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De l'info. Du reportage. Avec un focus affirmé sur la défense européenne
Updated: 8 hours 6 min ago

Parlement européen. Quatre candidats au perchoir. Trois femmes, une favorite

Mon, 17/01/2022 - 12:30

(B2) Le décor est posé pour le renouvellement de la présidence du Parlement européen. Ce rendez-vous institutionnel à mi-mandat n’en est pas moins hautement politique.

  • Les députés européens se prononcent mardi (18 janvier), par un vote en plénière.
  • L’élection a lieu à la majorité absolue des votes valides, soit 50% des voix plus une, à bulletin secret, jusqu’au troisième tour si besoin. Si un quatrième tour est nécessaire, seuls les deux candidats ayant plus de voix y participeront. L’emportera celui qui reçoit le plus de voix.
  • Suivront l’élection des 14 vice-présidents et 5 questeurs. À partir de lundi 24 janvier, ce sera au tour des commissions parlementaires et délégations de renouveler leur président et vice-présidents.
Roberta Metsola – PPE

La favorite, Roberta Metsola

Dans les couloirs du Parlement à Bruxelles, cela ne fait plus aucun doute. C’est une femme qui sera élue à la tête de l’institution européenne pour la seconde partie du mandat (2019-2024). Sur les quatre candidatures déposées vendredi (14 janvier), trois sont des femmes. Parmi elles, celle du groupe de centre-droit du PPE, le premier groupe d’importance (en nombre de députés européens) : Roberta Metsola. Elle fait campagne depuis plusieurs semaines. C’est la favorite, un accord politique entre les groupes majoritaires voulant que la présidence à mi-mandat permette d’alterner la couleur politique. En l’occurrence, passer donc de la gauche (S&D) depuis 2019 avec David Maria Sassoli, à la droite (PPE) pour la deuxième partie du mandat (2022-2024).

Une candidate féminine mais pas assez féministe ?

Son nom est malgré tout loin de faire l’unanimité. Ses auditions par les différents groupes n’ont pas suffit à gommer les réticences liées à ses positions anti-avortement. « Il est vrai que ce serait un honneur d’avoir une femme comme présidente du Parlement européen. Mais ce n’est pas suffisant », glissait la Portugaise Margarida Marques (S&D). « La position de Roberta Metsola sur les droits des femmes ne nous rassure pas. Elle a voté contre l’avortement et a refusé toute législation sur la santé sexuelle et reproductive des femmes ».

L’accord politique toujours en négociation

La cheffe des sociaux-démocrates, Iratxe Garcia Perez, le répétait vendredi matin : « Après avoir entendu les candidats cette semaine, nous restons déterminés à construire une majorité pro-européenne qui permettra au Parlement de fonctionner avec responsabilité et stabilité, mais notre groupe doit être correctement représenté dans la maison. Nous cherchons également toujours à obtenir l’assurance que le prochain président du Parlement promouvra un agenda en accord avec nos priorités et nos valeurs. Pour l’instant, rien n’est décidé. »

Le choix du non choix ? À moins que… 

Les Sociaux-démocrates du S&D et les Libéraux centristes de Renew n’ont pas présenté de candidat. Faute de personnalité évidente pour le premier. Dans le respect des engagements pris en début de mandat pour le second, à savoir un accord politique d’alternance à mi-mandat. Mais la possibilité d’une candidature de dernière minute planait vendredi comme une rumeur insistante du côté du S&D — sachant que les candidatures peuvent encore être déposées jusque lundi 17h. Rien de tangible toutefois. Cette hypothèse témoignait en revanche de la fébrilité et de la tension autour de ce fameux accord politique recherché entre les trois « grands » (PPE, S&D et Renew). Toujours en négociation.

Alice Bah Kuhnke – Verts

La candidature surprise des Verts

Le groupe des écologistes Verts/ALE a lui décidé de « pimenter » le scrutin en proposant au dernier moment une candidate (Carnet du 13.01.22). La décision a été prise mardi soir (11 janvier) en réunion de groupe.

« Construire un Parlement européen plus féministe, durable et démocratique ». C’est l’accroche de celle qui a été choisi pour cette mission, Alice Bah Kuhnke. La Suédoise, vice-présidente du groupe, est membre notamment de la commission LIBE (libertés publiques) où siège également Roberta Metsola. Sa voix est réputée calme, « à l’image du président décédé David Sassoli », glisse une source connaisseuse.

La droite nationaliste a perdu sa bataille

K. Z – ECR

Les velléités de construire un ‘super’ groupe parlementaire né de l’éclatement des groupes actuels (ID, ECR et non-inscrits) a n’a pas réussi à voir le jour (Carnet du 7.12.21). Les groupes ID et ECR restent séparés. Annulant toute ambition pour le groupe ID de prétendre à une représentation au sein de la présidence du Parlement en opposant le nombre à la règle qui a prévalu jusque là entre les trois ‘grands’ , à savoir l’exclusion de l’extrême droite des postes à responsabilité. Cela reste bel et bien l’une des conditions à l’alliance, rappelée par Renew. Car « les nationalistes, qui méprisent nos valeurs communes, n’ont pas leur place dans ce dispositif ». Seuls les conservateurs (ECR) présentent un candidat. Le Polonais Kosma Zlotowski assume le rôle.

Sira Rego – GUE

La troisième femme à gauche

L’Espagnole Sira Rego porte elle la candidature de la gauche radicale (GUE). Comme elle l’avait fait en 2019 au début du mandat. Une candidature « résolument féministe », met en avant la Française Manon Aubry, co-présidente du groupe, comme pour faire front aux positions anti-avortement de Roberta Metsola.

Un scrutin très politique

Le décès du président sortant S&D, l’Italien David Maria Sassoli, a certainement étouffé les joutes d’une rentrée parlementaire endeuillée et peinée. Le scrutin n’en reste pas moins politique. L’issue dira si le Parlement européen pourra compter sur une ligne politique forte pour la fin du mandat, au gré d’un accord politique entre les trois groupes, ou si les alliances politiques devront se recomposer. L’enjeu pour l’institution européenne, la seule élue directement par les citoyens, n’est pas moindre. Il en va de son influence politique face au Conseil européen et à la Commission européenne…

(Emmanuelle Stroesser)

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Un Portugais aux commandes d’Atalanta au large de la Somalie. Avec des moyens limités

Mon, 17/01/2022 - 10:00

(B2) Le commodore portugais João Paulo Silva Pereira a pris à la mi-janvier le commandement de la force maritime de l’UE déployée au large de la Somalie (EUNAVFOR Atalanta).

Le commodore Silva Pereira et son état-major (Photo : EUNAVFOR Atalanta)

A bord d’une frégate espagnole

Le Portugais est officiellement commandant de la force depuis le 12 janvier 2022. Ce pour deux mois. Mais il a pris concrètement ses fonctions vendredi (14 janvier). Il n’opère pas à bord d’un navire portugais. Mais d’une frégate espagnole, l’ESPS Victoria (F-82), qui lui sert de navire amiral. Une habituée de la zone. Il est épaulé par un petit état-major (FHQ) composé d’une vingtaine d’autres marins, essentiellement portugais (cinq) et espagnols. Le commandement de l’opération (OHQ) est situé à Rota (Espagne), dirigé par le vice-amiral José M. Nunze Torrente.

C’est la 39e rotation du commandant de force de puis le début de l’opération en décembre 2008. Le précédent commandant de la force, le rear admiral espagnol Alejandro Cuerda Lorenzo, le 14 décembre dernier, remettait le commandant de force temporairement au commandant d’opération.

Un ancien officier du Corte Real

Âgé de 54 ans, Silva Pereira est un officier expérimenté. Entré dans la Marinha (la marine portugaise) en 1986, il a commandé la frégate Corte Real (F-332) entre 2010 et 2012. Le premier navire portugais engagé en 2011 dans l’opération anti-piraterie en 2011 dans le cadre de l’opération de l’OTAN Ocean Shield.

Une opération aux moyens limités

Les moyens de l’opération restent actuellement limités et fournis essentiellement par l’Espagne, qui soutient à bout de bras cette opération depuis ses débuts (2008). Madrid fournit ainsi le navire-amiral (et le seul navire), équipé d’un hélicoptère de type Agusta Bell AB212 (ou deux selon le moment), ainsi qu’un drone de type Scan Eagle, et un avion de patrouille maritime P3 Orion basé à Djibouti. Délaissée par les autres pays. Tous les autres pays se sont retirés. L’Allemagne n’a plus d’avion de patrouille maritime à offrir. La France n’y contribue que quand elle a le temps (souvent par le biais de ses moyens basés à La Réunion). La Grèce et la Suède ont d’autres préoccupations dans leurs eaux respectives, etc.

La fin abrupte d’Atalanta I, en attendant Atalanta II?

Ce pourrait être le dernier commandant de force de l’opération. Du moins dans son format actuel. Le Conseil de sécurité des Nations unies n’a en effet pas réussi à renouveler le mandat exécutif de l’opération que pour trois mois, jusqu’au 3 mars 2022. La Somalie ayant refusé de donner son autorisation. La première fois depuis 2008. Sauf accord avec Mogadiscio, ou décision internationale, les navires européens seront interdits d’entrer dans les eaux territoriales. Mais les Européens s’activent déjà pour une opération Atalanta II, qui aura une portée plus large et devra être revivifiée, dans le cadre des présences maritimes coordonnées (lire notre article à venir sur B2 pro).

(Nicolas Gros-Verheyde)

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L’embargo aérien contre le Mali non respecté par Air France, la Turquie et Ethiopian Airlines

Sat, 15/01/2022 - 15:11

(B2) Malgré la fermeture de l’espace aérien décrété par la CEDEAO, la communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, contre le Mali, et certaines déclarations officielles, la compagnie française Air France continue de voler vers Bamako.

capture d’écran sur le site d’Air France samedi matin (15 janvier) à 8h

Il est ainsi toujours possible de prendre des places pour la semaine du 24 janvier. Certes ce sont uniquement les classes business qui sont disponibles aujourd’hui. Et le coût est prohibitif : plus de 3000 euros aller – retour ! Mais en rendant la réservation possible, le signal est désastreux. La compagnie continue d’assurer des vols à partir de Monrovia (Liberia).

Quant aux compagnies turques Turkish Airlines et éthiopienne, Ethiopian Airlines, qui sont parmi les principales à desservir Bamako, elles continuent allègrement de desservir la capitale malienne.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Les soldats français ont combattu pour la liberté du Mali (Le Drian)

Sat, 15/01/2022 - 09:05

(B2) Ce qui se passe au Mali actuellement, avec des rapports de plus en plus qu’acrimonieux entre la junte militaire, d’un côté, et la France, les Européens mais aussi les Africains de l’Ouest, de l’autre, interpelle. Une question qui était à l’ordre du jour du gymnich, la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères, à Brest ce vendredi (14 janvier).

Le ministre français Jean-Yves Le Drian répond à B2 sur le Mali (photo : EBS / B2)

L’évolution au Mali décevante ?

Nous avons pu interrogé Jean-Yves Le Drian à la sortie de la réunion pour savoir s’il était « déçu » de l’évolution de la situation sur place. Un sujet qu’il connait dans toute sa profondeur. L’actuel ministre français des Affaires étrangères était, en effet, en charge de la Défense, sous François Hollande (dont il était proche), quand l’opération Serval (en 2013) a été déclenchée. Il est allé plusieurs fois au Mali et a rencontré plusieurs fois ses dirigeants successifs. NB : Nous avons choisi de reproduire l’intégralité de la réponse (avec juste quelques interceptions pour faciliter la lecture.

Des soldats français morts pour le Mali libre

Oui c’était en Janvier 2013, j’ai en un souvenir parfait de cette fin d’après-midi « où on a déclenché les opérations, de Damien Boiteux, [le premier soldat français] mort pour que le Mali vive libre ». Et il y a eu d’autres soldats français qui sont tombés ensuite, comme en témoigne « le monument aux morts que j’ai initié dans le jardin de l’ambassade de France à Bamako. Nous avons combattu pour la liberté des Maliens. Et nous sommes toujours là, pour combattre le terrorisme et ceux qui veulent porter atteinte à cette liberté. »

Combattre le terrorisme et ouvrir une voie démocratique

Sans les soldats français, « ce pays serait devenu un État islamique, comme cela a été le projet de Daech à Rakka [Syrie]. Cette intervention a permis d’éviter cela et [également] de mettre en œuvre un processus démocratique. » Dès 2013, il y a eu ainsi « des élections présidentielles et législatives qui se sont retrouvées après ».

Une défaillance malienne sur les accords d’Alger

« Ce qui ne s’est pas passé après, c’est la mise en œuvre des accords d’Alger et la volonté de les mettre en œuvre. MAIS les accords d’Alger sont toujours là. Ce qui manque, c’est la volonté de les mettre en œuvre. » Et le ministre de saluer la prise de position de la CEDEAO « courageuse, qui fait référence à l’histoire et la propre sécurité des pays d’Afrique de l’Ouest ». Une position soutenue à « l’unanimité » par tous les pays européens.

Des manifestations

Jean-Yves Le Drian tient à ajouter un mot sur les manifestations de Bamako organisées par le gouvernement pour protester contre les sanctions africaines, et aussi contre la France. Une manifestation en pleine contradiction estime le ministre. « La raison invoquée par la junte d’allonger la transition [démocratique] jusqu’à une durée pour cinq ans, ce sont des raisons de sécurité — « on ne peut pas voter car on n’est pas en sécurité » —. Je pense que si on est en situation de sécurité pour manifester, on doit être en situation de sécurité pour voter… »

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Le Mali dénonce la violation de son territoire par un avion français. La ministre botte en touche

Thu, 13/01/2022 - 19:25

(B2) Interrogée sur la dénonciation par le Mali de « la violation manifeste » de son espace aérien par un avion militaire français de type A400M (immatriculé F-RBAN) vers Gao qui a « à la fois coupé son transpondeur pour ne pas être identifié et coupé ses moyens de communication » avec le contrôle aérien malien, la ministre française des Armées, Florence Parly a savamment botté en touche.

Une décision de la CEDEAO qui ne s’applique pas aux vols militaires

Les décisions, « prises par la CEDEAO dimanche de fermeture de l’espace aérien n’ont pas vocation à s’appliquer aux vols militaires » indique-t-elle. Et d’ajouter : « Nous avons donc établi des contacts à cette fin avec les autorités compétentes. » Objectif apparemment : éclaircir la possibilité de vols militaires pour les avions français.

Un communiqué officiel

Le gouvernement malien (de la junte militaire) a publié un communiqué assez peu commun mercredi (12 janvier). Les Maliens n’hésitant pas à indiquer que le vol a été détecté à l’aide de « capacités de détection aérienne récemment acquises ». Sans citer l’origine de ces capacités. Mais chacun aurait pu comprendre qu’elles pouvaient être russes.

Un geste plutôt inhabituel

Chacun sait en effet que les avions militaires qui volent vers le Mali coupent leur transpondeur par raison de sécurité. Et les autorités maliennes, plus que quiconque. Ce geste est donc éminemment politique. C’est un avertissement sans frais à Paris. Reste à savoir ce que sera l’étape suivante

(Nicolas Gros-Verheyde, à Brest)

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Le président du Parlement européen, David Sassoli, a fermé les yeux. À quelques jours de la fin de son mandat

Tue, 11/01/2022 - 05:15

(B2) C’est son porte-parole qui vient de l’annoncer, David Sassoli, le président en exercice du Parlement européen est décédé ce mardi (11 janvier) dans la nuit, à 1h15, à l’hôpital d’Aviano, dans le Frioul.

The @EP_President David Sassoli passed away at 1.15 am on 11 January at the CRO in Aviano( PN), Italy, where he was hospitalized. The date and place of the funeral will be communicated in the next few hours.

— RobertoCuillo (@robertocuillo) January 11, 2022

Âgé de 65 ans, David Sassoli avait été hospitalisé en urgence le 26 décembre pour une forme sévère de dysfonctionnement immunitaire. Il a voulu exercer son mandat jusqu’au bout. Mais Roberto Cuillo son porte-parole avait déjà fait passer un message hier, lundi (10 janvier), indiquant qu’il annulait tous ses engagements. Ce qui faisait craindre le pire.

Le président du Parlement était en effet passablement affaibli par une précédente maladie, une pneunomie de forme grave, de type légionellose, qui l’avait obligé à s’absenter durant deux mois, entre septembre et début novembre. Ce qui l’a empêché d’être présent notamment lors du discours de l’Union prononcé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. La maladie l’aura poursuivi jusqu’au bout, l’empêchant de finir son mandat de deux ans et demi, qu’il devait conclure dans quelques jours, en accueillant le président français Emmanuel Macron.

David Sassoli, lors une de ses dernières apparitions publiques, dans un entretien avec Nancy Pelosi, le ‘speaker’ de la Chambre des Représentants US (photo : Parlement européen)

Membre du parti démocrate italien (S&D), David Sassoli devait passer le relais, selon la règle de la coalition au pouvoir au Parlement européen, à la Maltaise Roberta Metsola, la candidate du Parti populaire européen (PPE), lors d’un vote mardi (18 janvier). C’est à celle-ci, en tant que vice-présidente, que reviendra normalement de présider le Parlement européen durant les jours prochains, notamment pour l’ouverture de la plénière lundi (17 janvier), comme d’accueillir le président français qui vient mercredi (19 janvier) à Strasbourg pour présenter ses priorités et son ambition européenne ; un moment clé de la PFUE, la présidence française de l’Union européenne.

Né à Florence, David Sassoli a longtemps été journaliste, notamment à la RAI, la télévision italienne, avant de s’engager en politique, sur le tard en 2009. Il avait élu président du Parlement européen en juillet 2019, après les élections européennes (lire : Le Président du Parlement européen est… David-Maria Sassoli). Durant tout son mandat, il n’a eu de cesse de mettre en avant la défense de la démocratie et des droits de l’Homme, notamment dans les pays du voisinage (lire : Le Parlement européen appelle les 28 à sanctionner plus durement la Turquie (Sassoli). Au point qu’il a été un des noms mis sur liste noire par le Kremlin, qui l’a interdit de séjour à Moscou (lire : Jourova et Sassoli à l’index en compagnie de six autres Européens. La Russie réagit aux sanctions européennes).

« La date et le lieu des funérailles va être précisé dans les prochaines heures », précise son porte-parole.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Le premier raté de la présidence française. Russes et Américains négocient la sécurité européenne. Macron va faire le kakou à Nice

Sun, 09/01/2022 - 06:44

(B2) Les dix premiers jours de la présidence européenne sont passés. Deux évènements majeurs se déroulent à l’Est. Et rien. Sinon quelques beaux mots. Et aucune proposition concrète. Ce qui est inquiétant pour une présidence qui ne comptera en réalité que 100 jours.

Les chaises face à la mer, symbole de la Promenade des Anglais (crédit : Ville de Nice)

Une présidence électorale déjà rincée

Avant Noël, les trompettes étaient de sortie. On allait voir ce qu’on allait voir. La présidence française de l’Union européenne était dans les starting blocks. Prête à rugir pour défendre la place de l’Europe dans le monde et promouvoir l’autonomie stratégique (lire : Emmanuel Macron lance la PFUE. La souveraineté en haut de l’affiche). Noël et Le nouvel an ont passé. Et on ne peut qu’être surpris de l’atmosphère d’inertie qui semble étreindre l’Élysée, face à deux évènements majeurs dans le voisinage géopolitique européen. Comme si elle n’avait déjà plus de ressort.

Moscou met sur la table une proposition de traité…, la France minaude

La proposition russe d’un nouveau cadre de sécurité européenne et la volonté des Américains de négocier était cependant une excellente occasion de mettre en pratique cette fameuse « souveraineté européenne ». On se contentera surtout de phrases creuses. La situation « impose que l’Union européenne puisse proposer sa vision des choses, agir et se mettre autour de la table avec les parties prenantes pour avancer sur ce sujet » lâche Emmanuel Macron recevant Ursula von der Leyen à Paris vendredi (7 janvier). Il promet bien une proposition sur « une architecture européenne de sécurité ». Mais sans aucune date précise. Macron, qu’on a connu plus vivace, est en retard d’une guerre

Washington relève le gant. L’Europe réfléchit et regarde passer les trains

Les premières négociations sont en effet déjà entamées entre Russes et Américains. Elles s’ouvrent formellement ce dimanche à Genève. Entre les deux grands. Sans les Européens. Ceux-ci sont restés silencieux. On n’a en effet entendu encore aucune contre-proposition. Les Européens n’auront, en fait, fixé leur position sur l’architecture européenne de sécurité que… fin mars. Soit très tard. trop tard. Et encore, pour ce que connait B2, il ne faut rien attendre de trop fracassant. La Boussole stratégique, telle que nous l’avons lue est un texte sympathique, mais plutôt général, et très en-dessous des enjeux du nouveau monde qui se dessine (lire : Le premier texte de boussole stratégique. Quelques points phares. Les divergences pèsent).

La Russie remet de l’ordre dans son pré-carré

Interrogé sur les émeutes et la répression au Kazakhstan, le président français se contente, là encore, de quelques bons mots, des cuicuis d’oiseaux : « Nous sommes préoccupés, vigilants, prêts et mobilisés pour être actifs ». Et c’est tout ! Il renvoie à sa voisine Ursula von der Leyen pour le reste. Mais la présidente de la Commission n’a pas grand chose à proposer. « Je suis la situation avec inquiétude. […] les violences doivent cesser. » Pour finir par une pirouette, en forme d’aveu d’impuissance : « L’Union européenne apportera son aide où elle le peut. » Et c’est tout ! Des cuicuis d’oiseaux Pendant ce temps, les forces spéciales russes (de la 45e brigade aéroportée des Spetnaz notamment), biélorusses, arméniennes etc. embarquent dans des avions prêtes à intervenir au Kazakhstan pour ramener l’ordre (pardon « maintenir la paix »).

Un superbe raté

Le président français avait là deux superbes occasions de démontrer comment il pouvait mettre en pratique ses idées sur la « puissance européenne ». Il n’en a rien fait. Contrairement à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui en 2008 avait bondi dans l’avion vers Moscou à l’annonce de l’intervention en Géorgie, il n’a pas su saisir le vent de l’histoire. Comme déjà rincé par la campagne électorale qu’il mène de front avec son job européen. Lundi, au moment où Russes et Américains négocieront, le « président de l’Europe » sera d’ailleurs dans les Alpes maritimes, pour inaugurer l’hôtel de police de Nice. Dans un rôle plus domestique. Une visite qui tient surtout au fait que le maire de Nice, Christian Estrosi, lui a affiché son soutien. L’Européen aux manettes de l’Europe se révèle en fait un simple préfet..

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Décès à la KFOR

Sat, 08/01/2022 - 12:15

(B2) Un militaire macédonien est décédé à l’hôpital de Pristina vendredi (7 janvier) vers 18h15. Mort qui n’est pas liée « à un combat ». La force de stabilisation de l’OTAN au Kosovo, la KFOR, l’a confirmé ce samedi (8 janvier). L’origine du décès serait due à

Ce militaire de carrière de 44 ans « portant les initiales IQ » selon le ministère macédonien de la défense était basé à Peja. Victime « selon les premières informations d’une crise cardiaque », il a été pris en charge sur place par l’équipe médicale militaire, puis transporté par hélicoptère à l’hôpital. « À son arrivée il a pu être réanimé, mais peu de temps après, les médecins n’ont pu que constater son décès » indique le ministère selon la chaine kosovare RTV21.

« Je suis de tout cœur avec les familles et les amis du soldat et avec l’ensemble du contingent de Macédoine du Nord déployé au Kosovo », a notamment partagé le général hongrois Ferenc Kajari, chef de la KFOR.

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Dernières nouvelles des missions et opérations PSDC de l’UE (décembre 2021)

Fri, 07/01/2022 - 13:05

(B2) xx

Mariupol (Ukraine). Premiers pas de sécurité communautaire

Après Odessa et Kiev, c’est à Mariupol (455 000 habitants), dans la région de Donetsk, à l’est du pays, que la mission de conseil de l’UE aux forces de sécurité intérieure ukrainiennes (EUAM Ukraine) a lancé son dernier dialogue sur la sécurité communautaire. Objectif : renforcer la confiance entre la société civile et les forces de l’ordre (LEA). Détails ici

Représentants de la société civile, des autorités locales et des forces de l’ordre étaient réunis pour l’occasion  (crédit : EUAM Ukraine)

Hargeisa (Somalie). Repenser aussi la formation de la police

25 jeunes agents de différents commissariats du Somaliland ont été formés à de nouvelles approches pour renforcer la sécurité publique, notamment en coopérant avec les garde-côtes ou en améliorant l’approche communautaire, « qui reconnaît que tous les membres de la communauté ont un rôle actif à jouer pour assurer le respect de la loi et de l’ordre ». Chacun est reparti avec les points clés, à partager avec ses collègues de retour dans son commissariat. Une formation co-pilotée par la mission UE de soutien aux capacités maritimes de la Somalie (EUCAP Somalia). Détails ici

(crédit : EUCAP Somalia)

Bosnie-Herzégovine. Apprendre à faire la paix, dès le plus jeune âge

Des élèves de deux écoles primaires, l’une de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, l’autre de la république Serbe, ont animé un atelier sur les « dangers des engins pyrotechniques et des munitions et mines non explosées ». Cette activité s’inscrit dans un programme plus vaste, « Ensemble pour un avenir sûr », destiné à faire se rencontrer des jeunes de régions différentes. L’opération militaire de stabilisation en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea) leur apporte son parrainage. Détails ici

(crédit : capture d’écran B2/EUFOR Althea)

Bagdad (Irak). Leçons de maintien de l’ordre

Trois jours d’exercices théoriques et pratiques de réaction à une protestation publique (meilleures pratiques, normes internationales, respect des droits de l’homme, prise de décision critique…). C’est le programme concocté par la mission de conseil à la sécurité intérieure irakienne (EUAM Iraq) pour l’atelier sur le maintien de l’ordre dans les manifestations publiques, à l’intention de généraux et colonels du Commandement des forces de l’ordre (LEFC). Détails ici

(crédit : EUAM Iraq)

Pristina (Kosovo). Introspection judiciaire

Sur-utilisation et durée excessive de la détention provisoire, un nombre trop important d’ajournement d’audiences, etc. Ces tendances sont pointées par le rapport de suivi de la justice, rendu par la mission État de droit de l’UE (EULEX Kosovo), pour la période de mars 2020 à octobre 2021. Les conclusions de 295 affaires surveillées et 378 audiences sont passées en revue. L’analyse est assortie de recommandations à l’intention des autorités. Des recommandations « réalistes » et qui « peuvent avoir un effet positif sur l’efficacité, la responsabilité et l’intégrité de l’État au Kosovo, à condition qu’il y ait une volonté de les mettre en œuvre », fait valoir le chef de la mission, Lars-Gunnar Wigemark. Détails ici

Présentation à la presse du rapport (crédit : EULEX Kosovo)

Océan indien. Coopération avec des centres de sécurité maritime

« Pour s’attaquer aux réseaux criminels transnationaux en général, et au trafic de drogue en particulier », l’opération navale de l’UE de lutte contre la piraterie maritime (EUNAVFOR ATALANTA) renforce sa coordination des opérations de sécurité maritime et le partage et l’échange d’informations maritimes avec le Centre régional de fusion des informations maritimes (RMIFC) à Madagascar, et le Centre régional de coordination opérationnelle (RCOC) aux Seychelles. Les trois acteurs ont signé un protocole d’accord mi-décembre. La demande était pressante de la part des deux partenaires tout comme d’EUNAVFOR, en lien avec la récente adaptation de son mandat. Détails ici

(crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Niamey (Niger). Exercice grandeur nature

Une arrestation de trafiquants de drogue, ponctuée d’une prise d’otages dans un hôtel. C’est le scénario fictif auquel plusieurs unités de police ont participé. Sous la supervision de la mission de renforcement des capacités de sécurité intérieure du Niger (EUCAP Sahel Niger). « Nous voyons comment la partie nigérienne aborde les tâches. Cela nous permet de mieux identifier ce dont les partenaires ont besoin et ce dont ils n’ont pas besoin. Cela permet d’orienter le travail d’EUCAP Sahel Niger en fonction des besoins concrets sur le terrain », commente la cheffe de mission, Antje Pittelkau. Détails ici

(crédit : EUCAP Sahel Niger)

Mogadiscio (Somalie). Détection des IED

Les techniques d’accrochage (cf photo) ont fait partie du 4e cours sur les engins explosifs improvisés, suivi par les unités de manœuvre de la Brigade du 14 octobre. Un cours assuré par la mission UE de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalia), en coopération avec les équipes NEDEX de la force de police somalienne. Détails ici

Mopti (Mali). Améliorer la présence de l’État

L’escadron de la Force d’Action Rapide de la Gendarmerie Nationale (FARGEND) de Sévaré vient d’être doté d’un bâtiment administratif, un bâtiment abritant la logistique et une infirmerie, un bâtiment de restauration, un dortoir, etc. Ces investissements s’inscrivent dans le plan de sécurisation intégré des régions du Centre (PSIRC), « une stratégie consacrée au lien entre sécurité, retour de l’État et développement », explique la mission de renforcement des forces de sécurité intérieure du Mali (EUCAP Sahel Mali). Ce sont aussi des équipements de protection individuelle qui ont été livrés au ministère de la Sécurité intérieure (tweet). Détails ici

(Informations recueillies par Emmanuelle Stroesser)

NB : Pour tout connaitre ou réviser, n’hésitez pas à vous procurer notre ouvrage sur la PSDC

Lire aussi sur le B2 Pro (parus en décembre) :

Et sur le blog : 

Cet article Dernières nouvelles des missions et opérations PSDC de l’UE (décembre 2021) est apparu en premier sur B2 Le blog de l'Europe géopolitique.

Inspection d’un navire suspecté de transport d’armes au large de la Libye

Fri, 31/12/2021 - 07:45

(B2) Le navire grec HS Navarinon qui participe à l’opération européenne de surveillance de l’embargo (EUNAVFOR Med Irini) a procédé le 17 décembre à une inspection d’un navire considéré comme suspect au large des côtes libyennes

Le navire marchand était suivi depuis plusieurs jours déjà, « soupçonné d’avoir violé l’embargo sur les armes de l’ONU contre la Libye ». Mais la mer agitée et les vents forts ont empêché toute arrivée en sécurité sur le navire. Ce n’est qu’au bout de deux jours, quand les conditions de mer sont devenues plus acceptables, que l’équipe de visite de la frégate grecque (1) a pu être héliportée sur le navire.

Les forces spéciales ont d’abord « sécurisé la zone » — indique-t-on au QG de l’opération à Rome. Ils ont ensuite « vérifié » les documents du navire. Puis ils ont procédé à l’inspection de plusieurs conteneurs « soupçonnés d’être chargés de matériel illégal ». Inspection effectuée « conformément à la résolution de l’ONU»  (la 2292 pour les intimes de la chose onusienne). « Rien de suspect n’a [finalement] été découvert ». Le navire a donc été libéré et a pu poursuivre sa route vers un port d’escale.

(NGV)

(1) Une frégate de la classe Meko 200 HN

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La France aux commandes de la force de réaction rapide de l’OTAN

Wed, 29/12/2021 - 19:15

(B2) La France prend, samedi prochain, 1er janvier 2022, le commandement de la VJTF, la force militaire de l’OTAN de réaction rapide. Ce pour une durée d’un an.

Formation aux appuis feux tactiques interarmées (Photo : Brigade Franco-Allemande)

Une force un peu plus rapide que la NRF

La création de cette force est récente. La VJTF comme Very High Readiness Joint Task Force (ou force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation) a été décidée lors du sommet de l’Alliance de Pays de Galles en septembre 2014, pour doter les forces euro-atlantiques d’un outil plus efficace et adapté après l’intervention russe contre l’Ukraine. Elle est forte de quelques milliers d’hommes, pouvant être déployés en quelques jours (1).

Autour de la brigade franco-allemande

La VJTF française sera constituée autour de la brigade franco-allemande, qui constitueront le noyau de la force, en particulier, le 1er régiment d’infanterie et le 3e régiment de hussards (Rh). D’autres pays (Espagne, Portugal et Pologne) doivent également fournir des forces. Elle sera dirigée par le quartier général du corps de réaction rapide français (CRR-Fr) basé à Lille.

Des alliés déterminés à se défendre

La feuille de route de cette VJTF est claire : pouvoir « défendre n’importe quel allié » comme l’a défini le secrétaire général de l’OTAN : « À une époque de défis sécuritaires sans précédent, il ne doit y avoir aucun malentendu sur la détermination de l’OTAN : nous sommes solidaires pour défendre et protéger tous les Alliés ».

Entre Turquie et Allemagne

La France succède à la Turquie, qui a dirigé la force en 2021. L’Allemagne prendra le relais en 2023. Le JFC (commandement des forces interarmées de l’OTAN) de Brunssum (Pays-Bas) assurant le commandement de l’ensemble de la force de réaction de l’OTAN.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Le concept de la NRF, la force de réaction de l’OTAN, avait quelque peu vieilli et imposait un changement. Trop lourd (jusqu’à 40.000 hommes), trop lent, cette force n’était plus vraiment adaptée aux enjeux de rapidité.

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L’engagement allemand dans EUTM réexaminé. Les Russes privés de shopping sur les Champs–Élysées s’ils agressent l’Ukraine

Thu, 23/12/2021 - 15:45

(B2) Taper les Russes au portefeuille. Étudier toutes les possibilités notamment européennes pour le remplacement des Tornado porteurs de l’arme nucléaire. Revoir les modalités de formation des forces armées maliennes. Christine Lambrecht, la nouvelle ministre de la Défense allemande imprime clairement une marque ferme, et européenne à son mandat.

La ministre de la Défense Christine Lambrecht en visite au bataillon logistique n°172 (crédit : Bundeswehr)

L’interview parue dans le quotidien allemand Bild il y a quelques jours est intéressante pas seulement sur le point de la mission au Mali, mais aussi : sur les opérations en général, la situation en Ukraine et les relations avec la Russie, le remplacement des Tornado, porteurs de l’arme nucléaire, par des avions européens…

Le contrôle parlementaire n’est pas là pour la gloire

La Bundeswehr est une « armée parlementaire, ce qui signifie que chaque déploiement y est discuté et décidé » insiste Christine Lambrecht. Celle qui a été membre du Bundestag durant 23 ans veut renforcer le rôle du Parlement. « Je veux qu’au Parlement, on reparle davantage des mandats et que l’on revoie constamment le but des opérations, car les députés envoient des soldats travailler et sont donc responsables d’eux. »

Revoir le lieu de formation des FAMa au Mali

Sur la mission de formation de l’UE au Mali (EUTM Mali), la question de la formation ne se pose pas, mais celle du lieu de la formation, oui. « Nous devons vérifier si l’entraînement des soldats maliens est aussi bien, voire mieux, possible dans un autre endroit, plus sûr pour nos soldats. La sécurité de nos soldats est ma première priorité » indique la ministre allemande de la Défense.

  • NB : la formation a lieu aujourd’hui essentiellement à Koulikoro, qui était jusqu’à présent relativement épargné. Et l’idée est d’avoir des points de formation à Sévaré également (un projet soutenu par les Allemands). Cela signifierait notamment délocaliser la formation ailleurs. Au Niger par exemple ?

Les Russes sont les agresseurs en Ukraine et toutes les options doivent être étudiées

Sur la situation aux frontières de l’Ukraine, la ministre ne fait pas dans la dentelle : « Clairement : l’agresseur est la Russie ». Et « nous devons faire tout notre possible pour arrêter une escalade sévérité notable ». C’est à dire notamment « des sanctions sévères ». Elle ne se prononce pas expressément sur le maintien du gazoduc Nord Stream 2 (NB : un sujet de dissension au sein de la coalition : les Verts étant pour l’arrêter). Mais intrinsèquement cela fait partie des options : « Nous devons utiliser l’ensemble des instruments dont nous disposons. »

S’ils agressent l’Ukraine, ils seront Privés de shopping sur les Champs Élysées !

Plus directement, elle parle de « cibler Poutine et ceux qui l’entourent »

  • NB : une des options qui figurent au niveau européen : avec gel des avoirs et interdiction d’entrée dans l’Union européenne pour les oligarques et autres proches du président russe.

« Les responsables de l’agression doivent ressentir des conséquences personnelles, par exemple qu’ils ne peuvent plus se rendre sur les Champs Élysées de Paris pour faire leurs courses. »

Pour remplacer les Tornado, étudions d’abord les options européennes

La ministre n’élude pas la question sur le remplacement des Tornado vieillissants. Les seuls avions capables de porter l’arme nucléaire de l’Alliance. Un point que l’Allemagne a soutenu jusqu’ici avec constance. Mais plutôt que le F-18 (choix possible de la précédente coalition) ou le F-35 (poussé par les Américains et certains milieux militaires Outre-Rhin) — les deux appareils cités par le journaliste — sa préférence va clairement vers l’avion actuel des forces allemandes : l’Eurofighter. « Nous devons clarifier si et à quelle vitesse les États-Unis le certifieraient pour les armes nucléaires. » Et sinon, il faut aussi voir les autres solutions européennes. « Nous ferions bien d’examiner également avec rigueur une solution européenne. »

  • NB : elle ne précise pas l’appareil concerné. Mais ce pourrait être bien… le Rafale français.

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Aurélie Pugnet)

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La task-force Takuba prend de l’épaisseur lentement. Un à un les pays européens rejoignent la coalition anti-terroriste

Thu, 16/12/2021 - 15:09

(B2) La task force Takuba se développe. De nouveaux pays vont intégrer le dispositif en 2022. Ils renforceront les moyens militaires déjà présents au Sahel.

(photo : EMA / DICOD)

Une lente adhésion européenne

Même si à l’état-major français on adore les chiffres de progression fantastiques, 6 pays en avril 2021, 8 deux mois plus tard et 10 en décembre 2021, voire 13 en 2022, on doit aborder cette réalité de manière un peu moins romantique.

Petit décompte

Dans les six d’avril, il faut en fait retirer la France (!) et la Belgique (deux ou trois officiers à l’état-major ne font pas un engagement). Et les deux supplémentaires de juin (Pays-Bas, Portugal) sont aussi à l’état-major. On est donc toujours à quatre pays engagés sur le terrain ! Mais la Hongrie et le Danemark ont promis d’arriver bientôt : plutôt 2022 que 2021 pour les Hongrois comme pour le Danois ! Cela fera six.

Des Lituaniens et des Roumains bientôt

Deux autres pays sont dans les startings blocks. La Roumanie a déjà donné son accord politique il y a quelques mois. La Lituanie finit son processus de validation politique. La Diète a commencé à examiner le projet de loi pour les opérations 2022-2023 permettant l’engagement jusqu’à 30 soldats, durant trois mois, et un avion de transport (basé au Niger). « Nous sommes en contact soutenu avec nos amis lituaniens » assure-t-on à Paris.

D’autres arrivées à venir

Les discussions continuent toujours avec la Grèce (qui avait déjà promis en son temps, mais tarde à concrétiser), la Pologne (ce qui serait nouveau) et la Slovaquie (idem). Un sujet évoqué par la ministre française avec son homologue slovaque Jaroslav Naď lors de sa visite à Paris. Et inclus dans la conversation bilatérale qu’ont eu le président Emmanuel Macron et le premier ministre slovaque Eduard Heger, en marge de la rencontre des Visegrad à Budapest ; ce n’était pas tout à fait fortuit, selon nous. À l’EMA, on préfère donc rester prudent, échaudé par quelques annonces fracassantes, qui ont parfois mis beaucoup de temps à se concrétiser ou des remaniements gouvernementaux qui ont obligé à revoir les beaux plans bâtis avec labeur. « Tant qu’ils ne sont pas engagés concrètement… »

Les yeux de Chimène de Paris vers l’Outre-Manche

Quant aux Britanniques, Paris continue d’espérer. Londres a déployé des militaires chargés du renseignement (le Long-Range Reconnaissance Task Group) sous le drapeau des casques bleus de la MINUSMA et fournit aussi des hélicoptères Chinook aux deux opérations (Barkhane et Minusma). Leur engagement au sein de Takuba pourrait être « une option » susurre-t-on à Paris.

Un démarrage en mode diesel

Mais c’est un fait. Après un démarrage poussif — un diplomate d’un pays européen engagé parlait d’un retard d’environ un an sur le programme — la liste des pays engagés s’allonge lentement, mais sûrement. L’état-major des armées peut donc se réjouir. « Il y a un véritable phénomène d’entraînement des partenaires européens, qui y voient quelque chose d’intéressant et de novateur. »

L’européanisation de la mission

Et avec un commandement assuré sur place par un général suédois, la ministre des Armées Florence Parly peut à juste titre parler d’une « européanisation » de l’action militaire au Sahel. Un point fondamental pour la Rue Saint-Dominique, siège du ministère français des Armées. Car « dans la perspective de l’évolution du dispositif militaire au Sahel, Takuba doit jouer un rôle croissant et nous permettre de fournir de plus en plus un soutien crédible aux Maliens ».

Gros point d’interrogation à l’horizon fin 2022 – 2023

Reste à espérer que tous ceux qui sont engagés aujourd’hui resteront jusqu’au bout de l’année 2022. Et là, c’est un point d’interrogation. Il y a un fait : les Suédois pourraient plier en grande partie bagage à la fin du premier trimestre 2022 (sauf prolongation décidée ultérieurement). Et l’arrivée d’Allemands ou d’Espagnols semble toujours improbable. Quant à la situation dans le pays, elle reste très instable : la possible arrivée des privés russes de Wagner au Mali, comme un troisième coup d’État militaire, pourrait changer la donne. L’option travaillée très sérieusement à Paris comme dans les pays participants à Takuba est donc de déplacer le nœud névralgique des opérations plutôt vers le Niger. Pays plus acceptable pour nombre de pays…

(Helen Chachaty & Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Même si la task force reste sous le commandement d’opération de la force Barkhane (donc sous autorité française).
  2. Le Niger serait un pays plus acceptable politiquement parlant. Le Mali étant un pays en guerre, y intervenir pourrait poser des problèmes de politique interne pour certains États membres.

Lire aussi :

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Ukraine ou Biélorussie, entre Europe et Russie. La bataille violette est déclenchée

Thu, 16/12/2021 - 13:10

(B2) C’est une bataille sournoise qui se déroule aux confins orientaux de l’Union européenne. Entre Bruxelles et Moscou, « l’Ouest » et « le nouvel Est », se déroule une bagarre qu’on peut qualifier de violette. Ni rouge, comme la guerre, ni bleue, couleur de la guerre froide. Plutôt un entre les deux subtil.

Véhicules Buk russes équipés de missiles aériens en manœuvre (Archives B2 – Photo : armée russe)

Dans la ligne de mire du Kremlin

L’Union européenne ennemi à abattre, l’OTAN adversaire de cœur

Dans la ligne de mire du Kremlin, malgré les mots, ce n’est pas tant l’Alliance atlantique qui est l’ennemi. Celle-ci fait plutôt figure d’adversaire utile, mais pas trop menaçant. La vraie menace, c’est l’Union européenne. Elle et sa volonté, douce, de raccrocher les six pays du pourtour russe (Biélorussie, Ukraine, Moldavie, Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan) à sa sphère démocratique libérale et de libre échange. Une Union européenne, avec un air malicieux, que Moscou exècre et redoute. Car elle opère, malgré tout, une sacré force de séduction.

Le Partenariat oriental : entre Europe et Russie ?

Cette stratégie européenne avec les pays du Partenariat entend être une sorte de sas, quasi-permanent, entre l’adhésion à l’Union européenne et l’état de pays tiers. Il s’agit d’arrimer le plus solidement possible ces pays au marché européen en leur donnant différents avantages (commerciaux, économiques, visas, etc.), sans leur accorder le sacro-saint statut de membre à part entière de l’Union européenne.

Un passage en douceur à un monde libéral

Une sorte de passage en douceur du marché soviétique, à un marché libéral régulé plus européen. Une sorte de partenariat qui fonctionne, au regard des chiffres du commerce extérieur de l’Ukraine par exemple. La part de marché de l’ensemble des pays de l’Union en Ukraine a progressé de cinq points, entre la révolution de Maidan et aujourd’hui : de 35% de 2013 à plus de 40% en 2020, selon le Trésor Français.

La hantise de Moscou

Pour la Russie, c’est ce qu’il faut éviter à tout prix, qu’un pays bascule totalement côté européen, se voir éjectée des marchés et du commerce, ramener ses entreprises à une influence infime et son poids politique se réduire peu à peu. Un vrai cauchemar. Car il ouvrirait aussi la porte à une adhésion de ces pays à l’Alliance atlantique. Et pour éviter cela, tous les moyens sont bons.

Les différentes techniques russes d’entretien de la tension

Pour maintenir constante la pression sur ces territoires qu’elle entend bien à un moment, sinon reconquérir, du moins neutraliser, la Russie utilise toute une palette d’outils stratégiques et politiques, de façon concurrente ou successive.

La technique du territoire rebelle

En Moldavie (avec la Transnistrie), en Géorgie (Abkhazie, Ossétie du Sud), en Ukraine (Crimée, Est de l’Ukraine), des parties notables des territoires ont été arrachées à l’autorité de ces pays, pour passer dans une autonomie sous orbite russe, voire carrément intégrées dans le territoire russe. Le cas extrême étant la Crimée, envahie en 2014 et aujourd’hui entièrement intégrée à la Russie. Question stratégique oblige, ces territoires procurent un avantage très net à Moscou. Au niveau militaire, ils lui permettent de stationner des troupes et d’attiser des tensions. Au point de vue politique, ils empêchent l’adhésion à l’OTAN : un pays devant assurer le contrôle intégral de son territoire pour adhérer à l’alliance atlantique.

Des forces de maintien de la paix

Dans plusieurs territoires, la Russie a obtenu de pouvoir stationner des troupes militaires, sous couvert de forces de maintien de la paix. En Arménie, la présence russe a été renforcée par la dernière défaite face à l’Azerbaïdjan au Haut Karabagh. Et en Azerbaïdjan, à la faveur de ce conflit, les troupes russes assurent le maintien de la paix. Idem sur le territoire moldave de Transnistrie arraché à la Moldavie.

La technique des accords militaires

Voire, la Russie a passé plusieurs accords militaires : avec l’Arménie, avec l’Abkhazie (province autonome de Géorgie). Quant à la Biélorussie, qui avait réussi jusqu’à présent à tenir une position assez indépendante, le maintien de Loukashenko au pouvoir et la politique européenne l’obligent à se rapprocher de la Russie, Moscou espérant à terme une union plus étroite, voire une fusion-absorption.

L’incursion politique et médiatique

Dans plusieurs de ces pays, Moscou soutient directement ou indirectement des forces politiques qui lui sont plus favorables. Au besoin, il s’ingère dans les campagnes électorales nationales par la diffusion de fausses informations relayées par les médias classiques ou sur les réseaux sociaux. La bonne vieille propagande a été modernisée sous forme de fake news, de trolls etc. Les médias russophones qui bénéficient d’un fort soutien financier sont souvent plus modernes, plus populaires que les médias locaux.

Le durcissement du régime

Pour imposer sa politique, c’est une phase ultime possible : le passage d’un régime démocratique à un régime plus autoritaire, avec chasse aux opposants politiques et privation des libertés. C’est le modèle qui s’est imposé en Biélorussie, avec l’aide des services russes de force. Au besoin en poussant la provocation aussi loin que possible (tel le détournement d’un avion de Ryanair avec à son bord un opposant politique bélarusse) pour éviter toute tentation de retour en arrière. Le décrochage de la Biélorussie du Partenariat oriental est un succès pour Moscou. Sera-t-il durable ?

L’immigration provoquée

C’est la dernière tactique mise en œuvre : Importer des migrants de pays tiers, via charters aériens ou terrestres, en leur facilitant le transit dans le territoire national pour les projeter sur la frontière du voisin occidental. Elle ne date certes pas d’aujourd’hui et de l’action hybride menée par les Biélorusses contre la Pologne et les pays Baltes. Elle a été utilisée auparavant par les Russes pour faire pression sur la Finlande, en amenant par voie de bus des migrants, dans le Grand Nord.

Des conflits gelés qui peuvent se rouvrir

Les conflits sont dit ‘gelés’ pour l’instant en Moldavie, Géorgie et en Crimée. Mais le conflit reste ouvert dans l’Est de l’Ukraine et l’expérience du Haut Karabagh à l’automne 2020 montre qu’un conflit dit gelé peut se réchauffer rapidement et se transformer en guerre. En particulier, notons que depuis l’intervention en Géorgie en 2008, quand un conflit se calme d’un côté, il se ravive de l’autre. Et, même gelés, les tensions permettent d’alimenter une certaine fièvre.

La stratégie de l’allumage des signaux

De ces différentes présences, qui ont chacune une dynamique propre, Moscou joue pour assurer une tension permanente. Tension alternative, parfois basse, parfois haute, qui permet de maintenir sous pression l’ensemble de la zone et oblige l’adversaire à exercer une vigilance continue et s’adapter en permanence. Elle place les alliés de l’OTAN dans un dangereux numéro d’équilibriste : ils doivent maintenir une présence, mais pas trop au risque d’apparaitre comme le fauteur de troubles. Ils doivent rassurer les pays de la zone, mais ne pas s’engager trop… car ils n’ont ni la volonté ni les moyens. Aucun allié de l’Atlantique n’a envie de mourir pour le Donbass ou l’Abkhazie. La réalité est connue. Une sorte de guerre d’usure de l’adversaire sur plusieurs années ou dizaines d’années est ainsi bel et bien entamée entre l’Occident, Europe et USA, et la Russie.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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EUTM RCA suspend ses activités, elle ne s’arrête pas. Enfin un peu quand même !

Wed, 15/12/2021 - 21:34

(B2) Interrogé par B2, le service diplomatique européen a confirmé à mi-mot la suspension de la mission de l’Union européenne de formation des forces armées centrafricaines. Et surtout sa cause.

(Crédit: EUTM RCA)

Le conseil uniquement

Il ne s’agit pas d’un arrêt de la mission a justifié la porte-parole du Haut représentant, Nabila Massrali. EUTM RCA va arrêter la formation et « temporairement recentrer ses efforts sur le conseil stratégique ». Un conseil dispensé « au ministère de la défense et [à l’état-major] militaire » ainsi qu’aux « écoles militaires des FACA », les forces armées centrafricaines.

La cause : la présence de Wagner

« Les forces armées centrafricaines ont reçu un soutien bilatéral de Wagner ». Des « rapports » l’indiquent. Cette coopération a été « établie sans aucune transparence ». La présence « des mercenaires de Wagner en RCA est un sujet de grave préoccupation pour l’Union européenne, plus particulièrement pour l’EUTM ».

Une mission qui n’est pas engagée sur le terrain de bataille

Or, EUTM est « une mission de formation, pas une mission de combat ». C’est-à-dire qu’elle « n’est pas physiquement sur le champ de bataille et n’est pas engagée sur le champ de bataille aux côtés des FACA ».

Aucune coopération avec Wagner, où que ce soit

Et la porte-parole, d’ajouter « pour être [parfaitement] clair » : « Nous ne coopérons pas avec le Groupe Wagner, où que ce soit ». Il n’est donc ainsi « pas prévu que les FACA reçoivent une formation supplémentaire de la part de l’EUTM pour le moment ou à court terme, il s’agit d’une mesure opérationnelle temporaire ».

Commentaire : un retour six ans en arrière ! Ni vu ni connu

Cette déclaration en forme de démenti est en fait une confirmation des informations publiées hier. Elle représente un sacré revers pour l’Union européenne, condamnée à un aveu d’impuissance, et un sacré retour en arrière à la case départ, du début de la mission sous forme uniquement de conseil stratégique (EUMAM RCA) entre 2015 et 2016.

La réticence à l’engagement en Centrafrique dès le début

Cette mission EUMAM RCA avait suscité à l’époque une forte réticence des Européens pointant le risque de l’inefficacité. La génération de forces de cette mission sera d’ailleurs fort laborieuse. La plupart des États membres rechignant à envoyer du personnel (lire : EUMAM RCA, une génération de force bien laborieuse). Elle ne devra en fait son existence qu’à la France qui fournira un bon tiers des effectifs au final, à une petite dizaine d’États membres, … et surtout aux Géorgiens qui fourniront l’équipe de protection et aux Serbes le soutien médical (lire : La mission EUMAM RCA va être lancée, tous les effectifs arriveront plus tard). Deux points fondamentaux pour le bon déroulement de la mission.

Je persiste et signe

Notre article signé hier n’a pas vraiment plu en haut lieu. Certains contestant le titre ou l’analyse. Je persiste et je signe. Cette décision — que l’on appelle recentrage et suspension (comme le SEAE) ou repli ou arrêt — n’est pas anodine. Elle ne pouvait, selon nous, être prise simplement par une décision du comité politique et de sécurité.

Une défaillance politique et démocratique

Elle aurait dû être prise par les ministres en tant que telle, ou au moins être endossée par eux. Tout comme l’a été la décision sur les sanctions de Wagner (préparée en amont et ‘endossée’ par les ministres, sans débat). Et dans un système démocratique, le Parlement européen aurait dû être dûment et officiellement informé. Quitte à se prononcer dans un avis (purement consultatif), cela parait assez logique.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Face à Wagner en Centrafrique, l’Europe se retire. Russie : 1 point

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La France se désengage de Tombouctou

Wed, 15/12/2021 - 05:05

(B2) Les manœuvres de désengagement de la France à Tombouctou sont achevées. C’est la dernière des trois bases, après Kidal et Tessalit, à être transférée aux forces armées partenaires, alors que la menace évolue « vers le sud et vers l’ouest ».

Une manœuvre logistique

Le transfert de la base de Tessalit aux forces armées maliennes a représenté « des manœuvres logistiques extrêmement complexes », explique-t-on à l’état-major des armées (EMA). Un désengagement réalisé par voies routière et aérienne, représentant plus 170 conteneurs et une dizaine de rotations d’avions de transport tactique. Le transfert progressif a débuté le 9 décembre, « sans aucune difficulté » assure l’EMA – contrairement aux incidents qui ont émaillé les précédents convois au mois de novembre.

L’évolution du dispositif

La « ré-articulation » de l’opération Barkhane se poursuit, ce sont environ 400 militaires qui ont été désengagés des bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou. L’EMA indique que Barkhane se ré-organise selon deux axes : 1° la lutte contre les groupes armés terroristes, 2° la montée en puissance des armées partenaires ; et dans trois dimensions : coopération, partenariat de combat, réassurance. Exit donc les « combats directs » contre les groupes armés terroristes et priorité à un « effort dans la durée par la force internationale », la task-force Takuba pour ne pas la nommer.

Place à la coopération internationale

L’état-major des armées le martèle : « la France reste engagée dans la lutte contre les groupes armés terroristes avec les forces armées maliennes, en étroite collaboration avec les alliés européens et américains ». « On attend beaucoup de Barkhane, dont faire disparaître la menace terroriste, mais la force Barkhane ne peut pas faire disparaître seule les racines. » Il est donc nécessaire de déployer « un effort dans la durée » par la force internationale, l’Union européenne « en première ligne ».

(Helen Chachaty)

Lire aussi :

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Face à Wagner en Centrafrique, l’Europe se retire. Russie : 1 point

Tue, 14/12/2021 - 23:38

(B2) La situation en Centrafrique est tendue. Et les deux missions que l’Union européenne a dans le pays ont réduit la voilure. La mission de formation EUTM RCA est quasiment à l’arrêt. Et celle chargée du conseil sur la sécurité intérieure (EUAM) pourrait l’être bientôt.

La présence de soldats français et centrafricains côte à côte, pour la formation, c’est peut-être terminé (Photo : EUTM RCA – formation transmissions d’octobre 2021 – archives B2)

La prise de contrôle par les hommes du groupe Wagner sur place est réelle. Et le rapport du service diplomatique européen qui a fuité dernièrement n’est qu’un avatar public de la réalité sur le terrain.

Une prise de contrôle des Wagner

Selon nos éléments, non seulement les Russes reprennent la formation des bataillons centrafricains, une fois ceux-ci formés par les Européens. Mais ils interagissent bien davantage. Ils sont ainsi présents sur le camp Kassai de formation de l’armée centrafricaine où sont présents les Européens. Et ils ont pris le contrôle, intrinsèque, des forces centrafricaines. L’ultimatum lancé par les Européens aux Russes de Wagner de quitter le camp Kassai à Bangui n’a pas eu d’effet.

Des Centrafricains qui n’écoutent plus les conseils européens

Les soldats centrafricains qui, il y a quelques années, étaient tout disposés à recevoir l’enseignement de leurs homologues européens semblent aujourd’hui pour le moins rétifs. L’hypothèse d’une attaque interne n’est plus de la pure théorie. Dernier facteur : le gouvernement centrafricain ne semblerait plus aussi disposé à fournir les effectifs qui doivent être formés aux Européens.

Une fin de mission qui ne dit pas son nom

Les Européens ont donc décidé de se retirer (lire : La présence russe et du groupe Wagner menace l’avenir des missions PSDC (EUTM, EUAM)). Selon nos informations, environ 70 formateurs ont ainsi quitté la mission récemment — ou leur remplacement n’est pas intervenu, ce qui revient au même. Le poste de Bouar, inauguré en grande pompe, serait ainsi abandonné. La mission va se recentrer « uniquement sur le conseil stratégique » comme l’a confirmé à B2 une source militaire. Ce « jusqu’à nouvel ordre ». Autrement dit… pas grand chose. Une manière de masquer en fait un semi-départ.

Une tenaille infernale

Cette décision, politique, a été prise par les ambassadeurs des 27. Les militaires l’exécutent la mort dans l’âme. La mission de formation EUTM a été mise en place, avec maints efforts, notamment de la France en particulier. Les Européens ont beaucoup investi. Mais ils sont pris aujourd’hui dans une tenaille infernable.

Eux ou nous ?

Les Européens sont en fait coincés. Soit ils restent et avalisent de fait la présence des Wagner. Soit ils posent ouvertement la question au gouvernement africain. Eux ou Nous ? Un vrai pari. Il n’est pas sûr que le gouvernement de Bangui choisisse les Européens… ou choisisse tout court.

NB : L’arrivée d’un général belge sur place, pour prendre la relève du Français Jacques Langlade de Montgros, pourrait être compromise.Le choix doit encore être validé, apparemment…

Commentaire : la bataille perdue de la force et du verbe

Repli tactique ou défaite stratégique… ? Seul l’avenir le dira. Ce qui est certain, c’est qu’avec cette décision, prise en stoemeling (comme diraient les Belges), c’est-à-dire à la dérobée, la France et l’Europe signent là un aveu de faiblesse.

Le choix de la discrétion

Les Européens sont en passe de perdre une autre bataille : celle de l’information. Au lieu de taper ouvertement du poing sur la table, de faire de cette décision de retrait un atout, les Européens ont choisi la discrétion. C’est-à-dire le mutisme (1). Ce qu’il y a de pire aujourd’hui sur le champ de bataille.

Mieux vaut informer que lutter contre la désinformation

Ne pas informer, à temps, de façon aussi complète que possible, c’est ouvrir un boulevard à l’adversaire. Les Européens et Français qui n’ont que ces mots à la bouche — « lutter contre la désinformation » et « communication stratégique » — ont, en renonçant à informer, donné à leurs adversaires leurs plus belles cartes.

Pour la Russie, la Centrafrique est gagnée… la suite à venir

Le résultat est là : les Russes ont gagné la première manche en Centrafrique. Ils peuvent dorénavant passer à la suite : au Sahel, le Burkina Faso ou le Niger (deux pays tout aussi fragiles que le Mali) et en Europe, la Bosnie-Herzégovine, le maillon faible des Européens dans les Balkans.L’objectif stratégique de Moscou est clair : faire reculer chaque fois la présence européenne, politique ou militaire. Ce par la force et le verbe !

Une défaite française, une déroute européenne

Jusqu’ici les Européens n’avaient pas vraiment la force, ils viennent de perdre le verbe. Dommage, vraiment dommage. Pour la présidence française de l’Union européenne qui commence, cette déroute en rase campagne augure mal de la suite au Sahel.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Ce n’est pas faute d’avoir sollicité la mission. En dernier lieu, lors de son passage à Bruxelles, durant plusieurs jours, nous avions proposé au général commandant la force, Jacques Langlade de Montgros, de le rencontrer, en OFF ou en ON. La réponse du Français a été lapidaire : « pas le temps ».

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La Macédoine du Nord rejoint la police du ciel de l’OTAN

Mon, 13/12/2021 - 17:39

(B2) C’est la Grèce qui va assurer les missions de surveillance et d’alerte de son voisin macédonien. Tout un symbole entre deux pays qui se sont chamaillé sur l’héritage historique. Deux ans et demi après l’intégration à l’Alliance du petit pays des Balkans.

(Photo : Mass Communication Specialist 1st Class Brett Dodge)

Une cérémonie pour sceller la coopération

La cérémonie marquant l’intégration de la Macédoine du Nord s’est tenue le 9 décembre sur l’aéroport de Skopje, en présence de la ministre macédonienne de la Défense Radmila Shekerinska Jankovska, du général Fernando De La Cruz, commandant du centre multinational des opérations aériennes de Torrejón (Espagne) de l’OTAN et du général Themistokles Bourolias, à la tête des forces aériennes tactiques grecques. Deux F-16 grecs ont simulé l’interception d’un Learjet macédonien, puis l’ont escorté jusqu’à son atterrissage à l’aéroport. Un avion-radar AWACS de l’OTAN a également survolé l’aéroport pour l’occasion.

La Grèce protège le ciel macédonien

À proximité immédiate avec la Macédoine du Nord, c’est la Grèce qui assurera la protection de l’espace aérien de son voisin – malgré la querelle diplomatique qui a opposé les deux pays durant presque trois décennies sur le nom de l’ancienne république yougoslave. Les avions grecs seront prêts à décoller sur alerte en cas de violation de l’espace aérien macédonien, d’activité aérienne suspecte ou non conforme aux règles du trafic aérien.

(Helen Chachaty)

Lire aussi : A Malbork les F-16 belges veillent

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Trois avions français interceptés en mer du Nord par des avions russes

Fri, 10/12/2021 - 16:33

(B2) Un Rafale, un Mirage 2000 et un A330 MRTT ont été interceptés à deux reprises par des Su-27 russes au-dessus de la mer Noire, les 8 et 9 décembre.

L’état-major des armées françaises a précisé que les missions de surveillance sont « classiques et habituelles » et qu’elles se sont déroulées dans l’espace aérien international. « Il n’y a pas eu d’interception, pas de raccompagnement et encore moins de tentative d’empêcher [les avions français] de rentrer dans l’espace aérien russe », précise le porte-parole, qui réfute certaines informations parues dans la presse russe.

Les avions russes à long rayon d’action effectuent eux-mêmes régulièrement ce type de manœuvre d’approche au large des côtes européennes, de la Baltique à la Manche.

(HC)

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Un drôle de sommet pour la démocratie. Avec quelques invités pas très recommandables

Thu, 09/12/2021 - 11:15

(B2) C’était une volonté de Joe Biden. Promouvoir la démocratie. Avec un beau sommet réunissant tout ce que compte le monde de démocraties. Dans le plus pur jus messianique des USA et d’une vision bons vs méchants. L’Union européenne s’est embarquée dans cette aventure en la co-organisant. Et en ne disant rien sur la non-invitation de la Hongrie. Une grosse erreur

Ce sommet semble surtout avoir un objectif : flatter l’ego de Biden et le positionner sur la scène intérieure face à son concurrent Donald Trump (Photo Maison Blanche)

Une réunion co-organisée par l’Union européenne

Ce jeudi démarre le Sommet de la démocratie, pardon « pour la démocratie », organisé sous l’impulsion du président américain. Il se déroulera en deux séquences. La première s’ouvre aujourd’hui, présidée par Joe Biden lui-même. La seconde sera pour l’année prochaine, présidée par l’Union européenne et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Cette réunion a cependant un gros handicap. Elle réunit surtout les amis des États-Unis. Et des amis pas très regardants parfois sur les droits de l’Homme. Certains pays sont invités, pas d’autres. Une liste pour le moins étonnante.

Budapest mis à l’index

Un pays de l’Union européenne n’a notamment pas été invité : la Hongrie. Ce qui place l’Union en porte-à-faux. Qu’il y ait un problème de libertés publiques (avec la concentration énorme des médias par exemple) en Hongrie est un fait connu. Mais qu’elle soit ainsi exclue n’est pas vraiment très logique. Ou alors, la Commission européenne devrait en tirer immédiatement une implication : entamer une poursuite d’urgence pour exclure la Hongrie de son droit de vote au Conseil (selon l’article 7 du Traité).

Une erreur juridique et politique

En termes juridiques, c’est un manquement grave à la lettre et à l’esprit du Traité, au principe de solidarité, de coopération loyale entre les institutions. En termes politiques, c’est pour le moins très maladroit : si on voulait provoquer encore Budapest et l’amener à bloquer systématiquement toute velléité de l’Union européenne d’être audacieuse dans la politique étrangère, on ne s’y prendrait pas autrement. Comme sii on voulait encourager Viktor Orban à signer des accords séparés, contraires à l’esprit européen… Cela revient à lui accorder un « feu vert » tacite. C’est plus qu’une faute de goût, mais une erreur juridique et politique.

Le Pakistan et le Maroc invités

Cette incongruité saute aux yeux quand on jette un œil sur les indices de la démocratie établis de façon indépendante. J’ai choisi de me référer à ceux établis par Freedom House, un think tank américain (qu’on ne peut pas vraiment soupçonner d’être un doux anarchiste de gauche ;-). Son scoreboard, alimenté de façon assez rigoureuse est éloquent : la Hongrie est cotée à 67, tandis que le Pakistan et le Maroc héritent d’une note très moyenne (37) et n’auraient donc pas dû être invités.

Des amis de Washington plutôt que des amis de la démocratie

Ces incongruités continuent quand on regarde par zone régionale. Dans les Balkans, le Kosovo (54) est invité, pas son voisin la Bosnie-Herzégovine (53). Idem dans l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire (44) n’est pas invitée, mais le Nigeria oui (45). Ne pas inviter en revanche la Turquie a une logique : le régime de Erdogan n’a que 32 points. Et que penser de l’invitation du Brésil de Bolsonaro…

Gêne à la Commission européenne

Du côté de la Commission européenne, on se défend comme on peut. C’est un sommet « pour » la démocratie et non « de » la démocratie ! me répond-on quand j’interroge un haut responsable européen. La liste des invités « a été faite par les USA ». Et Washington « n’était pas à l’aise à l’idée d’inviter la Hongrie ». Et de vouloir se rassurer. L’Europe « a [son] agenda, indépendant des USA ». Mais la raison de cette co-organisation semble reposer sur une autre logique, plus politique. La Commission européenne a, en fait, un objectif essentiel : « resserrer les liens » avec les États-Unis et surtout l’équipe Biden. Le traumatisme trumpien pèse : « Notre expérience de Trump a été très claire ». Alors : « Est-ce parfait, Non sans doute. Mais ne faut-il pas coopérer ? »

Commentaire : une bévue géopolitique

En faisant de la segmentation entre les démocraties libérales et celles qui suivent un autre modèle plus a-libéral ou autocratique, on ouvre une autoroute à la Russie ou la Chine. Pékin et Moscou auront beau jeu de dénoncer un « certain » modèle de démocratie, le « double standard » des occidentaux. En semant le trouble et la division, dans toutes les régions, on ne facilite guère la propagation de la démocratie. Au contraire. De plus, on formalise ainsi le découpage du monde en deux blocs : entre les bons et les méchants. On cristallise les divisions. Ceux avec qui on débat, ceux avec qui on ne débat pas. Or, discuter de la démocratie avec les amis ne sert (presque) à rien.

La vision européenne du monde me semble beaucoup plus raffinée et subtile. Elle peut paraitre un peu mollassonne parfois… Mais elle reflète aussi une certaine complexité. L’Union européenne est aujourd’hui confrontée à un vrai choix stratégique. Soit elle joue un rôle dans le monde, en promouvant ses propres valeurs, son propre modèle de la démocratie et des libertés publiques, des relations économiques et politiques mondiales, en étant une passerelle entre l’Ouest et l’Orient. Soit elle fait partie du monde occidental pur et dur. Et elle risque fort de se trouver dépourvue… si demain, d’aventure, les États-Unis rebasculaient, repassant d’un démocrate bon teint à un républicanisme conservateur trumpien. Ce qui d’après un diplomate européen, est tout à fait probable aux prochaines élections de mi-mandat, en novembre 2022.

Les relations d’aujourd’hui ne sont plus celles de la guerre froide d’hier. Elles sont tout aussi rudes, et secouées, mais beaucoup plus complexes. Car le monde est réellement devenu multipolaire, au moins tripolaire. Et des puissances moyennes — du Pakistan à l’Arabie saoudite en passant par la Turquie ou l’Iran — ont aujourd’hui les moyens de « résister » au modèle occidental. Ce sera encore plus le cas demain (d’ici 20 ou 30 ans) avec la montée en puissance d’autres pays. L’Europe a une carte énorme à jouer en étant la « puissance du milieu », la « puissance douce » dans un monde de brutes, sans naïveté ni faux semblants. Bref, co-organiser ce sommet ressemble vraiment à une grosse bévue géopolitique…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Le programme du sommet

La liste des participantsTélécharger

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