vendredi et samedi, jusqu'au 21.
Une tournée est envisagée, mais pour le moment, aucune représentation n'est programmée hors de Ouagadougou. Le spectacle est encore dans un processus de diffusion. Nous souhaitons d'abord le présenter dans toutes les salles de Ouagadougou, avant de l'ouvrir progressivement à l'intérieur du pays, puis à l'international.
Qu'espérez-vous que le spectateur ressente ou emporte avec lui après la représentation ?
D'abord, qu'il se sente bien. Aller au théâtre est un acte de divertissement, mais aussi une expérience vivante. Le théâtre est un art vivant qui nous amène à nous questionner, à repenser nos habitudes et à changer de comportement.
Il agit comme un miroir. Chacun peut se reconnaître et s'interroger sur ses actes quotidiens. Est-ce que ce que je fais vaut la peine ? Est-ce que je mets l'humain au centre de mes actions ?
C'est l'humain que nous cherchons à développer. Le théâtre a une fonction éducative et sensibilisatrice essentielle.
Pensez-vous que le théâtre peut encore provoquer des prises de conscience aujourd'hui ?
Oui, absolument. Le théâtre est un outil puissant, notamment dans son action sociale. Nous développons des thèmes qui amènent l'individu à se questionner et à évoluer.
Parfois, une personne traverse une période difficile, sans parvenir à se retrouver. Le théâtre peut être un déclic, un moment de recentrage, une opportunité d'adopter de meilleurs comportements.
Lorsqu'une personne évolue positivement, c'est toute la communauté qui en bénéficie. Et lorsque la communauté se porte bien, c'est le pays qui triomphe.
Est-ce que le théâtre burkinabè se porte bien ?
Le théâtre burkinabè se porte bien, notamment grâce à la qualité de ses œuvres et à sa renommée à l'extérieur.
Lors de nos tournées internationales, les salles sont toujours pleines lorsque des troupes burkinabè se produisent. Le public vient parce qu'il connaît et reconnaît la qualité de notre théâtre.
Cependant, nous déplorons un manque d'accompagnement financier. Même si l'on ne peut pas dire que la situation était forcément meilleure auparavant, il est clair que le secteur a besoin d'un soutien accru pour se développer davantage.
Pourquoi faut-il absolument venir voir PIKRI en février 2026 au CITO ?
PUKRI est une histoire vraie. Les événements de 2015 n'ont pas été inventés. La pièce nous ramène vers un passé que nous avons vécu, un passé riche en leçons. Venir voir ce spectacle, c'est revivre cette période, réfléchir à notre capacité de transformation et avancer vers l'apaisement. Nous sommes dans une dynamique de réconciliation à travers cette création.
Un dernier message au public ?
Venez au théâtre. Venez rire avec nous. Venez débattre. Venez vivre des instants magiques.
Merci beaucoup.
Entretien réalisé par Fredo Bassolé
Lefaso.net
Le président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré, a, à l'orée du carême et du jeûne, invité les fidèles à prier pour la paix au Burkina Faso. Il a aussi souhaité que la solidarité envers les personnes vulnérables soit renforcée.
"Le début presque simultané de ce chemin de foi est une opportunité pour renforcer notre communauté de destin, une occasion de porter ensemble notre cher pays dans nos prières et un appel divin à oeuvrer ensemble pour la consolidation de la paix au Faso. Aussi, voudrais-je inviter l'ensemble des Burkinabè à plus de solidarité et de bienveillance envers les personnes vulnérables afin de faire de cette période bénie, un moment de partage et de compassion", a-t-il lancé à ce propos.
Lefaso.net
Faso Yaar informe l'opinion publique de l'organisation d'une opération spéciale de vente de produits de garde consommation. Cette initiative vise à accompagner les fidèles musulmans et chrétiens, pour le jeûne et le carême de cette année 2026. Les produits concernés sont essentiellement de l'huile, du sucre, des jus et du savon. Les détails sur les conditions de vente, les prix de vente, les localités et points de vente etc. dans le communiqué ci-après.