Qu'est-ce qu'un cancer héréditaire ? Quels sont les signes d'alerte et les cancers les plus concernés ? Dans cet entretien, le Pr Nayi Zongo, cancérologue au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo, éclaire sur les mécanismes de transmission génétique du cancer, les facteurs de risque et l'importance du dépistage précoce.
Lefaso.net : Qu'entend-on exactement par cancer héréditaire ?
Pr Nayi Zongo : Il faut savoir que l'hérédité de façon globale, c'est ce que nous héritons de nos parents. C'est ce qui est transmis par nos grands-parents à nos parents, que nous recevons à notre tour de nos parents. Quand on parle de cancer héréditaire, ce sont des cancers qui sont transmis de façon héréditaire à travers le matériel génétique que nous héritons de nos parents. Quand on prend, par exemple, tout ce qui est l'apparence physique, tout ce qui est comportement, vous verrez qu'il y a des traits communs par famille. Il arrive que la transmission du cancer se comporte comme un caractère de la famille. On parle dans ce cas de cancer héréditaire.
Est-ce que tous les cancers peuvent être héréditaires et quels sont ces cancers les plus fréquents ?
Heureusement que tous les cancers ne sont pas héréditaires. Les cancers héréditaires ne représentent d'ailleurs qu'environ 5 à 10 % de l'ensemble des cancers. Beaucoup de cancers sont liés à l'hérédité. Mais les cancers les plus fréquents que nous rencontrons en pratique courante, c'est essentiellement le cancer du sein et le cancer du côlon. Quand on prend par exemple le cancer du sein, on se rend compte que c'est un cancer qui peut être lié à l'hérédité. Parce qu'il y a ce qu'on appelle des gènes qui sont protecteurs de l'organisme contre le cancer.
Mais lorsque ces gènes sont mutés, lorsqu'il y a une modification de ces gènes, ils vont perdre la capacité de protéger l'organisme contre le cancer et ouvrir la voie à l'installation du cancer. Par exemple, au niveau du sein, on a des gènes qu'on appelle BRCA1 et BRCA2 qui, lorsqu'ils sont mutés, sont responsables d'une augmentation importante du risque de développer un cancer du sein. On se rappelle par exemple d'Angelina Jolie, la star américaine, qui n'a pas de cancer, mais sa maman a fait un cancer du sein. Les tests génétiques ont montré qu'elle était mutée. Elle-même, elle s'est fait réaliser un test génétique qui a montré qu'elle portait la mutation qui augmentait de façon considérable le risque de faire un cancer du sein, soit un risque de 87%.
Cela l'a poussé à faire l'ablation de ses deux seins et elle l'a même utilisé pour faire une campagne de sensibilisation contre le cancer du sein. En ce qui concerne le cancer du côlon, c'est le même principe. Il y a des gènes qui sont protecteurs. Et ces gènes, il y en a essentiellement deux. Il y a ce qu'on appelle le syndrome de Lynch, qui est en réalité un gène qui est responsable de la capacité de réparer les erreurs de division cellulaire. Et lorsque ce gène est muté, les erreurs de division ne sont plus réparées et par conséquent, ça occasionne l'installation de beaucoup de cancers. On a par exemple les familles à cancer du côlon en rapport avec la mutation, la modification de ces gènes.
Quelle différence faites-vous entre prédisposition génétique et transmission inédite du cancer ?
Il y a ce qu'on appelle la prédisposition familiale. Il arrive que dans une famille, beaucoup de cas de cancers du même type s'observent sans qu'il y ait une transmission génétique, sans que cela soit lié au gène, qui est du côté de l'organisme. Dans ce cas, on parle de prédisposition familiale. Dans la famille, il y a peut-être un cas, deux cas, voire trois cas de cancer du même type, mais non liés à la modification ou à un gène connu. On parle de prédisposition familiale. Mais lorsque le cancer est l'expression même d'un gène qui est muté ou qui est activé, et cette expression de gène se traduit par l'apparition d'un cancer à un âge donné, oui, c'est lié à l'hérédité. Il y a une transmission des grands-parents vers les parents, des parents vers les enfants, et on trouve des cas de cancer parmi les grands-parents, des cas de cancer parmi les parents et des cas de cancer parmi les enfants. On parle de cancer héréditaire.
Vous avez parlé de l'âge. À quel âge un cancer peut-il être suspecté d'une origine héréditaire ?
Pour le cancer héréditaire, vous constaterez que la personne qui a une prédisposition héréditaire à développer un cancer fera son cancer avant l'âge moyen prévu pour l'apparition de ce type de cancer. Quand nous prenons par exemple le cancer du sein, on sait qu'il survient en général entre 40 et 50 ans dans le contexte ouest-africain. Mais pour les personnes qui portent une mutation génétique qui les expose au cancer du sein de façon héréditaire, le cancer va survenir avant 30 ans, parfois avant 40 ans, voire plus jeune.
C'est pareil pour le cancer du côlon. Quand vous avez une personne qui a une mutation génétique qui prédispose de façon héréditaire la personne à développer un cancer du côlon, le côlon étant le gros intestin, on se rend compte que la personne fera son cancer beaucoup plus jeune par rapport à l'âge prévu pour développer son cancer. Donc, ce sont des cancers qui surviennent beaucoup plus jeunes par rapport à l'âge prévu pour l'apparition de ces cancers.
Est-ce que le fait d'avoir plusieurs cas de cancer dans une même famille est toujours inquiétant ?
Il faut s'inquiéter. Mais ce qui est important, c'est surtout que ça doit alerter. Parce que l'existence de plusieurs cancers dans une famille n'est pas obligatoirement la traduction d'une transmission héréditaire. Mais ça peut l'être. Mais dans tous les cas, ça veut dire que si vous faites partie de cette famille, vous devrez vous soumettre à une surveillance médicale rigoureuse et de façon constante. Ça vous permettra de ne pas mourir du cancer en question.
Les hommes et les femmes sont-ils exposés de la même manière ?
Ça dépendra parce que les hommes et les femmes développent chacun des cancers héréditaires. Mais il faut savoir qu'il y a des cancers qui sont plus fréquents chez l'homme et des cancers qui sont plus fréquents chez la femme. Quand on prend par exemple le cancer héréditaire du côlon, on va rencontrer ce cancer principalement chez les hommes parce que c'est un cancer qui est plus fréquent dans le sexe masculin. Mais quand on prend les cancers du sein, ce sont des cancers qui peuvent apparaître de façon héréditaire, liés à l'hérédité, mais qui vont apparaître prioritairement au sein du sexe féminin.
Quand recommandez-vous un test génétique ?
Le test génétique va être recommandé d'abord lorsqu'il y a plusieurs cas de cancer dans la famille. Mais de façon spécifique, c'est lorsque l'on a au moins deux cancers dans la même famille, chez deux personnes qui appartiennent à deux générations différentes, et surtout quand ces cancers surviennent beaucoup plus jeunes. Le test génétique peut être également recommandé lorsque vous avez plusieurs personnes, c'est-à-dire plus de trois, qui présentent le même cancer, même si ces personnes n'appartiennent pas à plusieurs générations. Ce test génétique va permettre de rechercher la modification, la mutation du gène qui serait responsable de l'apparition du cancer.
Est-ce que c'est possible de prévenir un cancer héréditaire ?
Il faut savoir que tout ce qui est héréditaire fait partie des facteurs endogènes, c'est-à-dire des facteurs qui sont en nous, qui font partie de nous. Donc la prévention de façon stricte va être difficile. Mais on peut agir pour prévenir un certain nombre de cancers. Par exemple, dans le cas du cancer du sein, on peut faire ce qu'on appelle une ablation du sein de façon prophylactique, de façon préventive.
Ça va réduire de façon drastique le risque pour la personne mutée de développer un cancer du sein. Ce qui est important chez les personnes portant une mutation, une modification qui les expose à développer un cancer, parce que c'est une transmission héréditaire, c'est de se soumettre à une surveillance stricte, une surveillance rigoureuse pour détecter tôt ces cancers et les prendre en charge.
Mais est-ce que ces personnes porteuses de gènes peuvent forcément développer un cancer ?
Il y a des personnes qui vont porter des mutations, mais qui ne feront jamais un cancer. Quand on prend par exemple le cancer du sein, quand vous avez la mutation, le risque pour vous de faire un cancer est de 87%. Mais ce n'est pas 100%. Ça veut dire qu'on peut avoir quand même une mutation sans présenter le cancer en question. Mais lorsque vous avez une mutation, le risque est vraiment grand. Il va falloir prendre des dispositions pour ne pas être surpris par un cancer avancé.
Est-ce que le mode de vie peut influencer la survenue du cancer ?
Absolument. Même quand vous avez des jumeaux parfaits, vous vous rendez compte que l'un des jumeaux peut présenter telle maladie et l'autre ne présente pas la maladie.
Ça dépend de comment ces jumeaux sont exposés à la maladie. Quand vous avez un organisme qui est robuste, un organisme en bonne santé, une immunité qui est efficace, qui est forte, même quand vous êtes prédisposé, le risque pour vous est moindre par rapport à une autre personne qui serait prédisposée sur le plan héréditaire de la même manière, mais qui aurait une immunité qui est faible, qui aurait une alimentation mauvaise ou une hygiène de vie pas trop disciplinée.
Quel message souhaitez-vous adresser à ces personnes-là qui ont des antécédents familiaux de cancer ?
Si vous aviez beaucoup d'antécédents de cancer dans votre famille, ce n'est pas à 100% un cancer héréditaire, mais ça peut l'être. Mais de toute façon, ce qu'il faut faire, c'est de se soumettre à une surveillance rigoureuse ou au besoin, faire un test génétique pour s'assurer si vous portez une quelconque mutation qui vous prédispose à un cancer ou pas. Dans de tels cas, il y a des conduites à tenir pour vous éviter de vous retrouver devant un cancer très avancé qui mettrait en péril votre vie.
Entretien réalisé par Hanifa Koussoubé
Retranscription par Anita Mireille Zongo
Lefaso.net
À l'université Joseph Ki-Zerbo, de jeunes doctorants explorent des thématiques variées allant de la post-vérité à la nutrition, en passant par la linguistique et la coordination de drones. À travers leurs travaux, ces chercheurs ambitionnent d'apporter des réponses scientifiques à des enjeux majeurs de la société, tout en appelant à un meilleur accès aux données pour renforcer la recherche au Burkina Faso. Nous avons échangé avec certains d'entre eux le 12 mars 2026 en marge de la rentrée académique des doctorants qui se tenait à l'université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou.
Lucien Kambou, doctorant en première année en communication
« Je suis du Laboratoire lettres, sciences humaines et communication, précisément dans le Laboratoire médias et communication des organisations nationales. Je travaille sur la post-vérité dans les sciences d'information et son influence sur la formation de l'opinion en Afrique de l'Ouest. L'Oxford Dictionary définit la post-vérité comme les circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d'influence sur l'opinion publique que ceux qui font appel à l'émotion et aux croyances personnelles. La post-vérité ou post-factuel fait référence à la manipulation de l'information. Il est vrai que ce n'est pas un phénomène nouveau, mais il se présente aujourd'hui différemment avec l'avènement des réseaux sociaux et de l'IA qui ont favorisé la prolifération de deepfakes (manipulation de photo, son ou vidéo). L'Afrique de l'Ouest aujourd'hui traverse des crises, notamment sécuritaire, politique et économique, et dans de tels contextes, le contrôle de l'information devient un enjeu vital. Nous voulons analyser l'influence de la post-vérité sur les perceptions des citoyens des populations ouest-africaines, sur la formation de l'opinion publique. Pour mener à bien notre recherche, nous avons besoin de certaines informations. Malheureusement, chez nous ici, souvent pour avoir accès aux données, ce n'est pas facile. Souvent quand on a besoin de certaines informations sur le Burkina Faso, c'est dans les revues étrangères qu'on va les avoir. C'est déplorable. Pour que l'Afrique puisse être indépendante, il va falloir qu'on donne les informations à nos propres chercheurs ».
Lucien KambouWend-Data Rachidatou Niampa, doctorante en première année en nutrition
« Mon travail portera sur l'allaitement maternel exclusif à partir des techniques nucléaires. J'ai fait un master en nutrition humaine et techniques nucléaires. Il faut savoir que la technique nucléaire, ce sont des méthodes qu'on utilise au niveau de la nutrition pour mesurer de façon précise ce qu'on recherche. Par exemple, on dit qu'une personne est obèse. Qu'est-ce qui prouve que la personne est obèse ? On va plus loin avec ces techniques pour montrer que ce n'est pas le gras qui est en excès mais c'est plutôt les muscles. Il en est de même pour l'allaitement maternel exclusif. On ne va plus se baser sur les déclarations des mères, on va mesurer pour voir si l'enfant a réellement consommé uniquement que le lait maternel durant ses six premiers mois. Donc, j'aimerais déterminer l'allaitement maternel exclusif à partir des techniques nucléaires. C'est-à-dire l'apport en lait chez les femmes mais aussi la composition corporelle des enfants. Quand on parle de composition corporelle des enfants, on parle tout simplement de masse grasse et de masse maigre. Chez nous, la masse maigre, c'est tout ce qui est os, muscle et autres. Et quand on parle de masse grasse, c'est tout ce qui est gras du corps. Particulièrement l'allaitement maternel exclusif : on a remarqué que lorsque l'on fait les enquêtes, c'est tout le temps des paroles déclaratives, on ne se base pas sur des analyses réelles. Rien ne prouve que ce que la femme a dit est vrai. Notre travail, c'est d'analyser en profondeur à travers les techniques nucléaires. Nous allons donner des doses aux mères. Ce sont des doses non invasives. Elles ne font rien à l'homme. C'est juste de l'eau oxygénée. C'est pour savoir si l'enfant a été exclusivement allaité au sein. Les résultats pourront réorienter les stratégies et les programmes pour un avenir meilleur. Il faut savoir que l'allaitement maternel exclusif est très important dès le bas âge. C'est très important pour les mille premiers jours. C'est très important pour la cognitive de l'enfant, pour lutter contre la malnutrition qui fait des ravages au Burkina ».
Wend-Data Rachidatou NiampaMarie Bazié, doctorante en première année en linguistique
« Je travaille sur la phonologie et la morphologie du Kandèré parlé du Kandarzana. Le Kandèré est une langue minoritaire en danger parlée dans la province du Sanguié, région du Nando, notamment à Kandarzana. Il est considéré comme hybride. Pour certains, ce dialecte est fortement influencé par le lyélé et le mooré. À travers mon travail, j'aimerais faire connaître le peuple Kando et sa culture. Aussi, ma recherche pourra servir pour les travaux d'alphabétisation, les travaux didactiques et la constitution des manuels ».
Marie BaziéDaouda Kaboré, doctorant en première année en mathématiques appliquées
« Mon thème porte sur la coordination robuste des systèmes multi-agents dans des environnements partiellement observables. Nous avons choisi ce thème parce que nous faisons face actuellement à un défi sécuritaire. À la fin de nos travaux, nous allons mettre en place un mécanisme dans la navigation des drones. Nous allons voir comment est-ce qu'on peut coordonner plusieurs drones pour pouvoir mener à bien une mission. Il peut arriver que la météo compromette la mission. Notre objectif, c'est de préparer à l'avance les difficultés météorologiques. Notre souhait est que les structures que nous allons approcher nous permettent d'avoir accès aux données. Quand on crée un modèle mathématique, il faut l'appliquer et pour l'appliquer il faut tester le modèle. Pour pouvoir tester le modèle, il faut des données. Par faute de données, on a souvent des modèles qui ne correspondent pas à la réalité ».
Daouda KaboréRama Diallo
Lefaso.net
Le président du présidium de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) informe que les membres de la commission lune se réuniront le jeudi 19 mars 2026 à partir de 17h. Ce, pour la recherche de la lune marquant la fin du ramadan.
Cette rencontre intervient au 29e jour du Ramadan et vise à scruter l'apparition du croissant lunaire, signe annonciateur de la fête de l'Aïd el-Fitr. Pour garantir une observation fiable et inclusive, un dispositif d'interconnexion sera mis en place entre le centre d'observation de Ouagadougou et les différentes régions du Burkina Faso. Ce système permettra de collecter en temps réel les informations relatives à l'apparition de la lune sur l'ensemble du territoire national.
La FAIB précise que le communiqué officiel annonçant la fin du mois de jeûne sera rendu public dès que la lune sera aperçue. Dans le cas contraire, le mois de Ramadan sera complété à 30 jours, conformément aux prescriptions islamiques, et l'annonce officielle interviendra au plus tard à 22h30.
Lefaso.net
Le Procureur général près la Cour d'appel de Ouagadougou, dans un communiqué signé le 16 mars 2026, annonce une série d'opérations ayant permis de démanteler des réseaux impliqués dans l'exportation frauduleuse d'ânes hors du territoire burkinabè. Dans le cadre de cette lutte, les services de sécurité ont procédé à la saisie d'un nombre important d'animaux dans les ressorts des Tribunaux de grande instance de Pô et de Koudougou et procédé à plusieurs interpellations.
A Pô, deux individus ont été arrêtés le 12 mars 2026 dans la zone de Tiébélé alors qu'ils convoyaient un troupeau de 62 ânes. Deux jours plus tard, soit le 14 mars, deux autres personnes ont été interpellées dans des circonstances similaires avec 70 ânes. Selon les premiers éléments de l'enquête, ces animaux étaient en cours de transfert frauduleux hors du territoire national.
Dans la région de Koudougou, les forces de l'ordre ont intercepté, le 12 mars 2026, deux camions transportant environ 200 ânes. Les contrôles effectués ont révélé plusieurs irrégularités, notamment le dépassement du nombre d'animaux autorisé par véhicule, l'absence d'autorisation d'exportation, de certificat sanitaire ainsi que de laisser-passer zoo-sanitaire.
Le Procureur général a rappelé que l'exportation des ânes est formellement interdite au Burkina Faso, conformément au décret du 7 septembre 2016 réglementant l'abattage et l'exportation de certaines espèces animales. Cette interdiction a d'ailleurs été récemment réitérée par le ministre en charge des Ressources animales dans un communiqué en date du 9 mars 2026.
Il a également souligné que toute violation de ces dispositions expose les contrevenants à des poursuites pénales, en plus de la saisie des animaux et de la confiscation des moyens ayant servi à commettre l'infraction.
Les enquêtes se poursuivent afin d'identifier l'ensemble des personnes impliquées dans ces activités illégales et de situer les responsabilités.
Le Procureur général salue la vigilance et la collaboration des forces de défense et de sécurité, des volontaires pour la défense de la patrie ainsi que des services techniques, dont l'action a permis ces résultats. Il a par ailleurs invité les populations, en particulier les éleveurs, commerçants et transporteurs, à respecter strictement la réglementation en vigueur. Un appel a enfin été lancé à tous les citoyens à dénoncer tout acte suspect auprès des services compétents.
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Comment les lieux de sociabilité ouest-africains redessinent le paysage publicitaire
47 minutes. C'est le temps moyen qu'un consommateur passe assis dans un maquis de Ouagadougou. Pendant ce même laps de temps, un automobiliste croise un panneau publicitaire en 3 secondes. Un post sur les réseaux sociaux retient l'attention pendant 1,7 seconde. Dans les lieux de loisirs du Burkina Faso, l'attention n'est pas arrachée elle est offerte, naturellement, par des consommateurs détendus, attentifs et socialement engagés.
Ce chiffre pose une question que peu d'annonceurs se sont posés jusqu'ici : et si les maquis, bars et restaurants de nos villes étaient devenus, sans que personne ne le formalise, les espaces médiatiques les plus puissants d'Afrique de l'Ouest ?
Au Burkina Faso, la sociabilité ne se passe pas en ligne
Dans un pays où le taux de pénétration d'Internet reste inférieur à 30 %, les rencontres physiques dominent encore largement les modes de consommation médiatique. Les maquis de Ouagadougou ne sont pas de simples débits de boisson. Ce sont des lieux où se forment les opinions, où circulent les recommandations de marques, où se prennent les décisions d'achat, souvent en groupe, souvent immédiatement.
Lors d'un match de football, un écran de télévision dans un maquis bondé capte simultanément l'attention de 30 à 80 personnes pendant plus d'une heure. Aucun autre média au Burkina Faso ni la télévision à domicile, ni la radio, ni l'affichage urbain ne produit ce niveau de concentration collective dans un contexte aussi favorable à la mémorisation.
Un phénomène continental, pas une exception locale
Ce qui se passe dans les maquis de Ouagadougou se produit aussi dans les bars d'Abidjan, les restaurants de Lagos, les terrasses de Dakar. Partout en Afrique de l'Ouest, les lieux de sociabilité jouent un rôle central dans la vie économique et culturelle. C'est là que les marques sont discutées, recommandées ou rejetées.
Le Digital Out Of Home (DOOH) est un marché qui pèse plus de 20 milliards d'euros en 2025 à l'échelle mondiale. Mais le modèle dominant, écrans dans les gares, centres commerciaux et transports publics, a été conçu pour les infrastructures urbaines européennes et américaines. Dans les villes africaines, la vie ne se déroule pas de la même façon. Le DOOH doit donc trouver ses propres espaces d'audience. Et ces espaces existent déjà : ce sont les maquis.
Ce que cela change pour les marques présentes au Burkina Faso
Pour un directeur marketing qui alloue son budget entre la TV, la radio et l'affichage extérieur, il manque un canal dans l'équation : celui où le consommateur est réellement présent, réceptif et en situation de décision. Les lieux de loisirs représentent ce moment précis.
Trois caractéristiques rendent ces espaces uniques pour la communication de marque. D'abord, l'audience est captive : les consommateurs ne zappent pas, ne scrollent pas, ils regardent. Ensuite, le contexte est positif : un message vu dans un moment de détente bénéficie d'un taux de mémorisation supérieur à celui d'un message intrusif. Enfin, l'interaction sociale amplifie le message : quand un groupe discute d'une publicité vue ensemble, la marque entre dans la conversation.
Des entreprises au Burkina Faso commencent à structurer cette opportunité. Des réseaux d'écrans numériques sont déployés dans des dizaines d'établissements partenaires à Ouagadougou, équipés de systèmes de mesure d'audience capables de quantifier précisément la fréquentation, les heures de pointe et l'exposition réelle aux messages. Le concept a déjà un nom : le Médias des Moments, un établissement de loisir transformé en espace médiatique mesurable.
Une nouvelle catégorie média est en train de naître
La question n'est plus de savoir si les lieux de sociabilité africains ont une valeur médiatique, ils l'ont toujours eue. La question est de savoir quelles marques seront les premières à en tirer parti de manière structurée et mesurée.
À Ouagadougou, le modèle existe déjà avec plus de 215 écrans dans 50 établissements. Il pourrait demain s'étendre à Bobo-Dioulasso, Abidjan, Bamako, Niamey. À chaque fois que le modèle DOOH a été adapté aux réalités locales d'un marché, il a créé de la valeur pour les annonceurs et pour l'écosystème.
Les marques qui gagnent demain sont celles qui sont présentes dans les moments qui comptent aujourd'hui.
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Inoussa Dianda a soutenu publiquement ce mardi 17 mars 2026 à l'université Joseph Ki-Zerbo, sa thèse unique de doctorat en histoire, spécialité histoire économique et relations internationales. Son travail de recherche mené sous la houlette de Pr Yacouba Zerbo, a porté sur le thème « La coopération Union européenne-Burkina Faso dans le cadre des projets et programmes de 2000 à 2020 ». Ce travail dont la qualité a été reconnue par l'ensemble du jury, a été sanctionné par la mention très honorable.
Inoussa Dianda a fait le choix du présent thème de recherche pour diverses raisons. D'abord, parce que la coopération au développement est un thème à la fois historique et d'actualité et ensuite parce qu'il existe très peu d'écrits sur les projets et programmes de développement de l'UE au Burkina Faso dans le département d'histoire de l'université Joseph Ki-Zerbo. Le candidat a donc approfondi son étude, débutée antérieurement à l'occasion de son mémoire de master.
L'objectif de cette thèse de doctorat, qui a couvert la période de 2000 à 2020, était d'analyser les impacts des projets et programmes de l'UE sur le développement socioéconomique du Burkina au cours de la période indiquée. De façon spécifique, il s'agissait d'examiner les fondements et le cadre institutionnel de la coopération entre l'UE et le Burkina Faso, d'analyser les domaines d'intervention des programmes et projets de l'UE au Burkina Faso et de décrypter les forces et faiblesses de ces interventions.
Le candidat a relevé que sur la période 2000-2020, la coopération entre l'UE et le Burkina Faso a été régi par l'Accord de Cotonou, qui avait pour objectif principal de lutter contre la pauvreté au Burkina Faso, à travers plusieurs programmes. Son étude a permis de recenser 133 projets et programmes mis en œuvre par l'UE sur la période concernée. Mais faute de données, il n'a pu analyser que 104 projets et programmes. Ces 104 projets ont été financés à hauteur de 1 200 milliards de francs CFA.
Inoussa Dianda a recensé au total 133 projets et programmes mis en œuvre par l'UE entre 2000 et 2020Les secteurs ayant bénéficié de ces programmes sont le secteur du développement rural (301 milliards de FCFA pour 34 projets) composé de l'agriculture, de l'élevage, de la sécurité alimentaire et de l'environnement ; les secteurs structurants tels que les transports (534 milliards pour 32 projets), les infrastructures, l'énergie, la santé et l'éducation ainsi que les secteurs transversaux (158 milliards pour 38 projets) comme la culture, la justice, l'État de droit, la bonne gouvernance et le secteur privé.
À l'analyse, le candidat note que l'ensemble des projets exécutés ont eu des effets positifs sur le développement socio-économique du Burkina. Il cite en exemple le projet PADEG qui dans le domaine de la justice a permis de construire 11 tribunaux de grandes instances et 10 maisons d'arrêt et de correction. Aussi, sur la période 2002 à 2008, le PADEG a financé la formation d'une centaine d'élèves à l'École nationale de magistrature.
Si les effets des programmes et projets sur le développement socioéconomique du Burkina sont indéniables, Inoussa Dianda relève cependant, un paradoxe. Dans les régions où l'on a enregistré une concentration des interventions de l'UE, il y a une situation de pauvreté visible, avec plus de 50% des populations en 2021 qui vivaient toujours sous le seuil de pauvreté. Par contre, les régions les moins bénéficiaires des interventions européennes sont les régions les moins pauvres du Burkina. Ce qui fait dire au candidat que la concentration des projets et programmes de l'UE dans une zone ne garantit pas systématiquement l'amélioration des conditions de vie. Il indique que l'impact des projets et programmes dépend du contexte spécifique, mais aussi des réalités locales. L'exemple du Burkina invite donc à une approche flexible, territorialisée, régionalisée, pour prendre en compte les spécificités de chaque région, afin de transformer la présence des projets et programmes en des résultats concrets et durables au profit des populations locales, a-t-il soutenu.
Le directeur de thèse, Pr Yacouba Zerbo a félicité le candidat pour la qualité du travail présentéLe jury présidé par Pr Claude-Etienne Sissao, a jugé la thématique abordée par le candidat intéressante. Le travail présenté a aussi été apprécié pour sa qualité scientifique, la richesse de la documentation fournie ainsi que sa contribution à l'histoire de la coopération internationale. Pr Yacouba Zerbo, directeur de thèse, a salué le sérieux de l'impétrant ainsi que son abnégation qui lui ont permis de mener à bout ce travail scientifique. Tout en le félicitant pour l'effort de recherche documentaire, il a indiqué que ce travail de recherche permet au candidat de mieux connaître les différents volets de coopération qui animent les relations entre l'UE et le Burkina Faso et de comprendre l'éventail des domaines de coopération et leur spécificité afin de voir ceux qui sont importants et ceux qui le sont moins. Autre apport de cette thèse, l'analyse des résultats engrangés par les différentes parties dans le cadre de la coopération.
Le jury a jugé Inoussa Dianda digne du grade de Docteur en histoire avec la mention très honorableInoussa Dianda a été élevé au grade de Docteur en histoire, avec la mention très honorable. Il a en perspective la poursuite de la recherche avec la rédaction d'un article scientifique sur les acteurs clés de la coopération entre l'UE et le Burkina.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Un usager de la route Tshomba–Lwama déplore la majoration du prix de la course sur cet axe important de la ville de Kindu, au Maniema.
« Une course qu’on payait auparavant 1 000 francs vers Lwama 2 et Lwama 1 coûte aujourd’hui 2 000 francs et 1 500 francs. Ce que je demande aux autorités, c’est de nous aider à réhabiliter ce tronçon routier. Le problème, c’est le manque de terrassement. Nous demandons aux autorités de venir voir cette route, car elle est très délabrée », a‑t‑il déclaré.
À l’approche de l’Aïd El-Fitr, les autorités ont précisé l’organisation des jours fériés pour les travailleurs à travers le pays. Dans un communiqué conjoint publié […]
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Une mission conjointe composée de l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du ministère en charge de l'agriculture et de l'eau, ainsi que de l'Ambassade de Belgique, a effectué une visite de terrain dans la région de Yaadga. Cette sortie du lundi 16 mars 2026, s'inscrit dans le cadre du suivi de la mise en œuvre du projet “GCP/BKF/068/BEL'', dédié au renforcement de la sécurité alimentaire et de la résilience des populations face aux effets du changement climatique.
Après une première étape dans la région des Koulsé, la délégation s'est rendue dans le village de SongNaaba, dans la commune de Yako, province du Passoré, où elle a visité une ferme agroécologique d'une superficie d'un hectare. Aménagée en 2025 grâce à l'appui financier de la coopération belge, cette exploitation agricole bénéficie à environ soixante femmes, dont une trentaine de jeunes. Sur ce site, les productrices cultivent plusieurs spéculations maraîchères, notamment l'oignon, l'oseille, la tomate et le gombo.
« Grâce à l'appui de la FAO et de ses partenaires, nous parvenons aujourd'hui à subvenir à nos besoins ainsi qu'à ceux de nos familles », Philomaine Sawadogo, exploitante de la ferme agroécologique de SongNaabaSelon les responsables du projet, une production d'environ 35 tonnes d'oignons est attendue dans les prochaines semaines, une performance qui devrait contribuer à renforcer les revenus des bénéficiaires et à améliorer l'approvisionnement des marchés locaux.
Présent lors de la visite, le ministre délégué chargé des ressources animales, Amadou Dicko, a salué les résultats enregistrés depuis le lancement de ce projet mis en œuvre par la FAO depuis 2023.
Le ministre délégué chargé des ressources animales, Amadou Dicko, lors de sa visite de la ferme agroécologique de SongNaaba et une exposition des échantillons des spéculationsUn bouli multiusage pour sécuriser les ressources en eau
La mission s'est également rendue dans la commune rurale de Bassi, dans la province du Zondoma, où un bouli multiusage d'une capacité de 30 000 m³ est en phase de finalisation. Destiné à améliorer la disponibilité de l'eau pour les activités agropastorales, l'ouvrage est accompagné de plusieurs infrastructures connexes, notamment un forage, un château d'eau, un bassin partiteur, un bassin piscicole et une borne fontaine.
Pour le représentant de la FAO au Burkina Faso, Ernest-Moïse Mushekuru, ce type d'infrastructure constitue une réponse concrète aux défis climatiques auxquels font face les communautés rurales.
« Le bouli est un système qui permet de collecter les eaux qui vont bénéficier à la fois aux communautés d'agriculteurs et d'éleveurs pour leurs productions. Comme vous le savez, nous sommes dans un contexte où il y a la rareté des pluies en raison des changements climatiques. C'est pourquoi mobiliser aussi bien les eaux de surface que les eaux souterraines reste une grande priorité », a-t-il indiqué.
Selon le représentant de la FAO au Burkina Faso, la ferme communautaire en cours d'aménagement constitue un espace intégré de production au bénéfice des populations locales. Hommes et femmes y mèneront des activités de production maraîchère et vivrière, auxquelles s'ajouteront d'autres initiatives génératrices de revenus, notamment la pisciculture. Dans cette zone caractérisée par une forte présence de bétail, le bouli en cours de réalisation jouera également un rôle essentiel en permettant à des centaines de têtes de bétail de s'abreuver, contribuant ainsi à préserver la santé animale. Les acteurs s'attèlent actuellement à finaliser les dernières infrastructures prévues afin d'assurer une exploitation optimale des aménagements réalisés.
« Financée par le gouvernement belge, cette initiative s'inscrit dans la phase finale du projet, dont l'achèvement est prévu pour juin 2027 », Ernest-Moïse Mushekuru, représentant de la FAO au Burkina Faso (à droite)Améliorer la sécurité alimentaire et préserver les écosystèmes
Le conseiller technique du ministre délégué chargé des ressources animales, Jean-Marie Batiébo, a affirmé que les aménagements observés s'inscrivent pleinement dans la vision du gouvernement visant à intensifier les productions agricoles et pastorales afin d'atteindre la souveraineté alimentaire. Il a rappelé que plusieurs plaines ont déjà été aménagées pour garantir une meilleure maîtrise de l'eau, citant notamment l'exemple de Dourou, dans la province du Passoré, où l'expérience permet désormais de produire au-delà de la seule saison des pluies.
Pour lui, le modèle de la FAO en cours de développement dans la zone constitue une innovation majeure. Malgré l'absence de barrage à proximité, toutes les stratégies sont mobilisées pour capter et valoriser les eaux de surface et les eaux souterraines. Cette approche permet non seulement d'assurer l'abreuvement du bétail dans une zone où l'eau se fait rare à certaines périodes, mais aussi de soutenir des activités de production maraîchère tout au long de l'année.
Le conseiller technique du ministre délégué chargé des ressources animales, Jean-Marie Batiébo a salué un dispositif qui ouvre de nouvelles perspectives économiques pour les communautés localesCe qui leur permettra d'effectuer deux à trois cycles de récolte par an grâce à la disponibilité de l'eau. Selon lui, cette dynamique correspond parfaitement à la politique gouvernementale en matière de développement rural et de résilience des populations. Il a par ailleurs exprimé la reconnaissance du gouvernement envers la FAO, partenaire de longue date, ainsi qu'à la Coopération belge qui finance ce projet innovant dans des zones dépourvues de grandes retenues d'eau. Souhaitant voir ce modèle reproduit dans d'autres localités du pays, il s'est dit confiant quant à la capacité des bénéficiaires à assurer la pérennité des infrastructures, saluant leur organisation communautaire et leur engagement déjà perceptible dans la recherche de solutions aux défis de leur village.
Pour sa part, l'attaché de coopération à l'Ambassade de Belgique, Olivier Savadogo, a exprimé sa satisfaction quant aux résultats enregistrés. Mandaté par l'ambassadeur de Belgique, il a indiqué que cette mission de suivi a débuté depuis vendredi dernier dans la commune de Korsimoro relevant de la région des Koulsé. La délégation a pu constater dans cette localité, précise-t-il, plusieurs réalisations similaires à celles observées dans la région de Yaadga, notamment des infrastructures hydrauliques destinées à soutenir les activités agricoles et pastorales.
Selon l'attaché de coopération à l'Ambassade de Belgique, Olivier Savadogo, après trois années de mise en œuvre, les résultats du projet sont concrets et encourageantsLes boulis multiusages visités jouent un rôle essentiel dans la gestion des ressources en eau, tout en contribuant au renforcement de la cohésion sociale au sein des communautés bénéficiaires. Financée à environ 5,1 millions d'euros, soit près de 3,345 milliards de francs CFA, l'initiative illustre l'engagement de la Coopération belge aux côtés des autorités burkinabè et de leurs partenaires pour soutenir la résilience des populations rurales et améliorer durablement leurs moyens de subsistance.
Un bilan marqué par des réalisations significatives
Après trois années de mise en œuvre (2023-2025), le projet porté par la FAO avec l'appui de la Coopération belge affiche des résultats significatifs en matière de cohésion sociale et de mobilisation communautaire. Au total, 60 clubs dénommés “Dimitra'' ont été mis en place et accompagnés dans 20 villages, regroupant 1 800 membres dont 1 080 femmes. Ces espaces d'échanges ont favorisé le dialogue communautaire, la solidarité et le vivre-ensemble.
Dans cette dynamique, 96 leaders de clubs dont 70 hommes et 26 femmes ont été formés sur la prévention et la gestion des conflits afin de renforcer les mécanismes locaux de médiation. Les clubs ont également été dotés de 30 smartphones, facilitant les échanges interclubs et le partage d'expériences. Grâce à cette organisation, plusieurs initiatives endogènes ont vu le jour, notamment la construction de logements pour les écoles et centres de santé, la plantation d'arbres, la réalisation d'ouvrages de franchissement, le curage de boulis ou encore des campagnes de sensibilisation contre les grossesses précoces en milieu scolaire. Les membres des clubs Dimitra ont même contribué à la réhabilitation d'un bouli, illustrant leur engagement dans le développement local.
« L'initiative de la FAO en notre faveur est salutaire et nous allons nous organiser pour assurer un bon usage des ouvrages mis à notre disposition », Oumar Zallé, habitant du village de Saye dans la commune de BassiLe projet a également permis de renforcer les capacités économiques et organisationnelles des producteurs. Une étude diagnostique des bas-fonds et des ouvrages de mobilisation des ressources en eau a été réalisée afin d'orienter les investissements. Parallèlement, 20 CEAP/AVEC (groupements d'épargne et de crédit communautaires) ont été mis en place. Ces structures ont réussi à auto-mobiliser près de 16,7 millions de francs CFA, destinés à financer des activités génératrices de revenus au profit de leurs membres.
Dans le même temps, 600 agropasteurs membres des CEAP ont bénéficié de formations sur des pratiques agrosylvopastorales résilientes face au changement climatique. Le projet a en outre soutenu la dynamisation de trois fermes agroécologiques, grâce à des appuis en intrants, en formations et en suivi technique, tout en accompagnant la création de deux nouvelles fermes agroécologiques.
« Le château d'eau présenté à la mission de suivi du projet “GCP/BKF/068/BEL'' mesure 10 mètres de hauteur », Issa Kindo, expert génie rural à FAO BurkinaSur le plan productif, les résultats enregistrés témoignent d'un impact tangible sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des ménages. Les producteurs bénéficiaires ont enregistré une production de 2 350 tonnes de riz paddy au profit de 1 350 ménages, tandis que 1 321 tonnes de niébé ont été produites par 2 010 ménages. À cela s'ajoutent 652 tonnes de niébé fourrager pour 1 075 ménages et 920 tonnes de maralfalfa destinées à l'alimentation animale pour 660 ménages. Par ailleurs, 112 hectares de cultures maraîchères ont été aménagés et exploités par les communautés, contribuant à diversifier les sources de revenus et à améliorer la nutrition des populations rurales.
Enfin, des avancées notables ont été réalisées dans la gestion durable de l'eau et la protection de l'environnement. Une étude a été conduite pour la réalisation de neuf boulis et la réhabilitation d'un autre, tandis que six boulis et leurs ouvrages connexes sont actuellement en cours de réalisation. Le projet a également permis la réalisation de cinq nouveaux forages et la réhabilitation de cinq anciens forages, améliorant l'accès à l'eau pour les activités agricoles et pastorales. Dans le domaine environnemental, les agents communaux de l'environnement ont été formés à la protection de la biodiversité, tandis que les communautés ont été sensibilisées à la préservation des écosystèmes autour des sites des boulis.
« Le périmètre irrigué est alimenté par le bouli grâce à des motos pompes. L'eau du bouli devrait être disponible même pendant la période sèche », Daouda Adamou, chargé du contrôle des travauxUn bosquet de deux hectares a par ailleurs été mis en place au profit de 120 membres. Pour les années à venir, plusieurs perspectives sont envisagées, notamment la réhabilitation de quatre boulis supplémentaires en 2026, la création du bosquet de Soundogo, la fourniture d'intrants de production agricole, halieutique et sylvicole, la mise en valeur des six complexes de boulis et le renforcement continu des capacités des acteurs locaux.
Mis en œuvre dans les régions de Yaadga, des Koulsé et du Liptako, le projet « GCP/BKF/068/BEL » d'une durée de 60 mois pour une cible de 16 350 ménages, vise à améliorer la sécurité alimentaire des populations tout en renforçant leur capacité d'adaptation aux effets du changement climatique. À travers la promotion de pratiques agroécologiques et la réalisation d'infrastructures de mobilisation de l'eau, l'initiative entend également contribuer à la préservation de la biodiversité et des écosystèmes, tout en soutenant les moyens de subsistance des communautés rurales.
Hamed Nanéma
Lefaso.net