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Agrégateur de flux

BUDGET BRIEF: Brace for EUCO, the MFF talks are heating up

Euractiv.com - mar, 02/06/2026 - 12:51
Includes: Aid for trade, Connecting Europe Facility, Hungary unlocks EU funds, cohesion cash machine and more
Catégories: European Union, France

RD Congo, quinze civils et un militaire tués dans une attaque à Beni

France24 / Afrique - mar, 02/06/2026 - 12:33
Au moins quinze personnes ont été tuées dans une attaque des ADF, à Beni, dans l'Est de la République démocratique du Congo. Les ADF, groupe terroriste d'origine ougandaise affilié à l'État islamique, ont commis un massacre au sein de la communauté pygmée. Ce nouveau massacre inquiète car c'est la première fois depuis plus de trois ans que le groupe frappe à l'intérieur de la ville.
Catégories: Afrique

Burkina/ENAM : C'est parti pour les soutenances des stagiaires du cycle B, une innovation de l'institution dans la formation professionnelle

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 02/06/2026 - 12:30

C'est une première pour l'École nationale d'administration et de magistrature (ENAM), qui instaure désormais une soutenance des stagiaires du cycle B, dont la cérémonie inaugurale est intervenue le lundi 1ᵉʳ juin 2026 dans les locaux de l'institution. Ce sont 389 impétrants, promotion 2024-2026, qui sont concernés par cette session normale de soutenance des rapports de stage.

Cette démarche procède de la mise en œuvre du Plan stratégique de développement et de modernisation de l'École nationale d'administration et de magistrature (ENAM), dont la vision à l'horizon 2026 est de faire d'elle une institution « de prestige, d'excellence et d'innovation qui rayonne au plan national, sous-régional et international ». Les 389 impétrants sont répartis entre les départements administration générale ; magistrature, greffe et droits humains ; gestion des services touristiques et culturels ; gestion des services socio-économiques ; gestion des emplois, formation professionnelle et lois sociales.

Les soutenances se dérouleront sur les trois sites, à savoir ENAM (Ouagadougou) du 1ᵉʳ au 3 juin 2026, à l'Institut régional d'administration (IRA) du Goulmou les 5 et 6 juin 2026 et à l'IRA du Guiriko du 8 au 10 juin 2026.

Présidant la cérémonie de lancement, le secrétaire général du ministère des Serviteurs du peuple, Rodrigue Oboulbiga, a relevé que l'ENAM occupe une place stratégique dans le dispositif national de formation des cadres et agents de l'administration publique. « Dans un contexte national marqué par des défis multiformes, notamment la crise sécuritaire, les exigences de gouvernance publique, la modernisation administrative et les attentes croissantes des citoyens, la question de la qualité des ressources humaines devient plus que jamais cruciale », jauge l'autorité.

Le jury de la soutenance inaugurale, présidé par Laurentine Yougbaré, avec à sa gauche, le maître de stage, R. Amédé Sebego et à sa droite, le directeur de stage, Ambroise Taoko.

Convaincu que la performance de l'action publique repose fondamentalement sur la compétence, le professionnalisme, la rigueur, le sens élevé de l'éthique et le dévouement des femmes et des hommes en charge de la conception et de la mise en œuvre des politiques publiques, M. Oboulbiga a donc saisi l'instant pour saluer les réformes entreprises ces dernières années par les dirigeants de l'ENAM. C'est dans cet esprit également qu'il apprécie l'instauration de la soutenance des rapports de stage du cycle B qui s'inscrit dans la quête continue de professionnalisation, de réflexion critique et de solutions concrètes aux préoccupations de l'administration. « Au-delà de l'exercice académique, le rapport de stage constitue un véritable instrument d'observation, d'évaluation et parfois d'innovation administrative », soutient le secrétaire général, Rodrigue Oboulbiga, pour qui cette innovation a sans doute permis d'améliorer substantiellement la qualité des travaux produits par les stagiaires et de renforcer leurs capacités d'analyse, de synthèse et de propositions.
Sayouba Belem ouvre le bal avec une note de 17 sur 20.

De droite vers la gauche : le secrétaire général du ministère, M. Oboulbiga ; le directeur général, M. Yarabatioula et le secrétaire général de l'ENAM, Salfo Ouédraogo..., suivant le déroulement de la soutenance inaugurale.

Le directeur général de l'ENAM, Dr Yacob Yarabatioula, est, lui, revenu sur les motivations et le processus qui ont abouti à ces soutenances, remerciant donc tous les acteurs qui ont contribué à l'effectivité. « Nous envisageons, après cette série, et avant la fin de l'année, de nous retrouver en atelier avec les élèves et les autres acteurs, pour voir ce qui a marché, ce qui n'a pas marché et s'il y a lieu de poursuivre la dynamique, le faire dans de très bonnes conditions. Nous pensons qu'il faut toujours essayer, de donner l'opportunité à tous les élèves du cycle B de prendre la parole devant un jury, de défendre une idée, de dire ce que le stage a apporté de plus dans leur parcours. Ce, d'autant que l'administration est exigeante aujourd'hui et ils sont appelés à résoudre aussi des questions », convainc le premier responsable de l'institution, Dr Yarabatioula.

De la cérémonie d'ouverture à la soutenance à proprement dite, la mobilisation a été constante dans la salle Ignace Kalmogo (du nom d'un ancien directeur général de l'ENAM), aménagée pour la circonstance.

L'autre grand volet de cette cérémonie de lancement a été la soutenance inaugurale, suivie de bout en bout par le praesidium C'est le stagiaire attaché administratif des collectivités territoriales, Sayouba Belem, qui a donné le ton des soutenances. Il a fait son stage à l'arrondissement N°3 de Ouagadougou, d'où il a planché sur le problème relatif à la fermeture temporaire, depuis janvier 2024, du centre de traitement et de valorisation des déchets. C'est ce travail que l'impétrant a donc été appelé à défendre devant le jury présidé par Laurentine Yougbaré, directrice du développement institutionnel et de l'innovation au ministère de l'Enseignement de base, de l'alphabétisation et de la promotion des langues nationales. Un examen décisif qu'il a brillamment réussi avec la note finale de 17 sur 20, correspondant à la mention « très bien ».

L'impétrant, Sayouba Belem, posant avec le jury, à l'issue de la délibération.

Pour la présidente du jury, l'instauration de la soutenance à ce niveau est très pertinente, dans la mesure où, justifie-t-elle, les stagiaires acquièrent des compétences théoriques au niveau de l'école et d'autres compétences plus pratiques sur le terrain, qu'ils transcrivent dans les documents. « Il est bon que pour des futurs cadres de l'administration, ils puissent savoir s'exprimer ; ce sont eux qui ont écrit le document, ils doivent savoir rendre le contenu, donner la substance de ce qu'ils ont eu à produire comme rapport. Je pense que c'est très important, cela va leur permettre de s'exercer davantage et de donner plus de sérieux (pour ceux qui ne prenaient pas le rapport de stage au sérieux), parce qu'ils savent qu'ils auront à défendre le contenu de ce qui a été produit sur écrit. Personnellement, je pense que cela a été une très bonne chose et à cette soutenance inaugurale, le candidat s'est très bien prêté à l'exercice et nous apprécions vraiment positivement », mesure Laurentine Yougbaré.

Muni de son parchemin, Sayouba Belem se confie sur cette épreuve de soutenance qu'il vient de franchir : « C'est un exercice pas facile, mais je l'apprécie ; parce que cela nous prépare à notre futur emploi dans l'administration. Nous serons appelés à faire des conceptions et à proposer des solutions aux décideurs. C'est donc une très bonne chose pour notre formation ».

O.L
Lefaso.net

Rupture Diomaye Faye/Sonko : quel impact ? | Les mardis de l’IRIS

IRIS - mar, 02/06/2026 - 12:21

Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Elgas, écrivain et chercheur associé à l’IRIS, autour de la rupture politique entre le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale.

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La population d’Oicha appelée au respect strict des mesures barrières après un décès dû à Ebola

Radio Okapi / RD Congo - mar, 02/06/2026 - 12:09

La bourgmestre de la commune rurale d’Oicha, Eugénie Kavira Mwenge, invite ses administrés à maximiser les pratiques d’hygiène et à éviter les rassemblements publics. Cet appel, lancé lundi 1er juin, fait suite à la notification d'un cas de décès lié à la maladie à virus Ebola dans cette partie du territoire de Beni (Nord-Kivu).

Catégories: Afrique, European Union

EU Prosecutor challenges Slovakia’s new farm subsidy law before Commission

Euractiv.com - mar, 02/06/2026 - 12:02
The amendment would weaken the protection of European funds, EPPO says
Catégories: European Union, France

The World’s Mineral Powers Seize Their Moment

Foreign Policy - mar, 02/06/2026 - 12:00
Resource-rich countries haven’t always benefited from extraction. Can this time be different?

« Y’a que ça ? » : autour d’Emmanuel Macron, on se plaît à souligner la faiblesse du casting de la présidentielle 2027

Le Figaro / Politique - mar, 02/06/2026 - 11:48
RÉCIT - Nombre de proches du président pointent la médiocrité supposée des prétendants à l’Élysée pour faire ressortir positivement la personnalité et le bilan du sortant.
Catégories: European Union, France

Présidentielle 2027 : match serré Attal-Philippe loin derrière Bardella, Mélenchon en embuscade... Découvrez le sondage du Figaro

Le Figaro / Politique - mar, 02/06/2026 - 11:48
EXCLUSIF - À moins d’un an du scrutin, la dernière vague de notre étude Ifop-Fiducial confirme que le jeu reste ouvert pour la qualification au second tour.
Catégories: European Union, France

Increased Rates of Deaths, Displacement and Diesel Amid New Ceasefire Escalations in Lebanon

Africa - INTER PRESS SERVICE - mar, 02/06/2026 - 11:32

A street in Beirut, Lebanon, where civilian infrastructure has sustained significant damage. Credit: Pexels/Jo Kassis

By Maximilian Malawista
UNITED NATIONS, Jun 2 2026 (IPS)

Last week on May 28, the Israeli Defence Forces (IDF) issued an evacuation order to Lebanese civilians ordering them to move north of the Zahrani River, approximately 25 miles from the Israeli border, and roughly 20 percent of the Lebanese territory. These new escalations bring the displaced population to more than 1.3 million people, including more than 300,000 of those people being children. 1.3 million people represents approximately 1/4th of the nation’s population of 5.3 million.

On Friday May 29th, the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA) said the following regarding the current situation of displacement: “Just in the past 48 hours, renewed displacement orders by the Israeli Defence Forces have affected hundreds of thousands of people south of the Zahrani River, including in the cities of Tyre and Nabatieh. Collective shelters in Tyre and Saida in the South Governorate are reportedly full and can’t take in more people.”

On Friday May 22nd, the UN Interim Force in Lebanon (UNIFIL) observed a continuation of Israeli military aggression along with Hezbollah attacks on Israeli force mission areas. In the following week, on Monday May 25th, the largest number of airspace violations at 91 occurrences, along with 399 firing incidents by the IDF were recorded. Additionally, on May 27th, 670 trajectories of projectiles were reported, making this the highest since the cessation of hostilities on April 17th. The IDF has also been attributed to separate incidents of firings on Saturday May 23rd and Sunday May 24th, at approximately 160 per day, with about 16 launches of projectiles by Hezbollah; along with large-scale engineering works, logistical traffic, and armored vehicle convoys through this escalation by the IDF.

Between May 21 and May 24, the World Health Organization (WHO) recorded 8 health workers killed and 45 injured, with 25 medical staff just on May 23rd being injured at the Hiram Hospital in the South governorate following airstrikes.

“We reiterate that attacks on health workers and health facilities are unacceptable. All parties to conflicts must immediately stop them and ensure protection for healthcare,” said Deputy Spokesperson for the Secretary-General, Farhan Haq.

As of March 2026, a flash appeal has been submitted by the UN Refugee Agency (UNHCR), acting as a funding instrument to garner USD 308.3 million to provide life-saving assistance and protection targeting up to 1 million people. Within this appeal, USD 61 million is planned to be allocated to Multi-purpose Cash Assistance (MPCA), $56 million to Food Security & Agriculture, $42.5 million to Shelter, and $40 million and $37 million to WASH and Health, along with other allocations to much needed life-saving sectors. Prior to these latest advancements, an estimated 3 million people were already requiring assistance, with 961,000 people facing acute food insecurity.

Although conditions are worsening, all ports remain operational and accessible, according to the latest report from Logistics Cluster. Airspace is open as well, however humanitarian and commercial access remains limited. Also, according to the same report from Logistics Cluster, many roads and bridges in southern Lebanon remain not passable or closed, limiting crucial movements of goods into the most affected areas of hostilities.

OCHA told Inter Press Service that these constraints have been “complicating planning and limiting sustained operations, even as partners continue to reach people where access permits.”

As of May 2026, fuel prices are higher in Lebanon than any other state in the region, besides Pakistan. Since February 28th 2026, the following increases have been recorded:

The estimated fuel increase by country since February 28th, 2026. Credit: Maximilian Malawista

OCHA added that “Rising costs are adding further pressure on an already fragile humanitarian response. Fuel prices have surged significantly, driving up transport and production costs, while the cost of basic food items has also increased.” OCHA warned that these trends are “undermining people’s ability to afford essentials”, and are “further complicating the delivery of humanitarian assistance.”

IPS UN Bureau Report

 


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Royaume-Uni: le projet de dossier «patient unique» relance le débat sur la protection des données

RFI (Europe) - mar, 02/06/2026 - 11:02
Au Royaume-Uni, le Parlement britannique examine depuis lundi 1ᵉʳ juin 2026 un projet de dossier patient unique (SPR) visant à centraliser les données médicales dans un document numérique partagé entre médecins, urgentistes et spécialistes. Présentée comme un moyen d'améliorer la qualité des soins, la réforme suscite toutefois des inquiétudes sur la protection de données ultra-sensibles. Plusieurs soignants et associations redoutent notamment un recours à Palantir, entreprise américaine fondée par le milliardaire libertarien d'extrême droite Peter Thiel. 

Face à l'inflation, la Croatie serre la vis budgétaire

Courrier des Balkans / Croatie - mar, 02/06/2026 - 10:57

Face à une inflation parmi les plus élevées de la zone euro, Zagreb a annoncé un ensemble de mesures visant à freiner la hausse des prix. Les syndicats dénoncent un effort supporté avant tout par les travailleurs.

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Face à l'inflation, la Croatie serre la vis budgétaire

Courrier des Balkans - mar, 02/06/2026 - 10:57

Face à une inflation parmi les plus élevées de la zone euro, Zagreb a annoncé un ensemble de mesures visant à freiner la hausse des prix. Les syndicats dénoncent un effort supporté avant tout par les travailleurs.

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Catégories: Balkans Occidentaux, France

EU leaders to step up pressure on Israel with new sanctions threat

Euractiv.com - mar, 02/06/2026 - 10:57
Draft diplomatic text urges 'restrictive measures against extremist ministers'
Catégories: European Union, France

Coupe du monde 2026 : les supporters sénégalais voient leurs demandes de visa américain rejetées

France24 / Afrique - mar, 02/06/2026 - 10:55
Placés depuis la fin 2025 sur la liste noire de l'immigration américaine par un décret de Donald Trump, les ressortissants sénégalais ne sont plus admissibles au visa US sauf pour quelques exceptions. Alors que six membres du comité exécutif de la fédération sénégalaise de football se sont vu refuser l’entrée aux États-Unis, l’inquiétude des supporters sénégalais monte. Reportage de notre correspondant à Dakar, Elimane Ndao.
Catégories: Afrique

RD Congo : attaque meurtrière des rebelles de l'ADF à Beni, dans l'est du pays.

France24 / Afrique - mar, 02/06/2026 - 10:50
Dans l’est de la République démocratique du Congo, les rebelles ADF, affilié à l’État islamique, ont mené une attaque dans la ville de Beni. Ces rebelles commettent des massacres à répétition mais, c’est la première fois depuis plus de trois ans que les ADF frappent à l’intérieur de la ville, un signe préoccupant. Les précisions avec notre correspondante à Kinshasa, Aurélie Bazzara-Kibangula.
Catégories: Afrique, Swiss News

Kenya : colère contre l’accueil de patients américains atteints d’Ebola

France24 / Afrique - mar, 02/06/2026 - 10:43
Au Kenya, des centaines de personnes ont manifesté à Nanyuki, une ville du centre du pays, contre la mise en place d’un centre de quarantaine dédié aux citoyens américains exposés au virus Ebola. Deux personnes ont été tuées dans ces manifestations.
Catégories: Afrique, Swiss News

Pourquoi Kim Jong Un ne parle jamais de sa mère

BBC Afrique - mar, 02/06/2026 - 10:39
Très peu de Nord-Coréens la connaissent car son origine pourrait menacer la légitimité du régime.
Catégories: Afrique, France

There Are Only Four Great Powers

Foreign Policy - mar, 02/06/2026 - 10:28
An era of great-power competition has started—but not all would-be competitors qualify.

« Face aux empires : la voie méditerranéenne » 4 questions à Thierry Fabre

IRIS - mar, 02/06/2026 - 10:21

1/ L’occidentalisme cherche une puissance sans limite…

La démesure, l’extension sans limites de la puissance, couplée à la suffisance de la suprématie et au vertige de l’accélération, rendue possible notamment par les technologies numériques et l’IA, témoignent de notre temps du monde. Celui de la revanche des empires, dont l’empire américano-israélien en Méditerranée est une des expressions les plus manifeste. Une telle puissance sans limite devient dévastatrice si elle ne rencontre pas de contrepoids, et en particulier la force du droit, face au droit à la force. La quasi destruction de Gaza et du Sud Liban aujourd’hui, comme celle de l’Irak hier, et peut-être de l’Iran demain, requièrent des limites. C’est ce que Camus appelait justement la pensée de midi, une pensée de la mesure face à la démesure. Mais la revanche des empires ne s’inspire pas seulement de l’occidentalisme, l’empire russe comme l’empire chinois ne sont pas en reste dans la quête d’une puissance sans limite…

2/ L’islamo-centrisme s’effrite ?

Depuis la fondation du mouvement des Frères musulmans, il y a un peu plus d’un siècle, l’islamo-centrisme est devenu ascendant et a déployé son emprise dans les sociétés arabes comme dans les imaginaires politiques. La révolution islamique iranienne, en 1979, a accéléré plus encore cette tendance jusqu’à considérer, telle une évidence que « l’islam est la solution ». Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, depuis les « printemps arabes », dont la référence n’était pas islamique. « Le peuple veut », « pouvoir civil, madania » et non islamiya, furent les slogans de ces mouvements populaires. Malgré leurs échecs, ces tendances de fond perdurent et comme le souligne justement le juriste tunisien Yadh ben Achour : « Une interprétation démocratique de l’islam est possible ». C’est tout l’enjeu et le défi pour les années à venir. C’est ce qu’une « Europe sans rivages » devrait conforter, plutôt que des pouvoirs militaires et dictatoriaux. Ces ponts, entre les deux rives de la Méditerranée, ces traits d’union peuvent favoriser des convergences dont nous avons tous le plus grand besoin. C’est ce que j’appelle la voie méditerranéenne…C’est l’exact inverse de ce qui se passe actuellement au Sahel.

3/ Qu’est-ce que pour vous la Méditerranée créatrice ?

Ce fut une hypothèse, il y a un peu plus de trente ans, lors de la publication de ce premier livre collectif. (Editions de l’Aube, 1994) Il s’agissait, pour commencer, de ne plus conjuguer la Méditerranée au passé. La Méditerranée des temples et des ruines, la Méditerranée du patrimoine et de l’héritage antique, la Méditerranée de papa ! Une telle vision passéiste et euro-centrique du monde méditerranéen passait justement à côté de l’effervescence créatrice des jeunes générations, qui sont très largement majoritaires sur les rives Sud et Est de la Méditerranée. Les européens ont bien trop tendance à l’oublier et à se faire une idée de la Méditerranée qui est fossile. Cette hypothèse d’il y a trente ans, d’une Méditerranée créatrice, là où « les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles », pour le dire à travers une formule lumineuse d’Arthur Rimbaud, est désormais une réalité visible. Les scènes artistiques contemporaines sont très vives désormais et s’affirment à l’échelle internationale, dans les arts plastiques, le cinéma comme la photographie, la danse ou la musique, et ce ne sont pas des épiphénomènes, mais des expressions profondes de ces sociétés. J’en donne de nombreux exemples dans le livre… Il a par là une sève, une vivacité créatrice à travers laquelle s’invente un avenir. C’est à partir de là que nous devrions dessiner un avenir commun, plutôt que de se replier derrière une illusoire Europe citadelle, prisonnière de ses haines et de ses peurs.

Après l’Occident et la fin de la « vassalisation heureuse » vis-à-vis des Etats-Unis, l’Europe pourrait imaginer une nouvelle politique de l’esprit, comme disait Paul Valéry. « Une politique de l’esprit qui ne vise pas à ordonner le reste du monde à des fins européennes », et qui ne soit donc pas un nouveau projet d’empire. Il y a un possible sursaut et un nouvel horizon qui pourrait être dessiné, à travers cette voie méditerranéenne, qui relie autrement les deux rives de la Méditerranée.

A l’horizon de vingt ou trente ans c’est possible et c’est pensable, et cela n’est pas plus illusoire que la construction européenne. Pensons à ce qui est advenu entre les années 1930 et les années 1960, au XXème siècle… Heureusement qu’il y a eu alors quelques personnes pour imaginer l’avenir, au-delà de la guerre perpétuelle en Europe, et singulièrement entre l’Allemagne et la France. Pourquoi serions-nous condamnés au désastre et au pire ? Consentir aux ténèbres est une forme de renoncement. La Méditerranée créatrice est une « salve d’avenir » et une source d’inspiration pour notre XXIème siècle.

4/ Vous écrivez que si Israël persiste à être le bastion avancé de l’Occident dans la région, il risque de connaître le même destin que l’État croisé jadis. Dans quelle mesure la puissance militaire et l’arme nucléaire marquent cependant une différence ?

La puissance militaire et l’arme nucléaire ne peuvent rien face à la désagrégation intérieure. Comme le souligne le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Pierre Schill, dans un entretien récent avec Gilles Gressani : « si les armées gagnent les batailles, ce sont les nations qui remportent les guerres ».

L’expérience de l’Etat-Nation pour Israël est récente, elle ne date que de 1948, alors que le monde juif est lui plus que millénaire dans le monde méditerranéen. C’est une composante structurelle et même fondatrice. Je parle dans le livre de cet « héritage oublié », judéo-arabe, qui a été marginalisé, alors qu’il fut central sur le plan historique et intellectuel. Pensons à l’héritage de Maïmonide, qui écrivait en arabe. N’oublions pas que les juifs expulsés d’Espagne par les Rois catholiques, au nom de l’Occident chrétien, ont trouvé refuge dans le monde musulman, et que ces liens sont durables et profonds. Il y a une intimité judéo-arabe, que l’on connait bien, par exemple au Maroc, qui a existé également en Egypte, comme l’a si bien montré le grand historien Shlomo Dov Goiten, à travers la Geniza du Caire, ou en Irak, comme l’a raconté Ella Shohat. Toute cette histoire n’est pas celle de l’« Occident », étranger à cette région du monde et aux réalités profondes des sociétés méditerranéennes. C’est pourquoi je fais référence dans le livre aux « intercesseurs », à tous ceux qui peuvent relier et relier encore, alors que nous sommes dans le pire du pire actuellement, avec le régime politique suprémaciste israélien, qui inspire un État meurtrier.

Comment sortir d’une telle impasse israélo-arabe ? Par la force, l’humiliation, la torture, la prison, les bombardements incessants sur les civils et les attaques répétées contre la plupart de ses voisins… Où va Israël ?

Comme le disait si justement Camus, à propos de l’Algérie : « Il ne s’agit pas de crever séparèment, mais de vivre ensemble ». Cela suppose de la justice et de l’égalité. Sinon ce sera une forme de désagrégation intérieure, irréparable.

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