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Afrique

Jean-Claude Katende salue l’initiative de la C64, mais regrette des omissions sur les exactions dans l’Est

Radio Okapi / RD Congo - Wed, 28/10/2026 - 05:25

Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, accueille favorablement la démarche engagée par la Coalition Article 64 (C64) à l’issue de son conclave tenu à Rome, en Italie.

La C64 rejette toute modification de la Constitution et met en garde contre un troisième mandat

Radio Okapi / RD Congo - Wed, 28/10/2026 - 05:18


La Coalition article 64 (C64) a réaffirmé, mardi 27 octobre, son opposition à toute modification de la Constitution en République démocratique du Congo (RDC), à un troisième mandat présidentiel ainsi qu’à un éventuel report des élections prévues en 2028.

En Afrique, l’homophobie érigée en politique d’Etat

LeMonde / Afrique - Wed, 28/10/2026 - 05:00
« En Afrique, la vague réactionnaire » (2/4). Souvent présentées comme une réponse à une « attaque culturelle » venue de l’Occident, les législations homophobes se multiplient sur le continent, avec pour conséquence des discriminations et des violences en hausse, tandis que la lutte contre l’épidémie de sida est affaiblie.
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Mali: quatre militants pro-démocratie présentés à la justice après presque six mois de détention

RFI /Afrique - Wed, 28/10/2026 - 04:38
Au Mali, quatre militants pro-démocratie détenus par la Sécurité d'Etat depuis près de six mois dans des lieux inconnus et en dehors de tout cadre judiciaire ont réapparu le mardi 20 octobre. Youssouf Daba Diawara, Aboubacar Soumaré, Moussa « Abba » Djiré et Ibrahima Tamega ont été présentés au pôle judiciaire spécialisé contre la cybercriminalité et sont désormais emprisonnés à la maison d'arrêt de Bamako. Toujours aucune nouvelle en revanche de l'avocat et ancien ministre Mountaga Tall, qui avait été le premier à être enlevé par la Sécurité d'Etat en mai dernier.
Categories: Afrique

Cybercriminalité : « Payer une rançon finance la prochaine attaque et ne garantit rien », Dr Karim Ganamé, spécialiste de la cybersécurité

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:55

Les attaques par rançongiciels constituent une menace grandissante pour les entreprises, les administrations et les infrastructures stratégiques. Derrière ces cyberattaques se cachent parfois de véritables organisations criminelles, structurées comme des entreprises, qui prennent en otage les données de leurs victimes et exigent des rançons pouvant atteindre plusieurs millions de dollars. Chercheur en cybersécurité et fondateur de StreamScan, une entreprise spécialisée dans la détection des cybermenaces au Canada, le Burkinabè Karim Ganamé connaît bien cet univers.

Habitué à intervenir auprès d'organisations victimes, il a notamment participé à des négociations avec des cybercriminels. Dans cet entretien accordé à Lefaso.net, il nous plonge dans les coulisses de cette criminalité numérique, explique comment l'intelligence artificielle transforme les cyberattaques et alerte sur les vulnérabilités des organisations africaines. Il livre également ses recommandations pour mieux protéger les entreprises et les infrastructures critiques du Burkina Faso.

Lefaso.net : Dr Karim Ganamé, pour commencer, pouvez-vous expliquer simplement ce qu'est un rançongiciel, comment se déroule une attaque et pourquoi cette forme de cybercriminalité est devenue une menace majeure pour les entreprises et les administrations ?

Un rançongiciel (aussi appelé ransomware) est un logiciel malveillant qui chiffre les données d'une organisation, ou les vole, pour exiger de l'argent en échange d'une clé (un peu comme un mot de passe) qui permet de les déchiffrer.

Une attaque par rançongiciel suit en général plusieurs étapes : découverte des failles de votre réseau, intrusion (courriel piégé, identifiants volés, faille non corrigée), déplacement discret dans le réseau, vol de données, puis chiffrement des systèmes et message de rançon. La plupart du temps, les criminels sont déjà dans le réseau depuis des jours ou des semaines quand l'attaque devient visible.

La menace liée aux rançongiciels est devenue majeure parce qu'elle est lucrative, que les outils sont faciles à obtenir et que la numérisation rend les organisations dépendantes de leurs systèmes. De plus les paiements se font en bitcoins et sont hyper difficiles à retracer. Hôpitaux, banques, administrations, PME : quand tout s'arrête, chaque heure coûte cher, et c'est cette pression que les attaquants exploitent.

Lefaso.net : Vous affirmez que les groupes de cybercriminels fonctionnent aujourd'hui comme de véritables entreprises, avec des employés, des horaires de travail et un modèle économique. Comment ces organisations criminelles sont-elles structurées et comment choisissent-elles leurs victimes ?

Effectivement ces groupes fonctionnent comme des entreprises : division du travail, spécialistes de l'intrusion, développeurs des rançongiciels, négociateurs, support « client » pour guider la victime dans le paiement. Certains louent leurs outils à des affiliés, selon un modèle de « rançongiciel en tant que service ».

Notez que le choix des victimes est généralement opportuniste. Les pirates utilisent des outils automatisés qui balaient Internet 24heures sur 24 pour trouver des failles à exploiter. Dès qu'ils identifient des vulnérabilités importantes, ils tentent de les exploiter pour prendre le contrôle du réseau. Une fois qu'ils compromettent un réseau, ils ne sont pas pressés : ils prennent le temps de fouiner afin de trouver des serveurs critiques ou des données sensibles (renseignements personnels, données de carte de crédit ou bancaires, etc.).

Avant d'infecter les serveurs via le rançongiciel, le pirate va exfiltrer les données sensibles qu'il a trouvées dans le réseau. Il publiera les données si l'entreprise ne paie pas de rançon. C'est ce qu'on appelle la double extorsion. Le pirate se donne deux chances d'obtenir le paiement d'une rançon :
• 1ère chance : l'entreprise n'a pas de sauvegardes qu'elle peut restaurer. Elle doit négocier si elle veut continuer à fonctionner.
• 2eme chance : si l'entreprise a des sauvegardes utilisables, la menace de publier ses données peut la persuader de négocier.
Je vois encore malheureusement des organisations qui ont des sauvegardes et décident quand même de négocier avec les pirates car la publication non autorisée de leurs données sensibles leur causerait un grand dommage qui se chiffre à plusieurs millions de dollars US. D'autres entreprises vont vouloir négocier uniquement pour éviter que l'attaque s'ébruite.

Lefaso.net : Vous vous présentez parfois comme un « cyberpompier » appelé au secours des entreprises attaquées. Pouvez-vous nous raconter, en préservant l'anonymat de la victime, une intervention particulièrement marquante qui illustre les conséquences concrètes d'une attaque par rançongiciel ?

J'ai vu des dizaines et des dizaines de situations dramatiques liées à des attaques par rançongiciel. Par exemple, une usine bâtie depuis plus de 40 ans qui a failli fermer. Après une attaque par rançongiciel, l'entreprise s'est rendu compte que ses sauvegardes ne fonctionnaient pas. Toute l'usine était paralysée, incluant les systèmes de production, la livraison, etc. L'entreprise n'avait même plus accès à la liste de ses clients pour livrer la marchandise déjà produite. L'usine a été à l'arrêt pendant plus de 3 semaines, causant des dégâts très importants ; on parle de plusieurs millions de dollars. La reprise a été très douloureuse et plusieurs employés ont été remerciés, l'objectif de l'entreprise étant de survivre.
J'ai aussi vu des entreprises qui ont fermé car n'ayant pas pu se relever d'une attaque par ransomware.

Lefaso.net : Vous avez personnellement négocié avec des groupes de cybercriminels pour le compte d'entreprises victimes. Comment se déroulent ces négociations ? À qui avez-vous affaire et quelles méthodes les pirates utilisent-ils pour faire pression sur leurs victimes ?

Lors d'une attaque par rançongiciel, le pirate laisse une note de paiement de rançon sur l'ordinateur infecté. Cette note indique comment entrer en contact avec le pirate : par courriel ou via leur portail sur le darkweb.

On a souvent affaire à des interlocuteurs bien structurés, qui cherchent à contrôler le rythme. Dans d'autres cas, l'on rencontre des nouveaux venus ou des groupes peu structurés. Leurs leviers de pression restent les mêmes : vous donner de courts délais pour agir, menacer de publier les données volées, menacer de les vendre, etc.

Mon rôle est de gagner du temps, vérifier à qui j'ai affaire et sa force de frappe, vérifier ce que le pirate détient réellement comme données, évaluer sa crédibilité, etc. Je garde en tête le fait que l'entreprise veut revenir rapidement en production et de manière sécuritaire et je l'accompagne dans ce sens. Je protège les intérêts de l'entreprise qui a été victime de l'attaque.

Lors d'une négociation, le pirate fait une offre, l'entreprise fait une contre-offre, ainsi de suite jusqu'à ce qu'il y ait une entente ou non. Les pirates bien organisés vont effectuer des recherches pour estimer la valeur de la victime avant d'entamer la négociation (ex : le site web Zoominfo). Si le pirate pense que l'entreprise vaut 50 millions de dollars, il pourrait penser que demander 1% ; ce qui équivaut à 500 000 dollars, est raisonnable. Cette information est souvent erronée et le pirate peut être têtu et y tenir mordicus.

J'ai vu un cas extrême ou le pirate a fais une estimation de la valeur des serveurs du réseau (robots de production) pour s'en servir comme base de négociation.

Souvent il faut ramener les pirates sur terre car ils peuvent penser qu'ils méritent un paiement de 2 millions de dollars alors que la victime n'est même pas en mesure de réunir 50 000 dollars. Très souvent ce sont des nouveaux venus ; les ramener sur terre aide à recentrer la négociation.

Il faut noter que je ne m'implique pas dans la phase de paiement. Une fois qu'il y'a a une entente, l'entreprise victime traite avec un tiers de paiement.

Je signale toutefois qu'il n'y a aucune garantie que le pirate remette la clé de déchiffrement des données à la fin de la transaction. La négociation doit donc être envisagée en dernier ressort, quand la survie de l'entreprise en dépend.

Lefaso.net : En effet, vous déconseillez généralement de payer les rançons. Mais lorsqu'une entreprise est totalement paralysée, que ses données sont devenues inaccessibles et que sa survie est menacée, que peut-elle faire ? Le paiement permet-il réellement de récupérer ses données et de reprendre ses activités ?

Je déconseille de payer, pour une raison simple : payer finance la prochaine attaque et ne garantit rien. Il arrive que les outils de déchiffrement fournis fonctionnent mal ou lentement, que les données volées ne soient pas réellement détruites, ou que l'entreprise soit visée à nouveau.

Je comprends néanmoins que, face à une paralysie totale, la survie de l'entreprise puisse être en jeu. La décision appartient alors à la direction, mais elle doit être prise avec des conseillers juridiques et techniques, en tenant compte de la réglementation applicable et en prévenant les autorités.

La meilleure réponse reste la préparation et la surveillance active du réseau pour détecter et bloquer les attaques en amont, avant qu'elles deviennent un gros problème : des sauvegardes testées et déconnectées du réseau, la protection du réseau, des serveurs et des postes de travail, la surveillance 24h sur 24 du réseau, etc.

Lefaso.net : Avec le développement de l'intelligence artificielle, les attaques par rançongiciels deviennent-elles plus sophistiquées et plus difficiles à détecter ? Comment les technologies d'IA que vous développez avec votre entreprise StreamScan peuvent-elles contribuer à prévenir ces attaques ?

Il y a quelques années, il fallait être excellent en cybersécurité pour être un pirate informatique. Aujourd'hui, n'importe qui, y compris ceux ou celles n'ayant aucune expertise en cybersécurité, peuvent utiliser l'AI pour préparer et lancer une cyberattaque et faire des dégâts.

Les pirates utilisent l'AI pour rédiger des courriels d'hameçonnage plus convaincants, automatiser la recherche de failles et adapter leurs attaques. Ils vont aussi utiliser l'AI pour créer des ransomwares beaucoup plus complexes et difficiles à détecter.
L'écosystème de la cybersécurité doit constamment s'adapter.

Chez StreamScan nous traquons les cybermenaces depuis des années et nous misons sur la détection des comportements anormaux. Nous profilons le comportement normal du réseau et des ordinateurs et nous détectons et bloquons les variations qui sont le signe d'une cyberattaque. Prenons l'exemple d'un ordinateur qui se connecte au réseau de l'entreprise à 7h du matin, se déconnecte à 18h, lance Word, Excel, fait un tour sur Facebook, etc. Si le même ordinateur se met à essayer de se connecter à 5h du matin, tente de se connecter à d'autres ordinateurs du réseau ou essaie d'envoyer un gros volume de données à l'externe, c'est un comportement douteux (anomalie), qui peut être le signe d'une intrusion. Notre technologie appelée CDS (Cyber threat detection system) prendra une action de blocage si nécessaire (isolation de l'ordinateur, etc.). Notre CDS protège non seulement le réseau en entier mais aussi chaque ordinateur et serveur du réseau, grâce a sa capacité EDR (antivirus avancé).

Face aux rançongiciels, le CDS repère les schémas de chiffrement et les mouvements latéraux, bloque les communications malveillantes, met en quarantaine les fichiers infectés et isole automatiquement les machines compromises pour limiter la propagation. Géré depuis une console centralisée, notre technologue se déploie dans le nuage ou sur site, s'adapte aux entreprises de toutes tailles et s'accompagne d'un support bilingue (français et anglais) 24/7.

Il faut noter que notre technologie est un XDR (Extended Detection and Response) et inclus plusieurs modules tels que : IDS-IPS-NDR, EDR, SIEM, etc. Pour en savoir plus : https://cdn.prod.website-files.com/69702c3abf4071dcda97b285/69d9038a820a83ecad8e2df0_StreamScan%20XDR%20-%20Fiche.pdf

Lefaso.net : Quelle est aujourd'hui l'ampleur de la menace des rançongiciels en Afrique, particulièrement au Burkina Faso ? Nos administrations, nos banques, nos entreprises et nos infrastructures essentielles sont-elles suffisamment préparées pour faire face à une attaque majeure ?

Le Burkina, et plus généralement l'Afrique, sont de plus en plus exposés, car la transformation numérique (paiement mobile, services bancaires en ligne, administration électronique) progresse plus vite que les moyens de protection. Plusieurs organisations sensibles ont été piratés sur le continent.

Si dans certains secteurs tels que la banque, la protection est adéquate, dans d'autres, peu d'attention est accordée à la cybersécurité. Ce n'est qu'après une cyberattaque que les hautes directions sont souvent ouvertes à donner les moyens nécessaires pour renforcer la cybersécurité de leurs systèmes d'informations.

Sur la préparation, je dirais avec nuance que des efforts existent, mais que beaucoup d'organisations manquent de protection adéquate, de plans de réponse aux incidents, de sauvegardes fiables, de personnel formé et de coordination entre acteurs publics et privés. Le hic, c'est que les pirates le savent.

Lefaso.net : Fort de votre expérience internationale et de vos interventions dans plusieurs pays africains, quelles mesures prioritaires recommanderiez-vous aux autorités burkinabè pour renforcer la cybersécurité nationale et protéger les infrastructures numériques stratégiques ?

L'urgence est d'accorder une attention toute particulière à la protection des infrastructures critiques (Energie, eau, finance, santé, défense et sécurité, télécommunications, administration, etc.) car une attaque sur de telles infrastructures pourrait avoir un effet majeur. La situation géopolitique actuelle impose cette urgence à tous les pays, pas seulement au Burkina.
Voici quelques recommandations qui pourraient faire parties des priorités :
• s'assurer que les infrastructures critiques sont bien protégées (système de détection d'intrusions, gestion des logs, EDR, etc.)
• mettre en place un centre de surveillance de la sécurité (SOC) fonctionnant 24 heures sur 24 afin de détecter rapidement les attaques et les contre-carrer.
• développer une capacité de réponse aux incidents capable de prendre en charge rapidement et efficacement des cyberattaques ciblant plusieurs infrastructures critiques en même temps. Ce scénario est aujourd'hui envisagé dans plusieurs des pays les plus avancés et ils se préparent à y faire face.
• former des spécialistes en cybersécurité, en lien avec les universités et le secteur privé.
• établir des partenariats régionaux et internationaux, car les criminels n'ont pas de frontières.

Lefaso.net : Quels conseils pratiques donneriez-vous aux dirigeants de PME, aux responsables informatiques et aux citoyens burkinabè pour réduire les risques d'attaques par rançongiciels ? Et quelles sont les premières mesures à prendre lorsqu'une attaque survient malgré les précautions ?

Je dirai tout simplement que les cyberattaques font partie de la réalité d'aujourd'hui et vont continuer à s'accélérer. Un jour ou l'autre, chaque organisation subira une attaque. La question est donc de savoir si on est prêt à y faire face ou non.
Voici ce qu'il faut faire pour minimiser les risques d'intrusions :
• renforcer la sécurité de son réseau et le surveiller 24 heures sur 24 via un SOC
• faire des sauvegardes régulières, stockées hors ligne et testées.
• mises à jour constantes et correction des vulnérabilités de sécurité
• utiliser une authentification multi facteur (MFA) pour tous les accès à distance (VPN, etc.) et pour l'email
• formation et sensibilisation du personnel sur les risques de cybersécurité
• se préparer au pire : avoir un plan de réponse aux incidents écrit et s'entrainer à gérer un incident

Lefaso.net : Vous êtes un chercheur et entrepreneur burkinabè qui a créé au Canada StreamScan, une entreprise spécialisée dans la cybersécurité. À partir de votre parcours, comment le Burkina Faso peut-il développer ses propres compétences et technologies de cybersécurité ? Quel message adressez-vous aux jeunes Burkinabè qui souhaitent faire carrière dans ce domaine ?

On peut partir du Burkina Faso et développer des technologies de cybersécurité utilisées en occident dans des environnements aussi sensibles que l'aérospatial, la défense, les infrastructures critiques, etc.

Le Burkina peut développer ses propres compétences en investissant dans la formation, en soutenant la recherche appliquée et l'innovation et en encourageant les jeunes entreprises locales de cybersécurité plutôt que de dépendre uniquement de solutions étrangères. Tous les pays qui sont actuellement des majors dans le domaine de l'innovation technologique ont misé sur l'expertise locale.

La situation géopolitique actuelle montre aussi que chaque pays a intérêt à limiter sa dépendance aux autres et à développer ses propres capacités de cybersécurité détective et offensive.

Aux jeunes, je dis : ce domaine manque cruellement de talents, il est passionnant, il a un impact concret sur la société. Commencez par les bases (réseaux, systèmes, programmation), pratiquez, restez curieux et motivés, rêvez grand et n'ayez pas peur de viser haut. Il n'y a rien d'impossible !

Entretien réalisé par C. Paré
Lefaso.net

Lire aussi : Les 100 Visages du Burkina Digital : Dr Karim Ganamé, du Burkina Faso aux technologies de pointe de la cybersécurité au Canada

Categories: Africa, Afrique, European Union

Le Faso Digital 2026 : Découvrez les cinq innovations burkinabè récompensées pour leur utilité sociale et économique

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:50

Du stationnement automobile à l'accès aux soins, en passant par les achats groupés, la sécurité routière et l'éducation, les cinq solutions distinguées lors de la deuxième édition de Le Faso Digital illustrent la diversité des initiatives numériques développées au Burkina Faso. Faso-Parking a remporté le Prix UBA de la startup innovante, Jinkassan (Jinkasan) le Prix ANPFI de l'innovation financière inclusive, MU-POL le Prix ARCEP de l'innovation inclusive, Alerte Contravention le Prix Moov Africa Burkina Faso de l'innovation citoyenne et EduBF le Prix du public. Au-delà des récompenses, ces projets proposent des réponses concrètes à des préoccupations quotidiennes des Burkinabè. Présentation de cinq innovations à découvrir et à suivre.

La deuxième édition de Le Faso Digital, organisée du 17 au 24 octobre 2026 autour du thème « Inclusion, souveraineté, innovation : vers un Burkina digital pour tous », a consacré une place importante aux innovations conçues localement. À travers son Concours national d'innovation digitale, la foire virtuelle entend non seulement offrir une vitrine aux talents burkinabè, mais aussi favoriser l'adoption de leurs solutions par les citoyens, les entreprises et les institutions.

Les cinq projets récompensés témoignent d'une réalité : l'innovation numérique ne se limite pas aux applications de communication ou aux services financiers. Elle peut aussi améliorer la gestion d'un parking, faciliter l'accès à une assurance, simplifier les démarches de remboursement des soins, encourager une conduite responsable ou aider un élève à retrouver ses documents pédagogiques.

Prix UBA de la startup innovante : Faso-Parking, payer son stationnement par mobile money et sécuriser les recettes

Dans de nombreux parkings de Ouagadougou, le paiement en espèces demeure la pratique habituelle. Cette organisation peut entraîner des difficultés de monnaie, des erreurs de caisse, des litiges entre usagers et gestionnaires, ainsi qu'un manque de traçabilité des recettes.

C'est à ces problèmes que souhaite répondre FasoParking, une solution développée par la société burkinabè NAWA START-UP SARL. Le principe est de numériser les opérations de stationnement. Grâce à une application mobile intégrant les paiements par mobile money et un système de QR code, FasoParking ambitionne de faciliter les transactions tout en permettant aux gestionnaires de disposer d'un meilleur suivi des recettes.

La solution s'adresse aussi bien aux usagers des parkings qu'aux exploitants et aux institutions qui souhaitent améliorer la transparence de la gestion. Contrairement à un projet encore au stade de l'idée, FasoParking revendique déjà des expérimentations opérationnelles. Sa présentation officielle fait état de déploiements dans trois sites partenaires, notamment dans des établissements universitaires à Ouagadougou. Lors d'une première phase pilote à l'Université Aube Nouvelle, le projet indiquait avoir enregistré 566 utilisateurs et 490 transactions. La startup nourrit désormais des ambitions de déploiement à plus grande échelle, d'abord dans les grandes villes burkinabè, puis dans la sous-région ouest-africaine.

Avec le Prix UBA de la startup innovante d'un montant de 250 000 F CFA, FasoParking voit ainsi reconnaître une démarche entrepreneuriale qui associe paiement numérique, gestion de proximité et amélioration de la traçabilité financière.


Prix ANPFI de l'innovation financière inclusive : Jinkasan, acheter ensemble pour payer moins cher et sécuriser les transactions

Et si plusieurs ménages se regroupaient pour acheter une moto, un réfrigérateur ou un équipement informatique à un prix plus avantageux que celui qu'ils pourraient obtenir individuellement ? C'est l'idée à l'origine de Jinkasan, une plateforme burkinabè d'achats groupés dont le nom signifie « acheter ensemble » en dioula. Développée par JINKASAN SARL, une entreprise basée à Bobo-Dioulasso et fondée par Lissy Maxime Barro et Gafar Victoir Coulidiaty, cette solution repose sur un principe simple : réunir plusieurs acheteurs intéressés par un même produit afin de négocier collectivement un meilleur tarif auprès d'un fournisseur. Selon ses promoteurs, ce mécanisme permet de viser des réductions de 20 à 30 % sur certains biens et services. L'offre couvre notamment l'électroménager, les équipements électroniques, les motos, les assurances et les formations.

Concrètement, l'utilisateur rejoint un groupe d'achat sur la plateforme, effectue un prépaiement par un moyen de paiement électronique et suit l'évolution du nombre de participants. Lorsque les conditions du groupe sont réunies, il procède au paiement final et récupère son produit auprès du fournisseur. L'innovation ne se limite toutefois pas aux achats groupés. Jinkasan propose également des assurances collectives, des cagnottes solidaires et un mécanisme de séquestre destiné à sécuriser les transactions. Ce dernier repose sur l'intervention d'un tiers de confiance pour limiter les risques de fraude, particulièrement dans le commerce en ligne.

Le projet cherche ainsi à combiner deux objectifs : améliorer le pouvoir d'achat des ménages et renforcer la confiance dans les transactions numériques. D'après les chiffres communiqués par l'entreprise, Jinkasan comptait, au 9 juillet 2026, 3 292 utilisateurs inscrits, 444 groupes d'achat lancés et 234 participations payées, pour près de 2,94 millions de F CFA de transactions facturées depuis son lancement commercial en novembre 2025. En lui attribuant le Prix ANPFI de l'innovation financière inclusive, le concours distingue une solution qui s'appuie sur les pratiques de solidarité économique pour développer de nouveaux usages du numérique.

Prix ARCEP de l'innovation inclusive : MU-POL, la Mutuelle de la Police nationale met ses services de santé à portée de téléphone

Pour un mutualiste, demander le remboursement de frais médicaux, obtenir une attestation de prise en charge ou rechercher une pharmacie partenaire peut nécessiter plusieurs démarches administratives. La Mutuelle de la Police nationale (MU-POL) a entrepris de simplifier ces procédures grâce à une plateforme numérique accessible sur le web et sur téléphone mobile.

Présentée au concours par Issa Ouali, médecin-commissaire principal de police et directeur général de la MU-POL, cette solution permet de connecter les mutualistes, les établissements de santé partenaires et les services administratifs de la mutuelle. La plateforme comprend quatre espaces complémentaires : un portail public, un espace personnel pour les adhérents, un portail destiné aux établissements de santé partenaires et un outil de gestion interne.

Les mutualistes peuvent notamment consulter les prestations couvertes, gérer leurs ayants droit, déposer une demande de remboursement, solliciter une attestation de prise en charge ou rechercher un établissement de santé conventionné. L'une des fonctionnalités mises en avant est la géolocalisation des établissements partenaires, notamment des pharmacies de garde, avec la possibilité d'obtenir un itinéraire pour s'y rendre. Du côté des établissements de santé, le système facilite la transmission et le traitement des factures. Pour les gestionnaires, il permet de centraliser les informations, de suivre les demandes et de réduire le recours aux documents papier. La particularité de MU-POL réside également dans son mode de conception. Selon la présentation officielle, la plateforme a été développée en interne par la direction des systèmes d'information de la mutuelle et hébergée par l'ANPTIC. Elle a été déployée en 2025, avant son lancement officiel au début de l'année 2026.

Cette approche vise à renforcer la maîtrise nationale des outils et des données, tout en facilitant l'accès aux prestations pour les adhérents, y compris ceux qui résident loin des bureaux de la mutuelle.

Avec le Prix ARCEP de l'innovation inclusive, doté de 1 million de F CFA, MU-POL illustre la manière dont la transformation numérique peut contribuer à améliorer l'accès aux services sociaux et de santé. Son modèle pourrait également inspirer d'autres mutuelles et organismes de prévoyance au Burkina Faso.

Prix Moov Africa Burkina Faso de l'innovation citoyenne : Alerte Contravention, une application pour encourager une conduite plus responsable

La vitesse excessive, l'oubli de la ceinture de sécurité et l'utilisation du téléphone au volant figurent parmi les comportements dangereux que les campagnes de sensibilisation à la sécurité routière cherchent régulièrement à combattre. C'est sur ces trois comportements que se concentre Alerte Contravention, une application mobile conçue au Burkina Faso pour accompagner les conducteurs dans leurs déplacements. Porté par l'association Faso Civic, en collaboration avec CRAC Communication, le projet a été conçu et développé par Adama Sy Traoré, expert en ingénierie et technologies. L'application transforme le téléphone en un assistant de prévention routière. Elle affiche la vitesse du véhicule en grands caractères, avec un changement de couleur en fonction du seuil fixé par le conducteur. Lorsque celui-ci dépasse la limite qu'il s'est lui-même donnée, une alerte sonore et vocale l'invite à ralentir.

Avant le départ, l'application demande également au conducteur de confirmer qu'il a attaché sa ceinture de sécurité. Pendant le trajet, l'ouverture d'une autre application déclenche un rappel destiné à prévenir les distractions liées à l'utilisation du téléphone.

Alerte Contravention propose aussi un mode miroir permettant de projeter les informations de vitesse sur le pare-brise. L'une de ses particularités est son fonctionnement sans connexion Internet pour les principales fonctionnalités. Selon ses concepteurs, les données de vitesse, les seuils et l'historique restent enregistrés sur l'appareil, sans nécessiter la création d'un compte utilisateur. Cette approche vise à rendre l'outil accessible même dans les zones où la couverture Internet est limitée et à préserver la confidentialité des déplacements.

Les promoteurs précisent que l'application ne cherche pas à signaler les radars pour permettre aux automobilistes d'échapper aux contrôles. Elle vise plutôt à encourager le respect des règles et l'adoption de comportements plus prudents. Déjà publiée sur Google Play et sur l'App Store, selon son dossier de candidature, Alerte Contravention ambitionne d'intégrer davantage de contenus pédagogiques sur le code de la route et des alertes vocales en langues nationales, notamment en mooré et en dioula.

Le Prix Moov Africa Burkina Faso de l'innovation citoyenne, doté de 500 000 F CFA, récompense ainsi une solution qui utilise le numérique comme outil de sensibilisation et de prévention des accidents.

Prix du public : EduBF, rassembler les ressources éducatives sur une seule plateforme

Cours, exercices, anciens sujets d'examen, corrigés et documents de préparation aux concours : les ressources pédagogiques ne manquent pas toujours, mais elles sont souvent dispersées entre les groupes WhatsApp, les réseaux sociaux, les sites Internet et les fichiers personnels.
C'est pour répondre à cette difficulté qu'a été développée EduBF, une plateforme numérique destinée à centraliser et à organiser les ressources éducatives. Portée par Wend-Kuni Brice Josopho Sawadogo, la solution entend simplifier la recherche de documents utiles aux élèves, étudiants et candidats aux examens et concours.

Accessible à l'adresse www.edubf.net, la plateforme propose un classement des ressources selon plusieurs critères : niveau d'études, classe, filière, matière, année et type de document.
L'utilisateur peut ainsi rechercher une ressource, affiner les résultats grâce à des filtres et consulter le document correspondant à ses besoins. Le projet prévoit également de développer des fonctionnalités d'entraînement, notamment des questionnaires à choix multiples, des exercices de culture générale et des tests psychotechniques pour les candidats aux concours. Ces outils étaient encore en cours de développement au moment de la présentation du projet.
EduBF a été conçu pour s'adapter aussi bien aux ordinateurs qu'aux téléphones mobiles, afin de faciliter l'accès aux ressources pédagogiques sur différents supports.

Selon les données présentées au concours, la plateforme disposait déjà de 345 ressources éducatives réparties en sept catégories, pour 84 utilisateurs. Ses promoteurs ambitionnent d'enrichir progressivement cette bibliothèque numérique et d'étendre son utilisation au-delà du Burkina Faso, notamment dans l'espace francophone africain. En remportant le Prix du public, doté de 100 000 F CFA, EduBF bénéficie d'une reconnaissance qui témoigne de l'intérêt suscité par les outils numériques susceptibles de faciliter l'apprentissage et la préparation aux examens.

Des solutions déjà opérationnelles, mais des défis de développement à relever

Un point commun se dégage des cinq innovations récompensées : leurs promoteurs ne se sont pas limités à présenter des idées. Les dossiers de candidature font état de plateformes déjà développées, de premières utilisations et, pour certains projets, de déploiements dans des structures partenaires. Leur niveau de maturité demeure néanmoins variable. FasoParking et Jinkasan disposent de premières données d'utilisation et de transactions ; MU-POL présente une plateforme institutionnelle déjà déployée ; Alerte Contravention est disponible sur les boutiques d'applications ; EduBF poursuit la constitution de son catalogue de ressources et le développement de nouvelles fonctionnalités.

Les résultats et les performances mentionnés dans ces présentations proviennent des informations communiquées par les porteurs de projets. Pour ces cinq lauréats, la distinction obtenue lors de Le Faso Digital 2026 constitue une étape importante, mais non une fin en soi.
Le défi sera désormais de consolider leurs solutions, d'améliorer leur accessibilité, d'élargir leur nombre d'utilisateurs et de construire des modèles économiques ou institutionnels capables d'assurer leur pérennité. Ces projets illustrent aussi l'intérêt de rapprocher les innovateurs des institutions et des entreprises. Les établissements d'enseignement pourraient, par exemple, bénéficier de solutions de gestion du stationnement ou d'accès aux ressources pédagogiques. Les mutuelles peuvent s'inspirer de la dématérialisation des prestations de santé, tandis que les acteurs de la sécurité routière pourraient explorer les possibilités offertes par les applications de prévention.

Faire de l'innovation locale une réponse aux besoins des Burkinabè

À travers ces cinq récompenses, Le Faso Digital 2026 met en évidence une diversité de talents, de secteurs d'activité et de modèles d'innovation. FasoParking cherche à moderniser la gestion des stationnements. Jinkasan mise sur les achats collectifs pour renforcer le pouvoir d'achat. MU-POL numérise l'accès aux prestations mutualistes. Alerte Contravention accompagne les conducteurs vers une meilleure prévention routière. EduBF facilite la recherche et l'organisation des ressources éducatives.

Autant d'initiatives qui montrent que la transformation digitale peut répondre à des besoins concrets, au-delà des discours sur les technologies. En valorisant ces solutions, la deuxième édition de Le Faso Digital réaffirme l'une de ses ambitions : encourager les Burkinabè à découvrir, utiliser et soutenir les innovations conçues par leurs propres talents. Car la réussite de l'écosystème numérique national dépendra non seulement de la capacité à faire émerger des solutions, mais aussi de la confiance que les citoyens, les entreprises et les institutions leur accorderont.

Lefaso.net

Categories: Africa, Afrique, European Union

Les 100 Visages du Burkina Digital : Auguste Compaoré, de la Silicon Valley du commerce en ligne aux plateformes numériques africaines

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:45

Trois jours après la clôture de la phase officielle de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur Auguste K. Ghislain Compaoré, architecte logiciel et entrepreneur technologique burkinabè, dont le parcours entre les États-Unis, le Canada et le Burkina Faso illustre la capacité des talents africains à conjuguer expertise internationale et création de solutions numériques adaptées aux besoins du continent.

À Boston, puis à Toronto, Auguste Compaoré travaille sur des applications utilisées dans l'univers du commerce électronique international. À Ouagadougou, il développe des plateformes destinées aux entreprises, aux établissements scolaires, aux médias et aux acteurs économiques burkinabè. Deux environnements. Deux réalités de marché. Mais une même question : comment concevoir une technologie qui fonctionne réellement pour ceux qui l'utilisent ?

Pour cet ingénieur logiciel, la réponse ne se trouve pas uniquement dans la maîtrise des langages informatiques. Elle réside aussi dans la compréhension des utilisateurs, l'organisation des équipes et la capacité à transformer une idée en produit fiable. Depuis plus de douze ans, il évolue entre ces différentes exigences. Son parcours raconte l'histoire d'un professionnel qui a appris à construire des logiciels dans des entreprises internationales, tout en développant progressivement ses propres initiatives entrepreneuriales au Burkina Faso.

Des universités américaines à l'ingénierie logicielle

Le parcours académique d'Auguste Compaoré se déroule aux États-Unis. En mai 2016, il obtient une licence en informatique à Salem State University, dans le Massachusetts, avec la distinction summa cum laude. En juin 2021, il complète sa formation par un master en sciences informatiques et de l'information à Harrisburg University of Science and Technology, en Pennsylvanie, avec mention très bien.

Cette formation lui donne les bases nécessaires pour aborder différents domaines du développement logiciel. Mais c'est surtout dans la pratique professionnelle qu'il approfondit ses compétences. Il s'intéresse progressivement à la conception des applications Web, aux technologies mobiles, aux bases de données, aux infrastructures cloud et à l'architecture des systèmes. Son objectif dépasse l'écriture du code. Il veut comprendre comment les différentes composantes d'un logiciel peuvent fonctionner ensemble, évoluer et résister à une utilisation intensive.

2014 : les premiers pas dans le développement Web

Auguste Compaoré commence son parcours professionnel dans le développement Web. Entre 2014 et juin 2015, il effectue un stage chez FYKTECH COMPANY, à Malden, dans le Massachusetts. Il participe au développement et à la maintenance de sites Internet utilisant notamment WordPress. En juillet 2015, il rejoint OpenMobile World Wide, où il travaille sur des applications Web et des services liés à l'écosystème Android. Il intervient sur des fonctionnalités de boutiques d'applications, l'intégration de moyens de paiement et le développement d'interfaces permettant aux systèmes informatiques de communiquer entre eux.

Cette expérience lui permet de découvrir une réalité essentielle de l'économie numérique : un produit ne peut pas être pensé uniquement du point de vue de ses fonctionnalités. Il faut également prendre en compte les paiements, la sécurité, les performances et les besoins des entreprises.

Apprendre à construire des applications performantes

En 2017, toujours chez OpenMobile, Auguste Compaoré travaille comme ingénieur Android. Il participe au développement d'une application de récompenses et intervient sur l'amélioration de son infrastructure technique. Son CV mentionne notamment la mise en place d'un mécanisme de stockage temporaire des données, appelé cache, destiné à éviter des traitements informatiques répétitifs. Cette optimisation permet, selon le document, de réduire sensiblement certains coûts d'utilisation des services cloud d'Amazon Web Services. Il contribue également à des mécanismes de sécurité destinés à détecter les comportements suspects.

Derrière ces réalisations se dessine une compétence qui deviendra centrale dans son parcours : concevoir des applications capables de fonctionner efficacement, sans multiplier inutilement les coûts techniques. Cette exigence est particulièrement importante pour les entreprises numériques africaines, qui doivent souvent développer leurs services avec des ressources limitées.

2018 : entrer chez Wayfair, géant du commerce électronique

En janvier 2018, Auguste Compaoré rejoint Wayfair, à Boston. Il y exerce les fonctions de Senior Software Engineer et de responsable technique Android. Il participe au développement des composants essentiels de l'application mobile, notamment les interfaces utilisateurs, les notifications et les outils de suivi des performances. Il contribue également à la conception et au lancement de Waychat, une fonctionnalité destinée à améliorer les interactions avec le service client.

Cette étape marque un changement d'échelle. Dans une entreprise internationale de commerce électronique, une modification apparemment simple peut avoir des conséquences importantes. Un bouton mal positionné peut compliquer un achat. Une notification mal conçue peut réduire l'engagement des utilisateurs. Un problème technique peut perturber une opération commerciale. L'ingénieur doit donc travailler avec précision. Il ne suffit pas qu'une fonctionnalité fonctionne. Elle doit aussi être rapide, stable, compréhensible et utile.

Toronto : mesurer l'impact concret du développement logiciel

En janvier 2023, Auguste Compaoré poursuit sa carrière chez Wayfair Canada, à Toronto, comme ingénieur logiciel senior et architecte de solutions Android. Il participe notamment aux travaux de l'équipe chargée d'améliorer l'exploration des produits dans l'application. Son CV met en avant plusieurs résultats mesurables. L'intégration du panier d'achat dans la barre de navigation inférieure aurait notamment permis une augmentation de 2,58 % du taux de conversion et de 12,46 % du taux de consultation du panier. Il contribue également à l'adaptation des notifications aux évolutions d'Android et à la résolution d'incidents techniques critiques.

Ces chiffres montrent comment une décision d'architecture ou d'ergonomie peut avoir un effet direct sur l'activité d'une entreprise. Dans le commerce électronique, améliorer le parcours d'un utilisateur peut se traduire par davantage de commandes. L'ingénierie logicielle devient alors un levier de performance économique. C'est cette culture du résultat qu'Auguste Compaoré cherche également à appliquer dans ses projets entrepreneuriaux.

2018 : Pubbix Tech, entreprendre au Burkina Faso

Parallèlement à son activité chez Wayfair, Auguste Compaoré choisit de s'investir dans l'entrepreneuriat technologique burkinabè. En janvier 2018, il cofonde Pubbix Tech, à Ouagadougou. Il y exerce les fonctions de directeur de l'ingénierie et d'architecte logiciel jusqu'en décembre 2023. L'entreprise développe des applications Web et mobiles dans plusieurs secteurs, notamment l'éducation, l'agriculture et les médias.

Ce choix traduit une ambition particulière. Il ne s'agit pas simplement d'exporter vers le Burkina Faso des modèles conçus ailleurs. Il faut comprendre les besoins locaux et adapter les solutions. Les moyens de paiement ne sont pas toujours les mêmes. Les habitudes de connexion diffèrent. Les contraintes économiques influencent les choix technologiques. Et les applications doivent rester accessibles aux publics qu'elles cherchent à servir.

Des applications pour l'éducation et l'agriculture

À travers Pubbix Tech, Auguste Compaoré contribue à plusieurs projets. Tadji Renova est une plateforme éducative permettant aux élèves et étudiants d'acheter et de consulter des annales scolaires. Selon son CV, le projet évolue vers des fonctionnalités utilisant l'intelligence artificielle pour produire des résumés, proposer des questionnaires et accompagner les exercices pédagogiques. Paani School est conçu pour faciliter la gestion scolaire et les échanges entre établissements et parents, notamment autour des notes, des présences et des emplois du temps. Dans le secteur agricole, Farafina Agrifunding associe une démarche de financement participatif à un espace de commercialisation des produits agricoles.

Ces initiatives ont un point commun. Elles cherchent à utiliser le numérique pour répondre à des besoins quotidiens. L'éducation a besoin d'outils d'apprentissage et de suivi. L'agriculture a besoin de mécanismes facilitant l'accès au financement et aux marchés. Les établissements scolaires ont besoin de mieux organiser leurs informations. Pour Auguste Compaoré, les technologies prennent ainsi leur valeur lorsqu'elles deviennent des services concrets.

BF1 TV : accompagner la transformation numérique des médias

Parmi les réalisations de Pubbix Tech figure également la refonte technique de la plateforme numérique de BF1 TV. Le projet comprend un site Web, une interface d'administration et des applications mobiles Android et iOS. Les fonctionnalités prévues couvrent notamment la diffusion en direct, la vidéo à la demande, les articles et les interactions avec les utilisateurs.

Cette expérience élargit son champ d'intervention. Dans le secteur audiovisuel, le numérique transforme la relation entre un média et son public. Le téléspectateur n'est plus limité à un programme diffusé à une heure précise. Il peut consulter des contenus sur son téléphone, retrouver des émissions et interagir avec la plateforme. L'architecture logicielle doit donc accompagner cette évolution des usages.

2023 : Futurion, une nouvelle étape entrepreneuriale

En mai 2023, Auguste Compaoré fonde Futurion, une entreprise technologique basée à Ouagadougou. Il en assure la gérance et la direction de l'ingénierie. Selon son CV, Futurion conçoit et développe des plateformes destinées à des clients en Afrique, aux États-Unis et au Canada. L'entreprise intervient notamment sur les applications professionnelles, les services numériques et les solutions adaptées aux marchés africains.

Avec Futurion, Auguste Compaoré cherche à franchir une nouvelle étape. Il ne veut plus seulement participer à la réalisation de projets spécifiques. Il ambitionne également de développer des produits structurés, capables d'accompagner les entreprises dans plusieurs dimensions de leur activité. Cette orientation se retrouve dans l'un de ses projets majeurs : Muse.

Muse : réunir les outils de l'entreprise dans un même environnement

Muse, accessible à travers le projet onmuse.app, est présenté dans son CV comme une suite de logiciels en ligne destinés à la gestion des entreprises. Son ambition est de réunir dans un même environnement des fonctions souvent dispersées entre plusieurs applications. Le projet comprend notamment des outils de création de sites Web, de messagerie professionnelle, de gestion commerciale, de relation client, de facturation, de gestion des stocks, de ressources humaines et de collaboration. L'écosystème annoncé comporte seize applications, dont le développement et la disponibilité progressent selon les modules.

L'idée répond à une difficulté fréquente dans les petites et moyennes entreprises. Une structure peut utiliser un logiciel pour sa comptabilité, un autre pour ses rendez-vous, plusieurs outils pour communiquer avec ses clients et des fichiers séparés pour suivre ses activités. Cette dispersion complique parfois la gestion. Muse ambitionne de proposer un environnement plus cohérent.

La plateforme est pensée pour une utilisation prioritaire sur téléphone mobile, avec une interface bilingue français-anglais et des fonctionnalités adaptées aux réalités commerciales ouest-africaines. Le CV précise toutefois que les différents modules ne présentent pas tous le même niveau de disponibilité. Il s'agit donc d'un écosystème en développement progressif, plutôt que d'une suite dont toutes les fonctionnalités seraient nécessairement déjà pleinement opérationnelles.

Fasoranana : connecter commerce électronique et réseau postal

Un autre projet majeur de Futurion est Fasoranana, développé pour La Poste Burkina Faso. Il s'agit d'une plateforme transactionnelle accessible sur le Web et sur mobile, destinée à rapprocher partenaires commerciaux et utilisateurs. Elle intègre des fonctionnalités de commerce électronique, de gestion de boutiques, de catalogues, de paiements numériques et de logistique. L'objectif est notamment d'articuler les transactions commerciales avec les capacités de distribution du réseau postal express.

Le projet illustre une problématique centrale pour le commerce électronique africain. Vendre en ligne ne suffit pas. Il faut pouvoir recevoir un paiement, organiser la commande et assurer la livraison. Ces trois dimensions doivent fonctionner ensemble. En associant plateforme commerciale, paiement électronique et logistique postale, Fasoranana cherche à répondre à cette exigence.

Des solutions numériques au-delà du Burkina Faso

Futurion intervient également sur des projets destinés à des organisations nord-américaines et africaines. Le CV d'Auguste Compaoré cite notamment Health & Hope Foundation, pour laquelle il a conçu une architecture Web bilingue destinée à soutenir la collecte de dons et le suivi d'activités humanitaires au Ghana. La plateforme prévoit l'intégration de moyens de paiement internationaux et locaux, notamment le Mobile Money, ainsi que des outils de gestion des donateurs et des communications. Il mentionne aussi le développement de l'infrastructure numérique de Gamma Neutral Consulting, cabinet de conseil basé à Toronto.

Ces projets confirment la dimension internationale de son activité entrepreneuriale. Ils montrent également sa capacité à intervenir dans des domaines différents tout en conservant une même approche : construire des systèmes adaptés à leurs utilisateurs et à leurs contraintes opérationnelles.

Transmettre les méthodes, former les équipes

Le parcours d'Auguste Compaoré ne se limite pas à la réalisation de logiciels. Chez Wayfair, il participe à l'intégration de nouveaux ingénieurs, au mentorat de développeurs juniors et à l'organisation d'ateliers techniques. Il contribue également aux entretiens de recrutement et à l'amélioration des méthodes d'évaluation des candidats. À travers Pubbix Tech puis Futurion, il accompagne des équipes de développement et cherche à installer une culture de travail fondée sur l'agilité, la collaboration et l'amélioration continue. Cette dimension est importante.

Un écosystème numérique ne grandit pas seulement grâce aux applications qu'il produit. Il progresse aussi lorsque les professionnels expérimentés transmettent leurs méthodes et permettent à d'autres développeurs de renforcer leurs compétences. L'enjeu n'est pas uniquement de livrer un logiciel. Il est aussi de construire des équipes capables de maintenir, d'améliorer et de faire évoluer les produits.

Une expertise internationale, des réponses locales

Ce qui distingue Auguste Compaoré est sa capacité à évoluer dans deux environnements technologiques très différents. En Amérique du Nord, il travaille sur des applications commerciales où la performance, la stabilité et l'expérience utilisateur sont mesurées avec précision. Au Burkina Faso, il participe à la création de solutions qui doivent composer avec les réalités du marché : usages mobiles, paiements locaux, besoins des entreprises et organisation des services.

Son parcours ne présente pas ces deux expériences comme contradictoires. Au contraire, il cherche à les rendre complémentaires. Les standards techniques internationaux peuvent inspirer la conception des produits locaux. Mais leur pertinence dépend de leur adaptation aux besoins réels. Une bonne technologie n'est pas seulement celle qui fonctionne dans un environnement idéal. C'est celle qui reste utile dans les conditions concrètes de ses utilisateurs.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce qu'Auguste Compaoré incarne une génération d'ingénieurs burkinabè qui ont développé une expertise internationale tout en choisissant de contribuer à l'écosystème numérique national.

Parce que son parcours chez Wayfair, de Boston à Toronto, lui a permis de travailler sur des applications commerciales à grande échelle, avec une attention particulière portée à la performance et à l'expérience utilisateur.

Parce qu'il a participé à la création de Pubbix Tech, structure à travers laquelle il a contribué au développement de solutions numériques dans l'éducation, l'agriculture et les médias.

Parce qu'avec Futurion, il poursuit une ambition entrepreneuriale tournée vers les plateformes professionnelles et les services numériques adaptés aux réalités africaines.

Parce que des projets comme Muse et Fasoranana illustrent sa volonté d'associer ingénierie logicielle, gestion d'entreprise, commerce électronique et moyens de paiement locaux.

Parce qu'il contribue également à la formation et à l'accompagnement d'équipes techniques, en partageant les méthodes acquises dans son parcours international.

Et parce que son histoire rappelle que le développement du numérique africain ne dépend pas uniquement de l'accès aux technologies mondiales, mais aussi de la capacité des talents du continent à concevoir leurs propres produits, à structurer leurs entreprises et à répondre aux besoins de leurs marchés.

Avec Auguste Compaoré, le Burkina numérique raconte une ambition sans frontières : apprendre à construire des logiciels à l'échelle internationale, puis mobiliser cette expérience pour imaginer et développer des solutions utiles aux entreprises et aux citoyens africains.

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SIAO 2026 : À trois jours de l'ouverture, les préparatifs sont à 90 %

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:40

Le compte à rebours est lancé pour la 18e édition du Salon international de l'artisanat de Ouagadougou. À trois jours de l'ouverture officielle, le site du SIAO s'active pour accueillir les artisans, les acheteurs professionnels et les visiteurs attendus à ce rendez-vous consacré à la promotion de l'artisanat africain. Le ministre en charge du commerce, superviseur du comité national d'organisation, Serge Poda, s'est rendu sur les lieux, ce mardi 27 octobre 2026, afin de s'assurer du niveau d'avancement des travaux.

À l'issue de cette visite, le ministre s'est montré confiant quant à la tenue de cette manifestation placée sous le très haut patronage du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Selon lui, les préparatifs sont réalisés à environ 90 %, les équipes étant mobilisées pour finaliser les derniers réglages avant le démarrage officiel.

« Nous sommes à trois jours de la cérémonie officielle d'ouverture de la 18e édition du Salon international de l'artisanat de Ouagadougou. À trois jours du début de cette grande manifestation nationale, africaine et internationale de l'artisanat, il était de bon ton qu'en tant que superviseur du comité national d'organisation, nous fassions l'état des lieux des préparatifs, que nous partagions les difficultés résiduelles et que nous apportions des éléments de solution pour les résoudre », a-t-il expliqué.

Pour le ministre, cette visite répond à la nécessité de s'assurer que les derniers ajustements seront effectués dans les délais afin que l'ouverture du salon se déroule dans les meilleures conditions.

Au-delà de l'état d'avancement des préparatifs, cette 18e édition se distingue par plusieurs innovations destinées à améliorer les conditions d'exposition et de visite. Le ministre a notamment relevé la réfection et la rénovation de la quasi-totalité des pavillons et des bâtiments du site.

L'une des principales nouveautés concerne la climatisation des espaces d'exposition. Désormais, les stands aménagés dans les pavillons seront climatisés, afin d'offrir davantage de confort aux exposants et aux visiteurs.

« Quand vous regardez le site, vous constatez qu'il y a eu la réfection et la rénovation de quasiment l'ensemble des pavillons et des bâtiments pour offrir plus de commodités. Aujourd'hui, il n'y aura plus de stands non climatisés dans les pavillons. Tous les stands seront climatisés », a indiqué le ministre.

Entre 700 et 750 stands climatisés seront aménagés dans les cinq pavillons

Au total, entre 700 et 750 stands climatisés seront aménagés dans les cinq pavillons et le pavillon de la créativité. À ces espaces s'ajouteront des stands en plein air, notamment au niveau du Village artisanal de Ouagadougou, désormais intégré au périmètre du SIAO. Ces espaces extérieurs permettront d'accueillir des produits artisanaux spécifiques qui pourront ainsi être présentés au public, même si les infrastructures ne permettent pas encore d'y installer des stands climatisés.

L'amélioration de l'accueil constitue également une priorité pour les organisateurs. Pour faciliter l'orientation des participants, des points d'information seront installés dans chaque pavillon. Ces espaces auront pour mission de renseigner les exposants, les acheteurs professionnels et les visiteurs sur les différentes préoccupations liées à leur présence sur le site. Ils devront leur permettre d'obtenir des réponses à leurs questions et de mieux s'orienter pendant toute la durée du salon.

« Nous aurons un point d'information dans chaque pavillon pour permettre à tous les acteurs, à tous les exposants et à tous les visiteurs, professionnels ou non, d'obtenir des réponses à leurs préoccupations, de mieux s'orienter et de passer de bons moments sur le site du Salon international de l'artisanat de Ouagadougou », a précisé le ministre.

Un espace sera également consacré au pays invité d'honneur, tandis qu'un stand permettra au Burkina Faso, au Mali et au Niger de présenter des produits emblématiques de leur créativité artisanale. Cette présence s'inscrit dans la volonté de mettre en valeur les richesses culturelles et artisanales de la région, à travers les productions et les savoir-faire des différents pays participants.

Autre innovation annoncée est la possibilité d'effectuer en ligne certaines démarches liées à l'accès au salon, notamment l'acquisition des tickets d'entrée et des badges. Ce dispositif numérique vise à réduire les longues files d'attente et à faciliter l'accès au site.

Selon le ministre, les travaux sont réalisés à 90%

« Nous aurons également un dispositif qui permettra, en ligne, d'acquérir des badges et des tickets d'entrée et d'avoir plus de commodités en la matière, sans avoir à venir faire la queue pour acheter son ticket avant d'accéder au site du Salon international de l'artisanat », a fait savoir le ministre.

Pour cette 18e édition, les organisateurs affichent des ambitions importantes en matière de fréquentation. Environ 800 000 visiteurs, toutes catégories confondues, sont attendus sur le site du SIAO.

Le salon devrait également accueillir plusieurs milliers d'artisans exposants, qui présenteront leurs créations dans les espaces aménagés à cet effet. Les acheteurs professionnels occuperont une place importante dans cette rencontre, avec des retombées économiques attendues pour les acteurs du secteur.

Le ministre a annoncé que les organisateurs tablaient sur la participation de 500 à 600 acheteurs professionnels. Des exposants et des visiteurs provenant d'une cinquantaine de pays sont également attendus pour cette manifestation qui entend contribuer au rayonnement de l'artisanat burkinabè et africain.

« Nous comptons accueillir autour de 800 000 visiteurs, toutes catégories confondues. Nous attendons entre 500 et 600 acheteurs professionnels qui viendront prendre part à cette édition. Certains ont déjà donné leur accord pour participer. Nous espérons également recevoir des exposants et des visiteurs venant d'une cinquantaine de pays à travers le monde », a-t-il déclaré.

Le ministre en charge du commerce n'a pas manqué de rappeler l'importance du SIAO dans la valorisation du patrimoine culturel et la promotion du savoir-faire artisanal. Cette manifestation constitue, selon lui, un cadre de rencontres entre artisans, professionnels et visiteurs venus de différents horizons pour découvrir la créativité des acteurs du secteur.

« Le Salon international de l'artisanat est un moment important pour la promotion de l'artisanat et de notre patrimoine culturel. C'est une manifestation d'envergure nationale et internationale qui réunit des artisans et des acteurs venus de partout dans le monde pour prendre part à ce salon et exposer leur savoir-faire et leur créativité. C'est une manifestation à laquelle les plus hautes autorités accordent une grande importance », a-t-il souligné.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

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Burkina/Registre social unique : Plus de 433 000 ménages enregistrés au 30 juin 2026

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:35

Le Comité d'orientation et de suivi du Registre social unique (COS-RSU) tient, ce mardi 27 octobre 2026 à Ouagadougou, sa première session ordinaire de l'année. Les échanges portent notamment sur l'évaluation du déploiement du dispositif, l'enregistrement continu des ménages pauvres et vulnérables ainsi que l'interopérabilité des systèmes d'information sociale. Cette rencontre vise également à définir les orientations pour la poursuite de la mise en œuvre du Registre social unique (RSU).

Mis en place en 2021, le RSU constitue un outil de référence pour l'identification des ménages pauvres et vulnérables au Burkina Faso. Il vise à améliorer le ciblage des bénéficiaires des programmes de protection sociale et à renforcer la coordination des interventions de lutte contre la pauvreté.

À l'occasion de la première session ordinaire de l'année 2026 du Comité d'orientation et de suivi du Registre social unique (COS-RSU), la ministre de la famille et de la solidarité, Pélagie Kaboré, a dressé un bilan encourageant du dispositif, tout en soulignant la nécessité d'accélérer son extension géographique et de renforcer son interconnexion avec les systèmes d'identification et de paiement numérique.

« Chers camarades, le bilan que nous dresserons ensemble au titre du premier semestre 2026 est encourageant même si le chantier reste immense. À la date du 30 juin 2026, la base de données du RSU compte 433 888 ménages enregistrés dans 110 communes réparties sur 12 régions et 22 provinces. Ces ménages représentent plus de 2 millions d'individus, soit 30% de la cible prévue. Ces résultats sont le fruit d'un travail patient et rigoureux. Ils nous disent aussi, sans complaisance, ce qu'il reste à accomplir », a-t-elle indiqué.

Pélagie Kaboré, ministre de la famille et de la solidarité.

Après avoir présenté les résultats, la ministre de la famille et de la solidarité a cependant rappelé que l'enjeu est d'étendre le RSU à l'ensemble du territoire national. Pour y parvenir, les membres du COS-RSU sont appelés à examiner le bilan du déploiement au premier semestre 2026 et le niveau de mise en œuvre des recommandations formulées lors de la précédente session.

Moussa Ouattara, secrétaire technique du RSU, a rappelé que le registre est avant tout une base de données destinée à répertorier les ménages et les personnes en situation de pauvreté ou de vulnérabilité, afin de permettre aux programmes sociaux de mieux cibler leurs interventions.

Moussa Ouattara, secrétaire technique du RSU.

« Nous sommes actuellement à pratiquement 110 communes que nous avons ouvertes dans une vingtaine de provinces. Notre objectif, c'est de faire en sorte que d'ici l'année prochaine, nous puissions couvrir l'entièreté du territoire national. Comme on l'a dit, c'est pour mettre ces données à la disposition des programmes sociaux, afin que les programmes puissent être plus équitables, qu'il y ait plus d'égalité et qu'il y ait plus d'impact », a-t-il indiqué.

Pour lui, le RSU devra permettre entre autres d'améliorer l'efficacité et l'efficience des programmes sociaux qui existent dans le domaine de la protection sociale.
Le secrétaire technique a expliqué que les méthodes de ciblage varient également selon les milieux. En zone rurale, le RSU recourt au ciblage communautaire, qui permet aux populations de participer à l'identification des ménages vulnérables lors d'assemblées générales. En milieu urbain, le dispositif repose notamment sur le dénombrement des ménages, suivi d'une sélection et d'enquêtes destinées à recueillir les informations nécessaires à leur évaluation.

À la date du 30 juin 2026, la base de données du RSU compte 433 888 ménages enregistrés

Pour rappel, le Registre social unique (RSU) est un dispositif qui vise à identifier, recenser et centraliser les informations relatives aux ménages pauvres et vulnérables au Burkina Faso. Il constitue un outil d'aide à la décision pour améliorer le ciblage des bénéficiaires des programmes de protection sociale et favoriser une meilleure coordination des interventions en faveur des populations les plus vulnérables.

Jean-Élysée Nikiéma
Lefaso.net

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Élections de midterms : Trump joue son dernier va‑tout !

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:30

À quelques jours des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 aux États-Unis, Donald Trump joue une partie décisive pour son avenir politique et l'équilibre des pouvoirs à Washington. Entre vie chère, guerre en Iran et contestation de sa gouvernance, le président américain est confronté à un risque de revers électoral susceptible de peser sur ses ambitions internationales. Dans cette tribune, Abdoul Karim Sango, juriste, consultant et enseignant-formateur à l'École nationale d'administration et de magistrature (ENAM), analyse les enjeux de ce scrutin pour la démocratie américaine, la paix dans le monde et les relations avec l'Afrique.

Classique aux États-Unis ! Les élections de mi-mandat (« midterms ») suscitent toujours une grande attention dans cette vieille démocratie. Celles du 3 novembre prochain sont pourtant scrutées comme rarement, à Washington comme dans le reste du monde. Elles interviennent dans un contexte de disruption mondiale où l'ordre international hérité de la Charte des Nations unies (signée à San Francisco en 1945) est profondément remis en cause. Si les citoyens du monde devaient se prononcer ce jour-là, il est quasi certain que le Parti républicain perdrait les deux chambres du Congrès américain.

Les Américains, eux, semblent prêts à sanctionner Trump et son camp. Selon le modèle de Decision Desk HQ (organisme américain de projections électorales), les démocrates ont 78 % de chances de reprendre la Chambre des représentants (218 sièges sur 435 sont nécessaires) et 57 % de chances de conquérir le Sénat, où ils doivent gagner quatre sièges nets pour atteindre 51 sur 100. Les marchés de prédiction sont encore plus catégoriques : 91 % pour la Chambre, 67 % pour le Sénat. Le Cook Political Report (lettre d'analyse électorale américaine de référence) anticipe un gain démocrate de 10 à 20 sièges à la Chambre.
Pour des raisons tirées de l'histoire et de la gouvernance actuelle de Trump, ses ambitions démesurées de changer l'ordre mondial pourraient être freinées dès la nuit du 3 au 4 novembre.

Le poids de l'histoire et de l'équilibre des pouvoirs

Depuis 1946, le parti du locataire de la Maison-Blanche perd presque toujours des sièges à la Chambre des représentants : dix-huit fois sur vingt, les seules exceptions étant 1998 et 2002. Cette tendance est confirmée par les quatre derniers scrutins de mi-mandat.

Les quatre derniers scrutins de mi-mandat

Sources : Brookings Institution (Vital Statistics on Congress), Council on Foreign Relations (CFR), Encyclopaedia Britannica. Les décomptes de 2018 varient légèrement selon les sources (−40 à −42 sièges pour les républicains à la Chambre).

Dans les quatre cas, le parti du président a donc perdu des sièges à la Chambre : 63 en 2010, 13 en 2014, une quarantaine en 2018 et 9 en 2022. Les électeurs savent aussi doser leur vote : en 2018, la Chambre a basculé chez les démocrates tandis que le Sénat restait républicain ; en 2022, c'est l'inverse.

Rien d'étonnant à cela ! Le peuple américain est reconnu pour être jaloux de sa liberté et attaché à l'État de droit. Cumuler les majorités dans les deux principaux pôles de pouvoir expose au risque d'asseoir les bases d'un pouvoir autoritaire, peu soucieux du respect de la légalité. Et sur ce terrain, Trump ne rassure pas ! Même la toute puissante Cour suprême américaine n'échappe pas à ses appétits « gloutonnes » de tout contrôler. Or, la démocratie se porte bien dans un aménagement équilibré des pôles de pouvoir et dans un dialogue intelligent entre les trois pouvoirs ; elle est en danger là où une séparation effective des pouvoirs n'est pas garantie. L'article premier de la Constitution confie au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre, de voter le budget et de réglementer le commerce extérieur. On comprend aisément le sens du slogan « No Kings » (« Pas de rois ») scandé à Boston le 28 mars dernier.

Le bilan de Trump : vie chère et guerre en Iran

Au-delà de l'histoire, Trump est rattrapé par les faits et actes de sa propre gouvernance. Il a été élu pour rendre à l'Amérique sa grandeur : c'est tout le sens de son programme Make America Great Again (« Rendre à l'Amérique sa grandeur », en abrégé MAGA). À quelques jours du scrutin, de nombreux Américains tirent le diable par la queue. Le panier de la ménagère peine à se remplir. Selon Reuters/Ipsos (agence de presse et institut de sondage), 47 % des électeurs placent le coût de la vie en tête de leurs préoccupations, loin devant les « normes démocratiques » (22 %).

Seuls 23 % approuvent sa gestion de l'inflation, selon CNN, et sa cote de popularité tourne autour de 37 % en moyenne, avec un plancher à 32 % dans le sondage CNN/SSRS (SSRS : institut de sondage américain) du 21 octobre. Gros consommateurs de carburant, les Américains vivent péniblement la flambée du prix du gallon, passé de moins de 3 dollars avant la guerre à plus de 4,27 dollars selon l'AAA (American Automobile Association, association des automobilistes américains).

Empêtré dans une guerre en Iran dont il n'a pas bien évalué les conséquences, il en paie le prix à la veille des midterms. Déclenchée en mars par des frappes américano-israéliennes, cette guerre dure depuis sept mois et sa doctrine de la « paix par la force » n'a toujours pas produit l'accord qu'il recherche. Il avait pourtant promis de ne pas entraîner son pays dans de nouveaux conflits coûteux. Selon un sondage IGA d'août, 60 % des électeurs désapprouvent sa gestion de la guerre et 81 % estiment qu'elle a renchéri le coût de la vie. Et il laisse entendre qu'il pourrait relancer pleinement les combats après le scrutin. Il pourrait payer cash cette aventure guerrière loin des frontières américaines.

Les sondages le confirment : de nombreux citoyens qui avaient voté pour lui en 2024 sont déçus et pourraient porter leur voix sur des candidats démocrates. Selon CNN, les démocrates mènent de 10 points dans le vote générique (intentions de vote pour un parti, avant le choix des candidats ; 49 % contre 39 %), de 15 points chez les indépendants, et l'approbation de Trump parmi les électeurs républicains est tombée à 74 %, contre 88 % en février 2025.

Quelles conséquences pour la paix et pour l'Afrique ?

Que changerait une alternance pour la paix ? Soyons lucides : le président garde son droit de veto, qu'il faut deux tiers des voix dans chaque chambre pour surmonter, ainsi que l'essentiel de l'autorité en matière de politique étrangère. Une victoire démocrate ne ferait donc pas la paix à elle seule. Mais elle rendrait au Congrès ses outils : la maîtrise de l'ordre du jour, les auditions et citations à comparaître, et le contrôle des cordons de la bourse. Cette année déjà, la Chambre a adopté, avec quatre voix républicaines, une résolution limitant les pouvoirs de guerre du président en Iran. Les dirigeants démocrates promettent de mettre fin à cette guerre et d'abroger les droits de douane mondiaux.

Pour l'Afrique et le Sahel, l'enjeu est concret. L'USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) met fin à ses programmes au Burkina Faso, au Mali et au Niger, au motif d'un lien jugé faible entre l'action humanitaire et l'intérêt national américain. Et l'AGOA (African Growth and Opportunity Act, loi américaine accordant aux pays africains éligibles un accès préférentiel au marché américain), qui n'a représenté que 0,7 % du commerce américain en 2025, expire le 31 décembre 2026, avant même l'installation du nouveau Congrès. Une majorité démocrate pourrait réexaminer les droits de douane et l'aide, mais en les assortissant de conditions sur les droits humains et la gouvernance.

Rien n'est encore joué. Après la décision de la Cour suprême sur le Voting Rights Act (loi de 1965 protégeant le droit de vote des minorités), qui a modifié le découpage de certaines circonscriptions, le Cook Political Report a lui-même relevé d'une dizaine de sièges l'avantage républicain, et les prévisions sur le Sénat varient fortement d'un modèle à l'autre. Ce sont des probabilités, pas des résultats.

Les sondages ne sauraient en effet se substituer au vote effectif des citoyens. Les Américains qui aspirent au changement n'ont d'autre choix que de se rendre massivement aux urnes le 3 novembre. L'exemple du Brésil, où Lula a été réélu le dimanche 25 octobre avec 51,76 % des voix face à Flávio Bolsonaro (48,24 %), au terme d'un second tour très disputé, montre qu'un scrutin se gagne par la mobilisation. Il pourrait inspirer leurs voisins du Nord.

Croyant pratiquant, Trump a-t-il oublié que le Dieu qu'il adore est le « Dieu des pauvres, des orphelins, des veuves et des opprimés de tous genres » ? Or, depuis le début de son second mandat, il n'a affiché que du mépris pour ces personnes. Dieu a-t-il entendu leurs cris ? Son combat contre le wokisme (terme désignant, aux États-Unis, l'engagement militant contre les discriminations raciales et de genre) lui fera conserver l'aile radicale des électeurs dont le choix est motivé par des considérations religieuses : 58 % des protestants évangéliques blancs approuvent encore son action, selon le Pew Research Center, seul groupe religieux où il garde la majorité, même si ce chiffre était de 78 % au début de son mandat.

Mais ceux-ci ne devraient jamais ignorer que Dieu est Amour. Et l'un des plus grands enseignements qu'il nous a laissés est le suivant : « Aime ton prochain comme toi-même ». Celui qui prétend aimer et servir Dieu doit donc aimer tous les humains. Les pères fondateurs des États-Unis le croyaient sincèrement. L'un d'entre eux, John Adams (1765) put affirmer qu'il considérait toujours l'établissement de l'Amérique comme le début d'un grand dessein de la providence en vue de l'illumination et de l'émancipation de tous les opprimés de la terre.

Abdoul Karim SANGO
Juriste/ Consultant
Enseignant formateur à l'ENAM

Categories: Africa, Afrique, European Union

Burkina Faso : À Boulbi, la mission agricole chinoise promeut la récolte mécanisée du riz hybride

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:27

La mission technique agricole chinoise a organisé, ce mardi 27 octobre 2026, une démonstration de récolte mécanisée du riz hybride dans la plaine rizicole de Boulbi, à Ouagadougou. Cette initiative vise à familiariser les producteurs avec les équipements agricoles et à contribuer aux efforts d'amélioration de la production rizicole au Burkina Faso.

Depuis 2025, cette mission accompagne les producteurs de la plaine en leur fournissant des intrants agricoles. La démonstration organisée sur le site a également permis à quelques producteurs de se familiariser avec l'utilisation d'une machine destinée à la récolte du riz, sous la supervision des équipes techniques chinoises.
Pour les acteurs de la plaine, cette technique pourrait contribuer à alléger les travaux de récolte. « Avec cette machine, nous pensons que cela va faciliter le travail », a indiqué Naboswendé Ouédraogo, agent sur la plaine rizicole de Boulbi.

Un producteur sur la machine de récolte

Selon lui, les travailleurs de la plaine sont organisés en coopérative. Il a également précisé que la partie exploitée par la Chine couvre deux hectares sur les 15 que compte le site.
« Nous avons appris beaucoup de techniques agricoles auprès des Chinois. Ils nous ont déconseillé l'engrais chimique. Nous souhaitons qu'ils nous aident davantage et pourquoi pas couvrir la plaine avec toutes leurs variétés de riz », a confié un autre producteur sur le site.

Le chef de la mission technique agricole chinoise, Hu Yuzhou, a réitéré leur soutien aux travailleurs de la plaine

La mécanisation au service de la production rizicole

Le chef de la mission technique agricole chinoise, Hu Yuzhou, a rappelé que l'accompagnement apporté aux producteurs ne se limite pas à la mise à disposition d'intrants agricoles. Il comprend également la promotion de variétés hybrides de riz et la vulgarisation des équipements agricoles. « Nous avons utilisé des variétés hybrides du riz. Nous essayons de vulgariser les machines agricoles aussi afin d'atteindre l'autosuffisance alimentaire », a-t-il expliqué.

Naboswendé Ouédraogo, agent sur le site

Pour lui, ces nouvelles variétés sont plus faciles à produire et permettent de garantir une santé saine aux consommateurs.
À travers ces initiatives, la mission technique agricole chinoise entend contribuer au développement de la production rizicole et à la diffusion de techniques susceptibles de faciliter le travail des producteurs.
La démonstration de Boulbi constitue ainsi une occasion pour les producteurs de découvrir les possibilités offertes par la mécanisation de la récolte du riz hybride.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

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Burkina/Lutte contre la fraude : 2 310 bâtons d'explosifs et 7 500 détonateurs saisis

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:22

Les services des douanes ont saisi 2 310 bâtons d'explosifs et 7 500 détonateurs au cours de deux opérations distinctes. Ces saisies ont été présentées à la presse par la Direction générale des douanes, ce mardi 27 octobre 2026, à Ouagadougou. Selon les explications fournies par les douaniers, les bâtons d'explosifs ont été découverts à la suite d'un accident impliquant un camion en transit transportant des boissons à destination de Ouagadougou. Le conducteur aurait tenté de dissimuler les produits avant d'être interpellé. La seconde opération a permis de saisir 7 500 détonateurs, conditionnés dans 75 boîtes de 100 unités chacune et transportés dans un car de transport en commun. Cette saisie fait suite à une filature qui a conduit à l'interpellation de deux personnes présentées comme impliquées dans l'affaire.

La route peut parfois réserver de mauvaises surprises. Soukaïlou Ouédraogo, chauffeur du camion transportant les explosifs, affirme avoir accepté d'acheminer une marchandise sans en connaître précisément la nature. Une décision qui l'a finalement conduit entre les mains des services de contrôle. Mais l'ignorance qu'il invoque ne suffit pas à dissiper toutes les interrogations. Selon ses explications, la marchandise lui aurait été confiée par une connaissance au Ghana, avec pour consigne de l'acheminer vers la frontière.

Soukaïlou Ouédraogo affirme avoir poursuivi son trajet avant de se retrouver dans une situation qu'il dit ne pas avoir maîtrisée. Il explique avoir paniqué lorsqu'il a découvert la nature des produits transportés. Pourtant, deux questions demeurent : pourquoi avoir franchi le poste douanier sans signaler la cargaison ? Et pourquoi avoir tenté de dissimuler les produits après le renversement du camion ? Interrogé sur ces points par le directeur général des douanes, Dr Yves Kafando, le conducteur évoque une commission qu'il avait acceptée. Il soutient que son interlocuteur ne lui avait pas donné toutes les informations sur le contenu du chargement.

« Il m'a juste dit que ce sont des produits que les orpailleurs utilisent dans les mines. Il ne m'a pas dit que c'était ça. Je pensais que c'était du cyanure. C'est lorsque le camion s'est renversé que j'ai su que c'était des dynamites. J'ai paniqué c'est la raison pour laquelle j'ai pris pour cacher », a-t-il laissé entendre.

Issa Sissao invite les contrebandiers à abandonner les trafics illicites

Confronté aux conséquences de cette affaire, Soukaïlou Ouédraogo dit regretter la situation dans laquelle il se trouve. Il appelle ses collègues et les autres acteurs du transport à ne pas suivre son exemple, au risque de se retrouver dans la même situation.

« A tous mes amis et collègues, mes patrons, ne faites pas comme moi car ce n'est pas une bonne affaire. Me voici aujourd'hui dans cette situation. Si je savais que ça allait être comme cela, je n'allais même pas commencer », a-t-il conclu.

Dans la seconde opération, consacrée à la saisie de 7 500 détonateurs, deux personnes, Issa Sissao et Sory, ont été interpellées. Face aux douaniers, Sissao affirme transporter régulièrement ce type de produits, qu'il dit dissimuler progressivement. Interrogé sur sa connaissance des dangers liés aux explosifs, il soutient que, dans son cas, les produits sont destinés aux sites miniers, où les orpailleurs les utiliseraient dans le cadre de leurs activités.

Toutefois, cette explication soulève des interrogations quant à la destination réelle de la cargaison. Les éléments présentés ne permettent pas, à eux seuls, d'établir que les détonateurs étaient effectivement destinés aux sites miniers évoqués par le mis en cause.

« Nous donnons ses produits aux orpailleurs. Le client est au Ghana. Nous achetons le colis avec lui et arrivé au Burkina nous prenons le colis pour vendre en Côte d'Ivoire », a-t-il dit.

Aperçu d'une boite de détonateurs

La réponse du présumé propriétaire ne convainc pas le directeur général des douanes. Ce dernier lui rappelle que le commerce vise la réalisation de bénéfices et non la perte. Il remet également en question la cohérence de l'itinéraire évoqué, qui relierait le Ghana au Burkina Faso, avant un acheminement des mêmes produits vers la Côte d'Ivoire pour leur commercialisation. Selon lui, ce circuit soulève des interrogations, notamment sur la logique commerciale consistant à acheminer des produits du Ghana vers le Burkina Faso avant de les réexpédier en Côte d'Ivoire pour les vendre.

De son côté, Issa Sissao lance également un appel aux personnes impliquées dans ces pratiques, les invitant à y mettre fin. « J'invite tous ceux qui sont impliqués dans le trafic illicite de produits explosifs à y mettre fin. Ce n'est pas une bonne chose, car le commerce de ces produits présente des dangers importants et peut avoir de graves conséquences. »

La saisie de ces produits est également l'occasion pour le directeur général des douanes de saluer la vigilance des agents sur le terrain. Dissimulés dans des cachettes aménagées, les bâtons d'explosifs et les détonateurs ont nécessité, selon lui, du professionnalisme et une attention particulière pour être découverts. Il met en garde les personnes qui persistent dans les pratiques de contrebande, malgré les appels à y mettre fin.

« ceux qui veulent tester le niveau de vigilance de nos agents le paieront à leurs dépens », prévient Dr Yves Kafando

« Ce sont des produits très nocifs, qui peuvent non seulement mettre en danger la vie des citoyens, mais également détruire l'environnement et mettre en péril les animaux », souligne-t-il. Tout en félicitant les agents pour leur engagement, il les exhorte à maintenir leur niveau de vigilance face aux stratégies de contournement des contrôles douaniers. Face à la persistance des pratiques de contrebande, Dr Yves Kafando annonce une volonté de renforcer la répression contre les contrevenants. Malgré les multiples appels à l'abandon de ces activités, certains importateurs et commerçants continuent de recourir à des stratégies de contournement des contrôles. Le responsable des douanes rappelle que des dispositions ont récemment été durcies par l'Assemblée législative du peuple afin de sanctionner davantage les pratiques susceptibles de mettre en danger la vie des citoyens.

« Nous avons passé le temps à appeler les faux importateurs et les contrebandiers à abandonner ces pratiques. Malheureusement, elles perdurent. Des dispositions ont donc été prises pour punir davantage les récalcitrants. J'invite ces derniers à y mettre fin, ceux qui pensent qu'ils peuvent utiliser des stratagèmes pour contourner le niveau de vigilance des agents le paieront à leurs dépens. Nos agents sont pleinement engagés et restent vigilants », prévient-il.

À travers ces deux opérations, les services des douanes réaffirment leur engagement dans la lutte contre la fraude et le trafic illicite. Ces saisies mettent en évidence l'importance des contrôles douaniers dans la détection et l'interception de marchandises susceptibles de présenter des risques pour la sécurité des populations.

Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net

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Burkina : Le ministère de la Santé lance le Mois de la communication sanitaire en langues nationales

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:17

Le ministère de la Santé a annoncé, ce mardi 27 octobre 2026, le lancement du Mois de la communication sanitaire en langues nationales. Cette initiative, qui mobilise les professionnels de la santé et des médias, vise à rapprocher davantage l'information sanitaire des populations afin de renforcer la prévention et de favoriser l'adoption de comportements favorables à la santé.

Prévue du 2 au 30 novembre 2026, cette campagne sillonnera l'ensemble des régions du Burkina Faso. L'objectif est de toucher un maximum de personnes grâce à des messages de sensibilisation diffusés dans les langues nationales, pour faciliter la compréhension des informations sanitaires et améliorer leur appropriation par les populations.

Prenant la parole à cette occasion, le ministre de la Santé, le Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a souligné l'importance d'une communication accessible et adaptée aux réalités linguistiques des communautés. « En matière de santé, une information comprise peut protéger une vie. Une bonne information peut prévenir une maladie, dissiper une peur et aider une personne à prendre la bonne décision au bon moment. Durant tout le mois de novembre 2026, des radios partenaires seront mobilisées pour diffuser des émissions interactives, des interventions de spécialistes et des capsules d'information. La première semaine sera consacrée à la redevabilité sur les actions, les réformes et les réalisations du secteur de la santé depuis septembre 2022. À cet effet, une émission spéciale en langue mooré est prévue le samedi 31 octobre 2026, à partir de 10 heures, sur Radio Burkina, avec une diffusion relayée par les radios partenaires. Les trois semaines suivantes permettront d'aborder les problématiques sanitaires propres aux différentes régions, avec la participation de professionnels de santé et la prise en compte des préoccupations des auditeurs », a-t-il déclaré.

Cette campagne sillonnera l'ensemble des régions du Burkina Faso, selon le ministre de la Santé

Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou a également rappelé que la construction d'infrastructures sanitaires, à elle seule, ne suffit pas à améliorer durablement la santé des populations. Selon lui, ces efforts doivent nécessairement s'accompagner d'une communication efficace, capable d'informer, de sensibiliser et de prévenir les risques sanitaires. Il a par ailleurs indiqué qu'environ 12 % du budget de l'État est alloué à son département, soulignant ainsi l'importance accordée au secteur de la santé.

Pour conclure, le ministre Kargougou a invité les professionnels des médias à s'engager pleinement dans cette initiative, afin de contribuer à la diffusion de messages sanitaires fiables, compréhensibles et accessibles à toutes les couches de la population.

Ismaël Ouédraogo
Lefaso.net

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Burkina/Commerce international : Les opérateurs économiques sensibilisés aux conditions de voyage et au règlement des différends commerciaux

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:14

La Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), avec l'accompagnement du ministère de l'Industrie, du commerce et de l'artisanat et du ministère des Affaires étrangères, organise, ce mardi 27 octobre 2026, à Ouagadougou, une session d'information à l'intention des opérateurs économiques. Cette initiative vise à renforcer leurs connaissances sur les conditions de voyage à l'international et les mécanismes de prévention et de règlement des différends commerciaux.

Les opérateurs économiques burkinabè entretiennent de nombreuses relations d'affaires avec des partenaires étrangers, notamment dans le cadre des opérations d'importation et d'exportation. Toutefois, ces échanges comportent des risques qui peuvent compromettre leurs activités. Paiements non effectués, marchandises non livrées ou non conformes, contrats insuffisamment encadrés et difficultés d'obtention de visas figurent parmi les problèmes régulièrement rencontrés.

Les sessions s'adressent principalement aux opérateurs économiques burkinabè engagés dans des relations d'affaires à l'international. Elles sont également ouvertes à toute personne ou institution intéressée par les thématiques abordées

C'est pour contribuer à la prévention de ces situations que la CCI-BF a initié cette session d'information. Les échanges sont organisés autour de deux panels consacrés à la gestion des relations d'affaires à l'international et aux mécanismes de règlement des conflits commerciaux.

Les communications portent notamment sur les précautions à prendre avant la conclusion d'un partenariat, les clauses essentielles des contrats commerciaux, les instruments de paiement et les voies de recours en cas de litige. Les participants sont également informés des conditions d'entrée et de séjour dans certains pays partenaires, notamment la Chine, l'Inde et la Turquie.

À l'issue de chaque session, un rapport de synthèse sera élaboré. Il présentera les principales difficultés rencontrées par les opérateurs économiques ainsi que les recommandations adressées au secteur privé, à la CCI-BF et aux ministères concernés

Prévenir les risques liés aux transactions internationales

Pour le directeur général adjoint en charge des infrastructures et du développement au sein de la CCI-BF, Fousséni Koné, cette initiative répond aux préoccupations exprimées par les entreprises burkinabè à travers le dispositif d'écoute et d'appui-conseil de l'institution.
Il a indiqué que les difficultés rencontrées dans les échanges commerciaux internationaux peuvent entraîner des pertes financières importantes, des retards dans les activités et, dans certains cas, fragiliser durablement les entreprises.

« Dans les affaires à l'international, la confiance est indispensable, mais elle ne saurait remplacer la vigilance. La réussite d'une opération commerciale repose aussi sur la qualité des vérifications préalables, la clarté des engagements contractuels, la maîtrise des moyens de paiement et la connaissance des règles applicables dans le pays partenaire », a souligné Fousséni Koné.

Fousséni Koné a remercié les ministères chargés du commerce et des affaires étrangères, les représentations diplomatiques, les experts et les équipes ayant contribué à l'organisation de cette session

Il a également rappelé que la CCI-BF a pour mission d'accompagner les entreprises, de défendre leurs intérêts et de rechercher, avec les acteurs concernés, des solutions aux difficultés qui entravent leurs activités.
Présent à cette session, le conseiller technique du ministre de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, Seydou Ilboudo, a réaffirmé l'engagement du gouvernement à accompagner les entreprises burkinabè dans leur ouverture aux marchés internationaux.

Il a relevé que plusieurs litiges résultent notamment de l'absence de contrats suffisamment solides, de la méconnaissance des instruments de paiement internationaux et du manque de vérification de la crédibilité des partenaires commerciaux. À ces difficultés s'ajoutent les pratiques frauduleuses dont certains opérateurs économiques sont victimes.
« Ces réalités ne doivent pas constituer un frein à l'accès de nos opérateurs économiques aux marchés extérieurs, car mieux ils sont informés, mieux ils sauront se prémunir des risques liés au commerce international », a déclaré Seydou Ilboudo.

Seydou Ilboudo a salué l'initiative de la CCI-BF, qui vise à renforcer les connaissances des opérateurs économiques sur les risques liés au commerce international

Le conseiller technique a par ailleurs salué la participation des banques, des assurances, des institutions chargées du règlement des litiges, des acteurs de la justice commerciale, des partenaires diplomatiques et des experts. Il a assuré que le ministère chargé du commerce accordera une attention particulière aux recommandations formulées à l'issue des différentes sessions.

Une initiative saluée par les opérateurs économiques

Du côté des participants, cette session suscite de l'intérêt. Pour l'un d'entre eux, Léon Nikiema, elle répond à une attente du secteur privé, confronté à des difficultés dans l'accomplissement des formalités de voyage et la gestion des différends commerciaux avec des partenaires étrangers.

Il estime que certains commerçants ne disposent pas de suffisamment d'informations sur les conditions d'obtention des visas commerciaux et les règles applicables lors de leurs déplacements professionnels.
« Il est essentiel que les autorités compétentes, notamment le ministère chargé du commerce et la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso, renforcent l'information et la sensibilisation des acteurs du secteur privé. Leur accompagnement est également nécessaire pour faciliter la résolution des différends rencontrés à l'international », a souhaité Léon Nikiema.

Léon Nikiema ( en tenue blanche et bleue) a assuré que les informations recueillies au cours de cette session seront partagées avec les autres membres des faîtières professionnelles d'hommes et de femmes d'affaires

Le participant a également insisté sur la nécessité de faire parvenir les informations aux commerçants qui n'ont pas pu prendre part à cette session. À cet effet, il invite les responsables d'associations et de faîtières professionnelles présents à organiser des séances de restitution au profit de leurs membres.

Cette session de Ouagadougou s'inscrit dans un programme de sensibilisation qui prévoit quatre étapes, respectivement à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou et Ouahigouya. À travers cette tournée, la CCI-BF et ses partenaires entendent permettre à un plus grand nombre d'opérateurs économiques de mieux sécuriser leurs transactions internationales et de prendre les précautions nécessaires lors de leurs voyages d'affaires.

Samirah Bationo
Lefaso.net

Categories: Africa, Afrique, European Union

Burkina : Plus de 106 000 femmes enceintes ont bénéficié des suppléments de micronutriments multiples

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:10

Elles étaient 134 039 femmes enceintes à atteindre. Elles ont été 106 023 à recevoir, pour la première fois, des suppléments de micronutriments multiples (MMS), soit 79,1 % de l'objectif. Tel est le principal résultat du projet « Introduire et étendre la MMS au Burkina Faso », présenté mardi 27 octobre 2026 à Ouagadougou lors d'un atelier de capitalisation, après environ vingt-quatre mois de mise en œuvre.

Porté par l'Alliance ALIMA-Keoogo-SOS Médecins BF, avec le ministère de la Santé et sa Direction de la nutrition, le projet a couvert 177 formations sanitaires, dans cinq districts du Kadiogo (Baskuy, Bogodogo, Boulmiougou, Nongr-Massom, Sig-Noghin) et dans celui de Kombissiri, dans la région du Nazinon.
Sur le volet formation, 837 agents de santé ont été formés, soit 98,47 % des 850 prévus. Le projet a aussi sensibilisé 141 794 femmes en âge de procréer, diffusé 24 émissions radiophoniques et fourni des outils de suivi et de communication.

Cent mille boîtes de 180 comprimés ont été mobilisées. « Ces résultats traduisent l'ampleur des activités conduites, mais mettent aussi en évidence les efforts nécessaires pour garantir la disponibilité des suppléments », a reconnu Sory Keïta, chef des opérations pays de l'Alliance.
Selon l'évaluation finale faite par l'Alliance, les bénéficiaires jugent le produit favorablement. 92,4 % des femmes interrogées se disent satisfaites, 97,9 % estiment les MMS utiles pour leur santé et 97,1 % pour celle de leur bébé. Elles citent une odeur moins marquée que celle des comprimés de fer et d'acide folique, les bénéfices perçus contre l'anémie, la gratuité lors des consultations prénatales et les conseils des soignants.

Sory Keïta, chef des opérations pays de l'Alliance.

La question de la pérennité

Représentant le haut-commissaire du Kadiogo, le secrétaire général de la province, Boukari Sawadogo, a rappelé que la nutrition maternelle était « une priorité de santé publique ». Mais l'introduction d'une nouvelle intervention ne garantit pas sa survie, a souligné le haut-commissaire, Maurice Konaté. Celle-ci dépend, selon lui, de « la disponibilité continue des produits, du renforcement des capacités des prestataires, de la qualité des données, du suivi de l'observance et de l'appropriation de la stratégie par les structures sanitaires ». La fin du projet doit, selon lui, servir de transition pour consolider les acquis.

Vue partielle des participants .

L'Alliance, qui cherche des financements pour poursuivre son appui, plaide pour une extension nationale. « Nous lançons un appel à tous les partenaires techniques et financiers autour du ministère de la Santé », a déclaré M. Keïta, pour qui cette tâche ne saurait reposer sur une seule organisation.

Le secrétaire général de la province du Kadiogo, Boukari Sawadogo, représentant le Haut-commissaire Maurice Konaté.

Des consultations trop tardives

Il reste tout de même un défi. De nombreuses femmes ne se présentent en consultation qu'au deuxième, voire au troisième trimestre de leur grossesse, ce qui réduit l'efficacité du suivi. « L'idéal serait de prendre la femme très rapidement, dès le premier trimestre, et de la suivre jusqu'à l'accouchement », a insisté M. Keïta, qui appelle à intensifier la sensibilisation, avec l'appui des acteurs communautaires et des professionnels de santé.
En rappel, les MMS sont des suppléments nutritionnels contenant plusieurs vitamines et minéraux essentiels, dont le fer et l'acide folique. Ils contribuent à prévenir l'anémie, à soutenir le développement du fœtus et à réduire certains risques liés à la grossesse, notamment les malformations congénitales, les naissances prématurées et le faible poids à la naissance.

Les participants ont posé pour la postérité

Fredo Bassolé
Lefaso.net

Categories: Afrique

Tunisie : un journaliste indépendant, critique virulent du président, condamné à quatre ans de prison

LeMonde / Afrique - Wed, 28/10/2026 - 00:09
De nombreux opposants et journalistes tunisiens font face à une vague de répression accrue depuis 2021.
Categories: Afrique

Colloque International en Hommage au Professeur Idrissa M. OUEDRAOGO

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:09

Thème : « Secteur informel et développement en Afrique : enjeux théoriques et perspectives d'actions »

Ouagadougou, Burkina Faso, Du 29 au 31 octobre 2026

L'Université Thomas Sankara, en partenariat avec l'Université Aube Nouvelle et le Centre d'Etudes et de Recherche sur l'Intégration Economique en Afrique (CERIEA), annonce la tenue d'un Colloque International en hommage au Professeur Idrissa M. OUEDRAOGO. Cet événement scientifique majeur se tiendra au Campus de l'Université Thomas Sankara sis à Saaba et aussi au Campus de l'Université Aube Nouvelle, au Burkina Faso, du 29 au 31 octobre 2026, et portera sur le thème central : « Secteur informel et développement en Afrique : enjeux théoriques et perspectives d'actions ».

Un enjeu structurant pour le développement du continent

Au cours des quatre dernières décennies, l'Afrique a connu une croissance économique notable, avec un PIB réel progressant en moyenne de 3,8 % par an. Cependant, cette dynamique contraste avec une transformation structurelle limitée, freinant la création d'emplois décents. Le secteur informel s'est imposé comme une réalité structurelle des économies africaines, représentant entre 25 % et 65 % du PIB en Afrique subsaharienne et fournissant 83,1 % de l'emploi total sur la période 2015-2024.

Face à ce constat, ce colloque vise à créer un cadre de dialogue ouvert et prospectif sur le rôle et la place du secteur informel dans le processus de développement du continent. Il s'agira d'explorer une problématique majeure qui a été au cœur des travaux du Professeur Idrissa M. OUEDRAOGO, tout en offrant aux décideurs politiques, aux praticiens du développement et aux chercheurs un espace pour confronter les connaissances établies à l'épreuve des faits.

Une rencontre scientifique sur deux sites

Les cérémonies et temps forts du colloque (ouverture officielle, cérémonie d'hommage, conférence inaugurale, panel de haut niveau et table ronde de synthèse) se tiendront le jeudi 29 octobre 2026 sur le campus de l'Université Thomas Sankara, dans l'amphithéâtre D.

Les communications scientifiques se dérouleront en sessions parallèles, du vendredi 30 au samedi 31 octobre 2026, sur le campus de l'Université Aube Nouvelle, dans les salles Tour du savoir, Toguyeni et 6. Chaque session d'une heure trente accueillera au maximum trois communications.

Temps forts du programme

La journée du jeudi 29 octobre s'ouvrira par l'accueil des participants et des officiels, avant la cérémonie d'ouverture et une cérémonie d'hommage associant collègues, famille et étudiants. La conférence inaugurale sera prononcée par le Pr Aly Mbaye, sous la modération du Pr Nasser Ary-Tanimoune.

L'après-midi sera consacré à un panel de haut niveau réunissant des représentants d'institutions publiques, du secteur bancaire, du monde académique, des organisations professionnelles et des acteurs de l'économie informelle. Ce panel sera modéré par le Pr Adama Diaw.

Le vendredi 30 octobre, après un mot de bienvenue du premier responsable de l'Université Aube Nouvelle et du Président du Comité d'Organisation, une communication plénière sera présentée par le Pr Nasser Ary-Tanimoune sur le thème : « Formalisation de l'informel : exemple du système bancaire dans l'UEMOA. Et après ? ». Les travaux se poursuivront ensuite en sessions parallèles autour des quatre axes du colloque.

Quatre axes de réflexion

Les communications présentées s'organisent autour de quatre axes principaux :
Axe 1 : Le secteur informel : logique d'émergence et de développement — sous-développement et informalité, chocs et vulnérabilité, genre, éducation et formation, qualité des institutions, politiques d'inclusion et de formalisation ;

Axe 2 : Secteur informel : levier ou frein au développement — investissement, financement de l'économie, compétitivité, transformation structurelle, productivité, croissance et ressources naturelles ;

Axe 3 : Secteur informel et pauvreté — vulnérabilité, travail décent, protection sociale, inégalités et criminalité ;

Axe 4 : Secteur informel et politiques publiques — bilan des politiques de formalisation, promotion du secteur informel, climat des affaires, fiscalité, emploi décent, accès au financement et dialogue État-acteurs.

Le samedi 31 octobre, les sessions parallèles se poursuivront jusqu'en fin de matinée, avant le rapportage général et la clôture du colloque.

Un hommage à un économiste de référence

En rendant hommage au Professeur Idrissa M. Ouédraogo, ce colloque entend prolonger et mettre en débat ses travaux sur le secteur informel, la gouvernance économique et les politiques de développement en Afrique. Il vise à créer un cadre de dialogue ouvert et prospectif sur le rôle et la place du secteur informel dans le processus de développement du continent, à confronter les connaissances établies à l'épreuve des faits et à proposer des orientations d'action susceptibles d'accompagner les transformations économiques et sociales en Afrique.

Informations pratiques
Dates : du 29 au 31 octobre 2026
Lieu : Ouagadougou, Burkina Faso
Jeudi 29 octobre : Université Thomas Sankara, amphithéâtre D
Vendredi 30 et samedi 31 octobre : Université Aube Nouvelle, salles Tour du savoir, Toguyeni et 6
Contact presse et organisation : Comité d'organisation du colloque email : collouqeceriea.unz@gmail.com
Le programme détaillé du colloque est disponible auprès du comité d'organisation.

Categories: Afrique

Burkina Faso : Plan International lance quatre projets de plus de 3,4 milliards de FCFA en faveur des femmes, des jeunes et des enfants

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:08

Plan International Burkina Faso a procédé au lancement officiel de quatre projets de développement et de résilience, représentant un investissement global de plus de 3,4 milliards de francs CFA, ce mardi 27 octobre 2026, à Ouagadougou. La cérémonie s'est déroulée sous la présidence de la ministre des sports, de la jeunesse et de l'emploi, représentée par le gouverneur de la région du Liptako, Abdoul Karim Zongo. La secrétaire générale du ministère en charge de la jeunesse et de l'emploi, Colette Ouédraogo, et le représentant résident de Plan International Burkina Faso, Dr Ahmed Maïga étaient également au présidium. Ces initiatives visent notamment à renforcer l'autonomisation économique des femmes et des jeunes, améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, faciliter l'accès aux services sociaux de base et protéger les filles contre les mutilations génitales féminines.

Quatre projets, plusieurs domaines d'intervention, mais une ambition commune. Celle d'améliorer durablement les conditions de vie des populations, particulièrement des enfants, des filles, des femmes et des jeunes. À travers ce lancement collectif, Plan International Burkina Faso entend apporter des réponses complémentaires aux défis économiques, sociaux et sanitaires auxquels sont confrontées les communautés. Alignées sur sa stratégie pays 2025-2027 et les politiques nationales, ces initiatives couvrent plusieurs étapes essentielles allant de la vie, de la nutrition et de la protection de la petite enfance à l'éducation, jusqu'à l'insertion professionnelle et à l'autonomisation économique des jeunes.

Renforcer la résilience des communautés

Les quatre initiatives concernent le projet de Résilience économique par le vert et l'entrepreneuriat (REVE), le projet de Renforcement et d'amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (BV-2N). À cela, s'ajoutent le Projet intégré de développement communautaire et de résilience (PIDCR-PBFA), ainsi que le projet de renforcement de l'accélération de l'abandon des mutilations génitales féminines et de promotion de la santé maternelle et infantile (MGF/E Nakambé).

Présentant la portée de ces interventions, le représentant résident de Plan International Burkina Faso, Dr Ahmed Maïga, a souligné qu'elles traduisent la volonté de l'organisation, de contribuer davantage au développement des communautés, tout en accompagnant les efforts déjà engagés par le gouvernement. Il a notamment mis en avant la promotion des emplois verts, l'autonomisation économique des femmes et des jeunes, la protection des droits des filles, l'amélioration de l'éducation et de l'accès à l'eau, à l'hygiène et à l'assainissement, ainsi que la lutte contre la malnutrition.

Des participants au lancement des quatre projets de Plan Burkina au profit des femmes, des jeunes et particulièrement des PDI et personnes retournées dans leurs localités

Pour le représentant résident, la réussite de ces projets repose également sur la mobilisation de l'ensemble des acteurs. Il a ainsi salué l'accompagnement des autorités administratives, des services techniques de l'État, des partenaires financiers, des organisations de mise en œuvre et des communautés bénéficiaires, tout en appelant à maintenir une collaboration étroite pour atteindre les résultats attendus.

REVE : miser sur les emplois verts et l'entrepreneuriat des jeunes

Doté d'un budget de 531 325 170 francs CFA, financé par Plan Pays-Bas, le projet REVE sera mis en œuvre de juillet 2026 à juin 2029 dans les communes de Dédougou, Boromo, Ouahigouya, Titao, Dori et Bani, réparties entre les régions du Bankui, de Yaadga et du Liptako. Il cible les jeunes de 18 à 35 ans, notamment les jeunes femmes, les personnes déplacées internes et les personnes retournées. L'initiative entend réduire leur vulnérabilité économique en renforçant leurs compétences, leur employabilité et leur accès aux moyens de production.

Concrètement, le projet prévoit la formation de 190 jeunes à l'entrepreneuriat et de 120 autres au marketing digital et au commerce électronique. Il ambitionne également de former 180 leaders communautaires et 400 membres de sociétés coopératives aux pratiques agricoles durables. Sur le terrain, deux périmètres maraîchers seront réalisés, six hectares de bas-fonds rizicoles aménagés et deux jardins-écoles mis en place. Des coopératives bénéficieront aussi d'un accompagnement pour développer des activités économiques, notamment autour du miel, du karité et du niébé.

Une attention particulière sera accordée à l'entrepreneuriat féminin, avec notamment la formation de 90 femmes au leadership et des actions de plaidoyer pour améliorer leur accès à la terre. Le projet prévoit également la création de 30 groupes d'épargne et de crédit communautaires.

« Aujourd'hui, nous lançons des opportunités pour les jeunes, de l'espoir pour les femmes, de meilleures perspectives pour les enfants et des solutions durables pour les communautés », Dr Ahmed Maïga, représentant résident de Plan International Burkina Faso

BV-2N : prévenir la malnutrition dès les premières années de vie

La nutrition constitue un autre volet majeur de ces interventions. Financé à hauteur de 187 960 236 francs CFA par les fonds de parrainage de Plan International, le projet BV-2N sera déployé de juillet 2026 à juin 2027 dans les régions du Djôrô, du Nando, du Nakambé et des Koulsé. Cette initiative vise à contribuer à la réduction de la malnutrition aiguë chez les enfants de moins de 5 ans, en privilégiant une approche de proximité auprès des familles. Elle cible particulièrement les jeunes enfants, les femmes enceintes et allaitantes ainsi que les agents de santé à base communautaire.

Selon les données de l'enquête nutritionnelle nationale 2024-2025 présentées dans le dossier du projet, la prévalence de la malnutrition aiguë globale atteint 9,9% au Burkina Faso. Dans les régions concernées, elle varie entre 5,3% et 9,3%, tandis que la malnutrition chronique avoisine 20%. Pour améliorer cette situation, BV-2N prévoit notamment l'animation de 1 045 groupes d'apprentissage et de suivi des pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant, ainsi que la formation de 341 agents de santé à base communautaire.

Le projet prévoit également l'acquisition de 3 000 bracelets de mesure du périmètre brachial et la formation de 16 289 mères à leur utilisation. L'objectif est de leur permettre de reconnaître précocement les signes de malnutrition chez leurs enfants et de favoriser une prise en charge rapide.

PIDCR-PBFA : améliorer l'éducation, l'accès à l'eau et l'autonomie économique

Avec un financement de 1 744 583 032 francs CFA, le Projet intégré de développement communautaire et de résilience (PIDCR-PBFA) représente le plus important investissement parmi les quatre initiatives annoncées. Prévu de juillet 2026 à juin 2027, il interviendra dans 13 provinces réparties entre les régions du Nando, du Djôrô, des Koulsé, du Kadiogo et du Nakambé. Son ambition est de contribuer à créer un environnement dans lequel les enfants peuvent apprendre, grandir et s'épanouir en sécurité.

Dans le domaine éducatif, le projet prévoit la construction ou la réhabilitation de 30 salles de classe, ainsi que la distribution de fournitures scolaires à 10 170 enfants parrainés. L'amélioration des conditions de vie passera également par la réalisation de 30 forages et de 14 blocs de latrines. L'autonomisation économique occupe aussi une place importante dans cette intervention. Le projet ambitionne de former 264 jeunes, de fournir 137 kits d'installation et de créer 405 nouveaux groupes d'épargne et de crédit communautaires. Des organisations féminines bénéficieront également d'un appui pour développer leurs activités génératrices de revenus.

À ces actions s'ajoutent la sensibilisation à la santé sexuelle et reproductive, l'accompagnement des clubs de filles, la promotion de la masculinité positive, la prise en charge des violences et le renforcement des capacités des districts sanitaires.

Des participants au lancement des quatre projets de Plan Burkina au profit des femmes, des jeunes et particulièrement des PDI et personnes retournées dans leurs localités

MGF/E Nakambé : accélérer l'abandon de l'excision dans 302 villages

La protection des filles et la santé maternelle et infantile constituent le quatrième axe d'intervention. D'un budget d'environ 984 millions de francs CFA, le projet MGF/E Nakambé sera mis en œuvre de septembre 2026 à août 2029 dans 302 villages de 15 communes des provinces du Boulgou et du Kouritenga, dans la région du Nakambé. Il vise à accélérer l'abandon des mutilations génitales féminines, tout en contribuant à l'amélioration de la santé maternelle et infantile. Le projet devrait toucher directement environ 37 008 personnes et indirectement près de 142 992 autres.

Selon les données de l'enquête démographique et de santé de 2021 citées dans le dossier de présentation, la prévalence des mutilations génitales féminines atteint 56% chez les femmes de 15 à 49 ans au Burkina Faso, contre 65% dans la région du Nakambé. Face à cette situation, le projet mise sur la mobilisation communautaire et le dialogue entre les générations pour favoriser l'abandon de cette pratique. Il prévoit notamment 302 assemblées communautaires, 906 dialogues intergénérationnels et sept forums de leaders.

La mobilisation des jeunes occupera également une place centrale, avec la formation de 604 clubs regroupant 12 080 filles et autant de garçons. Les activités de sensibilisation organisées à l'occasion des journées nationales et internationales devraient, quant à elles, toucher environ 180 000 personnes.

Le gouvernement salue la vision des quatre projets

Présidant la cérémonie au nom de la ministre des sports, de la jeunesse et de l'emploi, le gouverneur de la région du Liptako, Abdoul Karim Zongo, a salué l'engagement de Plan International Burkina Faso, présent dans le pays depuis 1976. Il a particulièrement apprécié la mobilisation de plus de 3,4 milliards de francs CFA dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources financières. Selon lui, cet investissement constitue une contribution importante aux efforts entrepris par les autorités pour améliorer les conditions de vie des populations et renforcer leur résilience.

Le gouverneur a également relevé la convergence entre les ambitions des quatre projets et les priorités nationales, notamment en matière d'éducation, de formation professionnelle, d'emploi, d'entrepreneuriat et d'autonomisation économique des femmes et des jeunes.

« On ne cessera de le répéter, l'investissement dans les jeunes représente un choix stratégique pour l'avenir de notre pays », Abdoul Karim Zongo, gouverneur de la région du Liptako

Insistant sur la place de la jeunesse dans le développement du pays, il a souligné que le renforcement des compétences professionnelles et l'accès aux opportunités économiques constituent des leviers essentiels pour réduire les vulnérabilités et favoriser une croissance inclusive. Il a par ailleurs, accordé une attention particulière à la protection des droits des filles, réaffirmant la nécessité de lutter contre les mutilations génitales féminines, qu'il juge incompatibles avec la dignité humaine, l'égalité et la protection des enfants.

Le représentant de la ministre a enfin salué la collaboration entretenue entre Plan International et les services de l'État. Il a encouragé la poursuite de ce partenariat, dans le respect des communautés et des priorités nationales, afin que les investissements annoncés produisent les résultats attendus sur le terrain. À travers ces quatre projets, Plan International Burkina Faso entend ainsi conjuguer développement économique, amélioration des services sociaux et protection des populations vulnérables. Leur mise en œuvre, en partenariat avec les services techniques de l'État, les organisations locales et les communautés, devra permettre de traduire ces engagements en améliorations concrètes et durables des conditions de vie des bénéficiaires.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Categories: Afrique

Cinéma : « Merci ma rivale », un appel au dialogue pour préserver l'amour dans les couples

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 28/10/2026 - 00:00

Comment réagir lorsqu'on découvre l'infidélité de son conjoint ? Faut-il céder à la colère et à la confrontation ou tenter une autre approche pour sauver son couple ? C'est autour de ces interrogations que s'articule « Merci ma rivale », le nouveau long métrage de la société de production Waati Group, du réalisateur Oumar Dagnon, présenté en grande première le lundi 26 octobre 2026 au Ciné Burkina, à Ouagadougou. Le film est programmé au Ciné Burkina du 26 octobre au 11 novembre 2026.

D'une durée d'une 1h45, le film raconte l'histoire de Reine, une épouse qui découvre l'infidélité de son mari. Plutôt que d'affronter directement sa rivale, elle décide de l'approcher sans révéler sa véritable identité. Entre confidences, jalousie et situations cocasses, elle se rapproche progressivement de celle qu'elle considère comme une ennemie. Cette démarche inattendue l'amène à reconsidérer sa relation conjugale et à entrevoir une autre voie pour préserver son foyer.

À l'issue de la projection, le réalisateur Oumar Dagnon s'est réjoui de l'accueil réservé à son œuvre. Les rires et les moments d'émotion observés dans la salle lui donnent des raisons d'espérer une bonne réception du film auprès du grand public.
« Déjà, on est très satisfait. Aujourd'hui, c'est vrai qu'on fait des films d'auteur, mais ces films s'adressent à une partie du public. Or, le cinéma est populaire à la base, donc il faut aller vers la grande masse. En faisant ce film, on voulait réaliser un film populaire qui allait parler au plus grand nombre », a-t-il expliqué.

Le film est programmé au Ciné Burkina du 26 octobre au 11 novembre 2026

Pour le cinéaste, l'objectif n'est pas seulement de divertir, mais aussi d'amener les spectateurs à réfléchir à leurs comportements dans leurs relations amoureuses. Le film invite notamment à dépasser les réactions impulsives face à l'infidélité pour privilégier des solutions susceptibles de préserver les liens affectifs. Selon le réalisateur, le mariage ne doit pas être considéré comme une garantie définitive de la stabilité d'une relation. Pour lui, l'amour doit continuer à se cultiver, même après plusieurs années de vie commune.

« On connaît un peu les réalités des foyers. Souvent, quand une femme apprend que son mari a une maîtresse, au lieu de chercher à coopérer avec elle, c'est la bagarre. Cette fois-ci, nous avons essayé d'aborder le sujet autrement, en montrant une femme qui va vers sa rivale pour apprendre à réaimer son mari. Ce n'est pas parce qu'on est marié que tout est acquis. Même dans une relation amoureuse, il ne faut pas considérer l'autre comme acquis. On doit tout le temps faire des efforts pour continuer à se séduire et maintenir la flamme dans le foyer. À la base, c'est l'amour qui a uni les deux personnes. Il faut donc se demander pourquoi, avec le temps, elles en arrivent à se déchirer », a-t-il indiqué.
Au-delà de son message de sensibilisation, « Merci ma rivale » entend également contribuer à la promotion du cinéma burkinabè et à la valorisation de la littérature nationale.

« Nous avons trouvé que le roman avait du potentiel, mais il fallait le ramener au cinéma. L'adaptation cinématographique est un peu différente du roman, mais elle en garde l'esprit », a-t-il précisé.
Dans le film, la comédienne burkinabè Viviane Yanogo a incarné Reine, l'épouse confrontée à l'infidélité de son mari. Pour l'actrice, ce rôle renvoie à des réalités que connaissent de nombreux couples, au Burkina Faso comme ailleurs. L'actrice dit avoir apprécié les réactions contrastées du public. Certains spectateurs peuvent reprocher à Reine d'avoir délaissé son foyer, tandis que d'autres comprennent sa décision de se battre pour reconquérir son mari. Mais, à ses yeux, l'essentiel réside dans la capacité à se remettre en question et à rechercher des solutions.

Selon l'actrice principale, Viviane Yanogo, la communication constitue un levier essentiel pour prévenir les ruptures et apaiser les tensions

« J'ai incarné un personnage dont l'histoire existe dans nos sociétés, dans nos familles. C'est notre vécu quotidien. Nous traversons ces réalités dans les couples, pas seulement au Burkina Faso, mais partout dans le monde. Mais le plus important, c'est de savoir ce qu'on fait après une telle situation. Est-ce qu'il faut rester les bras croisés et perdre l'amour de sa vie ? Le personnage travaille à récupérer l'amour de son mari pour reconstruire son foyer. C'est très important dans nos sociétés, où les couples sont aujourd'hui très fragilisés et où les divorces sont nombreux », a-t-elle déclaré.

Pour Viviane Yanogo, les difficultés conjugales ne doivent pas systématiquement conduire à désigner un seul responsable. La communication constitue, selon elle, un levier essentiel pour prévenir les ruptures et apaiser les tensions. L'actrice a ainsi appelé les femmes et les hommes à entretenir leur relation au quotidien. Elle estime que le mariage ne doit pas conduire à négliger les efforts qui ont permis de construire le couple.
« Il ne faut pas tout le temps culpabiliser l'autre. Il faut se remettre en cause en permanence dans un couple, essayer de dialoguer. Souvent, c'est justement la communication qui manque dans nos foyers, et cette absence de dialogue peut conduire au divorce. Et ce n'est pas parce qu'on est marié qu'on doit se délaisser. Il faut travailler à dialoguer et à faire vivre son amour. Les femmes doivent continuer à prendre soin d'elles-mêmes, quel que soit leur âge. Nous sommes des reines et nous devons aller de l'avant », a-t-elle lancé.

Parmi les spectateurs présents à cette grande première, Ashley Djiguimdé a salué un film qui, selon elle, aborde un problème de société en donnant également à voir les difficultés que peuvent rencontrer les hommes dans leur vie conjugale. Ce qui l'a particulièrement marqué, c'est la souffrance du personnage masculin, qui vit des difficultés dans son foyer sans parvenir à en parler ouvertement à son entourage.

« C'est un très beau film qui enseigne aussi bien aux femmes qu'aux hommes. Il parle d'un fait de société. Il y a beaucoup d'hommes aujourd'hui qui souffrent dans leur foyer. Ce film m'enseigne vraiment et j'invite tout un chacun à venir le suivre », a-t-il confié.

La cinéphile a également apprécié la stratégie adoptée par Reine pour approcher sa rivale, car selon elle cette réaction tranche avec les confrontations parfois observées dans des situations similaires.
« J'ai aimé sa réaction parce que beaucoup de femmes, lorsqu'elles apprennent que leurs maris ont des maîtresses, font des scandales. Elle, elle a pris les choses en douceur et il n'y a pas eu de bagarre. C'est ce que j'ai aimé », a-t-elle expliqué.

Auteure du roman qui a inspiré le long métrage, Sakinatou Sanfo a également exprimé sa satisfaction quant à cette adaptation. L'écrivaine a expliqué avoir voulu, à travers son histoire, interpeller les femmes sur les limites de la violence comme moyen de résoudre les conflits.

« J'ai écrit ce roman pour alerter les sœurs, parce que, quoi qu'on dise, les hommes aussi peuvent être des bourreaux. Je voulais également faire passer un message à nos sœurs : la violence ne donne pas toujours des résultats positifs. Si Reine était allée vers Sandra avec la violence, rien ne garantit que celle-ci aurait abandonné. Mais, en adoptant une autre approche, elle a découvert que la gentillesse pouvait porter ses fruits », a-t-elle expliqué.
L'auteure s'est par ailleurs réjouie de voir son œuvre portée à l'écran. Cette adaptation constitue également selon elle une marque de considération pour son travail littéraire.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

Categories: Afrique

Recherche scientifique : Le Burkina Faso décroche le 11ᵉ Prix Vilho Väisälä de l'Organisation météorologique mondiale (OMM)

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 27/10/2026 - 23:30

Une équipe de chercheurs burkinabè a remporté le 11ᵉ Prix du Professeur Dr Vilho Väisälä de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), grâce à ses travaux sur la surveillance en temps réel de l'état des pistes d'atterrissage en période de pluie. La distinction a été remise le 7 octobre 2026, à Amsterdam, aux Pays-Bas, en marge de la Conférence technique de l'OMM (TECO-2026) et du salon international Meteorological Technology World Expo 2026. La cérémonie s'est tenue en présence de la directrice générale de l'Agence nationale de la météorologie du Burkina Faso, Dr Mariam Tidiga.

Cette distinction récompense une innovation technologique destinée à améliorer la surveillance des pistes d'atterrissage et à renforcer la sécurité des opérations aériennes en période pluvieuse.

Lors de la cérémonie, Dr Dieudonné Sama a présenté les travaux primés avant de recevoir, au nom de l'équipe, le diplôme et la médaille associés à cette distinction. Le prix est également assorti d'une récompense financière de 10 000 dollars américains.

L'article scientifique récompensé, intitulé « Global Reporting Format automation under rain : runway conditions monitoring in real time using Integrated Sensing and Communication technology », porte sur l'automatisation du Format mondial de comptes rendus de l'état de la piste (GRF) en cas de pluie.

Ces travaux ont été réalisés par trois scientifiques burkinabè. Il s'agit du Dr Dieudonné Sama, chercheur principal et auteur de la thèse intitulée « Changement climatique en Afrique de l'Ouest : Impact sur l'aviation, résilience et stratégies d'adaptation », du Pr Doua Allain Gnab Ahou, directeur de thèse, et de l'ingénieur Ali Ganame.

Le dispositif développé repose sur la technologie de détection et de communication intégrées (ISAC). Son fonctionnement consiste à utiliser un lien radio installé le long de la piste d'atterrissage pour mesurer, en temps réel, l'épaisseur de la couche d'eau présente à sa surface. Cette estimation est obtenue à partir de l'atténuation du signal radio.

La méthode a été calibrée sur le site de l'aéroport international de Ouagadougou. Les résultats ont montré une bonne corrélation entre les estimations produites par le dispositif et les mesures de référence, avec un coefficient de détermination de 0,87.

Cette technologie présente plusieurs avantages. Elle permet une surveillance automatique et continue de l'état des pistes, à moindre coût, sans nécessiter d'intervention directe sur leur surface. Elle pourrait ainsi réduire le recours aux inspections manuelles effectuées à l'aide de véhicules, limiter les perturbations des activités aéroportuaires et contribuer à la préservation de l'environnement.

À terme, cette solution pourrait améliorer la disponibilité des informations sur l'état des pistes et faciliter la prise de décision lors des opérations aériennes en période de pluie.

Avec cette distinction, le Burkina Faso devient le deuxième pays africain et le premier d'Afrique subsaharienne à recevoir le Prix du Professeur Dr Vilho Väisälä de l'OMM.

Cette récompense met en valeur les compétences des chercheurs burkinabè ainsi que le potentiel scientifique de l'Université Norbert Zongo de Koudougou.

Pour l'équipe de recherche, ce prix représente l'aboutissement d'un travail collectif mené malgré des ressources limitées. Il constitue également une motivation supplémentaire pour poursuivre le développement de solutions technologiques adaptées aux besoins de l'aviation civile.

Les chercheurs entendent désormais finaliser le dispositif et préparer son déploiement dans les aéroports. Leur objectif est de contribuer à une surveillance plus efficace, économique et respectueuse de l'environnement des pistes d'atterrissage, afin de renforcer la sécurité aérienne.

Lefaso.net
Ministère de l'Administration territoriale et de la Mobilité

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